Dakar a chaviré ! 6 heures de procession, des sourires par milliers voire millions, et une deuxième étoile qui brille plus fort que jamais ! Les Lions sont rentrés à la maison et l’accueil a été tout simplement… LEGENDAIRE. Récit d’une journée de communion historique où le Peuple et ses héros ne faisaient plus qu’un, avant les honneurs du Palais.
De Rabat à l’Avenue Léopold Sédar Senghor, le Sénégal a chaviré dans l’allégresse ce mardi. Revenus du Maroc auréolés de leur deuxième titre de champions d’Afrique, les Lions de la Teranga ont été portés en triomphe par une marée humaine indescriptible. L’ambiance était électrique, presque irréelle. Hier, les rues de Dakar n’étaient plus des axes de circulation, mais un fleuve de passion vert-jaune-rouge. Le bus à impériale des Lions, barré de la mention «Champions d’Afrique», a fendu une foule compacte, venue célébrer la deuxième étoile décrochée de haute lutte dimanche dernier face au Maroc.
Une procession au rythme du Peuple
Tout a basculé à 12h 40 au niveau de la Patte d’Oie. Dès la jonction, le bus des champions a été littéralement pris d’assaut par l’affection des supporters. Coincés par une masse humaine compacte, les joueurs, perchés sur le toit, ont savouré chaque seconde.
Les drapeaux flottent à chaque balcon, les supporters s’agrippent aux panneaux publicitaires pour apercevoir leurs idoles. Gana Guèye, en leader, harangue la foule, tandis que Ibrahim Mbaye, téléphone au poing, tente d’immortaliser ce chaos joyeux. «C’est énorme de voir tout ce peuple derrière nous», confie le gamin, visiblement ému par cette ferveur qui dépasse le cadre du sport.
Des visages, des symboles et des larmes
Au Rond-point Jet d’Eau, l’émotion monte d’un cran. Le sélectionneur Pape Thiaw, le trophée fermement entre les mains, affiche un sourire radieux, flanqué de l’ancien international Mamadou Niang, venu en parrain de cette génération dorée.
Dans la foule, les messages sont forts : l’appel pour Sadio. De nombreux portraits de Sadio Mané circulent. Entre deux chants, les supporters supplient le «Nianthio» de reconsidérer sa décision de retraite internationale après la prochaine Coupe du monde. Il y a aussi la ferveur du Allez Casa : près du Palais, les supporters du Allez Casa ont assuré le show, dansant en l’honneur de Nicolas Jackson. Un jeune, arborant fièrement le maillot national, tranche le débat des surnoms : «Il n’y a que les Lions du Sénégal qui sont les vrais lions !»
Le Palais pour l’apothéose
La remontée de la Corniche a été un test d’endurance pour le protocole. La mobilisation n’a cessé de croître, transformant le trajet vers le Plateau en une marche héroïque de près de six heures.
C’est finalement en fin d’après-midi que les héros de Rabat ont franchi les grilles du Palais présidentiel. Accueillis par le protocole, ils ont pris place dans la tribune officielle pour présenter officiellement le trophée au Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Une cérémonie solennelle pour clore une journée où le Sénégal a prouvé, une fois de plus, que son cœur battait au rythme de son football.
Le rugissement de la constance
Il y a des victoires qui relèvent du miracle, et il y a celles qui confirment une hégémonie. En ramenant de Rabat cette deuxième étoile, les Lions de la Teranga ne se sont pas seulement installés sur le toit de l’Afrique ; ils ont validé un nouveau statut : celui de patron incontesté du football continental. La marée humaine qui a déferlé hier dans les rues de Dakar n’était pas seulement là pour célébrer un trophée de plus. Elle fêtait la résilience d’un groupe, la science tactique de Pape Thiaw et l’héritage d’une génération qui refuse de redescendre de son piédestal. Voir le Palais présidentiel s’ouvrir ainsi à ces héros, c’est le symbole d’un Sénégal qui gagne, qui unit ses forces -de la Casamance au Fouta- derrière un seul drapeau. Hier, Dakar n’était pas seulement la capitale du pays, elle était le cœur battant de toute l’Afrique.

