La Police nationale veut montrer un autre visage. A travers la première édition de la «Police culturelle», prévue le 10 octobre au Musée des civilisations noires, les Forces de l’ordre entendent mettre en lumière les talents artistiques et culturels de leurs agents. Musique, littérature, peinture, sculpture, théâtre ou encore cinéma : cette initiative, portée en partenariat avec l’Association de la presse culturelle du Sénégal (Apcs), entend valoriser la créativité des policiers tout en rapprochant davantage la police de la population.
La Police nationale veut prouver qu’elle ne sait pas seulement assurer le maintien de l’ordre, mais qu’elle sait également s’exprimer dans le domaine culturel. Elle entend saisir pleinement cette opportunité à l’occasion de la première édition de la «Police culturelle», qui se tiendra le 10 octobre au Musée des civilisations noires.
Organisée par la Police nationale en partenariat avec l’Association de la presse culturelle du Sénégal (Apcs), cette manifestation mettra en lumière les talents artistiques que recèle en son sein la Police nationale. A travers cette initiative, les Forces de l’ordre souhaitent montrer une autre facette de leurs agents, en valorisant leurs talents et leur créativité dans différents domaines artistiques et culturels. «Au sein de la police, ceux qui font de la musique sont des artistes. Ceux qui écrivent des articles au sein du département de communication de la police sont des écrivains. Ceux qui réalisent des tableaux au sein de la police sont également des artistes. Il y a même des cinéastes au sein de la Police nationale.
Mais ces policiers n’ont pas les mêmes possibilités que nous, les civils, pour s’exprimer et promouvoir leur art. Ils n’ont pas forcément la possibilité de monter sur scène, de prendre le micro, de participer à un échange ou encore d’animer un café littéraire. C’est pourquoi l’Association de la presse culturelle a décidé de mettre ces policiers en lumière, de leur donner l’occasion de s’exprimer devant le grand public en dévoilant leur art et en partageant leurs talents», affirme Alioune Badara Mané, président de l’Apcs, lors de la conférence de presse tenue hier au Musée des civilisations noires en présence du Commissaire Médoune Sarr, chef adjoint de service à la Direction des relations publiques, et Adjudant El Hadji Niang, membre du comité conjoint Apcs-Police nationale.
«Ces policiers ont parfois les mêmes passions que les civils. Ils peuvent aimer la musique, la littérature, la peinture, le théâtre ou encore le cinéma. Mais ils n’ont pas toujours l’occasion de montrer ces talents au grand public. L’objectif de la «Police culturelle» est donc de leur offrir cette possibilité : leur permettre de s’exprimer, de dévoiler leurs talents et de montrer une autre facette de leur personnalité. C’est dans cet esprit que nous avons donné des instructions pour accompagner cette initiative et permettre aux policiers de présenter leurs talents artistiques», explique-t-il.
Lorsqu’on évoque la «Police culturelle», certains peuvent s’interroger sur la signification de cette expression. Il s’agit, en réalité, selon Alioune Badara Mané, de mettre en évidence le fait qu’au sein de la Police nationale, les agents ne se consacrent pas uniquement aux missions de sécurité. Certains d’entre eux disposent également de talents dans les domaines artistique et culturel qu’ils souhaitent aujourd’hui mettre en valeur.
L’autre objectif visé est de déconstruire l’image souvent associée au policier en le montrant sous une autre facette, teintée d’humanisme. «Vous savez que l’image du policier est souvent associée à quelqu’un qui interpelle, qui contrôle ou qui fait respecter la loi. C’est effectivement l’une des missions régaliennes de la police. Mais nous voulons montrer à la population que les policiers sont également des êtres humains comme les autres. Ils ont une famille, des passions, des talents et des activités en dehors de leur mission professionnelle.
Nous voulons donc permettre à la population d’avoir une autre image de la police, une image qui ne se limite pas uniquement à sa mission de maintien de l’ordre et de sécurité. Au sein de la police, il y a aussi de la culture, de l’humanité, de l’hospitalité et des personnes qui cherchent à entretenir de bonnes relations avec la population», ajoute-t-il.
Un programme riche en couleurs
La «Police culturelle» sera rythmée par un programme particulièrement riche, qui débutera dans la matinée du 10 octobre avec l’ouverture d’une exposition consacrée aux œuvres réalisées par les policiers, notamment dans les domaines des arts plastiques et de la sculpture.
Une exposition consacrée aux grades des policiers est également prévue. Considérée comme une représentation du Sénégal en miniature, la Police nationale aura par ailleurs l’occasion de mettre en valeur la diversité culturelle du pays à travers une parade des différentes ethnies, avec des agents arborant des tenues traditionnelles.
La diva Coumba Gawlo Seck a été choisie comme marraine de cette première édition. A travers ce choix, les organisateurs souhaitent également rendre un vibrant hommage à son regretté père, Laye Bamba Seck, qui était à la fois policier et artiste.
La manifestation sera clôturée par un gala dans la soirée, avec notamment la prestation de l’un des artistes pressentis, parmi lesquels figure Omar Pène.
La «Police culturelle» est organisée dans le cadre des Joj qui se tiennent à partir du mois prochain au Sénégal. Avec un budget prévisionnel de 30 millions de nos francs, la «Police culturelle» compte tenir en haleine le public qui viendra suivre les prestations des policiers artistes.

