Téléréalité musicale : Prince Art lance «Le contrat» pour éveiller les consciences sur le streaming

Après l’aventure à succès Sen Petit Galé, le label Prince Art innove avec «Le Contrat». Portée par cinq jeunes talents prometteurs, cette téléréalité scénarisée mêle musique, fiction et stratégie digitale, avec pour ambition d’éduquer le public sénégalais aux enjeux de l’industrie musicale moderne.

Le label Prince Art s’engage dans un nouveau chapitre de son histoire avec le lancement du projet «Le Contrat». Présenté samedi dernier au Cinéma Pathé de Dakar lors de la projection d’un film documentaire, en présence de Youssou Ndour, ce programme réunit cinq jeunes artistes aux univers complémentaires : Aïssatou de Rufisque, Nafi Mbaye, Néné Galé, Omar et Mia Diakher.

A l’exception de Mia Diakher -petite-fille de la légende Yandé Codou Sène, choisie pour sa couleur artistique unique-, l’ensemble des participants sont issus du concours Sen Petit Galé dont ils ont été lauréats ou finalistes. «Nous avons cinq artistes aux profils très divers. L’une est Sérère, une autre est Halpulaar, tandis que les trois autres viennent de la banlieue dakaroise», détaille Ngoné Ndour, directrice de Prince Art.

Une fiction pour éviter la pression du concours

Contrairement aux télé-crochets traditionnels, «Le Contrat» ne se veut pas une compétition brutale. Consciente que ces jeunes chanteurs ont déjà subi le stress des podiums lors de leur enfance, la direction du label a opté pour un format original : une téléréalité scénarisée. «C’est une histoire fictive», précise Ngoné Ndour. «Nous ne voulions pas leur faire subir à nouveau la pression d’un concours. Nous les avons convaincus en leur proposant une fiction où des artistes acceptent de se mesurer les uns aux autres à travers les plateformes digitales.»

Derrière la dimension ludique, le projet poursuit un objectif pédagogique majeur : faire évoluer les habitudes de consommation de la musique au Sénégal, encore trop souvent marquées par le piratage ou la gratuité. «L’objectif est d’ouvrir l’esprit des Sénégalais sur la façon de soutenir la création. Dans notre pays, la musique est trop souvent consommée gratuitement», déplore la patronne de Prince Art. Elle invite ainsi les mélomanes à se tourner résolument vers les plateformes de streaming payantes ou légales. «C’est là que ça se passe désormais. Si l’on veut vraiment aider un artiste, il faut streamer sa musique pour qu’il puisse percevoir ses royalties. C’est tout le sens de l’histoire du Contrat.»

De Jololi à Prince Art : l’héritage de la famille Ndour

Au-delà de la sensibilisation au numérique, «Le Contrat» se veut également un hommage à l’histoire de la production musicale nationale et au rôle pionnier joué par la famille Ndour. «On ne peut pas raconter l’histoire de Prince Art sans passer par Jololi», rappelle Ngoné Ndour, qui a dirigé cette structure historique. «Nous avons conçu cette trame narrative pour donner du sens à ce que nous voulions raconter : l’évolution de notre musique à travers le parcours de la famille Ndour.»

Dans cette fiction, la figure de Youssou Ndour sert de fil conducteur. L’œuvre retrace son impact sur l’industrie, ses collaborations, ainsi que les nombreuses productions dans lesquelles il a prêté sa voix pour propulser de nouvelles figures de la scène sénégalaise. En faisant dialoguer mémoire musicale et défis de l’ère numérique, «Le Contrat» dépasse le simple divertissement pour s’imposer comme un pont entre les générations et un outil de professionnalisation pour l’avenir de la musique sénégalaise.