Du virtuel au bitume : la campagne virale «#30JoursPourLeJustePrix» a pris forme dans les rues de Dakar ce samedi, lors de «La marche des paniers vides». Porté par des citoyens et des créateurs de contenus, le mouvement dénonce une hausse généralisée des prix et exige une régulation rapide face à un pouvoir d’achat en berne.
Ce samedi 5 septembre, plus de 200 personnes ont arpenté les rues de Dakar, de 11 heures à 13 heures, entre le marché Castors et Jet d’eau. Baptisé «La marche des paniers vides», ce rassemblement citoyen et pacifique est venu concrétiser sur le bitume une mobilisation qui enflammait déjà la Toile. A l’initiative du mouvement apolitique
«#30JoursPourLeJustePrix», citoyens, influenceurs et créateurs de contenus unissent leurs voix pour dénoncer une dégradation généralisée et intenable du pouvoir d’achat.
Munis de cabas vides, de pancartes et de banderoles, les manifestants ont exprimé leur exaspération face à l’explosion des dépenses quotidiennes. Alimentation, électricité avec la hausse du Woyofal, carburant ou frais de scolarité à l’approche de la rentrée scolaire : l’inflation touche tous les secteurs. Même le plat national, le «thiéboudiène», est devenu un luxe, le kilo de viande a bondi de 30% en un an pour atteindre 6000 F, voire 7000 F. «Cela fait quatre mois que je ne mange plus de viande. La classe moyenne souffre», confie une dame désemparée.
Au-delà du panier de la ménagère, les griefs visent des tarifs jugés déconnectés du niveau de vie réel, notamment dans le logement. Venu marcher en simple citoyen, Boully Galissa, chef de Cabinet du maire de Dakar, a vivement interpellé les bailleurs : «Les agences et les propriétaires doivent savoir qu’ils ne sont pas à Paris ou New York, mais à Dakar, où le revenu minimum est de 60 000 francs Cfa. La location doit refléter nos revenus, sinon les Sénégalais deviennent étrangers dans leur propre pays.»
Cette dérive tarifaire, dénoncée par des milliers de vidéos d’usagers sur les réseaux sociaux, souffre, selon les organisateurs, d’un manque criant de régulation. Pour Dieynaba Ndiaye, membre du collectif, l’augmentation incontrôlée de l’énergie et des loyers crée une réaction en chaîne asphyxiante, subie «sans précision, sans contrôle ni dialogue avec le Peuple».
Face à l’urgence économique, le cri des marcheurs est unanime : «Les Sénégalais sont fatigués, aidez-nous !» Mais la mobilisation ne compte pas s’arrêter à la capitale. Les initiateurs de la plateforme «#30JoursPourLeJustePrix» ont déjà annoncé leur intention d’étendre le mouvement dans les différentes régions du pays. Une manière d’installer la pression à l’échelle nationale et d’exiger des autorités publiques des mesures concrètes et immédiates pour garantir, enfin, le «juste prix».

