Début juin, Washington espérait un retrait des troupes rwandaises de l’est de la République démocratique du Congo d’ici la mi-juillet, mais aujourd’hui, les accusations restent inchangées et les sanctions se poursuivent. Kigali, Kinshasa et leurs partenaires internationaux continuent de se renvoyer la responsabilité de l’application des accords de Washington. Beaucoup se demandent s’il y a eu une avancée quelconque dans leur mise en œuvre.
Mais, dès le lendemain, Washington a sanctionné Gasabo Gold et plusieurs sociétés rwandaises, accusées d’alimenter le trafic de minerais provenant des zones contrôlées par l’AFC/M23. Puis, le 26 juin, devant le Conseil de sécurité, l’émissaire américain Massad Boulos a estimé que le Rwanda n’avait pas encore retiré ses forces et que Kinshasa n’avait pas engagé la neutralisation des FDLR.
Interrogé sur RFI, le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe répond que les obligations sont réciproques et accuse la médiation américaine de partialité. De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya affirme que cinq des six zones où se trouvent les FDLR sont sous contrôle du Rwanda et du M23.
Enfin, le 13 juillet, devant le Conseil de sécurité, la France a, elle aussi, réclamé le retrait effectif des forces rwandaises du territoire congolais, tout en demandant à Kinshasa de neutraliser les FDLR. À ce stade, chacun continue de renvoyer l’autre à ses propres engagements, et la première mission du dispositif de vérification de ce cessez-le-feu, attendue par les États-Unis, n’a toujours pas été annoncée.

