La france bat le Maroc : La troisième d’affilée pour les Bleus de Didier Deschamps

Dans un match qu’elle a largement dominé, l’Equipe de France a fini par faire craquer le Maroc à deux reprises pour rejoindre les demi-finales de la Coupe du monde (2-0). La troisième d’affilée pour les Bleus de Didier Deschamps. Très grand.

Ce Mondial est Lilliput et l’Equipe de France y avance avec les grands pas de Gulliver, écrasant tout comme les géants savent le faire dans un monde trop petit pour eux. Encore dominants, encore séduisants, tant défensivement (encore aucun but encaissé) qu’offensivement, les Bleus ont déroulé une partition à sens unique, dans un match moins disputé que la demi-finale d’Al-Bayt, il y a quatre ans, pourtant terminé sur le même score (2-0). On pourra se demander qui était moins fort ou qui l’était plus et, si la réponse paraît cousue de fil blanc, force est de constater que dans la planète qui sépare un quart d’une demie, pour le dire vite, une compétition ratée d’un tournoi réussi, ces Bleus-là ont pris la bonne bretelle interstellaire. Toujours rassurant, quand on prétend chasser une troisième étoile. Les Bleus sont en demie !

L’axe du mal

Ce que personne ne vit, sauf au stade : Bruce Buffer apparut à M-30 sur les écrans géants du Gillette Stadium et hurla le coin bleu face au coin rouge, comme on annonce un face-à-face entre Manny Pacquiao et Oscar de la Hoya : tout le monde comprit, alors, que c’est un match de boxe qui s’annonçait, alors que Mbappé et Hakimi, ce fut frappant, ne se donnèrent pas un regard au moment du toss, preuve sans doute que le cancan de la demie qatarie était derrière eux, de même que la légèreté de l’époque. Le Maroc était venu avec d’autres ambitions. Rien à redire sur la composition française, davantage sur celle des Lions de l’Atlas, venus sans 9 de profession, Saibari étant remplacé au poste par El-Khannouss. Si l’analogie des boxeurs devait tenir, les vingt premières minutes auront servi de round d’observation, les Lions de l’Atlas bouchant l’axe comme l’Iran le détroit d’Ormuz, obligeant Olise à décaler le jeu sur l’aile -droite, principalement.

Une droite -Mbappé (3e)-, deux droites -Upamecano (4e)-, puis trois droites, sur la seule phase de transition française, ce qu’on appelle un jab sous la garde, dans le milieu des cognards. Le penalty -bien cherché- sifflé sur Mbappé, qu’il se chargea de transformer lui-même, termina dans les bras de Bounou, après que l’arbitre fait attendre l’attaquant du Real comme on entraîne ses chiens au «pas bouger» devant la gamelle (26e). Le Maroc proposa peu, si ce n’est une opposition correcte mais inoffensive, craquelée par les opérations de solistes de Dembélé (cette frappe du gauche au-dessus, 33e), Doué (ce face-à-face dingue, 36e) et Digne, auteur d’une frappe de loin qui, comme les autres, glissa sur Bounou comme un crochet de Foreman sur un visage recouvert de vaseline (45e). A la mi-temps, les Bleus menaient treize tirs à un -un coup-franc de myope de Hakimi dans le temps additionnel-, et ça nous faisait tous une belle jambe.

KO debout

On disait de Tyson qu’il pouvait vous coucher en un coup, comme un bus tout entier vous rentrait dans le foie, la gueule, la rate ou le menton. Vous finissiez par terre la lèvre fendue et des étoiles au-dessus du crâne, magie des poids lourds qui vous finissent avant même que vous n’ayez vu le coup partir. A vous de trancher, mais à voir Mbappé ouvrir le score comme il le fit, d’une frappe arrêtée qui prit Diop à revers et Bounou par surprise, on vit du Sugar Ray Leonard et du Frazier, du Holyfield et du Rocky Marciano : le Maroc était KO debout (1-0, 60e).

Parce que cette Equipe de France est plus protéiforme que Deontay Wilder, Dembélé mit Bounou une deuxième fois à terre (2-0, 66e), et Des­champs offrit ses premières minutes de jeu à Warren Zaïre-Emery, ce que le pays appelait de ses vœux. A partir de là, les Marocains se firent plus silencieux au Gillette et les espaces plus nombreux, si bien que Olise, Barcola et Mateta manquèrent tour à tour de peu d’ajouter leur uppercut à la fête. La première frappe cadrée des vice-champions d’Afrique arriva à la 83e minute, par Ounahi, et s’il fallait traduire ce match en chiffres, c’est probablement celui-ci que l’on choisirait. A la fin du match, Hakimi, à terre, sourit de toutes ses dents à Désiré Doué, symbole d’impuissance, s’il fallait l’interpréter. Alors, Espagne ou Belgique ? Qu’ils préparent la garde haute.