Priorité aux savoirs de base, généralisation du bilinguisme, investissement dans les enseignants et coordination renforcée entre tous les acteurs : telles sont les quatre recommandations stratégiques issues de la première Conférence internationale du Prix Yidan organisée en Afrique, qui s’est tenue à Dakar. C’est le Secrétaire général du ministère sénégalais de l’Education nationale, Pape Malick Ndao, qui les a égrenées lors de la cérémonie de clôture.
La Conférence Yidan s’est clôturée hier. Concrètement, les participants ont appelé à faire des apprentissages fondamentaux une priorité absolue dès les premières années de scolarisation. Ils ont également préconisé de généraliser l’enseignement bilingue et multilingue, l’intégration des langues nationales étant présentée comme un accélérateur d’apprentissage, d’investir massivement dans la formation des enseignants et de passer d’une logique de projets isolés à une logique d’action coordonnée, associant Etats, communautés, chercheurs et acteurs privés de l’éducation.
Ces conclusions ont été saluées par l’ensemble des délégations présentes dans la capitale sénégalaise, qui s’est muée pendant deux jours en plateforme mondiale du dialogue éducatif. Parmi les personnalités marquantes, figuraient Dr Charles Chen Yidan, fondateur du Prix Yidan, Albert Nsengiyumva, Secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (Adea), ainsi que Mamadou Amadou Ly, Directeur exécutif de l’Ared et lauréat 2025 du Prix Yidan pour le développement de l’éducation -c’est d’ailleurs son sacre qui a valu à Dakar d’accueillir cette première édition africaine.
Réunissant décideurs, chercheurs, innovateurs et praticiens, la conférence a porté une conviction partagée : l’éducation demeure le levier le plus puissant de transformation durable des sociétés, moteur de croissance économique, de résilience face aux crises et d’autonomisation. Mais au-delà des discours, c’est l’appel à l’action qui a dominé les échanges. Albert Nsengiyumva a ainsi insisté sur la nécessité de ne pas ranger les résultats de ces deux journées dans un tiroir, exhortant les participants à transformer les débats en engagements concrets plutôt qu’en simple compte rendu de plus.
Le Secrétaire général a par ailleurs évoqué le partenariat noué avec la Fondation Gates, engagée depuis 2009 aux côtés du ministère sénégalais sur le développement de l’enseignement bilingue. Ce dispositif, qui est passé de trois à huit langues nationales enseignées, va bénéficier d’un nouveau programme sur quatre ans, désormais étendu à tout le cycle primaire, jusqu’aux examens finals en langues nationales.
La feuille de route tracée à Dakar ne demande plus qu’à être mise en œuvre -à condition, comme l’ont martelé les organisateurs, que les recommandations ne restent pas lettre morte. Le prochain rendez-vous est désormais attendu sur le terrain, là où les apprentissages se jouent au quotidien.

