Les supporters sénégalais : Condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme

Condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme. C’est le verdict rendu jeudi soir par le tribunal de Rabat dans l’affaire des 18 supporters sénégalais arrêtés après la finale de la Can 2025. Une décision qui a fait trembler la salle d’audience et qui laisse encore beaucoup de familles le cœur serré.

La sentence est tombée hier soir, et elle n’a surpris personne par sa fermeté, même si elle reste en deçà des réquisitions du Parquet. Les 18 supporters sénégalais, détenus depuis plus d’un mois, ont écopé de peines de prison ferme : trois mois pour les moins impliqués, six mois pour d’autres, jusqu’à un an pour les plus exposés, selon le juge.

Dans la salle, l’émotion était palpable. Certains ont baissé la tête, d’autres ont eu du mal à retenir leurs larmes, et l’un d’eux a même fait un malaise qui a obligé les secours à intervenir. Le silence qui a suivi l’énoncé des peines était lourd, presque étouffant. On sentait bien que pour les familles présentes, ce n’était pas juste une affaire de Justice. C’était leur fils, leur frère, leur proche qui ne rentrerait pas tout de suite.

Revenons un peu en arrière. Mi-janvier, pendant la finale Sénégal-Maroc, ce penalty litigieux accordé aux Lions de l’Atlas dans les arrêts de jeu a tout fait basculer. Des supporters sénégalais, excédés, ont lancé des objets -dont des chaises- et se sont accrochés avec les stadiers. Des images qui ont tourné en boucle à la télé. Le Parquet marocain a parlé de «violences délibérées» et de «volonté claire de perturber le match». Rien de moins.

Les 18 prévenus, interpellés dans la foulée, ont passé plus de trente jours en détention avant de comparaître hier. Le Ministère public avait demandé jusqu’à deux ans ferme pour chacun. Le juge a tempéré : des peines plus légères, mais toujours effectives. Pas de sursis.

Du côté de la défense, la réaction a été immédiate : appel immédiat et des mots très durs sur un procès jugé partial. Au Sénégal, l’indignation ne retombe pas. Depuis des semaines, joueurs, dirigeants, ministres et simples citoyens réclament la clémence, trouvant la détention déjà bien trop longue.

La Fédération sénégalaise de football a réagi sobrement dans un communiqué : elle confirme les peines et réaffirme son soutien total aux familles. Rien de plus, rien de moins. Ce dossier, l’un des plus pénibles de cette Can 2025 organisée au Maroc, ne s’arrête pas là. Il laisse un goût amer dans les relations entre les deux pays, déjà chauffées par la rivalité sur le terrain. Les regards se tournent maintenant vers la Cour d’appel. Les familles attendent, espèrent, retiennent leur souffle. La Justice marocaine, elle, répète qu’elle a fait son travail en toute indépendance face à des faits avérés. L’histoire n’est pas finie. Loin de là.