Lutte contre l’homosexualité : Le collectif «Ndayou askanwi» dénonce le silence des autorités

Face à la multiplication des affaires liées à l’homosexualité au Sénégal, l’association féminine «Ndayou askanwi» sort de sa réserve. Réunies face à la presse, ces femmes dénoncent le silence des autorités et exigent une clarification de la position de l’Etat, accompagnée d’un durcissement législatif.

Le ton était grave et le message sans équivoque. Seydané Ndèye Astou Fall, coordonnatrice de «Ndayou askanwi», s’est fait la porte-parole d’une structure exclusivement féminine, bien décidée à peser sur le débat de société actuel. Pour ce collectif, les récentes arrestations qui défraient la chronique ne doivent pas rester sans réponse politique d’envergure.

«Pourquoi ce mutisme de l’Etat ?»

L’interpellation vise directement le sommet de l’Exécutif. «Pourquoi ce mutisme de l’Etat ?», s’est interrogée la coordonnatrice, citant nommément le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Pour «Ndayou askanwi», ce silence gouvernemental entretient une ambiguïté délétère. L’association réclame une déclaration officielle pour édifier l’opinion publique sur la doctrine de l’Etat face à une problématique jugée «sensible pour les valeurs de la Nation».

Au-delà de la pression politique, le collectif inscrit son combat dans une dimension spirituelle et éducative. Rappelant que «Dieu a édicté des chartes et des lois à appliquer», Seydané Ndèye Astou Fall a exhorté les parents à une vigilance accrue. Elle a également pointé du doigt les limites de la répression actuelle, s’inquiétant de voir des personnes interpellées retomber dans les mêmes travers après leur sortie de prison.

Un appel à l’action législative

Sokhna Saoudou Diop, Secrétaire générale de l’organisation, a porté le plaidoyer sur le terrain parlementaire. Elle exhorte les députés à renforcer l’arsenal juridique pour mettre fin à toute équivoque. «Il faut voter des lois. La situation a dépassé le cadre simple du fait divers ; le pays est menacé. Il faut agir vite», a-t-elle martelé.

De son côté, Adja Ndèye Diop, chargée de la communication, a rappelé que des signaux d’alerte avaient déjà été lancés dès 2019. Elle a réclamé une transparence totale sur le rôle de certaines organisations internationales et sur les programmes liés au «genre» introduits dans le système éducatif.

Un sursaut collectif attendu

En brisant le silence, «Ndayou askanwi» lance un appel au «sursaut collectif», impliquant leaders religieux, chefs de famille et décideurs. Alors que le sujet continue de fracturer l’opinion, l’attention se tourne désormais vers le Palais et la Primature : le régime actuel choisira-t-il de rompre le silence ou de maintenir sa posture de réserve ?