La tension est montée d’un cran dans le dossier du député-maire des Agnam. Réunis en conférence de presse au Café de Rome, les conseils de Farba Ngom ont fustigé les méthodes employées par les autorités judiciaires et le ministère de tutelle. Me Oumar Youm a été on ne peut plus clair : une plainte contre la ministre de la Justice, Yassine Fall, est en préparation. Il lui est reproché une gestion du dossier émaillée de «trop d’erreurs», notamment l’instruction d’un appel visant à maintenir son client en cellule, malgré une décision de liberté provisoire.
Les griefs sont nombreux : atteinte à la vie privée et violation du droit à l’image, violation du secret des correspondances et des données personnelles, et Rupture d’égalité devant la Justice (citant le cas d’un co-inculpé, Tahirou Sarr, déjà libéré). «C’est une détention arbitraire. On met la peine avant l’heure, fragilisant ainsi la présomption d’innocence», a martelé l’avocat, précisant que des juridictions internationales, notamment en France, pourraient être saisies.
L’épisode du téléphone «craqué»
De son côté, Me El Hadji Amadou Sall a révélé les dessous de la demande de levée de l’immunité parlementaire. Tout serait parti d’une fouille inopinée en décembre dernier, ayant permis la découverte d’un téléphone portable. Selon la défense, l’appareil aurait été «craqué» et son contenu exploité sans le consentement du député, ni la présence de ses avocats. Plus grave encore, des échanges entre Farba Ngom et ses conseils auraient été divulgués, constituant une violation flagrante du secret professionnel.
Une santé jugée incompatible avec la prison
Au-delà de la procédure technique, la défense s’alarme de l’état physique du parlementaire. Deux rapports médicaux ordonnés par le juge auraient conclu à une incompatibilité entre son état de santé et la détention. Pourtant, Farba Ngom reste derrière les barreaux depuis près d’un an, alors même que le juge du Premier cabinet avait initialement ordonné sa mise en liberté provisoire pour «contestation sérieuse» des faits.
Appel à la retenue des députés
Alors que l’Assemblée nationale doit se pencher sur la levée de l’immunité parlementaire de leur collègue, les avocats ont lancé un appel solennel aux députés. Ils les invitent à la «retenue» et à mesurer la portée de leur décision, rappelant que l’immunité est un rempart constitutionnel destiné à protéger la fonction de représentant du Peuple, et non une simple faveur personnelle.

