Prévu hier dans la capitale du Royaume chérifien, le procès des 18 supporters sénégalais a une fois encore été renvoyé. Cette fois, jusqu’au 12 février. La grève des avocats marocains oblige ces derniers à rester en prison, après leur arrestation lors de la finale de la Can 2025, le 18 janvier dernier à Rabat.
L’incertitude continue de planer sur le sort des 18 supporters sénégalais arrêtés lors de la finale de la Can opposant le Sénégal au Maroc (1-0, a.p). En prison depuis ce jour, ces derniers voient leur séjour carcéral se prolonger. En effet, après près de trois semaines dans les prisons marocaines, leur procès a du mal à se tenir. Prévu hier, il a finalement été renvoyé au 12 février, à cause de la grève des avocats marocains. Une situation déplorable qui plombe davantage les supporters sénégalais, victimes collatérales de la bataille entre les robes noires et l’Etat marocains. Mais aussi les familles et autres proches des détenus dont certains n’ont pas manqué de dénoncer les mauvaises conditions de détention dans les prisons du Royaume chérifien. Alors que l’espoir d’une libération était entretenu hier, après le second renvoi du procès la semaine dernière.
La grève des avocats marocains commence à prendre de l’ampleur et risque de prolonger davantage le séjour carcéral des 18 supporters sénégalais, poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment participation à des actes de violence lors d’un événement sportif, intrusion sur le terrain, dégradation de matériels, agression des Forces de l’ordre et jet d’objets ayant causé des blessures.
Selon les médias marocains, les avocats durcissent le ton et paralysent les tribunaux. Réuni à Rabat en fin de semaine dernière, le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc annonce la poursuite de l’arrêt total du travail des avocats, en l’absence de réponse concrète du gouvernement à leurs revendications. Il rejette catégoriquement le projet de loi 23.66 et appelle à une mobilisation nationale, tout en alertant sur les conséquences institutionnelles de l’impasse actuelle. Dans la même lancée, l’association explique cette décision par l’absence, à ce stade, de mesures concrètes annoncées par le gouvernement pour répondre aux revendications de la profession. Ces derniers ont annoncé un sit-in aujourd’hui devant le Parlement. Par ailleurs, une marche nationale est programmée le 6 février, selon la presse locale.
Dans l’attente d’une évolution du dossier, la profession maintient le boycott des plateformes judiciaires numériques et la suspension du paiement des frais judiciaires par voie électronique, dans le cadre des actions engagées. Le bureau annonce également son intention de saisir le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire afin d’examiner les moyens de protéger les droits des justiciables et de garantir les droits de la défense durant cette période. Selon toujours les médias marocains, à ce stade, aucun calendrier de reprise du travail n’a été fixé. Les avocats indiquent rester dans l’attente d’une réponse officielle permettant de relancer le dialogue.
Reste à savoir quelle disposition les avocats sénégalais, qui ont plaidé pour une liberté provisoire, comptent prendre pour faire face à ce blocus. Mieux encore, quelle sera la position de l’Etat face à une situation qui devient de plus en plus intenable pour ces pauvres supporters. En attendant, ces derniers gardent leur mal en patience, dans l’espoir de voir enfin le bout du tunnel.

