Finalement, c’est le 3 mars prochain que Madiambal Diagne saura si la France va répondre favorablement ou non à la demande d’extradition formulée par l’Etat du Sénégal à son encontre. La Chambre de l’instruction près la Cour d’appel de Versailles a fixé cette date à la suite de l’audience tenue hier et au cours de laquelle la défense de M. Diagne a démonté les arguments de l’Etat du Sénégal.
Le délibéré concernant la demande d’extradition émise par l’Etat du Sénégal contre Madiambal Diagne est fixé pour le 3 mars prochain. C’est ce qu’a décidé la Chambre de l’instruction près la Cour d’appel de Versailles, après avoir examiné au fond ce dossier. Pour rappel, le 25 novembre dernier, la Cour d’appel de Versailles avait demandé plus de précisions concernant les faits reprochés au journaliste et homme d’affaires. Ce qui a été fait par les autorités sénégalaises.
Face à la presse après l’audience d’hier, les avocats de Madiambal Diagne ont fait savoir qu’ils ont «bien démontré que les précisions n’étaient pas suffisantes et le caractère éminemment politique de ce dossier». A les en croire, ils ont eu «des arguments assez convaincants». Ils affichent ainsi «pleine confiance», en espérant que «la juridiction les entendra et fera obstacle à ce qui apparaît très clairement comme une instrumentalisation des voies de coopération internationale judiciaire». Pour la défense de M. Diagne, l’Etat du Sénégal «n’a pas apporté des éléments précis sur les faits qui lui sont reprochés, et en l’état, ce ne sont pas des garanties suffisantes».
Donnant plus de détails, Me Ousmane Thiam souligne qu’il avait été demandé à l’Etat du Sénégal de qualifier juridiquement les faits reprochés à Madiambal Diagne, mais des réponses à cette question n’ont pas été apportées. Et d’expliquer : «De notre point de vue, c’est de deux choses l’une, soit ils ont peur de le qualifier, soit ils ne veulent pas le qualifier. Peur de qualifier parce que c’est un contrat entre deux sociétés privées, il n’est pas possible d’en sortir quelque chose qui est pénalement répréhensible. Le Droit dit quand deux personnes signent un contrat, le tiers n’est pas concerné par ce contrat. Si l’Etat vient pour s’immiscer dans ce contrat, on pense que c’est politique. Sur l’escroquerie portant sur les deniers publics, on a démontré à la chambre que Madiambal n’a jamais géré de deniers publics. Dans cette affaire, c’est un contrat entre Ellipse project et l’Etat du Sénégal.»

