Un projet de loi sur l’industrialisation est en gestation. Le ministre de l’Industrie et du commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a dévoilé hier, les contours, à la sphère ministérielle Habib Thiam de Diamniadio, en présence de représentants de la présidence de la République, de la Primature et d’une douzaine de ministères.
Densification du tissu industriel, protection des petites industries, renforcement du budget et formation de ressources humaines adaptées. Tels sont les principaux axes autour desquels devrait tourner la loi sur la promotion de l’industrialisation qui est en gestation. Serigne Guèye Diop, Ministre de l’industrie et du commerce (Min), l’a fait savoir hier, à l’occasion de la 1ère réunion du comité de pilotage du processus d’élaboration du projet de loi à la sphère ministérielle Habib Thiam de Diamniadio. «Il s’agit maintenant d’aller vers une loi sur l’industrialisation du Sénégal», a-t-il dit, relevant que le processus a démarré par les états généraux sur l’industrie, du commerce et des Pme-Pmi ayant débouché sur un rapport intitulé «Le livre blanc sur l’industrialisation et le commerce». «Le plus important pour cette loi, c’est d’abord la densité du tissu industriel. Nous allons, avec les agropoles, créer déjà 30 zones agro-industrielles sur l’ensemble du territoire.
Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle. En plus de cela, nous avons aussi l’Aprosi (l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels), qui va avoir 10 zones industrielles (…) Cela veut dire qu’à terme, nous aurons au moins 45 sites industriels», a-t-il expliqué, assurant que le budget de son département est passé de 50 à 350 milliards francs Cfa dans cette volonté étatique de densifier le tissu industriel. «L’autre aspect qui est très important dans cette loi, c’est le patriotisme économique», a posé M. Diop, soulignant à ce niveau la nécessité de protéger «nos petites industries naissantes». «Le Sénégal a une économie extravertie. 46 à 50% de notre économie sont entre les mains des étrangers (…) On veut juste qu’il y ait un patriotisme économique.
Cela veut dire que les gens qui viennent investir au Sénégal puissent s’associer avec des Sénégalais, avec l’Etat, pour que l’Etat et le pays puissent aussi en bénéficier», a-t-il dit, avec l’idée que l’appartenance à des espaces d’intégration sous-régionaux ne devrait pas empêcher la mise en place de politiques de protection pour développer nos industries. «Le dernier aspect qui est très important que j’ai demandé au niveau de la loi, c’est ce qui touche au budget ; car on ne peut pas développer l’industrie sans la soutenir. L’industrie coûte cher.
On ne peut la laisser seulement au secteur privé. Il faut la financer, il faut la subventionner, il faut l’appuyer. (…) Il va falloir, dans les budgets qui vont venir, tenir compte de tout ce qui touche au ministère sur le plan financier», a insisté le Mic, mettant aussi en avant la nécessité de ressources humaines qualifiées pour porter cette industrialisation. «Sans ingénieurs agroalimentaires, ingénieurs industriels, ingénieurs électriques et puis des techniciens de tous bords, on ne peut pas faire de l’industrie», a-t-il souligné, rappelant que la loi attendue devrait être accompagnée par plusieurs réformes.
Des représentants de la présidence de la République, de la Primature et d’une douzaine de ministères ont participé à la rencontre.

