Iran: Donald Trump dit espérer ne pas avoir à frapper Téhéran, qui promet de riposter

Donald Trump a déclaré, le jeudi 29 janvier 2026, espérer ne pas avoir à frapper l’Iran. Alors que les États-Unis continuent à renforcer leur présence militaire dans la région, Téhéran a de nouveau haussé le ton en affirmant que les bases américaines dans la région, mais aussi les navires de guerre, seront visés en cas d’attaque.

« Nous sommes forts. Nous sommes puissants financièrement. Nous sommes puissants militairement. (…) Et désormais, nous avons un groupe (aéronaval) qui se dirige vers un pays appelé Iran. Et j’espère ne pas devoir utiliser cette force », a déclaré le président américain, jeudi soir à Washington, devant la presse.

Le porte-parole de l’armée iranienne a affirmé que la réaction de l’Iran à toute attaque sera immédiate et ferme. « Si Trump pense qu’il va mener une attaque rapide et que deux heures après, il va publier un tweet pour dire que l’opération est terminée. Ce ne sera pas le cas. La guerre s’étendra à toute la région, d’Israël aux pays de la région où il y a des bases américaines », a déclaré ce général.

Cet officier a aussi ajouté que les porte-avions américains ont des points de faiblesse et peuvent être frappés avec des missiles supersoniques, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. 

Mais dans le même temps, l’Iran multiplie les contacts diplomatiques avec les pays de la région pour empêcher une escalade et éviter une guerre. Les conditions posées par Donald Trump pour un accord, c’est-à-dire l’arrêt total du programme nucléaire et la réduction de la portée des missiles iraniens, rendent difficile toute négociation.

L’inscription sur la liste des groupes terroristes, une « erreur stratégique »

Les responsables iraniens ont dénoncé la décision de l’Union européenne d’inscrire les Gardiens de la révolution sur la liste des groupes terroristes comme d’une « erreur stratégique ». C’est ce qu’a affirmé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur le réseau X : « Les pays européens seront responsables des conséquences d’une telle décision. »

La décision de l’Union européenne est considérée comme une déclaration de guerre contre le pouvoir. Les Gardiens de la révolution sont la principale force armée du pays. Ils contrôlent le programme balistique, mais aussi des drones ou encore le programme spatial. Ils sont très impliqués dans l’économie et ont pour mission de défendre le pouvoir islamique. 

Cette décision de l’Union européenne permettra d’accroître les sanctions à l’encontre de l’Iran. Mais est-ce que cela sera efficace ? « Politiquement, c’est un geste fort parce qu’il montre une unité de l’Union européenne à l’égard de l’Iran en général et du corps des Gardiens de la révolution en particulier, estime Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran et chercheur au sein d’Etopia. Il y avait des blocages assez forts, notamment de la France. Et ici, on voit que le pas est franchi. On peut néanmoins s’interroger sur ces actions concrètes du point de vue économique. En effet, les Gardiens de la révolution sont une entité puissante en Iran, mais qui est implantée à l’intérieur de l’Iran et a très peu d’actions à l’étranger. C’est un État dans l’État avec des relais économiques industriels importants. Ils sont présents partout, mais ils sont aussi sanctionnés depuis très longtemps et donc la plupart de leurs avoirs se trouvent uniquement à l’intérieur de l’Iran. »

Pour ce spécialiste de l’Iran, la décision de l’UE a ses limites : « Néanmoins, il fallait que l’Union européenne marque aussi son positionnement à l’égard de cette structure, qui est très active dans la répression à l’intérieur de l’Iran, mais qui est aussi une institution qui déstabilise la région et qui parfois même aussi peut avoir des intérêts déstabilisateurs en Europe. »

RFI