Trump attendu à Davos pour un face-à-face avec les Européens sur la question du Groenland

Donald Trump doit prendre part, ce mercredi 21 janvier, à une réunion sur le Groenland avec les « différentes parties » en marge du Forum économique de Davos. Avant de s’envoler pour la Suisse, le président américain a promis « quelque chose qui sera très positif pour tout le monde » concernant ses ambitions pour le Groenland. La veille, à la tribune, Emmanuel Macron a lui dénoncé la « loi du plus fort ».

Le président américain doit s’exprimer à la tribune du Forum économique mondial de Davos mercredi matin après une intervention d’Emmanuel Macron sur fond de vives tensions au sujet du Groenland. Il a réitéré mardi, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, que les États-Unis avaient besoin du Groenland pour des raisons de « sécurité nationale, et même de sécurité mondiale ». Il a déclaré que quelque chose de « très positif pour tout le monde » allait se produire, alors que ses menaces d’annexion fragilisent l’Alliance atlantique.

Le président américain a annoncé mardi une réunion sur le Groenland avec les « différentes parties » en marge du Forum économique de Davos. « J’ai accepté une réunion des différentes parties à Davos, en Suisse », a écrit le président sur son réseau Truth Social sans préciser quand se tiendrait cette réunion.

Mardi, dans un face-à-face à distance avec son homologue américain, Emmanuel Macron a dénoncé à la tribune du Forum économique mondial de Davos la « loi du plus fort » et dit préférer « le respect plutôt que les brutes », et « l’état de droit plutôt que la brutalité » en réponse aux velléités de Trump sur le Groenland. Le président français a invoqué le recours à l’instrument « anti coercition » de l’Union européenne. 

10h37 : Le chef de l’Otan se dit convaincu que les pays européens viendraient en aide aux États-Unis si nécessaire

Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte s’est dit convaincu ce mercredi que les pays européens viendraient en aide aux Etats-Unis si nécessaire, contrairement aux affirmations de Donald Trump. Le président américain a affirmé avoir des doutes sur l’engagement des pays européens de l’Alliance aux côtés des États-Unis, en cas de déclenchement de l’article 5 du traité de l’Otan, qui oblige chaque membre à venir en aide à un autre en cas d’attaque. « Je n’ai aucun doute sur le fait que les États-Unis viendront à la rescousse (de l’Europe), et que nous viendrons à la rescousse des États-Unis », a expliqué Mark Rutte lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial en Suisse.

10h15 : Au Groenland, les habitants veulent être prêt dans le cas d’une éventuelle invasion militaire américaine

Le Premier ministre du Groenland a déclaré que la population et les autorités de l’île arctique devaient se préparer à une éventuelle invasion militaire américaine, même si cette éventualité reste improbable. Notre envoyée spéciale sur l’île arctique, Ottilia Férey, a rencontré des locaux qui ont déjà commencé à faire des stocks. 

09h52 : La Norvège ne participera pas au « Conseil de la paix » de Trump

La Norvège, dont les relations se sont nettement dégradées avec Donald Trump irrité de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix, ne participera pas au « Conseil de la paix » proposé par le président américain, a indiqué ce mercredi le cabinet du Premier ministre. « La proposition américaine soulève un certain nombre de questions qui nécessitent un dialogue plus approfondi avec les États-Unis. La Norvège ne se joindra donc pas aux dispositions proposées pour le Conseil de la paix et ne participera donc pas à la cérémonie de signature à Davos », a dit le secrétaire d’État auprès du Premier ministre, Kristoffer Thoner, dans un message transmis à l’AFP.

09h36 : Riposter aux menaces contre le Groenland en ciblant la tech serait « autodestructeur » pour l’UE selon un haut responsable de Meta

Un haut-responsable du géant américain de la technologie Meta a estimé ce mercredi qu’il serait « particulièrement autodestructeur » pour l’Union européenne de cibler le secteur de la tech en cas de riposte commerciale aux menaces du président américain Donald Trump de s’emparer du Groenland. « Je pense qu’il serait particulièrement destructeur pour l’Europe de cibler la tech en représailles », a déclaré Joel Kaplan, directeur des affaires internationales de Meta, en marge du Forum économique de Davos, en Suisse.

09h11 : Invité à rejoindre le « Conseil de la paix » de Trump, la Chine dit défendre un système mondial centré sur l’ONU

La Chine a dit mercredi défendre le système international avec les Nations unies « en son centre », après avoir indiqué la veille avoir été invitée à rejoindre le « Conseil de la paix » proposé par le président américain Donald Trump. Pékin a dit mardi avoir été invitée par les Etats-Unis à participer à ce « Conseil de la paix » censé œuvrer au règlement des conflits dans le monde et largement perçu comme concurrent de l’ONU.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères s’est à nouveau gardé de dire mercredi si la Chine acceptait ou non l’invitation. Mais, a dit ce porte-parole, Guo Jiakun, au cours d’un point presse régulier, « quels que soient les changements de la situation internationale, la Chine défend fermement le système international avec les Nations unies en son centre, l’ordre international fondé sur le droit international et les règles de base des relations internationales fondées sur les objectifs et les principes de la Charte des Nations unies ».

08h51 : Dans un monde de « puissance brute », l’UE doit rompre avec sa « prudence traditionnelle », affirme von der Leyen

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé ce mercredi l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » face aux défis d’un monde « de plus en plus anarchique » et défini par la « puissance brute ». « Nous vivons désormais dans un monde défini par la puissance brute, qu’elle soit économique ou militaire, technologique ou géopolitique », a-t-elle lancé devant le Parlement européen à Strasbourg, évoquant « la situation instable » dans l’Arctique et au Groenland, les bombardements « incessants » en Ukraine ou encore les tensions au Moyen-Orient et dans la région indo-pacifique.

Les tensions entre les États-Unis et l’Europe sur le Groenland ne feront « qu’encourager » nos « adversaires », a-t-elle mis en garde à quelques heures du discours de Donald Trump à Davos.

08h32 : Les Européens devraient éviter un « réflexe de colère » au sujet du Groenland, dit Scott Bessent

Les Européens devraient éviter un « réflexe de colère » et écouter les arguments du président Donald Trump à Davos concernant une acquisition du Groenland, a déclaré ce mercredi le secrétaire au Trésor Scott Bessent. « Je vais dire à tout le monde : inspirez profondément. N’ayez pas ce réflexe de colère que nous avons observé, ni cette amertume », a déclaré Scott Bessent aux journalistes, quelques heures avant l’arrivée prévue de Donald Trump à la réunion annuelle du Forum économique mondial en Suisse.

08h13 : Les États-Unis « se comportent très bizarrement pour des alliés », selon la présidente de la BCE, Christine Lagarde

Les États-Unis « se comportent très bizarrement pour des alliés », a déploré mercredi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, appelant à « l’unité et la détermination » de l’Union européenne (UE) face à Donald Trump. « Ils se comportent très bizarrement pour des alliés », a répondu Christine Lagarde sur la radio française RTL, interrogée depuis Davos (Suisse) pour savoir si les États-Unis étaient « des alliés » ou « des adversaires » de l’UE.

« Quand on est alliés au sein du traité de l’Atlantique Nord, quand on a été des alliés pendant des décennies et qu’on a participé à l’histoire respective les uns des autres, menacer de s’emparer d’un territoire qui manifestement n’est pas à vendre comme le Groenland et agiter des restrictions tarifaires, des restrictions d’ordres divers sur le commerce international, n’est pas vraiment faire preuve d’un comportement très allié », a-t-elle expliqué.

07h57 : Donald Trump arrivera à Davos avec « environ trois heures de retard »

Le président américain Donald Trump arrivera au Forum de Davos avec « environ trois heures de retard », en raison d’un problème avec le premier avion qui devait le conduire en Suisse, a indiqué ce mercredi le secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Le premier appareil du président américain avait dû faire demi-tour à la suite d’un problème technique. Le président avait finalement pu décoller avec environ deux heures et demie de retard sur l’horaire initial, à bord d’un autre appareil.

07h25 : Les Européens peinent à apporter une réponse commune aux menaces de Trump

Depuis la réunion des ambassadeurs des 27 auprès de l’Union dimanche soir à Bruxelles on voit se dessiner le camp des partisans du rapport de force. Pour eux, c’est en quelque sorte le seul langage que comprend Donald Trump et le plus en pointe dans la volonté de confrontation est le président français Emmanuel Macron qui a clairement exposé à Davos l’ambition de ne pas céder d’un pouce en affirmant préférer « l’État de droit à la brutalité ». C’est d’ailleurs aussi la confrontation que choisit le parlement européen en se mettant d’accord pour ne pas voter l’accord commercial en faveur des importations venant des États-Unis, cet accord que la présidente de la commission européenne a signé en juillet à Turnbury, le club de golf écossais de Donald Trump, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet.

Ursula von der Leyen a d’ailleurs en partie suivi une ligne dure à Davos en affirmant que la réponse européenne sur le Groenland serait « ferme, unie et proportionnée » et que sa souveraineté et celle du Danemark n’était pas négociable. Elle propose de travailler sur la sécurité de l’Arctique avec les États-Unis mais ne va pas aussi loin que le chancelier allemand Friedrich Merz qui se dit prêt à essayer de rencontrer Donald Trump à Davos. Même s’il évoque la réponse potentielle de l’Europe, il préconise de tenter le dialogue pour éviter l’escalade douanière. En Europe centrale et orientale seul le Premier ministre Polonais Donald Tusk s’exprime avec force. « L’Europe ne peut se permettre aucune faiblesse », affirme-t-il.

Pour compliquer encore plus la vie des Européens, il leur faut aussi se positionner sur la proposition américaine de « Conseil de la paix » qui ressemble de plus en plus à un concurrent de l’ONU. Ceci nous ramène à l’Europe centrale où  le Premier ministre hongrois Viktor Orban se démarque une nouvelle fois car c’est le seul à avoir accepté l’invitation américaine à siéger à ce « Conseil de la paix ». La France oppose une fin de non-recevoir, l’Allemagne et la commission européenne réservent leur réponse, quant aux autres, ils gardent tout bonnement le silence.

06h50 : La France demande « un exercice de l’Otan » au Groenland, se dit « prête à y contribuer » affirme l’Élysée

La France veut un « exercice de l’Otan » au Groenland et est « prête à y contribuer », a indiqué ce mercredi l’Élysée, alors que le président américain Donald Trump répète qu’il veut s’emparer de ce territoire autonome danois. « La France demande un exercice de l’Otan au Groenland et est prête à y contribuer », a fait savoir la présidence française.

06h30 : Trump en route pour Davos après un souci technique sur Air Force One

Le président américain Donald Trump est attendu à Davos mercredi pour un face-à-face avec les dirigeants européens, alors que sa volonté d’annexer le Groenland menace de faire éclater l’alliance transatlantique. Parti dans la soirée de Washington, le dirigeant a été contraint de faire demi-tour en raison d’un « problème électrique mineur » à bord d’Air Force One, selon la Maison Blanche, et s’est envolé à bord d’un second appareil peu après minuit (05h00 TU), soit avec environ deux heures et demie de retard sur l’horaire initial.

Avant son départ pour le Forum économique mondial dans la très chic station suisse, Donald Trump a raillé les Européens avec virulence au sujet du Groenland, vaste île danoise autonome qu’il convoite. Interrogé sur les extrémités jusqu’auxquelles il était prêt à aller pour en prendre le contrôle aux dépens du Danemark, membre de l’Otan, Donald Trump a répondu : « Vous le découvrirez. » Il a toutefois confié, au moment de quitter la Maison Blanche pour prendre l’avion mardi, n’avoir « aucune idée » de la façon dont son voyage à Davos allait se dérouler.

RFI