Dans le classement annuel « Where to Invest in Africa » réalisé par la banque d’affaires sud-africaine Rand Merchant Bank, dont les résultats ont été publiés le 15 septembre, les places des deux premières nations ont été inversées, tandis que le Maroc reste numéro trois pour la troisième année consécutive.

« Le continent africain court au désastre s’il n’accompagne pas la diversification de son économie. » C’est le constat que dresse la banque d’affaires sud-africaine Rand Merchant Bank, qui a dévoilé, le 15 septembre, le top 10 de son classement « Where to Invest in Africa » (où investir en Afrique).

Un palmarès que la banque dresse chaque année depuis sept ans, à partir du PIB réel à parité de pouvoir d’achat, des prévisions de croissance et de l’environnement des affaires*.

Top 10 des pays

où investir

5 : Ghana

1 :  Égypte

2 : Afrique du Sud

3 : Maroc

7 : Tanzanie

4 : Éthiopie

6 : Kenya

8 : Rwanda

9 : Tunisie

10 : Côte d'Ivoire

Source : Rand Merchant Bank

Jeune Afrique 

Le nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, a pris la succession de l’ancien titulaire au poste Abdoulaye Daouda Diallo, lors d’une cérémonie de passation de service qui s’est déroulée hier, lundi 19 septembre. Prenant la mesure de la tâche qui l’attend en sa qualité de premier des policiers et surtout en raison de son statut de « Monsieur Elections », une prérogative contestée par une grande partie de l’opposition, Aly Ngouille Ndiaye a promis d'inviter dans les « plus brefs délais », les acteurs impliqués dans les questions électorales à des discussions pour « l'établissement des termes de référence du dialogue politique» qu'il souhaite inscrire dans le quotidien de tous les acteurs et non plus « dans une séquence cyclique ». Non s’en s’engager à l’organisation d’une présidentielle 2019 sans anicroche.

Abdoulaye Daouda Diallo ayant fait ses valises, Aly Ngouille Ndiaye a officiellement déposé ses baluchons au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. A la tête de ce département ministériel depuis septembre 2013, Abdoulaye Daouda Diallo a passé la main à son successeur Aly Ngouille Ndiaye (audit ministère) hier, lundi 18 septembre. A cette occasion le nouveau ministre de l’Intérieur, désormais en charge des élections, a décliné ses priorités: le dialogue politique et l’organisation d’élections sans anicroche en 2019.

Pour lui, le dialogue politique doit être une démarche à laquelle tout acteur doit s’investir pour que le pouvoir et l’opposition puissent trouver des solutions pour un système électorale viable. «Je peux vous affirmer que le dialogue politique ne doit pas s’inscrire dans une séquence cyclique, à l’approche d’une élection, d’échéances électorales. Cela doit être le quotidien de tous les acteurs pour que, très rapidement,  nous fermions la  phase des suspicions et des malentendus afin d’avancer sereinement dans l’organisation des échéances électorales», a déclaré le ministre Aly Ngouille Ndiaye.

A l’en croire, dans les brefs délais, il invitera tous les acteurs  impliqués dans les questions électorales à des discussions qui «aboutiront à l’établissement des termes du dialogue à référence politique indispensable dans une démocratie, surtout celle qui a été approuvé avec plusieurs alternances démocratiques, surtout celle qui a déjà produit plusieurs alternances démocratiques aussi bien au niveau local qu’au niveau nationale».

C’est la raison pour laquelle il réaffirme son engagement pour une bonne organisation de l’élection présidentielle de 2019. «Concernant cette matière électorale, j’annonce que tout sera mis en œuvre afin que le processus devant aboutir à la prochaine élection présidentielle se déroule conformément aux textes la régissant. Monsieur le président de la République qui a engagé, et en respect de sa directive, je vais m’y atteler avec sérénité et en parfaite intelligence avec l’ensemble des partenaires», a-t-il garanti.

Aly Ngouille Ndiaye a réitéré son engagement auprès du président de la République, Macky Sall, pour lui avoir fait à nouveau confiance en le reconduisant encore une fois dans les fonctions ministérielles. «Aussi voudrais-je, après avoir rendu grâce à Allah, exprimer au chef de l’Etat mes sincères remerciements et ma profonde gratitude pour avoir bien voulu accepter la proposition du Premier ministre Boun  Dionne»,  a déclaré le nouveau ministre de l’Intérieur.

Son prédécesseur, Abdoulaye Daouda Diallo, actuel ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, qui n’a pas encore pris les rênes de ce nouveau département a informé que «la sécurité de proximité a été renforcée avec l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (Asp), dont la période d’engagement du premier contingent d’assistance à la sécurité de proximité touche à sa fin et qu’il importe, au regard des avancées notables dans ce domaine», de revoir, a-t-il dit.

Apres avoir fait le bilan des 4 ans de service à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo a renouvelé son engagement et sa gratitude au président de la République qui lui a donné un nouveau poste dans le gouvernement. Malgré de nombreux acquis, des chantiers demeurent. Ainsi quelques projets de textes méritent d’être finalisés notamment «la loi d’orientation sur la sécurité intérieur (Losi) qui dégage une vision de la sécurité intérieur, dans un  horizon temporel à court, moyen et long terme», a souligné le ministre de l’Intérieur sortant.

SudOnline

mercredi, 20 septembre 2017 07:38

Espagne: le Barça écrase Eibar, Messi puissance 4

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Auteur d'un quadruplé, Lionel Messi a écoeuré Eibar (6-1) et permis au FC Barcelone de continuer son sans-faute en tête du Championnat d'Espagne lors de la 5e journée, mardi au Camp Nou, où les Catalans ont rendu hommage à l'infortuné Ousmane Dembélé, blessé.

Intenable, Messi a marqué sur un penalty généreux (21e), un tir subtil au ras du poteau (59e), un face-à-face gagné avec le gardien (62e) et un plat du pied imparable (87e), portant son bilan en Liga à déjà neuf buts. Paulinho, très bon, a marqué de la tête (38e) et Denis Suarez d'une frappe à angle fermé (53e), avant que Sergi Enrich ne sauve l'honneur (57e).

Le Barça (1er, 15 pts) compte provisoirement sept longueurs d'avance sur le Real Madrid (5e, 8 pts), qui reçoit le Betis Séville mercredi (20h00 GMT) pour le retour de suspension de Cristiano Ronaldo.

Avant la rencontre au Camp Nou, les joueurs barcelonais ont souhaité un prompt rétablissement à Dembélé, opéré mardi de la cuisse gauche et indisponible jusqu'en 2018: ils ont pénétré sur le terrain avec un T-shirt portant l'inscription en français "Courage Ousmane".

Résultats de la 5e journée du Championnat d'Espagne de football:

mardi

Valence CF - Malaga 5 - 0

FC Barcelone - Eibar 6 - 1

mercredi

(18h00 GMT) Athletic Bilbao - Atlético Madrid

Leganés - Gérone

(19h00 GMT) Deportivo La Corogne - Alavés

(20h00 GMT) FC Séville - Las Palmas

Real Madrid - Betis Séville

jeudi

(18h00 GMT) Villarreal - Espanyol Barcelone

(19h00 GMT) Celta Vigo - Getafe

(20h00 GMT) Levante - Real Sociedad

RFI

Rohingyas, Syrie, climat et Iran : pour son premier discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, Emmanuel Macron a marqué le coup en prenant clairement ses distances avec le président Trump, notamment sur l'accord nucléaire iranien et la question du changement climatique.

Emmanuel Macron a voulu prononcer un discours très engagé pour porter la voix des oubliés qu'il a voulu incarner en répétant : « J'ai entendu la voix d'Ousmane, de Kouamé, de Jules » qui représentent pour lui les crises que traversent selon lui le monde : terrorisme, migrations et catastrophe climatique.

Tout l'argumentaire d'Emmanuel Macron a consisté à démontrer que le sort des oubliés et des privilégiés était irrémédiablement lié. A la tribune de l'ONU, Emmanuel Macron a également affirmé que l'organisation était toujours une enceinte pertinente pour résoudre les problèmes du monde. Il a d'ailleurs invité les dirigeants internationaux à se souvenir des valeurs fondatrices de l'ONU et à les porter à nouveau face à des défis mondiaux.

Emmanuel Macron a réalisé un véritable plaidoyer pour l'action collective et prévenu : « Sinon, c'est la loi du plus fort qui l'emporte ». Avec ce discours, le président français a essayé de prendre le leadership des pays qui veulent défendre le bien commun ensemble.

Son discours a duré une demi-heure, le double du temps imparti. Le président français a aussi profité de son premier discours devant l'Assemblée générale de l'ONU pour déclarer qu'il souhaitait lancer un groupe de contact sur la Syrie 

« L'accord sur le climat sera mis en oeuvre »

Dans une conférence de presse après son discours, le président français a cependant estimé que Bachar el-Assad, le président syrien, était un « criminel » qui devra être « jugé ». 

Emmanuel Macron, qui s'est déclaré en faveur de l'ouverture des voies légales pour les réfugiés, a martelé que « l'accord sur le climat ne sera pas renégocié, il sera mis en oeuvre », tout en respectant la décision de Donald Trump. Le président américain a en effet annoncé il y a quelques mois vouloir quitter l'accord de Paris sur le climat de novembre 2015.

« Les plus fragiles sont les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l'emballement du climat, a poursuivi Emmanuel Macron, critiquant implicitement, mais sans le citer, le président Donald Trump. Détricoter l'accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations ».

Après son discours devant l’AG de l’ONU, Emmanuel Macron a participé à une conférence de presse dans laquelle il a précisé sa position par rapport à celle de Donald Trump qui a parlé de la « destruction » de la Corée du Nord. Favorable aux sanctions, le président français s'est redit en revanche « opposé à toute intervention militaire qui conduirait à des dommages et des pertes de vies humaines ».

Ce groupe de contact voulu par la France intégrerait les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et les parties prenantes au conflit. « La solution doit être politique, pas militaire », a déclaré le chef d'Etat qui a également vanté le multilatéralisme, « l'émulsion collective ».

« L'accord sur le climat sera mis en oeuvre »

Dans une conférence de presse après son discours, le président français a cependant estimé que Bachar el-Assad, le président syrien, était un « criminel » qui devra être « jugé ». 

Emmanuel Macron, qui s'est déclaré en faveur de l'ouverture des voies légales pour les réfugiés, a martelé que « l'accord sur le climat ne sera pas renégocié, il sera mis en oeuvre », tout en respectant la décision de Donald Trump. Le président américain a en effet annoncé il y a quelques mois vouloir quitter l'accord de Paris sur le climat de novembre 2015.

« Les plus fragiles sont les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l'emballement du climat, a poursuivi Emmanuel Macron, critiquant implicitement,mais sans le citer, le président Donald Trump. Détricoter l'accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations ».

Après son discours devant l’AG de l’ONU, Emmanuel Macron a participé à une conférence de presse dans laquelle il a précisé sa position par rapport à celle de Donald Trump qui a parlé de la « destruction » de la Corée du Nord. Favorable aux sanctions, le président français s'est redit en revanche « opposé à toute intervention militaire qui conduirait à des dommages et des pertes de vies humaines ».

Des sanctions efficaces contre la Corée du Nord supposent une politique pro-active de la Russie et de la Chine.

Emmanuel Macron répond à Donald Trump sur la Corée du Nord

RFI

mercredi, 20 septembre 2017 07:30

L'Afrique à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU

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Plusieurs chefs d'Etat africains ont pris la parole à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, mardi 19 septembre.

► Alpha Condé plaide pour un élargissement du Conseil de sécurité

Costume noir, cravate jaune, Alpha Condé a été le premier leader africain à s’exprimer devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York mardi 19 septembre. Le chef de l’Etat guinéen, qui préside l'Union africaine, a plaidé pour un élargissement du Conseil de sécurité . L'Afrique ne peut plus rester en marge des grandes décisions internationales car le continent compte aujourd'hui, a-t-il rappelé à tous les dirigeants, peignant le portrait d'une Afrique en marche, bien décidée à se prendre en main.

Monsieur le président, l’Afrique, jadis subjuguée, corvéable et malléable à dessein, s’est éveillée. Aujourd’hui, plus que jamais, l’Afrique est décidée à prendre son destin en main avec la ferme détermination d’être l’acteur principal de son développement et de jouer pleinement son rôle dans la gestion des affaires internationales. Dans cette optique, l’Afrique tend une main sincère et amicale à tous les partenaires de bonne volonté, consciente qu’il n’y a de bonheur véritable que lorsqu’il est partagé, qu’il n’y a de richesse que lorsqu’elle est équitablement répartie, qu’il n’y a de partenariat viable et porteur que lorsqu’il est d’égal à égal, qu’il n’y a de paix véritable que lorsqu’elle est inclusive, qu’il n’y a de développement durable que lorsqu’il respecte la dignité des peuples.

Le président IBK appelle au financement du G5 Sahel

A la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a loué la création du G5 Sahel. Il a aussi appelé tous les « pays amis » et organisations internationales partenaires à soutenir financièrement cette force conjointe lors de la conférence internationale des donateurs qui doit se tenir le 16 décembre à Bruxelles.

e voudrais donner l’assurance que les ressources allouées à cette force seront gérées avec une totale transparence. De plus, nous restons ouverts à tout appui de nos partenaires à assurer une meilleure gestion des ressources de ladite force. Cette force conjointe est d’utilité publique avérée. La bataille que nous conduisons aujourd’hui dans le Sahel est une digue. Si, par malheur, cette digue devait céder, ce serait un malheur pour l’ensemble du monde civilisé, du monde qui partage nos valeurs.

RFI

mercredi, 20 septembre 2017 07:25

Devant l'ONU, Donald Trump s'en prend aux «Etats voyous»

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Dans son premier discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président américain Donald Trump a dénoncé ce 19 septembre les « Etats voyous » qui mettent le monde en danger, dont l'Iran et la Corée du Nord, qu'il a menacé de « détruire totalement ».

Alors que le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait ouvert les débats en plaidant pour un monde sans armes nucléaires et une solution politique à la crise coréenne, le président américain s'est est pris violemment au « régime vicieux » de Pyongyang.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un s'est embarqué dans « une mission-suicide », a lancé le président américain devant l'Assemblée générale de l'ONU ce mardi, le qualifiant à nouveau d'« homme-fusée ».

L’Etat-nation reste le meilleur outil pour améliorer la condition humaine. Les Etats-Unis seront toujours un excellent ami pour le monde et notamment pour leurs alliés, mais nous ne pouvons plus nous contenter d’une situation dans laquelle les autres profitent de nous et les Etats-Unis n’obtiennent rien au retour. Tant que j’occuperai ce poste, je défendrai les intérêts de l’Amérique avant toute autre chose

Donald Trump expose sa doctrine unilatéraliste devant l'ONU

RFI

Dénonçant les « Etats voyous qui violent tous les principes sur lesquels reposent les Nations unies »,Donald Trump a également attaqué l'Iran et dénoncé à nouveau l'accord signé par les grandes puissances avec Téhéran pour encadrer le programme nucléaire de ce pays et s'assurer qu'il ne serve pas à le doter de l'arme atomique.

L'accord nucléaire de 2015 est « un des pires auxquels les Etats-Unis aient jamais participé » et représente un « embarras » pour eux, a-t-il lancé.Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ses activités déstabilisatrices et nous ne pouvons pas respecter un accord s'il sert à couvrir l'éventuelle mise en place d'un programme nucléaire », a déclaré Donald Trump, en qualifiant l'Iran de « dictature corrompue ».

Les vénézuéliens sont en train de mourir de faim, et leur pays est en train de s’effondrer. Les institutions démocratiques sont en train d’être détruites. Cette situation est totalement inacceptable et nous ne pouvons pas rester sans rien faire

Donald Trump annonce des «mesures supplémentaires» si Maduro persiste

RFI

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Au Togo, la réforme constitutionnelle ne pourra être votée que par référendum populaire. L'Assemblée s'est réunie en session plénière mardi 19 septembre pour examiner le projet du gouvernement. Un texte qui prévoit entre autres la limitation des mandats présidentiels. L'opposition, qui dénonce la non-rétroactivité de cette mesure, a boycotté la session parlementaire. Du coup, le parti au pouvoir n'a remporté que deux tiers des voix et non les quatre cinquièmes requis, ouvrant la voie à un possible vote par référendum.

Le gouvernement y voit une main tendue, les opposants un passage en force. Comme ils l'avaient annoncé, ces derniers n'ont pas participé aux débats à l'Assemblée nationale. Et regrettent que les amendements déposés en commission la semaine dernière n'aient pas été pris en compte.

Il fallait une majorité aux quatre cinquièmes à l'Assemblée pour adopter la révision constitutionnelle tout de suite. Le parti au pouvoir s'étant retrouvé seul à voter, il n’a pas pu rassembler le nombre de voix nécessaires.

Mais le projet de réforme n’est pas enterré pour autant. Le texte a été validé par les députés qui étaient présents : 62 voix pour et une abstention. Soit un peu plus de la majorité aux deux tiers. Cela ouvre donc la voie à un référendum automatique.

Si aucune autre solution n'est trouvée d'ici là, il reviendra donc au peuple de trancher. Pour l'instant, ni l'opposition ni les autorités n'envisagent un dialogue. Tous se rejettent la responsabilité du blocage.

Entre les deux camps, le dialogue est rompu

La réforme limite à deux le nombre de mandats du chef de l'Etat, et instaure un scrutin présidentiel à deux tours. Plusieurs sources au sein du gouvernement annoncent déjà qu’elles veulent aller vite. Le référendum pourrait être organisé avant la fin de l’année.

« Si le peuple dit : nous voulons la limitation (des mandats présidentiels, NDLR), le peuple choisira. S'il dit non à une limitation ou qu'il y a une troisième voie, on avisera le moment venu », réagit Christophe Tchao, président du groupe parlementaire UNIR, le parti au pouvoir.

Selon lui, le Togo est aujourd'hui « dans l'obligation de faire appel au peuple pour trancher », car le dialogue avec l'opposition est rompu. Mais pour le député, cela ne change rien à la situation actuelle. L'opposition ne parviendra pas, dit-il, à empêcher Faure Gnassingbé de terminer son mandat comme prévu en 2020.

« Dans tous les cas, je pense que le président ne sera pas du tout touché par le résultat du référendum, estime-t-il. Le président a un mandat en cours et il va l'achever. » Car c'est bien de l'avenir du président dont il est question dans cette crise politique.

L'opposition maintient son appel à manifester

L’opposition dénonce la mauvaise volonté du pouvoir. Elle réclame plus que cette réforme et souhaite toujours le retour à la Constitution de 1992, qui entraînerait automatiquement selon certains le départ du président. Parce qu'il est écrit dans cette Loi fondamentale : « Nul ne peut faire plus de deux mandats. »

« Je crois que le gouvernement doit prendre la mesure de la situation que traverse notre pays pour éviter les coups de force et les provocations dont il a l'habitude », observe Isabelle Ameganvi, présidente du groupe parlementaire d'opposition ANC.

« La crise que nous traversons aujourd'hui mérite que nous évitions ce genre de situation », explique-t-elle, et c'est pourquoi « nous, députés, nous avons redonné la parole à notre peuple pour faire comprendre au gouvernement que ce que veulent les Togolais, c'est le retour à la Constitution de 1992 dans sa forme originelle. »

L’opposition maintient d’ailleurs son appel à manifester ce mercredi et le lendemain. Le gouvernement répète de son côté que le texte répond aux demandes de réformes et estime que le référendum représente une main tendue pour faire baisser la pression. Le bras de fer va donc se poursuivre dans la rue. Le parti présidentiel et l'opposition appellent leurs partisans à des marches.

RFI


Violences dans le monde -Comment expliquer ce paradoxe ?

Plus la science et la technique avancent plus les humains regressent et deviennent violents, très violents.

Les valeurs s'envolent, de nouvelles valeurs s'imposent et le cœur siège du sentiment débraille et la raison est étouffée et les oreilles bouchées, tandis que les yeux sont flous.


Faut-il éradiquer les gens avant que la communauté n'ait le droit d'ingérence ?
Notre monde doit se ressaisir et la violence est l'expression de la barbarie doit cesser pour laisser triompher le contrat social.
Prévenir la violence, arrêter tout ce qui peut susciter la haine, la non reconnaissance, les préjugés, le vivre ensemble est possible.


Depuis Hobbes qui dresse un portrait quasi animal de l'humain qui donne envie de marcher à quatre pattes on se demande si le monde ne devient pas fou et que la régression prend le dessus sur l'humanisme.


Les grands sociologues nous diront qu'il n'y a pas plus de violence maintenant qu'avant, c'est la manifestation, la vulgarisation et la diffusion de ces faits violents qui a changé.


Je dirai oui.


Je connais bien la théorie sur les violences, ce qui provoque la violence et comment limiter la violence mais depuis que je suis sur les réseaux sociaux ce que je vois rapidement me suffit à m'interroger sur la condition humaine.


Vous avez vu cette vidéo qui montre des asiatiques assommant une jeune fille innocente avec son short jaune, qui rend l'âme en direct.
Vous avez vu cette jeune femme défenestrée dans un pays arabe par son employeur.
Vous avez entendu parler de cette femme qui a tué son employeur qui l'a maltraitée.
Vous avez vu cette issue fatale : une bagarre des jeunes travaillant au garage et qui sont allés se battre en bord de mer à Dakar.
Vous avez vu ces albinos charcutés pour vendre leurs organes.
Vous avez vu ce qui se passe en Birmanie.
Vous avez vu les terroristes, à Barcelone, au Mali, à Paris, en Angleterre, etc.
Vous avez vu les suprématistes blancs.
Vous avez entendu parler et vu le traitement fait aux immigrés en Lybie, et ailleurs.
Vous avez vu ce jeune homme dans une douche dans un pays arabes (Tunisie ou Maroc ou Algérie) qui se fait tabasser sous les yeux d'une dame d'un autre adulte et des copains.
Vous avez vu le déferlement de violence verbale au Sénégal contre le gouvernement avec des insultes d'une obscénité sans égale. Bref vous connaissez tout ça.
Vous avez vu ces femmes battues, violées, ces enfants assassinés à travers le monde.
Vous avez vu ces foyers de tensions à travers le monde alors que l'Homme recherche la paix.


Dans les traditions africaines et autres il y avait des outils traditionnels de prévention et de gestion des conflits, pourquoi ne pas y rechercher des solutions ?
Les nouvelles technologies nous exposent sans filtre les violences les plus inouïes, les plus horribles et on n'arrive pas à stopper la diffusion.
Tout se passe en direct, tout est filmé, et certains sont contents de montrer à la face du monde leur puissance insensée : ( youtube, facebook, watshapp, viber, etc)
Les fidèles se battent alors que les religions interdisent toute violence : les religions ne sont jamais en conflits ce sont les individus qui sont en conflits à cause de leurs opinions suprématistes et saugrenues.

Où va notre monde si éduqué si civilisé ? Pourquoi cette dérive des images.


Pourquoi ne pas contrôler ce que l'homme a créé. Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. Rabelais.
Il me semble que c'est l'humain qu'il faut rééduquer, lui apprendre à se regarder comme le prône Levinas afin de se voir et de se reconnaitre chez l'autre ce qui lui fera prendre conscience de sa ressemblance et donc de ne pas se faire mal en faisant mal ) autrui qui est un autre moi.


Et pourtant il y a tellement de techniques et d'outils de développement personnel pour apprendre à se maitriser mais certains ne se donne pas cette limite ils veulent bouillonner et c'est en cela qu'ils sont satisfaits : en usant de la violence ils se font du bien. N'est–ce pas cela qu'on appelle la déraison ?
La société a besoin d'équilibre et ces moments de tensions de violence sont des signes avant-coureurs qui annoncent la paix, cette paix si convoitée : nous dirons ici après la tempête le calme.


Mais il faut analyser pourquoi cette tempête nous tombe dessus. Il suffit de regarder l'actualité météo avec IRMA et autres ouragans et cyclones, le réchauffement climatique etc, ont engendré cette furie de la nature qui a dévastée tout devant son chemin.
Il faut dire aussi que le peuple souffre des grands, des hommes de pouvoirs, le peuple est corrompu et cela crispent les intelligences.
Pauvreté, bien mal acquis, corruption, inégalités sociales, l'aliénation mentale, le racisme, la ségrégation, les abus de pouvoirs exacerbent les esprits, qui au bout d'un moment jouent le tout pour le tout et deviennent dingues.
C'est l'occasion de se dire si je suis dans cette situation et que je ne peux en sortir je dois provoquer mon destin et tout casser, peut être en créant le désordre je serai entendu et pourrai espérer une vie plus heureuse.


L'avenir étant hypothéqué, le quotidien sous psychose ; des conditions qui favorisent la sous- estimation de soi, une espérance terrorisée quand vivre n'a plus de sens , l'insécurité galopante, l'homme devient seul, il perd sa raison et ses normes et il est comme dans une tragi comédie et doit se battre ou débattre pour survivre ou exister et en le faisant il cultive la violence et fait du mal.


Il nous faut réinventer l'homme et créer une école de la relation, combattre les violences contenues dans les réseaux sociaux et mettre en place une police internationale capable de situer les criminels, les assassins et les bandits de grands chemins qui perturbent la stabilité du monde. Nos esprits et nos yeux ont besoin d'un environnement apaisé et non violents.


On parle de changer le monde mais c'est l'humain qu'il faut changer, par un travail sur soi, le sport, les études, la fréquentation, le refus de la haine, l'acceptation de l'altérité et la justice. Apprendre à regarder et à s'étonner de tout du vent, de la fleur, du rire d'un enfant etc, mais aujourd'hui le goût pour la jouissance conduit l'humain à faire usage de la violence pour exister seul.


Que dirons-nous du contrat social qui veut réunir la diversité et en faire une unité. L'être-homme pour grandir a besoin de vivre aujourd'hui dans une constitution cette chose qui est le contraire de la société anarchique et les mondes ruinés par la terreur des hommes. Terreur vous avez-dit quand les religions censées relier les humains est prises en défaut pour dominer l'autre le différents.


L'homme doit être habité par un sursaut existentiel, c'est un impératif pour exister.


Dans notre école de la relation il nous faut savoir écouter, travailler ensemble, gouverner et reconnaitre l'autre.
Les différences sont là elles ne sont pas des obstacles, depuis la naissance les enfants découvrent la différence et grandissent avec et c'est aux parents de les aider à grandir en intégrant en acceptant ces différences non comme une opposition mais une autre façon d'être.
Nous devons désaliéner les êtres humains, en combattant les images violentes véhiculées dans les manuels, à la tv, sur les réseaux sociaux.
Il faut enseigner la manière de déceler les traces de violence, les incitations à la violence. Tout ce qui est une violence latente doit être crevée et traitée avant qu'elle n'explose.


Les Etats ont un rôle à jouer. Quand un état est assis avec la morale, une éthique de l'action le monde se verra équilibrée. Mais nous assistons au contraire à une certaine gloutonnerie qui dépossède les uns pour nourrir des êtres singuliers.
Quand les extrêmes sont trop écartés la violence prend place et c'est bien dommage.
Pourquoi ne pas faire de la philosophie pour apprendre à se limiter, à se satisfaire de peu de l'essentiel. L'accumulation et la volonté de puissance perdent l'Homme alors qu'il a les ressources pour se dire stop.


Dans certains pays l'Etat est complice, il laisse faire ces citoyens qui violentent les étrangers ou les plus pauvres et ce n'est pas juste le droit international devrait protéger tout le monde.


Où est le droit international, où est le droit d'ingérence de Kouchner ?


Pendant que nous buvons notre café les autres souffrent sous la violence inouïe de barbares sans états d'âme.
Nous devons refuser toute banalisation de la violence, les combats de chiens, de coqs, la corrida, etc.
Nous devons apprendre à nous indigner à souffrir à la place de l'autre ou avec l'autre et stopper toute agression.
Dans les pays africains toute bagarre verra des gens qui vont s'interposer mais ce qu'on nous offre à présent sur les réseaux sociaux est indigne de la société civilisée, la barbarie prend le dessus.


Luttons contre les préjugés, le racisme, la suprématie blanche ou quelconque qui traduit un certain complexe et un monde que nous ne souhaitons pas celui de Hitler et compagnie.


Travaillons à la préservation de la Paix pour un monde équilibré. Les politiques, la société civile, les grandes puissances, les médias, les réseaux sociaux, les forces de l'ordre, tous autour d'une table pour définir comment lutter contre les Violences.

Le parterre d'intellectuels et chercheurs ne semble pas pertinent à moins de penser que les auteurs à succès sont les vrais penseurs. J'entends bien que tout choix est subjectif. Mais j'ai des réserves, bref tout est bon à lire, lisons et essayons d'en extirper des idées pratiques. Pape B CISSOKO

Afrique. Felwine Sarr et Achille Mbembe : « L'Afrique recèle d'immenses gisements de possibles »

Achille Mbembe, historien et philosophe, grand théoricien du post-colonialisme, a coordonné avec Felwine Sarr "Ecrire l'Afrique-Monde" (actes du colloque « Les Ateliers de la pensée » qui s'est tenu en octobre 2016 à Dakar et Saint-Louis du Sénégal) (Philippe Rey, juin 2017)
Achille Mbembe• Crédits : CYRIL FOLLIOT - AFP


Achille Mbembe, né en 1957 au Cameroun, est un enseignant universitaire et philosophe, théoricien du post-colonialisme. Il est intervenu dans de nombreuses universités et institutions américaines mais aussi au Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) à Dakar au Sénégal. Il est actuellement membre de l'équipe du Wits Institute for Social & Economic Research (WISER) de l'université du Witwatersrand de Johannesburg en Afrique du Sud. Ses principaux centres d'intérêts sont l'histoire de l'Afrique, la politique africaine et les sciences sociales.
"Il n'y a plus un seul centre du monde, mais des centres mobiles, mouvants."
"L'Afrique doit redevenir son centre propre, et ne peut le faire qu'en s'ouvrant aux autres et à elle-même."
"L'héritage philosophe et culturel apporté par l'Afrique nous enseigne sur une relation harmonieuse à l'espace, au vivant, à la nature."
"Le futur du monde du XXI° siècle se jouera sur le continent africain."
"Je souhaite réaffirmer 1 identité africaine ouverte sur le multiple et la circulation, contre une ID de clôture, de rejet"
Achille Mbembe,


https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/penser-lafrique-monde-avec-achille-mbembe
Afrique. Felwine Sarr et Achille Mbembe : « L'Afrique recèle d'immenses gisements de possibles »


Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
L'Humanité

Felwine Sarr (à gauche) et Achille Mbembe Credit: Agence Anne & Arnaud


Les deux intellectuels publient Écrire l'Afrique-Monde, un ouvrage collectif né des Ateliers de la pensée, qui se sont tenus en 2016 au Sénégal. Une invitation à défricher, à partir du continent, les chemins d'un nouveau monde.


Pourquoi (re)mettre une pensée d'émancipation sur le métier en ancrant ce travail sur le continent africain ?


Felwine Sarr L'Afrique est restée trop longtemps l'objet d'un discours sur elle-même. Avec des injonctions civilisationnelles sur le développement, la modernité, la démocratie, qui prétendaient indiquer la voie à toutes les nations au monde et surtout aux nations africaines. Il est temps de reprendre l'initiative théorique, en observant nos sociétés, en essayant de les comprendre pour conduire un travail de réflexion prospective sur les futurs qui se dessinent, sur les enjeux qui émergent et sur la façon dont nous les envisageons du point de vue de la pensée. Nous voulons comprendre les dynamiques qui s'esquissent dans des sociétés africaines prêtes à articuler les métaphores de leur propre futur. Il était important, du point de vue symbolique, d'engager ce travail à partir du continent, en créant, avec ces Ateliers de la pensée, une plateforme plurielle et transdisciplinaire de penseurs, d'artistes du continent et de ses diasporas. L'objectif est de penser nous-mêmes, à partir de l'Afrique, notre être au monde, les modalités de notre présence au monde et les significations que nous souhaitons leur donner.


Achille Mbembe Nous avons un certain nombre de voix individuelles qui, désormais, ont un impact dans le débat global sur les grandes questions de notre époque et cela dans presque toutes les disciplines du savoir et de la création. Cette plateforme doit permette à toutes ces voix de faire corps afin de résonner davantage, de manière affirmative. De telle manière que personne ne puisse dire qu'il n'a pas entendu. Cela suppose la mise en commun de ces voix, sur des questions essentielles à nos yeux.


L'Afrique n'est pas pensée ici seulement comme un lieu géographique clos par des frontières. Pourquoi explorer son contenu et sa portée symbolique, et ce qui, depuis ce continent, a essaimé dans le monde ?


Felwine Sarr En fait, l'Afrique est déterritorialisée. Elle n'est pas confinée dans les frontières d'un seul continent. Elle est en Amérique latine, dans les Amériques, en Europe et, on le sait un peu moins, dans les mondes asiatiques. C'est pourquoi de nombreux intellectuels et artistes, parmi les invités, viennent des diasporas. Leur regard est à la fois intérieur et extérieur. Ils parlent à partir d'un autre lieu, d'une autre synthèse culturelle. C'est enrichissant pour les dynamiques à l'œuvre sur le continent africain.


Achille Mbembe L'Afrique s'est toujours créée sur le mode de la dispersion, de la dissémination, du fait de la migration des peuples, des conquêtes ou des grandes migrations forcées que furent les traites esclavagistes, atlantique et transsaharienne. À ces grands mouvements s'ajoute aujourd'hui la montée en puissance de nouvelles diasporas africaines, en particulier aux États-Unis mais aussi sur le vieux continent européen et désormais aussi dans des régions aussi éloignées que la Chine et l'Inde. Ces processus ont porté une part de l'Afrique partout ailleurs dans le monde. Des pans du reste du monde ont aussi trouvé refuge ou se sont établis chez nous. L'idée, c'est de prendre au sérieux cette imbrication de l'ici et de l'ailleurs dans la manière dont nous imaginons le devenir africain dans le monde.


Comment peut-on inventer, à partir de l'Afrique, un nouvel internationalisme, un horizon d'émancipation utile au monde entier ?


Felwine Sarr En différents points du globe, des acteurs œuvrent à la construction d'un autre monde à venir, avec un autre rapport à l'économique, à l'écologique, au culturel et au symbolique, aux ressources et aux archives existantes. Ces questions se posent en Amérique latine avec force. Elles se posent aussi dans la tentative de production d'alternatives en Europe. De ce point de vue, le continent africain peut être un grand laboratoire. Il en a tous les atouts : de l'espace, des terres, des ressources et il n'est pas encore totalement engagé dans l'aventure industrielle de l'Occident. L'Afrique a l'espace et les moyens d'inventer autre chose, d'expérimenter quelque chose de neuf, d'esquisser un nouvel internationalisme orienté vers la production d'alternatives. On a pu voir dans les forums altermondialistes un embryon de ce nouvel internationalisme.


Achille Mbembe Cela suppose un travail et un investissement intellectuel énormes. Cet investissement aurait pour but d'articuler d'autres possibles le plus méthodiquement possible. Si la démocratie dite libérale atteint un point maximal de rupture, comment peut-on redonner vie au projet qui l'a toujours sous-tendue, le projet pour le sujet humain de prendre soin de lui-même, de décider de lui-même, de ce qu'il veut être, de ce qu'il veut faire avec les autres ? Si le système capitaliste est en grande partie responsable des dangers écologiques qui pèsent sur la planète et menacent jusqu'à l'existence humaine sur terre, faut-il suivre la voie chinoise qui consiste à accélérer ce processus sur une échelle inédite, ou faut-il imaginer d'autres formes, radicalement différentes, de formation de la valeur ? Dans quelles archives pouvons-nous puiser pour donner corps à ces nouveaux imaginaires ?

De ce point de vue, les archives africaines recèlent d'immenses gisements de possibles inactualisés, qu'il est de notre intérêt, mais aussi de l'intérêt du reste de l'humanité, d'explorer.


Ces Ateliers de la pensée ne relèvent pas d'un conclave d'intellectuels. Ils associent des artistes. Qu'est-ce qui s'invente aujourd'hui sur les scènes artistiques africaines ?

Décelez-vous, dans la création contemporaine africaine, des indices de ce nouveau monde ?


Achille Mbembe On peut citer tout ce qui émerge dans le domaine des arts plastiques, à cet endroit de l'anthropocène, c'est-à-dire de l'émergence de l'humain comme un des facteurs aggravants de la crise écologique planétaire. De nombreux artistes travaillent sur ce terrain. Ils revisitent des formes qui mettent à profit la qualité des rapports de convivialité, de synthèse que les sociétés africaines entretiennent avec diverses sortes de matériaux. Dans n'importe quelle ville africaine, ce qui frappe, c'est la capacité à réparer ce qui a été brisé. Rien, ou presque rien n'est perdu. Tout fait l'objet de récupération et de réparation, de redéploiement dans des usages chaque fois nouveaux. Du coup, la vie des objets est beaucoup plus longue en Afrique que dans les sociétés industrielles où l'objet passe très vite de l'état d'existant à celui de déchet dont on se débarrasse. Cette capacité à redonner vie à ce dont les autres se débarrasseraient très facilement est quelque chose de révolutionnaire, parce qu'elle ouvre la voie à une manière de définir la valeur, à une autre manière de mesurer, y compris le temps, à une autre manière de consommer. Aux antipodes de cette civilisation capitaliste qui produit des déchets en masse, qui pose la mutilation continue des objets comme la condition de l'accumulation sans fin de richesses à un pôle. On peut citer, ensuite, ce cinéma africain qui est en train d'émerger en ces lieux où l'imagination technologique ouvre à des mondes complètement différents de celui que nous habitons. On retrouve cela aussi dans les autres arts. Je pense aux villes utopiques, aux futurs urbains imaginés par l'artiste congolais Bodys Isek Kingelez. On peut évoquer, enfin, dans le courant afrofuturiste, ce rapport avec la machine qui n'est plus un rapport d'opposition, de confrontation, mais un rapport de fusion et de symbiose. Avec l'espoir que puisse se dessiner un rapport non plus aliénant, mais un rapport de « capacitation » entre l'homme et la machine. Le champ est vaste, mais notre idée-force est bien de considérer les pratiques artistiques et les démarches esthétiques non pas comme des illustrations, mais comme des théorisations, des actes critiques en elles-mêmes.
Felwine Sarr Ce qui nous intéresse, c'est d'explorer les espaces d'une pensée plastique. On serait mal inspiré de croire que la pensée se limite à la pensée discursive, à ce qui s'écrit dans les textes et les traités. Dans le travail artistique, dans la poétique, il y a de la pensée, de la vision. Voici des gens qui font un travail de synthèse heureuse. Ils n'ont aucun complexe avec leurs héritages. Ils n'ont aucun complexe, non plus, à aller emprunter ailleurs des formes pour articuler un propos qui saisit les questions principales, essentielles, posées dans leur contemporanéité. Sur ce terrain-là, les artistes ont pris de l'avance.


La question de l'universalité traverse la plupart des contributions de cet ouvrage. Comment penser un universel qui ne soit pas réglementation ou écrasement des différences ?


Felwine Sarr Les textes de Bado Ndoye, Mamadou Diouf et celui d'Achille Mbembe posent l'universel comme horizon, un universel riche de tous les particuliers, qui prenne en compte les multiples visages de l'expérience humaine. Nous ne proposons pas un monde des singularités qui se juxtaposent. Ce qui nous intéresse, c'est comment habiter ensemble le monde, faire société, créer une vraie mutualité.


La question de la modernité est elle aussi au cœur de vos débats. Où se joue l'invention d'une modernité non occidentale et, au fond, non capitaliste ?


Achille Mbembe Ce serait une modernité qui embrasserait l'hétérogénéité constitutive de nos sociétés, de nos cultures, une modernité qui reposerait sur le principe de la multiplicité. Multiplicité des appartenances, des identités, des formes étatiques, des formes de souveraineté... Ce serait, ensuite, une modernité qui prendrait au sérieux les logiques de la circulation, de la mobilité. Une modernité du mouvement, par opposition aux logiques d'ultraterritorialisation, de clôture, de frontière, si typiques des crises du monde contemporain. Ce serait, enfin, une modernité ouverte sur le large, sur l'ensemble du vivant, des formes de vie.


FelwinE Sarr On peut être moderne sans être occidental. La modernité occidentale a réussi dans sa version instrumentale, technologique, sur le terrain de la conquête des libertés, du sujet, mais, sur le plan éthique et moral, a échoué faute d'assigner des buts universalisables à son projet. Fondamentalement, les sociétés produisent leur propre modernité de manière endogène. Bien sûr, elles sont en interaction, elles n'évoluent pas en vase clos. Mais on n'est pas obligé d'adouber ou de reprendre les catégories philosophiques de la modernité occidentale telles qu'elles se sont déployées. Dans la modernité occidentale, la raison est devenue le principe organisateur du social contre les ancêtres, les dieux, la tradition, parce qu'il fallait lutter contre les hégémonies venues de l'ordre religieux, traditionnel. Dans d'autres espaces, le rapport entre tradition et invention du neuf ne s'est pas forcément traduit dans cette opposition frontale. La tradition est un capital symbolique que l'on peut réinterroger et que l'on peut réinjecter dans un devenir à condition d'en retenir ce qui est fécond. La tradition elle-même est changeante. Ce n'est pas un corpus figé. On la réinvente. Pour faire œuvre de civilisation, il faut de la transmission, on ne naît pas de soi-même. Et les sociétés transmettent une matrice culturelle dans le temps, en la réarticulant. Cette réarticulation intelligente ne s'oppose pas à la production de la contemporanéité et de la modernité.


Écrire l'Afrique-Monde, sous la direction d'Achille Mbembe et Felwine Sarr, Philippe Rey éd., 2017, 384 pages, 20 euros.

 

L'AVENTURE AMBIGUË-Un témoignage sur la condition humaine-Sous la direction du Pr Amadou Ly

Harmattan Sénégal
ETUDES LITTÉRAIRES, CRITIQUES AFRIQUE SUBSAHARIENNE Sénégal


Cet ouvrage regroupe les actes du colloque pour le cinquantenaire de la parution de L'Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane qui s'est tenu à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2011. Il propose d'établir un bilan, de revisiter cette oeuvre qui a été au programme de nombreuses universités sur les cinq continents, d'en proposer une relecture à la lumière des champs sociopolitique, culturel et civilisationnel qui prévalent aujourd'hui au Sénégal, en Afrique et dans le monde.


Actes du colloque pour le cinquantenaire de la parution de L'Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane du 22 au 24 février 2011, à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar


Illustrations de couverture : «J'ai lu beaucoup de livres dans ma vie, mais il y en a deux qui ne me quittent jamais. D'ailleurs, si vous ouvrez mon sac, vous les y trouverez.
Ce sont Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé CESAIRE et L'Aventure Ambiguë de Cheikh Hamidou KANE. Ces deux livres-là ne me quitteront
jamais».

C'est à peu près en ces termes que Sophie ECKOUE, qui présente l'émission « Livres sans frontières » sur Radio France internationale (RFI), a répondu
à une question d'un jeune membre du « Club RFI » de Ndjamena (Tchad) qui lui demandait quels étaient ses livres favoris.
Hommage ne pouvait être plus grand, venant d'une dame de grande culture qui affirme par ailleurs avoir lu depuis sa tendre enfance, énormément, et toutes sortes de livres, de revues, de journaux. C'est une preuve, parmi des centaines d'autres, effectives, et des millions, potentielles, que L'Aventure ambiguë est une œuvre majeure de
la littérature universelle, par-delà les frontières, les époques, les cultures et les civilisations. Œuvre qui a été au programme de nombreuses universités sur les cinq continents, L'Aventure ambiguë est la preuve que l'on peut bien être prophète chez soi. Depuis 1961, des dizaines de promotions de lycéens, d'étudiants, d'instituteurs, d'administrateurs, de juges, de financiers, de douaniers, de travailleurs sociaux, bref, des millions de Sénégalais et d'Africains, étudiants à tous les niveaux du système d'enseignement ou travailleurs de tous les secteurs de l'administration, ont eu, à un moment ou à un autre, L'Aventure ambiguë dans leur programme de formation, en alternance ou concomitamment avec d'autres œuvres majeures de notre littérature telles


Les Bouts de bois de Dieu de Sembene Ousmane,
L'Exil d'Albouri de Cheik Aliou Ndao,
Maïmouna d'Abdoulaye Sadji...


Il est donc logique que, cinquante après que cette œuvre a paru au firmament de notre littérature et s'y maintient avec une constance peu commune, que l'on procède à une sorte de bilan, que l'on la revisite non seulement à l'aune des problèmes qu'elle révélait en son temps, mais encore que l'on la relise en la mettant en perspective dans le champ sociopolitique, culturel et civilisationnel qui prévaut de nos jours dans notre pays, sur notre continent et dans le monde. Il y a dans ce livre des intuitions fulgurantes qui trouvent leur pleine signification dans notre contexte mondialisé, en perte de valeurs, de repère et de sens.


Le Professeur Amadou Ly enseigne les Lettres Modernes à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal.

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