Préface de Jacques Fialaire


Études africaines


EDUCATION RELIGIONS ISLAM AFRIQUE SUBSAHARIENNE Mauritanie


Ce livre s'intéresse à l'enseignement non formel de type mahadra en Mauritanie. Il passe en revue les différentes typologies de l'éducation et esquisse l'ébauche d'un modèle de classification. Il lie cette discussion avec la place qu'occupe l'enseignement islamique mahadra dans le système éducatif à la lumière des mutations socio-économiques et éducatives de la société mauritanienne. En annexe, des entretiens avec des leaders religieux, des écrivains, des universitaires et des journalistes constituent des témoignages extrêmement précieux sur la mahadra, ses problèmes, son histoire, ses perspectives et sa place dans la société mauritanienne.


Mohamed Salem OULD MAOULOUD est un expert en analyse et évaluation des systèmes éducatifs, il est titulaire d'un DEA en sciences de l'éducation de la Chaire Unesco des sciences d el'éducation de Dakar. Il est actuellement enseignant vacataire de planification de l'éducation à l'École normale supérieure de Nouakchott (Mauritanie). Il est doctorant à l'École pratique des hautes études (EPHE) de la Sorbonne et auteur de plusieurs articles et nouvelles.

 

Justice, littérature, éthique des soins, anthropologie du droit, esthétique... Les champs de recherche du philosophe de la "traversée", Jean-Godefroy Bidima, sont extrêmement larges. Pour ce spécialiste camerounais de l'école de Francfort, enseignant à l'université Tulane (Nouvelle-Orléans), la pensée doit être une "faille toujours ouverte qui se refuse aussi bien au repli identitaire [...] qu'à la dissolution dans un universalisme coagulant" (L'Art négro-africain, 1997). Traditions africaines et philosophie occidentale nourrissent sa réflexion sur la justice et la manière de renouer le lien social lorsqu'il est brisé (La Palabre, 1997). Pour sa réflexion actuelle sur l'architecture en Afrique, Bidima emprunte autant au Latin Vitruve (vers 90 av. J.-C.-20 av. J.-C.) qu'au Japonais Nishida (1870-1945). Il s'inscrit ainsi pleinement dans ce qu'Ernst Bloch appelle l'"expérience du monde" (...)

[Lire l'entretien de Séverine Kodjo-Grandvaux avec Jean-Godefroy Bidima]
Publié par Jeune Afrique, le 19 août 2013.

Méditations africaines : à la rencontre des intellectuels africains
Jeune Afrique : Quel est le rôle des philosophes africains aujourd'hui ?


Jean-Godefroy Bidima : Il est multiple. Il s'agit de rappeler à l'Afrique que son histoire doit s'inscrire dans la durée et qu'il faut donc développer les notions de prospection, de projection et d'utopie. Et protéger le patrimoine. Nous devons également réfléchir avec les exigences et les intérêts africains propres non seulement sur les migrations des hommes, des idées et des religions, mais aussi sur les nouvelles modifications du lien social. Et enfin proclamer un nouvel athéisme contre la consommation techno¬logique.


Que manque-t-il aux philosophes africains pour qu'ils se fassent davantage entendre ?


Il ne leur manque pas de bibliothèques, ni de moyens et d'espaces d'expression à l'ère du numérique, ni le brio de la rhétorique, ni même des colères... très conventionnelles. Il leur manque la violence libératrice et honnête, celle qui s'exerce au-dedans de soi-même quand on a mis de côté les fictions qui nous protègent comme les corporations, la Bourse, la banque, la peur, le salaire, le confort, la réputation et les honneurs. Les philosophes africains ne seront crédibles – et entendus – que quand ils feront cette "réforme de l'entendement" (Spinoza).


Aujourd'hui, quels sont les principaux enjeux de la philosophie africaine ?


Au niveau local, il faudrait développer une approche de la culture matérielle en Afrique afin de se pencher aussi bien sur la question de la technique que sur celle de l'invention technologique et scientifique, gages du principe de puissance. Au niveau global, la philosophie africaine doit centrer sa réflexion sur les diverses manipulations actuelles de la vie, les risques alimentaires, médicaux, biotech¬nologiques, nucléaires et sur les crises économiques. Elle doit être une réflexion sur la biopolitique.


https://www.jeuneafrique.com/136413/societe/jean-godefroy-bidima-il-manque-aux-philosophes-la-violence-lib-ratrice/

 


Philosopher en Afrique : de la domination à l'indiscipline Par Nicolas Michel


«Après le grand débat sur « la philosophie africaine » des années 1960-1970, il était nécessaire de faire le point sur les thématiques et les enjeux qui mobilisent les philosophes africains en ce début de XXIème siècle. Et ce dautant plus que les enseignements en philosophie dite Africana se sont considérablement développés, dans les universités américaines principalement. »
Les 4 et 8 mai, notre collaboratrice Séverine Kodjo-Grandvaux dédicacera à Abidjan son ouvrage "Philosophies africaines", une histoire et un état des lieux de la discipline sur le continent.


C'est sans doute un télescopage involontaire, mais le hasard de l'actualité veut que, quelques mois après l'autodafé de manuscrits précieux, dans ce centre de la pensée que fut Tombouctou, la maison d'édition Présence africaine lance La philosophie en toutes lettres, une collection d'essais philosophiques dirigée par le Sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur à l'université de Columbia (New York).

Dense introduction aux ouvrages à venir, le premier opus est en toute logique intitulé Philosophies africaines, signé de notre collaboratrice Séverine Kodjo-Grandvaux, qui adapte là sa thèse de doctorat soutenue en 2006, à l'Université de Rouen, sous la direction d'Yves Michaud.


De quoi parle-t-on quand on accole au mot philosophie l'épithète « africaine » ?

Sur quelles fondations repose aujourd'hui cette discipline ?

Comment peut-elle, comment doit-elle évoluer ?

En archéologue des idées, Séverine Kodjo-Grandvaux explore les strates d'une épistémologie qui, au cours du dernier siècle, s'est construite essentiellement en réaction à l'Occident. D'abord sous le joug de son influence impérialiste, puis en réaction contre cette emprise.

L'ethnophilosophie représente ainsi une première tentative d'échapper au pouvoir colonial, mais qui ne parvient pas à se détacher de savoirs « à prétentions pratiques » comme l'ethnologie ou l'anthropologie qui ont servi « une politique d'asservissement, de domination et d'exploitation ». Puis, avec le mouvement des Indépendances et l'injonction à la décolonisation des esprits, vient le temps d'une pensée cherchant à se replier sur « l'identité africaine », contre le moule occidental. Un « retour au sources » risqué :

« Dès lors que la philosophie cherche à se penser de manière « nationalitaire », c'est-à-dire continentale, nationale, ethnique, elle doit éviter plusieurs écueils, notamment celui de l'esprit collectif et celui de la particularisation excessive », écrit l'auteur. L'apport de la philosophie occidentale comme celui des autres courants de pensée ne doit pas être rejeté, entre autres parce que les écrits africains en la matière sont rares.


"Indiscipline"


S'attardant sur le travail des philosophes Paulin Hountondji (Bénin), Henry Odera Oruka (Kenya), Jean-Godefroy Bidima (Cameroun), Kwasi Wiredu (Ghana) et Souleymane Bachir Diagne (Sénégal), Séverine Kodjo-Grandvaux plaide in fine pour une philosophie ouverte et dynamique s'appuyant « sur le paradigme de la rencontre » et du dialogue – à l'image de ce que représenta sans doute Tombouctou, à une autre époque. Mais peut-être que les termes « confrontation » ou « palabre » conviendraient mieux, puisqu'il s'agit aussi d'agir directement sur le réel : « Penser la philosophie africaine, ce n'est pas seulement étudier les textes (...), mais c'est aussi penser ce que la philosophie peut apporter aux sociétés africaines, ce qu'elle a à dire des réalités africaines, ce qu'elle a à proposer comme conception du politique qui permette aux sociétés de se développer dans un monde économique et politique nouveau... »

Mais, pour reprendre l'idée de Jean-Godefroy Bidima selon laquelle « le premier effet des discours politiques en Afrique noire francophone, consiste en la privation/confiscation de l'espace du discours », la philosophie africaine ne peut exister, pour l'heure, que comme une « indiscipline ».

C'est d'ailleurs peut-être à ce titre – comme en Occident, du reste – que les pouvoirs se méfient toujours des philosophes, rétifs aux asservissements et trop prompts à questionner l'ordre établi comme l'état de fait.


Philosophies africaines, de Séverine Kodjo-Grandvaux, Présence Africaine, 306 pages, 18 euros.


https://www.jeuneafrique.com/170995/societe/philosopher-en-afrique-de-la-domination-l-indiscipline/

 


Imaginé par l'association Earthwake qu'il a fondée, cet engin serait capable de transformer un kilo de plastique par heure.


ENVIRONNEMENT - Le comédien Samuel le Bihan a présenté ce lundi 10 septembre à Antibes le prototype d'une machine visant à transformer les déchets plastiques en carburants, développée par une association dont il est le fondateur.


https://www.europe1.fr/emissions/vous-etes-ou-ce-matin/a-puget-theniers-dans-les-alpes-maritimes-il-transforme-le-plastique-en-carburant-3843839 video


Cette invention alternative moins polluante pourra dépanner l'Afrique qui utilise les groupes électrogènes dans les écoles, hopitaux, etc. Donner une seconde vie au déchets plastiques. P B Cissoko


Baptisée Chrysalis, la machine a été inventée et développée par un technicien salarié de l'association Earthwake, Christopher Costes. Earthwake assure qu'elle est déjà capable de traiter un kilo de plastique par heure et de fournir ainsi de 500 à 600 grammes de diesel.


"Le but de l'association, c'est de développer des technologies pour revaloriser les déchets plastiques et stimuler le ramassage, et donc de valoriser les déchets pour créer une économie, car selon moi la vraie solution à ce problème des déchets sera économique", a indiqué le comédien de 52 ans.

Le principe est simple : une fois broyé, le plastique (polyéthylène et polypropylène) est chauffé à haute température avant d'être distillé. De l'eau pour le refroidissement et une petite alimentation électrique sont également nécessaires au processus. Le diesel est quant à lui récupéré comme carburant pour un moteur de bateau, de voiture ou pour un générateur.
"L'étape suivante, d'ici 3 à 6 mois, est de fabriquer une machine plus grande, de la taille d'un demi-container et donc facilement transportable sur une zone polluée, qui sera capable de traiter 70 kg de déchets par heure", a assuré Samuel Le Bihan, qui estime à 50.000 euros le coût de fabrication d'une telle installation et son amortissement à moins d'un an.


Prototype sur un bateau


"Nous-mêmes allons l'utiliser pour des applications vertueuses en la mettant à disposition de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) et ainsi lui fournir du carburant, mais on peut aussi imaginer dans les pays émergents, d'en installer une dans un village qui serait submergé par les déchets et qui pourrait ainsi alimenter un générateur, par exemple pour une école", a expliqué encore Samuel Le Bihan.
Son association, Earthwake, qui dispose aujourd'hui de financements de la part de fondations familiales, pourrait à terme adopter un statut d'entrprise de manière à développer ce type de solutions, a enfin précisé le comédien.


Reste à voir si des applications concrètes et rentables pourront en découler. Earthwake n'est pas la seule a s'intéresser à ce type de recyclage. En juin a déjà été mis à l'eau un prototype de bateau de 6 mètres de long, préfigurant un catamaran de 25 mètres qui doit être mis à l'eau en 2020, propulsé grâce à des déchets plastiques transformé en carburant.


Construit notamment pour tester ce système de plastique-carburant, le démonstrateur Ulysse est d'ailleurs "le premier bateau au monde à avancer aux déchets plastiques", selon ses concepteurs. Le prototype a une capacité de 5 kg/heure de plastique traité, pour une production de 3 litres de diesel et 2 litres d'essence maximum.


Une filiale de Suez travaille également sur cette question depuis 2012. De même que la société britannique Recycling Technologies qui ambitionne de produire 1000 machines de ce type d'ici 2025.


https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/10/samuel-le-bihan-a-devoile-une-machine-cense-transformer-le-plastique-en-diesel_a_23522384/

 

Christophe Dabiré a été nommé Premier ministre du Burkina Faso. © DR / Présidence du Burkina Faso.


Christophe Dabiré a été nommé Premier ministre par le président Roch Marc Christian Kaboré. Il prend la suite de Paul Kaba Thieba, qui a récemment présenté sa démission ainsi que celle de son gouvernement. L'économiste aura la lourde tâche de conduire un exécutif confronté à un contexte sécuritaire et économique délicat.
Roch Marc Christian Kaboré aura déjoué tous les pronostics. Après plusieurs jours de rumeurs sur les réseaux sociaux, l'identité du successeur de Paul Kaba Thieba – qui a présenté sa démission ainsi que celle de son gouvernement le 18 janvier – a été dévoilée sur la télévision nationale, le 21 janvier. À la surprise générale, le chef de l'État a choisi un économiste expérimenté pour conduire l'action gouvernementale : Christophe Joseph Marie Dabiré.


« J'ai confié à Christophe Dabiré la mission de conduire le gouvernement », a écrit Roch Marc Christian Kaboré sur Twitter, lui adressant par ailleurs « tous [ses] vœux de succès dans ses fonctions de Premier ministre ».


J'ai confié à M.Christophe Dabiré, la mission de conduire le gouvernement.
Je lui adresse tous mes voeux de succès dans ses fonctions de Premier Ministre. RK
— Roch KABORE (@rochkaborepf) January 21, 2019
Un profil « intéressant »


Plusieurs fois ministre sous Blaise Compaoré, le nouveau Premier ministre sexagénaire avait notamment été commis au département de la Santé (de 1992 à 1997) et de l'Enseignement supérieur. Élu député sous la bannière du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) alors au pouvoir (1997-2002), puis également de 2002 à 2007, il avait été promu Commissaire chargé du Commerce de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) jusqu'en 2017.


Sa nomination incarne l'espoir d'un renouveau pour l'intérêt du Burkina Faso


« C'est un économiste d'un certain âge qui a l'avantage de la connaissance du terrain et de la sagesse. Sa nomination incarne l'espoir d'un renouveau pour l'intérêt du Burkina Faso », décrypte un cadre du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti au pouvoir.


« Le profil du nouveau Premier ministre est intéressant et prouve que le président veut continuer dans la gestion économique. Il faut maintenant voir quelles nominations politiques suivront dans la composition du gouvernement », glisse un proche du chef de l'État.


Des défis sécuritaire et économique

La nomination de Christophe Dabiré intervient trois jours après la démission de Paul Kaba Thieba, ainsi que celle de son gouvernement, acceptée par le président Roch Marc Christian Kaboré. Décrit par ses compagnons comme un homme politique averti et un technocrate modéré, il aura fort à faire à la tête du gouvernement. Relance économique, grogne des fonctionnaires et surtout lutte contre le terrorisme feront partie des priorités de la nouvelle équipe.


Depuis l'élection de Kaboré en novembre 2015, la question sécuritaire a rapidement été primordiale avec la première attaque jihadiste à Ouagadougou (30 morts), peu après sa nomination. Les attaques, présentes dans le nord du pays début 2015, se sont étendues à une large partie du territoire, devenant de plus en plus fréquentes et meurtrières.


Au total, les attaques contre les forces de sécurité et de défense ont fait près de 300 victimes. En dépit des critiques virulentes de l'opposition et même d'une frange de la majorité présidentielle, Paul Kaba Thieba avait cependant été reconduit deux fois à la tête du gouvernement après des précédents remaniements.


Dans un contexte d'explosion de la masse salariale – qui a bondi de 334,36 milliards de francs CFA en 2013 à plus de 700 milliards de F CFA l'an dernier -, le gouvernement de Christophe Dabiré devra également relancer l'économie et maîtriser l'équilibre budget. À commencer par l'investissement public, qui accuse une baisse de 5% à 258,725 milliards de F CFA dans le budget 2019.
²

 

 

Harmattan Sénégal


ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Sénégal


Ndoumbélane est un condensé des points de vue d'un jeune militant sénégalais indigné sur la situation actuelle du pays. L'auteur tente d'approfondir des thèmes déjà abordés dans l'émission Ndoumbélane qui est diffusée sur la SenTV et dont il est l'un des chroniqueurs, tels que : « Où va la République ? » ; « Les douanes sénégalaises », « L'école sénégalaise, Le foncier au Sénégal », « La violence politique au Sénégal », « L'Assemblée nationale », « Le vote des jeunes », entre autres.

 


Auteur du livre Je m'indigne donc je suis (Harmattan Sénégal, 2017) et co-auteur de l'ouvrage collectif Sen Njaxas, Papa Makhtar Diallo est aussi chroniqueur à la chaine de télévision SenTV. Acteur politique, président-fondateur du mouvement politique « Senegal REC », il dirige également le mouvement des indignés du Sénégal.

 

Préface de Abdoulaye Sakho
Harmattan Sénégal


ECONOMIE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Sénégal


Ce livre est une mise à disposition des nouveautés juridiques que la BCEAO a prises dans le domaine de la finance numérique. Il est aussi une contribution à la réflexion sur le droit et la prise en charge des nouveaux rapports économiques issus de la révolution numérique. Quel droit pour favoriser l'innovation et accélérer la croissance dans le pays ? Quelles conditions juridiques pour développer de l'économie numérique au Sénégal ?


Cheikh Abdou Wakhab Ndiaye est maître de conférences agrégé des facultés de Droit. Enseignant-chercheur à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, il a soutenu une thèse sur « le développement du crédit-bail au Sénégal ».

 

Préface d'André Julien Mbem
Études Eurafricaines


SOCIOLOGIE AFRIQUE SUBSAHARIENNE Cameroun


Au regard des problématiques liées au vivre-ensemble, cet ouvrage s'interroge sur les choix à opérer pour fixer les nouvelles balises d'une réforme de la gouvernance sociétale. L'auteur a procédé à une participation observante de longue durée (entre 2002 et 2015) au sein de l'Association pour l'Éducation et le Développement (AED), organisation de la société civile camerounaise.Elle génère des dynamiques interactionnelles inhabituelles entre diverses composantes de la société camerounaise et internationale depuis sa création dans un environnement institutionnel hostile. Elle apparaît donc comme un analyseur de la société camerounaise contemporaine.

Anselme Nzoko est titulaire d'un Doctorat/Ph.D. en sociologie des institutions obtenu à l'Université de Strasbourg en 2016. À son retour au Cameroun, il anime le Comité d'éthique et d'assurance qualité de l'Université des Montagnes, situé dans la Région de l'Ouest-Cameroun. Il est également enseignant-chercheur à l'Institut des études africaines, des sciences sociales et de management du même établissement


Abdoulaye Samba Ndiaye, notre ami nous propose une fiche de lecture de cet ouvrage dense et robuste pour mieux comprendre le franc CFA


• Auteur(s) : Nicolas Agbohou
• Editeur : Solidarite Mondiale As
• Parution : 26/04/2000
• Nombre de pages : 294
Résumé :


Nicolas AGBOHOU a écrit un livre de révolte, intelligent et puissant. Livre d'économiste d'abord. En homme de science, érudit et précis, l'auteur démontre le mécanisme de la répression monétaire des anciennes colonies africaines de la France. Le maintien du Franc CFA, en d'autres termes : la camisole de force des pays africains enserrés dans la zone franc, est pour lui la première cause de la persistante misère, de l'humiliation permanente, du sous-développement devenu réalité minérale des pays d'Afrique francophone...

Nicolas AGBOHOU défend sa thèse avec un langage vif, tranché et une foule d'arguments logiques et d'énoncés pertinents. Il est le contraire de ces scientifiques désincarnés et mornes qui, usant de leur érudition, énoncent des évidences, puis éteignent la lumière et sortent du champ de bataille. AGBOHOU est Africain, passionnément. C'est un patriote continental, Un homme en révolte. Bref : un intellectuel engagé au service des luttes populaires et des lumières à venir. La globalisation des marchés financiers, pour lui, est un fait. Rien ne sert de nier l'esclavage contemporain de l'Afrique.
Les oligarchies politiques, raciales, religieuses commerciales, financières et bancaires règnent sur le monde. Elles ont fait un monde à leur image et tant pis pour les victimes. L'oligarchie dispose du destin de la multitude.
La masse anonyme des victimes subit, impuissante, sa propre agonie. Rien ne justifie l'inégalité vécue des êtres, sinon la brutale imbécillité d'une stratification sociale préexistant à leur naissance, sinon les idéologies discriminatoires, sinon les privilèges défendus avec violence.
Elles ont fait un monde à leur image et tant pis pour les victimes.
L'oligarchie dispose du destin de la multitude. La masse anonyme des victimes subit, impuissante, sa propre agonie. Rien ne justifie l'inégalité vécue des êtres, sinon la brutale imbécillité d'une stratification sociale préexistant à leur naissance, sinon les idéologies discriminatoires, sinon les privilèges défendus avec violence. AGBOHOU appelle donc à la renaissance, à la revitalisation des mémoires, à l'insurrection des consciences. Quelles humiliations ne subissent-ils pas, les Africaines et Africains de cette fin de millénaire ! Le beau livre d'AGBOHOU en appelle au règne de la souveraineté populaire, de la loi, du rétablissement de l'homme dans son incompressible dignité de sujet unique de l'histoire. Ce livre est nécessaire. Il faut le diffuser largement et le lire avec attention.

AGBOHOU appelle donc à la renaissance, à la revitalisation des mémoires, à l'insurrection des consciences. Quelles humiliations ne subissent-ils pas, les Africaines et Africains de cette fin de millénaire !

Le beau livre d'AGBOHOU en appelle au règne de la souveraineté populaire, de la loi, du rétablissement de l'homme dans son incompressible dignité de sujet unique de l'histoire. Ce livre est nécessaire. Il faut le diffuser largement et le lire avec attention.


Biographie:


M. AGBOHOU Nicolas, natif du village de Todiognoa dans la région de Gagnoa (Côte d'Ivoire) est titulaire de la Maîtrise d'Economie appliquée, du D.E.S.S. de Gestion de Paris I Sorbonne et du Doctorat en Science Politique.

Précédemment professeur de gestion à l'Institut National Polytechnique de Yamoussoukro (Côte d'Ivoire), M. AGBOHOU est actuellement professeur associé à l'Institut Cheikh Anta DIOP de l'Université du Gabon. Il enseigne les Sciences et Techniques économiques en France.


Sommaire:


LES INSTITUTIONS ET LES PRINCIPES DE LA ZONE FRANC CFA
• Les institutions financières de la zone F CFA : BEAC et BCEAO sous la tutelle de la France
• Les principes de la zone franc, instruments d'appauvrissement des Africains

LA DÉVALUATION DU FRANC CFA : FACTEUR DE CROISSANCE ÉCONOMIQUE OU MÉCANISME D'APPAUVRISSEMENT DES PAZF - POUR UNE MONNAIE AFRICAINE ET LA COOPERATION SUD-SUD
• Il faut créer une monnaie unique africaine (MUA)
• Les conditionnalités de la création de la MUA et de la renaissance africaine
• L'Afrique, un continent d'avenir
Fiche de lecture synthétique et pédagogique de A S NDIAYE
• Notre ami A S NDIAYE nous instruit en économie et moi j'aime le lire, le regarder dans ses vidéos en live et l'écouter pour encore apprendre....N'hésitez pas à le solliciter pour la création d'entreprise ou les conseils.
« Le Franc CFA pour les nuls
Dans cet article nous allons essayer de résumer les arguments présentés dans l'excellent livre de Nicolas AGBOHOU, livre intitulé « Le franc CFA et l'euro contre l'Afrique ».
Nous éviterons de nous attarder sur les détails techniques, afin de rendre l'article compréhensible par un public large. Nous vous recommandons fortement de lire le livre du professeur AGBOHOU pour approfondir sur le sujet.


1) origine du Franc CFA


La signification du franc CFA a évolué avec le temps, en fonction des contextes politiques, toujours dans le souci d'endormir les africains. Le franc CFA a été créé le 25 Décembre 1945 par un décret signé par trois français : Charles De Gaulle (président du gouvernement provisoire) ; René Pleven (Ministre des Finances) ; et Jacques Soustelle (Ministre des colonies). La signification du franc CFA était alors Franc des Colonies Françaises d'Afrique.


Aujourd'hui franc CFA signifie franc de la Communauté Française d'Afrique. On joue sur les mots pour mieux cacher la réalité qui pourrait choquer. Nous préférons la première dénomination, car c'est celle qui d'après nous reflète le mieux la réalité.
A l'époque où Rome colonisait la Gaule (actuelle France), l'empereur romain Jules César, suite à une bataille qui opposa son armée aux Gaulois portés par Vercingétorix, dit ceci des Gaulois : « c'est une race d'une extrême ingéniosité et ils ont de singulières aptitudes à imiter et à exécuter ce qu'ils voient faire des autres ». Jules César n'avait pas tout à fait tort.
En ce qui concerne le CFA, les français n'ont pas imaginé eux-mêmes ce mécanisme. C'est un procédé qui leur a été appliqué par les allemands lorsque les français étaient sous leur occupation entre 1939 et 1944. Les allemands, dès l'occupation de la France et des pays d'Europe inventèrent des monnaies locales (Deutsch des territoires occupés) qu'ils associèrent au vrai Deutsch mark (monnaie allemande de l'époque).

Les allemands ont mis en place ces monnaies, avec un mécanisme qui permettait à l'Allemagne nazi le pillage en règle des territoires occupés. A la fin de la guerre (1945), la France ne s'est pas gênée : elle a copié exactement le mécanisme nazi, qu'elle a appliqué à ses colonies d'Afrique; et ça dure jusqu'à nos jours.
Le premier à avoir écrit sur le CFA et dénoncé cet outil de pillage de l'Afrique dite francophone fut le docteur en économie camerounais du nom de Tchuindjang Pouemi. Il a écrit en 1983 un livre intitulé Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l'Afrique. Peu de temps après ce livre il est décédé dans des circonstances douteuses. Assassinat en règle par la France ou simple coïncidence ? A chacun de juger. Depuis ce fut un silence de mort. Personne n'avait plus osé écrire de manière critique sur le franc CFA, jusqu'à ce que le professeur Nicolas AGBOHOU nous gratifie en 2008 de son ouvrage intitulé Le franc CFA et l'Euro contre l'Afrique.

Notre recherche de documentations sur le franc CFA nous a permis de trouver deux autres livres : Le franc CFA, d'où vient-il, où va-t-il ?, du congolais Serge Ikiemi ; et Le franc CFA : Pourquoi la dévaluation de 1994 a tout changé, du journaliste français Rémi Godeau. Ces deux derniers livres se contentent de décrire les mécanismes de fonctionnement de franc CFA, sans véritablement proposer d'analyses critiques, contrairement au livre de Nicolas AGBOHOU.

2) Le fonctionnement du CFA et les règles de base


Dans un souci de faire comprendre à un public large, nous allons expliquer de manière simplifiée le fonctionnement du franc CFA, sans plonger dans les détails. Les mécanismes de base du fonctionnement du franc CFA sont simples. Il y a trois acteurs en jeu :
- Les pays Africains soumis à l'utilisation du franc CFA ;
- La France ;
- Et le reste du monde.


Enfin il y a ce que l'on appelle "Compte d'opérations". Le Compte d'opérations est un Compte bancaire ouvert auprès de la Banque de France pour chaque pays qui utilise le franc CFA. Lorsque la France veut des biens de pays africains, elle imprime le CFA (à Clermont Ferrant en France – et les pays africains payent pour les frais d'impression) et vient récupérer les vrais biens des pays africains avec ce papier. Ensuite la France écrit sur les Comptes d'opérations un crédit équivalent (en gros la France prend les biens des pays africains et écrit sur une ligne d'ordinateur que ces pays ont du crédit auprès de la banque de France). Ce papier dénommé franc CFA n'est utilisable qu'auprès de la Banque de France.


Lorsque les pays africains veulent acheter les biens en France, ils se pointent avec ce papier à la Banque de France, et la banque de France leur donne des euros pour acheter chez eux (le compte d'opérations est débité si nécessaire). Lorsque les pays africains veulent acheter ailleurs qu'en France ils vont demander des dollars auprès de la Banque de France. Après toutes les pressions politiques imaginables, lorsque la France accepte de leur donner les devises, un ajustement (débit) est effectué sur leurs comptes d'opérations si nécessaire.


Lorsqu'un acteur quelconque vient acheter les matières premières africaines (c'est l'essentiel de ce que les africains ont à vendre pour l'instant), il les paye en dollars. Pour l'Afrique centrale, 60% de ces dollars sont purement et simplement récupérés par la Banque de France, et seulement 40% descendent en Afrique. La France écrit alors dans les comptes d'opérations des pays africains qu'ils ont l'équivalent des 60% de crédit en plus. Pour l'Afrique de l'ouest c'est 50% (restent à la Banque de France) et 50% descendent en Afrique. Officiellement la France retient cet argent pour garantir le taux de change Fixe 1€=655fcfa. D'abord on nous dit que le taux est Fixe, ensuite on apprend qu'en réalité ça ne l'est pas. Les acteurs économiques dans le monde ajustent en fonction de la valeur réelle de biens des africains. Lorsqu'ils s'apprécient, la France crédite les comptes d'opérations, et lorsqu'ils se déprécient la France débite les comptes d'opérations.


En réalité il n'y a pas de taux fixe, les pays africains payent pour maintenir ce taux fixe artificiel ; parité qui n'est pas nécessairement dans l'intérêt des pays africains, comme nous expliquerons plus bas. Dans le livre d'AGBOHOU il est dit que les comptes d'opérations pour la seule zone de l'Afrique centrale présentaient un solde créditeur de 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007.
La France y a accumulé une fortune qu'elle utilise pour elle, n'a jamais rien restitué aux africains, et se contente d'écrire sur un écran d'ordinateur (compte des opérations) qu'elle leur doit, et que les africains peuvent acheter des biens en France. En plus de prendre gratuitement (sans débourser tout de suite) les biens africains avec son CFA, la France utilise les devises extérieures africaines du compte d'opérations pour son fonctionnement, place une partie de cet argent sur les marchés financiers, en reçoit les intérêts, prête une partie de ces intérêts gagnés sur leur argent, aux africains. Ensuite la France bat tambour dans ses médias et ceux africains qu'elle les aide. Pour cela elle a toute une artillerie de structures : agence française du développement, ...Pendant que les africains manquent des infrastructures, qu'ils cherchent des devises pour les construire, la France utilise grassement leur argent du compte des opérations, qui ne cesse de s'accumuler. Il faut être rêveur pour espérer que la France rendra aux africains 1 centime de cet argent un jour.


Voilà résumé le fonctionnement du CFA. A retenir : la France obtient les matières premières des pays africains sans débourser la moindre devise ; si la France n'a rien qui intéresse les pays africains alors les matières premières qu'elle leur prend sont gratuites pour la France. Plus les pays africains exportent à l'étranger, plus ils enrichissent la France : 60% de leurs exportations pour l'Afrique centrale, et 50% pour l'Afrique de l'ouest sont purement et simplement retenus par la France. Le solde des avoirs extérieurs africains ainsi « rackettés » par la France cumulait à 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007, et ceci uniquement pour la zone BEAC (Afrique centrale). Les africains ne sont pas libres d'acheter ce qu'ils souhaitent où ils veulent dans le monde, car il faut que les africains passent par la France pour les devises. Tout ce que la France ou l'union européen appelle "aide" n'est en réalité qu'une partie de l'argent des africains du compte d'opérations, que la France leur prête à des taux d'intérêt non nuls. S'il y a quelque chose à retenir du FCFA c'est ce dernier paragraphe.


3) Les institutions du franc CFA et l'économie locale


Bien qu'ils portent le même nom, les franc CFA des différentes régions (Afrique centrale, Afrique de l'ouest et Comores) ne sont pas convertibles entre eux. Si un camerounais veut acheter de la marchandise en côte d'ivoire, il doit aller convertir son CFA en France contre l'euro, acheter les CFA de l'Afrique de l'ouest et aller acheter en Côte d'ivoire.


Officiellement le CFA de chaque zone est géré par la banque centrale de ladite région, et chaque Banque centrale est libre dans la prise de ses décisions. Ce qui pourrait laisser penser que ces banques sont libres de manipuler le franc CFA dans l'intérêt de leurs peuples. C'est malheureusement Faux. En effet La France s'est arrangée pour contrôler aussi les Banques centrales des pays africains qui utilisent le franc CFA. En Afrique centrale, le conseil d'administration de la banque centrale (BEAC) est constitué de 13 membres, dont 3 français désignés par le gouvernement français. En Afrique de l'ouest le conseil d'administration de la banque centrale (BCEAO) est constitué de 16 membres, dont 2 français désignés par le gouvernement français. Aux Comores le conseil d'administration de la banque centrale comorienne (BCC) est constitué de 8 membres, dont 4 français désignés par le gouvernement français.


En Afrique centrale, le conseil d'administration de la BEAC « délibère valablement lorsque au moins 1 administrateur par état membre et 1 administrateur français sont présents ou représentés ». Ce qui signifie, en reprenant les termes mêmes du professeur AGBOHOU, qu'il suffit pour la France de pratiquer la politique de la chaise vide (n'envoyer aucun de ses membres aux réunions de prise de décisions) pour bloquer toutes les affaires des six pays membres de la BEAC.
En Afrique de l'ouest les statuts de la BCEAO stipulent que pour que des décisions soient prises au conseil d'administration elles « doivent recueillir l'unanimité des membres du conseil d'administration ». Or comme dit plus haut la France compte 2 membres au conseil d'administration.
Dans les Comores, le conseil d'administration de la BCC « délibère valablement lorsque au moins six de ses membres sont présents ou représentés. Les délibérations doivent être adoptées par 5 au moins des membres présents ou représentés ». Or comme expliqué plus haut ce conseil d'administration est constitué de 4 comoriens et 4 français.


On constate donc que par ces dispositions statutaires la France dispose d'un droit de veto au sein de chacune des banques centrales des 3 zones CFA, sans qu'aucun pays africain n'ait réciproquement de regard sur la politique monétaire française. Par ce veto nombre d'avantages promis aux africains concernant le CFA ne peuvent pas être concrétisés, car la France mettra toujours et logiquement son veto pour éviter par exemple des opérations de création monétaire (Quantitative Easing), ou que les comptes d'opérations passent durablement en négatif, ce qui irait contre les intérêts de la France.


La conséquence de ce droit de veto c'est que les pays africains ne peuvent même pas utiliser cette monnaie (prêts aux entreprises, Quantitative Easing, dévaluation, surévaluation, ...) pour booster leurs économies. De nos jours la politique monétaire est un outil indispensable pour piloter l'économie. En l'occurrence la structure économique des pays africains qui utilisent le CFA voudrait que leur monnaie soit moins forte que la valeur actuelle du franc CFA arrimé à l'EURO. Pour se permettre une monnaie forte un état devrait avoir une économie qui produit des biens très hauts de gamme, rares ou difficilement «concurrençables». En Europe il n'y a que l'Allemagne qui peut se permettre le luxe de l'euro fort tel qu'il est actuellement.


Ça fait 1 dizaine d'années que la chine (2ème économie mondiale) est accusée de volontairement garder sa monnaie basse. Les Etats-Unis ont laissé chuter le dollar et ne font rien pour le relever. Dans ce contexte, on impose aux économies comme celles africaines, qui ne produisent pas de biens hauts de gamme une monnaie arrimée à l'Euro, que l'on s'obstine à maintenir à une parité fixe (1euro = 655 FCFA). C'est une aberration, mais tant que cela arrangera la France, à moins que les africains contraignent la France à lâcher l'étau autour de leur cou, la France ne permettra jamais que cela change. Si l'Afrique de développe économiquement et prend son destin en main, la France se retrouvera certainement dans une situation économique alarmante. La France vit de l'exploitation de l'Afrique. Ce n'est pas nous qui le disons, mais l'ex président français Jacques Chirac dans une de ses interviews après sa retraite.
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Références :
IKIEMI Serges, Le franc CFA, d'où vient-il ? Où va-t-il ? L'Harmattan , 2010.
AGBOHOU Nicolas, Le franc CFA et l'EURO contre l'Afrique, Editions Solidarité mondiale, 2008.
GODEAU Rémi, Le franc CFA, pourquoi la dévaluation de 1994 a tout changé, Septa, 1995.
TCHUINDJANG POUEMI Joseph, Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l'Afrique, Cameroun, Edit. J. A., 1985.m

• Abdoulaye Samba Ndiaye


Professeur d'économie en Ile de France
Directeur Général de la société c2r-conseil.com
Consultant sénior en Création, Redressement, Reprise
Il a été diplômé de le l'IAE de Clermont Ferrand, Lyon 2 ( évaluations et politiques publiques)
Souvent il nous fait une chronique en direct sur FB sur la géo politique l'économie et l'actualité sénégalais

(une mine d'informations précises et savantes-La lecture de ses articles très pointus mais accessibles à tous est un plus).
Ancien du Lycée A Sadji 1983

 


« ce sujet est complexe et exprime aussi la complexité des gens et les appartenances culturelles : en art on parle d'esthétique du goût ou de l'instruction du regard, en cuisine on parle d'éducation au goût, le goût est un vrai problème de culture et en la matière il n'y a pas de « discussion réglée » chacun verra midi à sa porte et jugera ( Kant) comme il veut ou comme sa culture lui a appris, etc ». P B CISSOKO

Une plaie purulente, de la nourriture pourrie, un rat qui court entre nos pieds. Ces images éveillent en nous un sentiment de dégoût plus ou moins marqué. Et des chercheurs nous confirment aujourd'hui que notre sens de la délicatesse peut nous aider à rester en vie.

 

Jouer avec son caca. Voire même en goûter un petit morceau... C'est dégoûtant ? Pour vous peut-être, mais pas pour un petit enfant, tout juste sur le point de sortir de ses couches. Car le sentiment de dégoût se construit et évolue avec l'âge. C'est l'une des conclusions d'une étude menée récemment par des chercheurs de l'École d'hygiène et de médecine tropicale de Londres (Royaume-Uni).

Et si vous êtes aujourd'hui dégoûtés à la simple idée de marcher pieds nus sur une limace, de découvrir une plaie purulente sur la main de votre voisin de table ou d'apprendre que votre frère soulage ses envies dans le fond du jardin, c'est plutôt bon signe pour vous. Signe que votre inconscient travaille bien pour vous aider à rester en bonne santé.
Le dégoût est en effet reconnu comme une émotion à laquelle notre corps recourt pour éviter le contact avec de potentielles infections. C'est ce que les spécialistes appellent la « théorie de l'évitement parasitaire ». Ainsi les chercheurs britanniques pensaient pouvoir catégoriser les déclencheurs de dégoût en fonction des menaces potentielles de maladies.

Parmi les choses qui dégoûtent le plus des gens : les plaies purulentes ! © Hans, Pixabay, CC0 Creative Commons


Le dégoût, une émotion structurée


Mais l'étude qu'ils ont menée en ligne sur quelque 2.500 volontaires anglophones - laissant quelques doutes sur la représentativité de l'échantillon - montre que les causes de cette émotion particulière sont plutôt à classer selon les mesures à prendre pour éviter les maladies en tout genre. Il en ressort six grandes catégories de déclencheurs du dégoût :

• la mauvaise hygiène ;
• les animaux ou les insectes potentiellement vecteurs de maladie ;
• les comportements sexuels à risque ;
• les problèmes d'apparence physique ;
• les lésions corporelles ;
• les aliments présentant des signes de détérioration.
"
Le dégoût pour éviter les risques ?


Autre conclusion de l'étude : les femmes éprouvent des sentiments de dégoût globalement plus marqués que les hommes. Serait-ce le reflet de la tendance de ces derniers à s'engager dans des comportements à risque ? C'est ce que suggère une autre étude - pas encore publiée - qui, au-delà de la volonté d'éviter une maladie, associerait le dégoût à une volonté d'éviter toute forme de risque. Qu'il s'agisse de sports de l'extrême ou de conversations délicates avec son patron.
D'autres résultats seront encore nécessaires pour confirmer tout cela. Mais le professeur Val Curtis en est convaincu : « Nous avons montré que le dégoût est structuré, qu'il reconnaît et répond aux menaces d'infection afin de nous protéger. » Moyennant quoi les chercheurs proposent d'exploiter cette information pour élaborer des messages de santé publique plus efficaces.


Ce qu'il faut retenir


• Le dégoût évolue avec l'âge.
• Les femmes éprouvent des sentiments de dégoût plus marqués que les hommes.
• Le dégoût nous encourage à éviter le contact avec de potentielles maladies.


https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/science-decalee-science-decalee-sert-degout-71525/#xtor=EPR-17-%5BQUOTIDIENNE%5D-20190121-%5BACTU-Science-decalee-:-a-quoi-sert-le-degout--%5D


Nathalie Mayer


Comme tous les « bons élèves », j'ai suivi un cursus scientifique. Un cursus qui, sans vraiment d'embûches, m'a permis de décrocher, en l'an 2000, une maîtrise de physique. Mais à l'heure de faire enfin un choix de carrière, je me décide pour un véritable choix de vie. « Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » Ces paroles de Confucius deviennent mon moteur. Je m'oriente donc finalement vers un DESS Communication scientifique et technique. Parce que ce que j'aime par-dessus tout, c'est raconter des histoires. Et si c'est raconter des histoires de sciences, c'est sans doute encore mieux.


En septembre 2001 - ce septembre de triste souvenir -, mon diplôme en poche, je me lance dans l'aventure du journalisme scientifique (Éditions Atlas, Cap Sciences, Girondins mag, Technologies Internationales, Chercheurs d'Aquitaine, etc.). Au fil des mois, pour mettre un peu de beurre dans mes épinards, je diversifie mes activités et m'adonne également à la communication éditoriale (CEA Cesta, Total, Engie, etc.). Et même, un temps, à la communication tout court pour le compte d'une PME dans le secteur du laser industriel.


Aujourd'hui, je me passionne pour tout ce qui touche aux questions énergétiques. Pour Futura, j'interviens comme journaliste, principalement dans les rubriques matière et planète.

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