Comme un symbole de fermeté, c’est au ministère de l’Intérieur et non à celui de l’Education nationale qu’a été présenté ce vendredi le plan d’action contre les violences scolaires. Pas moins de trois ministres étaient réunis : Christophe Castaner pour l’Intérieur, Jean-Michel Blanquer pour l’Education nationale et Nicole Belloubet pour la Justice. Ensemble, pour lutter contre les violences au collège et au lycée, ils ont proposé plusieurs pistes qui seront développées en Conseil des ministres mardi prochain.

La mesure la plus marquante est la présence dans certains cas de policiers à l’intérieur des établissements scolaires. Christophe Castaner, à l’origine de cette proposition, est pour l’instant resté assez vague quant aux détails d’une telle piste. Si le ministre de l’Intérieur «  » pas la « » dans les collèges et les lycées, il précise que cela se fera «  » uniquement dans les établissements les plus difficiles et seulement « à des moments de tension particulière dans la journée », sans préciser de quels moments il s’agit. Enfin, avant de voir des policiers en uniforme patrouiller dans les cours de récréation, il faudra que le directeur de chaque établissement ait donné son feu vert.

De son côté Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, dit vouloir « remettre de l’ordre » à l’école. La formule semble parfaitement répondre aux attentes du chef de l’Etat qui avait «  » que des mesures soient prises après la publication d'une vidéo montrant avec une arme factice.

Pour « remettre de l’ordre », Jean-Michel Blanquer propose notamment de multiplier les équipes mobiles de sécurité. Composées de 10 à 50 personnes parmi lesquelles des enseignants, des conseillers d’éducation ou encore des gendarmes à la retraite, elles se déplacent d’un établissement à l’autre selon les besoins.

Depuis une semaine, des milliers d’enseignants dénoncent sur les réseaux sociaux l’insuffisance de l’écoute de leur hiérarchie . Le mot-clef ironique dénonce comment certains cas de violences qu’ils font remonter seraient étouffés. Un moyen, selon eux, pour ne pas faire de bruit, pas de vague.

Pour leur répondre, le ministre de l’Education nationale souhaite que chaque cas de violence soit «  ». L’objectif de cette mesure étant de dresser un tableau précis et factuel du nombre de cas et de leur gravité. Enfin, pour apporter une sanction forte lorsque cela sera nécessaire, la ministre de la Justice Nicole Belloubet veut multiplier les travaux d’intérêt général (TIG) qui ont selon elle « une forte valeur éducative ».

Face à ce virage sécuritaire pour l’école de demain qui s’accompagne également de l’ouverture de 20 nouveaux centres éducatifs fermés, certains professeurs et parents d’élèves ont fraîchement accueilli ces pistes de réflexion. S’ils saluent la réactivité du gouvernement face à leur grogne, certaines voix se lèvent déjà pour critiquer ce virage sécuritaire.

C’est le cas du syndicat d’enseignants Unsa qui déplore « qu’avec ces mesures on répond aux situations de violences qui sont les plus marquantes, mais qui ne correspondent pas au quotidien des professeurs ». Car les enseignants sont principalement ciblés par des insultes, rappellent plusieurs d’entre eux. « Les profs ont surtout besoin d’un arsenal pour améliorer le climat scolaire et d’espaces de dialogues » estime ainsi l’Unsa.

REUTERS/Philippe Wojazer

L'air de la capitale du Sénégal est chargé en particules fines depuis maintenant 48 heures. Des particules dangereuses pour les habitants fragiles. L'épisode est récurrent dans la ville, parmi les plus polluées au monde.

La sensation d'être dans un nuage de poussière en permanence, c'est ce que vivent la jeune Aminata Sall et sa famille. « C'est la ville, donc il y a beaucoup de voitures qui dégagent de la fumée. La fumée avec de la poussière, ça empêche les gens de respirer. Ma mère est asthmatique, elle ne peut pas trop s'adaptée. Parfois, elle va à l'hôpital pour prendre des médicaments et éradiquer ça », nous raconte la jeune fille.

Asthmatique elle aussi, Fatou Dhiaw est malgré tout sortie de chez elle. Pour tenir dans le centre ville elle a pris ses médicaments... « J'ai la Ventoline, mais j'ai oublié l'autre. On ne voit pas bien, on ne respire pas bien. Donc c'est difficile pour nous », nous explique-t-elle.

Limiter son exposition à la pollution

Il y a des gestes simples pour limiter son exposition à la pollution. André Jacques Dioh travaille au centre de gestion de la qualité de l'air. « On demande aux gens de limiter leurs déplacements et de ne pas s'exposer à l'air ambiant. L'Etat du Sénégal fait des efforts. Le Centre de gestion de la qualité de l'air a fourni des données sur la pollution à Dakar. C'est le seul centre en Afrique de l'ouest. Dakar n'est pas la ville la plus polluée d'Afrique de l'ouest », assure le spécialiste.

Cette pollution provient surtout des vents du désert qui soufflent en cette saison. Dans l'air de la ville, toute l'année il y a sept fois plus de particules fines par rapport aux recommandations de l'OMS.

Et l'épisode devrait se poursuivre au moins pour toute la journée de ce jeudi.

RFI

Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, est furieux contre l’union interparlementaire (UIP). L’organisme international a relevé des « irrégularités » dans le procès de l’ex-député-maire de Dakar, Khalifa Sall, condamné à cinq ans d’emprisonnement en août.

Les irrégularités judiciaires s’expliquent par « le caractère politique du dossier ». Ce sont les mots choisis par les membres du comité des droits de l’homme de l’UIP, une organisation plus que centenaire qui rassemble les Parlements des Etats souverains. L’institution rejoint ainsi la cour de justice de la Cédéao et qualifie d’« arbitraire » la détention provisoire de Khalifa Sall.

Ses recours auprès du juge d’instruction n’auraient pas été pris en compte sur le fond, dénonce aussi l’Union interparlementaire. Enfin, elle demande un examen impartial et indépendant du pourvoi en cassation du candidat à la présidentielle.

Pour Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale du Sénégal, cette décision de l’UIP est « incohérente ». Le texte comporte pour lui des « dérives interprétatives » sur une décision de justice qui est celle d’un pays souverain.

Le président regrette également que les membres du conseil des droits de l’homme n’aient pris en compte, selon lui, que la version de Khalifa Sall. Dans sa décision, l’Union interparlementaire fait part en tout cas de sa difficulté à accéder aux informations du dossier judiciaire.

RFI

Nous avons eu l’occasion d’évoquer ici-même l’intention d’Air Sénégalde voler de ses propres ailes et de supplanter la compagnie Corsair pour la liaison Dakar-Paris-Dakar. Nous émettions alors quelques réserves au vu de la situation plus qu’embryonnaire de la compagnie nationale sénégalaise.

Les prix avantageux … de l’histoire ancienne

Rappelons que la présence de Corsair, en concurrençant Air Francesur cette ligne avait permis de casser les prix. Cette situation semble bien révolue aujourd’hui. 

Adieu Orly, bonjour Roissy

En effet Air Sénégal va désormais s’allier avec Air France dont elle va bénéficier de la logistique et des services (enregistrement, embarquement, salon affaires, etc.) Ce partenariat va notamment lui permettre de bénéficier de l’accès au terminal E de Roissy-CDG, une aérogare fonctionnelle. 

Terminés les embarquements et débarquements à Orly pour les passagers qui empruntaient auparavant Corsair.

Autre avantage à trois mois de l’ouverture de la nouvelle ligne par Air Sénégal celle-ci va pouvoir disposer du réseau commercial d’Air France en particulier de ses agences de voyages. Grâce à cet accord on pourra ainsi effectuer le voyage aller sur Air France et un retour sur Air Sénégal avec le même billet.

Un marché de dupes ?

A première vue il s’agit là d’une bonne nouvelle. Oui mais à y regarder de plus près ce sont surtout les autorités sénégalaises qui vont empocher le bonus grâce à ces économies. Air France aussi, qui voit ainsi disparaître la concurrence de Corsair et qui n’a pas à redouter celle d’Air Sénégal en situation de dépendance vis-à-vis d’elle. Et qui dit absence de concurrence dit monopole donc un marché maîtrisé en particulier sur les prix. Cherchez l’erreur !

Or cette ligne est particulièrement juteuse, songez que la demande y est plus forte que l’offre et que le remplissage annuel des avions est voisin de 90 % ce qui autorise des tarifs élevés. CQFD !

« Aux urnes » voyageurs !

Si donc, dans ce trio « Air France », « Air Sénégal » et « voyageurs », les deux premiers sont gagnant-gagnant, qui selon vous sera le dindon de la farce ? Les c… de voyageurs pardi. Et les sénégalais de France peuvent dire aujourd’hui « merci ». Merci qui ? 

« Merci monsieur Macky Sall ! Depuis les débuts de votre septennat nous pouvions bénéficier avec Corsair d’un tarif avantageux, ça c’était hier, et les choses demain vont changer. Mais rassurez-vous, on a bien l’intention de vous faire supporter la future augmentation du prix du billet lors de l’élection présidentielle en février prochain. Ce sera pour nous une façon de nous dédommager à défaut de se faire rembourser ».

Le directeur de publication d’Ichrono


Par Coumba Kane (Londres, envoyée spéciale) LE MONDE

« Cette lecture est très instructive. Quand Ki-ZERBO disait que chacun devait écrire pour se dire refusant à autrui d'écrire à notre place, il pensait à ce genre de suprématie que certains américains avec Trump tentent de réveiller. Pour ma part ce texte éclaire et il n'incite en rien à la guerre de civilisation. Des auteurs comme LYNCH et autres sont des penseurs très suivis.Lire pour comprendre ». P B CISSOKO


Dans son livre, l'essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».
L'essayiste britannique Reni Eddo-Lodge. CREDITS : DR


En pleine interview dans un parc de Soho, dans le centre-ville de Londres, un sans domicile fixe l'interpelle. « Etes-vous écrivain ? Je voudrais discuter avec vous. » Reni Eddo-Lodge décline la requête, un brin décontenancée. D'ordinaire, c'est elle qui impose la conversation. Son premier livre, Why I'm No Longer Talking to White People About Race, paru en 2017, a déclenché une controverse nationale sur la fin du dialogue entre communautés dans un Royaume-Uni qui a longtemps vanté son multiculturalisme.


Au Brésil, des militants antiracistes s'en servent comme outil face à Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême droite, favori de la présidentielle. En Australie, des sympathisants des droits des Aborigènes se sont sentis « compris et encouragés » à sa lecture.


Après avoir été traduit en polonais et en allemand, le livre est sorti en France à la fin du mois de septembre, en pleine polémique autour du prénom d'Hapsatou Sy qui, selon, Eric Zemmour, serait une « insulte à la France ». Son titre en français : Le racisme est un problème de Blancs (éditions Autrement).
Redoutable rhéteuse


Dans cet ouvrage, la Londonienne de 29 ans dissèque la manière dont le racisme imprègne la société britannique et « affecte l'égalité des chances des personnes de couleur ».


Elle y procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel », épluchant données gouvernementales, archives et études universitaires pour mesurer l'ampleur de son impact dans l'accès au logement, à l'éducation ou à l'emploi.


Un travail qui a abouti à un tableau édifiant des discriminations systémiques et dont la conclusion est qu'il est difficile d'« expliquer autrement qu'en 2018, à compétences égales, vous avez moins de chances de décrocher un job si vous avez un nom à consonance africaine ou asiatique que si votre nom sonne blanc ».
L'aventure commence pour elle un soir de février 2014, avec un article posté sur son blog et, déjà, intitulé « Pourquoi je ne parle plus de racisme avec des Blancs ». Cette charge contre le déni du racisme, « le mur blanc », devient rapidement virale.


Une grande maison d'édition lui propose d'en faire un livre. « Quand j'ai publié ce billet, se souvient-elle, j'étais pessimiste et triste, car quand je parlais de mon expérience du racisme à mes amis, camarades ou collègues blancs, on me répondait que c'était dans ma tête. On met ça sur le compte de la sensibilité, pas de l'injustice. Il me fallait raconter cette sensation d'effondrement qu'on ressent face au déni de cette souffrance dévastatrice. »
Lire aussi : Décoloniser les arts : « Les Blancs doivent apprendre à renoncer à leurs privilèges »


Diplômée en littérature, Reni Eddo-Lodge a alors 24 ans et incarne ce nouvel antiracisme en opposition avec celui qui refuse de voir la couleur de la peau et les discriminations qui en découlent. Le débat prend vite sur les plateaux de télévision, où elle se révèle être une redoutable rhéteuse. Son goût pour la controverse la pousse même à proposer une conversation avec le leader d'extrême droite Nick Griffin en plein référendum sur le Brexit. A l'issue de cet échange – retranscrit dans le livre –, le politicien invitera la jeune femme, née à East London de parents d'origine nigériane, à « foutre le camp de ce pays ».


« Privilège blanc »


Reni Eddo-Lodge revendique une décennie de militantisme, nourri cependant d'une expérience amère dans les cercles féministes blancs. « Simone de Beauvoir m'a révélée à mon féminisme. Lors des réunions, quand j'évoquais le fait d'être doublement discriminée car Noire et femme, on me répondait que j'étais hors sujet, car ici on parlait de sexisme », se souvient l'écrivaine au look recherché : coupe afro rasée sur les côtés, mocassins, veste en velours.
Elle en conclut que le racisme n'est pas une question de valeur morale, mais d'exercice du pouvoir. Un pouvoir qui bénéficie à ceux qui jouissent du « privilège blanc », qui consiste à « avoir des avantages dans la vie juste à cause de sa couleur et non pas par mérite. Ceux qui en jouissent ne s'en rendent même pas compte car c'est la norme. Etre blanc dans ce monde, c'est être universel », explique-t-elle simplement.


L'écrivaine sait qu'elle dérange. Les progressistes « lisent l'essai et en sortent ébranlés, car j'interroge la dimension systémique qui leur permet d'avoir des privilèges au détriment des personnes de couleur. Un peu comme les hommes progressistes face à #metoo ». Ses détracteurs l'accusent de pratiquer un « racisme anti-blanc » et de tout ramener à l'identité raciale, alors que pour elle « c'est la blanchité comme idéologie qui est dangereuse ».
Pour illustrer ce racisme insidieux qui « s'infiltre tel un gaz dans tout ce qui nous entoure », Reni Eddo-Lodge raconte qu'à 4 ans, elle a demandé à sa mère quand elle deviendrait... blanche. « A la télévision, dans les livres, les personnages positifs étaient blancs. Les méchants étaient non blancs. Je me voyais comme une fillette intelligente. Il était donc évident que je deviendrais blanche plus tard », se souvient-elle.


Groupuscules néonazis


La journaliste place son récit dans la grande histoire, celle des tensions raciales héritées de la colonisation, de l'esclavage (1,5 million d'Africains ont transité par Liverpool pendant la traite) et de l'immigration du XXe siècle. Une histoire de relégation sociale, de lynchages et de violences policières, mais aussi de résistance et de révoltes.
L'auteure rappelle le prix du sang versé par des soldats jamaïcains lors de la première guerre mondiale et leur marginalisation sitôt le conflit fini. Son essai fait aussi écho au scandale de la génération Windrush, du nom de ces Antillais venus reconstruire le pays après la guerre et aujourd'hui menacés d'expulsion.


Face au discours anti-migrants, Reni Eddo-Lodge fait d'ailleurs sienne cette déclaration de l'ancien directeur du cercle de réflexion Institute of Race Relations, l'écrivain sri-lankais Ambalavaner Sivanandan (mort le 3 janvier 2018) : « Si nous sommes ici, c'est parce que vous étiez là-bas. »
Aujourd'hui, les tensions raciales se sont renforcées au Royaume-Uni, portées par le Brexit et le retour en force de groupuscules néonazis. Reni Eddo-Lodge croit en un mouvement global antiraciste. Dans son pays, elle est devenue un porte-voix.


Mais cette exposition pourrait la transformer, malgré elle, en icône antiraciste vouée à policer ses propos. Pour le moment, elle continue de « prendre soin » d'elle, elle qui a souffert de dépression chronique et pour qui le livre a été une « thérapie », une conversation avec elle-même. « Il y a un lien entre racisme et santé mentale. Toutes les injustices détruisent, car vous souffrez de ne pas avoir le contrôle de votre vie », insiste celle qui travaille sur d'autres sujets, laissant la discussion ouverte.

1. Reni Eddo-Lodge   Journaliste


Reni Eddo-Lodge est une journaliste et auteure britannique. Elle écrit sur le féminisme et le racisme structurel. Eddo-Lodge est née et a grandi à Londres. Sa mère est nigériane. Elle explique avoir « réalisé qu'il y avait un vrai problème de représentation dans la société » à l'âge de 4 ans lorsqu'elle a demandé à sa mère quand est-ce que sa peau noire deviendrait blanche.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/10/21/reni-eddo-lodge-etre-universel-dans-ce-monde-c-est-forcement-etre-blanc_5372595_3212.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1540143081

 

Table ronde, débats, animations : lecture de texte  C'est gratuit parlez-en

CHEIKH HAMIDOU KANE je tenterai juste de montrer en quoi ce texte majeur et universel est un condensé qui a su intégrer les deux mondes (Europe/Afrique; tradition et modernité; le fou et le sage; thierno et le directeur; l'ecole et le daira ; le cahier ou le alawa; la grande royale qui avec son marteau achève la Rupture dans un monde conservateur. Cette Rupture est comme un matin de gésine; une naissance qui annonce l'incertain mais aussi la nouveauté. Faudra- t-il choisir ou résister : ce que nous gagnons vaut-il mieux que ce que nous perdons.
Quelle est aujourd'hui l'actualité de ces idées contenues dans l'Aventure Ambiguë; ce texte de l'Exil et de la solitude nous parle et nous oblige sans nous renier.C H Kane est un " fou mais aussi un sage" et c'est en cela qu' il nous interpelle pour choisir le plus Commode qui colle avec ce temps qui ne se suspend jamais comme la parole et la mort...
Alors amoureux de la littérature ; de la philosophie; hommes des lettres; simples curieux ou amoureux du savoir; venez pour qu'on s'instruise ensemble et fêter *diversement* ce grand penseur qui aura 90 ans.


VENEZ NOMBREUX ET PARTAGEZ

Pape B Cissoko....

Voici le texte de notre Lamine Pr M Lamine Sagna toujours actif pour partager le savoir et honorer les sages...

Cher-e-s ami-e-s

L'organisation de la diaspora sénégalaise Sununet / Re-Source (Rencontre des Sénégalais pour une Organisation Utile des Ressources de la Communauté des Expatriés) célèbre le 27 0ctobre 2018 le 90ème anniversaire du grand écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane. Cet évènement aura lieu à la Cité Universitaire «Lucien Paye » ( Maison Afrique), 45 Boulevard Jourdan 75014 Paris.
Selon nous, plus que jamais, le monde vit à travers la globalisation une « aventure ambiguë » de la modernité. En même temps que les sciences et la technologie rapprochent les êtres humains, on assiste à une remontée en puissance du repli sur soi, des particularismes, des revendications identitaires et des conflits nationalistes voire tribaux. Pour, nous éclairer nous convoquons la pensée d'un auteur exceptionnel : Cheikh Hamidou Kane.
Issus d'horizons divers (artistes, enseignants, employés, chercheurs, étudiants, entrepreneurs, médecins, traders, etc.), nous vous invitons à venir célébrer avec nous l'anniversaire de cet illustre écrivain sénégalais et débattre de ces questions dans des dialogues transdisciplinaires.
Comment de nos jours, les œuvres de Kane peuvent servir de balises pour anticiper l'avenir et le devenir du monde ? Comment dans un contexte de division et d'unification des univers, il est possible à l'homme de réorganiser le monde ? En quoi, la modernité conquérante dans la période coloniale diffère-t-elle de celle inscrite dans ce monde dit global ?

Programme

09h00 Accueil
09h00 – 9h10 Mots de Bienvenue
Pourquoi célébrer à Paris l'anniversaire de Cheikh Hamidou Kane ?
Recueil de témoignages (hommages)
10h 20 –10h 45 Pause-Café – Networking
10 h45 –12h30 Table Ronde - Discussions
• Cheikh Hamidou Kane : l'écrivain, l'homme politique et le philosophe par Macodou Ndiaye, historien
• L'aventure ambiguë dans la mondialisation : modernités et sanctuaires par Mahamadou Lamine Sagna, American University in Nigeria
• Activité sociale et ambiguité- exemple de l'ethnicité par Rébecca Ndour, Docteure en sociologie EHESS- Equipe de Recherche sur les Inégalités Sociales (ERIS)- CMH-ENS-CNRS
• Ce que nous gagnons vaut-il mieux que ce que nous perdons (tradition et modernité) par Pape Cissokho, conférencier, philosophe.

12h30 – 14h Pause - Déjeuner
Après midi
14h – 16h30 Lecture de textes par le comédien Sidiki Bakaba et d'autres participants
Spectacle de danse par le chorégraphe Stéphane Mensah
15h00 – 15h15 Pause-café

16h30 – 18h00 Film – L'Aventure Ambiguë
18h00 – 19h00 Verre de l'amitié

 

Abdoul Mbaye ex 1 er Ministre du Sénégal à Paris et nous nous parle d'économie-politique. "Servir son pays et pas se Servir" La politique exige la vertu


Conférence-Débat avec l'ancien Premier ministre Abdoul Mbaye sur le thème: "Situation économique du Sénégal: Enjeux et perspective..."
Une rencontre organisée par l'Association Bol d'Or
«Servir le pays et non se servir»


Le dimanche jour du seigneur nous avons rejoint l'association bol d'or dans le 18 eme pour écouter Mr l'ancien premier ministre du Sénégal Mr Abdou Mbaye.
Je peux d'emblée vous dire qu'avant de l'écouter j'ai pris soin de parcourir des articles, lu son ouvrage « servir » et j'ai été touché par un homme qui parle des antivaleurs comme frein à tout. Je me bats depuis longtemps pour dire que rien d'efficient ne pourra être fait sans rupture comme le disait mon ami feu le Pr Ibrahima Sow « un mandat unique » pour changer le citoyen acteur de la société politique et vertueux.
La conférence a bien débuté avec une assistance sénégalaise comme d'habitude qui peut être indisciplinée «on chuchote, on répond à l'intervenant qui a la parole sans prendre le soin de l'écouter, eh alors , il faut pas étaler sa vie, il faut faire court, etc ). Je parle de ça parce que beaucoup refuse de fréquenter ces conférences à cause d'une volonté farouche d'en découdre sans écouter et cela peut peser.
Au total une conférence de bonne tenue.
Mr Mbaye commence par poser des faits, un constat sur l'absence de statistiques fiables et il a parlé d'un nouveau type de management qui consiste à « falsifier » les chiffres pour corroborer une idée ou un fait Mr Mbaye n'est pas pour l'annulation du Franc >CFA qui n'est pas une monnaie coloniale, cette monnaie est utilisée dans 8 pays d'Afrique .
Sa rigidité fait que sa valeur ne varie pas et elle est collée au FF ce qui ne lui permet pas de vivre mieux Selon lui il faut arrimer le FCFA en fonction de commerce extérieur et des partenaires : pourquoi pas le japon, la chine, etc .
Le parrainage est a été évoquée et il faut que les citoyens s'organisent pour mieux aider les candidats sérieux à se présenter.
Il y a une méthode aussi qu'il faut signaler chez Abdou Mbaye et l'ACT, c'est demander aux artisans ce qu'ils veulent et comment ils envisagent leur développement. Tous les corps de métiers sont interrogés, les associations d'handicapées, idem. La décentralisation comme outil de développement avec comme modèle transposable : la Casamance. L'énergie scolaire, et divers aspects ont été abordés avec talents et technicité.
Un homme libre qui aurait pu profiter de sa fortune lui qui a beaucoup et très tôt travaillé.
Il faut saluer la présence de la société civile Ben Jelloun qui se bat comme il peut pour faire avancer les choses dans la diaspora. Une rencontre a été faite au Trocadéro pour défier , s'organiser et battre Macky SALL.


J'ai trouvé des extraits et des articles qui disent mieux de cet homme qui est un bon candidat....

Pape B CISSOKO


L'ancien Premier ministre Abdoul Mbaye a officiellement lancé ce samedi son parti politique, l'Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT). Une formation qui se réclame de la social-démocratie, dont la devise est « Travail-Éthique-Espoir », les couleurs le rouge et le bleu et qui promet d'ériger en dogme le respect de la parole donnée (Saxal Jëf). C'est pourquoi il demande aux Sénégalais de le juger uniquement sur ses actes.
Devant un pupitre dressé au fond d'une salle comble, le premier chef du gouvernement de Macky Sall désigne d'entrée son adversaire : « les professionnels de la politique ». Ces femmes et ces hommes qui ont fait de la politique leur métier, leur tremplin pour jouir des délices du pouvoir. « Le Sénégal va mal », s'exclame-t-il en dressant un tableau sombre de la situation du pays : « démocratie abimée », « Assemblée nationale aux ordres », « Jeunesse désespérée », un système de santé bancal, une économie faible...
Pour freiner le cycle, l'ancien Premier ministre promet de restaurer la « politique-sacerdoce » avec « un nouveau type de dirigeant, pour un nouveau type de citoyen ». Et dans cette perspective, il invite les Sénégalais à cultiver quatre types d'amour : l'amour de la patrie, l'amour des lois, l'amour du travail et l'amour de ses semblables.
Au bout d'un discours d'une trentaine de minutes, résumé en wolof et traduit sur papier en arabe, Abdoul Mbaye se met à la disposition de la presse pour la séance de questions-réponses. S'il se montre très à l'aise dans l'exercice, avec par moments un humour tranchant et une répartie souvent foudroyante, il donne quelques fois l'impression de cafouiller sur certaines questions : à propos de son terrain sur le littoral qu'il aurait acquis dans des conditions nébuleuses, l'ancien banquier se contente d'affirmer devant un auditoire qui n'a aucun moyen de vérifier dans l'instant ses dires, que la procédure d'acquisition s'est passée dans les règles de l'art. Sur la question de sa double nationalité franco-sénégalaise, qui risque de constituer un blocage en vue d'une candidature à la présidentielle, il assume avant de déclarer qu'il avisera le jour où cela devrait constituer un problème.   « Je ne reconnaissais plus mon Macky Sall »


Sur les autres questions, Abdoul Mbaye surfe à merveille : est-il comptable du bilan de Macky Sall ? Bien sûr, acquiesce-t-il tout en s'empressant de délimiter le champ de cette responsabilité : seulement au début de l'aventure avec le chef de l'État, lorsque le « mot rupture avait un sens ». « Je ne reconnaissais plus mon Macky Sall », confesse-t-il pour dire qu'à un moment donné il a perdu le Nord au sommet de l'exécutif.
Son programme ? Il déclare que celui-ci est à l'étude avec les membres de son parti. Des alliances futures avec des partis politiques comme le PDS et Rewmi ? « Possible, s'ils adhèrent à nos valeurs », nuance-t-il. Est-il candidat à la présidentielle de 2019 ? « C'est prématuré, 2019 c'est encore loin », tempère-t-il. Chaque chose en son temps, donc.


Justement, confie l'ancien Premier ministre, l'idée de descendre dans l'arène politique avait effleuré son esprit il y a une dizaine d'années lorsque certains de ses amis lui ont demandé de sauter le pas. Mais puisqu'il n'était pas sûr d'être entendu par les Sénégalais, il préféra se boucher les oreilles et rester un « spectateur-analyste » de la scène politique. « Aujourd'hui les Sénégalais ont une grande maturité », relève-t-il comme pour dire que le moment est venu de s'adresser à eux, de les mobiliser et de leur indiquer le chemin.


Le suivront-ils ? C'est toute la question.


Auteur: SenewebNews - Seneweb.com


En effet, des pratiques politiques étalées dans la durée sur plus d'un demi-siècle ont largement
contribué à abîmer de façon progressive et insidieuse, le socle de nos valeurs. Elles l'ont fait à un
point tel que la restauration de ces dernières, plus qu'un impératif politique, est devenue une
forte exigence citoyenne, sociale et identitaire pour ne pas perdre notre âme et voir notre peuple
voué à la décadence.
La restauration de ces valeurs concerne aussi bien la sphère politique que sociale. Elle doit être
comprise comme correspondant à une requête des populations sénégalaises en situation d'éveil
de conscience politique après plusieurs années de vécu politique et le passage de deux
alternances. Les valeurs les plus malmenées ces dernières années, et en particulier par le
présent régime, sont : la vérité, l'amour de la patrie, le respect de la parole donnée et de
l'engagement public et solennel, la justice (à comprendre au sens large comme fin des injustices
de toute sorte), le respect du principe de solidarité dans la réalisation de la croissance
économique et dans son partage rationnel, juste et efficient.
Ici, sont donc réunis des hommes et des femmes, parmi les plus résolus des combattants qui se
sont dressés mus par le dessein de porter et diriger la lutte pour défendre et préserver tous les
acquis pour lesquels, des générations de Sénégalaises et de Sénégalais n'ont jamais ménagé leur
sueur, quelquefois leur sang et quand il le fallut aussi, leur vie.
Ce sont les vertus de jom, de ngor, de mougne, assises sur la foi profonde ancrée dans nos
cœurs et nos esprits ainsi que sur un remarquable consensus politique, œuvre d'hommes et de
femmes de grande qualité, qui ont fait que notre pays a toujours évolué en paix et en totale
harmonie. Quelques furent les soubresauts, le Sénégal pouvait compter sur le comportement de
dirigeants chevaleresques qui savaient, au nom de l'éthique, jusqu'où ne pas aller.
Quand donc des travers mesquins, opportunistes, rétrogrades et exclusivistes, visent à travestir
la loi, à instrumentaliser des pouvoirs – singulièrement le judiciaire – à brimer et à humilier des
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adversaires, à chercher à mettre une chape de plomb sur les hommes libres et sur la société,
juste pour permettre à la famille et au clan d'accumuler, d'encore accumuler, de toujours
accumuler au détriment d'un peuple, presque devenu exsangue ; alors, face à la gravité d'une
telle situation qui peut durablement affecter l'équilibre de notre pays aujourd'hui et demain, oui,
ces hommes et ces femmes ou leurs successeurs, comme des millions de Sénégalais doivent se
lever, et debout faire barrage à la mise à mort de notre grand et beau pays pour des intérêts
bassement matériels, personnels et claniques.
Mesdames, Messieurs les chefs des partis politiques de l'opposition, le seul fait de ne pas être
associé à la gestion de l'État n'est pas à l'origine de notre cheminement ensemble. C'est une lutte
pour la défense de la démocratie au Sénégal et un combat pour empêcher la spoliation des
ressources nationales tant financières que naturelles qui nous ont conduits à apprendre à mieux
nous connaître et à être ensemble. Merci encore d'être présents à cet important moment de la
vie de notre parti.
Nous ne le répéterons jamais assez : le principal indicateur de l'existence d'une véritable
démocratie se trouve dans la force de l'opposition qui y existe. Tout comme d'ailleurs la réalité
d'une dictature naissante ou confirmée, s'apprécie en fonction de l'attitude qu'elle réserve à son
opposition.
La force d'une opposition repose essentiellement sur son regroupement et son unité lorsqu'il
faut défendre les fondamentaux démocratiques. Dans des républiques faibles ou affaiblies
comme la nôtre, ce cheminement ensemble est alors le meilleur rempart pour s'opposer aux
tentatives d'instauration d'un pouvoir absolu, de confiscation de la volonté populaire par
l'organisation d'élections manipulées et truquées, et de vol du bien public.
Je me réjouis de constater qu'au Sénégal ce sont bien ces préoccupations qui nous réunissent si
souvent depuis l'an 2016, première année noire de la vieille démocratie sénégalaise.
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs les représentants des partis et mouvements alliés de
l'ACT et chers compagnons, je vous confonds dans les mêmes salutations. Nous partageons des
valeurs, et nous avons la même conception de la politique. Nous voulons pour notre pays que
désormais, à la faveur d'une prochaine alternance, une véritable rupture se crée pour offrir une
solution à l'exigence de restauration morale dont notre peuple a soif. La politique au service de
l'intérêt général et non plus au service d'une personne, d'une famille, d'un clan, d'un parti
constitue le socle de notre engagement en politique. La Politique Autrement.
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
Soyez chacun et tous remerciés de votre présence, de votre écoute et de votre engagement.
Notre premier engagement était, est et restera celui de demeurer fidèle à notre parole donnée.
Nous faisons et ferons preuve de constance dans son renouvellement.
Nous l'avions exprimé lors de notre décision d'entrer en politique en 2016 lorsque les premiers
compagnons de l'ACT nous avaient fait l'honneur de nous confier la direction de notre parti.
Nous ne prendrons que des engagements que nous nous soucierons de respecter et de faire
respecter. Nous redonnerons à la parole politique le respect qu'elle doit susciter lorsqu'elle
s'exprime sous la forme d'un programme de parti ou de coalition de partis ; lorsqu'elle est
propos d'un leader politique dépositaire de la confiance des membres de son parti ou de la
coalition qui le soutient.
Le « wax waxeet », presque devenu une norme de la pratique politique au Sénégal, doit
disparaître de nos mœurs politiques.
Les Assises nationales ont été trahies par certains de ses signataires et l'esprit du 23 juin par
plusieurs figures politiciennes participant aux manifestations.
Le programme Yoonou Yokete a été vite versé aux oubliettes, en même temps que les slogans
forts qui nous ont fait rêver d'une rupture véritable en 2012 ; rappelons « la gestion sobre et
vertueuse des affaires publiques » ou « la patrie avant le parti ».
Or l'Histoire nous enseigne que la paix sociale craint les espoirs déçus. C'est pourquoi nous
avons pris l'engagement de ne créer l'espoir dont notre peuple a grand besoin que par un
discours de vérité. Et la vérité en politique est d'abord dans le parler vrai consistant à ne dire
que le possible ; elle est ensuite dans le respect des engagements pris. A l'opposé, le mensonge et
3
la trahison commencent avec le reniement d'engagements rendus publics sur la base desquels le
citoyen vous avait attribué le bénéfice de son vote.
L'heure est venue de créer la rupture avec l'habitude devenue insistante de la parole non
respectée. 2019 devra être une année d'alternance par sa quête de porteurs de paroles de vérité,
par la sanction de ceux qui se seront singularisés par reniements et mensonges. C'est à ce prix
que la démocratie sénégalaise aura enfin réussi un saut qualitatif digne de son histoire. Un saut
qui la libérera des rets dans lesquels la retiennent les politiciens professionnels de notre pays
depuis de trop nombreuses années.
Car que l'on ne s'y trompe pas : un engagement de nature politique est pris pour gagner la
confiance populaire ; une fois ce but atteint, son reniement a pour rationalité de prendre ce qui
appartient au peuple au profit de l'auteur de l'engagement, de sa famille, de son clan. Il ne s'agit
point d'un mensonge gratuit ; mais plutôt planifié et associé à de la spoliation. Il s'agit de
parjure.
Nous avons cru à « la patrie avant le parti ». A l'inverse, la politique mise en œuvre a profité à la
famille, puis au clan, confisquant ressources naturelles, deniers publics, fonctions de
responsabilité, emplois dans le secteur public ; ne laissant que portions congrues et pauvreté au
reste de la nation.
Souvenez-vous des propos qui furent miens le 14 mai 2016 au moment du lancement des
activités de l'Alliance pour la Citoyenneté et le Travail :
« L'A.C.T. invite avec empressement les Sénégalais à cultiver et vivre intensément quatre
amours : l'amour de la patrie, l'amour des lois, l'amour du travail et l'amour de ses
semblables.
L'amour de la patrie, qui nous fait placer ses intérêts au-dessus de tout autre intérêt.
L'amour des lois, qui nous les fait respecter, qu'elles nous soient favorables ou pas, pourvu
qu'elles soient justes et égales pour tous.
L'amour du travail, qui nous mène tous à l'excellence et à la prospérité.
L'amour de ses semblables, qui nous fait détester ce qui les avilit et aimer tout ce qui les
grandit. Les antivaleurs avilissent, les valeurs grandissent ».
J'insiste aujourd'hui sur celui de sa patrie (et de ses semblables, soit donc de son peuple).
• Autant que vous le pouvez, décidez de la servir et de contribuer à sa défense contre
l'ennemi de l'extérieur mais surtout de l'intérieur ; car ce dernier, œuvrant contre
l'intérêt général, la met en danger de perte de cohésion et de ciment ;
• Aimer sa patrie, souhaiter la servir, c'est s'efforcer d'y créer des emplois ;
• Aimer sa patrie, c'est faire preuve de civisme et de citoyenneté, accepter de s'impliquer
dans des actions citoyennes, d'aider autour de soi. Il n'y a pour se faire ni toujours besoin
de compétences particulières, ni non plus de moyens financiers ;
• Aimer sa patrie, c'est toujours privilégier l'investissement chez soi plutôt qu'en pays
étranger ;
• Aimer sa patrie, lorsqu'on est décideur, c'est privilégier l'économie nationale lors des
attributions de marché. C'est oser « le Sénégalais d'abord »
• Aimer sa patrie, c'est oser réviser notre conception du développement économique qui
aujourd'hui privilégie l'appartenance des économies nationales à un monde de libre
échange déséquilibré.
Aimer sa patrie, aimer son peuple, c'est d'abord être à son écoute pour entendre ses peines et
réfléchir avec lui sur les possibles solutions, les urgences et les priorités.
Mes nombreuses tournées, les échanges au sein des multiples rencontres citoyennes organisées
par le parti, permettent de retenir que notre peuple refuse désormais les injustices identifiées
comme :
• Le recours à l'arbitraire,
• Une justice à deux vitesses,
• Les passe-droits partout,
• La corruption petite et grande généralisée,
• Les avantages et privilèges décidés en fonction d'une appartenance à une famille, à un
parti, à un clan.
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Notre société rejette également l'enrichissement rapide, visible, ostentatoire et insultant né de
l'activité politique. Elle est de plus en plus consciente qu'il provient d'une confiscation et du vol
du bien commun.
Elle hurle son besoin de confort et de revenu familial minimum par le travail et l'emploi, d'eau
potable, d'électricité à des prix abordables, d'éducation et de formation adaptées débouchant sur
de l'emploi possible, de santé accessible, de sécurité, etc.
Aux Gouvernants de répondre à ces requêtes et de trouver solutions à ces besoins. Dans le
rythme possible, mais sans relâche et avec obstination.
Le choix des premiers combats et celui de leur intensité dépendent de l'identification des
priorités pour notre Nation.
Toute politique économique se construit à partir de priorités.
Nous proposons les suivantes comme celles du Sénégal :
• L'éradication de la faim
• La lutte contre l'extrême pauvreté.
• Et la transition vers la manufacture.
C'est autour de ces priorités que l'accélération de la croissance économique du Sénégal sera
organisée qui devra se traduire par une amélioration des revenus et des conditions de vie des
citoyens sénégalais, et non par des taux de croissance et autres statistiques, trop souvent
mensongers.
Ces priorités ne doivent pas être perçues comme des objectifs modestes car il n'y aura pas de
limites à la recherche d'un mieux vivre des Sénégalais. Leur choix doit cependant traduire de
manière très nette notre souci de ne plus tolérer la faim et l'extrême pauvreté dans un pays
ayant bientôt 60 années d'indépendance. Autour d'elles se construira une économie de
croissance et de résilience face aux chocs externes et notamment climatiques.
La persistance de la faim et de l'insécurité alimentaire dans notre pays, qui pourtant
prétend à l'émergence, est inacceptable, intolérable. C'est le signe le plus révélateur de l'échec de
son développement.
Les moyens de lutte resteront certes l'action humanitaire. Elle sera renforcée sans honte, sans
déni mensonger non plus. En associant les femmes et les jeunes dans l'identification des
bénéficiaires. En veillant à la plus grande transparence dans les opérations de distribution et de
répartition des vivres et soutiens afin d'empêcher un détournement de l'aide au profit des
autorités coutumières, administratives ou politiques, ou de la bourse familiale à des fins
politiciennes.
A cette action humanitaire, nous associerons sans délai aucun, une action dans la durée de
recherche de résilience ; cela débouche sur le haut degré de priorité à donner au
développement de l'agriculture sénégalaise.
Les grands principes de notre démarche tourneront définitivement le dos à cette traditionnelle
approche visant la recherche effrénée de productions à accroître (avec tous les risques de pertes
de production, de leur valorisation insuffisante, de l'absence de leurs déplacements optimum
vers les centres de consommation notamment urbains).
Ils seront les suivants:
• Celui d'une approche filière « de la fourche à la fourchette » mettant en relation, d'une part
les productions existantes, les productions à développer et les productions à créer, et
d'autre part les marchés locaux, les marchés nationaux, les marchés sous régionaux et
d'exportations lointaines.
Une approche intégrant la recherche de qualité des productions et les éléments de
logistique et de marketing.
• Une approche par la recherche du relèvement des rendements. La recherche de résilience
dans un contexte d'extension de l'urbanisation qui réduit les superficies consacrées à
l'agriculture et crée de l'exode rural, exige un accroissement des rendements et une
intensification de l'agriculture. Les moyens en seront :
• le recours à des intrants de qualité en impliquant les coopératives de producteurs et
en leur laissant le choix de leurs fournisseurs (en abandonnant bien évidemment le
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système actuel par lequel l'État choisit lui-même les fournisseurs et les produits sur
fond de clientélisme et de corruption) ;
• le recours systématique à des semences certifiées et le contrôle de la qualité des
engrais et de leurs conséquences sur l'environnement ;
• le renforcement de l'encadrement des producteurs par le conseil, et par l'utilisation
des medias et de l'e-conseil;
• la promotion de relations réfléchies et d'intérêt mutuel entre les exploitations
familiales et les grandes exploitations à chaque fois que cela s'avère possible ; en
capitalisant sur les leçons positives retirées des exemples de la tomate et du coton au
Sénégal, ou de best practices identifiées hors de nos frontières.
• La maîtrise de l'eau pour ne plus dépendre de la seule pluviométrie, et faire durer
l'essentiel de l'activité agricole au Sénégal au-delà de 2 à 3 mois par an.
La véritable résilience contre la faim ne saurait privilégier l'arrimage d'une agriculture au
commerce mondial, encore moins en faire dépendre l'alimentation d'un peuple. C'est pourquoi
au-delà d'une approche globale nous construirons autant d'autosuffisances que possibles dans le
cadre de projets spécifiques. Ils concernent :
i)- la tomate (tomate fraîche, et concentré de tomate);
ii)- le maïs, et en premier lieu la part nécessaire à la production des aliments pour bétail,
élément important de la compétitivité de notre élevage ;
iii)- les moutons de tabaski,
iv)- l'autosuffisance pourra aussi être établie pour le riz entier dont les excédents seront
exportés afin de rechercher un équilibre de la balance commerciale pour cette céréale ;
Pour ce qui concerne la pêche :
i)- priorité sera donnée à la pêche artisanale, et sa gestion par octroi de licences de pêche et
prise en compte des repos biologiques à observer afin de permettre le renouvellement des
espèces;
ii)- la lutte contre le pillage de nos eaux par moyens satellitaires de surveillance et le
renforcement de notre marine par l'acquisition de navires garde-côtes relèvent de questions de
souveraineté et d'absolue priorité; iii)- les négociations d'accords de pêche au profit des
pêcheurs sénégalais avec nos voisins immédiats (Mauritanie, Gambie, Guinée Bissau, Guinée
Conakry) seront à chaque fois engagées dans le respect des intérêts réciproques en jeu. Un gros
effort d'explication et de justification sera déployé en direction de nos ressortissants pour
amener au respect des lois des pays voisins mais aussi celles du Sénégal;
iv)- La réduction drastique et la gestion très contrôlée des licences de pêche délivrées à des
navires étrangers seront des axes majeurs de notre politique de pêche;
v)- l'accroissement de la part de plus-value locale par la transformation des produits frais sera
recherché, et le débarquement obligatoire d'une partie des pêches effectuées par les navires
étrangers y contribuera ;
vi) – une grande importance sera donnée au développement de la pisciculture comme réponse
au plafonnement des prises de la pêche hauturière.
De même, Les réformes qui seront engagées pour assurer le développement de l'élevage
correspondront à une véritable révolution. Elles viseront :
i) – la réduction progressive de la transhumance devenue incompatible avec la disparition de
pâturages libres, et l'exigence d'une viande de qualité ;
ii)- la modernisation de l'élevage par la stabulation et la culture de plantes fourragères.
En ce qui concerne l'aviculture, la mise en œuvre d'un programme rigoureux de construction
d'une compétitivité au profit du consommateur sénégalais permettra de la rendre plus
concurrentielle face aux importations. L'objectif est donc double : i) d'une part protéger le
consommateur sénégalais contre des prix excessifs par rapport aux normes mondiales et
accroître la consommation de cette viande, ii) d'autre part résister par des prix concurrentiels
aux importations de ce type de viande qui seront toutefois soumises à des contrôles qualité
rigoureux.
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Dès lors que nous avons retenu d'ériger la lutte contre la faim en priorité ayant rang de sécurité
nationale, nous mettrons en place :
• Des avantages fiscaux très particuliers pendant 5 années renouvelables (réservés aux
produits du cru et issus de la transformation artisanale par des groupements de
femmes) : l'absence d'imposition sur les bénéfices sera totale.
• Une protection douanière, toutefois limitée dans la durée pour éviter la constitution de
rentes locales aux dépens du consommateur sénégalais.
• Une aide à la commercialisation des productions prenant principalement la forme d'une
assistance pour la mise en place de coopératives et l'accès aux marchés locaux,
nationaux, sous régionaux et internationaux (constructions de halles-loumas ;
facilitations de participations à des foires, etc.)
De cette phase de notre programme reposant sur la lutte contre la faim par le
développement de l'agriculture, nous attendons :
1. Le développement des revenus dans les zones rurales qui sont celles de plus grande
pauvreté,
2. La réduction du déficit de la balance commerciale et donc des paiements du Sénégal ; il
en résultera une économie en devises,
3. La création d'emplois, notamment par une meilleure gestion de projets tels les
Domaines agricoles communautaires et les Villages du millénaire,
4. La réduction de l'exode rural et de l'émigration,
5. Et même le retour vers la terre et le désencombrement de certains centres urbains.
Notre projet pour l'agriculture sénégalaise repose également sur des programmes et
projets essentiels, identifiés comme prérequis ou corollaires à sa mise en œuvre. Parmi
eux :
1. La réforme foncière et l'aménagement du territoire doivent conduire à la définition de
terres agricoles inconstructibles (par exemple la sauvegarde de ce qui reste de la zone
des Niayes, la préservation de terres dédiées à l'agriculture autour des villages avec
définition des zones d'extension de l'habitat, etc.),
2. Un programme de reboisement par le nouveau service civique national en particulier
avec arrêt de la coupe de bois excepté dans le cadre d'un reboisement organisé et
contrôlé. L'arbre devra désormais être cultivé s'il doit être coupé ;
3. Le recensement exhaustif de certaines espèces d'arbres à travers tout le territoire dans
le cadre de programmes conçus pour offrir de l'activité à la jeunesse, également dans le
but de protéger certaines espèces « utiles » telles le Baobab.
Sénégalaises, Sénégalais,
L'organisation du développement agricole de notre pays engendrera le recul de la pauvreté dans
les zones rurales.
Mais vous n'ignorez point que l'échec du développement économique du Sénégal ne réserve pas
la pauvreté aux seules zones rurales. Elle est également très présente dans les zones urbaines et
semi-urbaines où elle sera combattue par la création d'activités et d'emplois.
Elle le sera par notre conception de l'émergence que nous ne faisons pas reposer sur une logique
de grands projets ayant le défaut d'être gourmands en ressources budgétaires et d'emprunt
d'une part, et aussi celui de privilégier leur réalisation par des entreprises étrangères d'autre
part.
Nous construirons l'émergence du Sénégal autour d'une transformation de la structure de son
économie, en faisant évoluer son artisanat vers la semi-manufacture, puis la manufacture
enfin l'industrie.
Les secteurs devant accueillir la croissance sont identifiés comme ceux déjà fortement
utilisateurs de main d'œuvre, capables de productions de qualité, renfermant des processus de
formation par l'apprentissage et susceptibles de renforcement.
L'émergence passe par une transformation structurelle d'une économie.
Elle est celle du constat de son évolution vers une économie de manufacture, de production de
biens et services contenant davantage de valeur ajoutée pour couvrir des besoins nationaux et
alimenter des exportations.
7
Le Sénégal n'est pas encore entré dans ce processus vertueux de son économie qui seul peut être
à l'origine de son réel développement économique et social.
Force est de constater que l'outil industriel du Sénégal, qui fut leader au niveau de l'Afrique de
l'Ouest au moment des indépendances, a reculé au fil des années, et a même parfois été détruit.
Quatre années de mise en œuvre du PSE (Plan Sénégal Émergent) n'ont rien changé à ce grave
échec. L'économie sénégalaise reste dominée par les secteurs primaire et tertiaire. Sa croissance
serait essentiellement le résultat de progrès enregistrés dans la production de cultures vivrières
autoconsommées, mais aussi de l'exportation d'or et de produits halieutiques frais. La part de
valeur ajoutée locale est toujours minime.
Le Sénégal dispose pourtant d'un artisanat ancien et de qualité en mesure d'évoluer vers la
semi-manufacture puis la manufacture. Il s'agit en particulier des métiers de la métallurgie,
d'orfèvrerie, du bois, de la cordonnerie, de la confection, de la mécanique, de la transformation
des céréales locales. Le meilleur indicateur du dynamisme de l'artisanat sénégalais est sa
capacité à exporter ses compétences hors du territoire national.
L'artisanat est en outre le principal pourvoyeur d'emplois au Sénégal.
Il ne parvient cependant pas à organiser sa mutation vers un niveau de production qui serait
synonyme d'entrée dans la semi manufacture ou dans l'industrie. Cela est la conséquence d'un
manque de vision des gouvernants, qui réduisent l'artisanat à une production de pièces d'art
pour touristes, alors qu'il est la principale force de production de notre pays. L'artisanat n'est
pas soutenu. Les gouvernants ont par contre fait le choix et l'erreur de s'enfermer dans une
logique de grands projets satisfaisant leurs égos et propices à favoriser la corruption.
Pour organiser la mutation de l'artisanat du Sénégal distinguons des mesures à caractère
général, de quelques mesures spécifiques à des secteurs sélectionnés.
1. Sans une source d'énergie compétitive à l'échelle mondiale, une industrie de base ne peut
se développer. Sa productivité reposera donc sur une réduction très importante du coût de
l'électricité, et en particulier celui de la moyenne tension. La référence visée pour le coût de
l'électricité devrait être de moins de 10 c USD/kWh.
2. Dans l'attente de pouvoir le faire au bénéfice de tous les espaces géographiques, il
conviendra d'en réserver le bénéfice sous forme de subvention à des espaces constitués
« Villages des métiers ».
3. La productivité dépendant de la formation de la main d'œuvre, la formation
professionnelle sera développée en soutien à l'apprentissage qui est pratiqué au Sénégal
avec une certaine réussite. La formation continue sera également organisée afin de
permettre une mise à niveau des artisans dans le cadre de l'évolution de leurs métiers à
l'échelle internationale, en rapport avec celle de la demande internationale puisque le
marché international restera une cible recherchée.
4. La formation par apprentissage donnera lieu à des certifications afin de pouvoir
permettre d'identifier de manière précise la traçabilité de l'apprentissage dont aura
bénéficié l'apprenti à défaut de pouvoir disposer d'un diplôme.
5. Des zones de production artisanale, dénommées « Villages des métiers » et spécialisées
dans des productions particulières, seront créées près de voies de dégagement, ou dans
des espaces réservées aux PME, PMI. Elles seront principalement zones de production,
mais également de vente dans des espaces dédiés.
6. Dans ces zones spécialisées, les artisans concernés pourront bénéficier au moins:
• D'une électricité subventionnée,
• D'une formation professionnelle complémentaire,
• D'un équipement lourd partagé, loué au temps d'utilisation par les usagers et
ayants droit,
• D'un atelier partagé de stylisme et design,
• D'une information sur les appels d'offres, notamment ceux de la commande
publique,
• D'un conseil marketing partagé,
• D'un guichet bancaire pour crédits permettant des acquisitions d'outils et de
petits matériels individuels ; également pour les cautions et financement
permettant la participation à des appels d'offre, notamment ceux portant sur la
demande publique ,
8
• D'un effort important consacré à la mutualisation de la satisfaction des grosses
commandes publiques ou privées basées sur la sélection des producteurs et la
définition des commandes par un référentiel technique précis,
• D'une centrale d'achat pour les matières premières et intrants, tenue par leur
association constituée, ou la mise en place de systèmes de caution auprès des
grossistes vendeurs des matières premières pour garantir l'existence
d'économies à l'achat,
• D'un centre d'exposition et de vente à la clientèle (n'excluant pas leurs ventes en
des points extérieurs),
• D'une mutuelle de santé constituée par les artisans installés et d'une protection
sociale par la micro-assurance.
7. Dans toute la mesure du possible, et dans l'optique d'une recherche d'optimisation de
productivité, des zones d'habitat seront réalisées non éloignées des villages de métiers.
Cela concourt aussi à une meilleure productivité (exemples des usines en Chine avec
dortoirs pour ouvriers).
8. Des cycles de formation professionnelle par métier seront mis en place avec acceptation
d'apprentis dans ces cycles. Une place importante y sera donnée à la formation en langue
nationale. Cette formation devra donner lieu à la délivrance de diplômes (CAP, etc.).
9. Dans les quartiers et villes où des artisans bénéficient d'autorisation d'installation et de
vente de produits, l'incertitude liée à l'occupation de ces espaces sera levée. Il appartiendra
aux communes concernées d'embellir les lieux d'installation grâce à un mobilier urbain
approprié en rapport avec les règlements de taxes municipales perçues à cet effet.
10. Dans le cadre d'une coopération bilatérale, la délocalisation de semi-manufactures vers
le Sénégal sera négociée.
11. La participation à des foires spécialisées à travers le monde sera organisée avec le
concours de l'État afin de permettre aux artisans d'identifier les nouvelles machines et
nouvelles technologies en rapport avec leurs métiers.
12. Le soutien de l'État aidera à la recherche et à l'identification de possibilités d'intégration
dans des processus de chaînes de valeur mondiales (fabrique de lacets pour des
chaussures, de pièces pour produits par grandes marques, etc.)
13. Les professionnels du secteur concerné organiseront avec l'aide de l'État des concours
réguliers pour désigner les meilleurs artisans dudit secteur.
14. La protection de l'artisanat et des manufactures naissantes sera assurée par une
politique douanière appropriée.
15. La création de « labels Sénégal » certifiés par des processus qualité sera organisée avec le
concours de l'État.
16. La recherche systématique de la satisfaction de la commande publique par des
productions nationales reposera sur l'organisation de leur éclatement et le règlement
prioritaire dans les délais les plus courts possibles des très petites entreprises et PME
nationales par la trésorerie nationale.
Abordons à présent quelques propositions spécifiques concernant l'orfèvrerie
1. L'État mettra tous les moyens nécessaires afin de faciliter la création par le secteur privé
d'une industrie d'affinage de l'or pour accroître le niveau de valeur ajoutée locale
associée à la filière or. Cela permettra d'assurer la disponibilité d'or traité pour
l'orfèvrerie locale et pour l'ensemble de la sous-région. Les quantités d'or nécessaires à
la viabilité de cette industrie d'affinage lui seront rendues disponibles par la loi,
obligeant la livraison d'un pourcentage minimum des productions locales à cette
industrie. Les prix de cession à l'industrie d'affinage et ceux de l'industrie d'affinage aux
artisans de l'or seront ceux pratiqués à l'international pour ne léser aucun des
opérateurs concernés.
2. Un des « Villages de l'or » créés en application de la démarche générale retenue pour la
mutation de l'artisanat du Sénégal sera élevé au statut de véritable marché de l'or de
l'Afrique de l'Ouest ; il sera rendu particulièrement attrayant et sécurisé pour les
touristes et tout acheteur de bijoux traditionnels ou modernes.
3. Le meilleur matériel de production de bijoux par des artisans sera installé en partage
pour les artisans membres inscrits.
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D'autres propositions sont relatives à la menuiserie
1. En relation avec les associations d'artisans concernés, l'État veillera à faire distinguer
l'ébénisterie utilisant du bois noble et plein d'une part, et la menuiserie simple utilisant
les agglomérés de bois recouverts de feuilles de bois noble. En particulier les protections
douanières des deux types de production seront différenciées.
2. L'État aidera à la mise en place d'industries permettant au moins trois productions
essentielles en amont des « Villages de menuiserie ». L'une devra permettre aux artisans
de disposer de bois sec. Une autre devra permettre de compacter les morceaux de bois
pour la fabrication d'agglomérés de bois. La troisième permettra aux artisans de
disposer de feuilles de bois nobles pour la réalisation de placages de qualité.
3. Les artisans spécialisés dans la production de matériaux en bois pour les constructions
seront classés selon leurs capacités identifiées par leurs associations une fois leur
compétence et la qualité de leurs productions reconnues. Selon ce classement, la
commande publique pourra être éclatée entre plusieurs artisans producteurs dans le
respect de principes garantissant une harmonisation du produit recherché, constatée
par une réception technique associant délégués du maître d'ouvrage et représentants
des associations.
La promotion de la cordonnerie et de la maroquinerie a également besoin de
propositions spécifiques
1. L'État aidera à la mise en place de tanneries, et imposera le maintien pour l'artisanat
local de l'essentiel des peaux traitées. Il conviendra de réfléchir à la taxation de
l'exportation des peaux brutes sans faire subir de préjudice aux vendeurs par le respect
des prix à l'international.
2. L'artisanat de coloration des peaux sera de préférence laissé aux groupements de
femmes.
3. Un rapprochement sera organisé entre les associations de cordonniers et l'industrie
plastique sénégalaise afin de déterminer les possibilités pour cette dernière de subvenir
aux besoins en produits pvc de l'artisanat de la chaussure du Sénégal. La logique est celle
de la constitution de banques de sous-traitance locales, à étendre du reste à d'autres
secteurs.
4. L'État aidera à la participation d'artisans cordonniers sélectionnés (parce que lauréats
de concours organisés) à des foires internationales de chaussures avec présentation
d'articles en rapport avec les besoins de la demande internationale de saison. Les
commandes obtenues seront ensuite réparties entre les producteurs sélectionnés parce
que qualifiés.
La confection apparaît comme l'un des secteurs les plus pourvoyeurs d'emplois au
Sénégal. Ce secteur mérite donc des propositions spécifiques
1. Les possibilités de transformation locale du coton sénégalais ou de celui produit dans la
sous-région feront l'objet d'une étude approfondie afin d'accroître la part de valeur
ajoutée nationale dans la filière coton. L'écueil que constitue le coût de l'électricité étant
particulièrement important, une solution spécifique sera apportée à ce défi.
2. Favoriser la manufacture de confection, c'est mettre fin à une taxation trop lourde du
tissu qui en est la matière première et qui n'a pas réussi à protéger une industrie textile
sénégalaise.
3. A la suite d'une sélection rigoureuse, toute commande publique de tenues de travail
civiles et militaires devra obligatoirement être réalisée par des artisans locaux. De même
l'État apportera tout son soutien pour que des artisans sénégalais puissent gagner des
marchés internationaux, notamment lancés par des entreprises américaines dans
l'objectif de pouvoir bénéficier des dispositions prévues par l'AGOA.
4. Afin de pouvoir faire face à des commandes volumineuses, les industries locales
existantes ou spécialisées à créer seront utilisées pour le travail de coupe. Les
commandes seront ensuite réparties entre les artisans pour le montage. La réception
sera faite dans le respect de normes de qualité imposées et communiquées à l'avance.
5. L'État aidera à la constitution d'un label « made in Sénégal » visant à faire du Sénégal le
principal lieu de confection du vêtement traditionnel africain avec pour marchés les pays
10
voisins du Sénégal, mais aussi le Nigeria et la clientèle constituée par la diaspora noire.
Pour ce faire, Dakar sera érigé en grand lieu de la mode africaine par l'organisation de
défilés de très haute facture avec le soutien de l'État, orientés vers la conquête de
marchés de grosse production.
6. L'État s'engagera résolument dans la sauvegarde du savoir-faire ancestral du tissage de
pagnes : identification et recrutement de formateurs, aide à la fabrication de métiers
éventuellement légèrement modernisés pour permettre la production de bandes plus
larges. Il appartiendra aux stylistes de les réutiliser pour les besoins de mode, en
particulier des saisons fraîches.
Évoquons quelques propositions concernant les métiers du fer
1. Des dispositions particulières seront prises pour débarrasser le Sénégal des déchets de
ferraille omniprésents dans nos villes et villages, avec mise des coûts des enlèvements à
la charge des industriels traitant la ferraille récupérée ou ses revendeurs.
2. L'écueil que constitue le coût de l'électricité étant particulièrement important, une
solution spécifique sera apportée à ce défi afin de permettre la compétitivité des fours
nationaux de traitement de ferraille. L'exportation de ferraille ne sera autorisée qu'après
satisfaction des besoins des manufactures locales. Les exportateurs ne seront pas lésés
car les prix d'achat par les fonderies locales seront déterminés en fonction de leurs
niveaux à l'international.
3. Les marchés spécifiques du mobilier urbain seront valorisés et organisés afin de pouvoir
être satisfaits par les artisans du fer (kiosques, abris divers, lampadaires de rue,
glissières des routes, etc.)
4. Un programme spécifique de fabrication locale du petit outillage des mécaniciens et des
ouvriers sera développé pour créer une autosuffisance en la matière en moins de 2
années.
5. En rapport avec l'exemple des réalisations chinoises, un programme de production
locale de petites machines d'exploitation agricole sera mis en place, associant métiers du
fer et artisans de la mécanique.
Les propositions spécifiques à la transformation des céréales locales et des produits du
cru visent à sécuriser et à développer une activité très prisée par les femmes sénégalaises
1. L'intégration des activités de production agricole et de transformation des productions
sera encouragée et favorisée comme moyen d'accroître la productivité des groupements
de femmes intervenant dans le secteur, notamment en milieu rural.
2. Ces groupements organisés recevront un traitement particulier dans tout processus de
distribution d'intrants associé à la préparation des campagnes agricoles.
3. Des micro-financements sans orientation politicienne seront mis en place pour
permettre l'équipement des groupements de femmes productrices et transformatrices
en matériel agricole adapté, en charrette et animaux de trait (ânes).
4. L'investissement partagé en matériel de transformation (moteurs et machines à moudre,
etc.) sera érigé en règle.
5. Un fort accent sera mis sur la formation de formatrices et formateurs aux techniques
agricoles et de transformation (production, normes sanitaires, emballages, notions de
marketing, etc.).
6. Les obstacles majeurs au développement des ventes par les groupements de femmes
sont ceux du stockage, de la distribution et de la vente. Sous forme de kiosques (avec
disponibilité de froid – produit de préférence par énergie solaire – pour la conservation
du tchakri ou des poulets notamment) ou autrement, des points de vente seront établis
dans les grandes communes et villes accueillant les productions de tous les groupements
établis dans une proximité géographique et répondant à des normes de qualité établies.
7. Des guichets devront être rendus disponibles au niveau des locaux des chambres de
commerce régionales.
8. Un système de micro-crédits permettra d'élargir la gamme de produits vendus par les
groupements de femmes auxquels s'ajouteront ceux de première nécessité tels l'huile
alimentaire, le sucre, le riz et le lait en poudre.
9. Les productions d'huiles corporelles dans leur premier traitement seront exclusivement
réservées aux groupements de femmes.
11
10. La mise en place de caisses d'autofinancement sera encouragée et un soutien
complémentaire apporté par l'État lié au constat de leur fonctionnement régulier.
(Le recul de la pauvreté doit être la conséquence d'un accroissement des revenus des plus
pauvres en activité ou d'une création d'emplois.)
Sénégalaises, Sénégalais
Vous n'êtes pas sans ignorer que les partenaires bilatéraux et multilatéraux ont une préférence
notoire pour les grands projets et les productions nationales alimentant les marchés mondiaux.
La démarche « Le Sénégalais d'abord » qui est la nôtre s'exprime en légère contradiction avec
cette priorité donnée à l'intégration au marché mondial. Notre démarche privilégiera la
substitution aux importations par rapport au développement des exportations, car conséquence
du développement de l'agriculture vivrière, de l'agro-industrie, de l'artisanat évoluant vers la
semi manufacture puis la manufacture, etc.
Par la modernisation de l'agriculture, par la transformation de l'artisanat en semi-manufacture,
la création d'emplois sera aussi la conséquence d'une stratégie de développement construite
à la base et non plus recherchée par le seul investissement public au travers de « grands
projets ». L'installation du secteur privé national au centre de notre stratégie de développement
devra permettre aux PME/PMI/TPE, dans ce cadre décrit, de pouvoir s'affirmer et jouer son rôle
de créateur de richesses et de fournisseur d'emplois.
La création d'emplois résultera aussi de programmes spécifiques consistant en de
« grands travaux » à haute intensité de main d'œuvre en substitution à cette même
logique de « grands projets ».
Parmi ces « grands travaux » figurent :
• La Construction d'une nouvelle capitale administrative du Sénégal.
L'ouverture de ce grand chantier permettra une forte utilisation de métiers du bâtiment
dans lesquels le Sénégal regorge d'une main d'œuvre qualifiée. Le chantier sera par contre
saisi comme une opportunité de renforcement des capacités de cette main d'œuvre par tests
suivis de formation avant recrutement par les entreprises qui seront concernées par la
réalisation des édifices publics.
Le choix du site d'accueil de la nouvelle capitale est pour l'instant conservé secret. Mais il
devra respecter au moins 3 critères forts :
• Un éloignement conséquent de Dakar et de la presqu'île du Cap Vert afin de
pouvoir correspondre à une véritable démarche de désengorgement de Dakar et
de valorisation d'une partie du territoire sénégalais délaissée;
• Une activité économique existante – ou potentielle à développer – pour ajouter
une rationalité économique à celle purement administrative et résidentielle;
• Un accès possible à partir de la région de Dakar par des moyens de transport
rapides et de masse ;
• La réhabilitation du chemin de fer est un autre parmi les grands travaux qui seront
engagés. Il aura pour objectifs la création d'emplois par l'ouverture d'un grand chantier,
le regain d'activités dans les villes de gares, la réduction du coût du fret, une moindre
fréquentation et donc la préservation des routes en particulier par les gros porteurs, le
renforcement de la relation économique avec l'hinterland que constitue le Mali, mais
aussi une recherche de liaison avec le sud-est du Sénégal et l'ensemble de cette zone
minière au-delà des frontières sénégalaises.
• La remise en vigueur du projet des vallées fossiles associé à une réalisation de nombreux
forages: permettra la lutte contre la désertification du Ferlo par l'amener d'eau dans
cette zone à vocation sylvo-pastorale, le développement de zones de pâturages, et le
développement de l'agriculture. Les études préciseront les sources de l'eau qui mettra
fin à l'avancée du désert et autorisera le développement de la stabulation. Elle pourra
provenir du sous sol, du fleuve Sénégal ou de la mer en fonction du coût de son
dessalement par l'énergie solaire.
• Le développement de l'économie verte est un autre des gros chantiers à ouvrir pour
l'amélioration de notre cadre de vie et la création d'emplois. Il reposera sur le traitement
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des ordures et la production d'électricité et de composts, l'économie de récupération et
le reboisement.
• La lutte contre les inondations et les grands travaux d'assainissement : justifiera le
lancement de travaux de réhabilitations urbaines dans les principales villes du Sénégal
qui se sont développées sans véritable plan d'urbanisme ou sans que ces derniers, bien
qu'existants, n'aient été respectés.
• Enfin la résorption des abris provisoires au sein des écoles publiques sera l'occasion
d'ouvrir un grand chantier accessible à de petites entreprises nationales de BTP.
Le recul de la pauvreté devra être le constat d'un confort minimum du citoyen, également
force active du développement.
La recherche de ce confort minimum, au-delà de constituer une réponse à un droit au
développement, est en outre indissociable de l'amélioration de la productivité des travailleurs
sollicités pour créer de la croissance économique. Plusieurs axes conduisent à l'indispensable
amélioration de cette productivité.
• En ce qui concerne l'amélioration de l'accès à l'eau et à l'assainissement : exception
faite de certaines situations d'urgence, les programmes de répartition des travaux à
travers le territoire seront définis en fonction de la taille des villes et villages (nombre
d'habitants), et rendus publics ainsi que leur justification ;
• Le meilleur accès à l'électricité sera la conséquence de l'abaissement de son coût et une
amélioration de sa distribution que permettront d'obtenir un meilleur mix énergétique
et une efficience améliorée par de nouveaux arbitrages institutionnels.
Un recours plus important au solaire au vu de la dispersion de l'habitat rural reste la
solution à l'indispensable démocratisation de l'électricité avec en amont la stimulation
de la recherche et développement et la mise en œuvre de mesures incitatives permettant
l'émergence d'une semi manufacture de panneaux solaires et de produits liés à l'usage de
cette source d'énergie
• La politique d'un meilleur accès à la santé :
Malgré les efforts considérables faits durant les 20 dernières années, le Sénégal peine à
atteindre les objectifs et indicateurs fixés en vue d'aligner ses établissements de santé
publique sur les standards communément admis en la matière ; et le citoyen souffre d'un
accès particulièrement difficile et coûteux à la santé.
Nos solutions pour un système de santé performant et inclusif reposent sur:
• Une remise à plat de la réforme hospitalière en organisant une consultation
inclusive ;
• La mise en place d'un système de gestion de la performance et de la qualité des
services par le développement d'un mécanisme d'audit et de contrôle ;
• La révision de la carte sanitaire au travers d'un recensement général en vue
d'avoir un état des lieux précis sur l'ensemble des établissements en relation
directe avec les conclusions issues des concertations inclusives.
Elle aboutirait à la répartition cohérente des structures de santé, à la gestion
rationnelle des moyens déjà investis, à l'accès plus facile pour la population à des
soins de qualité.
Par ailleurs le partenariat public privé (PPP) permettra une meilleure couverture
de la carte sanitaire par un recours aux établissements privés. En contrepartie de
facilités reçues de l'État, les établissements privés offriront des consultations
gratuites aux citoyens selon les modalités encadrées par le PPP.
• La mise en place d'un service national des urgences de qualité, responsable de
l'organisation des urgences depuis le ramassage jusqu'à la prise en charge
définitive.
• Le rôle de la tutelle dans la gestion d'une partie du personnel (recrutement et
affectation) sera réduit. Afin de mettre fin aux recrutements à caractère politique
mettant en danger la vie des citoyens, le processus de sélection relèvera de
l'effectif des médecins soignants et infirmiers-majors.
• L'attribution de primes supplémentaires aux personnels acceptant de servir dans
les zones éloignées permettra de mieux répartir l'accès aux soins.
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• La mise en place d'un plan soutenu de recrutement des médecins de sorte à
résorber le déficit sur un horizon temporel de 03 ans, aidera également à
atteindre cet objectif de décentralisation des soins de santé.
• La prise en charge des démunis impose de procéder à une évaluation
approfondie de la couverture maladie universelle en associant tous les acteurs
impliqués. Le recours à la carte à puce pour les indigents permettant leur suivi, le
taux de prise en charge et la lutte contre la fraude.
Il ne saurait y avoir recul durable de la pauvreté sans formation de qualité. Et la qualité de
cette formation doit provenir de son adaptation aux besoins de notre économie.
La quête inlassable de la paix sociale au sein de notre système d'enseignement public ne doit
toutefois pas occulter la nécessité de procéder à un examen critique du contenu des
enseignements qu'il délivre.
La paix sociale s'y construira par un dialogue franc et patriotique entre les parties concernées. Il
sera d'ailleurs plus facile de la retrouver par la démonstration d'une gestion sobre et vertueuse
des ressources globales du budget national, et la fin d'une gestion irréfléchie des révisions de
grilles salariales au sein de la fonction publique selon les corps concernés.
Les nombreuses régularisations nécessaires et attendues de la situation des enseignants devront
être programmées et exécutées.
En termes de contenu des enseignements de notre système global de formation, une toute
nouvelle importance sera donnée à la formation aux métiers. Le système d'enseignement du
Sénégal doit cesser de produire des chômeurs après une formation coûteuse, mais plutôt des
jeunes femmes et hommes capables d'exercer un métier en individuel ou en entreprise, fut-elle
petite ou moyenne.
Pour y parvenir nous retenons essentiel de :
• Réaffirmer la mission de formation universelle et d'ouverture de l'école sénégalaise au
monde, basée sur les fondements culturels de notre pays, et visant l'insertion sociale et
économique.
• Associer à la langue française en milieu préscolaire, les langues maternelles et
l'acquisition du langage écrit et parlé.
• Revenir aux fondamentaux de la formation des enseignants en milieu préscolaire,
scolaire et secondaire par la capacitation en module psychopédagogique et l'exigence
d'une formation de base certifiée.
• Intensifier la construction des écoles, collèges et lycées et supprimer sur l'espace
national tous les abris provisoires.
• Veiller à la jonction des systèmes éducatifs des corporations et des établissements
scolaires laïcs et publics.
• Maintenir la qualité de l'enseignement par la réhabilitation du suivi et de
l'inspectorat des corps d'enseignants et des formateurs.
Il convient pour notre pays de rechercher et stabiliser les meilleurs outils de sélection des
élèves et leur orientation en fonction de leurs aptitudes et résultats scolaires du collège.
• Ainsi nous réaffirmerons que seule l'obtention du certificat d'étude primaire avec la
capacité de savoir lire et écrire donne la possibilité d'accès au collège (Premier seuil
de passage).
• Et mettrons en place de nombreux « collèges de métiers » pour la formation à la
plomberie, mécanique, BTP, agriculture, l'art et les technologies, en veillant à
l'adéquation entre la formation théorique d'une part et le stage pratique et technique
en entreprise d'autre part, sans exclure celui dans les petits ateliers d'artisans.
L'accès à ces collèges de métiers sera rendu possible par voie de concours spéciaux
aux apprentis en séjour dans les petits ateliers du secteur informel.
Notre projet consiste, en concertation avec les acteurs, à soumettre la formation postbaccalauréat
à :
• un numerus clausus objectif et transparent pour les affectations et orientations des
apprenants admis au baccalauréat.
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• la mise en place de centres d'orientations pédagogiques, ouverts aux apprenants
et parents d'élèves, à l'État, aux enseignants, en sus de leur existence au sein des
conseils des établissements scolaires.
• l'orientation des apprenants les plus aptes vers les écoles d'élite par voie de
concours. Elles accueilleront nos futurs cadres de l'administration et chefs
d'entreprises nationales.
Au même titre que les collèges de métiers, nous retenons :
• de favoriser la formation professionnelle universitaire BAC+2, et soutenir l'autoemploi
après formation par des mesures d'incitation fiscale ;
• d'identifier des passerelles entre les formations académiques et celles
professionnelles, et de les ouvrir largement aux formateurs et aux professionnels de
l'entreprise.
Par cette démarche stratégique dont des détails précis ont souvent été donnés, l'ACT fera sortir
chaque année un nombre important de citoyens sénégalais de la pauvreté. Elle sera également à
l'origine d'une véritable émergence économique par une croissance partagée parce que
accueillie par les secteurs gros utilisateurs de main d'œuvre.
Il est toutefois important d'identifier les acteurs qui devront porter ces choix de valeurs à
restaurer et de nouvelles orientations économiques à impulser.
En effet, le projet de l'ACT repose sur au moins trois révolutions :
• Celle des valeurs à restaurer : sens de la patrie, citoyenneté, éthique, travail
• Celle agricole
• Celle manufacturière
Il a donc besoin d'une dynamique nouvelle et de force, d'une vision rénovée de la construction
de notre nation, d'une remise en cause de nos mentalités.
Il prend ses racines dans une nouvelle vision de la politique devenue ou redevenue sacerdoce au
service des populations et cessant d'être un moyen d'ascension sociale et d'enrichissement à ses
dépens.
Le projet de l'ACT reposera par conséquent sur deux (2) piliers qui le porteront : les
jeunes et les femmes.
Parlons d'abord de la Jeunesse.
La jeunesse sénégalaise a besoin de retrouver l'espoir en un avenir de travail et d'utilité à son
pays. Elle est aujourd'hui désemparée et désespérée.
• Comme nous l'avons déjà souligné, la solution durable au chômage viendra de la
croissance économique véritable et de la formation vers les métiers. Dans l'urgence,
nous retenons de créer des emplois immédiats par la stratégie des « grands travaux ».
Leur réalisation privilégiera le recrutement de jeunes ayant l'esprit de pionniers. Mais
nous créerons également de l'occupation immédiate par l'organisation d'un service
citoyen et national.
• Nous donnons à ce service citoyen et national la mission de construire un nouvel
idéal à la jeunesse sénégalaise par la citoyenneté. La notion de développement est en
effet devenue trop abstraite pour mobiliser notre jeunesse africaine. Elle réagira par
contre positivement à l'appel consistant à recevoir sa contribution pour sauver son
peuple de la misère par des actions citoyennes. Cette contribution sera organisée comme
assistance reposant sur du don de soi apportée à d'autres citoyens en besoin. Nous
pourrions citer l'amélioration de petites techniques agricoles, de l'hygiène, les cours de
vacances, la formation légère dans divers domaines avec acquisition facile de
connaissances, la contribution à la construction d'édifices simples, etc.
• Les jeunes diplômés seront encouragés à devenir des créateurs d'emplois pour
d'autres moins bien formés qu'eux. L'ensemble du système de préparation à la création
d'entreprise sera revisité, et le dispositif global d'aide aux petites PME réformé dans le
sens de ne plus servir les seuls membres d'un parti politique mais des projets
sélectionnés sur des critères objectifs et présentés dans le respect de critères bancables.
L'accompagnement en gestion, l'accès aux différents types de financement seront remis à
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plat après prise en compte des leçons retenues des diverses expériences vécues par le
Sénégal. Hormis la supercherie récente de la Délégation à l'entreprenariat rapide (DER),
il est parfois arrivé que le Sénégal invente de bons procédés de financement et
d'encadrement. Ils ont malheureusement toujours souffert de leur politisation et de leur
mauvaise gestion.
• Des incubateurs de starts-up seront créés, suivant la même logique que les « villages
de métiers ». L'objectif étant de rapidement en avoir un au moins dans chaque région.
• Les PME créées comme start-up bénéficieront d'un dispositif fiscal incitatif pendant au
moins trois années qui devront être mises à profit pour la consolidation des bases de
l'entreprise. Il est en effet regrettable que la fiscalité sénégalaise ne systématise pas la
facilitation de l'entrée dans le secteur formel par une fiscalité dérogatoire pendant
quelques années. le seul « minimum fiscal » tue plusieurs entreprises chaque année.
Sur un plan tout autre, nous comptons sur les jeunes et les artistes pour donner à la culture
sénégalaise le sang neuf dont elle a besoin.
Tout le monde connait le rôle et la part essentielle de la culture dans notre style de vie et nos
modes de pensée et d'action. Dans ses expressions diverses et variées, elle permet de renforcer
notre cohésion et notre unité tout comme elle incarne la marque distinctive et singulière de
notre communauté. C'est pourquoi, il convient plus que ne jamais, de lui donner sa place, toute
sa place dans nos politiques publiques. En ces temps de boom du secteur des services et du
numérique et de création de richesses y afférant, les industries culturelles et créatives, plus que
jamais, devront y prendre leur part et y trouver leur compte en renforçant notre croissance.
Les structures de détection, de formation, de création, de productions culturelles seront mieux
organisées, et bénéficieront encore plus du soutien approprié de l'État. Les collectivités seront
encouragées à organiser avec l'aide de l'État des concours, des compétitions, des vernissages et
autres manifestations de promotion des arts et de la culture.
La politique sportive, renforcera le développement du sport de masse et celui de l'Elite. Elle
reposera toutefois sur une meilleure répartition des moyens de l'État entre les disciplines les
plus prometteuses susceptibles de conduire à faire flotter victorieusement le drapeau du
Sénégal dans les stades du continent et du monde. Cette meilleure répartition des moyens
ciblera de façon prioritaire la construction des infrastructures sportives de manière plus
rationnelle et équilibrée au profit de plus de disciplines sportives et de plus de régions et non
dans le sens de deux infrastructures de prestige très onéreuses (l'arène de lutte et Dakar Aréna)
dont le cout global aurait pu largement régler pour longtemps encore, la question des
infrastructures sportives au Sénégal.
Le sport sénégalais sera reconstruit à partir de la base en accordant un haut rang à la détection
des futurs talents, au sein des écoles ou autres structures. Dans chaque région, il sera mis en
place un collège sport-études, doté de tous les aménagements nécessaires, afin de créer des
vocations et de les faire éclore avec des générations de sportifs de haut niveau capables de
porter brillamment nos couleurs. De même, un appui conséquent financier et matériel sera
apporté aux disciplines sportives en phase de professionnalisation pour aider leur montée en
puissance.
Second pilier du projet de l'ACT, la femme sénégalaise est déjà devenue un acteur économique
majeur dans notre pays, en particulier dans les zones et secteurs de grande pauvreté.
A ce titre elle doit être considérée comme un relais essentiel de la stratégie de politique
économique visant de manière prioritaire la lutte contre la faim et le recul de la pauvreté.
Au nombre des leçons tirées de mes tournées, échanges et contacts, dans les grandes villes
comme dans les hameaux les plus reculés du Sénégal, je retiens que les femmes se soucient
davantage de la situation de la famille par rapport à la faim.
Comptons sur elles :
• Pour être des productrices : en leur facilitant l'accès à la terre ; l'équipement en petit
matériel et en en faisant des bénéficiaires privilégiées d'intrants
• Pour être des transformatrices : l'État doit protéger la première transformation par
elles et parfois créer une exclusivité en faveur des femmes (exemple des huiles
corporelles)
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• Pour être des emprunteuses : nous faciliterons l'accès au crédit par la micro-finance en
complément à l'autofinancement organisé et constaté sur la base de critères objectifs et
non politiques pour mettre fin à l'injustice, et favoriser le remboursement des emprunts
pour assurer le renouvellement des opérations de prêt
• Elles seront aidées à commercialiser leurs produits du cru et productions
transformées ce que nous avons déjà eu à souligner
Sénégalaises, Sénégalais,
Comme vous l'aurez constaté nous faisons le choix d'une croissance économique ramenée à la
base. L'amélioration du mieux-être du citoyen sénégalais et sa protection contre la misère et le
dénuement, contre l'obscurantisme, où qu'il se trouve, sont notre préoccupation principale.
Aussi, la décentralisation est au cœur des enjeux du développement et d'une croissance bien
répartis dont profiteront les Sénégalais, ceux de la capitale comme ceux de l'intérieur et des
zones les plus reculées. Bien appliquée, elle sera une source de bien-être pour les populations
tout en participant au développement des collectivités locales.
Une nouvelle approche de la décentralisation, beaucoup plus approfondie, est l'option
irréversible que consacre le programme de l'ACT. Elle ne doit pas simplement être bâtie autour
de la création de postes de responsabilité politiques, de transfert de compétences factices
puisque sans transfert de moyens subséquents.
Certes ! Le Sénégal a une vieille tradition de la décentralisation qui remonte au 19ème siècle avec
les quatre (4) Communes de plein exercice. Les réformes se sont ensuite suivies ; mais les
collectivités restent pour la plupart et avec l'essentiel des organes, impuissants et inefficaces à
contribuer au développement :
• L'état jacobin est toujours là, non sérieusement réformé, avec sa bureaucratie, la
centralisation des décisions et contrôles internes à Dakar et dans les ministères, avec
la concentration des décideurs, des budgets et des investissements ;
• Malgré tant d'années d'indépendance et tant de réformes dans cette perspective de
décentralisation, la survie d'un clivage entre un Sénégal prospère versus un Sénégal
pauvre est visible et réelle ;
• Au niveau mondial, à l'heure de la flexibilité, de l'agilité, de la course entre les lents et
les rapides, la survie tenace du paradigme qu'un développement impulsé par le haut
serait la norme continue de s'affirmer au Sénégal malgré un « troisième acte », sans
pour autant donner l'assurance d'une impulsion accélérée, d'une émergence...
Retenons donc que la réussite de la décentralisation suppose aussi d'audacieuses réformes
économiques, car le développement repose sur la création de richesses. En effet, au sens où
l'ACT l'a redéfinie, c'est aussi toute une stratégie économique. A titre d'exemple :
• L'ouverture du chantier des grands travaux ferroviaires visera de connecter à terme
toutes les capitales régionales par le rail ;
• L'exploitation de la synergie entre le potentiel de l'artisanat, de l'industrie et de l'agroindustrie
sera organisée au niveau local;
• Les ressources publiques seront réparties de sorte que les populations à la base en
profitent ;
• les décisions de planification d'accès aux services primaires ou essentiels (santé, eau,
électricité, éducation) seront prises au niveau régional ou départemental.
Nous concevons la décentralisation comme le levier d'une nouvelle restructuration en pôles
régionaux naturels à vocation socio-économique et culturelle pertinents, un levier de réduction
des inégalités entre la capitale et la périphérie, un moyen pour les populations d'affirmer leurs
talents et créativité. Au total un transfert de compétences plus approfondi est requis et demeure
notre choix. Sa réussite durable commande une véritable fiscalité locale capable de pourvoir aux
besoins de financements de projets locaux, une plus grande sincérité dans les arbitrages, sans
état d'âme, et au profit des populations locales, des dotations significatives pour réaliser les
investissements nécessaires à l'amélioration du mieux-être des populations.
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Mais il est tout aussi essentiel d'avoir à la tête des collectivités et départements des élus
soucieux de faire prospérer leurs terroirs plutôt que prisonniers de la politique politicienne.
Nous proposerons donc aux Sénégalais, l'élection des députés au scrutin départemental
majoritaire à deux tours ; celle des présidents de conseils départementaux ; celle des maires
selon le même type de scrutin; tandis que les conseillers seront élus sur liste départementale ou
communale.
La gestion du développement local requiert de nouveaux paradigmes, de nouvelles
compétences de management. La mise en place d'un Conseil Économique Social et
Environnemental par pôle économique permettra de mobiliser les compétences citoyennes
aujourd'hui empêchées de jouer un rôle actif dans le développement de leurs terroirs.
Créés dans une logique de développement solidaire et partagé, également de nécessaire
aménagement du territoire, un effort particulier sera consacré aux six (6) pôles suivants:
i)- Pôle Ouest-Littoral: Dakar-Mbour et Thiès ;
ii)- Pôle Centre avec le Sine-Saloum et la région de Diourbel ;
iii)- Pôle Vallée du Fleuve avec les régions de Matam, Saint-Louis et le Département de Bakel ;
iv)- Pôle Sénégal Oriental avec les régions de Tambacounda et Kédougou;
v)- Pôle Sud avec les trois régions de la Casamance, Ziguinchor, Kolda et Sédhiou ;
vi)- Pôle Zone Sylvo-Pastorale du Ferlo et Louga.
C'est aussi le lieu de dire que nous accorderons un poids particulier aux contrôles citoyens par
les populations, aux budgets participatifs, à de nouvelles formes de certifications et de rating.
Ainsi sera bâti un leadership nouveau avec des politiques et non des politiciens, des élus et
managers désintéressés et motivés par la seule prospérité des populations au niveau local, tous
résistant face aux pressions politiques ou autres conduisant à gonfler inutilement les charges de
fonctionnement des collectivités, à une mauvaise utilisation des ressources au gré d'intérêts
politiques, à l'inflation de personnels sans rapport avec les métiers, la compétence et le mérite.
Ces propositions seront soumises en premier lieu à l'ensemble des parties prenantes dans la
recherche de la paix définitive en Casamance. Cette région du Sénégal sera le laboratoire dont
devra sortir une solution de décentralisation applicable à l'ensemble des autres régions du
Sénégal.


La Casamance est déjà ce bel exemple de melting-pot rare entre ethnies et religions. Elle est ce
bel exemple où la sauvegarde de la nature est d'importance, où couper un arbre nécessite une
délibération villageoise. Nous compterons aussi sur elle pour montrer au Sénégal la voie de
sortie de l'état jacobin.
Le temps est venu de construire sur un nouveau credo : « L'argent du Sénégal dans les
collectivités locales, les terroirs et les banlieues, au profit des populations à la base », pour
parler comme un de nos compatriotes ardent défenseur d'une décentralisation véritable.
Aussi, transférons-nous sans aucune hésitation des dotations optimales significatives pour un
vrai développement local, pour implanter des services sociaux universels de base, pour procéder
à l'aménagement et à l'assainissement du cadre de vie, effectuer des investissements à haute
valeur ajoutée sous forme d'infrastructures collectives, instituer des pôles de travaux publics et
centres multifonctionnels dignes de ce nom pour faire face aux incendies dans les marchés, à la
discipline dans les espaces et rues, aux accidents et catastrophes naturelles, aux ordures et
impacts des inondations dans les banlieues et ailleurs.
Corrélativement, le secteur privé aura tout un rôle à jouer dans le cadre de partenariats publicprivé
avec l'États, les collectivités locales et les unités précitées.
Je vous propose à présent d'évoquer d'autres choix majeurs qui conditionneront l'avenir de
notre cher pays.
A la faveur du démarrage des productions de pétrole et de gaz, il conviendra d'aller très vite vers
une énergie compétitive à l'échelle mondiale comme soutien majeur à l'amélioration de la
productivité de l'économie sénégalaise. La faiblesse de cette dernière est sans doute l'obstacle
majeur à son émergence.
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Cela commencera par une énergie subventionnée en faveur des « villages de métiers », point clé
de notre projet.
Nous mettrons par ailleurs en œuvre un mix énergétique dynamique qui prendra en compte le
caractère épuisable des ressources en hydrocarbures, et fera une place de plus en plus
importante aux énergies renouvelables (solaire en particulier ; éolien).
Dès l'indépendance le tourisme a été au Sénégal un secteur fortement contributeur à l'emploi,
au développement de l'artisanat d'art, et à l'investissement direct étranger par la création
d'infrastructures hôtelières.
L'État, au lieu d'encadrer et d'impulser le secteur, est longtemps resté dans une attitude de
leader et d'acteur, acceptée par le secteur privé opérant dans les activités touristiques.
Ceci explique en partie l'état des lieux particulièrement alarmant, mais aussi l'ambition
d'assurer la relance de ce secteur qui ne pourra être que très coûteuse. Cette dernière reposera
donc nécessairement sur les efforts de tous et bien répartis entre l'État, les bailleurs de fonds, le
secteur privé et les collectivités locales.
De l'avis quasi-unanime des acteurs du secteur, la vision politique est construite sur une base
erronée : Il est en effet indispensable de sortir du positionnement peu compétitif dans le
tourisme balnéaire et de redéfinir un positionnement stratégique avec comme cœur de métier le
tourisme d'affaire et le tourisme de découverte. Ce développement se fera en parallèle avec la
reconstruction du tourisme balnéaire qui est devenue une nécessité autour de nouveaux sites et
par de nouveaux investissements.
L'État devra ensuite veiller à la mise en œuvre effective de cette stratégie, en partenariat étroit
avec le secteur privé. Pour cela, il doit mettre en place un cadre des affaires très attractif, un
dispositif statistique fiable permettant de suivre les performances réelles du secteur, et une
agence opérationnelle professionnelle garante de la stabilité institutionnelle. Celle-ci devra
prendre en charge :
• La promotion du tourisme d'affaires qui visera notamment à développer de façon
significative les réunions et congrès organisés à Dakar et à Diamniadio. Par contre la
promotion du tourisme de découverte devra s'appuyer en particulier sur de nombreux
documentaires réalisés en partenariat avec les journalistes internationaux spécialisés
dans le secteur ;
• La promotion et le suivi de la qualité des sites hôteliers, en s'appuyant sur les nouvelles
classifications internationales, et en accordant la plus grande importance à la formation
professionnelle. Une démarche qualité sera encouragée sur l'ensemble des maillons de la
chaîne du tourisme, de l'accueil à l'aéroport jusqu'au retour à destination ;
Il conviendra d'engager résolument la construction d'une filière complète de formation aux
métiers touristiques couvrant toute la chaine de valeur de l'offre touristique et non uniquement
les métiers de l'hôtellerie ; de mettre en place, dans le cadre d'un partenariat public privé (PPP),
des modules de formation des guides touristiques et de l'ensemble du personnel nécessaire pour
le développement des segments touristiques visés (circuits de découverte, nature, croisières
etc.) ; d'inclure également l'apprentissage des langues étrangères, notamment l'anglais, dans les
cursus.
La question de l'érosion côtière, problème majeur de notre environnement, doit être portée à un
niveau très élevé d'importance et d'urgence dans les préoccupations gouvernementales.
Des études par nos universités et centres de recherche, des programmes et investissements
spécifiques doivent être conçus et réalisés pour sauver la côte sénégalaise au-delà de seules
préoccupations touristiques, avec l'appui des partenaires techniques et le recours aux travaux
d'autres centres de recherche à travers le monde.
Nous attendons des industries extractives une forte contribution à l'équilibre de la balance des
paiements (pétrole et gaz, or), au budget de l'État (pétrole et gaz) pour assurer le
remboursement des excès d'endettement hérités du régime actuel.
Il conviendra de favoriser l'exploitation des ressources minières encore inexploitée du sud-est
(fer et marbre) par la mise à disposition de moyens de transport (rail) et d'énergie. Relier le sudest
minier du Sénégal aux zones minières frontalières dans l'objectif de créer une dynamique
régionale de développement sera une de nos options fortes.
19
Une autre consistera à privilégier systématiquement la transformation locale d'une partie des
productions minières. A titre d'exemple, la part de la production d'or nécessaire à l'émergence
d'une orfèvrerie de réputation mondiale. Cette anomalie par laquelle le Sénégal exporte plus de
150 milliards FCFA d'or par an au point d'en faire le premier poste d'exportation de notre pays
sans que nos artisans puissent trouver les quantités nécessaires à leurs productions sera
corrigée.
Nous accorderons un soin tout particulier au développement de filières de formation aux
métiers liés à l'environnement de l'exploitation et de la commercialisation du Pétrole et du Gaz.
Une commission d'enquête parlementaire élargie à des experts nationaux et internationaux sera
très tôt chargée de l'examen approfondi de toutes les conventions en cours portant exploration
ou exploitation de ressources naturelles du Sénégal. L'objectif sera de s'assurer que les intérêts
de la Nation ont à chaque fois été protégés, et d'éventuelles corrections seront apportées lorsque
ceux qui nous auront précédés ne se seront pas évertués de vendre le sous sol du Sénégal à des
conditions irréversibles.


La transformation de l'économie sénégalaise ne concernera pas uniquement les secteurs
traditionnels de la révolution industrielle. L'accélération significative du développement de
l'industrie numérique devra également être engagée.
Le Sénégal attend de pouvoir libérer la créativité de sa jeunesse et créer de la compétitivité
économique par une plus grande accessibilité et une réduction des coûts de l'internet. Cela
passera par un renforcement de la régulation des oligopoles, notamment au niveau de leurs
tarifs de facturation.
L'absence d'une vision stratégique basée sur une approche parfaitement intégrée de la
révolution numérique n'a pas permis de mieux appréhender la façon dont elle transforme la vie
des citoyens, non plus d'en tirer le meilleur parti et d'aider ceux qui risquent d'être laissés pour
compte afin d'éviter un gap numérique entre citoyens sénégalais. Ce gap s'est malheureusement
parfois creusé au-delà du raisonnable entre le Sénégal et le reste du monde, notamment
plusieurs pays d'Afrique.
La faiblesse, voire la quasi-inexistence, du soutien au renouvellement des compétences à la
recherche et à l'innovation freine le développement d'une industrie du numérique au plan
national pouvant assurer la compétitivité du secteur de l'économie numérique sénégalaise.
C'est dans le cadre d'un partenariat visant une collaboration durable au travers d'une approche
PPP (Partenariat Public Privé) et la mobilisation de fonds de soutien à l'innovation, que sera
organisée la gouvernance opérationnelle de notre vision de l'économie digitale. Ce partenariat
inclura le secteur privé national et international, les institutions académiques, les collectivités
locales et les partenaires internationaux dans la mise en œuvre d'un plan directeur national des
TIC sur une période de 05 ans.
Il est essentiel de quitter la logique du secteur des télécommunications « vache à lait fiscale »
pour résolument faire le choix du développement du secteur, transformé en locomotive de la
plus grande partie du reste de l'économie.
Le succès et l'utilisation de la 4G sont fortement compromis au Sénégal par l'importance du prix
de réserve. Ce dernier fera l'objet d'un sérieux réexamen.
Une étude comparative avec les autres pays d'Afrique permettra d'apprécier, et sans doute de
réviser, le degré de pression fiscale pesant sur les opérateurs sénégalais sous forme de
redevances sectorielles, en particulier le coût des redevances pour les fréquences mobiles et les
fréquences des faisceaux hertziens.
La construction de la compétitivité du secteur a également besoin de plus de régulation
notamment dans le domaine du partage d'infrastructures, tout comme une régulation plus active
des coûts d'interconnexion.
En effet, la mutualisation des infrastructures essentielles (sites et fibre noire) est une condition
nécessaire pour la baisse des tarifs internet. C'est elle qui permettra à titre d'exemple de fournir
les services 4G à un plus grand nombre de citoyens et dans des délais beaucoup plus courts.
Egalement d'avoir des prix de détail plus accessibles aux citoyens tout en garantissant une
rentabilité aux opérateurs qui leur permettra d'avoir des capacités d'investissements plus
importantes. Enfin, elle aidera grandement au désenclavement numérique et à réduire la
20
«fracture de couverture» des zones rurales qui restent largement mal desservies car considérées
non rentables par les opérateurs privés.
Les missions de régulation de l'ARTP seront donc réexaminées dans cette optique.
Le secteur privé national sera encouragé à fournir des solutions TIC et à promouvoir leur
utilisation par les citoyens et les institutions publiques au travers d'une politique de
labellisation, de certification mais aussi de soutien spécifique reçu lors des appels d'offres
publics.


Un programme détaillé de dématérialisation intégrale des procédures administratives et
services aux citoyens et entreprises à l'horizon 2020-2024 sera engagé.
Cette option s'appuiera sur le développement des services mobiles et le taux d'accès au mobile
pour mettre en place des services en ligne portant sur :
I)- des services d'informations aux citoyens et aux entreprises ; ii)- des outils de gestion des
droits et obligations des citoyens et entreprises ; iii)- des outils de gestion des procédures
administratives ; iv)- le règlement de tous droits et taxes ; v)- la disponibilité des documents
administratifs tels les extraits de naissance sans déplacement, les casiers judiciaires, etc.
Comme vous l'aurez constaté nous mettons de nouveau le confort, le mieux- être du citoyen au
cœur de nos options de politiques publiques. Il est inadmissible qu'au 21ème siècle, le citoyen à la
recherche d'un extrait de naissance ou de casier judiciaire, voyage si souvent des centaines de
kilomètres pour l'obtenir.
L'État impulsera et soutiendra les initiatives mettant les TIC au service du développement (TICD)
; notamment celles visant à mettre le numérique en appui à l'éducation, à la santé, à
l'agriculture, à la démocratie et à l'inclusion sociale, à la finance inclusive, au commerce des
produits locaux et à la valorisation du patrimoine artistique et culturel.
Il soutiendra également la Recherche et l'innovation par la mise en place d'un institut de haut
niveau à vocation régionale spécialisé dans l'informatique médicale, l'intelligence artificielle, la
robotique et l'informatique industrielle.
Notre objectif est ambitieux. Il est celui de faire du Sénégal un hub technologique mondialement
reconnu. Il permettra alors de favoriser l'éclosion des services offshore dans le domaine du
numérique.
Notre option forte d'organiser le développement économique à la base nous conduit à conférer
un rôle majeur aux petites et moyennes industries. La petite taille est en effet le cœur de
l'économie sénégalaise.
Outre l'organisation de la mutation de l'artisanat vers la semi manufacture, des programmes
particuliers seront développés pour assurer l'éclosion de petites et moyennes industries.
La part de l'État dans ce sous projet spécifique consistera à réaliser des zones industrielles dans
la périphérie de la plupart des villes secondaires, et en commençant par les plus importantes
d'entre elles que sont Touba, Mbour, Kaolack, Saint Louis et Ziguinchor. (CF. les Pôles de
développement économique)
Ces zones industrielles seront conçues dans le cadre d'une coopération avec les syndicats
patronaux de quelques grands pays semi-industrialisés soucieux de délocaliser certaines de
leurs activités manufacturières de « première génération ».
Évoquons à présent quelques pistes pour assurer le financement de notre programme.
Une politique d'endettement extérieur agressive, menée par le régime actuel, malgré les
nombreux avertissements du Fond Monétaire International, de la société civile et des
économistes sénégalais, laissera peu de marge au gouvernement de la prochaine alternance.
L'absence de croissance suffisante a limité celle des recettes publiques.
En outre ce régime a donné la priorité au remboursement de la dette extérieure. Cette attitude a
eu pour conséquence l'augmentation de la dette intérieure. Les difficultés vécues par les
entreprises nationales qui portent trop longtemps des créances au titre de la commande
publique ont eu des incidences sur l'activité économique du Sénégal et subséquemment un
resserrement des recettes budgétaires.
21
La mauvaise gouvernance a régulièrement, et dans la durée, affaibli les capacités à gérer des
organisations et services d'une certaine taille et / ou complexes. Le Sénégal est devenu un pays
où on ne peut prétendre à des fonctions de direction (administration, parapublic) si vous n'avez
pas la carte du parti au pouvoir et si vous ne faites pas de bons résultats aux élections ; ce qui
leur est toujours rappelé par le Chef de l'État à la veille des scrutins.


Le sous-développement relatif du Sénégal s'est aggravé gonflant les besoins de progrès dans une
mondialisation vécue, et créant un besoin d'accélération de croissance.
Sans risque de caricature, deux constats s'imposent : ou l'État ne peut plus ; ou l'État ne peut
plus tout seul. De mauvais choix et des contraintes budgétaires et managériales l'engagent dans
un processus d'enfermement progressif et durable dans une situation de stagnation
économique.
Dès lors les apports majeurs et significatifs des privés nationaux et étrangers sont devenus
indispensables à la création de richesse, très souvent par substitution à l'État. Ce dernier doit
toutefois demeurer arbitre, régulateur et veiller à ce que le renforcement de la qualité des
services assurés par le secteur privé ne soit pas accompagné de l'exclusion des citoyens les
moins nantis. Bien au contraire, l'objectif recherché devra également être l'extension de l'accès à
des services de meilleure qualité.
Le Sénégal a déjà mis en place le dispositif légal et règlementaire permettant le recours au PPP.
Le réexamen de l'ensemble des textes permettra son réaménagement et son alignement sur les
meilleurs standards internationaux.
L'objectif principal recherché par l'Alliance pour la Citoyenneté et le Travail consistera à
remettre le citoyen-usager au centre de l'action de l'État et de l'administration et donc à
privilégier la recherche de sa satisfaction en qualité de client.
Parmi les secteurs susceptibles d'accueillir le PPP au Sénégal, nous citons :
• Le secteur de l'électricité, en particulier celle décentralisée. Afin de permettre
l'élargissement rapide de l'accès à l'énergie dans les zones rurales, de mini-centrales solaires
pourront être financées partiellement par des fonds d'investissement regroupant des
contributions de Sénégalais de la diaspora, notamment dans les zones de forte émigration.
• L'enlèvement et le traitement des déchets et ordures. Dans les villages et villes
secondaires, il conviendra de faire une place particulière aux associations de femmes et de
jeunes lors des appels d'offres qui seront organisés.
• Les voies de communication : voies ferroviaires et gestion du transport ferroviaire; canaux
fluviaux et transport fluvial ; voies maritimes (désenclavement, interurbain côtier (Dakar,
Hann, Rufisque, Bargny, etc.), etc.) ; autoroutes; gares routières ;
• L'assainissement : parce que déjà l'un des plus gros défis sanitaires et de confort du
Sénégal. Les eaux de pluie comme les eaux usées sont concernées ;
• La construction et l'entretien des routes au-delà des autoroutes du fait de l'inexistence
d'entretien et de coûts de réalisation extrêmement élevés, signe d'une corruption très
importante.
• L'éducation : avec un focus fait sur la problématique de l'important retard à combler au
plan de la formation professionnelle.
• La santé : au moins ses infrastructures, ses équipements, et sa gestion. L'échec y est total, la
gratuité annoncée inexistante, la mauvaise qualité des soins et de l'hôtellerie patente, le
personnel soignant insuffisamment qualifié.
• De manière générale, toute priorité échappant aux capacités de l'État : développement
de capacités de production dans l'agriculture ou la pisciculture ; reconstitution de filières de
semences certifiées ; programme de « reboisement utile » en particulier.
• Enfin les collectivités locales doivent être identifiées comme partenaires possibles: les
politiques de décentralisation mises en œuvre ont transféré des compétences aux
collectivités sans qu'elles ne disposent de ressources humaines appropriées dans leur
grande majorité. Cette situation livre des périmètres comme propices au développement des
PPP (assainissement, traitement des déchets, attribution de terres de culture, etc.). Bien
évidemment il sera nécessaire de lier prise en charge effective de ces compétences
22
transférées dans le cadre de PPP et mise à disposition des moyens d'honorer semblables
contrats.
Pour assurer la meilleure protection des intérêts nationaux , le secteur public bénéficiera
systématiquement de l'assistance de cabinets d'avocats de très haut niveau habitués aux
meilleures pratiques afin d'éviter des clauses léonines dans la durée nécessaire à ce type de
contrats, et donc les conflits qui en naîtraient.
L'obligation de publication des contrats passés dans un cadre PPP sera prise en compte par la
réforme des textes qui sera engagée.
Le renforcement des compétences du partenaire public sera essentiel pour le rendre en mesure
de superviser et de contrôler les entreprises privées afin de veiller à ce qu'elles respectent leurs
obligations contractuelles.
L'existence d'une part de prestation publique concomitamment à celle fournie par le privé sera
maintenue pour mise en concurrence et comparaison afin de créer de la performance.
Pour les appels d'offre PPP ouverts à la concurrence internationale, et parmi les soumissions
venues de partenaires privés étrangers, la réforme de la législation devra permettre un privilège
accordé à celles associant des partenaires nationaux dans la mise en œuvre des PPP concernés.
Dans le même esprit, les sorties de BOT seront organisées de manière à privilégier un relais
assuré par l'investisseur privé national.
Il ne saurait être envisageable de parler d'économie et de prix sans évoquer la monnaie par
laquelle ils s'expriment.
Alors commençons par rappeler que le franc de la communauté financière africaine est africain.
Il est panafricain puisque celui de 8 pays membres de l'UEMOA. A ce titre il a longtemps été
exemple mondial, leader mondial, puisque monnaie unique de la seule union monétaire ayant
atteint niveau semblable d'achèvement.
Une monnaie doit être forte. C'est le cas du franc CFA par sa remarquable stabilité par rapport
aux grandes monnaies internationales au cours des 24 dernières années.
Mais une économie en mutation, comme doit le devenir celle prétendant à l'émergence, ne peut
s'accommoder d'une monnaie rigide par rapport à ses fondamentaux internes. Or le projet de
l'économie de l'Afrique de l'Ouest est bien de se mettre en situation d'émergence.
Nous engagerons donc des échanges avec l'ensemble de nos partenaires pour :
• Conserver et affirmer le caractère africain du franc CFA ; rebaptiser notre vieille
monnaie pourrait y aider grandement,
• Renégocier les principes de la garantie de sa convertibilité et de son rapport de change à
l'égard des monnaies internationales,
• Réviser certains aspects de la gouvernance de l'Institut d'émission de notre monnaie
nationale et commune.
De nouveau nous le répétons : notre sacerdoce consistera à rechercher inlassablement le mieuxêtre
du citoyen sénégalais par les fruits de la croissance mais également par une gouvernance
s'en préoccupant.
Nous avons déjà abordé la question de l'amélioration de l'accès aux soins de santé que nous
associons à la construction du recul de la pauvreté.
Celle de la protection de l'enfance et en particulier celle des enfants de la rue nous tient
particulièrement à cœur.
Le nombre élevé d'enfants dans les rues vivant de mendicité au Sénégal, son impact sur
l'environnement économique et social ainsi que les conséquences négatives sur le
développement des enfants, ont transformé ce problème en fléau social qu'il convient de
combattre vigoureusement en plaçant cette problématique au cœur des préoccupations de
l'État.
23
La mendicité au Sénégal ne pourra être éradiquée sans la ferme et constante volonté politique
de l'État d'y mettre fin, et la nécessaire collaboration des acteurs concernés, soit :
• les responsables des vrais daara où le Coran est réellement enseigné;
• les parents des élèves apprenant le Coran au sein de daara ;
• les centres d'accueil de l'enfance déshéritée ;


• les bonnes âmes soucieuses de donner l'aumône et faire œuvre de charité.
• le secteur privé en comportement RSE ;


• les ambassades et consulats des enfants mineurs venus des pays voisins.
En raison du fait que plus de 40% des enfants mendiants du Sénégal sont ressortissants de pays
voisins membres de l'UEMOA ou de la CEDEAO, il sera indispensable de fixer par la
règlementation communautaire des limites à la libre circulation des personnes et des biens
(CEDEAO| UEMOA) pour empêcher la traite des personnes et en particulier celle des enfants.
Le retour de cette volonté politique qui fait tant défaut dans notre pays se manifestera en
premier lieu par celui de faire respecter la plupart des accords et traités internationaux signés
par notre pays et relatifs à la protection de l'enfance. De même le dispositif juridique existant
sera exploité pour engager une action de répression conformément aux lois en vigueur.
Les bonnes initiatives des daaras qui refusent la mendicité à leurs talibés seront soutenues en
les appuyant au mieux par des projets et programmes à caractère économique et social.
En l'absence de solutions familiales, les enfants retirés de la rue ou des daaras à fermer seront
placés dans des daaras ou centres d'accueil agréés susceptibles de les prendre en charge
convenablement,
Les daaras agréés seront impliqués dans le développement du programme des domaines
agricoles communautaires (DAC) en renouant avec les traditions de culture des champs jadis
attachées si fortement au daara (seront concernés les talibés d'un certain âge).
Des bourses de sécurité familiale seront offertes aux familles des enfants en situation de retour
en famille.
Un important travail de recensement des daaras ouverts sera mené sur toute l'étendue du
territoire en vue de tenir un fichier régulièrement mis à jour en soumettant toute
nouvelle ouverture à une obligation de déclaration et à l'obtention d'une autorisation
Ce recensement concernera également les centres d'accueil d'enfants de la rue, permettant de
les classer en "centres d'excellence", "centres reconnus", avec bénéfice du statut de "centre
d'accueil agréé" périodiquement soumis à des contrôles et inspections.
Sous la forme de propositions et de possibilités offertes aux daara agréés, des ponts seront
établis entre la formation traditionnelle coranique et celle de l'enseignement classique, générale
ou professionnelle, afin de permettre aux élèves de daara d'avoir plus de débouchés au terme de
leur apprentissage.


La sécurité participe au mieux-être du citoyen. Les forces de sécurité sénégalaises méritent de
recevoir un particulier hommage, elles qui ont réussi, à ce jour, à préserver notre pays de
certains gros risques. Toutefois, une nouvelle conception de la sécurité du citoyen motivera
une réforme des renseignements généraux et de la police afin que ces forces soient moins
orientées vers la lutte contre les opposants politiques et la répression des manifestations
pacifiques, et par contre davantage soucieuses de la sécurité des citoyens. Les principes de
ronde et d'îlotage seront développés.
Des programmes spécifiques concerneront l'extension de l'éclairage public dans les zones les
plus exposées à la périphérie des grandes villes, la sécurité routière (basée en particulier sur une
analyse systématique et approfondie des causes d'accident), la lutte contre le vol de bétail, la
meilleure implantation géographique des forces de sécurité, la réforme de la formation des
policiers.
Nos différents corps d'armée (génie militaire, armée de terre, marine, armée de l'air) seront
renforcés en vue d'assurer une adéquation continue entre le niveau d'armement et l'évolution
des missions qui leur sont assignées. L'évolution de l'environnement politique et économique
devra être prise en compte dans le renforcement de nos forces de défense, en particulier la
protection de nos ressources halieutiques et pétrolières.
24
A l'instar d'autres corps et corporations la gestion politicienne des carrières y sera bannie et le
retour à l'objectivité dans les décisions de promotion sera un des moyens de renforcer le
dévouement de nos forces de sécurité au service de la Nation.
Nous accorderons une importance particulière à la protection du citoyen consommateur
contre la spéculation et les prix excessifs, parce que considérant que la pauvreté est en partie
la conséquence de prix artificiellement trop élevés du fait de marchés mal structurés.
L'État veillera à l'organisation d'une concurrence véritable pour garantir la formation de prix
justes et s'évertuera à faire évoluer les habitudes vers l'affichage des prix dans le commerce.
La régulation des prix sera organisée dès lors que l'un des fournisseurs contrôle 25% ou plus
d'un marché donné.


La régulation des marges sera également surveillée selon le niveau de vente : en détail, en demigros
ou en gros. Cette régulation visera à protéger le petit commerce contre des rabais excessifs
accordés aux grandes et moyennes surfaces.
Parfois au prix de profondes modifications de pratiques et de mentalités, il nous faudra
réinventer une administration au service du citoyen devenu client, et si souvent
créateur de richesse au profit de la nation toute entière.
L'amélioration des procédures administratives sera possible par un recours systématisé à
l'informatique.


L'État mettra en œuvre un programme de lutte contre la petite corruption dont souffre le simple
citoyen dans la plupart de ses contacts avec l'administration centrale ou décentralisée.
La lutte contre la grande corruption sera engagée par la révision de notre droit pénal. Les peines
seront renforcées pour sévèrement sanctionner tout coupable de crime économique, en
particulier de détournement de biens publics.
Le préjudice subi par la Nation fera l'objet d'une peine de prison incompressible dès lors qu'il
aura dépassé l'équivalent de dix années de revenu moyen du paysan sénégalais. A titre illustratif,
cette somme est d'environ cinq millions de FCFA.
Le crime économique par détournement de deniers publics sera en outre rendu imprescriptible.
Une diaspora mise à contribution
Le Sénégal c'est aussi celui hors de nos frontières. Sénégalais de la diaspora, vous savez rester
attentifs à la vie en votre mère patrie, à ses difficultés, ses souffrances et soubresauts politiques.
Votre pays ne vous doit rien de moins que sa stabilité sociale grâce aux transferts entrants qui
chaque année viennent de votre peine à l'étranger.
Nous vous devons avant toute chose un grand respect pour tout cela plutôt que de ne chercher
qu'à profiter de votre poids électoral.
Ce respect commence par la désignation de consuls et d'un personnel diplomatique, triés sur le
volet en raison de leurs compétences, plutôt que choisis membres du parti au pouvoir pour les
récompenser ou pour assurer la fraude au moment des élections. Ils auront des consignes claires
définissant leur mission : apporter l'assistance idoine à chacun de vous, contribuer à faciliter
votre séjour à l'étranger dans le respect des lois de votre pays d'accueil, et tenir à votre
disposition toute la documentation administrative dont vous avez besoin.
Au-delà de ce colossal effort qui est le vôtre et qui permet de limiter les affres de la pauvreté
dans notre pays, qui entretient l'investissement dans le bâtiment, mais aussi dans les écoles,
lycées, centres de santé et lieux de culte et donc de paix, nous organiserons votre contribution à
la bonne marche du Sénégal inspirée par les bonnes pratiques que vous aurez relevées dans vos
lieux de séjour.


Vous êtes déjà bailleurs de nombreux investissements à caractère plutôt social. Les mêmes
espaces qui les accueillent peuvent également recevoir des projets avec retours sur
investissements assurés. Je pense en particulier à l'eau et l'électricité rurales au travers de
formules PPP réservées aux micro-projets.
L'aide à votre retour sera sérieusement organisée. La mise en place d'un système d'information
de grande qualité et de précision, votre accueil orienté sous forme d'assistance personnalisée et
un système de facilitations particulières intégrant parfois l'effort financier du pays que vous
décidez de quitter en sont quelques grands axes.
Le Sénégal compte sur votre investissement ou sur votre retour pour créer des emplois.
25


Une Nation qui se construit a besoin de tous ses talents, en particulier ceux qui parviennent à
briller à l'étranger.
Sénégalaises, Sénégalais,
Il nous faudra réparer notre démocratie abîmée et malmenée. Il nous faudra rendre
durables, irréversibles et en amélioration continue les révolutions à engager. Le mot
révolution n'est pas trop fort car il s'agit d'adopter une nouvelle réorganisation de l'équilibre des
différents pouvoirs dans le cadre d'une nouvelle Constitution inspirée de l'Avant-projet de
Constitution de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI).
Il nous faudra aussi sacraliser la Constitution.
Nous proposerons donc au peuple sénégalais l'adoption d'une nouvelle constitution pour
reconstruire une nouvelle République.
Elle devra prendre en compte les évolutions majeures ci-après:
En ce qui concerne le Président de la République,
Le système de parrainage citoyen sera supprimé pour les candidats des partis ou coalitions de
partis. Il sera de nouveau allégé pour les candidats libres.
Le Président de la République ne pourra être Chef de Parti ou Membre d'une association durant
l'exercice de ses fonctions.
Les principes de révocabilité, de responsabilité et de reddition de compte lui seront appliqués
dans les conditions déterminées par le constituant.
La puissance du pouvoir présidentiel sera largement atténuée : Le Président de la
République quittera le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), moins de juges
constitutionnels seront nommés par lui, davantage de juges seront directement choisis par
d'autres institutions;


Le Premier Ministre et le Gouvernement :
Le Gouvernement sera en charge de conduire la politique de la Nation sous la direction du
Premier Ministre.


L'exécutif sera rendu moins dispendieux avec un maximum de 25 ministres, nombre fixé par la
loi ; certains d'entre eux devront obtenir le non véto de l'Assemblée nationale ;
Le nombre de membres du Cabinet du Premier Ministre et des Ministres, sera limité au
minimum nécessaire et également fixé par la loi.
Avant leur nomination, les Ministres nommés aux départements des Affaires étrangères, des
Finances, de l'Intérieur, des Forces Armées, de la Justice, des Mines et Ressources naturelles
feront l'objet d'une enquête de moralité comme tous les autres ministres mais en plus seront
préalablement auditionnés par une Commission parlementaire.
Ne pourront porter le titre de ministre et siéger au Conseil des Ministres que les membres du
Gouvernement ayant en charge un département ministériel ainsi que les ministres délégués
nommés auprès de ces derniers.
La haute administration
En ce qui concerne les attributions de responsabilités au sein de la fonction publique l'appel à
candidature sera consacré comme règle générale pour les emplois de la haute fonction publique
et de direction des structures du secteur parapublic.
Les recrutements civils et militaires seront normalisés, de même que les avancements
répondront à des principes républicains, de transparence, de mérite et d'équité.
Mettre fin au déni démocratique que représente le scrutin à un tour est la nécessaire première
étape de la construction d'une assemblée nationale plus représentative et dotée de
pouvoirs renforcés.
Le mode d'élection du député sera révisé par un redécoupage des circonscriptions avec UN
député par circonscription. Ce qui permettra la mise en œuvre d'un mode de scrutin majoritaire
à 2 tours.
L'Assemblée nationale perdra cependant sa qualité de « constituant ». L'objectif est de
combattre et mettre fin aux incessantes manipulations de la constitution dont sont passés
maîtres les régimes africains, celui du Sénégal ne faisant pas exception. Seul le Peuple aura la
26
capacité de modifier la loi fondamentale par voie référendaire. Il n'y a pas d'autres moyens de se
protéger contre ces incessantes manipulations de notre constitution au gré de la volonté du
Président en place d'assurer sa réélection et asseoir un pouvoir quasi absolu.
L'Assemblée nationale, nantie de pouvoirs renforcés, deviendra le lieu d'impulsion de la vie
politique nationale:
Elle pourra déclencher une procédure de mise en accusation du Chef de l'État , du Premier
ministre ainsi que des Ministres, notamment pour violation de serment, violation délibérée de la
Constitution, atteinte grave aux droits de l'Homme, malversation, corruption, enrichissement
illicite, atteinte à l'unité nationale et à l'intégrité du territoire, etc.
Elle sera tenue de mener au moins deux commissions d'enquête chaque année, l'une d'entre
elles étant à l'initiative de l'opposition.
Puisque le passé récent a prouvé que l'exécutif pouvait être le repère de copains et de coquins,
l'Assemblée nationale disposera d'un droit de veto sur la signature de conventions conduisant à
l'exploitation des ressources naturelles du Sénégal. L'audition des bénéficiaires pressentis lui
sera possible.
Les remises de pénalités fiscales ayant une incidence forte sur les recettes budgétaires, et
supérieures à un montant à déterminer devront être votées par l'Assemblée nationale.
Le Président de l'Assemblée nationale et le questeur seront soumis à la Déclaration de
patrimoine et à la Déclaration d'intérêt.
La suppression du Haut Conseil des Collectivités Locales et Territoriales, ainsi que du Conseil
Economique Social et Environnemental au profit de Conseils Economiques Sociaux et
Environnementaux pour chaque pôle économique permettra une mise à disposition de
compétences au bénéfice de la décentralisation.


Sénégalaises, Sénégalais,
Ma profonde préoccupation de rendre au pouvoir judiciaire du Sénégal son indépendance
ne vous étonnera pas.
La Justice constituant un rempart de la démocratie, elle sera soustraite de la tutelle de l'exécutif
(et du législatif) et assurera son pouvoir sans entrave. D'importantes réformes seront opérées et
le Pouvoir judiciaire sera exercé par la Cour Constitutionnelle, le Conseil d'État, la Cour de
Cassation, la Cour des Comptes et les Cours et Tribunaux.
La création de la Cour constitutionnelle sera un élément clé de la réforme judiciaire. Elle sera la
plus haute juridiction de l'Etat. Elle connaîtra de la constitutionnalité des lois et des
engagements internationaux, des conflits de compétence entre l'Exécutif et le Législatif. Elle
garantira les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques.
Il sera mis fin à sa traditionnelle incompétence.
Toute personne physique ou toute personne morale légalement constituée pourra, dans les
conditions prévues par la loi, saisir la Cour Constitutionnelle d'un recours lorsqu'une mesure
d'ordre législatif lui paraît porter atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine ou
remettre gravement en cause les principes et valeurs de la République, de la démocratie et de
l'Etat de droit.
Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), organe de gestion de la carrière des magistrats,
garantira le principe de l'inamovibilité des juges du siège. Il sera présidé par le Président de la
Cour Constitutionnelle. Outre le Président de la Cour Constitutionnelle et deux personnalités de
haut rang, désignées respectivement par le Président de la République et le Président de
l'Assemblée nationale, le Conseil Supérieur de la Magistrature sera composé, au titre des
membres de droit, du Président du Conseil d'Etat, du Premier Président de la Cour de Cassation
et du Procureur général près ladite Cour, des Premiers Présidents des Cours d'Appel et des
Procureurs généraux près lesdites Cours et, au titre des membres élus, d'au moins un nombre
égal de membres choisis conformément aux dispositions prévues par la loi organique sur le
Conseil Supérieur de la Magistrature.
Le Parquet ne sera plus sous la tutelle du ministère de la justice.
Il sera institué un Juge des libertés pour mettre fin aux abus de la détention préventive.
L'Agence judiciaire de l'Etat sera renforcée, préparant les plaintes de l'Etat en ayant recours,
lorsque nécessaire, à des cabinets d'avocats ou autres experts externes.
L'accès aux medias publics doit refléter la qualité de notre démocratie.

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Les médias publics seront mis en compétition avec ceux du privé pour parvenir à privilégier la
qualité de l'information par eux donnée et son caractère général.
Les médias publics ne seront plus utilisés comme supports de propagande du parti au
pouvoir, mais comme moyens de promotion des actions gouvernementales en direction
des citoyens.
L'ensemble du système audiovisuel, public et privé, sera mis à contribution pour diffuser des
publicités portant information, prévention, éducation civique, etc. des citoyens. Les thèmes
abordés par les productions seront relatifs à la santé, l'hygiène, la formation à des techniques
agricoles et à l'usage des intrants agricoles, etc.
Assurer une répartition équilibrée de ces passages entre les différents medias publics et privés
sera le rôle principal du ministère en charge de la communication. Le règlement de ces passages
remplacera le renoncement illégal à des impôts dus, ou la distribution de subventions trop
souvent basée sur des critères purement subjectifs, toutes mesures destinées à créer la
dépendance de la presse.
Pour finir, notre projet est de hisser la solidarité nationale comme un nouveau paradigme et
symbole du commun vivre ensemble :
• Solidarité avec les handicapés en réformant le programme national d'insertion des
handicapés afin de leur assurer une discrimination positive par des emplois réservés dans la
fonction publique, et des mesures incitatives de recrutement dans le secteur privé ; l'État et
les collectivités veilleront en outre aux aménagements urbains et des services permettant
d'en faire des usagers de plein droit ;
• Solidarité avec les personnes du 3ème âge en favorisant leur prise en charge sanitaire tout en
évitant les écueils du Plan Sésame, et asseoir une valorisation des pensions de retraite sur la
base d'une étude rigoureuse et d'une rationalisation de la gestion des fonds de retraite ;
• Solidarité avec les femmes et les enfants. En effet, cette catégorie de la population est l'objet
d'une violence de plus en plus récurrente. Nous nous engageons à durcir la règlementation
de nature à la rendre plus répressive et fortement dissuasive.
Conclusion
Les grandes lignes, les choix majeurs de notre projet pour le Sénégal viennent de vous être
présentés.
Les détails en sont disponibles dans le programme que nous avons conçu de manière inclusive,
en ouvrant la participation à sa rédaction à tous les compagnons du parti mais aussi aux citoyens
qui ont souhaité apporter leurs contributions.
Qu'ils soient tous remerciés.
Les réformes institutionnelles qui seront engagées, s'inspirent beaucoup des travaux des Assises
nationales. Elles représentent pour nous un engagement de programme minimum auquel nous
tiendrons à rester fidèles.
Vous avez désormais une idée claire de notre ambition pour le Sénégal.
Dans un passé vieux de quelques années, d'autres programmes vous ont été présentés ; d'autres
engagements ont été pris pour solliciter vos suffrages. Jugez notre engagement en vous référant
à notre passé et à notre parcours professionnel et social.
Nous vous avons souvent rappelé notre conception de la politique, du développement
économique, de la solidarité, de l'action de l'administration.
Notre projet est un projet porteur de révolutions multiples, qui vise à rénover, après tant
d'années d'échec, l'organisation et le système économique et social de notre pays.
C'est un projet vivifiant pour une jeunesse à laquelle nous cherchons à redonner espoir. Une
jeunesse encadrée et guidée par quelques aînés porteurs d'expérience, et qui craignent, comme
l'histoire l'enseigne, que lorsque toutes les portes de l'espoir se ferment il ne reste plus que
désespoir, source de révolutions violentes et autres déflagrations.
Il ouvre aussi des perspectives aux femmes, couche laborieuse de notre société en leur
permettant un plein épanouissement économique et social.
Sénégalaises, Sénégalais, il est l'heure !
28
L'heure de se redresser et se tenir debout pour une refondation en profondeur : celle dont notre
pays a besoin.
Menons le Sénégal sur une route des possibles, une route sur laquelle nous ont déjà précédé des
pays comme le Cap Vert, le Rwanda ou le Ghana.
Une route de citoyenneté active qui renforcera notre profonde et féconde adhésion aux valeurs
qui nous rattachent à notre cher pays en réactivant notre sentiment d'identité nationale et en
cimentant notre partage d'un destin commun pour lequel, s'engager, donner et servir, devrait
être le meilleur viatique.
Une route où le travail sera élevé au rang de priorité et d'institution, capable de conférer ou de
restaurer chez l'individu son être social, capable de ranimer son éminente dignité et de lui
donner des raisons de croire en lui, en sa communauté, en son pays et d'y vivre en paix et en
harmonie en contribuant positivement à son développement et à son rayonnement.
Ce défi nous interpelle tous. Il interpelle plus encore les jeunes générations héritières d'un pays
aux grandes et anciennes traditions qui doivent se lever comme un seul homme pour construire
et défendre un avenir à la mesure de leurs espérances.
Compagnons de l'Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, aujourd'hui,
Sénégalaises et Sénégalais, demain,
Il me revient l'honneur de solliciter votre confiance,
Pour reconstruire ensemble le Sénégal.
Devant Dieu, je fais le serment de ne jamais faiblir face à l'exigence de la mériter,
Vive le Sénégal !
https://xibaaru.sn/politique/congres-de-lact-les-engagements-dabdoul-mbaye-pour-reconstruire-le-senegal/

Cv de Abdoul Mbaye
Monsieur Abdoul MBAYE est né le 13 avril 1953 à Dakar.


Il est diplômé de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales (HEC-France) en 1976, de l'Université de Sorbonne – Paris I (maîtrise) et de l'Université de Dakar (DES) en économie.
Il a débuté sa carrière professionnelle en 1977 au sein de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) qu'il a quittée en 1982 après y avoir assumé les fonctions de Chef de Département de la Prévision comme collaborateur de Mr Alassane OUATTARA.
Il a ensuite dirigé plusieurs établissements bancaires au Sénégal de 1982 à 2008: la Banque de l'Habitat du Sénégal (BHS), la Compagnie Bancaire de l'Afrique de l'Ouest (CBAO), la Banque Sénégalo Tunisienne (BST) et Attijari bank Sénégal.
Il a été le Premier Ministre de la République du Sénégal du 3 avril 2012 au 1er septembre 2013.
Au cours de sa carrière, il a occupé les fonctions de Président de l'Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Sénégal, et a également présidé la Fédération des Associations Professionnelles des Banques et Etablissements Financiers de l'UEMOA (8 pays de l'Afrique de l'Ouest), jouant un rôle important au sein des organisations patronales du Sénégal.


Il a été le Président de la Commission « Finances et Commerce » du Conseil Economique et Social du Sénégal.
Il a été membre du Conseil Présidentiel de l'Investissement (CPI) du Sénégal dont il a présidé l'un des groupes de travail plusieurs années durant, et en a été plusieurs fois le rapporteur des séances plénières.


Il a également été le premier président du Groupement Interbancaire Monétique (GIM) de l'UEMOA, Président et membre fondateur de l'Institut Sénégalais des Administrateurs (ISA), Président du Conseil d'Administration de l'Ecole Polytechnique de Thiès (Sénégal).
Entre autres activités, il a été chargé de l'enseignement du cours de politique monétaire au sein de l'Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature du Sénégal.
Portant un grand intérêt au sport, il a été trésorier général de la Fédération Sénégalaise de Football, président de la Fédération d'Athlétisme, ainsi que Vice Président du Comité National Olympique Sénégalais. Il a été président du Comité d'Organisation des Championnats d'Afrique d'Athlétisme de Dakar en 1998 (43 pays et 653 athlètes).
Il est membre de la Commission Marketing du Comité International Olympique (CIO) depuis 2010.


Mr Abdoul MBAYE est marié et père de cinq enfants.


Il est Commandeur de l'Ordre du Mérite du Sénégal, Chevalier de l'Ordre National du Lion, et Grand Croix de l'Ordre du Mérite français.

 

Mervin Gbeme, le milieu offensif de Saint-Denis est courtisé par le PSG, Lyon ou encore Monaco qui l'a supervisé ce samedi lors d'une journée détection dans les Yvelines.
Stade Porchefontaine (Versailles), samedi 20 octobre 2018. Mervin Gbeme (au premier plan) faisait partie des dix joueurs sélectionnés par l'AS Monaco pour une détection. LP/Icon Sport/Mahaut d'Ornellas


Son coup franc des 20 m en pleine lucarne a déclenché des applaudissements nourris de spectateurs mais aussi de recruteurs. Mervin Gbeme (11 ans) faisait partie des dix jeunes franciliens de la catégorie U 13 sollicités par l'AS Monaco pour un match de détection contre Versailles, club partenaire, au stade de Porchefontaine, ce samedi.
Le milieu offensif de l'US Saint-Denis (93) a fait admirer sa technique des deux pieds et sa vitesse devant les dirigeants monégasques lors d'une opposition de 3 fois 20 minutes à 7 contre 7 sur un demi-terrain. « Je suis content de mon match, sourit le minot. Mon rêve est de devenir un joueur professionnel ! » S'il en est encore loin, Mervin a déjà de solides aptitudes malgré son jeune âge, à tel point qu'il suscite la convoitise des plus grands clubs français : Monaco, Lyon, Bordeaux, Rennes... Mais aussi le PSG ! Pierre Reynaud, le responsable du recrutement au centre de formation du club parisien, le suit depuis plusieurs années et souhaite qu'il intègre le centre de préformation à Verneuil-sur-Seine la saison prochaine.


Mervin Gbeme/LP/Icon Sport/Mahaut d'Ornellas


Après avoir déjà passé une journée de détection à Lyon mercredi dernier, le collégien de 6e part dimanche pour un stage d'entraînement de trois jours avec sa maman à Rennes. « Si les meilleurs recruteurs l'ont remarqué à 11 ans, c'est qu'il a de grosses qualités, considère François Rodrigues, le directeur du centre de formation du Havre après s'être occupé des moins de 17 et 19 ans du PSG. Tous les clubs voulaient avoir Kylian Mbappé au même âge. Maintenant, il faut aussi rester mesuré car s'il a des qualités pour le haut niveau, il faut ensuite digérer le changement d'habitation (internat) et ingurgiter de grosses doses de travail à l'entraînement. »
Surclassé depuis l'âge de 8 ans


Né à Roubaix (Nord), Mervin est le 2e d'une fratrie de 4 qui habite désormais à la cité Floreal à Saint-Denis. Sa maman Marie est préparatrice en pharmacie et son père Aristide travaille comme chauffeur VTC. Son grand frère Axel (U 17) et son jumeau Kilian (U 12) évoluent également à l'US Saint-Denis. Surclassé depuis l'âge de 8 ans, Mervin, fan du PSG, joue cette saison avec les moins de 13 ans du club. « C'est un jeune imprévisible techniquement, doté d'une excellente vision du jeu et qui fait preuve de tonicité et vélocité sur ses appuis », loue Serge Gnahoré, le fondateur de l'association GD Football Paris qui s'occupe du perfectionnement physique et technique de Mervin à toutes les vacances scolaires.


Sollicitée de toute part, la famille de Mervin prendra une décision avant les fêtes de fin d'année. « La décision sera prise par son papa, mon mari et moi tout en tenant compte aussi des désirs de Mervin, annonce la maman, ancienne sprinteuse à Villeneuve-d'Ascq. L'objectif est de trouver le club idéal pour permettre à mon enfant de progresser footballistiquement tout en ne négligeant pas sa scolarité. Nous serions même prêts à déménager pour permettre à Mervin de poursuivre son rêve. » A ses côtés, le papa acquiesce.

Arrivé en France de Côte d'Ivoire à l'âge de 14 ans, Aristide Gbeme a d'abord évolué au centre de formation de Louhans-Cuiseaux puis avec la réserve de Lille entre 2000 et 2003 avant d'arrêter sa carrière en raison d'une grave blessure à un genou. « C'est une fierté pour moi de voir mes 3 enfants jouer au foot dont un qui pourrait, peut-être, devenir le futur Mbappé, jubile-t-il. Mais, je ne lui mets aucune pression. A son âge, le foot ne doit être qu'un jeu où on prend un maximum de plaisir. »


http://m.leparisien.fr/sports/ile-de-france/a-11-ans-il-fascine-les-plus-grands-clubs-francais-20-10-2018-7923978.php

 

ANTHROPOLOGIE DU RELIGIEUX ET DU SACRÉ Manuel de cours en master Blaise Bayili

Religion et sciences humaines - Sciences humaines et spiritualité
ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATION RELIGIONS


L'anthropologie religieuse nous enseigne que l'homme n'est homme en tant qu'homo religiosus, celui en qui religion et culture ont la même matrice pour jaillissement. Faut-il confondre sacré et religion ? En d'autres termes, quel est le champ de l'anthropologie religieuse d'une part et, d'autre part, quelle est la nature du sacré ? Le présent livre, manuel de cours pour les années de maitrise notamment, essaie d'y répondre.


Cette matrice culturo-religieuse offre à voir un homme vagabondant hors de la boucle de la clôture de la nature. En cela, l'anthropologie religieuse étudie l'homme, constructeur et manipulateur des symboles, dans son rapport à ce qu'il estime être le surnaturel ou le sacré, pour autant que pour l'homme religieux la nature est, non pas exclusivement « naturelle », mais toujours chargée de valeurs religieuses et est, de ce fait, imprégnée de sacralité.

La notion de sacré semble donc inséparable de l'expérience de l'institution du religieux, c'est-à-dire des relations de l'être humain avec un plan de la réalité suprasensible, invisible, divin. Le sacré, ainsi que l'avance M. Eliade avec pertinence, peut être considéré comme une maladie originaire de l'homo religiosus universel.

Mais, pour autant, faut-il confondre sacré et religion ?

En d'autres termes, quel est le champ de l'anthropologie religieuse d'une part et, d'autre part, quelle est la nature du sacré ?

Le présent livre, manuel de cours pour les années de Maîtrise notamment, essaie d'y répondre.


Docteur en Anthropologie et Histoire du Droit des Institutions de l'université Paris-X Nanterre en 1997,

Blaise Bayili est également docteur en anthropologie théologique de la Faculté de théologie catholique de Strasbourg en 2002 et docteur en théologie de l'inculturation de l'Université Pontificale Grégorienne de Rome en 2007.


Docteur en anthropologie théologique, Blaise BAYILI est actuellement directeur de deux collections à l'Harmattan-Paris, éditeur et enseignant-chercheur d'universités.
Auteur de Religion, droit et pouvoir au Burkina Faso (Paris, l'Harmattan, 1998) et de plusieurs autres livres et articles, Blaise BAYILI est actuellement directeur de deux collections à l'Harmattan-Paris, éditeur et enseignant-chercheur d'universités

samedi, 20 octobre 2018 09:58

Me Wade brouille les cartes

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Malgré la «non-inscription» de son candidat Karim Wade sur les listes électorales, en raison de l’article L 31 du Code électoral, et subséquemment l’invalidation plus que probable de cette candidature par le Conseil Constitutionnel, et autre menace d’arrestation qui pèse sur le retour de ce même candidat au Sénégal, à moins qu’il ne solde son amende de 138 milliards à lui infligée par la Crei, le Pds persiste et signe dans le choix de son porte-flambeau à la présidentielle. Tout en refusant de manière mécanique un quelconque plan alternatif à cette même candidature au sein du parti libéral, comme en témoigne la «marginalisation» de Me Madické Niang dans le groupe parlementaire libéral aussi bien que dans le parti. Raison suffisante pour se demander, compte tenu des contraintes qui pèsent sur la candidature de Karim Wade, si le Pds ne file pas tout droit vers le suicide politique ? Ou à contrario, si Me Wade, en fin stratège politique, ne réserve pas une botte secrète au président Macky Sall ? Le moins que l’on puisse dire en tout cas, c’est que les cartes sont brouillées, avec la posture actuelle du Pds.

A moins de cinq mois de la présidentielle, le Pds qui constitue la deuxième force politique du Sénégal n’a pas varié d’un iota dans la désignation de son candidat à la présidentielle, en l’occurrence Karim Wade, dont la participation au scrutin du 24 février prochain fait pourtant l’objet de moult restrictions de la part du pouvoir en place. Choisi comme candidat du Pds à la présidentielle de 2019, en  mars 2015, à deux jours du verdict de son procès à la Crei (Cour de répression de l’enrichissement illicite), le fils d’Abdoulaye Wade continue de condenser les espoirs du Pds, ou selon de son père, de revenir par ricochet à la tête du pays pour diriger les destinées du Sénégal. Comme ce fut le cas de 2000 à 2012, via la première alternance politique au Sénégal. Seul hic, la candidature de Karim Wade à la présidentielle semble aujourd’hui plombée par sa «non-inscription» sur les listes électorales, en raison de l’article L 31 du Code électoral corrélé à la peine de 06 ans de prison infligée à Karim Wade par la Crei. Et vraisemblablement, l’arbitrage attendu du Conseil constitutionnel qui doit établir la liste des candidats à la présidentielle, ne semble pas parti pour donner raison à Karim Wade et au Pds, contre toutes les autres juridictions (Chambre d’accusation Tribunal d’instance, Cour suprême) qui ont préféré s’en laver les mains. Pis, une sorte d’épée de Damoclès reste suspendue sur la tête de Karim Wade, en cas de retour au Sénégal. Comme le révélait dans Sud Quotidien (du 02-10-2018) Ousseynou Samba, enseignant-chercheur à la Faculté de droit de l’Ucad, spécialiste du droit pénal, selon qui les autorités pourraient bien mettre en exécution leur menace de procéder à l’arrestation de Karim Wade, dès sa descente d’avion à Dakar, pour le contraindre à payer les 138 milliards de francs CFA d’amende que la Crei lui avait infligée, suite à sa condamnation pour enrichissement illicite.

Malgré toutes ces contraintes, le Pds n’en démord pas et s’arc-boute sur son candidat Karim Wade. En refusant systématiquement tout plan alternatif à cette candidature. Me Madické Niang, dernier ministre libéral des Affaires étrangères, fidèle d’entre les fidèles de Me Wade, patron sortant du groupe parlementaire de l’opposition, passera ainsi à la trappe en osant « aventurer» une candidature autre au sein du Pds. Celle de Karim Wade continuait d’avoir la cote chez les libéraux. Pour preuve, la rébellion de Me Madické Niang, pourtant sur la base du pur réalisme politique, n’a été suivie par aucun des pontes du parti. Tous les responsables libéraux de nom (Oumar Sarr, Babacar Gaye, Toussaint Manga et autres) se sont investis à renouveler leur fidélité au «Pape du Sopi», seule constante d’un parti dont les sillons ne sont cependant pas clairement dégagés pour la présidentielle à venir. Seulement, fort de sa conviction, le Pds persiste et signe dans l’éligibilité de son candidat, tout en accentuant sa campagne de collecte des signatures de parrains. La presse relaie ainsi qu’avant-hier seulement, par correspondance en date du 14 octobre, Me Wade a vigoureusement demandé aux libéraux de continuer la mobilisation pour les opérations de parrainage, qui vont se poursuivre, au niveau de son parti, jusqu’au mois de novembre. L’objectif étant de collecter le maximum de parrainages afin de contribuer à la validation de la candidature et à la victoire de l’ancien ministre d’État, ministre du Ciel et de la terre. Dans la foulée, le Pape du Sopi annonçait le lancement prochain d’une tournée nationale de suivi de la campagne de collecte de signatures pour Karim Wade.

JEU DE CARTES PIPEES

L’inscription sur le fichier électoral, base de l’éligibilité de tout candidat à la présidentielle, non accordée à Karim Wade par le Code électoral, la validation de sa participation à la présidentielle presque embouteillée au niveau du Conseil constitutionnel, le Pds ne file-t-il pas tout droit vers le suicide politique ? Le moins que l’on puisse dire en tout cas, c’est que la stratégie du « Tout Karim Wade ou rien » risque d’être fortement préjudiciable à la participation du Pds au scrutin de février prochain. Qui plus est, cette disposition du Pds au harakiri politique, via l’obstination de Me Wade à candidater contre vents et marées son fils, pourrait négativement influer sur l’avenir de la deuxième force politique du Sénégal. Présent à toutes les élections présidentielles depuis sa création en 1976, le Pds risque en effet de voler en mille morceaux s’il s’aventure à ne pas briguer le suffrage des Sénégalais en février prochain. Me Abdoulaye Wade peut-il se hasarder à une telle éventualité, au nom d’une fixation viscérale sur son fils au détriment du Pds ? Ou bien, en fin tacticien politique, le Pape du Sopi ne serait-il pas en train de nous mijoter une botte secrète qui pourrait avoir des conséquences létales sur le régime de Macky Sall ? Au rythme où vont les choses, force est de reconnaître en tout cas que le jeu de Me Wade n’est guère explicite. Etant entendu que le Pds sait pertinemment qu’il ne peut pas mettre à exécution sa menace de paralyser le scrutin, en cas d’invalidation de la candidature de Karim Wade, à quoi jouerait donc le parti d’Abdoulaye Wade ? En cette veille d’élection présidentielle, les pistes s’avèrent en vérité brouillées au niveau du parti libéral, malgré les multiples professions de foi en la candidature de Karim Wade.

Sudonline

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Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

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