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C’est un transfert record pour l'Olympique lyonnais et pour le Bayern Munich. Le milieu de terrain Corentin Tolisso s'est en effet engagé pour 5 ans avec le club allemand pour un montant de 41,5 millions d'euros. Un joli coup pour Lyon et un sacré défi pour le joueur dont le père est originaire du Togo.

A 22 ans c'est ce que l'on appelle une trajectoire météorique. Corentin Tolisso, pur produit de la formation lyonnaise, voulait absolument rejouer la Ligue des champions dès la saison prochaine après une saison 2016/2017 particulièrement réussie avec 14 buts et 7 passes décisives, toutes compétitions confondues.

Carlo Ancelotti, l’entraîneur italien du club allemand, en avait fait sa priorité depuis l'échec des négociations avec le joueur italien du PSG, Marco Verratti. C'est finalement son adjoint et ancien joueur du club, le Français Willy Sagnol, qui a achevé de convaincre Tolisso de rejoindre le Bayern.

Contrat de 5 ans donc pour 41,5 millions d’euros assortis de bonus pouvant aller jusqu'à 6 millions d’euros supplémentaires. C’est à la fois un record de vente pour l'OL et un record d'achat pour le quintuple champion d'Allemagne en titre, et même pour la Bundesliga, le championnat local.

Le septième français de l’histoire du Bayern

En Bavière, Tolisso aura à faire à une forte concurrence et à un entraineur qui aime faire tourner son milieu de terrain. Un Carlo Ancelotti qui ne donne pas forcément de seconde chance quand on se rate.

Le pari est donc risqué a un an d'une Coupe du monde 2018 que le jeune homme, dont le père est togolais, rêve de jouer avec l’équipe de France avec laquelle il a honoré sa première sélection en mars, face à l'Espagne

Tolisso est le septième joueur Français a rejoindre le Bayern Munich où Franck Ribery évolue toujours et pourra lui servir de guide.

RFI

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Le collectif des avocats du maire de Dakar, Khalifa Sall qui a bouclé ces cent jours en prison, a demandé hier, en conférence de presse, sa libération. Ces conseils veulent que la tête de liste de la coalition Mankoo Takhawou Senegal aux législatives du 30 juillet puissent battre campagne. Accusé d’usage de faux et détournement de deniers publics, le maire de la capitale du Sénégal est incarcéré le 7 mars dernier.

En effet, malgré la faim qui les tenaillent sous une chaleur accablante en cette période de ramadan, les sympathisants du maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall, tout de blanc vêtu, étaient venus en masse témoigner toute leur affection à ce dernier.

Pour lever toute équivoque quant à la possibilité ou non de participation du maire de Dakar aux législatives de juillet qui se profilent à l’horizon, Me Demba Ciré Bathily a tenu à rappeler que les détenus jouissent du même droit civique que les autres citoyens. « Les détenus ont le droit de voter. Au-delà de Khalifa Sall, tous les détenus ont le droit de participer à un scrutin. Les autorités doivent prendre des dispositions pour leur permettre d’exercer leur droit civique. Mais vous avez tous remarqué qu’ils ont été exclus du processus électoral», a-t-il déclaré.

Poursuivant sa plaidoirie, devant les journalistes, pour la cause de Khalifa Sall devant les journalistes venus en masse, il a tenu à préciser que « Khalifa Sall ne sera pas jugé. Du moins pas avant la fin des élections législatives, la loi sénégalaise protége tout candidat à une élection nationale de poursuites judiciaires». «Khalifa Sall est candidat aux élections législatives. Donc, il ne peut pas faire l’objet de poursuites. La vitesse avec laquelle le dossier a été emballé démontre que l’objectif était de l’empêcher d’être candidat. Malheureusement pour eux, il est candidat et ne pourra pas être jugé jusqu’aux élections», a souligné Me Bathily.

 Quant à MeIssa Diop, également habilité à parler au nom du pool de 17 avocats qui assurent la défense du maire de Dakar, «qu’en droit et dans tous les pays du monde la caution est une garantie. Ça n’a rien à voir avec la culpabilité. Ce n’est pas parce que des proches de Khalifa Sall ont décidé de payer sa caution qu’il est pour autant coupable», a-t-il fait savoir.

Pour sa part, Me Seydou Diagne, revenant sur les restrictions de visites suite à la demande Khalifa Sall dit comprendre la décision de son client : «il a personnellement refusé de recevoir ses visites au parloir. Il ne peut pas le faire parce qu’il ne peut pas être considéré comme ces voleurs, ces meurtriers ou vendeurs de chanvre indien qui reçoivent leurs visiteurs au parloir», a-t-il précisé.

SudOnline

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Emmanuel Macron et Mohammed VI ont choisi un format un peu particulier pour leur première rencontre ce mercredi 14 juin. Ni visite d’Etat, ni visite privée, une rencontre plus familiale que protocolaire qui n’a pas empêché les deux dirigeants de faire le point sur les sujets sensibles du moment.

Mohammed VI est venu en personne accueillir Emmanuel Macron à l’aéroport de Rabat. Un accueil protocolaire avec tapis rouge et garde royale pour une visite décrite des deux côtés comme « personnelle ». Autrement dit sans réception officielle et délégation pléthorique. Mais avec un entretien au palais et un diner familial en compagnie de leurs épouses dans la résidence du roi pour la rupture du jeûne. Un privilège apprécié par le président français.

« Je suis très touché par cette marque d’amitié et la nature très personnelle d’ailleurs de la discussion qui s’est nouée entre nous », a déclaré le président français. Une discussion pour faire connaissance et évoquer les partenariats franco-marocains, notamment en Afrique.

Autre point de convergence, la volonté d’engager une désescalade dans la crise avec le Qatar.« Le roi du Maroc a eu l’occasion de s’entretenir avec plusieurs des protagonistes de cette crise, a poursuivi Emmanuel Macron.Moi-même, j’aurai l’occasion dans les prochains jours de m’entretenir à nouveau avec les dirigeants d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, la semaine prochaine à Paris. Et je reparlerai avec l’émir du Qatar, entre autres. »

Interrogé sur les manifestations dans le Rif, le président français s’est défendu de vouloir juger la politique intérieure marocaine, mais a affirmé avoir évoqué le sujet avec le roi. « J’ai senti que son souhait était d’apaiser la situation », a-t-il dit. En rencontrant Mohammed VI à Rabat, Emmanuel Macron a poursuivi la séquence diplomatique engagée dès son élection le 7 mai dernier.

rfi

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Le cinéaste français Gabriel Le Bomin fait revivre une figure méconnue de notre histoire. Dans « Nos patriotes », son troisième long-métrage, le réalisateur dresse le portrait d'Addi Bâ, un héros de la Résistance qui a fait la guerre dans le corps des tirailleurs sénégalais avant de prendre la tête d'un maquis en 1940.

Il a la France chevillée au corps et au cœur, Addi Bâ. Guinéen, né en 1916, arrivé en France au milieu des années 1930, hébergé par une famille de Français républicains, ce jeune homme de 25 ans sert au début de la Seconde Guerre mondiale dans le bataillon des tirailleurs sénégalais envoyés combattre les Allemands en première ligne dans les Ardennes et sur la Meuse. Fait prisonnier dans les Vosges, il s'échappe et aide à créer l’un des premiers maquis, avant de devenir une figure importante de la Résistance.

Marc Zinga incarne le héros imparfait

Qu'ils soient fonctionnaires, institutrice, fermière, paysan... ceux qui vont aider et accompagner Addi Bâ ne s'appellent pas encore des résistants, mais des patriotes. L'acteur belge Marc Zinga incarne avec justesse ce personnage de héros imparfait, volage, imprudent, en butte au racisme idéologique des nazis, mais aussi à celui, ordinaire, de Français découvrant un ressortissant de l'empire colonial.

La vie pour la patrie

Addi Bâ a payé de sa vie son engagement pour la France. Fusillé en 1943, à l'âge de 27 ans, il obtiendra la médaille de la Résistance française en 2003, à titre posthume.

RFI

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Les investitures au sein de Benno Bokk Yakaar, qui ont suscité une levée de boucliers de la part de certains responsables ou militants de partis alliés, et même de l’Alliance pour la République (Apr), n’en finissent pas de faire couler beaucoup de salive. Cependant, les analystes politiques ne semblent pas s’accorder sur les conséquences réelles, sur le compagnonnage dans Benno, que pourrait engendrer cette attitude du chef de la coalition présidentielle, Macky Sall, qui s’est quasiment adjugé la quasi-totalité des sièges de la coalition. Dr Momar Thiam, spécialiste de la communication politique, trouve que cette démarche du Président Macky Sall est purement stratégique, visant notamment à renforcer sa base politique pour structurer son parti. Et  pense que ladite coalition va voler en éclat. Cela, explique-t-il, dans la mesure où «les coalitions ne résistent pas aux ambitions personnelles». A contrario, son collègue journaliste, analyste politique, Momar Diongue, soutient le contraire. Pour lui, ladite alliance tiendra tant que les ténors comme le Président Macky Sall, le Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng, sans oublier le leader de l’Afp, Moustapha Niasse, resteront à la tête de la coalition. Qui plus est, révèle-t-il, «tant que Khalifa Sall constituera un danger réel pour Macky Sall» son alliance avec Tanor résistera.  

DR MOMAR THIAM, SPECIALISTE DE LA COMMUNICATION POLITIQUE   : « Les coalitions ne résistent pas aux ambitions personnelles »

Comment comprendre cette attitude du président de la République qui s’est taillé la part du lion dans les investitures au niveau de la liste de Benno Bokk Yakaar ?

«J’ai deux niveaux d’analyse par rapport à cela. Le premier est strictement politique, en ce sens que pour reprendre les propos d’un grand chroniqueur, en la personne de Pape Alé, que j’ai écouté ce matin, «les partis qui sont coalisés dans Benno Bokk Yakaar, ce sont des formations qui ont donné corps et âme au président de l’Apr». C’est eux qui ont donné carte blanche au premier des Sénégalais  pour la confection des listes. Quand vous donnez carte blanche à quelqu’un, vous devez accepter et les avantages et les inconvénients. Si vous ne vous retrouvez pas sur la liste, vous devez vous en contenter d’autant plus qu’il s’agit d’élections législatives et un parti au pouvoir a toujours besoin de renforcer ses avantages dans l’hémicycle parlementaire.

Le second niveau d’analyse est purement stratégique. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que l’Apr n’est pas un parti structuré. Et pour qu’un parti soit structuré, il faut qu’il ait de bonnes bases, dans les chambres parlementaires que ce soit au Sénat, qui n’existe plus, soit à l’Assemblée nationale, soit même au Haut conseil des collectivités territoriales. Pour cela, il faut mettre en avant ceux qui font vivre ce parti-là, c’est-à-dire les    têtes de gondoles. Du point de vue stratégique, il n’est pas bon pour l’Apr d’investir des gens qui ne sont pas de l’Apr. Parce que l’Apr est au pouvoir, même si c’est dans le cadre d’une coalition, le président de la République est le président de l’Apr. Rappelons un tout petit peu quand Wade est arrivé au pouvoir en 2000, avec la Coalition 2000 des partis de Gauche. Dès qu’il a gagné la présidentielle, c’est Moustapha Niasse qui était élu Premier ministre. Il est donc le chef du gouvernement. Si à l’époque, Moustapha Niasse était pendant 2 ou 3 années Premier ministre, il serait légitimement en train de placer, excusez moi du mot, les membres de l’Afp au cœur du pouvoir. Qu’est-ce que Wade a fait ? Au bout de 9 mois, il l’a défénestré pour placer les têtes de gondoles, pour reprendre cette terminologie marketing, pour placer le Pds au cœur du pouvoir. C’est pour montrer que le pouvoir, c’est d’abord le pouvoir du Président de la République, parce qu’on est dans un régime présidentiel. Le président est le chef du parti au pouvoir, et donc le parti qui doit être bien représenté.

Est-ce que cela ne sonnerait pas le début de la fin du compagnonnage dans Benno Bokk Yakaar ?

Vous savez, les compagnonnages politiques sont faits en général pour exploser en vol. Regardez aujourd’hui ce qui se passe en France avec l’élection de Macron. Son premier allié, c’est François Beyrou du Modem. Aujourd’hui, il a gagné la présidentielle, il a quelque part réconforté le Modem qui était en perdition dans le paysage politique français. Avec les élections législatives, le Modem risque d’avoir aujourd’hui, plus de 60 députés. Donc, avoir un groupe parlementaire dans l’hémicycle. Cela veut dire que le Modem peut constituer une force de frappe. Qu’est-ce que François Beyrou a fait ? Il a utilisé, il l’a même dit hier, sa liberté de ton pour intervenir dans les médias, jusqu’à être recadré par le Premier ministre qui parle de solidarité gouvernementale. Il a répliqué pour dire, si j’ai quelque chose à dire, je le dirais. Donc, aujourd’hui, en France, on est en train de dire que cette coalition va voler en éclat. Ce sera la même chose au Sénégal. Pour la bonne et simple raison que les coalitions ne résistent pas aux ambitions personnelles. Vous aurez Moustapha Niasse qui ne dit point mot parce qu’il est dans l’hémicycle. Vous aurez Ousmane Tanor Dieng qui ne dit point mot parce qu’on lui a servi le fromage du Hcct. Mais, par contre leur base, qui espérait un réconfort politique dans ces investitures pour les élections législatives, ne se retrouveront pas.

Aujourd’hui, que devrait être l’attitude des alliés qui se sont donnés corps et âme au chef de l’Etat, Macky Sall ?

Je vous l’ai dit. A partir du moment qu’on donne corps et âme au chef du parti au pouvoir, vous ne ferez que subir. Vous ne serez plus des acteurs, vous n’êtes que des réceptacles de la chose politique et des décisions du chef de l’Etat. Demain, les observateurs ou même l’opinion va se dire : «mais, ces gens là ont donné corps et âme et soutiennent sans réserve». L’Afp est allé jusqu’à dire :  «on soutient le président de la République pour l’élection présidentielle de 2019». Ça veut dire que l’Afp n’aura pas de candidat. Si on est capable de dire qu’on soutient le président pour 2019, mais forcément pour une élection intermédiaire comme les législatives, on a rien à dire s’il ne vous investit pas. Demain, je vous dis, la marmite va commencer à bouillir à la base. Il ne faut pas exclure qu’une partie à la base, puisse s’adonner à un vote sanction, pour faire comprendre son mécontentement.

Je trouve même que, si cela a lieu, simple scénario, ça peut être une bonne chose pour faire réfléchir davantage les états-majors politiques pour leur faire comprendre que la donne  politique de l’opinion par rapport à la chose politique a changé. On ne suit pas plus un parti politique parce qu’il y a  un homme devant et on est derrière cet homme. Il y a un idéal, un projet de société qui nous fait avancer. C’est autour de ce projet de société où on inscrit nos perspectives et nos ambitions politiques. C’est ça qui va être la rampe de lancement, pour faire changer la configuration des partis politiques au Sénégal et des hommes politiques qui les dirigent».

 MOMAR DIONGUE JOURNALISTE ANALYSTE POLITIQUE : «Tant que ce trident, Apr, Afp et Ps, restera à la tête de Benno, il me semble que l’alliance tiendra»

Les militants de l’Alliance pour la République (Apr) sont beaucoup plus présents sur les listes d’investiture de la coalition Benno Bokk Yakaar au détriment des alliés. Comment l’analyser ?

«Il faut d’abord s’attendre à ce que ces investitures soient particulièrement difficiles, pour le président de la République, en raison du caractère très hétéroclite de la coalition. Il y a l’Apr à satisfaire, les alliés de Macky 2012, Benno Bokk Yakaar, notamment ses principales composantes Parti socialiste et Alliance des forces du progrès à satisfaire, sans oublier les alliés de la 25ième heure qui ont rejoint la coalition présidentielle et qui ne se reconnaissent ni dans Macky 2012, ni dans Benno, ni dans l’Apr et qui veulent être servis. Tout cela a rendu particulièrement compliquée la situation au président de la République.

Maintenant, on peut comprendre qu’en même temps qu’il ait servi davantage son parti que d’autres. D’abord, pour une raison bien simple, le Président Macky Sall n’a plus de responsabilité à partager au-delà de ces législatives jusqu’à la présidentielle de 2019. L’Assemblée va être constituée et c’est pour cette raison que beaucoup d’apéristes jouent leur va-tout et se disent que s’ils n’ont pas de responsabilités à l’occasion de ces législatives, c’est clair qu’ils n’en n’aura pas d’ici la présidentielle. Parce que, le Hcct a été mis en place avec 150 membres, le Cese l’a été aussi avec 150 places. On a vu également que tous les postes de Direction générale, de président de conseil d’administration, ont été distribués à des militants apéristes et à des alliés. Comme l’a dit le président de la République, à l’intention des syndicalistes, tout le monde ne peut pas avoir une part au gâteau que l’on partage. Donc, vous voyez un peu qu’il y a des gens qui jouent leur va-tout. Qui se disent que voici la dernière occasion qui le reste, s’ils veulent se retrouver avec des responsabilités ou un titre sous le régime de Macky Sall. Beaucoup de responsables apéristes jouent leur va-tout et mettent la pression sur le Président Macky Sall.

Mais, si l’Apr s’adjuge la quasi-totalité des postes de député, ne va-t-on pas droit vers l’implosion de la coalition Benno Bokk Yakaar ?

Non, je ne le crois pas pour deux raisons. C’est-à-dire que dans Benno, il faut reconnaître qu’il y a trois composantes, tout le reste fait quasiment de la figuration. Il y a principalement l’Apr, le Ps, l’Afp. Tant que ce trident restera à la tête de Benno, il me semble que l’alliance tiendra. Or, aujourd’hui, l’Alliance tient entre Tanor et Macky Sall, tout simplement, à cause de la rivalité qu’il y a entre Khalifa Sall et Macky Sall. C’est-à-dire, tant que Khalifa Sall constituera un danger réel pour Macky Sall, tant qu’il se positionnera comme un challenger redoutable pour Macky Sall, tant que Macky Sall se rendra compte qu’il y a des pans entiers du Ps qui pourraient se retrouver derrière Khalifa Sall, son alliance avec Tanor tiendra. Et, c’est pour cette raison qu’il n’a pas hésité à consolider cette alliance avec Tanor, qui était jusque là un singleton quasiment, il lui a donné une responsabilité et il lui a élevé au grade de président d’une Institution, le Hcct. Donc, je crois qu’il l’a fait tout simplement pour consolider l’alliance qu’il y a entre lui et le Ps parce que Khalifa Sall constitue une menace. De la même manière qu’on s’est rendu compte dans le partage des sièges au niveau de la future Assemblée, il a accordé une très grande part au Ps contrairement à l’Afp. Il l’a fait tout simplement dans le souci d’affaiblir Khalifa Sall et son camp. Il s’est rendu compte que, plus il donnera des postes à Tanor et à sa tendance, plus il affaiblira Khalifa Sall. Donc, c’est la même logique qui a prévalu. Tant que Khalifa Sall constituera un danger pour Macky Sall, Macky tiendra absolument à son alliance avec Ousmane Tanor Dieng. Il fera tout pour que cette alliance tienne.

Pour ce qui est maintenant de l’Afp, là aussi je ne crois pas que, malgré les cris de protestation de certains progressistes, qui estiment qu’on leur a donné la portion congrue, l’alliance va casser pour autant. Parce que tout simplement, là aussi Macky Sall tant qu’il donnera à Moustapha Niasse la possibilité d’être au perchoir de l’Assemblée nationale, l’alliance tiendra. C’est une question d’honneur pour Moustapha Niasse. C’est une question de prestige, surtout dans la rivalité qui l’a toujours opposé au Ps, et notamment à Tanor, de pouvoir être aussi élevé au rang de président d’une Institution, et surtout de deuxième personnalité de l’Etat.

Aujourd’hui, quelles peuvent être les menaces qui peuvent planer sur cette alliance de Benno au sortir des législatives ?

Moi, je pense que la seule menace qui peut planer sur cette coalition Benno, c’est le réveil de la vieille rivalité entre socio-démocrates. C’est-à-dire tous ceux qui sont sortis du Parti socialiste originel, en l’occurrence Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, et Djibo Leyti Ka. Ces personnes là qui ont été pouponnés au Ps, qui ont fait leurs armes et leurs places, à un moment donné ont été opposées par une forte rivalité. Ce qui a conduit d’ailleurs à la chute du Ps du pouvoir quand Moustapha Niasse et Djibo se sont retirés du parti. Cette vieille rivalité pourrait resurgir au sein de la coalition Benno. Macky Sall avait réussi, jusque-là, et même Djibo Leyti Ka avait dit que c’était ça la prouesse de Macky Sall d’avoir réussi à garder des ténors de la trempe de Moustapha Niasse, de Tanor et de lui-même dans la même alliance sans que rien ne bouge et que tout se fasse en harmonie. Maintenant, c’est cette harmonie qui risque d’être menacée avec les frustrations nées des investitures. Parce que figurez-vous, même si Moustapha Niasse sera Président de l’Assemblée, il pourrait se retrouver avec seulement 6 députés, contre 20 du Ps. Est-ce que vous pensez que Moustapha Niasse, même s’il voudra tenir à son honneur de président de l’Assemblée nationale que tous les progressistes vont se ranger derrière ça ? Je pense que cette frustration là sera très difficile à surmonter. Voyez aussi le cas de Djibo Leyti Ka de l’Urd, qui pourrait se retrouver avec zéro député, alors que dans toute l’histoire de ce parti-là, ça n’a jamais été le cas. Vous voyez donc que la part belle qui a été faite au Ps, avec une vingtaine de députés possible, parce que Macky Sall a un point de mire tout simplement la guerre avec Khalifa Sall et voudrait renforcer le Ps parmi ses alliés, vue la partie congrue qui sera réservée à l’Afp, que 6 députés, et le zéro pointé de l’Urd. Ecoutez les gens pourraient commencer maintenant à se regarder en chiens faïence entre ces trois composantes de Benno et qui sont originaire du Ps, en l’occurrence l’Urd, l’Afp, le Ps. C’est la seule menace que je vois planer sur la coalition Benno Bokk Yakaar.

Sudonline

Bac philo 2017 : tous les sujets en série L, ES, S et techno


L'épreuve de philosophie a débuté à 8 heures jeudi. Découvrez sur quoi les candidats des filières L, ES, S et techno doivent plancher.
BAC


C'est parti pour le baccalauréat 2017. Jeudi matin, 520.000 lycéens de Terminale générale ou technologique ont franchi les portes des centres d'examen.

Première étape de ce marathon : l'épreuve de philosophie. Les candidats au bac ont quatre heures pour réaliser une dissertation ou un commentaire de texte.


• Les sujets en SÉRIE L :


Sujet 1 : Suffit-il d'observer pour connaître ?
Sujet 2 : Tout ce que j'ai le droit de faire est-il juste ?


Sujet 3 : Un Auteur célèbre*, calculant les biens et les maux de la vie humaine et comparant les deux sommes, a trouvé que la dernière surpassait l'autre de beaucoup et qu'à tout prendre la vie était pour l'homme un assez mauvais présent. Je ne suis point surpris de sa conclusion ; il a tiré tous ses raisonnements de la constitution de l'homme Civil : s'il fût remonté jusqu'à l'homme Naturel, on peut juger qu'il eût trouvé des résultats très différents, qu'il eût aperçu que l'homme n'a guère de maux que ceux qu'il s'est donnés lui-même, et que la Nature eût été justifiée.

Ce n'est pas sans peine que nous sommes parvenus à nous rendre si malheureux. Quand d'un côté l'on considère les immenses travaux des hommes, tant de Sciences approfondies, tant d'arts inventés ; tant de forces employées ; des abîmes comblés, des montagnes rasées, des rochers brisés, des fleuves rendus navigables, des terres défrichées, des lacs creusés, des marais desséchés, des bâtiments énormes élevés sur la terre, la mer couverte de Vaisseaux et de Matelots ; et que de l'autre on recherche avec un peu de méditation les vrais avantages qui ont résulté de tout cela pour le bonheur de l'espèce humaine, on ne peut qu'être frappé de l'étonnante disproportion qui règne entre ces choses, et déplorer l'aveuglement de l'homme qui, pour nourrir son fol orgueil et je ne sais quelle vaine admiration de lui-même, le fait courir avec ardeur après toutes les misères dont il est susceptible et que la bienfaisante nature avait pris soin d'écarter de lui.
ROUSSEAU, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755.


• Les sujets en SÉRIE ES :


Sujet 1 : La raison peut-elle rendre raison de tout ?
Sujet 2 : Une œuvre d'art est-elle nécessairement belle ?


Sujet 3 : "Étant donné [...] qu'il n'existe pas au monde de République où l'on ait établi suffisamment de règles pour présider à toutes les actions et paroles des hommes (car cela serait impossible), il s'ensuit nécessairement que, dans tous les domaines d'activité que les lois ont passés sous silence, les gens ont la liberté de faire ce que leur propre raison leur indique comme étant le plus profitable. Car si nous prenons la liberté au sens propre de liberté corporelle, c'est-à-dire le fait de ne pas être enchaîné, ni emprisonné, il serait tout à fait absurde, de la part des hommes, de crier comme ils le font pour obtenir cette liberté dont ils jouissent si manifestement. D'autre part, si nous entendons par liberté le fait d'être soustrait aux lois, il n'est pas moins absurde de la part des hommes de réclamer comme ils le font cette liberté qui permettrait à tous les autres hommes de se rendre maîtres de leurs vies. Et cependant, aussi absurde que ce soit, c'est bien ce qu'ils réclament ; ne sachant pas que les lois sont sans pouvoir pour les protéger s'il n'est pas un glaive entre les mains d'un homme (ou de plusieurs), pour faire exécuter ces lois. La liberté des sujets ne réside par conséquent que dans les choses que le souverain, en réglementant les actions des hommes, a passées sous silence, par exemple la liberté d'acheter, de vendre, et de conclure d'autres contrats les uns avec les autres ; de choisir leur résidence, leur genre de nourriture, leur métier, d'éduquer leurs enfants comme ils le jugent convenable et ainsi de suite."
HOBBES, Léviathan (1651)


• Les sujets en SÉRIE S :


Sujet 1 : Défendre ses droits, est-ce défendre ses intérêts ?
Sujet 2 : Peut-on se libérer de sa culture ?


Sujet 3 : À la limite, la vie, c'est ce qui est capable d'erreur. Et c'est peut-être à cette donnée ou plutôt à cette éventualité fondamentale qu'il faut demander compte du fait que la question de l'anomalie traverse de part en part toute la biologie. À elle aussi qu'il faut demander compte des mutations et des processus évolutifs qu'elle induit. À elle qu'il faut demander compte de cette mutation singulière, de cette « erreur héréditaire » qui fait que la vie a abouti avec l'homme à un vivant qui ne se trouve jamais tout à fait à sa place, à un vivant voué à « errer » et destiné finalement à l'« erreur ».

Et si on admet que le concept, c'est la réponse que la vie elle-même donne à cet aléa, il faut convenir que l'erreur est à la racine de ce qui fait la pensée humaine et son histoire. L'opposition du vrai et du faux, les valeurs qu'on prête à l'un et à l'autre, les effets de pouvoir que les différentes sociétés et les différentes institutions lient à ce partage, tout cela même n'est peut-être que la réponse la plus tardive à cette possibilité d'erreur intrinsèque1 à la vie. Si l'histoire des sciences est discontinue, c'est-à-dire si on ne peut l'analyser que comme une série de "corrections", comme une distribution nouvelle du vrai et du faux qui ne libère jamais enfin et pour toujours la vérité, c'est que, là encore, l' « erreur » constitue non pas l'oubli ou le retard d'une vérité, mais la dimension propre à la vie des hommes et au temps de l'espèce.
FOUCAULT, Dits et Ecrits (1978).


• SÉRIE TECHNO :


Sujet 1 : Y a-t-il un mauvais usage de la raison ?
Sujet 2 : Pour trouver le bonheur, faut-il le rechercher ?


Sujet 3 : On voit à quoi se réduirait l'homme, si l'on en retirait tout ce qu'il tient de la société : il tomberait au rang de l'animal. S'il a pu dépasser le stade auquel les animaux se sont arrêtés, c'est d'abord qu'il n'est pas réduit au seul fruit de ses efforts personnels, mais coopère régulièrement avec ses semblables ; ce qui renforce le rendement de l'activité de chacun. C'est ensuite et surtout que les produits du travail d'une génération ne sont pas perdus pour celle qui suit. De ce qu'un animal a pu apprendre au cours de son existence individuelle, presque rien ne peut lui survivre.

Au contraire, les résultats de l'expérience humaine se conservent presque intégralement et jusque dans le détail, grâce aux livres, aux monuments figurés, aux outils, aux instruments de toute sorte qui se transmettent de génération en génération, à la tradition orale, etc. Le sol de la nature se recouvre ainsi d'une riche alluvion qui va sans cesse en croissant. Au lieu de se dissiper toutes les fois qu'une génération s'éteint et est remplacée par une autre, la sagesse humaine s'accumule sans terme, et c'est cette accumulation indéfinie qui élève l'homme au-dessus de la bête et au-dessus de lui-même. Mais, tout comme la coopération dont il était d'abord question, cette accumulation n'est possible que dans et par la société.


DURKHEIM, Education et sociologie (1922)
http://www.europe1.fr/societe/bac-philo-2017

 

COMMENT RÉUSSIR L'ÉPREUVE DE DISSERTATION ? par Tafsir al Ousseynou Samb

Cet ouvrage est un manuel pour l'apprentissage de la dissertation, matière qui pose tant de problèmes aux élèves. Ce travail, conçu dans une démarche pédagogique cohérente, conduit progressivement à une maîtrise des techniques de construction de la dissertation et incite à un exercice rédactionnel.


Règles de base et méthode d'apprentissage


+30 sujets traités
+11 plans de sujets exposés
+50 sujets proposés

Ancien élève du Lycée Van Vollenhoven de Dakar (1970 à 1977), Tafsir al Ousseynou est né à Saint-Louis du Sénégal, ville qu'il a chantée dans ses plus beaux poèmes. Il est un passionné de lecture mais aussi d'écriture au regard de ses nombreux manuscrits (recueil de poèmes, recueil de contes, roman, essais) qu'il envisage de publier. Malgré des études supérieures d'agronomie, qui l'ont conduit dans le milieu de la recherche scientifique, il n'en demeure pas moins passionné de
Lettres et de Beaux-Arts.

Une belle illustration qui prouve que Lettres et Sciences sont tout à fait compatibles. Fondateur et propriétaire de la Maison des Beaux-Arts de Saint-Louis, il dirige le Comité des Palmes saint-louisiennes pour les Arts et les Lettres, qui a distingué plus d'une quinzaine parmi les plus illustres écrivains, plasticiens et acteurs culturels de la ville de Saint-Louis.

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Que dire du Sénégal et des autres Etats ?


Les hauts fonctionnaires et les agents de l'administration ont environ deux mois pour déclarer leurs biens. L'opération lancée par Bamako a pour but de lutter "contre l'enrichissement illicite" dans le pays.


"La corruption est devenue un phénomène de société"


L'Etat malien a lancé en début de semaine une opération qui impose à tous les fonctionnaires de déclarer leurs biens et de justifier leur patrimoine d'ici fin août. Tout agent de l'Etat qui manquera à sa déclaration de biens subira des sanctions. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une lutte "contre l'enrichissement illicite".
Clément Dembélé, professeur des universités spécialisé en science politique, applaudit cette mesure, dans un pays où, selon lui, la corruption prend de plus en plus d'ampleur.


En Afrique c'est en politique que nous voyons des élus, des hommes politiques devenir riches sur le dos du peuple. En vérité on sait comment cela se passe. La corruption, les vols des deniers publics, le blanchiment d'argent, la médiation pour faire octroyer des biens et en retour d'ascenseur on vous donne de l'argent etc.
Au Sénégal beaucoup de tête tomberont en commençant où vous savez.


Tous contre la corruption ouvrez les comptes.

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La pléthore de listes, plus précisément 47 en lice pour les élections législatives du 30 juillet prochain, ne remet-il pas au goût du jour la nécessité de la confection d’un bulletin unique pour les différentes élections ? Une telle idée avait été agitée lors des concertations entre les différents pôles, à l’occasion de la révision du Code électoral, sans qu’un quelconque accord ne soit trouvé entre l’opposition et la majorité. Aujourd’hui, avec le méli mélo qui se profile relativement au processus de vote miné par la profusion des listes en compétition, les diverses coalitions de l’opposition  mettent au ban des accusés les autorités étatiques et le camp au pouvoir, tout ne rejetant pas le recours au bulletin unique pour une solution de sortie de crise. C’est du moins le cas pour Cheikh Guèye de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal, de Modou Diagne Fada de Mankoo Yeessal Senegaal, de Me El Hadji Diouf de la coalition Leral ou autre Sada Ndiaye de la Coalition gagnante Wattu Senegaal. A contrario, Benoit Sambou de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) rame à contrecourant en posant la question de la faisabilité d’une telle initiative. Raison suffisante pour recueillir l’avis de l’expert électoral Ndiaga Sylla qui démontre à suffisance que les éléments de certification technique requis par l’usage du bulletin unique sont incompatibles avec le cas d’espèce qu’est celui des législatives 2017, avec 47 listes de candidats sur la ligne de départ.

SADA NDIAYE DE LA COALITION GAGNANTE WATTU SENEGAL : «Le salut aujourd’hui, c’est le bulletin unique»

Il n’y a pas d’autre solution. Le salut aujourd’hui, c’est le bulletin unique. Parce qu’avec 50 bulletins sur la table, l’électeur est obligé conformément à la loi de pendre tous les bulletins qui sont mis à sa disposition. Il est tenu, il n’a pas de choix. Aujourd’hui, on est à presque 40 bulletins. Avec les formats A4, vous voyez la taille ? Vous voyez ce que ça fait ? Et vous avez en dehors des listes qui encombrent la table le représentant de chaque liste dans le bureau. Ça fait deux salles de classes au moins, et là ça pose problème. Dans tous les cas, on aura l’encombrement des papiers là où ça se pose et ça coûte énormément cher. Aujourd’hui par exemple, pour le cas de notre liste et certaines autres listes de coalitions, on nous fait deux bulletins : il y a un bulletin national avec les départements du Sénégal, c’est à dire la liste nationale avec les 50 suppléants et les 60 titulaires. Maintenant, au retour, vous avez les départements du Sénégal qui ont les mêmes bulletins avec le même format, les 60 titulaires et 50 suppléants et les 8 départements de l’extérieur.

Donc, rien qu’avec ma coalition Wattu Senegaal, on a droit à 2 bulletins. Vous voyez ce que ça fait. Je dis qu’en cas de bulletin unique, on n’aurait pas toutes ces feuilles-là. Après les élections, quand ils ont fait les bulletins en s’ouvrant aux indépendants, moi j’avais dit à l’époque qu’on allait vers cette situation. Mais ils n’ont pas voulu entendre. Parce qu’après, il y a eu un processus mené de manière solitaire et unilatérale. Le gouvernement de Macky Sall n’a pas fait preuve ni de vision ni d’ambition. Ce qui est arrivé aujourd’hui, on l’avait vu, on l’avait prévu depuis 2016.

 Si on m’appelait à la table des négociations pour la confection d’un bulletin unique, je serais d’accord. Mais, pour ces élections-là, c’est trop court. C’est trop tard. On est en train de faire les bulletins. Ils ont fait des appels d’offre en fonction des bulletins. Ils ont pris leur imprimerie à qui ils ont donné des consignes, des tâches bien précises, à savoir l’impression des bulletins recto verso avec les photos des têtes de listes. Le bulletin unique ne sera que pour les présidentielles de 2019 ou de 2022.

MODOU DIAGNE FADA DE MANKOO YEESSAL SENEGAAL : «L’opposition avait déjà posé sur la table la question du bulletin unique»

L’opposition dans son ensemble, lors des discussions avec le ministère de l’Intérieur, avait posé sur la table la question du bulletin unique. Et elle avait souhaité qu’on organise désormais les élections au Sénégal, notamment les présidentielles, tout comme les élections législatives avec un bulletin unique. Nous avions essayé de convaincre nos partenaires de la majorité. Mais, ils avaient catégoriquement refusé. Je crois qu’au sortir de ces élections législatives, si rien n’est fait d’ici là bien sûr, ils comprendront que l’idée était bonne, celle de confectionner un seul bulletin avec les symboles des différents partis ou coalitions en lice. A croire que dans tous les pays qui nous entourent, leurs élections sont organisées avec le bulletin unique. En tout cas, s’ils revenaient aujourd’hui pour m’en reparler, je serais parfaitement d’accord avec une telle idée.

ME EL HADJI DIOUF DE LA COALITION LERAL : «C’est seulement le gouvernement qui ne veut pas»

Tout le monde est preneur de la confection d’un bulletin unique, du moins tous ceux qui sont intelligents. C’est seulement le gouvernement qui ne veut pas. Mais, on comprend bien. C’est parce que les partis au pouvoir n’aiment pas le bulletin unique parce qu’ils veulent magouiller avec les bulletins. Les partis au pouvoir sont plus riches que les autres et ils achètent le vote. Il y a des spécialistes préposés à la corruption qui sont devant les centres de vote et qui demandent aux électeurs de leur montrer les bulletins pour prouver qu’ils ont voté pour eux. Et immédiatement, on leur donne une somme. C’est pourquoi, de façon incompréhensible, le pouvoir rejet le bulletin unique qui arrange tout le monde. D’abord, c’est le moins cher, c’est plus rationnel. On laisse les bulletins trop chers pour qu’ils atterrissent chez les vendeurs d’arachide. Cette pléthore de bulletins n’arrange que ceux qui ont de l’argent.

CHEIKH GUEYE, MEMBRE DE LA COALITION MANKOO TAXAWU SENEGAAL : «Il appartient aux autorités et à l’Etat... de faire des propositions qui vont dans ce sens»

Ça a toujours été une préoccupation dans ce pays. Des gens ont proposé moult solutions pour faciliter le vote, maintenant il appartient aux autorités et à l’Etat, tenant compte des difficultés notées par-ci et par-là, de faire des propositions qui vont dans ce sens. Aujourd’hui, on est arrivé à une situation extrêmement difficile. Une élection avec 47 listes, je me demande comment est-ce qu’on peut l’organiser du point de vue matériel, du point de vue organisation, du point de vue bulletin de vote, du point de vue même du vote en lui-même. Ce sont là autant de problèmes. Je pense que cela mérite vraiment un consensus fort pour annihiler les difficultés, pour que le vote puisse se dérouler de la façon la plus transparente, la plus démocratique mais aussi la plus rapide possible.

Qui a été organisateur ? C’est le ministère de l’Intérieur, Je pense que le ministère même devait tirer les leçons des élections locales précédentes où il y avait une épidémie de listes. Je pense que c’était un signal fort pour les autorités de se prémunir quand même d’une situation qui faciliterait le vote. Malheureusement, on n’a pas pris les dispositions à temps et du fait que nous sommes signataires de la convention de la Cedeao, il va être aujourd’hui très difficile de changer les règles du jeu à moins de 6 mois des élections.

BENOIT SAMBOU DE LA COALITION BENNOO BOKK YAAKAAR : Comment peut-on aligner sur un bulletin une cinquantaine de listes ?»

Cette question a été agitée pendant la révision du Code électoral et après révision, elle a été ajoutée. Personne n’a jamais trouvé la solution. Parce qu’aujourd’hui, même avec un bulletin unique, comment pouvez-vous aligner une cinquantaine de listes ? Techniquement, comment peut-on aligner sur un bulletin une cinquantaine de listes? Il faut que, techniquement, les gens le prouvent et que les partis politiques puissent l’accepter. On n’a jamais réussi à s’entendre. Dans toutes les rencontres, la question a été agitée. Ni l’administration ni les partis politiques n’ont su apporter une solution satisfaisante. Dans toutes les revues, on a agité la question mais c’est la faisabilité de la chose qui pose problème. Parce que, sur un seul bulletin, si on met une cinquantaine de listes là-dessus, quelle sera la taille des effigies ? Ça se fait ailleurs, oui. Ça ne veut pas pour autant dire que cela doit se faire ici. Pour des élections présidentielles, c’est moins compliqué mais pour des législatives avec notre système où on doit mettre les noms de tous les candidats, quelle sera la taille du bulletin alors ? C’est une question technique. Et personne n’a jamais apporté des solutions typiques. Les gens ne font que parler, mais ce serait un avantage pour tout le monde. On gagne du temps et techniquement encore, ça règlerait les problèmes de démocratie.

Sur ces questions-là, il ne faut pas introduire dans le système quelque chose qui ne règle pas le problème. Ce n’est pas parce que ça se fait ailleurs que c’est mieux. Il faut qu’il y ait encore une concertation notamment pour ce vote-ci autour de la faisabilité des choses. On n’est pas obligé de prendre tous les bulletins. Dans beaucoup de systèmes, les gens ne sont pas obligés de prendre tous les bulletins avant d’aller voter. En France, on dit qu’à partir de deux, c’est déjà plusieurs, il y a toutes ces possibilités qui sont offertes. C’est notre système qui impose à l’électeur de prendre tous les bulletins. Donc, s’il y a une discussion ou un compromis politique, on doit pouvoir trouver une solution.

Mais le bulletin unique, ce n’est pas forcément la meilleure solution, techniquement parlant. Elle peut être sociologiquement un avantage. Les gens ne font que parler mais personne n’apporte techniquement de solutions. D’ailleurs, je me souviens que l’ancien président, en son temps, via le ministère de l’Intérieur n’avait pas su techniquement le démontrer. Il avait dit puisque c’est comme ça, qu’on mette sa photo devant toutes les autres photos».

NDIAGA SYLLA, ANALYSTE ELECTORAL : «Le prix unitaire du bulletin unique est plus cher que celui des bulletins pluriels»

Il y a l’option du bulletin unique. Sauf qu’à cette étape de la procédure, elle peut comporter quelques limites liées au fait qu’on a déjà déclaré les candidatures. Il y a aussi le fait que ça va impacter une quinzaine d’articles du Code électoral si on se fonde sur le rapport de la Revue du Code électoral de 2011. L’autre chose est que nous ne disposons pas d’assez de temps pour mener la campagne de sensibilisation. Parce  que l’usage du bulletin unique devrait amener les acteurs à imprégner les électeurs sur le mode d’usage. Il y a aussi un troisième argument plus ou moins déterminant. C’est le format des bulletins avec la pléthore de candidatures. Parce que généralement dans les pays où il y a le bulletin unique avec le format A4, pour que ce soit acceptable et visible, il faut que la page ait 8 à 10 candidats. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, avec le format A4, on allait avoir 4 à 5 pages. A défaut, c’est d’avoir un très grand format A3. Seulement, pour ce format, si tu disposes sur une même ligne plusieurs candidats, il peut y avoir risque de confusion. Généralement pour le bulletin unique, on ne met pas sur une même ligne plusieurs candidats pour éviter les confusions. Si le bulletin est plié, ça peut impacter sur la photo d’un candidat. Donc, le plus acceptable, c’est le format A4, mais en prévoyant au maximum 10 candidats. Parce que, si on prend la longueur du bulletin, on met 10 candidats. Sur la largeur, on mettra la photo de la tête de liste, le symbole, le sigle et une cage pour pouvoir cocher.

Souvent, un bulletin unique a toujours une souche avec des numéros, avec un hologramme pour l’identification des bulletins. Il y a un certain nombre d’éléments de certification technique. Du coup, le prix unitaire du bulletin unique est plus cher que le coût unitaire des bulletins pluriels. Ce n’est que globalement que ça peut impacter sur l’économie. 

Sudonline

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À un siècle de vie moins neuf, l’ancien président Wade veut tenter le tout pour le tout pour ces législatives. Les importants moyens déployés font craindre beaucoup de choses.

On le présentait fauché et à court d’argent. Mais les minutes de la conversation entre Wade et ses alliés donne une autre réalité. Les moyens colossaux détenus par les Wade, serait-il à l’origine des tensions diplomatiques entre Doha et Dakar ? En tout cas, le trésor de guerre est bien mis en place. Une occasion pour Me Abdoulaye Wade d’étaler encore toute son imprévisibilité. Il a annoncé à ses proches et au comité d’investitures, que sa Coalition ne souffrira pas de manque de moyens. « Je mettrai plus que Macky et ses alliées » a-t-il lancé, aux frères d’Oumar Sarr. Pour ce faire, tous les départements seront dotés de moyens mobiles avec deux véhicules 4X4 par département. S’y ajoute, le budget de campagne à coup de millions par candidats investis ! C’est dire que Me Wade compte armer ses troupes.

Wade compte mobiliser des centaines de millions, des 4X4 et un hélicoptère

Personnellement, vu son âge avancé, le père de Karim Meissa Wade voudrait lancer sa marche bleue victorieuse contre Diouf en 2000. Seulement, ses dispositions physiques l’empêchent de squatter les quatre coins du Sénégal en voiture. Pourtant, c’est ce qui était son option. Renouer avec les bains de foule. Mais son fils l’a dissuadé de battre campagne avec un hélicoptère. Le Président Macky Sall aura donc un sérieux client. Ligoté par la loi, devant donc assister à cette campagne en spectateurs, le chef de l’Etat assistera impuissant aux attaques d’un Wade qui va axer sa communication sur ce qui fera mal. Véritable communicateur, Wade profitera de cette tribune de communication véritable pour faire le bilan du régime. Pour des élections législatives. Et il donnera tous les coups. Pour qui connait Wade et ses méthodes. En face, les troupes dirigées par le Premier ministre sont avertis. Mouhammad Boune Abdallah Dione devra donc tirer toutes ses ressources pour bien vendre l’action gouvernementale. Et cela passerait par une bonne communication, pas celle scientifique mais populistes. Il faudrait, dès lors, pour le premier ministre, anticiper sur le point fort de Me Wade. Le discours populiste. Il reste maintenant pour la mouvance présidentielle à peaufiner la bonne stratégie pour contenir les assauts mortels à venir. Wade, Khalifa, Abdoul Mbaye pour ne citer que ceux-là.

 

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