Par Siegfried Forster 

Etre à la fois fier du passé et tourné vers l'avenir. Le Fespaco, le plus grand festival de cinéma africain, créé en février 1969, fête ses 50 ans. La cérémonie d'ouverture aura lieu ce samedi 23 février au stade municipal de Ouagadougou, qui se transforme en capitale du cinéma en Afrique. Pour sa 26e édition, le festival présente plus de 160 films de tout le continent mais aussi de la diaspora. Le cinquantenaire, consacré au thème « Mémoire et avenir des cinémas africains », sera également l'occasion rêvée d'honorer les plus grands cinéastes africains et de projeter tous les films lauréats depuis un demi-siècle.

Le Fespaco ? Oui, ça se passe en Afrique, mais c'est unique au monde. Et cela commence dès l'ouverture avec le spectacle fulgurant des cavaliers et le cheval cabré devant la tribune officielle, à l'image de l'Etalon de Yennenga, le trophée légendaire du Fespaco, inspiré par la princesse guerrière du mythe fondateur de l'empire des Mossis. Cette « Palme d'or africaine » est devenue l'un des symboles de l'identité culturelle africaine.


Rwanda, pays invité d'honneur


Le film d'ouverture, The Mercy of the Jungle, du cinéaste Joel Karekezi, du Rwanda, pays invité d'honneur de cette édition cinquantenaire où dansera aussi le ballet national du Rwanda, sera projeté au Ciné Burkina, salle célèbre pour son accueil des festivaliers, aux rythmes burkinabè, par des musiciens locaux « chauffant » la salle avant chaque séance. Dans la chaleur de la capitale, on peut parfois assister à de véritables scènes de liesse dans les salles, avec un public acclamant son cinéaste comme une rock star, dansant, chantant, jusqu'à ce que la séance suivante mette fin à l'euphorie.
Ce rendez-vous cinématographique hors norme, avec ses 450 projections prévues et ses 5 000 professionnels du cinéma et des médias, ainsi que 100 000 spectateurs attendus pendant les huit jours de l'édition 2019, représente la fierté de tout un pays. En 1969, tout commence avec une « petite » semaine du cinéma africain, lancée par les fervents cinéphiles du ciné-club franco-voltaïque qui partent d'un constat simple : à l'époque, les Africains ne peuvent pas voir de films africains.

« Des images de l'Afrique, par l'Afrique et pour l'Afrique »


Dès le premier festival, en février 1969, avec ses 20 films (dont 14 africains) et ses 10 000 festivaliers, le grand cinéaste sénégalais Ousmane Sembène soutient l'idée d'installer un rendez-vous cinématographique dans ce pays qui s'appelait encore à l'époque la Haute-Volta et ne disposait pas de structure de cinéma. Dans un précieux enregistrement lors de la clôture de la première édition, conservé par l'INA, on entend Sembène se demander si cette manifestation devait avoir lieu à chaque fois dans un Etat africain différent « ou si ce n'est pas mieux qu'un point fixe soit nommé par tout le monde, désigné pour être le lieu de rencontres. Ce point, bien entendu, ne se détermine pas, parce que ce point a des réalisateurs ou n'a pas de réalisateurs, ce point doit être un point de rencontres. »


Avec sa devise sacrée, « des images de l'Afrique, par l'Afrique et pour l'Afrique », le Fespaco a depuis entrepris la « décolonisation » de l'image et remis la plus haute distinction du cinéma africain à des géants comme le Malien Souleymane Cissé, l'Algérien Brahim Tsaki, le Burkinabè Idrissa Ouédraogo, le Mauritanien Abderrahmane Sissako, l'Ethiopien Haïlé Guérima ou le Sénégalais Alain Gomis, l'un des rares à avoir remporté deux fois l'Etalon de Yennenga avec Tey (2013) et Félicité (2017).


Le Fespaco a transcendé le cinéma africain


En 50 ans, le festival a transformé la ville de Ouagadougou et transcendé le cinéma africain, longtemps éparpillé et mal considéré. Aujourd'hui, se dresse au cœur de la capitale le Monument des cinéastes rendant hommage aux cinéastes africains : une sculpture géante érigée en 1987 et composée de bobines de film et objectifs de caméra. Sans parler des statues en bronze, à taille humaine, consacrées depuis 2009 aux lauréats de l'Etalon de Yennenga sur l'avenue Mgr Thévenoud.


Au-delà de la ville, le Fespaco a changé profondément le rôle du cinéma et de la société. Lors de la présentation de l'édition 2019 à l'Unesco, Alimata Salembere, membre fondatrice du Fespaco et première présidente du festival, rappelait que, en 1969, « Nous avions que deux salles à Ouaga, exploitées surtout par des étrangers et qui programmaient des westerns et des films étrangers ». Elle a gardé aussi le souvenir d'une époque où les femmes étaient mal vues dans les salles de cinéma, d'où l'initiative du président Aboubacar Sangoulé Lamizana de montrer l'exemple et d'emmener son épouse pour voir le film d'ouverture. Ou la rage historique de Thomas Sankara, président cinéphile du Conseil national de la révolution, quand il a vu des bobines traînées par terre, provoquant ainsi une salutaire prise de conscience pour préserver les archives du cinéma au nom de la conquête culturelle au service de la Révolution.


Alimata Salembéré, membre fondatrice du Fespaco et première présidente du Festival. Siegfried Forster / RFI


La « libération des peuples » et le sous-financement du cinéma


En 50 ans, les différents thèmes des éditions ont marqué l'esprit d'engagement et la volonté de changement inhérents au Fespaco : on y débattait de « l'éveil d'une conscience de civilisation noire », du « cinéaste africain du futur », de la « libération des peuples », de « cinéma et identité culturelle », de la « diversité culturelle ». Mais, malgré des chartes et des manifestes et la Déclaration solennelle de Ouagadougou, proclamée en 2013, le cinéma africain n'a pas réussi à résoudre le problème éternel du sous-financement ni à sortir du cercle vicieux où l'absence de salles empêche la production - et l'absence de production qui empêche, elle, la création de salles.


Colin Dupré, historien de cinéma et auteur du livre Le Fespaco, une affaire d'État(s), met au profit du festival « une amorce de décolonisation des écrans. Jusqu'au milieu des années 1970, les écrans africains ne montraient aucun film africain, parce que les sociétés de distribution étaient des sociétés françaises qui se servaient de copies usagées qui avaient déjà tourné, pour les passer ensuite en Afrique. La principale tâche du festival a été alors de décoloniser les écrans. La deuxième tâche était de fédérer les cinéastes dans un endroit au sud du Sahara. Il y avait déjà les Journées cinématographiques de Carthage (JCC), mais le Fespaco a fédéré les cinéastes et cela a participé à un mouvement culturel en Afrique. La deuxième tâche très importante du Fespaco était de participer au mouvement et à l'ébullition culturelle des années 1970 et 1980. »


« Notre tasse de thé, c'est le Fespaco »


Depuis, le Burkina Faso a réussi – avec des hauts et des bas, des moments d'exaltation et d'instrumentalisation politique – à maintenir et à cultiver le plus grand rendez-vous cinématographique en Afrique. Aujourd'hui, on est loin des 400 000 festivaliers affichés en 1987 ou du boycott des manifestations officielles du festival en 1989, lorsque de nombreux cinéastes protestaient contre l'assassinat de Thomas Sankara et la prise du pouvoir par Blaise Compaoré. Après la chute de ce dernier, lors de la révolution d'octobre 2014, des films sur Thomas Sankara ont droit de cité dans les salles et, depuis 2015, existe même un prix au nom du capitaine.


Le Fespaco est (re)devenu plus libre, nous confiait lors de l'édition 2017 le réalisateur burkinabè Tahirou Ouédraogo : « Avant le départ du président [Blaise Compaoré, ndlr] qui avait fait vingt-sept ans de pouvoir, c'était compliqué. Quand tu écrivais ton scénario, tu devais faire attention à ce que tu disais. » En même temps, le festival garde sa spécificité : « Le Festival de Cannes est une autre dimension, mais cela ne veut pas dire que Cannes est mieux que le Fespaco. Le Fespaco est panafricain. Notre tasse de thé, c'est le Fespaco. »
Le siège du Fespaco à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Siegfried Forster / RFI


L'actuel directeur général du Fespaco, Ardiouma Soma, souhaite surtout « mieux implanter encore le Fespaco et permettre aussi de repositionner le Fespaco pour les 50 prochaines années. » Avec des projections dans les marchés, les écoles et devant les maisons des jeunes dans les villages et communes rurales, le Fespaco exprime sa volonté de rester populaire. De l'autre côté, la sélection des longs métrages en lice pour l'Etalon d'or 2019 révèle une ambition de s'ouvrir encore plus à l'international, avec vingt films de 16 pays africains, dont trois Burkinabè.
« Beaucoup d'amour »


Dans la compétition règne aussi une forte présence du Maghreb (quatre films) et de l'Afrique anglophone (six films). L'Afrique lusophone sera de la partie avec Joao Luis Sol de Carvalho du Mozambique. L'apparition de beaucoup de noms inconnus au niveau international prouve une forte envie de renouvellement. Et, pour la première fois, un Etalon d'or sera décerné dans la catégorie documentaires. Sans oublier la sélection Panorama avec une entrée en force de jeunes cinéastes.


« On s'est rendu compte que la jeunesse africaine s'est véritablement emparée de l'outil numérique pour s'exprimer et cela présage vraiment un bel avenir, déclare Ardiouma Soma, le délégué général. On a reçu plus de 1 000 films. Le Fespaco sera la vitrine du cinéma africain. » Et même au-delà, avec une sélection intitulée « Films du monde ». « Vous allez y trouver des films faits par des non-Africains sur l'Afrique, des personnes qui s'emparent des Africains et qui montrent l'Afrique différemment, avec beaucoup d'amour », dit Ardiouma Soma.


Que la fête commence... en sécurité


En attendant l'ouverture, la question de la sécurité s'est invitée au festival. Lors de sa visite à Paris, Abdoul Karim Sango, le ministre de la Culture burkinabè, voulait rassurer les festivaliers en dépit d'une situation devenue préoccupante, avec des attaques récurrentes ayant eu lieu dans plusieurs régions du pays. « Le gouvernement du Burkina Faso a pris toutes les mesures pour assurer la sécurité des festivaliers, qui viendront en sécurité et qui repartiront en sécurité », a déclaré le ministre/


Le festival panafricain du cinéma se retrouve donc plus que jamais dans le rôle d'un défenseur de la liberté avec, à ses côtés, tous les amoureux du Fespaco qui n'attendent qu'une chose : que la fête commence !
► Fespaco 2019 : La liste des films africains en lice pour l'Etalon de Yennenga


► Fespaco 2019 : Qu'attendez-vous du cinquantenaire ?
► Le programme officiel du Fespaco 2019 => http://tinyurl.com/y536xjjd


Jihan El-Tahri et le Fespaco "Nous les cinéastes de la diapsora..."

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A mon premier Fespaco, il y avait une espèce de cassure : la jeunesse avait décidé de créer la Guilde des cinéastes africains. C'était très animé. Pour moi, c'était un peu la révolution et j'adore les révolutions. Donc, j'étais tout excitée et je voulais participer ; je lève la main et, là, quelqu'un me dit " Non, on parle des Africains ". Et je dis : " Mais je suis Africaine ". " Non, tu es blanche. " Je proteste : " Mais ça ne va pas ! ". Et ça a été mon premier clash, à propos de cette cassure entre Nord et Sud. Et maintenant, quasiment tous mes films traitent de cette question-là. C'est aussi au Fespaco que j'ai vu le film " Rage " [de Newton Aduaka] qui m'a bouleversé. C'était un film d'une grande puissance, qui parlait d'une histoire de métissage et en même temps, cela traitait de notre histoire à tous, surtout nous, les cinéastes de la diaspora.

Notre cœur appartient à l'endroit d'où l'on vient mais celui qui part perd sa place. Quand on revient chez nous, on nous regarde comme des invités. Donc, ce besoin d'appartenance, on le retrouve entre nous. Et, donc, Newton et son film " Rage ", avec cette déchirure chez cet enfant métis qui n'arrive pas à trouver sa place, ça me touchait personnellement. Je suis consciente qu'au Fespaco, il y a tellement de gens, il y a tellement de films et c'est un festival tellement énorme que c'est difficile... Mais l'organisation doit être un peu plus disciplinée. Ce n'est pas possible qu'il y ait des films importants pour l'époque, visuellement novateurs et que l'on réclame partout, et que ces films-là soient écartés du Fespaco. Il faut que l'on soit rigoureux et que l'on soit à la hauteur de l'importance de ce festival.

Propos recueillis par Balufu Bakupa-Kanyinda (entretien Cinékap)
KAD
Enjeux Groupe
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Communication et Civilisation
COMMUNICATION, MÉDIAS

Quand on parle d'intelligence artificielle (I.A.), on aborde généralement le sujet sous un angle purement technique, ou sur une comparaison de l'intelligence des machines avec celle de l'homme. Cet ouvrage offre une perspective différente, parce que communicationnelle. En effet, l'intelligence artificielle génère un être à vivre ensemble tout comme elle est un appui remarquable aux techniques et systèmes de communication. L'ouvrage est divisé en trois parties.

La première revient sur les fondements et les spécificités de l'intelligence artificielle, la deuxième met en lumière la façon dont l'intelligence artificielle a été et est abordée en Sciences humaines et sociales avec une nette focalisation sur les Sciences de l'information et de la communication et, la troisième, relève les enjeux et pratiques de l'intelligence artificielle dans le cadre du développement. Plusieurs aspects sont ainsi analysés : la sécurité, la santé, l'éducation, l'économie, l'environnement.

Alain Kiyindou est Professeur des universités en sciences de l'information et de la communication à l'Université Bordeaux Montaigne, directeur du laboratoire Médiation, information, communication et arts, titulaire de la chaire Unesco Pratiques émergentes des technologies et communication pour le développement, Président d'honneur de la Société française des sciences de l'information. Parmi ses ouvrages : Les sciences de l'information et de la communication. Par-delà les frontières, L'Harmattan, Paris, 2016 ; Technologies de l'information et de la communication. Enjeux et usages pour le développement, Hermes Lavoisier, 2010 ; Les pays en développement face à la société de l'information, L'Harmattan, 2009.


Par: Souleymane Diallo

'C'est en regardant l'émission de Sada Kane que je tombe sur cet auteur non voyant qui m'intrigue par ses mots ses pensées sa confiance tenace et je continue à tendre l'oreille parce que le son était mauvais (pauvre Sénégal la rigueur est toujours en vacances). Sada donne la parole a d'autres invités qui parlent de l''auteur et je me dis, quelle originalité. En toute modestie en l'écoutant il me semblait entendre mon ami le penseur libre Pap Ndoy qui aborde les sujets avec une singularité qui force l'adhésion des rigoristes. Il y a tout un travail sur le noir, la pénombre, la nuit. On parle de voir dans le nuit, voir à travers l'obscurité ou lire la vie dans le noir, on parle aussi de ces voyants qui lisent la vie dans du marre de café ou dans la cendre ou autres. L 'handicap n'est pas forcément handicapant, il peut limiter mais pas soumettre à l'inaction. On dira ici que Sidy est malvoyant ou non voyant mais il est visionnaire. Pape B CISSOKO

« Oui, la science avait été dite. Elle avait fait fi des émotions, des supplications du patient: "Docteur, faites que je revoie, car j'ai une femme et des enfants en bas âge. Ils ont besoin de moi pour les accompagner dans la vie." Mais rien n'y fit, la décision divine avait été prise et relayée par la science : Moustapha ne verrait plus. »Sidy

L'auteur, natif de Dakar, n'a pu achever ses études à cause d'une méningite qui a eu pour séquelle une cécité définitive depuis 1990.

La Longue Nuit est le deuxième roman de l'écrivain sénégalais Sidy Bouya Mbaye. Victime d'une méningite qui sera la cause de sa cécité définitive en 1990, l'auteur trouve dans l'écriture un tremplin pour exposer sa vision du monde. Publié aux éditions L'Harmattan, ce nouveau roman est une réflexion sur la nuit. L'auteur nous rappelle que le handicap ne constitue guère une limite.
Sidy Bouya Mbaye n'a pas peur de la nuit. Si, pour certains, la nuit est le lieu de la confusion ou des illusions, à partir de sa condition de non-voyant, l'auteur demeure dans une « éternelle nuit » qu'il dit avoir fini par apprivoiser. À travers sa sensibilité d'écrivain, Sidi Bouya Mbaye explore ainsi les ténèbres où il retrouve une lecture claire de ses interrogations du quotidien.

Son nouveau roman, La Longue Nuit, est en effet une autobiographie, qui retrace les différentes étapes de sa vie depuis qu'il est atteint de cécité. L'auteur se laisse perdre dans le personnage de Moutoufa, le héros de La Longue Nuit. Moutoufa est un être qui, bien qu'il ait perdu la vue, garde un regard pertinent sur le monde. Ses réflexions sont puissantes et il participe par ses actions à l'évolution de son environnement.


« JE ME SUIS CONFONDU A LA REFLEXION. LORSQU'ON PERD LA VUE, IL Y A D'AUTRES FONCTIONS QUI SE DEVELOPPENT. CONCERNANT LA LONGUE NUIT, LE ROMAN DOIT VOUS SATISFAIRE POUR CES QUESTIONNEMENTS, PARCE QUE, QUELQUE PART, MOUTOUFA, C'EST MOI. JE M'EN SUIS SERVI POUR ALLER EXPLORER LE CIEL. » – SIDI BOUYA


Cette nuit qui suit l'auteur est un terreau fertile où Sidi Bouya puise et éclaire ses idées. Favorisant sa créativité, il lui rend ainsi hommage.


« LA NUIT TRANSCENDE TOUT, SANS NUIT TOUT EST NOIR. DANS NOTRE NUIT A NOUS, IL N'Y A PAS DE FRONTIERES, PERSONNE N'EXISTE. » – SIDI BOUYA MBAYE


Cette forte détermination de l'auteur se retrouve dans sa production littéraire de plus en plus féconde. En deux ans, Sidi Bouya Mbaye a publié deux ouvrages. La Longue Nuit est précédée par Le Rescapé. Un troisième roman est en cours d'écriture. Face à sa condition de non-voyant, il dicte ses manuscrits à d'autres personnes. Aujourd'hui, Sibi Bouya souhaite mettre en instantané toutes ses idées sur une machine, afin de ne plus dépendre d'un transcripteur.
« POUR ECRIRE, IL ME SUFFIT D'AVOIR UNE MACHINE, MALHEUREUSEMENT JE N'AI PAS D'ARGENT. JE NE SUIS PAS RICHE POUR AVOIR LA NOUVELLE TECHNOLOGIE POUR LES HANDICAPES, J'AI BESOIN DE L'AUTRE POUR POUVOIR ECRIRE». – SIDI BOUYA MBAYE
Cette requête n'est pas une habitude chez l'auteur. Malgré son handicap, Sidi Bouya a toujours vécu sa situation dans la dignité. L'écrivain gagne sa vie à la sueur de son front. Au Sénégal, les handicapés vivent le plus souvent dans la précarité et nombre d'entre eux survivent en sollicitant l'aumône. Même si l'Etat du Sénégal vise à garantir l'égalité des chances ainsi que la promotion et la protection des droits des handicapés, contre toute forme de discrimination, la mise en oeuvre de la loi d'orientation sociale relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées n'est pas encore effective. « Actuellement sur les 14 millions d'habitants, les handicapés représentent 20 %, soit, au moins, 3 millions de personnes », a indiqué le président de l'Association nationale des personnes accidentées vivant avec un handicap, Ousmane Ndoye.
« POUR NE PAS TENDRE LA MAIN, JE ME SUIS BATTU A PARTIR DE CE QUE JE POSSEDE. CHACUN A EN LUI UN GENIE QU'IL PEUT DEPLOYER. MALHEUREUSEMENT, LE QUOTIDIEN DU HANDICAPE AU SENEGAL, C'EST LA MANCHE. ILS CREENT UNE MENTALITE D'ASSISTE ET ILS ARRIVENT A CREER LA PITIE DEVANT LE PASSANT. » – SIDI BOUYA MBAYE


Avec une nouvelle machine à écrire pour non-voyant, Sidi Bouya Mbaye est convaincu d'aller plus vite dans la production. Ce qui fera le plaisir de ses lecteurs.
Retrouvez La Longue Nuit de Sidi Bouya Mbaye chez L'Harmattan.


https://happyinafrica.com/culture-fr/sidy-bouya-mbaye-une-plume-qui-eclaire-dans-la-longue-nuit

Le seul écrivain non-voyant au monde, Sidy Bouya Mbaye publie son deuxième roman « La longue nuit »


Par Cheikh Kandé


C'est dans l'infini de sa nuit, loin d'être une fatalité pour notre illustre écrivain, que Sidy Bouya Mbaye s'est saisi de sa plume pour retracer l'histoire d'un brillant homme que la méningite emportera la vue au fleur de la vie.


Sidy Bouya Mbaye, reste un écrivain pas comme les autres. En 1990, il perd la vue, ce qui ne l'empêche pas de nous éclairer sur le devenir de l'être humain. Il vient de publier son deuxième roman, fruit d'une réflexion exigeante sur « la nuit » insondable, au terme de laquelle l'auteur parvient à d'autant mieux intégrer son handicap qu'il accède par ce biais à un monde supérieur spirituel qui s'interdit aux voyants étrangement frappés de cécité.
Intitulé « La longue nuit », ce roman de 177 pages, publié aux éditions L'Harmattan, n'est pourtant « pas totalement autobiographique mais c'est vrai que mon histoire est un prétexte pour parler de la nuit », qui a toujours fait peur et intrigué les hommes, explique M. Mbaye.


« Le non voyant se conforme avec la nuit et il est la nuit », le Philosophe Mamoussé Diagne venu prendre part à la cérémonie de dédicace de ce roman, convoquant naturellement le mythe d'Œdipe, du nom de ce héros de la tragédie grecque qui a préféré se crever les yeux responsables de toutes ses misères.
Le nouveau roman de Sidy Bouya Mbaye se nourrit par ailleurs d'une réflexion générale sur la situation des handicapés, lesquels « ne sont bons que pour la charité » aux yeux de la société. De cette manière, l'auteur décrit d'autant mieux le processus par lequel passe le personnage principal, un non-voyant qui « essaie de se reconstruire après une déconstruction » fondamentale.
Moutoufa, qui fait étrangement penser à Sidy Bouya Mbaye lui-même, va travailler, voyager, histoire de ne jamais baisser les bras, « parce que Dieu donne toujours quelque chose qui permet de se réaliser, même si c'est extrêmement difficile » au Sénégal en particulier.
« Il va essayer de tout faire » et s'engage même en politique, sachant que les rapports au quotidien confinent plutôt les handicapés dans la mendicité. L'âme « a faim » et est dans un besoin de foi et de « nourriture » en Occident comme en Afrique, puisque « la pensée a des limites, même la science a des limites, donc l'homme doit se reconstituer », c'est-à-dire replonger au plus profond de son essence pour se retrouver et vivre en paix.

Un candidat atypique


Par Cheikh Kandé


Sidy Bouya Mbaye, écrivain non-voyant, annonce sa candidature à la présidentielle de 2019


Sur la liste des prétendants à la présidentielle de 2019, s'ajoute Sidy Bouya Mbaye, le seul romancier non-voyant ( ndlr : Il y a d'autres écrivains non-voyant, mais il ne sont pas des romanciers) que le monde n'a jamais connu.C'est à Senego que l'auteur du roman la « Longue Nuit » a annoncé sa candidature.
Si tout se passe comme prévu, Sidy Bouya Mbaye se présentera à la présidentielle de 2019. Au micro de Senego, le romancier a fait part de sa volonté d'entrer dans la rude course à la présidence du Sénégal.
« Je passe par votre canal pour annoncer ma candidature à la présidentielle de 2019. Mon parti, Alliance pour la Confiance Citoyenne – ACC/NITTE, a décidé de me porter candidat à la candidature de notre organe politique pour 2019 », a confié Sidy Bouya Mbaye.


« Dans un contexte où le discours politique est banalisé, notre programme politique va consister à redonner le pouvoir au peuple, le seul qui guidera mon action politique afin de conduire le Sénégal vers les rampes d'un développement inclusif qui impliquerait l'action collective de toute la nation », a développé notre romancier non-voyant, conscient de l'envergure de son projet politique.
« Il est temps de mettre fin à la notion de pouvoir, de s'en prendre au pouvoir clanique, de famille ou d'une seule personne, en remettant le peuple au cœur de l'action politique qui conditionne son destin, son bien-être mais aussi son vécu social. Nous ambitionnons, avec la volonté suprême du peuple, de travailler à le sortir de la grande nuit. Moi, l'habitant de la nuit éternelle, je serais celui qui va éclairer le peuple, la voix des sans voix... Les conditions d'une réalisation dilligente d'une telle ambition, sont en train d'être mis à jour, l'heure de l'action, de la réalisation, aux seules fins de sortir le peuple de la précarité, a sonné. Nous pouvons et nous avons les moyens de le faire... », informe Sidy Bouya Mbaye.


En effet, notre interlocuteur a fait savoir que dans les prochains jours, une sortie médiatique, va annoncer officiellement aux Sénégalais, cette candidature, dont ils seront les garants, les parrains et les porteurs pour le triomphe d'un Sénégal qui va résolument prendre son destin en mains.


https://senego.com/sidy-bouya-mbaye-ecrivain-non-voyant-annonce-sa-candidature-a-la-presidentielle-de-2019_720794.html


Les Impliqués
DROIT, JUSTICE SCIENCES POLITIQUES

Alors qu'il s'est refusé jusque-là à tout engagement devant la fragilité des choses humaines, un homme découvre l'amour et s'engage, avec la femme à ses côtés, dans un combat pour le droit, la justice et la paix. Après l'enthousiasme initial, les tensions et dilemmes vont se développer, en particulier lors des guerres en Libye et en Syrie. Comme dans une tragédie grecque, ces tensions conduiront les personnages à leur destin. Le récit est en partie romancé, mais est directement inspiré d'histoires et de faits réels. Face aux drames et menaces pesant sur l'humanité, doit-on céder au pessimisme ou conserver l'espoir ?

Daniel Lagot a fait une carrière scientifique au cours de laquelle il a présidé plusieurs grandes conférences internationales à l'UNESCO. Il s'est récemment intéressé au droit international et aux guerres de notre temps, sur lesquels il a écrit plusieurs ouvrages. Les fondations qu'il a créées, sous l'égide de la Fondation de France, soutiennent des projets novateurs en science, recherche médicale et droit international et de la paix. Il est le créateur du prix Henri Poincaré qui a notamment récompensé le mathématicien Cédric Villani.

 

ARCHITECTURE ET COMMUNICATION-MEI (Médiation et Information) n°46 Patrizia Laudati, Hafida Boulekbache

Sous la direction de
BEAUX ARTS ARCHITECTURE COMMUNICATION, MÉDIAS URBANISME, AMÉNAGEMENT, SOCIOLOGIE URBAINE

 

La ville est un espace polyphonique, au sens de Lamizet (2007), qui met en scène l'architecture et par là plusieurs systèmes d'expression et de signification. Issue de divers projets et produit d'une conception multi-acteurs et d'identités plurielles, la ville se fonde aussi sur des histoires individuelles et collectives, dont dépendent les différentes modalités d'appropriation et les pratiques d'usage. Les auteurs de ce numéro ont exploré différentes dimensions : l'écriture et la lecture des espaces urbains, les espaces comme lieu et objet du débat public, les modalités de représentation de l'architecture, les formes de médiation spatiale et l'évolution des processus de conception architecturale vers des pratiques plus collaboratives.

 

Au Nigeria, 84 millions d’électeurs (72 millions ont retiré leur carte) sont appelés aux urnes pour élire leur président, mais aussi les membres du Sénat et de la Chambre des représentants. Une élection initialement prévue samedi dernier, le 16 février, mais repoussée pour des raisons logistiques. Au total, 72 candidats sont en lice pour la magistrature suprême. Mais la véritable bataille pour Aso Rock se joue entre les candidats des deux principaux partis : le président sortant Muhammadu Buhari pour le All Progressive's Congress (APC) et Atiku Abubakar, candidat du parti d'opposition, le Parti démocratique populaire (People's Democratic Party, PDP). Un scrutin qui s'annonce très serré entre deux vieux routiers de la politique.

Les horaires sont indiqués en temps universel (TU).

11h45 : Le vice-président Yemi Osinbajo dépose son bulletin dans l'urne à Victoria Garden City, à Lagos.

Au Nigeria, le vice-président Yemi Osinbajo dépose son bulletin dans l'urne à Victoria Garden City, à Lagos, le 23 février 2019. © REUTERS/Temilade Adelaja

Présidentielle nigériane: le duel des dinosaures

11h30 : Le principal opposant, Atiku Abubakar, candidat pour le PDP (Parti démocratique populaire, People's Democratic Party), a voté à Yola, dans l'Etat d'Adamawa, dans le nord-est du pays.

Au Nigeria, le principal opposant, Atiku Abubakar, candidat pour le PDP, dépose son scrutin dans l'urne le 23 février 2019 à Yola, dans l'Etat d'Adamawa. © REUTERS/Nyancho NwaNri

Nigeria: l'ex-vice-président Atiku Abubakar face à M. Buhari à la présidentielle


10h00 : Dans certains quartiers de la capitale économique nigériane, les opérations ont démarré avec du retard, comme l’a constaté notre envoyé spécial à Lagos. A 7h30 heure locale ce matin, plusieurs dizaines d’agents électoraux se sont rassemblés au milieu d’un centre de vote. Ils ont distribué les urnes, les bulletins de vote avant d'enfiler progressivement leurs gilets oranges.

« L’absence de listes d’électeurs collées sur les murs nous a retardés, explique un agent électoral, Olande Olabisi, qui relativise le retard pris. On s’attendait à trouver cela sur place. Nos collègues de la Commission électorale ont sans doute eu peur que ces listes soient déchirées avant le vote. Cela nous a pris beaucoup de temps ».

Elections au Nigeria: un pays entre attente et désillusion à la veille du vote

Les agents ont collé les listes sous le regard patient de quelques dizaines d’électeurs, qui sont venues vers 6h pour voter, comme Samuel Oluwole. « Je suis très heureux d’être présent pour voter, déclare ce dernier. C’est très important. J’espère que le prochain président va améliorer la situation des jeunes, leur créer des emplois et appliquer la loi instaurant le salaire minimum ».

Je suis très heureux d’être présent pour voter. C’est très important. J’espère que le prochain président va améliorer la situation des jeunes, qu’il va leur créer des emplois et qu’il va appliquer la loi instaurant le salaire minimum.

[Présidentielle] Présidentielle au Nigeria: les bureaux de vote ouvrent à Lagos

Vers 9h, un bureau de vote a enfin démarré. Une petite file s'est formée. Tolu, un homme d’une soixantaine d’années, sort de l’isoloir avec trois longues feuilles, trois bulletins de vote qu'il cherche dans quelle urne il va placer. « Je ne suis pas perdu, dit-il. Je vérifie les inscriptions sur les urnes pour éviter de me tromper. Il y a une urne pour la présidentielle, une autre pour les sénateurs et une troisième pour les députés ».

Les opérations de vote se terminent officiellement à 14h.

09h20 : La première dame, Aisha Buhari, épouse du président sortant et candidat du parti APC Muhammadu Buhari, dépose son bulletin dans l'urne à Daura, dans l'Etat de Katsina, dans le nord-est du pays.

La première dame, Aisha Buhari, épouse du président Muhammadu Buhari, dépose son bulletin dans l'urne pour les élections, le 23 février 2019. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

09h00 : A Abuja, la capitale nigériane, le vote commence à l’instant, rapporte notre correspondant sur place, dans le quartier Wuse Zone 4. Des agents électoraux sont en train de montrer au président des bureaux et aux observateurs présents que les machines à voter fonctionnent. Les électeurs alignés devant le bureau de vote vont pouvoir procéder au scrutin dans une ambiance sereine. Ils ont même le sourire avant d’aller voter.

La sécurité est renforcée. Des policiers en armes sont postés devant chaque unité de vote. Les électeurs ont pu aller vérifier que leurs noms apparaissaient bien sur les listes en papier affichées avec le nom, numéro de matricule et la photo de chaque votant.

L’un des enjeux de cette journée électorale est l’aspect sécuritaire, avec une présence policière renforcée, mais aussi une présence de l’armée, tout autour d'Abuja et d’observateurs nigérians et internationaux.

Le président Muhammadu Buhari a indiqué à deux reprises cette semaine qu’il allait veiller à ce que la sécurité des observateurs soit bien respectée. A Abuja, où des millions d’électeurs sont attendus, il est important que le scrutin se passe normalement.

 Réécoutez la revue de presse française : Le Nigeria se choisit un président nordiste

Pour la première fois, explique à Libération Vincent Hiribarren, professeur d’histoire au King’s College de Londres, « l’élection ne se joue pas sur des critères ethniques ou régionaux ».

08h30 : Le vote a démarré il y a quelques minutes seulement pour un seul des huit bureaux de vote de Yaba Makoko, à Lagos, la capitale économique du Nigeria, rapporte l'envoyé spécial de RFI sur place. Les électeurs sont venus tôt, vers 6h du matin. A leur arrivée, les bureaux de vote n’étaient pas installés. Les agents électoraux, encadrés par les forces de sécurité, ont mis du temps à installer le matériel électoral. Tous étaient pourtant mobilisés à l’aube, assure un responsable de bureau de vote.

Certains agents électoraux sont encore en train de coller les listes d’électeurs sur les murs, d’installer des isoloirs au milieu du quartier, sous les yeux patients des électeurs qui prennent ce retard avec philosophie. L’ambiance reste assez calme. La plupart des électeurs interrogés espèrent une seule chose, que le prochain président applique le salaire minimum et s’occupe de l’emploi des jeunes.

►(Ré)écoutez Aujourd'hui l'économie -Nigeria: pourquoi l’économie est au cœur de l’élection présidentielle

07h40 : Le principal adversaire du président sortant, l'opposant Atiku Abubakar, 72 ans, est attendu dans un bureau de vote de Yola, dans l'Etat d'Adamawa, dans le nord-est du pays, pour déposer son scrutin dans l'urne.

07h20 : Le président sortant Muhammadu Buhari a été un des premiers électeurs, en votant dans sa ville natale de Daura, dans le nord du pays, accompagné de son épouse, rapporte l'AFP. « Jusqu'ici tout va bien, a-t-il assuré. Bientôt, je me féliciterai de ma victoire. Je serai le vainqueur ».

Le président sortant Muhammadu Buhari dépose son bulletin dans l'urne, à Daura, au Nigeria, le 23 février 2017. © REUTERS/Afolabi Sotunde

7h00 : Les quelque 120 000 bureaux de vote ont officiellement ouvert dans le pays.

Le Nigeria reporte l'élection présidentielle d'une semaine

Le démarrage va prendre du temps. Le quartier populaire de Yaba, à Lagos, où RFI se trouve, compte huit bureaux de vote et les choses se mettent en place très lentement.

Plusieurs dizaines d’agents électoraux ont été mobilisés à l’aube. Ils sont encore en train de distribuer les urnes, les bulletins de vote et les lecteurs de cartes d’électeurs entre chaque responsable de bureau de vote. L’ambiance est assez calme dans le quartier. Les électeurs prennent leur mal en patience : les bureaux de vote n’étant pas installés, les habitants vaquent à leurs occupations.

Avec le report in extremis des élections décidé samedi dernier, le 16 février, une incertitude planait ces derniers jours. Certains électeurs ont confié ce matin avoir passé la nuit à suivre les débats télévisés, pour être certains que l’élection ne serait pas à nouveau reportée.

  • Des explosions entendues à Maiduguri 

Des explosions, d'origine encore inconnues, ont été entendues tôt ce samedi 23 février dans la ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote pour les élections présidentielle et législatives, rapporte l'AFP.

Maiduguri a été à de multiples reprises la cible d'attaques du mouvement islamiste Boko Haram. La ville est par ailleurs le chef-lieu de l'Etat de Borno, berceau du groupe terroriste qui a d'ailleurs attaqué hier soir le village de Zabarmari, à une dizaine de kilomètres de Maiduguri, forçant ainsi ses habitants à fuir vers la ville.

RFI

 

Ils se sont assis dans les mêmes salons feutrés, ont peaufiné leurs stratégies dans les mêmes suites ouvrant sur l’océan. Hôtel cinq étoiles de la capitale sénégalaise, le Terrou-Bi s’est imposé comme l’épicentre de la campagne présidentielle. Du président en exercice, Macky Sall, à l’ancien président Abdoulaye Wade, en passant par le challenger antisystème, Ousmane Sonko, les candidats à l’élection présidentielle y ont organisé les conférences de presse comme les rendez-vous discrets. Une partie des résultats du scrutin du 24 février s’est jouée là, dans l’ocre des tentures, le beige de ce luxe reposant.

Pour ce pays de 16 millions d’habitants de l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu de ce premier tour de l’élection présidentielle est la réélection – ou non – de Macky Sall, le président en place, candidat à sa succession. Qu’il soit élu dès dimanche serait un plébiscite de son bilan de président bâtisseur, la reconnaissance de son premier mandat, estiment les plus optimistes. Les plus calculateurs, eux, pensent que, sans victoire ce 24 février, la présidence pourrait bien lui échapper. Rien ne garantit en effet que le Terrou-Bi n’a pas aussi été le lieu d’alliances de second tour capables de faire élire un candidat autre que le président sortant, en dépit du fait que ceux qui apparaissaient comme ses opposants les plus sérieux aient été éliminés de la joute électorale.

A 57 ans, Macky Sall vient de battre son propre record, enchaînant les 37 meetings de la campagne où il a encore promis de l’asphalte et du béton, dans la continuité de son Plan Sénégal émergent. Il aimerait terminer dans un second mandat son vaste programme d’infrastructures de développement, qui vise à installer le Sénégal dans les pays émergents en 2035. Pour y arriver, il devra cette fois s’intéresser à une population rurale pauvre que le fossé des inégalités éloigne de plus en plus d’une classe moyenne naissante dans les villes ; et proposer des emplois à une jeunesse en proie à un chômage de masse. Entre 2012 et 2018, il a permis à l’économie sénégalaise de gagner trois points de croissance et de se maintenir ensuite à près de 7 %. Mais cela ne suffit plus.

Si son premier septennat a été celui du renforcement énergétique et des grands travaux, il lui reste à densifier le réseau routier pour désenclaver les régions rurales, à compléter l’accès au réseau électrique, à l’eau potable et à la santé. Passages obligés pour faire du Sénégal un modèle de développement continental et un point d’ancrage de la diplomatie ouest-africaine grâce à des infrastructures de classe internationale.

L’iconoclaste Sonko

Parmi les quatre autres candidats à la présidence, ses véritables opposants sont le duo Ousmane Sonko et Idrissa Seck, qui devancent l’ancien ministre Madické Niang et l’universitaire Issa Sall. Ils visent le second tour. Le premier est un homme de 44 ans au profil de challenger talentueux. Inconnu du grand public il y a encore trois ans, il s’est révélé comme lanceur d’alerte.

En 2016, cet inspecteur des impôts a dénoncé des cas de corruption et de fraude fiscale. La même année, il a publié Pétrole et gaz au Sénégal. Chronique d’une spoliation (Fauves éditions), dans lequel il s’attaque au président et à son frère, Alioune Sall, alors à la tête d’une compagnie pétrolière, les accusant de « corruption », de « viol de la Constitution et du code pétrolier », dénonçant des contrats léonins au profit d’intérêts étrangers. Il est radié la même année par décret présidentiel pour « manquement au devoir de réserve ».

Présidentielle au Sénégal : « Les réseaux sociaux transforment les internautes en sentinelles de la démocratie »

Sa posture iconoclaste en fait le favori d’une jeunesse diplômée qui peine à trouver un emploi sur un marché du travail en souffrance. Il séduit aussi parmi la diaspora et les entrepreneurs déçus par un gouvernement qui offre de nombreux marchés publics aux entreprises étrangères.

Ousmane Sonko l’a compris. S’il est élu, il promet de faire sortir le Sénégal de la zone du franc CFA, lui qui accuse cette devise arrimée à l’euro « d’empêcher le Sénégal d’être compétitif à l’exportation ». Selon lui, « la France met les Etats africains de la zone CFA dans une logique d’infantilisation qui consiste à dire qu’ils ne sont pas compétents pour gérer une monnaie ». En plaçant cette problématique au cœur du débat, Ousmane Sonko a forcé ses rivaux à prendre position. Même Macky Sall, qui s’est toujours accommodé de ce vestige de la colonisation, a dit ne pas être opposé à une sortie du CFA si elle s’accompagnait de la création d’une nouvelle devise régionale dans la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). 

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Avec un profil très différent, Idrissa Seck aussi peut créer la surprise dans sa troisième tentative pour gagner la magistrature suprême. Ce libéral, ancien camarade de Macky Sall, a rallié le soutien d’opposants majeurs au président sortant, tel l’ancien maire socialiste de Dakar, Khalifa Sall.

Plus aucun projet du Parti socialiste

Dès sa prise de pouvoir en 2012, Macky Sall s’est appliqué à morceler son opposition. « Lorsque vous avez une majorité, il faut la consolider en allant chercher dans le camp adverse (…), le réduire à sa plus simple expression », avait-il alors théorisé. Au fil des années, sa force de conviction politique, appuyée parfois par la distribution de prébendes et de postes, lui a permis de gonfler les rangs de sa coalition, Benno Bokk Yakaar (BBY) (« unis par l’espoir » en wolof), au point qu’elle regroupe aujourd’hui plus de 350 personnalités et formations politiques.

Historiquement à gauche depuis l’indépendance de 1960, le Sénégal a glissé vers le libéralisme économique d’Abdoulaye Wade en 2000. Aujourd’hui, le Parti socialiste, fondé par Léopold Sédar Senghor, le « père de la nation », a été englouti par la coalition de Macky Sall. En 2019, c’est même la première fois de son histoire qu’il ne présente pas de candidat à une élection présidentielle.

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Décomposée, la gauche sénégalaise ne présente plus aucun projet, et les candidats manquent. Au PS, les dissidents de l’alliance libérale ont été exclus du parti, comme Khalifa Sall. Agrégeant de nombreux soutiens, le maire de Dakar se taillait un costume de premier opposant politique, dangereux pour la présidentielle, mais le 7 mars 2017, il a été arrêté avec cinq collaborateurs pour « escroquerie portant sur les deniers publics ».

Au terme d’un long procès, il a été condamné en cassation, le 3 janvier, à cinq ans de prison et 5 millions de Francs CFA d’amende (7 567 euros). A un mois de la présidentielle, il a donc disparu de l’échiquier. Ce qui ne manque pas d’être lu comme la volonté d’écarter un adversaire dangereux pour la réélection de Macky Sall. L’Union des magistrats sénégalais s’étonne d’une « certaine rapidité dans le traitement de l’affaire », et Amnesty International dénonce « le caractère ciblé des poursuites », accréditant la thèse d’un procès politique.

Karim Wade écarté

Et Khalifa Sall n’est pas le seul opposant politique à faire les frais de la justice. Fils et ministre de l’ancien président, Karim Wade a aussi vu sa candidature à la présidentielle écartée par le Conseil constitutionnel, le 20 janvier. Condamné en 2015 à six ans de prison et à 210 millions d’euros d’amende pour « enrichissement illicite », il a vu son inscription sur les listes électorales rejetée. Ne s’étant pas acquitté de son amende auprès de l’Etat sénégalais, il ne peut rentrer au pays sans risquer la prison. Le Parti démocratique sénégalais, formation d’Abdoulaye Wade, devenu premier parti d’opposition sous Macky Sall, se retrouve donc sans candidat.

Au Sénégal, le gouvernement juge impossible de « truquer des élections »

En cette veille d’élections, « nous sommes très sereins, car notre discours a été aussi clair que notre bilan, soutient un proche conseiller du président avant d’ajouter, nous avons fait ce qu’il fallait faire pour gagner ». Une confiance qui rappelle celle que Macky Sall exprimait déjà en 2012. Juste après son élection, il était venu se ressourcer dans une suite du Terrou-Bi afin de préparer le discours de son investiture. Cette fois-ci, il sera chez lui, a-t-il promis lors d’une pique : « Le jour du scrutin, après avoir voté, j’irai faire ma sieste jusqu’à 19 heures, puis j’allumerai la télé et la radio pour contempler la défaite de mes adversaires. »

 

Matteo Maillard  (Dakar, correspondance)

Le Monde.fr

 

Dimanche vont avoir lieu l´élection présidentielle. A la veille de cette consultation électorale j’invite nos compatriotes à déposer nombreux leur bulletin de vote dans l’urne dans un acte de civisme qui honore la démocratie.
La fin de la campagne a été marquée par de nombreux incidents, dont certains très graves. Des violences ont même été jusqu’à faire des morts.
A trois jours du vote j’appelle nos concitoyens au calme et au respect de nos valeurs de paix et de tolérance. Des propos, comme ceux de « brûler les bureaux de vote le jour du scrutin » sont inacceptables et indignes d’hommes politiques responsables. De même que l’exhortation à « brûler les cartes d’électeurs » est inadmissible.
Dimanche vous serez des millions d’électeurs à voter pour le candidat de votre choix. Comme je l’ai dit précédemment je ne donne aucune consigne de vote à mes sympathisants et militants, chacun dispose de sa liberté de conscience. Je n’encourage pas davantage le boycott réclamé par certains qui n’est pas une réponse appropriée dans la situation que connaît notre pays.
Par ailleurs je souhaite qu’aucune fraude ne vienne entacher la légitimité du résultat, autant pour le candidat qui sera élu que pour l’image de notre pays. Trop de peuples dans le monde ne jouissent toujours pas du droit de s’exprimer, et de voter, pour que nous ne saisissions pas cette occasion d’exprimer notre préférence ou notre défiance pour tel ou tel candidat. La démocratie est un bien trop précieux pour que nous la gâchons par des comportements irraisonnés. Dimanche vous avez le destin du Sénégal entre vos mains.

Ibrahima Thiam, président AA

jeudi, 21 février 2019 15:53

QUAND LE MONDE RIT-Robert Kong

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QUAND LE MONDE RIT-Robert Kong

Préface du Dr Jules Mambi Magnack
Les Impliqués
ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le monde rit est la marque que ressent le monde dans le cadre du travail, du mariage, de l'amitié, des découvertes scientifiques et techniques. Mais cette euphorie se dissout dans l'amertume : les catastrophes naturelles et la barbarie humaine relevant de la faillite de la raison. À cette allure, rien ne laisse supposer qu'il ne disparaîtra pas bientôt. Ce livre agit comme une sonnette d'alarme, une invitation adressée à tout homme conscient de sauver le monde par des actes concrets, la pensée et le ressourcement.

Robert Kong, né le 02 mars 1966 à Ndosson dans le Département du Nkam, est titulaire du Ph. D. Il est Pasteur de l'EEC, Église Évangélique du Cameroun au sein de laquelle il occupe pour le moment le poste de Président de la Région Synodale du Mongo-Centre. Il est par ailleurs Professeur de philosophie à la Faculté de Théologie Protestante de Ndoungué. Il est auteur de plusieurs ouvrages et articles scientifiques

 

«Dekkal- Thiossane»    expression sénégalaise qui signifie Revitalisation de la Culture-
AFRICAINE ET CARIBEENE DU 2 MARS 2019  A LA MAIRIE DU 15E ARRONDISSEMENT DE PARIS
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Sous le parrainage des Ambassades du Sénégal et de la Guinée-Bissau en France
et des Délégations Permanentes
du Gabon, du Sénégal, du Mali, du Niger et du Congo
auprès de l'UNESCO.

Bonsoir chers sympathisants de l'association DEKKAL-THIOSSANE,

J'ai l'honneur de porter à votre bienveillante attention que l'Association «Dekkal- Thiossane» expression sénégalaise qui signifie Revitalisation de la Culture, organise, le samedi 2 mars 2019, à la mairie du 15e arrondissement de Paris, située au 31, rue Péclet - 75015 PARIS (métro Vaugirard), une GRANDE JOURNEE CULTURELLE, s'inscrivant dans le cadre de la revitalisation et de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel africain et caribéen, sous le parrainage des Ambassades du Sénégal et de Guinée-Bissau en France et des Délégations Permanentes du Gabon, du Sénégal, du Congo, du Niger et du Mali auprès de l'UNESCO.

L'Association s'est fixée pour mission d'accompagner et de valoriser des initiatives de créateurs, écrivains, poètes, cinéastes, gastronomes et artistes africains et caribéens.

Vous trouverez ci-joint, le flyer et le programme de cette grande journée culturelle. En espérant pouvoir vous compter parmi nos nombreux invités, ce jour-là.

La participation à cette manifestation est gratuite, dans la limite des places disponibles. N'hésitez donc pas à vous inscrire sur l'adresse email de l'association.

Bien cordialement.

Paulette CORREA
Délégation Permanente du Sénégal
Auprès de l'UNESCO

Présidente de l'association
Tel :06 64 16 60 56

- A partir de 10h : visite des expositions d'œuvres d'art intitulées « BOY DAKAR » et « ETRE » ainsi que de masques africains sacrés et profanes, tous réalisés par MM. Bass DHEM et Moctar GUEYE Licka, qui sont peintres et sculpteurs sénégalais ;

- de 15h à 17h : Conférence sur le thème « le rôle de la culture dans la prévention et gestion des risques, crises et conflits » en Afrique, par des spécialistes reconnus de cette thématique. Il s'agit de :

* M. Kag SANOUSSI, expert en intelligence négociationnelle, Président de l'Institut international de gestion des conflits (IIGC) ;

* M. Doudou DIENE, Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance ; expert indépendant de l'ONU sur les questions des droits de l'homme en Côte d'Ivoire. Il a été ancien Directeur général adjoint de l'UNESCO, puis directeur de la Division du dialogue interculturel et du projet « Route de l'esclave » ;

* M. Bandiougou DIAWARA, actuellement Responsable de programme, à la section des réseaux du MAB, réserves de biosphère et renforcement des capacités, à la Division des Sciences écologiques et de la terre, Secteur des sciences naturelles de l'UNESCO ;

et * M. Kiflé SELASSIE BESEAT, historien, universitaire, écrivain et poète qui a été Directeur du Patrimoine de l'UNESCO et aussi Directeur du Fonds International pour la Promotion de la Culture (FIPC) de l'UNESCO. Actuellement Président de l'alliance culturelle pour le millénium éthiopien en France.

* Le Ministère sénégalais de la Culture a manifesté son intérêt à vouloir participer à la conférence. Nous attendons sa confirmation définitive pour l'arrivée de deux experts.

A partir de 17h

- Mme Ouley KEITA, Styliste sénégalaise fera un magnifique défilé de mode sur le thème du pagne tissé sénégalais et bissau-guinéen ;

- Concert de musique animé par le chanteur sénégalo-bissau-guinéen AaYiimi (l'Héritier), le groupe congolais « TOP-ONE-FRISSON), le groupe antillais DIAPASON SHOW, l'écrivain algérien et chanteur Messaoud NEDJAHI et le chanteur hip-hop ivoiro-cap-verdien IVY;

- les écrivains-poètes-slameurs MM. Aimé NOUMA du Cameroun et Félicien JERENT des Antilles nous feront de savoureux intermèdes.

- Enfin, de 20h jusqu'à 22h, La soirée sera clôturée par un cocktail dinatoire exotique, avec échanges dans le public.

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