C’est aujourd’hui, jeudi 3 mai, que l’imam Alioune Badara Ndao (Aliou Ndao) est attendu à la barre de la Chambre criminelle spéciale pour répondre des accusations portées à son encontre dans le cadre du procès lié à des faits de terrorisme.  L’annonce a été faite par le président du tribunal, Samba Kane, à la reprise de l’audience dans la soirée d’hier, mercredi 2 mai, 14e jour d’audience dans le cadre de ce procès pour apologie du terrorisme.

Dernière personne à être interrogé, imam Aliou Ndao, va faire face aux juges de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar aujourd’hui, jeudi 3 mai. Il va répondre notamment des accusations d’apologie de terrorisme, d’associations de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Imam Aliou Ndao est ainsi attrait à la barre après l’audition de tous ses 29 co-inculpés, notamment Makhtar Diokhané. 

A la suite de l’imam Aliou Ndao, le tribunal entendra lundi 7 mai les témoins Massamba Diop et Alioune Diop, respectivement père et frère de Mouhamed Diop, et de Modou Diop père d’Abdou Lahat Diop. Il est aussi prévu, pour cette journée du lundi, la confrontation entre les prévenus et certains des accusés et les témoins. Il est envisagé une suspension de l’audience le mardi 8 mai et le mercredi 9 mai pour permettre au procureur de préparer son réquisitoire. Jeudi 10 mai étant férié, le réquisitoire du procureur est prévu le lundi 14 mai. L’audience sera à nouveau suspendue à partir du mardi 15 mai pour permettre aux avocats de préparer leurs plaidoiries.

Les plaidoiries des avocats sont programmées pour le jeudi 17 et la matinée du vendredi 18 mai, pour se poursuivre le lundi 21 mai.  Concernant la journée du vendredi, qui d’habitude n’était pas jour du procès, le président Samba Kane a indiqué que le tribunal appréciera à la fin de la journée du jeudi de la tenue d’une audience à cette date.

ME MASOKHNA KANE REITERE LA DEMANDE DE COMPARUTION DES ENQUETEURS

Me Masokhna Kane a demandé, une fois de plus, la comparution du chef de la Division des investigations criminelles (Dic), le commissaire Alioune Diop et le patron de la Section de recherche (Sr) de la Gendarmerie, le commandant Issa Diack. Pour la robe noire, les enquêteurs doivent venir s’expliquer à la barre car il y a plusieurs informations contenues dans les procès verbaux qui ont été réfutées par les accusés. Selon Me Masokhna Kane, les enquêteurs ont porté des accusations jugées graves sur leurs clients, d’où la nécessité de leur comparution.

 Le président du tribunal, Samba Kane, dans sa réponse, a fait constater à la robe noire qu’aussi bien le tribunal que le procureur n’ont pas eu à poser des questions en se basant sur les commentaires contenus dans les procès verbaux d’enquête qui ne sont que de simples moyens de renseignement. Il n’a pas jugé opportun la comparution des enquêteurs. Car, trouve-t-il, ces derniers ne viendront pas à la barre contredire un travail déjà effectué. Mieux, la comparution d’enquêteurs est contraire au principe directeur du tribunal, a-t-il dit.    

         

Moustapha Cissé Lô qui avait annoncé sa démission de toutes les instances du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), pour convenance personnelle a levé hier, dimanche, un coin du voile sur les raisons de sa décision. Invité de l’émission politique de la radio Sudfm «Objection» hier, dimanche 29 avril, le 2e vice-président de l’Assemblée nationale et membre fondateur de l’Apr a pointé du doigt la gestion solitaire de l’Apr par le président Macky Sall qui ne consulte aucun responsable, depuis 2009, dans la prise de ses décisions.

On en sait maintenant un peu plus sur les raisons qui ont amené Moustapha Cissé Lô, 2e vice-président de l’Assemblée nationale et membre fondateur du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), à annoncer sa démission de toutes les instances dirigeantes de cette formation politique qui fêtera ses dix ans d’existence en décembre prochain. Invité de l’émission politique de la radio Sudfm «Objection» hier, dimanche 29 avril, celui qui occupe aujourd’hui le poste de président du parlement de la Cedeao a pointé du doigt la gestion solitaire de l’Apr par le président Macky Sall qui ne consulterait aucun responsable depuis 2009 dans la prise de ses décisions. Face à notre à notre confrère, Baye Oumar Guèye, Moustapha Cissé Lô qui a souligné avoir tout donné pour l’émergence de l’Apr, notamment sur le plan financier en citant les 30 millions qu’il aurait investis lors des dernières législatives, a notamment déploré sa mise en l’écart ainsi que d’autres militants de la première heure dans les décisions concernant le fonctionnement de leur parti.

«Aujourd’hui, nous sommes au frigo, moi et la plupart des responsables de la première heure. On ne connait rien de ce qui se passe dans le parti», a-t-il déploré. Poursuivant son propos, toujours au sujet des raisons qui l’ont amené à se décharger de toutes responsabilités au sein des instances de l’Apr, Cissé Lô renseigne. «Le problème que j’ai dans l’Apr, je l’ai avec le président Macky Sall. Nous ne sommes pas d’accord sur la façon de coaching du parti surtout au sommet. Je ne suis pas d’accord sur sa façon de gérer le parti. Il faut qu’on nous associe. Le dernier mot lui revient mais, il doit nous associer comme il l’avait l’habitude de le faire». Poursuivant son propos, il ajoutera dans la foulée. «Ce que je n’ai pas accepté avec Wade, je ne le ferais pas avec Macky Sall. Ou je suis dans les instances du parti pour qu’on écoute mon point de vue ou je quitte pour redevenir un simple militant. Je n’accepte pas d’être un apprenti. Soit je suis dans le dispositif de Macky Sall, soit je ne le suis pas». 

«Tu es au secrétariat exécutif pour valider, je ne dors pas, je reste jusqu’à minuit voire une heure du matin pour valider, je refuse. J’ai quitté cette instance et je ne participerai plus à ses réunions mais je reste militant de l’Apr, engagé pour la réélection du président Sall puisque je ne suis pas candidat à cette élection. J’ai le droit de dire que je m’habille en Apr mais je n’ai pas besoin des colliers d’or qu’on me donne et des colliers d’argent. C’est ce que j’ai dit et cela ne méritait pas des attaques ou des insultes puisque je suis libre et je l’ai toujours dit», clame encore Moustapha Cissé Lô.

Directoire de campagne de l’Apr : Cissé étale ses réticences

Par ailleurs, se prononçant sur la décision du chef de l’Etat, Macky Sall de mettre en place le dispositif de pré-campagne à l’Apr, chargé de la «gestion d’évènements majeurs de l’Apr durant toute l’année 2018» prise lors de la réunion du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (Apr) au Palais de la République le 10 avril dernier, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale a ouvertement exprimé son désaccord. «Je n’ai été pas là-bas et je ne cautionne pas ça». Poursuivant sa critique au sujet de ce dispositif mise en place par son mentor, le président du parlement de la Cedeao ajoutera : «il (Macky Sall) l’a fait en solo avec des gens qu’il a choisis. Est-ce que ces gens sont plus méritants que les autres ? Je ne le pense pas. On avait créé des directoires de campagne et il n’y avait pas de directeur de campagne. Aujourd’hui, il a le pouvoir, il a l’argent, les forces de sécurité et tout mais s’il peut se permettre de faire seul ce qu’il fait, moi, je ne suis pas d’accord. Il y a des gens qui peuvent se mouvoir dans ce que fait le président, moi, je ne peux pas, j’ai refusé et je refuse».

Macky Sall, un chef Isolé

Poursuivant ses critiques de la façon dont Macky Sall administre leur parti, Moustapha Cissé Lô a également laissé entendre que celui-ci serait tout simplement isolé par un groupe dans sa gestion du parti. «Aujourd’hui, il (président Macky Sall) est isolé dans sa gestion du parti par un groupe, je ne suis pas d’accord, je dois être impliqué dans les décisions qu’on prend mais aussi au cœur du dispositif du parti parce que je contribue au rayonnement, à l’élargissement et à la massification du parti en donnant tout ce que j’ai. Je suis le seul responsable qui donne tout au parti».

Répondant à ses détracteurs qui, selon lui, disent que Cissé Lô fait des menaces au président, il déclarera : «Le président ne m’a jamais rien donné. J’ai des salaires comme lui, ce que je perçois des activités que je mène sur le plan économique, je l’investis pour son profit dans les Magal, Gamou et dans les activités du parti. J’ai financé partout. Je refuse de cautionner des gens comme (…) qui étaient contre le président et qui ne sont intéressés que pour l’argent».

 

Le quotidien

         

Membre du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec), Ababacar Fall est d’avis que l’intervention de la Commission de protection des données personnelles (Cdp) dans le processus électoral à la suite de l’adoption de la nouvelle loi constitutionnelle portant généralisation du système de parrainage pour toutes les candidatures à la prochaine élection présidentielle  peut-être une bonne chose pour la sauvegarde des données personnelles des électeurs. Il a toutefois précisé que l’intervention de la Cdp dans le processus électoral n’est nullement prévue en l’état actuel des textes législatifs.

«Dans la loi électorale actuelle, il n’y a aucune disposition législative ou réglementaire concernant l’implication de la Commission de protection des données personnelles (Cdp) dans le processus électoral y compris le code électoral qui est la référence en la matière », explique Ababacar Fall , membre du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec.  Il fait remarquer qu’ en matière de contrôle au niveau du Conseil constitutionnel, «le juge constitutionnel a toujours fait faire les vérifications par la Direction de l’automatisation du fichier (Daf) avant de valider ou invalider les candidatures ». I l rappelle que : «C’est ce qui s’est fait depuis 1993 avec Me Mamadou Lô et récemment en 2012 avec les  Youssou Ndour, Kéba Kendé et Abdourahmane Sarr ».  Il croit savoir que «  les listes des différents parrains n’ont jamais été publiées ».  Bien au contraire, « on a seulement dit que les candidats n’ont pas atteint le nombre de signatures valides requis sans pour autant leur permettre de faire un recours ; mais, il n’y’avait pas de publications de la liste des signataires ». A cause de tout cela, Babacar Fall affirme ne pas voir , aujourd’hui, «le Conseil constitutionnel publier les listes des personnes qui vont parrainer les candidatures pour la présidentielle de 2019, surtout avec le nombre élevé auquel il faudra s’attendre ».

Par ailleurs, fait-il remarquer : « Compte tenu du fait que les modalités de la mise en œuvre de cette nouvelle loi sur la généralisation de ce parrainage n’ont pas encore fait l’objet d’une intégration dans le code électoral, Il est prématuré de parler de ces conditions ». De son point de vue, «il faudra attendre les implications de cette loi dans le code électoral et des dispositions législatives et réglementaires relatives aux modalités de collecte des signatures et d’exploitation de ces signatures pour voir de façon claire le rôle que la CDP pourrait jouer dans le processus électoral ».

Il rappelle que cette suggestion du Gradec, à savoir : « si c’est un comité de validation des signatures composé d’experts, des gens de la société civile, des représentants de l’administration et des acteurs politiques qui sera mise en place pour effectuer le travail de pré-vérification des signatures, ces membres ne doivent pas avoir la possibilité de disposer des données. Ils doivent seulement faire les vérifications au niveau du Conseil constitutionnel, voir les données, les signatures et s’assurer de leur conformité. Et quel que soit le statut de ces gens-là, ils ne doivent pas avoir la possibilité de sortir avec les documents ».

Revenant sur le champ de compétence de la CDP, Babacar Fall relève qu’il : «est plus large et ne concerne pas que le parrainage mais plusieurs domaines dont notamment les données personnelles relatives à l’utilisation de l’internet, des comptes Facebook, des caméras de surveillance entre autres». Cependant, fait-il remarquer, «la CDP peut jouer un rôle qui se limite juste à garantir que les informations que les électeurs sont amenés à donner concernant leur identité, leur adresse, leurs numéros de cartes d’identité et d’électeur ne soient pas utilisées par les candidats ou les partis politiques à une fin autre que le parrainage». Selon Babacar Fall, « nonobstant le contrôle qui va être fait dans des formes qui vont être définies par les acteurs et par le Conseil constitutionnel », il faudra « s’assurer que ces données ne seront pas utilisées à des fins autres que celles pour lesquelles, elles sont destinées ».  Pour le reste, Il demeure « convaincu que c’est peut être sous ce rapport qu’il faut comprendre le communiqué de la CDP qui peut avoir en quelque sorte un rôle de régulation à l’instar du CNRA par exemple afin que des données recueillies dans le cadre du parrainage ne fassent pas l’objet d’un usage autre que ce qui a été prévu ».

PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES A DES FINS DE PARRAINAGE - CE QUE DIT LA LOI

La question du parrainage introduite dans la Constitution sénégalaise, le jeudi 19 avril 2018, par la 13ème législature, tout comme sa mise en application après la modification du Code électoral qui se fera très prochainement, posent le problème de la gestion et de la protection des données personnelles. Moult interrogations taraudent l’esprit des Sénégalais relativement à la confidentialité des noms des parrains, quand on sait que ne peut être portée que la candidature d’un seul prétendant au fauteuil présidentiel. D’où les assurances de la Commission de protection des données personnelles (Cdp), à travers un communiqué en date du 1er mai. Dans ladite note, les services de Awa Ndiaye, présidente de la Cdp promettent de mettre en œuvre «toutes les dispositions nécessaires à la sécurité et à la confidentialité des données personnelles de l’ensemble des électeurs seront rappelées aux autorités et aux candidats concernés». Mieux, ladite institution compte veiller «à l’application de la loi au fur et à mesure que les mécanismes d’opérationnalisation seront adoptés». 

CONTROLES ET SANCTIONS

Que dit en réalité, la loi n°2008-12 du 25 janvier 2008, en cas de non-respect des droits des citoyens ? Dans sa section V, intitulée Contrôle et sanctions administratives et pécuniaires, notamment en son article 29, il est dit que la Cdp peut prononcer les mesures suivantes : «un avertissement à l’égard du responsable du traitement ne respectant pas les obligations découlant de la présente loi» ou «une mise en demeure de faire cesser les manquements concernés dans le délai qu’elle fixe».

Poursuivant, en son article 30, la loi permet à la Cdp, si le responsable du traitement ne se conforme pas à la mise en demeure qui lui a été adressée, après procédure contradictoire, de prendre les sanctions suivantes : «un retrait provisoire de l’autorisation accordée pour une durée de trois (3) mois à l’expiration de laquelle, le retrait devient définitif», ainsi «qu’une amende pécuniaire d’un (1) million à cent (100) millions de Franc Cfa».  Mieux, à l’article 31 de cette même loi, il est indiqué qu’en cas d’urgence, lorsque la mise en œuvre d’un traitement ou l’exploitation de données personnelles entraîne une violation de droits et libertés, la Cdp, après procédure contradictoire, peut décider «l’interruption de la mise en œuvre du traitement pour une durée maximale de trois (3) mois» ; «le verrouillage de certaines données à caractère personnel traitées pour une durée maximale de 3 mois» et même «l’interdiction temporaire ou définitive d’un traitement contraire aux dispositions de la présente loi». Cela, tout en précisant plus loin, à l’article 32 que «les sanctions et décisions prises par la Commission des Données Personnelles sont susceptibles de recours devant le Conseil d’Etat».

APPLICABILITE

Cependant, quid de l’applicabilité de telles sanctions à des partis ou organisations politiques ? Quelles sont les dispositions techniques prises par la commission gérée par Awa Ndiaye, pour procéder au suivi des opérations de collecte et de traitement des données personnelles à des fins de parrainage? A quel moment du processus peut intervenir la Cdp ? Quels sont ses pouvoirs coercitifs en cas de manquements répétés ? Le moins que l’on puisse dire est que la Cdp, dans la note rendue publique, promet de rappeler aux autorités et aux candidats concernés les dispositions de la loi. Sollicités par nos soins, les services d’Awa Ndiaye, présidente de la Cdp, promettent de fournir les réponses attendues très prochainement.

 

SudOnline

Au Gabon, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a été reconduit ce jeudi 3 mai dans ses fonctions, deux jours après avoir présenté la démission de son gouvernement à la suite d'une décision de la Cour constitutionnelle. Il lui revient désormais de former un nouveau gouvernement.

Depuis lundi 1er mai, le Gabon est dans un flou institutionnel. Les élections législatives, reportées à deux reprises depuis décembre 2016, auraient dû avoir lieu avant la fin avril. Lundi, la Cour constitutionnelle avait en effet demandé le départ du gouvernement et annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale, que le Sénat remplacera temporairement.

Jeudi, Casimir Oyé Mba le vice-président de l'Union nationale (UN), a demandé au Centre gabonais des élections de fixer avant le mois de septembre la date des législatives. L'opposant  condamne la décision de la Cour constitutionnelle, parlant « d'un coup d'Etat institutionnel ». Pour l'opposition, c'est parce que le pouvoir redoute de perdre les législatives qu'il « traîne volontairement les pieds », pour reprendre l'expression de Casimir Oyé Mba qui parle « d’un scénario concocté à l'avance ».

« D'ailleurs le Premier ministre vient d'être reconduit or c'est l'exécutif qui est responsable de cette situation, c'est la confirmation que tout cela est monté de toute pièce et à dessein », renchérit Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, un des responsables du parti. « Pourquoi a-t-on inventé ce transfert de pouvoir de l'Assemblée nationale au Sénat ? Pourquoi la Cour n'a pas donné de délai plafond ? C'est parce qu'on se prépare à ne pas organiser les élections », conclut l'opposant.

Dans le camp du pouvoir au contraire, on assure qu'il n'y a aucun agenda caché, qu'à partir du moment où le dialogue politique a abouti à une reforme de système électoral, il a fallu réviser les textes et mettre en place le nouveau Centre gabonais des élections.

« Toutes ces tâches ont pris trop de temps », reconnaît une source proche du pouvoir qui évoque notamment les divisions au sein du PDG, le parti du président Ali Bongo, entre les caciques et la jeune génération. Certains députés, pensant ne pas être investis, auraient ainsi fait preuve de « mauvaise  volonté ».  « En fait, analyse cette source, la plupart des acteurs politiques ont sans doute pensé que la Cour allait tout simplement reporter les élections et prolonger le mandat des députés » or elle en a décidé autrement.

 

vendredi, 04 mai 2018 09:31

Niger: nouvelle arrivée massive de migrants à Agadez

Poster par

Près de 1 500 migrants subsahariens sont arrivés ce jeudi à Agadez, dans le nord du Niger. Une information délivrée par l'Organisation internationale pour les migrations, qui assure leur prise en charge après leur avoir porté secours dans le désert. Parmi ces migrants : plusieurs centaines de Camerounais, mais également des Maliens ou encore des Guinéens. La plupart ont été expulsés d'Algérie alors qu'ils se trouvaient dans le pays ou qu'ils tentaient de s'y rendre. D'autres sont parvenus à quitter la Libye. Depuis le 1er janvier 2018, 3 000 personnes ont été ainsi trouvées dans le désert et prises en charge par l'OIM.

RFI

Une nouvelle polémique secoue la Maison Blanche. Dans une série de tweets matinaux, le président américain a reconnu jeudi avoir remboursé son avocat personnel dans l'affaire Stormy Daniels. Dix jours seulement avant l'élection présidentielle de 2016, Marc Cohen avait versé 130 000 dollars à l'actrice de films pornographiques pour acheter son silence sur une liaison qu'elle aurait entretenue avec Donald Trump. Jusqu'à présent le président avait toujours clamé ne pas avoir eu connaissance de ce versement.

Rudy Giuliani était mercredi soir l'invité de Fox-News. Cette chaîne de télévision à la ligne éditoriale conservatrice est la préférée de Donald Trump. Cela n'a pas empêché le journaliste de poser des questions sur la provenance des 130 000 dollars versés juste avant l'élection présidentielle de 2016 à Stormy Daniels. Mais il ne s'attendait visiblement pas à cette réponse de l'avocat de la Maison Blanche :

« Cet argent n'était pas l'argent de la campagne. Donc il n'y a pas eu de violation des règles sur le financement des campagnes électorales. Cet argent a été payé par son avocat, en utilisant les fonds de son cabinet ou quelle que soit la source, ça n'a pas d'importance, le président l'a remboursé. » Un remboursement en plusieurs échéances de 35 000 dollars par mois, a précisé Rudy Giuliani.

Ces propos semblent contredire la position de Donald Trump qui avait, jusqu'ici, toujours clamé ne pas avoir eu connaissance d'un paiement de 130 000 dollars à l'actrice de films X.

Après son interview, Rudy Giuliani a dû procéder à une opération de déminage, affirmant auNew York Times que Donald Trump savait ce qu'il allait dire sur Fox-News. Sauf que selon l’équipe présidentielle, sa prestation télévisée « ne faisait pas partie d’une stratégie élaborée ». Lors du point de presse de la Maison Blanche, Sarah Sanders, la porte-parole, a ainsi eu toutes les peines du monde à faire face aux questions des journalistes.

« Je vous ai donné les meilleures informations dont je disposais et je vais continuer à faire de mon mieux chaque jour », s'est-elle bornée à répondre.

Cette réponse - « je fais au mieux » - illustre bien le désarroi de l’équipe présidentielle qui ne parvient pas à juguler les élans intempestifs du président, explique notre correspondante à Washington Anne Corpet. Donald Trump a bien précisé dans ses tweets que l’argent qu’il avait versé ne provenait pas de ses comptes de campagne, mais cela reste une piste à explorer par la justice. Et il continue de démentir avoir eu toute relation avec Stormy Daniel ce qui laisse songeur : pourquoi en effet dépenser 130 000 dollars s’il ne s’est rien passé ?

RFI

Marseille a arraché la qualification au bout du suspense jeudi 3 mai malgré sa défaite 2-1 face au RB Salzbourg et affrontera l'Atlético Madrid en finale de Ligue Europa le 16 mai à Lyon, après la victoire des Colchoneros face à l'Arsenal d'Arsène Wenger.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. L’Olympique de Marseille, qui avait pris un bel avantage au match aller dans un Vélodrome survolté, grâce aux buts de Florian Thauvin et Clinton Njie, devait se mettre rapidement à l’abri pour ne pas être en danger face aux assauts de Salzbourg à la Red Bull Arena. Et les hommes de Rudi Garcia ont eu un mal fou à venir à bout des Autrichiens.

Avec une équipe pratiquement égale au premier épisode, les Phocéens n’ont pas trouvé la solution pour inscrire ce premier but face à une équipe invaincue sur son terrain, et qui avait battu l'OM 1-0 pendant la phase de groupe. L'Olympique de Marseille, proche d'une cinquième finale européenne historique pour le football français, devait préserver ses deux réalisations d'avance ou alors assommer les Autrichiens d’entrée de jeu.

Amadou Haidara fait basculer le match

Peu dangereux depuis le début de la rencontre, Salzbourg finit par trouver la solution grâce au Malien Amadou Haidara, qui a récupéré un ballon à quarante mètres de son but et s'offre une percée dans l'axe. Haidara élimine Luiz Gustavo et enchaîne avec un pointu du droit (53e).

Si le match a basculé sur un exploit personnel, les locaux ont ensuite fait le break grâce à une frappe de Schlager, déviée dans sa propre cage par Bouna Sarr (65e, 2-0).

Marseille était devant à la pause (0-0), mais personne n’avait oublié que Salzbourg avait tout renversé face à la Lazio Rome en quart de finale retour. Les Autrichiens, qui s'étaient inclinés 4-2 à l'aller en Italie, avaient largement gagné le match retour contre les Romains (4-1).

Un suspense intense

Marseille, rigoureux et bien organisé, avait pourtant été très peu inquiété en première période. Pour réussir ce but, qui obligerait les Taureaux de Salzbourg à marquer quatre fois pour retourner en finale de C3, comme en 1994, l'entraîneur marseillais Rudi Garcia avait confié la pointe de l'attaque à Valère Germain. Et l’ancien Monégasque a raté la première grosse occasion des Marseillais à la 48e minute. Sur un centre de Payet, Germain (sorti à la 83e) tente une frappe de l’intérieur du pied qui passe à côté du poteau droit. Juste avant, c’est Lucas Ocampos qui trouve le petit filet (45e). Une tête de Florian Thauvin, qui touche la barre transversale, aurait pu permettre aux Marseillais de reprendre confiance (72e).

On pouvait penser que Marseille avait fait le plus dur au match aller. Mais personne ne pouvait empêcher les Autrichiens de rêver après un printemps fou en Coupe d’Europe et tant de rebondissements. Salzbourg, revenu à la hauteur des Phocéens, s’est offert les prolongations. Marseille a tenu le choc, et s’est sauvé in extremis avec ce but salvateur de Rolando (116e), rentré un quart d'heure plus tôt, qui est venu placer le plat du pied de la qualification sur un corner de Payet.

 

RFI


Aïssa Maïga et Sonia Rolland, comédiennes, sont les invitées d'Ali Baddou franceinter.fr/
Aïssa Maïga et Sonia Rolland © Maxppp / Michel THOMAS / Jean-François OTTONELLO


Les deux actrices publient, avec 14 autres actrices noires, un livre, "Noire n'est pas mon métier" (Ed. du Seuil.) pour raconter leur expérience dans l'univers du cinéma hexagonal : "On est pas dans une accusation stérile, on ne balance aucun nom, on est là plutôt pour dénoncer un système qui perdure depuis trop longtemps".
"Pour une noire, vous auriez mérité d'être blanche" :

.@AissaMaiga et .@SoniaRolland racontent les perles entendues sur les plateaux de #cinéma#Noiren'estpasmonmétier @EditionsduSeuilpic.twitter.com/pceOOHMvpP
Sonia Rolland explique :
Le constat est quand même terrible : aujourd'hui, on ne peut pas monter un financement de film sur une actrice noire. Un noir, oui : Omar Sy, et c'est le seul
Sonia Rolland : "On nous dit : "quand il y a trop de protagonistes noires, ça ne marche pas en terme de recettes ...voir 'Black Panthers'! Et les films qui ne marchent pas : est ce que c'est la faute des blancs?!".


"On a écrit le livre avec beaucoup d'humour parce qu'on essaie de décomplexer les gens sur la question : le mot "noir" n'est pas un problème pour nous!".
.@SoniaRolland : "C'est Quincy Jones qui m'a poussé à m'organiser pour aller plus loin, pour avancer des projets" #Noiren'estpasmonmétier #cinéCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /lGzlnRsdhc
— France Inter (@franceinter) May 4, 2018

 

Aïssa Maïga: "Je revendique de pouvoir jouer n'importe quelle femme"telerama
• Juliette Bénabent


• . Etre femme, noire et cantonnée à des rôles caricaturaux : une fatalité dans le cinéma français ? Non, selon la comédienne Aïssa Maïga qui se bat depuis vingt ans pour que les choses changent. Elle est à l'initiative d'un livre collectif sur le sujet, "Noire n'est pas mon métier", qui sort le 3 mai.


« Quand on te regarde, ça sent le monoï. » « Vous ne pouvez pas être le personnage, c'est une avocate, elle s'appelle Sandrine... » « Il n'y a pas de Noirs au Conservatoire, laisse tomber ! »... Ces remarques, et bien d'autres, seize actrices françaises les racontent dans Noire n'est pas mon métier. Graves, elles posent sur la couverture, yeux plantés dans le regard du lecteur, qui est aussi spectateur et a remarqué, peut-être, combien la diversité de la société française est peu représentée sur les écrans ou au théâtre. De Firmine Richard à Karidja Touré et Assa Sylla (Bande de filles), d'Eye Haïdara (Le Sens de la fête) à l'humoriste et comédienne Shirley Souagnon, elles ont répondu à l'appel d'Aïssa Maïga. A 42 ans, la plus connue des actrices noires françaises, qui a tourné avec Abderrahmane Sissako, Cédric Klapisch, Michael Haneke ou Claude Berri, dénonce dans le prologue un « racisme nébuleux », « une myriade de mots méprisants et d'observations condescendantes », un « regard à la fois sexiste et raciste posé sur (nos) corps ». Les témoignages qu'elle a rassemblés sont percutants, ahurissants, anecdotiques ou analytiques, intimes ou universels, souvent drôles. Ils parlent de racisme ordinaire, de petites et grandes discriminations, de frustration. De personnages à la « démarche de panthère »...

Arièle Bonte


C'est Le rendez-vous du cinéma international. Comme chaque année, le Festival de Cannes surprend par sa sélection ou l'identité des membres du jury dévoilés quelques semaines avant son lancement.

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, son délégué général, n'ont en revanche pas fait défaut à l'éternelle problématique de Cannes : le manque de représentation des femmes derrière la caméra. Si le cinéma ne vous dit rien, si vous en avez marre d'y voir toujours sélectionnés les mêmes réalisateurs, rappelez-vous que le monde ne tourne pas autour de la Croisette durant ces quinze jours de festivités.
Pour preuve, d'autres festivals sont organisés durant cette même période. Tour d'horizon de ces événements culturels et engagés où les femmes sont loin d'être sous-représentées.
Mrs Roots : une dose d'afroféminisme dans la littérature française


1. Fraîches Women Festival


Quand ? Le 6 mai 2018, de 13 heures à minuit.
Où ? À la Marbrerie, à Montreuil-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis (93).
On y trouve quoi ? Une journée entière de discussions, d'ateliers et une soirée de concerts, le tout organisé par et pour toutes les femmes, voilà en quelques mots ce qui vous attend au Fraîches Women Festival, événement organisé par Dolores Bakela et Adiaratou Diarrassouba, les co-fondatrices de L'Afro, un média qui raconte "l'expérience afrodescendante en France".
Pourquoi on y va ? Parce que le Fraîches Women Festival se revendique "inclusif, féminin et familial". On y croisera l'artiste et activiste Estelle Prudent, la photographe Noëlla. L., ou encore la créatrice de la newsletter Les Glorieuses, Rebecca Amsellem.

2. Le festival des Journalopes


Quand ? Le 6 mai 2018, de 16 heures à minuit.


Où ? À La Station - Gare des Mines, dans le XVIIIème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Des conférences consacrées au journalisme indépendant et féministe, organisées par le collectif Les Journalopes, soit six journalistes qui écrivent sur l'égalité, les violences conjugales, le sexe, les droits reproductifs ou encore l'amour.
Dimanche 6 mai, on te donne rendez-vous à La Station (@collectifMU) pour notre premier festival du journalisme indépendant et féministe

https://t.co/aouWCLpdmX pic.twitter.com/SgL8LP8mcn
— Les Journalopes (@LesJournalopes) 16 avril 2018
Pourquoi on y va ? Pour comprendre comment le journalisme a évolué depuis l'affaire Weinstein avec une conférence donnée par Victoire Tuaillon ou pour découvrir le témoignage d'Audrey Lebel, correspondante en Ukraine et assister à l'avant-première du documentaire l'Amour au temps d'Erdogan, réalisé par Cerise Sudry-Le Dû et Ségolène Davin.
Prix : entrée libre.


3. "Les héritières", le festival de l'association Lallab


Quand ? Le 5 mai 2018, de 13h30 à 21h30.


Où ? À l'Institut du Monde Arabe, dans le Vème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Une célébration des "héritières", c'est-à-dire "ces générations de femmes" qui appartiennent au passé comme au présent et à l'avenir et qui "poursuivent le combat" contre les discriminations et le racisme. Au programme : des tables rondes et rencontres organisées par l'association féministe et anti-raciste Lallab.

 

N'est pas intellectuel qui veut, ce mot est tellement galvaudé globalement chez les jeunes politiciens sénégalais qu'il est nécessaire d'en redéfinir les contours-Abdoulaye NDIAYE ABDOULAYE.

Franco-Sénégalais PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE- Un contributeur robuste qui donne à penser.

 Un intellectuel est une personne dont l'activité repose sur l'exercice de l'esprit, qui s'engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs, il refuse le dictat, il met la main à la pâte, il défend et conscientise les masses. C'est un acteur engagé qui sait. P B CISSOKO

N'est pas intellectuel qui veut, ce mot est tellement galvaudé globalement chez les jeunes politiciens sénégalais qu'il est nécessaire d'en redéfinir les contours

Origine

Le terme « intellectuel » est considéré comme d'apparition récente ; il serait directement lié à l'Affaire Dreyfus en France. Toutefois quelques auteurs suggèrent l'existence d'occurrences antérieures

Le mot a été adopté par Maurice Barres et Ferdinand Brunetière, qui, dans leurs écrits anti-dreyfusards, entendaient dénoncer l'engagement d'écrivains comme Émile Zola, Octave Mirbeau ou Anatole France en faveur de Dreyfus, et sur un terrain – les affaires militaires et l'espionnage – qui leur était étranger. La connotation péjorative initiale (l'intellectuel comme penseur réfugié dans l'abstraction, perdant de vue la réalité et traitant de sujets qu'il ne connaît pas bien) a ensuite très largement disparu, au profit d'une image positive d'hommes, appartenant certes à des professions intellectuelles, mais avant tout soucieux de défendre des causes justes, fût-ce à leurs risques et périls.

L'intellectuel n'est pas nécessairement un philosophe ou un écrivain, et sa définition n'a rien de sociologique. Il s'agit de toute personne qui, du fait de sa position sociale, dispose d'une forme d'autorité et la met à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales. Si l'on suit cette définition, l'intellectuel n'est pas une « institution » récente : dès la Grèce antique des rhéteurs comme Gorgias ou Protagoras s'inscrivent dans cette démarche passionnelle de l'esprit.

Mais, depuis l'Affaire Dreyfus, le mot d'intellectuel est utilisé plus précisément pour désigner quelqu'un qui s'engage dans la sphère publique pour défendre des valeurs. Dans la continuité de Voltaire défendant Calas8, c'est Émile Zola et Octave Mirbeau s'engageant pour le capitaine Dreyfus, c'est Jean-Paul Sartre et Pierre Vidal-Naquet dénonçant la torture en Algérie, c'est Michel Foucault bataillant pour les droits des prisonniers et Pierre Bourdieu pour ceux des chômeurs, ou encore Noam Chomsky lorsqu'il stigmatise la politique étrangère des États-Unis.

Rôle social

Plusieurs conceptions du rôle de l'intellectuel dans la société peuvent être évoquées.

En 1895, Octave Mirbeau définissait ainsi la mission de l'intellectuel : « Aujourd'hui l'action doit se réfugier dans le livre. C'est dans le livre seul que, dégagée des contingences malsaines et multiples qui l'annihilent et l'étouffent, elle peut trouver le terrain propre à la germination des idées qu'elle sème. Les idées demeurent et pullulent : semées, elles germent ; germées, elles fleurissent. Et l'humanité vient les cueillir, ces fleurs, pour en faire les gerbes de joie de son futur affranchissement.

Raymond Aron, dans L'Opium des intellectuels (1955), pose cette question du rôle du savant dans la cité, et concernant les grands débats du moment. Pour Aron, l'intellectuel est un « créateur d'idées » et doit être un « spectateur engagé ». À cette conception s'oppose celle du dreyfusard Julien Benda. Dans un essai intitulé La Trahison des clercs (1927), il déplorait le fait que les intellectuels, depuis la guerre, aient cessé de jouer leur rôle de gardiens des valeurs « cléricales » universelles, celles des dreyfusards (la Vérité, la Justice et la Raison), et les délaissent au profit du réalisme politique, avec tout ce que cette expression comporte de concessions, de compromis, voire de compromissions. La référence aux « clercs » (que la tonsure distinguait des laïcs) souligne cette fonction quasi-religieuse qu'il assigne aux intellectuels. L'attitude du clerc est celle de la conscience critique (plutôt que de l'engagement stricto sensu).

Jean-Paul Sartre, définira l'intellectuel comme « quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». C'est celui à qui, selon la formule de Diderot empruntée à Térence, rien de ce qui est humain n'est étranger, qui prend conscience de sa responsabilité individuelle dans une situation donnée, et qui, refusant d'être complice, par son silence, des injustices ou des atrocités qui se perpètrent, en France même ou ailleurs dans le monde (pensons au rôle de Sartre dans le Tribunal Bertrand Russell érigé pour juger les crimes de guerre au Vietnam), utilise sa notoriété pour se faire entendre sur des questions qui ne relèvent pas strictement de son domaine de compétence, mais où l'influence qu'il exerce et le prestige, national ou international, dont il bénéficie peuvent se révéler efficaces. L'intellectuel, pour Sartre, est forcément « engagé » pour la cause de la justice, et donc en rupture avec toutes les institutions jugées oppressives.

Cela l'oppose évidemment à Raymond Aron, son ancien « petit camarade » de l'École Normale, à propos duquel il écrira, en mai 1968 : « C'est le système actuel qu'il faut supprimer Cela suppose qu'on ne considère plus, comme Aron, que penser seul derrière son bureau – et penser la même chose depuis trente ans – représente l'exercice de l'intelligence. [...] Il faut, maintenant que la France entière a vu de Gaulle tout nu, que les étudiants puissent regarder Raymond Aron tout nu. On ne lui rendra ses vêtements que s'il accepte la contestation ». Pour Sartre, l'intellectuel ne peut donc être que « de gauche », à condition d'entendre ce terme dans le sens d'un désir éthique de justice, et non dans un sens purement politique et partiaire.

Pour Albert Camus, soixante ans plus tard, l'écrivain « ne peut se mettre au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent » : « Notre seule justification, s'il en est une, est de parler, dans la mesure de nos moyens, pour ceux qui ne peuvent le faire. » Mais, ajoute-t-il, il ne faudrait pas pour autant « attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales. La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante.

Serge Halimi, reprenant une célèbre expression de Paul Nizan12, a qualifié de « nouveaux chiens de garde » du système, par opposition aux intellectuels « dissidents » et « résistants »13, les intellectuels de la fin du siècle. Dans la continuité de Michel Foucault, et selon la définition que celui-ci en a donnée, Pierre Bourdieu était un « intellectuel spécifique »14 et il entendait mettre ses compétences de sociologue au service de son engagement. Des hellénistes comme Jean-Pierre Vernant, ancien résistant, et Pierre Vidal-Naquet ne prétendaient pas avoir de compétences particulières dans leurs interventions sur la scène publique, que ce soit contre la torture en Algérie ou pour les droits du peuple palestinien, et se situaient davantage dans la lignée d'Albert Camus et des intellectuels dreyfusards comme Émile Zola et Octave Mirbeau, qui partaient du principe d'éthique.

Pour le sociologue Laurent Muchielli, directeur de recherches au CNRS, « le rôle des intellectuels est de rompre avec les registres événementiel et émotionnel, qu'ils soient consensuels ou conflictuels, pour tenter d'apporter quelques éléments de réponse au débat collectif.

NDIAYE ABDOULAYE PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE

 

Abdoulaye NDIAYE nous propose des interventions ;  revues de presse à sa façon sur facebook.

«Le décrochage scolaire est un sujet délicat et qui mérite d'être étudié. Parents et enfants doivent beaucoup échanger pour comprendre l'état d'esprit des enfants. Un suivi peut faciliter l'accompagnement et éviter le décrochage. Notre compatriote nous dresse ici un éclairage succinct suivions-le»P B CISSOKO

La première des causes du décrochage scolaire est un trouble psycho-affectif qui va déboucher sur une forme d'inadaptation scolaire.
Pour réussir à l'école, il faut savoir accepter la contrainte, l'autorité de l'adulte, il faut accepter de faire des choses que l'on n'a pas envie de faire.

Tous les enfants ne sont pas dans cette disposition d'esprit aujourd'hui, loin s'en faut.


La deuxième cause est une cause économique. Les enfants concernés par les décrochages scolaires sont souvent issus d'un milieu socio-économique et socio-culturel défavorisé. Cette composante économique est aussi due au manque d'insertion professionnelle des parents. Lorsque des parents sont éternellement au chômage, le fait d'aller à l'école pour décrocher un boulot ne prend guère de sens pour les enfants dont la famille est victime de décrochement social. Souvent, les enfants victimes de décrochage ont eux-mêmes connu des troubles scolaires.


La troisième cause est liée à l'école. Notre école moderne a le travers de s'adresser à des gens qui connaissent bien le système. Elle exige très tôt un effort d'abstraction et de conceptualisation très difficile pour un enfant. L'enseignement ne passe pas suffisamment par l'expérimentation, ce que l'on appelle "la main à la pâte".

Quand vous cumulez ces trois paramètres là, le cheminement scolaire peut s'avérer très difficile.


Le décrochage scolaire existe dans tous les pays mais il est plus élevé en France qu'ailleurs. Il est évident que le décrochage scolaire dépend d'un ensemble de facteurs sociaux et individuels, comme la pauvreté, le chômage, la marginalité, etc... Le profil du public qui décroche ne résulte pas d'un hasard.

Néanmoins, il faut se poser la question de la responsabilité de l'école qui d'une certaine manière échoue à intégrer la totalité des élèves. L'école est d'ailleurs perçue par nombre d'élèves comme une machine à exclure, beaucoup d'élèves ont une image assez sombre de l'école. Ils ont l'impression que lorsque vous avez des difficultés scolaires, l'école ne sait pas trop quoi faire de vous, ne vous propose que des redoublements qui ne sont pas efficaces et des orientations que vous n'avez pas choisies. Les élèves en difficulté se sentent méprisés, ils ont le sentiment de ne pas avoir leur place à l'école.

Néanmoins, on pourrait peut-être aussi s'interroger sur la difficulté de l'école de ne pas être capable de récupérer ces élèves. Le décrochage est en fait un processus silencieux d'élèves qui commencent à échouer, qui ont des mauvaises notes, des punitions, qui se demandent ce qu'ils font là et à l'égard desquels les enseignants n'ont pas beaucoup de compassion. Par ailleurs, leurs camarades en ont souvent une image négative : "ils sont bêtes, etc.. ". Au bout d'un moment, la situation devient tellement pénible pour les élèves en situation d'échec, ils sont à l'école physiquement mais plus scolairement, ils vont ensuite de moins en moins à l'école parce que c'est désagréable et ils finissent par ne plus y aller du tout. Par ailleurs, pour certains élèves le décrochage est aussi une forme de révolte. Ils n'ont plus confiance en l'école, les formations qu'on leur a proposé ne sont pas celles qu'ils ont choisies donc ils préfèrent tenter leur chance de leur côté.


La situation est telle que quand un enseignant donne un devoir, il est devenu normal qu'un tiers des élèves n'aient pas réussi. Le problème du décrochage scolaire est d'autant plus important aujourd'hui que le marché du travail n'absorbe plus ces élèves.


Pour bien faire, il faut regarder comment la France s'en sort par rapport aux autres pays de l'OCDE. On se rend compte que notre système est caractérisé par un grand taux d'échec scolaire. Nous sommes à 20% d'échec scolaire, un très mauvais classement. De plus, c'est un échec qui concerne avant tout les classes sociales les plus défavorisées. Notre système scolaire produit donc de l'échec mais également des inégalités sociales.


Faire réussir tout le monde n'est pas forcément au détriment des plus forts. Nous sommes en France obnubilés par la peur du nivellement par le bas. Or, c'est généralement le contraire qui se produit. En faisant évoluer notre système, en prenant plus en compte les individus, on va globalement l'améliorer.
Concernant les causes qui sortent du champ d'action des politiques d'éducation et de l'école, on retrouve des problèmes sociaux, d'accidents de vie, d'handicap. Ces éléments peuvent être la cause principale comme un simple déclencheur. Souvent le décrochage prend ses racines très tôt dans la scolarité. Dès l'école primaire, l'enfant peut avoir l'impression que cela va trop vite pour lui, qu'il n'y a arrivera jamais. A un moment donné, arrive un déclencheur, propre ou non à l'école, qui fait qu'il décroche. C'est le fruit d'un long processus de démotivation.


Quel rôle l'environnement familial joue-t-il aujourd'hui dans les phénomènes de décrochage ? Sont-ils amplifiés par l'éclatement de la cellule familiale (explosion de la mono-parentalité) et l'évolution du rapport à l'autorité ?


Les trois paramètres que j'évoquais sont mis en exergue par la vie moderne. Du point de vue économique, le creusement des inégalités rend les pauvres encore plus pauvres, le déclassement social est devenu très violent.


La destruction des modèles familiaux a tendance à déplacer les enfants. Par exemple dans le cas d'une mère célibataire, le petit garçon va prendre la place du père. Nous savons dans la psychologie scolaire que lorsqu'un enfant endosse la place du père, il ne prend pas facilement une place d'élève à l'école.
Les explications liées au contexte familial sont vraies mais il faut s'en méfier.


Oui, si vous naissez dans une famille unie, où le père et la mère ont fait des études supérieures, où il y a des livres à la maison où le climat éducatif est sympathique, vos chances de décrocher sont beaucoup plus faibles que si vous naissiez dans une famille désunie où il y a du chômage, où le climat n'est pas bon.
Ce genre d'explications voudrait dire d'une certaine façon que l'école n'est là que pour s'occuper des élèves qui bénéficient de conditions éducatives excellentes. Cela reviendrait à dire que l'hôpital c'est bien mais plutôt pour les gens qui sont en bonne santé. Si ces facteurs sont avérés ils fonctionnent aussi comme une façon de se dédouaner mais l'école est là pour tout le monde. On doit la même chose à tous les élèves en termes de réussite scolaire et cela doit devenir un impératif.


Aujourd'hui en France, on accepte qu'un élève sur cinq entre en sixième sans savoir lire et compter convenablement, évidemment en troisième vous avez 150 000 décrocheurs. Quand on sait que dans certains pays le taux de décrocheurs est deux fois plus faible, il y a une mise en cause de notre système scolaire.


Le terme « monoparentale » signifie très souvent « femme seule avec enfant ». Ces dernières peuvent être confrontées à de multiples difficultés comme un travail avec des horaires décalés, l'éducation des enfants, des difficultés financières etc. Or ces problèmes s'associent très souvent à une incompréhension totale des codes de l'école. Quand l'enfant commence à perdre un peu pied, elles n'ont pas forcément les clés pour les aider directement ou trouver les ressources pour aider leurs enfants. Nous avons là une bonne piste de réflexion, il faut recréer le lien entre les familles, les ressources et l'école. Il faut travailler sur l'individu dans une dynamique collective et complémentaire.

NDIAYE ABDOULAYE
PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE

A lire
Les enfants d'immigrés réussissent-ils moins bien à l'école que les autres?
Par Timothé Goupil,

Le capital intellectuel et culturel des parents influence les niveaux d'études.
REUTERS/Charles Platiau


Contrairement à une idée reçue, les élèves issus de l'immigration, à milieu social équivalent, ont souvent de meilleurs résultats scolaires que les enfants de parents français.
La cité et le cliché. Ces deux-là s'attirent et se repoussent, comme un vieux couple qui se fait du mal. Selon un poncif dévastateur, les élèves issus de l'immigration réussiraient moins bien à l'école que ceux dont les parents sont français. Ils seraient plus assidus dans les halls d'immeubles que dans les salles de cours. Une première statistique brute fournie par l'Insee paraît confirmer ce décrochage : 61 % des enfants d'immigrés obtiennent le bac, contre 68 % pour les Français "de souche".
Une inégalité qui s'exprime d'abord dans la compréhension du système scolaire : "Les parents d'origine française connaissent bien mieux les rouages de l'Education nationale, et cela leur donne un avantage lors de l'orientation", explique Yaël Brinbaum, sociologue au Centre d'études de l'emploi et coauteure d'une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) sur la réussite scolaire des enfants d'immigrés.


Des résultats souvent meilleurs à milieu social équivalent
Pays d'origine des parents Réussite hommes Réussite femmes


Espagne et Italie - 20 % - 10 %
Maroc et Tunisie + 20 % + 80 %
Algérie + 10 % + 10 %
Asie du Sud-Est + 70 % + 60 %
Autres pays européens + 40 % + 30 %


Mais, comme souvent en économie, il faut soulever le couvercle pour ne pas faire d'erreur d'interprétation. Ces chiffres ne tiennent pas compte de l'origine sociale des descendants d'immigrés : 66 % ont au moins un parent ouvrier, contre seulement 39 % des enfants sans ascendance étrangère. Il faudrait donc comparer deux populations (immigrés et non-immigrés) issues des mêmes catégories socioprofessionnelles.


Un fils d'ouvrier immigré chez Renault avec un fils d'ouvrier agricole "de souche". Un enfant de cadre supérieur marocain avec une fille de dirigeante issue des beaux quartiers. Verdict : les inégalités scolaires tendent alors à disparaître, et parfois même s'inversent ! Le capital intellectuel et culturel des parents, si cher au sociologue Pierre Bourdieu, influence donc les niveaux d'études. Et peu importe l'origine des parents. Le social prime sur la provenance.
L'aspiration à l'ascension sociale compense les "dons acquis"


La preuve en chiffres, toujours sur la foi de l'Ined : à origine sociale équivalente, un garçon tunisien ou marocain a 20 % de chances de plus d'obtenir son bac que son camarade non immigré. Pour une fille, la probabilité de décrocher le diplôme monte même à 80 %. L'Asie du Sud-Est produit des prodiges qui surpassent facilement les Français d'origine.
"On focalise toujours sur les échecs, s'indigne Yaël Brinbaum, alors que les réussites sont nombreuses." Certaines populations rencontrent toutefois davantage de difficultés. Seulement un tiers des enfants d'immigrés turcs deviennent bacheliers, ce qui les place en situation de sous-réussite, tout comme les Algériens, les Sahéliens ou les Portugais. En cause, une orientation précoce vers des filières plus courtes dites qualifiantes.


La leçon : le déterminisme des origines n'existe pas, et les parents immigrés inculquent à leurs enfants des désirs de réussite comparables à ceux des non-immigrés : à la sortie du lycée, 86 % des jeunes issus de l'immigration envisagent des études supérieures, contre 77 % pour les autres élèves. Ces aspirations à la réussite et à l'ascension sociale compensent alors largement les très bourdieusiens "dons acquis", symboles d'une éducation fondée sur la transmission du capital culturel et non sur l'instruction.
Mais c'est ensuite que les choses se gâtent. Le système éducatif français, perçu comme un moyen d'intégration et de mobilité sociale pour les familles d'immigrés, laisse souvent les plus méritants sur leur faim. Une situation en partie due au marché du travail : "Il y a toujours des discriminations à l'embauche, rappelle Yaël Brinbaum. Le diplôme protège du chômage, mais l'accès à l'emploi est plus difficile que pour les jeunes Français d'origine." Si les inégalités scolaires s'estompent, la route vers l'équité est encore longue.


Contenu proposé par Taboola
https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-enfants-d-immigres-reussissent-ils-moins-bien-a-l-ecole-que-les-autres

Page 4 sur 287

AUDIO

Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

Video galleries

logotwitterFacebook