lundi, 31 décembre 2018 21:52

Des paroles, toujours des paroles, rien que des paroles !

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Le Président de la république dans son message à la nation se contente de commenter des actions et des résultats insignifiants comme le spectateur passif qu’il est depuis 7 ans sur la scène. Macky SALL a tout raté en 7 ans, fragilisé le pays, les institutions, angoissé les Sénégalais par ses dérives autoritaires.

Et que dire de la suffisance parfaitement déplacée dont Macky Sall fait preuve lorsqu’il évoque les perspectives économiques.

Le président poursuit jusqu’à l’indécence son entreprise d’autosatisfaction. Comme si des mots avaient le pouvoir de faire mentir la vérité. Et la vérité oblige à dire qu’au vu de son bilan calamiteux, Macky SALL restera comme le plus mauvais président de la République. Une position qu’il s’emploie manifestement à conforter au regard de la manière dont il entame l’élection présidentielle de février prochain. J’invite les citoyens sénégalais de mettre fin au soir du 24 février aux tâtonnements, à l’immobilisme et l’incompétence.

 

Ibrahima Thiam, Président du mouvement un Autre Avenir

 

« Le monde est petit. On avait parlé de moi à ce brillant et jeune intellectuel promis à un bel avenir. Il me lance une invitation à laquelle sauvage que je suis ; .je ne réponds pas. Je protège mes relations et je ne me lie pas facilement. Le voici qui accompagne chez moi un ami du frère de mon épouse et dans la discussion je découvre qu'il écrit comme moi, puis me voici entrain de parler du Dr Ndongo ce poète. Que n'ai-je pas dit, le garçon interloqué me dit mais c'est de vous dont on m'a parlé (Fatou Sy de RUNGIS) et je vous ai envoyé une réponse sans réponse. Confus je demande pardon et lui demande de corriger cette trop grande prudence qui a failli me coûter une bonne relation. Voici une belle amitié naissante autour de l'écriture, la pensée et la belle plume. Ce garçon est à suivre, je le recommande »P B CISOKO

Depuis que le vers est devenu pervers
Je n'écris plus; la poésie, je la chante
J'enterre les règles dans le cimetière
De mon inspiration que la liberté hante.

Écoutez-moi chanter l'Amour et la Femme
Et les douces cacophonies de mon être
Écoutez-moi chanter le Divin et la beauté de l'Islam
Dans ce monde immonde où inonde le paraître.

Regardez-moi graver mon nom à l'Immortel
Écoutez- moi chanter les amis les plus fidèles
L'amour est si beau comme l'amitié est belle
La vie est un fade cadeau dont la mort est le sel.

La poésie est en agonie, elle souffre du « rimisme »
Le « poète » est son ennemi qui assassine son lyrisme.
Je lui redonne son charme et la vivifie à travers mes vers
J'essuie en douceur ses larmes, ma plume est lumière.

Poésie! À ton honneur, je composerai mille et un vers
Et peindrai dans le dos de la vie ta divine silhouette
Je chanterai fort tes éloges au-delà des mers
Quand un jour je ferai taire tes « ennemis poètes ».
Thioye

PS: Photo prise par une jeune blonde. No comment !
Sérigne Ndongo THIOYE Poète Slameur dorénavant à Paris

David DOUILLET, à la matinale CIAN/SPORSORA :-« Si l'on veut grandir tous ensemble, il faut respecter et aimer l'Afrique ! »


par Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)

L'ancien multi-champion de judo et ministre des Sports David DOUILLET, lors de sa participation à la matinale CIAN/SPORSORA, à Paris, le 4 décembre 2018. © Sporsora.com
Au lendemain d'une récente conférence dédiée à la filière sport au siège parisien de Business France, et à laquelle participait la ministre des Sports Roxana MARACINEANU*, c'est le CIAN et SPORSORA, association promouvant l'économie du sport, qui organisaient une matinale dans un cinéma parisien. Le Thème : « L'Afrique, star mondiale du sport ». L'invité-vedette, parmi plusieurs personnalités et professionnels de la filière : l'ancien multi-champion et ministre des Sports David DOUILLET... Et un consensus : oui, les entreprises françaises ont du savoir-faire à faire valoir pour contribuer au développement du sport africain. À certaines conditions toutefois... »>..


« Nous tous savons bien maintenant qu'avec ses futurs 2,4 milliards d'habitants d'ici à vingt ans, et l'émergence d'une classe moyenne qui passera de 350 millions de personnes aujourd'hui à quelque 500 millions, l'Afrique sera un formidable relais de croissance, car cette classe moyenne urbaine aura des besoins nouveaux à satisfaire, et les activités de loisir comme le sport en font partie », déclare Étienne GIROS, Président délégué du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique), dans son propos liminaire, en ouverture de la matinale dédiée à « L'Afrique, star mondiale du sport ».
Étienne GIROS relève aussi que dans cette filière sport, « les entreprises françaises disposent de nombreux atouts, y compris pour faire gagner du temps aux Africains, grâce à nos nombreux savoir-faire. En montant des partenariats, nous pouvons leur faire gagner des années, comme ils l'ont fait dans la téléphonie mobile ».


À la suite de cette introduction, plusieurs intervenants apportent leurs témoignages concordants. Ainsi Laurent PETRYNKA, Président de la Fédération Internationale du Sport Scolaire (ISF), relève-t-il que « l'Afrique est déjà une star du sport (...) qui est très développé à l'école [car] de plus en plus de pays s'intéressent à livrer un patrimoine à leur jeunesse ».
Diamil FAYE, Président JAPPO Sport et Entertainment (Sénégal), considère lui aussi que le sport est devenu « une priorité des gouvernements », que « les possibilités sont énormes » et si les entreprises françaises ont reculé, « elles seraient mieux acceptées » si elles contribuaient plus au développement du sport, par « des actes de mécénat plus visibles ». Une affirmation à laquelle Étienne GIROS adhère, précisant que le sponsoring du sport africain représenterait en effet une formidable vitrine pour la promotion des marques françaises en Afrique.


Géraldine ROBERT, unique joueuse de basket professionnelle du Gabon et consultante pour le Ministère des Sports de ce pays, relève que le sport peut être la porte d'entrée pour sensibiliser à bien des thématiques d'aujourd'hui, comme la non-discrimination, l'égalité des genres, la médecine préventive... Elle appelle à plus d'implication du secteur privé afin de compenser le fait qu'actuellement les structures du sport en Afrique sont souvent « un peu trop politisées », ce qu'elle déplore, tout comme Zineb EL HOUARI, journaliste sportive et chroniqueuse (France 24), qui précise que « l'Afrique a besoin d'expertises et de compétences professionnelles ».


Le sport, marqueur des classes moyennes et facteur d'intégration sociale


Jean-Michel HUET* associé chez Bearing Point et expert de l'Afrique numérique, apporte aussi une touche positive au débat, expliquant comment l'expression de l'intérêt pour le sport est devenue « un marqueur social clé de l'accession à cette classe moyenne africaine en cours de structuration ».
Les gens ont envie de dépenser pour des activités sportives une part de l'argent disponible pour leurs loisirs, ils se rencontrent via les réseaux sociaux, ce qui est facilité par l'explosion de l'usage des téléphones mobiles, signale encore Jean-Michel HUET, relevant comme Étienne GIROS que le mouvement accéléré d'urbanisation du continent et l'accroissement des classes moyennes se conjuguent pour favoriser fortement la montée en puissance du sport.

Une vue de la salle durant l'intervention de Jean-Michel HUET. © AM/AP.P


Une réalité déjà observable, fait remarquer Brahim SAIL, CEO de l'institut de sondages africain IMMAR, producteur du Baromètre CIAN des leaders d'opinion du Continent : « 62 % des leaders d'Afrique témoignent de leur intérêt pour le sport, et encore plus, soit 72 %, en Afrique de l'Ouest francophone », révèle-t-il.


Thomas GIL, Directeur par intérim du Comité International des Jeux de la Francophonie, auxquels participent vingt-quatre pays d'Afrique (sur 88 membres au total de l'OIF), met pour sa part l'accent sur les valeurs que portent les Jeux de l'OIF : « solidarité, diversité et excellence ».


Faire émerger « une relation d'égal à égal » entre la France et l'Afrique


Jean-Marc ADJOVI-BOCO, ancien joueur de football professionnel, DG de Diambars et membre du Conseil présidentiel pour l'Afrique (CPA) souligne combien « le sport est un facteur d'intégration sociale », relève combien l'Afrique a besoin de formation à tous les niveaux » : « Aujourd'hui, explique-t-il, il en va du sport comme des processus industriels : la matière première et les consommateurs sont en Afrique, mais il nous manque la chaîne de valeur, elle est inexistante ou défaillante ».
Il appelle ainsi de ses vœux à la création d'un modèle « plus vertueux », remisant « le vieux logiciel de la relation France-Afrique » pour faire émerger « une relation d'égal à égal ».
Sur le même thème de la relation à reconstruire entre la France et l'Afrique,
la Tunisienne Azza BESBES, vice-championne du monde d'escrime et Femme francophone de l'année 2018, livre un point de vue encourageant : « Oui, la France a perdu des parts de marché en Afrique... elle a pris du retard ! Mais c'est aussi le pays qui connaît le mieux l'Afrique et les Africains ! »

Un atout supplémentaire à valoriser, donc, pour la filière la filière française de l'industrie du sport. À condition toutefois de ne pas tergiverser car, comme le disait Étienne GIROS, « c'est dès aujourd'hui qu'il faut se placer sur les grands marchés africains pour y acquérir les positions de 2030 ! »


David DOUILLET : « les valeurs du sport


peuvent permettre de structurer une société »


Le mot de la fin de cette matinale instructive – qui sera suivie d'autres initiatives, auxquelles le CIAN va réfléchir, nous confie son Président délégué – revient à David DOUILLET.
Pour l'ancien ministre français des Sports, et multi-champion d'Europe, du monde et olympique de judo, « tout peut se débloquer en Afrique (...) Il faut parler d'égal à égal avec les pays ou les personnes avec lesquels on veut travailler, considérer aussi les us et coutumes, les traditions et façons de faire... il faut s'adapter à l'Afrique, il faut la respecter. En réalité, si l'on veut grandir tous ensemble, il faut estimer, il faut aimer l'Afrique ! »


Et puis, l'ancien champion invite aussi les uns et les autres à ne pas considérer la seule dimension économique, mais aussi la vertu civique du sport : « Je considère – et je peux paraître prétentieux mais je l'assume ! – que les valeurs du sport peuvent permettre de structurer une société. C'est déjà un peu le cas en Afrique, mais compte tenu de l'explosion démographique qui vient, il faut que ce le soit totalement dans les dix à vingt prochaines années. »


Enfin, répondant à une question sur les lenteurs et la fréquente mainmise gouvernementale sur le monde du sport africain, ce qui représente un frein à son développement harmonieux, David DOUILLET affirme : « Je connais une arme absolue pour lutter contre cela : la vitesse ! Car en général la politique est lente ; donc on peut la prendre de vitesse.


Comment ? En lui imposant le rythme ! Et le rythme peut être imposé très rapidement par les citoyens et les entreprises. Des entreprises qui investissent, apportent les savoir-faire, élaborent et construisent des modèles économiques et des stratégies de fonctionnement adaptés aux caractéristiques de l'Afrique, et qui soient viables.
Oui, il faut apporter tout cela ! Car il ne s'agit pas d'arriver, de profiter de l'événement puis de repartir. Non, il faut semer en terre profonde pour que les racines soient solides de tout ce qui va pousser. L'Afrique a le potentiel pour être la plus grande terre de sport au monde. »


Arnaud Desjardins publie, pour l'anniversaire de ses quatre-vingt ans, un ouvrage essentiel, Bienvenue sur la Voie, où il fait la synthèse des conseils que l'on peut donner à toute personne engagée dans une quête intérieure et spirituelle afin d'éviter pièges et malentendus. Il nous a paru important d'avoir son témoignage sur ce mot-valise : lâcher-prise.


Propos recueillis par Marc de Smedt.


Arnaud Desjardins.


Nouvelles Clés. : Il est de bon ton, dans certains milieux intéressés par le développement personnel, de cultiver lelâcher-prise. Cette expression, devenue à la mode, est en fait une formule zen qui signifie qu'il faut savoir cesser d'être le jouet de ce qui nous habite, pensées, émotions, stress, crispations et dénis en tous genres. Et on peut comprendre que nos contemporains, êtres perturbés vivant dans une époque qui leur semble difficile, lui trouvent du charme. Comment donc définiriez-vous ce fameuxlâcher-prise et y a-t-il différentes façons de l'appréhender ?


Arnaud Desjardins : Le lâcher-prise est un geste intérieur qui interfère avec notre manière habituelle de réagir. Certains lâcher-prisenécessitent une grande force de conviction, d'autres sont plus aisés à opérer. Puis vient un jour où nous constatons que le fait de lâcher est devenu permanent. On pourrait même dire que le lâcher-prise est devenu inutile car il n'y a plus de prise, plus d'appropriation de la réalité.


Une détente s'est établie, nous sommes en contact avec la réalité, instant après instant, sans projections sur le futur, ce qui nous permet d'accomplir les actions qui nous paraissent justes et appropriées, dans le relatif. L'action est toujours relative, d'une part parce qu'elle s'insère dans un ensemble de chaînes de causes et d'effets que nous ne maîtrisons pas, ou très partiellement, et d'autre part parce que nous-mêmes avons des capacités relatives. Toute action engendre des conséquences, certaines que nous pourrons prévoir, d'autres que nous ne pourrons pas prévoir. La pratique consiste donc aussi dans unlâcher-prise avant l'action. Un événement se produit, une situation se présente, qui peut être extérieure à nous ou intérieure (comme un vertige, un mal au ventre, une angoisse diffuse). L'essentiel, c'est la manière dont chacun se situe face à ce vécu intime que l'existence produit en lui. Nous avons la possibilité d'accueillir cette réaction, parce que c'est la vérité de l'instant, mais sans nous l'approprier. Celui dont j'ai été l'élève, Swâmi Prajnânpad, disait à ce sujet : « La plaque photographique prend, le miroir accueille mais ne prend pas. » Les événements, quels qu'ils soient, produisent en nous des émotions en tous genres, heureuses ou malheureuses, plus ou moins intenses. Si nous apprenons peu à peu cette attitude de lâcher-prise, celle-ci finit par imprégner tout l'existence et crée en nous une grande détente : l'événement se présente, mais la réaction mécanique ne se produit plus. Les émotions font place à l'équanimité !


N. C. : Vous voulez dire que même la réaction physique ne se fait plus ? Je m'explique : si l'on a une angoisse, on peut en effet déconnecter son mental de celle-ci, mais qu'en est-il de la boule au ventre qu'elle a, par exemple, occasionnée ?


A. D. : À la place de la réaction habituelle de l'ego, du "ça j'aime ou ça je n'aime pas", il y a un sentiment qui devient stable d'ouverture du cœur. Les aspects mentaux, émotionnels et physiologiques sont interconnectés et, peu à peu, cet effort de lâcher-prise va contredire la force d'inertie des habitudes qui font que nous sommes tout le temps en réaction face aux événements. Et petit à petit, nous allons ainsi vers l'équanimité. Mais il est évident que, pendant longtemps, l'existence aura encore le pouvoir de produire en nous des réactions : oh oui ! et une émotion heureuse, oh non ! et une émotion malheureuse, douloureuse, réactions dont nous faisons une affaire personnelle. Il faut en fait sans cesse se poser la question de savoir comment nous nous situons par rapport à ces réactions physiques, émotionnelles et mentales ? Comment lâchons-nous prise face à ces moments heureux ou malheureux, quand nous sommes de bonne ou de mauvaise humeur ? La pratique de celâcher-prise met en fait immédiatement en cause l'égocentrisme. Elle amène un abandon de notre vouloir personnel et cet abandon produit une détente. C'est à partir de celle-ci que notre action va à présent s'accomplir, et non à partir d'une réaction épidermique et mécanique fondée sur nos anciens schémas de fonctionnement. C'est la soumission à ce qui est et non à ce qui devrait être, chère à tous les grands maîtres zen, soufis, hindous ou chrétiens, c'est le célèbre : « Que Ta volonté soit faite et non la mienne. » À ce moment-là il n'y a plus la séparation, de dualité, entre moi et la réalité du moment.


N. C. : Vous commencez votre livre en disant qu'il faut se méfier des mots. Et on se souvient des dégâts occasionnés dans les milieux branchés par le fameux "ici et maintenant" qui était devenu un prétexte à ne rien engager, ne pas faire de projets constructifs, etc. Ne croyez-vous pas qu'un autre mot-valise comme "lâcher-prise" risque d'être confondu par certains avec "laisser aller" ?


A. D. : Cette question en pose une autre plus générale : quel sens les lecteurs ou auditeurs d'un mot comme celui-ci lui donnent-ils ? Comment cette attitude est-elle comprise ? Dans ce genre de sujet, on ne sera jamais assez précis sur les questions de vocabulaire. Quand on décrit les pièces d'une machine dans le langage d'un mécanicien, on sait de quoi on parle. Il faut donc bien s'entendre sur ce que veut dire lâcher prise. Mon désespoir, ma suffocation face à un événement grave et brutal ne changera rien aux choses. Au contraire, plus il va y avoir émotion non contrôlée, moins il y aura d'efficacité dans l'action, moins ma réponse sera appropriée à la demande de la situation. Par contre, si je lâche prise face à ma panique, si je ne m'affole pas, si je n'en rajoute pas, je vais alors être plus lucide et plus compétent pour résoudre les choses.


En aucun cas le mot lâcher-prise n'exclut l'action. Swâmi Prajnânpad avait cette belle formule : "Intérieurement, activement passif. Extérieurement, passivement actif", donc, calmement attentif à l'intérieur de soi, et tranquillement actif à l'extérieur.
L'état de paix avec le contexte extérieur créé par la paix intérieure n'exclut en rien l'action ! En fait, dans la vie, nous nous trouvons dans la situation de quelqu'un qui descend un torrent en rafting ou en kayak : pour celui qui est crispé et angoissé, cette descente va être un véritable enfer. En revanche, celui qui va avec le courant de manière détendue accomplit la même descente avec bonheur et aborde les difficultés avec souplesse. Tous les maîtres le disent : notre erreur est de porter inutilement sur nos épaules le fardeau de notre existence. Nous ne pouvons pas être toujours les plus forts, nos actions produisent ou ne produisent pas les effets souhaités, les interactions de causes et d'effets sont indépendantes de nous et interfèrent avec ce que nous avons tenté pour renforcer le succès ou au contraire annihiler nos efforts. Cette séparation du moi – mon mode personnel de crainte et d'espoir – avec le courant de la réalité se révèle comme le plus gros obstacle à une vie épanouie, sereine, pacifiée. Cette séparation doit donc être dissoute. Il y a celui qui est emporté et ballotté par le courant, et celui qui ne fait qu'un avec lui. Formulé différemment, on peut dire que si je ne lâche pas prise, les événements se produisent et je suis emporté par eux ; si je lâche prise, j'adhère à ces événements, dans une unité de corps et d'esprit avec eux.


N. C. : Vous citez d'ailleurs dans votre livre une belle phrase de Swâmi Prajnânpad à cet égard : Let go and go with, "laissez aller et allez avec". Mais, est-ce que le lâcher-prise ne peut pas devenir une stratégie ? Vous dites d'ailleurs : « Si vous voulez quelque chose et que vous êtes unifié dans ce vouloir, vous l'attirez. » La quête de sagesse peut-elle se transformer en ruse ?


A. D. : Je vais utiliser pour répondre le terme "ego", qui est très à la mode mais dont le contenu crée souvent des malentendus. Ce serait déjà plus clair d'employer le terme égocentrisme. Pour vraiment comprendre le terme ego, il faudrait le traduire par "moi et... L'ego" est synonyme de dualité : il s'est mis en place peu à peu dans la petite enfance en nous rendant compte que le reste du monde n'est pas notre prolongement, et ce, dès la séparation avec la mère : nous sommes tous d'anciens bébés, comme disait Devos. L'expérience de l'ego, à partir de cette constatation, va se diviser en ce que je ressens comme rassurant et ce que je ressens comme pénible. Donc l'ego va essayer de faire triompher par tous les moyens ce que j'aime et d'amoindrir le plus possible ce que je n'aime pas dans le courant de ma propre existence. Tout le monde a bien sûr l'expérience des difficultés rencontrées lorsque la vie semble détruire ce que nous avons commencé à bâtir, et les refus et crispations que cela engendre. Et l'ego va édifier face à cela de formidables défenses, refusant tout ce qui n'entre pas dans son cadre. Donc, pour répondre à votre question, tout ce que l'ego va entendre et lire concernant la spiritualité et une autre façon d'exister, il va le faire entrer dans son cadre. Tout ce qui concerne la dissolution de la séparation, l'ego va l'utiliser à l'intérieur de la séparation, en le mettant à son propre service ! Il faut donc trouver une voie possible pour dépasser ce mécanisme dualiste qui nous empêchera toujours d'être unifiés et établis dans un lâcher-prise permanent.


N. C. : Il faut donc, et vous insistez là-dessus, une sincérité et un engagement intérieur fort, pour arriver à contourner les permanentes et perverses voies de l'ego.


A. D. : Oui, il faut réussir non seulement à prendre conscience de ce processus et créer d'abord une amélioration, mais aussi en arriver à une véritable métamorphose de notre être : comme le disent tous les mystiques chrétiens, hindous, soufis, bouddhistes, il faut mourir à soi-même à un niveau pour renaître à un autre niveau : on trouve ce genre d'expression dans toute la littérature des témoignages spirituels.


N. C. : Votre dernier chapitre insiste d'ailleurs assez radicalement sur ce point.


A. D. : Oui. Beaucoup de personnes qui sont attirées par ce que l'on met sous le vocable "spirituel", et par les différentes formes de psychothérapies à visée spirituelle, ne se contentent pas de soigner tel ou tel symptôme pathologique précis : elles veulent aussi atteindre en elles-mêmes un espace plus vaste. Mais elles ne se donnent pas les moyens de l'atteindre. Il y a là un grand malentendu, car elles continuent à ramener les expériences nouvelles à l'intérieur du système et du cadre ancien délimités par leur égocentrisme. Il faut donc trouver une pratique qui ne puisse pas être récupérée par l'ego, et celle-ci consiste à s'incliner intérieurement, à reconnaître que ce qui est est. Toujours agir à partir de ce qui est et non pas à partir de ce qui, selon moi, devrait être. Or nous fonctionnons sans cesse suivant le mode du "c'est pas juste, il ou elle aurait dû faire ou dire ceci ou cela, tel fait aurait dû se passer autrement, etc." Mais le lâcher-prise face à ce mode erroné de fonctionnement n'exclut en aucun cas l'action : celle-ci émane simplement d'une tout autre source. Ce n'est plus le moi qui veut, c'est la situation qui demande une réponse opportune.


N. C. : Vous dites : "Le monde ne correspondra jamais avec votre monde" et concluez sur une double formule très forte que je résume : la psychothérapie guérit l'ego et le mental, la voie guérit de l'ego et du mental.


A. D. : Imaginez le nombre d'amis que je me fais parmi les psy en disant cela ! (rires – Arnaud Desjardins va alors à sa bibliothèque et y prend un livre). Dans Les Dialogues de St Grégoire le Grand, sur la vie et les miracles du Bienheureux St Benoît, qui fut le fondateur des bénédictins et des cisterciens, il est dit ceci : "Chaque fois qu'une préoccupation trop vive nous entraîne hors de nous, nous restons bien nous-mêmes, et pourtant nous ne sommes plus avec nous mêmes : nous nous perdons de vue et nous nous répandons dans les choses extérieures". Un texte que ne renierait pas un maître soufi, zen ou hindou ! Faut-il vivre toujours les choses de façon égotique sur fond de vouloir, de refus et de crispation, et faire empirer les choses, ou vivre et agir sur fond de confiance et d'abandon ? Toute la question est là.


N. C. : Vous-même êtes passé par là puisque vous racontez qu'après seize ans de pratiques spirituelles, de succès médiatiques et professionnels, lorsque vous rencontrez Swâmi Prajnânpad, il vous fait parler de vos expériences diverses et vous dit ensuite : "It is a status of a slave", c'est un statut d'esclave.


A. D. : Oui, il m'a montré qu'après toutes ces années de travail avec les groupes Gurdjieff, de lectures, de rencontres avec une sainte comme Ma Ananda Mayi, ou avec des maîtres soufis en Afghanistan, des maîtres tibétains ou zen, de grands yogis... j'étais toujours ce petit personnage prêt à s'enflammer, à réagir, à refuser, à râler, à vouloir que les choses se passent comme je le voulais et non comme elles étaient. Je restais en effet esclave de l'ego et de ses limites. Je correspondais toujours à cette autre définition de Swâmiji : "L'homme est une marionnette dont les aléas de l'existence tirent les fils..."


N. C. : Un dernière définition sur le lâcher-prise ?


A. D. : Ne ramez plus, ne nagez plus, faites la planche ! (Rire homérique). Je blague : disons qu'il faut à la fois être dans l'action et dans la non-action. C'est un concept mal compris. La formule des bouddhistes est très connue : "Ni refus ni appropriation" de ce qui se présente. Ni rejet ni saisie.
Ici un extrait d'une interview de Arnaud Desjardins sur le lâcher prise:
Tiré de : http://www.cles.com

jeudi, 27 décembre 2018 17:53

Communiqué d’Ibrahima Thiam, président Un autre Avenir

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C’est avec beaucoup de tristesse et de regrets que je me vois obligé de renoncer à être candidat à l’élection présidentielle de février prochain.

Le nombre de parrainages que j’ai recueilli à ce jour, 51 000 est insuffisant et il me manque 7000 signatures pour être en capacité de déposer ma candidature auprès de Conseil constitutionnel.

Le président Macky Sall a tout fait pour verrouiller cette consultation électorale de première importance pour l’avenir du pays et museler l’émergence de nouvelles voix susceptibles de faire vaciller son régime.

Pour autant mon ambition pour un autre avenir du Sénégal reste intacte et cet écueil institutionnel ne fait que renforcer ma détermination à poursuivre mon engagement au service des Sénégalais et des Sénégalaises afin de redonner de l’espoir à notre jeunesse.

J’entends, dès demain, poursuivre activement l’implantation de notre mouvement dans tous les territoires, propager les idées qui sont les nôtres et faire la pédagogie de notre projet en faveur d’un autre avenir pour notre grande nation.

Aujourd’hui marque le début d’un long processus démocratique qui sera fait de rencontres et d’explications auprès de nos compatriotes avec pour objectif de remporter leur adhésion lors des prochaines consultations électorales.

Pour ce qui concerne l’élection du mois de février j’indique que je ne participerai à aucune coalition et ne rallierai aucun parti.

Je ne donnerai pas davantage de consignes de vote à nos sympathisants. J’appelle ceux-ci à voter selon leur choix et en conscience.

Je veux enfin remercier les dizaines de milliers de sympathisants et de militants qui durant des mois m’ont apporté leur soutien et leurs encouragements en s’impliquant dans une campagne électorale dont les règles étaient biaisées à l’origine.

Le seul perdant dans ce retrait, qui n’est pas un renoncement, est la démocratie que des artifices constitutionnels ont abimée en ne permettant pas à l’opposition de pouvoir s’exprimer loyalement et d’offrir au peuple une alternative au pouvoir politique actuel. 

Vive le Sénégal.

Ibrahima Thiam, président du mouvement Autre Avenir

 

Comme toute la presse sénégalaise la rédaction d’Ichrono a reçu hier du président du mouvement « Autre Avenir », Ibrahima Thiam, le communiqué que nous publions ici, dans lequel il annonce son retrait de l’élection présidentielle du mois de février prochain.

Il lui aura manqué quelques milliers de parrainages pour franchir le seuil fatidique requis par la loi et que sa candidature soit validée par le Conseil constitutionnel. Il s’en est fallu d’un cheveu et la démocratie sénégalaise est la grande perdante de cette absence d’une nouvelle voix dans le débat public.

Depuis plusieurs mois, ce jeune quinquagénaire franco-sénégalais, originaire de Kaolac, secrétaire général de l’Inserm - l’un des plus grands instituts de recherche européens -, arpentait le terrain, allant de réunion électorale en plateaux de télévision, organisant son mouvement dans le pays dans le but de convaincre le peuple du bien-fondé de sa démarche, de la sincérité de ses convictions et de son ambition pour un avenir meilleur pour le pays, en particulier sa jeunesse.

Ces derniers jours les sénégalais ont même pu découvrir l’ouvrage qu’il vient de publier « Un nouveau souffle pour le Sénégal » dans lequel il a pris le temps de réfléchir à la situation actuelle du pays, établissant un diagnostic lucide, souvent critique et surtout proposant des solutions dans de nombreux domaines qu’il s’agisse de l’éducation, la santé, l’environnement, la sécurité, la justice, le tourisme, etc.

Peu de candidats ont eu le courage de faire ce travail de réflexion individuel issu d’une concertation collective, peu d’entre eux ont eu le mérite d’offrir une alternative crédible et le courage de s’opposer au pouvoir incarné par Macky Sall. 

Mais que ses partisans, sympathisants et militants se rassurent. En lisant à travers les lignes le communiqué que vous pouvez découvrir dans ces colonnes, chacun comprendra que ce retrait de la compétition électorale n’est en rien un retrait de la vie politique et encore moins un renoncement à proposer aux Sénégalais son projet d’une société plus démocratique, plus juste socialement, plus ambitieuse économiquement, dans laquelle une place plus grande sera faite aux jeunes et où les plus déshérités seront mieux traités. 

En lisant le communiqué, dont le ton est empreint de sérénité et de confiance pour le futur, on peut comprendre que pour Ibrahima Thiam, le combat continue et qu’il va poursuivre son travail pédagogique d’information, de sensibilisation afin d’ancrer son mouvement en profondeur dans le pays. Il sait que tel le cultivateur il lui labourer, semer ensuite avant de pouvoir récolter.  

On peut aussi aisément en déduire qu’il sera de plus en plus présent au cours des mois et années à venir dans la vie sénégalaise, à commencer lors des prochaines élections municipales. L’homme a beaucoup appris de cette année de campagne électorale et il va maintenant tirer les enseignements de cette première participation électorale afin de transformer l’échec d’aujourd’hui en victoire de demain.

Nul doute qu’un nouveau personnage politique de première importance est né qui comptera très vite parmi les premiers opposants au futur chef d’Etat, et qu’il va prendre à son compte ce célèbre slogan : « Ce n’est qu’un début, poursuivons le combat ».

Jean-Yves Duval, directeur d’Ichrono  

A Noël, le pape plaide contre un consumérisme vide de sens:


Lundi soir, le pape François a appelé à "partager et à donner", un message apprécié par des fidèles français qu'Europe 1 a pu rencontrer au sortir de la messe de Noël.
Le pape François, chef des 1,3 milliard de catholiques dans le monde, a appelé lundi soir les fidèles à laisser de côté leur "voracité" consumériste pour réfléchir au sens spirituel de leur vie et au partage avec les plus humbles, dans son homélie de la nuit de Noël. Une mise en garde appréciée par des fidèles venus du monde entier, dont certains Français qu'a pu rencontrer Europe 1.
"L'homme est devenu avide". "L'homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie", a constaté le pape, devant une dizaine de milliers de fidèles rassemblés comme chaque année dans la majestueuse basilique Saint-Pierre de Rome.


"Non pas dévorer mais partager". "Une insatiable voracité traverse l'histoire humaine, jusqu'aux paradoxes d'aujourd'hui; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d'autres n'ont pas de pain pour vivre", a martelé le pape argentin, infatigable défenseur des pauvres. "Le petit corps de l'Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner", a plaidé le pape lors de la messe de la nuit de Noël, qui commémore dans la tradition chrétienne la naissance de Jésus de Nazareth à Bethléem.
"Est-ce que j'arrive à me passer de tant de garnitures superflues, pour mener une vie plus simple ? Demandons-nous : à Noël, est-ce je partage mon pain avec celui qui n'en a pas ?", a lancé François, s'exprimant sous le baldaquin dessiné par le Bernin, où seul le souverain pontife est autorisé à célébrer la messe.


"Assez émouvant". Paul-Emmanuel, au moment où il est sorti de cette messe de Noël, s'est confié à Europe 1. Pour lui, ce moment passé avec sa famille a été marquant : "c'est la première fois qu'on venait au Vatican, c'était assez émouvant de voir la messe et le pape". Pour ce jeune homme, c'était "un vrai moment de communion et de foi" avec des fidèles venus du monde entier.
"Le cadeau, c'est Rome". Benoit et sa femme, catholiques pratiquants, ont choisi, eux, de passer Noël au Vatican avec leurs trois enfants pour retrouver le sens de Noël. "Pour nous, c'est le cœur de notre foi, c'est quelque chose de fort". "On essaye de donner un sens à cette fête qui est un peu trop une course aux cadeaux", explique le père de famille. Et d'assumer : "moi, j'ai dit (à mes enfants, ndlr) 'le cadeau, c'est Rome, vous ne vous rendez pas compte, vous ferez peut-être ça qu'une fois dans votre vie'". Un message qui correspond bien au message du pape.
https://www.europe1.fr/international/a-noel-le-pape-plaide-contre-un-consumerisme-vide-de-sens-3827366
In lemonde.fr


• Société


« L'homme est devenu avide et vorace » : le pape plaide contre un consumérisme vide de sens


« Demandons-nous : est-ce que je partage mon pain avec celui qui n'en a pas ? », a dit François dans son homélie de Noël.


Dans le midi libre on lira ceci


« Le pape François, chef des 1,3 milliard de catholiques dans le monde, a appelé dans la soirée du lundi 24 décembre les fidèles à laisser de côté leur "voracité" consumériste pour réfléchir au sens spirituel de leur vie et au partage avec les plus humbles, dans son homélie de la nuit de Noël.
Le pape François, chef des 1,3 milliard de catholiques dans le monde, a appelé dans la soirée du lundi 24 décembre les fidèles à laisser de côté leur "voracité" consumériste pour réfléchir au sens spirituel de leur vie et au partage avec les plus humbles, dans son homélie de la nuit de Noël. "L'homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie", a constaté le pape, devant une dizaine de milliers de fidèles rassemblés comme chaque année dans la majestueuse basilique Saint-Pierre de Rome.
Le pape François se met à genoux pour prier alors qu'il célèbre la messe le 24 décembre, jour de la célébration de la naissance de Jésus-Christ, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. - AFP
Ne pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme


"Une insatiable voracité traverse l'histoire humaine, jusqu'aux paradoxes d'aujourd'hui; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d'autres n'ont pas de pain pour vivre", a martelé le pape argentin, infatigable défenseur des pauvres, en appelant les fidèles à "ne pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme".
Christ est né pour nous! Venez, vous tous qui cherchez le visage de Dieu: le voici, dans cet Enfant, déposé dans une crèche.


"Le petit corps de l'Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner", a plaidé le pape lors de la messe de la nuit de Noël, qui commémore dans la tradition chrétienne la naissance de Jésus de Nazareth à Bethléem. "Est-ce que j'arrive à me passer de tant de garnitures superflues, pour mener une vie plus simple ? Demandons-nous : à Noël, est-ce je partage mon pain avec celui qui n'en a pas ?", a lancé François, s'exprimant sous le baldaquin dessiné par le Bernin, où seul le souverain pontife est autorisé à célébrer la messe.
En contemplant l'enfant Dieu, qui épand la lumière dans l'humilité du berceau, nous pouvons nous aussi devenir témoins d'humilité, de tendresse et de bonté. #Noël
— Pape François (@Pontifex_fr) 24 décembre 2018


A Bethléem, une foule compacte a assisté à la messe de minuit célébrée dans l'église Sainte-Catherine, attenante à la Basilique de la Nativité, construite sur le lieu où selon la tradition chrétienne Jésus est né. Dans son homélie, l'archevêque Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du patriarche latin de Jérusalem, a rendu hommage à la ville palestinienne, précisant que la naissance du Christ à Bethléem était "un choix divin". "Bethléem, Nazareth, Cana, Capharnaüm, Jérusalem : ce sont des noms chers à nos coeurs puisque ces villes ont été aimées par Jésus", a-t-il dit. Evoquant une "responsabilité" vis-à-vis de "la ville et la terre que nous habitons", il a ajouté : "il ne s'agit pas de la posséder ou de l'occuper mais de la transformer" pour que puissent y fleurir "l'expérience de communion et de paix".


A Noël, le plaidoyer du pape contre un consumérisme vide de sens


— Catherine Marciano (@clmarciano) 24 décembre 2018


Des centaines de pélerins


Le président palestinien Mahmoud Abbas, son Premier ministre et un représentant du roi de Jordanie ont assisté à la messe. Plus tôt dans la journée, des scouts palestiniens habillés de bleu, jaune ou beige ont défilé au son des cornemuses et des tambours sur la place de la Mangeoire, située près de la basilique et où se dresse un imposant sapin de Noël.
Nigérians, Français ou Palestiniens, des centaines de fidèles ayant fait le déplacement jusqu'à Bethléem pourront cette année admirer les chatoyantes mosaïques de la basilique de la Nativité qui datent de l'époque des Croisades et qui ont été récemment restaurées. "C'est une belle opportunité d'être dans un endroit aussi symbolique pour Noël", a estimé Léa Gudel, une étudiante française de 21 ans en échange universitaire à Jérusalem.


Le pape François bénit du balcon de la basilique Saint-Pierre pendant le traditionnel message de Noël "Urbi et Orbi". - AFP


Le pape espère un retour sur leurs terres des réfugiés syriens


Le pape François a consacré mardi son message de Noël à "la fraternité" entre les peuples, en espérant tout particulièrement que la paix permette aux réfugiés syriens de rentrer chez eux. Dans son traditionnel tour d'horizon des zones de conflit de la planète, le souverain pontife a appelé mardi la communauté internationale à tout faire afin que les Syriens "qui ont dû quitter leur terre pour chercher refuge ailleurs, puissent retourner vivre en paix dans leur pays".


"Que la communauté internationale oeuvre résolument pour une solution politique qui mette de côté les divisions et les intérêts partisans", a-t-il plaidé devant 50 000 fidèles, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, avant la bénédiction "Urbi et orbi" ("à la ville et au monde"). Le président américain Donald Trump a ordonné le retrait des quelque 2 000 militaires américains déployés en Syrie, combattant les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) aux côtés d'une coalition arabo-kurde. Un tournant qui devrait avoir des répercussions sur un conflit complexe.


Le pape, très sensible au sort des migrants de toutes confessions fuyant des zones de guerres de la planète, avait spécifiquement exprimé ses craintes de voir "effacée" la présence des chrétiens au Moyen-Orient, lors d'une rencontre en juillet dans le sud de l'Italie avec tous les patriarches des Eglises du Moyen-Orient. Des patriarches chrétiens de Syrie et du Liban avaient alors appelé à une aide internationale au retour des réfugiés syriens dans leur pays. François a d'ailleurs lancé un appel mardi à "la liberté religieuse", évoquant les chrétiens minoritaires célébrant Noël "dans des contextes difficiles, pour ne pas dire hostiles".


"Je pense au Yémen, avec l'espoir que la trêve obtenue grâce à la médiation de la communauté internationale puisse finalement soulager les nombreux enfants et les populations épuisés par la guerre et la famine", a en outre souligné le pape. La guerre au Yémen a fait au moins 10.000 morts depuis 2015 et jusqu'à 20 millions d'habitants sont "en situation d'insécurité alimentaire", d'après l'ONU.
Un accord très fragile sur un cessez-le-feu "immédiat" négocié par l'Onu a été conclu le 13 décembre entre le pouvoir soutenu militairement par l'Arabie saoudite et les rebelles Houthis appuyés politiquement par l'Iran. Le pape n'a pas oublié la Terre sainte dans son traditionnel message de Noël, renouvelant un appel au "dialogue", au moment même où des législatives anticipées viennent d'être annoncées en Israël pour avril, un scrutin pour lequel le Premier ministre Benjamin Netanyahu est donné favori en dépit de récentes critiques sur sa politique à Gaza. Que la fête de Noël "permette aux Israéliens et aux Palestiniens de reprendre le dialogue et d'entreprendre un chemin de paix qui mette fin à un conflit" de soixante-dix ans, a lancé le pape argentin.


Jorge Bergoglio n'a pas oublié son continent latino-américain, en appelant à une réconciliation des populations au Venezuela et au Nicaragua, deux pays en proie à des manifestations réprimées dans le sang. Il a aussi espéré un renforcement des nouveaux "liens fraternels" entre les deux Corées. Enfin, le pape François, qui multiplie les efforts diplomatiques pour se rapprocher de Moscou, a emprunté un terrain glissant en exprimant sa proximité avec les communautés chrétiennes de la "bien-aimée" Ukraine.


"Seule grâce à la paix, respectueuse des droits de chaque nation, le pays peut se remettre des souffrances subies et rétablir des conditions de vie dignes pour ses citoyens. Je suis proche des communautés chrétiennes de cette région, et je prie pour qu'elles puissent tisser des liens de fraternité et d'amitié", a souligné le pape.


Le président russe Vladimir Poutine avait condamné la semaine dernière la création en Ukraine d'une Eglise orthodoxe indépendante de la tutelle russe, dénonçant une violation "flagrante" des libertés religieuses. Ces tensions religieuses sont un nouvel épisode du divorce entre Kiev et Moscou depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 et l'éclatement d'un conflit armé entre l'armée ukrainienne et des séparatistes prorusses.

AFP

 

Martha Nussbaum : La fragilité du Bien / L'art d'être juste (Partie I)  par Raoul Moati

Martha Nussbaum est l'une des voix les plus importantes de la philosophie américaine contemporaine. Elle enseigne la philosophie morale à l'Université de Chicago, où nous sommes collègues. Elle a reçu récemment le prestigieux prix Kyoto pour l'ensemble de son œuvre [1] Connue, pour ses travaux avec Amartya Sen sur le développement en philosophie morale et politique de la notion de « capacités » ou « capabilités » (capabilities), les traductions de The Fragility of Goodness (1986) [2] et de Poetic Justice (1995) [3] donnent au public français accès à un autre aspect important de l'œuvre de Martha Nussbaum portant sur la vulnérabilité humaine.

1. Introduction : de la philosophie à la littérature et retour

Martha Nussbaum dès sa Préface à The Fragility of Goodness fustige notre manière moderne de cloisonner en des domaines étanches la philosophie et la littérature. De tels partages sans nuances, soutient-elle, ont longtemps occulté l'influence que la poésie tragique grecque exerçait sur la pensée des premiers philosophes. C'est en grande partie pour réparer ce tort que Martha Nussbaum a écrit The Fragility of Goodness paru pour la première fois en 1986, et que le public français peut désormais lire, depuis 2016, dans sa version française intitulée La Fragilité du Bien, Fortune et Éthique dans la Tragédie et la Philosophie Grecques ( [4]).

Loin de simplement s'attacher à des questions et à des problèmes distincts de ceux développés par la tragédie, la philosophie de Platon et d'Aristote, hérite, en vérité, affirme Nussbaum, des préoccupations éthiques essentielles qui sont déjà celles de la poésie tragique antique. A cette époque, en Grèce, Nussbaum nous rappelle que les poètes tragiques sont eux aussi les dépositaires d'un discours éthique portant sur la vie bonne :

« On doit aussi se souvenir qu'au Ve siècle et au début du IVe siècle on tenait les poètes pour les maîtres les plus éminents en ce qui concerne l'éthique » ( [5]).

C'est pourquoi, loin d'évoluer à côté de la littérature comme une discipline distincte, la philosophie naît d'un rapport polémique aux types de visions éthiques que contient la tragédie classique. Aussi, à rebours de notre vision moderne cloisonnant les disciplines dans des champs universitaires étroits, Nussbaum que du point de vue des Grecs, nos genres de partages disciplinaires actuels n'ont pas beaucoup de sens :

« Mais on n'avait pas mesuré ni suffisamment reconnu à quel point Platon et Aristote partageaient la préoccupation des poètes tragiques quant au rôle de la fortune dans la formation des vies que les humains réussissent à accomplir, ni que de nombreux liens reliaient les poètes et les philosophes. Retrouver ces liens et les axes autour desquels ils tournent a constitué une motivation importante pour ce livre. Il me semblait que les cloisons entre les spécialités qui caractérisent la vie moderne avaient obscurci pour nous cette évidence : dans l'Athènes des Ve et des IVe siècle avant J.C. beaucoup voyaient dans les poètes tragiques la source essentielle des idées éthiques. Les philosophes eux-mêmes se considéraient comme des concurrents, et non pas simplement comme des collègues d'un domaine voisin. Et ils se faisaient concurrence aussi bien dans la forme que dans le contenu en choisissant des stratégies qui leur paraissaient être vraisemblablement les mieux adaptées pour révéler à leurs élèves quel genre de réalité sur le monde ils tenaient pour vrai » ( [6]).

Et comme y insiste la préface à l'édition française de la Fragilité du Bien :

« La « vieille querelle » entre poètes et philosophes que Socrate mentionne dans le Livre X de La République, fut véritablement une querelle, et n'avait rien à voir avec la balkanisation de la recherche en départements universitaires distincts les uns des autres qui caractérise notre époque »

Il s'agit ainsi pour Martha Nussbaum dans The Fragility of Goodness, de déstabiliser le partage disciplinaire conduisant à penser que la philosophie de Platon et d'Aristote ne devait rien aux genres de questions et d'idées éthiques qui étaient développées au même moment par les poètes tragiques. Revenir sur de tels partages permettait de mettre au jour la dispute morale qui opposa les philosophes aux visions éthiques des poètes tragiques.

La Fragilité du Bien en nous permettant de saisir ainsi l'importance de la poésie tragique pour le développement de la philosophie de Platon et d'Aristote, insiste plus largement comme le reste de l'œuvre de Martha Nussbaum, sur le rôle essentiel de la littérature pour le développement de la philosophie morale. Si celle-ci ne saurait être assimilable à celle-là, pour autant, une philosophie morale qui refuserait d'en passer par le détour de la réflexion littéraire, courrait le danger de devenir formelle et creuse, et de se transformer en une scolastique éloignée des situations humaines concrètes que la littérature met en scène et nous permet de voir et de ressentir. Poetic Justice, traduit en français par Solange Chavel sous le beau titre L'art d'être juste [7], me paraît illustrer cette fécondité de la littérature sur la réflexion philosophique. Nombre des conclusions philosophiques que Martha Nussbaum y développe s'appuient en effet, sur une lecture attentive et continue du roman de Charles Dickens Hard Times.

Pour autant, malgré l'importance du discours littéraire pour le développement du discours philosophique en tant que tel, il ne s'agit en aucun cas, pour Martha Nussbaum, de nier la différence qui démarque l'une de l'autre, la philosophie et la littérature, ni d'accorder une confiance aveugle et non critique aux œuvres littéraires. Comme l'affirme Nussbaum dans une mise en garde assez ferme : « ma conception ne suppose pas une confiance naïve et acritique dans les œuvres littéraires » ( [8]).

Certes, nous devons essayer de nous affranchir des partages disciplinaires trop étroits dans lesquels nous avons été habitués à penser que la littérature avait son propre domaine de questions, distinct du domaine de questions de la philosophie, mais cela ne signifie pas, ni n'implique, qu'il faille le moins du monde confondre la philosophie avec la littérature ou lire de la littérature sans faire preuve de distance et de discernement critiques. Aussi, dans la querelle de forme qui voit le jour entre les tragiques et les philosophes, il ne s'agit en aucun cas pour Martha Nussbaum de donner unilatéralement raison à la forme littéraire au détriment de la forme philosophique. En remarquant à juste titre que l'exigence stylistique est tout bonnement absente de la majeure partie de la production philosophique contemporaine, Martha Nussbaum souligne explicitement qu'elle préfère les vertus de rigueur conceptuelle de la production philosophique actuelle à ce qu'elle appelle « un beau style avec peu d'analyse ou une analyse déficiente » ( [9]).

C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la déclaration importante qu'elle formule en début d'ouvrage, selon laquelle « La philosophie, pour être philosophie, doit, je crois, continuer son travail d'explication, d'explicitation, maintenir sa disponibilité et son ouverture démocratique, autant d'éléments que la poésie souvent ne possède pas ; se contenter de prendre exemple sur Pindare ou Eschyle ne constituerait pas une bonne solution. » ( [10]). Nous voyons donc qu'il ne s'agit donc en aucun cas pour Nussbaum de renoncer à la théorie ni même à la forme philosophique qui accompagne l'exercice de la raison.

Comme le montre la Fragilité du bien : entre la philosophie et la tragédie se joue une querelle portant sur la forme même de la pratique discursive destinée à révéler le genre de réalités que chacun, poètes et philosophes, tenait pour vrai. Comme Martha Nussbaum le souligne, dans la préface de 2001 à la Fragilité du Bien, le choix de la forme par rapport au thème traité n'est jamais insignifiant. Les philosophes ont voulu se faire les concurrents des poètes tragiques « aussi bien, dans la forme que dans le contenu en choisissant des stratégies qui leur paraissaient être vraisemblablement les mieux adaptées pour révéler à leurs élèves quel genre de réalité sur le monde ils tenaient pour vrai » ( [11]). Phrase qui fait écho à la formule frappante du début de La connaissance de l'amour : « Le style formule lui-même ses propres exigences et exprime ce qui compte » ( [12]). C'est pourquoi, Nussbaum souligne dans La Fragilité du Bien que la rupture de Platon avec les tragiques sur le plan du contenu entraîne inéluctablement une rupture formelle avec la pratique discursive qui était celle des poètes : « le style de Platon n'est pas neutre par rapport au contenu (...) il est étroitement lié à une conception bien précise de la rationalité humaine » ( [13]).

Or une difficulté ne saurait manquer de voir le jour dans la mesure où, comme Martha Nussbaum l'écrit, cette fois dans la préface à l'édition française de la Fragilité du Bien : « si l'on écrit avec un style philosophique conventionnel, ce style lui-même est une indication de ce que l'on considère comme important (...) cela vaut donc la peine, de se demander comment écrire si l'on prend les idées de vulnérabilité et fragilité humaine au sérieux et si l'on croit que les poètes tragiques avaient quelque chose à dire par la forme qu'ils ont choisie en plus du contenu de leur œuvre » (je souligne).

Et plus loin dans le livre Martha Nussbaum écrit :

« la vulnérabilité des vues humaines face à la fortune, le caractère changeant de nos circonstances et de nos passions, l'existence de conflits entre nos engagements. Pour tout cela, une œuvre philosophique, du genre le plus familier qui soit dans notre tradition, une œuvre qui délibérément ne concentre pas son attention sur les histoires de personnages concrets, peut perdre de vue tous ces faits, dans sa quête d'une plus grande systématicité et d'une plus grande pureté » ( [14]).

« La poésie tragique peut donc donner à une enquête sur la fortune et la bonté humaine un contenu caractéristique qui pourrait être perdu si nous nous bornions à des textes philosophiques conventionnellement admis. Elle rendra cette contribution meilleure si elle est étudiée en détail dans toute sa complexité poétique. Ce contenu n'est pas séparable de son style poétique » ( [15])

Tout cela indique clairement que pour Martha Nussbaum la question du style n'est jamais neutre par rapport au thème traité. Si nous nous devons de continuer à valoriser les exigences de la philosophie contre la tentation de sa dissolution et sa disparition dans la littérature, pour autant, la forme littéraire paraît le plus souvent la plus adaptée au traitement des thèmes de la vulnérabilité et de la fragilité, que la philosophie à partir de Platon, a eu, pour sa part, trop tendance à négliger et à dévaloriser. Martha Nussbaum préconise ainsi, afin de résoudre cette apparente aporie, la possibilité d'ériger en modèle la tentative menée par Platon dans le Phèdre à travers la création d'un style mixte, « avec à la fois des éléments explicatifs et des éléments poétiques » ou, autre possibilité, « de prendre exemple sur Aristote et de tendre vers un style plus dépouillé, afin d'attirer l'attention sur le savoir produit par les œuvres poétiques existantes » ( [16]) :

« Mon écriture, donc, restera toujours liée aux faculté critique, à la clarté et à l'argumentation serrée. Elle rendra explicite de nombreuses connexions qui demeurent implicites dans les poèmes. Mais j'essaie aussi de traiter les images tragiques (et platoniciennes), et les situations dramatiques d'une manière telle que le lecteur non seulement pensera, mais sentira leur force. Si donc j'écris quelquefois « poétiquement », c'est parce que j'ai décidé qu'aucune autre manière d'écrire ne rendrait autant justice aux affirmations du texte et à la conception que je suis en train d'examiner » ( [17]).

Si donc Martha Nussbaum ne saurait préférer le style littéraire à la sécheresse de la production philosophique actuelle, la redécouverte en philosophie morale de l'importance de nos réponses émotionnelles pour la compréhension d'une question morale déterminée, engage chez Nussbaum une réflexion sur l'élaboration d'un style capable de concilier la rigueur de l'argumentation philosophique à la puissance émotionnelle de la poésie, sans laquelle la philosophie morale manquerait l'essentiel des thèmes de la vulnérabilité et de la fragilité humaines que Martha Nussbaum cherche à réhabiliter dans sa lecture de la tragédie grecque.

Aussi, à cause de cette solidarité en philosophie du fond avec la forme, Martha Nussbaum dit ne pas désespérer que la philosophie puisse et doive renouer un jour avec l'exigence stylistique qui était encore celle de nos prédécesseurs philosophes, dont la plupart, comme elle le souligne, appartiennent au panthéon des « plus grands écrivains de la littérature mondiale » ( [18]). Dans l'attente, Martha Nussbaum propose une solution intermédiaire : que nous encouragions nos étudiants-chercheurs « à lire davantage de romans et de poèmes » ( [19]). Encouragement, dont nous comprendrons en toute fin du parcours que nous proposons le sens et l'utilité profonde pour la formation de la rationalité sociale.

2. La condition de vulnérabilité

A la question de savoir si la philosophie est en mesure de prendre en charge les thèmes hérités des tragédies antiques, dont celui de la vulnérabilité humaine, ou s'il faut laisser ce thème aux seuls poètes et littérateurs et en imposer de tout autres à la philosophie, Martha Nussbaum apporte une réponse apparemment sans appel et assez tranchée dès le début de la Fragilité du Bien. Il semble, affirme-t-elle, que les pièces d'Eschyle, malgré leur archaïsme apparent, « articulent mieux, en fait, nos intuitions pratiques que les solutions théoriques modernes par rapport auxquelles on les juge « primitives » » ( [20]). Cette citation nous indique assurément qu'une voie a été suivie en philosophie qui a consisté à délaisser la leçon des tragiques sur la vulnérabilité humaine.

Or cette voie, semble-t-il, n'est pas l'apanage de la modernité. Elle apparaît en fait, nous dit Martha Nussbaum, avec Platon. Avec Platon, la philosophie entre en conflit avec la vision éthique des poètes tragiques. Et leur point de discorde essentiel porte sur la question de la vulnérabilité humaine. Platon va opposer aux poètes une conception de la rationalité et de l'autonomie relevant de ce que Martha Nussbaum appelle plus loin dans La fragilité du Bien, « une vie de bonté sans vulnérabilité ».

A cette conception platonicienne de la raison humaine qui l'érige en une faculté soustraite à la vulnérabilité, s'oppose, chez Martha Nussbaum, une position de facture plus aristotélicienne, qui, réceptive à l'enseignement des poètes tragiques, va chercher à inscrire l'autonomie humaine dans le cadre de la vulnérabilité et de notre exposition inéluctable, en tant qu'êtres vulnérables, à la bonne ou à la mauvaise fortune.

Dans le premier cas de figure, il s'agit pour le philosophe de s'opposer aux tragiques et de défendre ainsi la thèse d'une autonomie de la raison déliée de la vulnérabilité humaine. Dans l'autre, de défendre une théorie de l'autonomie fondée sur la leçon des tragiques portant sur notre exposition à la fortune et ainsi sur la vulnérabilité essentielle de notre condition. Le développement de la seconde option, prouvera, à rebours de la voie platonicienne, la possibilité pour la philosophie, à rebours de Platon, d'assumer l'enseignement des poètes et de faire sienne les enseignements de la littérature sur la condition humaine de vulnérabilité révélée par les poètes.

2.1. L'idéal d'autosuffisance ou l'autonomie sans la vulnérabilité

Je commencerai par l'examen de la première position : celle consistant dans l'idée selon laquelle l'autonomie humaine se fonde sur l'autosuffisance de la raison. Martha Nussbaum le rappelle dans sa Préface à l'édition de 2001, la querelle qui oppose Platon aux poètes tient dans le fait que les « poètes tragiques maintenaient et affichaient dans leur choix des formes littéraires, la croyance selon laquelle les émotions puissantes, y compris celles qui incluent la pitié et la peur, étaient source de connaissance pour la vie humaine bonne. Platon refusa cette thèse en mettant au point une conception de la connaissance éthique qui sépare l'intellect autant que possible des influences perturbatrices des sens et des émotions » ( [21]).

Platon ne considère pas les émotions comme une « source de connaissance pour la vie humaine bonne » à cause de l'essentielle dépendance des émotions vis-à-vis de la fortune (ce que les Grecs appellent la Tuchè) : « les liens avec des enfants, des parents, des êtres chers, des concitoyens, son pays, son propre corps et sa santé : voilà le matériau des émotions ; et ces liens, qui prêtent le flanc au hasard, font de la vie humaine une affaire vulnérable, où le contrôle total est impossible ». L'homme de bien, pour Socrate et Platon, aspire à l'autosuffisance en niant toute valeur aux biens extérieurs gouvernés par la fortune.

Pour eux, en effet, « la vertu et la pensée seules ont une valeur véritable, et elles ne sauraient être malmenées par la fortune. Une autre manière d'exprimer cette idée est de dire que l'homme de bien est complètement autosuffisant » ( [22]). La philosophie de Platon propose ainsi un idéal de vie fondée sur l'autosuffisance rationnelle se confondant avec l'activité de contemplation des formes immuables détachée de ces tensions qu'introduisent dans l'âme les émotions soumises, comme telles, aux aléas du hasard et de la fortune. Pour cette conception qui fait de l'autosuffisance la condition de l'autonomie, « les émotions décrivent la vie humaine comme une chose incomplète et fragile, un jouet de la fortune » ( [23]). Autant dire que pour Platon, la vie humaine devient complète et ainsi invulnérable à la fortune, lorsqu'elle se détourne des émotions et des « choses extérieures instables » ( [24]) qui leur sont associées. Telle est la thèse philosophique fondamentale qui, après les tragiques, et contre eux, pose que la condition de possibilité de l'autonomie réside dans l'autosuffisance.

A rebours des poètes, elle dessine un idéal de vie qualifié par Nussbaum « d'idéal antitragique » ( [25]. Cet idéal court dans l'histoire de la philosophie de Platon jusqu'à Kant et au-delà, puisque dans une aspiration à l'autosuffisance qui trouve sa source chez Platon, Kant ne reconnaît d'autonomie à l'homme que dans le cadre de la loi morale c'est-à-dire dans l'indépendance de l'être humain rationnel vis-à-vis de sa vie sensible assimilée par Kant à un agrégat de penchants pathologiques.

Suivant la perspective qui fonde l'autonomie dans l'autosuffisance, l'être humain ne peut espérer mener une vie bonne et autonome que s'il renonce aux attachements émotionnels de sa propre existence. Dans la mesure où nos émotions assignent une très haute valeur aux personnes et aux événements qui sont hors de notre contrôle, elles nous livrent au malheur en faisant de nous les « jouets de la fortune ». A cela s'oppose l'idée socratique selon laquelle « On ne peut pas faire de mal à l'homme de bien », puisque détaché des biens qui sont soumis aux aléas de la fortune, l'homme vertueux est étranger à la souffrance que pourrait occasionner la perte des biens extérieurs à son contrôle.

Ainsi, à l'instabilité de l'être humain en proie aux émotions, la philosophie platonicienne a voulu opposer « la stabilité et la solidité du sage » pleinement investi dans l'exercice de la raison - qu'il s'agisse du sage platonicien, stoïcien ou spinoziste.

De ce point de vue, en nous montrant un héros comme Achille pleurant la mort de Patrocle, le poète incite son lecteur à compatir avec Achille, c'est-à-dire à accorder de la valeur à ces choses qui, en réalité, parce qu'elles font de nous les jouets de la fortune, « n'ont aucune importance véritable » selon Platon ( [26]). A l'idéal de vie « antitragique » du sage, s'opposent les enseignements de la tragédie grecque, laquelle « provoque ainsi de mauvais désirs par la lecture ou le spectacle même, et elle donne au public de mauvais exemples. Il faut là encore souligner qu'il ne s'agit pas simplement d'un argument sur le contenu littéraire, mais également sur la forme : car le genre tragique, comme nous l'avons dit, a partie liée avec le chagrin, la pitié et la peur » (p. 131).

Or, pour Platon, souligne Nussbaum, « le langage qui fait appel à l'émotion et aux sens, peut distraire la raison dans sa poursuite de la vérité » ( [27]). En s'opposant donc à la tragédie tant sur le plan de la forme – autrement dit en rejetant les émotions que sont le chagrin, la pitié et la peur qui accompagnent le déroulement de la tragédie – que sur le plan

du contenu, lequel donne au lecteur un mauvais exemple de conduite en l'encourageant à accorder de l'importance à ce qui en est dépourvu -, la philosophie platonicienne promeut un idéal d'autosuffisance nécessaire à l'autonomie et ainsi à la réalisation de la vie bonne. Elle nous invite ainsi à « bannir l'essentiel de la littérature existante de la cité idéale » ( [28]).

Alors que les poètes tragiques nous disent qu'il est vrai que les humains dépendent profondément du monde extérieur, donc que les humains sont foncièrement vulnérables, Socrate, pour sa part, pense que l'homme de bien ne dépend plus d'aucun bien qui puisse échapper à son contrôle. Socrate, à ce titre, « ne considère pas que les événements qui l'entourent soient dignes de beaucoup d'attention. La seule « intrigue » qui l'intéresse est le déroulement de l'argument, mais cela, d'après les stoïciens, est toujours sous son contrôle » ( [29]). Aussi pour Socrate et les Stoïciens, nous pouvons vivre de façon autonome grâce à la raison, car, contrairement à ce que racontent les poètes, en vérité, « les seules ressources véritablement nécessaires viennent de l'intérieur, de sa propre vertu » ( [30]). Or dans la querelle qui oppose Platon aux poètes tragiques, les poètes tragiques ont apporté une réponse essentielle à l'idéal antitragique d'autosuffisance brandi par Platon puis par les stoïciens et Kant. Car telle est la leçon essentielle offerte par les poètes tragiques, si bien mise en valeur par Martha Nussbaum dans The Fragility of Goodness, nous apprenant que c'est au moment où nous nous prétendons autosuffisants et exonérés de toute forme de vulnérabilité que nous devenons le plus vulnérables aux aléas de la fortune.

C'est ainsi au moment où nous nous pensons le plus autonome que notre hétéronomie devient criante. Que l'on songe à Créon et à Antigone, qui tous deux pensent qu'il est possible de restreindre la pluralité des valeurs et de réduire le conflit moral qui l'accompagne, à la seule défense du bien public pour Créon, à la défense du respect de l'honneur familial pour Antigone. Martha Nussbaum assimile ce geste commun aux deux protagonistes à une simplification et à un rétrécissement de l'attention portée à la situation dans l'irréductibilité du conflit de valeurs qu'elle présente : « un intellect qui revendique sa suprématie s'engage à tort dans une vision à sens unique et dans la dénégation » ( [31]).

Dans ces deux cas de figure, aussi bien pour Créon que pour Antigone, c'est au moment où la raison cesse d'avoir à délibérer devant la pluralité possible des biens, c'est-à-dire à chaque fois que l'agent prétend pouvoir isoler son activité de délibération de ses émotions dans l'évaluation d'une situation particulière donnée, que la délibération qui en ressort, livre plus que jamais l'agent au tragique qu'il cherchait par tous les moyens à éviter en niant sa condition de vulnérabilité. C'est donc dire qu'il y a dans l'effort platonicien une aspiration louable à l'autonomie. Martha Nussbaum ne défend certainement l'hétéronomie contre l'autonomie pratique, elle cherche bien plutôt à montrer, grâce aux poètes tragiques, que le déni de notre vulnérabilité au nom de l'autosuffisance, débouche presque inéluctablement sur une aggravation de notre propre vulnérabilité devant la fortune : « Les tragédies de façon caractéristique, montrent une lutte entre l'ambition de transcender ce qui est simplement humain et la reconnaissance des pertes qu'une telle ambition provoque » ( [32]).

C'est pourquoi l'un des messages fondamentaux que l'analyse des tragédies proposé par Martha Nussbaum nous enseigne, est que l'autonomie véritable ne peut pas être conquise indépendamment de la condition de vulnérabilité. A ce titre, comme Martha Nussbaum l'affirme, à propos de la tragédie : « Ce sont donc sa forme même, ses choix caractéristiques de personnages et d'intrigues qui sont subversifs pour la philosophie qui s'efforce d'enseigner l'autosuffisance de la raison » ( [33]). Si donc, Nussbaum critique avec les tragiques une conception de l'autonomie qui ferait fi de la vulnérabilité, il faut tout autant, nous rappelle-t-elle, rejeter une conception de la vulnérabilité qui ferait à l'inverse fi de l'autonomie. Cette dernière position pose la vulnérabilité comme une « fin en soi ». C'est elle que je me propose maintenant d'examiner.

2.2. La fragilité comme « fin en soi » : la vulnérabilité sans l'autonomie

Martha Nussbaum souligne que ce n'est pas parce que l'idéal de stabilité du sage platonicien et stoïcien repose sur la démesure d'une existence soustraite à la vulnérabilité, que nous devrions pour autant renoncer, à un « type de vulnérabilité qui est compatible avec la constance exigée par la vie morale » ( [34]. La vie morale récuse et dénonce toute attitude consistant à se jeter à corps perdu dans le désordre affectif et l'inconstance émotionnelle ou encore dans des attitudes visant la maximisation de notre vulnérabilité par des prises de risque inconsidérées : « en aucun cas je n'approuve l'attitude romantique selon laquelle la vulnérabilité et la fragilité doivent être prisées pour elles-mêmes. En fait, j'approuve l'affirmation raisonnable d'Aristote selon laquelle les meilleures formes de biens vulnérables (l'action politique, l'amour et l'amitié) sont elles-mêmes des formes relativement stables plutôt que relativement éphémères » ( [35]).


De plus, la thèse qui pose la vulnérabilité comme une « fin en soi » peut servir de prétexte à l'invocation d'une irrémédiable hétéronomie qui nous dédouanerait de toute responsabilité devant les désordres du monde que nous constatons ou produisons nous-mêmes, prétextant qu'ils auraient pour cause une implacable fatalité que nous serions condamnés à subir – à constater ou à commettre des méfaits - à cause de notre vulnérabilité. Telle serait cette position éthique qui, à l'inverse de la précédente, ne prônerait pas tant l'autonomie au détriment de notre vulnérabilité, mais notre vulnérabilité au détriment de notre autonomie. Or, et Martha Nussbaum le montre admirablement dans ses analyses des tragédies, contrairement à ce qu'une idée reçue nous fait croire, la marge de manœuvre des agents dans l'espace tragique est beaucoup plus large qu'on ne le pense et que les héros tragiques n'acceptent eux-mêmes de le penser. En feignant d'être condamnés au statut de « jouets de la fortune » ou de victimes de la fatalité, nous trouvons refuge avec eux dans une éthique mensongère de la résignation à la vulnérabilité, partant du principe que les désordres du monde nous sont imposés contre notre gré et que nous ne pouvons rien faire contre eux à cause de notre vulnérabilité.

Or, rappelle Martha Nussbaum, il est une différence fondamentale à établir entre le fait de mourir d'une part, fait qui relève indéniablement de notre vulnérabilité, et le fait avéré que nombre d'entre nous meurent souvent trop jeunes à cause de « dispositions politiques déficientes » que notre vulnérabilité n'implique en aucun cas : « Nous devons tous mourir un jour, mais le fait que beaucoup parmi nous meurent très jeunes (à la guerre ou d'une maladie évitable, ou encore de faim) n'est pas du tout nécessaire, pas plus que la mort de l'enfant Astyanax dans Les Troyennes : elle résulte de dispositions politiques déficientes. Là, une fois encore, le fait même d'avoir un corps nous rend responsables du risque de porter préjudice. Mais le fait que les femmes en temps de guerre soient violées, c'est, comme Sophocle et Euripide l'ont vu, le résultat de la méchanceté humaine et non celui de la nécessité naturelle (...) Les tragédies nous montrent clairement que même les êtres humains les plus sages et les meilleurs peuvent se heurter au désastre. Mais elles nous montrent aussi, et tout aussi clairement, que nombre de désastres sont le résultat d'un mauvais comportement, que ce soit celui des humains ou celui des dieux anthropomorphes (...) Aussi la fragilité des êtres humains qui résulte du fait que la plupart des hommes sont paresseux ou préoccupés d'eux-mêmes (ou, pourrions-nous ajouter, racistes, nationalistes ou, d'une façon ou d'une autre, remplis de haine et aveugles à l'égard de la pleine humanité des autres) ne devrait pas compter comme une souffrance nécessaire, elle devrait compter au contraire comme un méfait coupable » ( [36]).

La reconnaissance et l'acceptation de sa vulnérabilité ne peuvent donc pas servir d'excuse pour invoquer une fragilité qui nous dédouanerait de toute responsabilité devant nos devoirs moraux. A ce titre, c'est la reconnaissance de notre autonomie malgré notre vulnérabilité qui permettra, au lieu de les imputer à notre vulnérabilité, de mettre en question les injustices et de revendiquer, pour les supprimer, un ordre politique qui soit juste : « Eschyle soutient clairement que les ravages causés par le cycle de la vengeance ne sont pas inévitables : beaucoup de souffrances inutiles peuvent être surmontées grâce à un ordre politique juste » ( [37]).

« si nous pensons que la méchanceté, l'ignorance et la brutalité peuvent se trouver derrière la souffrance dont nous sommes les témoins, alors c'est en un sens une bonne nouvelle : car cela signifie qu'il existe un espoir de changement » ( [38]).

De même, c'est une fois, contre Platon et les partisans de l'autosuffisance, que nous aurons reconnu notre vulnérabilité, que nous pourrons, non pas dénigrer les biens matériels extérieurs en les jugeant inessentiels à notre existence, mais bien plutôt grâce à la reconnaissance de la vulnérabilité de la personne humaine, exiger que tout un chacun puisse en bénéficier par le biais notamment de la redistribution étatique :

« tous nos pouvoirs, y compris le pouvoir moral, sont terrestres et ont besoin de biens terrestres pour s'épanouir (...) En reconnaissant ces vulnérabilités et leurs relations avec des actions de valeur, nous sommes encouragés, ce que les Stoïciens ne font jamais, à développer une distribution et une redistribution convenables des biens matériels de telle sorte que chaque citoyen les possède en quantité suffisante » ( [39]).

 


Ancienne journaliste de "Charlie Hebdo", Zineb El Rhazoui a reçu de nombreuses menaces de mort depuis ses propos sur l'islam, il y a une semaine. Des propos qu'elle a choisi de maintenir, au micro de Matthieu Belliard.


INTERVIEW


"Il faut que l'islam se soumette à la critique, qu'il se soumette à l'humour, qu'il se soumette aux lois de la République, qu'il se soumette au droit français". Ces propos, tenus vendredi dernier sur CNews, valent aujourd'hui à Zineb El Rhazoui des menaces quotidiennes. La journaliste, qui a notamment officié à Charlie Hebdo, refuse pourtant de se taire. "Je n'ai pas changé d'avis depuis", assure-t-elle avec fermeté au micro de Matthieu Belliard, jeudi sur Europe 1.


L'islam en France, "un sujet tabou". "Injures, insultes racistes, menaces de mort ou de viol"... Depuis une semaine, la journaliste est la cible d'une campagne très violente, notamment sur les réseaux sociaux. À tel point qu'elle a décidé de déposer plainte en début de semaine. Depuis le 7 janvier 2015, et l'attentat islamiste qui avait fait huit morts au sein de la rédaction du journal satirique (douze au total), Zineb El Rhazoui est placée sous protection policière. "Quatre ans après Charlie Hebdo, nous en sommes toujours là", déplore-t-elle sur Europe 1, constatant que la question de l'islam en France est "un sujet tabou".


Des propos "complètement anodins". "En réalité, ces propos ne sont pas différents de ce qu'ont dit Avicenne ou Averroès (deux philosophes musulmans des 10ème et 11ème siècles, ndlr), ou de ce qu'ont dit les penseurs des Lumières sur le christianisme. Ces propos me semblent complètement anodins", poursuit la Franco-Marocaine. Selon elle, cette situation "est symptomatique d'un mal profond qui est en train de ronger la société française".

Malheureusement, beaucoup de voix ont cédé à la terreur intellectuelle qui tente de nous imposer cette chape de plomb.


"Le devoir" de tenir ces propos. Car celle qui est aussi connue sous le nom de plume de Zineb n'a "pas changé d'avis" sur le fond. "Je pense que je n'ai pas uniquement le droit de tenir ces propos-là. Je pense que dans le contexte actuel, j'en ai également le devoir, parce que malheureusement, beaucoup de voix ont cédé à la terreur intellectuelle qui tente de nous imposer cette chape de plomb."
Déjà visée en septembre dernier. En septembre dernier, elle avait déjà fait l'objet de messages haineux après avoir déclaré sur C8 que les femmes portant le voile suivaient "une idéologie qui est celle de l'islam radical, qui est une idéologie dont l'aboutissement est le terrorisme". Une plainte avait alors été déposée à son encontre par le Collectif contre le racisme et l'islamophobie.
ENTENDU SUR EUROPE1 :

Par Thibauld Mathieu

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