La ligne à grande vitesse marocaine devrait permettre de relier la capitale économique Casablanca, la capitale administrative Rabat et le pôle maritime de Tanger en un peu plus de deux heures, contre presque cinq heures actuellement. La mise en exploitation devrait intervenir à l'été 2018.

Le TGV marocain accélère. Lundi 9 octobre, le train a déjà roulé à 275 km/h sur un tronçon de 110 km entre Kenitra et Tanger (nord), en présence du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, venu voir les progrès de ce projet « emblématique de la relation bilatérale franco-marocaine ». « Avec 270-275 km/heure, c’est déjà le train le plus rapide du continent africain », s’est félicité le Français lors de la signature d’une convention de prêt de l’Agence française de développement (AFD) à l’ONCF.

Le coût total du projet financé à 50% par la France via différents prêts représente 22,9 milliards de dirhams (environ deux milliards d’euros), soit environ 15% de plus que les estimations initiales, en 2007, selon les chiffres rendus publics lundi. « On est à moins de neuf millions d’euros le km, pour un standard européen de 20 millions d’euros le km », a toutefois souligné Rabii Lakhlii, le PDG de l’ONCF (Organisation nationale des chemins de fer), au cours de cette signature.

Prévue en 2015, la mise en exploitation aura lieu début 2018

« Une fois que l’on aura atteint 320 km/h on aura encore une batterie de tests », puis « vers avril, on prononcera la mise en service technique de la ligne ». Commenceront ensuite les essais de rodage « pour pouvoir préparer la mise en exploitation commerciale courant de l’été 2018 », a détaillé Rabii Lakhlii. À l’origine prévue fin 2015, la livraison a pris du retard en raison de longues procédures d’expropriation. Le projet a suscité des contestations, notamment d’un collectif « Stop TGV », qui le juge « non prioritaire » et « non rentable ».

La ligne grande vitesse permettra de relier la capitale économique Casablanca, la capitale administrative Rabat et le pôle maritime de Tanger en un peu plus de deux heures (contre presque cinq heures actuellement).

Les chemins de fer marocains tablent sur six millions de passagers après trois ans d’exploitation. « On travaille sur un modèle économique d’exploitation (…) avec un système intelligent pour prévoir les tarifs qu’il faut en tenant compte de la capacité des Marocains qui prennent le train », a encore ajouté le PDG de l’ONCF, précisant que le coût d’un voyage en TGV serait « en moyenne de 30% de plus que les tarifs pratiqués actuellement ».

Jeune Afrique

mercredi, 11 octobre 2017 09:37

Catalogne : "cinq secondes" d'indépendance

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Mardi soir, la Catalogne a vécu de longues minutes suspendue au discours de Carles Puigdemont. Un discours quelque peu « confus », rapporte le Huffington Post puisqu'il a été difficile de démêler immédiatement quel allait être l'avenir de la Catalogne. Pendant à peine une heure de discours, le président de région a suscité espoir, enthousiasme et finalement déception parmi les partisans de l'indépendance.

« Après le référendum du 1er octobre, la Catalogne a gagné le droit de devenir un État indépendant, d'être écoutée et respectée », a expliqué Carles Puigdemont avant de promettre que « la Catalogne sera[it] un État indépendant sous la forme d'une République ». Mais revirement quelques minutes plus tard puisque le président de l'exécutif catalan conclut : « Le gouvernement catalan et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets d'une déclaration d'indépendance afin de pouvoir entreprendre dans les prochains jours un dialogue.

Mardi soir, la Catalogne a vécu de longues minutes suspendue au discours de Carles Puigdemont. Un discours quelque peu « confus », rapporte le Huffington Post puisqu'il a été difficile de démêler immédiatement quel allait être l'avenir de la Catalogne. Pendant à peine une heure de discours, le président de région a suscité espoir, enthousiasme et finalement déception parmi les partisans de l'indépendance.

« Après le référendum du 1er octobre, la Catalogne a gagné le droit de devenir un État indépendant, d'être écoutée et respectée », a expliqué Carles Puigdemont avant de promettre que « la Catalogne sera[it] un État indépendant sous la forme d'une République ». Mais revirement quelques minutes plus tard puisque le président de l'exécutif catalan conclut : « Le gouvernement catalan et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets d'une déclaration d'indépendance afin de pouvoir entreprendre dans les prochains jours un dialogue. »

Joie et tristesse

Cette manière de souffler le chaud et le froid n'a pas manqué de provoquer des réactions. D'abord chez les indépendantistes massés dans certaines rues de Barcelone pour entendre le discours. Alors que le début provoque des explosions de joie, la suite laisse peu à peu les visages interloqués puis défaits. Mais la situation a aussi fait réagir sur les réseaux sociaux. Nombreux sont les internautes à avoir raillé le discours de Carles Puigdemont sur Twitter.

Le Point.fr

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Après le retrait de l’opposant Raila Odinga du nouveau scrutin prévu le 26 octobre, y aura-t-il une élection quand même ou bien Uhuru Kenyatta peut-il être déclaré président, comme le prétend le camp du parti au pouvoir ? Les spécialistes de la Constitution et du droit se déchiraient sur cette question dès l’annonce fracassante de Raila Odinga mardi 10 octobre.

Un nouveau processus électoral sera-t-il lancé ? D’après les juristes contactés par RFI, c’est ce que prévoit un arrêt de la Cour suprême de 2013. Tout retrait d’un des deux candidats avant le déroulement d’un nouveau scrutin entraîne l’organisation d’une nouvelle élection.

Tout reprendre depuis le début et nommer de nouveaux candidats dans les 90 jours. Cela repousserait l’échéance électorale à janvier 2018. L’opposition en profite pour appeler à profiter de cette période pour poursuivre les manifestations appelant à une réforme de la commission électorale.

Un point d’interrogation, et pas des moindres : le 1er novembre prochain expirent les pouvoirs du président en exercice. Et la loi kényane ne prévoit rien dans le cas où aucun président n’a été élu avant ce terme. Un vide constitutionnel dont se passeraient bien les Kényans après l’incertitude de ces derniers mois. A moins, rêvent certains habitants désabusés, qu’un accord politique entre les deux camps ne vienne éclairer l’horizon.

« La Constitution n'envisage pas le cas de figure actuel, c'est-à-dire l'annulation d'une première élection et la contestation de la seconde avant qu'elle ait lieu, analyse Murithi Mutiga, chercheur sur le Kenya pour International Crisis Group. Il faut donc en référer à des décisions de la Cour suprême en 2013 et 2017, mais à l'heure actuelle, chacun les interprète en fonction de ce qui l'arrange. Certains estiment qu'il faut commencer par nommer les candidats pour un tout nouveau scrutin qui se tiendrait plus tard, possiblement 90 jours après décision de la Cour suprême, c'est l'interprétation du camp Odinga. Mais côté Kenyatta, on considère que si un candidat se désiste, le candidat restant devient président. Ce sont deux interprétations radicalement différentes. Il faut donc s'attendre à ce que l'un ou l'autre camp, sûrement les deux, aillent devant la justice pour qu'elle rende une décision qui fasse autorité et détermine la suite des évènements. »

■ Pourquoi Odinga se retire ?

Certes, Raila Odinga avait envoyé à la commission électorale mi-septembre un document d'une dizaine de pages intitulé « Minima requis indispensables avant la tenue d'une nouvelle élection » dans lequel il listait toutes les réformes nécessaires selon lui à la tenue d'un scrutin transparent, des réformes réclamées aussi quasi-quotidiennement par ses partisans dans la rue.

Mais peu imaginaient que l'opposant historique, remis en selle par la décision inédite de la Cour suprême d'annuler la réélection d'Uhuru Kenyatta, prendrait le risque de se retirer du scrutin.

Car si Raila Odinga estime que son retrait est légalement synonyme d'organisation d'un nouveau processus électoral, Uhuru Kenyatta n'a pas la même lecture des textes et a d'ores et déjà affirmé que l'élection se tiendrait le 26 comme prévu, avec ou sans Odinga.

C’est donc une fois encore la justice qui risque de devoir trancher ce nouveau bras de fer. « La Cour suprême avait pris une décision forte et courageuse, mais les deux candidats ont gâché ce moment historique avec leurs discours et positions radicales et tout est à refaire : cette nouvelle période d'incertitude n'est bonne ni politiquement ni économiquement », souligne un analyste kényan. « Quant à la population, elle est épuisée par ces mois de tensions électorales. Seul point positif : peut-être que son aspiration à un retour à la normale permettra de réduire le risque de violences », ajoute-t-il.

Reportage : la population dans l’incertitude

Pour Peter, un jeune partisan de Raila Odinga, l’annonce de son retrait est une grande perte. « Nous, l’opposition, nous n’avons pas d’autre personne comme lui, assez forte pour nous faire entendre avec la confiance qu’il a et qu’il a toujours eue en lui-même. »

Mais pour Judith, sexagénaire, le vieux Raila Odinga aurait dû décrocher depuis longtemps. « Il aurait dû partir oui, dit-elle. Après tant de tentatives, sans succès, il devrait s’asseoir et se demander : "Est-ce que vraiment Dieu a décidé que je serai le président de cette nation ?" Si c’est non, alors, qu’il s’en aille et qu’il cesse d’ennuyer les Kényans. »

Ce mercredi, l’opposition manifestera dans le centre-ville, où les commerces n’en peuvent plus de devoir fermer leurs grilles par peur du vandalisme. « La situation nous met mal en point. C’est assez pathétique. On perd des emplois. Et c’est en partie à cause de lui », confie Mohamed, qui tient une papeterie.

Les étudiants aussi - deux établissements ont fermé après des manifestations - s’inquiètent. « Il faut qu’on puisse retourner étudier, dit Coretie. Tout le calendrier est bouleversé. Il faut en finir. »

Si les personnalités de Raila Odinga et Uhuru Kenyatta divisent, les Kényans se retrouvent sur une chose, la peur de l’enlisement.

RFI

Dimanche 8 octobre 2017, une quinzaine d'associations de la société civile ainsi que des activistes africains se sont rencontrés à Bamako. Ils ont constitué un front, le Front international de la société civile panafricaine (Fiscpa). Ils suivent notamment la situation du Togo.

Les activistes du continent africain, membres du Fiscpa créé à Bamako dimanche 8 octobre, ont des contacts avec leurs camarades togolais qui font partie de la contestation locale.

Simon Kouka, artiste rappeur et membre du mouvement sénégalais « Y’en a marre », raconte : « La semaine dernière, on a reçu certains collègues togolais au QG "Y’en a marre" à Dakar et c’est le message qu’on est en train de leur dire : il faut qu’ils tiennent bon. Ce n’est pas nous qui allons mener votre combat. Battez-vous, imposez-vous. Et je crois que là, ils tiennent le bon fil. »

D’autres activistes africains sont inquiets du rôle de la médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans la crise togolaise. « La Cédéao a toujours été comme ça ! La Cédéao prend toujours partie ! La Cédéao doit plutôt aller dans le sens de dire à Faure Gnassingbé que le peuple a décidé qu’il parte », juge Elie Kamano, artiste auteur guinéen.

Parrain des membres du Fiscpa, l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly s’adresse directement au président togolais Faure Gnassingbé : « Je lui dirais simplement de quitter le pouvoir pendant qu’il est temps. Ça fait cinquante ans que la famille Eyadema règne sur le Togo. Ce n’est pas normal. » Il ajoute : « Attention aux violations des droits de l’homme. »

Plainte à la CPI contre Nicolas Sarkozy

La première action déclenchée par le Fiscpa est une plainte à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président français Nicolas Sarkozy pour avoir provoqué l'intervention en Libye qui a débouché sur la mort du colonel Kadhafi.

« Les ONG n’ont pas un recours direct à la CPI, pas plus que des particuliers. Elles ne sont pas susceptibles d’enclencher une action judiciaire devant la CPI. Alors, quelles sont les possibilités ? C’est éventuellement de saisir le bureau du procureur, le prévenir qu’il y a une situation grave qui relève de la compétence de la Cour. Et le procureur, lui, peut ouvrir une information, s’autosaisir sur la base d’informations qui ont été portées à sa connaissance, lorsqu’il s’agit d’Etats qui ont ratifié le statut de la CPI », explique l'avocat Maître Patrick Baudoin, ancien président d'honneur et conseiller juridique de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

« Deuxièmement, la CPI n’est pas compétente pour tous les assassinats de la planète. Il faut donc, quand on dépose une plainte, justifier que c’est un crime de guerre, ou un crime contre l’humanité, ou un crime de génocide. Je dois dire que de saisir la CPI en faisant reproche à Monsieur Sarkozy d’avoir été complice de l’assassinat de Monsieur Khadafi ne me paraît pas sérieux, ne me paraît pas relever de la possibilité de saisir les compétences de la Cour », avise-t-il.

Les organisations « Jeunesse s'organise maintenant pour son avenir » de la Guinée, ou encore « le Balai citoyen » du Burkina Faso, étaient aussi présentes à Bamako dimanche.

RFI

mercredi, 11 octobre 2017 09:26

Sénégal: l'hôpital traditionnel de Keur Massar

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Au Sénégal, un projet de loi relatif à l’exercice de la médecine traditionnelle a été ratifié en Conseil des ministres en mai dernier et les députés de la nouvelle Assemblée devront donc examiner le texte dans les prochains mois. Un projet de loi controversé, que dénoncent certaines organisations de médecins. Dans la banlieue de Dakar, l’hôpital traditionnel de Keur Massar propose des formations à la médecine traditionnelle et des soins par les plantes. Il s’agit de l’une des rares structures à proposer une forme d’encadrement de cette profession.

Abdoulaye Wade a été avocat avant d'être politicien. Et à plus de 90 ans, l'ex-président a décidé dans une lettre de défendre son fils Karim, en exil au Qatar, et condamné au Sénégal à six ans de prison et près de 200 millions d’euros d'amende pour enrichissement illicite. Dans cette missive diffusée par son parti, le PDS, il écorche aussi le président Macky Sall en attaquant les avocats qui ont défendu l'Etat dans l'affaire Karim Wade.

Abdoulaye Wade est furieux contre les avocats de l'Etat au procès de son fils Karim Wade. Il les accuse de piller le pays. Selon l’ex-président sénégalais, « ils demanderaient 2% des 60 milliards de francs CFA que l'Etat aurait récupérés » dans la traque des biens mal acquis. Loin, très loin des « 694 milliards [de recouvrement, ndlr] promis », affirme le doyen de la politique sénégalaise qui estime donc que Macky Sall ne doit pas les payer, mais au contraire les poursuivre en justice pour tentative d'escroquerie.

S'il semble soutenir l'actuel locataire du palais de la République dans cette affaire de gros sous, il n'en est rien. Car en trois pages, reprenant sa plume d'avocat, Wade père démonte l'affaire qui a valu une lourde condamnation à son fils Karim.

En affirmant par exemple que les biens saisis n'appartenaient pas à Karim Wade. « Plus grave », écrit Abdoulaye Wade « ces avocats savaient, dès le départ, qu'il n'y avait pas d'argent à récupérer sur Karim Wade, dont aucun d'entre eux ne doutait en réalité de l'innocence ».

Alors que la rue lui a crié sa colère en 2011 pour sa gestion, Abdoulaye Wade se permet d'appeler le peuple à organiser des marches de contestation si ces deniers publics étaient versés.

Une lettre corrosive, un bon moyen de pression alors que Macky Sall souhaite relancer le dialogue politique. Visiblement Abdoulaye Wade a des conditions.

RFI

mercredi, 11 octobre 2017 05:37

Mme Dieck Sall de Touba rejoint "UN AUTRE AVENIR"

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Une grosse pointure de la politique de Touba, vient de rejoindre un Autre Avenir. Femme de développement et de réseau, sollicitée par tous les partis politiques qui veulent s'implanter dans la cité religieuse, Sokhna Dieck Sall a choisi de rejoindre Un Autre Avenir. Avec son adhésion ce parti aura déjà une bonne base politique à Touba si on sait le nombre de femmes qu'elle mobilise dans ses réseaux de développement. Aujourd'hui à Touba, un Autre Avenir a bouclé la boucle en ayant une responsable femme en la personne de Dieck Sall et un responsable homme Serigne Bassirou Bousso. Il se sussure même qu'un grand mouvement citoyen du Baol est sur le point de se joindre à un Autre Avenir pour donner enfin aux citoyens senegalais un espace de promotion de tous les talents et comme unique objectifl a satisfaction de la demande sociale. 

Sokhna Dieck Sall qui se dit déjà trouvé sa place dans un Autre Avenir s'engage à travailler pour la massification du parti dans tout le Baol.

Ichrono.info

 

Cecile Thiakane : Et si la polygamie était un régulateur social au Sénégal ?

Cecile Thiakane nous invite à réfléchir un angle rarement avancé dans l'approche de la polygamie.

Cécile a le  don de nous surprendre en nous réveillant de  notre silence. J'aime sa pensée singulière et j'avoue avoir d'abord ri et j'ai compris qu'après mon activité du jour j'étais fatigué et j'ai relu une seconde fois et j'ai pensé sans savoir pourquoi au polyamour ; lisons cécile.

Il y a quelques années, j'ai eu une conversation « surprenante » avec une de mes meilleures amies. Nous avions vécu quelques années ensemble en France et après avoir travaillé ici un moment après l'obtention de son DESS en Finance, elle avait fait le choix de rentrer au Sénégal pour rejoindre une grande institution bancaire de la place. Il faut dire qu'à l'époque, le secteur bancaire était en grand boum et se structurait au-delà de la Place de l'Indépendance, quartier traditionnel des banques au Sénégal. Pour accompagner cet essor, les profils formés à l'étranger étaient fortement recherchés. Mon amie était contente et surtout fière de rentrer au bercail, de faire un travail gratifiant en apportant sa pierre à l'édifice pour le développement de notre cher pays. Elle avait aussi une rémunération attrayante qui la classait parmi les catégories socio-professionnelles supérieures. Elle faisait partie en quelque sorte de l'élite.

Ce fameux jour, je m'en rappelle comme si c'était hier, elle m'avait appelé au téléphone pour m'annoncer la nouvelle de l'année, ses premiers mots résonnent encore dans ma tête.
Elle allait se marier dans deux semaines.

« C'est génial ! » lui dis-je. Je savais l'importance que cela avait pour elle. Gagner le titre de Madame, par le mariage. « Mais tu sais je vais être la deuxième épouse », me dit-elle. Cela me refroidit instantanément. « Tu vas te marier avec un polygame. Es-tu devenue folle ? Mais tu es trop moderne pour ça ! Ça ne te ressemble pas du tout. Es-tu sûre d'avoir bien réfléchi ? »
« Oui, je suis sûre », me répondit-elle. « C'est un homme gentil, respectueux et je sais qu'il sera un bon mari. »
« Et l'amour dans tout ça ? Est-ce que tu l'aimes ? Es-tu prête à partager ton mari avec une autre famille, une autre femme, d'autres enfants ? Tu penses qu'il vous traitera pareil ? Que se passera-t-il le jour où tu auras une urgence et qu'il sera avec l'autre famille car ça sera le tour de l'autre femme ? Aura-t-il le droit de venir jouer son rôle de chef de famille chez vous ?

Calmement, elle me répondit « je n'ai pas la réponse à tes nombreuses questions, mais je sais que pour moi le mariage est primordial pour avoir ma place dans la société. Toi, tu es à Paris et moi à Dakar et les réalités sont différentes, je le réalise tous jours depuis mon retour, cela fait trois ans déjà. Dans notre société, ici à Dakar, quand tu n'es pas mariée, il te manque quelque chose. Quel que soit le fric que tu gagnes, quel que soit ton poste au travail, il te manque quelque chose.

À moi, il me manque une position sociale. L'ascenseur le plus rapide pour atteindre cette position sociale est le mariage ».


Je ne veux pas t'entendre me dire « mais ma chérie tu as tout, tu as fait de belles études, tu as de beaux diplômes, une très belle position à ton travail, une maison, une belle voiture, tu voyages beaucoup, tu peux t'offrir plein de choses, tu as amené tes parents à la Mecque. C'est vrai en quelque sorte, mais le seul truc que ma belle réussite professionnelle ne peut pas m'offrir, c'est cette position sociale dont je te parle ».


Elle enchaîna : « Oui, c'est paradoxal, dans d'autres sociétés la réussite sert à définir ton statut social. Ici au Sénégal, je pense que seul un mari peut m'y faire accéder. J'ai attendu longtemps les mecs célibataires, mais ils sont tous mariés et les seuls qui ne le sont pas ne m'ont pas courtisée, certainement que je ne rentrais pas dans leurs standards. J'ai trop bien réussi ma vie et ça doit leur faire peur. Et ce qui m'énerve le plus, c'est cette désirabilité sociale que nous montrent les filles mariées en nous excluant d'office de certaines discussions.

« Tu n'es pas mariée, tu ne pourrais pas comprendre ». Et là, tu ressens tout le mépris qu'elles ont pour nous, les célibataires. « Eh bien moi, je n'en peux plus de tout ça. »

Elle ne me laissa pas en placer une. Elle enchaîna direct : « Donc être deuxième femme ne me gêne absolument pas. Et en plus, il faut que je pense à avoir des enfants, sinon cela sera trop tard, j'ai presque 33 ans. »


Je n'étais toujours pas à court d'arguments. « Ok, je comprends. Mais, tu n'as pas peur d'être une femme à mi-temps ? Quid de la jalousie ? Es-tu sûre que tu pourras supporter de partager ton homme ? Et ta coépouse, pourrez-vous vous entendre pour le bien-être de votre mari ? Et vos enfants, comment vont-ils évoluer dans tout ça ? »

Plein d'autres questions se sont bousculées dans ma tête et tout cela m'a replongée dans mon enfance. Je me suis souvenue que, petite fille, quand j'habitais à Thiadiaye, un village à la croisée des chemins entre les régions de Thiès et Fatick, au Sénégal, j'étais entourée d'amis vivant dans des familles polygames. A l'époque, je ne comprenais pas le concept. Je voyais juste que dans la famille de mes amis, leur maman et leur tante (coépouse de leur maman) avaient le même mari. C'était différent de la situation de ma famille. J'avais une maman et un papa, mes frères et sœurs et c'était tout.

Adolescente, j'ai commencé à me questionner sur ce concept de voir un papa ayant plusieurs femmes. Comment était-ce possible ?


A l'âge de 15 ans, quand j'ai commencé à lire Harlequin et d'autres romans à l'eau de rose et à vivre mes premières amourettes, je me suis profondément questionnée sur la polygamie. Comment était-ce possible pour un homme d'aimer et d'épouser plusieurs femmes ?

Comment des femmes pouvaient-elles accepter de partager leur mari ?

Etaient-elles moins amoureuses que les autres femmes en couple monogame ?

On m'avait expliqué que la polygamie existait dans notre société traditionnelle. Dans certaines ethnies du Sénégal, les hommes avaient le droit d'épouser plusieurs femmes et je ne pense pas qu'il y ait de limitation dans le nombre....


La religion musulmane autorise aussi les hommes à pouvoir épouser plusieurs femmes, le nombre étant limité à quatre femmes. Ils ont l'obligation cependant de les traiter équitablement. Chose plutôt compliquée à réaliser, il me semble.
Dans mes lectures, j'avais appris que la polygamie, bien qu'étant autorisée par l'Islam, est interdite quand même légalement dans certains pays islamiques. Mais au Sénégal, ce n'est pas le cas, la polygamie est bien autorisée et pendant la célébration des mariages civils, les hommes avaient le droit de cocher la case polygamie.

La polygamie est admise encore dans quelques pays d'Afrique. Elle est maintenue grâce aux coutumes traditionnelles, à la religion islamique ou par la législation, comme au Sénégal. Je pense que le Sénégal fait une bonne exception car la polygamie est ancrée profondément dans la vie des habitants et ce n'est pas prêt de changer.

Chez certains chefs coutumiers, notamment dans certaines ethnies du Sénégal ou au Cameroun, on retrouve la polygamie dans un souci d'affirmation de leur pouvoir, de leur puissance et de leur autorité.
Une des conséquences désastreuses de la polygamie est évidemment qu'il n'y a aucune régulation pour les hommes qui veulent épouser plusieurs femmes. Peut-être juste leur bonne conscience. Bon nombre se retrouvent pères de nombreux enfants, dont il faut s'occuper, et ils sont loin d'en avoir les moyens et les mamans non plus. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais vous imaginez que ce n'est pas toujours rose, ça engendre des drames et des échecs dans la vie de ces enfants. Assez souvent, dans ces ménages modestes et polygames, les femmes sont obligées de s'occuper de leurs enfants et d'assurer les dépenses de subsistance quand c'est leur tour. Je ne peux pas non plus passer sous silence les mariages précoces et parfois forcés de jeunes filles âgées de moins de 18 ans avec des hommes polygames.

Cette conversation avec ma copine a eu lieu il y a au moins 10 ans. Elle est toujours mariée à cet homme, toujours deuxième femme. Leur mari n'a pas épousé une troisième femme. Sa coépouse n'est pas devenue sa meilleure amie, bien au contraire. Mais elle me dit souvent qu'elles ont appris à se respecter. Elle a deux enfants avec son mari, qui s'entendent plutôt bien avec leurs demi-frères et sœurs. Les deux familles vivent dans deux maisons séparées, c'est monsieur qui est nomade. Il arrive souvent que les deux femmes soient dans la surenchère, pour plaire à la belle-famille. C'est à qui les couvrira de plus de cadeaux.

A ce jeu, ma copine ne joue pas à arme égale, car financièrement elle est plus nantie que sa coépouse. Mais je sais qu'elle ne fait rien pour la narguer, elle fait juste preuve de générosité.
N'imaginez pas voir les deux femmes marchant au bras de leur mari en même temps, ce n'est pas dans les codes locaux. C'est à chacune son tour – 3 jours où l'homme est ton mari à temps complet et après il va 3 jours aussi chez l'autre. Je pense que le cas de figure le plus simple, c'est quand les deux coépouses ne vivent pas dans le même foyer. On m'a raconté beaucoup de drames familiaux dus à la jalousie entre les coépouses. Assez souvent, les hommes polygames n'ont pas les moyens d'assurer un foyer séparé à chacune de leurs épouses, surtout quand leur nombre excède deux épouses.

Aujourd'hui, avec du recul, je commence à penser que la polygamie joue peut-être un rôle de régulateur social. Je ne parle pas de régulateur démographique. Je ne la justifie pas, je n'en fais pas la promotion, mais ça maintient un certain équilibre quand même dans la société.


Imaginez dans une société où le statut de femme mariée te fait gravir des échelons sur l'échelle sociale : comment faire le choix du célibat si aucune alternative au mariage polygame ne s'offre à toi ?


Cependant, la modernisation de la cellule familiale, le taux d'instruction des femmes qui s'améliore d'année en année, leur accès de plus en plus à des emplois décents, mais aussi le changement des mentalités et l'acceptation du célibat des femmes pourraient être un facteur de mutation et faire baisser drastiquement le taux de mariages polygames.

Et vous, que pensez-vous de la polygamie ?

Fatoumata Ndiaye
(texte de Cecile Thiakane
Activiste en développement social
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )

in sadunya.org

Le mouvement UN AUTRE AVENIR vient d'enregistrer aujourd'hui à moins d'une semaine d'existence un ralliement de taille en la personne de Serigne Bassirou Bousso ancien responsable politique de Bokk Gis Gis à Touba. Cette adhésion à coup sûr va renforcer un AA dans la cité religieuse, dans la région de Diourbel mais aussi à travers tout le Sénégal vue la dimension nationale de l'homme politique. D'ailleurs le parti qui lui fait totalement confiance l'a nommé référent de toute la région de Diourbel, ce qui va y favoriser à coup sûr son implantation. Serigne Bassirou Bousso est un homme de conviction, connu pour son ouverture d'esprit, actif dans la politique depuis des années, sans dévier des enseignements religieux qu'il a reçu de son illustre famille.

Infos15.Com

Ichrono.info

Il y a quelques jours, le nouveau ministre de l’intérieur Aly Ngouye Ndiaye, lançait un appel au dialogue en direction des partis de l’opposition et de la société civile sénégalaise. Nous nous en réjouissons car c’est comme si notre lettre ouverte adressée au président de la République, au lendemain de la proclamation des résultats officiels des élections législatives par le Conseil Constitutionnel, avait reçu un écho favorable de la part du gouvernement.

Mais pour mieux structurer un dialogue et espérer le réussir, il faut au préalable identifier les parties prenantes, définir l’objet du dialogue, donner des gages qui prouvent le sérieux et l’engagement des uns et autres et enfin déterminer les résultats souhaités et le timing pour y arriver.

A la lecture des communiqués de presse informant sur l’appel du ministre, nous pouvons espérer que cette fois-ci, le dialogue semble inclusif et le ton plus respectueux envers l’opposition. Nous pouvons alors dire que la cible est bien visée par le ministre de l’intérieur et qu’il se démarque d’une certaine attitude qui consistait à tout faire pour réduire l’opposition à sa plus simple expression.

Les objets sur lesquels, un dialogue doit se faire entre pouvoir et opposition, sont multiples et variés. A notre avis, pour plus d’efficacité, il faut mettre sur la table les questions les plus urgentes, quitte à créer après une structure permanente de dialogue qui se pencherait sur tous les points de blocage entre pouvoir et opposition. Mais en ce moment, les questions les plus importantes se situent au niveau du fichier et du processus électoral, dans les dossiers judiciaires impliquants des hommes politiques, dans la gestion des ressources et finances publiques et les questions relatives aux politiques à mettre en place pour prendre en charge les vraies préoccupations des Sénégalais. Il faudrait avant d’organiser la rencontre officielle et au plus haut niveau, travailler avec l’ensemble des acteurs sur les sujets de discussion et ne pas organiser une messe au cours de laquelle, de beaux discours vont se faire avec les meilleures intentions du monde et qu’au final rien de bien concret n’en sortirait.

Il n’est pas souhaitable dit-on de poser des conditions au préalable d’une entame de dialogue si on veut y installer une atmosphère apaisée. Mais certains actes posés par les uns et les autres peuvent donner des gages d’une certaine volonté de réussir le dialogue. En ce moment, le gouvernement aurait tout à gagner en posant des actes forts qui prouveraient à l’opposition et à la population qu’il est vraiment dans de bonnes dispositions pour enfin apaiser les tensions politiques dans le pays.

Après les événement de 1988, Me Wade, feu Boubacar Sall et d’autres militants de l’opposition, ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison. Suite à cela, le pays était continuellement en ébullition, et en état d’urgence permanent. Mais à la veille de la fête de korité, le président Diouf signa la fin de l’état d’urgence et une proposition de loi d’amnistie de Me Wade introduite à l’Assemblée Nationale ; ce qui lui a permis de recouvrer sa liberté, ainsi que tous ceux qui ont été arrêtés avec lui. Plus tard, il entra même dans le gouvernement de Diouf et le pays s’est remis de ces événements qui pouvaient saper ses fondements.

Aujourd’hui, nous pensons que le gouvernement de Macky Sall devrait faire de même envers tous les acteurs politiques emprisonnés ou ayant maille à partir avec la justice dans un but d’apaisement, ce qui est nécessaire pour la mise en place de vraies politiques de développement.

Le Sénégal a toujours été cité en exemple de démocratie dans le monde et était parmi les moteurs de l’économie dans l’espace CDEAO. Les résultats de ce dialogue devraient dès lors nous permettre de maintenir cette place qui positionne le Sénégal dans le top des pays africains qui mobilisent plus les investissements étrangers et attirent davantage de touristes et autres institutions internationales.

Notre formationUn Autre Avenirsouscrit totalement à ce dialogue, si et seulement, il est organisé pour prendre en charge les préoccupations des Sénégalais. Mais nous nous y opposons s’il est considéré par le gouvernement comme une nouvelle trouvaille pour encore diviser l’opposition ou énième appel du pied  à l’endroits d’opposants avides de postes ou de sinécures qui cherchent la belle occasion pour entrer dans le gouvernement. 

Ibrahima Wade

Secrétaire général Un Autre Avenir

Ichrono.info

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AUDIO

Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

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