Emmanuel Macron s'est exprimé ce lundi 9 juillet devant les députés et sénateurs français réunis en Congrès à Versailles. Ce discours, boycotté par une partie de l'opposition, notamment par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon était destiné à préciser le cap politique du président et de son gouvernement pour les prochains mois.

Cet article est régulièrement mis à jour,

Devant le Congrès réuni à Versailles, Emmanuel Macron a démarré sur une note d'humilité et d'auto-critique : « Je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout ». Il a assuré ne pas oublier « les peurs, les colères accumulées pendant des années qui ont conduit notre pays à ce choix. Elles ne disparaissent pas en un jour, elles n'ont pas disparu en une année ».

Le chef de l'Etat est revenu sur la critique d'une politique pour les riches en assurant ne pas aimer les « castes », les « rentes » et les « privilèges » et vouloir une politique pour les entreprises : « Une politique pour les entreprises, ce n'est pas une politique pour les riches. C'est une politique pour toute la nation, une politique pour l'emploi, une politique pour les services publics » et « pour ceux qui restent en marge ».

Je n'aime ni les castes, ni les privilèges...
Emmanuel Macron 09/07/2018
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Révision constitutionnelle

Il a fait part de son souhait de réviser la Constitution pour lui permettre d'écouter les parlementaires et leur répondre lors des rendez-vous à Versailles, devant le Congrès. La révision constitutionnelle sera examinée à partir de mardi en première lecture dans l'hémicycle de l'Assemblée.

Le président de la République a annoncé un plan de « baisse » des dépenses publiques dans « les prochaines semaines ». Il a promis « des choix forts et courageux ».

Emmanuel Macron a également salué le travail et l'engagement des parlementaires durant cette première année de quinquennat : « Vous avez engagé des chantiers d'une ampleur jamais vue », a-t-il affirmé, en citant la formation professionnelle, l'apprentissage, et le logement.

Emmanuel Macron a annoncé qu’il recevrait au mois de juillet les 100 premières entreprises françaises pour solliciter leur engagement « en termes d'apprentissage, d'emplois dans les quartiers difficiles ».

« Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui »

Sur la réforme des retraites, le président a dénoncé des rumeurs faisant croire « que nous voudrions supprimer les pensions de réversion ». « Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui », a-t-il affirmé. « Pour la première fois ce qui a été choisi n'a pas été de faire une économie sur les retraités d'aujourd'hui ou ceux qui s'apprêtent à partir à la retraite, mais de refonder un système de retraite juste, unique, transparent, qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de systèmes existants ».

Le dossier éducation a également été ouvert, le président en faisant « le combat de notre siècle ».  Emmanuel Macron a rappelé les réformes portant sur l'école obligatoire à trois ans ou le dédoublement des certaines classes.
 Un plan pauvreté,  issu d'une concertation lancée fin 2017, sera présenté « en septembre » et mis en oeuvre « en 2019 », a annoncé Emmanuel Macron, promettant « un accompagnement réel vers l'activité » pour les personnes « les plus fragiles ».  « Elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d'investissement et d'accompagnement social. Non pas de nouvelles aides, en solde de tout compte, mais un accompagnement réel vers l'activité », a-t-il ajouté.

« L'Etat providence du XXIe siècle »

« La réforme de l'assurance chômage ou la santé au travail », seront des sujets évoqués avec les principales organisations patronales et syndicales, le 17 juillet pour « jeter les bases d'un nouveau contrat social », selon les mots du président français. « La priorité de l’année qui vient est simple : nous devons construire l’Etat-providence du XXIe  siècle », a-t-il poursuivi, « un Etat-providence émancipateur, universel, efficace,responsabilisant ».

Enfin le président français a abordé la lutte contre le terrorisme islamiste : « le travail doit se poursuivre sans fébrilité et sans relâche. C'est celui d'une génération ». Depuis le début de son quinquennat, il a rappelé que la France avait été frappée à trois reprises à Marseille, Trèbes/Carcassonne et Paris, en mai dernier. Se faisant, il a tenu à rappeler que la République n'avait « aucune raison d'être en difficulté avec l'islam, pas davantage qu'avec une autre religion, la laïcité veut simplement que soit garantie à chacun la liberté de croire et de ne pas croire ». A l'automne, un cadre et des règles seront donnés à l'islam de France, deuxième religion du pays, « garantissant qu'il s'appliquera partout de manière conforme aux lois de la République », a indiqué le chef de l'Etat.

Les migrants

« Jamais la France n'acceptera des déportations » de migrants « à travers l'Europe », une phrase choc prononcée devant les parlementaires au moment où l'Europe est secouée par une vague de nationalismes. « Toute politique nationaliste de court terme ne règlera en rien la situation migratoire ». « Nous devons nous montrer fidèles à notre Constitution qui protège de manière inconditionnelle ceux qui demandent l'asile mais impose des règles précises à ceux qui, pour des raisons économiques, quittent leur pays pour rejoindre le nôtre », a-t-il précisé. Emmanuel Macron a cette occasion dit la nécessité de « refonder notre partenariat avec l'Afrique » d'où part une « jeunesse du désespoir », qui n'a « pas droit dans une large majorité à l'asile ».

ludovic MARIN / AFP

mercredi, 11 juillet 2018 08:02

Mondial 2018: l’Angleterre a fait sa révolution

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L’Angleterre affrontera la Croatie en demi-finale du Mondial ce 11 juillet à Moscou. Les « Trois Lions » n’avaient plus atteint ce stade de la compétition depuis 1990. Avec Gareth Southgate à sa tête depuis la fin de l’Euro 2016, la sélection anglaise a littéralement changé de visage.

De notre envoyé spécial à Moscou,

En rembobinant le film du Mondial 2018, on se souvient de l’interrogation principale des journalistes britanniques lors de la conférence de presse avant la rencontre entre les Anglais et la Tunisie au premie tour.

La question qui revenait en boucle : en quoi la sélection anglaise a changé ? Il faut dire que les « Trois Lions » reviennent de loin. Voilà 28 ans que la nation qui a inventé le foot n’avait pas été en demi-finale. La première, c'était en 1966, à domicile. La dernière, c'était en 1990… La bande à Gary Lineker avait alors vu la finale lui échapper aux tirs au but, face à l'Allemagne de l'Ouest.

Les tirs au but enfin maîtrisés

Sous l’impulsion de Gareth Southgate, le sélectionneur anglais, l'Angleterre a donc changé de visage. A commencer par les tirs au but enfin maîtrisés. Rejointe dans le temps additionnel, l'Angleterre est venue à bout de la Colombie grâce à la séance de tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.) mardi 3 juillet à Moscou. Sur les sept prolongations anglaises depuis 1966, trois étaient allées jusqu'aux tirs au but.

Et l'Angleterre avait échoué à chaque fois (Allemagne en 1990, Argentine en 1998 et Portugal en 2006). Face à la Colombie, le scénario cauchemardesque ne s’était pas reproduit. Les mains de Jordan Pickford ont enfin tordu le cou au spectre et l’Angleterre s’est trouvé un gardien à la hauteur de l’enjeu. Il a même été élu homme du match lors de la rencontre face à la Suède.

Southgate a laissé l'expérimenté Joe Hart, 75 sélections, à la maison. A la place, il a fait confiance à un inconnu, prêté pendant des années par Sunderland à des clubs de seconde zone (Burton Albion ou Darlington). La notoriété du gardien d'Everton grandit chaque jour depuis le début du Mondial.

Nouveaux atouts : les coups de pied arrêtés et le fin des clans

L’Angleterre a aussi un nouvel atout : les coups de pied arrêtés. Huit de ses onze buts inscrits depuis le début du mondial l’ont été sur une telle phase de jeu, grâce au travail effectué en amont par Gareth Southgate.

Autre travail du coach, ancien défenseur central international, le jeu au sol et la défense à trois. Un système pensé lors de l’été 2017 par Southgate et son assistant, Steve Holland. Sans compter la fin des clans qui ont souvent miné la sélection. « Pour nous, dans l'effectif et le staff, on y croit, on a cet esprit d'équipe, cette confiance qu'on peut aller aussi loin qu'on le veut. On veut arriver à bon port et remporter le Mondial 2018 », indique le latéral Ashley Young. « C'est comme si on passait de bonnes vacances. On ne s'ennuie pas, on apprécie chaque moment et on entre avec ça sur le terrain. Tout le monde peut voir que cette équipe s'entend bien », avance-t-il.

Après l’échec à l’Euro 2016 et cette défaite surprise face à l’Islande en huitièmes de finale, la Fédération a remis les compteurs à zéro. « Gareth Southgate montre sa capacité à nous gérer, à diriger un groupe, lui et tout l'encadrement. Au cours des deux dernières années, on a travaillé très, très dur. Maintenant, on voit le résultat sur le terrain », commente Jordan Pickford. Avec cette place dans le dernier carré, le travail de fond a déjà payé.

REUTERS/Carlos Barria

L'équipe de France est en finale de la Coupe du monde pour la troisième fois de son histoire après avoir battu la Belgique (1-0) ce mardi 10 juillet à Saint-Pétersbourg, sur un but de Samuel Umtiti. Les hommes de Didier Deschamps viseront une deuxième étoile dimanche, contre l'Angleterre ou la Croatie. Réactions.

On imaginait une rencontre serrée. Ce fut le cas une bonne partie de ce duel Franco-Belge qui restera dans les mémoires. « C’était un football chirurgical de la part des Bleus », avouera un collègue belge de la RTBF.

« On a bien défendu ensemble »

La Belgique avait Eden Hazard et le joueur de Chelsea a réussi toutes ses passes et tous ses dribbles en première période. Et son tir croisé à la 15e minute aurait pu faire mouche. Il aura été en tout cas sur tous les fronts. Cela n'a pas suffi.

Samuel Umtiti a finalement lancé les Bleus en ouvrant le score à la 50e minute. Le défenseur central a marqué de la tête en sautant plus haut que Marouane Fellaini sur un corner d’Antoine Griezmman.

« C’est vrai que c’est moi qui marque le but mais pendant tout ce match, on a bien défendu ensemble, et on est récompensé par cette place en finale », raconte Umtiti. « Cela a été très dur aujourd’hui face à une très belle équipe de Belgique. Chapeau à mes joueur et l’ensemble de mon staff », dit de son côté le sélectionneur français Didier Deschamps sur TF1.

« Je suis fatigué. On a tous travaillé défensivement. On joue dans les grands clubs et cela aide. J’ai tenté d’accélérer quand il le fallait. C’est un match parfait », analyse Antoine Griezmann.

« C’est inimaginable. C’est le rêve d’une vie, d’une future vie, de tout »

Les tricolores ont saisi à pleine main cette demi-finale qui leur tendait les bras. Dimanche, ils joueront la finale de la Coupe du monde pour la troisième fois après 1998 et 2006. Vingt-ans après avoir soulevé le trophée comme joueur, Didier Deschamps pourrait à nouveau tenir dans sa main le Graal, cette fois comme sélectionneur.

« C’est inimaginable. C’est le rêve d’une vie, d’une future vie, de tout. Je n’ai pas les mots. Même dans les plus grands rêves je n’avais pas imaginé ça, et pourtant je suis rêveur », déclare Kilian Mbappé resté muet ce soir. « C’est un rêve de gosse, commente Olivier Giroud. Maintenant il reste un match, 90 minutes, peut-être plus, il faut aller la chercher ».

Les Diables Rouges n’avaient plus perdu depuis 24 matches. On redoutait leur secteur offensif, mais la défense française a largement été à la hauteur de l’évènement.

Reuters

L’équipe de France s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde de football en battant la Belgique, ce mardi 10 juillet. Les Bleus se sont montrés supérieurs à un adversaire pourtant redouté et redoutable. Les hommes de Didier Deschamps ne sont plus qu’à une marche du bonheur.

La France disputera la troisième finale de Coupe du monde de son histoire, dimanche à Moscou, après avoir éliminé la Belgique (1-0), grâce à un but de Samuel Umtiti, mardi à Saint-Pétersbourg.

Le début de match est marqué par une forte pression de la part des Diables rouges. Le gardien de but Hugo Lloris doit s’employer sur la première frappe d'Eden Hazard, passée de peu à côté (16e). Puis après avoir boxé avec autorité un ballon juste devant Marouane Fellaini (19e), seul dans la surface, il réalise l'un des arrêts du match. Sur un corner mal repoussé, Alderweireld frappe parfaitement en pivot mais le gardien de Tottenham est sur la trajectoire (22e).

Hugo Lloris a été le grand artisan de la victoire française face à la Belgique.Reuters

Une fois l’orage passé, la France sort peu à peu la tête de l’eau. Par Pogba d’abord, très bon dans la dernière passe pour mettre en orbite Mbappé (10e, 13e). Par Giroud ensuite, bien placé mais maladroit quand il met une belle tête sur un centre de Pavard (32e), passée près du but de Courtois, ou rate l'occasion rêvée offerte par Mbappé, en tombant juste avant de frapper le ballon. Par Griezmann également, qui joue entre les lignes dans la position d'un meneur de jeu mais se montre trop imprécis dans le dernier geste, à l'image de cette bonne occasion du droit qui s'envole (33e). Par Pavard enfin, qui manque son duel face au gardien de but belge (39e)

Umtiti, l’homme qui venait de l'arrière

Dominateurs, les Français trouvent logiquement la délivrance par Samuel Umtiti qui reprend victorieusement de la tête un corner d'Antoine Griezmann (51e).

Il ne restait plus qu’à tenir le choc face à une équipe qui n’a jamais renoncé et s’est montrée dangereuse jusqu’à la fin.

Lloris a alors sorti le grand jeu sur un centre dangereux de Kevin De Bruyne (65e) ou une frappe lointaine d'Axel Witsel (81e). La France lui doit une fière chandelle.

Les Bleus affronteront le vainqueur de la rencontre Angleterre-Croatie, qui sera disputée mercredi à Moscou. Cette finale sera particulière pour Didier Deschamps, sélectionneur français, qui a gagné il y a vingt ans le Mondial 1998 en tant que capitaine des Bleus, seule étoile sur le maillot français… peut-être plus pour très longtemps.

Rfi

Au Sénégal, le procès en appel de Khalifa Sall a repris, ce lundi 9 juillet, à Dakar. Le maire de Dakar a été condamné en première instance à cinq ans de prison pour escroquerie sur des deniers publics. La semaine passée, la Cour de justice de la Cédéao a condamné l'Etat du Sénégal, en estimant que Khalifa Sall n'avait pas eu en première instance un procès équitable. Ses avocats ont donc cherché à obtenir un renvoi pour préparer leur défense. Ce renvoi a été rejeté par le juge.

« Les droits de la défense sont sacrés. Il faut donc attendre l'arrêt complet de la Cédéao pour débuter ce procès ». La défense – une bonne douzaine d'avocats plaident pour Khalifa Sall – martèle pendant plus de deux heures ses arguments.

Les débats sont longs et rugueux, mais le juge Demba Kandji ne veut rien entendre. « Rien ne me prouve qu'il y a un arrêt Cédéao. Cette décision n'est pas dans mon dossier. Je ne suis coupable de rien », insiste le juge dont la posture est saluée par les avocats de l'Etat qui veulent que ce procès ultrasensible s'engage enfin.

Au nom de Khalifa Sall, Maitre François Sarr vient alors déposer au juge un extrait certifié conforme de l'arrêt de la Cour de la Cédéao. L'avocat demande ensuite un renvoi et déclare : « Comment peut-on retenir cette affaire sans avoir la décision complète ? Mais dans quel pays sommes-nous ? Dans quel droit sommes-nous ? ».

Impassible, le juge Kandji décide de rejeter la demande de renvoi de la défense et donc d'ouvrir, dans une ambiance extrêmement tendue, le procès en appel de Khalifa Sall.

Je ne veux surtout pas faire de procès au magistrat mais je me pose des questions. On est au cœur d’un procès qui est un procès politique, disons le clairement.

Par RFI

Donald Trump a annoncé, lundi 9 juillet, la nomination du magistrat Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis. Le président des Etats-Unis ancre ainsi dans le conservatisme l'institution qui tranche les grands débats de la société américaine.
 

« J'ai l'honneur et le privilège d'annoncer que je nomme à la Cour suprême des Etats-Unis Brett Kavanaugh », un juge « aux références impeccables », a déclaré Donald Trump au terme d'un suspense savamment orchestré par la Maison Blanche.

Juge à la cour d'appel de Washington depuis une décennie, Brett Kavanaugh a aussi été conseiller juridique de l'ancien président républicain George W. Bush. Il s'est dit « profondément honoré » d'avoir été choisi pour devenir le neuvième juge de la haute cour.

« Un juge doit être indépendant et doit interpréter la loi, et non pas faire la loi. Et un juge doit interpréter la Constitution telle qu’elle est écrite. », a-t-il assuré lors d'une courte allocution, en présence de M. Trump et devant ses parents, à qui il a rendu hommage.

Kavanaugh succède à Anthony Kennedy

Le juge Kavanaugh a commencé sa carrière dans la magistrature comme assistant d'Anthony Kennedy qui, fin juin, a créé la surprise en annonçant qu'il prenait sa retraite de la Cour suprême. Brett Kavanaugh en a d'ailleurs profité pour rendre hommage à son prédécesseur.

« Il y a trente ans, le président Reagan a nommé Anthony Kennedy à la Cour suprême. Le juge Kennedy a consacré sa carrière à défendre la liberté. Je suis profondément honoré d’être nominé pour occuper son siège. »

Près de trois décennies séparent les deux hommes et, s'il est confirmé par un vote du Sénat, Brett Kavanaugh deviendra à 53 ans l'un des plus jeunes sages de l'institution qui veille à la constitutionnalité des lois aux Etats-Unis.

Diplômé de la prestigieuse université Yale, il a notamment rassuré les républicains en se déclarant opposé à la loi Obamacare sur la couverture maladie universelle.

Récemment, il s’est aussi prononcé contre l’avortement d’une migrante et pour l’assouplissement des règles antipollution de l’industrie automobile, rappelle notre correspondant aux Etats-Unis, Eric de Salve. Donald Trump le qualifie de « juriste brillant, aux écrits clairs et ciselés. Un des esprits ludiques les plus fins et les plus aiguisés de notre époque », un avis que ne partage pas du tout les élus démocrates très remontés contre cette nomination.

Brett Kavanaugh s'est fait connaître dans les années 1990 lors de deux scandales de l'ère Bill Clinton.

Une Cour ancrée à droite

L’arrivée du nouveau magistrat ne change pas l’équilibre arithmétique à la Cour suprême, il y a toujours cinq juges républicains sur neuf. Mais cette nomination à vie fait encore glisser la Cour à droite car Brett Kavanaugh remplace un juge conservateur modéré qui votait parfois dans le même sens que les libéraux. Or les démocrates craignent que son remplacement soit beaucoup plus intransigeant.

« Il y a sans doute des changements de jurisprudence à prévoir mais il faut noter qu’ils ont déjà commencé depuis une dizaine d’années, tient à préciser le chercheur Corentin Sellin. Cette Cour suprême, même si elle a pu faire preuve de libéralisme sur les questions sociétales, sur beaucoup d’autres questions - le financement des campagnes électorales, le droit à porter des armes à feu - a déjà glissé vers une interprétation plus conservatrice et plus textuelle de la Constitution. »

Pour l'opposition, la principale inquiétude concerne un possible retour en arrière en matière de droit à l’avortement.

La confirmation de Brett Kavanaugh par le Sénat s’annonce donc houleuse. Chuck Schumer, le leader des sénateurs démocrates, appelle à faire un barrage contre sa nomination. La sénatrice de la Californie dit aussi craindre le pire : Kamala Harris le qualifie d’« idéologue conservateur et de menaces directes pour les droits de millions d’américains ».

REUTERS/Jim Bourg

Au-delà des relations historico-culturelles entre pays voisins, la demi-finale entre la France et la Belgique sera avant tout une confrontation entre deux équipes qui n’ont cessé de progresser depuis le début du tournoi. Pour les Bleus, l’adversaire sera encore plus redoutable que l’Argentine ou l’Uruguay. Il faudra une nouvelle fois s’adapter face à des Diables redoutables offensivement pour disputer une troisième finale de Coupe du monde.

Il faut le (re)dire : à l’entame de cette Coupe du monde, peu d’observateurs pouvaient avoir un jugement clair sur ce que l’équipe de France était capable de faire dans ce tournoi. Les derniers matches amicaux, avec notamment une défaite face à la Colombie (3-2) et un match nul (1-1) devant les Etats-Unis, avaient même plus soulevé de questions sur le vrai potentiel des Bleus, qu’ils n’avaient apporté de réponses.

En mode caméléon…

Encore aujourd’hui, à quelques heures de la rencontre face à la Belgique pour la première demi-finale de la Coupe du monde 2018 (18H TU), il est difficile de se faire une idée définitive sur cette équipe de France. Une certitude : elle a monté en puissance dans ce Mondial et a su s’adapter idéalement à ses adversaires pour passer les tours.

Deux victoires sur des scores minimums, sur l’Australie (2-1) et le Pérou (1-0), l’ont qualifiée en huitièmes de finale. Face à des Argentins jugés faibles défensivement en huitièmes, les Bleus ont exploité la vitesse de leur attaquant Kylian Mbappé pour s’offrir un festival offensif (4-3). En quarts, devant des Uruguayens réputés hyper solides en défense (un but encaissé en quatre matches), les hommes de Deschamps ont su ouvrir le coffre-fort et fermer la boutique (2-0). Et aujourd’hui en demi-finale face à la meilleure attaque du tournoi, vont-ils repousser ou atteindre leurs limites ?

Didier Deschamps, capitaine de l’équipe de France championne du monde en 1998, a sûrement une bonne idée sur la façon de faire déjouer cette équipe belge qui s’est également révélée à elle-même pendant cette Coupe du monde. Décrite comme une formation joueuse, allant toujours vers l’avant, la Belgique a surpris en quart de finale en privilégiant la contre-attaque face au Brésil (2-1) qui n’avait encaissé qu’un seul but et concédé seulement cinq tirs cadrés en quatre rencontres. C’était sûrement le prix à payer pour écarter l’équipe qui était annoncée comme le grand favori de la compétition.

La démonstration belge de juin 2015

Pour ce 74e France-Belgique, il est difficile de sortir un favori, même si la Belgique reste sur une belle victoire, très convaincante, lors de la dernière confrontation avec les Bleus (4-3). Le 7 juin 2015, la France avait subi la domination belge dans des proportions plus grande que ne le laisse supposer le score final car les Diables rouges menaient 4-1 à la 54e minute. Fellaini, auteur d’un doublé ce soir-là, sera présent sur la pelouse ce mardi, tout comme Hazard, le capitaine formé à Lille et certainement le meilleur joueur belge du Mondial.

Pour sortir indemne de cette « espèce de derby », dixit Olivier Giroud, la France aura certainement besoin du Kylian Mbappé de l’Argentine, mais également des meilleurs Paul Pogba et Antoine Griezmann. Annoncés comme leaders dans cette équipe de France, les deux stars n’ont pas encore joué à leur véritable niveau depuis le début de la Coupe du monde. De leur prestation dépendra peut-être l’issue de ce France-Belgique.

REUTERS/Dylan Martinez

Si les cinq pays africains qui participaient au Mondial 2018 n’ont pas passé le premier tour, il reste encore un homme pour représenter le continent en Russie. Il s’agit du Sénégalais Malang Diédhiou, qui fait partie des 12 arbitres à pouvoir encore officier d’ici la fin du Mondial 2018.

Lors du huitième de finale entre la Belgique et le Japon, Malang Diédhiou s’est fait très discret. Chose étonnante pour un homme qui mesure 1,91 mètre. Mais ne pas voir un arbitre, c’est plutôt bon signe. D’ailleurs, sa performance a été unanimement saluée.

Une « consécration » pour Malang Diédhiou

En Russie, Malang Diédhiou est devenu après Youssou N’Diaye (1974 et 1978) et Falla N’Doye (2002), le troisième arbitre sénégalais à être sélectionné pour une Coupe du monde. Né en Casamance, il officie comme arbitre international depuis une dizaine d’années. Pour lui, ce premier Mondial est une « consécration ». Il n’oublie pas de saluer son continent et son pays. Durant les trois matches qu’il a arbitrés lors de la compétition au premier tour, il était accompagné de ses deux assistants Djibril Camara et Malick Samba.

Malang Diédhiou connaissait déjà la Russie puisqu’il avait aussi été désigné pour la Coupe des confédérations en 2017.

Déjà beaucoup d'expérience

Né le 30 avril 1973 à Badiama, Malang Diédhiou avait été sélectionné pour les CAN 2015 et 2017, les CHAN 2014 et 2018, les CAN U 17 et U 23 en 2015. Il a aussi dirigé des rencontres de Ligue des champions africaine. Malang Diédhiou avait fait le voyage également pour le tournoi des Jeux olympiques de Rio en 2016 et à la Coupe du monde des clubs de la Fifa en 2017.

En dehors de l’arbitrage, Malang Diédhiou est inspecteur des douanes, avec un grade équivalent à celui de colonel. Pour pouvoir être sur les terrains, le gouvernement sénégalais lui permet d’aménager son emploi du temps.

Le 12 juillet 1998, à l’âge de 41 ans, le Marocain Saïd Belqola, décédé depuis, avait été le premier arbitre africain à diriger une finale de Coupe du monde entre la France et le Brésil. Malang Diédhiou en rêve évidemment.

Odd ANDERSEN / AFP

Un vaccin contre le Sida pourrait-il bientôt exister ? C'est l'espoir suscité par un nouveau traitement préventif. Le rapport des essais cliniques a été publié dans la revue scientifique The Lancet.

Les essais cliniques ont duré plus d'un an et les résultats sont encourageants. Le traitement préventif a d'abord été testé sur des singes. Les deux tiers d'entre eux ont été protégés quand les chercheurs leur ont inoculé le virus.

Puis près de 400 hommes originaires d'Afrique du Sud, d'Afrique de l'Est, de Thaïlande et des Etats-Unis ont reçu des injections de virus VIH rendus inoffensifs, et le test a montré des réactions immunitaires très prometteuses. Le directeur de l'étude, le virologue Dan Barouch, estime que ce n’est probablement pas le vaccin définitif, mais que cela pourrait être une avancée phénoménale.

Le seul et unique essai qui avait eu lieu en 2009 avec un autre modèle vaccinal, avait montré des résultats très insuffisants. Le risque d'infection de 16 000 volontaires en Thaïlande n'avait été réduit que de 31%.

Tests en Afrique Australe

Un test de ce vaccin potentiel appelé Imbokodo (rocher, en zoulou) sera lancé sur 2 600 femmes en Afrique Australe, le lieu au monde où le virus pose le plus de problèmes, explique Jean-Daniel Lelièvre, du Vaccine Research Institute (Agence nationale de recherches sur le sida) joint par RFI. En France, 150 000 personnes vivent avec le VIH, et ils sont chaque année 6 000 à découvrir leur séropositivité. « En Afrique Australe, c'est 100 fois plus ! », pointe le chercheur.

Les résultats de ce test très prometteur sont attendus vers 2021. Le professeur Darouch appelle néanmoins à la prudence, rappelant qu'en matière de recherche vaccinale, les déceptions sont souvent nombreuses.

On avait un premier vaccin qui avait montré une certaine efficacité, qui avait été fait en Thaïlande et le vaccin qui avait été utilisé à l'époque couvrait un seul type de virus VIH. (...) Et l'avancée importante avec cette nouvelle stratégie vaccinale c'est de couvrir largement l'ensemble des différents sous-types.
Professeur Jean-Daniel Lelièvre, du Vaccine Research Institute (Agence nationale de recherches sur le sida)

MUJAHID SAFODIEN / AFP

Reverra-t-on des rhinocéros blancs du Nord courir en liberté dans la nature ? Après la mort de son dernier mâle en mars 2018, l'espèce ne compte plus que deux femelles en vie. La science progresse cependant et l'espoir existe de parvenir à de nouvelles naissances grâce à la fécondation in vitro. Une équipe de chercheurs a publié ce mercredi 4 juillet dans la revue Nature Communications les résultats d’une étude durant laquelle ils sont parvenus à obtenir des embryons.

Leur nom vous est peut-être inconnu : Najin et Fatu sont les deux dernières représentantes vivantes de rhinocéros blanc du Nord, une sous-espèce décimée par le braconnage. Le dernier mâle, Sudan, est mort en mars dernier à l’âge de 45 ans.

Se dirige-t-on vers l’extinction totale de ces pachydermes ? C’est malheureusement très probable, mais des chercheurs gardent espoir. Ils ont réussi à obtenir les premiers embryons in vitro de rhinocéros blanc du Nord.

Pour le moment, les fertilisations n’ont pu produire que des hybrides

La méthode utilisée est simple sur le papier : les chercheurs ont utilisé du sperme congelé de mâles du Nord pour féconder des ovules de femelles du Sud, une espèce cousine, dont il reste 20 000 individus vivant à l’état sauvage dans le sud de l’Afrique. Pour la première fois, ces chercheurs ont obtenu des embryons à la suite de ces fécondations.

Il y en a eu sept au total, dont trois ont été congelés. Il y a cependant un bémol, ces embryons sont donc des hybrides entre les espèces du Nord et du Sud. Pour obtenir un petit rhinocéros 100% du Nord, il faut en effet du sperme congelé de mâle du Nord, ce dont on dispose, mais également des ovocytes d’une femelle du Nord également. Il n’en existe pas de congelés, il n’y a donc qu’une seule solution : les prélever sur Najin et Fatu. Pour ce faire, il faut l’autorisation des autorités du Kenya, où elles vivent actuellement, et celle-ci se fait encore attendre.

Les femelles du Nord trop vieilles pour mener les 16 mois de gestation

Si cet obstacle est levé, il faudra ensuite que la manipulation fonctionne pour donner un embryon qui devra ensuite être implanté dans une femelle porteuse. Cette dernière sera forcément du Sud : Najin et Fatu sont en effet trop vieilles pour mener à leur terme les 16 mois de gestation de ces mammifères.

Les résultats présentés sont donc pour l’instant prometteurs : ils établissent que la fécondation in vitro fonctionne chez les rhinocéros. Il faudra en revanche encore du temps pour assister à la naissance d’un premier bébé rhinocéros blanc du Nord. Les chercheurs sont assez optimistes pour y parvenir dans trois ans, mais il faudra attendre bien des années supplémentaires pour espérer voir des hordes courir et vivre à l’état sauvage, si cela arrive un jour.

Par Simon Rozé

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