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Qu'est-ce que l'amour ? -Le regard des philosophes-Martine Fournier
Août-septembre 2018

Mensuel N° 306 - août-septembre 2018
Qu'est-ce que l'amour ?

in sciences humaines 


Les anciens Grecs


Les philosophes grecs avaient pris soin de distinguer cinq sentiments différents pour décrire les différentes formes de l'amour : maternel, romantique, fraternel, amical... Éros, divinité de l'amour, possédait un versant physique et trivial (Aphrodite) et un versant céleste (l'amour « platonique »). Aux côtés d'Éros, il y avait aussi la philia (l'amitié), la storge (l'affection), l'agapè(l'amour de son prochain), la philantrôpia (l'amour de l'humanité en général).


À propos de la passion amoureuse, deux conceptions radicalement opposées coexistaient.


Platon
« Une folie divine »


Pour Platon (v. - 428/v. - 348), l'amour est incomplétude et on n'aime que ce que l'on désire. Ce désir est tension vers le beau, vers le monde des idées d'où la fécondité spirituelle de l'amour. L'« amour platonique », expression utilisée pour désigner un amour asexué entre deux êtres, est né de cette conception idéaliste platonicienne
 (Le Banquet).


Épicure
« Seule la vérité du corps... »


« Nul plaisir n'est par lui-même un mal, affirmait Épicure (v. - 342/- 270, seuls sont à proscrire ceux qui apportent plus de trouble que de jouir. » Deux siècles plus tard, le poète italien Lucrèce dresse un portrait guerrier de la passion amoureuse qui engendre l'hybris, la démesure. Lucrèce conseille d'éviter de tomber dans les pièges de la passion amoureuse en cultivant les amours plurielles et le libertinage tous azimuts pour oublier l'objet de sa convoitise (De natura rerum).


Augustin
L'amour divin


Amoureux repenti, foudroyé par la grâce à 33 ans, l'évêque d'Hippone devient l'un des Pères de l'Église les plus importants. « L'amour de Dieu est le moteur de l'homme », écrit Augustin (354/430) dans ses Confessions. Problème : l'homme ne le sait pas. Il s'attache aux premiers objets qui lui tombent sous la main : une femme, de l'argent, la musique, la souffrance. Seule la grâce de Dieu peut éteindre le feu du désir.


Montaigne
L'amitié plutôt que l'amour


Montaigne (1533/1592), disciple d'Épicure et de Lucrèce, pense qu'« il faut jouir et jouir tant et plus de la vie » mais se méfie de l'amour : « Toute jouissance est bonne qui n'entame pas la liberté, l'indépendance, l'autonomie. » Son lien avec Étienne de la Boétie, en revanche, lui inspire dans ses Essais ses plus belles pages sur l'amitié.


René Descartes


Raison et passion


Pour Descartes (1596/1650), grande figure du rationalisme, « la nature de l'amour nous est difficile à connaître ». Appartient-il au domaine de la raison ou à celui des passions ? Il distingue deux sortes d'amour : « l'amour de bienveillance » dans lequel le désir est contrôlé par la raison et l'« amour de concupiscence » où la passion domine (Traité des passions de l'âme).


Jean-Jacques Rousseau
Père de l'amour romantique ?


Dans La Nouvelle Héloïse, les amours de Saint-Preux et de Julie, couple contrarié et vertueux, font pleurer toute l'Europe des Lumières.Cette exaltation de l'amour romantique, portée par une belle écriture donnera à Rousseau (1712/1778) sa célébrité, n'est cependant guère présente dans la vie du philosophe. Dans Les Confessions, il admet que son roman est une fiction pour décrire « un irrépressible désir d'aimer »qu'il n'a pas pu satisfaire dans sa vie.


Arthur Schopenhauer
Un instinct de reproduction


Schopenhauer (1788/1860), atrabilaire, est sans doute celui qui a le plus brillé, dans sa haine des femmes et de l'amour : « Une série de gesticulations ridicules, accomplies par deux idiots... »Pour lui, aimer, « c'est travailler sans le savoir » à la reproduction de notre espèce (Métaphysique de l'amour sexuel).


Friedrich Nietzsche
L'amour, générateur absolu de toute créativité


Pour Nietzsche (1844/1900), le désir passionnel est indissociable de la sexualité. Ce concepteur de la volonté de puissance s'érige contre la chasteté douteuse préconisée par le christianisme et voit en l'amour un surgissement de forces créatrices. Mais cet éternel amoureux éconduit, notamment de la belle Lou Andreas-Salomé, ne réussit jamais à se marier tant ses tentatives de séduction étaient brutales et maladroites.


Jean-Paul Sartre
Amour et liberté


« Le véritable amour est désintéressé. Il est à lui-même sa propre fin » : ce penseur existentialiste (1905-1980) refuse toute notion d'amour fusionnel. Même si le désir est l'expérience d'un manque qui demande à être comblé, « mon désir d'appropriation de l'autre ne peut être que voué à l'échec » (L'Être et le Néant).


Ruwen Ogien
Contre le puritanisme ambiant


Dans Philosopher ou faire l'amour, Ruwen Ogien (1949/2017)renoue avec la posture sceptique des stoïciens. Pour lui, la conception dominante de l'amour masque une idéologie hostile à la liberté individuelle et à l'épanouissement personnel. L'éloge de l'amour, enrobé d'une couche épaisse de sentimentalisme kitsch, sert à justifier publiquement le refus de toute innovation normative en matière de mariage, de sexualité ou de procréation.


Alain Badiou
Une construction de vérité


Dans Éloge de l'amour, Alain Badiou (né en 1937) se rattache à la tradition platonicienne : pour lui, l'amour est « l'expérience personnelle de l'universalité », qui nous transcende et nous hisse vers le monde des idées et du beau.
Il voit l'amour comme une « construction de vérité » qui se conçoit sur la durée et triomphe des obstacles de la vie à deux. La confrontation avec la pensée de l'autre permet un élargissement de sa propre vision du monde, pensé à partir de la différence et non de l'identité.

Les amants célèbres de la philosophie
▪ Héloïse et Abélard - L'amour tragique


À 36 ans, Abélard, brillant maître de théologie, est chargé de l'éducation de la belle Héloïse, âgée de 17 ans. La brûlante passion charnelle qui s'ensuit vaudra à Abélard d'être émasculé par décision du chanoine Fulbert (oncle d'Héloïse), et contraint d'abandonner sa carrière d'ecclésiastique et d'enseignant. Héloïse prend le voile, devient abbesse en même temps qu'elle est une grande philosophe reconnue. Désormais, leur fougueuse passion s'exprimera dans de magnifiques et lyriques lettres en latin.


▪ Hannah Arendt et Martin Heidegger - L'amour contrarié


Jeune étudiante apatride juive, Hannah Arendt se laisse séduire par Martin Heidegger, recteur de l'université de Fribourg qui s'accommodera du nazisme. Elle part aux États-Unis, mais ils continueront de correspondre toute leur vie. Heidegger confiera que Arendt a contribué à sa réflexion et à l'élaboration de son œuvre, et celle qui deviendra une grande philosophe du 20e siècle avouera avoir toujours été sous l'emprise de l'auteur d'Être et Temps, le livre qui bouleversa la philosophie du 20e siècle.


▪ Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir - Les amours contingentes


Ces ténors de la philosophie existentialiste française défrayent la chronique en affichant leurs « amours contingentes » dans le Saint-Germain du 20e siècle. Mais les romans de Simone de Beauvoir en disent long sur la cruauté de ce pacte d'amour, qui allie une immense tendresse et complicité intellectuelle à la jalousie et aux souffrances occasionnées par ces amours plurielles.

in sciences humaines 

https://www.scienceshumaines.com/albert-bandura-croire-en-soi-pour-agir_fr_39805.html

 

Figure de proue de la psychologie sociale, Albert Bandura a montré le rôle du sentiment d'efficacité personnelle. Ses théories partent d'une conception résolument optimiste de l'être humain.
À 92 ans, il fait toujours parler de lui. Avec son dernier livre Le Désengagement moralsorti en 2016, il est encore une fois au cœur de l'actualité, fustigeant les dérives de notre société contemporaine. Mais bien avant cela, Albert Bandura s'est fait un nom en proposant dès les années 1960 une nouvelle approche en psychologie. Avec le cognitivisme social, il introduit une troisième voie se situant à l'interface des approches béhavioristes centrées sur le comportement, et des théories psychanalytiques focalisées sur l'inconscient. Bandura est donc avant tout un précurseur des thérapies cognitives qui mettent au cœur de leur réflexion nos manières de penser et d'interpréter nos évènements quotidiens.

Sa théorie de l'autoefficacité s'inscrit dans la suite logique de ce mouvement. Elle met l'accent sur les croyances en nos capacités à réussir telle ou telle chose comme déterminant principal de nos comportements. Cette théorie a trouvé un vaste écho dans de nombreux domaines, notamment dans l'éducation et la formation, le travail, l'action sociale, le sport et bien sûr la santé. Beaucoup de chercheurs et thérapeutes s'en sont inspirés. D'autres ont dénoncé une théorie pseudo-empirique qui tiendrait du simple bon sens.


Autodidacte de père en fils


Peu importe d'où l'on vient, nous sommes tous capables de prendre en main notre propre destin. Il suffit d'y croire fermement !

Cette devise, Bandura la tient sans doute en partie de sa propre vie. Car au départ, rien ne le prédestinait à devenir un enseignant-chercheur mondialement reconnu et primé de multiples distinctions. Issu d'une famille d'immigrés de l'Europe de l'Est, il grandit dans un petit hameau loin de tout au Nord du Canada. Ses parents n'étaient pas allés à l'école, mais étaient très investis dans l'éducation de leurs enfants. Son père était lui-même un grand autodidacte, qui avait appris seul trois langues étrangères et le violon.

Il vivait dans des conditions précaires, mais dans une famille chaleureuse, unie et ouverte. Il raconte que très tôt, il apprit à prendre en main son destin, encouragé par des parents qui le poussaient à faire des expériences nouvelles. Bandura était scolarisé dans une petite école de campagne avec peu d'enseignants, pas toujours formés pour la matière qu'ils enseignaient et où l'on manquait cruellement de supports pédagogiques.

Les élèves étaient donc souvent obligés de se prendre en charge eux-mêmes. Ces conditions forgèrent certainement ce qu'il nommera plus tard son sentiment d'efficacité personnelle. À la surprise générale, il réussit à intégrer les bancs universitaires à Vancouver. Bandura termina ses études en 1952 avec un doctorat à l'université américaine de l'Iowa et devint professeur à la prestigieuse université de Stanford, où il poursuivit sa carrière et enseigna encore à 80 ans passés.
Pour Bandura, toute vie est aussi régie par des hasards qu'il faut savoir saisir quand ils se présentent. C'est souvent un élément central dans nombre de découvertes, dit-il. Et il semblerait qu'à deux moments clés de sa vie, le hasard l'a mis sur la bonne voie. Au départ, Bandura suivait des cours de biologie à Vancouver, quand il s'est inscrit par hasard à un cours de psychologie qui se trouvait être compatible avec ses horaires. Ce fut une découverte passionnante dont on connaît la suite. La rencontre avec sa femme, elle aussi, était du pur hasard. Bandura l'a rencontrée sur un terrain de golf, sport qu'il avait choisi, un peu par défaut, lors de ses études. Il racontera plus tard, non sans humour : « J'ai rencontré ma femme dans une fosse de sable (1). »


La théorie sociocognitive


Dans les années 1950, la psychologie aux États-Unis est dominée par deux grands courants. D'un côté, la psychanalyse qui met l'accent sur les processus inconscients de l'enfance, de l'autre, le béhaviorisme ou comportementalisme qui voit les comportements comme une réponse à des stimuli ou renforcements provenant de l'environnement. Bandura va alors introduire une troisième variable, les cognitions, les représentations ou manières de penser des individus. En 1986, il publie Une théorie sociocognitive avec laquelle il veut sortir des positions binaires : environnement – comportement ou pensée (inconsciente) –, comportement. Il propose d'envisager les interactions sous forme triadique : comportements, environnement, pensée. Un exemple : pour Bandura, le statut socioéconomique ne va pas directement agir sur les comportements scolaires des enfants, mais à travers des « processus de soi (2) », telles les représentations d'avenir ou le sentiment d'autoefficacité.

Une trop grosse pression parentale peut induire le sentiment de ne pas être à la hauteur, ce qui à son tour risque de conduire à des blocages scolaires. À l'inverse, dans une boucle vertueuse, un exercice réussi (comportement) suivi des félicitations des parents et enseignants (environnement) va renforcer le sentiment d'efficacité (pensée) qui, à son tour, augmentera les chances de réussir d'autres exercices plus difficiles. Pour Bandura, l'homme est acteur de son développement (théorie de l'agentivité). Il le juge capable d'évaluer et d'ajuster son fonctionnement au fur et à mesure de ses expériences, soit de s'autoorganiser et s'autoréguler. Avec la théorie du modelage social, il l'affirme capable d'accroître ses compétences tout simplement en observant des comportements « modèles » d'autres personnes et en s'inspirant d'eux. Il vante ainsi les mérites de l'apprentissage par soi-même. « Le contenu de la plupart des manuels est obsolescent, mais les outils d'autodirection servent toute la vie (3) », dira-t-il.


La désensibilisation progressive


À la fin des années 1990, Bandura publie ce qui allait devenir sa pièce maîtresse : L'Autoefficacité, un pavé de plus de 800 pages, le seul de ses livres traduit en français. Sa théorie de l'autoefficacité part d'un postulat de base très simple : plus on croit en ses capacités à réussir une tâche, plus on aura de chances d'y arriver (et inversement). Cette proposition, Bandura tente de la mettre en pratique en tant que thérapeute. Il travaille tout d'abord sur les phobies. Selon lui, ce n'est pas tant l'anticipation anxieuse qui explique les réactions phobiques, mais plutôt la conviction de ne pas pouvoir faire face. Il propose alors aux personnes phobiques des expériences dites de « maîtrise dirigée », dans lesquelles elles vont progressivement apprendre à renforcer leur sentiment d'efficacité. Dans le cas d'une arachnophobie, ce sera par exemple tout d'abord une expérience dans une grande pièce ouverte avec une petite araignée et un comparse qui servira de « modèle ». Puis seul dans la grande pièce. Puis dans des pièces de plus en plus petites et fermées avec des araignées, de plus en plus grandes.

Ce qui, en fin de compte, ressemble très fortement à ce que l'on appelle la désensibilisation progressive aujourd'hui. Mais pour Bandura, l'objectif n'est pas seulement de traiter la phobie, mais de renforcer globalement le sentiment d'efficacité personnelle. Ce qui, non seulement, diminuera l'impact de la phobie, mais permettra aussi des avancées dans d'autres domaines. Encouragé par des résultats positifs, il transpose ensuite sa méthode au traitement des addictions. Un sentiment d'efficacité renforcé permettrait à la personne de se sentir plus forte pour lutter contre ses envies irrépressibles, suggère-t-il. Et dans la dépression, ce même sentiment l'aidera à se défaire des logiques d'autodévalorisation et de ses sentiments d'impuissance.

Selon le psychologue, quatre facteurs sont susceptibles de renforcer le sentiment d'efficacité personnelle : 1) les expériences vécues, telles les expériences de maîtrise ou toute autre expérience réussie (comme dans le cas des phobies) ; 2) l'expérience vicariante ou le modelage social, soit le fait de constater que des personnes proches de soi ont réussi la tâche en question ; 3) la persuasion sociale, c'est-à-dire l'encouragement par des parents, des enseignants, des supérieurs hiérarchiques, des soignants, des pairs... ; 4). l'état physiologique et émotionnel : un rythme cardiaque élevé peut doper les performances, des idées noires risquent d'avoir l'effet inverse.

Selon Bandura, l'autoefficacité peut varier selon les moments et les situations rencontrées, ce qui la distingue du trait de personnalité, réputé stable dans le temps et généralisable à toutes les situations. On peut avoir un sentiment d'autoefficacité faible pour déchiffrer une partition, tout en se sentant efficace à la guitare. Le sentiment d'autoefficacité peut chuter fortement lors d'un épisode dépressif et s'envoler aussi vite après le rétablissement. Mais attention, comme toujours, tout excès en la matière est à proscrire. Un trop fort sentiment d'efficacité personnelle peut mener à des dérives, comme peuvent l'illustrer les trajectoires de certains dictateurs ou gourous des plus tristement célèbres.


Des théorèmes de bon sens ?


Malgré leur vaste rayonnement, les théories de Bandura ont aussi leur lot de critiques. Certains lui reprochent d'enfoncer des portes ouvertes. Bien évidemment que sentiment d'efficacité et performance sont liés, cela tient de la logique et du bon sens évoquait dès 1978 le psychologue norvégien Jan Smedslund (4). D'autres auteurs, à l'image du chercheur australien Russell ent en cause le lien de causalité entre sentiment d'efficacité personnelle et performance.

Pour ce chercheur, le sentiment d'efficacité personnelle prédit bien le comportement, mais ne le cause pas ni ne le change. Son utilité est donc seulement prédictive, mais pas opérationnelle, comme le voulait Bandura. Plusieurs autres auteurs dénoncent le caractère incomplet des théories de Bandura. Selon eux, l'autoefficacité serait certes un facteur qui peut influer sur le comportement, mais pas le seul. Bandura aurait notamment minimisé les influences environnementales, à l'image des renforcements positifs, affirme le chercheur américain Anthony Biglan (6).

Pour la chercheuse australienne Christina Lee, son ambition d'expliquer les comportements humains est illusoire. Selon elle, notre comportement est déterminé par des interactions complexes entre variables inobservables et donc inévaluables (7). Enfin, une dernière critique souvent évoquée fustige le caractère ethnocentrique de sa théorie dont l'application n'a été validée que dans le contexte occidental.


Le désengagement moral


En 2016, à l'âge de 90 ans, Bandura publie Le Désengagement moral, son dernier opusen date. Ce fut aussi l'année de l'élection de Donald Trump et celle où le terme « postvérité » était élu « mot de l'année ». Mais Bandura n'avait pas attendu l'élection de Trump pour parler du désengagement moral. Dès les années 1980, il s'est demandé comment des gens pouvaient commettre des actes odieux, prononcer des paroles exécrables tout en continuant à vivre en harmonie avec eux-mêmes. Ces réflexions s'inscrivaient dans la continuité des expériences de Stanley Milgram sur la soumission à l'autorité et de Leon Festinger sur la dissonance cognitive.

Pour Festinger, il y a dissonance cognitive lorsque deux attitudes ou affirmations d'un même individu s'opposent. Par exemple dire « je vous dis la vérité » et mentir en même temps sont deux cognitions qui entrent en contradiction. Cette dissonance va induire un état de tension que la personne va essayer de soulager par tous les moyens possibles. Dans son essai, Bandura évoque des exemples contemporains de désengagement moral, telle la crise financière de 2008, le déni du réchauffement climatique, l'industrie des armes ou le débat sur la peine de mort. Selon lui, quatre leviers sont en œuvre dans le désengagement moral : 1) La justification, qui va transformer des comportements moralement répréhensibles en actes acceptables, voire louables. Cette justification peut être d'ordre moral (« je tue au nom de Dieu »), économique (« il faut limiter l'immigration, car les immigrés prennent le travail des Français ») ou social (« l'industrie des armes permet aux citoyens honnêtes de se défendre »). 2) Le déplacement ou la minimisation de sa responsabilité (système de défense des fonctionnaires nazis par exemple). 3) Le déni, l'indifférence vis-à-vis des effets d'un acte répréhensible (l'agissement des pédophiles ou des maris violents par exemple). 4) Déshumaniser la victime (« la vermine juive » dans la propagande nazie, les homosexuels traités de « sous-hommes » par des homophobes...). Avec le désengagement moral, Bandura tire la sonnette d'alarme sur une problématique qui semble gagner du terrain dans un monde où le paraître prend de plus en plus le pas sur l'être.


Un psychologue optimiste


Pour résumer, on peut dire que ce qui caractérise Bandura avant tout est son côté pragmatique. Pour lui, toute théorie psychologique doit remplir trois critères : elle doit être explicative, prédictive et efficace. C'est bien ce troisième critère qui est souvent négligé, affirme-t-il. Alors avec sa théorie de l'autoefficacité, il veut donner des outils pour initier le changement. « La capacité d'un patient de changer dépend principalement de l'idée qu'il se fait de sa capacité de changer (8) (...).

Tant que vous ne croyez pas que votre action peut provoquer un changement, il y a de grandes chances pour que vous n'essayiez pas (9) », affirme-t-il. Pour Bandura, le changement tient surtout dans nos manières de penser. Le but d'une thérapie est de contrôler les modes de pensées néfastes et de renforcer les sentiments de compétence, affirme-t-il. Les individus qui jouissent d'un fort sentiment d'autoefficacité affrontent les difficultés comme des défis à surmonter et augmentent leurs efforts pour y arriver. Ils attribuent leurs échecs davantage à un manque de travail qu'à leur propre incompétence. Ils envisagent les situations menaçantes avec confiance, car ils croient en leurs capacités de les contrôler.

Pour Bandura, un bon thérapeute doit être avant tout « capacitant ». Il doit éviter de s'autoattribuer les mérites du succès d'une thérapie, mais plutôt renforcer la croyance de son patient en ses aptitudes à progresser par ses propres moyens. Facilitateur donc plutôt que guérisseur ! Et c'est aussi ainsi qu'il voit les enseignants : « Des animateurs de formation, plutôt que des "enseigneurs" », comme le résume Philippe Carré, enseignant-chercheur en sciences de l'éducation, lors d'une interview (10). Des facilitateurs qui ne feraient que révéler les compétences qui sommeillent au fond de chacun de nous. C'est cette grande confiance dans l'aptitude humaine de s'affranchir de son passé, d'aller au bout de ses projets quel que soit le point de départ, qui font de Bandura un précurseur de ce que nous appelons la psychologie positive aujourd'hui.

Comment développer le sentiment d'efficacité personnelle à l'école ?

Pour Albert Bandura, il faut envisager la question sous trois angles différents.
1. Développer l'efficacité des élèves : en partant de sous-objectifs accessibles à chacun destinés à maintenir les efforts, en fournissant des récompenses immédiates aux efforts fournis, en se focalisant sur les progrès plutôt que sur des objectifs lointains, en cultivant le plaisir d'apprendre, en fournissant des feedbacks appropriés (souligner la qualité du travail plutôt que la quantité, attribuer les échecs à un manque de connaissances et non un manque d'intelligence).


2. Développer l'efficacité perçue des enseignants : des enseignants qui se sentent plus efficaces seront davantage à même de s'adapter aux besoins spécifiques de chaque élève. Selon Bandura, les enseignants avec un fort sentiment d'efficacité pensent qu'il est possible de faire réussir des élèves difficiles en utilisant les techniques appropriées, alors que ceux qui ont un faible sentiment d'autoefficacité pensent qu'ils ne peuvent pas faire grand-chose si les élèves ne sont pas motivés ou négativement influencés par leur environnement.


3. Développer l'efficacité scolaire collective : pour Bandura, les écoles « efficaces » se caractérisent par un fort leadership du directeur d'établissement, des standards scolaires élevés, un enseignement orienté vers la maîtrise avec des feedbacks correctifs dès les premières difficultés, une gestion rigoureuse du comportement en classe avec valorisation des activités productives et recadrage immédiat et ferme des comportements perturbateurs sans recourir forcément à des punitions, une forte implication des parents comme partenaires.


Jacques Lecomte, « Les applications du sentiment d'efficacité personnelle »,Savoirs, 2004/5.


Sentiment d'efficacité personnelle = estime de soi ?


Pour Albert Bandura, ce sont deux notions distinctes. L'autoefficacité mesure la croyance en ses performances professionnelles, scolaires ou autres, l'estime de soi, les croyances en sa valeur personnelle. Exemple : un huissier qui va saisir des meubles chez une personne surendettée peut jouir d'un fort sentiment d'efficacité personnelle, sans que cela renforce son estime de soi, vu le caractère impopulaire de sa mission. Un piètre chanteur qui se lance dans un karaoké n'améliorera pas son sentiment d'efficacité personnelle dans ce domaine, mais (supposant qu'il ait de l'humour), son estime de soi ne sera pas impactée pour autant.


Une théorie universelle ?


Pour Albert Bandura, sa théorie avait une valeur universelle. Mais un chercheur britannique, Robert Klassen, affirme le contraire. Dans une méta-analyse de 20 études transculturelles sur le sentiment d'efficacité personnelle, il a comparé les attitudes de managers, d'étudiants et d'élèves de cultures asiatiques et d'Europe de l'Est aux Occidentaux. Résultat : les croyances d'efficacité personnelle mesurées dans les cultures orientales se révèlent globalement plus faibles que celles des Occidentaux. On y valorise en général davantage la modestie et l'autocritique qu'en Europe de l'Ouest ou en Amérique du Nord. Ces cultures plus collectivistes privilégient souvent la promotion du groupe d'appartenance aux réussites individuelles, et donc l'efficacité collective à l'efficacité personnelle. Cependant, pour R. Klassen, le sentiment d'efficacité collective est, tout autant que l'autoefficacité, un moteur de motivation. Un sentiment d'efficacité personnelle plus faible ne serait donc pas forcément synonyme de performances moindres, mais tout simplement le marqueur d'orientations culturelles différentes. Tout en étant globalement plus faible, le sentiment d'efficacité personnelle reste un bon indicateur des comportements futurs, même dans les cultures orientales.


Robert Klassen, « Optimism and realism. A review of self-efficacy from a cross-cultural perspective », International Journal of Psychology, vol. XXXIX, n° 3, juin 2004.
Les applications au management
Questions à Pierre-Henri François
Pierre-Henri François est enseignant-chercheur en psychologie du travail à l'université de Poitiers.

Quelles sont les applications des théories d'Albert Bandura dans la formation ?


Aux États-Unis, il existe des programmes d'apprentissage entièrement inspirés de ses théories. On y utilise notamment la théorie du modelage social à travers le fait de montrer concrètement à l'élève comment faire une activité qu'il tente de maîtriser. Il ne s'agit pas d'un processus d'imitation, mais bien d'une démonstration (à l'aide d'une vidéo ou d'une mise en situation par exemple) que l'élève va ensuite pouvoir s'approprier à sa manière. Bandura attache une importance considérable à la réussite des premiers pas dans une activité nouvelle. Débuter un apprentissage par des expériences réussies permet de renforcer le sentiment d'efficacité personnelle et de donner à l'apprenant l'envie d'aller au-delà.
Le sentiment d'efficacité personnelle ne joue-t-il pas aussi un rôle dans l'orientation professionnelle ?


Tout un champ de la théorie sociale cognitive de Bandura a trouvé des applications dans le domaine des formations à l'orientation. Pour Bandura, il s'agit d'amener les jeunes à avoir davantage confiance en leur capacité de faire les bons choix pour être moins hésitant au moment où il sera question de les faire. Dans un deuxième temps, les conseillers d'orientation vont travailler sur la confiance de la personne en ses capacités d'aller jusqu'au bout de sa formation et de réussir l'entrée dans le monde du travail.


Cette théorie a-t-elle aussi des applications dans le domaine du management ?


D'après Bandura, un bon manager doit s'arranger pour mettre ses salariés en situation de succès psychologique. Il doit faire en sorte qu'ils se sentent capables de faire des choses. Pour cela, il est important de leur donner des objectifs suffisamment ambitieux, mais pas trop difficiles pour qu'ils se sentent valorisés et soient pris dans une boucle vertueuse qui les amènera à viser toujours plus loin.


Au-delà de l'efficacité personnelle, y a-t-il d'autres facteurs décisifs pour un apprentissage réussi ?


En effet, il existe également une autre variable, l'attente des résultats, que Bandura reconnaît comme une composante de la motivation, mais sur laquelle il ne s'attarde pas. D'après mes recherches, les performances des apprenants ne sont pas uniquement liées à leur sentiment d'efficacité personnelle, mais également à l'attente des résultats. On peut se sentir très efficace dans un domaine, mais être bloqué en raison d'un manque de perspectives sur le marché du travail ou d'un manque de confiance dans le dispositif de formation qu'on suit par exemple. Ces apprenants auront alors du mal à réussir une tâche si le contexte ne les encourage pas, alors même qu'ils se sentent efficaces. Il ne suffit donc pas toujours de renforcer le sentiment d'efficacité personnelle, il faut également donner aux apprenants des indications sur les moyens pour arriver au bout de leur projet


Propos recueillis par Marc Olano.Hawkins (5) remett

 

HOMMAGE DE MONSIEUR ALPHA AMADOU SY, PRESIDENT DE LA CACSEN, AU PERE DOMINIQUE CATTA à l'occasion de son inhumation le samedi 25/08/2018 à Keur Moussa.

"Le dialogue inter-religieux est une réalité au Sénégal" P B Cissoko

Depuis l'annonce du rappel à Dieu du Père Dominique Catta, des voix, des plus autorisées, ont tenu à témoigner de sa foi, de son altruisme, de son respect des cultures autres, pour tout dire de son humanisme.
Le parcours et l'œuvre du Père Catta méritent d'être cernés en fonction de deux évènements majeurs qui ont fortement impacté sur le séjour sénégalais des neuf moines français de l'Abbaye de Solesmes.


Les futurs fondateurs du monastère de Keur Moussa sont arrivés au Sénégal en 1963, moins d'un an après l'ouverture du IIe concile œcuménique du Vatican, le 11 octobre 1962, par le Pape Jean XXIII. Ce Concileest d'autant plus importantqu'il expose le souci de l'Eglise de « s'ouvrir au monde moderne et à la culture contemporaine ». Dans cet esprit, était engagé le débat sur « la liturgie, le rapport que l'Église catholique doit entretenir avec les autres confessions chrétiennes, avec les autres religions, et avec la société en général.... ». Les chrétiens et théologiens africains avaient saisi cette opportunité pour s'interroger sur la question de savoir « comment transformer l'Église en Afrique en une Église africaine ».


Autre évènement : l'organisation du 1er Festival Mondial des Arts Nègres par le Gouvernement du Sénégalet par La Société Africaine de Culture en 1966, c'est -à - dire trois ans après l'arrivée au Sénégal du Père Dominique Catta et de ses huit autres Frères. Ce rendez- vous inédit en terre africaineaura été largement mis à profit pour prendre conscience de la consistance du patrimoine artistique, notamment musical du continent.


Le concours de ces deux événementshistoriques est d'autant plus établi que leur Supérieur avaient non seulement invitéles moines à écouter, mais surtout à participer à toutes les manifestations culturelles du Festival de 1966. Cette invitation, aux accentsde forte recommandation, est explicite dans l'interview que le Père Dominique Catta a bien voulu accorder aux animateurs de la Bibliothèque Centrale de l'Université Gaston Berger, à l'occasion de la commémoration du Cinquantenaire du 1er Festival Mondial des Arts Nègres.


Du reste, il avait tenu à participer, en personne,à ces rencontres commémoratives en 2016. Aujourd'hui,encore, je revois le défunt Père dont le dynamisme toujoursdébordant contrastait avec son corps frêle, donnant l'impression de ployer sous le poids de l'âge !


Ayant l'intelligence de leur mission et faisant preuve d'une immense ouverture d'esprit, les moines français de l'Abbaye de Solesmes ont su faire montre de créativité et d'abnégation pour valoriser, perfectionner et intégrer dans une sublime harmonie des instruments, notamment la Kora, dans une liturgie qui parle, au-delà de l'Afrique, des Africains, à toutêtre humain. Il en a résulté la constitution d'un patrimoine d'autant plus dense qu'il participe, à la fois,du matériel et de l'immatériel, du culturel, du religieux et du spirituel.
Au Père Dominique Catta, le co-fondateur du monastère, est revenu la terrible, redoutable mais oh combienexaltante mission de continuer l'œuvreentamée à neuf !


Et, la postérité retiendra les immenses succès qui ont couronné son travail d'orfèvre. Pour preuve,lePape Jean-Paul IIlui a attribué, en 2004, le Prix des Académies Pontificales. Il s'agit d'une reconnaissance des plus symboliques de son « précieux travail d'inculturation du très riche répertoire musical grégorien dans les cadences et rythmes de l'Afrique ».


Le Sénégal ne sera pas en reste. Il élèvera le Père Dominique, en 2016, au rang de « Trésor humain vivant ».


Par ma voix, la section sénégalaise de la CommunautéAfricaine de Culture présente ses sincèrescondoléances à la famille, à tous les moines de Keur Moussa, à tous les amis, proches et collaborateurs du Père Dominique Catta.
Puisse son œuvre continuer à nous inspirer les uns et les autres pour poursuivre,avec esprit de suite,le dialogue interreligieux et pour nos combats quotidiens afin que ladifférence reste une richesse et non un prétexte à la barbarie.


Paix à son âme !


On pourra lire ceci :


Père Dominique Catta de Keur Moussa élevé au rang de « Trésor Humain Vivant »

Le Sénégal a élevé au rang de « trésor humain vivant », le Père Dominique Catta. Âgé de 90 ans, il est le dernier survivant des neuf moines français qui sont venus de l'Abbaye de Solesmes, pour fonder l'abbaye de Keur Moussa, au Sénégal en 1961.


Il a été ainsi distingué pour son œuvre musicale contribuant à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel sénégalais. En effet, le Père Dominique Catta a composé de nombreuses pièces musicales spécifiques, qui à l'aide de la « kora » accompagnent les chants liturgiques communautaires. Il a de plus favorisé l'enseignement de cet instrument, sorte de harpe-luth d'origine mandingue.


Le « THV » est l'une des plus hautes distinctions culturelles internationales.

Ce titre distingue des professionnels des métiers d'arts, pour leur savoir-faire exceptionnel et leurs capacités à transmettre leurs connaissances. Les THV sont reconnus par l'UNESCO, à travers une convention internationale de 2003 sur la protection du patrimoine culturel immatériel.


En lui remettant la distinction devant un public nombreux, Mbagnick Nidaye, ministre sénégalais de la Culture et de la Communication, a rappelé que l'œuvre du Frère Catta avait contribué à revaloriser la kora africaine, devenue sans aucun doute l'instrument de musique africaine le plus répandu dans le monde. « Le Frère Dominique Catta a mis en lumière la richesse de notre culture par son apport décisif dans la renommée de l'atelier de lutherie musicale du monastère, fondé en 1963 », a souligné Mbagnick ndiaye.


Il a rappelé que la découverte de la kora par le Frère Catta s'était faite à travers l'écoute des génériques de la radio nationale du Sénégal et son amitié avec des griots, maîtres de cet instrument.
L'abbé Ange Marie Niouky, Supérieur du monastère de Keur Moussa, a souligné que, tout au long de sa vie, le Frère Catta avait puisé dans les trésors traditionnels musicaux du continent africain une inspiration mise au service de l'Eglise, pour honorer Dieu.

Il a ajouté que cette dernière distinction célébrait « les valeurs de partage, de générosité », et manifestait « l'attachement d'une âme à sa terre d'accueil, à l'homme et à la nature en ce qu'ils ont de plus beau ». L'abbaye de Keur Moussa a reçu par le passé plusieurs autres distinctions relatives à ses activités musicales, tel que le prix Albert Schweitzer. Le Père Dominique Catta a reçu lui-même en 2012 la Légion d'Honneur.


https://www.infocatho.fr/pere-dominique-catta-de-keur-moussa-eleve-au-rang-de-tresor-humain-vivant/

 

Mathieu tient une librairie indépendante sur la côte normande depuis plus de vingt ans. Il a consacré sa vie à sa librairie et s'est battu tous les jours sans relâche et sans jamais prendre de vacances. Cela lui a valu un divorce et de ne pas voir grandir sa fille, mais sa renommée dépasse sa ville et son personnel l'admire au plus haut point. La réussite a pourtant un prix et un jour, c'est le burn-out : impossible pour Mathieu de passer la porte de sa librairie. Ses proches s'inquiètent de ne plus le reconnaître.


Mathieu décide alors de tout plaquer et de partir se réfugier dans la maison de son vieil ami César, à Sainte-Adresse, achetée en viager à ce dernier, qui ne pouvait vivre avec sa petite retraite. César dont la disparition quelques mois plus tôt semble avoir laissé dans sa vie un vide bien plus grand qu'il ne l'aurait imaginé.


Tous se succèdent auprès de Mathieu dans sa nouvelle maison.

Sa compagne impuissante, son ex-femme alertée par leur fille, jusqu'à chacun de ses quatre frères se demandant combien de temps durera encore ce fichu burn-out qui n'arrange personne. Tous, sauf sa propre mère. Comme à son habitude, son dernier fils est le cadet de ses soucis.

Il ne sera jamais à la hauteur de ses frères aînés, il n'a jamais su bien faire depuis le jour où il a décidé d'être un garçon au lieu de la fille qu'elle espérait tant – elle lui fera toujours payer cette contrariété originelle.
Aucun des proches de Mathieu ne saura le ramener à la raison.

Et c'est encore dans l'adversité qu'il sera le meilleur et trouvera comment redonner un sens à sa vie : lorsque certains remettront en doute son amitié avec César et, surtout, mettront en danger sa librairie...

Lecteurs avis
Se sentait-il sur la voie de la guérison ? Sauf qu'il n'était pas malade, seulement épuisé par toutes ces années d'hyperactivité qu'il s'était imposées. L'envie de réussir, de prouver que sa passion le ferait vivre et que son énergie triompherait de toutes les difficultés l'avait mené au bord du gouffre.
Face à la mer de Françoise Bourdin est le premier roman de cette auteure que je lis. Celle qui écrit depuis l'âge de 20 ans des histoires profondément humaines dans lesquelles les personnages se battent pour leur bonheur a vendu plus de 8 millions d'exemplaires de ses romans. Un engouement qui semble ne pas avoir de cesse.


Face à la mer, une vraie lecture plaisir


Le burn-out, cette maladie dont on a du mal à sortir est au centre de ce nouveau roman de Françoise Bourdin.


Mathieu est un homme passionné par son métier. Propriétaire de la plus belle librairie du Havre, il s'est donné à fond durant des années pour satisfaire sa clientèle. Aujourd'hui, bien qu'ayant accompli sa mission, il baisse les bras. Mathieu n'a plus goût à rien, le simple fait d'évoquer son travail le démotive et il sombre petit à petit dans une profonde dépression.

Un burn-out qui va le pousser à laisser ses employés se débrouiller seuls et qui l'amènera à rompre avec sa compagne, dont il est pourtant follement amoureux.


Mathieu possède une maison face à la mer. Un bien acquis en viager et dont l'ex-propriétaire décèdera une année seulement après la signature du contrat de vente. Cet homme, c'était son ami, un original au grand cœur auquel il tenait beaucoup. Alors que son moral est toujours au plus bas, des parents éloignés du défunt viennent semer la zizanie. Une sombre histoire d'argent qui rend encore plus difficile la guérison de Mathieu...

babounette 
L'histoire se déroule au Havre, Mathieu est une bête de travail, il crée la plus grande librairie du Havre, se donnant sans compter à cette entreprise, il en perd sa femme qui demande le divorce, elle ne supporte plus ce temps qu'il n'a pas pour elle et leur fille Angélique.


Mathieu est aussi le mal-aimé de la famille, 4ème garçon d'une fratrie, sa mère ne l'a jamais accepté, elle rêvait tellement d'une fille. Pour sa mère, il était transparent et ses rapports avec ses frères étaient quasi nuls. le temps passe, les affaires marchent très bien, il a une nouvelle compagne Tess, il rachète la vieille maison de son fidèle ami César en viager, bref, tout va pour le mieux.


Un beau matin, c'est le drame, Mathieu n'en peut plus, il ne sait plus où il va, il est crevé, il n'a plus goût à rien, c'est le noir complet. On appelle ça le burn-out. Il laisse tout tomber et se réfugie dans la vieille maison rachetée à César. Il tente de se reconstruire, de se réapproprier cette volonté qui semble l'avoir complètement fui. Un jour, on s'attaque à sa librairie, et là, le déclic se fait, il relève la tête et reprend sa vie en main.
Ce livre se lit facilement, ce n'est pas un grand roman, F. Bourdin nous parle de notre fragilité, des dégâts que peuvent avoir sur quelqu'un le rejet d'un parent, l'indifférence. Dégâts qui peuvent survenir bien tard dans la vie.

QueLire 01


Se sentait-il sur la voie de la guérison ? Sauf qu'il n'était pas malade, seulement épuisé par toutes ces années d'hyperactivité qu'il s'était imposées. L'envie de réussir, de prouver que sa passion le ferait vivre et que son énergie triompherait de toutes les difficultés l'avait mené au bord du gouffre.

Le Maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall  (KAS), croupit en prison depuis le 7 mars 2017. Traduit devant le juge, il a été condamné en première instance à cinq ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de francs CFA, pour les délits de « faux et usage de faux » et « escroquerie portant sur des deniers publics », exactement sur un milliard 800 millions de francs CFA. La défense de KAS a naturellement interjeté appel et n’attendra pas longtemps : le Président de la Cour d’Appel fixe le début du procès au 9 juillet 2018, soit seulement un peu plus de trois mois après. Cette diligence n’a pas échappé aux Sénégalais, même pas au moins avertis d’entre eux. Elle en rappelle d’autres, qui ont caractérisé des décisions antérieures, notamment la transmission du Rapport qui incriminait KAS au Parquet, le traitement du dossier par le Procureur de la République et, immédiatement après lui, par le juge chargé de l’affaire. Le verdict de l’Appel n’attendra pas non plus : il sera rendu le 30 août prochain[1].

A moins d’un miracle, le jugement de première instance sera confirmé. A la rigueur, la première condamnation pourrait être allégée, en tout cas pas au point de permettre à KAS d’être candidat à l’élection présidentielle du 24 février 2019. C’est mon humble point de vue, celui d’un modeste citoyen qui, n’étant pas juriste et n’ayant pas lu le rapport qui incrimine  KAS, ne s’est jamais prononcé sur le fond de l’affaire. Ce qui me navre, par contre, et que j’ai plusieurs fois crié haut et fort, c’est l’acharnement sur la seule personne de KAS, le traitement de Kumba amul ndeyqui lui est réservé. A supposer qu’il soit coupable des différents délits qui lui sont reprochés, notamment de « l’escroquerie portant sur des deniers publics » à hauteur d’un milliard 800 millions ! Combien sont-ils, dont les dossiers beaucoup plus lourds que celui de KAS, dorment sous le coude du président-politicien et sur la table du Procureur de la République de Dakar ? J’ai passé en revue, dans plusieurs contributions, certains de ses dossiers en me fondant sur des documents officiels, rendus publics pour nombre d’entre eux. Je ne m’attarderai surtout pas sur ceux des deux amis du président-politicien et responsables politiques à Thiès et à Ndioum. Il s’agit naturellement de Cheikh Oumar Hanne et de Ciré Dia. Le président-politicien, les juges et même le commun des mortels savent parfaitement qu’ils ont fait pire que KAS et continuent tranquillement leurs massacres des deniers publics, qui alimentent leurs activités politiciennes et électoralistes, pratiquement au su et au vu de tout le monde.

Je m’appesantirai, par contre, pour rappel, sur l’un des lourds dossiers d’un déjà candidat déclaré à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Il a même commencé tranquillement sa campagne électorale alors que, si nous avions à la tête de notre pays un Président de la République digne de ce nom, respectueux de sa fonction comme de l’opinion publique, ce candidat déclaré, Samuel Sarr en l’occurrence, aurait bien d’autres préoccupations aujourd’hui. Entre l’homme et moi, il n’y a aucun contentieux et il ne saurait y avoir d’ailleurs. Nous ne nous connaissons pas, sinon que de nom. Nous avons emprunté, dans la vie, des chemins différents. L’homme me laisse, peut-être même, l’impression d’être courtois et sympathique. Nous avons eu à échanger deux ou trois mails relativement à mes contributions, lui prenant toujours l’initiative. « Même si je ne suis pas d’accord avec toi, même si nous n’avons pas la même vision(…) », commençait-t-il toujours ses mails, avant de me porter la contradiction sur tel ou tel point, avec une courtoisie que je lui rendais bien. Il comprendra que notre pays traverse un point de non retour et que la langue de bois ne devrait plus y être de mise.

Donc, c’est une injustice et un parti-pris flagrants que M. Sarr hume l’air de la liberté et fasse déjà tranquillement campagne pour une élection présidentielle dont tout est mis en œuvre pour en écarter KAS. Je rappelle que, dès que le Rapport de l’Inspection générale d’Etat (IGE) mettant en cause la gestion (de la caisse d’avance) du Maire de Dakar a été transmis au Parquet, j’ai fait publier, notamment au quotidien ‘’Walfadjri’’du 22 février 2017, une contribution ayant pour titre : « Transmission au Parquet  d’un rapport de l’IGE mettant en cause la gestion du Maire de Dakar : une diligence inhabituelle et suspecte. » 

Dans la contribution, j’ai donné des exemples concrets tirés du « Rapport public sur l’Etat de la Gouvernance et de la Reddition des Comptes » de l’Inspection générale d‘Etat (IGE), juillet 2013 et juillet 2014. Le lecteur intéressé pourrait se reporter à ces deux rapports, surtout à celui de juillet 2013, qui met en évidence des ‘’cas flagrants de mauvaise gestion’’. C’est notamment le cas de la gestion catastrophique du Festival mondial des Arts nègres (FESMAN) dont le Rapport est sous le coude du président-politicien qui l’a lui-même reconnu publiquement, justifiant ce choix inédit par le fait qu’il ne peut pas envoyer en même temps en prison le frère (Karim) et la sœur (Sindièly)[2]. Le rapport de l’IGE de juillet 2013 met en évidence d’autres actes caractérisés de mal gouvernance financière. Le lecteur qui s’y reporte aura l’embarras du choix. Il pourrait cependant s’arrêter sur le cas flagrant de la Société africaine de Raffinage (SAR), avec les ‘’hauts faits d’armes’’ de Samuel Sarr, ancien Directeur général de la SENELEC et ancien Ministre de l’Energie. Les contrôleurs de l’IGE rappellent que la SAR importe du pétrole brut en vue de le raffiner pour assurer l’approvisionnement régulier du marché sénégalais en divers produits finis. Leur Rapport précise que la Société a importé en 2008 une cargaison de  122 222 tonnes de pétrole brut auprès du fournisseur Arcadia Petroleum Limited (APL), qui l’a expédié à partir du Nigeria, à bord du « M/T OLINDA ». On se rappelle que cette cargaison contenait une énorme quantité d’eau mélangée au pétrole et a été, de surcroît, importée par la SAR « dans des conditions marquées par bien des irrégularités, manquements et autres dysfonctionnements », précisent les contrôleurs de l’IGE. Ces irrégularités et autres manquements gravissimes ont été décrits en détail dans le Rapport de 2013, notamment aux pages 116-120.

En particulier, l’importation de la cargaison ‘’Olinda’’ n’avait fait l’objet d’aucun appel d’offres, ni de l’application des dispositions du Code des Marchés publics alors en vigueur, ni de l’application de la procédure interne d’appel à la concurrence de la SAR. Au total, selon l’IGE, quatorze (14) cargaisons (9 en 2008 et 5 en 2009) seront importées exactement dans les mêmes conditions et auprès du même fournisseur, pour une valeur globale de quatre cent quatre-vingt-quinze milliards trois cent soixante-cinq millions (495 365 000 000) de francs CFA. C’est énorme !

Le plus surprenant encore, c’est que le même fournisseur APL avait été choisi « sur simple instruction de l’ancien Ministre de l’Energie adressée à l’ex-Président du Conseil d’Administration de la SAR par lettre confidentielle n° 00159/ME/CAB du 05 mai 2008 ». Ce qui est plus grave encore c’est que, dans sa fameuse lettre, notre ministre demandait que « la SAR ne fasse pas d’appel d’offres pour son approvisionnement en pétrole brut, invoquant un contrat de gouvernement à gouvernement ‘’G to G’’ supposé lier le Nigeria au Sénégal, dans le domaine de la fourniture de pétrole brut ». Or, ce contrat ‘’G to G’’ n’a  laissé aucune trace à la SAR, où il était inconnu de tous les responsables de la Société comme du successeur de Samuel Sarr. Il n’existe donc nulle part ailleurs, et a été sûrement le fruit de sa seule imagination, pour s’enrichir rapidement et largement. Le pétrole était donc importé en l’absence de tout document de commande, sur la base d’un ‘’contrat’’ conclu entre deux parties (le ministre et APL), le 05 juin 2008, et qui fixe un prix comportant un différentiel de 6,15 dollars US par baril. Un  « différentiel excessif, comparé aux différentiels négociés avec les ‘’traders’’ à la suite des appels d’offres pour des cargaisons similaires », de l’avis  des dirigeants de la SAR. Pour mieux confondre notre ministre bourreau de deniers publics, le Rapport, révèle ceci : « la Société TOTAL, par la voie d’un de ses anciens administrateurs à la SAR avait même offert de livrer à la raffinerie une cargaison de pétrole brut, moyennant un différentiel d’environ 3 dollars US par baril, ce qui n’avait pas été accepté. Le mémorandum qu’il a établi à ce sujet confirme bien que le différentiel se situait à cette période à 3,30 dollars US par baril ».

Le brigandage organisé par l’ancien Ministre de l’Energie aura donc fait perdre à la SAR, pour chaque baril de brut, la différence entre les 6,15 dollars payés à APL et les 3,3 dollars US de l’offre de vente faite par TOTAL. Cette perte « calculée en appliquant les mêmes paramètres que pour déterminer la valeur-facture de l’ensemble de la cargaison », équivaut à deux milliards cent soixante quatorze millions huit cent soixante quinze mille cent quatre-vingts trois (2 174 875 183) francs CFA. . Combien de milliards ce fameux contrat ‘’G to G’’ lui a-t-il rapportés ? On peut se poser légitimement la question.

Les contrôleurs de l’IGE ne se sont pas arrêtés en si bon chemin : ils ont aussi mis en évidence de nombreuses autres pertes importantes pour la SAR (Rapport du 13 juillet, pp. 119-120). En particulier, en achetant délibérément de l’eau au prix du pétrole brut, la SAR aura perdu un montant d’un milliard cent soixante-quatre millions trois cent six mille neuf cent quarante-huit (1 164 306 948) francs CFA, auquel plus de cinq milliards sont venus s’ajouter, « du fait des retards dans la fabrication de ces produits raffinés et à l’évolution moins favorable de leurs prix de vente ».

En agrégeant les différents manques à gagner, pertes et autres surcoûts, le Rapport de l’IGE estime le préjudice globalement subi par la SAR, pour la seule importation OLINDA, « au moins à neuf milliards sept cent quatre-vintg- seize millions sept cent soixante-neuf mille soixante-dix-sept (9 796 769 077) francs CFA ». Le Rapport relève aussi « la forte présomption de collusion d’intérêts avec le fournisseur APL au préjudice de la SAR, avec la complicité de l’ancien Ministre de l’Energie et de l’ancien Directeur général de la (Société) ». Et, pour ces forfaits cumulés, « l’IGE (proposait) l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de l’ancien Ministre de l’Energie et de l’ancien Directeur général de la SAR ». Proposition restée jusqu’ici sans suite, malgré la flagrance des crimes mis en évidence.

Voilà, pour résumer les actes de brigandage financier – il y en bien d’autres  dans le Rapport de l’IGE – de l’ancien ministre Samuel Sarr ! Combien de milliards a-t-il soustraits à la SAR, donc à toute la collectivité nationale ? Le candidat déclaré à la Présidence de la République est fortement impliqué dans d’autres dossiers aussi sulfureux que celui de la SAR. J’en passerai en revue un dans ma prochaine contribution. On n’oubliera pas, non plus, qu’il figure en bonne place sur la liste des vingt-cinq compatriotes accusés d’enrichissement illicite. Pourtant, il n’est pas inquiété le moins du monde et se la coule douce entre Dakar et Touba, son refuge préféré. Pas seulement d’ailleurs : malgré les nombreux forfaits à son passif, il se porte candidat à l’importante fonction présidentielle et s’est lancé déjà en campagne électorale. Pendant, ce temps, KAS est en prison et tout est mis en œuvre pour l’y maintenir et l’empêcher de jouir des mêmes droits que ce Samuel Sarr, dont nous venons de passer en revue seulement quelques forfaitures. Amnesty International a-t-elle tort de nous pointer du doigt dans son dernier rapport ? Le président-politicien et les juges qui ont en charge l’affaire du Maire de Dakar ont-ils vraiment la conscience tranquille ? Ne vont-ils pas conforter nombre de Sénégalaises et de Sénégalais dans leur sentiment, peut-être leur conviction, que notre justice devient de plus en plus une justice sélective, manifestement à deux vitesses ? Ces questions, nous ne pouvons pas ne pas nous les poser. Et nous nous les posons avec toute la force dont nous sommes capables.

Dakar le 22 août 2019

Mody Niang


 

« L’élément déterminant pour la présidentielle du 24 février 2019, semble plus être la nécessité de renverser le président sortant pour l’opposition, que de faire adhérer les populations à un programme alternatif  » , selon Maurice Soudieck Dione, docteur en Sciences politiques, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. C’est la perspective qui se dessine du fait de la tendance du chef de l’Etat, Macky Sall, à des «dérives autoritaires et arbitraires dans ses rapports avec l’opposition». Evoquant la pléthore de déclarations de candidature à 6 mois de la joute présidentielle, M. Dione, est convaincu que certains n’iront pas jusqu’au bout. Entretien……

Croyez-vous que toutes les déclarations de candidatures à la prochaine présidentielle  iront jusqu’au bout de leur logique?

Il est vrai que déclarer sa candidature est une chose, être en mesure de se présenter effectivement en est une autre. Cela pour plusieurs raisons. D’abord, eu égard aux moyens financiers colossaux pour aller aux élections. Car, en plus de la caution de 30 millions, il faut des ressources pour sillonner le pays, pour obtenir les parrainages requis avant d’entrer dans la compétition. Ensuite, pour les besoins de la campagne, il faut mobiliser des voitures, déplacer et entretenir une équipe sur toute l’étendue du territoire, concocter un programme politique pertinent entre autres. Toutes ces contraintes peuvent amener certains candidats à déchanter. Il y a aussi que certains autres candidats pourraient être dans une logique stratégique, consistant à faire monter les enchères autour de leur candidature, pour se ranger en définitive derrière un autre candidat, ou alors mobiliser une partie de l’électorat, pour qu’en cas de second tour négocier leur accès au pouvoir. 

N’y a t-il pas  dans ce cas des déclarations de candidatures fantaisistes ?

Je ne qualifie aucune candidature de fantaisiste pour éviter de tomber dans la discrimination entre citoyens sénégalais. Je considère dans l’absolu qu’il faut respecter tous les candidats qui sont d’égale dignité au plan juridique, dès lors qu’ils respectent les conditions de fond et de forme prévues par la Constitution, les lois et règlements. C’est au prorata des suffrages collectés qu’on pourra classer les candidats au sortir des élections, et donner des analyses sur la base de faits concrets.

A votre avis, lequel des enjeux entre celui de la découverte de gaz et de pétrole, ou celui de la nécessité d’instaurer l’État de droit et la démocratie pour tous, va prendre le dessus ?

En fait c’est un tout. Car la multiplication des ressources nationales, avec la découverte de gisements de gaz et de pétrole, fait que le pouvoir devient de plus en plus un enjeu qui aiguise des appétits tant sur le plan national qu’international. Mais il faut dire également qu’avec de telles ressources, il est impératif et impérieux que le jeu politique soit transparent et loyal, pour assurer la paix et la stabilité politique du pays, afin de conjurer les démons du chaos politique sur lesquels, comme cela a été le cas ailleurs en Afrique, des saigneurs et des seigneurs de la guerre ont profité du désordre pour s’enrichir, en collusion avec les puissances étrangères. On a pu alors parler de criminalisation de l’État.

Comment devrait-on s’y prendre alors ?

La découverte de richesses exige une compétition équitable pour préserver la paix, sans quoi rien ne peut être construit. Ensuite les ressources trouvées repositionnent au centre du débat politique, la gouvernance démocratique, qui non seulement doit être transparente, mais doit également profiter à tous les Sénégalais. Ce qui suppose une allocation pertinente et efficiente des ressources pour créer encore plus de richesses avec des investissements productifs, refonder des services publics de qualité en matière de santé et d’éducation notamment, construire et valoriser le capital humain, etc. Or si les valeurs de la République sont piétinées en raison du clientélisme et de la propension à l’enrichissement personnel des dirigeants érigés en règles, et si les principes de la démocratie et de l’État de droit ne sont pas respectés, notamment à travers une compétition politique loyale, les ressources découvertes ne seront pas d’un grand apport pour le pays, car elles seront pillées et gaspillées par une caste de politiciens sans scrupules, et qui vont mettre le pays en danger, c’est-à-dire dans l’instabilité.

Qu’est-ce qui sera déterminant pour cette élection : les programmes alternatifs, la nécessité de renverser le président sortant ou de le maintenir ?

Malheureusement les enjeux de l’élection présidentielle risquent d’être dévoyés, comme cela a souvent été le cas au Sénégal, notamment lors des alternances de 2000 et 2012, où l’on a plus congédié des régimes ayant failli, qu’adhérer à un programme. Cette perspective qui se dessine a été construite pour une bonne part par la tendance du Président Sall à des dérives autoritaires et arbitraires, dans ses rapports avec l’opposition marqués par la répression et la violation des droits et libertés des opposants et par l’imposition de sa volonté et des intérêts exclusifs de sa coalition, en ce qui concerne les règles du jeu politique. Or , celles-ci doivent être définies de manière concertée, pour éviter que le pays ne sombre dans des lendemains incertains.

Propos recueillis par  Jean Michel DIATTA

Des militants de l’APR France originaires du Boundou auraient décidé de rejoindre Un Autre Avenir(AA). Si cette nouvelle annoncée par Ibrahima Thiam dans un document  est confirmée, ce sera une grosse perte pour le parti au pouvoir dont l’ambition est de réélire son candidat, Macky Sall, dès le premier tour. Selon le document transmis à Infos15, AA organisera une rencontre publique pour les accueillir , samedi 25 août, à Paris, dans le 18 eme arrondissement.
CSS

la lecture de l’étude publiée par Imagine Africa Institute on ne peut s’empêcher d’être saisi d’horreur. On y découvre en effet sous la plume de Pierre Sané son président le « calvaire de femmes sénégalaises battues, tuées, violées, mutilées, harcelées ».

Un sujet que connaît particulièrement cet ancien secrétaire général d’Amnesty International qui se dit choqué et révolté du silence de ces violences « étouffées dans le carcan familial ou villageois ».

Le plus grave pour Pierre Sané est que cette violence quotidienne semble « sournoisement admise par notre culture ».

L’explication viendrait-elle d’une société essentiellement patriarcale dans laquelle l’homme peut disposer de plusieurs épouses ? La polygamie favoriserait-elle cette banalisation ?

Le plus grave est que de nombreux hommes croient pouvoir épouser autant de femmes qu’ils peuvent et aussi les répudier et les violenter à leur guise. 

l’évidence, il y a là, compte tenu des abus constatés, une correction à apporter à cette pratique issue de la société et de la religion. Cette situation est d’autant plus inacceptable que dans la société africaine trop de mariages sont « arrangés » et ne sont pas le résultat de véritables histoires d’amour.

Cette situation a pour conséquences que les violences, comme les autres différends familiaux, se règlent à la maison et que les tribunaux sont rarement saisis, d’où l’impunité qui en résulte. 

Les élections présidentielles de l’année prochaine offrent l’opportunité aux responsables politiques et aux candidats d’intervenir dans ce débat actualisé par la récente affaire « Ndeye Coumba Diop » (du nom de cette jeune femme de 18 ans victime de son mari violent), qui a ému la population sénégalaise et les réseaux sociaux fin juillet, car la mobilisation de quelques ONG ne suffit pas aujourd’hui pour stopper ces agressions qui sont une insulte à la dignité humaine et au respect que l’on doit aux femmes. 

Il leur appartient de faire entendre leur voix. Nous les attendons.

Le Directeur de la publication

Ichrono

Management - Holacratie : est une forme de management originale
Chaque partie du tout, dont elle dépend, est autonome et décisionnaire.
. Voici comment la définir à travers quelques exemples concrets.


« Le monde de l'entreprise n'est pas statique il évolue sans cesse et comme disait l'autre l'agent, l'employé n'est pas uniquement une Main, c'est aussi une Tête et un Cœur » P B CISSOKO


Holacratie : définition


Pour dynamiter l'ancien modèle de management traditionnel qui consiste à prendre des décisions au sommet de la pyramide de l'entreprise et à les faire descendre et appliquer jusqu'en bas, un nouveau pattern décisionnel a vu le jour en 2001 : l'holacratie. C'est Brian Robertson, président de Ternary Softwares (entreprise américaine de logiciels), qui a imaginé ce chamboulement pour obtenir des mécanismes de fonctionnement plus agiles. Contrairement à un système oligarchique, l'holacratie consiste en un management horizontal, où chaque partie du tout, dont elle dépend, est autonome et décisionnaire.


Organigramme de l'holacratie


Concrètement, le principal changement né de l'holacratie réside dans l'organigramme de l'entreprise : il disparaît. Il n'existe plus de chefs. L'holacratie revient à la raison d'être de l'entreprise et du rôle de chacun. Au lieu d'évoluer en pyramide, on évolue en cercles : ces cercles regroupent les salariés qui ont des rôles proches, sachant que tout un chacun peut se voir attribuer plusieurs rôles, même variés, selon sa charge de travail. Un chargé de communication pourra également intervenir au niveau du cercle de la formation, comme dans celui de la prospection de clients si ses aptitudes et son temps de travail le lui autorisent.


Ces techniques de management originales et qui marchent
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Management en holacratie


Dans un système holacratique, chacun devient responsable de la mission qui lui a été confiée (et si elle doit disparaître, une autre lui sera confiée, idem s'il ne parvient pas à atteindre ses objectifs). Il n'a plus à s'en référer à un manager, mais n'a pas non plus d'expert référent vers qui se tourner. C'est au sein de réunions dites "de gouvernance" que les problèmes sont évoqués, les tensions évacuées et les solutions étayées, par tous, au même niveau.


L'holacratie chez Zappos


En 2014, la plus grosse structure à tenter l'expérience de l'holacratie fut Zappos, e-commerçant de chaussures, qui emploie 1 500 personnes. Quittant le concept de "patronat visionnaire", Zappos mise sur la créativité et les idées de tout son staff plutôt que sur une poignée d'hommes dans leurs bureaux. Ce faisant, le souhait de Zappos était de devenir plus souple, et de pouvoir continuer de grossir sans être freiné par un manque de maniabilité.


Exemples d'holacratie


L'holacratie, sur le papier, peut s'appliquer à tous les secteurs et à toutes les entreprises, petites ou grosses, de services ou d'industrie. En France, Auchan, Danone et Castorama ont tenté la mise en place partielle d'un tel système, quand d'autres s'y sont cassé les dents, comme Amazon.


Holacratie critique


Certaines voix s'élèvent pour critiquer l'holacratie. Pour certains salariés, le changement est tel qu'ils préfèrent donner leur démission, ce qui peut conduire à un exode de collaborateurs expérimentés. De plus, certains d'entre eux préfèrent être cantonnés à des tâches précises et se sentent peu à l'aise dans ce modèle. Autre critique, en rendant tous les salariés egaux, il existe le risque de transformer le chef d'entreprise en gourou omniscient.


Holacratie avantages


Pour d'autres, l'holacratie est un excellent moyen de faire émerger la créativité et les idées nouvelles. Les salariés se sentent plus reconnus et sont donc plus productifs et plus investis dans leur entreprise. C'est donc un formidable moyen pour faire triompher l'intelligence collective.


Holacratie et entreprise libérée


On associe fréquemment le concept d'holacratie avec celui d'entreprise libérée, car il y réside une forme de liberté, mais cette dernière a ses règles (elle cesse dès qu'on empiète sur celle du voisin) et il n'est pas question de dire adieu aux responsabilités ; celles-ci sont seulement distribuées différemment. L'holacratie peut être vue comme un cadre, et au sein de ce cadre, à chacun d'établir le fonctionnement qui convient le mieux à son entreprise. La bande dessinée de Bernard Marie Chiquet explique bien que dans l'holacratie, on est sans managers mais pas sans management.

https://www.google.fr/amp/s/www.journaldunet.fr/management/guide-du-management/1204818-holacratie-definition-exemples/%3foutput=amp

 

L'État déballe tout ! Broché –de Bosse Ndoye (Auteur)

Présentation de l'éditeur


Souffrant d'un mal intérieur suscitant en lui beaucoup de remords, l'État prétexta une visite qu'il disait devoir rendre d'urgence au président français pour quitter son pays incognito afin de se faire ausculter discrètement par un médecin. Ce qui devait être une consultation médicale de routine se transforma alors en séances de confidences, voire de confessions. Ce fut dès lors l'occasion pour l'État de vider le fond de sa conscience et de faire des révélations allant de ses techniques de manipulation à sa gestion désastreuse du pouvoir dans son pays en passant par ses rapports de subordination à la France, le franc CFA et les APE. Dans un style limpide à cheval entre le roman et l'essai, l'auteur s'attaque entre autres à quelques-unes des relations pour le moins kafkaïennes entre un pays dit indépendant et son ancienne puissance colonisatrice encombrante. Un livre plein d'actualité.


Biographie de l'auteur


Bosse Ndoye est diplômé en anglais à l'Université de Dakar, en administration publique, à l'Université Paris 12 et en droit public et privé des collectivités territoriales à l'Université d'Évry Val d'Essone. Il est l'auteur du Dossier de la France pour le Conseil de l'Europe lors de son passage au Ministère de l'Intérieur à Paris en 2006. Il est aussi l'auteur de L'Énigmatique clé sur l'immigration, de Une amitié, deux trajectoires, de La rançon de la facilité et de plusieurs articles.
Pour acheter cet ouvrage plusieurs pistes :


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