« Il y a une sorte d'apartheid y compris dans les écoles. Aux USA on connaît le racisme scolaire » PB CISSOKO

5 juil. 2018 Par Ibra Khady Ndiaye


Blog : Le blog de Ibra Khady Ndiaye mediapart


«Parfois certains parents nous disent: on vous en supplie, mettez nous des blancs dans la classe de nos enfants». Vous l'aurez déjà compris, ici il est question de mixité. Nous sommes pourtant à l'école Brancion située dans le 15ème arrondissement de Paris. Ici, les enfants français blancs ne se comptent pas. Ils n'existent presque pas.


A -Parfois certains parents nous disent: on vous en supplie, mettez nous des blancs dans la classe de nos enfants" .Vous l'aurez déjà compris, ici il est question de mixité. Nous sommes pourtant à l'école Brancion située dans le 15ème arrondissement de Paris.
Ici, les enfants français blancs ne se comptent pas. Ils n'existent presque pas. On trouve des parents blancs pour les enfants métisses. Sur un total de 145 élèves de la maternelle, seulement quelques enfants de la République sont des enfants de couples blancs.

A noter tout de même que les présents sont entre autres un enfant de la Directrice de l'école et un autre d'une maîtresse qui enseigne dans l'école. L'immense majorité des élèves pour ne pas dire la totalité dans chaque classe est composée de français d'origine africaine (Afrique sub saharienne ou Maghreb) et d'origine asiatique. Certains parents ne comprennent pas l'absence des autres français qui composent la majorité de la population française.


Il existe plus de français blancs dans n'importe quelle école française à l'étranger qu'à l'école Brancion. En effet, c'est simple, si dans une classe de 25 élèves, vous n'avez aucun enfant blanc, cela devient problématique ou en tout cas, cela suscite des interrogations.

Lors d'une sortie de classe à l'Institut du Judo, plusieurs parents accompagnaient les élèves pour donner un coup de main aux professeurs. Il y avait deux classes de maternelle et là aussi à vue d'œil, on s'est vite rendu compte de l'absence totale des enfants d'une partie de la population française, ce qui interroge naturellement les parents.
Des enfants de la maternelle de l'école Brancion


Au début, cette réalité ne me choquait guère et il a fallu un déclic pour me faire prendre conscience de cette absurdité. Oui être en France et n'avoir dans la classe de son enfant aucun français blanc, ce n'est pas normal... J'ai commencé à m'interroger et à me poser des questions lorsqu' une dame blanche, venue chez nous pour acheter des vêtements de nos filles que mon épouse française originaire de Bourgogne vend sur le boncoin, semblait être très inquiète sur le fait que son enfant allait être dans cette école. Elle nous posait des questions sur l'école comme si nous étions à Bagdad ou à Kaboul.

Elle venait d'arriver dans le quartier et nous a posé des questions sur l'école pour se rassurer. Même si je suis noir et étais présent dans le salon, elle ne cachait pas ses nombreux aprioris sur le fait de voir son enfant aller dans l'école composée en majorité de population noire, métisse ou maghrébine. Sans doute mis à l'aise par le fait de s'adresser à une blanche, elle n'a pas cessé ce jour de nous mitrailler de questions sur ces enfants qui sont pourtant français avec des parents nés sur le sol français pour l'immense majorité des élèves. Certains parents d'élèves, d'ailleurs, ne ménagent aucun effort pour mettre leurs enfants dans une autre école. Et c'est exactement ce qui s'est passé avec le seul enfant blanc qui était l'année dernière dans la classe de ma fille. En effet, lorsque certains élèves atterrissent dans l'établissement par « accident » après un déménagement tardif dans le quartier qui n'a pas permis aux parents de choisir l'école, ils mettent leurs enfants avec les autres mais n'hésitent pas à partir dès qu'ils le peuvent. Plusieurs raisons expliqueraient cette absence de mixité dans les classes.


La faute aux préjugés et aux complexes de supériorité de certains français blancs


L'école Brancion est une école de la République comme toutes les autres avec une équipe pédagogique que je trouve en toute objectivité formidable. Personnellement, je n'ai rien à leur reprocher. Les maîtresses et toutes les équipes sont, je précise, des personnes qui adorent leur métier et qui se donnent corps et âmes à ce qu'elles font chaque jour. Donc sur le contenu de l'enseignement, on ne peut rien reprocher à l'établissement. Le seul problème qui expliquerait le fait que les familles de couples blancs ne mettent pas leurs enfants serait donc la présence importante d'enfants de la république d'origines diverses (noirs, maghrébins ou asiatiques).


Dans cette école, les parents se comportent comme tous les autres parents de France. On trouve chez les parents beaucoup de solidarité. Si un parent doit avoir un retard à cause de son travail, il peut compter sur l'aide des autres pour récupérer son enfant, le temps de finir. Les anniversaires des enfants se fêtent en invitant les camarades de classes. Bref si une partie de la population française d'origine est victime de son image, des fantasmes qui font que les autres ne souhaitent pas mettre leurs enfants avec les nôtres, c'est simplement dû aux préjugés. Pour les parents des enfants de l'école, le fléau est très grave. Ils déplorent la situation et pensent que c'est le résultat d'un mépris ou d'un racisme qui ne dit pas son nom. Ils n'acceptent pas cette mise à l'écart de leurs progénitures. Une maman de l'école s'exprime à ce sujet : «je trouve dommage que dés la maternelle nos enfants ont à subir déjà une sorte de discrimination sociale. Ce qui me dérange c'est que ça ne reflète pas la France, et que déjà nos enfants sont mis à l'écart à cause de leurs noms, de leurs origines et de leurs couleurs de peau.

J'ai déjà évoqué le sujet avec la Directrice qui se trouve elle-même démunie face à cette situation. L'école est l'avenir de nos enfants ». Cela dérange une autre maman qui a peur que l'école devienne trop communautaire :« Je n'ai pas envie que ma fille se sente exclue de la société et pense ne pas avoir ses chances dans la vie car elle est d'origine marocaine et donc mise déjà dans une case. J'ai déjà fait part de mes inquiétudes au corps enseignant ainsi qu'à l'équipe du centre qui me confirment qu'effectivement la mixité sociale existe de moins en moins voir plus du tout. Il est évident que les autres écoles de l'arrondissement n'ont pas assez de problèmes de mixité sociale. Et je suis l'un des parents qui décide justement pour le bien être de ses enfants de m'expatrier à l'étranger où, ce qui peut être surprenant, on dispose de plus de mixité qu'ici. » Pour la directrice, « il suffit de voir les photos de classes à travers les années pour voir que l'absence de mixité est un problème au fur et à mesure des années. Nous faisons beaucoup d'efforts mais les parents blancs partent car ils voient lors des sorties scolaires le type de population présent dans l'école ou lorsque les parents viennent chercher leurs enfants. Ils fuient l'école aussi car certains parents demandent le nombre d'élèves par classe. Ici, il y a 25 élèves par classe au lieu de 30 dans les autres écoles.

Et avec le nombre de 25, ils se rendent compte que nous sommes en REP (réseau d'éducation prioritaire).L'école est passée en 2015 en réseau éducation prioritaire ». Selon la directrice de l'école, les parents demandent des dérogations mais ils ne donnent pas les vraies raisons. Une mère blanche qui a décidé de dépasser les préjugés et mettre ses enfants dans cette école reconnaît ce manque de mixité et regrette d'être une minorité dans un lieu qui mérite pourtant d'être découvert. Elle comprend que ce manque de mixité puisse effrayer certains.

Selon elle, « il faut redonner la belle image que mérite cette école et faire le pas de dépasser ses préjugés pour découvrir un endroit solidaire, ouvert et riche de diverses cultures. » Selon Chantal Rolgen, adjointe chargée de l'éducation, « l'école souffre de la stigmatisation »: on le sait l'absence de mixité dans l'attribution des logements sociaux est en partie à l'origine de ce problème de diversité. Pour une dame qui travaille à la mairie et habite depuis plus de 30 ans à Brancion, elle a vu l'évolution du quartier : « cela fait plusieurs années qu'on tire sur la sonnette d'alarme. » Elle est revenue largement sur le sujet en son propre nom en tant qu'habitante du quartier nous précise t-elle à plusieurs reprises car c'est un sujet sensible et elle ne peut pas parler au nom de la Mairie. Les clichés nuisent la cohésion sociale et le vivre ensemble. Cependant pour les autorités notamment la mairie d'autres raisons expliqueraient cette réalité.
La carte scolaire est à l'origine de l'absence de mixité sociale dans l'école


Les autorités notamment la mairie soutiennent que la carte scolaire est à l'origine de cette absence de population dite blanche.

Le quartier a un nombre élevé de logements sociaux avec une absence de mixité sociale dans l'attribution des logements sociaux. Pour l'attribution, la mairie a la main sur 20% des logements sociaux, la préfecture est chargée de distribuer les80%. « On choisit au départ pour chaque logement 3 personnes et ce sont les bailleurs sociaux qui ont le dernier mot dans l'attribution. Si une personne refuse le logement qu'on lui attribue, elle est bloquée pendant 3 ans.» selon Chantal Rogen, chargé de l'éducation à la mairie. En effet, il suffit de se rendre à quelques pas dans une école proche et la population à l'inverse est très blanche. La Mairie regrouperait les enfants des logements sociaux dans cette école alors que ces derniers sont plus proches des écoles avec une meilleure réputation. L'immeuble des Péricheaux par exemple est plus proche de l'école située vers le parc Georges Brassens mais ils les affectent dans l'école Brancion alors que cela n'arrange pas les parents vu le trajet à effectuer. Peut être ont il peur de mélanger les populations? Nous avons l'exemple de ce couple d'ami « blanc » qui, lors de l'inscription de leur enfant, a été alerté selon eux par un agent de la mairie leur conseillant d'éviter l'école Brancion.

Ils avaient malgré tout mis leur enfant à l'école Brancion et sa scolarité s'était passée à merveille jusqu'à leur déménagement pour un logement plus grand ailleurs. Pour une mère d'élève : « je pense qu'ils devraient arrêter d'entasser les minorités ensemble, et créer plus de diversité dans les logements sociaux . »Ils dénoncent l'absence de mixité sociale dans les logements sociaux. Une mère réplique à ce sujet :« je pense et j'ai remarqué qu'il y a une mixité d'enfants mélangés de toutes origines ce qui est super. Le souci de cette école est qu'elle commence a avoir une mauvaise réputation depuis quelques années, j'ai eu des échos même avant que mon fils aille dans cette école. » Toutefois ce prétexte de carte scolaire est pointé du doigt et la Directrice de l'école a pu nous donner un indice de taille pour mesurer la mixité dans le quartier : le bureau de vote.


Des éléments qui contredisent cette répartition ; La carte scolaire un prétexte ?


- Les bureaux de vote lors de chaque élection


L'école Brancion est pour chaque élection un lieu de vote. Et ce sont les habitants du quartier qui s'y rendent pour remplir leur devoir de citoyen. Il est donc très facile de se rendre compte s'il y a un déséquilibre au niveau de la composition de la population. Or pour avoir voté à chaque élection dans ce lieu depuis plusieurs années, je peux confirmer que le quartier a une population tout a fait mélangée et diverse à la différence de l'école.


- Le centre d'animation de Brancion : un autre outil pour mesurer la mixité sociale
Des parents du quartier faisant la queue le 25 juin 2018 pour s'inscrire au centre d'animation de Brancion. © Ibra Khady Ndiaye


Nous sommes le 25 juin 2018 et comme chaque année, le centre d'animation de Brancion ouvre ses inscriptions pour les parents et les enfants qui souhaitent faire des activités culturelles ou sportives. Pour la première fois, j'ai vu des personnes que je n'ai jamais vu dans le quartier. Une chose est sûre, l'immense majorité est composée des français blancs et aucun n'a son enfant dans l'école située en face du centre d'animation. J'avoue que certains peuvent venir d'un endroit plus éloigné pour bénéficier des avantages du centre, le centre n'a pas non plus des restrictions de la carte scolaire.

Ce constat montre encore une fois qu'à Brancion, il y a aussi des français blancs qu'on trouve dans les commerces lorsqu'on fait ses courses, dans les fêtes de quartier, à l'occasion des élections, dans les transports publics et à la crèche mais au niveau de l'école leurs enfants sont absents. Et c'est complètement absurde de vouloir mettre tout sur le dos de la carte scolaire ou des logements sociaux. Chacun est libre de mettre son enfant aussi bien dans l'école privé que dans le public.


La mixité une réalité dans chaque crèche du quartier


Comment se fait-il qu'on explique le manque de mixité dans l'école maternelle en raison de l'attribution des logements sociaux alors que dans les crèches, on trouve une mixité sociale et une diversité irréprochable. Nous avons sollicité deux directrices de crèches dans le quartier. Elles ont fait appel à leur hiérarchie pour pouvoir nous répondre officiellement mais elles n'ont pas eu de retour. Toutefois pour avoir eu deux filles qui ont fréquenté deux crèches différentes, nous confirmons que ces établissements bénéficient à ce niveau d'une mixité sociale exemplaire qui ne présente aucun déséquilibre et c'est souvent ce que tous les parents apprécient et recherchent. Comment se fait il que les progénitures des couples blancs nombreux dans les crèches se volatilisent à la maternelle ?

La diversité qui existe dans les crèches disparaît dès la maternelle.
Une mixité à prôner et à valoriser


Une équipe éducative impliquée déplore l'absence de mixité sociale qui est source d'enrichissement mutuel pour les enfants. Selon une enseignante, « cela est regrettable parce que mixité signifie richesse, échange, découverte de l'autre différent socialement et culturellement. Parce que je pense que l'école est un lieu où l'enfant apprend beaucoup des autres enfants et pas seulement de l'enseignant. La mixité de la société française doit se refléter dans l'école et dans le quartier. Parce que l'école ce n'est pas que l'enseignement, il y a les recréations, la cantine, le centre de loisir, les copains que l'on invite à la maison. A l'intérieur des moments de classe il y a beaucoup d'interactions entre les élèves et la mixité profiterait aux enfants de milieux sociaux culturels défavorisés. Pour moi cela passe par une politique du logement dans le quartier différente. La mixité du quartier devrait entrainer la mixité à l'école.

Il faut corriger la carte scolaire » ; Pour une autre enseignante de l'établissement, l'une des missions de l'école de la République est de former des citoyens ouverts d'esprit ; «Ce manque de mixité n'est hélas pas inhabituel, je l'ai déjà constaté dans de précédentes écoles. Les parents ont raison d'être dérangé par ce phénomène, car l'enseignement même le plus exigeant et ouvert ne sera pas le même selon le nombre d'enfants en difficulté qui se trouvent dans une classe. La question est : pourquoi penser qu'il y a ici plus qu'ailleurs des élèves en difficultés? La mixité est une richesse et demande l'adaptation des enseignants, une ouverture, mais trop d'élèves d'une même catégorie est préjudiciable à cette catégorie. L'entre soit ne permet pas de s'ouvrir et c'est une des missions de l'école. A ce titre, l'absence de mixité est une perte de richesse pour nos élèves.

Je n'ai pas senti, les quelques fois où je me suis promenée dans le quartier qu'il y ait tant de mixité dans la rue. Le manque vient des habitants. Il me semble que tant que les logements ne seront pas habités par une population mixte, l'école ne le sera pas non plus. Je me demande s'il y a une "fuite " de certaines familles en maternelle, en élémentaire et dans quelle proportion. Aurions-nous le moyen d'avoir des chiffres? Pourquoi certaines familles ont un à priori négatif envers l'école?

C'est un phénomène que j'ai rencontré dans l'école où j'étais dans le 14ème, elle avait mauvaise réputation (pour la partie huppée du quartier), mais elle était bien considérée pour une partie des élèves qui venait d'une partie plus périphérique... On est toujours le moins bien fréquentable de quelqu'un! Lutter activement pour les familles et les enseignants est long et fatiguant, il faut essayer sans pour autant attendre forcément de retours positifs, c'est fragile! ». Une autre enseignante a même fait le choix de mettre ses propres enfants dans l'école.

Elle est quand à elle rassurée car elle fait partie de l'équipe éducative et sait que ce manque de mixité n'est pas pénalisant pour ses enfants ; Selon elle, « Je ne me rends pas forcément compte du manque de mixité sociale, donc j'ai du mal à avoir un avis. Les parents ont peur pour leurs enfants : des fréquentations qu'ils pourraient avoir, que leur enfant soit victime des autres. Mais de mon point de vue, cela est une peur que chaque parent peut avoir quelque soit l'établissement.

J'ai cette peur alors que mon fils est dans un collège du 15ème avec une grande mixité. Je pense que l'Education Nationale apporte une certaine réponse par le placement du groupe scolaire en éducation prioritaire. En revanche, dans le quartier, il n'y a presque que des logements sociaux. Donc il faudrait proposer des logements sociaux mais avec des ressources plus élevées. Le soucis c'est que dans cette configuration il n y a pas d'assurance que les enfants dans une situation plus favorisée s'inscrivent à l'école. Je viens du 14ème et tous les matins, je croise des parents qui envoient leurs enfants (plus favorisés) à l'école privée près de la porte de Vanves.

J'ai l'impression que c'est le regard qu'on porte sur l'école qui doit changer. Un collectif de parents (voulant plus de mixité pour l'école Brancion) qui organiserait des réunions, des discussions sans le regard des directrices ou des enseignants me paraît être une bonne solution. La mixité est dans le quartier mais le souci c'est la fuite de certains. Mes enfants sont scolarisés dans école. Mon aîné qui est en 6ème est entré en milieu de ce1 à Brancion suite à un déménagement. Il a beaucoup pris confiance en lui : a beaucoup plus participé à l'oral. Mon cadet est depuis la ps à Brancion. Il a beaucoup de copains et copines. Ses camarades ont un bon niveau scolaire comme mon fils. Ma dernière est à la maternelle. Je ne remarque pas particulièrement de problème du au manque de mixité. Je ne suis donc pas très inquiète et au contraire assez satisfaite que mes enfants aient plein de copains qui n ont pas forcément les mêmes origines, le même milieu qu'eux.

J'entends les appréhensions des parents, mais je ne les comprends pas. Faire confiance en son enfant, en l'école... c est ce qui va permettre à un enfant d'être épanoui dans le lieu où il apprend. »La diversité est un atout pour certains parents qui ne prêtent pas attention à l'absence d'enfants blancs. Selon l'une d'entre eux, « nous devons garder confiance en l'école publique républicaine. Cette école suit les mêmes programmes que toutes les autres et nous devons croire aux enseignants pour la valoriser. Cette diversité les aidera à appréhender le monde qui les entoure en ayant conscience des différences de chacun. L'école républicaine rassemble ces enfants et les aide à se construire avec des belles valeurs de cohésion collective».
Gouverner c'est prévoir...


Personnellement, je ne suis pas convaincu par l'explication officielle qui met tout sur le dos de la carte scolaire et de l'attribution des logements sociaux. Aussi bien la composition des enfants dans les crèches que le centre d'animation Brancion, les fêtes du quartier Brancion, le parc Georges Brassens où vont tous les enfants et la population présente lors de chaque scrutin montrent qu'il y a aussi bien des couples blancs de tout âge avec des enfants. J'ai d'ailleurs retrouvé lors de fête de quartier des parents qui ont fait le choix de scolariser leurs enfants dans le privé pour échapper à ce regroupement et empêchent ainsi cette mixité d'avoir lieu. Si la carte scolaire et l'attribution des logements sociaux sont les causes de cette non mixité de l'école, force est de constater qu'il y a dans tous les cas un véritable problème.

Élus et pouvoir publics qui prennent les décisions devraient dans tous les cas anticiper et éviter cette situation. Nos enfants sont biens dans cette école et ne se rendent même pas en compte de cette mise à l'écart qu'ils subissent déjà à cet âge là. Sachant que ce sont les mêmes élèves de la maternelle qui vont passer au CP, le même problème d'absence de mixité va se répéter. Une crainte que m'a confirmée la directrice de l'école primaire. La cohésion nationale et le vivre ensemble sont une nécessité pour une nation. Toutefois cet idéal peut-il devenir une réalité si les autres évitent que leurs progénitures aillent dans les mêmes écoles que les nôtres dés la maternelle. On parle ici d'enfants innocents âgés de moins de 6 ans. Dans nos banlieues, nous avons les mêmes populations qui sont victimes des préjugés qui leur portent préjudice.


Je pensais innocemment que les collèges et lycées publiques échapperaient à ce fléau. Ma surprise est grande lorsque je suis tombé sur cet article de l'Obs intitulé Collèges "ghettos" : comment Paris est devenue une ville d'apartheid:


"C'est l'apartheid social dans les collèges parisiens. Mais on peut y remédier" © L'Obs
Une enquête qui montre au delà des discours politiques l'étendu de ce gravissime problème de l'Éducation nationale et de notre société qui s'accentue et divise la population. Certes, on ne peut pas forcer les gens à se mélanger aux autres, mais un républicain digne du nom peut-il prôner d'une part ses valeurs humanistes et d'autres parts poser au quotidien des actes contradictoires à l'esprit des lumières qui font de la France un pays qui rayonne au delà de ses frontières. Liberté, Égalité, Fraternité. Cette même fraternité devrait permettre au rêve de Martin Luther King de devenir une réalité dans l'école républicaine de Brancion et pas seulement.


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L'auteur Ibra Khady Ndiaye  Journaliste Paris - France


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Fier d'une équipe de France arc-en ciel, mais cette fois-ci on ne se fera pas avoir! 18 juil. 2018 Par Ibra

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Journées dédiées à Cheikh Anta Diop, homme de science et homme politique africain 

Exposition "Cheikh Anta Diop, l'homme et l'œuvre "

Film documentaire "Kemtiyu – Séex Anta - Cheikh Anta"

Colloque "L'Homme et ses migrations depuis la haute préhistoire"

Université d'Évry / Paris-Saclay 6, 7 et 8 novembre 2018

Contexte

L'universitaire Cheikh Anta Diop est une figure intellectuelle internationale majeure dont les travaux ont renversé un grand nombre d'idées reçues sur l'Afrique et l'humanité en général. L'Université d'Évry a pris l'initiative d'organiser, dans le cadre académique, trois journées, les 6, 7 et 8 novembre 2018, dédiées à ce penseur et homme d'action africain, afin de mieux le faire connaître ainsi que son œuvre, de revisiter quelques-unes des grandes thématiques de son travail pluridisciplinaire sous l'éclairage des données actuelles de la paléoanthropologie, de l'archéologie, de la linguistique, de la génétique, de la connaissance historique.

Ces journées ont également pour vocation d'une part d'enrichir les actions de coopération scientifique liant l'Université d'Évry et ses partenaires scientifiques africains et d'autre part de faire connaître des productions de savoirs issues de chercheurs du Sud.

Mardi 6 novembre 2018

17h : Vernissage de l'Exposition "Cheikh Anta Diop, l'homme et l'œuvre" proposée par le Dr Cheikh M'Backé DIOP, Association KHEPERA

Mercredi 7 novembre 2018

15h-16h35 : Projection du film documentaire « KEMTIYU, Séex Anta-Cheikh Anta »,
long métrage (1h34) réalisé en 2016 par William Ousmane MBAYE et Laurence ATTALI, relatant la vie de Cheikh Anta DIOP.

Présentation : «"Homme Universel", "Contemporain Capital", "Le Géant du Savoir", "Le Dernier Pharaon"... titrent les journaux sénégalais au lendemain de sa mort, le 7 février 1986. Trente ans plus tard, KEMTIYU dresse le portrait de ce savant précurseur hors du commun, insatiable de sciences et de connaissances, mais aussi homme politique intègre et éclairé. Cheikh Anta DIOP a été de son vivant vénéré par certains, décrié par d'autres, et méconnu par le plus grand nombre. Le film raconte le combat d'un homme qui passera toute son existence en quête de vérité et de justice, afin de redonner à l'Afrique une conscience historique et une dignité. »

Ce documentaire a obtenu une dizaine de distinctions dont le Premier prix de la compétition officielle des films documentaires du prestigieux FESPACO de Ouagadougou au Burkina Faso, en 2017.

Jeudi 8 novembre : Colloque scientifique

8h45 - Accueil des participants

9h - Patrick CURMI, Président de l'Université d'Evry, Médecin, DR INSERM
Discours de bienvenue, ouverture du colloque.

9h10-10h - Dr Cheikh M'Backé DIOP, Pdt de l'Association KHEPERA, collaborateur de la revue d'égyptologie et des civilisations africaines, ANKH. Auteur d'une biographie sur Cheikh Anta Diop.

« Recherche historique et approche méthodologique dans l'œuvre de Cheikh Anta Diop : contexte et lignes de force »

10h-10h50 - Pr Dominique GRIMAUD-HERVÉ, Anthropologue, Muséum national d'histoire naturelle, Paris. Auteure de plusieurs ouvrages sur la préhistoire et les origines de l'homme.

« Les origines de l'humanité, approche paléoanthropologique : évolution et migrations depuis Toumaï à l'humanité actuelle »

10h50-11h10 : Pause

11h10-12h20 - Pr Théophile OBENGA, Philosophe, linguiste, égyptologue et historien congolais. Ancien ministre de la République du Congo Brazzaville. Il est l'auteur de nombreux ouvrages en relation avec les travaux de Cheikh Anta Diop ; il a enseigné en Afrique et aux USA ; il codirige la revue d'égyptologie et des civilisations africaines, ANKH.

« Linguistique historique africaine : parenté linguistique de l'égyptien ancien et des langues subsahariennes modernes »

12h30-14h : Déjeuner

14h-14h50 : Dr Denis PIERRON, Docteur en anthropologie moléculaire, CR CNRS, UMR5288 – Anthropologie Moléculaire et Imagerie de Synthèse. Il participe notamment à un projet de recherche pluridisciplinaire novateur sur le peuplement de Madagascar.

« L'homme et ses migrations, regard de la génomique »

14h50-16h50 : Pr Aboubacry Moussa LAM, historien, égyptologue, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal. Il a écrit plusieurs ouvrages en relation avec les travaux de Cheikh Anta Diop en français et en langue Pulaar ; il codirige la revue d'égyptologie et des civilisations africaines, ANKH.

« Tradition orale et migrations de la vallée du Nil à la côte atlantique »

16h50-17h00 : Clôture par Patrick CURMI et Abdoul Hameth BA.

Organisateurs

• Abdoul Hameth BA, Maître de conférences HDR, spécialiste en géographie du développement des territoires, migrations internationales, coopération décentralisée
• Cheikh M'Backé DIOP, Dr, enseignant, Pdt de l'Association KHEPERA
• Nicolas HATZFELD, Professeur d'histoire, chercheur spécialisé en histoire contemporaine, Directeur du site Evry de l'IDHES, VP recherche, Université d'Evry
• Dr Adrien DIOP, Présence Africaine, Paris.

Comité de patronage (certaines personnalités sous réserve)

• Patrick Curmi, Président de l'Université d'Evry
• Son Excellence Bassirou SÈNE, Ambassadeur du Sénégal en France
• Son Excellence Abdou SOURANG, Représentant permanent du Sénégal auprès de l'Unesco
• Pr Mary Teuw Niane, Ministre de l'enseignement supérieur du Sénégal
• Pr Ibrahima THIOUB, Recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal
• Moustapha Mamba GUIRASSY, Président de l'Institut Africain de Management, Dakar, Sénégal
• Francis CHOUAT, Maire d'Évry et Président de la Communauté d'Agglomération Grand Paris Sud

Remerciements


Vincent Vigneron, VP Relations internationales, Université d'Évry,
Marion HETZEL, Ingénieure projet, DRRI, Université d'Évry,
Stéphanie CARDON, Direction de la Communication, Université d'Évry,
Armelle LOTTON, Bibliothèque Universitaire, Université d'Évry.
Association.......

Attaque rebelle, débarquement de mercenaires, de jihadistes… Tout avait été imaginé, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans les villages, jusque dans le centre-ville de Coyah, à une cinquantaine de kilomètres de Conakry, lorsqu’un débarquement de poissons inattendus a créé la panique et un gigantesque mouvement de foule dans les environs de Conakry.

Huit bateaux chinois de pêche artisanale avaient seulement et nuitamment rendez-vous avec des mareyeuses pour écouler leur marchandise. Un mouvement inhabituel en ces lieux. Les premiers qui ont aperçu ces navires ne se sont pas fait prier pour alerter l’autorité.

Et l’autorité a immédiatement pris des dispositions, allant de la mise en alerte des casernes militaires à l’érection de barrages et fouilles systématiques des véhicules, notamment ceux entrant dans le centre-ville de Conakry, le quartier administratif et des affaires de la capitale qui abrite aussi le palais présidentiel et les ambassades.

Il a fallu un communiqué du gouvernement à la mi-journée pour ramener le calme et la sérénité. Aux dernières nouvelles, on apprend que les bateaux ont été arraisonnés et des personnes arrêtées.

RFI

La coalition Taxawu Senegaal n’agrée pas la réplique de l’Assemblée nationale à la décision de l’Union Interparlementaire relative à l’affaire Khalifa Sall. 

Pour la coalition qui portait la candidature du maire de Dakar, aux dernières législatives, « Cette réaction confond l’Assemblée nationale qui, non seulement a manqué à son devoir de protéger les droits d’un de ses membres, mais reconnait s’être rendue complice de la détention arbitraire de l’honorable député Khalifa Ababacar Sall en violant son immunité parlementaire ».

Et Taxawu Senegaal de poursuivre, dans son communiqué en date d’hier, jeudi 25 octobre 2018 : « Au surplus, la défense maladroite de l’Assemblée nationale entame sérieusement la crédibilité de l’Inspection générale d’Etat parce qu’elle nous apprend que la mission de vérification administrative et financière de la ville de Dakar démarrée en 2015 avait été réalisée avec l’objectif manifeste d’engager des poursuites judiciaires contre l’honorable député Khalifa Ababacar Sall ».

Taxawu Senegaal relèvera par suite que « malgré les dénégations malaisées de l’Assemblée nationale, cette affaire est et restera un complot politique monté par des officines logées dans les plus hautes sphères de l’Etat et exécuté par des juges soumis devant le pouvoir exécutif ». Avant de conclure en faisant remarquer qu’après la décision rendue par la Cour de Justice de la Cedeao le 29 juin 2018, cette décision de l’UIP ajoute au « discrédit de notre pays devenu sous le magistère de Macky Sall un Etat employé dans une délinquance  couverte par des magistrats aux ordres ».

SudOnline

vendredi, 26 octobre 2018 18:38

Ligue des champions: le PSG perd des points face à Naples

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Le Paris Saint-Germain a été tenu en échec 2-2 par Naples, lors de la 3e journée de la phase de groupes de la Ligue des champions UEFA, la coupe d’Europe des clubs de football, ce 24 octobre 2018. Le PSG a encore perdu des points dans la course à la qualification, dans le groupe C.

Terreur en Championnat de France, le Paris Saint-Germain ne fait décidément pas peur en coupe d’Europe de football, en ce début de saison 2018-2019. En témoigne la prestation du SSC Napoli, ce 24 octobre 2018, dans le groupe C de la Ligue des champions (C1).

Les Napolitains se sont en effet présentés au Parc des princes, le stade du PSG, sans complexes. C’est presque logiquement qu’ils ont ouvert le score à la 29e minute. L’attaquant italien Lorenzo Insigne a profité d’une superbe passe en profondeur de son coéquipier José Callejon pour tromper la vigilance d’Alphonse Areola, le portier parisien.

A l’heure de jeu, le latéral gauche Mário Rui relance involontairement le PSG en marquant contre son camp. Le Portugais dévie un centre du latéral droit Thomas Meunier. Mais, après ce redoux, un nouveau vent glacial balaie l’enceinte parisienne. A la 77e minute, l'attaquant Dries Mertens intercepte une frappe de son partenaire Fabian Ruiz. Le Belge ne laisse aucune chance à Areola : 1-2.

Angel Di Maria sauve les meubles

Dans les dernières secondes, l’Argentin Angel Di Maria permet toutefois à Paris de sauver les meubles, avec une belle frappe : 2-2, 90e+3.

Malgré la débauche d’énergie du trio d’attaque Neymar-Kylian Mbappé-Edinson Cavani, le PSG a encore perdu des points dans la course à la qualification en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Avec une défaite 2-3 à Liverpool, ce nul et une victoire polémique face à l’Etoile rouge de Belgrade, le champion de France en titre est désormais dans une posture inconfortable. Il devra notamment prendre sa revanche à Naples le 6 novembre 2018.

Comme un symbole de fermeté, c’est au ministère de l’Intérieur et non à celui de l’Education nationale qu’a été présenté ce vendredi le plan d’action contre les violences scolaires. Pas moins de trois ministres étaient réunis : Christophe Castaner pour l’Intérieur, Jean-Michel Blanquer pour l’Education nationale et Nicole Belloubet pour la Justice. Ensemble, pour lutter contre les violences au collège et au lycée, ils ont proposé plusieurs pistes qui seront développées en Conseil des ministres mardi prochain.

La mesure la plus marquante est la présence dans certains cas de policiers à l’intérieur des établissements scolaires. Christophe Castaner, à l’origine de cette proposition, est pour l’instant resté assez vague quant aux détails d’une telle piste. Si le ministre de l’Intérieur «  » pas la « » dans les collèges et les lycées, il précise que cela se fera «  » uniquement dans les établissements les plus difficiles et seulement « à des moments de tension particulière dans la journée », sans préciser de quels moments il s’agit. Enfin, avant de voir des policiers en uniforme patrouiller dans les cours de récréation, il faudra que le directeur de chaque établissement ait donné son feu vert.

De son côté Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, dit vouloir « remettre de l’ordre » à l’école. La formule semble parfaitement répondre aux attentes du chef de l’Etat qui avait «  » que des mesures soient prises après la publication d'une vidéo montrant avec une arme factice.

Pour « remettre de l’ordre », Jean-Michel Blanquer propose notamment de multiplier les équipes mobiles de sécurité. Composées de 10 à 50 personnes parmi lesquelles des enseignants, des conseillers d’éducation ou encore des gendarmes à la retraite, elles se déplacent d’un établissement à l’autre selon les besoins.

Depuis une semaine, des milliers d’enseignants dénoncent sur les réseaux sociaux l’insuffisance de l’écoute de leur hiérarchie . Le mot-clef ironique dénonce comment certains cas de violences qu’ils font remonter seraient étouffés. Un moyen, selon eux, pour ne pas faire de bruit, pas de vague.

Pour leur répondre, le ministre de l’Education nationale souhaite que chaque cas de violence soit «  ». L’objectif de cette mesure étant de dresser un tableau précis et factuel du nombre de cas et de leur gravité. Enfin, pour apporter une sanction forte lorsque cela sera nécessaire, la ministre de la Justice Nicole Belloubet veut multiplier les travaux d’intérêt général (TIG) qui ont selon elle « une forte valeur éducative ».

Face à ce virage sécuritaire pour l’école de demain qui s’accompagne également de l’ouverture de 20 nouveaux centres éducatifs fermés, certains professeurs et parents d’élèves ont fraîchement accueilli ces pistes de réflexion. S’ils saluent la réactivité du gouvernement face à leur grogne, certaines voix se lèvent déjà pour critiquer ce virage sécuritaire.

C’est le cas du syndicat d’enseignants Unsa qui déplore « qu’avec ces mesures on répond aux situations de violences qui sont les plus marquantes, mais qui ne correspondent pas au quotidien des professeurs ». Car les enseignants sont principalement ciblés par des insultes, rappellent plusieurs d’entre eux. « Les profs ont surtout besoin d’un arsenal pour améliorer le climat scolaire et d’espaces de dialogues » estime ainsi l’Unsa.

REUTERS/Philippe Wojazer

L'air de la capitale du Sénégal est chargé en particules fines depuis maintenant 48 heures. Des particules dangereuses pour les habitants fragiles. L'épisode est récurrent dans la ville, parmi les plus polluées au monde.

La sensation d'être dans un nuage de poussière en permanence, c'est ce que vivent la jeune Aminata Sall et sa famille. « C'est la ville, donc il y a beaucoup de voitures qui dégagent de la fumée. La fumée avec de la poussière, ça empêche les gens de respirer. Ma mère est asthmatique, elle ne peut pas trop s'adaptée. Parfois, elle va à l'hôpital pour prendre des médicaments et éradiquer ça », nous raconte la jeune fille.

Asthmatique elle aussi, Fatou Dhiaw est malgré tout sortie de chez elle. Pour tenir dans le centre ville elle a pris ses médicaments... « J'ai la Ventoline, mais j'ai oublié l'autre. On ne voit pas bien, on ne respire pas bien. Donc c'est difficile pour nous », nous explique-t-elle.

Limiter son exposition à la pollution

Il y a des gestes simples pour limiter son exposition à la pollution. André Jacques Dioh travaille au centre de gestion de la qualité de l'air. « On demande aux gens de limiter leurs déplacements et de ne pas s'exposer à l'air ambiant. L'Etat du Sénégal fait des efforts. Le Centre de gestion de la qualité de l'air a fourni des données sur la pollution à Dakar. C'est le seul centre en Afrique de l'ouest. Dakar n'est pas la ville la plus polluée d'Afrique de l'ouest », assure le spécialiste.

Cette pollution provient surtout des vents du désert qui soufflent en cette saison. Dans l'air de la ville, toute l'année il y a sept fois plus de particules fines par rapport aux recommandations de l'OMS.

Et l'épisode devrait se poursuivre au moins pour toute la journée de ce jeudi.

RFI

Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, est furieux contre l’union interparlementaire (UIP). L’organisme international a relevé des « irrégularités » dans le procès de l’ex-député-maire de Dakar, Khalifa Sall, condamné à cinq ans d’emprisonnement en août.

Les irrégularités judiciaires s’expliquent par « le caractère politique du dossier ». Ce sont les mots choisis par les membres du comité des droits de l’homme de l’UIP, une organisation plus que centenaire qui rassemble les Parlements des Etats souverains. L’institution rejoint ainsi la cour de justice de la Cédéao et qualifie d’« arbitraire » la détention provisoire de Khalifa Sall.

Ses recours auprès du juge d’instruction n’auraient pas été pris en compte sur le fond, dénonce aussi l’Union interparlementaire. Enfin, elle demande un examen impartial et indépendant du pourvoi en cassation du candidat à la présidentielle.

Pour Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale du Sénégal, cette décision de l’UIP est « incohérente ». Le texte comporte pour lui des « dérives interprétatives » sur une décision de justice qui est celle d’un pays souverain.

Le président regrette également que les membres du conseil des droits de l’homme n’aient pris en compte, selon lui, que la version de Khalifa Sall. Dans sa décision, l’Union interparlementaire fait part en tout cas de sa difficulté à accéder aux informations du dossier judiciaire.

RFI

Nous avons eu l’occasion d’évoquer ici-même l’intention d’Air Sénégalde voler de ses propres ailes et de supplanter la compagnie Corsair pour la liaison Dakar-Paris-Dakar. Nous émettions alors quelques réserves au vu de la situation plus qu’embryonnaire de la compagnie nationale sénégalaise.

Les prix avantageux … de l’histoire ancienne

Rappelons que la présence de Corsair, en concurrençant Air Francesur cette ligne avait permis de casser les prix. Cette situation semble bien révolue aujourd’hui. 

Adieu Orly, bonjour Roissy

En effet Air Sénégal va désormais s’allier avec Air France dont elle va bénéficier de la logistique et des services (enregistrement, embarquement, salon affaires, etc.) Ce partenariat va notamment lui permettre de bénéficier de l’accès au terminal E de Roissy-CDG, une aérogare fonctionnelle. 

Terminés les embarquements et débarquements à Orly pour les passagers qui empruntaient auparavant Corsair.

Autre avantage à trois mois de l’ouverture de la nouvelle ligne par Air Sénégal celle-ci va pouvoir disposer du réseau commercial d’Air France en particulier de ses agences de voyages. Grâce à cet accord on pourra ainsi effectuer le voyage aller sur Air France et un retour sur Air Sénégal avec le même billet.

Un marché de dupes ?

A première vue il s’agit là d’une bonne nouvelle. Oui mais à y regarder de plus près ce sont surtout les autorités sénégalaises qui vont empocher le bonus grâce à ces économies. Air France aussi, qui voit ainsi disparaître la concurrence de Corsair et qui n’a pas à redouter celle d’Air Sénégal en situation de dépendance vis-à-vis d’elle. Et qui dit absence de concurrence dit monopole donc un marché maîtrisé en particulier sur les prix. Cherchez l’erreur !

Or cette ligne est particulièrement juteuse, songez que la demande y est plus forte que l’offre et que le remplissage annuel des avions est voisin de 90 % ce qui autorise des tarifs élevés. CQFD !

« Aux urnes » voyageurs !

Si donc, dans ce trio « Air France », « Air Sénégal » et « voyageurs », les deux premiers sont gagnant-gagnant, qui selon vous sera le dindon de la farce ? Les c… de voyageurs pardi. Et les sénégalais de France peuvent dire aujourd’hui « merci ». Merci qui ? 

« Merci monsieur Macky Sall ! Depuis les débuts de votre septennat nous pouvions bénéficier avec Corsair d’un tarif avantageux, ça c’était hier, et les choses demain vont changer. Mais rassurez-vous, on a bien l’intention de vous faire supporter la future augmentation du prix du billet lors de l’élection présidentielle en février prochain. Ce sera pour nous une façon de nous dédommager à défaut de se faire rembourser ».

Le directeur de publication d’Ichrono


Par Coumba Kane (Londres, envoyée spéciale) LE MONDE

« Cette lecture est très instructive. Quand Ki-ZERBO disait que chacun devait écrire pour se dire refusant à autrui d'écrire à notre place, il pensait à ce genre de suprématie que certains américains avec Trump tentent de réveiller. Pour ma part ce texte éclaire et il n'incite en rien à la guerre de civilisation. Des auteurs comme LYNCH et autres sont des penseurs très suivis.Lire pour comprendre ». P B CISSOKO


Dans son livre, l'essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».
L'essayiste britannique Reni Eddo-Lodge. CREDITS : DR


En pleine interview dans un parc de Soho, dans le centre-ville de Londres, un sans domicile fixe l'interpelle. « Etes-vous écrivain ? Je voudrais discuter avec vous. » Reni Eddo-Lodge décline la requête, un brin décontenancée. D'ordinaire, c'est elle qui impose la conversation. Son premier livre, Why I'm No Longer Talking to White People About Race, paru en 2017, a déclenché une controverse nationale sur la fin du dialogue entre communautés dans un Royaume-Uni qui a longtemps vanté son multiculturalisme.


Au Brésil, des militants antiracistes s'en servent comme outil face à Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême droite, favori de la présidentielle. En Australie, des sympathisants des droits des Aborigènes se sont sentis « compris et encouragés » à sa lecture.


Après avoir été traduit en polonais et en allemand, le livre est sorti en France à la fin du mois de septembre, en pleine polémique autour du prénom d'Hapsatou Sy qui, selon, Eric Zemmour, serait une « insulte à la France ». Son titre en français : Le racisme est un problème de Blancs (éditions Autrement).
Redoutable rhéteuse


Dans cet ouvrage, la Londonienne de 29 ans dissèque la manière dont le racisme imprègne la société britannique et « affecte l'égalité des chances des personnes de couleur ».


Elle y procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel », épluchant données gouvernementales, archives et études universitaires pour mesurer l'ampleur de son impact dans l'accès au logement, à l'éducation ou à l'emploi.


Un travail qui a abouti à un tableau édifiant des discriminations systémiques et dont la conclusion est qu'il est difficile d'« expliquer autrement qu'en 2018, à compétences égales, vous avez moins de chances de décrocher un job si vous avez un nom à consonance africaine ou asiatique que si votre nom sonne blanc ».
L'aventure commence pour elle un soir de février 2014, avec un article posté sur son blog et, déjà, intitulé « Pourquoi je ne parle plus de racisme avec des Blancs ». Cette charge contre le déni du racisme, « le mur blanc », devient rapidement virale.


Une grande maison d'édition lui propose d'en faire un livre. « Quand j'ai publié ce billet, se souvient-elle, j'étais pessimiste et triste, car quand je parlais de mon expérience du racisme à mes amis, camarades ou collègues blancs, on me répondait que c'était dans ma tête. On met ça sur le compte de la sensibilité, pas de l'injustice. Il me fallait raconter cette sensation d'effondrement qu'on ressent face au déni de cette souffrance dévastatrice. »
Lire aussi : Décoloniser les arts : « Les Blancs doivent apprendre à renoncer à leurs privilèges »


Diplômée en littérature, Reni Eddo-Lodge a alors 24 ans et incarne ce nouvel antiracisme en opposition avec celui qui refuse de voir la couleur de la peau et les discriminations qui en découlent. Le débat prend vite sur les plateaux de télévision, où elle se révèle être une redoutable rhéteuse. Son goût pour la controverse la pousse même à proposer une conversation avec le leader d'extrême droite Nick Griffin en plein référendum sur le Brexit. A l'issue de cet échange – retranscrit dans le livre –, le politicien invitera la jeune femme, née à East London de parents d'origine nigériane, à « foutre le camp de ce pays ».


« Privilège blanc »


Reni Eddo-Lodge revendique une décennie de militantisme, nourri cependant d'une expérience amère dans les cercles féministes blancs. « Simone de Beauvoir m'a révélée à mon féminisme. Lors des réunions, quand j'évoquais le fait d'être doublement discriminée car Noire et femme, on me répondait que j'étais hors sujet, car ici on parlait de sexisme », se souvient l'écrivaine au look recherché : coupe afro rasée sur les côtés, mocassins, veste en velours.
Elle en conclut que le racisme n'est pas une question de valeur morale, mais d'exercice du pouvoir. Un pouvoir qui bénéficie à ceux qui jouissent du « privilège blanc », qui consiste à « avoir des avantages dans la vie juste à cause de sa couleur et non pas par mérite. Ceux qui en jouissent ne s'en rendent même pas compte car c'est la norme. Etre blanc dans ce monde, c'est être universel », explique-t-elle simplement.


L'écrivaine sait qu'elle dérange. Les progressistes « lisent l'essai et en sortent ébranlés, car j'interroge la dimension systémique qui leur permet d'avoir des privilèges au détriment des personnes de couleur. Un peu comme les hommes progressistes face à #metoo ». Ses détracteurs l'accusent de pratiquer un « racisme anti-blanc » et de tout ramener à l'identité raciale, alors que pour elle « c'est la blanchité comme idéologie qui est dangereuse ».
Pour illustrer ce racisme insidieux qui « s'infiltre tel un gaz dans tout ce qui nous entoure », Reni Eddo-Lodge raconte qu'à 4 ans, elle a demandé à sa mère quand elle deviendrait... blanche. « A la télévision, dans les livres, les personnages positifs étaient blancs. Les méchants étaient non blancs. Je me voyais comme une fillette intelligente. Il était donc évident que je deviendrais blanche plus tard », se souvient-elle.


Groupuscules néonazis


La journaliste place son récit dans la grande histoire, celle des tensions raciales héritées de la colonisation, de l'esclavage (1,5 million d'Africains ont transité par Liverpool pendant la traite) et de l'immigration du XXe siècle. Une histoire de relégation sociale, de lynchages et de violences policières, mais aussi de résistance et de révoltes.
L'auteure rappelle le prix du sang versé par des soldats jamaïcains lors de la première guerre mondiale et leur marginalisation sitôt le conflit fini. Son essai fait aussi écho au scandale de la génération Windrush, du nom de ces Antillais venus reconstruire le pays après la guerre et aujourd'hui menacés d'expulsion.


Face au discours anti-migrants, Reni Eddo-Lodge fait d'ailleurs sienne cette déclaration de l'ancien directeur du cercle de réflexion Institute of Race Relations, l'écrivain sri-lankais Ambalavaner Sivanandan (mort le 3 janvier 2018) : « Si nous sommes ici, c'est parce que vous étiez là-bas. »
Aujourd'hui, les tensions raciales se sont renforcées au Royaume-Uni, portées par le Brexit et le retour en force de groupuscules néonazis. Reni Eddo-Lodge croit en un mouvement global antiraciste. Dans son pays, elle est devenue un porte-voix.


Mais cette exposition pourrait la transformer, malgré elle, en icône antiraciste vouée à policer ses propos. Pour le moment, elle continue de « prendre soin » d'elle, elle qui a souffert de dépression chronique et pour qui le livre a été une « thérapie », une conversation avec elle-même. « Il y a un lien entre racisme et santé mentale. Toutes les injustices détruisent, car vous souffrez de ne pas avoir le contrôle de votre vie », insiste celle qui travaille sur d'autres sujets, laissant la discussion ouverte.

1. Reni Eddo-Lodge   Journaliste


Reni Eddo-Lodge est une journaliste et auteure britannique. Elle écrit sur le féminisme et le racisme structurel. Eddo-Lodge est née et a grandi à Londres. Sa mère est nigériane. Elle explique avoir « réalisé qu'il y avait un vrai problème de représentation dans la société » à l'âge de 4 ans lorsqu'elle a demandé à sa mère quand est-ce que sa peau noire deviendrait blanche.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/10/21/reni-eddo-lodge-etre-universel-dans-ce-monde-c-est-forcement-etre-blanc_5372595_3212.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1540143081

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