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La présence du Front national (FN) au second tour de l’élection présidentielle ne surprend plus en France. Contrairement au fameux « coup de tonnerre » du 21 avril 2002, les 7, 7 millions de voix obtenues par Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle n’ont pas entraîné pour l’instant de « réveil » citoyen. L’appel à manifester de plusieurs associations, dont SOS racisme, lundi 24 avril au soir, place de la République à Paris, n’a eu que peu d’échos, ne ressemblant que quelques centaines de personnes.

Je suis très inquiet. Il n’y a qu’à regarder autour de nous, il y a une centaine de personnes. Il y a 15 ans, on remplissait d’ici jusqu’à Nation.

RFI

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Deux jours après le 1er tour, François Hollande préside une cérémonie à la mémoire de Xavier Jugelé, abattu jeudi sur la célèbre avenue parisienne.

Pour la première fois depuis le premier tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent ensemble à l'hommage de Xavier Jugelé, le policier tué jeudi lors de l'attentat sur les Champs-Élysées. L'hommage est rendu dans la cour de la préfecture de police en présence des deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle, qui ont répondu favorablement à l'invitation de François Hollande. Xavier Jugelé sera élevé à titre posthume au rang de capitaine et sera fait chevalier de la Légion d'honneur.

Le policier de 37 ans a été tué jeudi de deux balles dans la tête par Karim Cheurfi, qui a blessé deux autres policiers, dont l'un grièvement, ainsi qu'une touriste allemande, avant d'être abattu. Il était membre de la 32e compagnie de direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris. Jeudi peu avant 21 heures, à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, une voiture s'arrête à la hauteur d'un car de police garé dans le haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées, au cœur de Paris. Le conducteur, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans, sort et tire à l'arme automatique de type kalachnikov contre le véhicule des forces de l'ordre, tuant Xavier Jugelé. L'assaillant, bien connu de la police et de la justice pour son intention de tuer les forces de l'ordre, tire de nouveau vers les policiers, qui ripostent et l'abattent.

11H07 - "Je suis parti travailler et tu dormais encore"

Le compagnon de Xavier Jugelé prend la parole. Dans un discours très émouvant, il explique que, le jour des faits, le couple préparait son projet de vacances : "Je suis parti travailler et tu dormais encore." Sur les Champs-Élysées, "à cet instant, à cet endroit", le "pire est arrivé". "Tu a été emporté sur le coup, tes camarades ont été blessés, l'un d'eux gravement. Ils se remettent progressivement. Nous en sommes soulagés", lance-t-il, très ému.     

11 h 02- Le cercueil de Xavier Jugelé entre dans la cour de la préfecture de police

 La cérémonie d'hommage au policier tué par Karim C. a commencé. Sont notamment présents l'ex-chef de l'État Nicolas Sarkozy, les anciens Premiers ministres Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls ou encore Jean-Pierre Raffarin, ainsi que le procureur de Paris François Molins et les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Claude Bartolone et Gérard Larcher.      

10 h 38 - Le Maire propose de participer au gouvernement si En marche ! n'a pas de "majorité claire"

     

"Je voterai pour Emmanuel Macron" au second tour de la présidentielle, a déclaré l'ancien ministre Bruno Le Maire (Les Républicains) sur RMC et BFM TV. "On banalise la situation politique actuelle", a-t-il regretté. "Une victoire de Marine Le Pen le 7 mai prochain est possible. On fait comme si l'élection d'Emmanuel Macron était acquise", a poursuivi le député de l'Eure, qui "pense qu'on fait une erreur profonde" à cet égard. "Bien sûr que j'ai des divergences avec Emmanuel Macron. (...) Son projet n'est pas à la hauteur de la situation, notamment en matière économique, (...) il faut aller beaucoup plus loin. (...) Mais il est républicain. Il peut diriger la France." Comme on lui demandait s'il pourrait intégrer un gouvernement sous la présidence de M. Macron, Bruno Le Maire a évoqué trois hypothèses : la droite battue aux élections législatives et donc dans une "opposition constructive" ; une majorité derrière Macron ; une chambre "dans laquelle aucune majorité claire ne se dégage". Alors, "la seule chose qui compte, c'est l'intérêt de la France" et "je n'aurai aucune hésitation". "Je ne fais pas de la politique pour mon parti, je fais de la politique pour la France."

     

10 h 20 - Les trois intuitions d'Emmanuel Macron

 Encore inconnu il y a trois ans, le candidat d'En marche ! a eu trois visions qui l'ont construit. Deux d'entre elles se sont déjà réalisées...

LIRE : Les trois intuitions d'Emmanuel Macron      

09 h 00 - Marine Le Pen critique le "libre-échange total"

En visite au marché alimentaire de Rungis, Marine Le Pen s'est posée en candidate de la "régulation" contre son adversaire Emmanuel Macron, celui de l'"ouverture totale". "Emmanuel Macron est pour la dérégulation totale, l'ouverture totale, le libre-échange total. Moi, je crois que l'État doit poser des régulations au marché pour établir une concurrence loyale, permettre qu'un acteur ne détruise pas l'autre, comme c'est souvent le cas avec la grande distribution", a affirmé Marine Le Pen. Elle s'est inquiétée du "libre-échange total qui va mettre nos productions en concurrence totale avec des produits de moins grande qualité, de moins bonne traçabilité".

 08 h 00 - Christine Boutin appelle à voter pour Marine Le Pen

Christine Boutin, ex-candidate à la présidentielle et ex-ministre de Nicolas Sarkozy, prône "le vote révolutionnaire" en faveur de Marine Le Pen pour faire battre Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, dans une série de tweets lundi. "Voter Le Pen, ce n'est pas adhérer aux idées FN, mais c'est affaiblir EM" (Emmanuel Macron), écrit l'ancienne présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD). "Français de droite, nous sommes depuis le résultat d'hier dans une situation impossible ! Le vote révolutionnaire peut être la réponse", ajoute-t-elle au lendemain de l'élimination du candidat de la droite François Fillon au premier tour.

RFI

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Après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, quelles leçons tirer du premier tour ? Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde » a répondu à vos questions.

Au lendemain du premier tour, qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont remporté, quels enseignements tirer ? Le vote blanc et l’abstention risquent-ils d’être élevés ? Quelles conséquences pour celle ou celui qui sera président(e), et pour leurs soutiens ? Gérard Courtois,éditorialiste au Monde, a répondu, dans un tchat organisé lundi 24 avril, à vos questions.

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– SebR : Maintenant que le PS est dans un position de faiblesse extrême, sa survie passe-t-elle obligatoirement par une alliance avec Emmanuel Macron ? Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pourrait-il continuer à grappiller des voix aux législatives si une telle alliance ouverte et officielle naissait ?

C’est évidemment l’un des résultats majeurs de la soirée de dimanche. Le Parti socialiste (PS) se trouve pratiquement laminé : avec 6,3 % des suffrages exprimés (et moins de 5 % des inscrits), il enregistre son plus mauvais résultat depuis un demi-siècle.

Ce résultat est d’autant plus calamiteux que Benoît Hamon avait obtenu le ralliement du candidat écologiste Yannick Jadot. Par comparaison, François Hollande et Eva Joly, en 2012, avaient rassemblé 31 % des suffrages exprimés.

Tout y a contribué : le quinquennat chaotique de François Hollande, les fractures qui sont apparues entre socialistes de gouvernement et frondeurs, enfin la campagne terriblement ratée de Benoît Hamon. C’est un échec individuel pour lui qui espérait s’imposer à la tête du PS à l’avenir. Et c’est un échec collectif pour l’ensemble des socialistes.

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Une alliance avec Emmanuel Macron paraît à ce stade difficilement réalisable. L’ancien ministre de l’économie a en effet imposé à tous ceux qui postulent pour être ses candidats aux législatives de se placer sous la bannière d’En marche ! Pour les quelque 230 députés socialistes sortants, un tel choix relèverait de l’hara-kiri.

Le risque, dès lors, pour les socialistes est de se retrouver à la fin du mois de juin à l’étiage parlementaire qu’ils avaient connu en 1993 : à peine plus de cinquante députés. C’est sur la base de ces résultats aux législatives qu’un accord de gouvernement pourrait éventuellement être passé avec les forces soutenant le président de la République, Emmanuel Macron par hypothèse.

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– Emilie : Emmanuel Macron était plein d’euphorie hier soir. Il ne semble pas avoir pris la mesure de la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Les reports de voix en sa faveur sont-ils si certains qu’aucune action de conquête de l’électorat de ses adversaires ne s’impose ?

L’euphorie du candidat d’En marche ! était effectivement manifeste. Et assez logique si l’on prend la mesure de l’invraisemblable pari qu’il a réussi à tenir en quelques mois. Mais il est évident qu’il aurait grand tort de croire le deuxième tour déjà joué. C’est une nouvelle campagne qui commence. Elle va être très différente de celle du premier tour, où l’on n’a pas eu de véritable confrontation entre les candidats.

Durant la douzaine de jours à venir et notamment lors du débat télévisé du 3 mai, c’est au contraire un affrontement sans merci qui va s’engager avec la candidate du Front national. En outre, aucun candidat n’est à l’abri d’une erreur lourde de conséquences, surtout dans un délai aussi ramassé. Si Mme Le Pen s’imposait nettement lors du débat du 3 mai, il resterait fort peu de temps à M. Macron pour riposter.

– E. : Y aura-t-il une vague Cevipof entre les deux tours ? De plus, la fracture villes-campagne est frappante, les grandes villes ont l’air d’avoir voté majoritairement Mélenchon-Macron…

Oui, il y aura une vague Cevipof entre les deux tours. Elle sera a priori publiée dans le journal du 3 mai (daté 4 mai). Quant à la fracture ville-campagne, j’ai répondu dans une précédente question.

– Ghils : Au vu du peu d’entrain que suscite ce second tour pour les électeurs de gauche (dont je suis), le vote blanc et l’abstention risquent d’être assez élevés ! Pour ma part, je voterai blanc. Quelles conséquences pour la légitimité du/de la futur(e) président(e) ?

Au premier tour, contrairement à ce que laissaient présager les sondages, le taux d’abstention (21,8 %) et le niveau des votes blancs (1,8 %) n’ont pas été particulièrement supérieurs à ce que l’on avait observé lors des scrutins de 2012 et de 2007.

En revanche, il est très vraisemblable que le niveau du vote blanc va être beaucoup plus significatif au second tour. A gauche, bon nombre d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon, en particulier, ne se reporteront pas sur Emmanuel Macron. Ils sont aujourd’hui 29 % à refuser ce choix. A droite, de la même manière, bon nombre d’électeurs de François Fillon et surtout de Nicolas Dupont-Aignan préféreront l’abstention ou le vote blanc à un vote Macron.

Quant à la légitimité du futur président, elle est de toute façon vouée dès le départ à être fragile : Emmanuel Macron a recueilli à peine plus de 18 % des voix des inscrits et Marine Le Pen à peine plus de 16 %. C’est un socle très faible pour l’un comme pour l’autre.

– tarti : La plus belle victoire d’hier n’est-elle pas celle des sondeurs ?

Vous n’avez pas tort. On a assez, de tous côtés et sur tous les tons, accusé les sondeurs de raconter n’importe quoi pour ne pas souligner la précision de leurs enquêtes d’intentions de vote et de leurs estimations dimanche soir.

C’est en particulier le cas d’Ipsos, qui est notre partenaire avec le Centre de recherche de Sciences Po (Cevipof) depuis dix-huit mois. Les dernières enquêtes précédant le premier tour indiquaient non seulement l’ordre d’arrivée exacte des principaux candidats mais également leurs scores à un point près au maximum. Quant à l’estimation à 20 heures hier, elle était exacte à 0,3 point près.

– Elisia : L’élimination des deux grands partis au premier tour annonce-t-elle la fin du bipartisme français tel qu’on l’a connu jusqu’à aujourd’hui ?

C’est indéniablement un bouleversement du paysage politique. Celui-ci a été dominé depuis le début des années 1970 par l’affrontement bipolaire entre la droite et une gauche conduite par le Parti socialiste. L’élimination des candidats de ces deux partis dimanche soir est donc un double séisme.

Selon l’expression qui s’est rapidement imposée, c’est une sorte de « 42 avril », c’est-à-dire le 21 avril 2002 multiplié par deux. L’échec des Républicains et l’effondrement du Parti socialiste traduisent la décomposition d’un système ancien, usé jusqu’à la corde, autant qu’un besoin très fort d’un renouvellement auquel aspirent les Français.

Mais cette décomposition ne préjuge en rien, à ce stade, de la manière dont le paysage politique va se réorganiser. Selon les résultats du PS et des Républicains aux législatives de juin, sera ou non confirmé leur effacement durable. Le risque est évidemment beaucoup plus fort pour les socialistes qui viennent d’enregistrer l’un des revers les plus cuisants de leur histoire.

Lire aussi :   Le PS « unanime » appelle à voter pour Emmanuel Macron

– Jérémy : Le vote pour Emmanuel Macron est-il un vote d’adhésion, ou un vote « par défaut », qui s’explique surtout par le rejet de la personnalité (et des affaires) de François Fillon ? Peut-on dire que, pour ce premier tour, les motivations des électeurs sont d’une certaine façon les mêmes qu’en 2012, où le rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy avait valu la victoire à François Hollande, plus que l’adhésion à son programme ?

Dans toutes élections et notamment à la présidentielle, il y a une part de vote de rejet. C’est particulièrement vrai lorsque le président sortant se représente et se voit reprocher son bilan. C’est ainsi que François Mitterrand l’avait emporté contre Valéry Giscard d’Estaing en 1981 et que François Hollande avait surclassé Nicolas Sarkozy en 2012.

Cette année, on a assisté à « un vote contre » tous azimuts : vote contre François Fillon du fait des affaires judiciaires qui l’ont discrédité, vote contre Benoît Hamon parce que l’affaiblissement de sa candidature donnait à beaucoup d’électeurs le sentiment d’un choix perdant, vote contre Marine Le Pen au profit d’Emmanuel Macron vécu par bon nombre d’électeurs comme le meilleur rempart contre l’extrême droite.

Il y a bien sûr eu une part de vote d’adhésion, notamment en faveur de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron. Mais il est certain que le vote utile, ou plus exactement les votes utiles, a pesé plus lourdement que lors des deux précédents scrutins présidentiels. Et ce comportement risque d’être démultiplié au second tour.

 

 

Le Monde.fr

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L’Argentin, auteur du but de la victoire dans les dernières secondes, permet au club catalan de reprendre les commandes à cinq journées de la fin.

 Lionel Messi puissance 500 ! Auteur de ses 499e et 500e buts avec le FC Barcelone, l’Argentin a renversé un Real Madrid en infériorité numérique (3-2) dimanche dans le clasico du Championnat d’Espagne, permettant aux Catalans de passer devant à cinq journées de la fin.

Dans un match électrique au stade Bernabeu, l’attaquant argentin a frappé deux fois (33e, 90e+2) et Ivan Rakitic une fois (73e) pour dompter le Real, qui a marqué par Casemiro (28e) et James Rodriguez (85e) avant d’achever la rencontre à dix après l’exclusion de Sergio Ramos (78e).

Et voilà, contre toute attente, le Barça est de retour en tête de la Liga (75 points) en vertu d’une différence de but particulière favorable par rapport à l’équipe de Zinédine Zidane (75 points). Certes, les Madrilènes gardent un match en retard à jouer à Vigo courant mai, mais la dynamique a brusquement changé dans la course au titre : le Barça est revigoré malgré son élimination face à la Juventus Turin mercredi en quart retour de Ligue des champions (0-3, 0-0). Et le Real se retrouve sous pression avant un mois de mai décisif où ils affronteront leur redoutable voisin, l’Atletico, en demies de C1 (2 et 10 mai).

Le Barça ressuscité

L’entraîneur barcelonais Luis Enrique, qui vivait son dernier clasico avant son départ annoncé en juin, avait prévenu que ce match serait « comme une finale ». Et c’est son équipe qui y a cru le plus, à l’image du but victorieux de Messi tout au bout du temps additionnel, alors que James pensait avoir arraché le nul.

Comme piqué au vif par les louanges obtenus cette semaine par Cristiano Ronaldo après avoir atteint les 100 buts en C1, Messi a répondu en devenant le premier homme à atteindre les 500 buts en match officiel avec Barcelone. Et après avoir longtemps végété, ce 234e clasico de l’histoire a souri au Barça, ressuscité dimanche en mondiovision après avoir été enterré mercredi.

 Le Monde

 

lundi, 24 avril 2017 11:49

Quand Dakar «noie» le béton sous le verre

Écrit par

A chaque époque, son architecture entend-on souvent dire. A Dakar, ville dans le rythme, la grande Ecole des arts et celle consacrée à l’urbanisme et à l’architecture ont laissé place à de nouveaux collèges et instituts d’enseignement spécialisés dans les beaux arts, le génie civil et les sciences du bâti dans la cité. La capitale change et en son sein, ses normes d’urbanisme et d’architecture qui vont avec son évolution. Pour preuve, tous ces terrains vendus dans le centre ville ont vu sortir de terre, de véritables œuvres architecturales depuis quelques années. Pour le plaisir des yeux ; mais surtout pour exposer le talent des inventeurs et designers que sont devenus, depuis bien des années, les architectes, autres artistes décorateurs et plasticiens qui pensent la vie dans la cité tous les jours.

«Changeons de monde et d’architecture», tel un nouveau slogan dont les Sénégalais qui en ont les moyens se sont appropriés en ne se fixant aucune limite des fois dans leur «nouvelle folie», le monde du bâti semble en pleine mutations. Sur le boulevard de la République, une rue où se mélangent toutes les formes architecturales héritées de la colonisation, comme celles encore plus fraiches issues de l’art nouveau, on voit que la capitale, du fait du génie des jeunes comme des vieux architectes, change fondamentalement de cap, et d’avenir dans le domaine du bâti.

Restauration, réhabilitation, rénovation… Les mots sont les mêmes, mais on leur colle des fonctions nouvelles du genre, «Projet de réhabilitation et de mise aux normes de l’immeuble Peytavin»… Plus loin, sur la Place de l’Indépendance, l’immense immeuble de l’Hôtel Indépendance, change aussi de forme et de façades. Cette fois, c’est l’Ipres qui s’y colle sous la forme d’un «Projet de construction et de rénovation à usage de bureaux et d’habitations pour l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal» (Ipres).

Devant la façade en pleins travaux, le mot d’ordre est donc à la rénovation et partout, sous les coups des marteaux, sortent de grands trous d’air laissés désormais au vitrage et le verre. C’est gigantesque, c’est impressionnant pour celui qui tombe pour la première sur un tel ouvrage en plein centre de Dakar. Le monde change et La Place de l’Indépendance aussi s’affine et veut changer de cap dans l’esprit des Dakarois et des visiteurs. On veut aller plus «haut» dans la conception de projet; encore plus haut dans leur mise en perspectives.

Finalement, c’est le monde de l’architecture et des beaux arts sénégalais qui bouge, innove, se réinvente. Mais pour aller vers quoi, se demandent certains, architectes et urbanistes eux-mêmes ? Mais un peu plus prudents. De l’art déco avec comme tableaux principaux, les façades. L’idée est aussi celle de l’urbain qui pense la ville depuis la porte de la maison. Près d’un siècle, après que les premiers immeubles sortent de terre dans la vieille ville de Dakar, l’architecture contemporaine sénégalaise fait comme si elle interrogeait à nouveau la façade et, avec elle, le regard du citoyen; mais surtout une nouvelle perception dans la manière de concevoir l’habitat et l’immobilier dans la ville.

On cherche à impressionner, depuis le building administratif, ancien joyau de la capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) parce que siège du gouvernement fédéral, actuellement en pleine phase de réhabilitation également, jusque dans les plus petites réalisations comme le nouveau bâtiment de la Cour des comptes sur le boulevard de la République, c’est un tout monde qui change. La Cité dite de l’émergence est un de ces nouveaux bijoux que le pouvoir actuel veut montrer et exposer pour ce qui est de ses capacités à rénover pour le premier immeuble, et à innover pour la cité qui veut coller si bien aux grands projets du président Macky Sall et ses futurs successeurs à l’horizon 2035. Vous avez bien dit «Emergence».

A vue d’œil, le Building administratif impressionne aussi. Avec ses nouvelles ouvertures sur la mer avec vue imprenable, il va inaugurer un nouveau vitrage tout en couleur de verre face au grand bleu. Il devrait accroître la pénétration des lumières et mettre encore plus de fraîcheur, pour les concepteurs. Le vitrage ou le verre, nouvelle trouvaille d’architectes bien décidés à montrer leur savoir faire et changer le monde, n’a pas que des inconvénients sous un climat plus chaud que dans les pays tempérés où il semble être dans son monde.

Plus de lumière naturelle, plus de fraîcheur, c’est  bien pour un coup de frein à la consommation inutile d’énergies pour éclairer les salles, les bureaux en les aérant au mieux sans excès de consommation électriques. Les 17 milliards de F Cfa mobilisés par l’Etat pour réussir ce nouvel effort de restauration à la suite d’autres qui ont été tentés, en vain, constituent, estime-t-on du côté des autorités, «un investissement très rentable et également justifié, sans compter le confort, la sécurité et tous les avantages que présentent les travaux de restauration.»

L’idée, selon les autorités, qui est derrière la réhabilitation de cet immeuble est de préserver son identité de 1954, avec des conditions de sécurité, de fonctionnalités et de respect du système environnemental sans faille. Des images existent à cet effet pour démontrer que les relevés du sous-structures du bâtiment, sol, fondement ont été faits selon des technologies modernes, satellites, laser. Ces relevés ont été faits de la même manière pour préserver l’immeuble et l’adapter aux conditions actuelles. Le concept retenu est d’en faire un immeuble vert, c’est-à-dire écologique, avec une centrale solaire d’une capacité variant entre 1 et 5 méga installé sur la terrasse de 2.700 m2. Cette centrale devrait prendre en charge l’alimentation en courant dans une proportion de 80% des besoins énergétiques de l’immeuble. Un peu moins de 20% des besoins seront fournis par la Senelec. Pour les autorités, «c’est un immeuble intelligent qui sera livré à l’Etat.»

Entrons un peu dans l’histoire de ces immeubles d’alors dont l’un des plus beaux, qui date des programmes du Fonds d’investissement pour le développement économique et social de l’Afrique (Fides) qui ont démarré en 1946, est aujourd’hui en pleines ruines, sans aucun plan de réhabilitation. Il s’agit de l’ancien Palais de justice. Etabli sur une zone mobile composée de tufs volcaniques, comme pour la Tour de Pise, un moment inclinée avec le mouvement constant de cette roche spongieuse, l’immeuble du bord de mer, non loin du Cap Manuel, est aujourd’hui menacé de destruction parce que laissé en rade. L’urgence et la prudence serait pour l’Etat de sauver ce qui pouvait l’être par une restauration plus audacieuse et plus adaptée aux moyens de l’Etat. Le privé pourrait aussi y intervenir et lui faire changer d’option face à la mer avec le tourisme…

LE CICES, LA TOUR DE LA BCEAO… : Senghor, en inspirateur de l’art deco ?

La nouvelle tendance pour aller vers les chefs d’œuvres les plus improbables ne s’est pas faite au hasard. Elle est aussi dans la volonté des autorités au sortir des premières années d’indépendance, de changer la donne en matière d’architecture et d’urbanisme au niveau de la capitale surtout. C’est le résultat, selon certains architectes, de nombreuses rencontres, mais également la multiplication voire la diversification des horizons de formation. Et, dans ce jeu des nouvelles formes plus adaptées au plan culturel et social avec des matériaux plus faciles d’accès, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) et la Tour de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) ont été des monuments et des symboles des tendances de l’art du bâti dans le pays. Le début des années 1970 est une période faste pour l’émergence d’un nouvel art déco à la sénégalaise. Et Senghor l’inscrit dans un concept bien savant, comme d’habitude chez-lui;  vous avez dit «Parallélisme asymétrique.»

Sur ce sujet, Mohamed Naby Sylla, architecte et Directeur du Collège d’architecture de Dakar, en connaît un petit bout de cette période charnière entre la fin de la colonisation et les indépendances. Un moment où le pouvoir colonial cherche, au sortir de la seconde guerre mondiale, à se donner une belle image dans les colonies en pleine effervescence.  Tout partira d’ailleurs de là. «L’architecture sénégalaise, informe ainsi Mohamed Naby Sylla, a été caractérisée, si on se réfère aux différentes périodes de notre histoire contemporaine, par plusieurs choix d’ordre idéologique, culturel, technique et économique.»

Pour la période précoloniale, on peut distinguer: «-l’architecture domestique connue par la diversité des constructions répondant aux besoins spécifiques des différentes communautés ethniques du pays. Cette architecture nous offre des références culturelles et techniques immenses tant les différences en termes de matériaux, de formes, de techniques, d’éléments symboliques, mystiques ou mythiques sont sources de références. Les matériaux utilisés sont donc selon la disponibilité dans l’espace de vie (bois, pierre ou terre) ;-les architectures des grands empires qui ont presque toutes disparues ou démolies durant les invasions coloniales. Ces architectures faites de pierres et de terres avec des contre forts et murs de protection tels que le fort d’Ahmadou Cheikhou.»

«Avec les indépendances, explique encore Mohamed Naby Sylla, le président Léopold Sédar Senghor commence à développer les revendications identitaires avec la négritude et la référence à nos valeurs culturelles. Cette révolution culturelle s’est accompagnée d’une pensée sur aussi la direction ou l’orientation que devrait prendre l’architecture sénégalaise voire africaine. Et, débute donc la théorie du «parallélisme asymétrique» de l’architecture africaine et dont le Cices, qui est dans un état de dégradation très avancé, en est le symbole. Les architectes avec qui il travaillait l’ont suivi dans cette recherche identitaire.»

En analysant cette architecture, on se rend compte qu’elle est indéniablement africaine, contemporaine et très orientée sur l’efficacité énergétique avec ses cours, ses pans coupés, les orientations possibles de façades... D’autres références ont existé telles que celles à l’architecture soudano sahéliennes des centres urbains de Tombouctou, Djenné ou Mopti. Cette tendance s’est beaucoup développée avec les enseignements de l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme de Dakar et l’Ecole africaine des métiers d’architecture et d’urbanisme (Eamau) basée à Lomé, au Togo. Cependant, à la mort de Léopold Sédar Senghor, la philosophie n’a pas été développée par les architectes sénégalais de nouvelle génération.

Naby Sylla d’ajouter qu’«en effet, avec la fermeture de l’ l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme de Dakar, les architectes sénégalais sont formés à travers tous les continents, de l’Europe aux Etats Unis ou Canada en passant par l’Amérique Latine. Maintenant, les nouvelles tendances sont le Maghreb, voire l’Asie. C’est pourquoi, on assiste à une diversité de références, de formes en matière de production architecturale contemporaine, et avec de plus en plus, les clients sénégalais qui voyagent et découvrent d’autres contrées, les matériaux nouveaux sont toujours sur le marché, permettant des performances volumétriques et de textures très intéressantes.»

LA FAÇADE, CE PETIT DETAIL QUI  CHANGE TOUT

Il existe de nombreux travaux sur les façades dans les écoles et instituts d’architecture. L’art du bâti en a fait les frais dans le bon comme dans le mauvais sens. Mais, le débat se poursuit pendant que l’option sénégalaise pour Dakar ne fait que confirmer la nouvelle tendance.

Depuis le début des années 1990, aussi bien en France qu’à l’étranger, les façades constituent à nouveau, pour les architectes, un lieu privilégié de recherche et d’expérimentation qui va de pair avec un retour massif du décoratif et de l’ornement. Ce faisant, leurs architectes semblent marquer une rupture avec leurs aînés du Mouvement moderne qui avaient, eux-mêmes, instauré une rupture radicale avec la tradition décorative des surfaces, entraînant une révolution de l’esthétique architecturale et de la sensibilité qui diffuse encore aujourd’hui ses effets.

Les principaux instigateurs de cette révolution furent Adolf Loos (1), avec son célèbre pamphlet «Ornement et crime» qui est publié en 1908 et Le Corbusier (2), avec «L’art décoratif d’aujourd’hui» paru en 1925. L’architecture, selon eux, devait se consacrer à des tâches plus nobles et plus utiles, à des sujets plus profonds ou plus élevés et œuvrer pour le Bien et le progrès de l’humanité. Avec l’invention du béton armé et du système poteau-poutre au début du 20e (XXe) siècle, la façade (3) s’est affranchie du rôle qui consistait à tenir le bâtiment debout.

Depuis l’extérieur, ce que proposait Loos aux regards des passants, c’était une enveloppe austère et froide qui dissimulait la vie privée. «Rien ou presque ne devait, selon lui, filtrer derrière ce masque d’anonymité, de moralité et de respectabilité.» Le Corbusier, de son côté, s’est concentré sur les percements et les possibilités de vue. «L’architecture, expliquait le grand Maître, au-delà de la simple construction et des «choses utilitaires», avait à voir avec la science ; «il s’agissait, selon lui, de (dé-couvrir pour connaître et progresser) ou avec la philosophie (passage graduel du sensible à l’intelligible, du tactile au visuel et de la matérialité à l’immatérialité).»

Tout change à partir de ce moment pour les architectes de l’époque et aussi pour les Grandes écoles. Avec l’invention du béton armé et du système poteau-poutre au début du XXe siècle, la façade s’est affranchie du rôle qui consistait à tenir le bâtiment debout. Tout à coup, ses fonctions (structure porteuse, isolation, étanchéité, vue, finition, ornement), qui auparavant étaient pincées et fusionnées dans une même épaisseur, un même plan vertical et une même peau, ont pu être séparées et désolidarisées.

Ainsi, les architectes ont bénéficié d’une liberté sans précédent à l’égard des contraintes physiques des matériaux et la possibilité d’un langage complètement nouveau. La façade est devenue «libre» (selon l’expression de Le Corbusier) et plastique; elle a pu s’adapter à tous les principes et à toutes les intentions sans menacer la stabilité de l’édifice.

L’essentiel était ailleurs, pour le grand architecte qui proposait aux regards extérieurs, des façades planes, lisses et largement ouvertes pour se conformer aux principes de mise en lumière, de transparence et de vérité. Côté intérieur, il proposait avant tout un cadre pour les vues en envisageant la maison ou l’appartement comme de véritables dispositifs de prise de vues. Habiter, selon lui, revenait à «habiter» un appareil photo,  avec les fenêtres qui remplacent l’objectif. Ensuite seulement, venait s’organiser l’espace en-deçà de ces vues. Plus que la construction d’un espace domestique, c’était la domestication des vues qui, selon lui, importait: habiter, c’était voir dorénavant pouvait-on dire.

Ce débat du début du 20e siècle va se prolonger ainsi sur  la suite jusqu’en ce début de  21e, comme pour donner raison à ce génie. Pour les architectes contemporains, le problème de l’architecture n’est donc plus d’interroger la nécessité ou la pertinence du vêtement – leurs prédécesseurs ont épuisé cette question en démontrant sa persistance – mais sur l’infinité des moyens de sa mise en œuvre. En France, c’est sans doute Jean Nouvel qui, le premier, a entrepris ce travail.

Avec la Fondation Cartier (Paris, 1994), il a proposé, en prolongeant et en développant les idées du feuilleté et l’interface, un travail du revêtement qui a fait événement tant l’espacement qui est instauré avec le corps du bâtiment et le jeu sur les apparences, sont importants. Il l’avait déjà esquissé en 1987 avec l’Institut du Monde Arabe et sa façade de moucharabiehs; mais tout s’y jouait encore, selon lui, «sur une micro-stratification que toutes les fonctions innervent comme une peau, au sens biologique du terme.»

Face à cet édifice, la critique architecturale n’a pu faire usage des théories ou des outils d’analyse traditionnels. Elle le réduit souvent à une magnifique ode à la transparence, à la légèreté, à la disparition, ou bien, il n’aurait plus rien à donner dès lors qu’on en aurait saisi l’idée ou l’effet. Mais, si l’on convoque le vêtement, la réflexion peut être prolongée. Comme elle l’est d’ailleurs présentement dans tous les pays en mutation dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme dit innovant.

UNE VILLE QUI CHANGE DE CAP : Et le verre devient le matériau de référence

Dans les métiers de construction, d’architecture et d’urbanisme, le béton reste sans doute le matériau de base le plus utilisé dans le monde. Mais de plus en plus, d’autres accessoires plus fins comme le bois, le verre, la pierre ornementale, et même le papier peint et les tissus sont entrés dans le bâti.

Ici, au Sénégal, dans les domaines de la conception et du design, un astucieux mélange de saveurs et d’inspiration est perçu dans l’édification d’un immeuble comme celui consacrée à la future Cour des Comptes avec une sorte de cœur en triangle fait en bois qui apparaît sous le ventre de l’immeuble avec une couleur ocre qui donne à cet ouvrage. Cela change sensiblement, la petite monotonie de cette grande voie qui sort du portail principal du Palais de la République, pour se diriger vers la mer.

Sur cet espace pourtant, quand on prend le temps d’observer, sont sortis de terre, depuis plus d’une centaine d’années, de beaux édifices comme l’immeuble des eaux, (énorme édifice en béton d’une vingtaine d’étages),  mais encore, de petites maisons pittoresques, avec vues sur la mer, que les embouteillages devraient permettre aux passants, aux usagers de la routes, d’observer tous les jours. 

En effet, avec la fermeture de l’ l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme de Dakar, les architectes sénégalais sont formés à travers tous les continents, de l’Europe aux Etats unis ou Canada en passant par l’Amérique Latine. Maintenant, les nouvelles tendances sont le Maghreb, voire l’Asie. C’est pourquoi, on assiste à une diversité de références, de formes en matière de production architecturale contemporaine, et avec de plus en plus, les clients sénégalais qui voyagent et découvrent d’autres contrées, les matériaux nouveaux sont toujours sur le marché permettant des performances volumétriques et de textures très intéressantes.

On assiste en effet de plus en plus à l’utilisation de façades légères telles que le vitrage ou les plaques d’aluminium, la pierre agrafée ou autres. «La question fondamentale qu’on doit se poser, selon Mohamed Naby Sylla, c’est quels types d’architecture voulons-nous au Sénégal ? Est ce l’architecture internationale qu’on peut retrouver partout dans le monde (New York ou Manhattan, Paris la défense, Dubaï ou Qatar…) ou recherchons nous une architecture ancrée à la culture sénégalaise ou tout simplement une architecture adaptée à notre environnement»?

Copier et ne pas tomber dans le mimétisme facile, voilà l’enjeu pour l’avenir. Mais les jeunes générations d’architectes se donnent-ils les moyens de réfléchir sur la qualité et l’opportunité de tels matériaux dans le bâti sahélien et sénégalais ? Pour l’architecte, «Le vitrage tout azimut dans nos contrées ne peut être en aucun cas une réponse adaptée car contraire à l’économie d’énergie, donc à l’économie, au développement durable. Mais, ce qui est certain, face aux enjeux énergétiques actuels de nos pays, au réchauffement climatique, l’architecture doit être obligatoirement contextuelle, c’est-à-dire prenant en compte outre les références culturelles, les facteurs environnementaux tels que l’ensoleillement, l’humidité, la chaleur, la lumière, le régime des vents, la pluie, le sol et surtout faire en sorte que l’ouvrage soit efficace énergétiquement, les facteurs économiques et sociaux.» 

Architecte et formateur, Mbacké Niang tire dans le même sens que son confrère. Le commentaire qu’il en fait est le suivant ; «La ville est en train de changer de cap avec deux risques: (1) de déraillement culturel non adapté aux traditions sénégalaise; (2) de dérapage climatique non adapté à l’environnement sénégalais. Il nous faut aller vers l’élaboration d’établissements durables au Sénégal (urbanisme, architecture, construction et paysage), par la synergie de l’habitat bioclimatique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.»

Le beau et l’utile ensemble

Le renouveau de l’art passe par la refonte de la hiérarchie artistique. La distinction entre arts majeurs et arts mineurs est abolie : l’artiste, soucieux d’implanter l’harmonie dans la vie quotidienne, ne conçoit plus l’objet isolé de son environnement. Désormais, l’art est dans tout, et il découle de l’utile (5). Cette liaison du beau et de l’utile apparaît dans un contexte de révolution industrielle: la machine inquiète et séduit à la fois, car elle déshumanise le travail tout en produisant pour le plus grand nombre.

L’art est offert à tous et s’attache à tous les domaines : William Morris, assez proche des utopistes, ne dessine-t-il pas des papiers peints ou des objets destinés à la production industrielle ? Lutter contre l’académisme, c’est aussi lutter contre l’élitisme, car, selon Van de Velde, « ce dont seule une minorité profite est à peu près inutile ». Le retour à l’observation non conventionnelle de la nature, l’abolition de la distinction entre arts majeurs et arts mineurs concourent à ouvrir l’art au plus grand nombre. L’artiste devient militant, et se trouve investi d’un rôle essentiel : faire entrer la beauté dans la vie.

Notes

1 - Né le 10 décembre 1870 à Brünn et mort le 23 août 1933 à Vienne, Adolf Loos est un architecte autrichien, défenseur du dépouillement intégral dans l’architecture moderne. S’il n’a jamais rencontré Louis Sullivan, il a été profondément influencé par l’École de Chicago dès le début du siècle, après un voyage aux États-Unis. 

2 - De son vrai nom,  Charles-Édouard Jeanneret-Gris, Le Corbusier est un architecte, urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres, suisse de naissance et naturalisé français en 1930 ; Il est né le 6 octobre 1887 et est mort le 27 août 1965.

3- Sandrine Amy, « Les nouvelles façades de l’architecture », Appareil [En ligne], Numéro spécial

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Le président de la République, Macky Sall, prévient qu’il ne tolérera aucune liste parallèle issue des rangs de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, lors des législatives du 30 juillet prochain. Macky Sall a fait cette déclaration, à l’occasion d’une conférence de presse tenue en marge du séminaire de la coalition présidentielle qu’il a présidée le samedi 22 avril dernier.

Cette rencontre entre le président de la République et président de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar et ses alliés intervient à quelques jours du dépôt des listes de candidatures pour les législatures du 30 juillet prochain dont la date de clôture est fixée pour le 29 mai prochain. S’exprimant lors d’une conférence de presse, à l’issue de cette rencontre à huis clos avec la plupart des responsables des partis membres de Bennoo dont Moustapha Niasse, leader de l’Afp et président de l’Assemblée nationale, Robert Sagna  leader du Rds, MaguetteThiam ex-patron du Pit, Landing Savané d’And Jëf-Pads-A et le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne pour ne citer que ceux-là, le président de la République n’est pas allé dans la langue de bois. Soulignant que l’approche des législatives du 30 juillet doit placer, au cœur des préoccupations de la majorité, l’unité de la coalition Bby, liée par « un même engagement, à lutter ensemble, gagner ensemble et  gouverner ensemble », le chef de l’État a indiqué que la discipline reste le second défi pour la majorité. À ce titre, il a clairement prévenu qu’aucune liste parallèle issue des rangs de Bennoo lors des élections législatives de juillet ne sera tolérée.

« Le défi à gagner est celui de la discipline dans la coalition, et je ne peux m’empêcher aussi de penser à nos partis, et celui du président de la République étant l’épine dorsale est plus que jamais interpellé sur la discipline qu’exige le moment. La nécessité de s’oublier un peu au profit du collectif, de partager la stratégie électorale envisagée tant pour le scrutin majoritaire que pour la proportionnelle autour d’une liste commune est fondamental. Nous ne tolérerons aucune liste parallèle issue de nos rangs», a prévenu le chef de l’Etat sous les applaudissements de la salle. Poursuivant son propos, Macky Sall a expliqué sa position ferme sur la question par l’enjeu national des élections législatives contrairement aux scrutins locaux. « Cela doit être dit avec force. Autant pour les locales, nous avions pris la décision de laisser les gens, s’ils n’étaient pas d’accord, présenter leur liste, parce que les enjeux étaient locaux. Il ne faut pas que l’on confonde les enjeux d’une législative à ceux d’une élection locale. Autant on avait laissé faire, autant ici il s’agira de mettre tout en œuvre pour n’avoir qu’une seule liste Bennoo Bokk Yaakaar», a insisté encore le président Sall lors de cette conférence de presse.

POLEMIQUE AUTOUR DE L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE : Macky Sall clame ses quatre vérités

Le Président Macky Sall qui rencontrait les leaders de Bennoo Bokk Yaakaar, à Dakar a profité de l’occasion pour édifier ces derniers sur les rumeurs « d’ingérence de l’Exécutif dans le judiciaire ». Selon le Chef de l’Etat Macky Sall, il n’en est rien.

Le président de la République a apporté la réplique à ses opposants qui l’accusent d’avoir instrumentalisé la justice sénégalaise pour s’en servir comme bon lui semblait. S’exprimant lors d’une conférence de presse en marge de la rencontre à huis avec les leaders de partis de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar qu’il a présidée, samedi dernier dans un hôtel de la place, Macky Sall a formellement récusé les plaintes de son opposition sur l’indépendance de la magistrature au Sénégal. «Il est facile, lorsqu’on se situe dans une mauvaise passe d’accuser le président de la République ou le gouvernement de faire de l’ingérence dans le fonctionnement de la justice. Nous n’avons rien à nous reprocher par rapport au fonctionnement de la justice. Les attaques ne sont pas des attaques objectives, mais des fanfaronnades de l’opposition qui ne sauraient nous dévier de notre trajectoire». Avant de continuer et d’avancer que les dossiers judiciaires brandis par l’opposition pour s’attaquer au Président et au Gouvernement doivent être appréhendés sous deux formes.  « D’une part, pour le respect du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs entre  l’exécutif et le judiciaire, quelques exemples suffisent pour montrer que l’indépendance de la magistrature n’est pas une chimère. Quelquefois, le Gouvernement fait des recours jusqu’à la Cour suprême, fait des appels sur des décisions en première instance. Donc, il est facile d’accuser le Gouvernement et le Président de faire de l’ingérence dans le fonctionnement de la justice », a laissé entendre Macky Sall.

Selon le leader de l’Apr, depuis 25 ans, toutes les réformes qui concernaient l’indépendance de la magistrature et l’amélioration des conditions des magistrats ont connu des évolutions. « C’est avec nous que l’ensemble des textes qui organisent le Conseil supérieur de la magistrature, le statut des magistrats, de la Cour suprême, autant de dossiers donc ont pu être débloqués, donnant à la magistrature une plus grande liberté ». Et de poursuivre : «En ce qui concerne la matière disciplinaire, même si le président de la République est le Président du conseil supérieur de la magistrature, et même si le Garde des sceaux en assure la vice-présidence, ces deux autorités ne participent nullement dans le processus interne et d’évaluation positive et de sanction des magistrats.

Selon toujours Macky Sall, le deuxième aspect pour expliquer cette indépendance de la justice est lié au devoir de réserve sur les dossiers judiciaires en cours d’instruction.  «Il ne revient ni au président ni à l’opposition, de décider de la culpabilité de qui que ce soit dans une République, de décider de la culpabilité ou non d’un citoyen. Les attitudes notées çà et là dans la coalition, peuvent installer la confusion dans les têtes de nos compatriotes et dans nos propres partis, et dès lors ces attitudes pourraient se traduire par une perception négative de nos politiques, pouvant même développer auprès de l’opinion un sentiment de rejet ». Mais, heureusement s’est réjoui le Président pour finir, « ce n’est pas le cas ».

ADOPTION IMMINENTE DU NOUVEAU CODE DE LA PRESSE : Macky Sall rassure les professionnels des médias

Lors de cette rencontre avec l’État-major de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, le chef de l’Etat est également revenu sur le débat concernant l’adoption du code de la presse pour lequel la Coordination des acteurs de la presse a entamé un plan d’action à travers des rencontres avec le Khalife général des Mourides et celui des Tidianes et une marche prévue le 3 mai prochain. Et c’est pour annoncer le passage, dès la semaine prochaine, en Conseil des ministres du nouveau Code de la presse qui sera présenté «bientôt» et à nouveau aux députés à qui Macky Sall a demandé, en tout cas ceux de sa majorité en l’occurrence, de la voter.  « Vous avez constaté que l’opposition évite le débat sur le bilan. Elle parle de dictature, de menace sur la démocratie. Et pourtant, jamais on ne verra un détenu d’opinion dans ce pays. Aucun journaliste n’a été mis en prison, et pourtant il existe des violations sur les règles de déontologie. Mais c’est notre option fondamentale… Nous allons sortir bientôt le nouveau code de la presse après une longue période de concertation. Ce projet devrait repasser la semaine prochaine en Conseil des ministres parce que le document était déjà à l’Assemblée nationale et ce sont les députés, dans leur indépendance et leur pouvoir, qui l’avaient rejeté sous la précédente législature», a annoncé le président de la République. Poursuivant son propos, Macky Sall a justifié les lenteurs accusées dans l’examen de ce texte devant mettre de l’ordre dans le secteur des médias au Sénégal par une nécessité de le reprendre afin de procéder à nouveau à de larges concertations aussi bien avec les acteurs qu’avec le gouvernement et les députés.

MOUSTAPHA NIASSE SUR LA TÊTE DE LISTE DE BENNOO AUX LÉGISLATIVES : «Je ne suis candidat à rien, je n’attends rien»

«Je ne suis pas candidat, j’ai 77 ans et 5 mois, je ne suis candidat à rien », a clamé Moustapha Niasse lors d’une conférence de presse suivant la rencontre des leaders de Bby. Et de poursuivre : « « Si on a besoin de moi pour une mission, je peux essayer mais je ne demande rien du tout, je n’attends rien. Autrement dit, je ne suis candidat ni au niveau national ni au niveau départemental», a déclaré le président de l’Assemblée nationale et leader de l’Alliance des Forces de progrès. Poursuivant son propos, Moustapha Niasse a toutefois réitéré son engagement à accompagner Macky Sal dans sa quête d’un second mandat à la tête de l’État. Par ailleurs, lors de cette rencontre avec les journalistes, Moustapha Niasse a également précisé que la liste de Bby pour les prochaines législatures n’a pas été encore désignée. Soulignant que les discussions ont porté sur trois points : «l’axe Méthode, l’axe Organisation et l’axe Unité», le numéro 2 de l’État  a indiqué que les réflexions sont en cours concernant cette question de tête de la liste nationale de Bby. «En temps opportun, Bennoo traitera cette question et réglera le problème bien qu’il n’y ait pas de problème. Une tête de liste sera désignée. La question n’a pas du tout été évoquée parce qu’elle n’est pas une priorité pour Bennoo Bokk Yaakaar, ce n’était pas à l’ordre du jour. En plus, rien n’urge».

SudOnline

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La présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle et la défaite cuisante des candidats LR et du PS font peser une menace inédite.

Editorial du « Monde ». Le bouleversement du paysage politique provoqué par le premier tour de la présidentielle, dimanche 23 avril, allie deux caractéristiques d’apparence contradictoire : à la fois prévisible et radical, attendu et néanmoins surprenant. Il était prévisible parce que les instituts de sondage, irréprochables tout au long de cette campagne, avaient annoncé la physionomie du second tour depuis plusieurs semaines.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, cette perspective est récente, elle a grandi à chacun des nombreux coups de théâtre de cette période, dont le candidat a su profiter avec talent. Pour ce qui est de Marine Le Pen, les choses se dessinent depuis plus longtemps. La vie politique française se structure depuis plus de deux ans autour de cette certitude que la présidente du FN occuperait l’une des deux places convoitées, et que tous les autres devraient se battre pour la seconde.

 Lire aussi :   Macron-Le Pen : un duel attendu pour une élection inédite

C’est arrivé, comme prévu, malgré une mauvaise campagne de la candidate FN, et un score en retrait par rapport aux différentes élections depuis 2012. Mais il ne faudrait surtout pas que la banalisation de ce résultat relativise la gravité de la blessure infligée à la nation. Pour la première fois, le FN vient de dépasser les 20 % de voix à une élection présidentielle. Sa candidate y a établi le record de suffrages de son parti, avec 7,6 millions d’électeurs, soit 2,8 millions de plus que son père au premier tour de la présidentielle de 2002. Pour la deuxième fois en quinze ans, un parti nationaliste et xénophobe, manipulé par un clan familial cynique et affairiste, se qualifie ainsi pour l’échéance majeure de notre système politique.

Un refus sans faille du FN

Cette récurrence devrait à la fois alerter sur l’état de notre démocratie, et déclencher, comme en 2002, un refus sans faille. Pour Le Monde, cette réaction ne souffrira pas la moindre ambiguïté. Nous avons redit, avant le scrutin, que le Front national est incompatible avec chacune de nos valeurs, avec notre histoire et notre identité. Logiquement, nous souhaitons donc la défaite de Marine Le Pen et appelons pour cela à voter en faveur d’Emmanuel Macron.

Mais le pire, le plus dangereux, le plus irresponsable pour l’avenir de notre pays, serait de considérer que ce prévisible-là est acquis, que la victoire du candidat d’En marche ! ne souffre pas l’ombre d’un doute. Une comparaison devrait suffire à convaincre de la fragilité de ce pronostic. Emmanuel Macron se lance dans cette deuxième partie de campagne avec 62 % des intentions de vote (selon Ipsos Sopra-Steria) là où Jacques Chirac avait conclu la sienne à 82,2 % des suffrages. Vingt points se sont évaporés en quinze ans. Comme se sont volatilisés les appels à manifester de 2002 ou la notion même de « front républicain » opposé au FN.

 Lire aussi :   Résultats de l’élection présidentielle : la France traversée par une double fracture

C’est le défi que rencontrent les dynamiteurs de système : ils doivent se mouvoir dans un environnement où plus rien n’est stable. Le souffle de l’irruption fulgurante d’Emmanuel Macron a causé d’innombrables dégâts dans les formations majeures de la politique française. Les deux partis de gouvernement et d’alternance sont pour la première fois absents en même temps du second tour, ce qui n’était jamais arrivé à la droite. Le PS a chuté à un score qui le renvoie aux heures les plus difficiles de la SFIO, il y a plus d’un demi-siècle. La droite, pour n’avoir osé tirer la conclusion qu’un candidat discrédité éthiquement ne pourrait se qualifier politiquement, subit une humiliation d’autant plus cuisante qu’elle est infligée par un ancien ministre de François Hollande, président honni dans ce camp, allié à l’autre repoussoir, François Bayrou.

Surmonter la colère

De l’ampleur de ces déconvenues ont fatalement jailli beaucoup de rancœur et d’amertume. Benoît Hamon a su les surmonter pour lancer un appel digne en faveur de l’ancien ministre de l’économie. Mais à droite, les choses semblent beaucoup moins faciles à digérer. Nombre de dirigeants, et d’éditorialistes, font mine de croire que le résultat est certain, pour se dispenser de donner une consigne claire. Beaucoup d’électeurs conservateurs auront sans doute du mal à surmonter leur colère, tant ils ont été chauffés à blanc par un François Fillon, appuyé par les militants de Sens commun, qui n’a pas hésité à tirer toutes les ficelles des extrémismes – incluant complotisme et mise en cause des médias et de la justice – dans sa fuite en avant.

Emmanuel Macron devra également tenir compte de l’ampleur de la protestation sociale mise en avant par le très bon score du leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Rompant avec toutes les traditions de la gauche, celui-ci a refusé, dimanche soir, d’appeler à voter pour l’adversaire du FN. Nul doute qu’un nombre non négligeable de ses électeurs seront tentés par la même attitude. Pour les convaincre de changer d’avis, le candidat centriste ne devra surtout pas commettre la même erreur que Hillary Clinton, qui n’avait tiré aucune conséquence de la longue résistance que lui ont opposée les électeurs de Bernie Sanders. Pour rappel, la candidate démocrate était donnée comme triomphatrice certaine face à Donald Trump, à deux semaines du vote américain.

Le risque d’une abstention massive, un dimanche d’élection qui tombera au milieu du pont du 8 mai, est également loin d’être négligeable. Emmanuel Macron a donc moins de quinze jours pour démontrer à tous ces électeurs réticents qu’il a pris la mesure du choc subi par le système politique français.

Le Monde

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François Fillon, éliminé dimanche au premier tour de l’élection présidentielle, s’est exprimé après l’annonce des résultats, dimanche 23 avril. Le candidat des Républicains a appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour : « L’extrémisme ne peut qu’apporter malheurs et divisions à la France. Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai en faveur d’Emmanuel Macron. J’estime de mon devoir de vous le dire avec franchise, il vous revient en conscience de réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour votre pays et pour vos enfants. »

Il a par ailleurs assuré la responsabilité de cette défaite : « Malgré tous mes efforts, ma détermination, je n’ai pas réussi à vous convaincre. Les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux, trop cruels. La vérité de cette élection sera écrite. J’assume, cette défaite est la mienne, c’est à moi et moi seul de la porter. »

LE MONDE

dimanche, 23 avril 2017 18:46

Football - Clásico : Barcelone, un si logique déclin

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La nouvelle n'est pas dramatique, mais elle reflète bien une tendance. Fin février, à l'occasion d'un match entre les Blaugranas et Leganes, un seul joueur catalan, Sergio Roberto, figurait sur le onze de départ barcelonais. Avec Lionel Messi, ils n'étaient même que deux ce jour-là à avoir été formés à la Masia, le centre de formation du club. Au FC Barcelone, la réforme amenée par Luis Enrique n'était pas que tactique, avec une atténuation de la philosophie de possession de balle de l'équipe. Elle était aussi identitaire. Mais si l'évolution du jeu du Barça s'est avérée payante pour mettre le fameux trio MSN (Messi-Suarez-Neymar) dans les meilleures dispositions, l'autre mutation, elle, n'a pas du tout été positive.

Référence en matière de formation, le FC Barcelone ne peut désormais plus s'octroyer cette palme. Pour la saison 2011-2012, pas moins de 21 joueurs issus de la Masia étaient inscrits sur la liste fournie à l'UEFA pour disputer les matches de Coupe d'Europe. La saison dernière, ils n'étaient que 12 et le nombre est descendu à 11 aujourd'hui. En parallèle, l'équipe fait moins figure d'épouvantail, sort prématurément des deux dernières éditions de la Ligue des champions (quart de finale) et voit son titre de roi d'Espagne menacé d'être chipé par le Real Madrid qui compte trois points d'avance au classement (avec un match en moins).

De Puyol à Umtiti

Moins compter sur les jeunes pensionnaires du centre de formation aurait pu être une bonne orientation..., à condition de mener une politique de transferts qui puisse combler cette « austérité ». Or, le niveau des joueurs choisis depuis deux à trois ans laisse perplexe. On parle ici du FC Barcelone, un club censé posséder dans toutes les lignes une sommité du ballon rond faisant partie du top 3 mondial à son poste. Une exigence toute relative pour le président Josep Maria Bartomeu. Jérémy Mathieu, Samuel Umtiti, Lucas Digne, Arda Turan, Paco Alcacer, André Gomes : le club a dû débourser 195 millions d'euros pour recruter tous ces footballeurs, certes de belle qualité, mais dont le niveau se situe bien loin du gotha international.

En se focalisant sur les feuilles de matches et l'épaisseur de l'effectif, la comparaison avec le Real paraît aujourd'hui cruelle pour le Barça. Cette semaine, en Ligue des champions, Marcelo, Sergio Ramos et Daniel Carvajal formaient la base arrière madrilène contre le Bayern. Depuis la saison 2012-2013, ces trois joueurs n'ont été éliminés qu'une seule fois de ce tournoi, possèdent une expérience incomparable et sont les meilleurs à leur poste. La situation est moins idyllique côté blaugrana. Face à la Juventus, le taulier barcelonais Gerard Piqué, lui, était aidé de Sergi Roberto, Jérémy Mathieu et Samuel Umtiti, et voyait son ex-coéquipier Daniel Alves, que les Catalans ont laissé partir cet été, faire des misères à son ancienne équipe. D'un côté, le Real jouit sportivement de sa stabilité, tandis que Barcelone régresse en ayant peu de flair dans le choix des hommes.

La Masia moins productive ? Un faux argument

Beaucoup avancent l'argument que la Masia est confrontée à un vide générationnel qui l'empêche de fournir de réelles pépites à l'équipe première barcelonaise. Cette justification ne tient pas lorsqu'on s'attarde sur le cas d'Alex Grimaldo, prometteur arrière gauche barré par Lucas Digne, et qui fait aujourd'hui les beaux jours du SL Benfica. Et que dire du dossier Thiago Alcantara, qui contredit l'argument du manque de renouvellement qualitatif à la Masia. Ce joueur, formé au Barça, évolue actuellement au Bayern Munich et s'impose comme l'un des meilleurs milieux offensifs de la planète. Mais il a été recruté en 2013 pour une « bouchée de pain » par le club bavarois (20 millions d'euros, soit moins que le prix d'achat de Yoann Gourcuff à l'OL). À Barcelone, une clause du contrat du joueur prévoyait que si Thiago ne participait pas à au moins 60 % des matches, son prix de départ ne pourrait pas dépasser les 20 millions. L'incompétence de la direction sportive barcelonaise a été double sur le coup : sur le manque de clairvoyance quant au réel niveau d'Alcantara et sur la mauvaise gestion de cette clause.

Un Barça trop pressé

Barcelone n'a surtout pas su renouveler et assurer l'héritage laissé par Guardiola et son colonel sur la pelouse, Xavi, parti en préretraite dorée au Qatar en 2015. Trop pressés de disposer de joueurs « prêts à l'emploi », les dirigeants ont manqué de patience et ne se sont pas inspirés de la riche politique de formation pratiquée sous le règne de Joan Laporta (2003-2010) et qui a permis à des joueurs comme Iniesta ou Messi d'éclore petit à petit au côté de grands joueurs comme Deco ou Ronaldinho. « Personne ne conteste que le Barça dépense des millions pour Suarez ou Neymar. Mais, avant, un joueur comme Paco Alcacer ne serait pas venu. C'est la classe moyenne des joueurs espagnols et, alors qu'ils avaient Munir, ils le prêtent à Valence pour prendre Alcacer. La différence entre aujourd'hui et l'époque de Pep Guardiola, c'est que Guardiola gardait les jeunes, même comme quatrième ou cinquième choix », constate Javier Gomez, directeur adjoint du journal sportif catalan El Mundo Deportivo, cité par L'Équipe.fr.

La comparaison avec le Real est aussi implacable quand on se penche sur le statut des entraîneurs et de leurs stars Ronaldo et Messi. Elle montre que les deux rivaux barcelonais et madrilène se situent dans des cycles bien différents. À Madrid, Zinédine Zidane fait l'unanimité aux yeux de ses joueurs et paraît inamovible. Cristiano Ronaldo, libéré de sa concurrence vis-à-vis de Messi grâce à la victoire portugaise à l'Euro qui lui donne un petit avantage sur l'Argentin, est moins obsédé par ses statistiques individuelles (buts et temps de jeu) et fait davantage preuve d'altruisme grâce au discours de son entraîneur. À Barcelone, le coach Luis Enrique s'est souvent illustré par des oppositions internes avec Lionel Messi et s'apprête à quitter le club à la fin de saison...

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Encore inconnu il y a deux ans et demi, le jeune candidat d'En marche ! a renversé la donne politique. Une révolution par les urnes.

Les Français en ont assez. Assez des vieux discours, des vieux politiciens, des vieilles promesses... Ils avaient trois moyens de renverser la table lors de ce premier tour : la manière forte avec Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et la manière douce avec Emmanuel Macron. C'est cette dernière qu'ils ont choisie en portant en tête du premier tour ce jeune homme de 39 ans avec 23,7 % selon les premières estimations d'Ipsos devant Marine Le Pen, qualifiée au second tour avec 21,7 %. Emmanuel Macron aura réussi le pari fou en deux ans et demi de 1) sortir de l'anonymat ; 2) créer un mouvement en passe de devenir un parti ; 3) réunir les hommes de bonne volonté de droite et de gauche pour tenter de faire évoluer le compromis de 1945 sur lequel repose l'État-providence ; 4) se jouer des rumeurs sur son argent et sa vie privée ; 5) se démarquer du bilan de François Hollande tout en l'ayant servi au bas mot quatre ans...

Macron a diffusé de l'optimisme, mais a surtout profité d'un incroyable concours de circonstances : le renoncement de François Hollande, l'élimination de Manuel Valls à la primaire de la gauche et enfin l'affaire Fillon qui éclate en février, plante la droite, à qui cette élection présidentielle était promise. Certes, Fillon – éliminé selon les estimations d'Ispos avec 19,5 % – avait commencé à dévisser dès janvier, compte tenu d'une campagne qu'il a eu du mal à reprendre après sa victoire à la primaire. Les primaires, tout en le faisant triompher, ont semé les grains de sable qui ont, petit à petit, grippé sa campagne. Les meilleurs arguments contre François Fillon, c'est Alain Juppé lui-même qui les avait fournis durant la campagne... Le candidat, trop sûr de sa victoire, a, dans un premier temps, écarté les sarkozystes de tout poste important pour se replier sur un tout petit cercle de fidèles. Parce que, disait-il, il ne devait "rien au parti". Erreur qu'il a ensuite corrigée lorsque Le Canard Enchaîné a entamé son pilonnage...

C'est, en effet, à ce moment-là que Macron passe devant Fillon dans les sondages. L'électorat juppéiste s'est en partie détourné de Fillon ou s'est réfugié dans un repli abstentionniste. "Macron a pris les grandes villes, Le Pen a pris les campagnes. Les deux se sont partagé les villes moyennes. Nous n'avons plus d'espace", analysait Jean-François Copé. Seul l'électorat des 70 ans et plus est resté filloniste. Ce qui peut être suffisant dans une élection départementale, mais ne suffit pas dans une présidentielle dont le taux de participation (80 % selon Ipsos) est trop élevé et relativise le poids des seniors dans les urnes.

Marine Le Pen avait, quant à elle, besoin d'une abstention forte. Le FN réalise ses plus gros scores quand l'électorat se démobilise, car ses partisans se surmobilisent. Là aussi, ce qui vaut lors des régionales – où elle passe les 40 % par endroits – ne se vérifie pas dès lors que le corps électoral se déplace en masse et dilue, par conséquent, le vote extrême. Cela dit, elle a rempli sa mission a minima : la fille de Jean-Marie Le Pen se propulse au second tour comme son père il y a 15 ans. Dans un contexte tout autre : Jean-Marie Le Pen avait, par surprise, arraché sa place en finale en devançant de quelques milliers de voix Lionel Jospin. Marine Le Pen, elle, faisait la course en tête dans tous les sondages depuis trois ans...

Mélenchonisation

Jean-Luc Mélenchon peut se satisfaire de son score (19,5 % selon Ipsos). Il a atteint l'un de ses buts : détruire le PS, qu'il avait quitté en 2008, après le congrès épouvantable qui avait vu Martine Aubry et Ségolène Royal s'accuser de tricheries. Mélenchon considérait alors que le PS, confit dans la social-démocratie, était irrécupérable et qu'il fallait refonder un vrai parti de gauche. Son OPA sur le vieux Parti communiste a été mené de main de maître, car si les dirigeants du PCF sont restés réticents à suivre le leader de La France insoumise, la base des militants communistes, elle, était mélenchonisée. Que fera le leader pro-chaviste de son réservoir de voix pour le second tour ? Vers qui se tourneront ses électeurs... ?

Benoît Hamon, quant à lui, a totalement raté sa campagne. Comme en 1969 où le tandem Deferre-Mendès France s'était effondré à 5 %, le frondeur Hamon s'écrase à 6,2 % selon Ipsos. Comment pouvait-il en être autrement après le quinquennat Hollande ? Les frondeurs ne pesaient que 30 % des militants PS lors du congrès de Poitiers. Minoritaires dans leur parti, les dissidents de la ligne Hollande n'ont pas réussi à trouver le bon dosage entre le réalisme économique et la gauche du cœur. Les électeurs socialistes partisans d'une gestion sérieuse des déficits sont partis chez Macron tandis que les tenants de "l'utopie réaliste" ont trouvé chez Jean-Luc Mélenchon un tribun digne de leurs aspirations révolutionnaires. Hamon s'est fait dévaliser et l'homme, sympathique par ailleurs, a commencé à flotter dans un costume présidentiel un peu grand.

Le Point.fr

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