C'est un pied de nez à Laurent Wauquiez et une nouvelle illustration de la division de la droite. A cinq jours du premier tour de l'élection à la présidence des Républicains (LR), Maël de Calan, quasi inconnu du grand public, a reçu le soutien d'Alain Juppé lors d'une conférence de presse à Bordeaux.

Lorsqu'il arrive, Alain Juppé fait mine d'être étonné par le nombre de journalistes : « Une déclaration qui déchaîne l’enthousiasme ! ». A seulement cinq jours d'une élection dont Laurent Wauquiez est le grand favori, le maire de Bordeaux apporte pourtant son soutien à Maël de Calan, chantre de la droite modérée : « Je ne fais pas campagne dans le cadre de cette élection, mais à titre personnel, mon choix est fait. Et je lui apporterai donc mon suffrage. »

« Ce que j’aime en lui, poursuit Alain Juppé, c’est d’abord l’homme qu’il est. J’aime aussi ses idées, c’est un homme de droite, d’une droite humaniste qui met la dignité de la personne humaine et le respect d’autrui au cœur de tout. » Pour enfoncer le clou, Alain Juppé motive sa décision : s'il vote Calan, c'est entre autre pour sa position face à l'extrême-droite, « il ne se contente pas de récuser toute alliance avec le Front national, cela va de soi. Il combat vigoureusement les idées du Front national. »

Une pique adressée à Laurent Wauquiez qui donne des ailes à Maël de Calan. Une heure plus tard, l'homme anime une réunion militante à quelques kilomètres de là : « Je suis très heureux d’être à Bordeaux. Je suis fier qu’Alain Juppé tout à l’heure m’ait apporté son soutien. » La grande question est désormais celle de l'impact de cette annonce d’Alain Juppé. Peut-elle permettre à Maël de Calan de faire un score dimanche lors de l’élection ? Réponse dimanche 10 décembre au soir.

RFI

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Emmanuel Macron a débuté ce mercredi sa première visite en tant que président français en Algérie où il dit se rendre « en ami », refusant d'être « otage du passé » douloureux entre Paris et son ancienne colonie. Lors de cette visite consacrée à la coopération économique ou encore à la lutte antiterroriste, la question de la mémoire est inévitable. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait marqué les esprits en Algérie en déclarant que la « colonisation était un crime contre l’humanité ».

Avec notre envoyé spécial à Alger, Anthony Lattier

Après avoir déposé une gerbe au monument des martyrs de la guerre d'Algérie, Emmanuel Macron s’est adonné à l’un de ses exercices favoris : le bain de foule. Au son des youyous et de la cohue, le président français s’est rendu à pied dans une artère commerçante en plein centre-ville.

Les habitants, réunis dans la rue et aux fenêtres, lui ont réservé un accueil chaleureux sous le soleil et le ciel bleu l’Alger. Emmanuel Macron s’est ensuite engouffré dans une librairie, avant d’aller déjeuner avec des personnalités de la société civile algérienne.

Approfondir le partenariat

L'enjeu de cette première visite du président français à Alger est d’approfondir le partenariat que l’Elysée juge spécial entre la France et l’Algérie en raison de leur histoire commune. Emmanuel Macron veut ainsi se tourner vers l’avenir et construire une nouvelle relation avec le pays.

La lutte contre le terrorisme au Sahel est aussi au menu de cette visite. Paris voudrait impliquer davantage Alger. Enfin, comme la semaine dernière au Burkina Faso, au Ghana et en Côte d’Ivoire, le président français est venu aborder la coopération économique entre les deux pays. Ce sont surtout les jeunes entrepreneurs qui accompagnent le président français. Emmanuel Macron devrait donc aborder tous ces dossiers avec son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, lors d’une rencontre qui aura lieu dans sa résidence privée.

Emmanuel Macron veut convaincre la nouvelle génération

Lors de cette visite à Alger, le président français entend notamment s'adresser aux jeunes de sa génération qui n'ont pas connu les périodes coloniales. L’une des préoccupations principales des Algériens, notamment des jeunes, est la question des visas. Ils souhaitent plus de facilité pour circuler, comme l’explique cette jeune cheffe d'entreprise : « J’ai fait trois demandes, j’ai eu trois refus, alors que je suis cheffe d’entreprise. Moi, j’aurais aimé avoir cette facilité-là de tout de suite pouvoir partir en France voir mes clients, voir mes partenaires, pour pouvoir assister à des événements. J’ai eu des invitations à des événements, etc. auxquels je n’ai pas pu me rendre ».

RFI

Pour son dernier match de la première phase de la Ligue des champions (groupe B), ce 5 décembre, le PSG s'est incliné en Allemagne face au Bayern Munich (3-1). Après le revers subi samedi à Strasbourg, le club parisien enchaîne une nouvelle contre-performance. Mais à la faveur de sa victoire à l'aller contre les Bavarois, Paris termine en tête de son groupe.

Il y a deux lectures possibles de ce match disputé à l'Allianz Arena ce mardi 5 décembre entre le Bayern Munich et le PSG. La première, négative, douche l'enthousiasme des supporters parisiens: leur équipe a perdu dans ce choc avec les champions d'Allemagne (3-1). La seconde, positive, retient cette information: le PSG termine premier du groupe B devant le Bayern Munich.

Le PSG a tremblé à la pause

La rencontre a mal débuté pour les visiteurs. Unai Emery a eu beau aligner son équipe-type du moment, le Bayern a vite pris les devants quand Robert Lewandowski s'est retourné dans la surface pour ouvrir le score de près (8e). La défense parisienne s'est arrêtée, pensant le Polonais hors-jeu. Les images démontreront qu'il l'était bien, mais l'arbitre n'a pas bronché.

Peu inspirés dans leurs actions malgré quelques branderilles, les Parisiens ont à nouveau cédé quand Corentin Tolisso a smashé de la tête sur un centre de James Rodriguez (38e). A 2-0, Paris s'est mis à trembler; mathématiquement, sa première place dans le groupe B était alors très menacée. Et le souvenir du cauchemar barcelonais commençait à se réveiller dans les mémoires parisiennes.

Thiago Silva blessé, Tolisso assomme Paris

La pause a permis aux Rouge et Bleu de se remettre la tête à l'endroit. Sur une passe lobée parfaite d'Edinson Cavani, Kylian Mbappé a relancé les siens de la tête (50e), confirmant les meilleures intentions du PSG. Sven Ulreich, le portier du Bayern, a dû s'employer plusieurs fois pour repousser les tentatives de Neymar, Draxler et des autres Parisiens.

Un fait de jeu est néanmoins venu enrayer cette bonne phase. A la 66e, Thiago Silva s'est blessé au genou gauche. Le capitaine parisien a demandé à Presnel Kimpembe d'accélérer son échauffement, mais le remplacement n'a pu avoir lieu à temps. L'hyper rapide Kingsley Coman a submergé Daniel Alves - hors du coup ce soir - et a trouvé Corentin Tolisso dans la surface. Thiago Silva, incapable de se jeter pour tenter d'intervenir, n'a pu qu'assister au second but du Français du Bayern (69e).

Le PSG attendu au tournant en février

Sans quelques parades du gardien munichois, Paris aurait pu prétendre à un peu mieux. Mais la réalité du terrain a parlé. Ce mardi, le PSG a été bousculé par un grand d'Europe, et sa défaite ne souffre d'aucune contestation. La dynamique du club de la capitale subit un sérieux coup d'arrêt: après la toute première défaite de la saison samedi à Strasbourg en Ligue 1, en voici une seconde.

A la faveur de son succès 3-0 au match aller contre le Bayern Munich - qui vivait à l'époque une période plus trouble -, le PSG termine premier du groupe B avec 15 points, 5 victoires et 1 défaite. Une première phase nettement positive avec la qualification pour les huitièmes de finales donc. Mais la fin laisse un goût amer.

Contre un cador européen en forme, Paris n'a pas fait le poids. Le chemin vers les succès est ardu, en dépit des investissements financiers consentis durant l'été. Les prochains rendez-vous du PSG en Ligue des champions, à partir du mois de février, ne s'annoncent pas faciles.

RFI

mercredi, 06 décembre 2017 13:35

Mort de Johnny Hallyday: une avalanche d'hommages

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Pour tous, c'était simplement « Johnny ». Johnny Hallyday est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 74 ans. De France, mais aussi du monde entier, les hommages affluent pour saluer l'incarnation du rock français.

Le chanteur Johnny Hallyday est mort à l'âge de 74 ans, succombant à un cancer du poumon contre lequel il luttait depuis plus d'un an, a annoncé mercredi sa femme Laeticia dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse (AFP).

« Johnny Hallyday est parti. J'écris ces mots sans y croire. Et pourtant c’est bien cela. Mon homme n'est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité », dit-elle.

« Jusqu'au dernier instant, il a tenu tête à cette maladie qui le rongeait depuis des mois, nous donnant à tous des leçons de vie extraordinaires. Le coeur battant si fort dans un corps de rocker qui aura vécu toute une vie sans concession pour son public, pour ceux qui l'adulent et ceux qui l'aiment  »

Dans la foulée de l'annonce, les hommages de personnalités, qu'elles l'aient cotoyé ou non, se sont multipliés à travers les réseaux sociaux ou dans les médias.

Le président Macron a été l'un des premiers à saluer l'artiste. « On a tous en nous quelque chose de Johnny Hallyday », a déclaré l'Elysée. « De Johnny Hallyday nous n'oublierons ni le nom, ni la gueule, ni la voix, ni surtout les interprétations, qui, avec ce lyrisme brut et sensible, appartiennent aujourd'hui pleinement à l'histoire de la chanson française », a déclaré Emmanuel Macron.

« Johnny Hallyday a su faire chanter, danser, pleurer notre pays tout entier. Il a su parler à toutes les générations. Il nous laisse une flamme qui brillera longtemps », a renchéri la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

« Comme toute la France, mon coeur est brisé », a déclaré de son côté à l'AFP la chanteuse Sylvie Vartan, qui fut la première épouse de Johnny Hallyday et la mère de leur fils David, né en 1966.. « J'ai perdu l'amour de ma jeunesse et rien ne pourra jamais le remplacer. »

« J'ai perdu plus qu'un ami, j'ai perdu mon frère », a réagi pour sa part le chanteur Eddy Mitchell. Amis depuis l'adolescence, les deux artistes ont commencé dans la chanson au début des années 1960 et chacun a mené une carrière aux sommets des hit-parades français. En 2014, ils ont formé avec leur ami Jacques Dutronc les « Vieilles Canailles » pour une série de concerts, avant de se reformer en juin et juillet pour ce qui furent les dernières représentation de Johnny Hallyday.

Tout le monde de la chanson française est ainsi en deuil. A l'image de Céline Dion, ou encore de Patrick Bruel.

  • Des artistes internationaux, tels Lenny Kravitz, ont aussi voulu témoigner de leur admiration pour le rockeur disparu : « Adieu cher Johnny Hallyday. Ton amitié, ta douceur et ton soutien sont gravés dans mon coeur. C'est un honneur de t'avoir connu et d'avoir passé du temps avec toi et ta famille. Ton âme est du pur rock'n roll. Repose en paix. »

Mort de Johnny Hallyday: une avalanche d'hommages

Par RFI Publié le 06-12-2017 Modifié le 06-12-2017 à 13:26

Johnny Hallyday en 1987 sur la scène du Palais Omnisports de Paris-Bercy.AFP/Patrick Kovarik

Pour tous, c'était simplement « Johnny ». Johnny Hallyday est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 74 ans. De France, mais aussi du monde entier, les hommages affluent pour saluer l'incarnation du rock français.

Le chanteur Johnny Hallyday est mort à l'âge de 74 ans, succombant à un cancer du poumon contre lequel il luttait depuis plus d'un an, a annoncé mercredi sa femme Laeticia dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse (AFP).

« Johnny Hallyday est parti. J'écris ces mots sans y croire. Et pourtant c’est bien cela. Mon homme n'est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité », dit-elle.

« Jusqu'au dernier instant, il a tenu tête à cette maladie qui le rongeait depuis des mois, nous donnant à tous des leçons de vie extraordinaires. Le coeur battant si fort dans un corps de rocker qui aura vécu toute une vie sans concession pour son public, pour ceux qui l'adulent et ceux qui l'aiment  »

http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_large_600_338/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/johnny_telethon_0.jpg" border="0" height="340" width="602">Johnny Hallyday au Téléthon de 2014.RFI/Edmond Sadaka

Dans la foulée de l'annonce, les hommages de personnalités, qu'elles l'aient cotoyé ou non, se sont multipliés à travers les réseaux sociaux ou dans les médias.

Le président Macron a été l'un des premiers à saluer l'artiste. « On a tous en nous quelque chose de Johnny Hallyday », a déclaré l'Elysée. « De Johnny Hallyday nous n'oublierons ni le nom, ni la gueule, ni la voix, ni surtout les interprétations, qui, avec ce lyrisme brut et sensible, appartiennent aujourd'hui pleinement à l'histoire de la chanson française », a déclaré Emmanuel Macron.

« Johnny Hallyday a su faire chanter, danser, pleurer notre pays tout entier. Il a su parler à toutes les générations. Il nous laisse une flamme qui brillera longtemps », a renchéri la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

« Comme toute la France, mon coeur est brisé », a déclaré de son côté à l'AFP la chanteuse Sylvie Vartan, qui fut la première épouse de Johnny Hallyday et la mère de leur fils David, né en 1966.. « J'ai perdu l'amour de ma jeunesse et rien ne pourra jamais le remplacer. »

« J'ai perdu plus qu'un ami, j'ai perdu mon frère », a réagi pour sa part le chanteur Eddy Mitchell. Amis depuis l'adolescence, les deux artistes ont commencé dans la chanson au début des années 1960 et chacun a mené une carrière aux sommets des hit-parades français. En 2014, ils ont formé avec leur ami Jacques Dutronc les « Vieilles Canailles » pour une série de concerts, avant de se reformer en juin et juillet pour ce qui furent les dernières représentation de Johnny Hallyday.

Tout le monde de la chanson française est ainsi en deuil. A l'image de Céline Dion, ou encore de Patrick Bruel.

Des artistes internationaux, tels Lenny Kravitz, ont aussi voulu témoigner de leur admiration pour le rockeur disparu : « Adieu cher Johnny Hallyday. Ton amitié, ta douceur et ton soutien sont gravés dans mon coeur. C'est un honneur de t'avoir connu et d'avoir passé du temps avec toi et ta famille. Ton âme est du pur rock'n roll. Repose en paix. »

« C'est une perte immense et c'est le patrimoine national qui s'en va mais c'est surtout l'ami, l'ami avec qui j'ai vécu de tellement bons moments », a confié sur RTL le producteur historique du chanteur Jean-Claude Camus, pour qui « ça serait bien » d'organiser des obsèques nationales.

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de milliers d'anonymes ont aussi exprimé leur tristesse et partagé leurs souvenirs.

A Marnes-la-Coquette, un important dispositif de sécurité a été déployé, pour protéger l'accès à la résidence du chanteur, près de laquelle des dizaines de journalistes se sont rendus et où les fans commençaient à affluer mercredi, en début de matinée.

(Avec AFP)

mercredi, 06 décembre 2017 13:31

L’opposition solde ses comptes

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L’opposition dite «significative», n’a pas raté le régime du président Macky Sall, lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre (Pm), Mahammed Boun Abdallah Dionne hier, mardi 5 décembre. En effet, les parlementaires du groupe de l’opposition «Liberté et démocratie», tout comme certains non-inscrits ont cloué au pilori la politique menée par Macky Sall et son gouvernement. L’Assemblée nationale a servi hier, mardi 5 décembre, de cadre d’expression pour l’opposition dite «significative» qui a rejeté le dialogue politique initié par le régime du président Macky Sall. En effet, les députés issus des coalitions Mankoo Taxawu Senegaal (Mts) et de Wattu Senegaal, ainsi que certains parlementaires non-inscrits ont saisi ladite occasion pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement. Répondant ainsi au Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui soutient que «le Sénégal est bien en mouvement», l’ancien ministre de la communication sous Wade, Moustapha Guirassy pense plutôt que «vous (gouvernement) ne bougez pas». Pour le député de Kédougou, tous les programmes de l’Etat ne sont pas «fonctionnels». S’attaquant à la politique de territorialisation des politiques publiques de l’Etat, le député trouve que, contrairement à ce que soutient le Pm, «tout se résume à Dakar».

 

Plus acerbe dans ses critiques contre le régime en place, le député non-inscrits, non moins patron du parti Pastef/Les patriotes, Ousmane Sonko a trouvé que le gouvernement «n’a pas le courage politique». Pour lui, il y a une absence de politique industrielle, dès lors que les produits sont exportés en leurs états bruts. Il a ainsi estimé que le pays n’a jamais connu autant de scandales avec le régime de Macky Sall et qu’il y a une forte politique de spoliation des terres. Il s’est, en outre, attaqué à la «dette chronique» du pays, non sans s’indigner du projet du Train express régional (Ter). Pis, il a estimé que le Cos/Pétro-gaz mis sur pied par le chef de l’Etat n’est que «du cosmétique». Trouvant, par ailleurs, que les chiffres avancés par le régime ne sont pas «bons», il en a déduit «qu’on en attendait pas plus d’un lion qui dort», pour répondre au chef de l’Etat, Macky Sall qui prévenait aux opposants de «se méfier d’un lion qui dort».

 

Dans la même dynamique, la question de l’emploi des jeunes, celle de la pauvreté, ainsi que celle des libertés et du dialogue politique ont été évoquées par les opposants. En effet, le jeune député du Parti démocratique sénégalais (Pds), Toussaint Manga s’en est pris à «l’échec de la politique de l’emploi du gouvernement». Lui emboitant le pas, Déthié Fall, député Rewmi, non-inscrit, estime pour sa part que depuis que Macky Sall est arrivé au pouvoir, il n’y a pas de «dialogue sincère». Ce que confirme le président du groupe parlementaire de l’opposition «Liberté et démocratie». Pour Madické Niang, pour qui, le slogan brandi par le régime, notamment «le Sénégal pour tous» n’est en réalité que du «bluff». Selon lui, «le Sénégal est entre les mains de sociétés étrangères» et que les sociétés privées «sont exclues de tous les grands marchés». Il soutient, ainsi, que le PM s’est exprimé pendant 2h 30mn pour «nous faire savoir» qu’ «il a échoué».

 

REACTIONS DES DEPUTES

 

CHEIKH BAMBA DIEYE, DEPUTE NON-INSCRITS : «Nous avons un Sénégal à géométrie variable»

«Avant de nous prononcer sur le discours d’aujourd’hui (hier, Ndlr), quel est l’état de la démocratie, quel est l’état du système de gestion globale des affaires publiques durant la période de 2014 à maintenant ? Moi, j’aimerais interpeller le Premier ministre sur le fait que durant les deux dernières années, on a eu les élections les plus chaotiques. Nous avons eu un système politique et électoral complètement en lambeau du fait même que l’Etat du Sénégal s’est hasardé à dépenser 52 milliards de nos francs sans aucun résultat probant. De plus, durant cette période, les libertés individuelles ont été sérieusement malmenées.

De ce point de vue, j’ai posé la question au Premier ministre, lorsqu’il parle de Sénégal par tous et pour tous, où est ce qu’il était lui quand Khalifa Sall et ses droits élémentaires ont été bafoués, quand le règlement intérieur de l’Assemblée a été foulé au pied ? Alors que la justice, est le piédestal de notre état de droit, de la République, la justice est mal en point. La gestion de la justice n’est pas conforme à l’esprit de la Constitution. Parce que, en réalité, si c’est avec la manière avec laquelle l’Etat du Sénégal gère la justice, c’est de cette manière là que l’Etat gère tous les autres aspects de la vie, je crois qu’il y a vraiment des raisons d’être très inquiet (...). Je dis que, ce qui se passe en général, c’est qu’on n’a pas un Sénégal pour tous et de Sénégal de tous les sénégalais. Ce que nous avons, c’est un Sénégal à géométrie variable, qui est plus ou moins intéressant lorsqu’on est près du président de la République, et extrêmement précaire, lorsqu’on est très éloigné».

 

DETHIE FALL, DEPUTE NON-INSCRIT DE REWMI : «Ce Sénégal là n’offre pas ces perspectives qu’il (Premier ministre) vient de décrire»

«Nous ne sommes pas satisfaits de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Tout à l’heure, quand il a fini de parler, je me suis intéressé au pays auquel il faisait allusion. Parce qu’il ne parlait certainement pas du Sénégal que vous connaissez et que je connais. Parce que ce Sénégal là n’offre pas ces perspectives qu’il vient de décrire. Ce Sénégal, c’est un Sénégal qui a quitté un taux de chômage de 10,4% pour être aujourd’hui à un tau de chômage de 12,4%. Notamment une progression de 2%. Ce Sénégal là, c’est un Sénégal qui a connu en 2011, 6.300.000 pauvres et qui aujourd’hui en connait 6.800.000 pauvres. Donc, une évolution de 500.000 pauvres, alors qu’ils avaient promis 500.000 emplois.

C’est pour dire que franchement, les chiffres qu’il est en train de présenter, reflètent très mal ce que les sénégalais vivent quotidiennement. Vous-même, avec moi, je suis persuadé que vous étiez étonné qu’il parle de ce Sénégal là. Donc, il n’a qu’à se rappeler de ce qu’Abraham Lincoln avait dit : «on peut tromper une partie du peuple tout le temps, ou le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps». Donc, ils n’ont qu’à parler de choses vraies et être sur les vrais chantiers et arrêter les verbes et passer aux pierres qu’il a posé dans toutes les villes et depuis lors les populations attendent la réalisation de ces pierres après les conseils décentralisés».  

 

MAME BOUNAMA SALL, DEPUTE DE BBY : «Nous pouvons lire une très grande clairvoyance politique qui renseigne sur...»

«Je pense que c’est un rituel républicain. Aujourd’hui, nous sommes en train de vivre une tradition républicaine consistant à convier un Premier ministre pour venir s’expliquer auprès des élus du peuple. Cela est d’autant plus pertinent qu’au dernier référendum, les missions de l’Assemblée nationale ont été renforcées. Parce qu’aujourd’hui, nous avons la charge d’évaluer les politiques publiques de l’Etat. Par conséquent, celui là qui sera appelé demain à être évalué se doit, à l’entame de sa responsabilité, de venir décliner sa feuille de route et la confronter avec nous qui sommes en contact permanent avec la population pour voir concrètement l’impact de ces politiques auprès des populations. Au regard de ce que le Premier ministre a délivré aujourd’hui comme message, nous pouvons lire une très grande clairvoyance politique qui renseigne sur sa compréhension des attentes des populations. Mais, également, sa capacité à trouver les voies et moyens par lesquels, il pourrait travailler à améliorer davantage les conditions de vie des sénégalais et des sénégalaises.

J’invite l’opposition à s’inspirer de la démarche du président Ousmane Tanor Dieng. Quand il était dans l’opposition et que cette opposition d’aujourd’hui était au pouvoir, il avait inauguré une nouvelle manière de faire de l’opposition par l’opposition républicaine. Je demande à cette opposition de faire preuve de responsabilité. Parce que ce n’est pas seulement en étant au pouvoir qu’on peut travailler pour le peuple. Dans l’opposition, par une capacité de critiques objectives, doublée d’une capacité de proposition de solutions de sortie de crise, cela peut constituer une belle opportunité pour l’opposition de travailler pour le peuple. C’est pourquoi, je les invite à s’approprier de ce concept rassembleur, parce qu’après tout, nous sommes dans une même Nation et nous avons comme seule ambition de servir le Sénégal. Quand ils étaient au pouvoir, ils ont eu à convier l’opposition à des discussions et cette dernière a toujours répondu favorablement. Je pense qu’il est bien qu’ils se ressaisissent encore qu’il est temps. Parce que nous allons vers des élections très importantes et que tout cela ne saurait se faire et s’organiser autour d’une table de négociation»

 

MOUSTAPHA GUIRASSY, DEPUTE DU GROUPE LIBERTE ET DEMOCRATIE : «C’est une frilosité, un manque de courage dans les changements qui s’imposent»

«Ce que j’ai relevé, c’est une frilosité, un manque de courage dans les changements qui s’imposent. Lorsqu’on parle de territorialisation, on s’attend en réalité à un changement radical de paradigme. C’est-à-dire que chaque région, en fonction de sa spécificité, de ses atouts, qu’on puisse consentir de façon généreuse aux investissements qui s’imposent pour transformer non seulement le visage de ces régions, mais du Sénégal en général. Or, jusqu’ici, comme le colon l’avait fait et comme les anciens gouvernements l’avaient fait, c’est-à-dire qu’on reste encore captif de cette nécessité d’investir lourdement dans la grande capitale et aux alentours et laisser en rade l’intérieur du pays. Il ne s’agit pas, par le Pudc, ou par le Promo-ville, de temps en temps d’amener de l’eau ou de l’électricité. Je pense que lorsqu’on parle d’émergence, on doit aller plus loin. Il s’agit d’options fortes de développement et d’émergence. Il s’agit réellement de partir du terroir, de la spécificité qu’offre le terroir, pour concevoir un plan de développement lié à ce terroir, mais aussi qui a un impact très fort pour le grand tout.

Lorsque je prends, par exemple, le secteur privé national, on sent en fait qu’il n’y a pas une forte implication. Or, l’émergence c’est l’émergence d’hommes aussi, d’acteurs très forts qui sont soutenus et qui participent à la transformation. Or, quand je prends une région comme la mienne (Kédougou), dans le secteur minier, on ne peut pas identifier un seul de cette région qui est un acteur majeur dans le secteur minier et dans d’autres secteurs aussi. Ce que je dis là, on peut aussi trouver les mêmes difficultés dans d’autres régions. Donc, ce manque d’engagement très fort, cette continuation de cette erreur qui a retardé les pays africains, c’est ce que je continue de voir. Les investissements ont été tellement lourds, tellement importants à Diamniadio. Je me dis que l’arbitrage aurait été fait autrement, on serait dans une dynamique beaucoup plus englobante, beaucoup plus impactante, beaucoup plus inclusive qu’on ne le vit actuellement».  

 

SITUATION DELPORABLE DES MIGRANTS EN LYBIE : Dionne «accuse» Wade et ses pairs d’alors

La question de la vente de migrants africains issus de pays Sub-saharien en Lybie, est revenue à maintes reprises lors du passage à l’Assemblée nationale du Premier ministre (Pm), Mahammed Boun Abdallah Dione, lors de sa déclaration de politique générale. Une question qui a fini par agacer le PM qui a répondu aux détracteurs du régime en place qui rejettent la faute sur l’échec des politiques de développement de l’Etat actuel. Tout d’abord, le PM a fait savoir que le président Macky Sall n’a pas attendu que ce qui se passe en Lybie soit connu de tous, pour réagir. Mieux, il a indiqué que le régime actuel n’a pas attendu ni la Cedeao, ni l’Union africaine, pour ramener au Sénégal plus de 2500 jeunes de la Lybie, sans tambours, ni trompettes.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a semblé rejeter la faute sur les chefs d’Etat africains, Abdoulaye Wade y compris, qui étaient pour le départ de Kadhafi de la tête du pays. Pour lui, il est possible pour une personne de vivre dans un Etat dictatorial, mais impossible pour quelqu’un de vivre dans un pays sans Etat. Donc, il a fustigé la précipitation avec laquelle la décision de bouter hors de la Lybie, Kadhafi avait été prise par les chefs d’Etat africains.

Cela, à son avis, «sans penser aux conséquences futures». Par conséquent, il a botté en touche toute responsabilité du président Macky Sall dans tout ce qui se passe en Lybie.

Répondant, en outre, aux députés de l’opposition, qui ont déploré un manque de dialogue au Sénégal, depuis l’avènement du président Macky Sall au pouvoir, le PM a fait savoir que le président Macky Sall est un «homme de dialogue». Estimant que le dialogue doit être «évolutif», il a invité l’opposition à faire confiance à Macky Sall, via son ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, en charge dudit dialogue. Taclant Madické Niang et sa bande, il a indiqué que «la politique de la chaise vide n’a jamais réglé quelque chose», non sans inviter les récalcitrants au dialogue à venir prendre part aux concertations.

 

POUR TRANSCENDER LES DEFIS QUI ATTENDENT LE PAYS : Mahammed Boun Abdallah Dionne appelle à l’unité

Face aux parlementaires hier, mardi 5 décembre, à l’occasion de sa Déclaration de politique générale (DPG), le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a indiqué que le Sénégal a besoin d’une forte mobilisation pour conforter la dynamique d’émergence. Par conséquent, il a réitéré la volonté du gouvernement à dialoguer et à trouver des consensus avec l’ensemble des acteurs.

 

Est-ce un appel du pied qui a été fait été à l’ensemble des acteurs du pays, plus précisément les acteurs politiques, par le Premier ministre, dans un climat politique relativement tendu ? Tout porte à le croire au vu du discours de politique générale tenu par Mahammed Boun Abdallah Dionne hier, mardi 5 décembre, face aux députés. En effet, le PM a fait savoir que «plus que jamais, nous avons besoin d’une forte mobilisation nationale pour conforter la bonne dynamique d’émergence que nous avons impulsée, pour un Sénégal de tous, un Sénégal pour tous».

 

Pour montrer la bonne foi du régime en place, M. Dionne a réitéré la volonté du gouvernement de mener des discussions avec toutes les franges de la Nation. Il dira, à cet effet : «je réitère donc, ici, l’engagement solennel du Gouvernement au dialogue et à la concertation avec les partenaires sociaux, le secteur privé, la société civile et les acteurs politiques, car je sais, qu’au-delà de nos quelques divergences, nous partageons tous la même passion pour le Sénégal ; un Sénégal que nous voulons tous uni, prospère et solidaire».

Toutefois, le PM a appelé les Sénégalais à taire leurs divergences pour être à même de relever les défis qui attendent le pays. Il estime ainsi que «c’est dans notre tréfonds culturel, notre fond commun de valeurs partagées que nous puiserons toute la force nécessaire pour transcender tous les défis». En effet, il croit fermement que dans l’unité, rien ne résistera aux Sénégalais. Il indique, sur ce point que «pour un Peuple uni, confiant en ses capacités, un Peuple résolu à réaliser ses ambitions, il n’y a pas d’obstacles insurmontables».

 

Parlant, par ailleurs, de la situation au plan national, Mahammed Boun Abdallah Dionne s’est réjoui des performances du pays. Il trouve ainsi que «notre pays, le Sénégal est bien en mouvement». Ce mouvement se traduit, à son avis, par une économie qui se porte mieux depuis «l’adoption du Plan Sénégal Émergent, avec des performances fort appréciables et parfois inédites au plan macroéconomique, sectoriel et social».

 

par Jean Michel DIATTA

mercredi, 06 décembre 2017 13:21

Sénégal: Khalifa Sall accepte de payer une caution

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Au Sénégal, Khalifa Sall a décidé de payer sa caution pour tenter d’obtenir une mise en liberté provisoire. En prison depuis mars dernier, soupçonné de détournements de deniers publics, le député-maire de Dakar a donc, via ses avocats, présenté au juge une caution sous forme d’hypothèque d’un montant équivalent à la somme qui aurait été détournée : 1,8 milliard de francs CFA, 2,7 millions d’euros.

Neuf mois de détention pour Khalifa Sall et presque autant de temps pour le convaincre de payer cette caution. Il a fallu la persuasion de ses proches, de son réseau politique, de sa famille et de ses avocats.

« Cela a été d’autant plus difficile que, comme vous le savez, c’est une affaire éminemment politique. Ce sont plusieurs hypothèques. Ce sont des biens qui sont offerts », explique son avocat Me Khoureyssi Ba.

Le but de cette caution est-il de permettre à Khalifa Sall d’être libre ? « Inch’Allah, répond l'avocat. Le but est d'obtenir la liberté provisoire et nous espérons que cela va se faire très rapidement. »

Le problème pour les avocats de l’Etat du Sénégal, partie civile dans ce dossier est que cette caution déposée sous forme d’hypothèque, essentiellement des biens immobiliers et des terrains, ne respecte pas la loi.

Me Baboucar Cissé évoque un coup d’épée dans l’eau. « Ce que dit la loi, c’est simple : il faut cautionner l’intégralité du montant détourné qui est de 1,8 milliard de francs CFA. S’il dépose cet argent-là à la Caisse des dépôts et consignations, là, à la rigueur je comprends. Et donc évidemment, c’est un coup d’épée dans l’eau. »

Le camp Khalifa Sall estime que des cautions ont déjà été déposées sous forme d’hypothèque. La bataille pour faire valider cette caution ne fait donc que débuter. En attendant, Khalifa Sall qui espère donc une liberté provisoire reste en prison.

Rfi

Au Sénégal, 10 jours après la levée de l'immunité de Khalifa Sall, le juge serait en passe de clôturer le dossier judiciaire. Deux options vont alors se présenter pour le parquet : demander un renvoi, donc la tenue d'un procès, ou bien un non-lieu. Le député maire de Dakar est soupçonné de détournements de deniers publics à hauteur de 2,7 millions d'euros et ses avocats multiplient les requêtes. Ils pourraient notamment déposer la caution pour permettre à leur client d'obtenir une mise en liberté provisoire.

Le plus difficile a sans doute été de convaincre le maire de Dakar, car Khalifa Sall s'est toujours opposé au versement de sa caution même si c'est l'unique possibilité pour lui d'obtenir une liberté provisoire.

En prison depuis le mois de mars, Khalifa Sall a toujours rejeté cette option sans doute parce qu’une partie de l'opinion estime « qu'en politique, payer, c'est d'une certaine façon avouer ». Mais pour ses avocats, l'essentiel est d'utiliser toutes les options possibles. « En cas de procès, être libre permet de se faire entendre », explique l'un d'eux.

Pour payer - cette caution pourrait être déposée mardi 5 décembre - les proches du maire ont réuni certains de ses soutiens et amis. En tout, dix personnes ont ainsi hypothéqué leurs biens, notamment à Dakar et dans la ville sainte de Touba. Les bâtiments hypothéqués ont la valeur du montant qui aurait été détourné c’est-à-dire 1,8 milliard de francs CFA soit 2,7 millions d'euros.

Le dépôt possible de cette caution n'entraînera pas une libération immédiate. En effet, elle doit être contrôlée et surtout discutée avec les avocats de l'Etat, partie civile dans ce dossier sensible, et le parquet.

« Khalifa Sall après neuf mois de prison n'a pas peur d'un procès », explique l'un de ses avocats.

Le maire de la capitale - qui reste un possible candidat à la présidentielle de 2019 - est en tout cas engagé dans un processus judiciaire qui pourrait être très long.

RFI

mercredi, 06 décembre 2017 12:31

Johnny dans les yeux, sous la plume d'A. Sthers

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Il est est parti, ainsi va la vie

Johnny dans les yeux, sous la plume d'A. Sthers


Dans mes yeux, sa biographie de Johnny Hallyday connaît un succès de librairie fulgurant. Amanda Sthers était hier au Leclerc Océane. Rencontre.
Comment est né le projet du livre ?


C'est une éditrice qui m'a soufflé l'idée d'une biographie. J'avais écrit Keith me sur Keith Richards. Mais, à la manière d'un roman. J'admire Johnny Hallyday, parce qu'il fait partie de notre histoire. Je l'admire depuis longtemps. À vrai dire, je ne pensais pas qu'il allait accepter mon offre. En l'occurrence, je crois que je suis arrivée au bon moment. La confiance s'est établie assez vite. Johnny est quelqu'un de très pudique, pas du genre à s'épancher. Il m'a fallu prendre ma place, jouer avec le temps, savoir attendre, écouter... J'ai pris des notes, écrit dans mes carnets des impressions, traduit à ma manière ses confidences, ses hésitations, ses convictions. Il savait que c'était mon écriture mais que c'était son livre.


A sa sortie « Dans mes yeux » a rapidement suscité la polémique.


J'aurais dû m'y attendre, plus peut-être ! Johnny ne laisse pas indifférent et c'est bien, mais résumer le livre à une série de règlements de comptes c'est aller vite en besogne. Le livre est aussi construit sur l'amitié, l'admiration, la tendresse. Il y a une certaine humanité qui se dégage en même temps que le portrait d''un homme

blessé. Et puis, il y a quelque chose d'émouvant dans la manière dont il se livre sans concession, sans complaisance.


En tant que romancière, vous avez trouvé votre compte dans l'exercice ?


Ce n'est pas nouveau, je crois comme beaucoup d'autres avant moi que le travail de l'écrivain, c'est de se glisser dans la peau d'un autre, de vivre d'autres vies que la sienne. Un peu comme une actrice endosse un rôle. Je me reconnais dans ce livre. Et mes lecteurs me reconnaissent aussi. Il n'était pas question de prendre le devant de la scène, mais de rester en retrait, fidèle, à la manière d'une actrice qui tient son rôle. En tout cas je suis là, avec mon style, avec mes questionnements, avec mes inquiétudes.


Si au final il vous restait juste une chanson ?


Ce serait Envie d'avoir envie. Et, pour moi avoir envie encore et toujours d'écrire.
Ouest-France.fr

L'envie
Johnny Hallyday

• Ce titre est extrait de l'album : Gang
• Année de sortie : 1986
• Label : Philips

Qu'on me donne l'obscurité, puis la lumière.
Qu'on me donne la faim la soif, puis un festin.
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire,
Pour que je retrouve le prix de la enfin.

Qu'on me donne la peine, pour que j'aime dormir.
Pour que j'aime le froid qu'on me donne la flamme.
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil,
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes.

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne la haine, pour que j'aime l'amour,
La solitude aussi pour que j'aime les gens.
Pour que j'aime les silences, qu'on me fasse des discours,
Et toucher la misère pour respcter l'argent ;

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie.
Qu'on me donne la nuit, pour que j'aime le jour.
Qu'on me donne le jour, pour que j'aime la nuit,
Pour que j'aime aujoud'hui, oublier les toujours ...

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

(solo)

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

L'envie --Johnny Hallyday

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

• Ce titre est extrait de l'album : Gang
• Année de sortie : 1986
• Label : Philips

Qu'on me donne l'obscurité, puis la lumière.
Qu'on me donne la faim la soif, puis un festin.
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire,
Pour que je retrouve le prix de la enfin.

Qu'on me donne la peine, pour que j'aime dormir.
Pour que j'aime le froid qu'on me donne la flamme.
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil,
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes.

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne la haine, pour que j'aime l'amour,
La solitude aussi pour que j'aime les gens.
Pour que j'aime les silences, qu'on me fasse des discours,
Et toucher la misère pour respcter l'argent ;

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie.
Qu'on me donne la nuit, pour que j'aime le jour.
Qu'on me donne le jour, pour que j'aime la nuit,
Pour que j'aime aujoud'hui, oublier les toujours ...

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

(solo)

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

 

Y a-t-il une littérature noire? IN LEXPRESS-Propos recueillis par Baptiste Liger,Dany Lafferière donne son opinion

Au centre, l'acteur Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Solomon Northup dans Twelve Years a Slave de S L'écricain et musicien américain James McBride pose à Paris le 23 septembre 2015.

Afro-américains ou francophones, les auteurs noirs sont-ils cantonnés éditorialement à évoquer leur vie ou une page de l'histoire? Comment casser certains clichés racistes?

Le romancier américain James McBride et l'académicien Dany Laferrière s'interrogent librement, et sans tabou.


Dans L'Oiseau du Bon Dieu, James McBride, vous retracez tout un pan de la guerre de Sécession en ne vous montrant pas forcément très politiquement correct: vous évoquez notamment le désir de certains Noirs de rester esclaves. Seriez-vous provocateur?


James McBride: On me l'a souvent dit, mais je ne me vois pas du tout comme ça. Au fond, je ne fais que suivre la réalité de l'histoire, à travers une fiction. On a généralement l'image des esclaves nus, fouettés avec des chaînes. Mais il ne faudrait pas oublier ceux qui sont des esclaves dans leurs têtes. Pendant la période de l'esclavagisme, les Blancs et les Noirs constituaient parfois une véritable famille.


Dany Laferrière: Tout à fait. Les enfants des Noirs et des Blancs - des affranchis - possédaient à un moment le quart des terres et le tiers des esclaves. Des fils d'esclaves étaient eux-mêmes propriétaires d'esclaves. Il s'agissait d'une société complexe, qu'il ne faudrait certainement pas réduire à quelques clichés. Tout le monde n'a pas une âme de révolutionnaire; chacun voit son confort, ses intérêts.


James, vous montrez aussi l'un des héros de l'abolition, John Brown, comme un étrange personnage à la lisière de la folie...
J.McB.: C'est plus compliqué. J'aimerais surtout qu'on retienne que John Brown fut celui pour qui l'égalité entre les Noirs et les Blancs était naturelle. Et il a appelé à l'insurrection pour celle-ci. Cette égalité peut paraître évidente, aujourd'hui, mais il s'agissait d'une réalité trop difficile à accepter pour les gens - Blancs comme Noirs - il y a deux siècles. Aussi, l'histoire a été longtemps écrite par les Blancs - même si les Black Panthers, par exemple, ont porté un autre regard sur Brown. Par ailleurs, je note qu'en France, on parle de guerre de Sécession, alors qu'il s'agit en réalité d'une guerre contre l'esclavage...

afp.com/JOEL SAGET


D.L.: John Brown est très connu en Haïti. Il a d'ailleurs une avenue à son nom à Port-au-Prince. Vous savez, le premier groupe qui a voulu changer les choses, lors de la révolution haïtienne, ce furent les colons, qui souhaitaient pouvoir librement commercer. Les affranchis, eux, réclamaient le droit de vote et l'obtention des postes politiques. Seuls les esclaves souhaitaient tout changer. Il ne faut jamais oublier qu'il y a toujours des révolutions dans les révolutions, des sous-groupes aux désirs très variés...


Ce qu'on connaît est aussi parfois moins effrayant que le changement: quand vous viviez à Haïti sous le régime de Duvalier, vous connaissiez tout le monde, vous saviez à qui parler. C'était un univers cohérent, et l'ailleurs pouvait vous terrifier. Je pose cette question, dans Le Cri des oiseaux fous: mieux vaut-il mourir d'une balle dans la nuque à Haïti ou d'un cancer de la prostate à Montréal?


Dany Laferrière, vous pouvez difficilement dire que vous n'aimez pas la provocation. Sinon, pourquoi avoir intitulé l'un de vos plus célèbres ouvrages Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer (1)?


D.L.: La provocation n'est toutefois pas forcément là où on l'imagine. Elle n'était pas sexuelle ou raciale, mais bien plus large : c'était avant tout une affaire de déplacement de territoire. Je vivais à Montréal, et mon livre se passe là-bas. Cela prend une énergie folle, vous savez, que d'écrire sur le pays dans lequel on vient d'arriver. C'est tellement plus facile d'évoquer la région d'où l'on vient et la dictature. J'ai rompu avec cette tradition du roman nostalgique.


J.McB.: Le titre de votre livre m'amuse beaucoup. Car je suis vraiment fatigué, ces temps-ci...


D.L.: J'ai aussi écrit un roman intitulé Je suis fatigué!


L'an passé, la question de l'esclavage avait été abordée dans le film Twelve Years a Slave de Steve McQueen, salué par l'Oscar du meilleur film. L'avez-vous vu?


J.McB.: Non. Je n'avais pas envie. Qu'est-ce qu'on allait me montrer? Et m'apprendre? Que les gens étaient battus? Pas besoin de me rendre au cinéma pour le savoir.

J'aimerais un discours plus complexe. Je note d'ailleurs que c'est un Anglais - et non un Américain - qui a signé ce film. Comme si ça faisait peur à Hollywood. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mon ami Spike Lee (2) a connu bien des tracas à ce titre...


D.L.: C'est drôle, mais l'artiste qui ressemble le plus à Spike Lee, c'est Woody Allen: pendant des années, on n'a jamais vu un Noir chez lui - pas plus qu'on n'a vu de Blanc chez Lee, à part peut-être dans son premier film, Nola Darling n'en fait qu'à sa tête. Alors qu'on est à New York! Les grands créateurs ne sont pas toujours lucides: lorsqu'il a réalisé son biopic Malcolm X dans les années 1990, Spike Lee était convaincu que les jeunes Noirs iraient le voir et qu'on organiserait des sorties scolaires. Or, les gamins n'ont fait qu'acheter la casquette et il n'y a eu que les intellectuels pour se déplacer dans les salles...

Dany Laferrière avec tous les attributs des "immortels" après la cérémonie d'admission à l'Académie française, le 28 mai 2015 à Paris.
afp.com/THOMAS SAMSON


Le rôle de l'écrivain n'est-il pas d'être le poil à gratter de l'histoire?


J.McB.: Je crois qu'il doit avant tout chercher et livrer sa propre vérité. Proposer sa vision des choses, et toucher un public. Illuminer la vie - j'insiste sur ce mot. Je n'ai pas d'approche théorique sur ce sujet, je veux juste offrir quelque chose aux autres, quels qu'ils soient.
D.L.: Ecrire prend du temps, vous savez, et il faut avoir envie de travailler pendant des mois sur un texte. L'essentiel, c'est la passion. L'intérêt historique n'est, au fond, pas primordial. J'ai toutefois l'impression que, souvent, on considère les écrivains noirs uniquement comme des conteurs, devant revenir sur l'histoire plus ou moins récente ou raconter exclusivement ce qui leur est arrivé. Dit-on de François Mauriac qu'il est un conteur lorsqu'il évoque la bourgeoisie bordelaise? Je ne crois pas... Sont pourtant en jeu les mêmes questions de rythme et d'émotions. Nous avons les mêmes problèmes que les autres avec le verbe et l'adjectif, et notre ennemie commune se nomme "page blanche".


Les éditeurs ne cantonneraient-ils pas, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis, les auteurs noirs à certains sujets?


J.McB.: Je crois surtout qu'il est plus facile pour les médias de mettre en avant aux USA des auteurs d'essais ou de documents évoquant des séjours en prison, des trafics de drogue, etc. Si on écrit un roman à la Faulkner ou à la Hugo, le livre peine à trouver de la visibilité. Comme si les Noirs étaient seulement capables d'évoquer des questions sociales, et dans le cadre de la non-fiction. Même si, évidemment et heureusement, il y a beaucoup de contre-exemples - prenez Toni Morrison...


D.L.: Le premier cliché, c'est d'ailleurs de mettre face à face deux écrivains noirs pour en parler, non? C'est ce que j'appellerais un entretien "Malevitch": carré noir sur fond noir!


Cela vous gêne-t-il de voir vos ouvrages classés dans certaines librairies à la fois en littérature générale et dans des rayons spécialisés "domaine afro-américain" ou "francophonie"?


J.McB.: Oh ça, c'est un vieux débat... Si mon livre n'est pas rangé dans de tels rayons, certains lecteurs ne le remarqueront jamais. C'est donc une chance, car cela lui offre la possibilité d'être lu. Je suis très fier, de toute manière, de voir mon nom parmi tous les autres auteurs. Ce qui compte, c'est avant tout l'identité du lecteur.


D.L.: Je suis tout à fait d'accord. Quand un Japonais me lit, je suis un écrivain japonais - ce constat m'a inspiré le titre d'un livre. L'identité d'un écrivain, en fin de compte, c'est le bassin de population dans lequel se trouve la majorité de ses lecteurs. Je ne suis pas encore un écrivain japonais, mais j'y travaille: à cause de l'intitulé de cet ouvrage, sur les moteurs de recherche français ou japonais, quand vous tapez "écrivain japonais", vous me trouvez avant Kawabata et Mishima. Les Nippons sont furieux!


James, vous êtes jazzman et Dany, vous appréciez particulièrement la musique. Au fond, le pouvoir de cette dernière ne serait-il pas supérieur à celui de la littérature?


J.McB.: Oui, bien sûr. Elle est plus facile d'accès, plus immédiate. Il y a des membres du Ku Klux Klan qui adorent James Brown! Elle peut exprimer tant de choses, pas nécessairement avec les mots - je ne fais pas forcément référence aux paroles de rap qui font "bitch mother fucker"...


D.L.: La musique n'est pas si universelle. D'ailleurs, on ne sera jamais dominés par le Japon à cause de sa musique - qui pourrait écouter en permanence ces "doom! doom!"? Pour citer Miles Davis, je dirais que la musique est mondiale dans son mouvement et la littérature, cosmopolite. Quand Michael Jackson sortait un disque, il touchait la planète. Moi, je dois séduire pays par pays, individu par individu. Homère a su conquérir le monde en marchant, la musique, elle, a voyagé en avion!


Biographies
James McBride


Ancien journaliste, il est connu outre-Atlantique en tant que compositeur et musicien. Grand amoureux du jazz, il officie comme saxophoniste dans le groupe Rock Bottom Remainders. Par ailleurs scénariste, il est également l'auteur de La Couleur d'une mère, best-seller aux Etats-Unis, et de L'Oiseau du Bon Dieu, National Book Award en 2013.


Dany Laferrière


Fils d'un ancien maire de Port-au-Prince, il a grandi à Haïti avant de rejoindre Montréal en 1976. Révélé avec Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, il a travaillé à la radio et à la télévision tout en poursuivant son oeuvre littéraire. Prix Médicis en 2009 pour L'Enigme du retour, il a été élu à l'Académie française en 2013.
https://www.lexpress.fr/culture/livre/

 

JEAN D' ORMESSON EST PARTI A 92 ANS -Presque rien sur presque tout

Il faisait toujours l'éloge de la vie et quand il était tombé malade il a compris beaucoup de choses sur la vie.
Un intellectuel que j'aime beaucoup, un séducteur, un académicien, un joueur qui ne se prend pas au sérieux mais qui sait toucher juste. Il aimait vivre et partager sa joie de vivre. Un séducteur éloquent que j'aimais écouter, regarder avec yeux bleus et sa voix si juste.P B CISSOKO


«Avant le tout, il n'y avait rien. Après le tout, qu'y aura-t-il ? [...]


Que seraient les hommes sans le tout ? Rien du tout. Ils n'existeraient même pas puisqu'ils sont comme une fleur et comme un fruit du tout. Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ? Personne ne pourrait rien en dire puisqu'il n'y a que les hommes pour en parler. Le tout, sans les hommes, serait absent et mort. [...]


Il y a un roman plus vaste que le roman des hommes : c'est le roman du tout. Du tout d'abord tout seul. Premier tome. Formidable, mais inutile. Big bang. Galaxies. Soupe primitive. Diplodocus. Puis des hommes dans le tout. Deuxième tome. Plus beau encore. [...]


Voulez-vous qu'un homme, qui n'est qu'un homme, quelle misère ! mais qui est un homme, quelle gloire ! raconte aux autres hommes, même misère et même gloire, cette grande Big Bang Story, ce grand roman du tout ? Presque tout. Presque rien. Presque rien sur presque tout.»
Jean d'Ormesson.

PRESQUE RIEN SUR PRESQUE TOUT

de Jean D'ORMESSON
de l'Académie française

Éditions Gallimard, 381 pages, 1996

Encre de chine de Catherine RÉAULT-CROSNIER, inspirée par le livre
"Presque rien sur presque tout" de Jean D'ORMESSON (taille réelle : 80x120 cm).

 

Les paradoxes s'unissent alors pourquoi « presque rien » et « presque tout » ne seraient-ils pas presque équivalents ? La différence peut paraître gigantesque ou minime selon le point de vue dont nous nous situons, nous qui sommes des presque rien ou des presque tout...
L'homme est grand lorsqu'il est en quête d'absolu ; il se tourne alors vers ses origines et son devenir d'un seul élan. Presque rien, c'est le début du monde à moins que ce ne soit presque tout sauf l'homme :


« Avant le tout, il n'y avait rien. Après le tout, qu'y aura-t-il ? » (page 9)
Du début à la fin du monde, la vie grouille mais que sera la fin ?
« Après le tout, qu'y aura-t-il ? » (page 9)


Chaque être humain se pose un jour, cette question et porte vers le néant ou l'éternité, cette interrogation qui peut se transformer en quête philosophique :
« Vous êtes un homme. Et vous pensez. » (page 9)


Avant comme après Descartes, la pensée a toujours été présente avec l'homme, en l'homme même à l'état de larve, comme en gestation. Et l'homme prend pleinement sa place parce que l'univers existe dans le tout :


« Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ? » (page 9)
La carcasse humaine cache notre fragilité mais la pensée invisible la rend immense par la beauté de son élévation. C'est la pensée de l'homme qui fait sa grandeur.
De l'homme terre à terre à l'aube de la genèse à l'être pensant, passionné, révolté, ému, il n'y a qu'un pas dans le temps, un pas dans l'univers.
Ce roman de Jean d'Ormesson veut relever la gageure d'être le grand « roman du tout » (page 10).
La permanence de l'être dans le temps vit dans l'infini de la création :


« Car l'être est ce qui est depuis toujours et pour toujours. Il y avait un être infini et éternel qui se confondait avec le néant, et par conséquent avec le tout. » (page 13)
Petitesse et grandeur de la condition humaine se révèlent dans l'immensité de la création dès les origines :
« Exister dans le temps, c'est s'interroger sur l'origine. » (page 18)
L'homme, il ne lui suffit pas de vivre, il veut savoir d'où il vient et où il va :
« Il y a quelque chose d'irréversible après la naissance du temps. » (page 20)
Notre vie s'égrène comme dans un sablier mais nous ne pouvons pas le retourner quand le temps de passage sur terre est terminé. Cependant l'homme agit comme s'il était éternel, sans penser à sa finitude, se projetant dans l'éternité :
« le tout est réel dans le temps parce qu'il était possible dans l'éternité. » (page 21)
L'amour soutient le monde. Sans lui, le tout serait rien ; avec lui, le tout est espérance à l'infini :
« Il fait tourner le Soleil et les autres étoiles. Il empêche le monde de mourir. Il soutient le tout et ne cesse jamais de l'engendrer. » (page 22)
L'amour est fou et il est l'essence même de l'être mais il est contrebalancé par la présence du mal :
« c'est la liberté de l'homme qui révèle le mal et le fait triompher. » (page 23)
Le mal est dans le temps contrairement à l'éternité qui abolit sa réalité :
« L'éternité est une absence de temps. » (pages 27 et 28)
Le temps passe, naît, meurt. Le temps est lié à l'espace, aux planètes qui tournent car :
« un désir d'autre chose et d'amour agite l'éternité. » (page 32)


C'est comme si l'éternité s'ennuyait et avait ressenti le besoin d'amour :
« Où est l'avenir ? Question absurde. Nulle part. » (page 47)


Personne ne peut prédire le futur mais le présent est aussi troublant :
« Il est permanence et évanouissement, continuité et renouvellement. » (page 51)
car :
« Le moment où je parle est déjà loin de moi. » (page 52)


Le présent n'est jamais présent car le temps qu'on en parle, il n'est plus et avant qu'on en parle, il n'est pas né :
« l'existence du tout et des hommes est d'abord métaphysique. » (page 54)


Le temps fascine l'homme mais on ne peut ni le saisir ni l'arrêter. Pour Jean d'Ormesson, il est « aussi étranger que l'éternité » (page 56) car « Le temps enveloppe le tout et se confond avec lui. » (page 57)


C'est l'union du temps et de l'espace, l'union avec notre Galaxie, les milliards d'étoiles, les autres galaxies, l'immensité insondable de l'univers.
Malgré sa petitesse, l'homme vit comme s'il était le centre de l'univers car il se sent unique en tant qu'être pensant :
« Mais chacun de nous et ce qu'il croit, chacun de nous et ce qu'il fait est le cœur brûlant du tout. » (page 65)


Dans le miroir de l'homme, il y a une grande lumière car :


« La lumière est l'ombre de Dieu. » (page 67)
L'homme sait que son corps disparaîtra ; il connaît sa condition humaine mais il sait aussi qu'il transmettra ses gènes à sa descendance et par cela, existera toujours un peu, de même qu'il existait déjà en gestation, avant sa naissance :
« Rien de plus vivant qu'un homme, mais son corps n'est que matière, et ses cendres en seront aussi. » (page 74)
Donc rien n'est plus vivant qu'un homme mais rien aussi de plus éphémère, un éphémère troublant car il se renouvelle dans le temps. L'homme vit en union avec sa famille et tous les hommes mais aussi avec la matière, avec ses pensées et ses créations.
L'homme respire et sans air, il ne pourrait vivre mais il respire sans y penser, sauf s'il analyse l'air scientifiquement et non, à chaque inspiration comme quelque chose de vital :


« L'air n'est pas, comme l'espace, comme la lumière, comme le feu, un instrument de l'infini, un outil du démiurge : c'est une poussière de rien du tout qui, à force de se glisser dans nos poumons, a su se rendre indispensable. » (page 84)
Qu'est-ce qui règne sur tout ? La loi mais l'homme veut aller plus loin que l'obéissance. Il veut savoir si ce qu'il pense, est la vérité. Il veut savoir s'il est le fruit du hasard ou si tout est déterminé. L'homme est-il à l'image de Dieu ? Jean d'Ormesson nous présente des phrases miroirs de la bible comme :
« Je suis l'être. Je suis. Je suis celui qui est. » (page 97)
Puis il considère l'homme comme un bijou précieux pour son créateur :
« Les hommes sont le joyau de l'être. » (page 97)
« L'homme est le roi de la Création. » (page 109)


L'homme est l'être pensant par excellence sur terre. Sa pensée est prodigieuse de richesse, d'idées, d'idéal :
« Ainsi, la pensée n'en finit pas d'avancer et de se contredire. Elle n'est jamais en repos. (...) la pensée est ouverte sur le tout, le tout s'offre à la pensée. » (page 147)
La grandeur de l'homme fait sa force et sa volonté de chercher à progresser malgré ses limites et ses efforts inutiles, malgré la victoire du mal qui contrebalance sa progression. Pour ne pas se prendre trop au sérieux, l'homme rit :
« L'ambiguïté du bien et du mal est cachée dans le rire comme elle est cachée dans les mots. Dans le silence et dans la parole, l'homme est capable de rire parce qu'il est capable de penser. » (page 158)
Le rire est l'étonnement, il laisse la place au doute, à l'esprit qui s'élargit alors il peut espérer :
« Il y a dans l'espérance comme un reflet de l'éternité. Un reflet ironique. (...) Si l'avenir n'était pas espérance, le monde serait un enfer. » (page 188)
L'espérance fait partie de la création. Dès que l'homme a pu penser, il a espéré et il a imaginé :
« L'imagination se situe quelque part entre la raison, le souvenir, la poésie et la passion. » (page 191)
L'homme se crée alors un autre monde en rêvant ; il a accès à la poésie, à l'inconnu, à l'irréel, à l'impensable, à la pensée nouvelle, à l'espoir. La foi n'est pas loin de lui alors car elle est à la lisière de la science et de la raison, dans le domaine du ressenti inexplicable mathématiquement. Jean d'Ormesson exprime sa foi dans le christianisme car Dieu y est fait homme et partage avec les faibles en premier. Il est le don total de l'amour :
« l'amour des hommes pour les hommes et la pitié pour leurs souffrances n'en finiront jamais de renaître de leurs cendres. » (page 205)
Par le Christ, la mort est dépassée et l'espoir, infini :
« L'amour est partout. L'amour est tout. » (page 218)
« le rêve de tout amour est de mourir pour ce qu'il aime. » (page 219)
Là l'homme rejoint Dieu. L'infini est proche du fini. « La nécessité est frappée de hasard. » (page 221)
Le monde est un paradoxe où tout est possible et relatif. Jean d'Ormesson ne cherche pas à nous convaincre mais il donne sa version pensée de la création, tout en sachant que :
« Chacun croit en un Dieu ou n'y croit pas. » (page 235)
Mais pour lui, sa foi le fait vivre intensément et il fait ici sa profession de foi. Pour lui, tout est lié dans la création :
« Ce lien est le tout même. (...) C'est lui qui fait courir comme un fil invisible entre les étoiles et la pensée, entre le big bang et l'histoire, entre le tout et chacun de nous. » (page 262)
En symbiose avec l'univers, l'homme fait partie du tout mais il réfléchit, il pense et voudrait connaître d'où il vient, pourquoi il vit, où il va :
« Nous avançons, vous et moi, les yeux bandés dans le noir. » (page 345)
« Voilà ce que je suis, un miracle. À des milliards et des milliards d'exemplaires. » (page 365)
Chaque homme est unique ; il n'y a pas deux copies identiques. L'homme reste un mystère de même que l'univers. L'homme veut savoir mais reste dans l'ignorance ou plutôt plus il comprend, moins il sait mais il s'acharne, assoiffé de pensée, de volonté. Il oscille perpétuellement entre la richesse de la découverte et l'immensité de l'inconnu révélé, entre le bien et le mal, entre le rien et le tout.
L'homme n'est presque rien ou presque tout ce qui est la même chose dans la complexité de l'univers, dans ce bouillonnement de création, dans le temps, dans l'espace, au-delà du connu et du prévisible.
L'homme, ce grain de sable pensant, cette poussière à peine palpable, vite envolée, l'homme, ce philosophe né qui cherche son chemin entre le bien et le mal, le tout et le rien, inlassablement.

Février 2004
Catherine RÉAULT-CROSNIER
http://www.crcrosnier.fr/articles/ormessonpresque.htm

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