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Fonds pour l'éducation Digitale en Afrique-Cécile THIAKANE et Moussa SARR Impliqués

C'est avec une grande fierté et une profonde humilité que nous annonçons le lancement de notre Fonds pour l'éducation digitale en Afrique !

Le numérique, particulièrement un accès à internet, à un coût abordable, une priorité des ODD adoptés en 2015 par l'ONU pour éradiquer la pauvreté et lutter contre les inégalités dans le monde.


L'éducation au numérique est indéniablement un levier de croissance et d'inclusion.


Cependant, selon une étude des Nations Unies, le fossé numérique reste important entre le monde développé et celui en développement, avec 3,9 milliards d'habitants sans accès à internet. Cette fracture numérique touche particulièrement l'Afrique avec un taux de 18% en 2017, contre 84% pour l'Europe par exemple.
Il est urgent de réduire cette fracture numérique et d'aller au-delà des infrastructures via la promotion des infostructures et de la littératie numérique. En intégrant ces nouvelles valeurs dans les classes, les lieux d'apprentissage ainsi que dans les programmes d'étude, elles peuvent faire émerger une « citoyenneté numérique » opératoire et indispensable à l'émergence de l'Afrique.

C'est pour toutes ces raisons que nous avons lancé ce fonds, qui est une initiative de la Fondation KBF Canada, Lachine Lab – l'Auberge Numérique, PME – Montréal, un certain nombre de membres de la diaspora notamment Cécile Thiakane (Paris) et Dr. Moussa Sarr (Montréal) et des partenaires locaux (Maurice Diouf, Djibril Diop, Issa Tine).
Le Fonds fait appel à la philanthropie et à la solidarité de l'ensemble des membres de la diaspora africaine et des amis de l'Afrique.

Le Fonds aura comme porte-parole (pour le volet diaspora) Karl Miville De Chêne de Contact Monde (CCM) qui développe actuellement le SITIC Afrique Canada 2018 (Forum sur le potentiel numérique africain au Canada).

La mission principale du fonds consiste à contribuer à la création de ressources qui appuient les projets d'éducation des populations africaines à l'acquisition des outils de participation au développement de l'économie numérique en premier lieu au Sénégal et avec un accent spécifique mis sur les femmes.

Soutenez notre fonds !


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Merci de votre solidarité !


Rôle-clé de la diaspora
Quelques personnes de la diaspora sénégalaise sont très étroitement associées au projet.
Cécile Thiakane et Moussa Sarr notamment, apportent à la fois leur expertise technique et leurs connaissance culturelles, facteurs clés de réussite du projet.
Objectifs
• Transférer le concept de Living Lab, centre d'éducation au digital, au Sénégal à Diamniadio, à proximité de Dakar en créant le Diamniadio Lab ;
• Organiser des sessions de formation au digital pour des formateurs locaux en contact avec les citoyens ;
• Encadrer et coacher les formations qui se développent sur place;
• Mettre un accent spécifique sur les femmes.
La diaspora africaine est impliquée de près dans le transfert de connaissances et le coaching des projets sur place. Arche Innovation accompagnera également le projet; Arche innovation accompagne les processus d'optimisation des stratégies d'innovation ouverte et de transfert de connaissances aussi bien à l'interne qu'à l'externe.
Indicateurs de succès
• Nombre de séances de formations organisées
• Nombre de personnes touchées
• Structure locale mise en place de façon durable et prête à continuer le projet de façon autonome


Comment soutenir ce projet ?


Par carte de crédit : En haut à droite de cette page, indiquez le montant que vous souhaitez donner, et effectuez le don en ligne par carte de crédit. Simple et rapide !
Pour les dons par chèques : Adressez le chèque à la Fondation KBF CANADA, mentionnez 'Projet C304 : Fonds Education digitale au Sénégal' dans la section 'Pour' et envoyez-le à : Fondation KBF CANADA, 1 Place Ville Marie, Suite 1670, MONTREAL, QC, H3B 2B6 – CANADA.
Pour les dépôts directs : Envoyez un courriel à la Fondation KBF CANADA Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou téléphonez au +1 514.481.2000.

Tous les dons donnent droit à un reçu aux fins d'impôts au Canada.

Les projets sont gérés avec le plus grand soin et professionnalisme.

http://www.kbfcanada.ca/fr/projets/fonds-pour-leducation-digitale-au-senegal/

Mini bio Cécile Thiakane


Panafricaniste, activiste du développement social, passionnée de nouvelles technologies, de Green Tech, du digital, est une fervente militante de l'afro-responsabilité. Titulaire d'un Msc Marcom, elle est une spécialiste de l'analyse des comportements des consommateurs, décrypteuse des faits sociaux et experte en déploiement de big data. Elle a occupé plusieur postes de Directrice commerciale et marketing à Paris dans des agences conseils en communication et de société spécialisées business Intelligence et en Intelligence artificielle. Elle publie beaucoup d'articles sur le développement social et l'inclusion. Leader d'opinion, elle est aussi très présente sur les réseaux sociaux et médias traditionnels et est membre de plusieurs Think Tank, ONG et associations œuvrant dans le co-développement.
Détails du contact : Cécile Thiakane : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Un Enseignant c'est une Tête ( la formation) mais aussi un Cœur sinon il échoue dans sa transmission....et les enfants aussi

Astou DIONGUE Professeure des écoles à MBOUR au Sénégal me confie ce texte riche d'enseignements à méditer, ce texte peut être transposé partout dans diverses situations

Un professeur, un instituteur, un passeur, un médiateur, tous ceux qui transmettent doivent être capable d'observer, d'écouter pour mieux répondre aux angoisses et préoccupations sourdes des bénéficiaires.


Si on n'écoute pas si on ne pense qu'à son programme ( important) on peut passer à côté de quelque chose.
Une classe est un ensemble de diverses personnes ( j'ai connu des classes avec 22 nationalités –classes de primo arrivants –interculturelle) et le professeur , seul doit gérer cette diversité, ce qui n'est pas facile mais un challenge qu'on peut réussir si on sait sentir ou ressentir.


A l'occasion d'une exposition à Besançon sur les objets ramenés par les anciens coopérants, j'ai reçu une classe de 22 nationalités et l'enseignante vient me voir pour me prévenir qu'il y a un jeune des pays de l'Est qui est réfractaire à tout.. Je reçois toute la classe et je leur explique pourquoi cette exposition. Puis je dis à la classe que nous sommes certes différents mais il y a plus de ressemblances entre nous que de différences et il suffit de vouloir retrouver chez l'autre cette similitude. Puis je demande aux élèves de visiter l'exposition et de revenir vers moi s'ils le veulent pour échanger.

Le jeune qui était réfractaire avait déjà changé de posture en m'entendant. Avec sa professeure expérimentée et très attentive nous nous faisons signe : ça bouge. Le garçon est resté longtemps devant un objet , et c'est l'occasion pour moi d'aller vers lui pour lui demander s'il y a dans l'exposition quelque chose qui lui rappelle son pays , il pointe du doigt et me dit ça il y en a chez nous mais on le fabrique autrement. La professeure s'approche de nous et entre dans l'échange, les copains qui ne voyaient jamais le garçon parler nous rejoignent et le garçon s'exprime, explique et tout le monde l'écouter. C'était le beau moment que le professeur a saisi pour continuer le travail avec ce jeune homme perdu qui avait subi des traumatisme et la violence de l'exil. Avec attention et tact on peut sauver un élève et le sortir de sa situation difficile qui est le reflet d'une expérience de vie mal vécue non assimilée. Un coup de pouce, une écoute, une attention, un regard, un toucher, peuvent faire beaucoup pour changer une personne.


P B CISSOKO

À lire et à méditer !!!

 

EXCLU EUROPE 1 - De plus en plus d'enfants exposés aux écrans bien avant l'âge de trois ans

ÉTUDE - Malgré les recommandations des pédiatres, les parents seraient nombreux à mettre leurs enfants devant l'écran d'une télévision, d'un smartphone où d'une tablette dès la première année, selon une enquête de l'Inserm/Ined consultée par Europe 1.
EXCLUSIF


À quel âge nos tout-petits sont-ils réellement exposés aux écrans ? Alors que de nombreux spécialistes préconisent ne pas les exposer à des écrans avant l'âge de trois ans, une étude de l'Inserm/Ined*, consultée en exclusivité par Europe 1, révèlent que dès deux ans - et même pour certains dès 18 mois -, les enfants sont déjà confrontés aux téléviseurs, smartphones et autres tablettes.


Des écrans pour occuper les enfants... et soulager les parents


Premier constat à la lecture de cette étude : à l'âge de deux ans, l'écran le plus utilisé reste celui de la télévision. Deux-tiers des tout-petits la regardent même tous les jours, et parfois dès la première année. "À Douze mois... avec de petits dessins animés adaptés à leur âge", reconnaît ainsi auprès d'Europe 1 Elena, mère de deux jeunes garçons. "Si c'est vraiment utilisé à petite dose, ce n'est pas un problème. Ça peut être un film ou YouTube Kids. Ça rend service et tout le monde est content", argue-t-elle.


En ce qui concerne les ordinateurs et les tablettes, même si l'enquête montre qu'à deux ans une majorité d'enfants n'y touche pas, 20% les utilise tout de même au moins une fois par semaine. Ainsi Corinne, qui a trois enfants, avoue sans ambages qu'avec le petit dernier, la tablette lui a souvent rendu service. "Il devait avoir entre dix-huit mois et deux ans, il passait des nuits à se réveiller et pendant une heure et demi, voire deux heures, il restait complètement éveillé, du coup on le calait entre mon mari et moi, au milieu du lit, et il regardait Petit Ours brun ou Tchoupi", raconte-t-elle.


Et cet usage des tablettes et des smartphones très jeune serait particulièrement fréquent dans les familles nombreuses, selon Jonathan Bernard, chercheur à l'Inserm. "Les enfants qui ont au moins deux frères ou sœurs ont tendance à jouer moins aux jeux vidéo, mais à utiliser plus souvent des smartphones", précise-t-il.
Enfin, il faut savoir que si pratiquement tous les enfants de deux ans sont exposés à la télévision, la durée d'utilisation reste faible : moins de 30 minutes par jour pour la moitié d'entre-eux.


*Les chercheurs, qui présentent officiellement leurs résultats mardi après-midi, ont utilisé les données fournis par l'étude ELFE, une étude unique en son genre qui suit depuis leur naissance, et jusqu'à leur 18 ans, plus de 18.000 enfants nés en 2011 en France.


Sur le même sujet :


• Comment aider son enfant à lutter contre la dyslexie ou le déficit d'attention

Par Mélanie Gomez, édité par Romain David
La myopie en augmentation chez les écoliers


L'écran en lui-même pose-t-il problème ? Ou est-ce le fait de ne pas regarder au loin ou de manquer de lumière naturelle ?
Ce n'est effectivement pas l'écran en lui-même qui pose problème, mais l'utilisation intensive dans de mauvaises conditions, avec un manque de luminosité, de contrastes ou une faible résolution.


Cette utilisation entraîne cette myopie comportementale qui va s'aggraver. Mais ce n'est pas la seule cause : si un enfant regarde tout le temps de près - qu'il lise ou qu'il joue - une myopie peut également arriver.

Par Dr Marcel ICHOU

 

Pratique de la lecture critique en sciences humaines et sociales


Pratique de la lecture critique en sciences humaines et sociales, Nicolas Marquis, Emmanuelle Lenel et Luc Van Campenhoudt, Dunod, 2018, 240 p., 24 €.
Julia Bihl


Que ce soit pour participer à un débat public, évaluer un discours politique, prendre part à des échanges sur les réseaux sociaux ou encore lire le journal, le citoyen doit faire appel à son sens critique. Partant de là, trois enseignants-chercheurs en sociologie à l'université Saint-Louis de Bruxelles donnent leur version de ce que l'on doit entendre par là. En sciences humaines et sociales, la posture est bien différente de l'esprit critique que l'école tente de renforcer dès le plus jeune âge. Il ne s'agit pas seulement de prouver que l'on sait exprimer une opinion, mais de développer une attitude qui mêle humilité, honnêteté, prudence et méthode. Au fil de l'ouvrage, les auteurs convoquent des considérations théoriques et des exemples concrets.

Le travail d'une étudiante sur un texte d'Émile Durkheim leur permet de souligner les principaux malentendus des étudiants concernant la critique d'un texte. Une des erreurs répandues consiste à évaluer les idées défendues par l'auteur au regard de ce que l'on pense du problème abordé. À l'inverse, le professeur attend de l'étudiant qu'il mette temporairement ses préférences de côté.

La méthode correcte consiste pour le lecteur à suivre dans un premier temps le texte au plus près de sa logique, quitte à consigner dans un coin les interrogations et marques d'intérêt. Après seulement viennent les opérations critiques consistant à évaluer les apports du texte, puis ses limites, c'est-à-dire « jusqu'où le texte permet d'aller, et ce qu'au contraire, il ne permet pas de faire », ainsi que les pistes que sa lecture invite à poursuivre.

Au-delà des outils présentés, comme la grille de comparaison de textes donnant des clés aux étudiants, cet ouvrage fournit à l'enseignant des critères objectifs pour évaluer l'exercice.


https://www.scienceshumaines.com/pratique-de-la-lecture-critique-en-sciences-humaines-et-sociales_fr_39956.html

 

INDIGNEZ-VOUS ! édition revue et augmentée Stéphane Hessel (Auteur) Paru en décembre 2011 Essai (broché)


Le petit livre de Stéphane Hessel Indignez-vous !, paru en 2010, s'est vendu à des millions d'exemplaires, a inspiré les jeunes indignés occidentaux, accompagné le Printemps arabe et son auteur, acquis une renommée mondiale.

Pour Stéphane Hessel, le « motif de base de la Résistance, c'était l'indignation. » Certes, les raisons de s'indigner dans le monde complexe d'aujourd'hui peuvent paraître moins nettes qu'au temps du nazisme. Mais « cherchez et vous trouverez » : l'écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l'état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au « toujours plus », à la compétition, la dictature des marchés financiers, jusqu'aux acquis bradés de la Résistance - retraites, Sécurité sociale. Pour être efficace, il faut, comme hier, agir en réseau : Attac, Amnesty, la Fédération internationale des Droits de l'homme. en sont la démonstration. Alors, on peut croire Stéphane Hessel, et lui emboîter le pas, lorsqu'il appelle à une « insurrection pacifique ». Avec une postface des éditeurs : la fabuleuse histoire d'Indignez-vous !

Les 5 préceptes d'Indignez-vous de Stéphane Hessel
LEXPRESS.fr


Le manifeste de l'ancien résistant s'est déjà vendu à plus de 300 000 exemplaires. Cinq citations pour comprendre cet appel à l'indignation.
C'est le best-seller de la fin de l'année 2010. Indignez-vous, de l'ancien résistant Stéphane Hessel, s'est vendu à plus de 300 000 exemplaires (Source Edistat). Quelles sont les raisons d'un tel succès? Son prix attractif - trois euros? La longueur de l'ouvrage - une vingtaine de page? Un concours de circonstances - sortie du livre avant Noël? L'engouement, même inexpliqué, est réel et vire au phénomène de société. On se l'arrache et les libraires peinent à alimenter leurs stocks... LEXPRESS.fr a sélectionné cinq phrases choc de cet appel à l'indignation qui provoque espoir chez certains, et déchaîne les passions chez d'autres.

1 - Trouver un motif d'indignation


Selon Stéphane Hessel, ancien résistant qui prône les valeurs véhiculées pendant cette période de l'Histoire de France, les raisons de s'indigner existent. Il suffit de les chercher. "Les raisons de s'indigner peuvent paraître aujourd'hui moins nettes ou le monde trop complexe. (...) Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes: cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l'indifférence, dire 'Je n'y peux rien, je me débrouille'."
Le traitement fait aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms sont autant de raisons pour l'auteur de s'indigner. "Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé."


2 - Changer de système économique


"L'actuelle dictature internationale des marchés financiers (...) menace la paix et la démocratie." Dans Indignez-vous, l'auteur met en cause notre système économique, dénonçant les écarts de richesses grandissants. Nous n'avons pas su, constate-t-il, tirer les leçons des erreurs de la crise économique, pourtant dévastatrice. "L'écart entre les plus pauvres et les plus riches n'a jamais été aussi important: et la course à l'argent, la compétition, autant encouragée." Et de proposer comme alternative que "l'intérêt général" prime sur "l'intérêt particulier", et le "juste partage des richesses créées par le monde du travail" sur le "pouvoir de l'argent".


3 - Mettre fin au conflit israélo-palestinien


Farouche défenseur de "la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie", l'ancien résistant s'est attiré les foudres de plusieurs associations en appelant au boycott des produits israéliens. Revenant sur l'opération "Plomb durci", Stéphane Hessel écrit: "Que des Juifs puissent perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c'est insupportable. Hélas, l'Histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire." Après la publication de son ouvrage d'une vingtaine de pages, l'ancien résistant a été visé par trente plaintes pour antisémitisme.
Lire aussi


Qui est Stéphane Hessel?


4 - Choisir la non-violence


Convaincu que l'avenir "appartient à la non-violence", Stéphane Hessel refuse d'excuser les "terroristes qui jettent des bombes". Mais il affirme qu'on "peut les comprendre". "On peut se dire que le terrorisme est une forme d'exaspération. Et que cette exaspération est un terme négatif. Il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer. L'exaspération est un déni de l'espoir. Elle est compréhensible, je dirais presque qu'elle est naturelle, mais pour autant elle n'est pas acceptable." Et d'ajouter, en se désolidarisant de Jean-Paul Sartre: "Se dire 'la violence n'est pas efficace', c'est bien plus important que de savoir si on doit condamner ou pas ceux qui s'y livrent."


5 - Endiguer le déclin de notre société


D'importants progrès ont été faits depuis 1948, concède Stéphane Hessel. La décolonisation, la fin de l'apartheid, la chute du mur de Berlin... Mais cette tendance tend, selon lui, à s'inverser depuis les années 2000. "Les premières années du XXIe siècle ont été une période de recul. Ce recul, je l'explique en partie par la présidence américaine de Georges Bush, le 11 septembre, et les conséquences désastreuses qu'en ont tirées les Etats-Unis, comme cette intervention militaire en Irak." "Nous sommes à un seuil, entre les horreurs de la première décennie et les possibilités des décennies suivantes. Mais il faut espérer, il faut toujours espérer."
Et vous, qu'avez-vous retenu du manifeste de Stéphane Hessel?Comment expliquez-vous son succès?

 

Islam : ce que dit le rapport qui veut réformer la deuxième religion de France-Institut Montaigne par Hakim El Karoui


Paris  septembre 2018


En publiant un nouveau rapport pour l'Institut Montaigne, un groupe de réflexion libéral, l'essayiste Hakim El Karoui reformule plusieurs propositions pour réorganiser l'islam de France face à l'islamisme. Des pistes qui pourraient inspirer Emmanuel Macron ces prochaines semaines.

Hakim El Karoui, membre associé de l'Institut Montaigne, défend la réorganisation d'un "islam français". (Capture d'écran Europe 1)
"Il faut agir, il faut se lever, il faut reprendre la main sur la religion musulmane." Lundi sur Europe 1, l'essayiste et chercheur Hakim El Karoui a appelé les "musulmans modérés et silencieux [à] se réapproprier l'islam". L'homme vient de signer un rapport pour l'institut Montaigne, qui sera remis à Emmanuel Macron au moment où celui-ci attend un "cadre" pour que cette religion - la deuxième de France - "s'exerce de manière conforme aux lois de la République", dixit le chef de l'Etat.


Il s'agit du "troisième rapport" en trois ans d'Hakim El Karoui, précise sur son site l'institut, un groupe de réflexion réputé libéral, qui a mis en ligne dimanche ce document de 617 pages. Mais celui-ci est non pas consacré "à l'islam mais à l'islamisme", peut-on lire. Ses propositions concernent pourtant bien les musulmans français, en interrogeant leur relation à la République, d'un côté, et au salafisme, de l'autre. Les solutions évoquées - qui ne sont pas forcément nouvelles - font en tout cas déjà parler, et plus encore si l'exécutif venait à en faire les siennes.


Quel est le propos de ce rapport?


Hakim El Karoui le répète au fil de ses interventions médiatiques. Il veut "dépassionner" le débat sur l'islam, l'évoquer "sans fantasme" dit-il, mais ne surtout pas "l'occulter" et cesser "la politique de l'autruche". "Quand il y a un problème, il faut le traiter", a-t-il insisté sur Europe 1. Et le problème, selon lui, "c'est la progression de l'idéologie islamiste chez les musulmans de France", comme il l'a dit également dimanche soir sur RTL. Le rapport en question s'intitule ainsi "La fabrique de l'islamisme".


Pour cela, le rapporteur répète ce chiffre choc : "à peu près un quart" de ces musulmans seraient "hostiles" aux valeurs républicaines, notamment les plus jeunes. Un résultat qui se rapproche du 28% "d'ultras musulmans" comptabilisés dans un sondage Ifop en 2016 et que l'auteur soutient cette fois grâce à une "analyse quantitative des réseaux sociaux", terrain sur lequel prolifèrent les thèses islamistes et en particulier le salafisme. L'étude s'attarde ainsi longuement sur les "usines de production de l'islamisme" (Frères musulmans en Egypte, wahhabisme en Arabie Saoudite, "turco-islamisme en Turquie"...) et souligne "l'incroyable" influence de ces réseaux sociaux dans son expansion.


Mais le travail d'Hakim El Karoui ne fait pas forcément l'unanimité. Les représentants du Conseil français pour le culte musulman (CFCM), instance élue considérée comme représentative par les pouvoirs publics mais régulièrement critiquée pour son manque d'efficacité, soulignent par exemple le manque de légitimité du chercheur ou le caractère anxiogène de ce travail. En outre, "c'est aux musulmans de s'occuper de leur religion, ce n'est pas à l'Etat de l'organiser", a redit lundi à l'AFP le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri.


Quelles sont ses propositions?


Pour Hakim El Karoui, l'enjeu est donc de réformer l'islam en France pour contrer cette influence de l'islamisme qui prendrait le pas. "Comme on a des militants d'un côté, et qu'en face personne ne dit autre chose, ils ont une influence très au-delà de leurs sympathisants", assure l'essayiste sur Europe 1. Le coeur de son projet est donc de créer une nouvelle structure indépendante "chargée d'organiser et de financer le culte musulman". Fini donc le CFCM et plus encore l'UOIF, que l'homme combat, place à ce qui serait "l'Association musulmane pour l'islam de France" (Amif).


Cette nouvelle institution qui poserait les bases "d'un islam français" pourrait ainsi s'occuper de réformes que l'institut Montaigne porte depuis plusieurs années déjà - en particulier depuis un précédent rapport de 2016, telles que :


• La mise en place d'une "taxe halal", une mesure sur laquelle ne s'attarde pas en soi le nouveau rapport mais qui est toujours défendue par son auteur. Il ne s'agirait pas d'un impôt prélevé par l'Etat mais d'un prélèvement géré par l'association et s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher".


• La réorganisation des pèlerinages pour La Mecque, en Arabie Saoudite. Aujourd'hui, les voyagistes pour effectuer le hajj - qui constitue l'un des cinq piliers de l'islam - sont en situation de "monopole" et le pèlerinage, en y ajoutant les intermédiaires, s'avère de plus en plus coûteux, exposait lundi Hakim El Karoui.


• Avec ses recettes prélevées notamment sur le marché du halal, l'association pourrait ensuite investir "dans la formation de cadres religieux, la construction pourquoi pas de certaines mosquées". Elle rendrait aussi un "service utile aux fidèles" en se posant comme "régulateur" des flux financiers, parfois "opaques" dans la communauté musulmane.


• Le rapport en appelle surtout à la "mobilisation du ministère de l'Education nationale", qui passerait par une meilleure formation des enseignants sur la question de la laïcité. Mais également de "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école, pour faire face aux "cours d'arabes dans les mosquées [qui] sont devenus pour les islamistes le meilleur moyen d'attirer des jeunes dans leurs mosquées et écoles". "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux", appuie Hakim El Karou, alors qu'il a "été multiplié par dix dans les mosquées".
• Le document propose plus globalement de réinventer "la promotion du discours républicain", notamment sur les réseaux sociaux. "L'État se doit d'améliorer la connaissance des tenants idéologiques et des aboutissants politiques et sociaux de l'islamisme, il doit aider ceux qui veulent financer des initiatives de contre-discours en français", est-il écrit.

En insistant sur l'enjeu diplomatique de ce sujet : la France, et plus globalement l'Europe, doit davantage coopérer avec le Maghreb et les pays du Golfe, demande l'institut Montaigne, meilleur moyen selon lui de sortir des logiques de financement de l'islam depuis l'étranger et des discours les plus radicaux, comme ceux portés en Arabie Saoudite.


Ce rapport va-t-il être repris par Emmanuel Macron?


La publication de ce nouveau rapport, qui est donc avant tout une piqûre de rappel des propositions déjà avancées par l'institut Montaigne, vient à point nommé. Sont en effet organisées jusqu'à la mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites. Cette concertation répond à la demande d'Emmanuel Macron, qui avait déclaré devant le Congrès en juillet dernier, vouloir poser à l'islam de France "un cadre et des règles" et ce, "dès l'automne" prochain.


Il s'agit donc ici pour le think tank libéral d'entrer dans ce débat et pourquoi pas de convaincre le chef de l'Etat sur la pertinence de son projet. Hakim El Karoui arrivera-t-il à se faire entendre? "Peut-être... sans doute, j'espère", a-t-il répondu sur Europe 1.

Cet intellectuel, autrefois conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon a pour lui de bien connaître déjà Emmanuel Macron, les deux hommes ayant été tous les deux collègues au sein de la banque d'affaires Rothschild. El Karoui est donc souvent présenté comme ayant "l'oreille" du Président, même s'il assure lui-même ne pas être un intime.


Plus globalement, l'institut Montaigne est réputé proche d'Emmanuel Macron, puisque son directeur Laurent Bigorgne est un ami de longue date depuis leurs études à Sciences Po et l'aurait conseillé pendant la campagne présidentielle sur les questions d'éducation. Pour l'heure, on ne sait pas encore si le chef de l'Etat va reprendre ces idées mais les priorités qu'il a déjà affichées sur ce sujet sont en tout cas loin d'être incompatibles avec celles-ci. Dans une première réaction officielle, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a en tout cas "salué" dans un communiqué ce "travail très approfondi" et pris note de "propositions très intéressantes (...) qui appellent à un rassemblement et une mobilisation des musulmans républicains en France".

Salle MAS 

10 Rue des TERRES au CURE 75013

Metro ligne 14 arrêt Olympiades

 

Grande conférence Religieuse Mamine Aidara et Tafsir Gaye : El Abdoul Aziz SY -Modèle de régulateur social-ce Vendredi 14/09/2018 à Paris 13 éme

Venez nombreux, c'est gratuit. La foi au service de l'humanité du vivre ensemble et la parole juste.

"Mes deux amis Tafsir GAYE et son compère Mamine AIDARA Deux érudits de la théologie musulmane viennent nous reparler de cet autre très grand penseur, ce maître de la pensée islamique et du franc parler : Sérigne Abdoul Aziz SY.


Le « social control », la régulation sociale et le pouvoir un vrai problème éthique que notre feu khalife, Abdou Aziz SY savait faire sans encombres. Ses sorties étaient la manifestation des tensions sociales des déséquilibres qui frappent le pays. Après ses sorties il retournait se consacrer à la pensée religieuse sous diverses formes.


C'était une vraie personnalité sociale, il y a chez lui une Identité de l'individu correspondant à l'ensemble de ses représentations issues de son groupe social donc de la culture de son groupe social et de ses pairs : les êtres humains


Beaucoup de ma génération reconnaissent son calme, son érudition mais son sens de la Vérité et de la Médiation. A l'époque quand les deux chefs religieux du tidjianisme et du mouridisme se levaient c'est que le pays dérivait vers la pire et grâce à leurs paroles rares la barque qui s'enlisait se remettait d'aplomb.. Il est des chefs religieux qui étaient doublés de pédagogue et savaient prendre la parole quand il faut pour parler au peuple comme dans un Ndeup collectif.
Lors des grèves il n'hésitait pas à parler à tous et les choses revenaient à la norme. Un vrai régulateur social, un médiateur. Le Prophète avait dans son parcours agit comme ça pour gérer les affaires quotidienne de la société. Le franc parler corrige un peuple qui s'égare qui se perd et qui perd le nord. Dire vraie est la chose rare à cause de la « corruption « des gens. Les sages se moquent tel Diogène le Cynique des biens d'ici-bas alors ils n'ont pas de contrainte ni de crainte ils s'expriment au Nom de la Vérité.


Une parole entendue et qui tape dans le mil. Le penseur qui nous préoccupera ce Vendredi ne parlait qu'à l'être humain, la personne sans penser à sa position son statut. Il n'était pas trop mêlé à la chose publique mais en tant que régulateur social, il sentait le pouls du pays et le moment venu avant qu'il ne soit trop assis là où il est, il parle à ceux qui sont débout et se fourvoient dans la haine, la division et la corruption.
L'homme spirituel ne se « moque » du temporel mais il sait grâce aux lumières saisir le moment pour communiquer et prêcher la parole France.
C'est aussi en cela que le président Senghor le respectait et c'est pourquoi aujourd'hui on le célèbre ses paroles nous éclairent telle ce soleil unique qui éclaire la diversité". Pape B CISSOKO


On pourra lire ceci :


Toute société vit à coups de « réglages » entre les différentes composantes de la vie sociale, de l'économie, de la politique, de la culture, mais aussi à coup « d'arbitrages » entre l'intégration et l'exclusion, entre l'État protecteur et le marché destructeur ou encore à coups de « compromis » entre les décisions prises « en haut » et leur mise en œuvre « en bas », entre la subordination et la volonté d'y déroger par affirmation de son autonomie. Vivre en société et transformer les organisations repose sur des interactions qui créent des règles : ces règles permettent la communication et l'échange social, la collaboration et le conflit, l'arbitrage et le compromis. Selon Jean-Daniel Reynaud (1997, 1999), la vie des règles, leur élaboration et leur renouvellement constituent une régulation sociale qui est l'objet même de la Théorie de la Régulation Sociale qu'il élabore tout au long de son parcours; cette théorie permet de comprendre les modalités de construction d'obligations sociales auxquelles les individus se soumettent, du fait que ces règles sociales sont le produit endogène de leurs relations. Si elle a pour point de départ le domaine des relations professionnelles, elle s'en éloigne ensuite pour devenir une théorie générale de l'échange social. Gilbert de Terssac


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Il était une fois Dabakh, cet infatigable régulateur social- in senenews.
Fils de El Hadj Malick Sy, pionnier du tidjanisme au Sénégal, et de Sokhna Safiyatou Niang, Serigne Abdou Aziz Sy est né en 1904 à Tivaouane et reste, jusqu'au jour d'aujourd'hui, l'une des figures emblématiques de la sphère religieuse sénégalaise. Ses enseignements résonnent comme un perpétuel rappel à l'essence même de la vie, de l'humain.


Dans sa jeunesse, il fit de longues études islamiques apprenant notamment le Coran et son exégèse, le droit islamique Malikite, la langue arabe, la théologie Ash'arite, le Soufisme et les relations humaines.


Il accéda au titre de khalife de la Tidjanya au Sénégal le 29 mars 1957, après la mort de ses frères aînés Seydi Ababacar Sy et El Hadj Mouhamadou Mansour Sy, eux-mêmes khalifes, et tous deux décédés quasi simultanément. Son surnom Dabakh (il est généreux en Wolof) est dû à sa grande générosité et à son ouverture.

Durant son califat, il fit de nombreux voyages, notamment au Maroc, en Arabie saoudite, aux États-Unis, en France, en Mauritanie, suite aux nombreuses sollicitations qu'il reçut, en rapport avec la haute maîtrise qu'il avait du savoir islamique. Son discours à la Mecque en 1965, au congrès islamique, où il fut remarqué, non seulement pour sa maîtrise de la langue arabe mais aussi pour la pertinence et la haute portée de son discours, reste encore dans la mémoire du tidjanisme en Afrique.
Au Sénégal, il œuvra beaucoup dans le domaine agricole et reçut en 1965 une médaille dans ce domaine. C'était aussi un grand commerçant.
Doué en chant et en poésie, il mena plusieurs fois, avec sa voix caractéristique, les chœurs religieux lors de la nuit du Mawlid, fête de la naissance du prophète Muhammad. Il lutta aussi pour une meilleure cohésion entre les différentes confréries musulmanes du pays.


Serigne Abdou Aziz Sy mourut le 14 septembre 1997 et son neveu Serigne Mansour Sy lui succédait ainsi dans ses fonctions de Khalife des Tidianes.

 

« Serigne Abdoul Aziz Sy Dabbâkh : itinéraire et enseignements » , Mémoires d'un soufi et régulateur social - ABDOUL AZIZ KéBé

SERIGNE ABDOUL AZIZ SY DABBÂKH Itinéraire et enseignements
Abdoul Aziz Kebe Préface de Cheikh Hamidou Kane - Postface d'Iba Der Thiam


Harmattan Sénégal RELIGIONS TÉMOIGNAGE, AUTOBIOGRAPHIE, RÉCIT AFRIQUE SUBSAHARIENNE Sénégal
Ce livre qui retrace l'histoire sénégalaise de la confrérie de la tijâniya, à travers les portraits croisés de Maodo Malick, d'El Hadj Mansour et des femmes de la zawiya de Tivaouane, est un traité de soufisme tiré de la vie et de l'œuvre d'Abdou Aziz Sy Dabbâkh.

ABDOUL AZIZ KéBé Serigne Abdoul Aziz Sy Dabbâkh / lharmattan

Ce portrait d'El Hadj Abdoul Aziz Sy essaie de suivre les traces de son itinéraire spirituel pour comprendre l'arrière-plan culturel qui l'a forgé. L'auteur met en relief les ressources importantes du soufisme et l'application qu'en font la confrérie de la tijâniya et la zawiya de Tivaouane dans les domaines spirituel et social. Mame Abdou, comme il est appelé affectueusement au
Sénégal, représente le modèle accompli du disciple de la tijâniya, consumé par l'amour du Prophète et tendu vers la proximité avec Dieu par le biais de l'élégance morale au sein des hommes et de son engagement aux côtés de sa société sénégalaise. La recherche des mécanismes par lesquels Mame Abdou est parvenu à si bien articuler le particulier au général, l'identité à l'universel est une sorte d'initiation sans mystère ni ésotérisme que l'auteur étudie dans une langue et un style accessibles à tous.
Ce livre qui retrace l'histoire sénégalaise de la confrérie de la tijâniya, à travers les portraits croisés de Maodo Malick, d'El Hadj Mansour (homonyme de l'actuel khalife) et des femmes de la zawiya de Tivaouane, est un traité de soufisme tiré de la vie et de l'oeuvre d'Abdoul Aziz Sy Dabbâkh.

Enseignant-chercheur au département d'arabe de l'université de Dakar, Abdoul Aziz Kébé est responsable du laboratoire Islam,
Sociétés et Mutations de l'école doctorale « Études sur l'Homme et la Société (ETHOS) ». Auteur de plusieurs articles sur des questions
relatives à l'islam dans les sociétés africaines, il est un membre actif de la société civile sénégalaise et du dialogue interreligieux. Très
proche de la tijâniyya de Tivaouane, Abdoul Aziz Kébé participe à la vie de cette confrérie qui est l'une des plus importantes d'Afrique.

Le Pr Abdoul Aziz Kébé a présenté au public, hier au Warc, son livre intitulé : « Serigne Abdoul Aziz Sy Dabbâkh : Itinéraire et enseignements ». L'ouvrage est édité par l'Harmattan Sénégal. Il s'agit d'une œuvre de 227 pages consacrées à la vie, l'œuvre et au parcours exceptionnel d'un érudit de Dieu, avec des illustrations photos.

Les grands hommes ne meurent jamais. Ils survivent toujours à travers leurs bienfaits légués à la postérité. Le Pr Abdoul Aziz Kébé vient d'immortaliser un pan non négligeable du vaste et riche héritage du deuxième Khalif général de Maodo Malick Sy.

Les paroles s'envolent, dit-on, mais les écrits demeurent. Affectueusement appelé Mame Abdou, il a été un modèle accompli du disciple de la tijânia, consumé par l'amour du Prophète et tendu vers la proximité avec Dieu par le biais de l'élégance morale au sein des hommes. Enseignant-chercheur au département d'arabe de l'Université de Dakar et responsable du laboratoire Islam, sociétés et mutations de l'école doctorale « Etudes sur l'homme et la société (Ethos) », le Pr Abdoul Aziz Kébé a porté son regard d'expert sur l'œuvre d'un personnage qui n'a jamais rien fait d'ordinaire, même s'il ne s'est jamais aventuré dans l'extraordinaire.

En effet, précise l'auteur : « La motivation essentielle pour cette œuvre a été l'amour. L'amour des sénégalais et sénégalaises, dont moi-même, à l'endroit de ce parangon de la paix et de l'harmonie des cœurs. L'amour et rien d'autre ».

L'amour lui a permis de présenter à travers cet ouvrage le « régulateur social hors pair » dans toute sa dimension spirituelle qui constitue, plus que jamais, un bréviaire pour les générations montantes. Le message du Saint de Diacksao (lieu de naissance de Mame Abdou) est intemporel. N'est-ce pas lui qui disait que la « diversité des minarets n'altère pas l'unicité du message d'Allah » ? En présentant son ouvrage, le Pr Kébé a soutenu que Mame Abdou fut un grand homme qui a marqué le Sénégal par son enseignement sur le plan religieux, spirituel et politique. Il a assaini les mœurs politiques avec la mise en place des institutions de régulation, des facteurs de dialogue entre les différents partis politiques du pays. « C'est pourquoi, a-t-il poursuivi, je dis qu'il a été la diagonale qui relie deux points qui semblent être opposés, alors que justement, il a une possibilité de rencontre entre ces deux points par une ligne diagonale ».

L'auteur n'a pas voulu présenter seulement El hadji Abdoul Aziz Sy comme un homme politique même s'il est convaincu que ce dernier est un homme politique, dans le sens où il s'est toujours intéressé à ce qui pouvait assurer la sécurité, l'équilibre et l'entente dans la société sénégalaise.

Toujours est-il que tous les Sénégalais savaient cette dimension politique du sage de Diacksao.
En outre, l'intérêt de l'auteur réside ailleurs : la dimension spirituelle de Mame Abdou et surtout ce qui l'a fasciné jusqu'à ce qu'il allie admirablement sa mission prophétique (si on considère que les érudits sont les héritiers du Prophète) et la conscience citoyenne dont il incarnait durant toute sa vie.

Pour se faire, le Pr Kébé a interrogé d'abord la mort. C'est après le rappel à Dieu de Mame Abdou que l'auteur s'est posé la question suivante en même temps que tous ses concitoyens : « les Sénégalais auront-ils quelqu'un qui prendrait la place de l'illustre disparu ? Est-ce que sa mort est une fin à son œuvre » ? Dès lors, il s'est résolument engagé à revisiter les enseignements de certains soufis. Abdoul Aziz Kébé s'est rendu compte que la mort est plutôt une révélation qu'un anéantissement. En ce qui concerne Mame Abdou, il s'agit d'une révélation dans une nouvelle existence qui constitue une somme d'efforts émanant de sa famille, de ses frères, de son père et de la société sénégalaise.

« Mame Abdou a été le symbole vivant de la dignité à toutes les circonstances. Il pouvait être très familier avec les gens sans être banal. Il a suivi les enseignements de ses ancêtres en se disant que l'homme digne ne vole pas, ne ment pas, ne fait pas du trafic d'influence pour occuper un poste, entre autres ». En plus, le saint homme avait mis la loyauté au cœur de la dignité humaine.

Car, la loyauté reste un élément important dans nos amitiés, engagements et compagnonnages. Toutefois, le manque de loyauté entre les hommes délie la société parce que du jour au lendemain, les repères bougent et c'est la décadence. L'auteur a exploré l'autre grande qualité d'El hadji Abdoul Aziz Sy qui était, sans nul doute, la pureté de son cœur d'où l'appellation « dabbâkh » qui signifie « il est bien » en langue wolof. Le cœur est l'organe le plus important de perception des grandes réalités.

Il est aussi le siège des sentiments et ressentiments. Mame Abdou était parvenu, avec l'appui d'Allah, à purifier son cœur dans la spiritualité. Car, le manque de loyauté, la jalousie, la méchanceté, la médisance et l'hypocrisie sont, plus que jamais, les fruits d'un cœur impur et malade qu'aucun médecin ne peut guérir.

L'auteur a analysé dans l'ouvrage comment Mame Abdou avait porté son attention sur le cœur pour le purifier de façon à ce que cet organe vital puisse être habité par les grandes vertus notamment l'éthique. Il s'y ajoute que le salut de toute société dépend du comportement de ses gouvernants et oulémas. Ils sont les deux ventricules de ce cœur que Mame Abdou s'était toujours battu à purifier. Ainsi, à travers cet ouvrage inédit, le Pr Abdoul Aziz Kébé a le mérite de revivifier le message intemporel d'un érudit de Dieu en l'occurrence, Serigne Abdoul Aziz Sy « Dabbâkh ». Il a ouvert aussi une large fenêtre sur la valeur de la spiritualité des femmes.

Abdoul aziz Kébé

https://www.asfiyahi.org/LIVRE-Serigne-Abdoul-Aziz-Sy-Dabbakh-itineraire-et-enseignements--Memoires-d-un-soufi-et-regulateur-social_a450.html

vendredi, 07 septembre 2018 21:08

Les voleurs de démocratie

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Dans Ichrono voici quelques jours nous évoquions la recrudescence des arnaques, petites et grandes, au point de faire dire à certains qu’elles pourrissent le Sénégal. Comme tout ce qui est exagéré cette affirmation est doit être nuancée.

Cela reviendrait à dire que les actes d’incivilité commis par quelques sauvageons créeraient un climat de guerre civile. Il faut savoir raison garder.

Il est vrai qu’un mécanicien qui invente une panne imaginaire pour arrondir sa facture au franc CFA supérieur n’est pas un voleur. C’est un minable petit escroc.

Comme l’est aussi ce vendeur de voiture qui cache un vice (par définition caché) de son véhicule à son acheteur.

Ainsi qu’assurément cet entrepreneur de maçonnerie qui après avoir encaissé l’acompte met la clé sous le paillasson et laisse le client livré à lui-même, désemparé.

Ou encore ce vendeur de « café Touba » qui mélange le café avec du mil et du riz grillé. De même que ces commerçants qui vendent des produits de contrefaçon en les faisant passer pour authentiques.

Oui, ce genre de pratique « pourrit » la vie quotidienne des honnêtes gens. Mais non le Sénégal. 

En revanche ceux qui pourrissent le pays, ce sont ces fonctionnaires corrompus qui moyennant espèces sonnantes et trébuchantes accordent des faveurs, contournent la loi, ces enseignants qui sèchent les cours dans l’école publique pour se faire de l’argent dans le secteur privé. Et pire encore ces hommes politiques qui font des promesses qu’ils savent être fantaisistes, simplement pour assurer leur élection ou réélection et qui trompent ainsi délibérément le peuple.

Ceux-là ne sont pas des escrocs minables qui commettent des petites arnaques, mais des voleurs de démocratie, des personnes qui trahissent leur devoir et leur patrie. Ce phénomène ne date pas d’aujourd’hui mais où sont les sanctions ?

Le directeur de publication d’Ichrono

vendredi, 07 septembre 2018 11:08

Bernard Dadié, cent ans de négritude

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Bernard Dadié, cent ans de négritude


Notre chroniqueur rend hommage à l'auteur ivoirien d'« Un Nègre à Paris », toujours bien vivant, et qui vient de fêter son siècle de combats littéraires et politiques.
Par Bernard Magnier (chroniqueur Le Monde Afrique)


LE MONDE


Au Japon, il serait sans doute un trésor vivant. En Côte d'ivoire, son nom vient d'être donné à une rue d'Abidjan. Le poète, conteur, romancier et dramaturge ivoirien Bernard Dadié a eu cent ans en 2016.


Né en 1916 à Assinie, au sud-est de la Côte d'Ivoire, sa carrière littéraire a commencé très tôt. Sa première pièce, Les Villes, jouée par les élèves de l'Ecole primaire supérieure lors de la Fête de l'enfance à Abidjan en 1934, permet de considérer le jeune étudiant de 18 ans comme le premier dramaturge africain d'expression française. Ecrite à l'occasion du transfert de la capitale de Bingerville à Abidjan, Les Villes est un dialogue entre les deux anciennes capitales et la nouvelle. En 1937, sa deuxième pièce, Assémien Dehylé, roi du Sanwi est jouée à Paris au Théâtre des Champs-Elysées. On pourrait imaginer débuts plus obscurs et plus laborieux.


Vagabondages d'un faux naïf


Il faudra pourtant attendre trois décennies pour une nouvelle reconnaissance internationale et non des moindres. Quatre de ses pièces, Monsieur Thogo-Gnini, Béatrice du Congo, Les Voix dans le vent, Iles de tempête seront jouées à l'occasion de manifestations culturelles de grande envergure, au Théâtre des nations à Paris (aujourd'hui Théâtre de la Ville), au Festival panafricain d'Alger en 1969, au Festival d'Avignon en 1971 ou encore au Festival de la jeunesse francophone à Montréal en 1974.
Entre-temps, présent lors de la création de la revue Présence africaine en 1947, il a collaboré au premier numéro et privilégié la poésie avec un premier recueil, Afrique debout !, publié en 1950 par Pierre Seghers, dans lequel il dénonce l'oppression coloniale et suggère des lendemains plus... indépendants ; puis un deuxième recueil La Ronde des jours avec son poème demeuré célèbre, « Je vous remercie mon Dieu de m'avoir créé Noir »....


En 1956, Climbié voit le jour, un roman en large partie autobiographique, trois ans après son alter ego romanesque guinéen, L'Enfant noir, de Camara Laye. Il y retrace son enfance aux côtés de son père planteur et de son oncle, sa découverte de l'école, de la langue française et des méthodes brutales des enseignants, mais n'en oublie pas pour autant le plaisir des premières lectures. Puis la nouvelle retient son attention avec Les Jambes du fils de Dieu et Commandant Taureault et ses nègres... Autant de livres dont les extraits n'ont cessé depuis de figurer en bonne place dans les anthologies et manuels d'enseignement des collèges et lycées du continent africain.
Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge, Bernard Dadié est aussi l'auteur d'une savoureuse trilogie (Un Nègre à Paris, Patron de New York, La Ville où nul ne meurt), des chroniques pleines d'humour rapportant les observations faussement naïves d'un jeune Africain confronté aux métropoles occidentales. Trois vagabondages et trois regards à la manière d'un ancestral « touriste persan ».


Avec « les mots de tous les jours »


Sans doute l'œuvre littéraire de Bernard Dadié aurait-elle été plus abondante encore s'il ne s'était aussi pleinement engagé dans le militantisme syndical et politique. Ses responsabilités au sein du Rassemblement démocratique africain (RDA) et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) créé par Houphouët-Boigny, et ses articles et prises de position lui valant d'être condamné à la prison. Publiés sans retouche en 1981, ses Carnets de prison sont un témoignage brut sur les seize mois de son incarcération et les conditions réservées aux prisonniers par l'administration coloniale.


L'indépendance venue, il poursuit sa route politique et militante en occupant des fonctions administratives et politiques dans divers cabinets et ministères, en particulier celle de directeur des services de l'information, puis des affaires culturelles et, de 1977 à 1986, celle de ministre de la culture.
Si, plus récemment, certaines de ses prises de position en faveur de l'« ivoirité » ont légitimement suscité le débat, il convient de retenir de l'homme son combat pour les libertés, son enracinement local, lui qui n'a jamais quitté son pays, et la simplicité de l'œuvre de ce pionnier des lettres, récemment salué par l'Unesco pour « son action en faveur de la culture africaine ». Diffusés et disponibles pour l'essentiel en format de poche, étudiés et lus dans les pays francophones, ses livres constituent une œuvre accessible à tous, traduite dans de nombreuses langues, écrite « avec les mots amis, mots de tous les jours, mots de tous les hommes, mots intimes,mots fraternels ».
Bernard Magnier dirige la collection « Lettres africaines » aux éditions Actes Sud. Il est aussi conseiller littéraire au Tarmac, scène internationale francophone, à Paris, et programmateur du festival Littératures métisses d'Angoulême.


Le monde.fr


http://www.100pour100culture.com/evenement/centenaire-de-bernard-dadie-les-academiciens-scrutent-lhomme-durant-deux-jours/

Centenaire de Bernard Dadié: Les académiciens scrutent l'homme durant deux jours
Binso Binso


Deux jours (22 et 23 septembre 2016), c'est le temps qu'il a fallu aux membres de l'Académie des Sciences des Arts, des cultures d'Afrique et des Diasporas africaines (Ascad) pour analyser et disséquer l'œuvre du célébrissime écrivain Ivoirien Bernard Dadié. Un temps qui à l'unanimité reste court surtout lorsqu'il s'agit d'une icône comme le père de la littérature ivoirienne.


Cependant force est de reconnaitre que ces 48h n'ont pas empêché les intellectuels réunis au sein de la société savante de nous présenter les multiples facettes de Dadié. Le père, l'époux, l'écrivain, le combattant, et enfin l'intellectuel. Le professeur Sery Bailly président du comité scientifique n'a eu de cesse de rappeler que l'objectif visé à travers cette commémoration du centenaire de Dadié était d'identifier la conception de la préservation, et la sauvegarde de l'image de Dadié par les intellectuels et les politiques toutes tendances confondues. Surtout de révéler le fil conducteur permettant d'explorer au mieux l'apport de cet homme multidimensionnel au développement socioculturel de la Côte d'Ivoire, et au-delà du monde.


La plate-forme de réflexion dont le thème était « Bernard Dadié : Hier, Aujourd'hui, Demain » a en effet permis d'établir la nature de la richesse de l'héritage de l'homme. « Notre satisfaction est d'avoir pu partager avec le public qui nombreux a effectué le déplacement les différentes dimensions du combat de Bernard Dadié, ses œuvres, leur caractères multidisciplinaires et leurs implications sociales. Et enfin identifier la contribution de ce sachant dans le développement de la pensée scientifique, culturelle et politique », indique le professeur Sery Bailly. Puis de préciser que les différentes communications faites ont bel et bien offert l'opportunité de faire ou de refaire connaissance avec l'illustre homme.


Il ressort de ces journées de réflexion que Bernard Dadié est un intellectuel sans pareil, qui dès ses premiers vagissements a placé la littérature ivoirienne à une échelle aussi haute. Contraignant les autres écrivains à écrire et à penser grand. Une grande référence dans le processus du savoir et des connaissances. Porte voix des sans voix, instruit le professeur Aidara (président de l'Ascad), Dadié à offert des lettres de stimulations qui nourrissent le corps et l'âme Nicole Vincileonie spécialiste de Bernard Dadié affirme à son tour qu'honorer Bernard Dadié, c'est honorer une haute figure des belles lettres de la vie politique africaine.


Cet hommage reçu de son vivant, Dadié le perçoit comme un appel la conscientisation des jeunes africains sur leur devoir pour l'acquisition des libertés. « Le statut d'écrivain n'était guère reconnu en Afrique quand j'ai commencé à écrire il y a plus de 80 ans. Une époque où le colonisateur voulait à tout prix nous conformer à sa civilisation nous dérobant ainsi notre histoire, par la violation de notre culture, la négation de notre condition d'homme. L'histoire qu'on nous volait malgré les obstacles dressés sur notre route, nous nous en ressaisissons sans cesse.

Derrière des hommes et des femmes d'exception au destin tragique cette histoire a été tissée de doute, de chute, de relèvement et de pardon. Car même après l'horreur de la traite et l'abjection de la colonisation, nous avons su bannir l'esprit de vengeance et avons refusé d'être des hommes de ressentiments pour laisser place aux solidarités nécessaires, afin de faire entendre toujours le langage de la fraternité. Dans le dérèglement général de la planète, de notre continent une question existentielle subsiste encore en ce jour. En sommes nous encore capable ? Surtout en cette période où l'appauvrissement de notre environnement nous appel à une conscience plus ardue de notre condition d'homme et des valeurs portées par notre culture. Notre histoire nous apprend que le lègue du passé et les apports de la modernité doivent être sans cesse analysés », instruit l'icone.


Il note par ailleurs que, c'est après avoir découvert dans la lecture et l'écriture la possibilité d'ouvrir un espace à ces rêves, le moyen de canaliser sa révolte et une forme de consolation, que l'envie lui est venue d'utiliser la plume comme canal de diffusion de sa pensée. Pour cet éminent intellectuel la littérature et l'art en général n'auraient pas été si elles n'étaient pas toutes sous tendues par le désir de connaissance et donc par essence révolutionnaire et redoutable pour toutes les formes de falsifications. « Écrire pour moi signifie désire d'abattre les forages, désire de capter les ténèbres, de montrer la lumière d'imposer sa pensée. De s'ouvrir et d'ouvrir à chacun des fenêtres du savoir », éclaire Bernard Dadié. Tout en conseillant aux jeunes générations de s'ériger en homme et femme de l'Être et non de l'avoir

Binso Binso

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