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A un mois du premier tour de l'élection présidentielle française, RFI donne la parole à tous les candidats et à leurs équipes : quelles sont les propositions des prétendants à l'Elysée concernant l'Afrique ? Panorama.

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), 47 ans

Pour Lutte ouvrière, « les travailleurs africains et français partagent les mêmes combats », car « ce sont bien souvent les mêmes exploiteurs que l'on trouve de part et d'autres de la Méditerranée. » L’objectif du mouvement est de permettre l’union des travailleurs autour d’une condition commune plutôt qu’autour d’une langue ou d’une nationalité, avec pour objectif de « mettre fin au capitalisme et à sa forme de domination actuelle : l’impérialisme », explique le responsable de l'équipe de campagne de Nathalie Arthaud, Pierre Royan.

Un impérialisme « qui prend pournom hypocrite la francophonie », explique-t-on à Lutte ouvrière. Un impérialisme qui compte parmi ses instruments le franc CFA, une « monnaie de dominés [...] contrôlée par la bourgeoisie française », selon Nathalie Arthaud. Si elle juge la suppression du franc CFA souhaitable, elle estime toutefois que cela ne suffira pas à libérer les Africains de leur exploitation.

Selon Lutte ouvrière, il faut stopper toutes les interventions militaires françaises en Afrique. « Chaque intervention suscite un chaos », et le terrorisme est le « fruit pourri » qu’elles ont produit, affirme Pierre Royan. Le mouvement de Nathalie Arthaud a aussi pour ambition de mettre fin au « pillage » du continent par les grandes entreprises françaises. Lutte ouvrière ne veut apporter « aucun soutien aux gouvernements africains qui ont été au service de la bourgeoisie française », et soutient « toutes les expropriations des capitalistes français présents en Afrique par les travailleurs d’Afrique. » Pierre Royan déplore que « la richesse des sous-sols de l’Afrique [fasse] sa pauvreté », et affirme qu’il faut redonner aux travailleurs africains les moyens de leur développement.

François Asselineau (Union populaire républicaine), 59 ans

S’il explique vouloir mettre fin à la Françafrique et permettre le développement d’une « ère de coopération égalitaire avec les pays d’Afrique », François Asselineau concède  que ces questions ne sont pas au centre de son programme. Et ce même si c’est « un continent qui lui est cher et qu’il aimerait connaître plus », souffle-t-on à l’UPR. Evoquant les « drames de la colonisation », le candidat souverainiste affirme vouloir mettre un terme à ces relations de type néocolonial, « où certains dirigeants africains sont traités par Paris […] comme des vassaux ». Si des pays veulent sortir du franc CFA, la France pourra les aider, promet François Asselineau.

Le candidat du Frexit déplore que la participation de la France dans l’Union européenne et sa proximité avec les Etats-Unis l’éloignent de l’Afrique. « Plus on construit l’Europe, plus on détruit la France. Mais plus on détruit aussi les liens d’amitié, de coopération qu’on avait avec l’Afrique. » Le patron de l’UPR mise gros sur la francophonie. Au point 165 de son programme, il dit vouloir créer un Parlement des Etats francophones, qui siègerait à Paris. « Si les Etats africains sont d’accord, on pourrait créer un parlement qui pourrait nous permettre de définir une position commune des Etats de la francophonie sur les grands sujets internationaux, par exemple sur le système financier international, sur les échanges Nord-Sud, sur le système monétaire international... »

Concernant les interventions françaises, à l’UPR, on explique qu’il faut qu’elles se déroulent « dans le cadre de la légalité internationale », c’est-à-dire uniquement si elles sont demandées par les pays eux-mêmes ou réalisées avec l’aval des Nations unies. Enfin à propos des entreprises françaises présentes en Afrique, l’Union populaire républicaine préfère voir des grands groupes tricolores que l’ « Américafrique » ou la « Chinafrique », même si cela ne doit pas empêcher d’œuvrer à « un meilleur partage des richesses ». 

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), 75 ans

« Libérer l’Afrique de l’occupation financière, et permettre le codéveloppement. » Tels sont les maîtres mots du programme de Solidarité et progrès pour le continent, selon Sébastien Périmony, président et responsable Afrique du parti. Si Jacques Cheminade était élu, il créerait « un ministère de la Coopération, du Codéveloppement et de l’Intégration », notamment tourné vers le continent. Autres objectifs : mettre fin à la « curatelle financière » et sortir du CFA (dans la foulée de la France, qui sortirait de l’euro) ; s’éloigner du Fonds monétaire international (FMI), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et des traités avec l’Union européenne ; créer des banques nationales, annuler les dettes « illégitimes »...

Jacques Cheminade prévoit de « jeter la Françafrique à la rivière ». Pour lui, la France, en coopérant notamment avec la Chine, doit permettre aux pays africains de « regagner leur souveraineté », explique Sébastien Périmony. Par exemple en lançant de « grands projets d’infrastructure à l’échelle panafricaine » (revivification du lac Tchad, achèvement du canal de Jonglei, au Soudan…). Ou encore en se dotant de « centrales nucléaires de 4e génération », développe le président de Solidarité et progrès.

Pour mener à bien ces objectifs, « les armées africaines, avec l’aide de nos soldats et de nos ingénieurs civils et militaires, devront être mobilisées pour construire des voies ferrées, des routes, des ponts et des ports », détaille le programme de Jacques Cheminade. Son monsieur Afrique précise que ce recours à l’armée serait transitoire, et qu’il dépendrait d’abord de la pacification des régions. L’intervention militaire française ? « Pour faire face au terrorisme, oui, quand c’est utile », conclut Sébastien Périmony avec pragmatisme. 

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France !), 57 ans

Sur son site, le candidat place en quatrième position l’idée d’un « grand partenariat entre la France et l’Afrique ». Idée phare : créer une organisation des pays exportateurs de denrées agricoles, pour réduire l’instabilité des prix de ces matières premières, sur le modèle de l’Opep. Le patron de Debout la France ! veut aussi soutenir les marchés communs comme l’UEMOA et la Cemac en permettant aux pays qui en sont membres de protéger leurs économies. Selon lui, le franc CFA doit changer de nom, mais rester sous le contrôle du Trésor français. Sous l’égide de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Nicolas Dupont-Aignan souhaite lancer un « plan Marshall pour stimuler les investissements agricoles. »

Le responsable des questions africaines du candidat de Debout la France !, Henri Temple, place le « codéveloppement » au centre de la stratégie de Nicolas Dupont-Aignan. Premier objectif : permettre aux pays africains de transformer les matières premières qu’ils produisent. « Sauver le secteur primaire, pour créer ensuite un secteur secondaire [...] Le reste viendra progressivement », explique Henri Temple. Ayant travaillé 35 ans en Afrique, il estime que le continent « a droit à une certaine énergie nucléaire, et puis à un développement du solaire ». Le problème ? La taille de l’Afrique : « Il faudra trouver des formes d’énergies avec un rayon d’action local. »

Par ailleurs, « il doit y avoir un maintien des troupes françaises en Afrique, tant qu’on n’a pas mis en place les conditions d’une paix durable », explique Henri Temple. Les pays francophones sont les premiers concernés par les projets africains de Debout la France ! « On est dans le même fuseau horaire, on parle la même langue, on a la même culture. On a fait un bout de chemin ensemble, de 1890 à 1960. Il y a des mariages interraciaux en quantité. Il y a des Africains en France, il y a des Français en Afrique », poursuit Henri Temple. « C’est ce que j’appelle une petite communauté de destin, nous sommes liés. » Et de résumer le propos : « On est passé du colonialisme au paternalisme, il faut maintenant aller vers le fraternalisme. » 

François Fillon (Les Républicains), 63 ans

La Françafrique ? « C’est un peu un fantasme aujourd’hui », affirme François Fillon à RFI. Si le candidat du parti de droite Les Républicains (LR) accable François Hollande sur sa politique russe ou syrienne, il l’épargne sur sa politique africaine et ne lui reproche pas de faire ou défaire les régimes d’Afrique francophone. Est-ce parce qu’à l’époque où il était Premier ministre, entre mai 2007 et mai 2012, François Fillon a cautionné des pratiques plus ou moins avouables ? Est-ce ainsi parce qu’en août-septembre 2009, son gouvernement, sous l’impulsion du président Nicolas Sarkozy, a soutenu ouvertement la première élection très controversée d’Ali Bongo à la présidence du Gabon ? En tout cas, aujourd’hui, le candidat Fillon veut tourner la page. Dès septembre dernier, au lendemain de la réélection très décriée d’Ali Bongo, il a déclaré : « Le sentiment qu’on a, c’est que le président Bongo n’a pas gagné cette élection. » Et aujourd’hui, sur RFI, le candidat de LR récidive en ajoutant : « La France ne doit pas soutenir des pratiques antidémocratiques et venir au secours de dirigeants africains qui manipulent les élections. »

Mais tout de même, le candidat de LR ne se compromet-il pas avec de grandes figures de la Françafrique en acceptant des costumes de luxe offerts par l’avocat Robert Bourgi ? « On attribue à ce pauvre Robert Bourgi des pouvoirs qu’il n’a pas, réplique l’ancien Premier ministre français sur RFI. C’est un monsieur d’un certain âge qui a reçu la légion d’honneur sur la proposition d’un des plus ardents soutiens aujourd’hui d’Emmanuel Macron, l’ancien ministre [de Jacques Chirac] Renaud Dutreil. » Une pique contre le candidat Macron ! François Fillon parle des « pouvoirs [que] n’a pas » Robert Bourgi, mais il aurait pu parler des pouvoirs « que n’a plus » l’avocat. Longtemps, maître Bourgi a été le très influent conseiller d’Omar Bongo. Depuis qu’Ali Bongo a succédé à son père, il est vrai que l’avocat parisien natif de Dakar n’est plus en cour à Libreville et qu’il soutient l’opposition gabonaise. D’ailleurs, c’est par l’entremise de maître Bourgi que François Fillon a déjeuné, en juillet dernier près de son fief de Sablé-sur-Sarthe, avec Jean Ping, le n°1 de l’opposition gabonaise.

Le gaulliste François Fillon reste-t-il attaché au franc CFA, l’un des totems de la Françafrique ? Apparemment, non. « C’est une question qui doit être traitée par les Africains, affirme l’ancien Premier ministre sur RFI. La France ne tire aucun avantage de cette affaire du CFA. La question qui est posée, c’est : "Est-ce que c’est un élément de stabilité qui protège les économies des pays africains, ou non ?" C’est une discussion qui doit s’engager avec les pays africains et, pour ma part, je suis ouvert à toutes les solutions. » Pas de tabou sur le franc CFA ? « Non, aucun. »

En clair, le candidat de LR bouge sur la Françafrique. En revanche, il ne change pas d’avis sur la question coloniale. Aux antipodes d’Emmanuel Macron, François Fillon affirme sur RFI : « Je suis contre toutes ces manifestations de repentance qui font croire que la France aurait une responsabilité unique par rapport à la colonisation, alors que toutes les civilisations ont pratiqué la colonisation depuis le début de l’histoire. » En mai 2009, lors d’une visite officielle à Yaoundé, le Premier ministre François Fillon avait affirmé que les crimes coloniaux attribués à l’armée française au Cameroun étaient une « pure invention ». Ces dernières années, plusieurs livres-enquêtes, notamment La guerre du Cameroun (1), ont montré au contraire qu’il existait des preuves accablantes contre l’armée française. « Que les historiens fassent leur travail », concède aujourd’hui François Fillon sur RFI. Mais le candidat de LR ajoute : « Je n’accepte pas qu’on fasse porter à la France d’aujourd’hui des responsabilités qui ne sont pas les siennes, car le résultat de tout cela, c’est qu’on donne à la jeunesse française une image détestable de l’histoire de son pays. Et un peuple qui ne s’aime pas est un peuple qui ne peut pas avoir d’avenir. »

Benoît Hamon (Parti socialiste), 49 ans

« Je remercie mes parents et l’Afrique de m’avoir appris que la fraternité peut être aussi simple que les jeux d’enfants que nous avions à l’école », a lancé Benoît Hamon, qui a grandi à Dakar, lors de son discours de Bercy. Lui, qui promet dans son programme que « la France accompagnera les transitions avec nos partenaires d’Afrique, en Méditerranée et au Sahel », veut porter les subventions pour l’aide au développement à un milliard d’euros en 2020 (soit 0,7% du revenu national brut, deux fois plus qu’actuellement).

Benoît Hamon décrit la nécessité d’appuyer les interventions militaires françaises sur « les partenaires européens et régionaux concernés ». Dans un entretien au journal Libération, Pouria Amirshahi, le responsable des questions internationales de l'équipe Hamon, précise que ces interventions peuvent se justifier « jusqu’à ce que les armées africaines soient en situation d’assurer elles-mêmes leur propre sécurité. » Le député Amirshahi ajoute que « La France n’est pas le gendarme de l’Afrique ». Dans le programme de Benoît Hamon on peut aussi lire que « au-delà des interventions, notre diplomatie déploiera une action politique et civile déterminée et efficace ».

En janvier, dans un entretien à RFI, le député des Yvelines a noté que les conflits que fuient les populations migrantes « ne sont pas étrangers à des choix politiques qui sont ceux de l’Occident », d’où sa volonté d’instaurer un « visa humanitaire » pour les populations fuyant la guerre. Autre facilité que souhaite créer Benoît Hamon, un « visa francophone pour les étudiants, les chercheurs, les chefs d’entreprise et les artistes », qui permettrait selon lui de « cultiver le sentiment d’appartenance à la francophonie ».

Jean Lassalle (Resistons !), 61 ans

L’objectif du député pyrénéen est de conclure avec les pays africains des traités « équilibrés », qui « excluront le pillage et le détournement » des ressources. Selon son programme, Jean Lassalle souhaite aussi « mettre fin à la supervision du franc CFA par le Trésor ». Déplorant que l’Afrique ait été « sacrifiée sur l’autel des ventes d’armes et du pétrole », il regrette, dans une note consacrée aux relations entre la France et le continent, que « le malheur pousse sur les routes de l’exil des millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Comme jadis nos montagnes se vidaient de leurs forces vives pour grossir le prolétariat des villes. »

Pour permettre le développement du continent, le fils de berger explique, dans une interview au journal Ouest-France, qu'il faut privilégier les énergies renouvelables : « Sauver l’Afrique, c’est aider cette population à apprivoiser le soleil. » Parmi les autres infrastructures à développer en priorité, il y a, selon lui, les télécommunications, afin de faciliter les relations culturelles et économiques entre les pays.

Le président de l’Association des populations des montagnes du monde (APMM) place la francophonie au cœur de son projet, car il estime que le français doit permettre de « remettre notre diplomatie au premier plan ». Jean Lassalle rappelle aussi que « notre langue, partagée avec les pays francophones, entretient un cousinage culturel précieux. Nous devons demain redevenir des partenaires et des alliés, dans un même dessein enfin appaisé. »

Marine Le Pen (Front national), 48 ans

A priori, le programme de Marine Le Pen n’est pas très séduisant pour les partenaires africains de la France. Le Front national (FN) souhaite abolir la binationalité pour les Africains (et pas pour les Européens). Il veut aussi interdire toute régularisation des sans-papiers et, en attendant leur expulsion, entend mettre fin à l’école gratuite pour leurs enfants. A un pays comme le Mali, qui, pour l’instant, ne veut pas signer avec l’Union européenne un accord de réadmission des migrants en situation irrégulière, Louis Aliot, le vice-président du FN, adresse un message musclé : « Sans l’opération Serval, il n’y aurait plus de Mali aujourd’hui. L’aide militaire de la France, c’est donnant donnant. Les Maliens ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre. »

Pourtant, depuis quelques semaines, la candidate du FN tente une offensive de charme sur le continent africain. Le 21 mars, elle a été reçue par le président Idriss Déby dans sa résidence privée d’Amdjarass, dans le nord-est du Tchad. Jamais encore, elle n’avait été invitée sur le continent par un chef d’Etat. A l’issue de cette rencontre, la fille du fondateur du FN a ironisé sur les gens qui la croient « raciste, xénophobe et islamophobe », et a remercié le président tchadien d’avoir « brisé les barrières de l’ignorance et de la stigmatisation médiatique dont [elle] fait l’objet, bien au-delà de la France ». Puis, dans un discours devant plusieurs députés tchadiens, elle a lancé : « S’il vous plaît, comprenez-moi. Le refus de l’immigration massive n’est pas le rejet et la haine de l’autre. C’est au contraire une gestion rigoureuse, partagée et équilibrée des flux migratoires entre nos deux continents. » La candidate française a promis que, si elle était élue, l’Afrique serait « la première des priorités internationales de la France ». Faisant de l’aide au développement une « question de sécurité nationale », elle s’est engagée à y consacrer plus de 16 milliards d’euros, soit 0,7% de la richesse nationale, d’ici la fin du quinquennat, et à recréer un ministère de la Coopération de plein exercice.

Pour plaire à ses interlocuteurs africains, Marine Le Pen fait souvent le procès de la Françafrique, qui est constituée, selon elle, de « réseaux de corruption criminels et néocolonialistes ». D’ailleurs, en sortant de son audience chez Idriss Déby, elle a lancé : « Je lui ai dit tout le mal que je pensais de la Françafrique. » Comme son père en son temps, la présidente du FN se veut l’avocate du courant afro-nationaliste et plaide pour le « chacun chez soi ». Elle pourfend la Cour pénale internationale et toute forme d’ingérence occidentale sur le continent. Et elle milite contre le franc CFA. En 2015, elle n’hésitait pas à dire que cette monnaie était « un drame pour les économies africaines ». Est-ce à cause de ses dernières rencontres en Afrique ? Aujourd’hui, elle modère son discours et déclare : « L’Afrique doit avoir sa propre monnaie. Pour ceux qui ont le franc CFA, c’est un inconvénient économique. » 


Emmanuel Macron (En Marche !), 39 ans

En février dernier, lors d’un déplacement à Alger, Emmanuel Macron a fait le buzz en qualifiant la colonisation française de « barbarie » et de « crime contre l’humanité ». Jamais un homme politique français n’avait utilisé des termes aussi forts au sujet du passé colonial de la France. Réaction immédiate de François Fillon : «  C’est indigne d’un candidat à la présidence. » Quant à Marine Le Pen, elle a déclaré : « Le crime, c’est Emmanuel Macron qui vient de le commettre. » Au vu de ces réactions, et surtout de celles de la communauté des rapatriés d’Algérie et des harkis, le candidat d’En Marche ! a fait… marche arrière. Quelques jours plus tard, lors d’un meeting à Toulon, l’ancien ministre de l’Economie a gommé le terme « crime contre l’humanité » au profit du terme « crime contre l’humain ». Puis il a passé de longues minutes à demander « pardon » à ceux qui se sentaient visés. « Je suis désolé de vous avoir blessé, fait mal. Je ne voulais pas vous offenser », a-t-il lancé. Bref, en parlant de « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a commis une « maladresse », comme le concèdent ses porte-parole. Mais sur le fond, le candidat d’En Marche ! continue de vouloir regarder le passé de la France avec « lucidité » et n’hésite pas à s’engager sur le terrain miné de la repentance.

Est-ce à dire que le candidat « ni gauche ni droite » rejoint les courants de la gauche française qui ont une forte sensibilité anticolonialiste ? Pas si simple. Contrairement à ces mouvements de gauche, Emmanuel Macron ne souhaite pas qu’au nom de cette repentance coloniale, la France ouvre ses frontières à tous les migrants venus d’Afrique. « Je veux que nous ayons une stratégie française et européenne ambitieuse en terme d’aide publique au développement, déclare-t-il sur RFI, mais dans le cadre d’un dialogue exigeant avec les responsables africains. [...] Nous devons avoir une demande de réciprocité sur le plan des réadmissions [des migrants en situation irrégulière]. » Dans une allusion claire au Mali, le candidat d’En Marche ! ajoute, toujours sur RFI : « On ne peut pas expliquer aujourd’hui à notre population [française] que [d’un côté] on est en train de stabiliser sur le plan militaire un pays, qu’on est en train de l’aider à développer ses propres infrastructures, que d’ailleurs il est bon pour lui que les gens reviennent et n’en partent pas, et que [de l’autre côté] on ne sait pas signer un accord de reconduite à la frontière et que, quand quelqu’un n’a pas de titre de séjour, il n’est pas réadmis sur le territoire [de son pays d’origine]. Cela, c’est un jeu de dupes dans lequel nous sommes depuis des années. »

Est-ce à cause de son jeune âge ? Emmanuel Macron aime dénoncer les « rémanences de la Françafrique ». Mais pour autant, il ne veut pas renverser la table. Faut-il supprimer le franc CFA ? « C’est un débat que les pays de la zone franc doivent conduire dans les deux zones concernées. Je n’ai pas à me prononcer pour eux. C’est un élément de stabilité que nous garantissons. Ce qui est vrai, c’est que cela crée de l’hétérogénéité, en particulier au sein de la Cedeao, où vous avez plusieurs cohabitations. En même temps, je pense que le choix leur est laissé », déclare sur RFI l’ancien ministre de l’Economie qui, une fois de plus, emploie la formule « en même temps » – ses adversaires politiques le surnomment « Monsieur en même temps » ou « l’homme qui veut ménager la chèvre et le chou ».

François Hollande a-t-il eu tort de rester silencieux après la réélection très controversée d’Ali Bongo au Gabon, en août dernier ? « Je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points. Le président Hollande a-t-il eu une autre politique africaine durant ce quinquennat ? J’ai plutôt ce sentiment par rapport à ses prédécesseurs. Il me semble que l’élection de monsieur Bongo est pleine d’incertitudes et d’inconnues qui justifient un jugement circonstancié », affirme encore celui qui, il y a quinze ans, a fait un stage ENA de six mois à l’ambassade de France au Nigeria, sous la houlette de Jean-Marc Simon. A 39 ans, Emmanuel Macron semble connaitre tout l’art du langage diplomatique.

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), 65 ans

C’est au point 59 de son programme que sont posées les grandes lignes de sa politique africaine. Pour « lutter contre les causes des migrations », il faut « arrêter les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies locales, et affronter le changement climatique. » Les interventions françaises en Afrique ? « Nos armées doivent avoir un rôle de maintien de la paix sous mandat de l’Onu », répond un responsable de la France insoumise au site Mondafrique.

Jean-Luc Mélenchon écrit dans son programme sa volonté d’ « en finir avec la Françafrique ». Outre sa volonté affichée - c’était déjà le cas en 2012 - de supprimer le franc CFA, l’ancien sénateur dit vouloir « respecter l'indépendance des États africains et la souveraineté des peuples en s'interdisant de se mêler des élections, et en réprimant les corrupteurs. »

En janvier 2016, Jean-Luc Mélenchon a promis que, s’il devenait président, il « [irait] chercher » le prisonnier Laurent Gbagbo pour le soustraire à la Cour pénale internationale (CPI). En novembre, le candidat de la France insoumise s’est aussi fait remarquer au Parlement européen en prenant le parti de l’opposant gabonais Jean Ping, suite à l’élection controversée d’Ali Bongo à la présidence : « Nous mettrions sur le même plan les tricheurs et ceux qui font l’objet de ces tricheries, et qui en sont victimes ? Nous appellerions à la paix alors que les violences sont le fait exclusif du gouvernement en place contre les partisans de Jean Ping ? », a-t-il demandé. Avant d’ajouter : « Mieux vaudrait que monsieur Gbagbo soit libéré et monsieur Bongo jugulé. »

Jean-Luc Mélenchon estime que la présence des entreprises françaises peut servir à faire pression sur les gouvernements. Le conseiller Afrique de Jean-Luc Mélenchon, Patrice Finel prend justement l’exemple du gouvernement d’Ali Bongo : « Il y a des sanctions économiques à l’échelle internationale qui sont plutôt faciles à prendre. Au Gabon, il y a le pétrole. Total étant une entreprise française, nous pouvons agir à l’aide de ce levier. » Une manière aussi de réduire « la puissance hégémonique des groupes ayant des comportements néocoloniaux », affirme Patrice Finel à nos confrères de Mondafrique.

Jean-Luc Mélenchon explique également vouloir « passer à la francophonie politique », c’est-à-dire « réorganiser les institutions de la francophonie en agissant pour son recentrage sur la défense, le rayonnement de la langue et son usage commun. » Le candidat de la France insoumise a plus largement à cœur de lutter contre la désertification du Sahel, ou d’aider à revivifier le bassin du lac Tchad pour tarir les flux migratoires. Selon lui, agir contre le dérèglement climatique nécessite un « transfert de technologies et une aide financière et matérielle à la transition dans les pays les plus vulnérables. »

Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste), 50 ans

Première mesure phare du candidat d’extrême-gauche, le retrait total des troupes françaises présentes en Afrique. « Si on fait le bilan des interventions armées deux ou trois ans après, il n’y a pas de stabilité dans les pays où l’on est intervenu », déplore Léon Crémieux, en charge des questions internationales dans l’équipe de campagne de Philippe Poutou. « Nous refusons l’idée d’un rôle civilisateur de l’Europe en Afrique : ce ne sont pas des petits frères et nous ne sommes pas des grands frères. »

Pour rompre avec la politique africaine de la France « issue du colonialisme », le NPA envisage aussi de mettre un terme aux contrats des grandes entreprises françaises avec les Etats africains. Selon Léon Crémieux, ces accords sont illégaux et dépossèdent les pays de leurs richesses naturelles. Objectif de Philippe Poutou : nationaliser ces entreprises, et restituer aux Etats où elles étaient implantées les infrastructures qu’elles possédaient. « Paradoxalement, l’Afrique est le continent le plus riche du monde, du point de vue de ses ressources minières et pétrolières. Mais pour se développer, elle a besoin d’une indépendance économique réelle », estime Léon Crémieux.

Pour atteindre cette indépendance, le NPA veut annuler totalement la dette souveraine des pays africains auprès des banques françaises. Autre modalité d’action : une émancipation vis-à-vis du franc CFA, « entièrement dépendant de l’Union européenne », selon Léon Crémieux. Il explique que « si des régimes démocratiques demandent de l’aide, des partenariats, on ira. Mais d’abord il faut couper les liens néocoloniaux, qui sont une catastrophe humaine, économique, politique. » Et quant à l’idée de privilégier l’Afrique francophone, il conclut : « On ne veut pas faire table rase des cultures communes, de la langue. Mais on ne veut pas cultiver la francophonie comme un reste de l’empire colonial français. »

(1) La guerre du Cameroun, L’invention de la Françafrique, Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsita, Editions La Découverte, novembre 2016

RFI

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Le principal parti d'opposition à l'ex-président gambien Yahya Jammeh, le Parti démocrate unifié (UDP), a remporté la majorité absolue aux élections législatives du jeudi 6 avril, avec 31 sièges sur 53 à l'Assemblée. C'est donc une victoire écrasante pour le camp du président Adama Barrow, désormais indépendant. Ce résultat du premier scrutin post-Jammeh tourne définitivement la page du dictateur, dont le parti dominait l'ancienne Assemblée.

La Commission électorale indépendante a annoncé, ce vendredi 7 avril 2017, la victoire du Parti démocratique unifié (UDP). Le parti d'Adama Barrow (devenu indépendant pour prendre la tête de la coalition opposée à Yahya Jammeh lors de l’élection présidentielle de décembre 2016) a remporté 31 sièges sur 53, une confortable majorité par rapport aux partis qui le suivent en nombre de sièges. Ce sont le Parti de la Réconciliation Nationale (NRP) de la coalition au pouvoir, le Congrès démocratique de Gambie (GDC), qui se présentait comme la « troisième voie », et l'APR, le parti de Yahya Jammeh, avec cinq députés chacun. L’APR est très loin de son score des précédentes élections, puisqu’il n’a donc remporté que cinq sièges, tous dans la région de Foni, le fief de l’ancien dictateur.

L'Assemblée sera contrôlée, dans son ensemble, par les partis de la coalition au pouvoir depuis décembre 2016 : ils ont remporté 42 circonscriptions. Symbole de ce changement radical, l’entrée au Parlement de Fatoumata Diawara pour l’UDP. Elle avait été arrêtée et détenue après une manifestation contre l’ancien régime en 2016 et la voici sur les bancs de l’Assemblée à la place de ceux qu’elle combattait.

Un taux de participation plus faible qu'à l'élection présidentielle

Avec cette majorité absolue, le gouvernement va pouvoir faire passer les réformes promises par le président Adama Barrow, qui aura aussi le luxe de nommer les cinq députés supplémentaires de son choix, ce qui fera un total de 58 députés à l’Assemblée nationale. Ce choix de députés supplémentaires devrait donner lieu à de nouvelles tractations entre les différents partis de la coalition.

Quant au taux de participation, il est de 42 %, en baisse de près de dix points par rapport aux précédentes élections présidentielles. C’est plus faible que ce qu’espérait la Commission électorale indépendante. Selon son président, Alieu Momarr Njie, cela s’explique par le relâchement des électeurs après les dernières élections, très tendues en décembre, et le poids un peu moins symbolique et plus théorique de l’Assemblée nationale par rapport au statut présidentiel.

Le scrutin législatif s'est déroulé sans problème, sans incident. Les observateurs internationaux qui surveillent le scrutin doivent livrer leurs conclusions samedi 8 avril.

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La Place de la Nation, ex-Place de l’Obélisque, est partie pour renouer avec les grandes manifestations politiques et citoyennes qui ont fait sa réputation, avec l’autorisation préfectorale accordée hier, jeudi 06 avril, au mouvement Y’en a marre pour l’organisation de son rassemblement de contestation du pouvoir en place. Les grands partis et leaders de l’opposition (Pds, Rewmi, Ousmane Sonko, les pro-Khalifa Sall) s’étant engouffrés dans la brèche en appelant leurs militants à aller à la Place de l’Obélisque, et la force d’attraction de Y’en a marre auprès des jeunes aidant, le pari de la mobilisation pourrait être gagné par Fadel Barro, Thiat, Kilifa et cie, au détriment du régime en place. Même si la barre du million de Sénégalais annoncée risque d’être simple effet d’annonce !

Le rassemblement anti-Macky Sall que le mouvement Y en a marre compte organiser aujourd’hui, à la mythique Place de la Nation, ex-Place de l’Obélisque risque de drainer moult frustrés et déçus du régime dont, en premier, les opposants politiques dont beaucoup d’entre eux ont déjà annoncé leur présence ou la présence de leur parti à cette manifestation. Après les regards de faïence qui présageaient des heurts certains à la Place de l’Obélisque, avec la volonté affichée par des militants de l’Apr (comme la Cojer de Thérèse Faye et le ministre délégué Yakham Mbaye) d’organiser sur le même lieu et à la même heure une contre-manifestation, Y’en a marre a finalement obtenu gain de cause pur l’organisation de  son rassemblement. Macky Sall ayant probablement mis sous le boisseau des troupes trop zélées, en évitant ainsi tout risque de confrontations ouvertes, le préfet de Dakar a mis la main à la pâte en donnant à Fadel Barro et cie le feu vert pour la tenue de cette manifestation qui pourrait ne pas être  sans conséquence pour le régime en place. Surtout quand on connait le pouvoir d’attraction de Y en a marre sur la jeunesse de Dakar et environs. 

En tout cas, confirmation a été apportée à cette autorisation préfectorale par les Y’en a marristes.  Joint au téléphone, Fadel Barro a ainsi déclaré que «La marche a été bien autorisée par le préfet de Dakar. Nous avons reçu la notification. Maintenant, nous restons sur notre objectif de mobiliser un million de participants sur la Place de la Nation. C’est notre slogan, l’essentiel, c’est que les Sénégalais viennent massivement prendre part à ce rassemblement dans la paix». Poursuivant son propos, le coordonnateur de Y’en marre a également invité les autorités à prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité de leur manifestation.

«Nous avons appelé les gens à la responsabilité. Nous leur avons demandé de venir manifester dans la sérénité et de rentrer chez eux dans la paix. Cependant, nous avons tous entendu les sorties des partisans du pouvoir qui promettent d’empêcher la tenue de notre activité. Nous demandons aux autorités de prendre toutes les dispositions pour encadrer cette manifestation et nous prenons également l’opinion nationale et internationale à témoin sur d’éventuels actes de sabotage de notre manifestation que les auteurs chercheront à mettre sur le compte de Y’en a marre.Nous avons lancé un appel à l’endroit de tous les citoyens sans distinction et aujourd’hui, plusieurs forces citoyennes ont décidé de venir participer à notre rassemblement qui est un rassemblement du peuple».

Pour rappel, Y’en a marre avait annoncé, lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 29 mars et consacrée au bilan des cinq années de règne du président Macky Sall, la reprise de ses activités de contestation contre le pouvoir en place, comme ce fut le cas en 2011 sous l’ancien régime libéral de Me Wade. Fadel Barro et cie avaient ainsi annoncé la tenue d’un grand rassemblement auquel ils invitaient le peuple à venir, habillé en noir à la Place de l’Obélisque, à partir de 15 heures. L’objectif était, selon eux, de «dénoncer tous les écarts du régime finissant en place». Mais aussi de dénoncer «toutes les promesses trahies de l’actuel locataire du Palais de la République», notamment celles des 500 000 emplois par an promis aux jeunes qui continuent de braver la mer à abord de pirogues à la recherche d’un mieux-être en Europe ou encore la promesse de la fin des bons impayés aux agricultures du monde rural.

N. C. GOMIS ET M. DIENG

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Hommes ou femmes mêmes enseignes

Les critères esthétiques ont évolué et la science a fait des progrès et c'est pourquoi il faut de la vigilance dans notre façon de nous nourrir pour une meilleure santé.

Manger-bouger c'est la Santé. P CISSOKO

11 types de cancer corrélés au surpoids et l'obésité ? Par La rédaction Santé-scienceetavenir


LA CHRONIQUE DU PR KHAYAT. Selon une vaste analyse sur la relation entre obésité et cancer, une petite dizaine de type de cancers serait liée au surpoids.

© FRANCIS DEAN/REX/REX/SIPA


Les dernières actualités de la recherche contre le cancer sont présentées pour Sciences et Avenir et en exclusivité par le Pr David Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière.
L'obésité est un facteur de risque reconnu du cancer. Une nouvelle évaluation du CIRC (Centre international de recherche contre le cancer, agence dépendant de l'OMS) publiée en juillet 2016 confirmait que le maintien d'un poids de santé réduisait le risque de la plupart des cancers. Selon une revue de la littérature sur la relation entre obésité et cancer réunissant plus de 200 études sur le sujet, une dizaine de type de cancers seulement serait liée au surpoids. Les résultats ont été publiés dans le British Medical Journal.
Une équipe de chercheurs britanniques de l'Imperial College de Londres a souhaité étudier la relation entre obésité et 36 types de cancers différents. Pour cela, ils ont analysé 204 études scientifiques et compilé les plus pertinentes. Selon cette compilation, 11 types de cancers, majoritairement digestifs ou hormono-dépendants, seraient associés par des preuves solides avec le surpoids : il s'agit des cancers de l'œsophage, de l'estomac, du pancréas, des voies biliaires, du côlon, du rectum, du sein, de l'endomètre, de l'ovaire, du rein et la moelle osseuse (myélome multiple). Selon les chercheurs, une incertitude substantielle persisterait pour les autres formes de cancer.
Concernant spécifiquement l'indicateur IMC (indice de masse corporelle), l'étude montre une forte augmentation, pour chaque tranche de 5 points d'IMC, du risque de cancer de la moelle osseuse et des reins ; et chez l'homme seulement, du cancer de l'œsophage et colorectal ; et enfin, chez les femmes non ménopausées, une forte corrélation avec les cancers des voies biliaires, du pancréas et de l'endomètre.

https://www.sciencesetavenir.fr/

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Les réseaux sociaux au cœur de la bataille présidentielle en France : qu'en est-il au Sénégal

Ce phénomène a commencé en 2012 au Sénégal avec les téléphones mobiles. Les résultats étaient donnés en temps réel. A celà s'ajoute les radios locales pour relayer les infos en direct. La démocratie en Afrique a pu se nourrir des téléphones mobiles, des radios et aujourd'hui des réseaux sociaux comme partout dans le monde. D TRUMP aujourd'hui touche gratuitement le monde grace à ses nombreux tweets.Pape CISSOKO

INFOGRAPHIE - Twitter, Facebook et YouTube sont désormais des relais indispensables pour les candidats.


Avec 6,5 millions de spectateurs, le débat des onze candidats organisé mardi soir par BFM et CNews fut une bonne opération d'affichage, à défaut d'avoir été toujours très audible. Un succès démultiplié par la caisse de résonance numérique offerte par les nouveaux outils de campagne. Le seul hashtag officiel de l'émission #LeGrandDebat a été utilisé plus d'un million de fois sur Twitter, et 1.500.000 messages au moins ont été échangés sur le sujet, selon la plateforme de veille Visibrain. «La télévision reste l'outil d'expression politique essentiel: il suscite le plus de confiance. Mais Internet s'est installé dans les usages, au point que c'est devenu le second espace privilégié de l'expression politique. Un média ne remplace pas l'autre, ils sont à la fois incontournables et complémentaires», relève Christophe Piar, enseignant à Sciences Po et spécialiste de la communication politique.


Reste que les ressorts de la communication numérique jouent un rôle considérable sur la morphologie du premier tour de cette présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, l'un des présidentiables les plus âgés du scrutin, est ainsi parvenu à se départir de l'accusation de «gauche passéiste» souvent accolée à sa sphère politique. Sa chaîne YouTube, forte de près de 260.000 abonnés, est devenue incontournable, y compris auprès des jeunes générations.


«On touche vraiment les Français»


De son côté, Marine Le Pen s'est appuyée massivement sur les canaux d'expression directe pour renouveler son image et conforter son assise. Les quelque 1,2 million d'internautes abonnés à sa page Facebook ont été d'une aide déterminante sur le chemin de la normalisation.
Fait nouveau, le favori des sondages au premier tour, Emmanuel Macron, s'est émancipé de l'appareil socialiste pour constituer En marche!, une force essentiellement organisée et fédérée par Internet et sur les réseaux sociaux. «Le plus grand changement dans la campagne de 2017 par rapport aux deux précédentes, c'est le nombre de Français connectés. En 2006, c'était anecdotique, je n'avais moi-même pas de smartphone. Aujourd'hui, quand on fait une campagne numérique, on touche vraiment les Français, ils sont directement rattachés au candidat. Les deux dernières campagnes ont été dans un numérique de l'à côté. Cette fois, c'est le cœur de la campagne qui est numérique», commente Mounir Mahjoubi, responsable du numérique d'En marche!.
Alain Juppé, longtemps favori de la primaire de la droite, a fortement pâti du sobriquet #AliJuppé, dif¬fusé sur Twitter
À droite également, les outils digitaux et les réseaux sociaux ont largement contribué à créer la «surprise» Fillon lors de la primaire. «Cela nous a beaucoup aidés au départ pour relayer la campagne et les idées de notre candidat quand personne n'y croyait», concède Gautier Guignard, responsable de la campagne digitale.
À l'inverse, Alain Juppé, longtemps favori de la primaire de la droite, a fortement pâti du sobriquet #AliJuppé, diffusé sur Twitter. «Nous étions les premiers à subir une campagne de cette ampleur, il n'y avait pas de précédent pour planifier une réaction. Nous n'avons pas tout de suite mesuré la portée de l'attaque, et donc directement pas répondu là ou avait lieu l'attaque, par chaîne de mails anonymes et sur Twitter. Ce qui a été une erreur», déplore Eve Zuckerman, en charge de la stratégie numérique du maire de Bordeaux lors de la primaire.
Une chose est sûre, si l'outil numérique ne permet pas à lui seul d'emporter un scrutin, il peut ruiner une campagne. Occuper ce terrain n'est plus optionnel, puisque c'est en grande partie sur les réseaux que vont se jouer les dernières passes d'armes. En effet, la règle électorale interdit aux candidats et à leurs comptes officiels de faire campagne 24 heures avant le premier tour. Le vendredi 21 avril à minuit, les candidats devront faire silence. Mais leurs relais militants sur les réseaux sociaux pourront, eux, continuer à tenter de convaincre les indécis jusqu'à la fermeture des bureaux de vote...

http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/

 

Les 13 clés du bien-être au travail par Mathias Mondo

Solidement documenté, cet ouvrage aidera les gouvernements, les organismes internationaux et les entreprises à replacer l'individu au centre de l'économie et à minimiser l'impact négatif des décisions macroscopiques sur le bien-être des citoyens. D'une générosité académique exceptionnelle, il permettra aux statisticiens et aux décideurs de parler le même langage grâce notamment à la mise en adéquation des indicateurs économiques de bien-être.


L'apport de l'auteur est d'autant plus décisif que sa démonstration oblige à changer le logiciel de mesure du bien-être.
Mathias Mondo


L'auteur


Humaniste, découvreur de talents, producteur de musique, biographe, romancier et conférencier, Mathias Mondo est docteur en sciences de gestion de l'université Paris Dauphine. Sa thèse de doctorat a porté sur les déterminants du bien- être et, tout particulièrement, le bien-être au travail. Concepteur de l'application wellBin® dédiée au pilotage du bien-être, il est par ailleurs le Fondateur de 2MAS, société de conseil en stratégie et innovation pour chefs d'entreprises et hommes politiques.


Il est également Fondateur et PDG de Humanbet®, solution provider d'automatisation de procédés complexes et Président de Humanbet Editions. Il a occupé des fonctions de direction dans l'industrie et les services au sein de multinationales et PME. De formation ingénieur, finance et gestion, Mathias Mondo enseigne plusieurs disciplines des sciences de gestion dans des programmes d'écoles de commerce et universités à l'instar de l'EDHEC, EM Normandy, ESC Rennes, ESC La Rochelle, ESC Troyes, Mercure Academy Montpellier, Bochum University en Allemagne, IUSM au Cameroun et BGFI Management

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Après un passage par le Parlement européen de Strasbourg, l'eurodéputée et candidate du Front national, Marine Le Pen, s'est rendue mercredi soir 5 avril dans une petite ville d'Alsace, Monsweiler, dans l’est de la France, pour y tenir une réunion publique devant 800 personnes. Un meeting au cours duquel elle a surtout parlé d'immigration, en évitant soigneusement de trop évoquer la sortie de l'euro dans cette région frontalière de l'Allemagne.

RFI

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Les Gambiens votent depuis ce jeudi matin 6 avril 2017 pour élire leurs députés. Ce sont les premières élections depuis la chute de Yahya Jammeh qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant plus de 22 ans. 886 000 électeurs, sur près de 2 millions d'habitants, sont appelés à choisir leurs députés parmi 238 candidats issus de 9 partis ou de listes indépendantes. Reportage.

A l’ouverture du bureau de vote de Bakau, ce jeudi matin à Banjul, une longue file s’était formée devant les isoloirs. Mais, à la mi-journée, les électeurs arrivaient plutôt au compte-gouttes, un scénario observé dans la plupart des bureaux de vote de la capitale.

Le nouveau président, Adama Barrow, était particulièrement attendu. Il a voté à Old Yundum, à Banjul, sur la route de l'aéroport, en compagnie de sa première épouse [la polygamie est légale en Gambie, NDLR].

Les électeurs qui se sont déplacés ne voulaient vraiment pas manquer ce scrutin crucial et ce qu’il représente : le droit de jouer un rôle dans cette « nouvelle Gambie ».

Modou, un électeur gambien, était parmi les premiers à aller déposer une bille (qui remplace les bulletins) dans le bidon (qui remplace l’urne) du candidat de son choix. Pour lui, c’est un grand jour pour son pays où « tout est à reconstruire ».

Un test pour les partis

L’enjeu de cette élection est de renouveler l’Assemblée qui était jusqu’à présent presque entièrement contrôlée par le parti de l’ancien président. L'Alliance pour la réorientation et la construction patriotiques (APRC), le parti de Yahya Jammeh, espère tout de même conserver un grand nombre de sièges, malgré la fuite du dictateur.

Le scrutin devrait apporter plus de diversité parmi les députés et redonner un vrai rôle au Parlement. C’est aussi une forme de test pour les différents partis gambiens, ceux de la coalition, qui n’ont pas présenté de candidat commun, comme ceux de l’opposition. Ils vont pouvoir se comparer. Ils sauront qui aura le plus d’influence dans cette « nouvelle Gambie » post-Yahya Jammeh et sera donc en mesure de faire passer les réformes du gouvernement. Les premiers résultats sont attendus vendredi 7 avril. Une élection très suivie par la communauté internationale

Pour la première fois, l’Union européenne a été invitée à déployer une mission d’observation, en Gambie. Elle rendra un rapport sur le déroulement de l’élection dans quelques jours.

Sur place aussi, on trouve des observateurs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union africaine (UA), ce qui prouve une fois de plus la volonté d’ouverture vers l’international de cette « nouvelle Gambie », et surtout l’importance de ces premières élections législatives libres du pays.

RFI

Craignant pour leur sécurité ainsi que celle de leur famille, lors des manifestations politiques qui tournent le plus souvent à de sanglants affrontements entre  manifestants et forces de l’ordre , les jeunes riverains de la mythique place de l’Obélisque ont tenu un point de presse, hier 05 mars, en dénonciation des débordements dont les seules victimes sont les populations innocentes.

Par le biais de leur porte-parole du jour dont le rappeur de la vielle école Chaka Babs et un étudiant du nom d’Ibrahima Baldé, les jeunes riverains de la place de l’obélisque qui fait souvent office de lieu de rendez-vous de manifestations qui tournent le plus souvent à la dérive, ont dénoncé avec fermeté les violences que celles-ci occasionnent.

Les derniers affrontements avaient conduit à l’arrestation puis l’emprisonnement de jeunes de Colobane, Cheikh Diop et Cheikh Sidaty, qui, après la fin d’une manifestation ont été interpellés  par les policiers alors, dit-on, qu’ils n’y avaient pas pris part. Ce qui fait dire à Chaka Babs que «toutes les manifestations violentes ont eu lieu à la place de l’obélisque et c’est nous les riverains qui  en payons les frais. J’en prends à témoin l’arrestation des jeunes de Colobane à la fin d’une  manifestation à laquelle ils n’avaient pas pris part», renseigne-t-il.

Dans la même occasion,  il invite l’opposition, la société civile et le gouvernement pour qu’ «à défaut de ne pas manifester  sur la Place de l’Obélisque, qu’ils le fassent en paix sans porter préjudice aux riverains», supplie-t-il. Par ailleurs, le rappeur ne voit comme alternative pour lutter contre l’insécurité des populations riveraines, la carte d’électeur glissée dans l’urne : «attendre la venue des élections et voter pour le candidat de son choix», dit-il.

L’étudiant Ibrahima Baldé pour sa part invite les manifestants à respecter leur quartier qui est souvent en proie aux jets de grenades lacrymogènes, de pierres etc. Il dira à l’endroit des politiciens :  «Il y a des problèmes plus pressants comme les gens qui ne mangent pas assez bien, la mendicité des jeunes, pendant ce temps les politiciens restent là à bouffer notre argent. Mais où va le pays ?», demande-t-il.

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La volonté du chef de l’Etat, Macky Sall de marcher sur les pas de son prédécesseur Wade, concernant la valorisation de la fonction de chef de village, semble trouver l’approbation au sein de la classe politique. Ce qui divise cependant la majorité présidentielle du camp de l’opposition, c’est en fait le rétropédalage à la veille des législatives, 5 ans après son accession à la magistrature suprême. Si du côté de l’opposition l’on avance la thèse du calcul politicien, visant à faire les yeux doux aux chefs de village en prélude des législatives du 30 juillet prochain, il n’en demeure pas moins que le camp au pouvoir réfute ledit argument, estimant que l’agenda du chef de l’Etat ne se définit pas en fonction des rendez-vous électoraux.

MAYORO FAYE, CHARGE DE LA COMMUNICATION AU PDS : «C’est une décision électoraliste d’attendre au moment où il n’est plus sûr de rien...»

Le président Abdoulaye Wade voulait doter les chefs de village d’un statut et des émoluments. Il avait également prévu, dans le cadre des quotas des billets pour la Mecque et pour Rome, de leur octroyer une partie. Une manière pour lui de valoriser la fonction de chef de village qui est véritablement un auxiliaire de l’Etat. Le président Abdoulaye Wade voulait aussi réparer une injustice qui fait que les chefs de village abattaient un important travail pour l’Etat, sans pour autant en retour être reconnu par cet Etat. Il s’est rendu compte qu’au niveau de certains villages, il y avait des difficultés réelles de certaines populations que le chef de village est obligé de prendre en charge avant l’intervention de l’Etat. Toutes ces considérations avaient amené le président à démarrer le paiement d’émoluments mensuels aux chefs de village, à qui il avait doté de véhicules. Ils avaient conscience que ces véhicules n’étaient pas personnels et n’aillaient pas servir simplement les chefs de village, mais serviraient toute la localité pour diverses occasions.

Malheureusement, Macky Sall était revenu sur la décision du président Wade. Si aujourd’hui, il veut reprendre cette initiative de Me Wade, tendant à aider les chefs de village, ça veut dire simplement que la décision prise par Wade était une décision sage, qu’il ne faisait que rendre à César ce qui appartient à César. Maintenant, je ne sais pas encore dans quelle mesure veut-il appliquer cette vision de Wade. J’espère qu’il pourra avoir le véritable contenu de l’esprit de cette décision pour pouvoir satisfaire toute l’étendue de cette mesure comme l’avait entamé Me Wade pour rendre service aux populations à la base, à travers leur chef de village.

Maintenant, vous savez que Macky Sall nous a habitués à reprendre des projets de Wade. Malheureusement, à chaque fois, c’est la mise en œuvre qui pose réellement problème. Parfois même la mise en œuvre fausse l’esprit et même la destination des objectifs fixés par les projets laissés par Wade. C’était un projet très ambitieux et très pertinent de Wade. S’il attend à la veille des législatives pour vouloir penser à ces chefs de village à qui il a ôté des dizaines de mois de salaire, les véhicules, ainsi que certaines conditions de vie pendant 5 ans, c’est simplement une décision politique. C’est une décision électoraliste d’attendre au moment où il n’est plus sûr de rien, dans la mesure où les législatives se pointent à l’horizon et il sait qu’il est minoritaire. En même temps, la présidentielle est dans moins de 2 ans. C’est dans ces conditions qu’il veut faire les yeux doux aux chefs de village. Mais, ces chefs de village sont des citoyens très avertis, qui sauront faire la part des choses et qui prendront la bonne décision. C’est-à-dire en sanctionnant le régime de Macky Sall qui leur a pris ce que Wade leur a donné.

MAWLOUD DIAKHATE DIRECTEUR DU CFDC DE L’AFP : «Ce serait un mauvais procès fait au chef de l’Etat de dire...»

Il faut peut-être comprendre que dans l’agenda politique, il y a des périodes où on peut noter des changements dans l’action politique et l’action administrative. Je crois que le fait que le président ait annoncé, dans son adresse du 4 avril, que ce ne serait que justice rendue de rémunérer ou de donner une certaine indemnité aux chefs de village, est une vieille doléance. Il ne faudrait pas faire la comparaison des agendas et de trouver que c’est une sorte de procédé qui vise à fausser le jeu, à la veille des législatives.

Parce que, tout simplement, le chef de l’Etat est dans la dynamique de l’Acte III de la décentralisation.

Dans cet objectif, il y a des décisions à prendre pour rendre cette planification ascendante, que commande la phase II de l’acte III. Vous savez que ce qu’on appelait les communautés rurales sont des communes de pleins exercices, d’égale dignité avec les anciennes communes qui étaient situées en ville. Même si ces communes ont la particularité d’avoir encore des villages, on peut penser qu’avec les nouvelles ruralités, ces villages pourraient être des quartiers ultérieurement. Donc, le fait de pouvoir octroyer un certain état administratif à ces chefs de villages est une juste mesure, parce que cela contribue au renforcement de la démocratie locale. Mais aussi, cela permet à ces chefs de village de pouvoir remplir leurs missions dignement.

Ce serait un mauvais procès fait au chef de l’Etat de dire qu’il veut influer sur les législatives. En tout cas, je pense que ce n’est pas cela. Parce que les chefs de villages sont de toutes les obédiences, de tous les partis politiques. Penser que le chef de l’Etat vise à enrôler par l’indemnisation ce personnel administratif pour en faire une clientèle politique, serait une lecture très courte de la réalité administrative. Il faut savoir qu’un Etat a un calendrier et des tâches à remplir quelle que soit la nature du rendez-vous électoral.

ZAHRA IYANE THIAM CONSEILLERE DU PRESIDENT : «Il faut déplorer qu’on puisse, pour chaque acte posé par le chef de l’Etat en trouver un corolaire politique »

Je voudrais d’abord préciser que l’agenda du chef de l’Etat ne se définit pas en fonction des élections. Il se dessine en fonction de ses ambitions, de sa vision et du contexte de l’heure. Et cela sur la base des tournées économiques faites dans le pays et des réalisations qui ont été faites depuis son accession au pouvoir. Puisque vous vous souvenez qu’en 2012, nous avions un pays qu’il fallait remettre à l’endroit, en termes économique, social, d’infrastructures. Donc, il y avait plusieurs retards d’investissements et il fallait également stabiliser le front social, que ce soit le panier de la ménagère ou l’accès à la santé, etc. Donc, sur la base des projections que le chef de l’Etat a eu à faire, notamment la question relative à la réduction du train de vie de l’Etat qui lui permet aujourd’hui de faire des économies qu’il redistribue dans des secteurs clés de ce pays. Parce que c’est une décision qui aura des incidences financières, si nous devons rémunérer tous les chefs de village de pays-là .Donc cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. C’est dire que c’est un processus qui a été réfléchi mûrement et peut-être qui aboutit aujourd’hui.

Maintenant, les malintentionnés peuvent penser que c’est fait à la veille d’élections. Mais, aujourd’hui, la planification impose que pour tout acte qui est en train d’être fait qu’on puisse y réfléchir profondément. Je saisi l’opportunité pour rappeler que seuls ceux qui ne savent pas ce que c’est le rôle de chef de village peuvent penser que ce n’est qu’une question politicienne. Ce sont des personnes qui vivent non seulement dans des situations précaires, mais qui ont une charge du fait de leur statut de chef de village. Vous allez dans un village où les gens, au cas où ils n’ont nulle part où aller, ils vont chez le chef de village. Donc, ce sont des gens qui vivent dans une certaine précarité mais qui de par leur statut ont des surcharges financières. Si le chef de l’Etat voit que ce sont des personnes qui méritent d’être accompagnées, pour mieux servir leur pays, moi je pense que c’est une excellente chose. Il faut s’en féliciter. Par contre, ce qu’il faut déplorer, c’est qu’on puisse pour chaque acte que le chef de l’Etat pose, qu’on veuille en trouver un corolaire politique.

DETHIE FALL VICE-PRESIDENT A REWMI : «Cette décision peut nous laisser penser qu’il s’agit d’une approche électoraliste et propagandiste»

C’est dommage de voir le Président se rendre compte de l’importance de la mission des chefs de village que 5 ans après. Parce que les chefs de village constituent la première courroie de transmission entre les populations et l’Etat. Il est à rappeler que quand il est arrivé au pouvoir, il avait décidé de retirer les véhicules des chefs de village oubliant que c’étaient des moyens de locomotion dans le village qui aidaient à transporter des malades dans les postes de santé. Maintenant, attendre à moins de 4 mois des élections législatives pour se rappeler des moyens pouvant accompagner la mission des chefs de village peut nous laisser penser qu’il s’agit d’une approche électoraliste et propagandiste.

L’idée est très bonne. Mais, il faut juste rappeler que c’est lui même qui avait dessaisi les chefs de village des moyens que l’ancien régime leur avait donné pour leur permettre de faire correctement leur travail. Je répète que les véhicules étaient des véhicules du village qui pouvaient servir à transporter des malades. Maintenant, vouloir rémunérer les chefs de village, à 4 mois des élections, l’idée est bonne, mais on peut penser que c’est une approche électoraliste, propagandiste. Parce qu’en réalité, il est obnubilé que par son deuxième mandat. Aujourd’hui, il a énormément de craintes pour ces élections législatives parce qu’il sait qu’il a perdu beaucoup de terrains et que les populations ont compris sa manière de gouverner et ils ne sont pas satisfaits de ses résultats.

L’exécution des tâches sans prise en compte des rendez-vous électoraux devrait être le cap, car l’Etat est une continuité. Il doit travailler pour les générations à venir et non pour un mandat à venir. Force est de constater que le président de la République, Macky Sall, à travers sa démarche électoraliste, travaille pour un deuxième mandat. Aujourd’hui, de façon unilatérale, il a augmenté le nombre de députés de 150 à 165  pour satisfaire une clientèle politique et de pouvoir intéresser les personnes capables de lui donner une majorité à l’Assemblée nationale aux prochaines élections. Il a des schémas assez courts avec comme seul objectif d’avoir une majorité à l’Assemblée.

SudOnline

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