jeudi, 07 mars 2019 11:09

LA POÉTIQUE DE L'IRONIE-François Breteau

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La philosophie en commun PHILOSOPHIE

' L'ironie est une technique et un art. Socrate est l'initiateur de l'ironie. P B Cissoko

Cet ouvrage part de la déréliction de l'homme contemporain.

C'est une affaire d'existence que d'affronter poétiquement ce malaise de l'être humain. La vision utilitaire du monde nous fait oublier la liberté du réel et la nôtre, bref la notion d'être en présence du monde, d'autrui et de soi. La poétique exacerbe les sens face aux conflits que l'existence provoque. Son ironie face au destin consiste à promouvoir un sensualisme poétique plus grand que le malaise absurde de l'existence. C'est le rôle du poète. La poétique de l'ironie entend convertir tout philosophe à sa propre hybris. De Parménide à Novalis ou Lyotard, il s'agit de percevoir, au coeur de la déréliction, ce qui permet de faire de l'existence son oeuvre et de s'en réjouir.

François Breteau est docteur en philosophie de l'Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis. Il est l'auteur d'écrits tels que Les yeux sauvages (L'Harmattan, 2011) et Eau, terre, sang (Ed. Vérone, 2018 sous le pseudonyme Aitnanu Jo).

 

Conférence sur le thème « le rôle de la culture dans la prévention et gestion des risques, crises et conflits en Afrique.


Encore une fois Mme Paulette CORREA nous a concocté avec ses adhérents de diverses nationalités une journée de haute facture et qui honore la culture comme facteur de paix.
Apres avoir tapissé les pourtours de la belle et grande salle de la mairie du XV e arrondissement toujours à l'écoute des associations, tableaux, masques , satues et statuettes indiquent la voie.
Petit à petit la journée se déroule et le koriste égaye les oreilles et les yeux des invités. La mise en bouche continue jusqu'en début d'après-midi et là le monde afflue.
Je n'avais pas le programme complet et je n'avais pas le nom des panélistes et dans la salle je vois un monsieur au beau teint foncé et au crane nu, c'est un style une marque déposée, une personnalité du monde savant et de l'interculturel ; il s'agit bien de MR Doudou  DIENE. Je l'avais rencontré dans le haut Doubs en haute Saône à la Maison de la négritude et des Droits de l'homme de Champagney et il avait réussi à mettre sur pied des projets humanistes qui honorent tous les humanistes épris de paix et de justice ".

En vingt ans, la Route de l'esclave s'est enrichie de très nombreux parcours, sites et monuments liés à l'histoire de la traite transatlantique, de l'esclavage et de leurs abolitions. En France, outre le memorial de Nantes, un parcours "Route de l'esclave" relie dans l'Est le fort de Joux, la Maison de la Négritude à Champagney, le musée de l'abbé Grégoire à Emberménil, la maison natale de Victor Schoelcher à Fessenheim et le couvent d'Anne-Marie Javouhey à Chamblanc. Michel Reinette, animateur du colloque a annoncé l'ouverture prochaine en Guadeloupe du Mémorial ACTe. »
Je vais le saluer tout ému et il se souvient de nos amis communs le couple Olivier aujourd'hui disparus.
Bref, Paulette a su nous concocter un plateau un peu déséquilibré, on ne peut pas mettre à la même table Doudou Diene et des jeunes si talentueux soient-ils, Doudou s'asseoit aux côtés de feu Joseph NDIAYE ; et ce dernier n'étant pas universitaire n'était pas à la hauteur de notre bonhomme. Passons.


Le débat est ouvert et M. Kag SANOUSSI, expert en intelligence négociationnelle, Président de l'Institut international de gestion des conflits (IIGC), dans un brillant power point nous entraine dans une visibilité de des conflits et les modes de gestion. Il nous dit que le conflit est consubstantiel à l'homme de la naissance à la morts, le conflit est inhérent mais là n'est pas le problème , il faut se donner les moyen de gérer ces tensions.

Dans ses envolées qui témoignent d'une maitrise parfaite du sujet, il nous parle des acteurs qui entrent en jeux pour gérer les conflits, il continuent et nous parle des figures charismatiques : les anciens, les sorciers, les chefs coutumiers, les forgerons, les chefs religieux etc. ces acteurs peuvent en fonction des coutumes et traditions trouvent des moyens efficaces pour gérer les conflits et apporter une trranquilité apaisante.

Puis vient le tour M. Bandiougou DIAWARA, actuellement Responsable de programme, à la section des réseaux du MAB, réserves de biosphère et renforcement des capacités, à la Division des Sciences écologiques et de la terre, Secteur des sciences naturelles de l'UNESCO. Il nous plonge dans le concrét et explique pourquoi quand on veut toucher ou détruire un peuple une civilisation on s'en prend à tout ce qui réfère à la culture et c'est ainsi qu'il nous parle de Tombouctou, temple du savoir comme la bibliothèque d'Alexandrie. Pour accéder au savoir donc à la culture, les 7 sages grecs ont accepté de se faire circoncire.

Mr Diène entre dans la danse et lève des malentendus sur la concept de culture. Il se met debout et tient le micro. La salle retient son souffle et tend plus les oreilles et ouvrent les yeux pour boire le verbe magistralement manié et manipulé (travail de concepts). Je rigole en voyant certains secouer la tête pour remettre les neurones en phase avec l'orateur. Oui il déplace ou remet le sujet dans une perspective inattendue mais pas hors sujet.

Trois notions seront convoquées pour parler de la culture et selon lui toute réduction à la dimension exclusivement esthétique est une aberration et un leurre. L'éthique, l'esthétique et la spiritualité font de nos masques et autres un patrimoine culturel.

L'auteur avance une autre idée sur les immigrés qui sauvent les personnes âgées de la solitude et de l'isolement. Ce sont nos dames africaines qui s'occupent des personnes du 3 eme âge et qui à travers les échanges parlent de leurs cultures. Il nous parle des techniques de gestions des conflits au Rwanda et finit par nous dire «quand les feuilles se querellent les racines s'embrassent, la fondation que constituent les racines permettent de mouler et supporter la structure. La culture au secours de la vieillesse en France.


Une conférence sur la culture comme outil ou mécanisme de gestion des conflits ou une façon pour gérer les risques était un beau sujet et la diversité des approche a alimenté la problématique.


Notre ami Fopa éducateur spécialisé bien connu en France pour sa capacité à parler d'interculturalité en passant par le conte et les repas «marmitedor».
Je prends la parole pour dire que les africains avaient déjà pensé à la gestion de la paix à travers une chartre celle du Mandé antérieure à la déclaration des droits de l'homme. L'éducation et l'instruction, les voyages et les rencontres favorisent le dialogue et la reconnaissance réciproques.


Du beau monde, des gens insoupçonné comme l'artiste Dhem qui a joué dans le film « Il a déjà tes yeux avec A MAIGA». C'est d'ailleurs ses peintures qui ont orné les murs et son fameux assemblage de la carte de l'Afrique à l'envers. Il faut signaler la présence magestueuse et élégante dans une tenue verte rehaussée par un foulard de tête à l'esthétique réussie de Cécile Thiakane.
Je pense aussi à cet artiste Félicien Jérent cet antillais qui aime la rencontre des cultures et à travers son slam ou ses textes il nous conduit ailleurs pour prendre conscience. Dans la continuité un autre poête qui chante d'une voix éraillée et sublime, l'épaule baissée et le torpédo fixé sur la tête; il psalmodie les mots et énonce les métros parisiens " Un album bouclera la boucle en février 2010. Aimé Nouma, étonnant mélange d’assurance, d’autorité et de réserve, y raconte les arrondissements de Paris découverts au gré de ses relations amoureuses. Il évoque aussi la délinquance, la prostitution et le devoir de mémoire. « Marianne, change de disque, cesse donc d’être amnésique », déclame-t-il de sa voix éraillée."

Cette écrivaine NAD'Y chanteuse et poète qui n'a pas manqué d'esquisser des pas de danses avec Elisabeth CORREA notre juriste et d'autres. Notre juriste aussi a mis « mis le feu» De la musique du défilé des objets culturels tissus masques tableaux cuisine etc, il y a du bon , du goût et de la culture et de la diversité.


Quand je vous chante « C'est bon pour le moral « vous aurez compris que nous avions aussi dans l'assistance le couple de la compagnie Créole salué par les anciens. Notons la présence de bayealltoubab qui anime des spectacles et donne des cours de danse : Babacar Faye que j'ai rencontré pour la 1 ère fois dans l'avion et on s'est retrouvé dans ce haut lieu de la culture à l'initiative de Paulette CORREA et son association DEKKAL Thiossane qu'on ne cessera jamais de féliciter et d'encourager.

Paulette a su nous réunir une dizaine de diplomates en un temps un lieu pour honorer la culture et c'est déjà un grand succès qui augure la rencontre de 2020.

« LA CHARTE DE KURUKAN FUGA
Les représentants du Mandé traditionnel et leurs alliés, réunis en 1236 à
Kurukan Fuga actuel cercle de Kangaba (République du Mali) après
l'historique bataille de Kirina ont adopté la charte suivante pour régir la vie du grand ensemble mandingue
Version : Française et Caractères
harmonisés Maninka AVANT PROPOS
La charte de Kurukanfuga 2
Est-il encore besoin de parler de l'importance et du rôle de la tradition
orale dans la reconstitution ou de la réécriture de l'histoire africaine ?
Des spécialistes comme Joseph KIZERBO en ont largement fait l'apologie
même s'ils reconnaissent par ailleurs qu'elle doit être traitée avec
discernement et circonspection.
L'Afrique noire étant par essence le continent de l'oralité, elle donne à la
parole la même valeur que d'autres peuples à l'écrit. D'ailleurs l'écrit ne
dérive-t-il pas de la parole ?
Le Coran et la Bible pour ne citer que ceux-là n'ont-ils pas été révélés
oralement avant d'être transcrits ?
Ceux qui en Afrique sont les dépositaires de la mémoire collective,
suffisamment conscients de la mission qui est la leur, se sont toujours
efforcés de transmettre les traditions archives telles qu'ils ont reçues,
sans rajouts, ni surenchères.
C'est grâce à une poignée de cette génération de traditionalistes que nous
avons pu reconstituer aujourd'hui une partie de l'histoire de l'Afrique
médiévale, l'empire du Mali à travers l'un des épisodes les plus
significatifs de sa fondation : la constitution de l'empire Mandingue ou
« la Charte de Kurukan Fuga ».
A la faveur de l'atelier organisé par Intermédia Consultant S.A et la
Radio Rurale de Guinée en mars 1998 à Kankan (République de Guinée),
les communicateurs des radios rurales de la sous –région Ouest Africaine
ayant en commun les langues Bambara et Maninka, des chercheurs de
Guinée et du Sénégal se sont penchés sur le rôle que les Nouvelles
Technologie de l'Information pouvaient jouer en faveur du monde rural.
C'est à cette occasion qu'est apparue la nécessité de l'archivage de la
tradition orale. Dans ce contexte, l'histoire de l'Empire du Mali a été
ciblée comme pouvant fournir des éléments de culture d'une valeur
inestimable.
La charte de Kurukanfuga 3
La constitution de l'empire du Mali consacrée par une Charte de 44
articles devrait servir de tremplin à ce programme d'archivage.
Or, les auteurs qui ont écrit sur l'histoire de l'empire du Mali ont souvent
effleuré la Charte sans l'approfondir. Le Professeur Djibril Tamsir
NIANE dans son titre célèbre « l' Epoque Mandingue» a parlé de
« Kurunkan Fuga ou le Partage du Monde », traduisant ainsi son
informateur. Les grandes idées de la Charte y sont émises pour la
première fois mais le lecteur reste sur sa faim.
Pour une fois donc, un groupe de traditionalistes a réussi à reconstituer
la Charte avec la contribution non moins importante des
communicateurs des radios rurales et des chercheurs ci haut référencés.
Confrontée plus tard à la version du Chef des traditionalistes du Mali, M.
Bakary SOUMANO et à celle de M. Abdoulaye KANOUTE,
traditionalistes émérite à Tambakounda (Sénégal), la version issue de
l'atelier de Kankan à laquelle M. KANOUNTE a d'ailleurs participé, se
trouve être la plus complète, étant l'oeuvre d'un groupe.
Les grandes déclarations du monde sont presque toujours consécutives à
des grandes révolutions : la Déclaration française des Droits de l'Homme
et du Citoyen de 1789 a eu lieu au lendemain de la prise de la Bastille.
La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de décembre 1948 a
réuni les Nations Indépendantes du monde après la deuxième guerre
mondiale, etc.
La Charte de Kurukan Fuga (Cercle de Kangaba en République du Mali)
a été convoquée en 1236 après que le Manding se fut libéré du joug du roi
sorcier Soumaro KANTE.
Kurukan Fuga a posé les grands principes devant régir la vie du grand
peuple manding dans toutes ses composantes et sur tous les aspects :
organisationnel, économique, culturel, juridique, environnemental, etc.
Cette Charte mieux que les déclarations qui lui sont postérieures, a la
particularité d'avoir résisté au temps et aux vicissitudes de l'histoire
(traite des noirs, colonisation...).
En effet, la Charte de Kurukan Fuga continue de régir de nos jours tous
les peuples ayant appartenu au grand manding, du moins en ce qui
La charte de Kurukanfuga 4
concerne l'organisation de la société, la division du travail, la gestion des
conflits, l'hospitalité, la coexistence pacifique et la tolérance.
Convoqué au lendemain de l'historique bataille de Kirina qui a vu la
victoire de Soundiata KEITA sur Soumaoro KANTE, la Charte de
Kurukan Fuga s'est tenue sous l'égide de Kamadjan CAMARA, roi de
Sibi.
Les délégués convoqués pour la Charte étaient les représentants des
tribus qui devaient plus tard constituer les douze provinces de l'empire.
Les femmes n'étaient pas en reste dans le rassemblement parce qu'elles y
prirent une part à travers leurs représentantes.
La Charte dura douze jours et la séance était présidée par Samadi Bobo,
roi des Bobos.
Le premier acte de l'assemblée de Kurukan Fuga après le cérémonial
d'ouverture fut le serment d'allégeance de douze chefs de provinces à
Soundiata KEITA qui fut proclamé Empereur du grand manding.
La première fédération des peuples noirs venait de naître : l'Empire du
Mali.
Après cette proclamation, des discussions furent ouvertes à l'issue
desquelles une Charte de 44 articles fut adoptée.
Aucun domaine de la vie ne fut occulté : l'organisation sociale, les droits
et devoirs de la personne, l'exercice du pouvoir, les droits patrimoniaux
et extrapatrimoniaux, la place des femmes dans la société, la famille, la culture de la tolérance, la gestion des étrangers, la préservation de la nature, la conservation et la transmission de l'histoire, la gestion des conflits, tout y passa.
Telle est la quintessence de l'atelier de Kankan sur ce chapitre consacré à la Charte de Kurukan Fuga.
Article 7 : il est institué entre les « Mandenkas le Sanankunya »
(cousinage à plaisanterie) et le « Tanamanyöya » (forme de totémisme).
En conséquence, aucun différend né entre ces groupes ne doit dégénérer, le respect de l'autre étant la règle.
Entre beaux-frères et belles-soeurs, entre grands-parents et petits enfants,
la tolérance et le chahut doivent être le principe.
Je ne peux résister à vous donner la charte
« LA CHARTE DE KURUKAN FUGA
Les représentants du Mandé traditionnel et leurs alliés, réunis en 1236 à
Kurukan Fuga actuel cercle de Kangaba (République du Mali) après
l'historique bataille de Kirina ont adopté la charte suivante pour régir la vie du grand ensemble mandingue.
I. DE L'ORGANISATION SOCIALE
Article 1er :
La société du grand mandé est divisée ainsi qu'il suit :
• Seize (16) « Ton ta djon » ou porteurs de carquois ;
• Quatre (4) Mansa si » ou tribus princières ;
• Cinq « Mori Kanda » ou classes de marabouts ;
• Quatre (4) « Nyamakala » ou classes de métiers.
Chacun de ces groupes a un rôle et une activité spécifiques.
Article 2 : les « Nyamakala » se doivent de dire la vérité aux Chefs, d'être,leurs conseillers et de défendre par le verbe, les règles établies et l'ordre sur l'ensemble de l'Empire.
Article 3 : les « MoriKanda » sont nos maîtres et nos éducateurs en islam.
Tout le monde leur doit respect et considération.
Article 4 : la société est divisée en classes d'âge. A la tête de chacune
d'elles est élu un chef. Sont de la même classe d'âge les personnes
(hommes ou femmes) nées au cours d'une période de trois années
consécutives.
Les « Kangbé » (classe intermédiaire entre les jeunes et les vieux) doivent participer à la prise des grandes décisions concernant la société.
Article 5 : chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité
physique. En conséquence, tout acte attentatoire à la vie d'autrui est
puni de mort
La charte de Kurukanfuga 7
Article 6 : pour gagner la bataille de la prospérité, il est institué la
« Könögbèn Wölö » (un monde de surveillance pour lutter contre la
paresse et l'oisiveté).
Article 7 : il est institué entre les « Mandenkas le Sanankunya »
(cousinage à plaisanterie) et le « Tanamanyöya » (forme de totémisme).
En conséquence, aucun différend né entre ces groupes ne doit dégénérer, le respect de l'autre étant la règle.
Entre beaux-frères et belles-soeurs, entre grands-parents et petits enfants,
la tolérance et le chahut doivent être le principe.
Article 8 : la famille KEITA est désignée famille régnante sur l'Empire.
Article 9 : l'éducation des enfants incombe à l'ensemble de la société. La
puissance paternelle appartient par conséquent à tous.
Article 10 : adressons-nous mutuellement les condoléances.
Article 11 : quand votre femme ou enfant fuit, ne le poursuivez pas chez le voisin.
Article 12 : la succession étant patrilinéaire, ne donnez jamais le pouvoir à un fils tant qu'un seul de ses pères vit.
Ne donnez jamais le pouvoir à un mineur parce qu'il possède des biens.
Article 13 : n'offensez jamais les « Nyaras » (paroliers attitrés).
Article 14 : n'offensez jamais les femmes nos mères.
Article 15: ne portez jamais la main sur une femme mariée avant d'avoir fait intervenir sans succès son mari.
Article 16 : en plus de leurs occupations quotidiennes, les femmes doivent être associées à tous nos Gouvernements.
Article 17 : les mensonges qui ont vécu et résisté 40 ans doivent être
considérés comme des vérités.
Article 18 : respectons le droit d'aînesse.
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Article 19 : tout homme a deux beaux-parents : les parents de la fille que l'on n'a pas eue en mariage et la parole qu'on a prononcée sans
contrainte. On leur doit respect et considération.
Article 20 : ne maltraitez pas les esclaves, accordez-leur un jour de repos par semaine et faites en sorte qu'ils cessent le travail à des heures raisonnables. On est maître de l'esclave mais pas du sac qu'il porte.
Article 21 : ne poursuivez pas de vos assiduités les épouses : du chef, du voisin, du marabout, du féticheur, de l'ami et de l'associé.
Article 22 : la vanité est le signe de la faiblesse et l'humilité le signe de la grandeur.
Article 23 : ne vous trahissez jamais entre vous. Respectez la parole
d'honneur.
Article 24 : ne faites jamais du tord aux étrangers.
Article 25 : le chargé de mission ne risque rien au Mandén.
Article 26 : le taureau confié ne doit pas diriger le parc.
Article 27 : la jeune fille peut être donnée en mariage dès qu'elle est
pubère sans détermination d'âge. Le choix de ses parents doit être suivi quel que soit le nombre des candidats.
Le jeune garçon peut se marier à partir de 20 ans.
Article 28 : la dot est fixée à 3 bovins : un pour la fille, deux pour ses père et mère.
Article 29 : le divorce est toléré pour l'une des causes ci-après :
• l'impuissance du mari ;
• la folie de l'un des conjoints ;
• l'incapacité du mari à assumer les obligations nées du mariage.
Le divorce doit être prononcé hors du village.
Article 30 : venons en aide à ceux qui en ont besoin.
Article 31 : respectons la parenté, le mariage et le voisinage.
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Article 32 : tuez votre ennemi, ne l'humiliez pas.
Article 33 : dans les grandes assemblées, contentez-vous de vos légitimes représentants et tolérez-vous les uns les autres.
II. DES BIENS
Article 34 : il y a cinq façons d'acquérir la propriété : l'achat, la donation, l'échange, le travail et la succession. Toute autre forme sans témoignage probant est équivoque.
Article 35 : tout objet trouvé sans propriété connu ne devient propriété commune qu'au bout de quatre ans.
Article 36 : la quatrième mise bas d'une génisse confiée est la propriété du gardien.
Article 37 : un bovin doit être échangé contre quatre moutons ou quatre chèvres.
Article 38 : un oeuf sur quatre est la propriété du gardien de la poule
pondeuse.
Article 39 : assouvir sa faim n'est pas du vol si on n'emporte rien dans
son sac ou sa poche.
III. DE LA PRESERVATION DE LA NATURE
Article 40 : la brousse est notre bien le plus précieux, chacun se doit de la protéger et de la préserver pour le bonheur de tous.
Article 41 : avant de mettre le feu à la brousse, ne regardez pas à terre, levez la tête en direction de la cime des arbres.
Article 42 : les animaux domestiques doivent être attachés au moment des cultures et libérés après les récoltes. Le chien, le chat, le canard, et la volaille ne sont pas soumis à cette mesure.
La charte de Kurukanfuga 10
IV. DISPOSITIONS FINALES
ARTICLE 43 : Balla Fassèkè KOUYATE est désigné grand chef des
cérémonies et médiateur principal du mandéen. Il est autorisé à
plaisanter avec toutes les tribus, en priorité avec la famille royale.
Article 44 : tous ceux qui enfreindront ces règles seront punis. Chacun est chargé de veiller à leur application sur l'ensemble du territoireimpérial.


Transcrit par :


Monsieur Siriman KOUYATE


Conseiller à la Cour d'Appel de Kankan »

Et ceci aussi pour que nos jeunes soient au courant que la tradition a fait et connu de bonnes choses pour gérer et prévenir les conflits.


Cousinage à plaisanterie Un ciment de l'unité nationale

Un infaillible régulateur de tensions sociales....

Un incident, peut-être banal, mais sans doute assez révélateur de la force et de l'importance du rôle de ''régulateur de tension'' que joue la parenté à plaisanterie au sein de notre société. La scène se passe un samedi matin aux guichets d'une banque de la place, à une heure de grande affluence. Pour éviter la rude épreuve de la bousculade, source de toutes sortes de désagréments et de frustrations, les clients ont dû former le rang. L'ordre étant strictement respecté par tout un chacun, tout se déroulait normalement. Du moins, jusqu'à l'arrivée d'un monsieur, visiblement peu soucieux des règles de bienséance, qui ne s'est pas gêné pour faire fi de l'ordre établi en ignorant l'existence de la file de clients. Marchant d'un pas déterminé et la mine crispée, comme pour dissuader ceux qui pourraient être tentés de le rappeler à l'ordre, notre monsieur fonça directement au guichet, brûlant royalement la politesse à tous ceux qui l'ont devancé. L'atmosphère devint subitement pesante. Ça commença à murmurer dans les rangs sans que nul n'ose élever la voix pour crier au scandale. Et soudain une voix de femme monta dans la file : " Il y a des signes qui ne trompent guère. Pour agir ainsi, il faut forcement être un Bagobiri ! Quand il s'agit de palper l'argent, c'est toute leur avidité qui se met en éveil. Il faut le comprendre, c'est plus fort qu'eux... ".

Tous les regards se tournent vers cette femme qui apostrophait l'intéressé. Le ton était sérieux, voire assez rude, mais chacun a tout de suite compris que la dame venait d'engager , à travers ces mots, une approche plutôt diplomatique de régler le problème. " C'est pareil chez les Djerma, quand ils se trouvent devant un plat de ''dibiganda'' bien assaisonné de ''tigadigué'' et chez les Sonray, devant une tasse de ''doungandi'. Autrement dit, à chacun son objet de cupidité... ", rétorqua le monsieur. Rires et détente dans les rangs des témoins de cet épisode de plaisanterie sur fond d'empoignade entre le cousin Bagobiri et sa cousine Djerma. L'atmosphère se décante et les pourparlers s'engagent. Après que l'intéressé eut expliqué le mobile de son empressement, la cousine plaida la cause de son cousin pour qu'on le laisse passer à la caisse. Un consensus fut ainsi trouvé et le monsieur ne manqua pas, avant de partir, de glisser un billet de 2000 FCFA à sa parente, comme pour dire que l'incident est clos. Et en beauté !... Une scène pareille, on la vit presque tous les jours et en toutes circonstances, partout au Niger. En effet, chaque attroupement de personnes, cérémonie et autres occasions du genre sont, mine de rien, dominés et agrémentés par les ''altercations verbales'' de goût plutôt plaisant entre Peulh, Maouri et/ou Béri-béri ; Djerma, Sonray, Bagobiri et Touareg, Gourmantché et Touareg, etc. Comme quoi, au Niger, la concorde nationale n'est pas un vain mot, car elle tient sa force de ses racines ancestrales.

En présence de membres éminents de la diplomatie.
- A partir de 10 h 00 : Expositions d'oeuvres d'art et de masques africains sacrés et profanes, de MM.
Bass DHEM et Moctar GUEYE Licka. Avec accompagnement par le joueur de KORA, M. ELYDIA.
- De 15h à 17h : Conférence sur le thème « le rôle de la culture dans la prévention et gestion des
risques, crises et conflits en Afrique.
- M. Kag SANOUSSI, expert en intelligence négociationnelle, Président de l'Institut international de
gestion des conflits (IIGC) ;
- M. Doudou DIENE, Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance ; expert indépendant de l'ONU sur les questions
des droits de l'homme en Côte d'Ivoire. Il a été ancien Directeur général adjoint de l'UNESCO, puis directeur de la Division du dialogue interculturel et du projet « Route de l'esclave » ;
M. Bandiougou DIAWARA, actuellement Responsable de programme, à la section des réseaux du MAB, réserves de biosphère et renforcement des capacités, à la Division des Sciences écologiques et de la terre,
Secteur des sciences naturelles de l'UNESCO ;
M. Kiflé SELASSIE BESEAT, historien, universitaire, écrivain et poète qui a été Directeur du Patrimoine de l'UNESCO et aussi Directeur du Fonds International pour la Promotion de la Culture
(FIPC) de l'UNESCO. Actuellement Président de l'alliance culturelle pour le millénium éthiopien en
France.

- Grand défilé de mode de la styliste OULEY KEITA sur le thème du pagne tissé de Guinée-Bissau.

- Concert de musique animé par le chanteur sénégalo-bissau-guinéen AaYiimi (l'Héritier), le groupe congolais « TOP-ONE-FRISSON », le groupe antillais « DIAPASON SHOW », le chanteur algérien
Messaoud NEDJAHI et le chanteur HIP POP IVY.
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- INTERMEDES par les écrivains-poètes-slameurs MM. Aimé NOUMA du Cameroun et Félicien JERENT des Antilles.
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- De 20h jusqu'à 22h : COCKTAIL mis en place par Fanny food traiteur et Léna traiteur, échanges avec le public.
--
Merci à la Mairie du 15 E et à la FONDATION Daniel IAGOLNITZER
-
Sous le parrainage de l'Ambassade du Sénégal et de Guinée-Bissau en France ainsi que le parrainage des Délégations Permanentes du Gabon, du Sénégal, du Congo, du Niger et du Mali auprès de
l'UNESCO.
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TEL : 06 64 16 60 56 OU 06 05 84 08 76
SITE : WWW.DEKKAL-THIOSSANE.ORG
ENTREE GRATUITE DANS LA LIMITE DES PLACES DISPONIBLES

Pape Bakary CISSOKO
Philosophe-Conférencier et Formateur
Ma chaîne youtube
papcissoko.free.info

 

Un ouvrage original, facile mais dense-un livre miroir  à lire absolument

J'ai d'abord rencontré son ami Ndongo THIOYE une autre figure montante du slam de la poésie et de l'écriture robuste et fine. Puis Fatou Sy une activiste généreuse de l'association Noure te Wouté de Rungis me convie à une projection du film de Mamadou Socrate DIOP. Un intrus me choque ou m'alerte, Socrate, ah cet doit aimer la philo pour oser se nommer Socrate ce banni par la république athénienne pour corruption des jeunes, ce sage qui ne sait rien mais qui enseigne à savoir qu'on sait, bref je suis curieux et j'y vais malgré mon programme hyper chargé.


Je n'ai pas été déçu bien qu'ayant raté la projection du film, je tombe à pile au moment ou notre jeune homme expliquait son parcours et pourquoi il avait réalisé ce film. Puis il se lance dans la notion d'engagement des écrivains ou artistes. Là je secoue ma tête parce que je ne suis pas d'accord,saurait été trop beau que j'avale tout ce qu'il dit. Défaut de jeunesse ou jeunesse en maturation parce que quoiqu'on dise l'artiste se nourrit de son environnement, il parle sans le vouloir au nom de ceux qui se reconnaissent dans son art. bref, ma réaction subite n'enlève rien à la qualité du travail de Mamadou. Puis je vais acheter le livre pour ma fille qui malgré ma grande bibliothèque n'aime plus trop lire, et elle demande à l'auteur de lui dédicasser son opuscule et s'en suivra une photo.


J'ai ouvert le livre puis croyez-moi après chaque passe je devais poser celui-ci pour chercher dans ma mémoire encyclopédique les occurrences, les ressemblances et les limites. Je suis fasciné par la danse des mots la subtilité langagière le jeu et la rondeur des mots et de la pensée. Bref les sujets tournent autour de l'existence, de l'adolescence et ses dérives, des parents, du secret et des manipulations, de la relation aux autres de la liberté, du cliché et de la liberté et des pesanteurs sociales. Ce monde africain qui veut décider et régir le monde. Le monde a évolué et l'Afrique n'est pas constitués de gens toujours calmes et sages ou assujettis au groupe. Mamadou Socrate nous apprend cette figure de la liberté dans un groupe qui comme chez Rousseau. Chez Rousseau, le Contrat social veut que la Volonté du plus grand nombre soumette du plus petit nombre.


Notre jeune auteur parle à deux voix on dira un dyptique un tableau à deux faces.


Il dialogue avec lui-m-même et on connait bien cette figure dans le corpus platonicum ou dans l'histoire de la philosophie, le sage pense et dans une posture réflexive ou on peut dire que son regard et sa pensée tel un boomerang lui reviennent. En réalité il éclaire le monde, il dit le monde.


Le fou dans l'Aventure Ambiguë de C H KANE cet incompris était le révélateur de tout ce qui était caché et tenait la société en équilibre précaire, un iceberg. Quand il ouvrait la bouche le peuple se devait d'écouter et d'entendre dans sa discrétion mais chacun s'appropriera la chose pour pouvoir méditer dans une certaine solitude qui préserve l'harmonie du groupe. Socrate le vrai n'est pas loin, sa parole est de l'or bien que ça dérange tout en réveillant ou faisant prendre conscience, un lanceur d'alerte dira-t-on à présent.


Socrate Mamadou nous parle de l'ambivalence de l'être, oui les mots sont justes et sont empruntés au monde philosophiques et à la psychologie, l'homme doute, s'inquiète, il a peur mais aussi il fait le courageux qui fait face au vent violent, la société quitte à perdre son âme et son existence.


A partir de soi notre auteur convoque l'autre et sait que l'existence est une symétrie. Les embuches sont des faits sociaux qui nous apprennent à vivre à forger notre existence qui est épreuve quotidienne, l'homme né en tension et il vivra en tension et c'est pourquoi le sage à l'image de la couverture cherche une certaine lumière qui le conduira à l'ataraxie. Mais la rue était un refuge pour lui, l'errance une condition et un mode de vie, on défie le monde et ses tumultes pour en ressortir vivant ou mort. Ce jeune homme en ressorti fort et il a compris le monde, était- ce un choix ou un de fato, il me semble que c'est le destin et je me retrouve dans certains passages comme mon ami Pap NDOY ce sage de St Louis.


En lisant Mamadou Socrate je vois Diog7ne dans son tonneau qui regarde et se moque du théâtre de ce monde de faux de simulacre, chacun veut suivre le groupe même dans sa folie. Personne n'échappe à la critique de Socrate Mamadou comme le vrai Socrate de la ciguë. Les faux dévots sont ceux qu'il faut traquer, les hommes politiques idem.


Je terminerai ici mon propos en parlant de cette relation complexe entre Madou Socrate et ses parents son père si ambigu et sa maman si inquiété de voir le monde s'abattre sur son fils. Elle se demande ce qu'elle a fait pour mériter ce supplice qui passe par son fils. La vie est épreuve et en croyante elle ne cesse de prier pour que son fils recouvre le bon chemin celui qui est en quête de soi. La société peut rejeter un fils mais pas la maman, elle fera semblant mais ce fils qu'elle a enfanté ne le quittera jamais. Elle prie toujours en silence et le bénéfice n'est-ce pas ce cheminement fait d'actions concrètes à travers ces parcours ...
Sans suivre l'auteur dans sa linéarité j'ai voulu simplement dresser un ressenti et faites-en ce que vous voulez. Le livrer échappera toujours à son auteur et j'ai pris ma part.


Pape B CISSOKO Philosophe-disciple du PR Djibril SAMB et S B Diagne, Mamoussé Diagne, etc.


Quatrième de couverture


« « Les Étoiles de la destinée » est un recueil de textes qui raconte l'histoire d'une vie. Une vie tourmentée mais riche en enseignements. L'auteur, Mamadou Diop Socrate, se livre à un dialogue avec lui-même mais aussi interpelle le monde dans lequel évoluent les deux êtres qu'il incarne en lui. Divisé en deux parties, ce recueil est aussi une somme d'expériences, de certitudes mais aussi de craintes.
Par le truchement de procédés littéraires variés, l'auteur invite à une réflexion davantage profonde quant aux questions qui nous interpellent chaque jour. Cet ouvrage, au-delà d'un récit intime, voire intimiste, est un appel à une prise en charge collective des questions essentielles.
Mamadou Socrate Diop est né à Thiénaba, une commune située dans la région de Thiès, au Sénégal. Après y avoir fait ses humanités, il obtient le bac à Thiès. Il est, en dépit de son amour pour la philosophie, orienté à la faculté des sciences juridiques et politiques de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il y sort titulaire d'un Master II en droit Privé Recherche et Sciences criminelles.
Passionné de cinéma et de littérature, Mamadou Socrate Diop est membre du Cénacle des Jeunes Auteurs du Sénégal (CJAS) »Premier ouvrage pour un étudiant en master culture juridique


• CLERMONT-FERRAND


. Mamadou Socrate Diop, auteur, cinéaste, profondément artiste et humaniste.

Mamadou Socrate Diop, étudiant en master culture juridique à l'université Clermont-Auvergne, vient de publier son premier ouvrage. À partir d'un ensemble de textes, il se livre à un dialogue avec lui-même mais interpelle aussi le monde qui l'entoure.


Les étoiles de la destinée ou l'histoire de la vie de Mamadou Socrate Diop. À partir d'un ensemble de textes, L'auteur, étudiant en master culture juridique à l'université Clermont-Auvergne, passionné de cinéma, de littérature et de philosophie, se livre à un dialogue avec lui-même mais aussi interpelle le monde dans lequel il évolue.
Il offre, dans cet ouvrage un recueil de dix-sept textes divisé en deux parties, aux mots finement ciselés.
Son écriture riche, poétique, rythmée et musicale sert une pensée dense et intense.


Du petit garçon turbulent et désobéissant, perverti par la rue, au jeune homme éclairé, profond et sage, Mamadou illustre « la médaille et le revers de la médaille », les deux êtres qui cohabitent en lui.
Avec pudeur, il rend hommage à sa mère avec qui il vit une relation complexe.... Hommage à son père, disparu prématurément, qu'il évoque avec une mélancolie à la Baudelaire.
Après cette première partie dédiée à son adolescence, Mamadou Socrate Diop aborde, dans un deuxième temps, « l'autre âme », la métaphysique.
Il traite alors de son rapport avec les autres et la spiritualité comme mode de vie, qui lui permet de changer profondément.


Le jeune homme aborde, dans ce dialogue à lui-même, ses expériences, ses certitudes et ses craintes.


Un récit intime, voire intimiste, mais aussi un appel à une prise en charge collective des questions essentielles.


L'appel des caméras


Ce n'est pas un hasard si Mamadou a choisi de poursuivre ses études à Clermont-Ferrand. La ville au festival du court métrage l'a séduit par son calme et son climat artistique. Ainsi, le jeune homme est écrivain, mais aussi cinéaste. En effet, son premier film Wuutu, qui signifie « qui vient de », sorti en 2018, sera présenté au public ce soir, vendredi 15 février au Crous, et demain vendredi 16 à Paris. Ce court métrage parle « d'un jeune homme rêvant d'être photographe mais empêché par la société » explique Mamadou pour qui l'art est une évidence.
Pratique. Les étoiles de la destinée, publié chez publiwiz à Paris, commande et livraison gratuite sur le lien : https:\\www.publiwiz.com\index.php\catalogue\litterature\autres-univers-litterature\les-etoiles-de-la-destinee


https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/2019/02/15/premier-ouvrage-pour-un-etudiant-en-master-culture-juridique_13135533.html

 


« Aucun sujet ne doit être tabou pour la lutter contre l'ignorance et l'intolérance. Les textes sacrés sont souvent difficiles et simples à lire et c'est pourquoi l'exégèse interne du texte augmenté par une certaine rigueur nous conduit à la bonne interprétation. C'est pourquoi d'ailleurs il est souvent demandé aux érudits de débattre des sujets pour trouver une bonne traduction ou interprétation- ce texte est à lire avec une foi éclairée mais pas celle du charbonnier.» P B CISSOKO


« l'imam d'Al-Azhar a rappelé que la possibilité « de prendre une deuxième, une troisième ou une quatrième épouse » est restreinte « par des conditions d'équité ». Selon le Coran « s'il n'y a pas équité, il est interdit d'avoir de multiples épouses », a-t-il expliqué. »

• À quelques jours de la Journée de la femme, le Cheikh Ahmed Al Tayyeb, à la tête de l'université sunnite du Caire (Égypte), considère que la polygamie est une « injustice » pour les femmes et qu'elle n'est pas la norme dans l'islam.


L'imam d'Al-Azhar appelle à « un renouvellement des questions relatives à la femme ». / KENZO TRIBOUILLARD/AFP
Ce n'est pas la première fois que Cheikh Ahmed Al Tayyeb s'exprime sur la polygamie depuis 2010, date à laquelle ce théologien et philosophe diplômé de la Sorbonne est devenu le grand imam d'Al-Azhar, principale institution de l'islam sunnite basée au Caire. Mais c'est la première fois qu'il qualifie le fait d'avoir plusieurs épouses d'« injuste », quand cela ne respecte pas le principe d'« équité » mis en avant dans le Coran.


Vendredi 1er mars, Al-Azhar a publié une déclaration de Cheikh al-Tayeb soulignant « la nécessité d'un renouvellement en ce qui concerne les questions relatives à la femme ». « Les femmes représentent la moitié de la société, si l'on ne prend pas soin d'elles c'est comme si l'on marchait sur un seul pied », affirmait-il dans cette déclaration, en indiquant que « la polygamie est souvent une injustice envers la femme et des enfants ».

Ahmed Al Tayeb, grand imam d'une institution fragilisée
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Anne-Bénédicte Hoffner , l

Après avoir rencontré le pape François à Rome lundi 23 mai, le grand imam d'Al-Azhar est en visite officielle en France jusqu'à jeudi 26 mai. Ce voyage a permis de faire aboutir une convention – signée mercredi – entre les facultés des lettres de son université et de l'Institut catholique de Paris.
ZOOM
Reçu en France en visite officielle, durant trois jours, avec les honneurs d'un premier ministre, le cheikh Ahmed Al Tayeb, 70 ans, est volontiers présenté comme le « principal représentant du monde sunnite », le chef de la « prestigieuse » et millénaire institution Al-Azhar. Au-delà du protocole, la situation de cet Égyptien, né à Louxor sous le roi Farouk, est des plus délicates.
Nommé à ce poste par l'ancien président Hosni Moubarak, il n'a de cesse de prendre ses distances avec cet héritage devenu encombrant depuis la révolution égyptienne de 2011. Le locataire de la « machyakha » – le siège du grand imam, chapeautant à la fois une université, un secteur scolaire accueillant plus d'un million d'élèves et une académie de recherches aujourd'hui en sommeil – doit également contrer l'entrisme des Frères musulmans et des salafistes, et à l'échelle mondiale, la concurrence de Daech.
Dans cet exercice quotidien, Ahmed Al Tayeb a de réels arguments. Fils d'une grande famille soufie de Louxor – son frère y dirige encore la « tariqa » (confrérie) Al-Khalwatia –, il appartient à une génération de savants musulmans ayant étudié à la fois les sciences islamiques et les sciences humaines en Occident. Spécialiste de philosophie musulmane, il est venu achever son doctorat à la Sorbonne.
Il n'en reste pas moins un savant musulman classique, qui a exercé à la fois comme doyen de la Faculté des sciences islamiques de l'université d'Islamabad au Pakistan, puis aux Émirats arabes unis. Brièvement grand mufti d'Égypte en 2003, il a tenu pendant sept ans le poste délicat de recteur de l'université d'Al-Azhar. C'est sans doute ce parcours très complet qui lui a permis de prendre en 2010 la succession de Mohamed Tantaoui.
Fondée sous la dynastie fatimide (969-1171), Al-Azhar se targue en effet de défendre depuis lors un islam du « juste milieu », à mi-chemin entre « laxistes » et « extrémistes ». « Contre les salafistes obsédés par l'apparence et les aspects rituels, le grand imam ne cesse d'appeler à la réflexion dans l'application des principes de l'islam », fait valoir un de ses proches. « Il ne s'agit pas, pour lui, de supprimer des versets, mais de les interpréter d'une manière nouvelle pour mieux en comprendre le sens, selon les besoins de l'époque. » Symbole de cette volonté d'ouverture, la Déclaration sur « les libertés fondamentales » publiée en février 2012 a connu un fort retentissement en Égypte et dans le monde.
Un prestige au moins symbolique
Bon connaisseur de l'institution, l'historien Dominique Avon relativise cette idée d'un positionnement à mi-chemin. À ses yeux, les responsables d'Al-Azhar – et donc le grand imam, quelles que soient ses options personnelles –, s'ils ont peur des « extrémistes », « labourent le même champ doctrinal qu'eux, avec les mêmes outils » comme le montre leur attachement au principe même des huddûd (peines considérées comme islamiques) ou leur refus d'aborder les textes sacrés à partir de disciplines comme l'histoire ou la linguistique. Quant aux « laxistes », l'institution n'hésite pas à utiliser contre eux l'arme de la marginalisation religieuse, voire de l'anathème. Pour Dominique Avon, Al-Azhar « incarne donc, au début du XXIe siècle, une vision "intégrale" de l'islam ».
Sans doute le fait qu'il reste l'un des rares interlocuteurs dotés d'une certaine audience dans un monde arabo-musulman en crise, contribue-t-il à maintenir le prestige, au moins symbolique, du cheikh Ahmed Al Tayeb. Ces derniers mois, il a été invité à s'exprimer devant le Bundestag à Berlin, puis reçu par le pape François, renouant un dialogue qu'il avait lui-même interrompu en 2011, avant de poursuivre sa visite en France, où il a, là encore, rencontré les plus hautes autorités de l'État.
Lui-même multiplie les initiatives pour tenter de reprendre la main : après avoir créé un Observatoire du monde musulman destiné à montrer qu'il en porte toute la responsabilité, il a également souhaité la mise sur pied d'un « Centre du dialogue », et accepté la présidence d'un récent Conseil des sages musulmans lancé aux Émirats pour « promouvoir la paix dans les sociétés musulmanes ». Autant de messages envoyés au monde et destinés à conserver à Al-Azhar son rôle de « phare du monde sunnite ».
Anne-Bénédicte Hoffner

Ahmed Al Tayeb, grand imam d'une institution fragilisée

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Lire entièrement le verset 129


De même, au cours d'une émission télévisée sur la chaîne nationale, l'imam d'Al-Azhar a déclaré que « ceux qui disent que le mariage doit être polygame ont tout faux ». Selon lui, la polygamie est le résultat « d'une incompréhension du Coran et de la tradition du Prophète ». Il recommande, pour bien comprendre la question, « une lecture entière » du verset 129 de la sourate 4 qui évoque la multiplicité des épouses.
Selon le père Vincent Feroldi, directeur du Service national pour les relations avec les musulmans et actuellement au Maroc avant le voyage du pape François prévu dans ce pays les 30 et 31 mars, « c'est important que le grand imam dise cela quelques jours avant la Journée de la femme (8 mars) et quelques semaines après sa rencontre à Abu Dhabi avec le pape ».
De fait, la déclaration commune que le pape et l'imam d'Al-Azhar ont signée à Abu Dhabi rappelle l'égalité des droits et des devoirs de tous les citoyens et « va bien au-delà du rapport islamo-chrétien pour s'élargir à l'ensemble de la condition humaine », explique encore le père Feroldi.

Des conditions d'équité


1. Ainsi, lors de cette émission télévisée, l'imam d'Al-Azhar a rappelé que la possibilité « de prendre une deuxième, une troisième ou une quatrième épouse » est restreinte « par des conditions d'équité ». Selon le Coran « s'il n'y a pas équité, il est interdit d'avoir de multiples épouses », a-t-il expliqué.
Ses propos ont provoqué une vive polémique sur les réseaux sociaux en Égypte. Au point que l'université sunnite a tenu à préciser sur son site Internet, samedi 2 mars, que le grand imam « n'avait pas du tout évoqué une interdiction de la polygamie ».
Certes, le grand imam n'a pas autorité sur tous les musulmans mais, poursuit le père Feroldi, « il sera intéressant de voir, dans quatre semaines, comment le roi du Maroc se situe sur ces questions-là ».
Claire Lesegretain

SOURATE 4
AN-NISA˓ (LES FEMMES)(1)
176 versets
Post-hég. n°92

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Ô hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse(2), et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement.

2. Et donnez aux orphelins leurs biens; n'y substituez pas le mauvais au bon(3). Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres: c'est vraiment un grand péché.

3. Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,... Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves(4) que vous possédez. Cela, afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille).

4. Et donnez aux épouses leur mahr (5), de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur.

5. Et ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. Mais prélevez-en, pour eux(6), nourriture et vêtement; et parlez-leur convenablement.

6. Et éprouvez (la capacité) des orphelins jusqu'à ce qu'ils atteignent (l'aptitude) au mariage; et si vous ressentez en eux une bonne conduite, remettez-leur leurs biens. Ne les utilisez pas (dans votre intérêt) avec gaspillage et dissipation, avant qu'ils ne grandissent. Quiconque(7) est aisé, qu'il s'abstienne d'en prendre lui-même. S'il est pauvre, alors qu'il en utilise raisonnablement: et lorsque vous leur remettez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre. Mais Allah suffit pour observer et compter.

7. Aux hommes revient une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches; et aux femmes une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches, que ce soit peu ou beaucoup: une part fixée.

8. Et lorsque les proches parents, les orphelins, les nécessiteux assistent au partage, offrez-leur quelque chose de l'héritage, et parlez-leur convenablement.

9. Que la crainte saisisse ceux qui laisseraient après eux une descendance faible(8), et qui seraient inquiets à leur sujet; qu'ils redoutent donc Allah et qu'ils prononcent des paroles justes.

10. Ceux qui mangent [disposent] injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l'Enfer.

11. Voici ce qu'Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S'il n'y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s'il n'y en a qu'une, à elle alors la moitié. Quant aux père et mère du défunt, à chacun d'eux le sixième de ce qu'il laisse, s'il a un enfant. S'il n'a pas d'enfant et que ses père et mère héritent de lui, à sa mère alors le tiers. Mais s'il a des frères, à la mère alors le sixième, après exécution du testament qu'il aurait fait ou paiement d'une dette. De vos ascendants ou descendants, vous ne savez pas qui est plus près de vous en utilité. Ceci est un ordre obligatoire de la part d'Allah, car Allah est, certes, Omniscient et Sage(9).

12. Et à vous la moitié de ce que laissent vos épouses, si elles n'ont pas d'enfants. Si elles ont un enfant, alors à vous le quart de ce qu'elles laissent, après exécution du testament qu'elles auraient fait ou paiement d'une dette. Et à elles un quart de ce que vous laissez, si vous n'avez pas d'enfant. Mais si vous avez un enfant, à elles alors le huitième de ce que vous laissez après exécution du testament que vous auriez fait ou paiement d'une dette. Et si un homme, ou une femme meurt sans héritier direct, cependant qu'il laisse un frère ou une sœur(10), à chacun de ceux-ci alors, un sixième. S'ils sont plus de deux, tous alors participeront au tiers, après exécution du testament ou paiement d'une dette, sans préjudice à quiconque. (Telle est l') Injonction d'Allah! Et Allah est Omniscient et Indulgent.

13. Tels sont les ordres d'Allah. Et quiconque obéit à Allah et à Son messager, Il le fera entrer dans les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Et voilà la grande réussite.

14. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, et transgresse Ses ordres, Il le fera entrer au Feu pour y demeurer éternellement. Et celui-là aura un châtiment avilissant.

15. Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète un autre ordre à leur égard(11).

16. Les deux d'entre vous qui l'ont commise [la fornication], sévissez contre eux. S'ils se repentent ensuite et se réforment, alors laissez-les en paix. Allah demeure Accueillant au repentir et Miséricordieux(12).

17. Allah accueille seulement le repentir de ceux qui font le mal par ignorance et qui aussitôt(13) se repentent. Voilà ceux de qui Allah accueille le repentir. Et Allah est Omniscient et Sage.

18. Mais l'absolution n'est point destinée à ceux qui font de mauvaises actions jusqu'au moment où la mort se présente à l'un d'eux, et qui s'écrie: «Certes, je me repens maintenant» - non plus pour ceux qui meurent mécréants. Et c'est pour eux que Nous avons préparé un châtiment douloureux.

19. Ô les croyants! Il ne vous est pas licite d'hériter des femmes contre leur gré. Ne les empêchez pas de se remarier dans le but de leur ravir une partie de ce que vous aviez donné, à moins qu'elles ne viennent à commettre un péché prouvé. Et comportez-vous convenablement envers elles. Si vous avez de l'aversion envers elles durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose où Allah a déposé un grand bien(14).

20. Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l'une un qintâr(15), n'en reprenez rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?

21. Comment oseriez-vous le reprendre, après que l'union la plus intime vous ait associés l'un à l'autre et qu'elles aient obtenu de vous un engagement solennel?

22. Et n'épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, exception faite pour le passé. C'est une turpitude, une abomination(16), et quelle mauvaise conduite!

23. Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles, filles d'un frère et filles d'une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part; les femmes de vos fils nés de vos reins; de même que deux sœurs réunies(17) - exception faite pour le passé. Car vraiment Allah est Pardonneur et Miséricordieux;

24. et, parmi les femmes, les dames (qui ont un mari), sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété(18). Prescription d'Allah sur vous! A part cela, il vous est permis de les rechercher, en vous servant de vos biens et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d'elles, donnez-leur leur mahr comme une chose due. Il n'y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr Car Allah est, certes, Omniscient et Sage.

25. Et quiconque parmi vous n'a pas les moyens pour épouser des femmes libres (non esclaves) croyantes, eh bien (il peut épouser) une femme parmi celles de vos esclaves croyantes. Allah connaît mieux votre foi, car vous êtes les uns des autres (de la même religion). Et épousez-les avec l'autorisation de leurs maîtres (Waliy) et donnez-leur un mahr convenable; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins. Si, une fois engagées dans le mariage, elles commettent l'adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres (non esclaves) mariées. Ceci est autorisé à celui d'entre vous qui craint la débauche; mais ce serait mieux pour vous d'être endurant. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux(19).

26. Allah veut vous éclairer, vous montrer les voies des hommes d'avant vous, et aussi accueillir votre repentir. Et Allah est Omniscient et Sage.

27. Et Allah veut accueillir votre repentir. Mais ceux qui suivent les passions veulent que vous vous incliniez grandement (vers l'erreur comme ils le font).

28. Allah veut vous alléger (les obligations,) car l'homme a été créé faible.

29. Ô les croyants! Que les uns d'entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu'il y ait du négoce (légal), entre vous, par consentement mutuel. Et ne vous tuez pas vous-mêmes(20). Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous.

30. Et quiconque commet cela, par excès et par iniquité, Nous le jetterons au Feu, voilà qui est facile pour Allah.

31. Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer dans un endroit honorable (le Paradis).

32. Ne convoitez pas ce qu'Allah a attribué aux uns d'entre vous plus qu'aux autres; aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise. Demandez à Allah de Sa grâce. Car Allah, certes, est Omniscient.

33. A tous Nous avons désigné des héritiers pour ce que leur laissent leurs père et mère, leurs proches parents, et ceux envers qui, de vos propres mains, vous vous êtes engagés, donnez leur donc leur part, car Allah, en vérité, est témoin de tout(21).

34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand(22)!

35. Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur.

36. Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n'aime pas, en vérité, le présomptueux, l'arrogant(23),

37. Ceux qui sont avares et ordonnent l'avarice aux autres, et cachent ce qu'Allah leur a donné de par Sa grâce. Nous avons préparé un châtiment avilissant pour les mécréants.

38. Et ceux qui dépensent leurs biens avec ostentation devant les gens, et ne croient ni en Allah ni au Jour dernier. Quiconque a le Diable pour camarade inséparable, quel mauvais camarade!

39. Qu'auraient-ils à se reprocher s'ils avaient cru en Allah et au Jour dernier et dépensé (dans l'obéissance) de ce qu'Allah leur a attribué? Allah, d'eux, est Omniscient.

40. Certes, Allah ne lèse (personne), fût-ce du poids d'un atome. S'il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense de Sa part.

41. Comment seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin, et que Nous te (Muḥammad) ferons venir comme témoin contre ces gens-ci?

42. Ce jour-là, ceux qui n'ont pas cru et ont désobéi au Messager, préfèreraient que la terre fût nivelée sur eux et ils ne sauront cacher à Allah aucune parole.

43. Ô les croyants! N'approchez pas de la Ṣalāt alors que vous êtes ivres jusqu'à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d'impureté- à moins que vous ne soyez en voyage - jusqu'à ce que vous ayez pris un bain rituel. Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché à des femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure, et passez-vous-en sur vos visages et sur vos mains. Allah, en vérité, est Indulgent et Pardonneur(24).

44. N'as-tu (Muḥammad) pas vu ceux qui ont reçu une partie du Livre acheter l'égarement et chercher à ce que vous vous égariez du [droit] chemin?

45. Allah connaît mieux vos ennemis. Et Allah suffit comme protecteur. Et Allah suffit comme secoureur.

46. Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens, et disent: «Nous avions entendu, mais nous avons désobéi», «Ecoute sans qu'il te soit donné d'entendre», et favorise nous «Ra˒inâ», tordant la langue et attaquant la religion. Si au contraire ils disaient: «Nous avons entendu et nous avons obéi», «Ecoute», et «Regarde-nous», ce serait meilleur pour eux, et plus droit. Mais Allah les a maudits à cause de leur mécréance; leur foi est donc bien médiocre(25).

47. Ô vous à qui on a donné le Livre, croyez à ce que Nous avons fait descendre, en confirmation de ce que vous aviez déjà, avant que Nous effacions des visages et les retournions sens devant derrière, ou que Nous les maudissions comme Nous avons maudit les gens du Sabbat(26). Car le commandement d'Allah est toujours exécuté.

48. Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché.

49. N'as-tu pas vu ceux-là qui se déclarent purs(27)? Mais c'est Allah qui purifie qui Il veut; et ils ne seront point lésés, fût-ce d'un brin de noyau de datte(28).

50. Regarde comme ils inventent le mensonge à l'encontre d'Allah. Et çà, c'est assez comme péché manifeste!

51. N'as-tu pas vu ceux-là, à qui une partie du Livre a été donnée, avoir foi à la magie (gibt) et au ṭāğhoūt, et dire en faveur de ceux qui ne croient pas: «Ceux-là sont mieux guidés (sur le chemin) que ceux qui ont cru»(29)?

52. Voilà ceux qu'Allah a maudits; et quiconque Allah maudit, jamais tu ne trouveras pour lui de secoureur.

53. Possèdent-ils une partie du pouvoir? Ils ne donneraient donc rien aux gens, fût-ce le creux d'un noyau de datte(30).

54. Envient-ils aux gens(31) ce qu'Allah leur a donné de par Sa grâce? Or, Nous avons donné à la famille d'Abraham le Livre et la Sagesse; et Nous leur avons donné un immense royaume.

55. Certains d'entre eux ont cru en lui, d'autres d'entre eux s'en sont écartés. L'Enfer leur suffira comme flamme (pour y brûler).

56. Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientôt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d'autres peaux en échange afin qu'ils goûtent au châtiment. Allah est certes, Puissant et Sage!

57. Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, bientôt Nous les ferons entrer aux Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux. Ils y demeureront éternellement. Il y aura là pour eux des épouses purifiées. Et Nous les ferons entrer sous un ombrage épais.

58. Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts(32) à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout.

59. Ô les croyants! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement(33). Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement).

60. N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu'on a fait descendre vers toi [prophète] et à ce qu'on a fait descendre avant toi? Ils veulent prendre pour juge le Ṭāğūt, alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l'égarement.

61. Et lorsqu'on leur dit: «Venez vers ce qu'Allah a fait descendre et vers le Messager», tu vois les hypocrites s'écarter loin de toi.

62. Comment (agiront-ils) quand un malheur les atteindra, à cause de ce qu'ils ont préparé de leurs propres mains? Puis ils viendront alors près de toi, jurant par Allah: «Nous n'avons voulu que le bien et la réconciliation».

63. Voilà ceux dont Allah sait ce qu'ils ont dans leurs cœurs. Ne leur tiens donc pas rigueur, exhorte-les, et dis-leur sur eux-mêmes des paroles convaincantes.

64. Nous n'avons envoyé de Messager que pour qu'il soit obéi par la permission d'Allah. Si, lorsqu'ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi en implorant le pardon d'Allah et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, Miséricordieux.

65. Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu'ils se soumettent complètement [à ta sentence].

66. Si Nous leur avions prescrit ceci: «Tuez-vous vous-mêmes», ou «Sortez de vos demeures», ils ne l'auraient pas fait, sauf un petit nombre d'entre eux. S'ils avaient fait ce à quoi on les exhortait, cela aurait été certainement meilleur pour eux, et (leur foi) aurait été plus affermie.

67. Alors Nous leur aurions donné certainement, de Notre part, une grande récompense,

68. et Nous les aurions guidé certes vers un droit chemin.

69. Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits: les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là!

70. Cette grâce vient d'Allah. Et Allah suffit comme Parfait Connaisseur.

71. Ô les croyants! Prenez vos précautions et partez en expédition par détachements ou en masse.

72. Parmi vous, il y aura certes, quelqu'un qui tardera [à aller au combat] et qui, si un malheur vous atteint, dira: «Certes, Allah m'a fait une faveur en ce que je ne me suis pas trouvé en leur compagnie;»

73. et si c'est une grâce qui vous atteint de la part d'Allah, il se mettra, certes, à dire, comme s'il n'y avait aucune affection entre vous et lui: «Quel dommage! Si j'avais été avec eux, j'aurais alors acquis un gain énorme»(34).

74. Qu'ils combattent donc dans le sentier d'Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie future. Et quiconque combat dans le sentier d'Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense.

75. Et qu'avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d'Allah, et pour la cause des faibles: hommes, femmes et enfants qui disent: «Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur».

76. Les croyants combattent dans le sentier d'Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Ṭāğūt(35). Eh bien, combattez les alliés du Diable, car la ruse du Diable est, certes, faible.

77. N'as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit: «Abstenez-vous de combattre, accomplissez la Ṣalāt et acquittez la Zakāt!» Puis lorsque le combat leur fut prescrit, voilà qu'une partie d'entre eux se mit à craindre les gens comme on craint Allah, ou même d'une crainte plus forte encore, et à dire: «Ô notre Seigneur! Pourquoi nous as-Tu prescrit le combat? Pourquoi n'as-Tu pas reporté cela à un peu plus tard?» Dis: «La jouissance d'ici-bas est éphémère, mais la vie future est meilleure pour quiconque est pieux. Et on ne vous lésera pas, fût-ce d'un brin de noyau de datte.

78. Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. Qu'un bien les atteigne, ils disent: «C'est de la part d'Allah.» Qu'un mal les atteigne, ils disent: «C'est dû à toi (Muḥammad).» Dis: «Tout est d'Allah.» Mais qu'ont-ils ces gens, à ne comprendre presque aucune parole?

79. Tout bien qui t'atteint vient d'Allah, et tout mal qui t'atteint vient de toi-même(36). Et nous t'avons envoyé aux gens comme Messager. Et Allah suffit comme témoin.

80. Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah. Et quiconque tourne le dos... Nous ne t'avons pas envoyé à eux comme gardien.

81. Ils disent: «Obéissance!» Puis, sitôt sortis de chez toi, une partie d'entre eux délibère(37) au cours de la nuit de tout autre chose que ce qu'elle t'a dit. [Cependant] Allah enregistre ce qu'ils font la nuit. Pardonne-leur donc et place ta confiance en Allah. Et Allah suffit comme Protecteur.

82. Ne méditent-ils donc pas sur le Coran? S'il provenait d'un autre qu'Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions!

83. Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S'ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d'entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris (la vérité de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement). Et n'eussent été la grâce d'Allah sur vous et Sa miséricorde, vous auriez suivi le Diable, à part quelques-uns.

84. Combats donc dans le sentier d'Allah, tu n'es responsable que de toi même, et incite les croyants (au combat) Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition.

85. Quiconque intercède d'une bonne intercession, en aura une part; et quiconque intercède d'une mauvaise intercession en portera une part de responsabilité. Et Allah est Puissant sur toute chose.

86. Si on vous fait une salutation, saluez d'une façon meilleure; ou bien rendez-la (simplement)(38). Certes, Allah tient compte de tout.

87. Allah! Pas de divinité à part Lui! Très certainement Il vous rassemblera au Jour de la Résurrection, point de doute là-dessus. Et qui est plus véridique qu'Allah en parole?

88. Qu'avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites(39)? Alors qu'Allah les a refoulés (dans leur infidélité) pour ce qu'ils ont acquis. Voulez-vous guider ceux qu'Allah égare? Et quiconque Allah égare, tu ne lui trouveras pas de chemin (pour le ramener).

89. Ils aimeraient vous voir mécréants comme ils ont mécru: alors vous seriez tous égaux! Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur,

90. excepté ceux qui se joignent à un groupe avec lequel vous avez conclu une alliance, ou ceux qui viennent chez vous, le cœur serré d'avoir à vous combattre ou à combattre leur propre tribu. Si Allah avait voulu, Il leur aurait donné l'audace (et la force) contre vous, et ils vous auraient certainement combattu. (Par conséquent,) s'ils restent neutres à votre égard et ne vous combattent point, et qu'ils vous offrent la paix, alors, Allah ne vous donne pas de chemin contre eux(40).

91. Vous en trouverez d'autres qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu. Toutes les fois qu'on les pousse(41) vers l'Association, (l'idolâtrie) ils y retombent en masse. (Par conséquent,) s'ils ne restent pas neutres à votre égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains (de vous combattre), alors, saisissez-les et tuez les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, Nous vous avons donné une autorité manifeste.

92. Il n'appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n'est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu'il affranchisse alors un esclave croyant et remette à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci n'y renonce par charité. Mais si [le tué] appartenait à un peuple ennemi à vous et qu'il soit croyant, qu'on affranchisse alors un esclave croyant. S'il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu'on verse alors à sa famille le prix du sang et qu'on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n'en trouve pas les moyens, qu'il jeûne deux mois d'affilée pour être pardonné par Allah. Allah est Omniscient et Sage.

93. Quiconque tue intentionnellement un croyant, Sa rétribution alors sera l'Enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l'a frappé de Sa colère, l'a maudit et lui a préparé un énorme châtiment.

94. Ô les croyants! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d'Allah, voyez bien clair (ne vous hâtez pas) et ne dites pas à quiconque vous adresse le salut (de l'Islam): «Tu n'es pas croyant», convoitant les biens de la vie d'ici-bas. Or c'est auprès d'Allah qu'il y a beaucoup de butin. C'est ainsi que vous étiez auparavant; puis Allah vous a accordé Sa grâce. Voyez donc bien clair. Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites(42).

95. Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux - sauf ceux qui ont quelque infirmité - et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d'Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense;

96. des grades de supériorité de Sa part ainsi qu'un pardon et une miséricorde. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

97. Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant: «Où en étiez-vous?» (à propos de votre religion) - «Nous étions impuissants sur terre», dirent-ils. Alors les Anges diront: «La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour vous permettre d'émigrer?» Voilà bien ceux dont le refuge est l'Enfer. Et quelle mauvaise destination!

98. A l'exception des impuissants: hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie:

99. A ceux-là, il se peut qu'Allah donne le pardon. Allah est Clément et Pardonneur.

100. Et quiconque émigre dans le sentier d'Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance. Et quiconque sort de sa maison, émigrant vers Allah et Son messager, et que la mort atteint, sa récompense incombe à Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

101. Et quand vous parcourez la terre, ce n'est pas un péché pour vous de raccourcir(43) la Ṣalāt, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l'épreuve, car les mécréants demeurent pour vous un ennemi déclaré.

102. Et lorsque tu (Muḥammad) te trouves parmi eux, et que tu les diriges dans la Ṣalāt, qu'un groupe d'entre eux se mette debout en ta compagnie, en gardant leurs armes. Puis lorsqu'ils ont terminé la prosternation, qu'ils passent derrière vous et que vienne l'autre groupe, ceux qui n'ont pas encore célébré la Ṣalāt. A ceux-ci alors d'accomplir la Ṣalāt avec toi, prenant leurs précautions et leurs armes. Les mécréants aimeraient vous voir négliger vos armes et vos bagages, afin de tomber sur vous en une seule masse. Vous ne commettez aucun péché si, incommodés par la pluie ou malades, vous déposez vos armes; cependant prenez garde. Certes, Allah a préparé pour les mécréants un châtiment avilissant.

103. Quand vous avez accompli la Ṣalāt, invoquez le nom d'Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la Ṣalāt (normalement), car la Ṣalāt demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.

104. Ne faiblissez pas dans la poursuite du peuple [ennemi]. Si vous souffrez, lui aussi souffre comme vous souffrez, tandis que vous espérez d'Allah ce qu'il n'espère pas. Allah est Omniscient et Sage.

105. Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens, selon ce qu'Allah t'a appris. Et ne te fais pas l'avocat des traîtres.

106. Et implore d'Allah le pardon car Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux.

107. Et ne dispute pas en faveur de ceux qui se trahissent eux-mêmes. Allah, vraiment, n'aime pas le traître et le pécheur.

108. Ils cherchent à se cacher des gens, mais ils ne cherchent pas à se cacher d'Allah. Or, Il est avec eux quand ils tiennent la nuit des paroles qu'Il (Allah) n'agrée pas. Et Allah ne cesse de cerner (par Sa science) ce qu'ils font.

109. Voilà les gens en faveur desquels vous disputez dans la vie présente. Mais qui va disputer pour eux devant Allah au Jour de la Résurrection? Ou bien qui sera leur protecteur?

110. Quiconque agit mal ou fait du tort à lui-même, puis aussitôt implore d'Allah le pardon, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux.

111. Quiconque acquiert un péché, ne l'acquiert que contre lui-même. Et Allah est Omniscient et Sage.

112. Et quiconque acquiert une faute ou un péché puis en accuse un innocent, se rend coupable alors d'une injustice et d'un péché manifeste.

113. Et n'eût été la grâce d'Allah sur toi (Muḥammad) et Sa miséricorde, une partie d'entre eux t'aurait bien volontiers égaré. Mais ils n'égarent qu'eux-mêmes, et ne peuvent en rien te nuire. Allah a fait descendre sur toi le Livre et la Sagesse, et t'a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d'Allah sur toi est immense.

114. Il n'y a rien de bon dans la plus grande partie de leurs conversations secrètes, sauf si l'un d'eux ordonne une charité, une bonne action, ou une conciliation entre les gens. Et quiconque le fait, cherchant l'agrément d'Allah, à celui-là Nous donnerons bientôt une récompense énorme.

115. Et quiconque fait scission d'avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous lui collerons ce qu'il s'est collé, et le brûlerons dans l'Enfer. Et quelle mauvaise destination!

116. Certes, Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s'égare, très loin dans l'égarement.

117. Ce ne sont que des femelles(44) qu'ils invoquent, en dehors de Lui. Et ce n'est qu'un diable rebelle qu'ils invoquent.

118. Allah l'a (le Diable) maudit et celui-ci a dit: «Certainement, je saisirai parmi Tes serviteurs, une partie déterminée.

119. Certes, je ne manquerai pas de les égarer, je leur donnerai de faux espoirs, je leur commanderai, et ils fendront les oreilles(45) aux bestiaux; je leur commanderai, et ils altèreront la création d'Allah. Et quiconque prend le Diable pour allié au lieu d'Allah, sera, certes, voué à une perte évidente.

120. Il leur fait des promesses et leur donne de faux espoirs. Et le Diable ne leur fait que des promesses trompeuses.

121. Voilà ceux dont le refuge est l'Enfer. Et ils ne trouveront aucun moyen d'y échapper!

122. Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Nous les ferons entrer bientôt aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Promesse d'Allah en vérité. Et qui est plus véridique qu'Allah en parole?

123. Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre(46). Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela, et ne trouvera en sa faveur, hors d'Allah, ni allié ni secoureur.

124. Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes œuvres, tout en étant croyant... les voilà ceux qui entreront au Paradis; et on ne leur fera aucune injustice, fût-ce d'un creux de noyau de datte(47).

125. Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d'Abraham, homme de droiture? Et Allah avait pris Abraham pour ami privilégié.

126. C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance).

127. Et ils te consultent à propos de ce qui a été décrété au sujet des femmes. Dis: «Allah vous donne Son décret là-dessus, en plus de ce qui vous est récité dans le Livre, au sujet des orphelines auxquelles vous ne donnez pas ce qui leur a été prescrit(48), et que vous désirez épouser, et au sujet des mineurs encore d'âge faible». Vous devez agir avec équité envers les orphelins. Et de tout ce que vous faites de bien, Allah en est, certes, Omniscient.

128. Et si une femme craint de son mari abandon ou indifférence, alors ce n'est pas un péché pour les deux s'ils se réconcilient par un compromis quelconque, et la réconciliation est meilleure, puisque les âmes sont portées à la ladrerie. Mais si vous agissez en bien et vous êtes pieux... Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

129. Vous ne pourrez jamais être équitables entre vos femmes, même si vous en êtes soucieux. Ne vous penchez pas tout à fait vers l'une d'elles, au point de laisser l'autre comme en suspens. Mais si vous vous réconciliez et vous êtes pieux... donc Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

130. Si les deux se séparent, Allah de par Sa largesse, accordera à chacun d'eux un autre destin. Et Allah est plein de largesses et parfaitement Sage.

131. A Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. «Craignez Allah!» Voilà ce que Nous avons enjoint à ceux auxquels avant vous le Livre fut donné, tout comme à vous-mêmes. Et si vous ne croyez pas (cela ne nuit pas à Allah, car) très certainement à Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah se suffit à Lui-même et Il est digne de louange.

132. A Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah suffit pour s'occuper de tout.

133. S'Il voulait, il vous ferait disparaître, ô gens, et en ferait venir d'autres. Car Allah en est très capable.

134. Quiconque désire la récompense d'ici-bas, c'est auprès d'Allah qu'est la récompense d'ici-bas tout comme celle de l'au-delà. Et Allah entend et observe tout.

135. Ô les croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

136. Ô les croyants! Soyez fermes en votre foi en Allah, en Son messager, au Livre qu'Il a fait descendre sur Son messager, et au Livre qu'Il a fait descendre avant. Quiconque ne croit pas en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, s'égare, loin dans l'égarement.

137. Ceux qui ont cru, puis sont devenus mécréants, puis ont cru de nouveau, ensuite sont redevenus mécréants, et n'ont fait que croître en mécréance, Allah ne leur pardonnera pas, ni les guidera vers un chemin (droit).

138. Annonce aux hypocrites qu'il y a pour eux un châtiment douloureux,

139. ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux? (En vérité) la puissance appartient entièrement à Allah.

140. Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci: lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l'Enfer.

141. Ceux qui restent dans l'expectative à votre égard; si une victoire vous vient de la part d'Allah, ils disent: «N'étions-nous pas avec vous?» et s'il en revient un avantage aux mécréants, ils leur disent: «Est-ce que nous n'avons pas mis la main sur vous pour vous soustraire aux croyants?» Eh bien, Allah jugera entre vous au Jour de la Résurrection. Et jamais Allah ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants.

142. Les hypocrites cherchent à tromper Allah,Et c'est Lui qui les trompe. Et lorsqu'ils se lèvent pour la Ṣalāt, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens. A peine invoquent-ils Allah.

143. Ils sont indécis (entre les croyants et les mécréants,) n'appartenant ni aux uns ni aux autres. Or, quiconque Allah égare, jamais tu ne trouveras de chemin pour lui.

144. Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous?

145. Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur,

146. sauf ceux qui se repentent, s'amendent, s'attachent fermement à Allah, et Lui vouent une foi exclusive. Ceux-là seront avec les croyants. Et Allah donnera aux croyants une énorme récompense.

147. Pourquoi Allah vous infligerait-Il un châtiment si vous êtes reconnaissants et croyants? Allah est Reconnaissant et Omniscient.

148. Allah n'aime pas qu'on profère de mauvaises paroles sauf quand on a été injustement provoqué. Et Allah est Audient et Omniscient.

149. Que vous fassiez du bien, ouvertement ou en cachette, ou bien que vous pardonniez un mal... Alors Allah est Pardonneur et Omnipotent.

150. Ceux qui ne croient pas en Allah et en Ses messagers, et qui veulent faire distinction entre Allah et Ses messagers et qui disent: «Nous croyons en certains d'entre eux mais ne croyons pas en d'autres», et qui veulent prendre un chemin intermédiaire (entre la foi et la mécréance),

151. les voilà les vrais mécréants! Et Nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant.

152. Et ceux qui croient en Allah et en Ses messagers et qui ne font point de différence entre ces derniers, voilà ceux à qui Il donnera leurs récompenses. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

153. Les gens du Livre te demandent de leur faire descendre du ciel un Livre. Ils ont déjà demandé à Moïse quelque chose de bien plus grave quand ils dirent: «Fais-nous voir Allah à découvert!» Alors la foudre les frappa pour leur tort. Puis ils adoptèrent le Veau (comme idole) même après que les preuves leur furent venues. Nous leur pardonnâmes cela et donnâmes à Moïse une autorité déclarée.

154. Et pour (obtenir) leur engagement, Nous avons brandi au-dessus d'eux le Mont Tor(49), Nous leur avons dit: «Entrez par la porte en vous prosternant»; Nous leur avons dit: «Ne transgressez pas le Sabbat»; et Nous avons pris d'eux un engagement ferme.

155. (Nous les avons maudits) à cause de leur rupture de l'engagement, leur mécréance aux révélations d'Allah, leur meurtre injustifié des prophètes, et leur parole: «Nos cœurs sont (enveloppés) et imperméables». En réalité, c'est Allah qui a scellé leurs cœurs à cause de leur mécréance, car ils ne croyaient que très peu(50).

156. Et à cause de leur mécréance et de l'énorme calomnie qu'ils prononcent contre Marie,

157. et à cause de leur parole: «Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d'Allah»... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude: ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué(51),

158. mais Allah l'a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage.

159. Il n'y aura personne, parmi les gens du Livre, qui n'aura pas foi en lui avant sa mort(52). Et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux.

160. C'est à cause des iniquités des Juifs que Nous leur avons rendu illicites les bonnes nourritures qui leur étaient licites, et aussi à cause de ce qu'ils obstruent le sentier d'Allah, (à eux-mêmes et) à beaucoup de monde,

161. et à cause de ce qu'ils prennent des intérêts usuraires(53) - qui leur étaient pourtant interdits - et parce qu'ils mangent illégalement les biens des gens. A ceux d'entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un châtiment douloureux.

162. Mais ceux d'entre eux qui sont enracinés dans la connaissance, ainsi que les croyants(54), (tous) ont foi à ce qu'on a fait descendre sur toi et à ce qu'on a fait descendre avant toi. Et quant à ceux qui accomplissent la Ṣalāt, paient la Zakāt et croient en Allah et au Jour dernier, ceux-là Nous leur donnerons une énorme récompense.

163. Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron et à Salomon, et Nous avons donné le Zabour à David.

164. Et il y a des messagers dont Nous t'avons raconté l'histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t'avons point raconté l'histoire - et Allaha effectivement parlé à Moïse -

165. en tant que messagers, annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers il n'y eût pour les gens point d'argument devant Allah. Allah est Puissant et Sage.

166. Mais Allah témoigne de ce qu'Il a fait descendre vers toi, Il l'a fait descendre en toute connaissance. Et les Anges en témoignent. Et Allah suffit comme témoin.

167. Ceux qui ne croient pas et qui obstruent le sentier d'Allah, s'égarent certes loin dans l'égarement.

168. Ceux qui ne croient pas et qui pratiquent l'injustice, Allah n'est nullement disposé à leur pardonner, ni à les guider dans un chemin

169. (autre) que le chemin de l'Enfer où ils demeureront éternellement. Et cela est facile à Allah.

170. Ô gens! Le Messager vous a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Ayez la foi, donc, cela vous sera meilleur. Et si vous ne croyez pas (qu'importe!), c'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah est Omniscient et Sage.

171. Ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites d'Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager d'Allah, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas «Trois». Cessez! Ce sera meilleur pour vous. Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur(55).

172. Jamais le Messie ne trouve indigne d'être un serviteur d'Allah, ni les Anges rapprochés [de Lui]. Et ceux qui trouvent indigne de L'adorer et s'enflent d'orgueil... Il les rassemblera tous vers Lui.

173. Quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Il leur accordera leurs pleines récompenses et y ajoutera le surcroît de Sa grâce. Et quant à ceux qui ont eu la morgue et se sont enflés d'orgueil, Il les châtiera d'un châtiment douloureux. Et ils ne trouveront, pour eux, en dehors d'Allah, ni allié ni secoureur,

174. Ô gens! Certes, une preuve évidente vous est venue de la part de votre Seigneur. Et Nous avons fait descendre vers vous une lumière éclatante(56).

175. Alors ceux qui croient en Allah et qui s'attachent à Lui, Il les fera entrer dans une miséricorde venue de Lui, et dans une grâce aussi. Et Il les guidera vers Lui dans un chemin droit.

176. Ils te demandent ce qui a été décrété. Dis: «Au sujet du défunt qui n'a pas de père ni de mère ni d'enfant, Allah vous donne Son décret: si quelqu'un meurt sans enfant, mais a une sœur, à celle-ci revient la moitié de ce qu'il laisse. Et lui, il héritera d'elle en totalité si elle n'a pas d'enfant. Mais s'il a deux sœurs (ou plus), à elles alors les deux tiers de ce qu'il laisse; et s'il a des frères et des sœurs, à un frère alors revient une portion égale à celle de deux sœurs. Allah vous donne des explications pour que vous ne vous égariez pas. Et Allah est Omniscient(57).

________________________________________

(1) Titre tiré du v. 1.
(2) Et de celui-ci son épouse: d'Adam Il a créé Eve.
(3) N'y substituez pas le mauvais (du vôtre), au bon (de leur bien).
(4) Esclaves: littér.: ce que vos mains droites possèdent; terme qui englobent hommes et femmes faits prisonniers de guerre à l'origine et par la suite faisant partie du patrimoine de leur maître.
(5) Mahr: le don que fait le marié à la mariée, et négocié entre les deux parties (voir note 3, v. 236, p. 38).
(6) Prélevez-en pour eux: (pour les incapables): gaspilleurs, mineurs, sots, fous, etc.
(7) Quiconque (de ceux qui sont chargés de l'héritage de jeunes orphelins) est aisé devrait s'abstenir de se payer lui-même de cet héritage qui lui est confié. S'il est pauvre, alors qu'il y puise une quantité convenable, à titre de rémunération de tuteur.

(8) Une descendance faible: des enfants en bas âge. Ce verset constitue une recommandation aux tuteurs des orphelins d'être justes à leur égard et de les traiter comme s'ils étaient leurs propres enfants.
(9) Voir aussi infra v. 176 pour la loi d'héritage (succession).Au fils une part équivalente à celle de deux filles: cette disposition qui nous paraîtrait empreinte de partialité, ne l'est en aucune façon. Elle se justifie par plusieurs raisons: a) La femme est entretenue aux frais de son père, frère, etc. puis de son mari, fils, etc., pour ce qui est du logement, de la nourriture, du vêtement, etc.; b) elle reçoit en outre le «Mahr» sur lequel ni son mari, ni son père ou ses autres parents n'ont aucun droit; c) elle n'a vis-à-vis des hommes aucune obligation financière. Malgré tout, elle hérite de son père, de son mari, de ses enfants et autres parents. A sa mère alors le tiers, et le reste au père.

(10) Cependant qu'il laisse un frère ou une sœur (utérins).

(11) Celles de vos femmes: des femmes musulmanes qu'elles soient mariées ou pas.Allah décrète un autre ordre: cet autre ordre sera révélé plus tard (S. 24, v. 2) et mentionné dans une tradition du Prophète (Ḥadīṯ).
(12) Ce verset est abrogé par (S. 24, v. 2) et par les traditions du Prophète. «Les deux» signifie ici, selon les interprétations, ou bien un homme et une femme ou bien deux hommes.
(13) Aussitôt: jusqu'à voir l'Ange de la mort.
(14) D'hériter des femmes: à l'époque préislamique on héritait les femmes des proches parents.De se remarier... donné: autre interprétation: il s'agit d'interdire à l'homme de nuire à l'épouse indésirée pour l'obliger à lui céder quelque bien ou lui offrir un rachat.Un péché prouvé: c.-à-d.: la fornication; la désobéissance au mari; la trivialité des paroles.

(15) Un qintār: mille pièces d'or, d'où le mot latin: quintal.
(16) Abomination: cette conduite est un affront du fils à l'égard de son père qui engendre la colère d'Allah.
(17) Deux sœurs réunies: sœurs utérines ou par allaitement. Il n'est pas interdit d'épouser la deuxième sœur après le divorce ou le décès de la première.

(18) Des esclaves en toute propriété, même si elles étaient mariées avant leur captivité. Cependant il y aura une période d'attente de trois mois environ pour s'assurer que la femme n'est pas enceinte. Si elle l'est, le mariage n'aura lieu qu'après l'accouchement.
(19) Endurant: il s'agit de supporter votre condition de célibataire jusqu'à ce que vous puissiez épouser une femme.

(20) Ne vous tuez pas vous-mêmes: en commettant des péchés qui entraînent votre perte, dans cette vie et dans l'au-delà.
(21) Ceux envers qui vous vous êtes engagés: cette partie du verset est abrogée par la S. 8, v. 75.

(22) Ce qui doit être protégé: l'honneur de l'épouse et les biens de l'époux.Frappez-les: pas violemment, mais simplement pour les faire obéir.
(23) Le proche voisin: par la parenté, le voisinage ou la religion.Collègue: compagnon de voyage, collègue au travail, ou épouse.

(24) Alors que vous êtes ivres: sur la question de l'alcool, voir aussi S. 2, v. 219 et S. 5, v. 90-91.Touché à des femmes: couché avec elles. Mais il y en a aussi qui disent qu'un simple toucher requiert une ablution.Recourez à une terre pure: c'est le «Tayammum» comme indiqué dans ce verset, le tayammum remplace l'ablution avant la Ṣalāt (Wuḍū˓), et le grand bain (Ğusl), dans les endroits où l'eau est introuvable. Le tayammum se pratique comme suit: on pose les mains sur de la terre propre, puis on se les passe sur le visage et on se frotte les mains.

(25) Ra˒ina, favorise-nous: voir aussi la note 2, p. 16.Leur foi est donc bien médiocre: autre interprétation: à l'exception d'un petit nombre d'entre eux.
(26) Comme Nous avons maudit les gens du Sabbat: c'est la traduction littérale; mais il faut entendre les gens qui ont transgressé le Sabbat (voir S. 2, v. 65).
(27) Se déclarent purs: les Juifs prétendaient être les enfants d'Allah et Ses préférés. Voir S. 5, v. 18.
(28) Brin de noyau de datte (en arabe: Fatil ): la pellicule recouvrant juste le creux du noyau de la datte, c.-à-d.: la plus petite quantité.
(29) Gibt: la magie, les idoles, l'association ou le diable.Tāğūt: voir S. 2, v. 257.Ceux qui ne croient pas: ici les païens parmi les Mecquois.

(30) Creux d'un noyau de datte (Naquir): une quantité insignifiante.
(31) Aux gens...: au Prophète et à ses compagnons.
(32) Dépôts: au sens large: tout ce qui est dû à autrui.
(33) Qui détiennent le commandement: les Ulémas et les Chefs. L'obéissance est due à ces derniers uniquement lorsqu'ils ordonnent le bien, et ce conformément au principe: «Point d'obéissance à qui ordonne de désobéir au Créateur». Abu Dawūd rapporte que l'Envoyé d'Allah (p.b.A.s.l.) a dit: «Le musulman se doit d'écouter et d'obéir dans ce qu'il aime et dans ce qu'il déteste tant qu'il ne lui a pas été ordonné de désobéir à Allah. S'il en est ainsi, point d'écoute ni d'obéissance».

(34) Affection: comme s'il n'était pas de votre religion.Un gain énorme: il s'agit du butin.

(35) Tāğūt: voir S. 2, v. 257.
(36) Tout bien qui t'atteint... tout mal qui t'atteint...: le verset s'adresse à tout le monde.

(37) Délibère.. etc.: ils parlent entre eux de la désobéissance au Prophète (صلى الله عليه وسلم).
(38) Avant l'islam, les arabes se saluaient de différentes manières en usant de formules diverses. L'Islam recommande la formule de salutation: «Assalāmu ˒alaykum». (Que la paix soit sur vous) et ce, que l'on s'adresse à une seule personne ou à plusieurs. En guise de réponse on dit: «Wa˒alaykumus-salām wa raḥmatul-lāhi wa barakātuhu». (Que la paix soit sur vous ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions).

(39) Deux factions: les opinions étaient divisées quant à la façon de traiter avec eux; certains voulant adopter une attitude très ferme, et d'autres voulant les ramener vers l'Islam.
(40) Chemin contre eux: permission pour les attaquer.
(41) On les pousse: «on», ce sont leurs mauvais compagnons.

(42) Convoitant les biens de la vie d'ici-bas: dans le but de s'emparer du butin de l'infidèle.Vous étiez (mécréants).Auparavant: Allah vous a accordé Sa grâce (en vous faisant embrasser l'Islam après avoir été mécréants).

(43) De raccourcir: de faire les Ṣalāts comprenant quatre Rak˒a en deux seulement.

(44) Femelles: les païens donnaient à leurs idoles des noms féminins: Late, Uzza, Manate, etc.
(45) Ils fendront les oreilles: pratique superstitieuse des païens de l'Arabie pré-islamique (voir aussi S. 5, v. 103).

(46) Les gens du Livre: Juifs et Chrétiens.
(47) D'un creux de noyau de datte: dans la plus petite mesure.
(48) Ce qui leur a été prescrit: ce qui leur est dû (le tuteur les empêchait d'épouser un autre ou les épousait lui-même en vue de s'emparer de leurs biens).

(49) Nous avons brandi le Mont Tor: (le Sinaî) voir S. 2, v. 63.

(50) Car...: autre interprétation: ils ne croyaient pas, à l'exception d'un petit nombre d'entre eux.
(51) Ils ne l'ont certes pas tué: autre sens: ils ne sont pas certains de l'avoir tué.
(52) Avant sa mort: il existe deux interprétations. La première affirmant qu'il s'agit de la mort de Jésus et la seconde estimant qu'il s'agit de la mort d'un partisan des gens du Livre.
(53) Intérêts: voir S. 2, v. 275.
(54) Les croyants: ce sont les Musulmans.

(55) Sa parole: «Sois».Trois: la trinité.
(56) Une preuve évidente... une lumière...: le Coran.

(57) Ils te demandent ce qui a été décrété...: il s'agit ici d'une législation complémentaire qui fait suite non pas au v. 12, mais au v. 127. Le premier fut révélé tout de suite après la bataille d'Uhod - pour répondre à un cas où l'ancienne loi coutumière avait de fâcheuses conséquences - le second, plus tard. Selon l'ancienne coutume, non seulement les femmes, mais même les fils mineurs n'héritaient rien du défunt: seuls les fils en âge de combattre y avaient droit. Dans le cas précis, une veuve avec de nombreux enfants dût perdre du jour au lendemain toute une grosse fortune en faveur de parents éloignés, et devint indigente. Le Coran répara cette injustice.


http://www.islam-fr.com/coran/francais/sourate-4-an-nisa-les-femmes.html

 


« Aucun sujet ne doit être tabou pour la lutter contre l'ignorance et l'intolérance. Les textes sacrés sont souvent difficiles et simples à lire et c'est pourquoi l'exégèse interne du texte augmenté par une certaine rigueur nous conduit à la bonne interprétation. C'est pourquoi d'ailleurs il est souvent demandé aux érudits de débattre des sujets pour trouver une bonne traduction ou interprétation- ce texte est à lire avec une foi éclairée mais pas celle du charbonnier.» P B CISSOKO


« l'imam d'Al-Azhar a rappelé que la possibilité « de prendre une deuxième, une troisième ou une quatrième épouse » est restreinte « par des conditions d'équité ». Selon le Coran « s'il n'y a pas équité, il est interdit d'avoir de multiples épouses », a-t-il expliqué. »

• À quelques jours de la Journée de la femme, le Cheikh Ahmed Al Tayyeb, à la tête de l'université sunnite du Caire (Égypte), considère que la polygamie est une « injustice » pour les femmes et qu'elle n'est pas la norme dans l'islam.


L'imam d'Al-Azhar appelle à « un renouvellement des questions relatives à la femme ». / KENZO TRIBOUILLARD/AFP
Ce n'est pas la première fois que Cheikh Ahmed Al Tayyeb s'exprime sur la polygamie depuis 2010, date à laquelle ce théologien et philosophe diplômé de la Sorbonne est devenu le grand imam d'Al-Azhar, principale institution de l'islam sunnite basée au Caire. Mais c'est la première fois qu'il qualifie le fait d'avoir plusieurs épouses d'« injuste », quand cela ne respecte pas le principe d'« équité » mis en avant dans le Coran.


Vendredi 1er mars, Al-Azhar a publié une déclaration de Cheikh al-Tayeb soulignant « la nécessité d'un renouvellement en ce qui concerne les questions relatives à la femme ». « Les femmes représentent la moitié de la société, si l'on ne prend pas soin d'elles c'est comme si l'on marchait sur un seul pied », affirmait-il dans cette déclaration, en indiquant que « la polygamie est souvent une injustice envers la femme et des enfants ».

Ahmed Al Tayeb, grand imam d'une institution fragilisée
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Anne-Bénédicte Hoffner , l

Après avoir rencontré le pape François à Rome lundi 23 mai, le grand imam d'Al-Azhar est en visite officielle en France jusqu'à jeudi 26 mai. Ce voyage a permis de faire aboutir une convention – signée mercredi – entre les facultés des lettres de son université et de l'Institut catholique de Paris.
ZOOM
Reçu en France en visite officielle, durant trois jours, avec les honneurs d'un premier ministre, le cheikh Ahmed Al Tayeb, 70 ans, est volontiers présenté comme le « principal représentant du monde sunnite », le chef de la « prestigieuse » et millénaire institution Al-Azhar. Au-delà du protocole, la situation de cet Égyptien, né à Louxor sous le roi Farouk, est des plus délicates.
Nommé à ce poste par l'ancien président Hosni Moubarak, il n'a de cesse de prendre ses distances avec cet héritage devenu encombrant depuis la révolution égyptienne de 2011. Le locataire de la « machyakha » – le siège du grand imam, chapeautant à la fois une université, un secteur scolaire accueillant plus d'un million d'élèves et une académie de recherches aujourd'hui en sommeil – doit également contrer l'entrisme des Frères musulmans et des salafistes, et à l'échelle mondiale, la concurrence de Daech.
Dans cet exercice quotidien, Ahmed Al Tayeb a de réels arguments. Fils d'une grande famille soufie de Louxor – son frère y dirige encore la « tariqa » (confrérie) Al-Khalwatia –, il appartient à une génération de savants musulmans ayant étudié à la fois les sciences islamiques et les sciences humaines en Occident. Spécialiste de philosophie musulmane, il est venu achever son doctorat à la Sorbonne.
Il n'en reste pas moins un savant musulman classique, qui a exercé à la fois comme doyen de la Faculté des sciences islamiques de l'université d'Islamabad au Pakistan, puis aux Émirats arabes unis. Brièvement grand mufti d'Égypte en 2003, il a tenu pendant sept ans le poste délicat de recteur de l'université d'Al-Azhar. C'est sans doute ce parcours très complet qui lui a permis de prendre en 2010 la succession de Mohamed Tantaoui.
Fondée sous la dynastie fatimide (969-1171), Al-Azhar se targue en effet de défendre depuis lors un islam du « juste milieu », à mi-chemin entre « laxistes » et « extrémistes ». « Contre les salafistes obsédés par l'apparence et les aspects rituels, le grand imam ne cesse d'appeler à la réflexion dans l'application des principes de l'islam », fait valoir un de ses proches. « Il ne s'agit pas, pour lui, de supprimer des versets, mais de les interpréter d'une manière nouvelle pour mieux en comprendre le sens, selon les besoins de l'époque. » Symbole de cette volonté d'ouverture, la Déclaration sur « les libertés fondamentales » publiée en février 2012 a connu un fort retentissement en Égypte et dans le monde.
Un prestige au moins symbolique
Bon connaisseur de l'institution, l'historien Dominique Avon relativise cette idée d'un positionnement à mi-chemin. À ses yeux, les responsables d'Al-Azhar – et donc le grand imam, quelles que soient ses options personnelles –, s'ils ont peur des « extrémistes », « labourent le même champ doctrinal qu'eux, avec les mêmes outils » comme le montre leur attachement au principe même des huddûd (peines considérées comme islamiques) ou leur refus d'aborder les textes sacrés à partir de disciplines comme l'histoire ou la linguistique. Quant aux « laxistes », l'institution n'hésite pas à utiliser contre eux l'arme de la marginalisation religieuse, voire de l'anathème. Pour Dominique Avon, Al-Azhar « incarne donc, au début du XXIe siècle, une vision "intégrale" de l'islam ».
Sans doute le fait qu'il reste l'un des rares interlocuteurs dotés d'une certaine audience dans un monde arabo-musulman en crise, contribue-t-il à maintenir le prestige, au moins symbolique, du cheikh Ahmed Al Tayeb. Ces derniers mois, il a été invité à s'exprimer devant le Bundestag à Berlin, puis reçu par le pape François, renouant un dialogue qu'il avait lui-même interrompu en 2011, avant de poursuivre sa visite en France, où il a, là encore, rencontré les plus hautes autorités de l'État.
Lui-même multiplie les initiatives pour tenter de reprendre la main : après avoir créé un Observatoire du monde musulman destiné à montrer qu'il en porte toute la responsabilité, il a également souhaité la mise sur pied d'un « Centre du dialogue », et accepté la présidence d'un récent Conseil des sages musulmans lancé aux Émirats pour « promouvoir la paix dans les sociétés musulmanes ». Autant de messages envoyés au monde et destinés à conserver à Al-Azhar son rôle de « phare du monde sunnite ».
Anne-Bénédicte Hoffner

Ahmed Al Tayeb, grand imam d'une institution fragilisée

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Lire entièrement le verset 129


De même, au cours d'une émission télévisée sur la chaîne nationale, l'imam d'Al-Azhar a déclaré que « ceux qui disent que le mariage doit être polygame ont tout faux ». Selon lui, la polygamie est le résultat « d'une incompréhension du Coran et de la tradition du Prophète ». Il recommande, pour bien comprendre la question, « une lecture entière » du verset 129 de la sourate 4 qui évoque la multiplicité des épouses.
Selon le père Vincent Feroldi, directeur du Service national pour les relations avec les musulmans et actuellement au Maroc avant le voyage du pape François prévu dans ce pays les 30 et 31 mars, « c'est important que le grand imam dise cela quelques jours avant la Journée de la femme (8 mars) et quelques semaines après sa rencontre à Abu Dhabi avec le pape ».
De fait, la déclaration commune que le pape et l'imam d'Al-Azhar ont signée à Abu Dhabi rappelle l'égalité des droits et des devoirs de tous les citoyens et « va bien au-delà du rapport islamo-chrétien pour s'élargir à l'ensemble de la condition humaine », explique encore le père Feroldi.

Des conditions d'équité


1. Ainsi, lors de cette émission télévisée, l'imam d'Al-Azhar a rappelé que la possibilité « de prendre une deuxième, une troisième ou une quatrième épouse » est restreinte « par des conditions d'équité ». Selon le Coran « s'il n'y a pas équité, il est interdit d'avoir de multiples épouses », a-t-il expliqué.
Ses propos ont provoqué une vive polémique sur les réseaux sociaux en Égypte. Au point que l'université sunnite a tenu à préciser sur son site Internet, samedi 2 mars, que le grand imam « n'avait pas du tout évoqué une interdiction de la polygamie ».
Certes, le grand imam n'a pas autorité sur tous les musulmans mais, poursuit le père Feroldi, « il sera intéressant de voir, dans quatre semaines, comment le roi du Maroc se situe sur ces questions-là ».
Claire Lesegretain

SOURATE 4
AN-NISA˓ (LES FEMMES)(1)
176 versets
Post-hég. n°92

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Ô hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse(2), et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement.

2. Et donnez aux orphelins leurs biens; n'y substituez pas le mauvais au bon(3). Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres: c'est vraiment un grand péché.

3. Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,... Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves(4) que vous possédez. Cela, afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille).

4. Et donnez aux épouses leur mahr (5), de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur.

5. Et ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. Mais prélevez-en, pour eux(6), nourriture et vêtement; et parlez-leur convenablement.

6. Et éprouvez (la capacité) des orphelins jusqu'à ce qu'ils atteignent (l'aptitude) au mariage; et si vous ressentez en eux une bonne conduite, remettez-leur leurs biens. Ne les utilisez pas (dans votre intérêt) avec gaspillage et dissipation, avant qu'ils ne grandissent. Quiconque(7) est aisé, qu'il s'abstienne d'en prendre lui-même. S'il est pauvre, alors qu'il en utilise raisonnablement: et lorsque vous leur remettez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre. Mais Allah suffit pour observer et compter.

7. Aux hommes revient une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches; et aux femmes une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches, que ce soit peu ou beaucoup: une part fixée.

8. Et lorsque les proches parents, les orphelins, les nécessiteux assistent au partage, offrez-leur quelque chose de l'héritage, et parlez-leur convenablement.

9. Que la crainte saisisse ceux qui laisseraient après eux une descendance faible(8), et qui seraient inquiets à leur sujet; qu'ils redoutent donc Allah et qu'ils prononcent des paroles justes.

10. Ceux qui mangent [disposent] injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l'Enfer.

11. Voici ce qu'Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S'il n'y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s'il n'y en a qu'une, à elle alors la moitié. Quant aux père et mère du défunt, à chacun d'eux le sixième de ce qu'il laisse, s'il a un enfant. S'il n'a pas d'enfant et que ses père et mère héritent de lui, à sa mère alors le tiers. Mais s'il a des frères, à la mère alors le sixième, après exécution du testament qu'il aurait fait ou paiement d'une dette. De vos ascendants ou descendants, vous ne savez pas qui est plus près de vous en utilité. Ceci est un ordre obligatoire de la part d'Allah, car Allah est, certes, Omniscient et Sage(9).

12. Et à vous la moitié de ce que laissent vos épouses, si elles n'ont pas d'enfants. Si elles ont un enfant, alors à vous le quart de ce qu'elles laissent, après exécution du testament qu'elles auraient fait ou paiement d'une dette. Et à elles un quart de ce que vous laissez, si vous n'avez pas d'enfant. Mais si vous avez un enfant, à elles alors le huitième de ce que vous laissez après exécution du testament que vous auriez fait ou paiement d'une dette. Et si un homme, ou une femme meurt sans héritier direct, cependant qu'il laisse un frère ou une sœur(10), à chacun de ceux-ci alors, un sixième. S'ils sont plus de deux, tous alors participeront au tiers, après exécution du testament ou paiement d'une dette, sans préjudice à quiconque. (Telle est l') Injonction d'Allah! Et Allah est Omniscient et Indulgent.

13. Tels sont les ordres d'Allah. Et quiconque obéit à Allah et à Son messager, Il le fera entrer dans les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Et voilà la grande réussite.

14. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, et transgresse Ses ordres, Il le fera entrer au Feu pour y demeurer éternellement. Et celui-là aura un châtiment avilissant.

15. Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète un autre ordre à leur égard(11).

16. Les deux d'entre vous qui l'ont commise [la fornication], sévissez contre eux. S'ils se repentent ensuite et se réforment, alors laissez-les en paix. Allah demeure Accueillant au repentir et Miséricordieux(12).

17. Allah accueille seulement le repentir de ceux qui font le mal par ignorance et qui aussitôt(13) se repentent. Voilà ceux de qui Allah accueille le repentir. Et Allah est Omniscient et Sage.

18. Mais l'absolution n'est point destinée à ceux qui font de mauvaises actions jusqu'au moment où la mort se présente à l'un d'eux, et qui s'écrie: «Certes, je me repens maintenant» - non plus pour ceux qui meurent mécréants. Et c'est pour eux que Nous avons préparé un châtiment douloureux.

19. Ô les croyants! Il ne vous est pas licite d'hériter des femmes contre leur gré. Ne les empêchez pas de se remarier dans le but de leur ravir une partie de ce que vous aviez donné, à moins qu'elles ne viennent à commettre un péché prouvé. Et comportez-vous convenablement envers elles. Si vous avez de l'aversion envers elles durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose où Allah a déposé un grand bien(14).

20. Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l'une un qintâr(15), n'en reprenez rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?

21. Comment oseriez-vous le reprendre, après que l'union la plus intime vous ait associés l'un à l'autre et qu'elles aient obtenu de vous un engagement solennel?

22. Et n'épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, exception faite pour le passé. C'est une turpitude, une abomination(16), et quelle mauvaise conduite!

23. Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles, filles d'un frère et filles d'une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part; les femmes de vos fils nés de vos reins; de même que deux sœurs réunies(17) - exception faite pour le passé. Car vraiment Allah est Pardonneur et Miséricordieux;

24. et, parmi les femmes, les dames (qui ont un mari), sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété(18). Prescription d'Allah sur vous! A part cela, il vous est permis de les rechercher, en vous servant de vos biens et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d'elles, donnez-leur leur mahr comme une chose due. Il n'y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr Car Allah est, certes, Omniscient et Sage.

25. Et quiconque parmi vous n'a pas les moyens pour épouser des femmes libres (non esclaves) croyantes, eh bien (il peut épouser) une femme parmi celles de vos esclaves croyantes. Allah connaît mieux votre foi, car vous êtes les uns des autres (de la même religion). Et épousez-les avec l'autorisation de leurs maîtres (Waliy) et donnez-leur un mahr convenable; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins. Si, une fois engagées dans le mariage, elles commettent l'adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres (non esclaves) mariées. Ceci est autorisé à celui d'entre vous qui craint la débauche; mais ce serait mieux pour vous d'être endurant. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux(19).

26. Allah veut vous éclairer, vous montrer les voies des hommes d'avant vous, et aussi accueillir votre repentir. Et Allah est Omniscient et Sage.

27. Et Allah veut accueillir votre repentir. Mais ceux qui suivent les passions veulent que vous vous incliniez grandement (vers l'erreur comme ils le font).

28. Allah veut vous alléger (les obligations,) car l'homme a été créé faible.

29. Ô les croyants! Que les uns d'entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu'il y ait du négoce (légal), entre vous, par consentement mutuel. Et ne vous tuez pas vous-mêmes(20). Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous.

30. Et quiconque commet cela, par excès et par iniquité, Nous le jetterons au Feu, voilà qui est facile pour Allah.

31. Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer dans un endroit honorable (le Paradis).

32. Ne convoitez pas ce qu'Allah a attribué aux uns d'entre vous plus qu'aux autres; aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise. Demandez à Allah de Sa grâce. Car Allah, certes, est Omniscient.

33. A tous Nous avons désigné des héritiers pour ce que leur laissent leurs père et mère, leurs proches parents, et ceux envers qui, de vos propres mains, vous vous êtes engagés, donnez leur donc leur part, car Allah, en vérité, est témoin de tout(21).

34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand(22)!

35. Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur.

36. Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n'aime pas, en vérité, le présomptueux, l'arrogant(23),

37. Ceux qui sont avares et ordonnent l'avarice aux autres, et cachent ce qu'Allah leur a donné de par Sa grâce. Nous avons préparé un châtiment avilissant pour les mécréants.

38. Et ceux qui dépensent leurs biens avec ostentation devant les gens, et ne croient ni en Allah ni au Jour dernier. Quiconque a le Diable pour camarade inséparable, quel mauvais camarade!

39. Qu'auraient-ils à se reprocher s'ils avaient cru en Allah et au Jour dernier et dépensé (dans l'obéissance) de ce qu'Allah leur a attribué? Allah, d'eux, est Omniscient.

40. Certes, Allah ne lèse (personne), fût-ce du poids d'un atome. S'il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense de Sa part.

41. Comment seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin, et que Nous te (Muḥammad) ferons venir comme témoin contre ces gens-ci?

42. Ce jour-là, ceux qui n'ont pas cru et ont désobéi au Messager, préfèreraient que la terre fût nivelée sur eux et ils ne sauront cacher à Allah aucune parole.

43. Ô les croyants! N'approchez pas de la Ṣalāt alors que vous êtes ivres jusqu'à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d'impureté- à moins que vous ne soyez en voyage - jusqu'à ce que vous ayez pris un bain rituel. Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché à des femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure, et passez-vous-en sur vos visages et sur vos mains. Allah, en vérité, est Indulgent et Pardonneur(24).

44. N'as-tu (Muḥammad) pas vu ceux qui ont reçu une partie du Livre acheter l'égarement et chercher à ce que vous vous égariez du [droit] chemin?

45. Allah connaît mieux vos ennemis. Et Allah suffit comme protecteur. Et Allah suffit comme secoureur.

46. Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens, et disent: «Nous avions entendu, mais nous avons désobéi», «Ecoute sans qu'il te soit donné d'entendre», et favorise nous «Ra˒inâ», tordant la langue et attaquant la religion. Si au contraire ils disaient: «Nous avons entendu et nous avons obéi», «Ecoute», et «Regarde-nous», ce serait meilleur pour eux, et plus droit. Mais Allah les a maudits à cause de leur mécréance; leur foi est donc bien médiocre(25).

47. Ô vous à qui on a donné le Livre, croyez à ce que Nous avons fait descendre, en confirmation de ce que vous aviez déjà, avant que Nous effacions des visages et les retournions sens devant derrière, ou que Nous les maudissions comme Nous avons maudit les gens du Sabbat(26). Car le commandement d'Allah est toujours exécuté.

48. Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché.

49. N'as-tu pas vu ceux-là qui se déclarent purs(27)? Mais c'est Allah qui purifie qui Il veut; et ils ne seront point lésés, fût-ce d'un brin de noyau de datte(28).

50. Regarde comme ils inventent le mensonge à l'encontre d'Allah. Et çà, c'est assez comme péché manifeste!

51. N'as-tu pas vu ceux-là, à qui une partie du Livre a été donnée, avoir foi à la magie (gibt) et au ṭāğhoūt, et dire en faveur de ceux qui ne croient pas: «Ceux-là sont mieux guidés (sur le chemin) que ceux qui ont cru»(29)?

52. Voilà ceux qu'Allah a maudits; et quiconque Allah maudit, jamais tu ne trouveras pour lui de secoureur.

53. Possèdent-ils une partie du pouvoir? Ils ne donneraient donc rien aux gens, fût-ce le creux d'un noyau de datte(30).

54. Envient-ils aux gens(31) ce qu'Allah leur a donné de par Sa grâce? Or, Nous avons donné à la famille d'Abraham le Livre et la Sagesse; et Nous leur avons donné un immense royaume.

55. Certains d'entre eux ont cru en lui, d'autres d'entre eux s'en sont écartés. L'Enfer leur suffira comme flamme (pour y brûler).

56. Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientôt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d'autres peaux en échange afin qu'ils goûtent au châtiment. Allah est certes, Puissant et Sage!

57. Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, bientôt Nous les ferons entrer aux Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux. Ils y demeureront éternellement. Il y aura là pour eux des épouses purifiées. Et Nous les ferons entrer sous un ombrage épais.

58. Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts(32) à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout.

59. Ô les croyants! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement(33). Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement).

60. N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu'on a fait descendre vers toi [prophète] et à ce qu'on a fait descendre avant toi? Ils veulent prendre pour juge le Ṭāğūt, alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l'égarement.

61. Et lorsqu'on leur dit: «Venez vers ce qu'Allah a fait descendre et vers le Messager», tu vois les hypocrites s'écarter loin de toi.

62. Comment (agiront-ils) quand un malheur les atteindra, à cause de ce qu'ils ont préparé de leurs propres mains? Puis ils viendront alors près de toi, jurant par Allah: «Nous n'avons voulu que le bien et la réconciliation».

63. Voilà ceux dont Allah sait ce qu'ils ont dans leurs cœurs. Ne leur tiens donc pas rigueur, exhorte-les, et dis-leur sur eux-mêmes des paroles convaincantes.

64. Nous n'avons envoyé de Messager que pour qu'il soit obéi par la permission d'Allah. Si, lorsqu'ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi en implorant le pardon d'Allah et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, Miséricordieux.

65. Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu'ils se soumettent complètement [à ta sentence].

66. Si Nous leur avions prescrit ceci: «Tuez-vous vous-mêmes», ou «Sortez de vos demeures», ils ne l'auraient pas fait, sauf un petit nombre d'entre eux. S'ils avaient fait ce à quoi on les exhortait, cela aurait été certainement meilleur pour eux, et (leur foi) aurait été plus affermie.

67. Alors Nous leur aurions donné certainement, de Notre part, une grande récompense,

68. et Nous les aurions guidé certes vers un droit chemin.

69. Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits: les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là!

70. Cette grâce vient d'Allah. Et Allah suffit comme Parfait Connaisseur.

71. Ô les croyants! Prenez vos précautions et partez en expédition par détachements ou en masse.

72. Parmi vous, il y aura certes, quelqu'un qui tardera [à aller au combat] et qui, si un malheur vous atteint, dira: «Certes, Allah m'a fait une faveur en ce que je ne me suis pas trouvé en leur compagnie;»

73. et si c'est une grâce qui vous atteint de la part d'Allah, il se mettra, certes, à dire, comme s'il n'y avait aucune affection entre vous et lui: «Quel dommage! Si j'avais été avec eux, j'aurais alors acquis un gain énorme»(34).

74. Qu'ils combattent donc dans le sentier d'Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie future. Et quiconque combat dans le sentier d'Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense.

75. Et qu'avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d'Allah, et pour la cause des faibles: hommes, femmes et enfants qui disent: «Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur».

76. Les croyants combattent dans le sentier d'Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Ṭāğūt(35). Eh bien, combattez les alliés du Diable, car la ruse du Diable est, certes, faible.

77. N'as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit: «Abstenez-vous de combattre, accomplissez la Ṣalāt et acquittez la Zakāt!» Puis lorsque le combat leur fut prescrit, voilà qu'une partie d'entre eux se mit à craindre les gens comme on craint Allah, ou même d'une crainte plus forte encore, et à dire: «Ô notre Seigneur! Pourquoi nous as-Tu prescrit le combat? Pourquoi n'as-Tu pas reporté cela à un peu plus tard?» Dis: «La jouissance d'ici-bas est éphémère, mais la vie future est meilleure pour quiconque est pieux. Et on ne vous lésera pas, fût-ce d'un brin de noyau de datte.

78. Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables. Qu'un bien les atteigne, ils disent: «C'est de la part d'Allah.» Qu'un mal les atteigne, ils disent: «C'est dû à toi (Muḥammad).» Dis: «Tout est d'Allah.» Mais qu'ont-ils ces gens, à ne comprendre presque aucune parole?

79. Tout bien qui t'atteint vient d'Allah, et tout mal qui t'atteint vient de toi-même(36). Et nous t'avons envoyé aux gens comme Messager. Et Allah suffit comme témoin.

80. Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah. Et quiconque tourne le dos... Nous ne t'avons pas envoyé à eux comme gardien.

81. Ils disent: «Obéissance!» Puis, sitôt sortis de chez toi, une partie d'entre eux délibère(37) au cours de la nuit de tout autre chose que ce qu'elle t'a dit. [Cependant] Allah enregistre ce qu'ils font la nuit. Pardonne-leur donc et place ta confiance en Allah. Et Allah suffit comme Protecteur.

82. Ne méditent-ils donc pas sur le Coran? S'il provenait d'un autre qu'Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions!

83. Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S'ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d'entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris (la vérité de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement). Et n'eussent été la grâce d'Allah sur vous et Sa miséricorde, vous auriez suivi le Diable, à part quelques-uns.

84. Combats donc dans le sentier d'Allah, tu n'es responsable que de toi même, et incite les croyants (au combat) Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition.

85. Quiconque intercède d'une bonne intercession, en aura une part; et quiconque intercède d'une mauvaise intercession en portera une part de responsabilité. Et Allah est Puissant sur toute chose.

86. Si on vous fait une salutation, saluez d'une façon meilleure; ou bien rendez-la (simplement)(38). Certes, Allah tient compte de tout.

87. Allah! Pas de divinité à part Lui! Très certainement Il vous rassemblera au Jour de la Résurrection, point de doute là-dessus. Et qui est plus véridique qu'Allah en parole?

88. Qu'avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites(39)? Alors qu'Allah les a refoulés (dans leur infidélité) pour ce qu'ils ont acquis. Voulez-vous guider ceux qu'Allah égare? Et quiconque Allah égare, tu ne lui trouveras pas de chemin (pour le ramener).

89. Ils aimeraient vous voir mécréants comme ils ont mécru: alors vous seriez tous égaux! Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur,

90. excepté ceux qui se joignent à un groupe avec lequel vous avez conclu une alliance, ou ceux qui viennent chez vous, le cœur serré d'avoir à vous combattre ou à combattre leur propre tribu. Si Allah avait voulu, Il leur aurait donné l'audace (et la force) contre vous, et ils vous auraient certainement combattu. (Par conséquent,) s'ils restent neutres à votre égard et ne vous combattent point, et qu'ils vous offrent la paix, alors, Allah ne vous donne pas de chemin contre eux(40).

91. Vous en trouverez d'autres qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu. Toutes les fois qu'on les pousse(41) vers l'Association, (l'idolâtrie) ils y retombent en masse. (Par conséquent,) s'ils ne restent pas neutres à votre égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains (de vous combattre), alors, saisissez-les et tuez les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, Nous vous avons donné une autorité manifeste.

92. Il n'appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n'est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu'il affranchisse alors un esclave croyant et remette à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci n'y renonce par charité. Mais si [le tué] appartenait à un peuple ennemi à vous et qu'il soit croyant, qu'on affranchisse alors un esclave croyant. S'il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu'on verse alors à sa famille le prix du sang et qu'on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n'en trouve pas les moyens, qu'il jeûne deux mois d'affilée pour être pardonné par Allah. Allah est Omniscient et Sage.

93. Quiconque tue intentionnellement un croyant, Sa rétribution alors sera l'Enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l'a frappé de Sa colère, l'a maudit et lui a préparé un énorme châtiment.

94. Ô les croyants! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d'Allah, voyez bien clair (ne vous hâtez pas) et ne dites pas à quiconque vous adresse le salut (de l'Islam): «Tu n'es pas croyant», convoitant les biens de la vie d'ici-bas. Or c'est auprès d'Allah qu'il y a beaucoup de butin. C'est ainsi que vous étiez auparavant; puis Allah vous a accordé Sa grâce. Voyez donc bien clair. Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites(42).

95. Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux - sauf ceux qui ont quelque infirmité - et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d'Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense;

96. des grades de supériorité de Sa part ainsi qu'un pardon et une miséricorde. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

97. Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant: «Où en étiez-vous?» (à propos de votre religion) - «Nous étions impuissants sur terre», dirent-ils. Alors les Anges diront: «La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour vous permettre d'émigrer?» Voilà bien ceux dont le refuge est l'Enfer. Et quelle mauvaise destination!

98. A l'exception des impuissants: hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie:

99. A ceux-là, il se peut qu'Allah donne le pardon. Allah est Clément et Pardonneur.

100. Et quiconque émigre dans le sentier d'Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance. Et quiconque sort de sa maison, émigrant vers Allah et Son messager, et que la mort atteint, sa récompense incombe à Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

101. Et quand vous parcourez la terre, ce n'est pas un péché pour vous de raccourcir(43) la Ṣalāt, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l'épreuve, car les mécréants demeurent pour vous un ennemi déclaré.

102. Et lorsque tu (Muḥammad) te trouves parmi eux, et que tu les diriges dans la Ṣalāt, qu'un groupe d'entre eux se mette debout en ta compagnie, en gardant leurs armes. Puis lorsqu'ils ont terminé la prosternation, qu'ils passent derrière vous et que vienne l'autre groupe, ceux qui n'ont pas encore célébré la Ṣalāt. A ceux-ci alors d'accomplir la Ṣalāt avec toi, prenant leurs précautions et leurs armes. Les mécréants aimeraient vous voir négliger vos armes et vos bagages, afin de tomber sur vous en une seule masse. Vous ne commettez aucun péché si, incommodés par la pluie ou malades, vous déposez vos armes; cependant prenez garde. Certes, Allah a préparé pour les mécréants un châtiment avilissant.

103. Quand vous avez accompli la Ṣalāt, invoquez le nom d'Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la Ṣalāt (normalement), car la Ṣalāt demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.

104. Ne faiblissez pas dans la poursuite du peuple [ennemi]. Si vous souffrez, lui aussi souffre comme vous souffrez, tandis que vous espérez d'Allah ce qu'il n'espère pas. Allah est Omniscient et Sage.

105. Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens, selon ce qu'Allah t'a appris. Et ne te fais pas l'avocat des traîtres.

106. Et implore d'Allah le pardon car Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux.

107. Et ne dispute pas en faveur de ceux qui se trahissent eux-mêmes. Allah, vraiment, n'aime pas le traître et le pécheur.

108. Ils cherchent à se cacher des gens, mais ils ne cherchent pas à se cacher d'Allah. Or, Il est avec eux quand ils tiennent la nuit des paroles qu'Il (Allah) n'agrée pas. Et Allah ne cesse de cerner (par Sa science) ce qu'ils font.

109. Voilà les gens en faveur desquels vous disputez dans la vie présente. Mais qui va disputer pour eux devant Allah au Jour de la Résurrection? Ou bien qui sera leur protecteur?

110. Quiconque agit mal ou fait du tort à lui-même, puis aussitôt implore d'Allah le pardon, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux.

111. Quiconque acquiert un péché, ne l'acquiert que contre lui-même. Et Allah est Omniscient et Sage.

112. Et quiconque acquiert une faute ou un péché puis en accuse un innocent, se rend coupable alors d'une injustice et d'un péché manifeste.

113. Et n'eût été la grâce d'Allah sur toi (Muḥammad) et Sa miséricorde, une partie d'entre eux t'aurait bien volontiers égaré. Mais ils n'égarent qu'eux-mêmes, et ne peuvent en rien te nuire. Allah a fait descendre sur toi le Livre et la Sagesse, et t'a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d'Allah sur toi est immense.

114. Il n'y a rien de bon dans la plus grande partie de leurs conversations secrètes, sauf si l'un d'eux ordonne une charité, une bonne action, ou une conciliation entre les gens. Et quiconque le fait, cherchant l'agrément d'Allah, à celui-là Nous donnerons bientôt une récompense énorme.

115. Et quiconque fait scission d'avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous lui collerons ce qu'il s'est collé, et le brûlerons dans l'Enfer. Et quelle mauvaise destination!

116. Certes, Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s'égare, très loin dans l'égarement.

117. Ce ne sont que des femelles(44) qu'ils invoquent, en dehors de Lui. Et ce n'est qu'un diable rebelle qu'ils invoquent.

118. Allah l'a (le Diable) maudit et celui-ci a dit: «Certainement, je saisirai parmi Tes serviteurs, une partie déterminée.

119. Certes, je ne manquerai pas de les égarer, je leur donnerai de faux espoirs, je leur commanderai, et ils fendront les oreilles(45) aux bestiaux; je leur commanderai, et ils altèreront la création d'Allah. Et quiconque prend le Diable pour allié au lieu d'Allah, sera, certes, voué à une perte évidente.

120. Il leur fait des promesses et leur donne de faux espoirs. Et le Diable ne leur fait que des promesses trompeuses.

121. Voilà ceux dont le refuge est l'Enfer. Et ils ne trouveront aucun moyen d'y échapper!

122. Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Nous les ferons entrer bientôt aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Promesse d'Allah en vérité. Et qui est plus véridique qu'Allah en parole?

123. Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre(46). Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela, et ne trouvera en sa faveur, hors d'Allah, ni allié ni secoureur.

124. Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes œuvres, tout en étant croyant... les voilà ceux qui entreront au Paradis; et on ne leur fera aucune injustice, fût-ce d'un creux de noyau de datte(47).

125. Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d'Abraham, homme de droiture? Et Allah avait pris Abraham pour ami privilégié.

126. C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance).

127. Et ils te consultent à propos de ce qui a été décrété au sujet des femmes. Dis: «Allah vous donne Son décret là-dessus, en plus de ce qui vous est récité dans le Livre, au sujet des orphelines auxquelles vous ne donnez pas ce qui leur a été prescrit(48), et que vous désirez épouser, et au sujet des mineurs encore d'âge faible». Vous devez agir avec équité envers les orphelins. Et de tout ce que vous faites de bien, Allah en est, certes, Omniscient.

128. Et si une femme craint de son mari abandon ou indifférence, alors ce n'est pas un péché pour les deux s'ils se réconcilient par un compromis quelconque, et la réconciliation est meilleure, puisque les âmes sont portées à la ladrerie. Mais si vous agissez en bien et vous êtes pieux... Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

129. Vous ne pourrez jamais être équitables entre vos femmes, même si vous en êtes soucieux. Ne vous penchez pas tout à fait vers l'une d'elles, au point de laisser l'autre comme en suspens. Mais si vous vous réconciliez et vous êtes pieux... donc Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

130. Si les deux se séparent, Allah de par Sa largesse, accordera à chacun d'eux un autre destin. Et Allah est plein de largesses et parfaitement Sage.

131. A Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. «Craignez Allah!» Voilà ce que Nous avons enjoint à ceux auxquels avant vous le Livre fut donné, tout comme à vous-mêmes. Et si vous ne croyez pas (cela ne nuit pas à Allah, car) très certainement à Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah se suffit à Lui-même et Il est digne de louange.

132. A Allah seul appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah suffit pour s'occuper de tout.

133. S'Il voulait, il vous ferait disparaître, ô gens, et en ferait venir d'autres. Car Allah en est très capable.

134. Quiconque désire la récompense d'ici-bas, c'est auprès d'Allah qu'est la récompense d'ici-bas tout comme celle de l'au-delà. Et Allah entend et observe tout.

135. Ô les croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

136. Ô les croyants! Soyez fermes en votre foi en Allah, en Son messager, au Livre qu'Il a fait descendre sur Son messager, et au Livre qu'Il a fait descendre avant. Quiconque ne croit pas en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, s'égare, loin dans l'égarement.

137. Ceux qui ont cru, puis sont devenus mécréants, puis ont cru de nouveau, ensuite sont redevenus mécréants, et n'ont fait que croître en mécréance, Allah ne leur pardonnera pas, ni les guidera vers un chemin (droit).

138. Annonce aux hypocrites qu'il y a pour eux un châtiment douloureux,

139. ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux? (En vérité) la puissance appartient entièrement à Allah.

140. Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci: lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l'Enfer.

141. Ceux qui restent dans l'expectative à votre égard; si une victoire vous vient de la part d'Allah, ils disent: «N'étions-nous pas avec vous?» et s'il en revient un avantage aux mécréants, ils leur disent: «Est-ce que nous n'avons pas mis la main sur vous pour vous soustraire aux croyants?» Eh bien, Allah jugera entre vous au Jour de la Résurrection. Et jamais Allah ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants.

142. Les hypocrites cherchent à tromper Allah,Et c'est Lui qui les trompe. Et lorsqu'ils se lèvent pour la Ṣalāt, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens. A peine invoquent-ils Allah.

143. Ils sont indécis (entre les croyants et les mécréants,) n'appartenant ni aux uns ni aux autres. Or, quiconque Allah égare, jamais tu ne trouveras de chemin pour lui.

144. Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous?

145. Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur,

146. sauf ceux qui se repentent, s'amendent, s'attachent fermement à Allah, et Lui vouent une foi exclusive. Ceux-là seront avec les croyants. Et Allah donnera aux croyants une énorme récompense.

147. Pourquoi Allah vous infligerait-Il un châtiment si vous êtes reconnaissants et croyants? Allah est Reconnaissant et Omniscient.

148. Allah n'aime pas qu'on profère de mauvaises paroles sauf quand on a été injustement provoqué. Et Allah est Audient et Omniscient.

149. Que vous fassiez du bien, ouvertement ou en cachette, ou bien que vous pardonniez un mal... Alors Allah est Pardonneur et Omnipotent.

150. Ceux qui ne croient pas en Allah et en Ses messagers, et qui veulent faire distinction entre Allah et Ses messagers et qui disent: «Nous croyons en certains d'entre eux mais ne croyons pas en d'autres», et qui veulent prendre un chemin intermédiaire (entre la foi et la mécréance),

151. les voilà les vrais mécréants! Et Nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant.

152. Et ceux qui croient en Allah et en Ses messagers et qui ne font point de différence entre ces derniers, voilà ceux à qui Il donnera leurs récompenses. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

153. Les gens du Livre te demandent de leur faire descendre du ciel un Livre. Ils ont déjà demandé à Moïse quelque chose de bien plus grave quand ils dirent: «Fais-nous voir Allah à découvert!» Alors la foudre les frappa pour leur tort. Puis ils adoptèrent le Veau (comme idole) même après que les preuves leur furent venues. Nous leur pardonnâmes cela et donnâmes à Moïse une autorité déclarée.

154. Et pour (obtenir) leur engagement, Nous avons brandi au-dessus d'eux le Mont Tor(49), Nous leur avons dit: «Entrez par la porte en vous prosternant»; Nous leur avons dit: «Ne transgressez pas le Sabbat»; et Nous avons pris d'eux un engagement ferme.

155. (Nous les avons maudits) à cause de leur rupture de l'engagement, leur mécréance aux révélations d'Allah, leur meurtre injustifié des prophètes, et leur parole: «Nos cœurs sont (enveloppés) et imperméables». En réalité, c'est Allah qui a scellé leurs cœurs à cause de leur mécréance, car ils ne croyaient que très peu(50).

156. Et à cause de leur mécréance et de l'énorme calomnie qu'ils prononcent contre Marie,

157. et à cause de leur parole: «Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d'Allah»... Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié; mais ce n'était qu'un faux semblant! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l'incertitude: ils n'en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l'ont certainement pas tué(51),

158. mais Allah l'a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage.

159. Il n'y aura personne, parmi les gens du Livre, qui n'aura pas foi en lui avant sa mort(52). Et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux.

160. C'est à cause des iniquités des Juifs que Nous leur avons rendu illicites les bonnes nourritures qui leur étaient licites, et aussi à cause de ce qu'ils obstruent le sentier d'Allah, (à eux-mêmes et) à beaucoup de monde,

161. et à cause de ce qu'ils prennent des intérêts usuraires(53) - qui leur étaient pourtant interdits - et parce qu'ils mangent illégalement les biens des gens. A ceux d'entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un châtiment douloureux.

162. Mais ceux d'entre eux qui sont enracinés dans la connaissance, ainsi que les croyants(54), (tous) ont foi à ce qu'on a fait descendre sur toi et à ce qu'on a fait descendre avant toi. Et quant à ceux qui accomplissent la Ṣalāt, paient la Zakāt et croient en Allah et au Jour dernier, ceux-là Nous leur donnerons une énorme récompense.

163. Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron et à Salomon, et Nous avons donné le Zabour à David.

164. Et il y a des messagers dont Nous t'avons raconté l'histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t'avons point raconté l'histoire - et Allaha effectivement parlé à Moïse -

165. en tant que messagers, annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers il n'y eût pour les gens point d'argument devant Allah. Allah est Puissant et Sage.

166. Mais Allah témoigne de ce qu'Il a fait descendre vers toi, Il l'a fait descendre en toute connaissance. Et les Anges en témoignent. Et Allah suffit comme témoin.

167. Ceux qui ne croient pas et qui obstruent le sentier d'Allah, s'égarent certes loin dans l'égarement.

168. Ceux qui ne croient pas et qui pratiquent l'injustice, Allah n'est nullement disposé à leur pardonner, ni à les guider dans un chemin

169. (autre) que le chemin de l'Enfer où ils demeureront éternellement. Et cela est facile à Allah.

170. Ô gens! Le Messager vous a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Ayez la foi, donc, cela vous sera meilleur. Et si vous ne croyez pas (qu'importe!), c'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah est Omniscient et Sage.

171. Ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites d'Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager d'Allah, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas «Trois». Cessez! Ce sera meilleur pour vous. Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur(55).

172. Jamais le Messie ne trouve indigne d'être un serviteur d'Allah, ni les Anges rapprochés [de Lui]. Et ceux qui trouvent indigne de L'adorer et s'enflent d'orgueil... Il les rassemblera tous vers Lui.

173. Quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Il leur accordera leurs pleines récompenses et y ajoutera le surcroît de Sa grâce. Et quant à ceux qui ont eu la morgue et se sont enflés d'orgueil, Il les châtiera d'un châtiment douloureux. Et ils ne trouveront, pour eux, en dehors d'Allah, ni allié ni secoureur,

174. Ô gens! Certes, une preuve évidente vous est venue de la part de votre Seigneur. Et Nous avons fait descendre vers vous une lumière éclatante(56).

175. Alors ceux qui croient en Allah et qui s'attachent à Lui, Il les fera entrer dans une miséricorde venue de Lui, et dans une grâce aussi. Et Il les guidera vers Lui dans un chemin droit.

176. Ils te demandent ce qui a été décrété. Dis: «Au sujet du défunt qui n'a pas de père ni de mère ni d'enfant, Allah vous donne Son décret: si quelqu'un meurt sans enfant, mais a une sœur, à celle-ci revient la moitié de ce qu'il laisse. Et lui, il héritera d'elle en totalité si elle n'a pas d'enfant. Mais s'il a deux sœurs (ou plus), à elles alors les deux tiers de ce qu'il laisse; et s'il a des frères et des sœurs, à un frère alors revient une portion égale à celle de deux sœurs. Allah vous donne des explications pour que vous ne vous égariez pas. Et Allah est Omniscient(57).

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(1) Titre tiré du v. 1.
(2) Et de celui-ci son épouse: d'Adam Il a créé Eve.
(3) N'y substituez pas le mauvais (du vôtre), au bon (de leur bien).
(4) Esclaves: littér.: ce que vos mains droites possèdent; terme qui englobent hommes et femmes faits prisonniers de guerre à l'origine et par la suite faisant partie du patrimoine de leur maître.
(5) Mahr: le don que fait le marié à la mariée, et négocié entre les deux parties (voir note 3, v. 236, p. 38).
(6) Prélevez-en pour eux: (pour les incapables): gaspilleurs, mineurs, sots, fous, etc.
(7) Quiconque (de ceux qui sont chargés de l'héritage de jeunes orphelins) est aisé devrait s'abstenir de se payer lui-même de cet héritage qui lui est confié. S'il est pauvre, alors qu'il y puise une quantité convenable, à titre de rémunération de tuteur.

(8) Une descendance faible: des enfants en bas âge. Ce verset constitue une recommandation aux tuteurs des orphelins d'être justes à leur égard et de les traiter comme s'ils étaient leurs propres enfants.
(9) Voir aussi infra v. 176 pour la loi d'héritage (succession).Au fils une part équivalente à celle de deux filles: cette disposition qui nous paraîtrait empreinte de partialité, ne l'est en aucune façon. Elle se justifie par plusieurs raisons: a) La femme est entretenue aux frais de son père, frère, etc. puis de son mari, fils, etc., pour ce qui est du logement, de la nourriture, du vêtement, etc.; b) elle reçoit en outre le «Mahr» sur lequel ni son mari, ni son père ou ses autres parents n'ont aucun droit; c) elle n'a vis-à-vis des hommes aucune obligation financière. Malgré tout, elle hérite de son père, de son mari, de ses enfants et autres parents. A sa mère alors le tiers, et le reste au père.

(10) Cependant qu'il laisse un frère ou une sœur (utérins).

(11) Celles de vos femmes: des femmes musulmanes qu'elles soient mariées ou pas.Allah décrète un autre ordre: cet autre ordre sera révélé plus tard (S. 24, v. 2) et mentionné dans une tradition du Prophète (Ḥadīṯ).
(12) Ce verset est abrogé par (S. 24, v. 2) et par les traditions du Prophète. «Les deux» signifie ici, selon les interprétations, ou bien un homme et une femme ou bien deux hommes.
(13) Aussitôt: jusqu'à voir l'Ange de la mort.
(14) D'hériter des femmes: à l'époque préislamique on héritait les femmes des proches parents.De se remarier... donné: autre interprétation: il s'agit d'interdire à l'homme de nuire à l'épouse indésirée pour l'obliger à lui céder quelque bien ou lui offrir un rachat.Un péché prouvé: c.-à-d.: la fornication; la désobéissance au mari; la trivialité des paroles.

(15) Un qintār: mille pièces d'or, d'où le mot latin: quintal.
(16) Abomination: cette conduite est un affront du fils à l'égard de son père qui engendre la colère d'Allah.
(17) Deux sœurs réunies: sœurs utérines ou par allaitement. Il n'est pas interdit d'épouser la deuxième sœur après le divorce ou le décès de la première.

(18) Des esclaves en toute propriété, même si elles étaient mariées avant leur captivité. Cependant il y aura une période d'attente de trois mois environ pour s'assurer que la femme n'est pas enceinte. Si elle l'est, le mariage n'aura lieu qu'après l'accouchement.
(19) Endurant: il s'agit de supporter votre condition de célibataire jusqu'à ce que vous puissiez épouser une femme.

(20) Ne vous tuez pas vous-mêmes: en commettant des péchés qui entraînent votre perte, dans cette vie et dans l'au-delà.
(21) Ceux envers qui vous vous êtes engagés: cette partie du verset est abrogée par la S. 8, v. 75.

(22) Ce qui doit être protégé: l'honneur de l'épouse et les biens de l'époux.Frappez-les: pas violemment, mais simplement pour les faire obéir.
(23) Le proche voisin: par la parenté, le voisinage ou la religion.Collègue: compagnon de voyage, collègue au travail, ou épouse.

(24) Alors que vous êtes ivres: sur la question de l'alcool, voir aussi S. 2, v. 219 et S. 5, v. 90-91.Touché à des femmes: couché avec elles. Mais il y en a aussi qui disent qu'un simple toucher requiert une ablution.Recourez à une terre pure: c'est le «Tayammum» comme indiqué dans ce verset, le tayammum remplace l'ablution avant la Ṣalāt (Wuḍū˓), et le grand bain (Ğusl), dans les endroits où l'eau est introuvable. Le tayammum se pratique comme suit: on pose les mains sur de la terre propre, puis on se les passe sur le visage et on se frotte les mains.

(25) Ra˒ina, favorise-nous: voir aussi la note 2, p. 16.Leur foi est donc bien médiocre: autre interprétation: à l'exception d'un petit nombre d'entre eux.
(26) Comme Nous avons maudit les gens du Sabbat: c'est la traduction littérale; mais il faut entendre les gens qui ont transgressé le Sabbat (voir S. 2, v. 65).
(27) Se déclarent purs: les Juifs prétendaient être les enfants d'Allah et Ses préférés. Voir S. 5, v. 18.
(28) Brin de noyau de datte (en arabe: Fatil ): la pellicule recouvrant juste le creux du noyau de la datte, c.-à-d.: la plus petite quantité.
(29) Gibt: la magie, les idoles, l'association ou le diable.Tāğūt: voir S. 2, v. 257.Ceux qui ne croient pas: ici les païens parmi les Mecquois.

(30) Creux d'un noyau de datte (Naquir): une quantité insignifiante.
(31) Aux gens...: au Prophète et à ses compagnons.
(32) Dépôts: au sens large: tout ce qui est dû à autrui.
(33) Qui détiennent le commandement: les Ulémas et les Chefs. L'obéissance est due à ces derniers uniquement lorsqu'ils ordonnent le bien, et ce conformément au principe: «Point d'obéissance à qui ordonne de désobéir au Créateur». Abu Dawūd rapporte que l'Envoyé d'Allah (p.b.A.s.l.) a dit: «Le musulman se doit d'écouter et d'obéir dans ce qu'il aime et dans ce qu'il déteste tant qu'il ne lui a pas été ordonné de désobéir à Allah. S'il en est ainsi, point d'écoute ni d'obéissance».

(34) Affection: comme s'il n'était pas de votre religion.Un gain énorme: il s'agit du butin.

(35) Tāğūt: voir S. 2, v. 257.
(36) Tout bien qui t'atteint... tout mal qui t'atteint...: le verset s'adresse à tout le monde.

(37) Délibère.. etc.: ils parlent entre eux de la désobéissance au Prophète (صلى الله عليه وسلم).
(38) Avant l'islam, les arabes se saluaient de différentes manières en usant de formules diverses. L'Islam recommande la formule de salutation: «Assalāmu ˒alaykum». (Que la paix soit sur vous) et ce, que l'on s'adresse à une seule personne ou à plusieurs. En guise de réponse on dit: «Wa˒alaykumus-salām wa raḥmatul-lāhi wa barakātuhu». (Que la paix soit sur vous ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions).

(39) Deux factions: les opinions étaient divisées quant à la façon de traiter avec eux; certains voulant adopter une attitude très ferme, et d'autres voulant les ramener vers l'Islam.
(40) Chemin contre eux: permission pour les attaquer.
(41) On les pousse: «on», ce sont leurs mauvais compagnons.

(42) Convoitant les biens de la vie d'ici-bas: dans le but de s'emparer du butin de l'infidèle.Vous étiez (mécréants).Auparavant: Allah vous a accordé Sa grâce (en vous faisant embrasser l'Islam après avoir été mécréants).

(43) De raccourcir: de faire les Ṣalāts comprenant quatre Rak˒a en deux seulement.

(44) Femelles: les païens donnaient à leurs idoles des noms féminins: Late, Uzza, Manate, etc.
(45) Ils fendront les oreilles: pratique superstitieuse des païens de l'Arabie pré-islamique (voir aussi S. 5, v. 103).

(46) Les gens du Livre: Juifs et Chrétiens.
(47) D'un creux de noyau de datte: dans la plus petite mesure.
(48) Ce qui leur a été prescrit: ce qui leur est dû (le tuteur les empêchait d'épouser un autre ou les épousait lui-même en vue de s'emparer de leurs biens).

(49) Nous avons brandi le Mont Tor: (le Sinaî) voir S. 2, v. 63.

(50) Car...: autre interprétation: ils ne croyaient pas, à l'exception d'un petit nombre d'entre eux.
(51) Ils ne l'ont certes pas tué: autre sens: ils ne sont pas certains de l'avoir tué.
(52) Avant sa mort: il existe deux interprétations. La première affirmant qu'il s'agit de la mort de Jésus et la seconde estimant qu'il s'agit de la mort d'un partisan des gens du Livre.
(53) Intérêts: voir S. 2, v. 275.
(54) Les croyants: ce sont les Musulmans.

(55) Sa parole: «Sois».Trois: la trinité.
(56) Une preuve évidente... une lumière...: le Coran.

(57) Ils te demandent ce qui a été décrété...: il s'agit ici d'une législation complémentaire qui fait suite non pas au v. 12, mais au v. 127. Le premier fut révélé tout de suite après la bataille d'Uhod - pour répondre à un cas où l'ancienne loi coutumière avait de fâcheuses conséquences - le second, plus tard. Selon l'ancienne coutume, non seulement les femmes, mais même les fils mineurs n'héritaient rien du défunt: seuls les fils en âge de combattre y avaient droit. Dans le cas précis, une veuve avec de nombreux enfants dût perdre du jour au lendemain toute une grosse fortune en faveur de parents éloignés, et devint indigente. Le Coran répara cette injustice.


http://www.islam-fr.com/coran/francais/sourate-4-an-nisa-les-femmes.html

 

Discours transcrit par Monsieur Patrick Jouan, vice-président de la FPU France, et édité par Madame Marie-Christine Odent.


Biographie de M. Doudou Diène


Ancien Directeur de la Division du dialogue interculturel et interreligieux de l'Unesco ; initiateur et responsable des Projets de Routes Interculturelles de l'Unesco : Routes de la Soie, Route de l'Esclave, Routes de la Foi, Routes Al Andalus. Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance (2002-2008). Président du Conseil de l'Alliance Internationale des Sites de Conscience. Vice-Président du Conseil scientifique international de l'Institut international de recherche, politique de civilisation d'Edgar Morin. Membre de la commission d'enquête de l'ONU sur Gaza (2014-2015)

Mesdames et Messieurs, avant de commencer notre réunion, je voudrais vous proposer que nous prenions une minute de silence pour faire en sorte que notre réunion ne soit pas juste abstraite. La première valeur de la paix c'est la compassion, et comme il se passe des événements graves autour de nous en ce qui concerne les migrants et autres, je souhaite que nous fassions un petit acte de compassion en observant une minute de silence pour toutes les victimes des drames qui se déroulent actuellement.


Merci beaucoup ! je voudrais commencer par une interrogation ; comme d'habitude, je ne lis pas de discours je n'aime pas cela, je ne trouve pas que ce soit respectueux pour ceux qui sont présents de venir devant eux et juste de sortir un texte et le lire, je ne prétends pas apporter des réponses, mais plutôt partager avec vous quelques réflexions sur une question éternelle que personne n'a jamais résolue, puis par la suite amener des échanges.


L'arrivée en Europe des migrants


Que signifie le drame que nous sommes en train de vivre ici en Europe avec l'arrivée des migrants ? Que signifie l'image qui est en train d'émerger ici, de ce drame qui continue, une image montrant des victimes, des morts, des parents avec leurs enfants. Que signifie cette image avec des murs et des fils de fer barbelés ? C'est une question qui nous concerne tous. Je voudrais donc partager avec vous des questions comme : comment se fait-il qu'un continent s'est construit une posture d'universalité malgré les déviations que nous connaissons ? Comment ce continent-là auquel des dirigeants, des penseurs ont donné cette universalité, aboutit-il à cette image montrant des murs avec des barbelés ? Cette 1ère question serait donc sur l'universalité ; au lieu de parler d'abord de partenariat pour la paix, parler de valeurs, dont celle de l'universalité.


Le refus de l'universalité


La deuxième interrogation c'est de savoir ce qu'implique ce refus de l'universalité de manière précise dans cette région, le continent où nous constatons des déviances politique comme la montée de l'extrême droite ; elle devient forte et puissante et se trouve à la porte de plusieurs pouvoirs dans de nombreux pays et elle remet précisément en question cette universalité, dans son agenda et sa plateforme politique.
Ce point est très important. On ne peut parler de paix aujourd'hui sans parler de ceux qui remettent en question l'universalité. Avec la situation des migrants nous voyons cette crise en France, en Allemagne, qu'il faut quand même saluer pour son ouverture, en Hongrie ...etc. Des questions fondamentales émergent donc, comme celle l'argumentation utilisée par les forces qui s'opposent à la situation des migrants ; l'exemple de l'Allemagne est significatif dans le sens de la profondeur et du long terme qu'elle préconise. Elle nous dit une chose, dans une Europe où actuellement il y a une crise identitaire profonde : des identités nationales qui ont été construites tout au long de l'histoire, - et les peuples ont eu le droit de construire ces identités de couleurs ou de cultures, - sont profondément remises en question par une multitude d'identités culturelles.


L'effondrement des identités nationales


Il y a donc un changement ou une mutation identitaire. Les vieilles identités nationales sont en train de craquer littéralement, et nous assistons de manière précise à l'émergence de nouvelles identités. C'est une période d'accouchement et tous les accouchements sont douloureux. Nous sommes dans ces douleurs qui s'expriment par la violence et le rejet, le rejet qui est derrière la question de l'universalité, et qui soulève la question de la diversité. Alors, derrière les menaces pour la paix, derrière l'argumentaire de ceux qui veulent faire de leur continent chrétien, blanc etc, derrière le discours de ceux qui rejettent les migrants et refusent qu'ils soient admis et derrière ce que fait précisément l'Allemagne, il y a cette question de l'évolution multiculturelle des sociétés et de la diversité.


La crise de la diversité est aussi au cœur des menaces pour la paix sur le continent africain et d'autres continents également. Et cette diversité, comme dans l'histoire de l'évolution des peuples, a une dimension raciale, ethnique avec les blancs, juifs, arabes, et aussi une dimension religieuse par rapport au christianisme, l'islam le bouddhisme etc. Toutes ces dimensions sont réunies là, ce qui m'amène à dire que nous ne sommes pas dans une période de crise mais de mutation.


L'entrée dans une période de mutation


Mutation car lorsque toutes les crises se déroulent en même temps, crise économique, crise écologique, crise démographique et crise familiale, quand elles arrivent en même temps, ce n'est plus une crise mais une mutation. Mutation lorsque toute la société est en train de changer, et nous sommes dans cette période-là. C'est un point important parce qu'il faut expliquer intellectuellement ce qui se passe pour éviter les lectures idéologiques ou émotionnelles. Nous sommes à mon avis dans cette phase de mutation où tous les paradigmes de la société sont en voie d'être changés. C'est précisément dans ce contexte qu'il faut comprendre ce qui se passe avec les migrants.


Que signifie cette politique allemande sur les migrants ? Elle signifie 2 ou 3 choses fondamentales pour la paix.


1. La politique allemande d'ouvrir ses portes aux migrants est un message éthique, il s'agit d'abord d'éthique, car ce qui se passe derrière cette politique c'est une humanité en souffrance que nous ne pouvons refuser. C'est un point essentiel de l'éthique qui peut transformer les hommes et les femmes.


2. Aussi l'Allemagne est un pays dont l'histoire comme celle de l'Europe, a construit une identité nationale extrêmement rigide, extra forte, raciale ; c'est cette identité-là dont il est question sur le continent européen ; cette politique de l'Allemagne a créé une réponse à la crise d'identité qui est en cours et l'implication, c'est ce que l'Allemagne a dit avec l'arrivée de ces milliers d'immigrés. Techniquement et religieusement cela va faire que ce pays sera différent dans dix ans de ce qu'il est actuellement. L'implication est donc dans la transformation d'une société qui s'est enfermée dans une identité close, une identité qui commence vous le savez à être traduite par la violence, une identité qui a été questionnée dans une étude récente par rapport à la Grèce etc... C'est un point important qui a à voir avec la paix.


3. Le troisième point que je voulais amener dans ma démonstration, c'est la question des conditions de la paix, ou plutôt de ce qui perturbe les facteurs permettant la paix et le partenariat ; aussi, la question de l'éthique qui est fondamentale, les valeurs. Je viens de l'UNESCO où j'ai travaillé pendant 30 ans et l'axe constituant l'UNESCO a été rédigé par des hommes et des femmes qui sont sortis en 1945 de la deuxième guerre mondiale, meurtris avec dans la tête les horreurs de l'holocauste. Des millions de morts et ces gens sont sortis ébranlés, effrayés et ainsi ils ont écrit la constitution de l'UNESCO dont à mon avis l'article central dit que « les guerres naissant dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes qu'il faut bâtir les défenses de la paix ». C'est la seule constitution des Nations Unies où le mot « esprit » est mentionné. Donc dans le débat que nous allons avoir sur le partenariat, il faut revenir sur la question de l'esprit dans sa dimension de spiritualité, sa dimension religieuse qui est une des interpellations majeures de la paix actuellement dans le monde : la place et le rôle du religieux. La France donne l'exemple ici dans les conflits qui ont amené des migrants sur le continent européen, au Moyen-Orient et sur le continent africain.


Derrière la prédominance de ces facteurs, se trouve la question du matérialisme ; c'est donc maintenant que je veux vous proposer certaines explications.
Derrière ce qui s'est passé, il faut essayer de lire une quête qui est faite par les peuples, les hommes, noirs... et les autres, pour la recherche de sens, sens à notre vie, à notre société, notre politique et derrière cette question de sens chez tous les groupes se présentant de manière diverse, surtout la question de l'esprit ; il est très important de lire ce qui est en train de se passer, non pas la lecture pessimiste ou négative qui mène à l'impuissance, d'ailleurs par rapport à ces drames personne n'a de puissance.


Il n'y a rien d'aveugle dans l'histoire, tout a une explication ; mais si vous replacez ce qui est en train de se passer, cette quête de sens que les individus se posent, les communautés, les sociétés, le facteur de l'esprit de se mettre ensemble, que signifie cela pour la société dans laquelle nous vivons ?

Quel sens donnons-nous à nos enfants, nos familles etc. ?


Faut-il donner des réponses par la violence que certains groupes ont décidé d'utiliser ? Ce n'est une réponse nouvelle : l'histoire du monde, l'histoire de l'Europe nous apprend que la violence a été une réponse à ce questionnement à travers l'histoire de l'homme, mais celle-ci est passée actuellement comme lecture. Si vous prenez par exemple la question de la jeunesse, capitale dans la production de la paix, beaucoup de gens lisent le développement quand on voit les images à la télévision, les grands spectacles de rock, de hard rock, la drogue le sexe etc., quand vous regardez attentivement les images physiques, verbales, vous voyez qu'il y a un sens derrière ces rassemblements, celui d'être ensemble et aussi il y a une sorte de communion ; ces jeunes ils posent des questions qui restent sans réponse.


Parlons du rap !


J'ai 3 garçons qui sont nés à New-York ; lorsque j'étais directeur de l'UNESCO à New-York, mes gosses m'ont éduqué au rap, et le rap est né quand j'étais là-bas à New-York de 1977 à 1986, et moi j'ai vu le rap naître dans les banlieues de New-York à Harlem, à Chicago et ailleurs. J'ai vu comment il est né dans les banlieues misérables et pauvres, marginalisées, discriminées et massacrées, des banlieues noires de Harlem, Southside de Chicago et ailleurs ; le discours du rap ? Mes gosses m'ont éduqué là-dessus : à partir d'un discours de violence, violence totale, absolue, lentement ils m'ont fait écouter des chants de rap, qui glissent vers des interrogations de sens, des interrogations spirituelles.
Derrière l'expérience forte et violente, les mots ont changé. Donc quand vous regardez cela, il s'agit de la manière dont vous lisez : je pense que ce point est capital ; quand nous parlons de paix, il faut revenir à ce que nous à l'UNESCO on a tenté de dire : que la paix c'est d'abord au niveau de l'esprit ; mais l'esprit, nous le savons, reçoit dans sa complexité, sa richesse, son mouvement mystérieux, des équations dont les hommes font ce qu'ils veulent ; effectivement cela aboutit à des actes, à des actions qui ne se réfèrent pas au passé, mais en restent à l'actuel, ici et maintenant.


La remise en cause de l'universalité


Nous en revenons à l'actualité avec les migrants et sur le fait que des hommes politiques ont dit comme le 1er ministre que nous allons accueillir les chrétiens, et donc remettre en cause l'universalité, là où il y a la diversité avec des musulmans des bouddhistes, juifs etc. Ce que je veux signaler c'est qu'il ne faut pas laisser ce discours-là continuer. En fait il s'agit de regarder derrière ces discours que l'on entend pour y voir plutôt une quête de sens, et quelle est la place de l'esprit dans nos sociétés. Que devons-nous faire ?


Ce que j'ai appris pendant 27 années de travail, c'est le point capital que représente l'interreligieux, tel que nous en parlons ici dans notre contexte de partenariats pour la paix et aussi d'une éthique pour la paix.
Quand j'étais à l'UNESCO nous avons créé le premier comité international et interreligieux avec le Rabbin Serfati, l'imam..., le chef vaudou du Bénin. Tous les représentants spirituels étaient inclus et on a partagé ensemble pour réfléchir sur des textes à adopter. Pendant 10 ans, nous avons fait ce cheminement et c'est à partir de là, avec des hommes et des femmes de bonne volonté, que nous avons pris conscience chacun(e) que nous portions des lunettes culturelles ; nous avons réalisé que chaque tradition, chaque religion, chaque culture s'est construite à travers l'histoire une identité religieuse, avec toute l'ambigüité du concept de l'identité et que chaque tradition s'est enfermée dans cette identité religieuse, remettant ainsi en question l'universalité de la spiritualité.


Changement de paradigme


C'est cela qui apporte une explication très profonde de notre histoire, de ce que les hommes ont fait de la spiritualité et c'est donc une condition de l'interreligieux et de l'interculturel pour la réalisation de la paix. Cela touche à la question fondamentale de la spiritualité. Alors je propose qu'en ce qui concerne le dialogue interreligieux il y ait la nécessité de changer de paradigme. C'est ce qu'on a fait à l'UNESCO, et ailleurs comme à Séoul cet été. Il faudrait donc :


1. Mettre les hommes et femmes de religion et de spiritualité ensemble, pour qu'ils se parlent, qu'ils échangent....


2. Aboutir à l'adoption d'une déclaration de textes. C'est important ! Il faut passer par les mots et le verbe ; ainsi les valeurs proclamées seront inscrites et il reviendra ensuite à chacun de retourner dans son contexte pour que cela soit repris par les dynamiques politiques qui sont beaucoup plus fortes que les dynamiques religieuses ; en effet nous aboutissons à cette situation paradoxale donnant deux images du religieux : d'une part l'association du religieux à la violence, c'est l'image que l'on voit à la télévision, au cinéma et qui se traduit par ce qui se fait actuellement au Moyen-Orient et ailleurs, des gens tués, des chrétiens, des musulmans et d'autres. Donc ce que l'on voit aux U.S.A., des mouvements de fondamentalistes et, d'autre part, des discours de rejet qui sont faits par des hommes politiques par rapport à l'arrivée des migrants. Donc la violence est là, au cœur du discours religieux. Je suggère alors que l'on change de paradigme :

Il s'agit de remettre en question le dialogue interreligieux à partir de la dimension théologique, c'est-à-dire questionner les textes fondamentaux des messages de chaque religion qui ont une dimension spirituelle. Il s'agit de déplacer ce paradigme de la théologie à l'éthique.

La théologie est un message originel qu'il ne faut pas questionner. Il faut connaître le fondamental de chaque message religieux et aussi du père fondateur, du prophète etc. Connaître, c'est important, car aujourd'hui on ne connaît pas vraiment les messages fondamentaux. Mais il n'y a pas de débat de théologie, le débat doit être sur l'éthique : ce que sont les valeurs communes des religions parce que toutes détiennent un message qui dépend aussi d'un contexte géographique : le bouddhisme au Vème siècle avant J.C, le christianisme avec Jésus-Christ, l'Islam avec Mohamed dans la péninsule arabique, le message des dieux vaudous etc. ; tous ces messages émanent d'hommes vivants dans des contextes très précis mais ils sont porteurs de valeurs, car ils s'adressent à l'être humain, et cela est important. Quand on parle de l'homme on parle d'éthique ; non pas de théologie mais d'éthique, c'est-à-dire des valeurs de comportement. L'acceptation de ces valeurs comme le bien, la compassion la haine etc. Il s'agit donc de ramener la théologie à l'éthique.


3. Aussi je suggère de faire un mouvement important, d'amener les leaders des traditions des religions à se mettre ensemble pour identifier leurs valeurs communes. La lecture ouverte et attentive de discours théologiques permet de constater qu'ils ont tous les mêmes valeurs de respect de la vie, de compréhension du Bien et du Mal, de compassion et d'amour. Tous les prophètes ont eu des contextes mystérieux magiques.

La reconnaissance des valeurs communes


Il s'agit donc de déplacer le débat de la théologie à l'éthique et d'amener les leaders religieux à identifier ensemble ce qui se ressemble, les valeurs communes ; identifier cela ensemble au sein de la FPU, de l'UNESCO ... et montrer cela dans les villes, dans d'autres endroits, cafés, montrer ce que l'on partage comme valeurs multiculturelles, et pointer là où il y a la haine et l'incitation à la violence. C'est un point capital, car c'est le cheminement vers l'autre. Reconnaître en profondeur la spécificité de l'autre, c'est reconnaître l'universalisme.
La reconnaissance des valeurs communes est une démarche importante, une catharsis : en poussant à la reconnaissance des valeurs chez l'autre on reconnaît l'humanité chez l'autre et cette humanité-là est une théologie.
Une fois ces valeurs communes identifiées, la 2ème chose c'est de changer de shift dans le contexte actuel, car ce qui nous domine aujourd'hui dans ces conflits religieux, ce n'est pas le religieux, c'est le problème interreligieux qui est fondamental.


Le shift idéologique de la théologie aux Droits Humains


Ce qui domine, c'est la lecture idéologique du religieux, elle a toujours existé mais dans les temps modernes elle s'est renforcée comme dans le « choc des civilisations » de M. Huntington et chez d'autres.
Cette théorisation du conflit religieux est un facteur dominant ici sur le terrain intellectuel français, extrêmement fort et articulé par de grands intellectuels comme Victor Kraut et d'autres. Ils articulent cela ouvertement et cette lecture idéologique du religieux, est conditionnée, marquée par une géostratégie politique. On insuffle dans l'image de l'islam toute une situation conflictuelle avec le pétrole, le conflit israélo-arabe etc. Il faut désamorcer cette bombe idéologique n'apportant pas de réponse, et shifter cela de l'idéologie aux Droits Humains. Il faut se séparer de ce débat idéologique qui est sans fin, car c'est un discours fermé, l'idéologie n'accepte pas le débat ; il faut donc les laisser comme cela et aller vers les Droits Humains, vers ce qui les nourrit, avec des conventions internationales que l'ONU a adoptées. Voilà la base des Droits Humains, c'est une éthique.


Les Droits Humains ne parlent que d'amour, de compassion, d'égalité ; de compassion contre la discrimination, notamment des femmes, contre le racisme, contre la torture etc. A la base des Droits Humains il y a cette pulsion de l'amour vers l'autre, chez l'homme et la femme dans notre société, qui confrontés aux conflits sont arrivés à cette notion-là. Ce qui est donc important pour les Droits de l'Homme, c'est le shift idéologique de la théologie aux Droits Humains. C'est une construction collective.


Pendant longtemps l'Occident a dit que les Droits Humains c'est nous, car c'était leur intérêt. Quand nous avons été colonisés, on nous a dit : « vous aurez la lumière, la civilisation » et maintenant les Droits Humains modernes c'est la situation de la femme, du religieux, de la jeunesse de l'environnement. L'ONU met les pays ensemble, sur la question de la femme car l'Arabie Saoudite a sa vision de la femme, la France a sa vision de la femme, l'Inde, la Chine ont la leur, et par ce processus qui prend parfois des années on a réussi à discuter ensemble pour inscrire des valeurs communes lors de conventions internationales.


La liberté de conscience et la liberté religieuse


Ce processus est une construction de la paix et c'est également important par rapport au religieux car ce qui ressort des problèmes religieux ici ou là, Iran, Inde, Syrie. c'est une liberté de conscience. Il faut reconnaître chez chaque homme et femme que la liberté de conscience est fondamentale.
L'expression de la liberté religieuse, c'est-à-dire l'expression de ces religions, ce sont les questions que l'on se pose actuellement ; donc il faut reconnaitre 1 - la liberté de conscience, 2 - la liberté de religion et 3 - l'expression de la religion.


Ce qui est important c'est que les Droits Humains soient intégrés dans toutes les constitutions.
La résolution a amené l'Arabie Saoudite, la France, et d'autres, à s'entendre, à s'accepter, à formuler ces textes pour accepter les droits de la femme et la liberté d'expression qui ont été intégrés dans les constitutions.


Ainsi nous allons dire que nous ne faisons pas de débats théologiques entre les religions.
Donc le défi de ce qu'est l'expression religieuse, c'est le droit à la justice ; demander à la France de respecter ses valeurs juridiques telles qu'elle les a exprimées dans sa constitution, dans sa loi, et c'est un point important.


Avant de conclure, je voudrais dire qu'il y a la vision de l'islam que nous avons aujourd'hui en France qui, dans ses débats politiques, offre la scène de cette haine ici ou là. Mais il y a derrière les quartiers des villes et communes, des hommes et des femmes qui se retrouvent ensemble, qui travaillent ensemble en profondeur ; il y a un travail spirituel qui est un travail sur soi car c'est un travail de transformation.
La transformation c'est le cœur de la spiritualité


Il y a l'image d'une France islamophobe dans les discours politiques, mais qu'est-ce qu'il y a derrière ces discours politiques ? Le fait est que l'islam est en train de devenir la 2ème religion en France, donc c'est une réaction derrière ce mouvement.


Il y a 10-15 ans c'était un défi majeur de construire des mosquées car les maires n'en voulaient pas, mais à partir du moment où les musulmans ont utilisé le droit de la loi du sol français, nous voulons maintenant construire un lieu de culte. Si on compare le nombre de mosquées construites maintenant en comparaison d'il y a 10-15ans, il y a eu une explosion, même dans les coins les plus reculés. Je vous donne cet exemple pour vous dire combien ce travail-là en profondeur est nécessaire. Effectivement derrière le discours de violence, il y a le facteur de discrimination, celui de l'ignorance. On ne sait pas ce qu'est l'islam, les musulmans ne savent pas ce qu'est le christianisme, tous les deux ne savent pas ce qu'est le bouddhisme ou le vaudou etc.
Si nous allons dans n'importe quelle maison d'édition comme la Fnac, on vous dira que les livres les plus achetés sont sur le religieux, sur l'islam... Tout simplement parce qu'on a utilisé la laïcité pour combattre la religion et derrière ce discours il y a des questions ; mais pourquoi cette situation ? Ces maisons d'édition vous diront que les livres sur l'islam, sur le christianisme sont achetés car les gens se posent des questions et donc on en revient à la conscience.


Faire bouger le dialogue interreligieux


Le dialogue interreligieux doit bouger, se déplacer de la théologie à l'éthique, se déplacer de l'idéologie aux Droits Humains et enfin le dernier mouvement est de définir cette idée de partenariat pour la paix.
Quand on aura pu créer les conditions dans les communautés, les quartiers pour identifier une éthique, les valeurs communes, quand on aura pu les mettre en avant, exprimer ces valeurs que les religieux ont identifiées, partagées car universelles et qui sont au cœur de ces théologies, il faudra alors traduire ces valeurs dans la réalité.
Dans l'action commune, il ne doit pas y avoir d'abstraction mais une action commune autour de ce qu'est la religion. Alors il y aura une transformation qui s'ensuivra dans la vie, parce qu'on aura donné des réponses. C'est un point très important.
Donc par rapport au thème de notre réunion, avant de parler de partenariat, il doit y avoir tout un travail en amont ; ainsi il y a des mécanismes existant aux Nations Unies que beaucoup d'ailleurs ne connaissent pas. Ainsi l'ONU vient d'adopter la décennie du Rapprochement des Cultures, ils l'ont adoptée l'année dernière et l'UNESCO a été désigné comme l'agence qui doit activer cela. Le rapprochement des cultures est fondamental.


C'est ce que l'UNESCO est en train de faire et j'ai mentionné qu'il faut éviter que cela soit capté par les pays et les états, il faut donner la parole aux gens, créer des postes pour le rapprochement des cultures qui soient politico-diplomatique mais basés sur le vivre-ensemble.


Comment traduire ce rapprochement des cultures dans ce vivre-ensemble ? En effet, il y a un sens précis qui doit se prendre dans ce rapprochement des cultures.
Relier la culture à 3 dimensions : l'esthétique, l'éthique et le spirituel.


La dimension esthétique c'est celle que l'on voit chaque fois que l'on se rencontre, chacun avec ses vêtements, l'art africain, le château de Versailles. mais on ne peut se limiter à cela, on ne peut comprendre profondément l'autre, l'autre communauté, donc il faut aller de l'esthétique à l'éthique. Quelles sont ces valeurs qui ont fait cette esthétique ? Pourquoi on a construit des monuments comme la mosquée de Casablanca, ou le temple au Cambodge ?

Ces formes-là expriment des valeurs, il faut se pencher sur ces valeurs qui sont à la base des expressions culturelles et qui nous amènent à aller vers l'autre. Alors on constate la communauté des valeurs, la dernière étant la notion de spiritualité.


Derrière toutes les religions il y a une vision de l'univers, de l'homme, de la vie, il y a une spiritualité derrière tout cela. Inscrire donc ce terme de rapprochement des cultures.
Il faut créer de nouvelles conditions. Le désir de la valeur fondamentale de la construction de la paix, c'est de ramener au cœur de la conscience ce que l'UNESCO a dit, comme quoi si la guerre et donc la paix naissent dans l'esprit des hommes, il s'agit de vivre ensemble, dans des sociétés multiculturelles. Vivre ensemble, c'est cela qui définit sans a priori le partenariat pour la paix.


Voilà quelques réflexions que je voulais partager.


Merci.


https://france.upf.org/conferences-en-france/211-france-2015/paris-septembre-2015/681-presentation-de-m-doudou-diene-changement-de-paradigme-du-dialogue-interreligieux

 

 

MARCEL NGUIMBI, PENSÉES ET ITINÉRAIRES ÉTRANGES

Hommage
Cahier du jeune chercheur n°42018
Marcel Nguimbi
Sous la direction de Fabrice Moussiessi et Miser Ondze Yandza
PHILOSOPHIE 


Marcel Nguimbi enseigne que toute épistémologie est épistémologie de quelque(s) science(s), de quelque(s) discipline(s) scientifique(s) ; que l'épistémologie de Karl R. Popper, qui est sans visage et sans rivage, est rongée par un paradoxe méthodologique entre le principe (universel) de la méthode du trial and error et l'applicabilité (particulière) de celle-ci ; que, malgré tout, la méthode du trial and error est applicable à l'Afrique et au mode de vie de l'Africain du XXIe siècle.



Fabrice MOUSSIESSI est le premier Docteur en Philosophie sous la direction scientifique du Professeur Marcel Nguimbi, à l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville, au Congo. Chargé de Cours à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, il enseigne la logique et la philosophie des sciences.
Miser ONDZE YANDZA est le deuxième Docteur en Philosophie sous la direction scientifique du Professeur Marcel Nguimbi, à l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville, au Congo. Professeur Certifié des Lycées, il est auteur de plusieurs travaux en logique, histoire et philosophie des sciences.
Marcel NGUIMBI est Professeur Titulaire des Universités (CAMES) en Philosophie. Directeur de publication du Cahier du Jeune Chercheur, il est également Rédacteur-en-Chef des Cahiers épistémo-logiques de la Formation Doctorale de Philosophie de l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville, Congo. Auteur de plusieurs travaux sur l'épistémologie de Karl Raimund Popper et autres en philosophie de la logique et du langage.

 

Au Sénégal, le trafic de faux médicaments n'est pas pénalisé.


« Une complicité étatique, des moyens existent mais la corruption fait passer en second plan cette problématique sérieuse. Il faut enrayer ce fléau et c'est toujours les faibles qui paient faute de moyens. P B CISSOKO »


Sur le marché de Keur Serigne Bi, temple du faux médicament et du trafic à Dakar en janvier, un homme lance : «Tu cherches quoi ? J'ai tout, mieux qu'à la pharmacie.» Photo Sylvain Cherkaoui


A Dakar, les faux médicaments s'achètent entre les échoppes, mais c'est Touba, deuxième pôle économique sénégalais, aux mains de la puissante communauté religieuse des mourides, qui est le cœur du trafic.
• Au Sénégal, une gangrène en «zone de non-droit»


«Tu en prends deux, deux fois par jour, au bout d'une semaine tu verras les résultats.» Abdou tend des comprimés à une adolescente qui veut maigrir. «En pharmacie, c'est 18 000 FCFA (27 euros), je te les fais à moitié prix», renchérit-il. La boîte vient d'Inde, pas de date d'expiration, juste la silhouette d'une blonde filiforme à forte poitrine. De quoi faire rêver la jeune cliente. Le nom du médicament, Apatin, est inconnu au bataillon. Il trône sur une petite table en bois, au milieu de produits pour développer son sexe ou amincir ses hanches. Sur le trottoir de l'avenue Blaise-Diagne, en plein centre-ville de Dakar, s'étend le marché Keur Serigne Bi. Le temple du faux médicament, mais aussi de celui issu du trafic, comme le Cytotec, destiné au traitement de l'ulcère, interdit en France. Les femmes s'en procurent ici sans ordonnance, pour avorter clandestinement et quel que soit le prix.


Arrière-boutiques. Entre les échoppes, les vendeurs apostrophent les passants. «Tu cherches quoi ? J'ai tout, mieux qu'à la pharmacie», lance un homme élancé, la quarantaine, boubou à la mode, lunettes de soleil vissées sur la tête. La boîte d'antidouleurs qu'il tient entre ses mains pour appâter le client est pourtant périmée et déjà annotée par un pharmacien. Son stock se trouve dans les arrière-boutiques. Impossible de le suivre ni d'en connaître la provenance. «Je me fournis au même endroit que tout le monde», rétorque le vendeur, sur la défensive. Au Sénégal, la route du faux médicament fait escale à Touba, la deuxième ville du pays. Le cœur du trafic, selon le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, chiffres à l'appui : près de 350 officines clandestines y ont pignon sur rue, certaines ont des chiffres d'affaires qui dépassent les 300 000 euros. Des pharmacies en apparence régulières, mais jamais de cachet ni de facture accolés aux ordonnances. «On y fait du commerce comme dans les boutiques de quartier. Négociation des prix, prêt, vente au détail...» explique le docteur Assane Diop, président du syndicat. Un business lucratif, alimenté par un circuit en provenance de Gambie, de Guinée-Conakry et du Nigeria. D'autres cargaisons débarquent directement des pays asiatiques.

Un marché qui représente 20 millions d'euros, estime le Syndicat des pharmaciens privés. Montant non confirmé par le ministère de la Santé.
En novembre 2017, c'est en banlieue de Touba qu'est saisie la plus importante quantité de médicaments contrefaits dans l'histoire du pays. 1,7 million d'euros de marchandises importées de Guinée. La douane porte plainte, l'ordre national des pharmaciens se constitue partie civile. Les deux trafiquants écopent d'une peine de sept et cinq ans de prison, assortie d'une amende de 3 000 euros et 300 000 euros de dommages et intérêts. Une première. Au Sénégal, le trafic de faux médicaments n'est pas pénalisé. Aucune législation spécifique n'existe et le pays n'a pas encore ratifié la convention européenne Medicrime, relative aux délits associés à la vente et la fabrication de produits médicaux falsifiés. «Ce procès, c'est déjà un pas franchi, assure-t-on au Syndicat des pharmaciens privés, mais Touba reste une zone de non-droit et c'est le nœud du problème.» Référence faite à la puissance de la communauté religieuse des mourides qui serait au centre du trafic. Un groupe qui a érigé Touba en deuxième économie du pays, convoitée de tout temps par le pouvoir politique. «Aucune enquête d'Interpol n'a osé y mettre les pieds, et nos autorités sont tout aussi frileuses», déplore un acteur du secteur. En 2016, un cas de décès a été enregistré à Touba, un homme, après avoir pris un faux médicament. L'enquête n'a pas eu de suite.


Au ministère de la Santé, on assure que le trafic a beaucoup diminué.  (faux  faux  l'Etat ferme les yeux)

Sa stratégie à Touba : implanter des pharmacies officielles pour couper l'herbe sous le pied aux structures clandestines. Une dizaine de nouvelles officines ont été ouvertes en deux ans et un comité national de lutte contre les faux médicaments a été créé, mais au maigre budget. «On tente de tarir les sources d'approvisionnement, explique le professeur Amadou Moctar Dieye, de la Direction de la pharmacie et du médicament. Renforcer le contrôle aux frontières, multiplier les descentes dans les entrepôts... On va vers un durcissement.»
Asthme. Au Sénégal, 70 % des dépenses de santé des ménages concernent les médicaments. Mais les ordonnances coûtent cher pour une famille : 4,5 euros en moyenne par prescription. Et la moitié de la population ne bénéficie pas de la couverture maladie universelle.

Mame Kiné patiente, assise par terre avec son nourrisson, dans le dispensaire de son quartier, à Rufisque en banlieue de Dakar. Elle n'a plus mis un pied au marché noir depuis que sa fille aînée n'a pas supporté un médicament acheté dans le circuit parallèle. Des douleurs au ventre terribles, quelques heures après avoir ingurgité une pilule. Ce matin, lors de sa consultation, le médecin lui propose de s'inscrire à un programme qui touche certains quartiers populaires de la ville. JokkoSanté, une plateforme de financement via mobile qui offre des points gratuits pour payer des ordonnances. «Mes trois enfants sont asthmatiques, chaque mois je peux dépenser jusqu'à 30 000 FCFA (45 euros) pour des ordonnances, explique la jeune mère de famille. On m'a plusieurs fois prescrit des médicaments, mais je n'avais pas d'argent, je n'ai pas pu les acheter.» Le téléphone de Mame Kiné vibre sur la table.

Un SMS de JokkoSanté lui confirme sa prise en charge, elle vient de recevoir 5 000 points gratuits, soit 5 000 FCFA, 7,5 euros, pour payer sa prochaine prescription à la pharmacie. A l'origine de cette initiative, Adama Kane, un entrepreneur sénégalais qui veut démocratiser l'accès au médicament et lutter contre le trafic. Depuis 2015, il récolte des fonds auprès d'entreprises, de fondations et d'ONG qui servent à financer les ordonnances de populations vulnérables. Les patients sont orientés vers des pharmacies partenaires, JokkoSanté y paye les factures à la fin de chaque mois. «A notre manière, on s'attaque à la vente illicite de médicaments. Car permettre aux personnes démunies d'avoir les moyens de se payer une ordonnance dans une officine, c'est très important», soutient Adama Kane. 4 000 personnes en bénéficient déjà à Dakar et en banlieue.

https://www.liberation.fr/planete/2019/03/03/au-senegal-une-gangrene-en-zone-de-non-droit_1712806

 

Destruction de médicaments contrefaits, à Pékin en 2013. L'essentiel de la fabrication de faux produits de santé se concentre en Chine et en Inde. Photo Zhang Wei. Imaginechina
La recrudescence du juteux trafic de produits de santé contrefaits a des conséquences dramatiques dans le monde entier, notamment en Afrique. L'UE vient de son côté de renforcer sa législation.


De vrais morts pour de faux médicaments


Un code-barres pour chaque médicament vendu. Telle est la mesure prise pour lutter contre la recrudescence des contrefaçons et des faux médicaments en Europe. Entré en vigueur le 9 février, ce dispositif de sérialisation répond à une directive européenne votée en 2011. Appelé «datamatrix», le nouveau pictogramme noir et blanc n'est pas qu'un simple code barre. Véritable carte d'identité du médicament, ce code informatique unique figure désormais sur chaque boîte de médicaments vendue en Europe. Le numéro est une suite de 20 caractères alphanumériques. Il permettra de vérifier que la boîte est vierge de toute manipulation. Une fois scannés, l'emballage et ses données sont vérifiés en temps réel sur une base de données européenne. En charge de la mise en œuvre et du financement du système, les laboratoires pharmaceutiques européens ont adapté leur ligne de production pour un montant évalué à plusieurs centaines de millions d'euros. En plus de ce numéro de série, chaque étui sera muni d'un dispositif d'inviolabilité : une bague en carton qui permettra d'assurer au consommateur que le médicament n'a pas déjà été ouvert. L'objectif de cette mesure est de lutter contre le trafic des médicaments falsifiés dans la chaîne d'approvisionnement légale. Mais aussi de renforcer le circuit de distribution du médicament pour tracer et repérer les faux.
100 000 décès en Afrique


Depuis mai 2017, le conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté une nouvelle résolution de dénomination des médicaments. Les mots «sous-standard» et «falsifié» désignent respectivement les produits de qualité inférieure et ceux présentés comme ce qu'ils ne sont pas. Les sous-standards concernent par exemple les vaccins détériorés.
Selon Bernard Leroy, directeur de l'Institut de recherche anticontrefaçon des médicaments (Iracm), «il arrive que des conteneurs de médicaments en provenance de Chine soient stockés en Afrique. Parfois, afin de toucher un pot-de-vin pour livrer plus rapidement la cargaison, le douanier laisse les conteneurs au soleil. A l'intérieur, la température peut monter jusqu'à 80 degrés. Cela réactive automatiquement les souches des vaccins.»Le terme «contrefaçon» est quant à lui réservé à la désignation des infractions liées au droit des marques. «Malheureusement, les lois relatives à la propriété intellectuelle sont souvent utilisées lorsqu'on traite de faux médicaments, comme au Sénégal (lire pages 4-5), où les peines réductibles s'étendent seulement de six à soixante jours d'emprisonnement pour un gros trafiquant», précise Bernard Leroy. Un médicament sur dix vendus dans le monde est un faux, estime l'OMS. Dans certains pays, ce chiffre peut même atteindre sept médicaments sur dix - notamment en Afrique où 100 000 personnes meurent tous les ans à cause d'un recours aux faux médicaments.


Que représente cette production factice illégale par rapport au volume de la production pharmaceutique mondiale ? Selon Bernard Leroy, «la production légale s'élève à 1 000 milliards de dollars tandis que les faux médicaments représenteraient entre 70 et 200 milliards de dollars dans le monde». L'essentiel de la production de faux se concentre en Chine et en Inde, deux pays qui fabriquent également les matières premières et les principes actifs de beaucoup de médicaments commercialisés dans les pays occidentaux. «Au Pakistan, la production se déroule dans des arrière-cours. En Chine, c'est dans l'industrie licite, qui fabrique la matière première pour le monde entier, que le trafic se fait, explique le directeur de l'Iracm. Un pharmacien véreux effectue une dérivation sur la chaîne de distribution. Cela lui permet d'obtenir une certaine quantité d'ingrédients de base du vrai médicament, qu'il coupe au maximum afin de le diminuer à hauteur de 5 %.»


Initiée par Interpol et l'Organisation mondiale des douanes, l'opération «Pangea» est la principale action coordonnée à l'échelle internationale pour lutter contre les trafics de produits de santé illicites. Menée pour la 11e année consécutive, cette opération s'est déroulée au mois d'octobre. Plus de 466 000 produits de santé falsifiés et une tonne de produits pharmaceutiques illicites commercialisés en ligne ont été saisis à cette occasion sur le territoire français. Depuis 2018, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp), dirigé par le général Jacques Diacono, a agrandi son arsenal répressif. Il est désormais possible pour les enquêteurs de se glisser dans la peau d'un acheteur et de participer, sous pseudonyme, à des échanges électroniques afin de stocker des données sur les revendeurs en ligne. Ainsi, 116 sites de revente illégale ont pu être identifiés cette année.

Lancée en 2017 à la suite de la découverte d'un trafic de Subutex entre la France et la Finlande, l'opération européenne Mismed, pour «misused medicines», est pilotée par l'Oclaesp. Jacques Diacono le confirme à Libération : la dernière édition a permis de «montrer que la problématique des médicaments contrefaits est de plus en plus importante en Europe. Certains produits ont l'apparence d'un packaging Sanofi mais n'en sont pas. Près de la moitié des médicaments saisis sur le sol européen sont des contrefaçons. Avec l'apparence de vrais, produits par des entreprises. Le reste, ce sont des médicaments qui sortent de la production illégale. Ils ne ressemblent pas au produit des laboratoires pharmaceutiques». Grâce à cette opération, les divers services européens ont dirigé 43 enquêtes judiciaires et arrêté 24 groupes criminels organisés sur les 16 pays participants. «En France, l'office a démantelé quatre organisations criminelles. Les douanes ont saisi environ 700 000 médicaments en France sur les 13 millions interceptés en Europe, précise le général Jacques Diacono. Le trafic est de plus en plus organisé, mené par de vrais criminels. Beaucoup de médicaments légaux, comme le Subutex, sont détournés de leur usage et ensuite revendus à des fins psychotropes.»
«Cartel»
Le business de la contrefaçon de médicaments est un commerce juteux. Alors que pour 1 000 dollars investis, le trafic d'héroïne représente en moyenne 20 000 dollars de gain, le même investissement dans la falsification d'un médicament «blockbuster» - produit vedette du marché légal - rapporterait selon l'Iracm un bénéfice allant de 250 000 à 450 000 dollars. Plus lucratif que les stupéfiants et surtout moins risqué en termes de poursuites. «Le ratio investissement, rendement et risque encouru est phénoménal. C'est bien pour cela que ce trafic s'accroît, déplore Bernard Leroy, le directeur de l'Iracm. Le principal cartel de drogue mexicain s'intéresserait même à se reconvertir dans les faux médicaments.» Malgré sa dangerosité pour la santé publique, le trafic de faux médicaments n'entre pas dans le champ du trafic de stupéfiants. «Au regard des textes internationaux, les faux médicaments relèvent du droit de la contrefaçon, explique Philippe Lamoureux, directeur général du Leem (les entreprises du médicament). Mais le fait de contrefaire des médicaments, parce qu'il met en jeu la santé humaine, est réprimé bien plus sévèrement que la contrefaçon de sacs Louis Vuitton.»


Dans les pays en développement, les médicaments représentent une grande proportion des coûts de santé. Vendus en plaquette ou à l'unité à des patients qui n'ont pour la plupart pas de couverture médicale, la véracité de l'emballage passe au second plan. En Afrique subsaharienne, la contrefaçon atteint des proportions «phénoménales», selon Philippe Lamoureux : «Dans certains pays africains, on considère qu'il y a pratiquement un médicament sur deux qui est faux. C'est un problème de santé publique dramatique car vous courez le risque de ne pas avoir la dose de principe actif nécessaire, de ne pas avoir de principe actif du tout, ou pire d'avoir un produit qui contient des substances dangereuses pour la santé.»
Lutte farouche
Au Bénin, le président Patrice Talon, en poste depuis avril 2016, mène une lutte farouche contre les faux médicaments. Lors du 32e sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, le 10 février, les pays membres ont adopté à sa demande le traité de création de l'Agence africaine du médicament en vue de lutter contre la prolifération des faux médicaments. «Nous sommes en train de mettre au point des systèmes référentiels pour mettre en vigueur les bonnes échelles de peine en Afrique. Cela se met en place doucement, souligne Bernard Leroy, le directeur de l'Iracm. Cela devient très préoccupant. Il faut qu'il y ait des actions fortes menées par le G7 et surtout le G20.»
En Europe, et en France en particulier, le problème autour de la falsification est de nature différente. Les imitations de produits ont atteint un tel niveau de perfectionnement qu'il est parfois impossible de distinguer le vrai du faux à l'œil nu. «Les copies sont moins faciles à détecter que dans les pays en développement, constate Philippe Lamoureux. En France, nous sommes heureusement protégés par notre système de distribution car la chaîne est très sécurisée, de l'industriel au pharmacien d'officine en passant par le distributeur.» Les quatre médicaments les plus falsifiés dans l'Hexagone sont les produits contre les troubles de l'érection, les amincissants, les anabolisants et les solutions pour se blanchir la peau. Deux canaux sont privilégiés dans le pays : les zones de transit, comme les ports ou les aéroports, et Internet. «Alors qu'en Allemagne des anticancéreux falsifiés se sont retrouvés dans la chaîne légale du médicament, le risque est infime en France car nous avons un système sûr, reconnaît Jacques Diacono de l'Oclaesp. La sérialisation des médicaments intervient justement pour lutter contre ces trafics.»

Contrefaçon, faux...


Médicament contrefait : La convention Médicrime du Conseil de l'Europe définit la contrefaçon de médicaments comme «la présentation trompeuse de l'identité ou de la source». Ce terme a une connotation juridique qui insiste sur la notion d'atteinte aux droits à la propriété intellectuelle. Pour l'OMS, un médicament contrefait est un produit délibérément et frauduleusement muni d'une étiquette n'indiquant pas son identité véritable. Parmi les médicaments contrefaits, certains peuvent contenir les bons principes actifs ou n'en contenir aucun.
Faux médicament : Pour l'Institut de recherche anticontrefaçon des médicaments, la falsification est «l'action d'altérer un produit volontairement en vue de tromper». Le terme «falsification» met l'accent sur les risques d'atteinte à la santé publique.


Médicament sous-standard ou non conforme : Ce sont d'authentiques médicaments produits par des fabricants qui ne respectent pas les standards de qualité élaborés dans le cadre national. Ces médicaments peuvent être sous-dosés ou mal étiquetés.


En France, la hausse des ruptures de stock de médicaments


Ces derniers mois en France, ce n'est pas tant la présence de faux médicaments qui pose des problèmes sanitaires, mais un phénomène nouveau qui s'aggrave, celui des ruptures de stock. Elles se multiplient, touchent désormais des classes variées de molécules. En 2016, on a pu relever 218 ruptures de stock de médicaments. Et la durée moyenne de celles-ci n'est pas anodine : plus de quatre mois. Elles sont symptomatiques d'une évolution mondiale du marché. Comme le notait un rapport du Sénat en septembre, ce sont souvent des causes économiques qui expliquent ce nouveau phénomène, avec entre autres l'accroissement de la demande et l'incapacité des laboratoires à augmenter leurs capacités de production pour répondre à ces variations. C'est le marché mondial qui est entré en tension générale.
Charles Delouche

https://www.liberation.fr/planete/2019/03/03/


 EDUCATION FORMATION TRAVAIL SOCIAL France

Issu du colloque « Éthique de l'Accompagnement et Agir Coopératif », organisé à l'université de Tours en mai 2016, cet ouvrage propose à un ensemble de praticiens de l'accompagnement collectif, issus de champs professionnels et d'espaces géographiques divers, de mettre en perspective leurs démarches d'accompagnement collectif. Chaque contributeur donne à voir la réalité la plus concrète des dispositifs conçus et mis en oeuvre, avant d'en analyser les sources, les conditions et les effets. Les textes rassemblés dans cet ouvrage permettent ainsi, en partant de la réalité du terrain, d'interroger les conditions pratiques et théoriques d'un « agir coopératif » dans les métiers de la relation à autrui.

Sébastien Pesce, professeur de sciences de l'éducation à l'université d'Orléans / ESPE-Centre Val de Loire (EA 7493 ERCAE) a été enseignant dans une classe unique Techniques Freinet / Pédagogie Institutionnelle. Ses travaux portent sur les pédagogies coopératives et institutionnelles, la prévention de la violence et le travail en équipe. Il a récemment publié, avec A. Stables, W. Nöth, A. Olteanu et E. Pikkarainen, Semiotic Theory of Learning. New Perspectives in the Philosophy of Education (Routledge, 2018).

Hervé Breton est maître de conférences en sciences de l'éducation à l'université de Tours et membre de l'EA7505-EES. Ses travaux interrogent les pratiques d'accompagnement des adultes dans des contextes de formation, de transition professionnelle, de reconnaissance et de validation des acquis, selon une perspective herméneutique et biographique. Il est co-directeur de la revue Chemins de formation, président de l'Association internationale des histoires de vie en formation (ASIHVIF).

Avec les contributions de : Martine Agogué, Marco Allenbach, Sébastien Baeta, Sylvie Barbier, Laurence Bergugnat, Éric Bertrand, Roberta Carvalho Romagnoli, Nicole Clerc, Jérôme Eneau, José González-Monteagudo, François Guerrier, Catherine Guillaumin, Suzanne Guillemette, Françoise Héraut, Bruno Hubert, Sylvie Le Nir, Muriel Leselbaum, Philippe Lyet, Jean-François Marambaud, Fabienne Kwocz, Hugues Pentecouteau, Frédérique Rebetez, Samuel Renier, Christèle Roux, Branka Rupic, Emmanuel Rusch

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