"Avant que les ombres s'effacent". (Comment Haïti sauva des Juifs) par Louis-Philippe Dalembert/Roman

Comment Haïti sauva des Juifs Louis-Philippe Dalembert raconte un pan méconnu de la Seconde Guerre mondiale dans un roman captivant,
Par Valérie Marin la Meslée
| Le Point.fr

Louis-Philippe Dalembert publie un nouveau roman qui raconte la vie d'un médecin juif polonais parti à Haïti durant la Seconde Guerre mondiale. © Laurence Lamoulie
Sait-on qu'Haïti, en 1939, adopte un décret-loi octroyant la naturalisation haïtienne immédiate à tous les Juifs désireux de l'obtenir ? Ce pan méconnu de l'histoire inspire à l'écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert son nouveau roman, formidablement enlevé, intitulé Avant que les ombres s'effacent. Son talent allège le poids des tragédies du XXe siècle qu'il parcourt, de la Pologne où naît son héros, jusqu'à Port-au-Prince où il vit ses derniers jours. Médecin juif polonais, né à Lodz en 1913, Ruben Schwarzberg, émigré en Allemagne, devient par les hasards de la vie un citoyen haïtien en 1941. Il ne quittera plus l'île de Toussaint Louverture, ce havre improbable où il a construit sa vie après un parcours tumultueux qu'il relate, une nuit durant, à sa petite cousine, venue avec une ONG israélienne porter secours à la ville détruite par le séisme en 2010.
Buchenwald, Cuba, Paris


De Berlin, où les persécutions obligent toute la famille du jeune homme à fuir, les uns aux États-Unis, les autres en Palestine, Ruben, miraculeusement réchappé de Buchenwald avec son oncle, passe par Cuba et arrive à Paris. La diaspora haïtienne lui tend les bras, c'est peu dire, qu'il s'agisse d'une belle femme mûre, d'un célèbre poète, Roussan Camille, qui œuvre, au sein de la Délégation, à lui accorder la nationalité haïtienne, ou encore de la poétesse Ida Faubert qui l'héberge. Au milieu des frayeurs, Ruben a compris que vivre passe par la débrouillardise, la jouissance de l'instant et la confiance en certains justes.


Solidarité humaine


Cette traversée épique et délicieusement rocambolesque de la Seconde Guerre mondiale est portée à partir d'un épisode documenté, par l'imagination du romancier qui conjugue son érudition, son expérience du nomadisme et du croisement des cultures. Il narre cette aventure avec tendresse, humour, et réussit aussi bien à installer les ambiances (de l'immeuble familial à Berlin au Bal nègre, sans oublier les soirées poétiques) qu'à incarner ses personnages dans une langue charnue, tonique et bondissante. Livre d'hier et d'aujourd'hui, Avant que les ombres s'effacent est un voyage littéraire formidablement constructif où la solidarité humaine défie et défait les murs...
Itinérance créole
En marche sur la terre en est un autre, en poésie cette fois, puisque c'est le titre du dernier recueil de poèmes de Dalembert, qui y poursuit son itinérance créole (il était invité au festival de Deauville « Livres et musiques » sur le thème des Littératures créoles) le regard ouvert sur un monde métissé, à partir du petit pays natal, « un grain de sable sur la carte du monde, longtemps je l'ai confondu au tracé de la terre ». Et le cœur plein de son « enfance haïtienne » : dans un ouvrage collectif qui porte ce titre et réunit de très belles plumes haïtiennes, il a extrait un souvenir au prisme du cinéma qui faisait les beaux jours de son quartier populaire, à Port-au-Prince : comme tous les adolescents, le jeune Louis-Philippe, particulièrement cinéphile, se demande bien pourquoi, mais pourquoi donc, il leur a été interdit d'assister à la projection du Dernier tango à Paris ! Un récit adorable, et du monde entier, lui aussi.


« Avant que les ombres s'effacent » de Louis-Philippe Dalembert, Sabine Wespieser éditeur, 296 pages, 21 euros.
« Une enfance haïtienne », textes recueilllis par Guy Régis Jr, Haute enfance, Gallimard, 160 pages, 13,50 euros
"En marche sur la terre", de Louis- Philippe Dalembert, ed Bruno Doucey, 136 pages, 15 euros.


Après le roman «Écoutez nos défaites», et la pièce «Danse, Morob», publiés en 2016, Laurent Gaudé revient avec «De sang et de lumière», publié chez Actes Sud, un recueil de poésies dénonçant le sort que les hommes font aux opprimés, hier aux esclaves du commerce triangulaire et aujourd'hui aux réfugiés déboutés
du droit d'asile. À ses côtés, Jérôme Ferrari évoque «Il se passe quelque chose», une série d'essais qui passent au crible la société et l'exacerbation des passions tristes. Philippe Djian publie «Marlène», chez Gallimard, Louis-Philippe Dalembert «Avant que les ombres s'effacent», chez Sabine Wespieser, et Maryam Madjidi «Marx et la poupée» au Nouvel Attila.

Dans africulture on lira ceci
Sur les traces d'une histoire juive en Haïti
Avant que les ombres s'effacent


Entretien de Anne Bocandé avec Louis-Philippe Dalembert | Entretien


Publié aux Editions Sabine Wespieser, Avant que les ombres s'effacent, de Louis Philippe Dalembert revient sur un épisode méconnu de la seconde guerre mondiale : l'accueil et la naturalisation par Haïti de juifs d'Europe persécutés. C'est une histoire de transmission, celle d'un grand-père, terminant ses jours à Haïti, à sa nièce qui a grandi en Israël. Il déploie peu à peu son épopée dans les années 30, de la Pologne, à l'Allemagne en passant par Paris, jusqu'à Port au Prince. C'est une fiction à tiroirs, sans angélisme, qui raconte aussi quelque chose de la société haïtienne, dans sa complexité. Rencontre avec l'auteur pour échanger autour de son processus d'écriture.


Africultures. Louis-Philippe Dalembert, pour votre roman Avant que les ombres s'effacent, vous vous servez beaucoup d'une matière historique bien réelle ; la Seconde Guerre mondiale et l'extermination des Juifs d'Europe. Votre personnage principal, né en Pologne, se retrouve à fuir vers l'Allemagne, à être enfermé à Buchenwald avant de s'en aller vers les États-Unis, à bord du Saint Louis.
Louis Philippe Dalembert. J'avais déjà raconté l'histoire du Saint Louis dans un livre document sur Cuba, intitulé Le Roman de Cuba. Que dit cet épisode du Saint Louis ? Nous sommes en mai 1939.

Le gouvernement nazi laisse partir pour Cuba près d'un millier de Juifs, dont certains ont survécu aux camps en Allemagne. Sauf que quand ils arrivent à Cuba, on ne veut pas d'eux, sous prétexte qu'ils sont des demandeurs d'asile disposant de simples visas de touristes. Les Américains et les Canadiens non plus n'en veulent pas. Les voilà obligés, après de vaines tractations, de rebrousser chemin... Le commandant du Saint Louis envisage, à l'approche des côtes britanniques, de mettre le feu au bateau pour obliger le gouvernement de la Grande-Bretagne à intervenir. Comme il y a eu un battage médiatique, un certain nombre de pays, dont la Hollande, la Belgique, l'Angleterre et la France, ont fini par accepter de les accueillir et se sont partagés les réfugiés. Il y avait déjà cette crainte, de la part des États Unis notamment, que parmi les réfugiés puissent se cacher des espions de l'armée allemande.

Un peu comme aujourd'hui avec la crainte qu'il y ait des combattants de Daech ou d'Al-Qaïda parmi les réfugiés qui traversent la Méditerranée. Déjà, tout le monde se renvoyait la balle, comme aujourd'hui : « moi j'en ai assez », « j'en ai trop »... Et on sait comment ça s'est terminé. J'ai donc repris cet épisode du Saint Louis sous forme romanesque, en y introduisant le personnage principal d'Avant que les ombres s'effacent, le Dr Ruben Schwarzberg. Il se retrouve ainsi à Paris, accueilli et hébergé par la petite communauté haïtienne.


Vous aviez donc conscience dès l'écriture de ce parallèle avec l'actualité ?


J'y ai pensé bien évidemment. Et ça a été même l'un des points de départ du roman. Sans toutefois parler directement de l'actualité d'aujourd'hui. L'histoire a cette fâcheuse tendance à bégayer. Et en même temps ça me permettait de rendre hommage à Haïti, à son courage. Ce petit pays n'avait pas grand-chose, mais ce pas grand-chose, il a été prêt à le partager. À travers Haïti, je voulais aussi rendre hommage à tous ceux qui, par la petite histoire, ont fait la Grande Histoire. Ce qui m'a guidé aussi dans l'écriture du roman, c'est l'histoire qui m'a été rapportée par un ancien ambassadeur d'Haïti en Allemagne. Un jour, un citoyen américain s'est présenté à l'ambassade à Berlin et a insisté pour le voir. Il a fini par le recevoir. Cet Américain était le descendant d'un Juif allemand que l'ambassadeur d'Haïti de l'époque avait sauvé, avec d'autres coreligionnaires, en 1938 pendant la Nuit dite de Cristal. Plus de soixante ans après, le petit-fils de cet homme avait dans sa poche la photocopie du sauf-conduit délivré à son grand-père.


En 1939, Haïti décide d'accueillir et de donner la citoyenneté à des Juifs menacés. Comment le pays a-t-il pu se défaire de la mainmise américaine encore bien présente malgré le retrait officiel de l'île en 1934 ?
C'est vrai que l'administration était formée par des gens à la botte des Américains. Malgré tout, Haïti a pris cette décision. C'est lié à l'histoire du pays, aux circonstances de sa création, qui l'ont rendu solidaire des peuples soumis. En 1938 déjà, après la conférence d'Évian, Haïti, à l'instar d'autres pays comme le Chili, avait proposé d'accueillir 50 000 Juifs. La proposition avait été combattue pour les Américains, et Haïti avait dû faire machine arrière. Mais en 1939, Haïti a pris un décret loi de naturalisation dit in absentia, qui permettait de proposer des passeports ou des sauf-conduits à tous les Juifs qui voulaient échapper au nazisme.


Dans quelle mesure cette histoire est-elle connue et écrite dans le récit national historique d'Haïti ?


Cette histoire est peu connue du grand public, même en Haïti, mais elle commence à l'être. Ainsi en 2009, le Centre international de documentation et d'information haïtienne, caribéenne et afro-canadienne (Cidihca) dirigé par l'Haïtien Frantz Voltaire a été à l'origine d'une exposition intitulée, « Juifs et Haïtiens, une histoire oubliée ». Puis il y a eu le tremblement de terre de 2010 en Haïti et l'exposition sera reprise sous le titre « L'un pour l'autre ». Il faut savoir qu'après le séisme, Israël a été le deuxième pays, après les États-Unis, à venir en Haïti, avec un important contingent de secouristes et de médecins. La communauté juive de Montréal aussi a été très active pour des levées de fonds en faveur Haïti. Le rapport entre les deux peuples et les deux pays est assez fort. Mes recherches m'ont amené à trouver énormément de matière. Et vouloir tout mettre aurait alourdi le texte. Ça a été compliqué. J'ai trouvé des perles historiques que je n'ai pas mentionnées dans le roman.
Non seulement il y a des faits historiques comme trame du roman, mais vous avez aussi intégré des personnages qui ont bien existé. Notamment beaucoup d'artistes haïtiens qui vivaient à Paris pendant l'entre deux guerres et fréquentaient le cabaret du « Bal nègre »,


Les poètes Ida Faubert, Roussan Camille, Léon Laleau et d'autres. Je me suis inspiré en partie de leur vie et de leurs œuvres, mais dans la limite de la fiction. Et puis il y a l'hommage fondamental à l'intellectuel et médecin haïtien Anténor Firmin, auteur en 1885 de l'essai, De l'égalité des races humaines, en réponse au Français Arthur de Gobineau, auteur de l'Essai sur l'inégalité des races humaines. Un tel ouvrage à l'époque était parlant pour une personne de confession juive. Il traverse le roman de bout en bout. Le personnage principal du roman, le Dr Schwarzberg, lui doit son prénom. Il y a appris le français, comme sa sœur Salomé.

Bibliographie
Romans, nouvelles


– Le Songe d'une photo d'enfance, nouvelles, Serpent à Plumes, 1993. Serpent à Plumes, coll. « Motifs », 2005.
– Le Crayon du bon Dieu n'a pas de gomme, roman, Stock, 1996. Serpent à Plumes, coll. « Motifs », 2004. Éditions des Presses nationales, 2006.
– L'Autre Face de la mer, roman, Stock, 1998 (Prix RFO du Livre 1999 - Bourse Poncetton de la Société des Gens de Lettres). Serpent à Plumes, coll. « Motifs », 2005. Éditions des Presses nationales, 2007.
– L'Île du bout des rêves, roman, Bibliophane/Daniel Radford, 2003.
– Vodou ! Un tambour pour les anges, récit, en collaboration avec David Damoison (photos) et Laënnec Hurbon (préface), Autrement, 2003.
– Rue du Faubourg Saint-Denis, roman, Éditions du Rocher, 2005.
– Les Dieux voyagent la nuit, roman, Éditions du Rocher, 2006.
– Histoires d'amour impossibles... ou presque, nouvelles, editions du Rocher, 2007.
– L'Autre Face de la mer, roman, éditions des Presses nationales, Port-au-Prince, 2007 ;
– L'Ile du bout des rêves, roman, coll. "Motifs", 2007
– Avant que les ombres s'effacent, éd. Sabine Wespieser, 2017
Poésie
– Évangile pour les miens, poèmes, Choucoune, 1982.
– Et le soleil se souvient (suivi de) Pages cendres et palmes d'aube, L'Harmattan, 1989 (Grand Prix de poésie de la ville d'Angers).
– Du temps et d'autres nostalgies, poèmes, Les Cahiers de la Villa Médicis, n° 9.1 (24-38), 1995.
– Ces îles de plein sel, poèmes, Vwa n° 24 (151-171), 1996.
– Ces îles de plein sel et autres poèmes, Silex/Nouvelles du Sud, 2000.
– Dieci poesie (Errance), poèmes, Quaderni di via Montereale, 2000.
– Poème pour accompagner l'absence, in Agotem, n° 2, Obsidiane, 2005. Mémoire d'Encrier, 2005.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

 

LA FRANCE EN CAMPAGNE VUE D'AILLEURS-Shakespeare en campagne par Véronique TADJO


Par Véronique Tadjo, Ecrivaine et universitaire. Après avoir vécu pendant quatorze ans en Afrique du Sud, elle partage à présent son temps entre Londres et Abidjan


Croire ou ne pas croire dans les politiques français ?

Là est la question. Vue de l'autre côté de la Manche, cette classe politique est encore bien pâle et masculine.
Depuis les côtes britanniques, la visibilité de la présidentielle en France est voilée par le brouillard. Et pourtant, ce qui se passe ressemble plus à une pièce de Shakespeare qu'autre chose. Retournements, trahisons et coups de théâtre donnent l'impression d'une tragédie à venir. Le chaos causé par le scandale autour de François Fillon, candidat à la présidentielle de Les Républicains, change complètement la donne. Même s'il s'accroche de toutes ses forces, c'est une vraie boule dans un jeu de quilles.


A qui, à présent, les Français vont-ils accorder leur confiance ?

Comme un peu partout dans le monde occidental ces derniers temps, la réputation des élites, et donc de l'establishment, est au plus bas. Croire ou ne pas croire en la classe politique, telle est la question. Benoît Hamon, le candidat des socialistes, semblait n'avoir aucune chance d'être nommé. Le phénomène des candidats indépendants complique encore davantage les pronostics. Comme diraient les Anglais : «Emmanuel Macron Who ?» Connais pas. Un autre grand pari qui pourtant semble attirer un bon nombre de Français. Rien n'est simple. Ainsi, ne pas savoir grand-chose sur un candidat jouerait en sa faveur.

Un véritable porteur de changement.


Par contre, outre-Manche, Marine Le Pen, on connaît. Elle exerce d'ailleurs une certaine fascination sur les médias qui suivent de près son ascension progressive. Si l'impossible devenait possible, la Grande-Bretagne ne serait plus seule devant l'inconnu. «Brexit, et maintenant la France !» aime à répéter la présidente du Front national (FN) qui n'exclut pas du tout la sortie de l'Europe.
De plus, autre point commun, tout comme Theresa May, le Premier ministre britannique à la recherche de partenaires économiques au cas où Bruxelles lui claquerait la porte au nez, Marine Le Pen se tournera vers Donald Trump. En effet, elle affiche déjà sans complexe son admiration pour le nouveau président des Etats-Unis sur lequel elle base beaucoup de sa rhétorique. Son discours lors du premier meeting de sa campagne électorale, à Lyon, n'est pas passé inaperçu. Avec un slogan aussi percutant que «Au nom du peuple», le programme est lancé. «Seul le peuple a raison», clame-t-elle. Mais qui est donc ce peuple dont il est tellement question ?

Et comment se fait-il que ceux-là mêmes qui l'invoquent, à tour de bras, sont aussi cavaliers avec l'argent des contribuables?


Si l'Union européenne perdait la France, ce serait l'implosion. D'autres suivraient tandis que quelques-uns comme l'Ecosse feraient tout pour s'y maintenir au prix d'une scission avec la Grande-Bretagne. Les enjeux sont aussi grands que les incertitudes. Face à toutes ces questions, le défaitisme menace.

A quoi bon voter puisque, in fine, les hommes politiques n'en font qu'à leur tête ?

Espérons que ce ne sera pas le cas, et que les Français sortiront nombreux pour aller aux urnes qu'il pleuve ou qu'il vente. Espérons qu'ils ne laisseront pas les partisans du Front national aller voter en masse.
Mais ce qui me frappe également dans tout ce remue-ménage de la classe politique française, c'est la «pâleur» des candidats. Pas l'ombre d'un choix multiracial. Certes, le mot n'est plus à la mode, mais comment comprendre que la France, ce pays si divers soit encore si franco-francais ?

Christiane Taubira aura-t-elle un jour ses chances ?

Pourtant, des pétitions avaient été lancées appelant à considérer sa candidature. Dans la longue liste des candidats, il y avait Rama Yade et quelques inconnus. Et qui s'en souvient d'ailleurs ?


Dans ce sens-là, l'Angleterre fait preuve de plus d'ouverture. S'il n'est pas encore question d'un Premier ministre issu de l'immigration, les Britanniques ont au moins Sadiq Khan, le maire de Londres, musulman, d'origine pakistanaise et un bon nombre d'autres personnalités «de couleur». Et les femmes, où sont-elles ?

A part Marine Le Pen, la femme-homme qui compte pour dix, on peut regretter que leur présence soit aussi minime. D'une manière générale, la parole est à la gent masculine.
Auteure de : Loin de mon père, Editions Actes Sud, 2010.


Véronique Tadjo Ecrivaine et universitaire. Après avoir vécu pendant quatorze ans en Afrique du Sud, elle partage à présent son temps entre Londres et Abidjan

http://www.liberation.fr/debats/

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Benoît Hamon, un «Boy Dakar» à l'Elysée ? par Ken Bugul Par , Ecrivaine sénégalaise, auteure de "Cacophonie" (Présence africaine)
Photo Marc Chaumeil pour Libération


 Parfois, les actualités politiques sénégalaises et françaises se croisent. Ainsi, le Parti socialiste sénégalais implose, mais Benoît Hamon ne manque pas de fans. Benoît Hamon, un «Boy Dakar» à l'Elysée ? par Ken Bugul

Au Sénégal, nous sommes des experts en matière d'absorption de tout ce qui se passe partout dans le monde, et nous nous l'approprions jusqu'à l'os. Pourtant, nous avons de quoi nous occuper, avec les menaces d'implosion du Parti socialiste, qui continuent de faire couler encre et salive, et des membres du parti mis en prison sur plainte déposée par leurs propres camarades. Et le super-adulé maire socialiste de Dakar qui vient d'être mis en examen pour détournement de deniers (pour avoir osé afficher des ambitions plutôt, dit «radio cancan») et écroué. Certains observateurs et analystes trouvent que la France est un petit Sénégal ou c'est le Sénégal qui est une petite France. Nous vivons les mêmes soubresauts politiques. Cependant ce qui est le plus incroyable, c'est que des Sénégalais aient applaudi à la victoire de Benoît Hamon au premier et au second tour de la primaire de la gauche. Pourquoi ?

Parce que monsieur Hamon est un «Boy Dakar». Il a fait une partie de son cycle d'études primaire et secondaire au Sénégal. Il a fréquenté le lycée Sainte-Marie de Dakar, qui, bien qu'établissement privé et catholique, réunit les enfants issus de toutes les couches de la société, et cela a suffi pour en déduire que de cette expérience, Benoît Hamon est ainsi le plus sensible à la diversité culturelle, entre autres atouts. Et aussitôt, les fans prient les ancêtres, les esprits, l'unique Dieu, en passant par les noms des illustres saints vénérés du pays pour lui.


Benoît Hamon, un «Boy Dakar», titrait-on dans une certaine presse et aussitôt les réactions fusèrent de toutes parts. Les uns et les autres se sentirent liés par le vécu, avec ce candidat à la prochaine élection présidentielle en France. Certains, assurés de sa victoire, ébauchaient déjà une liste de la future équipe gouvernementale. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, ce n'est plus la compétence qui fait le profil du futur membre du futur gouvernement, c'est le vécu, le droit du sol. Ainsi, dans ce gouvernement, il devrait y avoir Ségolène Royal, car elle est née au Sénégal. Elle est sénégalaise par le sol, et française par le sang. Certains ici se demandent encore pourquoi elle n'a pas été élue en 2007. De quel gris-gris ivoirien, ou magie slave, Sarko a-t-il usé pour la battre ? Enfin, c'est le passé !


Ah, à propos de la liste des membres de la devenue hypothétique composition du gouvernement de Boy Dakar, en dehors de Ségolène, il y aurait aussi Olivier, Olivier Rolin, oui, l'écrivain. Il a fréquenté le lycée «Van Vo (1)» à Dakar. Avec Hamon, un Boy Dakar à l'Elysée ! Entre arachide grillée salée ou sucrée, aux heures de pause, un fondé, bouillie de mil au lait caillé bien frais, au petit déjeuner, un verre de ataya, thé vert, après un bol de thiepp dieun, riz au poisson, plat nationalisé, pour le déjeuner !

Au Conseil des ministres, il y aurait des beignets de mil parfumés à la noix de muscade, avec du café de Touba ! Pour le super-fan sénégalais, la France allait enfin bouger avec Benoît. L'encens appelé «Ne bouge pas d'ici» allait brûler à l'Elysée les soirs d'hiver, et au lieu de se casser la tête à chercher des solutions à des faux problèmes insolubles, la France allait connaître la vie qui n'est que de la survie, avec des gorgoolu (2) zen. Ils saisiraient l'instant. Ils ouvriraient leurs portes pour que tout passant soit le bienvenu pour partager ce qu'il y a. L'essentiel est que le cœur y soit. Tout le reste n'étant que vanité et politique politicienne, mais les fans avaient trop parlé ! Un reproche souvent fait aussi bien aux Français qu'aux Sénégalais, est qu'ils parlent trop, crient victoire trop vite. Le «sort de la langue» était jeté ! Vous avez vu ce qui est arrivé à Fillon le «favori» ?

Tout d'un coup, entres autres révélations abracadabrantesques, une histoire de costumes sur mesure offerts par un Franco-Sénégalais sort d'une armoire !
Encore du Sénégalais ! Décidément avec la France, ce n'est pas fini, au moment même où nous fêtons les cinquante-sept ans de notre accession à l'indépendance.
Et pendant que les jeunes socialistes de Dakar subissent l'ire des caciques, les fans de Boy Dakar constatent, avec amertume, que leur candidat est en difficulté, lâché par les uns et trahi par les autres. N'y croyant plus, ils en veulent à tonton Mélenchon et à certains socialistes, qu'ils comparent à leurs briseurs de rêves.


(1) «Van Vo» : lycée Van Vollenhoven de Dakar.
(2) «Gorgoolu» : qui cherche à s'en sortir, un débrouillard, d'où le système D.


Ken Bugul Ecrivaine sénégalaise, auteure de "Cacophonie" (Présence africaine)
http://www.liberation.fr/debats/

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Qui promet le plus, les crochets d'Ousmane Dembélé ou l'efficacité de Kylian Mbappé? Dortmund-Monaco mardi soir devrait permettre de départager les deux nouveaux joyaux français, en quarts de finale de Ligue des champions.

. Impact sur l'équipe: le passeur et le buteur

A 19 ans, "Ous" Dembélé joue régulièrement depuis le début de la saison au Borussia, "grâce" aussi à la blessure de Marco Reus.

Dribbles spectaculaires et passes dans le dos de la défense sont ses armes les plus redoutables. Il est plus passeur (16 passes décisives toutes compétitions confondues) que buteur (7 buts).

Il a énormément progressé avec Thomas Tuchel, l'entraîneur du BVB. Lorsqu'il est arrivé, Dembélé avait pour lui son dribble et sa vitesse, mais il était perdu sur le terrain, sa contribution défensive était proche de zéro, et il rendait trop de ballons à l'adversaire.

A 18 ans, Kylian Mbappé pèse plus statistiquement: 19 buts et 11 passes décisives. Remplaçant en début de saison, il a su devenir un joueur important pour Monaco. Depuis début février, il a disputé onze rencontres pour Monaco et marqué onze fois.

Pourtant, depuis son retour de ses premières sélections en Bleu, le jeune prodige n'a disputé que la finale de la Coupe de la Ligue, durant laquelle il n'a d'ailleurs pas été bon, il le dit lui-même. Il est resté sur le banc les deux derniers matches, mais Jardim avait fait tourner.

. Personnalités: le râleur et le jovial

Le plus gros point faible de Dembélé est son tempérament soupe au lait sur le terrain. Il s'énerve très vite, s'en prend aux arbitres et proteste vigoureusement à chaque fois qu'il est victime d'une faute.

Contre Benfica en 8e de finale de C1, il est passé à deux doigts du carton rouge. En Bundesliga, il en est déjà à 5 avertissements, qui lui ont valu un match de suspension. "C'est évidemment un inconvénient", admet Tuchel.

Mbappé se montre plus calme, et n'a été averti que deux fois cette saison. Son grand sourire et son parler nature en zone mixte séduisent les suiveurs de l'ASM et sa tête froide plaît à son entraîneur.

"J'ai suivi ses récentes déclarations, il possède déjà une bonne maturité", souligne Jardim. "Mais il a encore besoin qu'on l'aide." Depuis le début de la saison, l'emballement médiatique autour de Mbappé n'a cessé de s'amplifier et, à Monaco, on estime qu'il faut encore protéger la pépite.

"On travaille avec lui sur cette exposition médiatique", assure Jardim. En parallèle, sa famille assure également les relations avec la presse ou le club. Durant l'hiver, son père est d'ailleurs monté au créneau pour estimer que son fils n'avait pas assez de temps de jeu. Il a été entendu.

. Un même avenir doré

Leurs clubs ayant choisi le modèle "valorisation des jeunes", leur avenir pourrait s'inscrire ailleurs.

Dembélé devrait rester encore un moment au Borussia, où il dispute sa première saison après avoir explosé à Rennes, qui l'a vendu pour 15 millions. Il n'est pas dans la stratégie du Borussia de vendre trop tôt.

Monaco aussi aimerait bien garder Mbappé, qui a signé son premier contrat professionnel en mars 2016, jusqu'en 2019, mais le club de la Principauté résisterait-il à une offre à la Crésus comme celle de Manchester United en 2015 pour Anthony Martial (80 millions d'euros, bonus compris) ?

Jardim prévient: "Pour moi l'âge de la maturité, c'est 22-23 ans", dit-il. "Les jeunes ont besoin de tout comprendre pour arriver au top niveau. C'est alors que les grands clubs peuvent proposer 40 ou 60 millions d'euros."

Quelle que soit l'issue du quart de finale, l'avenir ouvre grand les bras à ces deux bijoux, qui ont déjà découvert l'équipe de France.

Dembélé a pris un peu d'avance (5 sélections, zéro but), mais Mbappé (2 sélections, zéro but) est le deuxième plus jeune international d'après-guerre depuis Maryan Wisniewski. Ils ont même galopé ensemble les douze dernières minutes de la victoire au Luxembourg (3-1) en mars, peut-être le début d'une très longue entente. Mais en attendant, ils se disputent une place en demies de C1.

RFI

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Acculés en Irak et en Syrie, les jihadistes du groupe Etat islamique redoublent de violence avec des attentats meurtriers en Egypte. Deux attaques ont ciblé ce week-end des églises de la communauté chrétienne copte dans ce pays. En Egypte, le groupe Etat islamique représente entre 1 000 et 1 500 hommes.

La branche du groupe Etat islamique en Egypte, Wilayat Sayna ou « Province du Sinaï », tire son nom de la région qu’elle contrôle. Un territoire désertique en forme de triangle sur l’axe el-Arich, Sheikh Zuweid et jusqu’à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza.

Comme en Irak et en Syrie, les jihadistes sont de différentes nationalités. Beaucoup de ressortissants de pays arabes, une minorité d’Occidentaux mais aussi et surtout des Egyptiens.

Il y a trois ans, Wilayat Sayna s’appelait Ansar Bait al-Maqdis et était affilié à al-Qaïda. La répression violente contre les Frères musulmans en Egypte a poussé les membres les plus radicaux de la confrérie dans les bras de ce groupe. En 2014, changement de nom et d’allégeance. Le groupe se proclame de l’organisation Etat islamique.

Failles sécuritaires

En Egypte, beaucoup d’experts le reconnaissent, il y a eu des failles sécuritaires importantes ces dernières années. Mais le changement actuel de stratégie des jihadistes, le recours désormais aux attentats suicides, prouve que la lutte antiterroriste fonctionne.

Cela peut paraitre paradoxal, mais selon eux, seul un groupe jihadiste affaibli passe dans la clandestinité et s’en prend à des cibles faciles, des cibles civiles. Jusque-là, Wilayat Sayna s’attaquait principalement aux forces de sécurité égyptiennes. Des casernes de l’armée ont été régulièrement prises pour cible.

RFI

lundi, 10 avril 2017 16:16

Présidentielle française: la campagne officielle

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Le premier tour de l'élection présidentielle en France se tiendra le dimanche 23 avril. Du lundi 10 au samedi 15 avril puis du lundi 17 au vendredi 21 avril, vous trouverez sur cette page la camapagne officielle des onze candidats à la magistrature suprême.

RFI

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Les législatives qui se profilent à l’horizon suscitent beaucoup de convoitises et de discordes, tant au sein de l’opposition que du pouvoir. En conférence de presse organisée avant-hier, samedi 08 avril, à la permanence du parti Convergence Démocratique et Libérale/Bokk Gis Gis de Pape Diop, le porte-parole dudit parti, Moussa Diakhaté, et la responsable de Bokk Gis Gis dans la commune de Fatick,  Mme Yaye Mane Halbis sont revenus tour à tour sur les enjeux des législatives,  la détention de Khalifa Sall et Cie mais aussi sur la « cohabitation » à l’Assemblée nationale.

En effet, le porte-parole de Bokk Gis Gis Moussa Diakhaté, revenant  sur l’objet de cette rencontre  à la permanence de la Convergence libérale et démocratique/Bokk Gis Gis, a laissé entendre que « Nous sommes réunis ici pour apprécier la situation nationale et jeter les bases des perspectives pour les législatives mais aussi faire la revue de troupes pour nous préparer à ces joutes électorales ».

 Egalement conscients des  multiples enjeux des législatives, Moussa Diakhaté et ses sympathisants ne comptent pas faire cavalier seuls. POur autant, ils osent espérer une large coalition de l’opposition car, pour eux, «la seule et unique voie de salut, c’est de réussir une large coalition au sein de l’opposition et de mettre l’intérêt général, l’intérêt du grand groupe au détriment de l’intérêt crypto-personnel ».Revenant par ailleurs sur la détention du maire de Dakar Khalifa Sall et Cie, placés sous mandat de dépôt, depuis le 07 mars, Moussa Diakhaté a assuré que « la Convergence libérale et démocratique leur marque toute sa solidarité par rapport à ce que nous appelons la politisation de la justice à des fins d’éliminer de potentiels candidats ou adversaires ».

Quant à la responsable de Bokk Gis Gis dans la commune de Fatick, Madame Yaye Mane Halbis, elle a plaidé pour une cohabitation qui, selon elle, constitue la seule alternative pour sortir le Sénégal de cette impasse. « J’aimerais attirer votre attention sur le fait que contrairement à ce l’on dit, la cohabitation ne crée pas des malentendus. Bien au contraire, elle apporte des solutions », rassure-t-elle. Dans la foulée, elle a également salué la forte mobilisation de Y’en marre à la Place de la Nation qui constitue une ligne de démarcation marquant les limites à ne pas franchir. «Je salue la forte mobilisation du Mouvement Y’en a marre qui constitue un signal fort pour le président Sall et sa politique qui n’augure rien de bon pour le Sénégal », a-t-elle conclu.

SudOnline

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Au lendemain du méga rassemblement piloté à la Place de la Nation ex-Obélisque, vendredi dernier, par le Mouvement Y’en a marre, le parti au pouvoir n’a pas manqué de lever les boucliers contre Fadel Barro et cie. Moult responsables de l’Alliance pour la République (Apr) ont profité de sorties publiques au cours du week-end pour fustiger la démarche et tirer à boulets rouges sur le mouvement citoyen. A l’image de Moustapha Cissé Lô, vice-président de l’Assemblée nationale, Matar Bâ, ministre des Sports et maire de Fatick ou autre Mor Ngom, ministre conseiller et maire de Ndangalma.

Le retour du mouvement Y’en a marre sur le terrain de la mobilisation citoyenne contre les dérives du pouvoir en place, après plus de quatre années de relative apathie, n’est pas du goût des responsables du parti présidentiel, en l’occurrence l’Alliance pour la République. Surtout au lendemain du grand rassemblement piloté à la Place de la Nation ex-Obélisque, vendredi dernier, par le Mouvement Y’en a marre qui a réussi la prouesse de fédérer des milliers de citoyens autour de sa dynamique de contestation du mode de gouvernance Macky Sall. Toute chose que l’opposition classique sénégalaise avait du mal à réaliser depuis l’avènement de l’actuel chef de l’Etat à la magistrature suprême.

Dans la foulée des volets de bois verts balancés par mal des responsables apéristes contre le Mouvement Y’en a marre en route vers son rassemblement du 07 avril dernier, les critiques ont été aussi acerbes contre Fadel Barro et cie, après la manifestation à la Place de l’Obélisque. Moult responsables de l’Alliance pour la République (Apr) ont profité ainsi de sorties publiques au cours du week-end pour fustiger la démarche et tirer à boulets rouges sur le mouvement citoyen.

A l’image du ministre des Sports et maire de Fatick, Matar Bâ qui présidait une manifestation politique à Paos-Koto (Nioro). Pour Matar Bâ, «il n’y a eu à Dakar que des discours politiciens sans grande importance». Allant plus loin dans sa critique, le maire apériste de Fatick  a affirmé sans ambages que «Y’en a marre a donné un prétexte à l’opposition qui refuse de  prendre ses responsabilités ».

Dans la même mouvance, il  a fustigé l’attitude de ces hommes politiques qui, selon lui, « se cantonnent à Dakar pour distiller leurs discours. Il faut qu’ils sortent de Dakar qui n’est pas le meilleur baromètre, et qu’ils aillent parcourir les villages les plus reculés à l’écoute des populations ». De la manifestation de Y’en a marre organisée à la Place de Nation, vendredi, le ministre Matar Bâ a dit dès lors ne retenir qu’une chose. «  Il s’agit de leaders politiques sans arguments majeurs qui se sont engouffrés dans une manifestation pour sortir péniblement leurs têtes de l’eau ».

Le ministre-conseiller Mor Ngom qui présidait un meeting de rentrée politique, samedi 08 Avril, à Bambey,  n’a pas manqué lui aussi d’apporter (Voir par ailleurs). En porte-à-faux avec les déclarations du mouvement Y’en a marre selon lesquelles il  y aurait au Sénégal un recul  démocratique, économique et de la liberté de la presse  entre autres, le maire de Ndangalma s’est évertué à démonter le discours servi à la Place de l’Obélisque sur l’état de la démocratie comme sur la situation économique du Sénégal.

De toutes ces lectures faites du rassemblement du mouvement Y’en a marre, celle de Moustapha Cissé Lô, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, est certainement la plus directe, pour ne pas dire la plus attentatoire. Lors d’un meeting de l’Alliance pour la République (Apr) tenu samedi, à Diamniadio, Moustapha Cissé Lô a estimé tout simplement que Y’en a marre est financé par l’opposition. «Y’en a marre est avec des politiciens et des bailleurs qui ont pris de l’argent. Ils ont tenu nuitamment une réunion, et ils se sont partagés de l’argent, chacun 3 millions de F Cfa. Je leur demande de dresser une liste électorale et d’aller en compétition pour les législatives au lieu de déranger les gens », a affirmé  M. Lô selon le site en ligne Pressafrik.com. Moustapha Cissé Lô qui a été rejoint dans la critique par Maël Thiam, administrateur de l’Apr et vice-président du Hcct, et autre Souleymane Ndoye, maire de Diamniadio, n’a pas en vérité raté Fadel Barro et compagnie qu’il a fini par traiter tout simplement de «marchands d’illusion». Comme pour dire que l’Apr n’est pas prête à céder du terrain dans le champ du débat politique, même si çà vole au ras des pâquerettes !

SudOnline

 

Lansana Gagny SAKHO expert en développement en 2014 disait ceci : 'Un programme Sénégal émergent, c'est un peu trop''

"Les gens qui ne connaissent point la sagesse et la vertu, qui sont toujours dans les festins et les plaisirs, ils s'empiffrent de pâture, se saillissent les uns les autres, et, disputant à celui qui aura le plus de ces jouissances, ils ruent, se cossent et se tuent avec des cornes et des sabots pour satisfaire leur insatiable cupidité". Trouvé ici
http://gagnysakho.blogspot.fr/2011/04/piloter-efficacement-une-gestion-de.html"      C
ette pensée est puissante et forte : à méditer. P B C

Un regard Critique ou critique du regard. Chacun donne sa partition et en mutualisant les critiques et les forces d'où qu'elles viennent, le Sénégal décollera. P B CISSOKO

LANSANA GAGNY SAKHO, EXPERT EN DEVELOPPEMENT, DG EXPERTS VISION

Expert en développement et Directeur général de Expert Vision, Lansana Gagny Sakho jette dans cette interview un regard critique sur le Plan Sénégal émergent. Il passe en revue les grands projets du PSE et dit ce qu'il considère comme une contrainte pour le bon déroulement de ce programme.

Le Sénégal vient d'obtenir à Paris des engagements de financement à hauteur de 3729 milliards pour le Plan Sénégal émergent. Quelle appréciation avez-vous de ce PSE ?


Vous avez parfaitement raison parce que ce sont des engagements. Maintenant, ce qu'il faut, c'est lever les fonds. Mais, je pense qu'il faut revenir d'abord sur les principes et définitions de ce qu'on appelle pays émergent. Un pays émergent est un pays dont le Produit intérieur brut (PIB) est inférieur à celui des pays développés, mais qui vit une croissance rapide et dont le niveau des infrastructures convergent vers ceux des pays développés.


C'est ça qu'on appelle un pays émergent. Après ça, il y a les pays pré-émergents, comme l'Afrique du Sud, le Maroc. Donc, il faut être pré-émergent avant d'être émergent. Le problème de fond est : est-ce qu'on peut parler d'un Sénégal émergent ? Si c'est dans le cadre d'une vision, on peut dire un Sénégal émergent pour l'avenir, mais un programme Sénégal émergent, c'est un peu trop.
Mais il faut savoir qu'il faut des plans très ambitieux pour redresser ce pays. On a un taux d'alphabétisation de 49,2%. En termes de croissance du PIB, dans l'UEMOA, le Sénégal est avant-dernier en 2013, seulement devant la Guinée-Bissau. Sur le dernier Doing Business, on a un classement très mauvais, 178 sur 189. Tout cela montre qu'il y a énormément de travail à faire. Si c'est dans le cadre d'une vision, on peut dire Sénégal émergent, mais dire Sénégal émergent en 2035, c'est un peu trop.


Vous avez parlé de pays émergents et de pays pré-émergents. Où se situe le niveau de développement du Sénégal actuel ?


Je pense qu'on n'est même pas dans une phase de pré-émergence. Nous sommes, comme l'ensemble des pays de la sous-région, un pays très (il répète le terme) pauvre. Maintenant, ce qu'il nous faut, c'est de travailler pour aller dans la phase de pré-émergence.


Donc, si on n'est pas encore dans la phase de pré-émergence, est-ce qu'on peut parler d'émergence en 2035 ?


En termes de titres, le projet est très ambitieux, mais quand on entre dans les faits, on se rend compte qu'il n'est pas du tout ambitieux. Tous ceux qui ont analysé le document, je n'en ai pas vu un qui soit parti de la cohérence des programmes.
Ils sont tous partis dans les analyses des chiffres. Le PIB de la Côte d'Ivoire, c'est 13.885 milliards en 2013 et ils ont fait un taux de croissance de 9%. Le PIB du Sénégal en 2013, c'est 7718 milliards. Dans le PSE, ce que nous visons en 2018, c'est 11.000 milliards, moins que le PIB de la Côte d'Ivoire en 2013.
En plus, il y a le Burkina Faso qui a 6000 milliards en 2013 et avec un taux de croissance de 4% et nous, on avait 4% en 2013. Les chiffres ne sont pas ambitieux du tout. Est-ce que c'est par prudence, parce que le Président connaît son pays, ou bien c'est un manque d'ambition ? Je n'ai pas la bonne réponse. Ce qui est certain est que les chiffres tels qu'ils sont avancés ne reflètent pas une vision très ambitieuse.
L'autre point qui pose problème, c'est la vision. Dans la vision, ils disent : ''un Sénégal émergent à l'horizon 2035, avec une société solidaire dans un État de droit''. Une vision, on ne met pas de date dessus. On n'aurait pu dire simplement, un Sénégal émergent avec une société solidaire.
Une vision combinée à l'action, c'est ça qui fait avancer les choses. Mais, une vision sans action ne fait que passer le temps. Et le gros problème est : est-ce que nous avons les hommes ?

Le président de la République avait tous les leviers pour impulser le changement dans le choix des hommes. Le problème est : est-ce qu'avec l'équipe actuelle, le président de la République a les hommes qu'il faut pour bien exécuter ce plan ?

Est-ce que ce n'est pas pour ça qu'il a nommé hier (jeudi), Mahammed Abdallah Dionne, coordonnateur du PSE, avec rang de ministre ?


J'ai vu qu'il vient de nommer M. Dionne, un homme que je connais, un homme reconnu par ces compétences. C'est déjà un bon signe. Mais quand il nomme M. Dionne, je me demande aujourd'hui à quoi sert le ministère du Plan ? Dans toute l'architecture, on n'a pas parlé du ministère du Plan.


Le PSE a comme objectif une croissance de 7% à l'horizon 2018, est-ce que cette croissance à un chiffre peut permettre d'atteindre l'émergence ?


Il faut qu'on fasse attention avec les taux de croissance. La Côte d'Ivoire a fait un taux de croissance de 9% parce qu'ils ont dix ans de guerre. Ce qui est important dans les taux de croissance, c'est la valeur absolue et c'est sur la durée qu'on mesure l'efficacité des taux de croissance.
Avec notre PIB actuel, un taux de croissance de 7%, ce n'est vraiment pas du tout ambitieux. Mais, je préfère qu'on s'engage avec des chiffres réalistes que d'annoncer des chiffres qu'on n'est pas en mesure d'atteindre. Il faut qu'on soit réaliste. Un taux d croissance à deux chiffres, ça sera très difficile d'y arriver.


Après l'obtention de ces engagements, quelles sont les contraintes que le Sénégal doit lever pour mieux faciliter les investissements ?


Je pense qu'il faut avoir d'abord des programmes bancables. Les investisseurs ne vont pas venir nous jeter l'argent, ils vont regarder la cohérence des programmes. Quand vous regardez dans les infrastructures, il y a des choses que je ne comprends pas. Dans les infrastructures, ils veulent faire du Sénégal un hub logistique industriel régional et mettre les atouts géographiques dans leur position comme point d'éclatement des produits industriels. C'est mal connaître la géographie.


Notre pays est très mal situé pour être le point d'éclatement des produits industriels en Afrique de l'Ouest.

La Côte d'Ivoire est beaucoup plus centrale et à plus d'atouts géographiques. L'autre chose, c'est le Mali.

On fait beaucoup de commerce avec le Mali. Mais qu'est-ce que nous vendons au Mali ?

Nous vendons au Mali du ciment, du pétrole et le Port de Dakar. C'est les 3 choses que nous faisons avec le Mali.
Nos industries ne sont pas capables d'exporter au Mali comme le font les industries ivoiriennes. L'année prochaine, peut-être qu'on ne va plus exporter du ciment au Mali puisqu'il y a les indiens qui y investissent. Donc le commerce de ciment entre le Sénégal et le Mali va disparaître. Le document a été fait mais on n'a pas analysé l'environnement externe du Sénégal quand on le faisait.
Tout est priorité chez nous, mais qu'est-ce qui est plus important entre faire une autoroute entre Thiès-Touba et faire une route de production entre Rosso-Sénégal et Saint-Louis ? Je pense que cette zone est prioritaire. Retaper la route entre Kaolack jusqu'à la frontière malienne est plus important que tout ça, si on veut faire un axe prioritaire. Dans les infrastructures, ils veulent faire un chemin de fer entre Dakar et Bamako.


Pour transporter qui ? Et combien de personnes ? Les types de train que les gens prennent pour aller à l'aéroport, ce sont les trains modernes. Je pense que ce qu'il faut faire, c'est de redynamiser le Petit train bleu. Au niveau des infrastructures, il y a de grosses incohérences qu'il faudrait lever. Peut-être que ceux qui ont fait le document, soit, ils ne connaissent pas notre pays, soit ils ne connaissent pas la sous-région.


Et pourquoi le secteur de l'agriculture qui est une priorité pour Macky Sall ne bénéficie que de 7,8 des investissements du PSE ?


Je ne pense pas qu'il y ait une dichotomie. Les sommes ne sont pas très importantes. Vous avez besoin beaucoup plus d'argent dans les infrastructures que dans l'agriculture. Mais dans ce secteur, il y a des incohérences qu'il faut noter. D'abord sur l'arachide. Quand on n'a pas d'unités de transformation industrielle pour l'arachide, je pense qu'il faut changer de paradigme. Il y a aussi la question du riz, un sujet qui fâche.
Pour le riz, on a un riz qui nous vient de l'Inde et un autre de la production locale. Quand le gouvernement dit que nous baissons les prix des denrées de première nécessité, ça veut dire qu'il n'y a pas de droits de douane, il y a la TVA. En ne mettant pas le droit de douane, le riz indien coûte à peu près 11.500F le sac et celui qui produit dans la vallée du fleuve Sénégal va vendre à 14.000F minimum le sac de 50kg.
Nous ne sommes pas compétitifs. Les producteurs de la vallée n'ont pas les moyens pour faire un riz qui réponde aux besoins des marchés urbains. Le riz indien arrive ici tout blanc alors que le riz de la vallée, à cause des problèmes de maîtrise des processus, quand il arrive ici, il n'est pas propre à la consommation, mais c'est un riz de qualité. Il faut encourager ce processus, mais il faut régler l'accès à la terre. On ne sera jamais une agriculture industrielle avec l'agriculture familiale. La houe et la daba, c'est fini.


Pour revenir à l'environnement des affaires, le ministre de la Promotion des Investissements et des Partenariats, Diène Farba Sarr, a annoncé que le gouvernement travaille à faire revenir l'impôt sur les sociétés de 30 à 25%. N'est-ce pas là une manière d'attirer les investisseurs ?


C'est une décision pour attirer les investisseurs. Mais, ce qu'il faut savoir est que dans la sous-région, nous sommes dans un environnement concurrentiel. Ce n'est pas faire revenir de 30 à 25% le taux d'imposition, qui va faire que les gens vont venir chez nous. Est-ce que nous travaillons assez, quels sont les nombreux de jours fériés que nous avons ?

La pression syndicale qu'il y a ?

C'est un ensemble de facteurs qui font que les gens préfèrent allez ailleurs que de venir ici.
Je ne pense pas que c'est faciliter la création d'entreprises qui va être la clé.

C'est avoir d'abord un marché intérieur important, des facilités pour les investisseurs.

Il faut revoir le plan, voir les priorités, voir les choses faisables et s'engager dessus.

On ne peut pas gagner la bataille de l'émergence si nous ne réussissons pas à gagner la bataille en Afrique de l'Ouest. Je pense que c'est par là qu'il faut commencer.


ALIOU NGAMBY NDIAYE   http://www.enqueteplus.com/content/lansana-gagny-sakho-expert-en-developpement-dg-experts-vision-un-programme

 

La Nuit de la pensée : de la mémoire universelle à la démocratie du vivant -St-Louis du Sénégal

Les Ateliers de la pensée, à Dakar et Saint-Louis du 28 au 31 octobre, ont réuni des intellectuels africains et de la diaspora pour des débats publics et ateliers à huis clos, s'articulant autour des problématiques et questions que se posent aujourd'hui l'Afrique et sa diaspora.


L'accès gratuit aux débats a favorisé l'impact populaire de cette initiative portée par Felwine Sarr, auteur et éditeur sénégalais, et Achille Mbembé, historien camerounais. Selon Felwine Sarr, cette initiative veut participer à une « reconstruction psychologique fondamentale ».

« Je voudrais croire que le temps de l'Afrique viendra, même si ce ne sera peut-être pas de notre vivant. La tâche de la pensée critique est d'accompagner ce processus, ce grand moment d'avènement. »
Achille Mbembé
« Il est temps que nous montrions à l'humanité que nous ne sommes pas réduits à des problématiques de pauvreté, de manque, de déficit à gérer, et que nous tentions d'enrichir la maturité et la densité de la conscience humaine. (...) Nous sommes souvent dans un langage de l'auto-flagellation, de la désolation, de déficit, du handicap. Ces catégories conceptuelles ont un impact fondamental dans notre psyché, la conception de notre identité et le déploiement de nos capacités ».Felwine Sarr


La Nuit de la Pensée, ce 28 octobre à l'Institut français de Dakar, de 20 h à plus de minuit, a été une belle démonstration de l'intérêt du public, toutes générations et origines confondues. Il ne restait que peu de places libres quand le débat a commencé, dans l'amphithéâtre du Théâtre de Verdure.


Le rythme a été soutenu, le programme était chargé : chaque intervenant disposait de cinq minutes pour présenter sa réflexion, sur des thèmes aussi vastes et transversaux que la décolonisation de l'Histoire et du savoir, l'estime de soi, la manière dont l'Afrique et ses diasporas s'inscrivent et se pensent dans la marche du monde. Chacun c'est efforcé de rendre lisible et compréhensible au plus grand nombre, ses concepts et interrogations. Puis 45 minutes par sujet ont été dévolues à l'échange avec les spectateurs.

L''estime de soi


Il a été beaucoup question de l'estime de soi, du fait qu'il fallait lutter contre des a priori intégrés dans les esprits depuis la colonisation. Mais toujours en s'inscrivant dans une universalité bienveillante.
« C'est l'estime de soi qui va me permettre de ne pas céder à cette haine de soi que les situations de domination créent, qui va m'aider à ne pas refuser de faire partie d'un monde qui ne veut pas de moi. Elle est nécessaire mais si on veut pas qu'elle se transforme en fierté négative, en arrogance, il faut qu'elle s'accompagne de modestie et d'un regard bienveillant ».

Tous ont évoqué la nécessité de développer un contre-savoir, une Histoire universelle qui commence bien avant la colonisation, tant au niveau historique, culturel que philosophique. Partir de bases, donc, plus réalistes et plus saines, pour reconstruire des identités plus équilibrées. Dans un esprit panafricaniste, avec la conscience de cette Histoire commune de l'Afrique, de ce que Leonora Miano qualifie de « blessures profondes qui nous constituent ».


« On sait que l'Afrique a traversé la Méditerranée, la Mer Rouge, l'Océan Indien, et a été en lien pendant des millénaires avec l'Asie, le Golfe arabe. Il faut revoir comment on écrit l'histoire, faire basculer les axes. (...) La colonisation, c'est un temps très court, mais son discours, sa force, a été telle qu'on continue à parler à l'intérieur du cadre qu'elle a imposé.(...) . Il faut partir de ce que nous avons et non pas à partir de ce qu'on nous a dit manquer. Ce discours du manque, très fort, a imposé l'idéologie du développement et du progrès selon un seul modèle. Il faut s'en défaire. Nous avons des histoires, des mythes, des récits, de l'art, et nous partons de cette richesse pour construire. » Françoise Vergès


Nous sommes tous des passants


Mais ne faut-il pas se projeter au-delà des identités pour construire le futur ? C'est la question qu'a posé en conclusion Achille Mbembé, en ouvrant le débat sur une pensée plus globale.
« Arrêtons de parler de l'identité. Au fond c'est quoi, notre identité, pas seulement africaine, mais humaine ? Ce qui caractérise l'humain je crois fondamentalement que c'est le fait d'être un passant. Tout nous pousse vers la sortie. Parce que le monde a existé avant nous, il est tout à fait possible qu'il existe après nous. Le monde c'est nous, mais toujours avec d'autres entités humaines biologies organiques etc. Par conséquent si on veut approfondir quelque chose comme la démocratie, ca ne peut plus être uniquement une démocratie des humains. Ca devrait être une démocratie du vivant. C'est ainsi que je conçois l'ide de la condition planétaire. » Achille Mbembé


Ces intellectuels passionnés, écrivains, historiens, économistes, chercheurs, philosophes, manifestement conscients d'une urgence, ont posé là les bases d'une réflexion profonde, et essentielle, qui par effet de transmission, sera, espèrent-t-ils, profitable au plus grand nombre. Reflet de cet enthousiasme public, dès le premier atelier, des citations issues de ces débats ont fusés sur les réseaux sociaux. Dans le public, nombreux étaient ceux qui prenaient des notes, ou enregistraient. Plus tard, seront publiés les « Actes » du colloque, qui pérenniseront ces entretiens entre intellectuels et avec le public.
Construire une pensée consciente et décomplexée est une nécessité vitale devant les enjeux actuels, pour l'Afrique et sa Diaspora, inscrites dans une universalité inter-agissante indéniable.
Et comme les chemins tortueux de la pensée, individuelle et collective, sont pavés de questions, le débat est loin d'être clos. D'ailleurs, devant l'engouement suscité par cet événement, les organisateurs et leurs partenaires, ont, l'a annoncé Felwine Sarr, décidé de reconduire annuellement l'expérience au Sénégal de ces Ateliers de la pensée.


« La philosophie est aussi importante que l'économie pour le devenir de l'Afrique ». Mamadou Diouf, historien


La Nuit de la pensée
Universalisme, décolonialité et mutualité
Modérateur : Achille Mbembé


Mamadou Diouf, Abdourahmane Seck, Françoise Vergès, Souleymane Bachir Diagne, Séverine Kodjo-Granvaux, Ebrima Sall
Ecriture, imaginaire et identités
Modérateur : Alain Mabanckou


Lydie Moudileno, Benaouda Lebdai, Romuald Fonkoua, Abdourahmane Waberi, Houryia Benthouami , Sami Tchak
L'Afrique : la condition planétaire
Modérateur Mamadou Diouf


Célestin Monga, Bonavennture Mve-Ondo, Léonora Miano, Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Achile Mbembé Laure Malécot


http://www.au-senegal.com/la-nuit-de-la-pensee-

Page 9 sur 198

AUDIO

-Habiter ici et vivre
Habiter ici et Vivre la-bas au Bled : immigration en questions. La chaine YOUTUBE de pape Cissoko ...

Video galleries