ESSAI SUR LE TRAITEMENT DU RAPPORT AU TRAVAIL DANS LE PROCESSUS THÉRAPEUTIQUE Dominique Seguier

PSYCHANALYSE, PSYCHIATRIE, PSYCHOLOGIE SOCIOLOGIE


Le rapport au travail a ceci de particulier qu'il fait également resurgir tout un ensemble de questions à un moment de l'Histoire où le travail se métamorphose en se raréfiant spectaculairement Entre une pathologie de la réussite et la réalisation de soi s'intercalent des conceptions étranges venues d'ailleurs : « Gagner sa vie », « être motivé(e) », « relever le challenge ». Comprendre le Réel au détour du concept « travail » ainsi qu'à l'examen de son évolution socio-historique constitue un prérequis indispensable à la restauration de Soi. Telle est l'ambition de cet écrit.

Dominique Seguier est psychologue comportemental et cognitif, développeur de projets dans les secteurs sociaux et médico-sociaux, adepte et bénéficiaire de l'Éducation Populaire. Il se situe à l'interface de courants de pensées dont l'usage raisonnable tend à connecter intelligiblement l'individu à son environnement pertinent afin de favoriser de possibles changements singuliers et collectifs.

 

Instrumentalisation de la mendicité des enfants : déni, indifférence, inconscience... ? par Cécile THIAKANE–Lanceuse d'alertes ; activiste sociale et citoyenne du monde.

J'ai croisé récemment un jeune garçon en plein centre-ville de Dakar...

C'était un jeune talibé... Il était relativement tôt. En discutant avec lui, je me rends compte qu'il ne connaissait pas son âge ! Il doit avoir entre 7 et 8 ans ! Il m'apprend qu'il vient d'un daara situé à Guédiawaye dans la grande banlieue Dakaroise. Tous les jours avec les autres garçons de son daara, ils sont conduits, à l'aube, en car au centre-ville ! Le soir venu ils refont le trajet inverse pour rentrer.


Ils passent leurs journées à errer dans les rues de Dakar ! Des journées entières passées à interpeller les passants, à quémander pour atteindre un objectif de recettes fixées par des adultes, leurs responsables de daara. Ils sont sévèrement punis quand ils n'atteignent pas le montant journalier fixé.


J'ai encore en mémoire ce douloureux souvenir, un échange avec de jeunes talibés, l'année dernière en pleine période des fêtes de fin d'année. Il était tard, il faisait un peu frais ce soir-là, les rues du centre-ville de Dakar étaient presque désertes. Ces jeunes talibés, eux, n'avaient pas la chance de rentrer dans leur daara le soir venu ! Ils restaient en ville, dormaient à même le sol sur des cartons. Ils étaient livrés à leurs tristes sorts, et à tous les dangers de la nuit. On sait qu'il y a déjà eu des cas d'abus sur de jeunes garçons qui ont été victimes de prédateurs sexuels...
Dernièrement, un samedi soir, en sortant d'un restaurant, aux Almadies, haut lieu de la nuit Dakaroise... Il était 1h30 du matin... Il y a foule notamment beaucoup de jeunes qui comme à leur habitude se donnent rendez-vous dans ce quartier le week-end pour se divertir ! Je remarque un bon nombre de personnes assises sur le trottoir entrain de mendier à une heure aussi tardive ! Quel visage de la vulnérabilité de certaines couches de la population sénégalaise !

Mon attention est vite attirée par une toute petite fille assise à côté d'une femme, elle ne semble pas avoir plus de 3 ans ! Tout à coup, elle se lève d'un pas alerte dès qu'elle me voit et me tend la main. Sa rapidité d'exécution, à une heure aussi tardive me sidère ! Je lui prends ses deux mains et m'accroupie en face d'elle pour lui parler. Elle se contente de me sourire, et quel sourire innocent ! Mais elle ne répond pas à mes questions. Je m'adresse à la femme assisse à côté d'elle, c'est sa maman. Elle me confirme que sa fille a 2 ans et demi. Je lui demande pourquoi elle est encore dehors à cette heure avec une fille aussi jeune. Cette petite fille devrait être en train de dormir lui dis-je ! Elle m'explique qu'elle est veuve et n'a pas d'autres choix. Elle elle est obligée, pour survivre, de faire la manche avec ses trois enfants : cette petite fille et ses deux frères jumeaux de 4 ans ! D'ailleurs, l'un des jumeaux est entrain de dormir à même le sol à côté de sa maman. Elle m'avoue, qu'ils quittent Keur Massar tous les vendredis et les samedis pour faire la manche à cet endroit. Ils passent toute la nuit dehors, espérant profiter de la générosité des passants.

Je note cependant que la majorité des passants, devenus certainement insensibles, car habitués à ces scènes, ne prêtent même pas grande attention à ces mendiants.
Quand je donne un billet à la petite fille son visage s'illumine comme un enfant qui a reçu son cadeau le plus désiré un matin de Noël ! Elle s'empresse de remettre l'argent à sa maman.

Ces différents exemples, loin d'être des cas isolés, illustrent l'étendue et la complexité de ce problème de mendicité des enfants dans les rues des grandes villes au Sénégal, surtout à Dakar.
En plus des talibés, il paraît que leur nombre serait de plus de 40.000 milles dans les rues de Dakar, on note de plus en plus de jeunes enfants accompagnés de femmes, certainement leurs mamans, qui mendient de jour comme de nuit. Je n'ai pas abordés le cas des enfants en situation d'handicap, mais il y en a aussi un nombre non négligeable faisant la manche dans la rue !

Je suis partie avec une pléthore de questions et un sentiment d'impuissance.


Est-il possible que cette petite fille de 2ans et demi ait si bien assimilé son rôle dans leur dispositif ? Est-elle l'atout « sensibilité » pour sa maman ? Comment résister à ce visage si innocent ? Comment ne pas lui donner une pièce ? A quel avenir peuvent prétendre tous ces enfants maltraités, privés de leur enfance et de leur dignité ? Qu'est-ce qui peut bien justifier que des parents, des adultes responsables de mineurs puissent instrumentaliser la mendicité des enfants ? Qui sont les coupables : Les parents, les chefs de Daara, les autorités gouvernementales, ceux qui continuent à leur donner l'aumône ? Quelles sont les pistes solutionnaires pour éradiquer durablement ce fléau et redonner à ces enfants leur dignité en respectant leurs droits primaires ? Pourquoi dans un pays comme le nôtre, où la population a soit-disant le culte de la solidarité, nous n'excellons pas dans la promotion de la justice sociale ? Comment réussir à créer des dynamiques d'inclusion qui vont au-delà de la sphère familiale mais servant toute la communauté ?

Parce que la misère entrave la dignité de l'homme partout où elle sévit, ces couches de la population, dans leur profonde vulnérabilité voient leur dignité s'effriter chaque jour davantage face aux poids de leurs urgences de survie ! Il est crucial d'œuvrer concrètement pour la justice sociale. Elle reste un des vecteurs de développement durable car réduisant les inégalités, mais aussi l'impécuniosité caractérisée, et favorisant le bien-être des populations.

La place de ces enfants n'est pas dans la rue, mais dans des endroits sécurisants et structurants pour leur donner une opportunité de forger leurs destins. Ils ont besoin et ont droit à prendre le meilleur départ possible pour commencer leur vie. Cela passe par la satisfaction de leurs besoins primaires, par l'éducation, la sécurité, la paix et le droit à l'enfance... Comme nous le savons lorsque l'enfant ne prend pas le meilleur départ possible dans la vie, cela a assez souvent un coût élevé à la fois pour lui et pour la société en général. Nul doute que nous aurons tous à payer cette addition et elle sera très salée pour l'ensemble de la nation. Ces enfants qui représentent l'avenir et subissant ces violations de leurs droits sous l'indifférence de la communauté, ont de fortes chances de grandir sans qualifications, sans repères et d'atterrir à la périphérie de la société. Peut-être que nous avons parmi eux de futurs génies, des créateurs, des scientifiques...


Depuis plus de quarante ans, des textes de lois ont été votés par les différents gouvernements pour interdire la mendicité de tout genre, mais leur mise en application n'est jamais effective.
Jusqu'à quand allons-nous continuer à signer des conventions, ratifier des traités internationaux sur les droits et la protection des enfants pour satisfaire aux ODD ou pour être éligible par rapport aux différents critères de financements des institutions internationales et autres bailleurs de fonds tout en sachant pertinemment que leur applicabilité sera problématique ; la source du problème n'étant pas solutionnée ! Sans considération de l'ensemble de la chaine de valeur pour mettre en œuvre les conditions économiques, sociales et culturelles idoines, nous aurons des solutions en silo. ...


Les enfants sont l'avenir, et pour avoir un bel avenir ils ont besoin d'être accompagnés. Nous avons le devoir et l'obligation de ne plus laisser une partie d'eux être privés de ses droits fondamentaux.
Pour éradiquer ce fléau de la mendicité infantile, les solutions seront endogènes et nécessiteront une mise en commun d'initiatives faisant intervenir toutes les parties prenantes : Etat, autorités religieuses, familles, société civile, ONG... Certaines comme celles citées ci-dessous peuvent adresser le problème dans sa globalité.

- La redynamisation des territoires ruraux pour éviter l'exode rural de familles entières qui se retrouvent en ville sans avoir les moyens d'y vivre de façon décente et qui peuvent venir augmenter les rangs des candidats à la mendicité. Il y a aussi tous ces jeunes garçons, venant de ces zones rurales qui subissent de plein fouet les profondes mutations du monde rural avec l'abandon de l'agriculture vivrière et de l'élevage. Ces garçons se retrouvent envoyés dans des daaras en zones urbaines.


- Certaines croyances culturelles et religieuses gagneraient à être questionnées. Informer, sensibiliser mais surtout conscientiser les familles sur l'urgence de la situation de leurs enfants et à quel point ce « modèle de daara » s'est éloigné du concept initial et peut représenter un sérieux handicap dans leur vie future.
- Une politique sociale inclusive pour améliorer le niveau de vie des couches les plus vulnérables et en finir avec les urgences de survie quotidiennes.
- Subventionner les daaras, pour les moderniser et les structurer. Cela permettrait de prendre en charge décemment les talibés et les accompagner de manière optimale dans leur apprentissage.
- Santé de la reproduction à promouvoir et à faire adopter davantage par les familles démunies qui continuent à enregistrer un fort taux de natalité sans pour autant avoir les moyens de subvenir aux besoins de leurs enfants.

Le 20 Novembre, journée mondiale des droits des enfants, reste un moment privilégié pour se rendre compte des nombreuses injustices que subissent encore les enfants dans le monde.

Stop à la mendicité ! Stop à la maltraitance ! Stop à toutes les formes d'injustice qui inhibent la croissance harmonieuse des enfants.
Nos enfants ont droit à l'amour, à l'éducation, à la santé, à une vie décente et aussi à l'enfance.

Une société qui ne protège pas ses enfants, une société qui n'éduque pas ses enfants, ne se ferme-t-elle pas les voies de l'émergence ?

Cécile Thiakane
Actrice du Développement social
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Journée mondiale des toilettes 19 novembre ONU :Wc, toilettes, sujets sérieux, humains et indices de développement.....

« Un problème majeur de santé publique. Nous mangeons, nous travaillons, nous téléphonons et ajoutez que nous allons aux toilettes et c'est tellement important que si nous ne le faisons pas nous tombons malades.


En plus l'absence de sanitaires conduit certaines personnes à aller loin dans la forêt ou dans des lieux improbables pour se cacher et satisfaire les instincts animaux aux risques de rencontrer un délinquant, un bandit, un animal, un serpent, etc .

La quête d'endroits pour faire ses besoins peut exposer les personnes à divers dangers soyons vigilants et sachons intégrer ce « détail » dans nos vies et nos maisons. On pourra lire ceci « Inde : des toilettes installées dans un village où les femmes déféquaient au péril de leur vie »


En mai, deux jeunes filles avaient été violées alors qu'elles se rendaient dans un champ pour faire leurs besoins. Un problème de sécurité, mais aussi de santé publique


« D'après la coalition eau, l'assainissement est encore trop rarement intégré aux logiques et programmes de développement bien qu'il soit communément admis que l'absence de services de base est un handicap important dans la voie du développement


Une lacune jugée inacceptable quand on sait que chaque jour dans le monde, 5 000 enfants de moins de 5 ans meurent de maladies liées aux conséquences du manque de toilettes. Moins grave


mais tout aussi préoccupant l'absentéisme scolaire considérable dont la défection de nombreuses filles en raison de cette absence d'infrastructure de base » https://grotius.fr/wp-content/uploads/2015/11/Probl%C3%A9matique-des-Toilettes-femmes-et-bidonvilles.pdf P B CISSOKO

Santé : le manque de toilettes en Afrique, une « pandémie » orpheline ?
| Par Mathieu Olivier

Nous sommes environ 7 milliards sur la planète. Quelque 6 milliards d'entre nous ont un téléphone portable, mais seulement 4,5 milliards d'être humains disposent de toilettes. Une situation dont plus de 2 000 enfants meurent chaque jour, en particulier en Afrique. Sans que les pouvoirs publics ne prennent vraiment le problème à bras-le-corps.


On le sait trop peu : sur notre continent, et en particulier en Afrique subsaharienne, il est plus courant de posséder un téléphone portable qu'un accès à des toilettes garantissant une bonne sécurité hygiénique. Au Soudan du Sud ou au Niger, plus des trois-quarts de la population ne disposent même pas de la moindre installation et défèquent tout simplement à l'air libre.


À l'occasion de la journée mondiale des toilettes, qui se tient chaque année le 19 novembre, Jeune Afrique fait le point sur la situation du continent. Où un enfant aurait, selon l'Unicef, environ 500 fois plus de chances de mourir de diarrhée qu'un de ses camarades nés en Europe ou aux États-Unis.


Pourquoi le manque de toilettes tue ?


L'Afrique répond-elle au défi de l'assainissement ?
L'Afrique est-elle vraiment le mauvais élève de la planète en terme d'assainissement ?
Quels pays progressent ? Stagnent ? Régressent ?
Pourquoi le manque de toilettes tue ?
Dans le monde en 2014, quelque 2,5 milliards de personnes sont privées de toilettes, selon le dernier rapport de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Unicef. Un fait qui passe encore relativement inaperçu tant le sujet prête à sourire. Il n'y a pas pourtant pas de quoi.


En l'absence d'accès aux toilettes et de dispositifs d'évacuation efficaces (vers une fosse septique étanche, une fosse ventilée ou encore via un système de compost), un tiers de la population mondiale se rabat vers un "système D" dangereux : seaux, sacs plastiques, vulgaires trous, installations partagées ou publiques, latrines peu ou pas isolées ou tout simplement défécation à l'air libre...


Autant de système qui aboutissent à la création de stocks de déchets non-évacués, devenant rapidement des réservoirs de microbes, à la portée de tous et des sources de contamination pour les cours d'eau environnant. On estime que 375 000 tonnes de matières fécales sont directement déposées chaque jour dans la nature.


On estime que 375 000 tonnes de matières fécales sont directement déposées chaque jour dans la nature.


Or, le manque d'accès à l'assainissement est un des facteurs les plus aggravants de la propagation des maladies dites hydriques. Un gramme de matière fécale humaine peut abriter jusqu'à cent œufs de parasites, 10 000 virus (comme l'hépatite ou la polio) ou encore jusqu'à un million de bactéries, responsables de la dysenterie, du choléra ou de la diarrhée. Cette dernière provoquerait chaque année près de 760 000 décès d'enfants de moins de cinq ans, soit plus de 2 000 par jour, selon l'OMS. En comparaison, Ebola a fait environ 5 000 morts comptabilisés en 2014.
Depuis les choses n'ont pas avancé.
https://www.jeuneafrique.com/40163/politique/sant-le-manque-de-toilettes-en-afrique-une-pand-mie-orpheline/

Des enfants de l'école primaire Harry C. du village Mansourey, en Sierra Leone, nettoient les toilettes de l'école. Photo UNICEF/Kassaye
Une crise mondiale de l'assainissement qui persiste

Nous n'y pensons pas souvent, mais les toilettes sauvent des vies, car elles empêchent la propagation de maladies mortelles causées par les excréments humains. La Journée mondiale des toilettes vise à sensibiliser le public sur le rôle crucial qu'elles jouent pour les populations et à encourager des actions ciblées pour relever le défi de la crise mondiale de l'assainissement.


Le monde est encore loin d'atteindre l'objectif de développement durable n°6 (ODD 6), c'est-à-dire « garantir l'accès de tous à l'eau et à l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».
Aujourd'hui, 4,5 milliards de personnes vivent en effet sans toilettes et 892 millions de personnes pratiquent toujours la défécation à l'air libre.


L'impact d'une telle exposition aux matières fécales humaines a des effets dévastateurs sur la santé publique, les conditions de vie et de travail, la nutrition, l'éducation et la productivité économique dans le monde.
L'ODD 6 vise à garantir que tous disposent de toilettes et d'un bon assainissement et que personne ne pratique la défécation en plein air d'ici 2030. Si cet objectif n'est pas atteint, l'ensemble du Programme de développement durable à l'horizon 2030 est compromis.


La nature nous appelle


Cette année, la campagne pour la Journée mondiale des toilettes portera sur la nature, et sur la nécessité de construire des toilettes et des systèmes d'assainissement qui fonctionnent en harmonie avec nos écosystèmes.
Le thème, « Quand la nature nous appelle », s'inscrit dans l'idée que « nous sommes en train de transformer notre environnement en un égout à ciel ouvert. Nous avons besoin de davantage de solutions fondées sur la nature pour régler la crise mondiale de l'assainissement. »

Par exemple :
• des latrines à compost qui capturent et traitent les déchets humains sur le site, produisant gratuitement des engrais utiles à la culture.
• les zones humides et les roselières artificielles filtrent les eaux usées avant leur rejet dans les cours d'eau.
Faits et chiffres
Les données ci-dessous, publiées dans le rapport du Programme commun OMS-UNICEF de suivi de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement intitulé « Progrès en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène : mise à jour 2017 et évaluation des ODD », donnent une idée de l'étendue de la crise mondiale de l'assainissement :
• Environ 60 % de la population mondiale – soit 4,5 milliards de personnes – n'ont pas de toilettes à la maison ou dispose de toilettes qui ne permettent pas une gestion hygiénique des excréments.
• 892 millions de personnes dans le monde pratiquent la défécation en plein air et sont privées de sanitaires - les matières fécales ne sont donc ni recueillies ni traitées.
• 1,8 milliard de personnes boivent de l'eau potable non améliorée sans protection contre la contamination par des matières fécales.
• Dans l'ensemble, 80 % des eaux usées résultant des activités humaines retournent dans l'écosystème sans avoir été traitées ou réutilisées.
• 1/3 des écoles dans le monde ne disposent pas de toilettes - un problème qui s'aggrave pour les filles pendant la période de menstruation.
• 900 millions d'écoliers dans le monde ne disposent pas d'installations pour le lavage des mains - ce qui favorise la propagation de maladies mortelles.
• INDE - Un reportage de la BBC a mis au jour le calvaire quotidien de nombreuses femmes qui se privent d'aller aux toilettes pour réduire les risques d'être victime d'une agression sexuelle. Une décision qui peut avoir des effets graves sur leur santé.


 - La rédaction de LCI


• Quand assouvir un besoin naturel devient une source d'angoisse. En Inde, des milliers de femmes choisissent de se priver d'eau et de nourriture afin d'éviter les agressions sexuelles. Des agressions qui constituent le lot quotidien des Indiennes dans un pays où environ 524 millions de personnes sont contraints de se soulager quotidiennement en plein air, faute de toilettes saines.

• C'est en tout cas ce que détaille un long format de la BBC. On apprend ainsi que des femmes se limitent à un unique passage par jour, afin de limiter les risques d'agressions. D'autres s'organisent pour y aller en groupe. Mais surtout, certaines renoncent à se nourrir et à boire. Une décision qui peut se révéler risquée en été :

"Elles se déshydratent intentionnellement - et cela peut avoir des effets graves s'il fait vraiment chaud ou s'il y a une vague de chaleur", a expliqué à la BBC le chercheur Gulrez Shah Azhar, qui a étudié les conséquences de la canicule de 2010 au nord-ouest de l'Inde.


• Lire aussi


• Inde : 239.000 fillettes meurent chaque année à cause des discriminations sexistesInde : une adolescente violée et brûlée vive, le suspect principal arrêté
• Près de 70% des foyers indiens ne sont pas équipés de toilettes
• L'absence de sanitaires est un problème majeur de santé publique en Inde, et concerne près de 594 millions d'Indiens, soit quasiment la moitié du pays, selon l'Unicef. Près de 70% des foyers indiens n'en sont pas équipés. Par ailleurs, d'après une étude nationale récente, environ 60% des jeunes femmes de 16 à 24 ans n'ont pas accès aux serviettes hygiéniques, chiffre qui monte à 80% dans certains Etats pauvres du centre et de l'Est de l'Inde. A cette problématique sanitaire s'ajoute la longue liste des agressions sexuelles enregistrées en Inde : près de 110 viols sont rapportés chaque jour selon des chiffres officiels. Quelque 110.333 cas de viol ont été rapportés dans le pays entre 2014 et 2016.

• Le Premier ministre indien Narendra Modi a promis la construction de toilettes dans chaque foyer d'ici 2019. Selon lui, son gouvernement a construit plus de 20 millions de toilettes depuis 2014. Des observateurs estiment toutefois que le problème ne vient pas seulement de la pauvreté, mais également d'une croyance enracinée selon laquelle les toilettes intérieures sont impures.
https://www.lci.fr/international/en-inde-se-retenir-d-aller-aux-toilettes-au-quotidien-pour-eviter-une-agression-sexuelle-2094709.html

 

LA RENCONTRE D'ADOLESCENT.E.S DANS DES ENVIRONNEMENTS INCERTAINS Écoutes croisées Sous la direction de Antoine Kattar

Savoir et formation
PSYCHANALYSE, PSYCHIATRIE, PSYCHOLOGIE SOCIOLOGIE ETUDES SUR LA JEUNESSE


Comment les adolescent.e.s d'aujourd'hui tentent de garantir la continuité de leur sentiment d'exister quand ils sont confrontés à un environnement qui vacille ?

Quelles sont leurs angoisses à l'oeuvre ?

Qu'est-ce qui pèse sur eux dans la réalité de l'environnement et peut se heurter à leurs peurs fantasmatiques ?

Comment aller à leur rencontre ? Comment appréhender la souffrance psychique des sujets dans notre société hyper moderne ?

À une époque où notre société est traversée par une crise majeure des repères symboliques, l'ouvrage d'Antoine Kattar nous invite à comprendre le retentissement des environnements incertains sur la construction identitaire des sujets adolescents au Liban.


À travers le récit de son itinéraire personnel, il nous montre le cheminement de sa pensée de chercheur à partir de son expérience de l'exil. En faisant dialoguer son « soi adolescent » avec son « soi d'adulte exilé », il analyse les effets que produisent les guerres, les replis sur l'entre-soi confessionnel et l'émigration sur les sujets adolescents d'aujourd'hui.


À partir des propos de celles et ceux qu'il a interrogé(e)s et à l'aide d'une théorisation originale, l'auteur identifie plusieurs positions psychiques entre lesquelles oscillent ces adolescent(e)s qui tentent de garantir la continuité de leur sentiment d'existence alors qu'ils-elles sont confronté(e)s à une scène sociale profondément insécurisante.


Cet ouvrage pose des jalons pour les professionnels de l'éducation qui sont requis de tenir une position d'adulte dans la rencontre des adolescents au quotidien et appelle au rôle qu'ils peuvent jouer pour renforcer et étayer les « soi-adolescents » en construction.

Antoine Kattar, psychosociologue clinicien, est professeur des universités en sciences de l'éducation à l'Université de Picardie Jules Verne, au laboratoire CAREF et à l'Éspé de l'académie d'Amiens. Il a mis en oeuvre le réseau international interdisciplinaire de recherche ACEI (Adolescence Contemporaine et Environnement Incertain). Il est membre du bureau de l'association Cliopsy et du comité de direction de la revue Carrefours de l'éducation.

Ont contribué à cet ouvrage :
Joëlle Bordet, Arnaud Dubois, Laurence Gavarini, Patrick Geffard, Philippe Gutton, Danielle Hans, Françoise Hatchuel, Mej Hilbold, Dimyanos Kattar, Caroline Le Roy, Gilles Monceau, Ilaria Pirone, Émile-Henri Riard.

vendredi, 16 novembre 2018 17:04

Les priorités ne sont pas les mêmes au Nord ou au Sud

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Les français n’ont d’yeux actuellement que pour la manifestation des gilets jaunes du 17 novembre. Sera-t-elle ou non un succès populaire, le blocage des routes sera-t-il massif ? En cause, les taxes qui affectent l’essence et le gazole, des taxes dont l’objectif est de lutter contre le réchauffement climatiqueen privilégiant les énergies renouvelables et propres. Personne, nulle part dans le monde, n’aime à payer des impôts supplémentaires. Mais il faut être cohérent lorsqu’on se prétenddéfenseur de l’environnement, lorsqu’on ambitionne de protéger les générations futures,qu’elles soient humaines ou animales. A moins qu’il ne s’agisse-là d’un nouveau paradoxe.

Face à ces turpitudes hexagonales bien gauloises, je vous invite à prendre un peu de hauteur et de nous déplacer au Gabon, un pays où la forêt primaire avec 22 millions d’hectares occupe près de 87% du territoire et constitueune des réserves mondiales de biodiversité. 

Pour autant, cinquante ans après l’indépendance de ce pays il n’existe toujourspas de système d’assainissement à Librevilledont la population s’élèveà quelques 600 000 habitants ! Comment s’étonner après cela des inondations récurrentes dont est victime la capitale ?Comment être surpris que les habitants soient menacés par des maladies, pour certaines mortelles, dues à l’absence de traitement des eaux pluviales et usées ? Il n’existe aucun système de collecte ni de traitement. Celles-ci se déversent dans des canaux de drainage à ciel ouvert, qui pour certains se rejettent dans l’Océan et les boues de latrines et fosses septiques sont déversées dans la nature.

Par ailleurLibreville donne directement sur la mer. La capitale gabonaise est donc directementvisée par les conséquences du dérèglement climatique (dont Donal Trump n’a cure). Résultat, la montée des eaux, outre les crues et inondations qu’elle provoquera, impacterad’ici quelques années la capacité d’évacuation des eaux de pluies et affecterd’autres villes,notamment Port-Gentil avec tous les risquesque cela suppose sur la santé des populationset l’écosystème. Une immigration climatiquviendra alors s’ajouterà l’immigrationéconomique d’aujourd’hui et aux réfugiés fuyant les guerres et la famine.

Si on n’agit pas rapidement le réchauffement climatique,causé par les gaz à effet de serre,signera la chronique d’une mort avancée de la planète, en particulier du continentafricain.Deux tiers des villes africaines seront impactésd’ici 2035. L’Afrique est le continent le plus menacé par les effets du réchauffement du fait de l’existence sur son sol de 86 des 120 villes mondiales à la croissance démographique la plus forte, de leurs difficultés d’approvisionnement en eau potable et des violentes inondations qu’elles subissent. Huit villes africaines figurent parmi les dix les plus à risque au monde, dont Kinshasa en République démocratique du Congo, Morovia au Libéria ou encore Bangui en Centrafrique.

Nous avons là tous les éléments constitutifs d’une bombe à retardement écologique, mais qui s’en soucie ?Pas l’Amérique en tout cas qui s’obstine à nier les effets du réchauffement de la planète, y compris les incendies géants en Californie.

Et pendant ce temps, en France, des milliers d’automobilistesen colères’apprêtent à bloquer les routes pour s’opposer au paiement d’une taxe écologique sur l’essence et le diesel. Ce n’est pas en additionnant tous les égoïsmes qu’on fera preuve de solidarité« Sauvons la planète ! » qu’ils disaient,d’accord, mais pas au prix de quelques centimes supplémentaires.

l’évidence les priorités ne sont pas les mêmes au Nord et au Sud, entre les pays riches et les pays pauvres. Les risques non plus, il est vrai.Là où il est question pour certains de confort et de niveau de vie, pour d’autres c’est une question de survie.

Au fait, rappelez-moi, quel est le pays qui a organisé la COP 21 ?

Le directeur de publication d’Ichrono

 

Le député LR Julien Aubert propose de changer de prénom pour devenir Français


Le député LR Julien Aubert "assume défendre une position en faveur de l'assimilation républicaine". @ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Parmi 18 propositions sur l'islam, le député LR du Vaucluse Julien Aubert suggère aux étrangers qui veulent obtenir la nationalité française de choisir un prénom "parmi ceux issus des différents calendriers français", qui soit "plus adapté à la culture nationale".


Le député LR du Vaucluse Julien Aubert propose de choisir un prénom "adapté à la culture nationale" pour obtenir la nationalité française, et d'élargir l'interdiction du port du voile qui aurait un impact "sur le développement physique" des mineures.


"Une préférence" pour la culture française. Dans un livret de 18 propositions sur l'islam publié vendredi, le député part du principe que "la distinction usuelle entre islam et islamisme (...) ne correspond à aucune réalité religieuse établie" et assume "une préférence" pour la culture française d'origine judéo-chrétienne et gréco-latine".


Le volet "culturel et civilisationnel" de l'islam "pose plus de problèmes à la culture nationale" que le volet strictement religieux, estime l'élu, qui "assume défendre une position en faveur de l'assimilation républicaine", opposée "à une conception multiculturaliste".


Un prénom "plus adapté à la culture nationale". Pour les prétendants à la nationalité française, Julien Aubert suggère de leur "imposer (...) de choisir un de leurs prénoms parmi ceux issus des différents calendriers français, et ceux des personnages connus de l'histoire nationale", qui soit "plus adapté à la culture nationale".
Le polémiste Eric Zemmour avait suscité une vive polémique lors d'une altercation avec la chroniqueuse Hapsatou Sy au sujet de son prénom, qui est, aux yeux d'Eric Zemmour, une "insulte à la France". Le député Rassemblement national (RN, ex-FN) Louis Aliot considère lui aussi qu'"on s'intègre mieux en adoptant un prénom de son pays d'accueil".
Pour une interdiction du voile dans les établissements publics. À propos du voile, Julien Aubert considère que "la coexistence de micro-nations sur un même territoire ne peut que conduire à l'affrontement" et prône de ce fait son interdiction dans tous les établissements publics, y compris les universités et les entreprises publiques. Mais il l'autorise dans la rue à condition qu'il y ait possibilité "d'enjoindre à quelqu'un de l'ôter".


Un voile mauvais pour la croissance des femmes ? Citant une étude jordanienne, le député s'interroge sur le port du voile par les mineures, qui pourrait "avoir un impact sur [leur] développement physique", avec "une carence en vitamine D, et "une perte de cheveux en cas de port prolongé".


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Mamoudou Gassama aura la nationalité française d'ici trois mois environ
• "Zinédine Zidane, c'est une insulte à la France ?!" : la colère de Francis Huster après la polémique sur les prénoms d'origine étrangère

Par Europe1 .fr avec AFP


"Zinédine Zidane, c'est une insulte à la France ?!" : la colère de Francis Huster après la polémique sur les prénoms d'origine étrangère


Chez Anne Roumanoff, le comédien pousse un coup de gueule pour dénoncer les propos d'Eric Zemmour au sujet des prénoms d'origines étrangère.
ANNE ROUMANOFF, ÇA FAIT DU BIEN


Francis Huster peut hausser la voix, dès lors que quelque chose le révolte. Chez Anne Roumanoff mercredi le comédien, actuellement à l'affiche de la pièce de théâtre Pourvu qu'il soit heureux, n'a pas caché sa colère au sujet des polémiques récentes, et notamment concernant les propos d'Eric Zemmour sur les prénoms d'origine étrangère.
Lors de l'émission Les Terriens du samedi ! diffusée sur C8, un vif accrochage avait eu lieu entre Eric Zemmour et la chroniqueuse Hapsatou Sy. Une partie de l'échange avait été coupé au montage, mais Hapsatou Sy avait choisi de divulguer cette séquence sur Instagram. On pouvait y voir Eric Zemmour reprocher aux parents d'Hapsatou Sy de l'avoir appelé ainsi. "Mademoiselle, c'est votre prénom qui est une insulte à la France", avait-il lâché.


"Eric est un prénom suédois, qui vient de 'Eirikr'". Une polémique qui n'a pas manqué de révolter le comédien Francis Huster. "Savez-vous qui est Salomea Skłodowska ?

Et bien c'est Marie Curie ! Elle est une insulte à la France ?

Et Zinédine Zidane ? Et Kylian Mbappé ? Ce sont des insultes à la France ?", s'est révolté l'acteur au micro d'Europe 1. "Eric est un prénom suédois, qui vient de 'Eirikr'", a par ailleurs avancé Francis Huster.
Acteur engagé, Francis Huster a aussi tenu à rappeler la valeur fondatrice d'égalité. "De la même façon, vous pensez vraiment qu'il y a des Français de souche ?", s'est-il ainsi insurgé. "Être Français en 2018, c'est comprendre que nous sommes un jardin d'êtres humains, où il y a des tulipes, des marguerites et des myosotis", a-t-il conclu de manière métaphorique.
Europe1

 

LES COMBATS RITUELS DE ZITLALA AU Mexique Se battre por gusto par Véronique Roussely

Préface de Danièle Dehouve
Connaissance des hommes


ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATION AMÉRIQUE LATINE AMÉRIQUES Mexique


Les combats de Zitlala au Mexique s'inscrivent dans un vaste registre de jeux et d'affrontements rituels toujours observables de par le monde. Présentées dans les années 1970 comme une « tradition en perdition », ces luttes qui se déroulent plusieurs fois par an connaissent aujourd'hui un regain d'intérêt.

À partir d'un travail de terrain réalisé entre 2011 et 2013, cette recherche rend compte de l'espace que celles-ci occupent dans la dynamique rituelle locale et met en lumière les ajustements du système symbolique aux nouvelles réalités économiques et sociales.

Objet de cet ouvrage, les combats de Zitlala au Mexique (État du Guerrero) s'inscrivent dans un vaste registre de jeux et d'affrontements rituels toujours observables de par le monde.

Présentées dans les années 1970 comme une « tradition en perdition », ces luttes qui se déroulent plusieurs fois par an connaissent aujourd'hui un regain d'intérêt à l'intérieur duquel s'élaborent de nouvelles significations, de nouveaux enjeux, dont celui de la patrimonialisation.


À partir d'un travail de terrain réalisé entre 2011 et 2013, cette recherche, à la croisée de l'histoire et de l'anthropologie, rend compte de l'espace que celles-ci occupent dans la dynamique rituelle locale et met en lumière les ajustements du système symbolique aux nouvelles réalités économiques et sociales.

L'auteure pose en outre le regard sur la matérialité des combats et les interactions physiques en partant du postulat que le geste est porteur de sens et peut produire de la connaissance.


Cette lecture pragmatique des mouvements problématise la question de la place du
corps dans la recherche anthropologique et pose les jalons d'une réflexion autour des pratiques agonistiques ne relevant ni du combat guerrier ni de l'affrontement sportif.

Véronique Roussely est ethnohistorienne diplômée de la ENAH-Mexico (Escuela Nacional de Antropología e Historia) et docteure en ethnologie de l'Université Paul-Valéry, Montpellier 3. Chercheure associée au CERCE (Centre d'Études et de Recherches Comparatives en Ethnologie, EA 4584-E1) ses travaux portent sur les jeux et rituels d'affrontements dans la sphère hispano-américaine.

 

 

Tuer pour vivre par François-Michel MAUGIS – La Réunion

Le Thaïlandais Anucha est mort à 13 ans, tout simplement car son adversaire pauvre n'avait d'autre moyen pour gagner sa vie, que de gagner, contre son ami, ce combat de boxe Thaï.
Et ce drame lamentable n'est que la partie émergée du drame mondial d'une pauvreté et d'une misère que, ni nos économistes, ni nos politiques, ni les institutions internationales dont c'est la charge, ni même nos remarquables ONG, sont capables d'enrayer.

Certains analystes prétendent même que, malgré le fantastique progrès des sciences, des techniques économiques, sociales, financières, le nombre de pauvres augmente. Alors, oui, continuons de construire des sous-marins et des porte-avions nucléaires, continuons à construire des fusées pour aller dans la Lune ou ailleurs et glorifions nous de notre génie, de notre puissance. Mais cela ne me satisfait pas.

Et vous ?

Rappelons-nous, si nous avons un peu de cœur, d'Anucha TASAKO dont l'ultime discrétion et pudeur fût de mourir sous un pseudonyme : Sore WILAITHONG. Quant à son ami meurtrier Nitirkon SONDE, ne nous contentons pas de le sortir de la misère mais faisons tout pour construire un monde plus équitable, plus juste et plus humain. Et nous, Français, faisons rayonner bien davantage notre belle devise : «Liberté, égalité, fraternité ».

Ayons honte de préparer la guerre et encore plus honte de la faire. N'oublions pas non plus que le nerf de la guerre est précisément cette misère que l'organisation actuelle du Monde continue d'entretenir. Il faut arrêter et ne pas se contenter de penser qu'il faudrait peut-être changer de paradigme.

François-Michel MAUGIS – La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe.
http://www.assee.fr

 

MIGRATIONS ET SAVOIRS-Stations, itinéraires et périples, de l'apprentissage sur le parcours migratoire entre l'Éthiopie et Allemagne-Délia Evelyne Nicoué

Logiques sociales


IMMIGRATION, INTERCULTUREL SOCIOLOGIE AFRIQUE SUBSAHARIENNE EUROPE Allemagne Ethiopie


D'où viennent les réfugiés qui arrivent jusqu'en Allemagne ? Quelles sont les particularités du parcours et du vécu quotidien des femmes dans ces mouvements migratoires ? La migration des servantes domestiques est analysée comme un processus dynamique d'apprentissage et de quête de soi qui mène des jeunes femmes éthiopiennes jusqu'en Europe. Leur parcours apparaît plus comme un parcours expérimental d'apprentissage continuel et non comme un projet de migration reconçue au départ de l'Ethiopie.

D'où viennent les réfugiés qui arrivent jusqu'en Allemagne ?

Quelles sont les particularités du parcours et du vécu quotidien des femmes dans ces mouvements migratoires ?
Comment leur parcours influence-t-il les prémisses de leur intégration dans la société allemande ?

Cet ouvrage, écrit dans le cadre du programme doctoral du Bayreuth Graduate School of African Studies à l'Université de Bayreuth en Allemagne, tente de fournir quelques réponses à ces questions. Il prend appui sur les théories de l'apprentissage et sur l'approche constructiviste dans la tradition allemande de la sociologie du savoir.

La migration des servantes domestiques est analysée comme un processus dynamique d'apprentissage et de quête de soi qui mène de jeunes citadines et des jeunes
femmes en provenance des zones rurales de l'Éthiopie jusqu'en Europe via, entre autres, des lieux de transit comme Dubaï, Koweit City, Beyrouth, Istanbul et Athènes.

Leur itinéraire migratoire se révèle être le résultat d'un parcours expérimental d'apprentissage continuel et non le résultat d'un projet de migration préconçu au départ de l'Éthiopie.
C'est à cet effet que l'approche multi-locale de la recherche en études migratoires a permis d'examiner in situ et d'analyser les dynamiques internes à ces migrations que des infrastructures de migration font mouvoir depuis l'Afrique jusqu'en Europe.

Les itinéraires et les périples de l'apprentissage chez les jeunes migrantes aboutissent de toute évidence à un processus de maturation et à la quête de soi.

Délia Evelyne Nicoué, née au Benin, a travaillé comme chercheure en anthropologie sociale à l'Université de Bayreuth en Allemagne. Après une maîtrise en études germaniques à Paris VIII en 2003, elle s'est tournée vers l'ethnologie et la sociologie du développement à Bayreuth qui est une université de renom en matière d'études africaines. Après son emploi d'assistante de recherche à la chaire d'ethnologie, elle travaille actuellement dans le domaine de la coopération au développement et de l'aide humanitaire.

jeudi, 15 novembre 2018 12:20

INVENTEURS ET SAVANTS NOIRS par Yves Antoine

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INVENTEURS ET SAVANTS NOIRS par Yves Antoine 3 ème édition 

Nous avons des inventeurs et nous l'ignorons. Et quelqu'un disait que si tu veux tromper l'autre  écris et comme il ne lit pas il ne verra rien . Lisons et transmettons. P B C

Troisième édition
Yves Antoine
SCIENCES ET TECHNIQUES


Voici un livre au titre surprenant parce qu'il va à l'encontre de l'image qu'on se fait des Noirs dont on circonscrit la capacité créatrice et les accomplissements à des domaines bien précis : la musique, le sport, la danse. Sait-on que la première opération à coeur ouvert fut effectuée par le docteur Daniel Hale Williams en 1893 à Chicago ? L'ouvrage nous dévoile ainsi une nouvelle dimension de l'univers des Noirs dont l'apport à la science et à la technique modernes, bien qu'il ait été trop longtemps occulté, n'est pas moins appréciable.

En 2012, l'auteur disait ceci :

 

Non informé de l'apport scientifique et technique des Noirs à l'humanité, Aimé Césaire, dans sa célèbre et magnifique plaquette, Cahier d'un retour au pays natal, a écrit :

Eia pour eux qui n'ont jamais rien inventé
pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
pour ceux qui n'ont jamais rien dompté (1).

Sans remonter aux anciennes cultures africaines (2) vieilles de plusieurs centaines d'années, on peut affirmer que la contribution du monde noir à la science et à la technique modernes mérite d'être soulignée. S'il existe de nombreuses publications en anglais consacrées à ce sujet, force est de constater qu'en français, très peu de travaux ont été accomplis, mettant en valeur la diversité du génie des créateurs noirs. Parmi les ouvrages les plus intéressants, signalons le Dictionnaire de la négritude (1989) de Mongo Beti et d'Odile Tobner, le Dictionnaire Black (1995) de Christiane Passevant et de Larry Portis. Ces livres très généraux ne posent pas l'accent sur les savants. Néanmoins, nous avons été nous-même agréablement surpris d'apprendre que des Noirs ont effectué des découvertes scientifiques et des inventions techniques. Car de pareilles réalisations n'auraient pas été possibles en dehors d'un contexte socioculturel humainement favorable et doté d'infrastructures appropriées. À cet égard, les propos de Guy Sorman prennent tout leur sens :

Au total, la variété infinie de l'espèce humaine n'interdit à aucun peuple ou sexe particulier d'accéder aux plus hautes sphères de la connaissance, à condition peut-être qu'un nombre suffisant, à l'intérieur de ces peuples ou de ces sexes, reçoive les moyens de se former, puis de travailler (3).

Le mathématicien français René Thom est plus incisif.

La science, dit-il, n'est jamais hors de la société, au contraire, elle est toujours un fait socio-politique (4).

Dans cette perspective, on comprend aisément que le nombre de savants noirs aux États-Unis par exemple soit restreint et que ces derniers soient presque inconnus du grand public. Plus d'un facteur explique ce phénomène. D'une part, la communauté scientifique a toujours projeté l'image d'un univers clos, inaccessible ; d'autre part, les secteurs d'activités comme la danse, la musique, la politique, le sport, etc., se prêtent mieux, semble-t-il, aux puissants moyens actuels de communication de masse. En effet, qui n'a jamais entendu parler de Muhammad Ali (Cassius Clay), de Harry Belafonte, de Nelson Mandela, de Pelé ? Mais sait-on que ce fut le Noir américain Garrett A. Morgan qui inventa les feux de circulation automobile ? Quoi qu'il en soit, les médias, souvent obnubilés par des préoccupations mercantiles, ont une bonne part de responsabilité dans la distance qui sépare les hommes et les femmes de science du public en général. Un rapport pénétrant de l'UNESCO a attiré l'attention sur leur rôle et leur toute-puissance :

Dans le domaine de la communication, le secteur privé est investi, en ce qui concerne l'établissement des modèles sociaux et l'orientation des attitudes publiques et du comportement, d'un pouvoir comparable à celui des gouvernements, parfois même encore plus grand du fait de l'importance des ressources financières en jeu (5).

En fin de compte, respectueux de l'idéologie dominante dans les sociétés occidentales et notamment aux États-Unis, les médias manifestent peu d'intérêt à montrer le Noir sous un nouvel éclairage.
Au fond, l'occultation des travaux importants de l'homme noir s'apparente à une forme de « violence symbolique » selon l' expression de Pierre Bourdieu. Elle tient en échec ses désirs ou ses tentatives d'identification à des modèles légitimes et tend à annihiler sa propre estime et sa confiance en lui-même. Mais il faut préciser qu'aujourd'hui, le concept de « race », en filigrane dans nos propos, est dépourvu de base scientifique. Cette affirmation repose sur les témoignages d'éminents spécialistes. Albert Jacquard a écrit :

Il se révèle impossible de classer les différentes populations humaines en races, à moins de décider arbitrairement leurs affectations, ce qui prive la conclusion de tout lien avec la réalité. Selon le niveau de précision que l'on cherche à respecter, on peut finalement énoncer soit qu'il n'y a pas de races dans notre espèce (6), soit qu'il n'y en a qu'une : l'humanité, soit qu'il y en a autant que d'humains, soit que le concept de race n'est pas opérationnel pour notre espèce.

Les progrès les plus récents de la génétique ont amené Arnold Munnich, professeur à l'université René Descartes-Paris V, à formuler des observations :

La carte des gènes est la même chez tous les hommes d'hier et d'aujourd'hui, quelles que soient leur ethnie, religion, couleur de peau, d'yeux ou de cheveux. Le décryptage du génome prive les idéologies racistes de tout fondement scientifique (7).

Dans une brochure parue en 1978, l'UNESCO a regroupé des rapports d'experts de différentes nationalités sous le titre général, Déclaration sur la race et les préjugés raciaux. Nous en avons relevé quelques éléments qui nous ont semblé très percutants :

Il n'existe pas chez l'homme de race pure, au sens de population génétiquement homogène (8).

Tous les hommes qui vivent de nos jours appartiennent à la même espèce humaine et descendent de la même souche. La division de l'espèce humaine en « races » est en partie conventionnelle ou arbitraire, et elle n'implique aucune hiérarchie de quelque ordre que ce soit (9).

La plupart des idées exprimées dans le texte de l'UNESCO se trouvaient dans l'ouvrage monumental d'Anténor Firmin (1850-1911) : De l'égalité des races humaines (Paris, Pichon, 1885, 662 p.). Nous saluons cette œuvre pour ses rares qualités. Elle témoigne de l'étincelante et immense érudition de son auteur dont la démarche touche aux disciplines les plus variées de la connaissance : histoire, médecine, anthropologie, sociologie, linguistique, géographie, etc. En se référant à Blumenbach, Humboldt, Hérodote, Schoelcher entre autres, Firmin sape les systèmes de compartimentage, de hiérarchisation des « races » humaines et conclut par l'idée de la perfectibilité de celles-ci. « De l'égalité des races humaines est, d'après Ghislaine Géloin, un document exceptionnel, d'une impeccable rigueur, en avance sur ses contemporains (10). » La thèse défendue par Firmin allait à contre-courant de la pensée des plus grands savants de l'époque comme Paul Broca, éminent chirurgien français qui a découvert le centre phonatoire au pied de la troisième circonvolution frontale gauche, appelée, depuis lors, circonvolution de Broca. On peut imaginer ce qu'il a fallu de courage à Firmin pour s'opposer au discours dominant à la Société d'anthropologie de Paris dont il était membre. Les explications qu'il propose au sujet de l'égarement de penseurs tels Renan, Spencer, Kant, Quatrefages, sont d'une justesse étonnante.

De même, on peut signaler dans la conclusion de son livre des remarques extrêmement pertinentes :

En y réfléchissant, peut-être bien des savants européens, convaincus jusqu'ici de la supériorité de leur sang, seront-ils surpris de constater qu'ils ont été le jouet d'une méchante illusion. La situation actuelle des choses, les mythes et les légendes dont on a bercé leur enfance et qui ont présidé à la première éclosion de leur pensée, les traditions dont leur intelligence a été continuellement nourrie, tout les entraînait invinciblement à une doctrine, à une croyance que les apparences semblent si bien justifier (11).

Humaniste visionnaire, défenseur du métissage, Anténor Firmin a finalement récusé le concept même de race que nous continuons encore à n'employer que par commodité de langage. De l'œuvre de Firmin, Mongo Beti et Odile Tobner disaient :

En bonne logique, on n'a pas à réfuter une pétition de principe ; il suffit de la citer pour la détruire. C'est ce que fait méthodiquement Anténor Firmin ; et son livre a, pour la philosophie des XVIIIe et XIXe siècles européens, toute la cruauté des Provinciales de Pascal pour la morale jésuite, c'est-à-dire la pure et simple cruauté de leur propre expression, exposée au rire subversif de la raison (12).

Qualifié par Beti et Tobner de « génie méconnu » et de « premier penseur de la condition faite à l'homme noir », Anténor Firmin s'évertuait à démystifier et à informer.

Inventeurs et savants noirs se veut également un outil d'information et est appelé à être enrichi par le lecteur. La raison en est que nos choix n'ont pas échappé à l'arbitraire. En d'autres mots, nous n'avons pu retenir tous les scientifiques noirs de haut niveau dont plusieurs travaillent pour des laboratoires européens. Certains ont exercé dans des entreprises ou centres de recherche américains très renommés. Mentionnons, à titre d'exemple, le Dr Evelyn Boyd Granville (née en 1924), le Dr Mae Jemison (née en 1956) qui étaient respectivement au service d'IBM et de la NASA.

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Contribuer à la vulgarisation, dans les milieux francophones, de l'apport d'inventeurs et de savants de race noire à la civilisation universelle, tel est notre projet. Les écrivains haïtiens Jean F. Brierre et René Piquion ont publié en 1950 un opuscule intitulé Marian Anderson en hommage à cette sublime cantatrice. En écrivant cet ouvrage, nous avons voulu à la fois perpétuer la mémoire de quelques inventeurs et scientifiques, rétablir une certaine vérité et rendre une certaine justice. Dans la mesure où ce travail aura réussi à miner tant soit peu ce qui reste de préjugés dans nos sociétés où, hélas, le racisme est encore vivant, nous nous estimerons satisfait.

 

Yves Antoine est né à Port-au-Prince. Après avoir séjourné en Europe et aux États-Unis, il vit au Québec depuis 1969. Diplômé en pédagogie et en littérature française, respectivement des universités de Montréal et d'Ottawa, il a reçu, en 1999, le prix Carter G. Woodson du Conseil interculturel de l'Outaouais et le prix Efficience en 2010, à Paris.

 

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