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DÉMOCRATIE ET ÉTHIQUE VAUDOUE EN HAÏTI par Frantz Douyon

ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATION SPIRITUALITÉ MONDE CARAÏBES Haïti


La société haïtienne est une "société de la méfiance", ce qui constitue un obstacle important à la cohésion sociale. Le monde vaudou est peuplé d'ennemis dont il faut se protéger. Les croyances vaudoues jouent un rôle essentiel dans l'apparition des maladies mentales : "Dans les préoccupations délirantes se manifeste toujours une peur des esprits malfaisants mobilisés par l'action maléfique d'autrui".


C'est triste de penser que zanmi pre se kouto de bò, zanmi lwen se lajen sere


. « L'homme est un animal sociable qui ne peut trouver son bonheur que dans et par l'amitié. » L'amitié soude les êtres humains, c'est par elle que se propagent les valeurs communes, que se forme la conscience du bien commun. Que vaut une société si on ne peut pas s'y tisser des
réseaux, à travers lesquels les individus et les groupes peuvent entrer en contact, établir des relations honnêtes et échanger en faisant confiance à des amis et à des partenaires ?

C'est un retour à la loi de la jungle ! Chak kou-kouy klere pou je-l ! « Chacun pour soi ! » Nage pou sòti.

« Démerde-toi ! » Autant d'expressions qui veulent dire la même chose et qui témoignent de la même réalité. Cette « société de méfiance », qui est la caractéristique culturelle prédominante de la société haïtienne, se pose comme un obstacle important à une cohésion sociale. Le monde vaudou est peuplé d'ennemis dont il faut se protéger.

Le vaudouisant doit investir beaucoup pour se prémunir de toute attaque ennemie, c'est un système d'attaque et défense.

Les croyances vaudoues jouent un rôle essentiel dans l'apparition des maladies mentales, dit le médecin psychiatre haïtien Legrand Bijou. Le psychiatre montréalais d'origine haïtienne, Luc Turnier, renchérit : « dans les préoccupations délirantes se manifestent toujours une peur des esprits malfaisants mobilisés par
l'action maléfique d'autrui ». Métraux constatait que « sous des dehors gais et optimistes, le paysan dissimule une anxiété chronique qui dérive d'appréhensions malheureusement trop justifiées ».

Le Dr Frantz Douyon est diplômé d'Haïti, mais il a enseigné pendant toute sa carrière à Montréal, Canada. Il a à son actif un certain nombre de publications concernant Haïti. Ses sujets de prédilection concernent la démocratie et le développement socio-économique du pays. Il reprend sa publication "L'État haïtien face à la nation haïtienne, anatomie d'un échec", en présentant une réflexion plus élargie sur la cohésion sociale et l'éthique vaudoue.

samedi, 22 septembre 2018 07:28

A Bargny « l’Emergence » à un goût amer !

Poster par

Une nouvelle génération de militants à vu le jour ces dernières années, ils interviennent dans de nombreux domaines, tels que la finance, le Big Data, l’alimentation et bien sûr la protection de l’environnement. On les appelle des lanceurs d’alerte et aujourd’hui chacun s’accorde à reconnaître le bien fondé de leurs actions à l’origine de révélations d’informations que les Etats, les multinationales, les partis politiques souhaiteraient garder secrètes. Ou encore de dénonciation de scandales.

C’est également le mérite de Pierre Vanneste et de Laurence Grun, deux réalisateurs Belges, qui viennent de réaliser un web documentaire dénonçant la pollution et l’érosion côtière dans une petite commune située à seulement 30 kilomètres de Dakar : Bargny.  

Aux effluves polluants d’une cimenterie toute proche, depuis plusieurs décennies, s’ajoute désormais l’érosion côtière accentuée par le réchauffement climatique. C’est vrai que selon Donald Trump le réchauffement de la planète est une invention de pseudo-scientifiques en mal de reconnaissance médiatique. Sauf que là, la mer avance irrémédiablement à l’intérieur des terres.

Et comme si cela ne suffisait pas, voici 10 ans qu’a débuté, sans aucune concertation avec les élus locaux, la construction d’une centrale électrique à charbon qui doit assurer 12% des besoins du Sénégal en électricité. Sans parler de l’existence du port minéralier non loin de là.

Mais ce n’est pas tout, car à cinq kilomètres de là voici qu’un autre chantier s’apprête à sortir de terre : le nouveau pôle urbain de Dianmniado.

Comme station balnéaire on peut rêver mieux.

Quand, en 2014, le président Macky Sall à lancé son « Plan Sénégal Emergence » prônant un nouveau modèle de développement avec une croissance à 6,5% il a oublié de dire que cela appauvrirait encore un peu plus les les populations les plus fragiles et que son modèle de développement se ferait au détriment d’un Sénégal vert et au profit du tout bêton. 

Comme le dit si bien le titre tu web documentaire, volontairement ironique : « Bargny, ici commence l’émergence ». Donal Trump, Macky Sall, même combat ?

Jean-Yves Duval, Directeur d’Ichrono

 

Le mythe de la « théorie du ruissellement »-Arnaud PARIENTY  (de l'argent en question et de la réussite)

Emmanuel Macron, 15 octobre 2017 : « Pour que notre société aille mieux, il faut des gens qui réussissent ! [...] Je ne crois pas au ruissellement, mais je crois à la cordée. [...] Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole. » Le 6 janvier 2018, le porte-parole du gouvernement enfonce le clou : « Ce n'est pas un gouvernement qui fait des cadeaux aux riches !

C'est un gouvernement qui permet à l'argent d'être investi dans les entreprises pour nos emplois en France. » Un résumé saisissant de la notion de trickle-down effect (effet de ruissellement) avancée en 1981 par le directeur du budget de Ronald Reagan : « Donner les réductions d'impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets "ruisseler" à travers l'économie pour atteindre tout le monde. »


Telle semble bien la logique des mesures adoptées depuis 2017 par le gouvernement Macron/Philippe, même s'il affirme le contraire. Et même si aucun économiste n'a jamais produit une « théorie du ruissellement ». Alors comment expliquer que cette idée si décriée soit encore mise en oeuvre ? En analysant son fonctionnement comme celui d'un mythe, c'est-à-dire une construction imaginaire largement partagée.

C'est ce que propose Arnaud Parienty dans cet essai enlevé et pédagogique. Il y décortique avec méthode les clichés répétés sur les plateaux de télévision : « trop d'impôts tue l'impôt », ils favorisent l'évasion fiscale, etc. Et il remet en perspective la façon dont les politiques néolibérales ont conduit, partout dans le monde, à une explosion des inégalités, sans pour autant favoriser la croissance et l'emploi, contrairement à ce que prônent les adeptes du ruissellement.

 

Pr Lamine SAGNA est dorénavant à l'Université americaine de YOLA au Nigéria

"Il voulait tellement servir son pays le Sénégal, il a tellement fait pour son pays, il a créé, initié, organisé et animé des conférences dans son propres pays mais ce pays n'a jamais voulu reconnaître ce brillant intellectuel doublé d'un patriotisme sans commune mesure. J'ai sollicité des amis professeurs dans nos universités UCAD et Ziguinchor mais en vain. Je n'ai jamais compris pourquoi quand nos compatriotes talentueux avec des compétences reconnues à l'internationnale sont aux portes de nos universités. Il est temps que nos compatriotes méritants soient reconnus et intégré dans le système éducatif de haut niveau.
Le niveau se monnaie , le talent se paie. Voilà que le Nigéria le copte, il est reconnu, il s'y plaît et je suis convaincu que ce polymathe, sociologue, philosophe, géopoliticien, ethnopsychiatrie, finances, musique, etc apportera des lumières aux esprits ouverts pour conquérir le monde tout en développent le pays et le continent. Je souhaite à lamine cet ami que j'ai appris à connaître grâce à mon jeune frère Papiss Diedhiou-France (qui me dit il y a 8 ans grand Pape je reçois chez moi un cerveau il faut que tu viennes le connaître, effectivement on s'est tout de suite entendu et apprécié ) beaucoup de chance. Lamine bouge beaucoup le voici au Nigéria et il est en train d'organiser à paris avec ses amis le 9 eme anniversaire de C H KANE de l'Aventure Ambiguë)". p b CISSOKO


AUN me fait sentir comme je suis à Princeton

Le professeur Mahamadou Lamine Sagna, l'un des plus récents professeurs de l'école et des sciences, a fait part de ses impressions sur l'AUN en tant qu'environnement amical et comme une institution de grands chercheurs dotés d'installations d'enseignement et d'apprentissage de qualité.
«Les gens [à AUN] sont très, très gentils», a déclaré le sociologue, originaire du Sénégal.


Le professeur Sagna, qui a enseigné pendant environ neuf ans à Ivy-League Princeton avant de rejoindre AUN, a déclaré: AUN se sent comme Princeton et est une entité appropriée pour la recherche et l'enseignement.
«Il n'ya aucune raison pour laquelle AUN ne devrait pas être une université de premier ordre, étant donné la qualité des installations et des chercheurs disponibles.
«Je découvre que nous avons de bons universitaires comme Paddy lui-même (une référence au Dr Patrick Fay, ancien ambassadeur irlandais au Nigéria et doyen par intérim de SAS).


L'ancien de l'Université de Caen a exprimé son plaisir de rejoindre la famille AUN et de rentrer chez lui pour contribuer à l'Afrique. Il a également partagé certaines de ses expériences de son interaction initiale avec les étudiants.


«Les étudiants d'AUN sont très enthousiastes. Je suis très fier de revenir ici car, pendant huit ans, j'ai essayé de revenir en Afrique.
«J'ai participé à un grand projet pour l'AUST (Université africaine des sciences et de la technologie) où je présidais le Comité des sciences sociales. En 2005, nous avons essayé de revenir faire quelque chose sur notre continent parce que je n'ai jamais travaillé pour l'Afrique. »L'homme a passé 35 ans à l'extérieur, entre la France et les États-Unis.


Le professeur Sagna, qui enseigne la politique internationale et comparée chez AUN, a applaudi la philosophie de développement d'AUN. Il a ajouté qu'il était principalement influencé par les pratiques communautaires, où des solutions aux problèmes sociétaux sont trouvées dans cette société.
Notant la valeur dysfonctionnelle de l'adoption en gros de modèles étrangers, le professeur Sagna a déclaré: «L'un des plus gros problèmes pour la finance en Afrique est que nous prenons un modèle d'un pays occidental et l'appliquons ici au Nigeria.


Il a également déclaré que l'un de ses domaines d'intervention serait d'avoir un meilleur citoyen en s'identifiant d'abord comme Nigérian avant son origine ethnique ou religieuse.


"Je pense que je vais avoir beaucoup de succès quand je verrai mes étudiants penser que je suis le premier Nigérian avant Igbo, Yoruba, ou peu importe."


Le professeur associé Mahamadou Lamine Sagna est titulaire d'un doctorat en sociologie, un MBA et une maîtrise en administration des affaires et psychiatrie ethnique de France. Il a écrit des livres et des articles, y compris une publication de Huffington Post, African Pension Funds: le chaînon manquant du développement en Afrique?
Il est le fondateur et directeur général de Re-Source / Sununet, une organisation de la diaspora sénégalaise. Avant de rejoindre AUN, il était chercheur au Laboratoire de changement social et politique de Paris VII - Diderot en France.
Rapporté par Togor Passa
*amerirican University of Nigeria
*Laboratoire du Changement Social et Politique/ http://lcsp.univ-paris-diderot.fr/Lamine-Sagna-Mahamadou

Lire ceci
Mahamadou Lamine Sagna : « Le problème, ce n'est pas de rentrer dans l'Histoire, mais d'en sortir »
Par Sabine Cessou

Mahamadou Lamine Sagna - DR


Mahamadou Lamine Sagna, sociologue sénégalais, s'intéresse au symbolisme des échanges et de la monnaie.


Après des études de commerce, d'ethnopsychiatrie et une thèse de sociologie en 1997 à l'université de Caen sur le rapport des pauvres à l'argent et à La Poste en France, il a enseigné à Nanterre, puis à l'université du Maryland aux Etats-Unis (2000-2002), avant de rejoindre la prestigieuse université de Princeton (2002-2011).
Il y a donné des cours sur « la monnaie et la religion », mais aussi, avec un astrophysicien nigérian, sur la « science et les technologies appliquées au développement » dans les départements d'études africaines et d'études africaines-américaines.


Voilà quinze ans qu'il travaille sur l'Afrique et la globalisation, l'exclusion, ainsi que le rapport entre « monnaie, religion et immigration dans le cas des Sénégalais de New York ».


Il navigue depuis 2011 entre New York, Paris, la Normandie et Dakar, où il organise tous les deux ans des conférences dénommées Homecoming, dans le cadre de l'association qu'il a fondée et qu'il préside, Rencontre des Sénégalais pour une organisation utile des ressources de la communauté expatriée (Re-Source/Sununet).
L'objectif : contribuer de manière concrète au développement du Sénégal, avec le soutien de la diaspora. Ce qui ne l'empêche pas de porter un regard critique sur ses deux ports d'attache, le Sénégal et la France.
Rue89 : Pourquoi avez-vous quitté la France pour les Etats-Unis ?
Mahamadou Lamine Sagna : Par hasard. J'avais un mentor, le sociologue américain Richard Brown, qui m'a invité à donner des cours à l'université du Maryland. Ensuite, la sociologue américaine la plus connue sur les questions de monnaie, Viviana Zelizer, m'a invité à Princeton, où le professeur Cornel West m'a incité à rester.


Que ressentez-vous chaque fois que vous faites un voyage New York-Paris ?


Un sentiment d'altérité qui me fait réfléchir sur la relativité et l'universel. Je suis toujours heureux de retrouver des rapports interraciaux très naturels en France, sur le plan individuel.
Aux Etats-Unis, c'est plus facile de trouver un logement et un travail quand on est noir, et sur le plan professionnel, on peut vous faire confiance d'une manière extraordinaire... Mais les relations entre personnes sont faibles, il y a peu de liens d'amitiés. Je connais des Américains blancs qui n'ont pas d'amis.
En France, c'est le contraire : c'est plus difficile de trouver un travail et la plupart des gens brillants n'ont pas d'opportunités. Mais se faire des amis français, c'est naturel.


Pourquoi n'êtes-vous pas resté enseigner en France ?


Je faisais récemment la réflexion à un universitaire français dans une conférence à Paris : pourquoi si peu de départements d'études africaines dans les universités françaises ? Il m'a répondu qu'il y en avait un à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) !
Aux Etats-Unis, la plupart des enfants de familles aisées prennent des cours en option dans les départements d'études africaines, parce qu'ils savent que l'Afrique, c'est l'avenir. La France est censée faire mieux, mais elle ne fait rien.
Autre chose : dans les départements d'études africaines, aux Etats-Unis, entre 15% et 20% des professeurs sont africains. En France, on compte très peu de spécialistes qui viennent du continent.


Faut-il y voir du racisme ?


Je préfère parler, comme Cornel West, d'un nihilisme sentimental ou paternaliste de la France, qui fait que ce pays ne voit pas le potentiel des Africains.
Il y a un refus de reconnaître des réalités sociales, par exemple le fait que des Africains puissent avoir autant de compétences que les autres et avoir eux-mêmes dépassé les questions raciales.
Tout se passe comme si les Africains étaient sympas, mais incapables de faire des analyses. Je ne suis pas sûr que ce soit du racisme. Le problème, c'est plutôt qu'on n'a pas quitté le colonialisme.
Il reste des « habitus » comme dirait Pierre Bourdieu, qui jouent de manière inconsciente. Même quand on est face à des gens bien disposés, même quand on a des relations personnelles poussées, il existe en France une forme de violence symbolique qui agit sur la structure mentale.
Il s'agit de croyances collectives qui permettent de maintenir des hiérarchies, de véhiculer des mécanismes de domination, et qui aboutissent à des pensées du type : les femmes ne sont capables que de faire que telle ou telle tâche, les Africains peuvent nous aider à faire de l'anthropologie, mais pas de la science ou de la technologie.
Pourtant, le système de paiement par téléphone mobile (M-Pesa au Kenya) a été imaginé et créé par un jeune Sénégalais qui vit aux Etats-Unis. Il est allé voir les autorités du Sénégal, qui ne l'ont pas écouté, et il a commencé en Ouganda et au Kenya.


Pourquoi n'a-t-il pas été pris au sérieux au Sénégal ?


A cause de cet effet miroir entre la France et les pays francophones, qui fait que le paternalisme français est intériorisé par les Africains eux-mêmes.
Du coup, tous les Africains francophones qui sont passés par les Etats-Unis et ont fait une rupture avec ces modes de pensée se sentent mieux considérés en Afrique anglophone. Beaucoup d'entre eux travaillent au Kenya, en Ouganda, au Rwanda.
En tant qu'expert sénégalais, on peut faire une proposition au Sénégal, mais on sera toujours moins écouté que le confrère français. C'est le complexe du colonisé.
Quand je vais à Dakar, je parle dans la presse de Sénégalais qui vivent au Sénégal et qui mènent des travaux très intéressants, mais ne sont pas reconnus...
Par exemple, l'architecte Cheikh Mbacké Niang est étudié pour ses réalisations à l'université de Princeton, mais il est inconnu chez lui au Sénégal.
De même, une ferme « intelligente » a été lancée à Gorom, près de Rufisque, par un professeur de physique à l'université de Dakar, Aboubaker Beye, qui produit sa propre énergie et fabrique de l'huile essentielle de baobab, sans aucune subvention et très peu d'intérêt local.
Les idées africaines doivent être recyclées par l'Occident en général et la France en particulier pour être reconnues par les Africains !


Qu'est-ce qui fait la différence entre l'Afrique francophone et anglophone ?


La colonisation britannique n'a pas été assimilationniste. Le terreau pour l'autonomie y est plus favorable. Le problème pour l'Afrique francophone n'est pas d'entrer dans l'Histoire, comme l'a dit Sarkozy dans son discours de Dakar, mais plutôt d'en sortir !
Les Africains francophones sont toujours dans la dynamique post-coloniale, alors qu'on n'est plus dans la même temporalité avec la globalisation.


Que pensez-vous des lamentations qu'on entend toujours en Afrique francophone contre l'ancienne puissance coloniale ?


C'est stérile et j'y vois de la malhonnêteté intellectuelle. Un nombre important d'intellectuels africains qu'on peut à mon avis qualifier de glandeurs perpétuent la « Françafrique » sans le savoir.


On peut critiquer la France, la Françafrique, les privatisations, la façon dont les télécoms au Sénégal ont été vendus à Orange avec la complicité de la Banque mondiale, alors qu'ils n'avaient pas besoin d'être privatisés...
On peut condamner la France sur bien des points mais c'est malhonnête de le faire sur son intervention au Mali. En 24 heures, les islamistes pouvaient prendre Bamako. Ils ont cassé les monuments de Tombouctou. Comment critiquer ceux qui viennent sauver ce qu'on revendique ? Dans la politique africaine de François Hollande, je ne vois pas quel est l'acte condamnable pour l'instant.


Quid de l'intervention française en Côte d'Ivoire ?


C'est plus compliqué : le Conseil constitutionnel a validé les élections, sans le faire sous la contrainte ou la violence. Dès lors, je ne vois pas pourquoi les Nations unies peuvent intervenir, au-delà de cette instance suprême.
Sur le fond, je pense que l'histoire donne raison à Léopold Sédar Senghor plutôt qu'à Félix Houphouët-Boigny. Il fallait plus insister sur la culture que l'économie après l'indépendance. Si on pense construire le citoyen à partir de l'économie, on prend le risque de la violence, puisque l'économie porte de la violence en elle-même, dans la mesure où elle repose sur l'accumulation, qui engendre des inégalités et des frustrations.
La primauté de l'économie a failli l'emporter au Sénégal avec Abdoulaye Wade, mais heureusement, Senghor a posé les bases : ce qui est important, c'est le vivre ensemble, l'homme, la culture.
Si le Sénégal avait été centré sur les questions économiques, personne ne se serait soulevé en 2011 pour défendre la Constitution.


Où va le Sénégal ?


La ruse de Leuk-le-Lièvre a été érigée en vertu... C'est l'un des fondements de l'existence au Sénégal. Etre sérieux à Dakar relève presque de la maladie !


Sabine Cessou Journaliste


https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-rues-dafriques/20140419.RUE9974/mahamadou-lamine-sagna-le-probleme-ce-n-est-pas-de-rentrer-dans-l-histoire-mais-d-en-sortir.html

Appel à contribution-Sununet / Re-Source -90eme anniversaire du grand écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane Les 26 et 0ctobre 2018 Cité Internationale /Paris

Les 26 et 0ctobre 2018, notre organisation Sununet / Re-Source (Rencontre des Sénégalais pour une Organisation Utile des Ressources de la Communauté des Expatriés) va célébrer le 90eme anniversaire du grand écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane. Nous serions très heureux que vous acceptiez d'intervenir dans cette grande rencontre.


Cet évènement qui aura lieu à la Cité Universitaire de Paris, Fondation Lucien Paye (Maison de l'Afrique) à Paris, est une occasion pour rendre un hommage appuyé et mérité à l'illustre écrivain sénégalais, c'est également, un moment pour discuter et examiner avec lui de la pertinence de son travail aujourd'hui.


Nous proposons les grandes lignes provisoires du programme (voir plus de détail dans le fichier attaché) : projection de film (l'aventure ambiguë), témoignages, lecture de texte par des comédiens, danse, conférences, voire ateliers.


Cher(e)s ami(e)s, si vous êtes intéressés d'intervenir dans cette rencontre, nous souhaiterons recevoir vos propositions dans un premier temps,, au plus tard le 29 Septembre 2018 afin que nous fassions le programme définitif qui sera délivré au Média et diffusé à partir du 5 Octobre.
Nous souhaitons vivement que votre choix puisse être croisé ou étendu aux problématiques et aux questions posées par Kane dans les Gardiens du Temple et/ou dans l'Aventure Ambigüe.


En effet, face aux remontées en puissance des particularismes, des revendications identitaires et des conflits nationalistes voire tribaux, il est clair que les thèmes abordés par Cheikh Hamidou Kane peuvent être actualisés ou repensés de plusieurs manières, et à plusieurs niveaux. Dans tous les cas, nous voulons profiter de cette célébration pour réfléchir ensemble sur les questions de tensions, d'éthique, de confiance que la modernité conquérante continue à poser.
Nous sommes persuadés que votre contribution sera utile dans le dialogue transdisciplinaire entre chercheurs, activistes et artistes d'horizons intellectuels et géographiques divers.


En vous remerciant pour la confiance que vous portez à cette rencontre et en espérant vivement pouvoir vous compter parmi nos intervenants, nous vous prions de croire, Monsieur, Madame, à l'assurance de notre très haute considération.

Prière de distribuer et de recommender des intervenants. Par exemple Lamine, Malick et Gael, je sais que vous n'allez peut etre pas pouvoir mais please envoyez le mail a un slammeur, ecrivain ou rappeur


Priere de copier egalement Madame Bintou Dramé dans vos reponses


NB – Pour ceux que je n'ai pas pu informer je vis maintenant au Nigéria où j'enseigne à l'American University à Yola

Contacts :
Lamine Sagna- lsagna <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. >
bintou Dramé <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. >

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Pr Lamine Sagna -American University à Yola-Nigéria

Rappel

Statuts de l'association Re-Source/Sununet

ARTICLE 1 – TITRE

Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts, une association régie par la loi ayant pour titre : Rencontre des Sénégalais pour une Organisation Utile des Ressources de la Communauté des Expatriés – Re-Source/Sununet Global. Sununet est également le nom porté par notre association. Les noms Re-Source et Sununet sont des appellations de notre organisation et constituent des labels. La durée de vie de notre association Re-Source/Sununet est illimitée.

ARTICLE 2 – BUTS

L'association a pour objet de :
◦Accompagner, contrôler la réalisation des projets validés par Re-source / Sununet Global
◦Mettre en relief les atouts et les réalisations de la diaspora sénégalaise.
◦Contribuer à l'amélioration des institutions de notre pays, le Sénégal.
◦Contribuer efficacement au rapprochement de la diaspora sénégalaise avec le Sénégal
◦Participer de façon méthodique au développement économique de notre pays
◦Définir, de concert avec les professionnels et les intellectuels résidents les besoins et actions nécessaires pour le développement économique et le renforcement de la démocratie.

 

"Ce titre peut choquer mais en réalité l'auteur nous incite à nous prendre en main et à bousculer les choses. Rester assis et attendre que tout vienne du ciel est un leuurre. Merci au Pr Siatpha Diédhiou de m'avoir soufflé cet article qui fera du bruit. A vos commentaires.P B Cissoko

La chance n'existe pas. Les talents, les pouvoirs, les possessions matérielles, intellectuelles et spirituelles sont le fruit de l'effort par Jean-Philippe Omotunde

La chance n'existe pas. Les talents, les pouvoirs, les possessions matérielles, intellectuelles et spirituelles sont le fruit de l'effort.

Eh oui ceci est une réalité, la chance n'existe vraiment pas, seules les opportunités se présentent à nous tous les jours.

Il y a ceux qui vont la laisser s'échapper sans réagir. Il y en a ceux qui vont mal réagir.

Et d'autres plus futés qui vont tout faire pour en profiter à la première occasion.

En Chine il est enseigné à partir du cours primaire jusqu'à l'Université que le hasard, la chance, et la divine providence n'existent pas.Le gouvernement a vite compris qu'il faut inculquer une certaine moralité aux jeunes, leaders de demain à s'auto suffire eux mêmes et non à compter sur l'aide d'un Allah ,Bouddha, Yahvé, bref d'un Dieu qui deciderait de leur réussite ou non.

Il faut impérativement réussir sa vie et non subordonner ses exploits et succès à une divinité quelconque.

Voilà ce genre d'enseignements que le gouvernement martèle dans l'oreille d'un petit chinois dès l'âge de 5 ans et véhicule ce message dans toute la Chine pour rassurer leur progéniture, relève de demain à défier n'importe quelle race au monde et à perpétuer leur hégémonie dans le monde du business

Au même moment le gamin africain du même âge est traîné dans une église où le pasteur formatera toute sa matière grise et va lui le expliquer que quoiqu'il fasse si Dieu même ne tranche pas en faveur de sa vie il ne réussira jamais.
La société dans laquelle il grandira lui martelera tout au long de sa vie << qu'on échappe jamais à son destin et ce que Dieu t'a réservé c'est ce que tu auras quoique tu fasses>>
Le pasteur à l'église lui dira que seul Dieu décide du succès et de l'échec sur ses créatures puisqu'un Dieu est au commande.

Conséquences 30 ans après:

Le petit chinois bien moulé dans la pratique et dans une formation de pointe débarquera en Afrique et prendra en otage tous les chantiers.

Il est plus facile qu'un chinois recrute un africain pour réaliser ses propres rêves en Afrique plutôt qu'un africain de trouver sa propre voie en Afrique même.
Le premier créé des opportunités et l'autre [ l'Africain] attend son jour de chance et l'aide de Dieu ou même que s'accomplisse les bénédictions et les prophéties dans sa vie

Chez moi au Benin quand tu demandes à un jeune si tout vas bien? << il te dira par la grâce de Dieu>> ou chez mes amis mahométans << ichallah >>

La plupart des jeunes de mon âge ont tous confié leur cerveau à un Dieu, ou à Jésus, ou Allah.


<< No Jesus no success >>scandent tous.

Pourtant Dieu ou un vodou n'a jamais fait un western union ou un transfert flooz à quelqu'un.

Dites a vos enfants qu'il n'existe aucun décideur pour l'humanité que lui même. Personne ne changera sa vie à part lui même

Qu'il n y a que des opportunités et non la chance, il n'y a aucun hasard nulle part. Et par conséquent qu'il vaut mieux compter sur les opportunités que sur la chance puisque c'est nous même qui allons nous les inventer les contrôler et les accompagner pour tirer le plus grand profit.
Ceux qui comptent sur la chance et sur l'intervention dune divine providence sont de gros paresseux.

AFRICAIN ALLUME TON CERVEAU.
Originaire de la Guadeloupe et diplômé de l'Ecole de Publicité de Paris, Jean-Philippe Omotunde a été formé à l'analyse historiographique par l'école Diopienne à Paris. Co-fondateur du site Africamaat.com, il enseigne à l'Institut Africamaat à Paris.
Depuis mai 2010, en collaboration avec l'association Menaibuc Caraïbes, il enseigne les Humanités Classiques Africaines Caraïbes à l'Institut Per Ankh.
Il est l'auteur de quatre ouvrages aux éditions Menaibuc, l'origine negro-africaine du savoir grec, les racines africaines de la civilisation européenne, la traite négrière : vérité et mensonges et les Humanités Classiques Africaines pour les enfants.
Il anime aussi la revue de vulgarisation scientifique " Afrik@raibes Mag ".

Nous poursuivons et terminons aujourd’hui l’entretien exclusif qu’a bien voulu accorder à Ichrono son excellence M. Bassirou SENE.

Q – Lors de la mise en place des parrainages pour l’élection présidentielle en février prochain l’opposition a parlé de tripatouillage constitutionnel, ce qui va un peu à l’encontre de la sérénité du président Macky Sall que vous évoquiez à l’instant.

B.S – C’est tout simplement la vitalité de la démocratie sénégalaise, on a cinquante quotidiens, presque une dizaine de télévisions …

Q - … dont on dit que la plupart sont aux ordres du pouvoir …

B.S – Oui, je sais et c’est de bonne guerre, chacun dit ce qu’il veut, mais en réalité la démocratie sénégalaise est reconnue à travers le monde car c’est une démocratie ouverte, respectueuse des droits des uns et des autres.

Q – Du fait de l’empêchement à se présenter aux présidentielles de deux des leaders de l’opposition que sont Karim Wade et Khalifa Sall ce dernier ayant été démis de maire de Dakar par un décret présidentiel, ne redoutez-vous pas des manifestations populaires dans les mois qui viennent ? N’y a-t-il pas là un risque d’agitation dans la rue ?

B.S – Les sénégalais sont très attachés à leurs institutions, et quand celles-ci se prononcent on les respecte. En 2012 un candidat a été reconnu par le conseil constitutionnel malgré l’opposition d’une partie de la population. Les sénégalais en bons démocrates sont respectueux de l’Etat de droit et je suis convaincu que cela prévaudra et que la raison l’emportera.

Q – Il n’empêche qu’à propos de ces deux hommes politiques certains évoquent une manipulation, une instrumentalisation de la justice et y ont vu là une façon par le pouvoir de se débarrasser de deux opposants notoires au président …

B.S – Vous n’avez pas manqué de suivre le processus judiciaire jusqu’à son terme, depuis deux ans. La justice s’est prononcée, je suis un républicain et je fais confiance à la justice du Sénégal. Nos magistrats sont bien formés et collaborent a des institutions internationales telles que la CPI ou encore au tribunal du droit de la mer où des juges sénégalais siègent en toute impartialité, avec compétence.

Q – Pour conclure, quels rapports entretenez-vous, ici à Paris, avec les partis d’opposition représentés en France ?

B.S – J’ai reçu leurs dirigeants à deux ou trois reprises. Chaque fois que des élections sont organisées ou encore récemment la révision des listes électorales l’opposition est réunie dans une sorte de plate-forme et est accueillie à l’ambassade. Ensemble nous avons examiné la situation et réglé les difficultés qui pouvaient exister comme leur présence dans les bureaux de vote, la question du transport des personnes. 

Disant cela l’ambassadeur pensait ainsi à la commémoration qui s’est tenue à l’ambassade le 2 mai dernier à l’occasion du 58èmeanniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale, manifestation pour laquelle les sénégalais vivant en France s’étaient déplacés en nombre.

Interview réalisée par Jean-Yves Duval, directeur d’Ichrono  

PSE ou Décélération  /  Alerte pour éviter lamarche en arrière  par l'Economiste franco-SénégalaisA Samba NDIAYE

"Une écriture toujours argumentée qui va au delà des clivages. notre compatriote pense la Nation, lePeuple sénégalais. Sa pensée est productive pour qui veut l'écouter, le lire avec la Raison discursive non avec le coeur brouillon. J'apprends beaucoup ou j'améliore mes connaissances en économie en l'écoutant sur FB ou en le lisant".PB CISSOKO

CE TEXTE EST UNE CONTRIBUTION D'ALERTE POUR EVALUER RAPIDEMENT LE "PSE" A NE PAS CONFONDRE AVEC UNE POLITIQUE PUBLIQUE CLASSIQUE POUR QU IL 'FLEURTE' AVEC AVEC UN MINIMUM DE SUCCÈS IL EST IMPÉRATIF DE CHANGER NOTRE SOCLE SYSTÈME FAUTE DE CELA CE PLAN SERA L'ACCÉLÉRATEUR D'UN RECUL SANS PRÉCÉDANT DUNE SOIXANTAINE D'ANNÉES : RETOURS A LA CASE DÉPART NOUS Y SOMMES !

En quoi consiste l'évaluation des politiques publiques ?

Comment la distinguer des métiers de l'audit, du contrôle et de l'inspection.


L'évaluation d'une politique publique (...) a pour objet de rechercher si les moyens juridiques, administratifs ou financiers mis en œuvre permettent de produire les effets attendus de cette politique et d'atteindre les objectifs qui lui sont assignés.


Les avantages du modèle français d'évaluation reposent sur sa pluridisciplinarité, son regard transversal, l'interconnexion des échelles, la diversification des regards qu'apporte la composition des instances, associant fonctionnaires, experts et personnes de terrain. L'intérêt essentiel de l'évaluation est de se focaliser sur l'insertion de l'action de l'État dans un système d'acteurs (notamment l'Europe et les acteurs territoriaux). Il est aussi de se placer du point de vue de l'usager et du destinataire final des politiques. C'est une démarche complémentaire d'autres démarches de l'administration. La démarche d'inspection, tout comme celle de la Cour des comptes, s'attachent plus à vérifier le respect des procédures, à auditer des organismes, qu'à s'interroger sur l'adaptation aux besoins et la cohérence des diverses politiques.


Comment l'évaluation s'est-elle développée en France ?


L'évaluation connaît, sous des formes variées, une expansion continue et diffuse. En dehors du dispositif interministériel, conçu en 1990, réformé en 1998 et en cours de rénovation aujourd'hui, de nombreux opérateurs publics s'investissent dans l'évaluation. Beaucoup de départements ministériels conduisent des évaluations dans leur champ propre ou dans un cadre interministériel ; les établissements publics nationaux s'y sont mis ; le Parlement consacre des moyens nouveaux à l'évaluation, les corps de contrôle également. La pratique des politiques contractuelles a contribué à installer l'évaluation au niveau régional.

De nombreux exécutifs régionaux ou départementaux, les responsables de villes, d'agglomérations, de communautés urbaines ont identifié une fonction d'évaluation, voire développé des dispositifs institutionnels complets. L'évaluation ne s'est pas développée par hasard sur des objets particuliers tels que les politiques structurelles européennes ou les politiques contractuelles. Il faut en effet reconnaître la disponibilité de ces politiques partenariales pour une approche différente de l'action publique.


Malgré ces acquis, l'évaluation est à l'évidence encore en construction en France. Le rapport Moscovici de 1994, premier bilan du dispositif interministériel de 1990, se concluait sur une note d'espoir modeste, reflet des soubresauts de la première période : "Au-delà des enjeux bureaucratiques, bien minces, des querelles de boutiques, en l'occurrence aussi courtoises que sont petites les échoppes, je suis convaincu que le politique, à l'orée du XXIème siècle, saura faire sa place à cette discipline essentielle qu'est l'évaluation des politiques publiques." La proposition faite par le Commissaire au Plan au Premier ministre, en septembre 2003, de recentrer le Plan sur la prospective et de confier à un autre opérateur la conduite de l'évaluation au niveau interministériel ouvre une nouvelle ère. Celle qui se clôt témoignait à la fois des difficultés de positionnement au sein de l'appareil d'État et de l'importance des moyens à consacrer à la fonction d'évaluation pour porter les ambitions du modèle conçu à la fin des années quatre vingt.


Quels sont les principaux critères d'évaluation d'une politique publique ?


Parmi les contributions essentielles du Conseil scientifique de l'évaluation au début des années 90, il faut incontestablement citer la définition des critères d'évaluation des politiques publiques. Six critères simples ont ainsi été définis pour aider le commanditaire et le chargé d'évaluation à caractériser les principales "qualités" d'une "bonne" politique (voir le Petit guide de l'évaluation des politiques publiques publié en 1996 à la Documentation française).


Cohérence (dans la conception et la mise en œuvre) : les différents objectifs sont-ils cohérents entre eux ? Les moyens juridiques, humains et financiers mis en place sont-ils adaptés à ces objectifs ?
Atteinte des objectifs : dans quelle mesure les évolutions constatées de la réalité sociale sont-elles conformes aux objectifs de la politique ?


Efficacité : dans quelle mesure les effets propres de la politique sont-ils conformes à ces objectifs ?
Efficience : les ressources financières mobilisées par la politique ont-elles été bien utilisées ?

Les résultats de la politique sont-ils à la mesure des sommes dépensées ?
Impact (effectivité) : quelles sont les conséquences globales de la politique pour la société ? Ces conséquences sont-elles bénéfiques ?
Pertinence : une politique se justifie très généralement par l'identification d'un "problème de société" auquel les pouvoirs publics se sentent tenus de faire face. Une politique sera dite pertinente si ses objectifs explicites sont adaptés à la nature du (des) problème(s) qu'elle est censée résoudre ou prendre en charge.
Quels sont les grands principes méthodologiques d'une évaluation (commanditaire, questionnement, sources d'information, organisation, protagonistes, déroulement, durée) ?


On l'a dit, l'évaluation gagne du terrain dans les discours et dans les organigrammes, au niveau local comme au niveau national. Néanmoins, la grande diversité des finalités qui lui sont assignées (financière, politique, managériale...) fait qu'il est difficile de rassembler les pratiques sous une définition commune et un schéma procédural ou institutionnel cohérent. Dans les dispositifs d'évaluation interministérielle de 1990 et 1998, l'instance avait un rôle fondamental de mobilisation des données (qui existent bien souvent mais dispersées, non exploitées, parcellaires) et d'assemblage pour produire un jugement. Il n'en est pas de même dans l'évaluation des contrats de plan État-région où, dans la plupart des cas, l'évaluation est externalisée, confiée à un prestataire. En matière d'évaluation interministérielle, il y avait un certain nombre de tâches bien identifiées : la commande d'évaluation, de l'instruction du mandat à la décision ; la mise en œuvre par une instance disposant d'un mandat, d'un budget et d'une durée, cette instance étant distincte de la personne du commanditaire ; les contributions extérieures (études ou inspections) demandées par l'instance ; le rôle de conseil scientifique ou méthodologique.

La particularité de l'évaluation interministérielle était bien de ne confier la rédaction du rapport ni à l'administration en tant que telle ni à un prestataire extérieur. Ce rôle était celui de l'instance d'évaluation. Le fait que celle-ci mobilise des chercheurs, des acteurs de terrain, aux côtés des représentants de l'administration permet une confrontation permanente des points de vue. L'apport des sciences sociales est ici primordial : les économistes, les sociologues contribuent à plusieurs titres. Ils peuvent être auditionnés. Les études confiées à des prestataires extérieurs mobilisent par ailleurs massivement ces disciplines. Quant aux chercheurs membres de l'instance, ils jouent un rôle essentiel dans l'orientation des travaux et leur validation.
Quelle place accorde-t-on aux techniques quantitatives (indicateurs de performance, par exemple) pour juger de l'efficacité d'une politique publique ?


Compte tenu de la grande diversité des exercices d'évaluation, il n'y a évidemment pas de réponse univoque à cette question. Il existe des dispositifs d'évaluation qui mobilisent expressément une gamme d'indicateurs de performance et ce sera encore plus vrai quand la loi organique sur les lois de finances (LOLF) entrera en vigueur. Dans bien des cas, le faible degré de formalisation a priori des politiques et la qualité des systèmes d'information ne permettent pas cependant de faire reposer l'évaluation sur la ressource indicatrice. Dans le modèle de l'évaluation interministérielle, il revient à chaque instance de définir les études qu'elle entend conduire, compte tenu des matériaux déjà disponibles. Les techniques quantitatives figurent bien entendu parmi les outils mobilisés dans les travaux statistiques, les enquêtes auprès de usagers ou les tentatives de caractériser l'efficience des politiques.


Quelles sont les finalités de l'évaluation de l'action publique ? A-t-elle souvent des retombées concrètes ?


L'évaluateur ne saurait mépriser les usages qui peuvent être faits de son travail, son intelligibilité, son accessibilité auprès d'un public diversifié (décideurs politiques ou administratifs, médias, chercheurs, grand public) et quantité d'efforts sont à faire à tous les niveaux pour faciliter l'accès aux travaux et densifier les usages. Pour autant, c'est méconnaître la nature même du travail d'évaluation de l'apprécier à travers le seul caractère opérationnel de ses recommandations ou la seule visibilité de ses effets.

Dans la division du travail entre le commanditaire et le réalisateur de l'évaluation, le rôle prescriptif du second en termes de recommandations opérationnelles n'a rien d'évident. En tout état de cause, il ne saurait y avoir de recommandations non étayées par les constats de l'instance et extérieures à son mandat. Le chaînage questionnement-constats-recommandations est un critère de qualité des travaux.


En dehors de la consécration législative, réglementaire ou organisationnelle annoncée à grand renfort de publicité, consécration bien rare au demeurant, l'efficacité du travail d'évaluation vient, au moins au partie, de la diffusion des diagnostics, des résultats auprès des acteurs participant aux travaux d'évaluation ou associés à leur restitution. Il en a ainsi été du Rapport sur la politique de contrôle sanction en matière de sécurité routière (afin de contribuer aux décisions prises en décembre 2002 et au printemps 2003, notamment sur le contrôle automatisé de la vitesse), du Rapport sur le transport combiné rail-route (afin d'alimenter le débat parlementaire sur les transports du printemps 2003), ou du Rapport sur les politiques de développement rural (afin de contribuer à la mise au point de la loi présentée au Conseil des ministres en septembre 2003). D'autres rapports ont aussi, dans un passé récent, eu un certain retentissement sur la conduite de l'action publique : ainsi le Rapport sur la politique de lutte contre le sida a contribué à la refonte des politiques de communication à destination du grand public (dans le sens d'une plus grande visibilité des groupes à risques) et a fortement critiqué la carence du système de déclaration obligatoire de la séropositivité, mis en place depuis. L'impact d'une évaluation ne naît donc pas forcément des qualités de la programmation mais souvent de la rencontre improbable des préoccupations des politiques et d'un travail disponible.


Quels sont les freins au développement de l'évaluation ? L'évaluation ne comporte-t-elle pas certains effets pervers ?


Les tâtonnements de l'évaluation dans les administrations centrales et la dispersion des initiatives locales montrent que des questions clés ne sont toujours pas résolues, celles de la professionnalisation et du partage d'expérience notamment, à un moment où la décentralisation et la loi organique sur les lois de finances constituent des défis essentiels pour l'évaluation. Au-delà des conditions pratiques du succès de l'implantation de l'évaluation, il faut poser la question du sens que les commanditaires lui donnent. Une pratique qui idéalement sollicite à ce point la vertu autocritique, réversibilité de la décision face à l'échec, transparence et publicité de l'erreur - ne se décrète pas.

Elle doit trouver sa place dans un environnement structuré de préparation de la décision publique et dans un réseau d'acteurs à convaincre. La culture du résultat suppose que le décideur, le responsable soit d'abord jugé sur les effets concrets de sa politique (effets sur le destinataire final en particulier). L'évaluation a posteriori qui porte cette ambition de mesurer les effets d'une action n'entre donc pas spontanément, quoi qu'on dise de son ancrage dans la démocratie, dans les schémas d'action ordinaires des décideurs, cela quel que soit l'échelon territorial.


C'est un autre travers souvent souligné : la complexité de la politique soumise à l'évaluation ouvre sur l'indétermination de l'objet (d'où la préférence pour les objets flous et la montée en généralité) et du périmètre des acteurs : on rassemble un grand nombre d'acteurs a priori au titre de la démarche partenariale, au risque de les voir déserter les rangs très rapidement, faute d'intérêt évident ou en raison d'un engagement par trop périphérique dans l'action évaluée. L'évaluation doit prendre en charge la complexité : cela signifie identifier les objets (pour ne pas se perdre), identifier les acteurs (réellement impliqués) et calibrer le questionnement (au risque de l'indécision). La complexité ne doit pas devenir un alibi à l'indétermination, y compris de l'évaluation.


L'insertion de l'évaluation dans la décision publique et donc son utilité relève aussi de la capacité de réponse de l'évaluation aux questions que se pose effectivement le décideur et de sa capacité à déterminer des inflexions crédibles, à éclairer des chemins qu'il sera possible d'emprunter. La question de l'insertion de l'évaluation dans le calendrier de la décision recouvre plusieurs problèmes : celui de la durée des évaluations (à considérer évidemment avec attention compte tenu du temps politique) ; celui de la capacité réciproque à programmer la décision et l'évaluation ; celui, enfin, de la capacité de l'évaluation à mettre un problème à l'agenda. Si, comme l'expérience de nombre d'évaluations le prouve, les objectifs de la politique ne préexistent pas à l'évaluation, si ce n'est de façon dispersée et contradictoire, il apparaîtra assez vain de fabriquer a posteriori une politique avec les objectifs identifiés pour lui confronter la pratique des acteurs et jouer à nouveau le centre (censé définir rationnellement la politique) contre la périphérie. La confusion entretenue autour de la définition et des rôles de l'évaluation révèle la difficulté à se départir des schémas ordinaires de l'action publique.

En se trompant de cible (au sens d'objet et au sens de destinataire), le risque est grand pour l'évaluation de ne pas trouver sa place.


Quant aux effets pervers, certains évoquent les comportements "consuméristes" qu'entraîne la publication annuelle de l'évaluation des lycées, on peut dire au contraire qu'une évaluation bien conduite est une garantie face aux dérives possibles des palmarès : la rigueur des travaux permet de décliner les conditions de la performance (par exemple, la performance d'un lycée compte tenu des caractéristiques de son recrutement plutôt que la performance brute).

La question de la publicité des travaux est une autre question essentielle : elle a été prévue de droit dans le dispositif interministériel de 1998. Elle n'est cependant pas systématique en matière d'évaluation. Si l'on peut concevoir que l'aide à la décision publique requiert parfois une certaine discrétion, on voit bien toutes les dérives d'une transparence restreinte : la crédibilité de l'évaluation ne gagne rien au fait de conditionner la publication non pas à la rigueur des travaux mais à la nature des conclusions.


En France, l'évaluation de l'action publique concerne surtout ce qu'on appelle "les politiques publiques" (par exemple, la politique de la ville). Dans les pays anglo-saxons, elle porte plutôt sur des "programmes". Que traduit cette différence dans l'objet de l'évaluation ?


Avant la mise en œuvre de la loi organique sur les lois de finances, le flou entretenu en France autour de la notion de programme et l'ambition haute conférée à l'évaluation ont fait privilégier l'évaluation de politique publique, à partir des critères définis plus haut, par rapport à une évaluation plus ciblée sur des actions précises, identifiées a priori.

Au-delà de cette différence quant à l'objet, le détour par la comparaison internationale permet de mieux identifier les missions à accomplir et la nature des contributions des différents organismes dans les pays à forte maturité en matière d'évaluation. L'institution pivot dans ces pays relève du ministère des Finances, de la Cour des comptes ou du Parlement ; les pays à forte maturité combinent une structuration forte au niveau central (une institution pivot peu à peu dégagée des tâches de réalisation des évaluations et des institutions ministérielles ou sectorielles puissantes) et un développement autonome sur le territoire. La concurrence entre les organisations pratiquant l'évaluation est acceptée, voire revendiquée.

La part des travaux en régie est toujours importante ; le socle d'expertise public est donc primordial. L'externalisation se développe là où l'évaluation est puissante et largement répandue (ex : Pays-Bas, voir sur ce sujet : Steve Jacob, "Approche comparative des politiques publiques", Pyramides, Université libre de Bruxelles, n°1, printemps 2000). En termes de moyens, les disparités ne tiennent pas tant au volume d'évaluations réalisées (si on ajoutait tous les exercices disparates d'évaluation réalisés en France, on atteindrait des volumes non négligeables) qu'aux efforts consentis pour structurer l'offre de soutien (développement des centres de ressources et des systèmes d'information, mise en réseau des résultats produits, offre de formation des acteurs...).


Dans quelle mesure la mise en œuvre de la nouvelle loi organique sur les lois de finances (LOLF) ainsi que la réforme de la décentralisation peuvent-elles renforcer la place de l'évaluation dans la conduite des politiques publiques ? Le Parlement ne doit-il pas être appelé à jouer un rôle plus important, à l'image du Congrès américain avec la Division Évaluation du General Accounting Office ?


Dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle loi organique sur les lois de finances, les administrations de l'État ont été mobilisées, dans l'ensemble des ministères, par la préparation de la nomenclature des programmes et des outils de contrôle de gestion, de comptabilité et d'évaluation à mettre en place d'ici 2006. Le Parlement, de son côté, réfléchit aux outils d'évaluation qui lui seront nécessaires pour exercer pleinement ses attributions dans ce domaine. Ce mouvement engagé au niveau de l'État et du Parlement est susceptible d'enclencher des dynamiques nouvelles pour l'évaluation dans les territoires.


Les objectifs de l'évaluation dans le cadre de la décentralisation sont a priori multiples. Dans quelle mesure les objectifs affichés par les promoteurs des transferts de compétences (en termes de qualité du service rendu à la population, de préservation de telle ou telle ressource, de promotion de telle ou telle activité, d'efficience) sont-ils atteints ? Ce type d'évaluation doit se faire au niveau de chaque territoire se voyant transférer une compétence nouvelle. Le référentiel territorial pour dire si la décentralisation a rendu l'action publique plus efficace, plus cohérente, plus économe n'existe pas aujourd'hui dans quantité de domaines de l'action publique.

Autrement dit, quand bien même chaque territoire consentira à réaliser, pour ce qui le concerne, l'évaluation de la prise en charge de telle ou telle compétence, l'exercice de synthèse sera pour le moins difficile. Au-delà de la volonté de traiter de la décentralisation comme d'un processus avec un avant et un après transfert de compétences, les pouvoirs publics affichent aussi le souci de pouvoir garantir un égal traitement des citoyens sur le territoire : à l'instant t, comment accède-t-on à tel service public en différents points du territoire ? Dans quelle mesure bénéficie-t-on des mêmes prestations ?

Il s'agirait donc de constituer un système d'information à la fois adapté au périmètre des compétences transférées (si l'on veut rendre compte des progrès éventuellement réalisés) et cohérent pour permettre la comparaison à l'échelle du territoire. À vrai dire, il est peu probable que l'on ne puisse jamais juger globalement des progrès - ou des pertes - réalisés à la faveur du transfert des compétences. Il faudra se contenter d'approches partielles, monographiques le plus souvent, sans doute suffisantes pour le travail des historiens. En revanche, disposer d'un système d'observation pour rendre compte de la situation des territoires apparaît comme une exigence formelle de la décentralisation en cours. L'invisibilité entretenue dans un grand nombre de domaines de l'action publique, faute de règles quant à la constitution de l'information ou faute de contraintes pour les appliquer, dit assez l'ampleur de l'effort à accomplir (que l'on pense, par exemple, au RMI ou à l'ancienne aide médicale départementale).


L'expérimentation, quant à elle, consacre une forme de précarité de la décision : comme l'évaluation, elle postule qu'une politique est réversible en fonction de ses résultats. Il importe donc d'être en capacité de mesurer ces résultats et de revenir, le cas échéant, à la situation antérieure.


Samba Ndiaye  Economiste
Abdoulaye Samba Ndiaye
Professeur d'économie en Ile de France
Directeur Général de la société c2r-conseil.com
Consultant sénior en Création , Redressement, Reprise
Il a été diplômé de le l'IAE de Clermont Ferrand, Lyon 2 ( évaluations et politiques publiques)
Souvent il nous fait une chronique en direct sur FB sur la géo politique l'économie et l'actualité sénégalaise ( une mine d'informations précises et savantes-La lecture de ses articles très pointus mais accessibles à tous est un plus).
Ancien du Lycée A Sadji 1983

L’ambassadeur du Sénégal répond en exclusivité aux questions d’Ichrono

Pour une bonne préparation et un déroulement normal de l’année scolaire et universitaire 2018/2019, le Chef de l’Etat, Macky Sall, a invité, avant-hier, mercredi, en Conseil des ministres, le gouvernement à «prendre toutes les dispositions administratives, techniques, budgétaires et financières requises, en vue d’assurer une bonne année scolaire et universitaire, sur toute l’étendue du territoire national.» Aussi a-t-il insisté sur «l’impératif de veiller au respect des différents accords conclus avec les organisations syndicales d’enseignants ainsi qu’à l’orientation adéquate des nouveaux bacheliers dans nos établissements universitaires en fonction des critères académiques définis.» Non sans exhorter le Premier ministre «à suivre l’application effective des mesures volontaristes qu’il a prises en faveur des enseignants et des étudiants, afin d’améliorer significativement les conditions sociales et d’études dans la sphère universitaire.» Interpelés, le syndicaliste Saourou Sène, Secrétaire général du Saems et Cheikh Mbow, Coordinateur de la Cosydep, apprécient et livrent leurs secrets pour année scolaire et universitaire apaisée. 

SAOUROU SENE, SECRETAIRE GENERAL DU SAEMS : «L’appel du Chef de l’Etat s’adresse fondamentalement au gouvernement»

«C’est une invite qui s’adresse fondamentalement au gouvernement du Sénégal qui est appelé et qui est habilité à concrétiser les accords que nous avons signés depuis le 30 avril 2018. Dans le processus, il y a quand même quelques manquements. En ce qui concerne les passerelles professionnelles, la montagne a accouché d’une souris parce que pour le nombre d’enseignants qui se sont inscrits, on nous a indiqué, du point de vue du quota, qu’il n’y avait que soixante-sept (67) agents à passer. L’autre point, c’est que le corps des administrateurs scolaires peine à être matérialisé parce qu’ils n’ont pas encore tenu l’atelier. Nous avons effectivement tenu l’atelier qui portait sur la rémunération des agents de l’Etat. Encore que durant cet atelier, il a été noté des manquements liés au fait que nous n’avons pas reçu l’intégralité du rapport qui a été produit par le cabinet MGP Afrique. Sur les lenteurs administratives, il y a encore des efforts à faire. Je crois que c’est un appel qui vient à son heure et le gouvernement sénégalais doit tout faire pour que nous puissions aller vers la concrétisation des accords que nous avons signés pour un système éducatif stable»

CHEIKH MBOW, COORDINATEUR DE LA COSYDEP : «Nous espérons que le Pm a été «instruit» sur les réunions pour le respect des engagements»

«Nous savons que nous aurons sûrement une année scolaire menacée, menacée parce qu’on fait face à une année électorale. On devait pouvoir anticiper sur les problèmes. Une année aussi avec une menace liée aux respects des engagements. Nous espérons que le Chef de l’Etat a «instruit» son Premier ministre sur les réunions pour le respect des engagements. Les réunions devraient être trimestrielles, mais, jusque-là, elles ne sont pas encore tenues. Les menaces liées à la pression des étudiants concernant l’orientation des nouveaux bacheliers: on a vu ce qui s’est passé avec le privé. Des menaces qui sont liées aux syndicats des inspecteurs de l’éducation. Et nous savons qu’avec le déficit d’enseignants qu’il y a, nous devons compter sur le dispositif initial de formation pour permettre de combler en partie ce déficit des enseignants. Donc, tout ceci montre que ces vingt (20) jours de vacances qui restent devraient être mis à profit pour faire avancer le dossier. C’est ce qui pourrait nous assurer d’avoir une année scolaire correcte et aussi d’avoir un déroulement normal de l’année. Autrement, avec ces élections en vue, nous risquons d’avoir une année perturbée. Par ailleurs, nous invitons les différents acteurs à faire preuve d’évaluation. Il est important aujourd’hui qu’on ait cette culture de l’évaluation pour pouvoir nous permettre de discuter sur tout ce qui s’est passé l’année dernière».

Nous poursuivons aujourd’hui l’entretien que nous a accordé la semaine dernière à l’ambassade du Sénégal à Paris, avenue Robert Schuman, son excellence M. Bassirou SENE.

Q - M. l’ambassadeur, sur l’important dossier de l’immigration, quelles solutions entrevoyez-vous lorsqu’on sait que 340 millions d’africains vivent avec moins d’un dollar par jour, que l’espérance de vie est de seulement cinquante-quatre ans et que le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est de 140/1000 ? Comment stopper, freiner la tentation à l’exode dans de telles conditions ?

B.S – La migration est dans l’ADN de l’homme depuis notre création. Il y a même eu par le passé des flux migratoires beaucoup plus importants que ce que nous connaissons actuellement. Aujourd’hui on pointe du doigt les migrants africains mais il y a quelques années c’était en sens inverse. Dans beaucoup de régions du monde si les migrants regagnaient aujourd’hui leur pays d’origine l’économie locale s’effondrerait du fait que beaucoup de professions, de métiers sont exercés par eux. Par ailleurs en raison de la pyramide des âges, près de 60% de la population de nombreux pays occidentaux a une moyenne d’âge supérieure à cinquante ans grâce à l’espérance de vie qui est plus grande en raison des découvertes scientifiques, des progrès médicaux et d’une meilleure alimentation et hygiène de vie. Par suite de leur vieillissement ces peuples ne peuvent plus être des opérateurs économiques. Ils ont donc besoin des migrants pour faire un travail, qu’au demeurant leurs nationaux n’acceptent pas le plus souvent. Il ne faut pas se voiler la face, or c’est cette situation bien réelle, concrète que l’on veut occulter. La migration est utile dans les deux sens, d’un côté pour l’Europe qui n’a plus les capacités humaines suffisantes pour faire face à son développement et de l’autre pour l’Afrique car l’apport en argent des migrants en direction de leurs pays d’origine représente une manne financière supérieure à l’aide publique au développement en Afrique. Pour le cas spécifique du Sénégal nous faisons en sorte de pouvoir retenir nos compatriotes qui veulent rester et vivre décemment au pays. Mais vous n’empêcherez jamais de partir des individus qui veulent explorer d’autres horizons, en dehors de tout besoin économique et social, d’aller à la rencontre d’autres milieux, d’autres communautés. Grâce à Dieu le Sénégal est un pays stable, où nous avons une nation sénégalaise, où il n’y a pas de tensions religieuses entre musulmans et chrétiens et où la démocratie fonctionne. Nous ne connaissons pas les problèmes politiques, religieux, sociaux, environnementaux qu’on voit ailleurs chez certains de nos voisins qui expliquent que les populations quittent ces pays. Nous sommes pour notre part épargnés par ce fléau.

Q - Dans ces conditions, comment interprétez-vous les signaux qui sont envoyés par certains pays européens qui entendent fermer leurs frontières aux nouveaux migrants ? 

B.S - Cela s’explique par la montée des populismes qui sont en mal de programme et qui jouent sur la corde sensible, sur la peur des populations à qui on présente les migrants comme des gens dangereux, qui apportent des maladies et nuisent à leur bien-être. Ce sont là des programmes de parti, mais pas un programme politique.

Q. - Redoutez-vous qu’un jour en France un mouvement de ce type puisse exister ?

B.S – Mais cela existe déjà ! Il y a ici des partis politiques qui professent le mépris de l’autre. Cette réaction est essentiellement le fait de pays développés qui possèdent 80 % des ressources alors qu’ils représentent à peine plus de 5% de la population. Dès lors ils ont une réaction de repli sur soi, de méfiance,voire d’hostilité pour l’autre, qu’on soupçonne de vouloir prendre ce que vous possédez. Or ces autres cherchent seulement à obtenir leur dû et il ne faut pas oublier que ces « autres » en question, qu’on chasse aujourd’hui, étaient hier colonisés, esclavagisés et privés de toutes leurs ressources, leurs biens, leurs enfants. Penser que la richesse d’aujourd’hui a été travaillée par ceux qui en bénéficient est une erreur.

Q – La Chine est de plus en plus présente économiquement sur le continent africain, le président Macky Sall a accueilli il y a peu le président chinois, cela signifie-t-il que le Sénégal entend faire de l’Empire du milieu un partenaire privilégié ?

B.S – Mon pays est ouvert à tous les partenaires potentiels, nous avons d’excellentes relations avec la Chine en effet, mais aussi avec l’Inde, le Brésil, l’Arabie Saoudite ou encore le Maroc, mais je le répète la France est notre premier partenaire en ce qui concerne notre développement et elle assure les subventions les plus importantes pour le Sénégal.

Q – J’en reviens à la Chine, pardonnez-moi, on l’accuse souvent de piller les ressources du continent africain, comme hier, vous le rappeliez à l’instant, les colonisateurs européens ont pu le faire.  C’est vrai pour les forêts, le bois, des terres mais aussi le sable dont ils ont besoin pour alimenter les cimenteries et faire face à leurs besoins énormes en matière de construction, etc.

B.S – A la différence du passé, aujourd’hui nous signons des marchés, des accords avec la Chine alors que du temps de la colonisation il n’y avait rien de cela. C’est la différence entre piller et commercialiser. En 2018 les dirigeants qui s’engagent dans ces partenariats économiques ont été démocratiquement élus par leur peuple et sont légitimes pour contracter ces marchés, dans l’intérêt de chacune des parties. 

Q – Vous ne redoutez donc pas de voir demain les chinois comme de nouveaux colonisateurs ?

B.S – L’Afrique à trop souffert de ce genre de situation dans l’histoire pour l’accepter aujourd’hui. La Chine met actuellement soixante milliards à la disposition de l’Afrique sur trois ans, vingt milliards par an, qui va refuser cela ? Nous avons des déficits d’infrastructures, il y a des pays où entre la capitale et les autres villes il n’y a pas de connexion, pas de ponts, il n’y a pas de ports, pas d’eau, pas d’électricité, comment voulez-vous que nous refusions cette main tendue.

Q – S’agissant des Etats-Unis, dont l’actuel président a eu des mots très durs, presque injurieux à l’égard des africains, quelle est votre position ?

B.S – Le président du Sénégal à réagi en son temps à cette attitude de D. Trump. Le plus important est qu’au-delà de tels propos le Sénégal entretient d’excellentes relations avec l’Amérique, d’Etat à Etat. Nous avons en commun plusieurs programmes, économiques mais aussi sur la santé, en particulier pour lutter contre le sida et ceux-ci fonctionnent bien.

Q – Dans sept mois, monsieur l’ambassadeur, des élections présidentielles vont avoir lieu au Sénégal. Aujourd’hui on est à plus de quatre-vingt candidats à la candidature (qui devront satisfaire au paiement d’une caution et à la réunion de milliers de parrainages avant d’être officiellement déclarés), face à un chiffre aussi pléthorique faut-il voir là un signe de vitalité ou plutôt caricatural de la démocratie ?

B.S – Nous pensons que c’est plutôt le signe de la pertinence, de la sagesse de notre président qui a fait du Sénégal un pays stable, où il fait bon vivre, où il y a des opportunités. D’ici 2021 nous serons peut-être le cinquième producteur de pétrole et de gaz, alors inévitablement cela nourrit quelques appétits. Quant au prochain président c’est Dieu qui en décidera, car le pouvoir sur les hommes est un prolongement du pouvoir divin. Peut-être aussi qu’en France aux prochaines élections il y aura une avalanche de candidats inconnus. Le système de parrainage que nous avons mis en place permettra cependant de filtrer les candidatures pour ne retenir que les plus représentatives.

Demain, suite et fin de notre interview de l’ambassadeur du Sénégal en France, Monsieur Bassirou SENE. 

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https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

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