Emmanuel Kant:Penser la pensée Par Louisa Yousfi-sciences humaines
Article issu du numéro

Grands Dossiers N° 34 - mars-avril-mai 2014
L'art de penser - 15 philosophes au banc d'essai - 


Avant de vouloir connaître le monde, il faut d'abord connaître 
la pensée, sa puissance et ses limites. Que puis-je connaître ? 
Avec cette question inaugurale, la philosophie se donne un rôle critique.
« La raison humaine a cette destinée particulière (...) d'être accablée de ques¬tions qu'elle ne peut écarter ; car elles lui sont pro¬posées par la na¬¬ture de la raison elle-même, mais elle ne peut non plus y répondre, car elles dépassent tout pouvoir de la raison humaine. » Ainsi Emmanuel Kant résume-t-il en quelques mots, en introduction de la Critique de la raison pure, toute l'ambition et les limites de la raison humaine. De par sa nature même, notre esprit ne peut s'empêcher de se poser certaines questions sur l'origine du monde et sa nature profonde ; mais de par sa même nature, notre esprit est incapable d'y répondre. Comment Kant est-il parvenu à cette conclusion pessimiste et qui semble ébranler dans ses fondements l'espoir d'une métaphysique ?

Une vie au service 
de la pensée
De celui qui naquit dans la ville de Königsberg (1), en Prusse, et qui devait y mourir sans jamais l'avoir quittée, on a coutume de garder l'image d'un homme à l'existence monotone.

Célèbre est la légende de ses promenades quotidiennes, réglées comme une horloge : ses voisins, dit-on, étaient capables d'indiquer, à la minute près, l'heure à laquelle Kant passait devant leur fenêtre. On dit aussi qu'il ne dérogea à ses rituels qu'à deux occasions dans sa vie : lors de la parution du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, en 1762, pour se précipiter chez son libraire, puis à l'annonce de la Révolution française, en 1789, pour se procurer le journal. La vie de Kant est tout entière vouée à l'enseignement et à la recherche et ne connaît d'autres événements marquants que la parution d'œuvres dont certaines ouvriront des voies nouvelles à la philosophie.
Mais autant est sans grand relief la vie quotidienne de Kant, autant est révolutionnaire sa pensée. Car, de la même façon que l'astronome Nicolas Copernic avait transformé notre rapport à l'univers, au début du XVIe siècle, en montrant que la Terre tourne autour du Soleil, Kant a révolutionné durablement la philosophie en lui donnant un tour « critique ». Sa « révolution copernicienne » à lui consiste à détourner le regard des choses et de leur « essence », pour s'intéresser à notre faculté de connaître, son pouvoir et ses limites. Ce changement de perspective est fondamentalement réflexif : la pensée doit se prendre elle-même pour objet. Avant de vouloir connaître le monde, il faut s'interroger sur notre capacité à le connaître. La première question de la philosophie est donc, selon Kant : « Que puis-je connaître ? »
La pensée de Kant s'inscrit, comme celle de tous les philosophes, dans une époque et un milieu intellectuel qui lui donnent sens et permettent de mieux la comprendre.


Né en 1724 en Prusse orientale, Kant est le quatrième d'une famille modeste de onze enfants. Son père est un honnête artisan sellier. Sa mère, une femme très intelligente aux dires mêmes de Kant, est adepte du piétisme, un courant protestant apparu en Prusse, qui prône une discipline morale très rigoureuse associée à une grande rigueur intellectuelle (les piétistes accordent beaucoup d'importance à l'argumentation rationnelle).


On ne pourra comprendre l'importance de la loi morale chez Kant, et son fameux impératif catégorique, son aversion pour le mensonge et la mauvaise foi, sans prendre en compte cette forte influence du piétisme.
Au cours de ses études, le jeune Kant va découvrir une autre forme de ri¬gueur intellectuelle : celle de la science. L'éducation religieuse lui était apparue comme un « esclavage de la jeunesse ». Sur les bancs de l'université, il s'enthousiasme pour les cours du professeur Martin Knutzen, qui tente de réconcilier le piétisme et le rationalisme philosophique. À cette époque, Kant découvre la physique d'Isaac Newton. Son premier mémoire, Pensées sur la véritable évaluation des forces vives (1746), relève de la physique.


L'une de ses premières publications est une Théorie du ciel dans lequel il envisage l'existence des galaxies (qu'il nomme des « univers-îles »). En 1746, son père décède et Kant doit subvenir à ses propres besoins. Il devient précepteur dans diverses familles de la ville, notamment chez la comtesse de Keyserling (il y découvrira le goût pour les conversations mondaines et les réceptions). En 1755, Kant entame sa carrière universitaire, qui va durer quarante ans.


Au cours de cette longue carrière, les disciplines qu'il va enseigner sont d'une étonnante diversité : logique, mathématiques, morale, anthropologie, théologie mais aussi géographie. Il s'intéresse même à la pyrotechnie ou à la théorie des fortifications ! À l'époque, la philosophie ne ressemble en rien à une discipline spécialisée, séparée des autres savoirs.


Kant publie beaucoup d'ouvrages de géographie, de morale, de métaphysique... mais cette partie de son œuvre est la moins connue. Elle apparaît après coup comme une période de maturation avant la publication des grandes œuvres qui vont faire sa renommée, et qui figurent aujourd'hui parmi les monuments de la philosophie : les trois « critiques ». Critique de la raison pure paraît pour la première fois en 1781 (Kant a alors 57 ans), suivi de Critique de la raison pratique, puis de Critique de la faculté de juger, en 1788 et en 1790.

Le projet de Critique 
de la raison pure


Le projet de la Critique de la raison pure est exposé en préface. Tout part d'une question simple : pourquoi la science progresse-t-elle et pas la philosophie ? Comment se fait-il que l'on parvienne en science à des conclusions unanimes et indiscutables (comme le sont à l'époque les lois newtoniennes) alors que la philosophie est un « champ de bataille », où derrière l'apparence de démonstrations rigoureuses se cachent des opinions diverses ?


Ces questions poussent à s'interroger sur les modes de connaissance respectifs de la science et de la philosophie, que Kant nomme « métaphysique ». Une première distinction entre science et métaphysique pourrait être que l'une étudie des objets concrets (les astres, le corps humain) alors que l'autre porte sur des notions qui échappent à l'expérience : Dieu, l'âme.


C'est effectivement un premier point de différence. Mais si Kant prend en compte l'empirisme – la lecture de David Hume l'a sorti de son « sommeil dogmatique » –, il ne se rallie pas pour autant à cette doctrine qui fait de l'expérience le fondement de la connaissance. Car Kant sait qu'il existe dans la science et dans toute connaissance une part qui échappe à l'expérience, ce que Kant l'appelle les jugements « a priori ». Quand je tiens une pierre dans la main, je l'observe sous toutes les coutures : son poids, sa forme, ses couleurs sont des connaissances empiriques, dérivées des sens.
Mais si la connaissance ne venait que des sens, en manipulant la pierre sous différents angles, je ne percevrais pas une pierre mais des images successives sans ordre. C'est mon esprit qui unifie ces images en un objet. La fusion du multiple en un objet « un » relève pour Kant du jugement a priori, qui dépend de mon esprit et non de l'expérience.


Le but essentiel de Critique de la raison pure consiste à dégager ce qui, dans l'esprit humain, relève de l'a priori. Kant va s'employer à dévoiler ce que sont les idées « transcendantales » c'est-à-dire qui échappent à l'expérience. Il en va ainsi de l'espace et du temps (encadré ci-dessous), de même que pour d'autres catégories : l'unité, la multiplicité, le tout...
Si la connaissance est en partie expérimentale, mais réassemblée dans des cadres a priori, cela signifie que notre accès à la réalité n'est pas direct. Nos connaissances ne dévoilent pas le monde tel qu'il est, mais tel que les cadres mentaux permettent de le voir. Dans le langage de Kant, nous ne pouvons avoir accès qu'aux « phénomènes » et non aux « choses en soi » (« noumènes »).


Si la science se distingue de la métaphysique, c'est en raison du fait qu'elle étudie des phénomènes extérieurs mais peut universaliser ces observations et expériences au moyen de l'outil mathématique (qui relève de jugements a priori). Kant a en tête la physique de Galilée et de Newton, qui a découvert le mouvement des astres en appliquant les mathématiques aux lois de la nature.

Les limites de la raison


En revanche, la métaphysique, elle, emploie les mêmes outils de la raison (démonstration) mais sur des objets qui ne sont pas accessibles par l'expérience : Dieu, l'âme, le cosmos.
Les démonstrations de l'existence de Dieu sont toutes défaillantes, car elles ne font qu'appliquer la raison à des chimères. Kant ne dit pas que Dieu n'existe pas, mais qu'il n'est pas connaissable. Il en va de même pour l'âme ou d'autres notions qui sortent du cadre de l'expérience.

L'argumentation de Critique de la raison pure revient donc à condamner toute métaphysique dite « dogmatique ». Cela conduit à définir les bornes de la raison. Notre connaissance du monde est toujours filtrée par la connaissance de ce qu'il est pour nous, c'est-à-dire à travers les cadres mentaux (les catégories ou les schèmes) que nous déployons pour saisir le monde. Les choses telles qu'elles sont « en soi » nous sont à jamais inaccessibles. Est-ce à dire que la raison doit se contenter de s'exercer dans le domaine de la seule science ?


Une fois que Kant pense avoir mis au jour les mirages de la métaphysique, il reste alors à connaître l'usage légitime de la raison. Pour Kant, sa destination véritable est dans l'action pratique. Tel est le point de départ de Critique de la raison pratique, ouvrage dans lequel il pose les bases d'une philosophie morale fondée sur des critères rationnels et une démonstration. Selon lui, la morale ne peut pas seulement être une série de préceptes sur lesquels régler son action. Elle doit être intérieure et rationnelle : la morale authentique est celle d'un sujet autonome qui fait des choix personnels et universalisables. Tel est le principe de l'impératif catégorique.


La première question de la philosophie kantienne était : « Que puis-je connaître ? » Elle correspondait au champ de la connaissance et au thème de Critique de la raison pure. Elle visait à établir les conditions de la connaissance et les limites de la raison.


La deuxième grande question de la philosophie – « Que dois-je faire ? » – ramène justement à la question de l'action et de la morale. C'est l'objet de Critique de la raison pratique mais également de Métaphysique des mœurs (1785).
La troisième grande question – « Que m'est-il permis d'espérer ? » – pose le problème du salut et donc de la foi. Sur ce thème délicat, Kant publia, en 1793, La Religion dans les limites de la simple raison, mais l'ouvrage fut censuré par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. Kant lui ayant fait la promesse de plus traiter de religion dans ses écrits, il considéra ce serment rompu le jour de la mort du souverain.


Par la suite, Kant rajoutera une quatrième question – « Qu'est-ce que l'homme ? » – en précisant qu'elle intègre les trois précédentes, et ouvre un nouveau champ de connaissances : « l'anthropologie ». C'était appeler à la naissance des sciences humaines qui commençaient alors tout juste à germer.


Les failles de la raison pure


Toute personne ayant réfléchi un jour sur la structure de l'univers n'a pas manqué de se poser la question de 
ses limites. Or, lorsque l'on tente de concevoir l'univers 
dans son ensemble, on se heurte immanquablement à 
ce problème : si l'univers a des limites, la raison 
nous pousse à nous demander ce qu'il y a au-delà, car notre esprit est incapable de penser un univers limité avec « rien » à l'extérieur. Mais inversement, envisager l'univers comme infini est tout aussi impensable. Que l'on tourne la question dans tous les sens, l'idée d'infini, tout comme celle de limite de l'univers, échappe à notre entendement...
Pour Emmanuel Kant, cette impasse logique (qu'il nomme « aporie ») surgit lorsque nous cherchons à appliquer hors du champ de notre expérience courante une notion comme 
la notion d'espace, qui n'appartient pas à l'univers 
mais à la structure de notre esprit.
« L'espace n'est pas un concept empirique, qui ait été tiré d'expérience externe, (...) c'est une représentation nécessaire, a priori » (c'est-à-dire antérieure à l'expérience), notait Kant. Il en va de même pour le temps. 
Nous pensons le temps de façon linéaire, comme une ligne allant du passé au futur, que l'on découpe en séquences.


Mais dès que l'on cherche à transposer cette vision 
du temps à l'univers, on se heurte aussi à la question 
des limites. L'univers a-t-il un début (mais alors 
qu'y avait-il avant) ? Ou bien est-il éternel 
(mais un univers sans début est tout aussi impensable) ? Cette impasse du raisonnement vient de la transposition au cosmos de ce qui n'est en fait qu'un cadre mental, 
celui du temps linéaire.
Ce que nous croyons être des propriétés de la nature, comme l'espace en trois dimensions, le temps linéaire, sont en fait des « formes » ou « catégories » de 
notre pensée. Vouloir les transposer dans l'absolu pour penser la structure de l'univers conduit à des impasses. Ces impasses révèlent les failles de la « raison pure ».
Louisa Yousfi
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L'art de penser - 15 philosophes au banc d'essai, Grands Dossiers n°34, mars-avril-mai 2014

Quand l’Ouganda étouffe les voix dissidentes grâce à une « taxe sur les rumeurs »

En Ouganda les gouvernants ne manquent pas d’imagination quand il s’agit de restreindre les libertés et d’augmenter les recettes publiques. Ils ont tout simplement créé une nouvelle taxe. Une taxe sur « les rumeurs » voilà qui est croquignolesque ! Sauf que celle-ci est réellement entrée en vigueur le 1er juillet dernier. Au moins dans ce pays la peur du ridicule ne tue pas.

Une façon déguisée d’augmentée les recettes fiscales

En cause les réseaux sociaux WathsApp, Facebook, Twitter, Skype, Viber, etc. Avec comme conséquences une restriction des libertés civiles et la réaction d’Amnesty International ne s’est pas faite attendre. L’association de défense de droits de l’homme a immédiatement demandé aux autorités Ougandaises d’abolir cette taxe d’un montant de 200 shillings. Il s’agit en effet pour elle d’un moyen « d’étouffer les voix dissidentes dans le pays en même temps que de rechercher des nouveaux revenus ».

Quand le gouvernement piétine les droits de l’homme

L’Ouganda, en agissant ainsi, ouvre la voie à l’arbitraire en décidant de ce qui est, ou non, utile sur les réseaux sociaux. Ben, voyons ! Au nom de la DEMOCRATIE le gouvernement serait plus avisé de faire respecter et de favoriser la liberté d’expression, sur Internet comme ailleurs.

Effet boomerang !

Depuis le 1er juillet les utilisateurs des réseaux sociaux doivent ainsi composer un code spécifique qui soustrait automatiquement le montant de la nouvelle taxe de leur crédit Internet mobile. A ce compte-là il sera intéressant de connaître la somme que va devoir payer le chef de l’Etat Yoweri Meseveni qui ne compte pas moins de … 855 000 abonnés sur Twitter. On risque bien d’assister à un remake de « l’arroseur arrosé ». Précisons enfin, qu’en raison d’un PIB moyen par habitant de 604 dollars, seulement 22 % de la population utilise Internet et ce n’est pas cette nouvelle taxe qui va favoriser son accès. Conclusion, la fracture numérique dans le pays va encore s’accroître entre jeunes et adultes, pauvres et riches et entre les hommes et les femmes. Bravo ! Reste à espérer maintenant que les tribunaux sanctionneront une initiative qui viole aussi effrontément la Constitution Ougandaise. Affaire à suivre.

Le Directeur de la publication

Ichrono

Dans un rapport, publié ce lundi 16 juillet, intitulé « Budgets en chute, répression en hausse », l'ONG Amnesty International s'intéresse à l'impact social des mesures prises par le gouvernement tchadien, depuis 2015, pour faire face à la chute brutale des cours du pétrole. Baisse du budget de la santé, coupes budgétaires en matière d'éducation... les populations paient un lourd tribut et, lorsqu'elles manifestent pacifiquement leur lassitude, elles sont victimes de la répression par les forces de l'ordre.

Des mesures d’austérité, mais à quel prix ? Dans son dernier rapport publié ce lundi, Amnesty International montre que les réductions drastiques dans les secteurs de la santé et de l’éducation ont renforcé la précarité des populations les plus vulnérables. Cette étude s’appuie sur les témoignages de 176 personnes recueillis à Ndjamena, Massaguet, Massakory et Sarh.

L’ONG constate que le budget du gouvernement consacré à la santé a diminué de moitié entre 2013 et 2017. Les subventions allouées aux hôpitaux ont aussi baissé. Résultat : des pénuries récurrentes de médicaments et notamment de produits essentiels tels que le paracétamol et les désinfectants.

« Rien ne saurait justifier le non-respect des obligations minimales essentielles en matière de droit à la santé, même une crise économique », déplore Samira Daoud, la directrice régionale adjointe pour d’Afrique de l’Ouest et du centre d’Amnesty.

Seconde victime de ces coupes budgétaires : l’éducation. Suppression des bourses des étudiants, hausse des frais d’inscription dans les universités publiques, réduction de 50 % des primes et indemnités des fonctionnaires… tout ceci contribue à maintenir un faible taux de scolarisation, à avoir des salles de classe sous-équipées et une grogne sociale de plus en plus importante de la part des enseignants et des étudiants, constate l’ONG de défense des droits de l’homme.

Chaque fois qu'il y a eu des mesures d’austérité qui ont été prises, cela a entraîné des manifestations des populations, de la société civile, des étudiants, des élèves, mais aussi des grèves de fonctionnaires. De janvier à mars, nous avons documenté au moins 12 manifestations. Dans tous ces cas-là, il n’y a eu qu’une seule manifestation pendant laquelle les forces de sécurité n’ont pas eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Que les gens aient fait ou non usage de la force, les forces de sécurité ont frappé des manifestants. Il y a eu plusieurs blessés et 150 personnes, au moins, ont été arrêtées, dont de nombreux élèves et étudiants. Nous, ce que nous constatons c’est que la répression continue au Tchad. Les mêmes restrictions qui existaient avant continuent et sont encore plus renforcées. Par conséquent, le ton a durci encore plus et la situation est, pour nous, très inquiétante d’autant plus que nous avons eu à faire, auparavant, des recommandations et nous constatons que ces recommandations ne sont pas mises en œuvre.

RFI

Le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sont à Pékin ce lundi 16 juillet pour constituer un bloc destiné à s'opposer au protectionnisme américain, mené par Donald Trump au nom de « l'Amérique d'abord ». Les deux dirigeants européens se rendront ensuite à Tokyo, pour lancer également un vaste accord de libre-échange avec le pays du Soleil-Levant.

Le 20e sommet Union européenne-Chine qui se tient ce lundi 16 juillet à Pékin tombe à point nommé pour démontrer la volonté des deux partenaires de poursuivre et même renforcer leurs relations commerciales. Cela dans un climat de guerre protectionniste lancée par les États-Unis.

La Chine, deuxième puissance économique mondiale et l'Union européenne (UE), le plus grand marché unique du monde, sont favorables à une modernisation de l'organisation mondiale du commerce, soit tout le contraire de Donald Trump.

Unies pour lutter contre les droits de douane imposés par les États-Unis aux importations d'acier et d'aluminium, l’UE et la Chine sont cependant en désaccord sur certaines pratiques commerciales chinoises qualifiées de dumping par les Européens. Cela aussi devra être abordé, car la Commission européenne insiste sur la nécessité de respecter les règles du commerce international.

Les deux dirigeants européens se rendront ensuite à Tokyo pour signer un accord de libre-échange avec le Japon, autre signal fort contre le protectionnisme. Cet accord de libre-échange devrait couvrir près d'un tiers du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

EMMANUEL DUNAND / AFP

A Dakar, l'opposition appelait à une grande marche ce vendredi après-midi. Une manifestation, autorisée par le préfet de la capitale, pour dénoncer, critiquer l'autorité et son chef, Macky Sall. Un président accusé de tout faire pour éliminer ses opposants. Notamment Khalifa Sall, le maire de Dakar qui est en prison depuis près de 500 jours, et Karim Wade, le fils de l'ancien président, qui vit en exil au Qatar. La marche s'est transformée en meeting à sa gloire.
C'est au son strident des trompettes spéciale Coupe du monde, recyclée pour l'occasion, que les militants de Karim Wade se sont retrouvés...
13-07-2018 - Par Guillaume Thibault
Le t-shirt à l'effigie de Karim Wade était la tenue imposée pour ce rassemblement. Tenues mais aussi affiches, slogans, banderoles : tout était à la gloire du fils de l'ex-président parti au Qatar il y a maintenant plus de deux ans, mais qui reste pour ses sympathisants le futur président. « Etre karimiste, c'est d'abord défendre l'intégrité. Nous défendons la justice, la justice, la bonne gouvernance bien sûr », dit une manifestante.

Pour les karimistes, le président Macky Sall n'a donc qu'un objectif : stopper les ambitions politiques de leur champion. « Le président Macky Sall essaie d'éliminer des candidats, comme Khalifa Sall, Karim Wade qu'il a fait exiler », estime cet homme.

Un discours rôdé, très politique mais qui va aussi parfois sur le terrain social et les galères du quotidien, difficultés qui seront sans aucun doute au coeur de la campagne de 2019. « Je suis très fâché : les gens ne travaillent plus, quand tu es malade, si tu n'as pas d'argent tu meurs », s'énerve un autre manifestant.

En organisant cette marche pour Karim Wade, le Parti démocratique sénégalais a donc tenté de montrer sa force. Mais en mobilisant moins que pour un match de foot, le débat sur l'absence prolongée de Karim Wade sera sans aucun doute au coeur des prochaines réunions du parti.

Rfi

lundi, 16 juillet 2018 08:10

Mondial 2018 : le sacre de la jeunesse conquérante

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La France s’est imposée 4-2 face à la Croatie, dimanche 15 juillet, au terme d’un match épique en finale de la Coupe du monde de football. Alors qu’ils menaient 2 à 1 au terme d’une première période tendue, les Bleus ont fini par creuser l’écart, ce malgré une erreur du gardien Hugo Lloris ayant permis aux Croates de marquer un second but. Après avoir remporté le trophée en 1998, l’équipe de France décroche ainsi la deuxième étoile de son histoire. Revivez en images les explosions de joie des spectateurs français, partout en France, au fur et à mesure que les Bleus, but après but, prenaient le large.

 

Transformés par Didier Deschamps en un commando imbattable, les Bleus ont décroché dimanche une deuxième Coupe du monde en Russie, en dominant (4-2) la Croatie en finale.Kylian Mbappé a-t-il seulement pris la mesure de son exploit au moment de soulever la Coupe du monde, dimanche 15 juillet, dans le ciel pluvieux du stade Loujniki de Moscou ? Hilare sous une nuée de confettis dorés, l’insouciant attaquant des Bleus semblait avoir oublié jusqu’à son âge, 19 ans, et sa date de naissance, le 20 décembre 1998. Le prodige était encore bien au chaud dans le ventre de sa mère quand son sélectionneur, Didier Deschamps, terrassait le Brésil et remportait le tournoi planétaire, le brassard de capitaine des Tricolores au bras.

 

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Deux décennies après le sacre de Zidane et consorts, voilà que Mbappé a accroché une deuxième étoile au maillot de l’équipe de France, en renversant (4-2) la bluffante Croatie de Luka Modric, au terme d’une finale totalement débridée. D’une imparable frappe à ras de terre, l’ailier du Paris-Saint-Germain (PSG) s’est même payé le luxe d’inscrire son quatrième but de la compétition et de parachever la victoire des Bleus contre une sélection à damier usée jusqu’à la corde par ses trois prolongations avalées sur la route de Moscou.

 

« Nous serons dans l’histoire à jamais », a déclaré avec componction, entre deux pas de danse, le chef de file de la nouvelle vague – élu au passage meilleur jeune joueur du tournoi –, qui vient d’installer le football français sur le toit du monde pour quatre années.
Une machine à gagner

 

Deuxième plus jeune buteur en finale de Coupe du monde derrière le Brésilien Pelé, auteur d’un doublé lors de l’édition suédoise de 1958, à 17 ans et huit mois, Mbappé renvoie au pari fou que s’était lancé Deschamps : faire d’une sélection « verte » (26 ans de moyenne d’âge) et relativement inexpérimentée une machine à gagner. « J’avais un groupe très jeune, quatorze des vingt-trois joueurs découvraient une Coupe du monde. C’était un peu l’inconnu, mais ils l’ont fait », a souligné le Bayonnais. Ce dernier est devenu le troisième homme – après le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer – à remporter le tournoi comme joueur puis sélectionneur.

 

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Qui aurait pu pourtant prédire le sacre de cette jeunesse conquérante, incarnée par les arrières latéraux Benjamin Pavard et Lucas Hernandez (22 ans), après son entame de tournoi laborieuse, le 16 juin, face à l’Australie ? Ce jour-là, Deschamps n’avait aligné que trois joueurs de plus de 25 ans. La courte victoire (2-1) acquise contre les Socceroos l’avait poussé à revoir son système de jeu et à sortir ses grognards Olivier Giroud et Blaise Matuidi (31 ans) du placard pour muscler sa formation.

 

Les ajustements opérés lors du succès (1-0) obtenu dans la sueur et les larmes face au Pérou, le 21 juin, ont marqué un tournant décisif. Tel un général à la tête de dociles soldats, Deschamps a alors transformé son équipe en un commando discipliné, prêt à endurer les pires souffrances pour aller jusqu’au bout.
Montée en puissance

 

Le 30 juin, en huitièmes de finale, la victoire échevelée (4-3) des Bleus contre l’Argentine de Lionel Messi a témoigné de leur montée en puissance sur le plan athlétique. Ce fut le triomphe de l’endurance, de la hargne et de la vitesse. L’infatigable milieu N’Golo Kanté a alors incarné les vertus d’une préparation physique intense, pensée pour permettre aux Tricolores de décoller à partir des matchs à élimination directe.

 

Génial stratège, abreuvé de rapports d’observation et de montages vidéo réalisés par son staff, Deschamps s’est continuellement adapté au jeu de l’adversaire pour préparer ses échéances. « Toutes les chances sont mises de notre coté, pour qu’on sache exactement ce qu’on a à faire sur le terrain », a expliqué l’avant-centre Olivier Giroud, qui n’aura donc jamais fait trembler les filets en Russie, passant le plus clair de son temps à s’époumoner pour presser l’adversaire.

 

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Fils spirituel de l’ex-sélectionneur Aimé Jacquet, sacré sur le banc vingt ans avant lui, Deschamps s’est appuyé sur un bloc ultra-défensif et des joueurs offensifs capables de se projeter vers l’avant et de tuer la rencontre sur des contre-attaques assassines.

 

La victoire acquise tout en maîtrise contre l’Uruguay (2-0) le 6 juillet, en quarts, a mis en relief cette impressionnante solidité doublée d’un réalisme insolent devant la cage adverse. Sous le règne de Deschamps, marqué du sceau du pragmatisme, cette équipe de France a parfois été particulièrement caricaturale, donnant l’impression de refuser le jeu et de subir pour mieux surprendre l’adversaire. Ce fut le cas contre la très spectaculaire Belgique de ce fin dribbleur d’Eden Hazard, le 10 juin, en demi-finales. Au point que les Diables rouges, mauvais perdants (0-1) et écœurés par la stratégie de démolition des Tricolores, les ont vertement dépeints en gagne-petit.

 

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« Vous pouvez poser la question, sommes-nous de beaux champions du monde ? On est champions du monde, c’est ce qu’il faut retenir, a insisté Deschamps, porté en triomphe et aspergé de champagne par ses protégés. On a fait les choses mieux que les autres, avec plus de maîtrise. Les joueurs n’ont jamais rien lâché. »
« Cohésion »

 

Deux ans après sa défaite (0-1 après prolongation) en finale de l’Euro 2016 contre le Portugal, le technicien a pu également s’appuyer sur ses cadres pour prendre sa revanche. Personne ne peut reprocher au gardien Hugo Lloris sa bourde, en finale, sur le but tardif de Mario Mandzukic, qui relève de l’anecdote. Intraitable sur sa ligne, le capitaine aux 104 sélections a notamment sauvé ses troupes contre l’Uruguay en réalisant la parade du tournoi sur une tête à bout portant de Martin Caceres. Sous des trombes d’eau, il est devenu le deuxième capitaine français à se voir remettre le trophée de la Coupe du monde, vingt ans après son sélectionneur.

 

La charnière centrale composée de Raphaël Varane et de Samuel Umtiti a aussi tenu la baraque. Maîtres des airs, les deux défenseurs se sont même mués en buteurs providentiels : le premier a débloqué la situation contre l’Uruguay d’un joli coup de tête, le second a ouvert (du crâne également) à ses partenaires, face à la Belgique, les portes de la finale. Quant aux milieux Blaise Matuidi, N’Golo Kanté et Paul Pogba, auteur du troisième but – celui de la délivrance – contre la Croatie, ils ont été le rouage essentiel de la machine tricolore. Et que dire d’Antoine Griezmann, leader technique tourné vers le collectif ?

 

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Désigné meilleur joueur de la finale, ce dernier a loué la « cohésion » au sein de l’effectif français. Dans le huis clos du camp de base d’Istra, Deschamps aura enfilé son costume de DRH tout en maniant la carotte et le bâton : « J’ai parfois été dur, mais c’est pour leur bien. Le management, la psychologie, ça fait partie de mon métier. On a passé cinquante-cinq jours ensemble et il n’y a pas eu le moindre problème. »

 

Avant de regagner l’Hexagone avec ses joueurs pour parader, lundi 16 juillet après-midi, sur les Champs-Elysées, Deschamps a confirmé qu’il irait au terme de son mandat, fixé à l’Euro 2020. « Je suis convaincu que mes joueurs seront plus forts dans deux, quatre ans », a promis le sélectionneur, sous les vivats des journalistes. Des honneurs dus à son rang de « double » champion du monde.

 

L’équipe de France a remporté dimanche 15 juillet la Coupe du monde de football pour la deuxième fois de son histoire en battant la Croatie (4-2). Face à une valeureuse et séduisante équipe croate, les Bleus ont fait preuve de réalisme, à l’image de leur tournoi, pour décrocher une nouvelle étoile mondiale et succéder à l’Allemagne. La génération Mbappé entre dans la légende du sport français, comme celle de Zidane il y a 20 ans.

Il y a eu un 12 juillet 1998, il y a désormais un 15 juillet 2018. C’est la date de naissance officielle d’une génération dont le nom de baptême n’est pas encore tranché entre Griezmann, Pogba, Mbappé. Cela dit tout de ce qu’a été cette équipe de France : un groupe, un collectif, qui s’est trouvé pendant le tournoi. Une bande de joueurs qui a érigé le réalisme en mot d’ordre sous l’organisation pragmatique de son sélectionneur Didier Deschamps. Comme en 1998, la France a commencé sa Coupe du monde avec l’étiquette d’un outsider, et peu d’observateurs la voyaient être sacrée dimanche soir. Mais pendant que les favoris tombaient un par un (Allemagne, Espagne, Argentine, Brésil, Belgique), elle traçait sa route avec ses armes (la défense, les trois poumons de Kanté, la vitesse de Mbappé.)

Dans cette finale, la France a commencé très timidement ; peu de rythme, pressing à contretemps, peu de mouvements. C’était à se demander si ce n’étaient pas les hommes de Didier Deschamps qui avaient connu trois prolongations pour arriver en finale. Les Croates avaient l’air bien plus frais, et ce n’était pas qu’une impression. Ils ont dicté le rythme du match, pris plus d’initiatives au moment où les Bleus jouaient la prudence dans l’attente d’un contre favorable. C’est là qu’on se dit que la légendaire chance de Didier Deschamps n’est qu’une affaire de discussions de bars sportifs. Car les Bleus ont marqué sur leur première occasion du match, qui plus est, grâce à un but contre son camp de l’attaquant croate Mandzukic sur la frappe de Griezmann (18e).

Les Croates meilleurs dans le jeu et l’engagement

Les amis de Modric se sont magnifiquement repris en égalisant par Perisic sur un bel enchaînement face à un Pavard en manque de vivacité, comme toute la défense, sur cette égalisation (28e). Mais le héros croate allait relancer les Bleus, qui n’en demandaient pas tant, en touchant le ballon de la main dans la surface de réparation sur un corner de Griezmann. Penalty, après consultation de la vidéo par l’arbitre argentin, et quatrième but de Griezmann qui prend Subasic à contre-pied (38e). Sans convaincre dans le jeu, dans l’engagement où même dans la tactique, les hommes Didier Deschamps étaient devant. C’est simple : les Bleus ont disputé leur plus mauvaise mi-temps, depuis les matches de poule, face à une Croatie qui méritait mieux sur cette première période.

La pression, la peur du vide, les souvenirs de la finale de l’Euro perdue il y a deux ans face au Portugal (1-0) ont peut-être crispé les Français. Mais les protégés de Dalic étaient aussi conscients que leurs meilleures chances étaient de jouer à fond la première période, car la fatigue accumulée lors de leurs trois prolongations allait se faire sentir dans la deuxième partie de la rencontre.

Le sélectionneur Didier Deschamps porté en triomphe par ses joueurs après la victoire en finale de la Coupe du monde face à la Croatie, le 15 juillet 2018..REUTERS/Kai Pfaffenbach

Lloris relance la Croatie

La Croatie a poussé en seconde période, a mis ce qui lui restait de gaz et de cœur pour revenir, mais c’est encore la France qui a trouvé le chemin des filets avec Pogba après un excellent travail de Mbappé (59e). Le même Mbappé (19 ans), devenu le 3e plus jeune joueur à débuter la finale d'un Mondial derrière Pelé (1958 à 17 ans, 8 mois et 5 jours) et Giuseppe Bergomi (1982 à 18 ans, 6 mois et 20 jours), allait aussi marquer son empreinte dans cette rencontre. Le Parisien inscrit le quatrième but qui met définitivement la France à l’abri (65e). Et si les Croates ont continué à y croire, c’est grâce au capitaine des Bleus, Hugo Lloris, qui les relance en voulant dribbler Mandzukic après une passe en retrait d’Umtiti. L’attaquant de la Juventus, encore plein de volonté et d’engagement, réduit le score (69e) sans faire douter la France. A 20 minutes de la fin, les jambes sont lourdes pour les Croates, même s’ils s’offrent quelques occasions, mais il y a longtemps que Didier Deschamps avait décidé de fermer encore plus le jeu avec l’entrée de Steve N’Zonzi (55e), et Tolisso (73e) avant celle de Fekir (81e).

C’est la victoire d’une idée ou d’une certaine idée du jeu. La victoire selon Deschamps; un froid réalisme hérité de ses années italiennes à la Juventus Turin combiné au legs d’Aimé Jacquet, le sélectionneur qui a conduit les Bleus à la victoire de 1998 en faisant de la défense le pilier de toute victoire.

Seule la victoire est belle donc, et les Français vont savourer cette deuxième étoile et avec eux toute la France entière. C’est un fait, les réservations pour les vacances connaissent toujours un pic au lendemain de la fin de parcours de l’équipe de France de foot dans une compétition. Lundi 16 juillet ne devrait pas déroger à la règle… L’été sera beau et ensoleillé cette année en France. Avec un beau ciel… Bleu.

 

lundi, 16 juillet 2018 07:20

Mondial 2018: Kylian Mbappé, grandeur mature

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L'attaquant de l'équipe de France, Kylian Mbappé, qui a disputé face à la Croatie à une finale de Coupe de monde (4-2), a toujours marqué son monde par sa maturité malgré ses 19 ans. Tout juste sorti de l’adolescence, il marque l’histoire du football français avec ce titre de champion du monde et son but en finale.

De notre envoyé spécial à Moscou,

« Une étoile est née », titrait le quotidien italien Corriere della Sera, une photo de Kylian Mbappé en Une, au lendemain de la victoire des Bleus face à l’Argentine de Lionel Messi. Et La Stampa de Turin a même établi la comparaison en titrant « Comme Pelé ». « A la fin d'un match épique, sept buts et une infinité d'émotions, il y a le sourire de Mbappé, petit joyau français sur les traces de Pelé », écrivait le journal. Aujourd'hui, Kylian Mbappé a accroché la deuxième étoile sur le maillot des Bleus après une victoire sur la Croatie à laquelle il a activement participé en inscrivant le quatrième but tricolore.

Kylian Mbappé marque le quatrième but français en finale de la Coupe du monde.REUTERS/Maxim Shemetov

Il maîtrise déjà les codes du métier et la communication

De ce tournoi en Russie, tout le monde se souviendra que lors de cette confrontation face à l’Argentine de Lionel Messi, Mbappé a révélé au monde son talent en plein essor, avec un doublé. « Messi peut partir tranquille, où et comme il voudra, mais nous sommes entrés dans une autre époque, celle de Kylian Mbappé, qui a eu sur la Coupe du monde le même impact que Pelé il y a soixante ans », avançait carrément LaRepubblica à Rome. France football a évoqué son « culot et talent qui ont éclaté à la face du monde ».

Plus qu’être un grand joueur, Mbappé étonne son monde. A 19 ans, à peine sorti de l’adolescence, il est conscient de ce qui lui arrive et son aisance verbale est à pointer.

Surtout, il maîtrise déjà les codes du métier et la communication comme personne. « Je ne vois qu'un seul exemple d'un type aussi posé à son âge : Basile Boli. A 18 ans, il savait exactement ce qu'il voulait. Tout était clair et précis. Il dégageait une sorte de charisme », a déclaré l'ancien entraîneur d'Auxerre Guy Roux au Parisien. « Mbappé, c'est quelqu'un de très mature. On a rarement vu ça, raconte son compatriote Samuel Umtiti. On peut parler de tout avec lui. Il ne fait pas son âge, il a la tête sur les épaules. Il sait où il veut aller et comment. C'est ce qui m'impressionne, son calme sa sérénité. » Mbappé a toujours su qu'il ne voulait pas être un figurant dans son sport en ayant l'ambition de « marquer les esprits ».

Le plus mature, le plus sûr de lui

Pour Paul Pogba, Mbappé va « apprendre » et « va gagner en expérience ». « Il est déjà en avance pour son âge. Je lui donne des conseils, mais il est assez mature, il comprend déjà des choses que moi je ne comprenais pas à son âge », a expliqué le joueur de Manchester United avant la finale.

« C’est vrai, je n’ai que 18 ans [sic], mais pour moi, ce ne sera jamais une excuse, je prends mes responsabilités et je cherche à tout donner à chacun de mes matchs », précisait l'international français juste après son arrivée au Paris Saint-Germain à l'été 2017. Surtout, comme l'avoue Samuel Umtiti, « Kylian n'aime pas qu'on lui parle de son âge ».

Emmanuel Macron remet le trophée du meilleur jeune du Mondial à Kylian Mbappé.REUTERS/Maxim Shemetov

« C’est un jeune qui a une belle maturité d’esprit, qui est lucide. Il a sûrement appris à Monaco les principes et le fonctionnement d’un footballeur professionnel grâce au centre de formation. Son environnement familial doit être très sain. Son mental facilite son épanouissement. Il a les bases du respect. Quand il parle, on sent de la sincérité et il sait dans quel monde il évolue. Il va faire une carrière exceptionnelle », raconte à RFI Patrice Neveu, ancien sélectionneur de la Mauritanie.

« Maintenant, on ne peut plus se cacher », admettait l'attaquant de l'équipe de France, après la qualification pour la finale. Et face à la Croatie, Kylian Mbappé ne s'est pas caché. Celui qui est devenu en l'espaca de deux saisons l 'un des joueurs les plus « bankables » de la planète foot change définitivement de statut avec ce titre de champion du monde, et un trophée de meilleur jeune joueur du tournoi, à même pas vingt ans. 

RFI

lundi, 16 juillet 2018 07:17

Mondial 2018: une équipe de France aux anges !

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Loin de l’euphorie française qu’ils retrouveront dès lundi 16 juillet, les Tricolores et leur staff ont savouré ce deuxième titre à Moscou.  « On est fier de rendre les Français heureux », a déclaré le jeune Kylian Mbappé, promis à un grand destin de footballeur. Didier Deschamps, le sélectionneur, parle lui d’une génération qui n’oubliera pas ce 15 juillet 2018. Réactions.

De notre envoyé spécial à Moscou,

« C'est la vie qu'on voulait. On est fier de rendre les Français heureux. On est conscient qu'on avait ce rôle-là aussi, on voit qu'ils oublient tous leurs problèmes. On joue pour ce genre de choses, j'ai toujours dit que je ne voulais pas être que de passage dans le foot ». A quatre heures d'avion de Paris, le jeune attaquant français Kylian Mbappé résume en quelques phrases la joie des Bleus qui fêteront le titre jusqu’à très tard dans la nuit avant de rentrer dans la capitale.

« On va voir toute la ferveur du peuple français »

Au début de cette campagne russe, Paul Pogba disait que les Tricolores allaient « prendre les rênes de l'équipe de France ». Et d’ajouter : « On va essayer d'être patron ». Sur la pelouse du stade Loujniki de Moscou, tous n'ont certes pas brillé dans cette finale face à la Croatie. Mais ce titre de champion du monde éclipsera certainement la bévue d’Hugo Lloris face à Mario Mandzukic.

« Quand on va rentrer en France, on va voir toute la ferveur du peuple français, cela va être quelque chose d'énorme, je n'attends que ça », raconte Benjamin Pavard, 22 ans, peu connu du public découvert par le public français après son but face à l’Argentine.

Pour Benjamin Mendy, de Manchester City, « c'est un truc de fou. C'est magnifique. Il y a beaucoup de joueurs qui en rêvent... C'est la plus belle coupe. Pendant quatre ans, elle restera à la maison ». Comme tout le groupe, il a déjà hâte de défiler sur les Champs-Elysées et d'imiter ses aînés de 1998.

« Ce soir, c’était l’apothéose »

« Le match, le terrain appartiennent aux joueurs. Ce soir, c’était l’apothéose, raconte Didier Deschamps. On partait de loin avec cette équipe jeune, même si certains avaient déjà un certain vécu.  Etre sacrés champion du monde, c’est fabuleux pour eux. C’est ce que je leur ai dit. Ces 23 joueurs seront liés à vie avec ce qui s’est passé ce soir. » Derrière lui, les joueurs crient : « Ceux qui n’ont pas cru en lui doivent le regretter! »

« Tout ça vous donne envie d’aller encore plus loin », lâche Kylian Mbappé. Jusqu’au Qatar dans quatre années pour défendre le titre ? A 19 ans, le joueur du Paris Saint-Germain avait déjà impressionné la planète foot grâce à sa folle chevauchée (chronométrée à 32,4 km/h par la Fifa) pour offrir un penalty à Antoine Griezmann puis son doublé. Il peut encore continuer à rêver !

REUTERS/Kai Pfaffenbach

 

PUBLICATION DE L’ARRET DE LA CDJ DE LA CEDEAO : LA LIBERATION DE KHALIFA SALL S’IMPOSE par Seybani SOUGOU Cadre franco-Sénégalais

« Avec l’invalidation du procès-verbal de la DIC N°146/DIG/BAC du 02 mars 2017, la procédure à l’encontre du Député-Maire de Dakar s’effondre ; comme un château de cartes »

Un crime n’est jamais parfait. Y compris les crimes d’Etat. Ils attendaient l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO du 29 juin 2018. Ils sont désormais servis. La publication de l’intégralité de l’arrêt, le 12 juillet 2018, accable le pouvoir, anéantit les arguments juridiques tendant à la poursuite de la procédure à l’encontre du Député-Maire de Dakar et valide la thèse de la cabale politique. Le réquisitoire cinglant des juges de la CDJ de la CEDEAO dévoile un banditisme d’Etat sans nom, met à nu des pratiques policières infâmes, pointe les dérives du Procureur de la République, Bassirou Gueye et du magistrat instructeur, et jette le discrédit sur la Justice sénégalaise dont une partie est aux ordres du pouvoir exécutif. Après la lecture minutieuse des 54 pages de l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO, tout citoyen sénégalais épris de justice et de liberté est atteint dans sa chair. C’est le régime de Macky Sall qui est cloué au pilori. C’est l’image du Sénégal qui estentachée en Afrique et dans le monde. Il faut le dire clairement : certains points de cet arrêt sont dégradants pour notre pays et 2 de ses Institutions (Police et Justice). Nous n’y reviendrons pas, car tout a été dit ou presque dans cet arrêt, relayé amplement par des médias internationaux. En revanche, l’accent sera mis sur 2 points :

  1. 1.Point 1 : L’invalidation du PV de la DIC N°146/DIG/BAC entraîne la nullité de la procédure
  2. 2.Point 2 : La Cour rejette la requête lui demandant de se déclarer « Incompétente »

Dans son arrêt (cfIV-23), la CDJ de la CEDEAO constate que le procès-verbal de la DIC N°146/DIG/BAC du 02 mars 2017 établi à la suite de l’enquête préliminaire effectuée par la Division des Investigations Criminelles de la police judiciaire ne fait nulle part état de ce que les interpellés ont été assistés durant l’enquête de leurs conseils ou ont été informés de leur droit à en constituer. Dans ces conditions, la Cour doit conclure à la violation du Droit à l’assistance d’un conseil des requérants au moment de leur interpellation. La Cour rappelle les dispositions contenues dans l’article 5 du règlement n°05/CM/ de l’UEMOA qui précisent que les avocats assistent leurs clients dès leur interpellation durant l’enquête préliminaire dans les locaux de la police, de la gendarmerie ou devant le parquet. Ce point déterminant de l’arrêt suffit à lui tout seul, pour entraîner la nullité de toute la procédure. Le Procureur Général Près la Cour d’appel de Dakar, Lansana DIABY, qui a parfaitement compris la portée de l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO ne s’y pas trompé, en déclarant : « Nos juridictions n'ont pas respecté le règlement 5 de l'UEMOA qui exige la présence d'un avocat auprès de son client dès l'interpellation. Il faut respecter cette décision communautaire. Et cette disposition s'impose à l'État. Toute la problématique tourne autour d'un point l'annulation de la procédure réclamée par les avocats de Khalifa Sall ». Le 18 juin 2018, le 1er Président de la Cour d’appel de Dakar, Demba Kandji devra répondre à un seul point : le Maire Khalifa Sall a-t-il bénéficié du droit à l’assistance d’un Conseil au moment de son interpellation ? La réponse de la Cour de Justice de la CEDEAO et du Procureur Près la Cour d’appel de Dakar est claire, nette et précise : NON. La conclusion : Le Député-Maire de Dakar doit sortir libre du tribunal, le 18 Juillet 2018. Le 1er Président de la Cour d’appel de Dakar n’a guère le choix, puisqu’il ressort expressément de l’arrêt N°168 du 16 mai 2017 de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, que l’article 55, nouveau alinéa 10 du code de procédure pénale prévoit que « l’officier de police judiciaire informe la personne interpellée de son droit de constituer conseil parmi les avocats inscrits au tableau ou admis en stage. Mention de cette formalité est fait obligatoirement sur le procès-verbal d’audition, à peine de nullité ». Ce paragraphe est écrit noir sur blanc dans l’arrêt de la CDJ de la CEDEAO (IV-21). Les arguments brandis par des membres du régime, précisant que la CDJ de la CEDEAO n’a pas ordonné la libération de Khalifa Sall ne résistent pas à l’examen des faits. Lorsqu’il est écrit que le Droit à l’assistance d’un conseil du requérant au moment de l’interpellation est une formalité substantielle de la procédure, sous peine de nullité, faut-il faire un dessin ?N’est-ce pas clair comme l’eau de roche ?

Pour conclure, la CDJ de la CEDEAO (cfIV-53), a pointé une circonstance aggravante en ces termes « en empêchant que les recours exercés par les requérants produisent leur plein effet avant la clôture de l’instruction, le magistrat instructeur a ôté à la procédure son caractère équitable. Ses agissements ont constitué des atteintes graves aux droits de la défense, affectant le caractère équitable du procès ». En langage diplomatique, la CDJ de la CEDEAO dit que le magistrat instructeur (Samba Sall), a fait du GRAND N’IMPORTE QUOI.

Le coup de grâce a été porté par la Cour de Justice de la CEDEAO, suite à la requête des avocats de l’Etat du Sénégal, lui demandant de proclamer son incompétence (un fait passé inaperçu). Les avocats de l’Etat ont certainement été induits en erreur, par les habitudes du Conseil Constitutionnel sénégalais, prompt à se déclarer Incompétent. Mais voilà, la Cour de la Justice de la CEDEAO n’est pas le Conseil Constitutionnel du Sénégal. La CDJ de la CEDEAOest une juridiction impartiale et indépendante, qui fait face à ses responsabilités.

Voilà ce que la CDJ de la CEDEAO dit en substance sur sa compétence :

L’Etat du Sénégal (IV-I)a dans ses moyens de défense, sollicité que la Cour dise qu’elle n’a pas compétence pour apprécier les décisions rendues par ses juridictions nationales.

La CDJ de la CEDEAO (IV-5) rejette catégoriquement la requête du Sénégalen ces termes : le protocole additionnel A/SP.1/01/05 du 19 janvier 2005, portant amendement du protocole PA/P.1/7/91 relatif à la Cour de Justice de la Communauté lui donne explicitement compétence pour connaître des cas de violation de droits de l’homme dans tout Etat membre.En clair, les décisions rendues par des juridictions nationales n’empêchent nullement la CDJ de la CEDEAO de se déclarer compétente lorsqu’elle est saisie sur la violation des droits humains. Un camouflet pour ceux qui passent leur temps à invoquer la souveraineté des juridictions sénégalaises. L’époque où les Etats pouvaient violer les droits de leurs propres citoyens, dans le silence est terminée. Définitivement.

In fine, l’arrêt de la CDJ de la CEDEAO du 29 juin 2018,a lemérite de dévoiler au grand jour, la collusion entre une partie de la Justice sénégalaise et le pouvoir exécutif. Il révèle des pratiques illégales, et immondes qui ébranlent les fondements de l’Etat de Droit. La Justice sénégalaise est éclaboussée par l’affaire Khalifa Sall. De hauts magistrats sont au banc des accusés. L’Institution Judiciaire doit laver son honneur et restaurer sa crédibilité sérieusement entamée.Que l’on ne s’y trompe pas : la décision de la Cour d’appel de Dakar, dans cette affaire, sera scrutée à la loupe par la communauté internationale et les partenaires du Sénégal.

Le Sénégal est au bord de la rupture : politique, sociale, et alimentaire. Le 18 juillet 2018, pour l’histoire, pour la Défense du Droit, pour l’image du Sénégal, pour l’honneur et la dignité des juges, pour la stabilité du pays, et pour larestauration de la crédibilité de la Justice sénégalaise, le 1er Président de la Cour d’appel de Dakar, Demba KANDJI doit ordonner la libération du Député-Maire Khalifa SALL.A défaut, il sera comptable du « désordre » créé par la fragilisation de l’Etat de Droit au Sénégal, qui n’épargnera pas la Justice. Disons-le clairement : Macky Sall et son obsession d’un second mandat ne valent pas de tels risques.

Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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