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Morgan Howen

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Algérie – France, des relations difficiles

Depuis l’indépendance de ce pays en 1962 les rapports entre l’Algérie et la France sont sur le mode « je t’aime, moi non plus », ambigus, équivoques, comme s’il substituait un embryon de cordon ombilical entre l’ancien pays colonisateur et ce territoire d’Afrique du Nord annexé par la France en 1830. Aujourd’hui encore les relations entre nos deux pays relèvent le plus souvent de l’irrationnel.

La Coupe d’Afrique des Nations, qui se dispute en ce moment, en est une parfaite illustration et les deux derniers matchs de qualification de l’Algérie en quart et demi-finale la semaine dernière à montré à quel point les plaies n’étaient toujours pas cicatrisées entre nos deux peuples. Dit autrement, combien est patent l’échec de l’intégration. Comment en effet expliquer les accès de violence, les dégradations, les pillages commis à Paris et dans les grandes villes et les affrontements avec la police, aussi bien jeudi soir dernier que dimanche en soirée ? Ces derniers évènements sont d’autant plus graves qu’ils coïncidaient avec le 14 juillet, jour de notre fête nationale, une journée en partie gâchée.

Marseille 49ème villaya d’Algérie

Certains ne manqueront pas d’y voir, après les manifestations de l’après-midi des gilets jaunes, une volonté de s’en prendre au pouvoir (français) et à ses symboles. L’historien Gilbert Meynier estimait en 2012 que le nombre de résidents d’origine algérienne en France était de l’ordre d’un peu plus de quatre millions dont deux millions de binationaux avec une forte présence à Marseille présentée comme la 49ème vilaya d’Algérie. Autant on peut se réjouir de manifestations de joie de la part de supporters exaltés par la victoire de leur équipe autant les heurts, les provocations, les agressions, les bris de vitrine, les jets de projectiles contre les forces de l’ordre, les caillassages des camions de pompiers sont inacceptables.  Certes, les Sénégalais sont beaucoup moins nombreux en France – officiellement un peu plus de trois cent mille – mais en aucun cas leur qualification pour la finale n’a donné lieu à de pareils débordements sur le territoire. Il est vrai que le Sénégal a vécu, contrairement à l’Algérie, une indépendance tranquille en 1960.

Un échec de l’intégration 

Il y a donc bien un problème « franco-algérien » et le fait même que dans les années cinquante/soixante on préférait parler des « évènements » d’Algérie plutôt que d’employer le mot guerre a meurtri durablement les esprits au-delà des chairs, au point que deux générations plus tard les jeunes issus de l’immigration ont du mal à reconnaître la France comme leur pays à défaut de leur patrie. Et aujourd’hui leur intégration est loin d’être réalisée.

Finale de vendredi : Bis repetita ?

Vendredi soir au Caire, les Fennecs algériens, rencontreront les lions du Sénégal. Souhaitons que la France et ses grandes villes ne soient pas à nouveau le théâtre de violences de supporters algériens ce qui ne ferait que renforcer le sentiment xénophobe d’une partie de la population à un moment ou le pays est déjà beaucoup fracturé socialement et territorialement. Les valeurs du sport sont bafouées lorsqu’on en arrive à de telles extrémités et, plus grave, l’unité d’un pays est en danger.

Jean-Yves Duval, directeur d’Ichrono