Société

RIZ : COMMENT LE MANGER SANS GROSSIR. L’HUILE DE COCO AU SECOURS

 

Avec du poisson, de la viande ou nature, vous adorez manger du riz mais vous craignez de prendre trop de poids ? Des scientifiques du Collège des sciences chimiques au Sri-Lanka ont trouvé le moyen de réduire les calories contenues dans le riz de 60% en ajoutant de l'huile de coco pendant sa cuisson. Le riz est composé de deux types d'amidon : l'un digestible et l'autre non. En changeant la méthode de cuisson, les chercheurs ont réussi à transformer l'amidon digestible en indigeste (appelé RS) jusqu'à multiplier par dix sa quantité. Non absorbé par le corps, ce type d'amidon n'est pas transformé en énergie ou lipides et donc en calories. Les chercheurs expliquent que l'huile de coco change la structure chimique du riz de sorte qu'il devient résistant à l'action des enzymes digestives.
La recette en détails
Les chercheurs préconisent de faire bouillir de l'eau en ajoutant une cuillère à café d'huile de noix de coco. Ajouter une demi-tasse de riz (105g) et laissez-le cuire comme à votre habitude. Il faut ensuite le laisser refroidir pendant 12 heures dans le réfrigérateur. La recette s'est avérée efficace sur 38 sortes de riz différents.
A noter : Le riz peut ensuite être réchauffé, mais les scientifiques ne conseillent pas de le conserver plus d'une journée dans le réfrigérateur car il peut causer une intoxication alimentaire.
Cette découverte s'inscrit dans une recherche pour trouver des solutions aux problèmes d'obésité dans les pays en développement où le riz est l'aliment de base. Elle a été présentée pendant l'ACS National Meeting and Exposition qui se tient du 22 au 29 mars 2015 à Denver (Etats-Unis).
Ichrono : En général le riz au Sénégal est accompagné d'ingrédients, c'est pourquoi on pouvait parler de thieb cossu. Mais avec l'évolution les cuisines sont devenues des lieux d'expérimentation folles, on met du café, et du n'importe qui dans les repas ce qui fait que les plats deviennent des réceptacles de graisse ce qui laisse la porte aux maladies cardio- vasculaires.
Manger sainement et local,
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Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence : PAQUET d’obstacles

Le Sénégal fait face, depuis des années maintenant, à la baisse du niveau des élèves qui, est selon les acteurs, un des impacts du déficit de qualité des enseignements. Des efforts sont faits et des programmes sont mis en œuvre par l’Etat mais le mal persiste. Et on se rend compte qu’il y a un Paquet de problèmes. Le Quotidien tente ainsi de décrypter, avec certains acteurs du système, l’origine de ce problème.

C’est un secret de polichinelle : le système éducatif sénégalais est malade, comme le confirme de plus en plus la baisse du niveau des élèves alors que des programmes ne cessent d’être mis en œuvre. Mais; le mal persiste. Après le Programme décennal de l’éducation et de la formation (Pdef), aujourd’hui le Paquet (Programme d’amélioration de la qualité de l’équité et de la transparence) est la nouvelle trouvaille du gouvernement pour améliorer la qualité des enseignements. Malgré tout, le niveau des élèves ne cesse de baisser d’année en année. De l’avis du secrétaire général de l’Union des enseignants du Sénégal (Ues), Gougna Niang, la baisse du niveau des élèves ne devrait surprendre personne, parce que le premier intra de qualité, qui est l’enseignant, n’est pas bien formé. «Si nous voulons relever le niveau, nous devons non seulement avoir des enseignants bien formés, le niveau de recrutement doit être revu, le profil des enseignants doit être revu, nul ne doit entrer dans les classes, s’il n’est pas passé par des écoles de formation», a-t-il fait savoir. D’après le syndicaliste, on constate malheureusement jusqu’à présent, «des recrutements de personnes qui ne sont pas titulaires de diplômes professionnels». «On se rend compte au moment où on parle, qu’il y a 150 vacataires qui sont recrutés sur des bases qui ne sont pas claires. Il y a eu aussi plus d’une soixantaine de volontaires qui ont été recrutés sur les mêmes bases», a-t-il souligné. Pour lui, si on veut relever le défi de la qualité, il faut que ceux qui sont destinés à dispenser des cours aient le diplôme professionnel adéquat. «Il ne suffit pas seulement d’avoir un diplôme académique, il faut aussi une formation pédagogique permettant de transmettre correctement le savoir. Il faut revenir à l’ancienne méthode qui consiste à recruter ceux qui ont le profil pour dispenser des cours», soutient-t-il. Pour conforter ses propos, le syndicaliste donne l’exemple des enseignants qui dispensent des cours de mathématiques alors qu’ils ont des diplômes d’économie. Ce qui lui fait dire que le recours du gouvernement à des gens qui n’ont pas le profil adapté pour combler le déficit d’enseignants est à l’origine des dysfonctionnements qui impactent la baisse du niveau des apprenants. Pour montrer que ces cas sont nombreux dans ce système, la secrétaire générale de Syndicat des professeurs du Sénégal (Sypros), Marième Sakho Dansokho, soutient que «si aujourd’hui tous les profs de niveau collège refusaient d’enseigner dans le second cycle, il n’y aurait plus de profs à ce niveau-là».

Pas de qualité quand les enseignants sont mal formés
Les autres problèmes soulevés et qui ont des effets négatifs sur le système sont liés entre autres à l’environnement où les études se déroulent. Selon les acteurs, il est impossible d’avoir des enseignements de qualité dans des abris provisoires, avec des effectifs pléthoriques, un quantum horaire qui n’est jamais atteint, des grèves cycliques et aussi un matériel didactique insuffisant. Outre ces difficultés, les acteurs déplorent aussi la mise en œuvre de certains programmes comme l’Education pour tous (Ept) et l’obligation d’études de 10 ans qui n’ont pas été suivies de mesures d’accompagnement adéquates. Concernant l’accès, considéré comme une des réussites du Pdef, des enseignants soutiennent que ce point fort n’a pas été accompagné de qualité. Pour Mme Dansokho, ce système a fini de transformer nos écoles «en garderies de grands enfants». «On garde des enfants pendant 6 ans, ensuite on les remet dans la rue, ils ne savent même pas lire leur nom sur une liste, le calcul n’en parlons pas. Dans nos pays pour des apparences et pour répondre aux attentes des bailleurs, on adopte des politiques qui sont en fin de compte du gâchis. Parce que sur chaque élève, on investit de l’argent pour le remettre dans la rue comme s’il n’avait jamais été à l’école», a-t-elle fustigé. Pour la syndicaliste, l’accès et la qualité doivent aller ensemble. Pour la secrétaire générale du Sypros, «l’accès à lui tout seul ne sert à rien, parce que les produits qui sortent ne seront pas utilisables». «On reçoit un élève au collège, il est censé pouvoir lire et écrire, connaître sa table de multiplication pour commencer une nouvelle phase. Nos collègues ont énormément de problèmes et ce ne sont pas des choses qu’on invente», témoigne-t-elle. Son analyse de la situation n’est pas loin de celle de Gougna Niang concernant l’obligation d’études de 10 ans. «Si un passage obligatoire à une classe supérieure doit se faire, il doit y avoir des mesures d’accompagnement consistant à renforcer la capacité de ceux qui n’ont pas eu la moyenne lors de l’évaluation. Mais on ne doit pas faire passer mécaniquement les gens», a-t-il expliqué. Pour lui, ce n’est pas une manière de rejeter l’obligation des 10 années d’études mais il faut des mesures pour aider les élèves qui ne peuvent pas suivre et qui n’ont pas le niveau requis. «Maintenir ces enfants dans les classes alors qu’ils n’ont pas le niveau, je me dis que ce sont des gens qui vont être sacrifiés», a-t-il estimé.

Des programmes éloignés de la réalité socio-économique du pays
Que dire du curriculum de l’école de base ? Là aussi, c’est la précipitation dans sa mise en œuvre qui est déplorée. Pour Gougna Niang, c’est un système qui ne milite pas en faveur de la qualité, «ce qui était prévu en amont dans son application n’a pas été fait, ce qui explique le flop constaté». Pour Marième Sakho Dansokho, avec le curriculum, «on n’évalue pas les enseignements mais les compétences». D’après la syndicaliste, la plupart du temps l’élève fait du tâtonnement.
Pourtant des programmes comme le Pdef ont été mis en œuvre pour trouver une solution à ces problèmes mais pour certains acteurs, avec ce dispositif appliqué durant 10 ans, c’est l’accès qui a été mis en avant laissant en rade la qualité. Aujourd’hui, le gouvernement a lancé depuis deux ans, le Programme d’amélioration de la qualité de l’équité et de la transparence (Paquet) mais des syndicalistes affichent un certain scepticisme quant à la réussite de ce programme. D’après Marième Sakho Dansokho, on ne sent pas encore de changement. «La volonté politique est exprimée, le Paquet est là mais aujourd’hui les dysfonctionnements persistent. On est encore à 7 000 abris provisoires, dans certaines localités, les cours ne peuvent pas commencer dès la rentrée, les enseignants ne sont pas motivés, on court toujours après la formation et l’encadrement», analyse-t-elle. Embou­chant la même trompette, le secrétaire général de l’Ues est convaincu que «le Paquet est en train de suivre la même voie que les autres programmes qui ont été déjà mis en place». «Il y avait de l’espoir suscité avec ce programme, mais on constate dans la réalité que rien ne bouge sinon que les choses empirent. Avec l’augmentation des inscriptions, on a même peur que l’Etat se désengage de l’école publique», renseigne-t-il.
Pour que le Paquet ne soit pas un autre programme de plus voué à l’échec, les acteurs soutiennent qu’il faudrait «une volonté politique avérée qui ne se limite pas à des déclarations d’intention, mais qu’on veuille vraiment doter le pays d’un système performant». Mais pour eux, après deux ans d’expérience, on n’a pas encore dépassé le temps des discours et des slogans. Dans l’application, il n’y a aucune rupture, à la limite c’est une «reconduction de ce qui se passait dans le temps».

lequotidie.sn

Fiara 2015 : Le riz sénégalais en vedette

La 16e édition de la Foire de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) s’est ouverte hier à Dakar. Sur l’esplanade du Centre international pour le commerce extérieur (Cices), les producteurs de riz ont volé la vedette aux autres exposants.

Sous une immense bande annonçant «Riz sénégalais», ces producteurs de riz de la vallée du fleuve Sénégal ont été mis sous le feu des projecteurs, grâce à l’encadrement du Projet croissance économique (Pce) de l’Usaid qui a soutenu des producteurs disposant d’un label. Terral, Diawel, Coumba, Agro Astel ou Korka Rice, ces producteurs présentent aux Sénégalais un riz de qualité, explique Korka Diaw, productrice de riz et présidente du Réseau des femmes de la vallée (Refan). Elle précise que «le Pce a encadré les producteurs pour leur expliquer comment obtenir un label de qualité depuis le champ jusqu’à l’usine».

Le ministre de l’Elevage, Aminata Mbengue Ndiaye, qui a lancé la manifestation, n’a pas été insensible à cette prouesse. «Nous avons été émerveillés par la qualité des produits que nous avons trouvés, particulièrement le riz», souligne Mme Ndiaye. Elle indique que cette vitrine offerte au riz sénégalais conforte les ambitions du pays dans l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire en 2017.

lequotidien.sn

Hafu : L’histoire de la minorité métisse du Japon par Pocky

 

Hafu : L'histoire de la minorité métisse du Japon par Pocky

" Cette situation exprime que le monde est métisse; la circulation des personnes favorise la rencontre et l'amour ne se commande pas et n'a ni couleur, ni lieux,ni frontière,   etc , l'amour ne se décrète pas " pape Cissoko ichrono

Un si petit mot qui a pourtant énormément de sens au Japon. Adapté pour correspondre au syllabaire japonais, le mot est ainsi prononcé « Hafu » et il décrit une personne ayant un parent japonais et un autre qui ne l'est pas.
Ce mot porte souvent certaines connotations et beaucoup de Japonais ont des idées préconçues, et souvent erronées sur ces gens, telles que les Hafus ont des aptitudes naturelles pour l'anglais, qu'ils ont passé du temps à l'étranger et qu'ils possèdent un grand nombre de caractéristiques physiques que les Japonais associent aux Occidentaux.
En même temps, ce mot qualifie quelque chose qui n'est justement pas japonais, et beaucoup de Hafus – même ceux qui n'ont jamais mis un pied en dehors du Japon et qui ne parlent pas une autre langue – ne sont donc jamais vraiment acceptés par la société.
Le projet Hafu a été lancé en 2009 en tant qu'initiative visant à promouvoir la prise de conscience sur la diversité raciale au Japon et les problèmes auxquels font face ceux ayant un héritage mixte. Après avoir été engagés dans ce projet, deux cinéastes, Megumi Nishikura et Lara Perez Takagi, ont commencé un travail de collaboration qui est devenu un long métrage tout simplement intitulé Hafu.
Après trois ans de tournage, Hafu a été achevé en avril de cette année et a été projeté dans les cinémas indépendants, de Madrid à Tokyo.
Hafu raconte la vie quotidienne et les expériences de cinq Hafus qui ont soit vécu la plus grande partie de leur vie au Japon ou qui y viennent pour la première fois pour en apprendre davantage sur leur patrimoine japonais.
Tourné dans un style documentaire avec la voix des hafus utilisées en voix off, le film a un caractère poignant qui nous donne les larmes aux yeux pour finalement nous laisser optimiste et confiant sur le fait que les attitudes envers les hafus au Japon sont en train de changer, et ce pour le mieux.
Découvrez la bande-annonce officielle du film :
Voici une petite interview de Lara et Megumi qui ont parlé d'elles-mêmes, de la réalisation du film et de la façon dont elles voient la vie dans le futur pour les hafus au Japon, puisque le nombre d'enfants nés de parents métisses augmente chaque année.
Parlez-nous un peu de vous. Comment vous êtes vous impliquées dans le projet Hafu ?
Megumi : J'ai grandi au Japon mais j'ai déménagé aux États-Unis avec mes parents quand j'avais 15 ans. Quand je suis revenue à 26 ans, je pensais que le fait d'être à demi-japonaise n'était plus un problème.
Mais en vivant au Japon pour la première fois à l'âge adulte, j'ai été surprise de voir qu'on me questionnait constamment sur mes origines : « D'où venez-vous ? » – me montrant bien qu'ils ne me voyaient pas comme une japonaise – ou « Pourquoi avez-vous un nom japonais ? ».
Toutes ces questions m'ont amenée à me questionner sur ma propre identité. Dans ma recherche, j'ai commencé à parler avec d'autres personnes à demi-japonaises. C'est à ce moment-là que m'est venu le projet Hafu en 2009.
Lara : Je suis née à Tokyo, d'une mère japonaise et d'un père espagnol. J'ai grandi dans plusieurs pays – le Japon, les États-Unis, le Canada, l'Espagne, l'Australie, etc. Apprendre trois langues différentes et être entourée par différentes cultures m'a toujours fait me sentir différente des autres mais m'a aussi aidée à pouvoir m'adapter à n'importe quel pays où j'ai vécu étant adulte.
Mes parents ont fait en sorte que je sois exposée à leurs deux cultures, ce qui fait que maintenant je me sens culturellement espagnole et japonaise, mais comme j'ai vécu plus longtemps en Espagne, je me sens plus proche de ce pays et de sa culture.
Quand je suis arrivée au Japon en 2007, mon objectif était d'améliorer mes compétences linguistiques et de devenir plus « japonaise » pour m'intégrer à la société, m'y installer à long terme.
Mais après ma première année là-bas, j'ai pensé à beaucoup de choses concernant mon identité car il m'était difficile d'être reconnue. J'étais constamment interrogée par les gens sur mes origines et mes compétences linguistiques, et les gens ne me croyaient pas quand je leur disais que ma mère était japonaise et que j'avais été exposée à la sa culture à la maison depuis mon enfance.
Quels sont vos objectifs avec ce film ?
Megumi : Notre objectif est avant tout de sensibiliser le public japonais à l'expérience Hafu. Quand nous avons commencé à développer l'idée de ce film, nous avons été surprises de voir qu'il y avait vraiment très peu d'informations disponibles sur les expériences de hafus.
Je crois que les hafus nés à la fin des années 70 et au début des années 80 sont la première génération importante de hafus visiblement actifs dans la société, mais dont on sait encore que très peu de choses sur leur expérience puisque c'est un sujet qui n'avait jamais été exploré auparavant.
Personnellement, je pense qu'arrivés à la fin de la vingtaine, les gens ont assez d'expérience de la vie et du travail pour avoir un impact sur la société. Dans le film, trois des cinq histoires sont des récits de personnes de cet âge-ci alors que ce n'était pas dans notre intention au départ. Voir comment ils contribuent et façonnent la société nous donne un aperçu de ce à quoi le Japon pourrait ressembler quand les enfants de hafus auront atteint les 25 ans.
Lara : Nous espérons que ce film sera vu par le plus de personnes possible, au Japon et à l'étranger. Notre objectif est de faire prendre conscience aux gens de la diversité qui existe au Japon et aussi entamer un dialogue sur ce que cela signifie d'être japonais aujourd'hui.
Pour les gens de l'extérieur, nous espérons qu'ils seront en mesure de réfléchir à l'expérience métisse de leur propre pays.
Alors que le monde se diversifie plus rapidement qu'avant, nous devons commencer à nous demander quels changements sont nécessaires pour que les enfants multiraciaux ou multiculturels puissent grandir avec confiance plutôt qu'avec la peur d'être différent. Nous serions heureux si notre film pouvait contribuer à faire avancer les gens dans cette direction.
Megumi : Un autre objectif spécifique lié à la projection du film au Japon est que nous voulons que les gens voient la façon dont vivent les hafus. A force de voir des modèles et des acteurs à la télévision, le grand public a nourri une image idéalisée des hafus.
Selon cet idéal, les Hafus sont de « beaux modèles », bilingues, avec des traits caucasiens. L'adoration des hafus a même été étendue par les techniques des magazines qui proposent la meilleure façon de se maquiller en se basant sur le maquillage des Hafus. Je suis même récemment tombée sur un chirurgien plastique qui offrait aux femmes de les rendre plus occidentales ou plus Hafus.
J'ai même rencontré des gens qui sont urayamashii [jaloux] des hafus, en disant que tous les hafus sont beaux, qu'ils ont la chance d'être bilingues, qu'ils aimeraient eux aussi être des hafus ou qu'ils voulaient s'occuper d'enfants Hafu le temps d'une journée pour que leurs enfants puissent prendre modèle sur eux.
Même si ces commentaires peuvent être perçus de façon positive, ce sont également des stéréotypes qui simplifient ce que vivent vraiment les hafus puisque bon nombre d'entre nous ne correspond pas à cette image idéalisée.
J'ai entendu parler de hafus à qui on avait dit : « Oh, vous êtes un Hafu asiatique ? Eh bien, vous ne comptez pas vraiment », ou « Vous ne parlez pas anglais ? Quel gâchis ! » En faisant ce film, nous voulions montrer que les hafus sont aussi complexes et différents que n'importe qui d'autre.
Nous sommes sûrs que le film va intéresser les japonais et les non-japonais. Y a-t-il des moments du film auxquels le public peut facilement s'identifier ?
Lara : Beaucoup de parties du film montrent des moments auxquels les gens peuvent s'identifier. Par exemple, dans mon cas, il m'est arrivé exactement la même chose que Sophia (qui a été élevée en Australie) quand j'ai apporté mon bento japonais (pique-nique) à l'école ; ou quand Alex lutte pour essayer d'apprendre les différences entre les mesures et la monnaie américaines et celles japonaises, s'exprimant en trois langues à la maison ; ou avec Ed qui essaie de trouver d'autres gens comme lui grâce à Internet et aux réseaux sociaux ; David à qui on a demandé s'il était marié à une japonaise... La liste est encore longue.
Megumi : On ne savait pas qu'il y avait autant de résonance avec le public avant notre première projection en décembre 2011. Mais je l'ai su quand j'ai entendu des gens rire ou dire qu'ils avaient été émus par la douleur que révélaient nos protagonistes.
Nous n'en savions rien jusqu'au début de la projection au Japon où j'ai réalisé le nombre de personnes, et pas seulement des hafus, qui s'étaient identifiés aux différentes histoires du film.
Bien qu'il ait une vision très positive de la vie, David décrit dans une scène chargée en émotion, son ressenti après s'être rendu au Ghana. David dit qu'il ne s'est jamais vraiment senti bienvenue au Japon pendant son enfance, et que même en allant au Ghana, il avait eu l'impression d'être aussi un étranger.
Nous avons l'impression que ce sentiment « de non appartenance » aux deux pays est l'un des plus grands défis que rencontrent les enfants de Hafus qui grandissent au Japon. Après avoir interviewé autant d'Hafus au Japon, et avec vos propres expériences en tête, quels conseils donneriez-vous aux familles métisses vivant au Japon ou aux Hafus qui ont du mal à trouver leur place ?
Megumi : Il est certainement très difficile de se retrouver dans une situation où vous avez l'impression de n'appartenir à nulle part, mais je pense que cela vient du fait qu'on regarde d'abord le monde extérieur pour savoir si on y appartient ou pas. Cette validation d'appartenance doit venir de l'intérieur. Lorsque vous comprenez et acceptez qui vous êtes, je pense que les gens réagiront en conséquence.
Je pense qu'il faut encourager les parents à dire à leurs enfants de ne pas prendre trop à cœur les commentaires des gens et d'être fiers de ce qu'ils sont. Il est important de renforcer la confiance en soi de votre enfant pour qu'il s'accepte comme il est. Être un Hafu ne signifie pas être un parfait mélange à 50/50 des deux pays – même si c'est généralement ce que les gens attendent d'eux – donc je pense que pour que les enfants soient fiers de qui ils sont, les parents doivent leur permettre d'explorer ou non les différents aspects de leurs cultures.
J'ajouterai que si vous avez les moyens d'améliorer les capacités bilingues de votre enfant, il faut absolument le faire. La plupart des hafus que je rencontre qui sont unilingues auraient voulu que leurs parents fassent plus d'efforts pour les élever dans un environnement bilingue.
Je pense que la chose la plus importante pour un hafuu est de trouver quelque chose qu'il aime vraiment faire – un passe-temps, un emploi, un domaine d'étude, etc. D'après moi, quand on a trouvé cette passion, toutes ces attentes externes perdent de leur impact et c'est ils pourront tout naturellement se sentir heureux d'exercer une telle activité qui leur offrira un sentiment d'appartenance.
Lara : Les parents jouent un rôle crucial dans l'éducation de leurs enfants, et la construction de la confiance en soi pour ces derniers est la chose la plus importante. Il est primordial de ne pas les laisser avoir un ressenti négatif sur leurs cultures quand ils grandissent, mais je sais que c'est une chose difficile.
Quand j'étais enfant, j'ai eu une mauvaise expérience au Japon à un camp d'été à Chiba et j'ai automatiquement négligé mes origines japonaises, ne voulant plus rien avoir à faire avec cette culture. Mais grâce à la détermination de ma mère, j'ai été dans une école japonaise le samedi et maintenant que je suis adulte, je leur en suis reconnaissante malgré le fait que je détestais aller à l'école le week-end.
Être conscient de l'éducation que vous choisissez pour vos enfants est très important, mais bien sûr, si l'enfant se retrouve dans une situation dans laquelle il souffre quotidiennement, il est important de trouver des solutions et de lui donner une chance de retrouver cette confiance en lui qu'il a perdue.
Pour moi, la visite des deux pays (l'Espagne et le Japon) et l'apprentissage des deux langues m'a aidée à définir qui je suis aujourd'hui. Mon conseil aux Hafus c'est d'être fiers de qui ils sont et d'accepter les deux cultures avec lesquelles ils ont grandi.
Je leur souhaite d'être assez fort pour ne pas être affectés par ce que la société attend d'eux. Vous n'avez pas besoin d'être ce qu'on attend de vous mais juste être à l'aise avec qui vous êtes, et quand vous aurez trouvé ce confort, il ne vous restera plus beaucoup d'autres soucis.
A la fin du film, nous apprenons beaucoup de choses intéressantes sur le nombre de familles métisses et sur le nombre croissant d'enfants de Hafu au Japon. A ce sujet, de quelle manière pensez-vous que le Japon est en train de changer ?
Lara : Avec la mondialisation de plus en plus présente chaque jour, le nombre de mariages internationaux augmente et de plus en plus d'enfants Hafus naissent. Le Japon est probablement en train de prendre un peu plus conscience de la diversité qui existe au sein de son propre pays, diversité pourtant présente depuis de nombreuses années. Il est juste lentement en train de reconnaitre ce qu'il a ignoré par le passé.
Megumi : En 2008, le Japon a officiellement reconnu les Aïnous, un peuple autochtone d'Hokkaido. Dans une présentation que j'ai faite au Collège pour filles de Doshisha l'année dernière devant un public entièrement japonais, plus de la moitié de la salle a levé la main quand j'ai demandé si eux ou quelqu'un qu'ils connaissaient avaient déjà eu une relation internationale.
Je crois que le Japon a toujours eu une population diversifiée, diversification qui est de plus en plus rapide en ce moment, mais la prise de conscience de cette situation évolue lentement. Nous espérons que notre film fera prendre conscience aux gens de ce changement pour commencer à dissiper cette croyance répandue qui dit que le Japon est mono-ethnique.
Il y a un fort accent mis sur le fait d'être tous semblables au Japon. En japonais, le mot « chigau » – différent – peut aussi avoir le sens de « vous avez tort. » Je pense qu'avec une hausse de la diversité, la conviction qu' « être différent c'est mal » va lentement se dissiper.
Grâce à ce film, nous voulons montrer que les hafus ne sont pas si différents – dans le sens qu'ils sont des êtres humains avec des rêves et des espoirs comme tout le monde – et que même les aspects d'eux qui sont différents ne sont pas effrayants.
Un grand merci à Megumi Nishikura et Lara Perez Takagi qui ont pris le temps de répondre à nos questions.
Si vous êtes intéressé par le film « Hafu », il doit sortir en DVD, Blu-ray et sur les sites de téléchargement et de streaming durant l'année 2014.
Le film est également disponible dans le monde entier. Pour plus d'informations sur les projections et l'hébergement de votre propre événement, visitez le site officiel d'Hafu.

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