Société

Complexité du concept de beauté ou le corps/ l’image sous contrôle

 

La beauté est injuste. Elle crée des inégalités entre individus qui, bien que non dites, ont de très fortes implications sur le marché de l'amour ou sur celui du travail. Par Jean-François Dortier.
On peut débattre sans fin de la beauté. La laideur, elle, est indiscutable.
Dans Les Mots (1964), Jean-Paul Sartre se rappelle comme d'un véritable traumatisme le jour où, à l'âge de 7 ans, on lui a coupé les cheveux. Jusque-là, il portait une longue chevelure blonde et bouclée qui cachait un visage enfantin. Mais d'un seul coup sa nouvelle coiffure va révéler à la famille ce qu'elle n'avait pas voulu reconnaître : l'enfant est très laid et il louche. C'est l'effroi quand il rentre à la maison, tondu. Sa mère s'enferme dans sa chambre pour pleurer. Son grand-père est atterré. Il « avait confié au coiffeur une petite merveille, on lui avait rendu un crapaud : c'était saper à la base ses futurs émerveillements. » Plus tard, grâce à son génie, Sartre saura compenser sa laideur – sa taille de nabot, son regard de travers, sa voix nasillarde – et deviendra un vrai séducteur.
Mais tous les laiderons n'ont pas du génie, et sur eux pèse une malédiction. Car la laideur physique est un lourd handicap, sur le marché de l'amour comme sur le marché du travail. Dans L'Histoire de la laideur (1), Umberto Eco rapporte le destin peu enviable de ceux que la nature a défavorisés. L'histoire réserve un sort piteux à ceux qui ont eu le malheur de naître difformes, hideux, sans grâce. Dans la peinture occidentale, la laideur est associée à la souffrance, l'enfer, les monstres, l'obscène, le diable, la sorcellerie, le satanisme. Car la laideur suscite le dégoût, mais aussi la peur, la dérision, au mieux la compassion. Dans l'imaginaire populaire, la laideur a toujours été associée à la méchanceté, à la folie, à la bêtise. Jérôme Bosch peint des êtres difformes qui peuplent l'enfer. Dans les contes populaires, la sorcière a toujours été dépeinte comme une femme vieille, méchante et « laide » : nez crochu, sourire satanique, dos courbé, menton en galoche. La laideur a souvent été assimilée à ce qui est tordu, courbé, fripé, ridé, balafré, difforme, petit, gros, gras et vieux.
La beauté est-elle universelle ?
Les traits associés à la laideur dessinent en creux les critères de la beauté que l'on assimile souvent à un corps jeune, symétrique, lisse, droit, mince, grand. Reste à savoir si ces canons sont universels. La question oppose deux camps. Pour les historiens comme Georges Vigarello, « rien de plus culturel que la beauté physique   » (2). La peinture fournit des preuves évidentes de la relativité des canons de beauté selon les époques. Il suffit de voir comment l'on a peint les Trois Grâces au fil du temps (encadré p. 40). La littérature fournit aussi un précieux témoignage : Ronsart vante la « divine corpulence » de sa belle ; Alexandre Dumas s'extasie sur les charmes d'une amoureuse « hardie de poitrine et cambrée de hanches ».
Les anthropologues ont de nombreux arguments montrant la relativité des critères selon les sociétés. Les femmes mursi appelées « négresses à plateau » n'ont rien pour charmer le regard des Occidentaux ; les pieds de certaines Chinoises, atrophiés par des bandages, avaient, paraît-il, leur charme au regard des hommes ; les vénus hottentotes arborent des fessiers hypertrophiés très prisés des Bushmen, etc.
Mais au-delà des variations historiques et sociales, n'existerait-il pas tout de même des critères de beauté universels ? C'est ce que pensent beaucoup de psychologues adeptes de l'approche évolutionniste. Leurs arguments ? Depuis une vingtaine d'années, de très nombreuses expériences ont été menées sur les critères de physical attractiveness (3). La méthode la plus courante consiste à proposer à des personnes de comparer deux portraits pour choisir le plus attirant. Il est même possible de modifier les paramètres d'un visage par ordinateur pour voir comment telle ou telle modification opère. Plus ou moins rond, plus ou moins jeune..., à ce jeu, des constantes se dégagent nettement.
Tout d'abord, il apparaît que les traits « néoténiques » d'un visage (petit nez et grand yeux) sont plus attractifs que d'autres, ce qui disqualifie les visages âgés aux traits complexes. On préférera les traits « enfantins ». Les traits de la vieillesse : rides, teint de la peau, tâches sont discrédités. Inversement, la maturité de certains traits peut s'avérer plus attrayante. On préfère en général les visages sans bajoues et aux pommettes saillantes. Une autre caractéristique est la symétrie. Un visage globalement symétrique est jugé plus beau. Enfin, la forme moyenne de l'ovale fait référence en matière de beauté. Un visage « normal » n'est ni rond ni carré.
Tout bien considéré, l'opposition entre universalité et relativité de la beauté n'a rien d'irréductible. Regardons les nus féminins que nous offrent la peinture, la photographie, la mode (4). Ils peuvent présenter des femmes plus ou moins rondes, celles-ci sont jeunes. De même les hommes, de l'éphèbe grec à l'homme mûr de la Renaissance. Leurs proportions harmonieuses affichent bonne santé et vigueur. Ni les freluquets, ni les obèses ne sont jamais pris comme étalons de beauté. Voilà pourquoi les garçons savent d'instinct qu'en rentrant le ventre et gonflant les pectoraux, ils auront plus de chance de plaire.
L'appréciation de la beauté varie bien selon les époques et les cultures. Mais cette variation se fait autour de quelques attracteurs esthétiques. Jamais l'on ne verra des dents mal plantées, des boutons sur le visage, une grimace, des rides, des tâches comme canons de beauté. Il y a peu de chance pour que quelque part dans le monde les gens préfèrent le portrait de l'auteur de ces lignes à celui de George Clooney (si c'est le cas, merci de me communiquer les coordonnées de ce peuple étrange).
Ce qui est beau est bien
La beauté est injuste car très inégalitaire. Mais ce n'est pas tout. S'y ajoute un constat plus cruel encore : le beau possède le privilège supplémentaire d'être associé à ce qui est bon et bien. Le lien entre « beau » et « bien » s'ancre dans le langage, même là où les deux mots sont parfois synonymes. On dit une « belle personne » en parlant de ses qualités morales et « vilain » est synonyme de « méchant », comme s'il suffisait d'être beau pour être paré de toutes les autres qualités. Les enquêtes de psychologie sociale le confirment : la beauté est spontanément liée à l'intelligence, la gentillesse, la santé, la sympathie, etc. En somme, « ce qui est beau est bien » comme le résument Jean-Yves Baudouin et Guy Tiberghien, auteurs d'une étude sur les représentations sociales de la beauté et de ses stéréotypes associés (5).
L'histoire des représentations de la beauté et de la laideur confirme le fait. De tout temps, l'imaginaire de la laideur fut associé au mal (6), en correspondance avec les monstres, le diable, le pervers, le malade ; elle est maléfique et entraîne répulsion et crainte.
On peut alors se demander quel impact la beauté a dans la vie quotidienne. Fondamental (7) ! Ses facteurs pourraient jouer, de façon plus ou moins consciente, non seulement en amour, mais aussi à l'école, sur le marché du travail ou dans la justice.
La sélection beau/laid opère dès l'école. Elle s'initie dès la cour de récréation où les attaques contre les « moches » se révèlent impitoyables. De nombreux enfants souffrent en silence des persécutions faites à ceux qui ont le malheur d'être trop gros, trop petits, de loucher ou d'avoir les dents mal plantées.
Il se peut que les enseignants – à leur corps défendant bien sûr – puissent avoir aussi une préférence pour les beaux. Prenez une pile de copies et faites la corriger par un groupe de professeurs. Relevez les notes puis proposez les mêmes copies à un autre groupe d'enseignants en y adjoignant la photographie des étudiant(e)s. Résultat : les physiques avenants améliorent leur note, les physiques ingrats perdent des points (8). À l'oral, le phénomène est évidemment encore plus marqué. L'apparence joue en faveur des plus beaux sans que les enseignants en aient conscience, bien sûr.
De l'école au travail, la sélection par le beau
Le même protocole peut être appliqué aux entretiens d'embauche. Le sociologue Jean François Amadieu, professeur à l'université de Paris-I, a réalisé des expériences au constat sans appel. Un visage disgracieux sur une photo de candidature est un handicap certain. De même, un CV avec un visage d'obèse a moins de probabilités de décrocher un entretien d'embauche qu'un autre (9). Les Anglo-Saxons ont accumulé bien d'autres travaux sur les discriminations, qu'elles soient liées à la petite taille, l'obésité ou la laideur physique et à leurs impacts sur le déroulement de carrière. Au travail, être grand et beau est un avantage, y compris en matière de salaire.
La beauté joue donc dans la sélection. Ce fait est encore renforcé dans nos sociétés de services où les relations publiques sont plus importantes que dans les sociétés industrielles. Certaines entreprises recrutent en tenant compte explicitement de l'esthétique. C'est le cas pour certaines tâches de représentation : hôtesse d'accueil, de l'air, steward, présentateur de télévision, etc. Mais dans de nombreux autres cas, le critère esthétique opère sans être explicite : un manager qui recrute sa secrétaire, un chef qui recrute dans son service, un salon de coiffure ou un magasin de vêtements – il est toujours mieux pour l'image de marque d'une entreprise que les salariés qui la représentent soient beaux. Même à l'intérieur des équipes, bien qu'il n'y ait pas d'enjeu de représentation, le phénomène joue a priori . Dans les relations sociales ordinaires entre collègues, il a été démontré par des sociologues que les personnes les plus belles attirent plus de sympathie de la part de leurs collègues. On recherche plus volontiers leur compagnie. Inversement, il y a une mise à l'écart des obèses, des laids ou des handicapés. La discrimination par la beauté qui existait déjà à l'école se poursuit au travail.
Elle se retrouve aussi dans la justice. Face aux juges, le « délit de sale gueule » joue un rôle et une mine patibulaire appelle plus de suspicion qu'un visage d'ange.
C'est incontestablement sur le marché de l'amour que la loi de la beauté est la plus implacable. Et la plus cruelle. En dépit de « l'amoureusement correct » qui voudrait que l'on aime une personne d'abord pour sa personnalité, sa générosité, son intelligence, son humour..., la beauté reste le facteur prédominant dans l'attraction entre les êtres.
Les beaux vers les beaux, les laids vers les laids
Une belle gueule a évidemment infiniment plus de chance de pouvoir séduire la femme de ses rêves qu'un laideron. Et tout le monde n'a pas le bagout et l'intelligence de Sartre pour compenser un physique ingrat. De ce point de vue, la sélection par le beau est assez intraitable. Seuls quelques romanciers ont osé aborder sans fard ce tabou. La laideur contraint souvent à ne séduire que les personnes qui sont à sa portée, c'est-à-dire ceux qui vous ressemblent. Dans Le Goût des femmes laides (Gallimard, 2005), l'écrivain Roger Millet met en scène un personnage très laid qui, poussé par le goût de la conquête et du sexe, doit se contenter de ne séduire que des femmes laides. Il devient une sorte de Don Juan des réprouvées. Dans Extension du domaine de la lutte (Nadeau, 1994), Michel Houellebecq relate la misère sexuelle et la frustration d'un homme sans charme.
Sur ce point, le constat des sociologues rejoint celui de la psychologie évolutionniste et le constat courant que chacun peut faire. Les femmes accordent, il est vrai, un peu moins d'importance au physique dans leurs relations amoureuses. Mais, en général, une femme ne tombe amoureuse d'un homme plus laid et vieux que s'il a un statut social supérieur et une position prestigieuse. Il arrive certes parfois que la plus belle et charmante fille du lycée, du quartier, de la fac, s'entiche d'un sale type : laid, stupide et sans attraits apparents. Mais ces exceptions sont rares. Elles sont remarquables justement parce qu'exceptionnelles. De même, certains hommes préfèrent les femmes plus âgées, ou grosses, alors que l'âge et le poids constituent en général un handicap dans la séduction. Le marché de l'amour a ses lois. La beauté offre un précieux « capital de séduction » plus ou moins élevé. Ce capital est un facteur d'inégalités très fortes dans les relations humaines en général et les relations amoureuses en particulier. Injustice supplémentaire : ce capital est en partie héréditaire.
Bref, c'est triste à constater, à l'école, au travail, en amour, en amitié et dans les relations humaines en général, il vaut mieux être beau. Cela compte de façon significative dans le jugement porté sur nous. On comprend dans ces conditions que le maquillage, la musculation, les régimes amaigrissants, les produits « antiâge », antirides, la chirurgie esthétique, le Botox, bref tout ce que l'industrie de la beauté peut proposer, se portent bien. L'importance que l'on accorde aux apparences est tout sauf de la futilité. La beauté est un atout considérable dans les relations humaines.

NOTES :
(1) Umberto Eco (dir.), L'Histoire de la laideur , Flammarion, 2007.
(2) Georges Vigarello, « Années folles, le corps métamorphosé », Sciences Humaines , numéro spécial, n° 4, nov.-déc. 2005. Voir aussi Histoire de la beauté. Le corps et l'art d'embellir de la Renaissance à nos jours , Seuil, 2004.
(3) David M. Buss, The Evolution of Desire , BasicBooks, 1994 ; Michael R. Cunningham et al. , « "Their ideas of beauty are, on the whole, the same as ours" : Consistency and variability in the cross-cultural perception of female physical attractiveness », Journal of Personality & social psychology , vol. LXVIII, n° 2, février 1995.
(4) Umberto Eco (dir.), op. cit.
(5) Jean-Yves Baudouin et Guy Tiberghien, Ce qui est beau... est bien. Psychosociobiologie de la beauté, Presses universitaires de Grenoble, 2004.
(6) Umberto Eco (dir.), op. cit.
(7) Voir Karen Dion, Ellen Berscheid et Elaine Walster, « What is beautiful is good », Journal of Personality & Social Psychology , vol. XXIV, n° 3, décembre 1972, et Alice Eagly et al., « What is beautiful is good, but... : A meta-analytic review of research on the physical attractiveness stereotype », Psychological Bulletin, vol. CX, n° 1, juillet 1991.
(8) David Landy et Harold Sigall, « Beauty is talent: Task evaluation as a function of the performer's physical attractivness », Journal of Personnality & Social Psychology , vol. XXIX, n° 3, mars 1974.
(9) Jean-François Amadieu, Le Poids des apparences. Beauté, amour et gloire , Odile Jacob, 2002.
www.scienceshumaines.com

Sortie de crise définitive pour l’école publique : La Cosydep donne sa recette

Pour que l’école publique finisse avec les grèves répétitives, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) a mené la réflexion. Dans une déclaration, elle donne ses propositions après avoir fait l’état des lieux.

Pour sauver ce qui reste de l’année scolaire et sécuriser le droit à l’éducation, la Cosydep donne sa recette. «Il urge de rompre d’avec la tradition d’année scolaire à devoir toujours sauver in extrémis pour ensuite se retrouver à justifier les résultats», déclare dans un communiqué la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep). Dans le détail, cette organisation de la société civile recommande «d’éviter les stratégies de pourrissement, de dialogue de sourds, de dénigrement et de jeux d’acteurs». Comme toute résolution part d’une bonne volonté, la Cosydep prône d’opter pour un esprit de responsabilité et de respect mutuel, en lien avec la réalisation des engagements pris par chaque partie. L’organisation renvoie aux conclusions des Assises de l’éducation qui avaient suscité beaucoup d’espoir. Sou­cieuse de sortir de la crise actuelle, elle recommande «d’éviter tout acte de nature à compromettre la sortie de crise». Elle appelle à «valoriser l’école publique et ses acteurs», à «garder une attention soutenue sur les impératifs d’équité et de justice sociale» et à «se déterminer sur la place prioritaire que l’éducation doit occuper dans la politique du chef de l’Etat et de son gouvernement». En somme, la Cosydep invite à ne plus signer d’accords non appliqués, ce qui garantirait la fin des grèves.

Faisant le point sur la situation actuelle, cette organisation relève beaucoup de ressemblance avec le contexte qui a précédé les Assises nationales de l’éducation et de la formation. Les défenseurs de l’école publique dénoncent «une volonté de changement très peu perceptible dans les pratiques et les discours», «une absence de démarche proactive dans la gestion des dossiers» et «une absence d’écoute des signaux et autres alertes lancés par les acteurs». Ils regrettent aussi les dysfonctionnements, in­cohérences et un blocage permanent, injuste et inadmissible que vit seulement l’école publique. Cela se traduit par une «école publique délabrée qui est en train d’étouffer, d’agoniser, de subir du sabotage avec la menace d’une privatisation rampante». La Cosy­dep dénonce aussi la faiblesse des moyens alloués à l’éducation et à la formation au niveau local et une persistance du nombre élevé d’abris provisoires particulièrement dans les zones défavorisées. Tout cela a pour conséquence «des ré­sultats scolaires constamment médiocres depuis plusieurs an­nées».

lequotidien.sn

Pour faire face aux crises universitaires : Le syndicat propose un pacte de stabilité

Le Syndicat autonome des travailleurs des universités et des centres universitaires (Satuc) a proposé hier, à l’occasion de l’ouverture de son 5ème congrès axé sur «Satuc face aux enjeux de la réforme de l’enseignement supérieur», un «pacte de stabilité» pour faire face aux crises qui plombent l’enseignement supérieur au Sénégal. Cette rencontre de deux jours, organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad II), va permettre aux membres de ce syndicat de renouveler les bases de leur structure. Le Syndicat autonome des travailleurs des universités et des centres universitaires (Satuc) a affiché hier, lors de l’ouverture de son 5ème congrès tenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad II), sa volonté de faire face aux crises universitaires. Pour cela, Aboubakry Niane, secrétaire général dudit syndicat, a proposé un «pacte de stabilité». «Parce que l’université est un patrimoine national qui doit être géré autrement. Et je crois que tout le monde est d’accord pour réfléchir sur la gouvernance de l’enseignement supérieur. Une réforme ne peut pas réussir, si elle ne fait pas l’objet de consensus», a-t-il dit. Par la voix de leur secrétaire général sortant, les membres de ce syndicat ont indiqué que le gouvernement met 40% du budget national dans l’éducation dont une bonne partie est destinée à l’enseignement supérieur. Forts de ce constat, ils ont soutenu que les résultats sont «faibles» par rapport aux attentes. Depuis 2012, rappellent M. Niane et Cie, la crise est restée permanente au niveau de l’enseignement supérieur. «Il est clair qu’une stabilité du sous-secteur restera illusoire si les accords signés ne sont pas respectés. Et les ressources budgétaires sont largement en deçà des charges incompressibles, de même que le confort des acteurs (étudiants, enseignants, etc.). En tout état de cause, nous appelons les différents acteurs (gouvernement, autorités académiques, syndicats,...) à se mobiliser pour un consensus national sur la stabilité du sous-secteur de l’enseignement supérieur», a plaidé Aboubakry Niane. Fondé en 1995 sous l’appellation du Syndicat autonome des travailleurs de l’Ucad, avant de devenir Satuc en 2007 à l’occasion de son 3ème congrès tenu en 2007, ledit syndicat est fier de son bilan. Heureux, le secrétaire général sortant dit : «Nous avons multiplié les salaires en moyenne par quatre, harmonisé le cadre juridique des personnels, favorisé la mobilité, engagé l’accès à la propriété foncière, etc. Donc, nous pouvons regarder avec beaucoup de fierté le chemin parcouru parce que nous avons engrangé des victoires, suscité et entretenu d’espoirs. Et la lutte continue.» Le recteur de l’université a, quant à lui, plaidé la cause des personnels administratifs, techniques et de services. Ibrahima Thioub estime qu’ils ont largement contribué aux transformations en cours dans l’enseignement supérieur. «Il y a lieu de promouvoir les conditions sociales des travailleurs du secteur en améliorant l’environnement, en renforçant le dialogue entre les composantes de la communauté universitaire. Ils sont souvent victimes des émeutes des étudiants», a-t-il constaté. Il faut rappeler que les sous thèmes de ce congrès sont relatifs au statut des personnels des universités, le fonds de partage, le mécanisme de solidarité pour les retraités. Aboubakry Niane, secrétaire général sortant du Satuc «Pendant 20 ans, notre génération s’est évertuée à mettre en place un syndicat combatif» Aboubakry Niane frétillait de joie hier, en marge de l’ouverture de leur 5ème congrès organisé à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad II) par le Syndicat autonome des travailleurs des universités et des centres universitaires (Satuc), au moment de faire son bilan. «Pendant 20 ans, notre génération s’est évertuée à mettre en place un syndicat combatif et responsable avec des valeurs d’éthique, de transparence, de solidarité et de partage», a-t-il dit. Et il va passer ce samedi le témoin après 20 ans à la tête de cette structure.

lequotidien.sn

Contraception : la pilule du lendemain se passe d'ordonnance par Christine Mateus dans le Parisien

 

L'ellaOne, arrivée sur le marché il y a cinq ans, était jusqu'à présent forcément soumise à une prescription médicale. (LP/Emmanuel Schmitt.)
«Ce sujet est brûlant, ce qu'il faut dire à titre de conseil, si chacun est maître de ses fesses ne laissons pas à la bêtise la gestion de notre avenir. Il y a des méthodes et des lieux pour conseiller, orienter, écouter pour éviter au maximum les erreurs qui sont souvent fatales, donc il faut rester prudent et vigilent. La liberté ne veut pas dire s'envoyer en l'air sans prendre des précautions (sida, grossesses indésirées, MST, etc) On voit de plus en plus des jeunes filles de 12 ans avec une puberté précoce qui enfantent, alors bonjour la suite ....» Pape CISSOKO Ichrono
A partir d'aujourd'hui 16/04/2015, la deuxième molécule commercialisée pour empêcher une grossesse après un rapport non protégé est en libre-service dans les pharmacies. Christine Mateus
C'est un obstacle en moins dans cette course contre la montre. Un préservatif qui craque ou une pilule oubliée et c'est vite la panique après un rapport sexuel lorsqu'une grossesse n'est pas au programme. Pour l'éviter, les femmes se tournent essentiellement vers la contraception d'urgence orale, plus connue -- à tort -- sous le nom de pilule du lendemain.

Et, dans ce domaine, les choses bougent. Après le lévonorgestrel (commercialisé sous les noms de Norlevo ou de son générique Lévonorgestrel Biogaran) délivré sans ordonnance, une seconde pilule de contraception d'urgence, à base d'ulipristal acétate (l'ellaOne), est désormais librement accessible en pharmacie.

Depuis son arrivée sur le marché, il y a cinq ans, il fallait forcément passer par la case médecin pour se la voir prescrire. La délivrance de l'ellaOne sans ordonnance est annoncée aujourd'hui par le laboratoire qui la commercialise, HRA Pharma, qui répond ainsi favorablement à une décision de la Commission européenne datant du début de l'année, autorisant l'accès direct de l'ulipristal acétate dans les officines. C'est donc toute la contraception d'urgence orale qui devient accessible sans ordonnance.

Le laboratoire indique également une baisse de son prix et le fait passer de 23,59 € à 19,70 €. Elle reste prise en charge à 65 % si elle est prescrite par un médecin (sauf pour les mineures, elle est alors gratuite). Mais elle n'est pas remboursée si on se la procure sans ordonnance.

L'ellaOne est jugée plus efficace. « Les deux contraceptions d'urgence orales fonctionnent de la même façon, précise le docteur Christian Jamin, gynécologue-endocrinologue. Elles empêchent le follicule d'arriver jusqu'à l'ovulation pendant une période de cinq jours, durée de vie des spermatozoïdes. Cependant, la première contraception d'urgence ( NDLR : lévonorgestrel ) peut agir sur un follicule ayant une taille de 14 mm, mais pas au-delà, alors que la dernière contraception d'urgence orale ( NDLR :l'ulipristal acétate ) agit sur le follicule jusqu'à ce qu'il mesure 18 mm, donc au plus proche de l'ovulation, ce qui est la période de fécondabilité maximale. Ainsi, lorsque la contraception d'urgence est prise de façon optimale dans les vingt-quatre heures, la prise du lévonorgestrel divise le risque de grossesse par deux et l'ulipristal acétate divise ce risque par six. »

Les femmes auront donc à disposition ce produit plus librement, d'autant que, en France, une grossesse sur trois n'est pas désirée. Une situation qui touche toutes les femmes en âge de procréer, avec, toutefois, un pic chez les 20-24 ans. « Que l'ellaOne soit disponible sans ordonnance est une très bonne nouvelle et peut avoir une incidence sur ce chiffre, même s'il a déjà bien baissé. A la fin des années 1970, par exemple, la part des grossesses non désirées était de 50 % », illustre la docteur Sabine Guffroy, gynécologue-sexologue, qui exerce notamment dans un centre de planification à Lille (Nord). « Les femmes qui se retrouvent dans cette situation sont toujours dans un énorme désarroi, avec une décision, quelle qu'elle soit, toujours difficile à prendre. Il faut donc arrêter de croire que prendre une contraception d'urgence est signe d'irresponsabilité. C'est même tout le contraire. »

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