Société

120ème édition du grand Magal : «Ila Touba» pour perpétuer l’appel de Bamba

La communauté mouride va  donner corps à l’une des plus importantes recommandations de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur de la voie mouride. Il s’agit du Grand Magal qui  sera célébré demain jeudi 11 décembre à Touba. Cet événement commémore le départ en exil du vénéré guide, est un fort moment de reconnaissance envers Dieu.  "Quant au bienfait que Dieu m’a accordé ma seule et souveraine gratitude ne le couvre plus. Par conséquent, j’invite toute personne que mon bonheur personnel réjouirait de s’unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l’anniversaire de mon départ en exil le trouve sur terre», avait lancé le vénéré  guide.  Prés de  87 ans après son rappel à Dieu, le message servira encore de viatique  aux milliers de pélerins qui se dirigent depuis quelques jours à Touba.
 
La cité religieuse est depuis quelques jours la destination des pelerins venus des divers horizons  pour les besoins de la 120ème édition du Grand Magal de Touba.  Ce rassemblement de grande envergure célébré demain,  jeudi 11 décembre, est un événement exeptionnel et ce  moment de dévotion pour la communauté musulmane et plus particulièrement les disciples mourides.
 
Il s’agit de  suivre scrupuleusement les récommandations de Cheikh Amadou Bamba, fondateur du Mouridisme qui avait  lui-même  donné le sens  à cette action de dévotion en vue de remercier Allah de l'avoir gratifié de bienfaits à la suite d'une série d'épreuves créées par l’administration  coloniale française. Après avoir  fomenté un simulacre de procès,  le colonisateur  avait décidé de l’éloigner des siens et de l’envoyer à l’exil. C’est précisément le 12 août 1895, coïncidant avec le 18ème jour du mois musulman de Safar,  que  le guide religieux,  interné d’abord au camp Gallieni de Dakar va faire un bref séjour auprés de ses hôtes  dakarois. Il quitte le Port de Dakar à bord d’un bateau pour un long  voyage au Gabon et notamment sur l’île de Mayombé.
 
Un voyage qu’il a lui-même relaté à travers ses écrits. Mais, ces épreuves avaient avant tout, un soubassement ésotérique. Ces sacrifices, cet exil qu’il a affrontées durant  7 ans hors du Sénégal, au Gabon, lui ont surtout  permis d’accéder  aux bienfaits d’ordre mystique.  C’était ainsi  la voie indiquée pour une élévation spirituelle et  une consécration.
Cheikh Ahmadaou Bamba l’a souligné, en soutenant qu’il lui permis  d’acquérir  le titre de «serviteur du  Prophéte» ou «Khadimoul Rassoul».
 
«Quant au bienfait que Dieu m’a accordé ma seule et souveraine gratitude ne le couvre plus. Par conséquent, j’invite toute personne que mon bonheur personnel réjouirait de s’unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l’anniversaire de mon départ en exil le trouve sur terre», lançait le fondateur du mouridisme pour donner  à ce jour de séparation ou comme l’évoque la tradition «dem si gejj gui» (le jour du départ en mer). Pour le Magal, littéralement traduit  (rendre hommage à Dieu) il appela les fidèles à l’accompagner et à rendre grâce à Dieu en commémorant non pas le jour de son retour mais le début de ses épreuves.    

Cette célébration indique aux pélerins de joindre, à la lecture du Saint Coran, le Zikr  et la lecture de ses «poémes», qui sont l’essence même du Magal d’offrir des repas copieux communément appelés  «Berndel» aux hôtes et  aux plus démunis. Sans oublier les visites pieuses effectuées  aux sanctuaires, aux mausolées des différentes khalifes et guides religieux qui reposent dans la cité réligieuse.  Pour rappel, la commémoration du Magal à Diourbel était loin d'avoir une ampleur collective.  Les talibés se regroupaient dans  différents lieux et dans le cadre de la famille. C'est après le rappel à Dieu du fondateur du mouridisme que son premier successeur Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké a déplacé l'organisation de l'évènement à Touba. Pour raffermir les liens et la cohésion de la communauté, la décision  d’organiser le Magal à Touba, va prendre forme à la fin des années 40 sous le magistère de Serigne Fallou Mbacké.
 
Plus de 87 ans après le rappel à Dieu  de Khadimou Rassoul,  fidèles venus des régions du Sénégal et du reste du monde continuent de rallier Touba, pour célébrer l’une des plus grandes  manifestations religieuses du Sénégal.

Sénégal: des lave-mains pour lutter contre Ebola au Magal de Touba

Au Sénégal, la ville sainte de Touba se prépare pour la 120ème édition du Grand Magal, un pèlerinage qui va rassembler, jeudi 11 décembre, des centaines de milliers de disciples mourides. Cette année, les autorités s’impliquent dans la prévention du virus Ebola et parmi les initiatives, quatre lave-mains fabriqués par un inventeur sénégalais seront installés par le ministère de la Santé. Ils ont un avantage : quatre personnes peuvent se laver les mains en même temps.

Mamadou Saliou Diallo est un enfant de l’école coranique. Il était un vendeur ambulant avant de travailler dans une petite fabrique de montage à la chaîne. Il explique qu’il n’a jamais bénéficié de la moindre formation professionnelle mais qu’il avait été frappé par l’épidémie de choléra qui a touché Touba en 2004.

D’où cette idée d’inventer un lave-mains très utile dans les cérémonies et les grands événements.  « Il y a quatre robinets, détaille Mamadou Saliou Diallo. Tu appuies d’un seul doigt, l’eau coule. Tu te laves les mains, l’eau coule dans le réservoir d’eaux sales en bas. Maintenant tu appuies de l’autre côté, et ça s'arrête. C’est très facile, très économique en eau, très mobile parce que ce n’est pas lourd. »

Ce lave-mains, Mamadou Saliou Diallo l’avait inventé il y a 7 ans. Il a même été primé en 2010 mais le prototype dormait dans un coin. Aujourd’hui l’inventeur rêve de passer à la phase d’industrialisation : « Il n’y a pas qu'Ebola. Il y a d’autres maladies contagieuses : choléra, maladies des yeux, grippe. Il faut toujours se laver les mains, proprement. » Mamadou Saliou Diallo travaille désormais sur une version en plastique avec un système d’écoulement d’eau automatique. Il recherche des financements.

Gestion urbaine, patrimoines et identités culturelles : Le trou de mémoire

Que serait Rome sans le Colysée et tous ces petits monuments et vestiges du moyen âge et de la renaissance européenne ? New York plus loin de l’autre côté de l’Atlantique sans l’Empire state building, serait-ce toujours New York ? Et Paris alors, sans sa Tour la plus connue ? Les questions liées au patrimoine et à l’identité culturelle de nos espaces et sociétés, surgissent partout dans le monde, mais au Sénégal, malgré l’érection de ces deux notions en Direction nationale, il semble que bientôt, Kermel, Sandaga, les vieilles mosquées omariennes, les vieilles églises et marchés des villes de l’intérieur, ne seront plus qu’un mauvais souvenir dans notre mémoire et celle des enfants d’aujourd’hui.
 
Un monde qui change dans le mauvais sens : les villes et les campagnes. Souvent méconnu ou simplement bafoué, le patrimoine et l’identité culturelle sont un concept presque devenu creux dans les sociétés africaines, tellement, tout semble devenu banal face aux crises en tout genre et la mal gouvernance. Sine Ngayène et ses mégalithes ne seraient pas des vestiges du passé qu’on fait visiter aux touristes s’ils n’existaient pas encore dans le Saloum. Tout comme les amacoquillers du delta dans la même région du coté de Toubacouta, Missira, dans le Diomboss qui conservent les traces de la préhistoire sénégalaise…
 
Comprendre les enjeux de notre monde et accompagner les différentes mutations qui les accompagnent ou les provoquent sont devenus une nécessité pour la presse et les médias en général. Quand le tout politique et ses scandales finissent, de quoi parle-t-on  en général ? De tout et de rien, et pourtant que de sujets importants à explorer pour le public. Parmi eux, cette question liée au patrimoine et aux différentes menaces qui pèsent sur nos identités culturelles.
 
Que reste-t-il de ce qui a fait il y a un siècle ou avant des espaces urbains et les grands villages sénégalais ? Du patrimoine matériel, on peut en dire un peu ; du patrimoine immatériel bien moins, en dehors de quelque symboles comme les croyances populaires, les ordres et les organisations nées des premiers traits de civilisation. Le reste est à l’histoire qu’il faudrait secouer encore et davantage pour poser les bonnes questions sur la signification du patrimoine.
 
Le mérite du collège d’architecture de Dakar, maître d’œuvre de cette belle initiative, est d’avoir mis le doigt sur une question majeure de notre temps : celle d’une nouvelle appropriation de notre propre histoire dans le temps et dans l’espace. Pour un établissement de ce type, ceux qui ne connaissent pas grand-chose aux métiers des architectes, se demandent encore pourquoi cette question de l’identité et du patrimoine à l’intérieur de ce monde où les mots essentiels  sont la conception, la construction, le design extérieur et intérieur, le choix des matériaux, etc. Mais, en ayant choisi le quartier Mbot dans le centre de Dakar pour son histoire, l’école a fait comprendre que le regard sur la ville devrait changer en devenant plus précis, plus adapté et plus orienté vers l’avenir.
 
Le fief du Ndèyedjirew est un coin vivant du Cap vert et de la collectivité léboue et l’accueil coloré que les femmes du quartier ont réservé à la délégation venue d’Afrique invité par l’école de Dakar montrent la vivacité de cette histoire laissée par les sociétés indigènes depuis la création de la médina. Preuve que la mémoire ici est restée intacte. A voir cet homme à l’accoutrement d’un autre âge, rouge dans sa toge avec les excroissances volontaires donnés à son ventre proéminent, on est déjà dans cette histoire.
 
Le grand fromager presque bicentenaire, au centre de cette maison a sans nul doute été le témoin de la vie de cette société d’hier qui voulait marquer son appartenance à un pays d’Afrique fier de ses us et coutumes ; les maisons en baraques, les rues étroites, le caractère sommaire de l’habitat sont aussi les signes de certains traits de caractère de cette civilisation.

Ebola: l'Union africaine lance sa première collecte de dons via SMS

C'est une première. L'Union africaine a lancé le 3 décembre un partenariat avec une série d'opérateurs téléphoniques privés. L'objectif est de lutter contre Ebola à travers un vaste système de SMS payants valables dans 44 pays du continent africain.

La lutte contre Ebola passe aussi par le SMS. Les clients souhaitant apporter une contribution financière devront composer le numéro 79.79. Ils n'auront ensuite qu'à envoyer le message «Stop Ebola » puis choisir un montant. Pour Olawale Maiyegun, directeur des Affaires sociales à l'Union africaine, l'appel au secteur privé était logique.

« Ebola touche gravement les économies et la main-d'œuvre. Donc il semblait indispensable de solliciter les entreprises pour qu'elles s'engagent dans la bataille. Je ne sais pas combien d'argent nous récolterons. Mais vu le boom des télécommunications en Afrique, le potentiel est énorme. »

Le système de SMS s'étendra jusqu'à fin février. Les dons s'ajouteront aux 36 millions de dollars de dons récoltés ces derniers mois dans le secteur privé par l'Union africaine. Olawale Maiyegun explique que l'initiative SMS servira d'abord à l'envoi de personnel médical dans les pays touchés.

« La communauté internationale a fourni beaucoup d'infrastructures et d'équipement. Mais il y a un manque criant de main-d'œuvre formée. Nous avons déjà envoyé des volontaires. Mais nous voulons monter en puissance. Ces gens aideront auprès des malades, mais certains seront aussi chargés de renforcer les systèmes de santé qui se sont en grande partie effondrés. Pour que, lorsqu'Ebola sera vaincu, ces pays soient mieux préparés à l'arrivée des prochaines épidémies. »

L'Union africaine compte envoyer un millier de médecins, infirmiers ou encore laborantins d'ici les prochaines semaines en Guinée, Liberia et Sierra Leone.

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