Société

Alimentation, économie, même combat.François-Michel MAUGIS – La Réunion Économiste, écrivain et philosophe.


(Ou : « Du frugivore au carnivore »)

On glose, on s'ébaubit, on s'étripe même au sujet de notre propre identité. Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Et surtout, où allons-nous ? Mais l'erreur fractale est là et, évidemment, nous ne comprenons rien. Polarisés que nous sommes par l'évolution récente de notre humanité, autrement dit par notre tout petit nombril, nous ne voyons pas le corps tout entier du délit. Le recul si nécessaire pour comprendre, nous manque. Il est vrai que les temps géologiques qui nous ont construits, sont un peu vertigineux. Il ne s'agit pas de milliers d'années, mais de millions d'années et cela change tout dans notre perception et notre appréciation des choses et des phénomènes de l'évolution (voir dessin en P.J.).

Depuis quelques années nous nous intéressons à notre alimentation.

Il est temps car les dérives sont graves. Elles ne sont qu'un épiphénomène dans la longue histoire de notre espèce, mais quelle effervescence ! Au Moyen Age, les riches mangeaient beaucoup trop de viande ce qui entraina de nouvelles maladies comme la Goutte (arthrite). Les pauvres, par bonheur, n'avaient pas les moyens d'en arriver là mais avaient bien d'autres difficultés. Plus tard, la fameuse poule au pot fut le tout début de la consommation de viande par une grande partie de la population. Et aujourd'hui, cet engouement pour la viande (concomitant à la société de consommation) atteint une telle acuité que la prise de conscience et la réaction inverse s'exprime de façon multiple, désordonnée mais avec de plus en plus d'insistance.

On a vu apparaître successivement (plus ou moins dans l'ordre), les régimes : macrobiotique, végétarien, frugivore, herbivore, crudivore, granivore, paléo (1), cétogène, vegan, etc. Et ils ont raison ces révolutionnaires de l'alimentation. La très grande majorité des humains consomme beaucoup trop de viande. Certains pensent même que la crise alimentaire mondiale vient en grande partie de là. Il faut dix fois plus de surface agricole et dix fois plus d'eau pour se nourrir de viande que pour se nourrir de végétaux (2).

Ce qui est amusant, c'est que nous avons tout faux, aussi bien les mangeurs de bidoche que ceux qui n'en veulent plus. Tout dépend de l'échelle de temps considérée. À l'échelle de quelque centaines ou milliers d'années, il est sûr que l'abus de viande n'est bon pour personne mais la catastrophe alimentaire et sanitaire actuelle a bien d'autres causes : une modification trop rapide de nos modes de vie, une consommation excessive de produits nouveaux, transformés, trop sucrés, de poisons divers, etc. À l'échelle géologique, également, on peut considérer que nous sommes dans l'erreur. Il paraît en effet inéluctable que, dans quelques millions d'années et comme de nombreuses espèces qui nous ont précédé, nous serons tous devenus carnivores.

La lente mais régulière évolution de notre morphologie, semble en effet, inéluctable. Comme tous les futurs carnivores (qui, à l'origine, étaient insectivores) notre intestin diminue progressivement de longueur. Il ne faut pas oublier que notre lointain ancêtre simiiforme était frugivore. Quelque millions d'années plus tard, nous sommes plutôt omnivores. La logique voudrait que, si nous continuons comme cela, nous serons carnivore un jour. Notre appétence actuelle pour la viande ne serait-elle qu'un appel de la nature ? Parfaitement possible. Mais en attendant, que de dégâts. Et, quelle est la réalité d'aujourd'hui ?

Il y a au moins deux raisons pour limiter drastiquement notre consommation de viande : La première c'est que la population mondiale ne pourra pas bien longtemps suivre ce rythme. La deuxième c'est que, si les humains deviennent morphologiquement carnivores un jour, ce n'est pas pour demain. Selon les théories bien connues de l'évolution, ce ne serait pas avant plusieurs millions d'années. Entre temps, si nous voulons survivre jusque-là, il faudra respecter les lois de la nature et de l'évolution. Il ne faudra pas, aller plus vite que la musique car, comme pour l'économie, la surchauffe risque de devenir mortelle.

François-Michel MAUGIS – La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe.
http://www.assee.fr

(1) Le régime « Paléo » est un concept de « Nutrition paléolithique » développé par le docteur Stanley Boyd Eaton qui, avec Melvin Konner, publia en 1985 un document considéré comme le fondement de cette théorie : « Paleolithic Nutrition ».
SOURCE : https://en.wikipedia.org/wiki/Stanley_Boyd_Eaton

EDUCATION – «Oublié» dans la résolution de la crise scolaire : Le Syndicat des inspecteurs déroule son 2ème plan d’actions
 
Le Syndicat des inspecteurs et inspectrices de l’éducation nationale du Sénégal (Siens) déroule son 2ème plan d’actions. Il prévoit l’arrêt des cours à partir de 10 heures ainsi que le gel des examens sur toute l’étendue du territoire. Ce mouvement d’humeur couvre la période allant du 28 mai au 9 juin 2018.Les inspecteurs de l’Education nationale sont frustrés. «Nos problèmes ne sont pas priorisés», peste El Kantara Sarr, secrétaire général du Syndicat des inspecteurs et inspectrices de l’éducation nationale (Siens). Même s’il apprécie le retour des enseignants dans les salles de classe, il déplore l’indifférence de l’Etat face à leurs revendications. «Pourtant, des réponses fortes et adéquates sont attendues de la plénière pour dissiper de manière définitive le malaise des inspecteurs cristallisé autour de la préoccupante question des appels à candidatures, de la nécessaire correction des iniquités indemnitaires, des intolérables lenteurs impactant négativement la carrière. Les autorités concernées font la sourde oreille. Leur attitude frôle le dédain et la provocation, notamment avec le non-paiement des heures supplémentaires dues au titre de l’année académique 2016-2017», dénoncent les syndicalistes.Face à cette situation, les inspecteurs regroupés au sein de ce mouvement syndical comptent appuyer sur l’accélérateur après avoir observé le gel des examens professionnels sur l’ensemble du territoire national dans la période du 14 au 21 de ce mois. Un mot d’ordre largement suivi, selon El Kantara Sarr : «Le comité s’est félicité du respect total du mot d’ordre de gel des examens professionnels du préscolaire au moyen et secondaire général et technique. Cela traduit un engagement sans limite des inspecteurs de l’enseignement.»Pour que leurs revendications soient prises en compte par le gouvernement, ils ont décidé d’entamer leur deuxième plan d’actions à compter de lundi prochain. Ce mouvement de grève prendra fin le 9 juin 2018. 15 jours durant lesquels un arrêt quotidien des cours va être observé à 10 heures dans tous centres régionaux de formation des professionnels de l’éducation. A cela s’ajoute le gel des activités de supervision.Les plaintes des inspecteurs de l’éducation nationale ne laissent guère indifférent le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement. Pour Cheikh Diop, les autorités doivent échanger autour d’une table sur les plateformes revendicatives. «Lors de la fête du travail, j’ai parlé au président de la République de la nécessité de s’entretenir avec le Siens. On ne devait pas en arriver là. Néanmoins, ce ne serapas difficile de trouver des solutions puisqu’ils exposent leurs besoins et font des propositions», dit M. Diop.Stagiaires.
 
Lequotidien
[Reportage] Sénégal: manifestation en hommage à l'étudiant tué à Saint-Louis

Il y a dix jours, l'étudiant Fallou Sène était tué à Saint-Louis lors d'une manifestation réprimée par les forces de l'ordre. La mort de cet étudiant de 25 ans a embrasé les campus, notamment l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ce jeudi 24 mai, partout dans le pays, à Saint Louis, Ziguinchor ou encore Dakar, les étudiants ont marché pour rendre hommage à leur camarade et exiger que justice soit faite.

« Arrêtez de nous tuer ». Ecrit à la craie sur un tableau vert, porté à bout de bras, ce message ouvre la marche étudiante. En tête de cortège, Amadou Ba : « Ça représente la lutte, le sang versé par notre camarade. Nous ne voulons pas que notre camarade soit mort pour rien mais nous voulons que justice soit faite », dit-il.

Justice, démission du ministre de l'Enseignement supérieur, réfection des facultés. Les demandes des étudiants sont nombreuses et les réponses de l'Etat jugées pour le moment insuffisantes par les syndicats. « Moi je pointe du doigt l'Etat parce que le gouvernement est incompétent, il faut qu'on le dise », lance un manifestant.

 

Rencontre infructueuse avec Macky Sall

Le président Macky Sall a bien rencontré une délégation d'étudiants, mais ce tête-à-tête informel n'a rien donné. Pour Mamadou Dieng, la lutte ne fait donc que commencer : « Tant qu'il n'y a pas de réponse pour le moment on va continuer. Aujourd'hui le mot d'ordre des étudiants c'est de dire clairement "grève illimitée". Il n'y aura pas de cours dans toutes les universités publiques du Sénégal tant que la lumière n'est pas faite sur les conditions dans lesquelles a été assassiné notre camarade Fallou Sène ».

Une grève illimitée qui pourrait perturber une année universitaire déjà compliquée. Les étudiants, en accentuant la pression sur le pouvoir, ont en tout cas montré qu'ils ne lâcheraient rien.

RFI

[Reportage] Sénégal : «Y'en a marre» lance la «télé de la rue»

Au Sénégal, le mouvement citoyen « Y'en a marre » vient de lancer une chaine de télévision en ligne. Une chaine qui se veut indépendante et bien évidemment citoyenne pour contrecarrer la toute-puissance de médias, qu’ils soient d’Etat ou privés. Une chaine qui compte peser et jouer un rôle d’ici à l’élection présidentielle prévue en février 2019.

C’est avec trois bouts de ficelles, beaucoup d’idées et surtout de l’énergie à haute dose que les « Y'en a marre » ont lancé leur télé, une chaine par le peuple et pour le peuple, explique Aliou Sané.

« C'est une télé participative, c'est du journalisme citoyen, on donne la possibilité aux citoyens de nous envoyer leurs vidéos, détaille ce militant. Hier par exemple, un reportage qu'on a fait sur le manque d'eau à Bargny, à côté de Dakar, où depuis 17 jours les populations n'ont pas d'eau. »

Dénoncer les abus, la corruption, voilà les objectifs affichés par « Y'en a marre ». Alors que les médias d’Etat sont critiqués pour leur allégeance au pouvoir, les médias privés pour leur propagande électorale, la télévision créée par le mouvement citoyen veut essayer d’aider, de faire entendre les journalistes « dignes de ce nom », défend Fadel Barro :

« Cette télé c'est une possibilité de faire du journalisme au sens brut du terme. Ça veut dire donner de l'info et assumer l'info qu'on donne. Non pas s'inscrire dans le camp d'untel ou d'untel autre, mais donner de l'information. Ici il n'y a pas de censure. La seule chose qui est interdite dans cette télé c'est d'interdire. »

Reportages, mini-série pédagogique... « Télé Mbed Mi », « la chaine de la rue » des « Y'en a marre » est donc pour le moment visible sur les réseaux sociaux.

 

RFI

AUDIO

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