Société

Pape CISSOKO en Conférence Débats « Les relations parentales sont-elles différentes selon les cultures ? » à Ivry sur Seine  94200 france

 

Pape CISSOKO en Conférence Débats « Les relations parentales sont-elles différentes selon les cultures ? » à Ivry sur Seine  94200 france 

Maison municipale de quartier Monmousseau
Conférence sur la diversité culturelle et parentalité animée par Pape Cissoko, formateur en philosophie et interculturalité, à la maison de quartier Gaston Monmousseau


DIVERSITE CULTURELLE ET PARENTALITE
Samedi 19 janvier > 10h à 12h
Accueil à partir de 9h30


Conférence animée par Pape Cissoko, formateur en philosophie et interculturalité
« Les relations parentales sont-elles différentes selon les cultures ? »
Maison municipale de quartier Monmousseau-Vérollot
17 rue Gaston Monmousseau 94200 Ivry-sur-Seine

Téléchargez le programme complet au format PDF

«Diversité culturelle et parentalité ».


samedi 19 janvier 2019 sur la « diversité culturelle et parentalité ».

Nous prévoirons un accueil à partir de 9h30 autour d'un café, pour pouvoir démarrer la rencontre de 10h à 12h.
Un parent informé est un parent efficace pour soi-même, sa famille et ses enfants.


Etre ailleurs c'est accepter de vivre autrement sans se renier, ie être en phase, s'adapter pour respecter les codes, les lois et règles du pays d'accueil.
Les problèmes de parentalité seraient à la source de nombreuses difficultés sanitaires et sociales. Ils auraient d'importantes conséquences en termes de santé publique et seraient largement associés aux troubles de comportements, aux conduites à risque, aux troubles psychiques, à l'abus de substances psychoactives, à l'absentéisme, à l'échec scolaire, à la délinquance et à la criminalité.
La parentalité c'est aussi bien accompagner sa famille et comprendre la société d'accueil.


Apprendre le « Vivre en France »


Vivre dans pays demande de comprendre la vie pratique au quotidien comme les démarches à effectuer pour un logement. Vivre en France indique que l'intégration passe des « règles » obligatoires : savoir se déplacer et communiquer, avoir un logement, connaître les lois du pays, connaître également ses droits et scolariser ses enfants (carnet de correspondance, pronote en ligne, rythme scolaire et rythme de vie, les NTICS, etc) entre autres.


La différence n'est pas un obstacle pour vivre ensemble, au contraire chaque culture, chaque personne, chaque citoyen peut contribuer à améliorer le vivre ensemble s'il veut s'y atteler.
Pour vivre avec l'autre le comprendre et faire avec il faut connaître un tant soit peu sa culture, ainsi se faire une idée de la place de la mère, du père, de l'enfant, de l'oncle, etc.
On pourra comparer les différents types de familles et voir dans quelles mesures il y a compatibilité. On précisera ici que vouloir, c'est se donner les moyens pour pouvoir.
Etre ailleurs c'est s'adapter au rythme de la vie, le rythme scolaire.


Pour mieux accompagner les enfants dans leurs scolarités il est bon de comprendre le fonctionnement du système éducatif français et pour cela les associations, l'école, la mairie, etc, sont des partenaires pour y arriver.


Certains mettent tout sur le dos des cultures et pourtant il est dit que quand on va quelque part et pour mieux s'intégrer il faut d'adapter ce qui ne veut pas dire se renier : quand vous allez dans un village vous trouver les gens danser sur une jambe faites pareils. Avec le temps vous pourrez les inviter à danser sur deux jambes en expliquent pourquoi et ainsi expliqué la communication sera plus facile et il y aura moins de conflits et de méprises.


Avoir une autre culture est une richesse qu'on peut et doit partager. Il est important que les enfants connaissent les valeurs du pays d'origine sans manquer de maitriser celles du pays d'accueil pour être en phase.


Accompagner sa famille vers la réussite demande qu'on sache un peu lire, écrire et parler la langue du pays d'accueil d'autant qu'il y a des dispositifs dans ce sens. Savoir lire, écrire parler, comprendre les codes, les institutions facilitent l'intégration qui va favoriser la réussite.


Il faut ajouter que l'Etat mise beaucoup sur l'intégration des étrangers dans la société française, c'est un accueil efficace


Doublement des heures de français, réforme de la formation civique et meilleur accès à l'emploi : Edouard Philippe a annoncé ce mardi des mesures attendues pour favoriser l'insertion des étrangers en France.


L'apprentissage du français. Insertion dans la société. Le gouvernement veut réformer la « formation civique » du Contrat d'intégration républicaine (CIR), un programme pour les primo-arrivants obtenant un titre de séjour. Emploi et insertion économique.
Pour les jeunes, « Cette politique d'intégration, c'est un sujet essentiel, d'intérêt, de dignité pour l'ensemble de la nation française », a ainsi affirmé Edouard Philippe à l'issue d'un comité interministériel à Matignon.


Venez avec vos enfants (il y aura un coin jeux surveillé par un adulte animateur) pour échanger autour de vos préoccupations et ensemble trouvons les bonnes solutions. Ce sera aussi l'occasion de rencontrer d'autres parents et faire connaissance de façon simple et conviviale.
A l'occasion de cette rencontre la parole est libre vous êtes attendus.
Ensemble pour mieux vivre ensemble et aider nos enfants dans leur développement et éducation.


Pape Bakary CISSOKO
Philosophe Conférencier
Formateur interculturel
Animateur de café Philo

 

Un nigérian lance une ligne de poupées noires qui détrône barbie-Taofick Okoya By AFRIKHEPRI

 

Un nigérian lance une ligne de poupées noires qui détrône barbie-Taofick Okoya
By AFRIKHEPRI

Taofick Okoya


Il ne trouvait pas de poupée noire pour sa fille, alors il l'a créée. Sept ans plus tard, les deux lignes de poupées créées par un père de famille Nigérian occupent 15% du marché du jouet dans le pays, dépassant Barbie.


Tout a commencé quand Taofick Okoya, 43 ans, voulait que sa fille soit «fière et heureuse d'être une petite fille africaine». «Il y a une forte influence occidentale au Nigeria, explique-t-il à Elle.com, ce qui explique peut-être qu'elle voulait être blanche.»


«Un symbole de fierté»


L'homme a alors créé deux lignes de poupées, modelées sur les trois ethnies les plus représentées au Nigeria. Il en existe deux lignes, Queens of Africa et Naija Princesses, moins chères. Toutes portent des vêtements de couleurs vives, avec des motifs populaires en Afrique de l'Ouest, ce qui a grandement contribué à leur succès selon Taofick Okoya.
Sept ans plus tard, il s'en vend entre 6.000 et 9.000 par mois, principalement dans le pays de 170 millions d'habitants, mais aussi à l'étranger via internet. La demande vient essentiellement des Etats-Unis, du Brésil, d'Europe, de Côte d'Ivoire et d'Afrique du Sud, selon l'entrepreneur.

Qui ne s'estime pas satisfait pour autant, «tant qu'elles n'auront pas atteint chaque enfant d'origine africaine à travers le monde», devenant «un symbole de fierté en leur faisant apprécier ce qu'ils sont, en tant qu'Africains».


Taofick Okoya a un regret: ses poupées sont minces, pas si éloignées du diktat des magazines de mode. Selon lui, les enfants n'aimaient pas ses premiers modèles, plus charnus, alors il a dû faire des concessions. Mais il ne s'avoue pas vaincu. «Pour l'instant, on doit se cacher derrière la poupée «normale». Mais une fois que la marque sera installée, on pourra faire des poupées plus grosses.»


SOURCE: http://www.20minutes.fr/monde/1530751-20150202-nigeria-lance-ligne-poupees-noires-detrone-barbie
https://afrikhepri.org/un-nigerian-lance-une-ligne-de-poupees-noires-qui-detrone-barbie?feed_id=336&_unique_id=5c376b7f86429

Macky Sall réitère sa position sur les attaques contre la justice : «l’état prendra toutes les mesures qu’impose la situation pour la défense des magistrats»

            

Venu présider l’audience solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux hier, mardi 8 janvier, le président de la République, Macky Sall, s’est désolé des attaques contre la justice, malgré le travail qu’il juge «délicat et complexe» abattu par les juges. Sur ce, il a fait savoir que les attaques injustifiées ne seront plus tolérées et leurs auteurs répondront devant la justice. Macky Sall qui a rappelé son engagement à garantir le respect de l’Etat de droit, promet ainsi d’accompagner la famille judiciaire dans la construction d’une «justice indépendante et impartiale», inscrite au cœur de l’Acte 3 du Plan Sénégal émergent.

Que les pourfendeurs de la justice se le tiennent pour dit! Aucune accusation ne sera tolérée. Présidant hier, mardi 8 janvier, l’audience solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux qui avait pour thème «Protection des données personnelles», le Chef de l’Etat, Macky Sall, avertit: «l’Etat prendra toutes les mesures qu’impose la situation pour la défense des magistrats de tous les ordres puisque, hélas, notre pays a connu des épisodes douloureux. Et l’Etat n’attendra pas que de telles situations passent à nouveau pour réagir et force restera à la loi». Il a ainsi rappelé son engagement dans la construction d’une justice indépendante. «Je vous réitère mon engagement à garantir le respect de l’Etat de droit, à travers la mise en place d’un système juridique et judiciaire moderne, efficace, qui offre à chaque citoyen l’exercice effectif de ses droits. L’œuvre de justice est, hélas, une tâche délicate, complexe, mais c’est une tâche fondamentale de l’Etat. Vous y consacrez toute votre énergie pour donner, en dépit des accusations fallacieuses, perpétuelles et des menaces quasi quotidiennes», a déclaré Macky Sall s’adressant aux juges. 

Pour autant, il faut dire que même si la question du «manque» d’indépendance de la justice de notre pays ne cesse d’être agitée, Macky Sall reste, quant à lui, formel sur la question. Aux juges, il dira aussi: «vous consacrez toute votre énergie pour donner, en dépit de ses accusations et de la permanence des critiques injustifiées, une crédibilité reconnue à travers le monde. La confiance en la justice est un élément essentiel dans une démocratie. Remettre en cause cette confiance, c’est mettre en doute les fondements de la République. Alors, personne ne doit trouver intérêt à affaiblir la justice. Ce dernier, rempart de notre système républicain, pivot majeur de la démocratie et du développement économique de notre pays».

LA JUSTICE INSCRITE AU CŒUR DE L’ACTE 3 DU PSE 

Dans son allocution, Macky Sall n’a pas manqué de conforter la famille judiciaire en l’assurant de sa disponibilité à l’accompagner dans la construction d’une justice indépendante et impartiale. «En effet, dans la continuité de notre histoire politique et institutionnelle, j’ai l’ambition d’œuvrer à la modernisation de notre système judiciaire afin de rendre plus accessible, plus fiable et plus apte à garantir l’égalité de tous devant la loi. C’est pourquoi, j’ai inscrit la justice au cœur de l’Acte 3 du Plan Sénégal Emergent: Gouvernance, Institution, Paix et Sécurité, en vue d’engager les grandes réformes devant permettre à l’institution de jouer pleinement son rôle dans notre terre d’émergence». Selon lui, le renouveau du système judiciaire, qui est un «axe prioritaire» du Pse, constitue ainsi un «pallier important dans l’amélioration de l’environnement des affaires et la stabilité sociale, facteur indispensable à l’investissement productif et à la croissance inclusive».

MAMADOU BADIO CAMARA, PREMIER PRESIDENT DE LA COUR SUPREME, SUR LA SUPPOSEE PRECIPITATION DANS LE TRAITEMENT DE CERTAINS DOSSIERS :  «Le délai n’est déterminé ni dans les Conventions internationales, ni dans les lois nationales»

Le Premier président de la Cour suprême, s’inscrit en faux contre toutes les attaques tendant à justifier une précipitation dans le traitement de certains dossiers judiciaires. Selon lui, la loi est toujours respectée dans des situations où elle doit l’être. D’autre part, estime-t-il, le délai de jugement d’une affaire est du ressort du juge. Il s’est prononcé dans un discours à l’audience solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux hier, mardi 8 janvier.

E n réponse aux attaques et accusations portées contre les Tribunaux qui font preuve de plus de diligence dans le traitement de certaines affaires, au détriment d’autres, le Premier président de la Cour suprême, Mamadou Badio Camara révèle qu’aucune anomalie n’est notée dans le traitement des dossiers au niveau des juridictions. Selon lui, il n’y a pas de précipitation dans l’enrôlement de certaines affaires, comme c’est très fréquemment dénoncé par la classe politique. «Nous restons résolument sur notre objectif de traitement des affaires dans un délai raisonnable», dit-il, non sans préciser que «la durée de ce délai n’est déterminée ni dans les Conventions internationales, ni dans les lois nationales». Pour Mamadou Badio Camara, le délai raisonnable pour le traitement d’un dossier relève de l’appréciation du juge. Toutefois, note-t-il, «en matière de contentieux administratif, le recours prévu à l’article 85 de la loi organique sur la Cour suprême, dans sa version du 17 janvier 2017, stipule que lorsqu’il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté publique, le dossier doit être jugé sous quarante-huit heures, sauf s’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la Cour suprême, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.» 

UN DELAI DE TROIS MOIS PRESCRIT A LA COUR SUPREME EN MATIERE PENALE 

S’agissant d’autres affaires, il trouve que la loi dit de manière évasive que le juge doit statuer dans les meilleurs délais. «En matière pénale, je voudrais signaler que le seul cas où la loi impose un délai pour juger, est le contentieux de la détention, relatif aux demandes de mise en liberté provisoire», indique-t-il. Et, en pareille situation, un délai de trois mois est prescrit à la Cour suprême pour rendre la décision, sous peine de libération d’office excepté lorsque la détention est obligatoire, tient à préciser Mamadou Badio Camara. Il ajoute, en outre, que généralement et dans l’esprit de cette disposition pénale, les contentieux concernant des personnes en détention ont toujours fait l’objet d’un traitement urgent et prioritaire sur les affaires dans lesquelles les plaideurs sont en liberté, attendent à la maison ou vaquent à leurs activités. 

LE JUGEMENT DANS UN DELAI DE QUATRE MOIS N’EST PAS UNE DECISION HATIVE 

«Le fait de juger une affaire pénale impliquant des détenus dans un délai d’environ quatre mois, après le prononcé de la décision attaquée, n’est ni précipité ni accéléré; bien au contraire, en d’autres circonstances, on aurait pu considérer que ce délai est excessif», déclare Mamadou Badio Camara. Il se demande même s’il est possible d’attendre d’une Cour suprême qu’elle juge des condamnés à l’emprisonnement ferme, postérieurement à l’expiration de leurs peines ? Pareille situation serait une faute lourde au regard des règles de discipline et de déontologie, conclut Mamadou Badio Camara. Pour rappel, les avocats de Khalifa Ababacar Sall, candidat déclaré à la présidentielle et des leaders de l’opposition disent avoir décelé un empressement dans le traitement du dossier de l’ex-maire de la capitale, jugé dans le cadre de l’affaire de la caisse d’avance, afin de l’empêcher de prendre part à la l’élection présidentielle. Le procès en appel à la Cour d’appel et le recours introduit auprès de la Cour suprême pour la cassation du verdict, n’ont pas respecté les règles d’un procès juste et équitable, fustige-ils. 

PROPOS ELOGIEUX A L’ENDROIT DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : Mamadou Badio Camara flatte Macky

«Dans ce domaine (la justice), comme dans beaucoup d’autres, vous êtes parfaitement à la hauteur de vos responsabilités.» C’est le Premier président de la Cour suprême, Mamadou Badio Camara qui adule ainsi le chef de l’Etat Macky Sall. Il atteste ses dires en se référant aux propos du chef de l’Etat, lors du Forum sur la Paix et la Sécurité de l’année 2018. Le président Macky Sall disait, à cet effet, que face aux défis sécuritaires, le premier devoir des gouvernements est de faire en sorte que les Etats restent forts et résilients. Mamadou Badio Camara se réjouit aussi du fait que le Sénégal s’est doté, à travers le Plan Sénégal émergent (Pse), d’une Stratégie Nationale de Cybersécurité 

FATOU NDIAYE ET MARIAME DJIGO

Un reportage de notre envoyé spécial au Sénégal

 

A l’hôpital traditionnel de Keur Massar au Sénégal, la réussite des « médecins aux pieds nus »

Si en Europe certains patients recourent de plus en plus à des médecines alternatives, en Afrique la médecine traditionnelle est une réalité qu’illustre parfaitement l’existence depuis près de quarante ans de l’hôpital traditionnel de Keur Massar sur la route de Saint-Louis à vingt-cinq kilomètres de Dakar. Celui-ci est dirigée par Djibril Ba qui a bien voulu nous recevoir et nous le faire visiter.

Tout commence dans les années 80

L’histoire commence dans les années 1980 après qu’un peu plus tôt des recherches bactériologiques sur la lèpre avaient jeté un pont entre Sciences et Tradition faisant fi des préjugés occidentaux qui désignaient trop souvent des tradithérapeutes sous le nom de sorciers.

A l’origine du projet, une femme : Yvette Parès

En réalité ces médecines traditionnelles, dites « empiriques » sont une réalité du patrimoine thérapeutique de l’humanité aussi bien en Afrique qu’en Asie car elles recourent aux vertus des plantes. C’est ce qu’a très bien compris Yvette Parès, arrivée à Dakar en 1960. Ce chercheur en biologie et également médecin, professeur à l’université de Dakar, décédée en 2010, est parvenu la première à cultiver le bacille de la lèpre et c’est sa rencontre avec un grand-maître guérisseur peul, Padi Diallo, qui a profondément changé son regard sur la médecine occidentale. De là est née à Keur Massar la culture, la récolte, la préparation et la prescription de plantes africaines. Ainsi que nous l’indique Djibril Ba « Notre jardin botanique est le plus exotique du Sénégal et compte pas moins de quatre cents espèces de plantes différentes qui nous servent à la réalisation de nos traitements et alimentent notre pharmacopée traditionnelle ». 

80 % de la population sénégalaise

Cette médecine voit le nombre de ses adeptes augmenter de jour en jour au point d’être suivie par 80 % de la population Sénégalaise et l’an dernier l’hôpital a enregistré plus de mille cents malades venus en consultation dans le cadre de la prévention de la lèpre infantile, mais aussi la tuberculose, les hépatites, le palu et le sida. Sa pharmacie a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de neuf millions six-cent mille francs CFA et un chiffre beaucoup plus conséquent à travers ses expéditions régulières en France vers une pharmacie ouverte à Salles, non loin de Strasbourg. Avec Djibril Bal, vingt-six personnes s’activent au quotidien dans cet hôpital doté d’un budget annuel de fonctionnement de trente millions de francs CFA, géré par une ONG allemande ainsi que le Secours catholique. Il faut dire en effet que si Léopold Sédar Senghor (1906 – 2001) l’ancien président du Sénégal s’est beaucoup investi dans l’hôpital de Keur Massar ses successeurs n’ont pas montré le même empressement ce qui est très regrettable. Et ce, alors que des recherches conjointes sont conduites avec l’université de Dakar. L’hôpital doit donc compter sur des subventions privées.

Des occidentaux en stage à Keur Massar

Cette réalité de la médecine africaine à l’efficacité étonnante séduit chaque jour davantage des jeunes naturopathes et homéopathes français qui effectuent des séjours de plusieurs semaines à Keur Massar, à l’image d’Anne, une étudiante  bretonne en herboristerie que nous avons rencontrée : « Cela fait plus d’un mois et demi que je suis ici et j’ai énormément appris dans la préparation des plantes, la pharmacothérapie, et le rapport avec le patient très différent de ce que nous connaissons en Europe ». Le côté humain est sans doute en effet ce qui manque le plus dans nos sociétés occidentalisées ainsi que le sens de l’écoute et chaque médecin européen devrait se souvenir de ce que disait le philosophe allemand Goethe : « Je suis le produit de toutes les rencontres que j’ai faites dans la vie ».

Un gite et un professeur de philosophie …

Avec ses collègues Sénégalais et d’autres nationalités, Anne travaille une partie de la journée dans un laboratoire de l’hôpital où l’on fabrique des poudres, mélange de plusieurs plantes cultivées dans le jardin. Celles-ci soignent aussi bien les hémorroïdes que les herpès. On y réalise aussi des extraits alcoolisés à base de plantes dans la conception d’anti-douleurs et de lutte contre les infections. On y fabrique encore des savons dermatologiques. Pour accueillir ces stagiaires un gîte a été créé au cœur de l’hôpital grâce à une franco-suisse Geneviève Baumann qui après avoir vendu ses biens en Europe a consacré l’argent retiré à la réalisation et au fonctionnement du gite qui accueille de façon permanente quatre stagiaires chaque année. Ce professeur de philosophie à l’université de Laval au Québec à sans nul doute trouvé à Keur Massar un nouveau sens à sa vie.

Un nouveau puits

Quant à Djibril Bal il va devoir résoudre une autre difficulté, le creusement d’un nouveau puits depuis que le précédent s’est effondré et trouver les fonds nécessaires aux travaux. Un casse-tête de plus pour cet homme qui ne manque jamais de rappeler que « l’hôpital accomplit aussi et surtout une œuvre sociale, raison pour laque chaque produit est seulement vendu l’équivalent d’un euro cinquante. Nous sommes pour beaucoup de patients l’ultime recours quand ils ont épuisé tout le reste ».

Une expérience unique

Et si tout le monde connaît l’œuvre magnifique accomplit par Albert Schweitzer dans son hôpital de Lambaréné au Gabon dans les années 1920, un autre hôpital, traditionnel celui-là, au Sénégal, à Keur Massar,* et son expérience unique mérite aussi tous les encouragements car son efficacité est étonnante. Oui, à n’en pas douter les « médecins aux pieds nus » peuls, sérères, wolofs et autres ethnies contribuent, eux-aussi, à l’histoire universelle de la médecine.   

Jean-Yves Duval, Directeur d’Ichrono

 

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