Société

Arts de la mémoire : comment utiliser le palais de mémoire ? L'art de la mémoire par Cicéron dans de oratore

 

Arts de la mémoire : comment utiliser le palais de mémoire ? L'art de la mémoire par Cicéron dans de oratore

Presque vingt-et-un siècles nous séparent de Cicéron et de son De Oratore, et pourtant la "méthode des lieux" qu'il expose dans cet extrait n'a pas pris une ride : l'idée est de placer, dans des lieux familiers, des images représentant les informations que vous voulez retenir...

PAR MARCO BERTOLINI


Qu'est-ce que le « palais de mémoire » ? D'où vient-il ?

Et comment fonctionne-t-il ?


Comment l'intégrer dans une stratégie d'apprentissage ?


Je vous donne ici le fruit de mes lectures et de mes expériences personnelles avec cette méthode âgée de plus de 2800 ans...
Je lis parfois sur Internet des articles sur le « palais de mémoire » ou j'entends des personnes en parler. Et je suis souvent choqué par le caractère incomplet, incompris, voire carrément erroné des informations que je découvre.
Il existe pourtant une vaste littérature sur le sujet. Et dont les auteurs ne sont pas des moindres puisque le premier d'entre eux n'est autre que Cicéron. Un des auteurs qui ont le plus influencé la totalité de la culture occidentale depuis 2.000 ans...
Une légende vivante : Simonide de Céos


Cicéron, dans son ouvrage « De Oratore », nous rapporte que l'inventeur de cette méthode est le poète lyrique Simonide de Céos, une des nombreuses îles grecques. Nous n'avons aucun portrait de cet homme qui fut une véritable star à son époque : il a remporté des prix face au tragédien Eurypide ou encore contre Pindare, son principal rival. Mais, comme à toutes les stars, on lui a attribué bon nombre de légendes. Il aurait été l'inventeur, entre autres, de 4 lettres du nouvel alphabet grec (voir l'illustration sur le vase ci-dessous).


Mais surtout, selon Cicéron, il serait l'inventeur de la méthode des « loci » – lieux, en latin – encore appelée « mémoire locale« .


Simonide de Céos aurait été le premier poète rémunéré. Il écrivait des poèmes pour les dirigeants de son temps.

Un jour, il en écrit un pour le tyran Scopas. Mais, celui-ci est aussi avare que vaniteux. Il reproche à Simonide d'avoir loué autant les jumeaux Castor et Pollux que lui dans son ode. Et donc, il ne paiera que la moitié de la somme prévue. Simonide n'a qu'a demander l'autre moitié aux demi-dieux...
Simonide n'a d'autre choix que de s'incliner. Il participe au banquet donné par son maître et au cours duquel il devra sans doute réciter son poème. Un serviteur vient le prévenir que deux jeunes hommes l'attendent à la porte du palais et le réclament avec insistance. Intrigué, Simonide va à la rencontre des deux étrangers. Au moment où il sort du palais, celui-ci s'effondre, écrasant tous les convives. Les deux visiteurs, qui ne sont autres que Castor et Pollux, ont donc sauvé la vie de celui qui leur a dédié la moitié d'un poème.


La mémoire des lieux


Mais les familles sont en détresse : elles ne reconnaissent pas leurs proches, défigurés sous les débris. Simonide déclare alors qu'il est capable de dire qui est qui : il était assis avec eux. Et peut donc localiser chacun des corps et lui rendre son identité. Cette circonstance lui aurait donné l'idée du « palais de mémoire« . Un des procédés les plus anciens et les plus efficaces pour mémoriser de longues séquences.


L'historienne Frances Yates a remis à l'honneur les études sur les arts de la mémoire, notamment dans son livre The Art of Memory, dont il existe une traduction française. Elle voit dans cette légende l'illustration d'une période de transition. Car, pendant des siècles, les poètes ont récité leurs oeuvres sans les écrire. Or, au moment où naît cette légende, l'écrit prend le pas sur la tradition orale. Socrate méprisera l'écrit toute sa vie. Platon, dans Phèdre, fait dire à l'un de ses personnages que l'invention de l'écriture rendra les hommes bêtes, paresseux, qu'ils n'utiliseront plus leur mémoire et qu'ils oublieront qui ils sont... Des arguments qui ressemblent étrangement à ceux qui accusent Internet et les livres numériques de tous les maux. Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, dans une période de transition similaire ?


Associez des lieux et des images


La méthode qu'aurait inventée Simonide de Céos – et qui existait sans doute depuis des siècles à son époque – consiste à associer lieux et images. Dans mon article sur les principes de la mémorisation, je rappelais que ceux-ci sont au nombre de trois :


1. L'ordre
2. L'association
3. La répétition


Le « palais de mémoire » ne fait pas exception à la règle. Ici, l'ordre est donné par le trajet et les emplacements dans un bâtiment. ou dans une partie de ville : un quartier, une place, etc.
Lors de mes formations pour étudiants, je demande aux participants d'utiliser le lieu qu'ils connaissent le mieux : leur propre maison.

Maison – rez-de-chaussée

Utilisez un lieu connu pour mémoriser rapidement et à long terme
Le principe de la « mémoire locale » ou « palais de mémoire » est de placer une image qui représente la chose ou le mot dont on doit se souvenir dans une partie de l'immeuble, ici, le rez-de-chaussée de la maison. Plus l'image est éloignée de la routine, mieux elle fonctionne : donc, on utilise le grotesque, le monstrueux ou une image qui déclenche une émotion – votre petit ami, votre vedette de cinéma préférée...


Quand je pratique cette méthode pour la première fois avec des participants de mes ateliers, je leur demande de dresser une liste de 20 mots : vingt choses dont ils auront besoin pour organiser la fête de leur anniversaire. Selon la littérature scientifique, la mémoire de travail moyenne permet de retenir 7 mots, avec un écart-type de 2, soit de 5 à 9 mots. Mais je rencontre de nombreux jeunes qui présentent une rétention de 11 ou 12 mots...
Mais (pratiquement) personne n'est capable de retenir 20 mots sans erreurs ni de les répéter dans un sens ou dans l'autre, depuis le premier vers le dernier ou vice-versa.
Associez image, sensations et localisation


Premier ingrédient pour notre fête : un saumon. Nous allons le placer dans la boîte aux lettres, juste à côté de la porte. Un beau saumon vivant, qui sent fort la marée et qui s'agite dans tous les sens. Il mouille tout le contenu de sa boîte aux lettres et sa queue rose frappe la porte en cadence : boum ! boum ! boum !
Vous aurez compris à la lecture de ce premier item le fonctionnement de l'association : on place le saumon dans un endroit inattendu – on sort de la routine – et on associe un maximum de représentations sensorielles à chaque image : l'odeur de la marée, le mouvement de la queue, le boum-boum de celle-ci contre la porte, la sensation tactile du poisson mouillé... tous ces éléments servent à renforcer la mémorisation.


Deuxième item : deux bouteilles de vin. Celles-ci sont en réalité deux personnages à taille humaine, dont la silhouette est en forme de bouteilles, qui sont complètements saoules et qui titubent sur les marches du perron. Elles rotent et chantent des chansons à boire.


Le troisième item : des couverts en plastique. L'acteur préféré de notre participant est Johnny Depp. Nous le déguisons en Chapelier fou, son rôle dans le film Alice de Tim Burton. Johnny Depp est debout sur la table basse du salon, entre le sofa et les fauteuils. Il jongle avec les couverts et danse une sorte de gigue tout en proférant des sons incongrus et en grimaçant comme dans le film.


Le quatrième item : de la musique. Où allons-nous la placer ? Dans l'installation hi-fi au salon ? Certainement pas ! Nous allons louer les services d'un orchestre de Schtroumpfs que nous allons placer dans le four, à la cuisine. A la moindre fausse note, on allume le four !


L'émotion favorise la rétention à long terme


Etc, etc. jusqu'à vingt mots, vingt images grotesques, monstrueuses, sexy ou amusantes, associées à vingt emplacement de l'endroit que nous connaissons le mieux au monde.
Les plus sophistiqués ajouteront un scénario à leur trajet.


Vous aurez compris le principe : nous nous souvenons mieux de ce qui sort de l'ordinaire. De ce qui tranche avec la vie de tous les jours. De ce qui nous touche. Car la mémoire est très fortement liée à l'émotion.
J'ai effectué une recherche sur l'Elfstedentocht : cette course en patins à glace qui traverse 11 villes de Frise, dans le nord-ouest des Pays-Bas. Tous les habitants me disent que les hivers là-bas sont extrêmement rigoureux, qu'il neige et qu'il gèle à pierre fendre chaque année.


Pourtant, ma recherche personnelle montre que la course a eu lieu 15 fois en 112 ans. Les autres années, il ne gelait pas suffisamment pour organiser la course sur les cours d'eau de Frise... Il a donc gelé dur 15 fois en plus d'un siècle, malgré ce que les habitants m'affirmaient. Ils étaient pourtant sincères : mais leur mémoire n'avait gardé le souvenir que des hivers exceptionnels. Ceux où ils s'étaient calfeutrés chez eux en attendant le jour de la course, où ils avaient traversé péniblement les champs couverts de neige. Quinze hivers sur 112 !


C'est sur cette confrontation avec l'ordinaire que jouent les techniques d'association dans les arts de la mémoire. La publicité aussi le sait bien : elle nous présente des endroits paradisiaques où la plupart d'entre nous n'iront jamais, des modèles dont la beauté surhumaine doit plus à Photoshop qu'à la sélection génétique, des produits fabuleux qui ne fonctionnent miraculeusement que sur le petit écran. Nous le savons, dans le fond. Mais nous achetons. Parce que ces images surnaturelles ont trouvé leur chemin dans nos mémoires et nos émotions. Et que nous ne demandons qu'à les revivre dans le réel.


Troisième principe : les répétitions


Cette méthode, très efficace, ne fonctionne que si on respecte le troisième principe : la répétition. Il faut visiter et revisiter la maison et revoir régulièrement chacune des images dans son emplacement. Parcourez le trajet dans un sens puis dans l'autre. Ou depuis le milieu.


Les répétitions espacées sont aussi le principe de base des applications de flashcards, telles Anki ou Cerego.
Le « palais de mémoire » est utile pour retenir une liste d'objets. Ou les éléments d'un discours ou d'une conférence. Les avocats romains, comme Cicéron, étaient célébrés pour tenir des discours de plusieurs heures sans aucune note. Mais le préalable de toute étude réellement efficace à long terme est la compréhension. N'étudiez pas quelque chose que vous n'avez pas compris d'abord...


https://www.google.fr/amp/s/format30.com/2013/02/04/arts-de-la-memoire-comment-utiliser-le-palais-de-memoire/ /

 

Arts de la mémoire : comment utiliser le palais de mémoire ? L'art de la mémoire par Cicéron dans de oratore

 

Arts de la mémoire : comment utiliser le palais de mémoire ? L'art de la mémoire par Cicéron dans de oratore

Presque vingt-et-un siècles nous séparent de Cicéron et de son De Oratore, et pourtant la "méthode des lieux" qu'il expose dans cet extrait n'a pas pris une ride : l'idée est de placer, dans des lieux familiers, des images représentant les informations que vous voulez retenir...

PAR MARCO BERTOLINI


Qu'est-ce que le « palais de mémoire » ? D'où vient-il ?

Et comment fonctionne-t-il ?


Comment l'intégrer dans une stratégie d'apprentissage ?


Je vous donne ici le fruit de mes lectures et de mes expériences personnelles avec cette méthode âgée de plus de 2800 ans...
Je lis parfois sur Internet des articles sur le « palais de mémoire » ou j'entends des personnes en parler. Et je suis souvent choqué par le caractère incomplet, incompris, voire carrément erroné des informations que je découvre.
Il existe pourtant une vaste littérature sur le sujet. Et dont les auteurs ne sont pas des moindres puisque le premier d'entre eux n'est autre que Cicéron. Un des auteurs qui ont le plus influencé la totalité de la culture occidentale depuis 2.000 ans...
Une légende vivante : Simonide de Céos


Cicéron, dans son ouvrage « De Oratore », nous rapporte que l'inventeur de cette méthode est le poète lyrique Simonide de Céos, une des nombreuses îles grecques. Nous n'avons aucun portrait de cet homme qui fut une véritable star à son époque : il a remporté des prix face au tragédien Eurypide ou encore contre Pindare, son principal rival. Mais, comme à toutes les stars, on lui a attribué bon nombre de légendes. Il aurait été l'inventeur, entre autres, de 4 lettres du nouvel alphabet grec (voir l'illustration sur le vase ci-dessous).


Mais surtout, selon Cicéron, il serait l'inventeur de la méthode des « loci » – lieux, en latin – encore appelée « mémoire locale« .


Simonide de Céos aurait été le premier poète rémunéré. Il écrivait des poèmes pour les dirigeants de son temps.

Un jour, il en écrit un pour le tyran Scopas. Mais, celui-ci est aussi avare que vaniteux. Il reproche à Simonide d'avoir loué autant les jumeaux Castor et Pollux que lui dans son ode. Et donc, il ne paiera que la moitié de la somme prévue. Simonide n'a qu'a demander l'autre moitié aux demi-dieux...
Simonide n'a d'autre choix que de s'incliner. Il participe au banquet donné par son maître et au cours duquel il devra sans doute réciter son poème. Un serviteur vient le prévenir que deux jeunes hommes l'attendent à la porte du palais et le réclament avec insistance. Intrigué, Simonide va à la rencontre des deux étrangers. Au moment où il sort du palais, celui-ci s'effondre, écrasant tous les convives. Les deux visiteurs, qui ne sont autres que Castor et Pollux, ont donc sauvé la vie de celui qui leur a dédié la moitié d'un poème.


La mémoire des lieux


Mais les familles sont en détresse : elles ne reconnaissent pas leurs proches, défigurés sous les débris. Simonide déclare alors qu'il est capable de dire qui est qui : il était assis avec eux. Et peut donc localiser chacun des corps et lui rendre son identité. Cette circonstance lui aurait donné l'idée du « palais de mémoire« . Un des procédés les plus anciens et les plus efficaces pour mémoriser de longues séquences.


L'historienne Frances Yates a remis à l'honneur les études sur les arts de la mémoire, notamment dans son livre The Art of Memory, dont il existe une traduction française. Elle voit dans cette légende l'illustration d'une période de transition. Car, pendant des siècles, les poètes ont récité leurs oeuvres sans les écrire. Or, au moment où naît cette légende, l'écrit prend le pas sur la tradition orale. Socrate méprisera l'écrit toute sa vie. Platon, dans Phèdre, fait dire à l'un de ses personnages que l'invention de l'écriture rendra les hommes bêtes, paresseux, qu'ils n'utiliseront plus leur mémoire et qu'ils oublieront qui ils sont... Des arguments qui ressemblent étrangement à ceux qui accusent Internet et les livres numériques de tous les maux. Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, dans une période de transition similaire ?


Associez des lieux et des images


La méthode qu'aurait inventée Simonide de Céos – et qui existait sans doute depuis des siècles à son époque – consiste à associer lieux et images. Dans mon article sur les principes de la mémorisation, je rappelais que ceux-ci sont au nombre de trois :


1. L'ordre
2. L'association
3. La répétition


Le « palais de mémoire » ne fait pas exception à la règle. Ici, l'ordre est donné par le trajet et les emplacements dans un bâtiment. ou dans une partie de ville : un quartier, une place, etc.
Lors de mes formations pour étudiants, je demande aux participants d'utiliser le lieu qu'ils connaissent le mieux : leur propre maison.

Maison – rez-de-chaussée

Utilisez un lieu connu pour mémoriser rapidement et à long terme
Le principe de la « mémoire locale » ou « palais de mémoire » est de placer une image qui représente la chose ou le mot dont on doit se souvenir dans une partie de l'immeuble, ici, le rez-de-chaussée de la maison. Plus l'image est éloignée de la routine, mieux elle fonctionne : donc, on utilise le grotesque, le monstrueux ou une image qui déclenche une émotion – votre petit ami, votre vedette de cinéma préférée...


Quand je pratique cette méthode pour la première fois avec des participants de mes ateliers, je leur demande de dresser une liste de 20 mots : vingt choses dont ils auront besoin pour organiser la fête de leur anniversaire. Selon la littérature scientifique, la mémoire de travail moyenne permet de retenir 7 mots, avec un écart-type de 2, soit de 5 à 9 mots. Mais je rencontre de nombreux jeunes qui présentent une rétention de 11 ou 12 mots...
Mais (pratiquement) personne n'est capable de retenir 20 mots sans erreurs ni de les répéter dans un sens ou dans l'autre, depuis le premier vers le dernier ou vice-versa.
Associez image, sensations et localisation


Premier ingrédient pour notre fête : un saumon. Nous allons le placer dans la boîte aux lettres, juste à côté de la porte. Un beau saumon vivant, qui sent fort la marée et qui s'agite dans tous les sens. Il mouille tout le contenu de sa boîte aux lettres et sa queue rose frappe la porte en cadence : boum ! boum ! boum !
Vous aurez compris à la lecture de ce premier item le fonctionnement de l'association : on place le saumon dans un endroit inattendu – on sort de la routine – et on associe un maximum de représentations sensorielles à chaque image : l'odeur de la marée, le mouvement de la queue, le boum-boum de celle-ci contre la porte, la sensation tactile du poisson mouillé... tous ces éléments servent à renforcer la mémorisation.


Deuxième item : deux bouteilles de vin. Celles-ci sont en réalité deux personnages à taille humaine, dont la silhouette est en forme de bouteilles, qui sont complètements saoules et qui titubent sur les marches du perron. Elles rotent et chantent des chansons à boire.


Le troisième item : des couverts en plastique. L'acteur préféré de notre participant est Johnny Depp. Nous le déguisons en Chapelier fou, son rôle dans le film Alice de Tim Burton. Johnny Depp est debout sur la table basse du salon, entre le sofa et les fauteuils. Il jongle avec les couverts et danse une sorte de gigue tout en proférant des sons incongrus et en grimaçant comme dans le film.


Le quatrième item : de la musique. Où allons-nous la placer ? Dans l'installation hi-fi au salon ? Certainement pas ! Nous allons louer les services d'un orchestre de Schtroumpfs que nous allons placer dans le four, à la cuisine. A la moindre fausse note, on allume le four !


L'émotion favorise la rétention à long terme


Etc, etc. jusqu'à vingt mots, vingt images grotesques, monstrueuses, sexy ou amusantes, associées à vingt emplacement de l'endroit que nous connaissons le mieux au monde.
Les plus sophistiqués ajouteront un scénario à leur trajet.


Vous aurez compris le principe : nous nous souvenons mieux de ce qui sort de l'ordinaire. De ce qui tranche avec la vie de tous les jours. De ce qui nous touche. Car la mémoire est très fortement liée à l'émotion.
J'ai effectué une recherche sur l'Elfstedentocht : cette course en patins à glace qui traverse 11 villes de Frise, dans le nord-ouest des Pays-Bas. Tous les habitants me disent que les hivers là-bas sont extrêmement rigoureux, qu'il neige et qu'il gèle à pierre fendre chaque année.


Pourtant, ma recherche personnelle montre que la course a eu lieu 15 fois en 112 ans. Les autres années, il ne gelait pas suffisamment pour organiser la course sur les cours d'eau de Frise... Il a donc gelé dur 15 fois en plus d'un siècle, malgré ce que les habitants m'affirmaient. Ils étaient pourtant sincères : mais leur mémoire n'avait gardé le souvenir que des hivers exceptionnels. Ceux où ils s'étaient calfeutrés chez eux en attendant le jour de la course, où ils avaient traversé péniblement les champs couverts de neige. Quinze hivers sur 112 !


C'est sur cette confrontation avec l'ordinaire que jouent les techniques d'association dans les arts de la mémoire. La publicité aussi le sait bien : elle nous présente des endroits paradisiaques où la plupart d'entre nous n'iront jamais, des modèles dont la beauté surhumaine doit plus à Photoshop qu'à la sélection génétique, des produits fabuleux qui ne fonctionnent miraculeusement que sur le petit écran. Nous le savons, dans le fond. Mais nous achetons. Parce que ces images surnaturelles ont trouvé leur chemin dans nos mémoires et nos émotions. Et que nous ne demandons qu'à les revivre dans le réel.


Troisième principe : les répétitions


Cette méthode, très efficace, ne fonctionne que si on respecte le troisième principe : la répétition. Il faut visiter et revisiter la maison et revoir régulièrement chacune des images dans son emplacement. Parcourez le trajet dans un sens puis dans l'autre. Ou depuis le milieu.


Les répétitions espacées sont aussi le principe de base des applications de flashcards, telles Anki ou Cerego.
Le « palais de mémoire » est utile pour retenir une liste d'objets. Ou les éléments d'un discours ou d'une conférence. Les avocats romains, comme Cicéron, étaient célébrés pour tenir des discours de plusieurs heures sans aucune note. Mais le préalable de toute étude réellement efficace à long terme est la compréhension. N'étudiez pas quelque chose que vous n'avez pas compris d'abord...


https://www.google.fr/amp/s/format30.com/2013/02/04/arts-de-la-memoire-comment-utiliser-le-palais-de-memoire/ /

 

Occupation anarchique de la voie publique, recasement des vendeurs … : Etat et acteurs du secteur informel en quête de solutions

« Ouvrir une plateforme d’échange d’informations entre autorités et travailleurs de l’économie informelle afin d’accroitre leur compréhension mutuelle et d’initier des actions publiques concertées », tel est l’objectif de la rencontre d’hier, jeudi, entre le ministère du Travail, du Dialogue social et des Organisations professionnelles, l’organisation Dakar Focal City et le Programme d’Appui au Secteur Informel (PASI).

Trouver des solutions durables à l’occupation anarchique de l’espace public, à la gestion des marchés publics et au recasement des marchands ambulants a toujours été et est aujourd’hui encore une épine que l’Etat et les acteurs du secteur informel peinent à enlever du pied.  Ablaye Ndoye, représentant du ministre du Travail, du Dialogue social et des Organisations professionnelles est revenu sur l’importance de la rencontre axée sur cette problématique hier, jeudi. Il a rappelé que «l’Etat a mis en place  un projet dénommé Régime Simplifié pour les Petits Contribuables (RSCP), parce que la mission de l’Etat est de garantir à tout un chacun une sécurité sociale ».

Le représentant du ministre a par ailleurs relevé que « le code du travail n’a pas prévu le secteur informel, alors qu’on a légiféré pour tous les travailleurs ». Aussi, le problème qui se pose est « que les textes qui ont été créés ne prennent pas en compte les petits contribuables ». Pour trouver une solution, il a été créé «  un RSCP, pour qu’on puisse, enfin, prendre en charge leur sécurité sociale comme il est mentionné dans l’axe2 du PSE », dira-t-il.

Pour sa part, Ismaila Dionne, coordonnateur du Programme d’Appui au Secteur Informel (PASI) soulignera lui l’urgence qu’il y a à mutualiser les efforts pour une solution pérenne.  Il a tenu à rappeler « que les acteurs du secteur informel ne sont ni dans des activités illégales ni illicites », car « ils sont juste dans des activités informelles ».

Pour lui, la solution «  n’est pas toujours la répression ; mais la régulation ». Et cela  « peut concerner le local, la façon même de gérer l’activité ou la comptabilité ». On pourrait aussi y ajouter «  l’accès au service financier ». Ne serait-ce que parce que par exemple« le fait de prendre un magasin, aller présenter ses marchandises, cela a un coût aussi », a-t-il signifié.

Quant à Adama Soumaré, coordonnateur de Dakar Focal City, il a embouché la même trompette que Ismaila Dionne  en affirmant : «  Tout notre travail consiste à amener les travailleurs du secteur informel à mieux s’engager avec l’Etat, à mieux comprendre les lois et règlements de ce pays-là, tout en faisant convenablement leur travail.  Et plus tard, amener ces travailleurs à s’insérer dans le secteur formel », a-t-il indiqué.

Sudonline

 

Démission du juge Ibrahima Hamidou dème de la magistrature pour immixtion de l’exécutif : La société civile s’indigne

Un an après avoir démissionné du Conseil supérieur de la magistrature (Csm), le juge Ibrahima Hamidou Dème, a publié une lettre avant-hier, lundi 26 mars, pour annoncer son départ de la magistrature. Une décision motivée, dit-il, par l’immixtion de l’exécutif dans le fonctionnement de la justice. Le juge Ibrahima Hamidou Dème renonce à sa fonction à quelques jours seulement du verdict du procès du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall et co-accusés. Le président du Forum du justiciable, Babacar Ba et le Secrétaire général par intérim de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), Sadikh Niass, expriment leur indignation par rapport à cette démission qui, trouvent-ils, porte atteinte à l’image de la justice.

BABACAR BA, PRESIDENT DU FORUM DU JUSTICIABLE  : «C’est un signal fort qui devrait interpeller l’Etat et les magistrats»

Pour le président du Forum du justiciable, Babacar Ba, dès l’instant que le magistrat Ibrahima Hamidou Dème ne se retrouve plus dans le fonctionnement de la justice, il est très normal qu’il démissionne. « Si le magistrat Ibrahima Hamidou Dème ne s’identifie plus à une justice manipulée, instrumentalisée et qui roule à double vitesse, c’est son droit le plus absolu de démissionner», dit-il. Pour Babacar Ba, le départ d’Ibrahima Hamidou Dème de la magistrature est «un signal fort qui devrait interpeller non seulement les magistrats, mais également l’Etat pour qu’ils puissent faire de sorte que l’indépendance de la justice devienne une réalité». Selon le président du Forum du justiciable, il ne fait aucun doute que la justice est contrôlée par le pouvoir exécutif. «L’indépendance de la justice est toujours à l’état théorique. C’est ce qui avait motivé les magistrats du Sénégal à organiser un colloque pendant 2 jours en dé- cembre dernier. Si, aujourd’hui, l’Union des magistrats du Sé- négal elle-même organise un colloque pareil, c’est que l’indé- pendance de la justice pose problème. Non seulement nous avons une justice instrumentalisée, manipulée, mais le mal est encore beaucoup plus profond si on entend un Procureur dire que le parquet reçoit des instructions allant dans le sens de ne pas engager des poursuites». Un magistrat démissionnaire à cette période où le verdict du procès sur la Caisse d’avance de la mairie de Dakar est attendu devrait être apprécié à sa juste valeur ajoute, Babacar Ba. «Je crois à l’indépendance de la justice. Nous avons des magistrats dignes et intègres. Je pense que ces magistrats là peuvent relever le défi».

SADIKH NIASS, SECRETAIRE GENERAL PAR INTERIM DE LA RENCONTRE AFRICAINE POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME (RADDHO)  : «On a toujours déploré l’immixtion de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire»

La démission du juge Ibrahima Hamidou Dème dénote des inquiétudes que la société civile se faisait par rapport à l’indépendance de la justice, conclut le Secrétaire général par intérim de la Rencontre africaine pour la dé- fense des droits de l’homme (Raddho). «Au sein de la société civile, on a toujours déploré l’immixtion de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire. Dans une République, il faut la séparation des trois pouvoirs. Les dernières assises de l’Union des magistrats du Sénégal qui avait formulé des recommandations allant dans le sens de réformer le Conseil supérieur de la magistrature pour y extirper la main du président de la République et celle du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, sont tout à fait opportunes». Sadikh Niass souhaite que le pré- sident de la République s’engage à réformer le Conseil supérieur de la magistrature, comme annoncé récemment par le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Ismaela Madior Fall. «En tout cas, si l’on se fie à la dernière sortie du ministre de la Justice, disant que le président est ouvert à toute idée de réforme du Conseil supérieur de la magistrature, la recommandation de l’Ums me semble être acceptée. Nous attendons donc la maté- rialisation de cette demande afin que la justice soit le dernier rempart pour les personnes à qui on a violé leurs droits». Pour Sadikh Niass, même si la démission d’Ibrahima Hamidou Dème intervient à quelques jours de la décision du président Malick Lamotte dans le procès de la Caisse d’avance de la ville de Dakar, qui sera rendue le vendredi 30 mars prochain, aucun lien ne doit être établi entre les deux affaires. «La démission n’est pas liée au verdict du procès. Comme le juge Ibrahima Hamidou Dème l’a dit dans sa lettre de démission, il a des relations difficiles avec le Procureur général près la Cour d’appel. Et, ce sont des choses qui sont apparues au sein de la magistrature depuis longtemps et qui confirment qu’il y a une immixtion dans beaucoup de dossiers». Cependant pour le Secré- taire général par intérim de la Raddho, l’indépendance de la justice doit aussi relever de la responsabilité des magistrats euxmêmes. «Dans sa lettre, Ibrahima Dème demande à ses collègues magistrats de s’armer de courage et de prendre leurs responsabilités pour défendre leur corporation et aller vers une indépendance. Il ne sert à rien de donner une indépendance à quelqu’un qui ne veut pas l’être».

PAR FATOU NDIAYE

Le Quotidien

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