Société

À Dakar, les Soninkés rappellent leur passé glorieux et la richesse de leurs cultures Par Amadou Oury Diallo

 

Lors de la 5e édition dudu Festival international soninké (FISO) à Dakar, le 21 février 2018. © DR / Lionel Mandeix


Après Kayes au Mali et Nouakchott en Mauritanie, Dakar est devenue le temps d'une semaine de festivités la capitale des communautés soninkés venues de toute l'Afrique de l'Ouest et au-delà.


Dakar s'est transformé, du 21 au 25 février, en capitale de la culture soninké. Cette ethnie a l'âme voyageuse a vu sa diaspora régionale, continentale et même mondiale rallier la presqu'île du Cap-Vert pour la 5e édition du Festival international soninké (FISO). La liste – non exhaustive – des pays représentés lors de ce FISO parle d'elle-même : Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée Bissau et Conakry, Côte d'Ivoire, RDC, Angola, Égypte, France, Espagne, États-Unis...

Un héritage à protéger


Pour les initiateurs de l'événement, il s'agissait de rappeler la grande histoire, si souvent méconnue, de cette communauté qui a fondé et dirigé les premiers empires ouest-africains, du Wagadou, l'autre nom de l'Empire du Ghana.


La langue est la colonne vertébrale de la culture


C'était d'ailleurs le thème central de cette édition : « Le Wagadou, premier empire africain, hier, aujourd'hui, demain ». Les conférenciers ont mis en évidence le rayonnement de ces organisations politiques sur une bonne partie de l'Afrique de l'Ouest, ainsi que l'héritage culturel qui a imprégné toute les sociétés ouest-africaines, tels que l'apparition des corps de métier, l'organisation militaire ou encore le cousinage à plaisanterie.
La préservation de la langue soninké a également été au centre d'ateliers qui ont ponctué les trois journées du festival. Un aspect « extrêmement important pour nous », insiste Idrissa Diabira, président du Wagadou Jiida (« Renaissance du Wagadou »), l'Association de la communauté soninké au Sénégal créée en 1985 et maître d'œuvre du FISO 2018. « Chaque année, selon l'Unesco, une dizaine de langues disparaissent. Or, la langue est la colonne vertébrale de la culture », martèle-t-il. La manifestation culturelle a d'ailleurs coïncidé avec la Journée internationale des langues maternelles instituée par l'Unesco.


Soumaïla Cissé présent

C'est la Gambie qui accueillera, dans deux ans, la 6e édition du FISO


Défilés du millier de festivaliers provenant des douzaine de délégations, ballets équestres de haute facture, chants et danses de femmes drapées dans leurs grands boubous indigo – une spécialité vestimentaire soninké -, ont rythmé cette 5e édition du FISO ouverte par le président Macky Sall.
On notera également la représentation du spectacle sons et lumières Une journée ordinaire à Koumbi Saleh, du dramaturge sénégalais Seiba Lamine Traoré, qui retrace la vie de cet empire.


Plusieurs personnalités soninkés ont participé à cette 5e édition du FISO, dont Diocounda Traoré, ancien président de transition du Mali ou encore Soumaïla Cissé, opposant malien et ex-président de la Commission de l'UEMOA.


Adama Barrow, chef de l'État gambien, n'était par contre pas présent. Mais il pourra profiter du FISO à Banjul : c'est la Gambie qui accueillera, dans deux ans, la 6e édition du FISO, après Kayes au Mali en 2011 et Nouakchott en Mauritanie, qui furent les premières villes hôtes de cette manifestation bisannuelle initiée par l'Association pour la promotion de la langue et la culture soninké en France (APLCSF), aujourd'hui présidée par le Franco-Malien Diadjé Soumaré.

Soninkés et dynamiques d'émigration

Les membres de la diaspora soninké soutiennent à bout-de-bras les régions dont elles sont originaires


Au Sénégal, les principaux foyers de peuplement soninkés sont notamment situés dans la vallée du fleuve Sénégal, à Bakel (correspondant à la province du Gadiaga), au Fouta (le Haïré), dans le Boundou (entre Tambacounda et la Gambie) et à Vélingara, en Casamance. Ils sont essentiellement établis dans la région de Kayes, à l'ouest du Mali. Cette région constitue, avec une petite partie du sud-ouest mauritanien, le Guidimakha.
Ces différents foyers alimentent depuis la fin de la première moitié du vingtième siècle les dynamiques d'émigration soninkés en direction de l'Afrique centrale (vers les deux Congo) et, surtout, vers la France, à partir des années 1950.


Réputés pour leur attachement aux valeurs fondatrices de leur culture – discrétion, solidarité, respect des anciens, etc. -, les membres de la diaspora soninké soutiennent à bout-de-bras les régions dont elles sont originaires, souvent laissées pour compte par les pouvoirs centraux.


https://www.jeuneafrique.com/537257/societe/a-dakar-les-soninkes-rappellent-leur-passe-glorieux-et-la-richesse-de-leurs-cultures/

La fatigue, un nouveau champ scientifique-Entretien avec Philippe Zawieja-Propos recueillis par Jean-François Marmion

 

La fatigue, un nouveau champ scientifique-Entretien avec Philippe Zawieja-Propos recueillis par Jean-François Marmion

 

Mensuel N° 308 - novembre 2018
La motivation au travail -sciencehumaines.com

Le burnout, forme la plus aiguë d'épuisement au travail, cache bien d'autres formes de fatigue – physique, psychique, émotionnelle. D'où l'essor d'un nouveau champ d'étude : les « fatigue studies ».


Comment définissez-vous la fatigue ?


Comme le dictionnaire, c'est-à-dire comme l'impossibilité de poursuivre un effort entamé. Une action est engagée, mais ne peut être menée plus loin malgré notre volonté. Cette définition englobe une notion, primordiale, de subjectivité, chacun réagissant différemment en fonction de la situation, de son histoire personnelle, ou encore de son état physiologique. La vanité des efforts nous entraîne du côté de la démotivation et de l'impuissance, en tout cas pour ce qui relève de la « mauvaise fatigue ». Tandis qu'une « bonne fatigue », qu'on trouve dans le sport par exemple, peut correspondre à un plaisir immense.


Quelles sont les causes principales de cette « mauvaise fatigue » ?


Pour être vulgaire, c'est souvent le sentiment de ras-le-bol, d'« aquoibonisme » comme disait Gainsbourg, lié à une tâche imposée de l'extérieur, dont on ne perçoit pas le sens ni l'utilité. D'où un vrai problème de motivation intrinsèque, alors que le psychisme se concentre sur les mauvais côtés de la tâche, avec une lutte permanente pour parvenir au résultat visé, en un effort vain et déplaisant. La fatigue est la marque d'un conflit intrapsychique sur fond d'absurdité.
La fatigue peut se ressentir à différents niveaux : physiologie, cognitif, émotionnel... Quel domaine vous semble le plus important ?
La fatigue physique se trouve souvent à la base de tout. Le premier conseil que je donne aux gens fatigués, c'est donc de mieux veiller à leur hygiène corporelle : se rafraîchir avant de dormir pendant une période de chaleur, ne pas faire de sport trop tard en soirée, fuir la lumière bleue des écrans en fin de journée... Défatigué, le corps nous aide à mieux affronter la fatigue psychique, cognitive ou émotionnelle. C'est un prérequis.
Peut-on considérer qu'il existe différentes intensités de fatigue, de la lassitude à l'épuisement ?
La lassitude est un concept assez neutre : son intensité relativement modérée s'appliquerait plutôt à la sphère corporelle, ou à l'ennui, la monotonie. Ce qui n'est pas forcément déplaisant puisqu'on se trouve alors dans une fatigue douce, qui peut justifier un repos réparateur. À l'autre extrémité du continuum, on éprouve une déplétion totale de l'énergie.
Dans le domaine professionnel, on trouverait donc, à une extrémité du spectre, le boreout, caractérisé par l'ennui, et, à l'autre pôle, le burn-out avec son épuisement ?
Les mécanismes n'étant pas les mêmes, je ne placerai pas le boreout et le burnout aux deux extrémités, même si le premier peut mimer le deuxième. Mais la fatigue est bien leur dénominateur commun, que ce soit par sous-stimulation ou par surcharge.


La fatigue se manifeste-t-elle plus particulièrement dans certaines sphères professionnelles ?


Dans les études sur le burnout, les professionnels de la relation d'aide ont longtemps été présentés comme extrêmement fatigués sur tous les plans, ce qui est vrai pour de multiples raisons... mais ils n'ont pas l'apanage de la fatigue : des cols blancs ou des managers la subissent tout autant. Il est donc difficile de dire que certaines professions seraient plus fatiguées que d'autres, d'autant qu'on manque considérablement de statistiques. À supposer que les statistiques mesurent bien la même chose à chaque fois ! De nombreuses études sont en effet disponibles sur le stress ou le burnout, mais ne sont pas facilement comparables : il y a des discussions infinies sur les instruments de mesure, par exemple. Quand les gens expliquent à un enquêteur qu'ils sont fatigués, ils disent simplement qu'ils n'ont plus envie de continuer comme cela. Mais chacun a ses propres définitions, ses propres raisons, ses propres façons de manifester sa fatigue. C'est bien pour cela que je suis un grand défenseur d'une approche subjective et qualitative, et non pas de cette tentation rationaliste, voire positiviste, d'absolument tout quantifier sur un sujet pareil.


Il faudrait donc des enquêtes basées sur des témoignages ?


Oui, comme on le fait dans les études sur le handicap, avec une approche presque phénoménologique, pour savoir comment les gens sont fatigués au moment où ils le sont, comment ils le vivent dans leur quotidien, et ce qui les éloigne du fonctionnement supposé optimal d'une personne non fatiguée. Et après tout, nous arrive-t-il vraiment de ne pas être fatigués ?


Serait-il souhaitable de ne jamais l'être, d'ailleurs ?


Absolument pas ! La fatigue est un signal d'alarme que nous envoie notre corps ou notre psychisme pour nous dire qu'il faut lever le pied. Il est hors de question de considérer que la fatigue soit une mauvaise chose, même s'il y a une mauvaise fatigue. Ça n'est pas une pathologie, et il ne s'agit pas de la surpsychologiser ou de la surmédicaliser.
S'il manque des études pour savoir comment chacun vit sa fatigue, il en faudrait d'autres pour chercher comment remédier au problème ?
On a déjà du mal à définir ce qu'est le problème, ou plus exactement l'ampleur du phénomène ! Entre les sphères professionnelles ou extraprofessionnelles (on parle beaucoup du burnout maternel, en ce moment), plusieurs fatigues affectent spécifiquement nos rôles sociaux de parent, d'enfant, de conjoint... On a en effet besoin d'études pour savoir comment aménager notre environnement extérieur pour en tenir compte, de même qu'on s'efforce de prendre en considération les différentes formes de handicap. Un énorme champ scientifique s'ouvre !


Mais pourquoi, après le burnout déjà difficile à cerner, s'attaquer aujourd'hui au problème si général de la fatigue ?


La fatigue est un angle de lecture de la réalité beaucoup plus en surplomb que le burnout, entité de fatigue attribuée spécifiquement au travail. La fatigue peut être lue sous un angle individuel ou collectif. On parle par exemple de fatigue culturelle ou civilisationnelle. La permanence du même terme pour englober des niveaux d'analyse aussi variés m'interroge beaucoup. Pourquoi parle-t-on de la fatigue d'une société, des électeurs... ?

Et le terme n'est pas propre aux Français.
Justement, peut-on parler de « fatigue studies » au niveau international ?


Le corps médical se penche sur la fatigue en tant que symptôme non spécifique, et extrêmement banal puisqu'elle constitue la première cause de consultation de médecine générale ; des psychologues et sociologues travaillent sur la fatigue professionnelle avec la vogue du burnout ; des équipes de littérature comparée s'y intéressent aussi... Énormément de chercheurs travaillent donc sur la fatigue, mais sans avoir conscience d'appartenir à un champ unifié. L'approche des studies anglo-saxonnes veut bien dire qu'on utilise tous les courants disciplinaires, et c'est précisément ce qu'il faudrait faire pour étudier la fatigue. À condition toutefois d'intégrer l'expérience des gens fatigués. Et comme nous sommes tous concernés, nous sommes tous des producteurs de science en puissance...


Philippe Zawieja Psychologue social et chercheur associé au Centre de recherche sur les risques et les crises de Mines-ParisTech, il a notamment coordonné un Dictionnaire des risques psychosociaux (avec Franck Guarnieri, Seuil, 2014) et un Dictionnaire de la fatigue (Droz, 2016).

Sénégal: les opérations de déminage bientôt relancées en Casamance

Une réunion sur le sujet s'est tenue mardi 30 octobre à Dakar. Les mines antipersonnel ont été posées par l’armée sénégalaise comme par le Front pour l’indépendance de la Casamance, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) jusqu’en 1999, date de la signature de la convention anti-mines. Le conflit n’est pas terminé et les bombes ont fait plus d’un millier de victimes. Aujourd’hui, un tiers de la région n’est toujours pas déminé. Un défi pour l'Etat, des attentes pour les populations.

 

Sarany Diatta a sauté sur une mine antipersonnel en 1998, dans la cour de son école. L'homme dirige aujourd'hui l'association sénégalaise des victimes de mines. Pour lui, les blessés ont besoin d'être mieux pris en charge par l'Etat : « on s’aperçoit en tout cas que 98% de ces personnes victimes de mines sont dans des situations de plus en plus précaires, qui souffrent, en tout cas qui ont des problèmes pour accéder à des soins de qualité, pour accéder même à des soins post-hospitaliers ou des soins continus ou par rapport à l’acquisition même des prothèses qui leur permettraient de vaquer librement à leurs préoccupations. Ça pose énormément de problèmes à ce niveau. »

 

Parfois c'est toute une commune qui est encore victime des mines. Bakary Bodian est chef d'un village : Darsalam au sud de Ziguinchor. Darsalam dont une zone est abandonnée, un terrain présumé miné : « Il ne faut pas y aller. C’est pourquoi on voudrait que toute cette zone-là soit déminée. Une fois mon jeune frère était parti au champ pour cultiver, quand il a retourné la terre, il a trouvé une mine. Le deuxième jour, il est reparti et il a trouvé une deuxième mine. On a interpellé l’armée pour venir constater. Et c’est l’armée qui a fait exploser ces deux mines-là. Cela nous empêche de travailler la terre, c’est un retard pour les populations. »

 

Des terrains comme à Darsalam, il en existe des centaines en Casamance. Dans toute la région, il faudrait déminer plus d'un million de kilomètres carrés.

 

L'insécurité, premier obstacle au déminage

 

Durant la réunion, l'Etat sénégalais a été critiqué pour son manque d'efficacité par certains acteurs. Mais d’après plusieurs participants, le déminage n’a pas eu lieu car il est impossible dans certaines régions. Les restes du MFDC, les rebelles indépendantistes de Casamance, entravent les opérations.

 

Le manque de sécurité serait donc la raison de l’arrêt du déminage. C’est l’avis d’Isidor Marcel Sene, conseiller au gouvernement sénégalais, spécialiste du désarmement : « On est dans une période ni de guerre, ni de paix. Pour avoir accès à certaines zones, il faut rétablir la sécurité. Et cela passe par l’implication de tout un chacun. Je pense qu’il y va de l’intérêt de tout le monde, des populations locales car c’est les populations qui en souffrent davantage quoi qu’on dise. »

 

Les fonds manquent

 

L’Etat du Sénégal s’est donc engagé : il devra débarrasser les terres de toutes les mines d’ici 2021. Pour atteindre cet objectif, sans cesse repoussé depuis 1999, il faut des moyens et une volonté politique. « Notre objectif, c’est de dépolluer, c’est surtout de remettre à ces populations ces terres pour leur permettre de reprendre une activité économique qui est essentielle pour eux et pour le développement de la Casamance », explique Catherine Gillet, directrice régionale d’Handicap International.

 

Le dialogue autour du déminage de la Casamance s'est achevé ce mardi à Dakar. Prochaine réunion sur le sujet dans six mois sur le terrain à Ziguinchor. D'ici là les financements du programme se font toujours attendre. L'Union européenne et les Etats-Unis se sont engagés à aider le Sénégal. Relancer le programme nécessite près de quatre milliards de francs CFA. Seuls 200 millions ont été trouvés.

 

RFI

Liberté, Égalité, Préjugés. Une école «délaissée» par les petits blancs ; Vigilance républicaine - Par Ibra Khady Ndiaye

 


« Il y a une sorte d'apartheid y compris dans les écoles. Aux USA on connaît le racisme scolaire » PB CISSOKO

5 juil. 2018 Par Ibra Khady Ndiaye


Blog : Le blog de Ibra Khady Ndiaye mediapart


«Parfois certains parents nous disent: on vous en supplie, mettez nous des blancs dans la classe de nos enfants». Vous l'aurez déjà compris, ici il est question de mixité. Nous sommes pourtant à l'école Brancion située dans le 15ème arrondissement de Paris. Ici, les enfants français blancs ne se comptent pas. Ils n'existent presque pas.


A -Parfois certains parents nous disent: on vous en supplie, mettez nous des blancs dans la classe de nos enfants" .Vous l'aurez déjà compris, ici il est question de mixité. Nous sommes pourtant à l'école Brancion située dans le 15ème arrondissement de Paris.
Ici, les enfants français blancs ne se comptent pas. Ils n'existent presque pas. On trouve des parents blancs pour les enfants métisses. Sur un total de 145 élèves de la maternelle, seulement quelques enfants de la République sont des enfants de couples blancs.

A noter tout de même que les présents sont entre autres un enfant de la Directrice de l'école et un autre d'une maîtresse qui enseigne dans l'école. L'immense majorité des élèves pour ne pas dire la totalité dans chaque classe est composée de français d'origine africaine (Afrique sub saharienne ou Maghreb) et d'origine asiatique. Certains parents ne comprennent pas l'absence des autres français qui composent la majorité de la population française.


Il existe plus de français blancs dans n'importe quelle école française à l'étranger qu'à l'école Brancion. En effet, c'est simple, si dans une classe de 25 élèves, vous n'avez aucun enfant blanc, cela devient problématique ou en tout cas, cela suscite des interrogations.

Lors d'une sortie de classe à l'Institut du Judo, plusieurs parents accompagnaient les élèves pour donner un coup de main aux professeurs. Il y avait deux classes de maternelle et là aussi à vue d'œil, on s'est vite rendu compte de l'absence totale des enfants d'une partie de la population française, ce qui interroge naturellement les parents.
Des enfants de la maternelle de l'école Brancion


Au début, cette réalité ne me choquait guère et il a fallu un déclic pour me faire prendre conscience de cette absurdité. Oui être en France et n'avoir dans la classe de son enfant aucun français blanc, ce n'est pas normal... J'ai commencé à m'interroger et à me poser des questions lorsqu' une dame blanche, venue chez nous pour acheter des vêtements de nos filles que mon épouse française originaire de Bourgogne vend sur le boncoin, semblait être très inquiète sur le fait que son enfant allait être dans cette école. Elle nous posait des questions sur l'école comme si nous étions à Bagdad ou à Kaboul.

Elle venait d'arriver dans le quartier et nous a posé des questions sur l'école pour se rassurer. Même si je suis noir et étais présent dans le salon, elle ne cachait pas ses nombreux aprioris sur le fait de voir son enfant aller dans l'école composée en majorité de population noire, métisse ou maghrébine. Sans doute mis à l'aise par le fait de s'adresser à une blanche, elle n'a pas cessé ce jour de nous mitrailler de questions sur ces enfants qui sont pourtant français avec des parents nés sur le sol français pour l'immense majorité des élèves. Certains parents d'élèves, d'ailleurs, ne ménagent aucun effort pour mettre leurs enfants dans une autre école. Et c'est exactement ce qui s'est passé avec le seul enfant blanc qui était l'année dernière dans la classe de ma fille. En effet, lorsque certains élèves atterrissent dans l'établissement par « accident » après un déménagement tardif dans le quartier qui n'a pas permis aux parents de choisir l'école, ils mettent leurs enfants avec les autres mais n'hésitent pas à partir dès qu'ils le peuvent. Plusieurs raisons expliqueraient cette absence de mixité dans les classes.


La faute aux préjugés et aux complexes de supériorité de certains français blancs


L'école Brancion est une école de la République comme toutes les autres avec une équipe pédagogique que je trouve en toute objectivité formidable. Personnellement, je n'ai rien à leur reprocher. Les maîtresses et toutes les équipes sont, je précise, des personnes qui adorent leur métier et qui se donnent corps et âmes à ce qu'elles font chaque jour. Donc sur le contenu de l'enseignement, on ne peut rien reprocher à l'établissement. Le seul problème qui expliquerait le fait que les familles de couples blancs ne mettent pas leurs enfants serait donc la présence importante d'enfants de la république d'origines diverses (noirs, maghrébins ou asiatiques).


Dans cette école, les parents se comportent comme tous les autres parents de France. On trouve chez les parents beaucoup de solidarité. Si un parent doit avoir un retard à cause de son travail, il peut compter sur l'aide des autres pour récupérer son enfant, le temps de finir. Les anniversaires des enfants se fêtent en invitant les camarades de classes. Bref si une partie de la population française d'origine est victime de son image, des fantasmes qui font que les autres ne souhaitent pas mettre leurs enfants avec les nôtres, c'est simplement dû aux préjugés. Pour les parents des enfants de l'école, le fléau est très grave. Ils déplorent la situation et pensent que c'est le résultat d'un mépris ou d'un racisme qui ne dit pas son nom. Ils n'acceptent pas cette mise à l'écart de leurs progénitures. Une maman de l'école s'exprime à ce sujet : «je trouve dommage que dés la maternelle nos enfants ont à subir déjà une sorte de discrimination sociale. Ce qui me dérange c'est que ça ne reflète pas la France, et que déjà nos enfants sont mis à l'écart à cause de leurs noms, de leurs origines et de leurs couleurs de peau.

J'ai déjà évoqué le sujet avec la Directrice qui se trouve elle-même démunie face à cette situation. L'école est l'avenir de nos enfants ». Cela dérange une autre maman qui a peur que l'école devienne trop communautaire :« Je n'ai pas envie que ma fille se sente exclue de la société et pense ne pas avoir ses chances dans la vie car elle est d'origine marocaine et donc mise déjà dans une case. J'ai déjà fait part de mes inquiétudes au corps enseignant ainsi qu'à l'équipe du centre qui me confirment qu'effectivement la mixité sociale existe de moins en moins voir plus du tout. Il est évident que les autres écoles de l'arrondissement n'ont pas assez de problèmes de mixité sociale. Et je suis l'un des parents qui décide justement pour le bien être de ses enfants de m'expatrier à l'étranger où, ce qui peut être surprenant, on dispose de plus de mixité qu'ici. » Pour la directrice, « il suffit de voir les photos de classes à travers les années pour voir que l'absence de mixité est un problème au fur et à mesure des années. Nous faisons beaucoup d'efforts mais les parents blancs partent car ils voient lors des sorties scolaires le type de population présent dans l'école ou lorsque les parents viennent chercher leurs enfants. Ils fuient l'école aussi car certains parents demandent le nombre d'élèves par classe. Ici, il y a 25 élèves par classe au lieu de 30 dans les autres écoles.

Et avec le nombre de 25, ils se rendent compte que nous sommes en REP (réseau d'éducation prioritaire).L'école est passée en 2015 en réseau éducation prioritaire ». Selon la directrice de l'école, les parents demandent des dérogations mais ils ne donnent pas les vraies raisons. Une mère blanche qui a décidé de dépasser les préjugés et mettre ses enfants dans cette école reconnaît ce manque de mixité et regrette d'être une minorité dans un lieu qui mérite pourtant d'être découvert. Elle comprend que ce manque de mixité puisse effrayer certains.

Selon elle, « il faut redonner la belle image que mérite cette école et faire le pas de dépasser ses préjugés pour découvrir un endroit solidaire, ouvert et riche de diverses cultures. » Selon Chantal Rolgen, adjointe chargée de l'éducation, « l'école souffre de la stigmatisation »: on le sait l'absence de mixité dans l'attribution des logements sociaux est en partie à l'origine de ce problème de diversité. Pour une dame qui travaille à la mairie et habite depuis plus de 30 ans à Brancion, elle a vu l'évolution du quartier : « cela fait plusieurs années qu'on tire sur la sonnette d'alarme. » Elle est revenue largement sur le sujet en son propre nom en tant qu'habitante du quartier nous précise t-elle à plusieurs reprises car c'est un sujet sensible et elle ne peut pas parler au nom de la Mairie. Les clichés nuisent la cohésion sociale et le vivre ensemble. Cependant pour les autorités notamment la mairie d'autres raisons expliqueraient cette réalité.
La carte scolaire est à l'origine de l'absence de mixité sociale dans l'école


Les autorités notamment la mairie soutiennent que la carte scolaire est à l'origine de cette absence de population dite blanche.

Le quartier a un nombre élevé de logements sociaux avec une absence de mixité sociale dans l'attribution des logements sociaux. Pour l'attribution, la mairie a la main sur 20% des logements sociaux, la préfecture est chargée de distribuer les80%. « On choisit au départ pour chaque logement 3 personnes et ce sont les bailleurs sociaux qui ont le dernier mot dans l'attribution. Si une personne refuse le logement qu'on lui attribue, elle est bloquée pendant 3 ans.» selon Chantal Rogen, chargé de l'éducation à la mairie. En effet, il suffit de se rendre à quelques pas dans une école proche et la population à l'inverse est très blanche. La Mairie regrouperait les enfants des logements sociaux dans cette école alors que ces derniers sont plus proches des écoles avec une meilleure réputation. L'immeuble des Péricheaux par exemple est plus proche de l'école située vers le parc Georges Brassens mais ils les affectent dans l'école Brancion alors que cela n'arrange pas les parents vu le trajet à effectuer. Peut être ont il peur de mélanger les populations? Nous avons l'exemple de ce couple d'ami « blanc » qui, lors de l'inscription de leur enfant, a été alerté selon eux par un agent de la mairie leur conseillant d'éviter l'école Brancion.

Ils avaient malgré tout mis leur enfant à l'école Brancion et sa scolarité s'était passée à merveille jusqu'à leur déménagement pour un logement plus grand ailleurs. Pour une mère d'élève : « je pense qu'ils devraient arrêter d'entasser les minorités ensemble, et créer plus de diversité dans les logements sociaux . »Ils dénoncent l'absence de mixité sociale dans les logements sociaux. Une mère réplique à ce sujet :« je pense et j'ai remarqué qu'il y a une mixité d'enfants mélangés de toutes origines ce qui est super. Le souci de cette école est qu'elle commence a avoir une mauvaise réputation depuis quelques années, j'ai eu des échos même avant que mon fils aille dans cette école. » Toutefois ce prétexte de carte scolaire est pointé du doigt et la Directrice de l'école a pu nous donner un indice de taille pour mesurer la mixité dans le quartier : le bureau de vote.


Des éléments qui contredisent cette répartition ; La carte scolaire un prétexte ?


- Les bureaux de vote lors de chaque élection


L'école Brancion est pour chaque élection un lieu de vote. Et ce sont les habitants du quartier qui s'y rendent pour remplir leur devoir de citoyen. Il est donc très facile de se rendre compte s'il y a un déséquilibre au niveau de la composition de la population. Or pour avoir voté à chaque élection dans ce lieu depuis plusieurs années, je peux confirmer que le quartier a une population tout a fait mélangée et diverse à la différence de l'école.


- Le centre d'animation de Brancion : un autre outil pour mesurer la mixité sociale
Des parents du quartier faisant la queue le 25 juin 2018 pour s'inscrire au centre d'animation de Brancion. © Ibra Khady Ndiaye


Nous sommes le 25 juin 2018 et comme chaque année, le centre d'animation de Brancion ouvre ses inscriptions pour les parents et les enfants qui souhaitent faire des activités culturelles ou sportives. Pour la première fois, j'ai vu des personnes que je n'ai jamais vu dans le quartier. Une chose est sûre, l'immense majorité est composée des français blancs et aucun n'a son enfant dans l'école située en face du centre d'animation. J'avoue que certains peuvent venir d'un endroit plus éloigné pour bénéficier des avantages du centre, le centre n'a pas non plus des restrictions de la carte scolaire.

Ce constat montre encore une fois qu'à Brancion, il y a aussi des français blancs qu'on trouve dans les commerces lorsqu'on fait ses courses, dans les fêtes de quartier, à l'occasion des élections, dans les transports publics et à la crèche mais au niveau de l'école leurs enfants sont absents. Et c'est complètement absurde de vouloir mettre tout sur le dos de la carte scolaire ou des logements sociaux. Chacun est libre de mettre son enfant aussi bien dans l'école privé que dans le public.


La mixité une réalité dans chaque crèche du quartier


Comment se fait-il qu'on explique le manque de mixité dans l'école maternelle en raison de l'attribution des logements sociaux alors que dans les crèches, on trouve une mixité sociale et une diversité irréprochable. Nous avons sollicité deux directrices de crèches dans le quartier. Elles ont fait appel à leur hiérarchie pour pouvoir nous répondre officiellement mais elles n'ont pas eu de retour. Toutefois pour avoir eu deux filles qui ont fréquenté deux crèches différentes, nous confirmons que ces établissements bénéficient à ce niveau d'une mixité sociale exemplaire qui ne présente aucun déséquilibre et c'est souvent ce que tous les parents apprécient et recherchent. Comment se fait il que les progénitures des couples blancs nombreux dans les crèches se volatilisent à la maternelle ?

La diversité qui existe dans les crèches disparaît dès la maternelle.
Une mixité à prôner et à valoriser


Une équipe éducative impliquée déplore l'absence de mixité sociale qui est source d'enrichissement mutuel pour les enfants. Selon une enseignante, « cela est regrettable parce que mixité signifie richesse, échange, découverte de l'autre différent socialement et culturellement. Parce que je pense que l'école est un lieu où l'enfant apprend beaucoup des autres enfants et pas seulement de l'enseignant. La mixité de la société française doit se refléter dans l'école et dans le quartier. Parce que l'école ce n'est pas que l'enseignement, il y a les recréations, la cantine, le centre de loisir, les copains que l'on invite à la maison. A l'intérieur des moments de classe il y a beaucoup d'interactions entre les élèves et la mixité profiterait aux enfants de milieux sociaux culturels défavorisés. Pour moi cela passe par une politique du logement dans le quartier différente. La mixité du quartier devrait entrainer la mixité à l'école.

Il faut corriger la carte scolaire » ; Pour une autre enseignante de l'établissement, l'une des missions de l'école de la République est de former des citoyens ouverts d'esprit ; «Ce manque de mixité n'est hélas pas inhabituel, je l'ai déjà constaté dans de précédentes écoles. Les parents ont raison d'être dérangé par ce phénomène, car l'enseignement même le plus exigeant et ouvert ne sera pas le même selon le nombre d'enfants en difficulté qui se trouvent dans une classe. La question est : pourquoi penser qu'il y a ici plus qu'ailleurs des élèves en difficultés? La mixité est une richesse et demande l'adaptation des enseignants, une ouverture, mais trop d'élèves d'une même catégorie est préjudiciable à cette catégorie. L'entre soit ne permet pas de s'ouvrir et c'est une des missions de l'école. A ce titre, l'absence de mixité est une perte de richesse pour nos élèves.

Je n'ai pas senti, les quelques fois où je me suis promenée dans le quartier qu'il y ait tant de mixité dans la rue. Le manque vient des habitants. Il me semble que tant que les logements ne seront pas habités par une population mixte, l'école ne le sera pas non plus. Je me demande s'il y a une "fuite " de certaines familles en maternelle, en élémentaire et dans quelle proportion. Aurions-nous le moyen d'avoir des chiffres? Pourquoi certaines familles ont un à priori négatif envers l'école?

C'est un phénomène que j'ai rencontré dans l'école où j'étais dans le 14ème, elle avait mauvaise réputation (pour la partie huppée du quartier), mais elle était bien considérée pour une partie des élèves qui venait d'une partie plus périphérique... On est toujours le moins bien fréquentable de quelqu'un! Lutter activement pour les familles et les enseignants est long et fatiguant, il faut essayer sans pour autant attendre forcément de retours positifs, c'est fragile! ». Une autre enseignante a même fait le choix de mettre ses propres enfants dans l'école.

Elle est quand à elle rassurée car elle fait partie de l'équipe éducative et sait que ce manque de mixité n'est pas pénalisant pour ses enfants ; Selon elle, « Je ne me rends pas forcément compte du manque de mixité sociale, donc j'ai du mal à avoir un avis. Les parents ont peur pour leurs enfants : des fréquentations qu'ils pourraient avoir, que leur enfant soit victime des autres. Mais de mon point de vue, cela est une peur que chaque parent peut avoir quelque soit l'établissement.

J'ai cette peur alors que mon fils est dans un collège du 15ème avec une grande mixité. Je pense que l'Education Nationale apporte une certaine réponse par le placement du groupe scolaire en éducation prioritaire. En revanche, dans le quartier, il n'y a presque que des logements sociaux. Donc il faudrait proposer des logements sociaux mais avec des ressources plus élevées. Le soucis c'est que dans cette configuration il n y a pas d'assurance que les enfants dans une situation plus favorisée s'inscrivent à l'école. Je viens du 14ème et tous les matins, je croise des parents qui envoient leurs enfants (plus favorisés) à l'école privée près de la porte de Vanves.

J'ai l'impression que c'est le regard qu'on porte sur l'école qui doit changer. Un collectif de parents (voulant plus de mixité pour l'école Brancion) qui organiserait des réunions, des discussions sans le regard des directrices ou des enseignants me paraît être une bonne solution. La mixité est dans le quartier mais le souci c'est la fuite de certains. Mes enfants sont scolarisés dans école. Mon aîné qui est en 6ème est entré en milieu de ce1 à Brancion suite à un déménagement. Il a beaucoup pris confiance en lui : a beaucoup plus participé à l'oral. Mon cadet est depuis la ps à Brancion. Il a beaucoup de copains et copines. Ses camarades ont un bon niveau scolaire comme mon fils. Ma dernière est à la maternelle. Je ne remarque pas particulièrement de problème du au manque de mixité. Je ne suis donc pas très inquiète et au contraire assez satisfaite que mes enfants aient plein de copains qui n ont pas forcément les mêmes origines, le même milieu qu'eux.

J'entends les appréhensions des parents, mais je ne les comprends pas. Faire confiance en son enfant, en l'école... c est ce qui va permettre à un enfant d'être épanoui dans le lieu où il apprend. »La diversité est un atout pour certains parents qui ne prêtent pas attention à l'absence d'enfants blancs. Selon l'une d'entre eux, « nous devons garder confiance en l'école publique républicaine. Cette école suit les mêmes programmes que toutes les autres et nous devons croire aux enseignants pour la valoriser. Cette diversité les aidera à appréhender le monde qui les entoure en ayant conscience des différences de chacun. L'école républicaine rassemble ces enfants et les aide à se construire avec des belles valeurs de cohésion collective».
Gouverner c'est prévoir...


Personnellement, je ne suis pas convaincu par l'explication officielle qui met tout sur le dos de la carte scolaire et de l'attribution des logements sociaux. Aussi bien la composition des enfants dans les crèches que le centre d'animation Brancion, les fêtes du quartier Brancion, le parc Georges Brassens où vont tous les enfants et la population présente lors de chaque scrutin montrent qu'il y a aussi bien des couples blancs de tout âge avec des enfants. J'ai d'ailleurs retrouvé lors de fête de quartier des parents qui ont fait le choix de scolariser leurs enfants dans le privé pour échapper à ce regroupement et empêchent ainsi cette mixité d'avoir lieu. Si la carte scolaire et l'attribution des logements sociaux sont les causes de cette non mixité de l'école, force est de constater qu'il y a dans tous les cas un véritable problème.

Élus et pouvoir publics qui prennent les décisions devraient dans tous les cas anticiper et éviter cette situation. Nos enfants sont biens dans cette école et ne se rendent même pas en compte de cette mise à l'écart qu'ils subissent déjà à cet âge là. Sachant que ce sont les mêmes élèves de la maternelle qui vont passer au CP, le même problème d'absence de mixité va se répéter. Une crainte que m'a confirmée la directrice de l'école primaire. La cohésion nationale et le vivre ensemble sont une nécessité pour une nation. Toutefois cet idéal peut-il devenir une réalité si les autres évitent que leurs progénitures aillent dans les mêmes écoles que les nôtres dés la maternelle. On parle ici d'enfants innocents âgés de moins de 6 ans. Dans nos banlieues, nous avons les mêmes populations qui sont victimes des préjugés qui leur portent préjudice.


Je pensais innocemment que les collèges et lycées publiques échapperaient à ce fléau. Ma surprise est grande lorsque je suis tombé sur cet article de l'Obs intitulé Collèges "ghettos" : comment Paris est devenue une ville d'apartheid:


"C'est l'apartheid social dans les collèges parisiens. Mais on peut y remédier" © L'Obs
Une enquête qui montre au delà des discours politiques l'étendu de ce gravissime problème de l'Éducation nationale et de notre société qui s'accentue et divise la population. Certes, on ne peut pas forcer les gens à se mélanger aux autres, mais un républicain digne du nom peut-il prôner d'une part ses valeurs humanistes et d'autres parts poser au quotidien des actes contradictoires à l'esprit des lumières qui font de la France un pays qui rayonne au delà de ses frontières. Liberté, Égalité, Fraternité. Cette même fraternité devrait permettre au rêve de Martin Luther King de devenir une réalité dans l'école républicaine de Brancion et pas seulement.


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L'auteur Ibra Khady Ndiaye  Journaliste Paris - France


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