Société

Au Sénégal, une gangrène en «zone de non-droit» Par Margot Chevance, Correspondante au Sénégal

 

Au Sénégal, le trafic de faux médicaments n'est pas pénalisé.


« Une complicité étatique, des moyens existent mais la corruption fait passer en second plan cette problématique sérieuse. Il faut enrayer ce fléau et c'est toujours les faibles qui paient faute de moyens. P B CISSOKO »


Sur le marché de Keur Serigne Bi, temple du faux médicament et du trafic à Dakar en janvier, un homme lance : «Tu cherches quoi ? J'ai tout, mieux qu'à la pharmacie.» Photo Sylvain Cherkaoui


A Dakar, les faux médicaments s'achètent entre les échoppes, mais c'est Touba, deuxième pôle économique sénégalais, aux mains de la puissante communauté religieuse des mourides, qui est le cœur du trafic.
• Au Sénégal, une gangrène en «zone de non-droit»


«Tu en prends deux, deux fois par jour, au bout d'une semaine tu verras les résultats.» Abdou tend des comprimés à une adolescente qui veut maigrir. «En pharmacie, c'est 18 000 FCFA (27 euros), je te les fais à moitié prix», renchérit-il. La boîte vient d'Inde, pas de date d'expiration, juste la silhouette d'une blonde filiforme à forte poitrine. De quoi faire rêver la jeune cliente. Le nom du médicament, Apatin, est inconnu au bataillon. Il trône sur une petite table en bois, au milieu de produits pour développer son sexe ou amincir ses hanches. Sur le trottoir de l'avenue Blaise-Diagne, en plein centre-ville de Dakar, s'étend le marché Keur Serigne Bi. Le temple du faux médicament, mais aussi de celui issu du trafic, comme le Cytotec, destiné au traitement de l'ulcère, interdit en France. Les femmes s'en procurent ici sans ordonnance, pour avorter clandestinement et quel que soit le prix.


Arrière-boutiques. Entre les échoppes, les vendeurs apostrophent les passants. «Tu cherches quoi ? J'ai tout, mieux qu'à la pharmacie», lance un homme élancé, la quarantaine, boubou à la mode, lunettes de soleil vissées sur la tête. La boîte d'antidouleurs qu'il tient entre ses mains pour appâter le client est pourtant périmée et déjà annotée par un pharmacien. Son stock se trouve dans les arrière-boutiques. Impossible de le suivre ni d'en connaître la provenance. «Je me fournis au même endroit que tout le monde», rétorque le vendeur, sur la défensive. Au Sénégal, la route du faux médicament fait escale à Touba, la deuxième ville du pays. Le cœur du trafic, selon le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, chiffres à l'appui : près de 350 officines clandestines y ont pignon sur rue, certaines ont des chiffres d'affaires qui dépassent les 300 000 euros. Des pharmacies en apparence régulières, mais jamais de cachet ni de facture accolés aux ordonnances. «On y fait du commerce comme dans les boutiques de quartier. Négociation des prix, prêt, vente au détail...» explique le docteur Assane Diop, président du syndicat. Un business lucratif, alimenté par un circuit en provenance de Gambie, de Guinée-Conakry et du Nigeria. D'autres cargaisons débarquent directement des pays asiatiques.

Un marché qui représente 20 millions d'euros, estime le Syndicat des pharmaciens privés. Montant non confirmé par le ministère de la Santé.
En novembre 2017, c'est en banlieue de Touba qu'est saisie la plus importante quantité de médicaments contrefaits dans l'histoire du pays. 1,7 million d'euros de marchandises importées de Guinée. La douane porte plainte, l'ordre national des pharmaciens se constitue partie civile. Les deux trafiquants écopent d'une peine de sept et cinq ans de prison, assortie d'une amende de 3 000 euros et 300 000 euros de dommages et intérêts. Une première. Au Sénégal, le trafic de faux médicaments n'est pas pénalisé. Aucune législation spécifique n'existe et le pays n'a pas encore ratifié la convention européenne Medicrime, relative aux délits associés à la vente et la fabrication de produits médicaux falsifiés. «Ce procès, c'est déjà un pas franchi, assure-t-on au Syndicat des pharmaciens privés, mais Touba reste une zone de non-droit et c'est le nœud du problème.» Référence faite à la puissance de la communauté religieuse des mourides qui serait au centre du trafic. Un groupe qui a érigé Touba en deuxième économie du pays, convoitée de tout temps par le pouvoir politique. «Aucune enquête d'Interpol n'a osé y mettre les pieds, et nos autorités sont tout aussi frileuses», déplore un acteur du secteur. En 2016, un cas de décès a été enregistré à Touba, un homme, après avoir pris un faux médicament. L'enquête n'a pas eu de suite.


Au ministère de la Santé, on assure que le trafic a beaucoup diminué.  (faux  faux  l'Etat ferme les yeux)

Sa stratégie à Touba : implanter des pharmacies officielles pour couper l'herbe sous le pied aux structures clandestines. Une dizaine de nouvelles officines ont été ouvertes en deux ans et un comité national de lutte contre les faux médicaments a été créé, mais au maigre budget. «On tente de tarir les sources d'approvisionnement, explique le professeur Amadou Moctar Dieye, de la Direction de la pharmacie et du médicament. Renforcer le contrôle aux frontières, multiplier les descentes dans les entrepôts... On va vers un durcissement.»
Asthme. Au Sénégal, 70 % des dépenses de santé des ménages concernent les médicaments. Mais les ordonnances coûtent cher pour une famille : 4,5 euros en moyenne par prescription. Et la moitié de la population ne bénéficie pas de la couverture maladie universelle.

Mame Kiné patiente, assise par terre avec son nourrisson, dans le dispensaire de son quartier, à Rufisque en banlieue de Dakar. Elle n'a plus mis un pied au marché noir depuis que sa fille aînée n'a pas supporté un médicament acheté dans le circuit parallèle. Des douleurs au ventre terribles, quelques heures après avoir ingurgité une pilule. Ce matin, lors de sa consultation, le médecin lui propose de s'inscrire à un programme qui touche certains quartiers populaires de la ville. JokkoSanté, une plateforme de financement via mobile qui offre des points gratuits pour payer des ordonnances. «Mes trois enfants sont asthmatiques, chaque mois je peux dépenser jusqu'à 30 000 FCFA (45 euros) pour des ordonnances, explique la jeune mère de famille. On m'a plusieurs fois prescrit des médicaments, mais je n'avais pas d'argent, je n'ai pas pu les acheter.» Le téléphone de Mame Kiné vibre sur la table.

Un SMS de JokkoSanté lui confirme sa prise en charge, elle vient de recevoir 5 000 points gratuits, soit 5 000 FCFA, 7,5 euros, pour payer sa prochaine prescription à la pharmacie. A l'origine de cette initiative, Adama Kane, un entrepreneur sénégalais qui veut démocratiser l'accès au médicament et lutter contre le trafic. Depuis 2015, il récolte des fonds auprès d'entreprises, de fondations et d'ONG qui servent à financer les ordonnances de populations vulnérables. Les patients sont orientés vers des pharmacies partenaires, JokkoSanté y paye les factures à la fin de chaque mois. «A notre manière, on s'attaque à la vente illicite de médicaments. Car permettre aux personnes démunies d'avoir les moyens de se payer une ordonnance dans une officine, c'est très important», soutient Adama Kane. 4 000 personnes en bénéficient déjà à Dakar et en banlieue.

https://www.liberation.fr/planete/2019/03/03/au-senegal-une-gangrene-en-zone-de-non-droit_1712806

PROGRAMME DE LA JOURNEE CULTURELLE- l'Association «Dekkal- Thiossane» samedi 2 mars 2019-Paris 15

 

«Dekkal- Thiossane»    expression sénégalaise qui signifie Revitalisation de la Culture-
AFRICAINE ET CARIBEENE DU 2 MARS 2019  A LA MAIRIE DU 15E ARRONDISSEMENT DE PARIS
________

Sous le parrainage des Ambassades du Sénégal et de la Guinée-Bissau en France
et des Délégations Permanentes
du Gabon, du Sénégal, du Mali, du Niger et du Congo
auprès de l'UNESCO.

Bonsoir chers sympathisants de l'association DEKKAL-THIOSSANE,

J'ai l'honneur de porter à votre bienveillante attention que l'Association «Dekkal- Thiossane» expression sénégalaise qui signifie Revitalisation de la Culture, organise, le samedi 2 mars 2019, à la mairie du 15e arrondissement de Paris, située au 31, rue Péclet - 75015 PARIS (métro Vaugirard), une GRANDE JOURNEE CULTURELLE, s'inscrivant dans le cadre de la revitalisation et de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel africain et caribéen, sous le parrainage des Ambassades du Sénégal et de Guinée-Bissau en France et des Délégations Permanentes du Gabon, du Sénégal, du Congo, du Niger et du Mali auprès de l'UNESCO.

L'Association s'est fixée pour mission d'accompagner et de valoriser des initiatives de créateurs, écrivains, poètes, cinéastes, gastronomes et artistes africains et caribéens.

Vous trouverez ci-joint, le flyer et le programme de cette grande journée culturelle. En espérant pouvoir vous compter parmi nos nombreux invités, ce jour-là.

La participation à cette manifestation est gratuite, dans la limite des places disponibles. N'hésitez donc pas à vous inscrire sur l'adresse email de l'association.

Bien cordialement.

Paulette CORREA
Délégation Permanente du Sénégal
Auprès de l'UNESCO

Présidente de l'association
Tel :06 64 16 60 56

- A partir de 10h : visite des expositions d'œuvres d'art intitulées « BOY DAKAR » et « ETRE » ainsi que de masques africains sacrés et profanes, tous réalisés par MM. Bass DHEM et Moctar GUEYE Licka, qui sont peintres et sculpteurs sénégalais ;

- de 15h à 17h : Conférence sur le thème « le rôle de la culture dans la prévention et gestion des risques, crises et conflits » en Afrique, par des spécialistes reconnus de cette thématique. Il s'agit de :

* M. Kag SANOUSSI, expert en intelligence négociationnelle, Président de l'Institut international de gestion des conflits (IIGC) ;

* M. Doudou DIENE, Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance ; expert indépendant de l'ONU sur les questions des droits de l'homme en Côte d'Ivoire. Il a été ancien Directeur général adjoint de l'UNESCO, puis directeur de la Division du dialogue interculturel et du projet « Route de l'esclave » ;

* M. Bandiougou DIAWARA, actuellement Responsable de programme, à la section des réseaux du MAB, réserves de biosphère et renforcement des capacités, à la Division des Sciences écologiques et de la terre, Secteur des sciences naturelles de l'UNESCO ;

et * M. Kiflé SELASSIE BESEAT, historien, universitaire, écrivain et poète qui a été Directeur du Patrimoine de l'UNESCO et aussi Directeur du Fonds International pour la Promotion de la Culture (FIPC) de l'UNESCO. Actuellement Président de l'alliance culturelle pour le millénium éthiopien en France.

* Le Ministère sénégalais de la Culture a manifesté son intérêt à vouloir participer à la conférence. Nous attendons sa confirmation définitive pour l'arrivée de deux experts.

A partir de 17h

- Mme Ouley KEITA, Styliste sénégalaise fera un magnifique défilé de mode sur le thème du pagne tissé sénégalais et bissau-guinéen ;

- Concert de musique animé par le chanteur sénégalo-bissau-guinéen AaYiimi (l'Héritier), le groupe congolais « TOP-ONE-FRISSON), le groupe antillais DIAPASON SHOW, l'écrivain algérien et chanteur Messaoud NEDJAHI et le chanteur hip-hop ivoiro-cap-verdien IVY;

- les écrivains-poètes-slameurs MM. Aimé NOUMA du Cameroun et Félicien JERENT des Antilles nous feront de savoureux intermèdes.

- Enfin, de 20h jusqu'à 22h, La soirée sera clôturée par un cocktail dinatoire exotique, avec échanges dans le public.

Energie solaire en Afrique: un avenir rayonnant –par institut montaigne

 

Co-auteurs


• Antoine Huard, président, France Territoire Solaire, directeur international, Générale du Solaire
• Benjamin Fremaux, Senior Fellow, Institut Montaigne


645 millions, c'est le nombre d'Africains qui n'ont pas d'accès à une source d'électricité. Et ce chiffre continuera mécaniquement d'augmenter du fait d'une croissance démographique supérieure aux nouvelles capacités de production d'électricité. Pomper de l'eau douce, faire fonctionner des dispensaires médicaux, permettre aux écoliers de faire leurs devoirs le soir ou d'avoir accès à internet : aucun développement économique ou humain n'est possible sans énergie. Afin de répondre aux besoins futurs de ces habitants, le développement rapide de la production d'électricité est indispensable.


L'énergie solaire photovoltaïque (ou l'électricité produite à partir d'énergie solaire) représente une solution prometteuse car elle permet un déploiement rapide, à très grande échelle, d'une énergie décarbonée et économiquement accessible. Les atouts du photovoltaïque sont connus. Pourtant, à ce jour, un nombre insignifiant de centrales solaires ont été concrétisées en Afrique.


L'objectif de cette note est d'identifier les freins au déploiement de l'énergie solaire en Afrique et de proposer des solutions concrètes permettant à cette dernière de se déployer et ainsi de répondre aux défis démographique et climatique du continent africain. S'il est important de réduire les émissions de CO2 de pays comme la France - qui représentent 1,2 % des émissions mondiales -, ou l'Allemagne - 2,7 % -, l'une des priorités de la politique climatique globale doit également viser à contenir les émissions futures des habitants du continent africain, sans pour autant freiner son développement économique.

La production d'électricité en Afrique fait face à plusieurs difficultés


• Elle est encore rare dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne. Seuls 32 % de la population y a accès selon la Banque africaine de développement. C'est le taux le plus faible du monde, alors même que les besoins sont considérables, avec une population en augmentation constante (390 millions d'habitants en plus en 2017 par rapport à l'an 2000) ;

• Les capacités actuelles sont limitées. Les 48 pays d'Afrique subsaharienne ne disposent que de 46 gigawatts de capacité installée pour une population de plus d'un milliard d'habitants. En comparaison, l'Espagne dispose de 106 gigawatts pour une population de 45 millions d'habitants ;

• L'électricité est chère, son coût de production est de 0,20 à 0,50 USD/kWh, ce qui est très élevé par rapport à la moyenne mondiale qui se situe autour de 0,10 USD/kWh.

L'énergie solaire est faite pour le continent africain...
Au regard de ces difficultés, l'énergie solaire représente une solution particulièrement adaptée aux besoins et aux spécificités des pays africains :


• le continent bénéficie d'un ensoleillement privilégié ;

• l'énergie solaire est compétitive, ce qui la rend attractive face aux solutions thermiques ;

• elle bénéficie d'une simplicité de fonctionnement et d'une grande rapidité de construction ;

• elle s'adapte à toutes les réalités du terrain, du kit solaire équipant un foyer isolé, jusqu'à la gigantesque ferme solaire alimentant des villes entières ;

• elle peut fonctionner hors des réseaux de transport et de distribution et ainsi alimenter des populations isolées sans attendre le déploiement long et coûteux des lignes à haute tension.

... mais le continent africain n'est pas encore prêt pour l'énergie solaire


Si l'énergie solaire semble être parfaitement adaptée aux besoins des pays africains, comment expliquer que si peu de projets photovoltaïques aient été concrétisés ? Nous avons identifié un certain nombre de freins.


• Les outils de financement existants ne sont pas adaptés au caractère très capitalistique et à la petite taille des centrales solaires. L'essentiel de leur coût étant concentré sur l'investissement initial, qui s'amortit ensuite sur plusieurs décennies, les projets solaires nécessitent une visibilité de long terme. Des garanties doivent donc être accordées aux entreprises souhaitant investir dans le solaire en Afrique, pour couvrir ce coût initial. Or, les outils de garantie existant aujourd'hui sont incompatibles avec la spécificité des centrales solaires, notamment leur petite taille.

• La politique de subventions menée sans discernement par quelques États et banques de développement engendre un signal prix, certes très attractif, mais artificiel. Les initiatives subventionnées dans le domaine de l'énergie solaire ont des effets collatéraux néfastes : elles fixent des prix de référence inatteignables sans subventions, rendant ainsi irréalisable tout autre projet financé sur fonds privés dans la région. Ce faisant, elles dissuadent les développeurs privés de continuer à prendre des risques en entreprenant de nouveaux projets dans ces pays.

• Enfin, le recours quasiment systématique aux appels d'offres afin d'identifier et de sélectionner les projets solaires pose certains problèmes. D'une part, la lourdeur des procédures, disproportionnée par rapport à la taille de la plupart des projets, conduit à un allongement des délais et une augmentation des coûts. D'autre part, anticipant les baisses de prix des panneaux solaires, les candidats sont incités à sous-enchérir, de manière à ce que, dans de nombreux cas, les projets lauréats ne soient pas viables économiquement et ne voient jamais le jour.

Nos propositions pour faciliter le déploiement de l'énergie solaire sur le continent africain


1 Détails
Adapter le financement à la nature capitalistique et à la taille réduite des projets solaires.
Détails


Proposition n°1 - Promouvoir les efforts de planification, prérequis au développement de l'énergie solaire, notamment par l'adaptation des cadres réglementaires à la spécificité des projets solaires.

Proposition n°2 - Faciliter l'accès au financement. En particulier, mettre en place une documentation standardisée qui serait disponible gratuitement et acceptée par l'ensemble des parties, et réduire les frais d'instruction des dossiers en adaptant les exigences des bailleurs à la taille des projets.

Proposition n°3 - Réduire le coût du financement : faciliter l'accès aux outils de rehaussement de crédit (garanties, assurances) et rendre les prêts concessionnels accessibles à ces projets.
2 Détails
Restreindre les subventions publiques lorsqu'elles créent des distorsions de marché.
Détails
Proposition n°4 - Vérifier l'absence de tout projet privé implanté sur une zone donnée avant d'envisager d'y implanter un projet public.

Proposition n°5 - Limiter au maximum les signaux de prix artificiels : éviter les subventions (portant sur les études, le foncier, le raccordement, etc.) de nature à décourager l'investissement privé.

Proposition n°6 - Promouvoir une meilleure collaboration entre fonds publics et privés : cibler les fonds publics sur des projets qui n'attirent pas les fonds privés tels que les infrastructures de réseau de moyenne et basse tension, la mise à disposition d'outils de rehaussement de crédit des contreparties publiques ou l'accompagnement du renforcement des compétences.
3 Détails
Limiter le recours quasiment exclusif aux appels d'offres, notamment dans des contextes de marchés peu matures et pour des projets de petite taille.
Détails
Proposition n°7 - Privilégier des mécanismes adaptés à la taille des projets et au contexte de marchés peu matures.

Proposition n°8 - Accompagner les premiers développements, en mettant à disposition des Etats et donneurs d'ordres les expertises qui peuvent leur faire défaut, puis en organisant le transfert de compétences afin de créer une véritable filière industrielle pérenne.

Proposition n°9 - Une fois le marché plus mature, envisager progressivement des mécanismes d'appels d'offres mais en les limitant aux projets de grande envergure.
https://www.institutmontaigne.org/publications/energie-solaire-en-afrique-un-avenir-rayonnant

Tunisie – Fermeture d'une école coranique pour maltraitances : « On ne peut pas dire qu'on ne savait pas » Par Frida Dahmani - à Tunis


Alors que l'opinion publique s'indigne après la fermeture pour maltraitances et abus sexuels d'une école coranique à Regueb (centre), des responsables du parti islamiste Ennahdha dénoncent une « conspiration ». Explications.


L'exploitation d'enfants et les pratiques peu pédagogiques de l'école El Rihanet, révélées par une enquête de l'émission de télévision « Les quatre vérités », diffusée sur la chaîne Elhiwar Ettounsi, a déclenché la fermeture de l'établissement et la mise en sécurité par les autorités de 42 élèves de 10 à 14 ans qui ont subi pour la plupart des maltraitances et des abus sexuels.
« Depuis la construction de l'école qui s'est faite à la hâte en 2012, on ne sait pas ce qui s'y passe », témoigne un habitant de Regueb, bourg agricole qui avait participé activement au soulèvement de 2011. Installée en rase campagne, El Rihanet fait en réalité office d'internat et accueille des pré-adolescents, mais aussi des adultes de 18 à 35 ans venus de toute la Tunisie et vivant dans une importante promiscuité.


Dans un isolement total qui favorise l'embrigadement et la dépersonnalisation, on y enseigne le Coran et on fait travailler aux champs les enfants, qui font l'objet de divers abus. À l'extérieur, rien ne filtrait, d'autant que personne ne pouvait accéder aux locaux de l'école, espace privé qui avec le statut d'association échappe à tout contrôle aussi bien fiscal qu'administratif, ainsi qu'à toute intervention des autorités.


Entre les mailles du filet


Cette structure, comme d'autres, a profité du fait que les institutions de l'enfance sont réparties entre plusieurs ministères, sans qu'il y ait de coordination entre départements. Elles échappent à la vigilance de tous et dispensent aussi des formations rapides à des instructeurs qui peuvent intégrer ensuite le secteur public ou privé.
La décision de fermeture demeure d'ordre administratif ; émise par le ministère des Affaires locales, son exécution revient aux municipalités. À ce dernier niveau interviennent copinage et corruption, si bien que souvent les ordres ne sont pas appliqués, comme cela a été le cas par deux fois pour El Rihanet.


On ignore quelle loi a été invoquée pour cette action : est-ce celle de la lutte contre le terrorisme, ou est-ce la loi contre la traite ?


Le démantèlement, mardi 29 janvier, de cette école qui opère comme une secte, a été possible grâce à l'intervention de l'Instance de lutte contre la traite des personnes, qui a agi en tant qu'autorité centrale, avant de passer le relais aux ministères de l'Intérieur et de la Justice. Suspecté de terrorisme, le propriétaire est en détention pour traite et exploitation des personnes, en attendant la clôture de l'instruction.
« La loi de prévention de la traite autorise cette intervention multisectorielle, tandis que le Code de l'enfance ne permet rien de tout cela. Mais on ignore quelle loi a été invoquée pour cette action : est-ce celle de la lutte contre le terrorisme, auquel cas on considère que ces enfants ont été en contact avec un réseau terroriste, ou est-ce la loi contre la traite, dont le mécanisme de protection permet d'agir en toute légalité ? », s'interroge Moez Cherif, président de l'Association tunisienne de défense des droits de l'enfant, qui dénonce la filière des écoles coraniques qui concerne « 12 000 enfants, même dans les milieux urbains les plus huppés ».


Des reponsables d'Ennahdha crient à une « conspiration »


Menaçant d'une nouvelle révolution par le Coran et appuyés par des avocats d'obédience islamiste, les pères des enfants ont protesté devant le ministère de la Justice pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un abus, réclamant que leurs enfants leur soient rendus, alors que leur responsabilité est engagée pour les avoir placés dans un lieu contrevenant à la loi et dangereux.
Hébergés dans un centre pour l'enfance à Tunis, ils sont actuellement accompagnés de psychologues et entendus par la police. Certains d'entre eux ont été soumis, sans leur consentement, à des tests anaux pour des présomptions de pédophilie. Des méthodes vivement critiquées d'autant que, selon les spécialistes de l'enfance, les abus sur les enfants peuvent aussi être le fait d'enfants à peine plus âgés.
Des ténors du parti à référentiel islamique Ennahdha, dont Abdellatif el-Mekki et Abdelhamid Jelassi, sont sortis du bois pour dénoncer « une conspiration contre le mouvement islamiste », actuellement pris dans la tourmente d'autres affaires. Certains évoquent même une stratégie.


L'un des fondateurs d'Ennahdha et actuel vice-président de l'Assemblée, Abdelfattah Mourou, avait pourtant assuré en 2012 au prédicateur égyptien Wajdi Ghanim : « Ce n'est pas les parents qu'il faut cibler, mais leurs enfants ». Le courant rigoriste religieux prône également que « la Tunisie n'est pas une terre de jihad, mais de prédication ».


Inerties du gouvernement et de l'Assemblée


D'un exécutif à l'autre, des décisions concernant l'éducation n'ont pas été prises, notamment pour des raisons politiques et sous la pression d'Ennahdha. Pourtant, depuis près d'un an, un projet de « politique intégrée de la protection de l'enfance », présenté par le ministère de la Femme et de la Famille pour améliorer la coordination entre départements, a été soumis au gouvernement, sans qu'il soit adopté.
La même indifférence prévaut au niveau des différentes commissions de l'Assemblée, alors que la protection des citoyens et l'accès à l'éducation sont des droits constitutionnels. « On ne peut pas dire qu'on ne savait pas. La société civile n'a cessé d'alerter sur le danger de l'embrigadement et la difficulté, voire l'impossibilité, de récupérer les enfants soumis à une vision sociétale aussi impactante », déplore Moez Cherif, évoquant notamment le refus de la mixité par des écoles coraniques.


https://www.jeuneafrique.com/729992/societe/tunisie-fermeture-dune-ecole-coranique-pour-maltraitances-on-ne-peut-pas-dire-quon-ne-savait-pas/

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
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Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...

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