Société

HOMMAGE DE MONSIEUR ALPHA AMADOU SY, PRESIDENT DE LA CACSEN, AU PERE DOMINIQUE CATTA à l’occasion de son inhumation le samedi  25/08/2018 à Keur Moussa au Sénégal

 

HOMMAGE DE MONSIEUR ALPHA AMADOU SY, PRESIDENT DE LA CACSEN, AU PERE DOMINIQUE CATTA à l'occasion de son inhumation le samedi 25/08/2018 à Keur Moussa.

"Le dialogue inter-religieux est une réalité au Sénégal" P B Cissoko

Depuis l'annonce du rappel à Dieu du Père Dominique Catta, des voix, des plus autorisées, ont tenu à témoigner de sa foi, de son altruisme, de son respect des cultures autres, pour tout dire de son humanisme.
Le parcours et l'œuvre du Père Catta méritent d'être cernés en fonction de deux évènements majeurs qui ont fortement impacté sur le séjour sénégalais des neuf moines français de l'Abbaye de Solesmes.


Les futurs fondateurs du monastère de Keur Moussa sont arrivés au Sénégal en 1963, moins d'un an après l'ouverture du IIe concile œcuménique du Vatican, le 11 octobre 1962, par le Pape Jean XXIII. Ce Concileest d'autant plus importantqu'il expose le souci de l'Eglise de « s'ouvrir au monde moderne et à la culture contemporaine ». Dans cet esprit, était engagé le débat sur « la liturgie, le rapport que l'Église catholique doit entretenir avec les autres confessions chrétiennes, avec les autres religions, et avec la société en général.... ». Les chrétiens et théologiens africains avaient saisi cette opportunité pour s'interroger sur la question de savoir « comment transformer l'Église en Afrique en une Église africaine ».


Autre évènement : l'organisation du 1er Festival Mondial des Arts Nègres par le Gouvernement du Sénégalet par La Société Africaine de Culture en 1966, c'est -à - dire trois ans après l'arrivée au Sénégal du Père Dominique Catta et de ses huit autres Frères. Ce rendez- vous inédit en terre africaineaura été largement mis à profit pour prendre conscience de la consistance du patrimoine artistique, notamment musical du continent.


Le concours de ces deux événementshistoriques est d'autant plus établi que leur Supérieur avaient non seulement invitéles moines à écouter, mais surtout à participer à toutes les manifestations culturelles du Festival de 1966. Cette invitation, aux accentsde forte recommandation, est explicite dans l'interview que le Père Dominique Catta a bien voulu accorder aux animateurs de la Bibliothèque Centrale de l'Université Gaston Berger, à l'occasion de la commémoration du Cinquantenaire du 1er Festival Mondial des Arts Nègres.


Du reste, il avait tenu à participer, en personne,à ces rencontres commémoratives en 2016. Aujourd'hui,encore, je revois le défunt Père dont le dynamisme toujoursdébordant contrastait avec son corps frêle, donnant l'impression de ployer sous le poids de l'âge !


Ayant l'intelligence de leur mission et faisant preuve d'une immense ouverture d'esprit, les moines français de l'Abbaye de Solesmes ont su faire montre de créativité et d'abnégation pour valoriser, perfectionner et intégrer dans une sublime harmonie des instruments, notamment la Kora, dans une liturgie qui parle, au-delà de l'Afrique, des Africains, à toutêtre humain. Il en a résulté la constitution d'un patrimoine d'autant plus dense qu'il participe, à la fois,du matériel et de l'immatériel, du culturel, du religieux et du spirituel.
Au Père Dominique Catta, le co-fondateur du monastère, est revenu la terrible, redoutable mais oh combienexaltante mission de continuer l'œuvreentamée à neuf !


Et, la postérité retiendra les immenses succès qui ont couronné son travail d'orfèvre. Pour preuve,lePape Jean-Paul IIlui a attribué, en 2004, le Prix des Académies Pontificales. Il s'agit d'une reconnaissance des plus symboliques de son « précieux travail d'inculturation du très riche répertoire musical grégorien dans les cadences et rythmes de l'Afrique ».


Le Sénégal ne sera pas en reste. Il élèvera le Père Dominique, en 2016, au rang de « Trésor humain vivant ».


Par ma voix, la section sénégalaise de la CommunautéAfricaine de Culture présente ses sincèrescondoléances à la famille, à tous les moines de Keur Moussa, à tous les amis, proches et collaborateurs du Père Dominique Catta.
Puisse son œuvre continuer à nous inspirer les uns et les autres pour poursuivre,avec esprit de suite,le dialogue interreligieux et pour nos combats quotidiens afin que ladifférence reste une richesse et non un prétexte à la barbarie.


Paix à son âme !


On pourra lire ceci :


Père Dominique Catta de Keur Moussa élevé au rang de « Trésor Humain Vivant »

Le Sénégal a élevé au rang de « trésor humain vivant », le Père Dominique Catta. Âgé de 90 ans, il est le dernier survivant des neuf moines français qui sont venus de l'Abbaye de Solesmes, pour fonder l'abbaye de Keur Moussa, au Sénégal en 1961.


Il a été ainsi distingué pour son œuvre musicale contribuant à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel sénégalais. En effet, le Père Dominique Catta a composé de nombreuses pièces musicales spécifiques, qui à l'aide de la « kora » accompagnent les chants liturgiques communautaires. Il a de plus favorisé l'enseignement de cet instrument, sorte de harpe-luth d'origine mandingue.


Le « THV » est l'une des plus hautes distinctions culturelles internationales.

Ce titre distingue des professionnels des métiers d'arts, pour leur savoir-faire exceptionnel et leurs capacités à transmettre leurs connaissances. Les THV sont reconnus par l'UNESCO, à travers une convention internationale de 2003 sur la protection du patrimoine culturel immatériel.


En lui remettant la distinction devant un public nombreux, Mbagnick Nidaye, ministre sénégalais de la Culture et de la Communication, a rappelé que l'œuvre du Frère Catta avait contribué à revaloriser la kora africaine, devenue sans aucun doute l'instrument de musique africaine le plus répandu dans le monde. « Le Frère Dominique Catta a mis en lumière la richesse de notre culture par son apport décisif dans la renommée de l'atelier de lutherie musicale du monastère, fondé en 1963 », a souligné Mbagnick ndiaye.


Il a rappelé que la découverte de la kora par le Frère Catta s'était faite à travers l'écoute des génériques de la radio nationale du Sénégal et son amitié avec des griots, maîtres de cet instrument.
L'abbé Ange Marie Niouky, Supérieur du monastère de Keur Moussa, a souligné que, tout au long de sa vie, le Frère Catta avait puisé dans les trésors traditionnels musicaux du continent africain une inspiration mise au service de l'Eglise, pour honorer Dieu.

Il a ajouté que cette dernière distinction célébrait « les valeurs de partage, de générosité », et manifestait « l'attachement d'une âme à sa terre d'accueil, à l'homme et à la nature en ce qu'ils ont de plus beau ». L'abbaye de Keur Moussa a reçu par le passé plusieurs autres distinctions relatives à ses activités musicales, tel que le prix Albert Schweitzer. Le Père Dominique Catta a reçu lui-même en 2012 la Légion d'Honneur.


https://www.infocatho.fr/pere-dominique-catta-de-keur-moussa-eleve-au-rang-de-tresor-humain-vivant/

Un Sénégal pourri par les arnaques : chacun veut abuser l'autre -«xaalis kenn duko ligeey, dañu koy lijjanti »

 

Un Sénégal pourri par les arnaques : chacun veut abuser l'autre

Lu quelque part...et mon ami le doyen Djiby SY 80 ans , de la société civile en France et au Sénégal nous éveille et nous alerte.

Ce pays n'est pas malade, il est tout simplement pourri !

--Le mécanicien, le réparateur (de télés, de frigos, etc.) à défaut de vous voler une pièce, vous sort une panne imaginaire pour vous soutirer plus d'argent ;

--Ce citoyen qui veut se débarrasser de sa voiture en panne et qui décide de le vendre, tout en cachant la panne à l'acquéreur ;

--Ce citoyen qui est en possession d'un terrain litigieux mais qui décide de le vendre sans déclarer le litige à l'acquéreur ou encore ce propriétaire de terrain qui vend son bien à plusieurs personnes à la fois;

--Ces commerces (quincaillerie, show-room d'appareils électroménagers) qui exposent des « produits originaux » mais qui vous livrent des produits contrefaits ;

--Ces vendeurs de tissus qui mettent des lampes fluorescentes dans leurs boutiques afin de mieux tromper les clients ;

--Ces maçons qui s'éclipsent dans la nature après avoir encaissé leurs dus et sans avoir rempli leur part du contrat ;

--Ces vendeuses de fruits, sur les routes sénégalaises, qui bourrent leurs bols ou seaux de papiers afin de donner au client « l'impression d'un récipient rempli »;

--Cette vendeuse de poisson qui te jure sur son marabout que son produit est tout frais alors qu'elle a du mal à le vendre depuis plusieurs jours ;

--Ces vendeurs qui mettent les légumes pourris au fond du sac afin de tromper la vigilance des clients ;

--Ces vendeurs de « café Touba » qui mélangent le café avec du mil ou du riz grillé;

--ces agents de santé qui volent les médicaments des patients;

--Ces citoyens témoins d'un accident de la circulation se précipitant sur les lieux, non pas pour aider les victimes mais pour leur soutirer téléphones portables, montres, argent et autres produits. Certains sapeurs-pompiers sont aussi coutumiers des faits.

La liste est loin d'être exhaustive, que dire des marabouts et autres guérisseurs charlatans, des médecins qui détournent les patients vers leurs propres cliniques, combinent avec les pharmaciens et autres distributeurs de médicaments, ces enseignants véreux qui sèchent les cours dans le public pour se faire de l'argent dans le privé ?

Mais point de surprise dans un pays qui a pour devise «xaalis kenn duko ligeey, dañu koy lijjanti »

Lorsque les citoyens d'un tel pays sont appelés à choisir leurs dirigeants, ils ne peuvent élire que les "meilleurs" d'entre eux, c'est à dire ce qui excellent dans l'art du vol, de l'escroquerie et de la tromperie.

Ce pays n'est pas malade, il est tout simplement pourri !

Il faut

 

Achille Mbembe, Felwine Sarr et leurs tristes rêveries. Le blog de Charles Tsimi

 

Achille Mbembe, Felwine Sarr et leurs tristes rêveries. Le blog de Charles Tsimi


« Un intellectuel lu et écouté ne fait pas le printemps. Certes il y a une pensée originale chez nos jeunes intellectuels mais au fonds est-ce que cette production est efficiente au-delà de cette volonté de se dire ou exister en tant que tel ? Il y a des préalables pour entamer une amorce et il me semble que c'est là où le bât blesse chez nous auteurs. Tant que l'Afrique ne prendra pas en compte la mentalité les avancées seront freinées et l'Afrique marquera le pas et la question de son collage sera omniprésente. J'aime lire et écouter Felwine et Achille et Mabanckou mais j'attends plus du concret et non de l'aérien B CISSOKO


• Le blog de Charles Tsimi


Achille Mbembe et son compagnon Felwine Sarr signent une tribune magistrale sur le site du journal le Monde Afrique. La France n'a qu'à bien se tenir, ces deux sont révolutionnaires de ouf....Mieux que Marx et Engels, voici Mbembe et Sarr. Bientôt, ils publieront un Manifeste de la Circulation. Petit livre de 30 pages destiné aux dirigeants démocrates, pour la suppression complète des frontières.


Tout d'abord, lecteurs de Mediapart, il faut savoir qu'il y a le Monde et le Tiers-Monde. Il y a l'ONU et la Communauté internationale. Il y a lemonde.fr et lemonde.fr/afrique. A ne pas confondre. Certes, il s'agit du même groupe, mais comme indiqué, ce n'est pas le même monde, enfin si, mais disons qu'ils ont jugé là-bas, que l'Afrique avait besoin d'un peu d'intimité. Ou alors, c'est simplement qu'il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes. L'un est effectivement destiné au Monde, on y parle de Trump, du CETA, des Rohingyas, de l'Union Européenne, du Qatar, de Daesh, des choses sérieuses quoi! et l'autre est destiné à l'Afrique,. Unique continent qui bénéficie, de la part du grand groupe de presse, de cette attention délicate.
Les mauvais esprits croiront qu'il s'agit d'un apartheid, ou tout au moins, d'une discrimination POSITIVE. Personnellement, je crois que le Monde est un journal qui aime l'Afrique.C'est de notoriété publique. La Francophonie c'est sacré! Et quand on aime, on le prouve. C'est fait.


Sur lemonde.fr/afrique donc, la parole est régulièrement donnée à certains intellectuels "africains" , lesquels s'amusent à parler, à penser au nom des "africains", pour les "africains" aux officiels du Monde, de l'Occident. Parmi ces intellectuels, figurent deux noms désormais célèbres, deux pourvoyeurs attitrés de la "pensée africaine", deux diseurs de ce qu'il faut faire, deux prescripteurs, deux censeurs, deux archevêques, deux think-thankers, deux compagnons: l'historien camerounais Achille Mbembe et l'économiste sénégalais Felwine Sarr. Ils dirigent l'un et l'autre Les Ateliers de la pensée de Dakar, une sorte de kermesse intellectuelle qui réunit les Afro-consort éparpillés dans le monde.


Felwine Sarr et Achille Mbembe: les doux panseurs


Ils ont donc publié, à l'occasion de la visite du président Emmanuel Macron en Afrique, une tribune: Africains, il n'y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes ! sur le site lemonde.fr/Afrique. Bien!


Vu les auteurs, en vérité, j'aurais pu ne pas lire l'article. Mais, comme j'ai été apostrophé par un vocable des plus insignifiants :"Africains,"....il me fallait, au moins par curiosité imbécile, lire la suite : "il n'y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes ! ". Leur histoire a commencé très mal, très très mal, me suis-je dit,. Qui attend quoi de la France? Les africains ?

Qu'est-ce cette manière d'infantiliser, d'essentialiser des millions de Femmes, d'Hommes ?

Ma pauvre mère, retraitée, ne connait pas ces deux messieurs, et elle n'attend et n'a jamais rien attendu de la France, et des gens comme elles sont légions en Afrique, alors un peu de considération chers messieurs, pour ces anonymes légions qui ne vous ont pas sonnés. La fin de ce début de titre catastrophique : "...que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes!". Bref.... le titre de l'article m'a paru, très vite abscons et con, hélas, j'ai quand même décidé de poursuivre ma lecture.


J'ai lu la tribune, sans émotion particulière, sans interrogation subite....je m'ennuyais presque. A un moment donné, des mots, des bouts de phrases, quelques arguments ont commencé à m'agacer terriblement. Je ne comprenais pas comment deux têtes aussi illustres pouvaient se complaire dans une pensée aussi molle, futile, et s'octroyer le beau rôle de m'interpeller moi, africain, de la "nouvelle génération".


Ne pouvant commenter tout l'article, car je le fais à titre gratuit, je vais juste m'attaquer à quelques arguments, bouts de phrases, paragraphes, éminemment ridicules de nos deux panseurs africains. Que disent-ils:


- "Dans la poursuite de ses intérêts en Afrique, la France a, depuis l'époque coloniale, clairement choisi ses alliés locaux. En règle générale, il s'agit non pas des peuples eux-mêmes ou encore des sociétés civiles, mais de potentats souvent cruels et sanguinaires. Entourés d'une caste servile déterminée à se reproduire indéfiniment au pouvoir, il s'agit, dans la plupart des cas, de tyrans disposés à traiter les leurs comme des captifs de guerre".
L'Histoire n'est pas avare de potentats cruels et sanguinaires, de véritables tyrans. ça ne sert à rien d'affubler l'Afrique de mots extravagants, alors que celle-ci souffre déjà, simplement, pour ce qu'elle est. Des dirigeants qu'on peut faire et défaire depuis l'étranger, des dirigeants que de petites associations étrangères peuvent poursuivre en justice, des dirigeants dont on peut bloquer des comptes et saisir quelques biens à l'étranger, des dirigeants soumis aux "droits de l'homme" et à la "démocratie", des dirigeants qui ont peur de leur population ...hé bien, pour moi, c'est autre chose que des potentats (souverain absolu d'un grand Etat).


Il n'existe pas de potentats en Afrique (peut-être le Roi du Maroc, et encore!). Pourquoi utiliser donc ce mot qui ne rend compte de rien? Dans l'optique de bien se faire voir. Et cruels? La cruauté des dirigeants africains est surtout une cruauté de médiocrité, d'impuissance, de cupidité. Ils ne sont pas cruels au sens des grands massacres qui jonchent l'Histoire....l'Afrique compte les dirigeants les moins criminels de toute l'Histoire de l'humanité. Ils sont ceux qui ont le moins massacré leurs peuples, et les peuples étrangers. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont les plus vertueux, ni que cela constitue un mérite particulier. C'est simplement un fait qui peut se comprendre trop aisément: moins criminels, car moins puissants, moins conquérants. Si les conditions étaient réunies, ils auraient été, sans nul doute, aussi cruels que Caligula, Bismark, Napoléon, Léopold II, Ferry, Pol-Pot, De Gaulle, Bush, Sarkozy....

je passe sur le cas d'Hitler et de Staline. Sanguinaires?

Là aussi, on peut faire le décompte, et on verra qu'en litre de sang versé, les dirigeants africains sont de petits joueurs. Véritables tyrans? Archi faux! Ce sont surtout de médiocres tyrans. Là encore, on peut convoquer l'Histoire....Et la tyrannie, c'est autre chose que vivre au Cameroun, au Zimbabwe, en Angola. Je ne le dis pas parce que je suis défenseur d'un quelconque régime famélique en Afrique, bien au contraire, soucieux de bien nommer le mal qui mine ces pays, je refuse d'utiliser des mots qui se baladent d'une bouche à l'autre, sans qu'on ne cherche à comprendre ce qui se cache derrière, et pourquoi on l'utilise.


- "L'un des procès les plus significatifs intentés contre la France par les nouvelles générations d'Africains est d'avoir lié son sort à celui de classes dirigeantes ..."


Qu'est ce que ce charabia? nouvelles générations d'Africains, une réalité trop imprécise et trop confuse. Cela dit, 41% de la population en Afrique a moins de 15 ans, et les jeunes de moins de 25 ans représentent 65% de la population. Ces jeunes sont très peu politisés, ils sont surtout confrontés aux problèmes d'accès à l'éducation, d'emploi et de soins de santé. Où est ce que nos deux panseurs ont vu "ces nouvelles générations qui intentent des procès significatifs à la "France"? Ne confond-on pas ici les jeunes issus de l'immigration vivant à l'étranger, et la "jeunesse africaine"? Il y a une différence spectaculaire entre la jeunesse urbaine de Douala (ou de Malabo,Abidjan...) et son rapport à la politique et la jeunesse africaine vivant à l'étranger. Tout comme il y a une différence entre la jeunesse urbaine de Douala et la jeunesse rurale de Mbandjock, au Cameroun. La jeunesse urbaine d'Abidjan et la jeunesse rurale de Côte d'Ivoire. Et les jeunes ruraux viennent, de plus en plus, dans les villes, non pour se liguer contre les pouvoirs en place ou contre la France, mais pour vivre plus confortablement. Ils échappent, à l'heure d'internet, à l'ennui des villages et regagnent nos étroites capitales, des pétaudières, pour se connecter avec le "monde".


-"Ne pas se tromper de diagnostic signifie aussi ne point faire de la France le bouc émissaire de tant de malheurs que nous aurions pu éviter, mais que, plus que de coutume, nous nous auto-infligeons."
C'est Achille Mbembe et Felwine Sarr qui font semblant de croire qu'il y a assez de gens stupides pour se tromper de diagnostic. Et qu'il faudrait leur bonne parole à eux, pour nous guider vers le droit chemin. Aucun parti politique en Afrique ne prospère sur la base d'un anti impérialisme. Contrairement en France, où on voit des hommes politiques jouer avec la corde de l'immigration par exemple, pour des raisons "démocratiques". Il n'y a pas une opinion dominante, en Afrique en tout cas, qui fait de la France un quelconque bouc-émissaire...Dans les marchés, les lieux populaires, les gens ne se mettent pas du matin au soir, sous le soleil, pour raconter que c'est à cause de la France qu'ils sont ce qu'ils sont. Dans les bars, ça ne cause pas esclavage, colonisation...


Au Cameroun, pays africain je rappelle, il y a quelques années, un activiste très anti français, André Blaise Essama vandalisait quelques sites qui portaient la trace de la présence française à l'époque coloniale. Ce dernier, aux yeux de l'opinion, avait plus l'air d'un fou que d'un activiste. Ils n'étaient suivi, acclamé par personne. C'était une espèce de Kemi Séba, mais en plus authentique, qui n'intéressait personne...même pas mes camarades d'alors, en faculté de Sciences Juridiques et Politiques de Yaoundé II. Même pas par l'UPC, ce parti nationaliste qui a combattu les envahisseurs.
- "Mais, par-dessus tout, les nouvelles générations ont pris conscience que les rapports franco-africains postcoloniaux reposent sur très peu de valeurs que la France et l'Afrique auraient en partage. Dans un contexte de tarissement des rentes de la circulation, cette vacuité morale et le défaut de légitimité qui s'ensuit expliquent, plus qu'on ne l'a laissé entendre, le recul de l'influence française en Afrique."
Encore leur vague truc de "nouvelles générations". Et pour le reste, je ne comprends rien.


- "Plus que leurs aînés, les jeunes Africains savent que la survie de l'Afrique ne dépend pas de la France, tout comme la survie de la France ne devrait guère dépendre de l'Afrique. Elles ont compris que le fait d'avoir eu, à un moment donné, un passé en commun ne nous condamne pas à envisager un futur ensemble, surtout si ce futur doit se construire à notre détriment."
Sur quoi repose de telles affirmations? Leurs aînés, c'est à dire Quelle génération? Les "nouvelles générations", celles qui représentent plus de la moitié du continent sont surtout à éduquer, à soigner. Depuis leurs écrans de télévision, leurs smartphones pour ceux qui en ont, leur ordinateur, la France veut surtout dire le bien-être. Ils constatent les conditions matérielles d'existence qui diffèrent. Ces "nouvelles générations" contrairement à ce que prétendent nos deux prescripteurs, n'ont pas davantage compris ce qu'ils appellent passé en commun et futur ensemble, faute d'intellectuels présents avec eux.
- "Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir à un moment où le processus de décolonisation de l'imaginaire africain est en phase d'accélération....".


Quels doux rêveurs! Quelle bêtise! Le désir d'occident (voir Alain Badiou) n'a jamais été aussi violent en Afrique et dans le monde. Partout les gens aspirent à vivre comme en Occident. Et ce désir d'Occident est la preuve que s'il y a bel et bien un lieu qui est loin d'être en pleine décolonisation, c'est l'imaginaire. Partout en Afrique on aspire à la "DEMOCRATIE" (notez les guillemets), une fascination extrêmement béate des élections de Macron ou de Trump. Là encore, c'est la preuve que le processus de décolonisation de l'imaginaire est loin d'avoir commencé. Si nos deux faiseurs de tribune étaient assez dans le réel, ils se rendraient compte que l'élection française passionne en Afrique subsaharienne, plus que n'importe quel autre élection locale.


N'appelle t-on pas déjà, au Cameroun, un candidat aux prochaines élections présidentielles en 2018, le Macron camerounais? N'a t-on pas vu la jeune diaspora gabonaise supplier l'ultra démocrate François Hollande, pour qu'il aille chasser Ali Bongo du pouvoir? Il n'y a pas de processus de décolonisation de l'imaginaire entamé, c'est l'inverse, en sa phase d'accélération.


- "Les structures fondamentales de cette décolonisation se donnent le mieux à voir dans la production artistique et esthétique et dans le renouveau de la pensée critique"


N'importe quoi! Production artistique?

Intéressons-nous donc à cette production. Prenons la musique urbaine. Au Nigéria, au Cameroun, et en Côte d'Ivoire....elle n'est rien d'autres que la reproduction tiers-mondisée de ce qui se passe aux USA. Il suffit de regarder les clips. Les techniques utilisées. L'habillement. On parle Cinéma?

Théâtre? Arts vivants? Littérature? Achille Mbembe et bien d'autres écrivains noirs, si ils sont connus et jouissent d'une réputation en Afrique, c'est grâce à la France ou disons à l'Occident. La majeur partie des grands intellectuels et des grands écrivains africains re-connus en Afrique le sont parce qu'ils ont été proclamés comme tel depuis les instances européennes. Il n'y a pas d'écrivains publiés au Cameroun dont la popularité dépasse le seul cadre de sa famille ou de son village. J'exclus les quelques oeuvres au programme scolaire.


Quant au renouveau de la pensée critique, franchement, quelle imposture! Là encore, je demande à nos deux savants de faire le tour des universités en Afrique subsaharienne, de regarder le niveau de la recherche...et de nous dire s'il y a de quoi bomber le torse. Renouveau ?

mais où? Quelles sont donc les revues scientifiques africaines qui bousculent le monde du savoir?


- "Les arts du XXIe siècle seront africains"


Tel est le titre d'un de leurs paragraphes. Alors qu'ils énoncent des conneries, rappelons à nos tranquilles intellectuels que, pendant que l'on vendait des migrants à 400 euros la pièce, en plein XXIe siècle, un tableau de la Renaissance, Salvator Mundi de Léonard De Vinci, s'est vendu à 450 millions de dollars à New York.


- Que dire par ailleurs de la production artistique et de la création esthétique ?

Puisque les arts du XXIe siècle seront africains, comment ne pas s'en servir pour faire éclore , ensemble, de nouvelles virtualités ?


On ne sait pas toujours, pourquoi et à partir de quoi ces messieurs déclarent que les arts du XXIe siècle seront africains...les chinois ne sont pas créatifs j'imagine, et les argentins des bons à rien, et les iraniens trop nuclérairés pour briller dans l'art, et les turcs pas assez démocrates pour inventer.... D'où ça leur sort que l'Afrique serait au XXIe siècle le continent par excellence de l'art? "comment ne pas s'en servir pour faire éclore , ensemble, de nouvelles virtualités ?"...Se servir de quoi exactement? ce qui n'existe pas encore? Quelles virtualités? bref....pathétique!
- "La réinvention des rapports entre la France et l'Afrique n'a de sens que si ces rapports contribuent à une nouvelle imagination du monde et de la planète. La grande question philosophique, esthétique et culturelle, mais aussi politique et économique du siècle en cours est celle de la mutualité, de la mobilité et de la circulation."


Tout porte à croire qu'avec les Etats-Unis, avec la Chine, le Japon, l'Inde, la Russie...l'Afrique a d'excellents rapports. Ne reste plus que la France. En outre, cette histoire de nouvelle imagination du monde et de la planète est assez risible. On est dans un monde capitaliste. Qu'ils continuent d'imaginer.... Et puis, la réinvention, ça tombe du ciel?

ou alors, sont-ils vraiment convaincus qu'à la suite des élections libres et transparentes en Afrique, ils auront ce "nouveau monde et cette nouvelle planète"? N'est-ce pas d'une naïveté proche de l'ignorance?


Ils disent, ils osent dire: La grande question philosophique, esthétique et culturelle, mais aussi politique et économique du siècle en cours est celle de la mutualité, de la mobilité et de la circulation. Alors qu'on sait depuis peu que Le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde a dépassé l'an dernier celui des 99 % restants. Alors qu'on vit tous les jours l'expérience d'un monde cruellement injuste et inégalitaire, alors que l'Afrique piétine et reste le théâtre d'affrontements étrangers, alors que des populations entières vivent de l'aide humanitaire, nos deux Africains déclarent que LA GRANDE QUESTION PHILOSOPHIQUE...est celle de la mutualité. La mobilité.

La circulation. LA GRANDE QUESTION ESTHÉTIQUE..POLITIQUE..LA GRANDE QUESTION ECONOMIQUE....CULTURELLE. Quelle médiocrité!
Mutualité. Mobilité. Circulation ne sont pas de grandes questions.....Elles n'ont strictement rien de politique. Et d'ailleurs, ce monde-ci est déjà mutuelle, mobile et circulaire. A moins donc, de vouloir, aller plus ou moins loin, se poser la question de la mutualité, la mobilité, la circulation est sans intérêt.


- "Réinventer la relation avec l'ex-puissance coloniale exige de remplacer le colonialisme par de nouveaux rapports de mutualité, de réciprocité et d'égalité." Qui réinvente? Les Etats? a t-on déjà vu les Etats réinventer quoi que ce soit si ce n'est leurs intérêts nationaux? Alors balancer comme réinventer la relation ...n'a pas de sens. Cette réinvention n'aura pas lieu. Parce que l'Histoire politique est une histoire de rapports de force, de luttes, de conquêtes. Ce n'est pas deux démocrates qui vont aller se mettre à table et convenir, parce que ayant lu Mbembe et Felwine, que le colonialisme c'est pas bon, place donc à l'égalité, à la réciprocité.


- "Au-delà des jeux de puissance, la seule discussion d'avenir avec la France, le seul débat philosophique digne d'intérêt avec ce pays qui a significativement contribué à la vie de l'esprit, c'est celui-là : comment assurer la durabilité de ce monde, le seul que nous avons en partage."


Ces deux naïfs parlent comme si l'Afrique était un pays. Ils font comme si l'avènement d'une unité politique du continent était une affaire de claquement de doigts. Ils affirment arrogamment: "la seule discussion d'avenir avec la France, le seul débat philosophique digne d'intérêt avec ce pays qui a significativement contribué à la vie de l'esprit, c'est celui-là : comment assurer la durabilité de ce monde, le seul que nous avons en partage".

C'est donc ça?

Assurer la durabilité de ce monde...Le monde est très bien comme il est. Il faut simplement "assurer" qu'il dure toujours comme il est.
L'historien et l'économiste veulent une chose et son contraire. Ils veulent imaginer un nouveau monde, et en même temps ils veulent "assurer" à "ce monde" une durabilité. A quoi renvoie "ce monde" si ce n'est le monde capitaliste régit par les intérêts, l'exploitation, les guerres? Ou alors, ils sont en train de nous dire que la seule discussion qui vaut le coup avec la France est celle de l'écologie? C'est du n'importe quoi. Après nous avoir posé leur GRANDE QUESTION PHILOSOPHIQUE de l'année, ils nous imposent la SEULE DISCUSSION d'AVENIR: durabilité. Pendant ce temps, 100 congolais peuvent mourir dans le silence complet de la communauté internationale et quand un français meurt, c'est l'humanité entière qui pleure.


Comment peuvent-ils, au vu des conditions d'existence des millions d'Africains, dire que la seule discussion possible est "d'assurer". Et pourquoi se limitent-ils à la France? On croyait pourtant qu'ils étaient fraîchement et impeccablement décolonisés.


- "Cette durabilité exige la redistribution la plus équitable possible du droit universel à la mobilité et à la circulation".


J'avoue, en lisant ceci, j'ai éprouvé un peu de la colère. De mépris. Est-ce pour ça que ces messieurs ont interpellé les Africains? Un monde juste repose t-il d'abord et fondamentalement sur la mobilité et la circulation? Qu'est ce que cette histoire de mobilité et de circulation dans ce qui se passe actuellement au Soudan, en Somalie, en Érythrée, au Somaliland, au Swaziland? Ignore t-on sur quoi repose le privilège de ceux qui, aujourd'hui peuvent tranquillement circuler dans la surface du globe? Va t-on dans un monde aussi horriblement gouverné par l'argent commencer à réfléchir sagement sur le droit universel à la mobilité, à la circulation, et donc à se porter soi même en esclavage, pour ceux qui n'ont rien et qui croiront aller trouver ailleurs quelque chose.


- "Cette politique de la circulation planétaire, il nous revient d'en imaginer les fondements éthiques, à l'heure où le rêve d'apartheid semble s'être à nouveau emparé du monde."


Pur charabia. Quelle pensée maigrichonne! Lorsque Marx demandait aux prolétaires de tous les pays de s'unir, il n'exigeait pas au préalable un droit universel de la circulation. Il existe déjà un droit universel à la santé, à l'éducation....et pourtant! Alors un droit universel de la circulation, c'est aussi imbécile que la fermeture des frontières. Car, dans un cas, comme dans l'autre, l'Homme circule.....depuis ses origines. Et il y a une circulation qui doit nous interpeller, celle des migrants. Et ce qu'elle révèle, ce n'est pas tant qu'il nous faut un droit d'aller et venir, c'est surtout que le monde se résume un peu à l'Occident. Qu'un blanc c'est pas tout à fait un noir....Qu'un riche c'est pas tout à fait comme un pauvre...Qu'un anglais c'est pas comme un nigérian.


La question de l'égalité est la question de l'Humanité par excellence. Il faut travailler à son avènement, de façon explicite et déterminée, ou sinon on travaille contre-elle, comme nos deux pauvres savants.


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La construction est un art, elle exige des normes qui hélas ne sont pas respectées au Sénégal. Chacun est architecte, chacun sait faire et les conséquences ce sont les males façons, les écroulements de maisons, des infiltrations, etc. Quand il pleut on voit les défauts, trop tard.
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