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Société

La critique est un art : La critique est aisée, mais l'art est difficile–Il faut savoir accueillir une critique pour mieux rebondir et grandir.

 

La critique est un art : La critique est aisée, mais l'art est difficile–Il faut savoir accueillir une critique pour mieux rebondir et grandir.


La critique est aussi une technique, une méthode pour découvrir la vérité.


Dans nos pays il est difficile de critiquer. La critique est souvent perçue comme négative. Quand on fait un cursus scolaire on se rend compte que la critique négative ou positive accompagneront notre parcours et c'est ce qui nous permettra de grandir et d'être modeste.


En Doctorat, Thèse, etc, certains professeurs vous «cassent» pour vous apprendre à être humble mais vous tomber pour rebondir. Par exemple quand vous ne citez pas les livres d'autorité, les auteurs clés, vous serez taxé d'imbu et la sanction tombera. Quand on fait un travail il faut savoir qu'il y a des gens qui ont travaillés sur le sujet et donc il faut connaître leurs points de vue pour qu'à votre tour vous puissiez dresser leurs limites.


C'est la figure du nain juché sur le géant.


La critique a deux faces. Il y a la mauvaise qui détruit pour faire mal mais on oublie celle qui permet de voir clair pour améliorer les choses. Cette critique permet de grandir et bonifie notre personne.
La critique permet de dire clairement, de donner le maximum d'informations précises pour que la recherche soit facile.
Récemment une grande personne m'apprend la sortie de son ouvrage je tape le titre et je ne trouve rien. Problème. Le livre circule mais n'est pas correctement référencé. En le disant à mon ami il a contacté l'éditeur qui n'avait fait le travail jusqu'au bout. Le bricolage c'est l'autre spécificité de l'Afrique et de l'africain (cf La métaphore de l'architecte chez Descartes. Si je n'avais pas alerté notre grand professeur et écrivain le passerait inaperçu malgré sa qualité.


Quand on critique ce n'est pas pour casser comme on peut le faire quand on a un esprit limité. D'ailleurs l'islam nous interdit de critiquer ou de médire. Ou quand on critique on le fait devant la personne non pas pour le diminuer, l'affecter mais l'aider à corriger et améliorer son travail.


En Afrique il faut qu'on accepte les critiques , il faut changer nos mentalités pour aller de l'avant. La bonne critique nous fait avancer. Aristote était l'élève de Platon mais il disait une chose vraie ; j'aime Platon mais j'aime plus la Vérité. Il avait tout dit dans cette formule.


Ce n'est pas aussi parce qu'on critique un ami qu'on doit le défendre. Aimer quelqu'un c'est oser lui parler franchement mais avec tact et mesure, avec bienveillance en pointant les éléments qui pêchent. Il est bon de savoir accueillir une critique, l'analyser et en tirer une substance. Personne n'est parafait sinon on serait à la place de dieu. Ne sautez jamais de façon brutale face à critique

critiquer
verbe transitif
1. 1.
Examiner (les ouvrages d'art ou d'esprit) par la critique pour en faire ressortir les qualités et les défauts.
synonymes : analyser, étudier, juger
2. 2.
Émettre un jugement négatif sur (qqn, qqch.).
synonymes : blâmer, condamner, arranger, éreinter, taper sur
SYNT. Analyser, apprécier, commenter, examiner, surveiller et critiquer; critiquer cruellement, doctement, durement, expérimentalement, justement, librement, méticuleusement, pertinemment, sainement, savamment, scientifiquement, sérieusement, sévèrement, systématiquement, timidement, victorieusement, violemment, vivement; critiquer à bon droit, à juste titre, pour critiquer, pour le plaisir, sans motif valable; oser critiquer; s'amuser à critiquer; s'abstenir de critiquer; pour le plaisir de critiquer; les esprits chagrins qui critiquent.

Dans le managment on trouvera ceci
Avez-vous tendance à juger ?
La critique positive


Vous avez la capacité d'analyser avec pertinence les travers des gens que vous côtoyez. Vous savez aussi être magnanime et acceptez les autres malgré leurs défauts. Si vous avez une critique à formuler, vous en soupesez bien toutes les conséquences avant de l'adresser à son destinataire. Car vous savez qu'un reproche doit pouvoir être constructif. Sinon vous préférez vous abstenir. Vous avez compris que celui qui juge mal est celui qui se juge mal. Aussi est-il naturel que nombre de personnes se tournent vers vous pour vous demander conseil. Mais vous restez encore une fois très prudent(e) lorsqu'on réclame votre avis. Une telle sagesse témoigne d'un grand travail d'introspection. Des attaques douloureuses dans votre passé vous ont peut-être conduit à adopter cette attitude teintée de respect. Ou bien peut-être avez-vous réalisé au fil du temps que les stéréotypes condamnaient à de médiocres jugements systématiques. Le résultat semble satisfaisant puisqu'il vous a permis de saisir la nature même de votre personnalité et d'identifier avec pertinence vos propres faiblesses. Continuez d'appliquer ce contrôle subtil de vos opinions. Cette créativité vous guidera vers une observation toujours plus affinée du comportement humain.


Les 4 principes de la critique constructive


Sylvie Laidet


La critique pour faire mal, c'est facile. Critiquer pour faire avancer son interlocuteur, un peu moins... C'est pourtant beaucoup plus utile pour tirer le meilleur de ses collaborateurs. Manager, suivez nos conseils pour être un bon critique.
Adopter une posture bienveillante
Autrement dit, faites un effort pour voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide. « Cette posture de management est indispensable pour pouvoir se concentrer sur les points positifs de son équipe », prévient Thierry Pacaut, coach et consultant au sein du cabinet Team for Development.
Don't : « C'est un nul ! Il a encore raté la vente du siècle, je vais me le faire ! »

Do : « Comme d'habitude, son entrée en matière avec le client était formidable, son erreur de prise de commande est un incident de parcours. »
Commencer par un constat positif
En début d'entretien, insistez sur les réussites de votre collaborateur et les efforts qu'il a déployé pour atteindre son objectif. « Il s'agit de montrer que vous avez pris en considération son travail. Plus le compliment sera précis, plus il sera impactant sur votre interlocuteur », insiste-t-il.
Don't : « Tu as bossé dur, mais ce dossier est tout simplement incomplet. »
Do : « La première partie de ton dossier est remarquable. Notamment ta présentation très ingénieuse de notre nouvelle gamme de produits.»


Objectiver les « faits » reprochés


Après les compliments vient donc le temps de la critique. Là, encore il s'agit d'être le plus factuel et objectif possible sur un ou deux problèmes, pas plus. Dans ce type d'entretien, l'émotion n'a pas droit de citer. De même, ne vous en prenez jamais ni à la personnalité, ni au physique de votre interlocuteur. S'il se sentait agressé et dévalorisé, il camperait sur ses positions et le dialogue serait rompu. « Tout en assumant son opinion, le manager doit détailler le point de blocage en le tournant en axe d'amélioration à suivre », ajoute Thierry Picaut.
Don't : « Ta présentation était nulle. Tu ne connais toujours pas la composition de nos produits ! Ne recommences jamais ça ! »
Do : « J'ai lu avec intérêt ta dernière présentation, et je pense que tu as commis une erreur en avançant que ce produit Z présentait telle caractéristique. »

Solliciter l'intellect du collaborateur


La pire réponse serait de lui apporter une solution à son problème sur un plateau. « Après avoir émis une critique positive, laissez-le trouver sa solution. Échangez avec lui autour de ses propositions. Attention, en fonction des personnalités présentes dans l'équipe, les solutions seront différentes. Acceptez qu'elle ne soit pas la vôtre si le résultat est au final identique », conseille le consultant de Team for Development. Faites-lui confiance et invitez-le à se projeter dans l'étape d'après. Rien ne sert de ruminer sans cesse le passé.
Don't : « Voilà, selon moi, la meilleure solution à mettre en œuvre. Au boulot ! ».
Do : « Que penses-tu de ma remarque ? Concrètement, comment pourrais-tu faire évoluer favorablement ce dossier lors de ton prochain rendez-vous ? »

Sylvie Laidet © Cadremploi

Faire une critique positive au travail : Et si en management, le plus était l'ami du mieux ?


Développement des Dirigeants, Managers et collaborateurs, Management & Leadership , Performance par la motivation

Le cercle Les Échos: La critique est aisée, mais l'art est difficile. Prenons cet aphorisme pour nous interroger sur la manière actuelle de faire une critique positive. Dans le cadre d'un management moderne qui s'inscrit aujourd'hui dans une logique humaniste où l'art de manager s'apparente de plus en plus à la capacité d'animer, motiver et donner envie à ses équipes, faire une remarque positive prend tout son sens.


La critique est aisée, mais l'art est difficile


Nous pourrions reprendre cet aphorisme qui daterait du XVIIIe siècle pour nous interroger sur la manière actuelle de faire une critique positive au travail. Dans le cadre d'un management moderne qui s'inscrit aujourd'hui dans une logique humaniste où l'art de manager s'apparente de plus en plus à la capacité d'animer, motiver et donner envie à ses équipes bien plus que d'ordonner et imposer une directive, faire une remarque positive prend tout son sens...
Faire une critique positive, constructive ne pourrait-elle pas être un art en soi ?


La différence entre une critique constructive et une critique malveillante ?

« La première est celle que vous faites aux autres. La seconde est celle qu'ils vous font ». Mais si nous cherchions un peu plus loin que cette boutade à la Sacha Guitry ?


Aujourd'hui, le mot critique est connoté péjorativement. Pourtant, critique vient du latin criticus, issu du grec ancien kritikos (« capable de discernement »). Avoir un esprit critique c'est donc faire preuve de jugement et de perspicacité, avoir une certaine clairvoyance des faits. Être critique c'est avoir l'exigence de ne pas s'en tenir à l'apparence, c'est exercer sa faculté de jugement, c'est s'interroger sur le bien-fondé des affirmations, des attitudes, et passer au crible ce qui est donné comme état de fait. Ce qui semble primer de nos jours en matière de management c'est la manière d'exprimer, de partager cette critique.


Nous rencontrons souvent en coaching de manager, des managers qui considèrent ne pas arriver à faire comprendre aux membres de leur équipe qu'ils n'ont rien contre eux personnellement, mais que ce sont certains résultats qui posent problème. Il est courant de rencontrer en entreprise une distorsion entre comment le manager perçoit son équipe et la façon dont l'équipe se croit perçue.
Nous croisons de nombreux managers qui, dans une posture encore ancienne du management, pensent que toute erreur, toute action imparfaitement réalisée par un de ses collaborateurs, nécessite de mettre en avant, de donner un écho important à ce qui ne convient pas, à ce qui doit être amélioré... Sans pour autant centrer une partie du débriefing sur les points positifs de l'action du collaborateur. Disons le tout net : cette façon de faire est une erreur « psychologique » courante et source de démotivation des collaborateurs et des équipes !
Heureusement, l'art de faire une critique positive au travail est facilement accessible.
Les approches modernes du management considèrent que ce comportement « naturel » de la part d'environ 50 % des managers selon certaines études est préjudiciable à une bonne motivation au travail, une bonne gestion des équipes et donc in fine sur leurs performances.


Comment critiquer de façon positive et renforcer votre rôle de manager ?


Il existe une façon de critiquer qui invite chacun à s'améliorer, qui n'entame pas l'estime qu'il a de lui-même et n'entame en rien la fonction de management. Et en regardant plus en détail, est-il si difficile de voir aussi les points positifs d'une action d'un collaborateur ?


Nous allons voir les étapes essentielles à l'élaboration d'une critique positive et constructive : Comment faire une critique positive au travail !


1) Soyez bienveillant
La façon dont va être perçue votre critique est déterminée par les raisons qui vous poussent à la faire. Il faut que vous ayez envie d'aider le destinataire de votre feedback à s'améliorer. Ne pensez pas d'abord à « sanctionner » le manquement de votre collaborateur.
Assurez-vous également d'être la bonne personne, d'avoir l'autorité et le statut vous permettant d'effectuer une critique, dans le cas contraire elle ne sera pas entendue ou mal vécue.


2) Tout est dans la présentation, tout est affaire d'emballage


Souvenez-vous lorsque vous receviez vos cadeaux d'anniversaire ou de Noël dans de beaux paquets bien agencés... pensez-vous que vous auriez eu autant de plaisir à les découvrir s'ils avaient été emballés dans des sacs en plastique de supermarchés ? Les études les plus récentes dans le domaine des neurosciences et du marketing montrent que l'emballage à de l'importance.
Un même vin n'aura pas le même gout selon qu'il sera servi dans une bouteille de grand cru classé ou dans une bouteille en plastique, et pourtant c'est le même vin. Il en va de même pour la critique. Prenez le temps de l'enrober, délivrez votre critique avec bienveillance dans des termes choisis pour leur connotation favorable. Il s'agit de faire preuve de finesse, de tact et d'élégance. Une critique c'est comme un médicament, pour avaler la pilule c'est toujours mieux d'avoir un verre d'eau sucrée, pensez-y.

3) Soyez le plus objectif possible. N'utilisez pas le canal émotionnel


Il est préférable de retirer toute émotion du dialogue (en analyse transactionnelle, il s'agirait d'une transaction de l'état du moi Adulte à l'état du moi Adulte).
Essayez d'être le plus neutre possible aussi bien dans vos messages verbaux que non verbaux. Souvenez-vous que la communication courante comporte trois éléments : le sens des mots, l'intonation (tonalité dans laquelle on prononce ces mots et qui va les colorer affectivement), la gestuelle ou communication non verbale (c'est-à-dire l'ensemble des expressions du visage, des gestes, des postures, des déplacements). Le sens des mots compte pour 7 %, l'intonation pour 38 % et la gestuelle pour 55 %. Si vous êtes dans l'émotion, cela transparaitra dans votre langage, dans votre intonation, dans votre attitude et vos gestes.


Pensez donc à vous détendre avant de donner votre critique. Soyez chaleureux, votre comportement et votre attitude ne doivent pas être agressifs, mais bienveillants. Il est important que votre interlocuteur sente votre empathie afin qu'il se sente plus à l'aise et moins menacé ; sinon il se « fermera ».


4) Choisissez le bon moment et le bon endroit


Même avec les meilleures intentions du monde, si vous critiquez un de vos collaborateurs sur la place publique il y a de grandes chances pour qu'il se sente humilié et qu'il nourrisse par la suite du ressentiment à votre égard. Privilégiez un endroit calme avec un minimum d'intimité permettant d'instaurer un climat de confiance.


5) Ne vous en prenez jamais ni à la personnalité ni au physique de votre interlocuteur


Vos critiques doivent porter sur des faits, sur le travail effectué, sur ce qui est de votre ressort. Sa vie privée ne vous concerne pas et il ne s'agit pas de faire son procès.


6) Essayez la méthode Sandwich


Il s'agit là d'enrober votre critique. Débutez la conversation par un compliment, une marque d'attention, puis ensuite amenez gentiment la critique en des termes acceptables et terminez l'échange en changeant de sujet, en parlant de quelque chose de plus positif... Ce n'est pas de la manipulation, mais savoir faire preuve de tact et de bienveillance. Ne vous inquiétez pas votre critique n'en sera pas pour autant oubliée.


7) Soyez honnête et clair


Ne tergiversez pas, évitez la langue de bois, évitez de paraître confus ou flou cela ne peut que perturber votre interlocuteur. Il s'agit de dire la vérité aussi clairement que possible. Puisque maintenant vous avez préparé le terrain, votre interlocuteur est tout disposé à vous entendre.
Soyez précis dans vos remarques. Dire : « Vous avez travaillé dur, mais ce dossier est incomplet, revoyez ça ! » ne va pas beaucoup aider votre collègue. Commencez par reconnaître ses efforts, montrez-lui que vous avez pris en considération le travail qu'il a fourni, détaillez avec lui les points forts de son travail, puis seulement ensuite dites explicitement et avec précision les points d'amélioration que vous envisagez.


8) Sollicitez l'intellect de votre interlocuteur


Ne lui donnez pas votre solution, faites-lui part du problème par le biais d'une critique positive et ensuite demandez-lui de trouver des solutions. Il n'en sera que plus efficace lors de la mise en œuvre des solutions qu'il aura trouvées par lui-même. L'idéal serait qu'à la fin de votre entretien, vos remarques deviennent les siennes, que votre interlocuteur abonde dans votre sens et reconnaisse les axes d'amélioration évoquée ensemble.


9) Servez-vous du passé comme levier dans le présent, mais ne ruminez pas


Il ne sert à rien de ressasser des erreurs déjà commises et auxquels personne ne peut rien changer, cela mine le moral de tout le monde. Il faut certes apprendre de ses erreurs, mais non mouliner dans le vide. Si vous pensez qu'il est nécessaire de faire appel à des erreurs commises, assurez-vous qu'elles soient pertinentes dans le contexte actuel, qu'elles servent au présent. Il ne s'agit pas de faire la liste de ce qui aurait dû être fait, puisque personne ne peut rien y changer. L'exemple des erreurs passées doit juste vous servir de rappel, de clignotant, c'est un panneau : Attention, rappelez-vous ! Mais si vous vous appesantissez dessus l'énergie de l'équipe se dissoudra et la rancune engendrera des conflits.


10) Soyez attentif, n'en dites pas trop à la fois


Adaptez-vous à votre interlocuteur, ne débitez pas tout ce que vous avez à lui dire, faites vos remarques une par une dans l'ordre que vous avez élaboré préalablement. Quand vous sentez que c'est assez, faites une pause ou arrêtez-vous. Il n'est pas bon de trop en dire d'un seul coup. Il faut opérer par petites touches. Il faut s'assurer que l'interlocuteur est disposé et apte à entendre la critique afin de s'améliorer.


11) Insistez sur les progrès


Faites part du chemin parcouru plus que du chemin à parcourir. C'est dans le progrès réalisé que se situe l'énergie nécessaire à la progression. Au contraire, une vision centrée uniquement sur l'objectif final, parfois éloigné, ne peut que décourager.


En conclusion, la critique positive n'est pas une simple technique « que l'on sort » pour résoudre un problème. C'est une méthode qui met en œuvre un ensemble d'attitudes de base qui devrait faire partie de « l'équipement émotionnel » du manager moderne : vouloir aider, vouloir écouter, avoir confiance dans les capacités de l'autre, accepter les différences...
Sans ces attitudes la méthode paraîtra fausse, vide, mécanique et peu sincère et atteindra rarement son but. La critique positive est donc une discipline complexe à pratiquer, mais les efforts que l'on déploie pour parvenir à la maitriser sont récompensés au centuple par l'ampleur des changements obtenus. Cela tant dans le domaine de la communication au sein de l'entreprise que dans celui des performances réalisées par ses employés, sans oublier que pour le manager c'est une magnifique opportunité de développer ses compétences managériales.


http://www.team4development.fr/faire-une-critique-positi

Rapport 2017 du ministère de la justice : 4611 enfants en danger et 897 autres en conflit avec la loi

Thiès, Dakar et Saint-Louis sont-elles respectivement des régions où les enfants éprouvent-ils le plus de difficultés à s’épanouir ? En tout cas, sur un effectif de 897 enfants en conflit avec la loi, recensés au Sénégal en 2017, dont les 92% sont des garçons, Thiès en compte 151, suivi de Dakar avec 142 enfants et Saint-Louis qui totalise 102 cas. Pis, dans ces trois régions, l’effectif des enfants «hors la loi» dépasse la moyenne nationale qui est de 64 gamins. Quid de ceux en dangers, estimés à 4611 enfants dont les 46% sont des filles ? A ce niveau aussi, l’effectif de chacune de ces régions dépasse la moyenne nationale qui est de 329 mineurs, informe le rapport 2017 du ministère de la Justice.

L’effectif des enfants en conflit avec la loi se chiffre à 897 mineurs dont les 92% sont des garçons. La prise en charge de cette couche vulnérable est beaucoup soutenue dans les régions de Thies. Avec 151 enfants, soit un taux de 16,8%, elle est la région où les enfants ont plus de difficultés, renseigne le rapport 2017 du ministère de la Justice. Selon ce document, la région de Dakar, avec 142 enfants, pour un taux de 15,8%, vient en deuxième position. La région de Saint-Louis totalise 102 mineurs en difficulté avec la loi, soit un taux de 11,4%. Le document indique que dans ces régions, l’effectif des enfants en conflit avec la loi dépasse la moyenne nationale qui est de 64 enfants. Les autres régions, quant à elles, se caractérisent par des effectifs de prise en charge assez faible, signale le rapport. Une comparaison des sexes montre que sur les 897 enfants, les 71 sont des filles ; ce qui représente un taux de 8%. Et, 63% de ces dernières sont concentrées entre Dakar, Thies et Saint-Louis.

Les enfants en dangers, quant à eux, sont estimés à 4611 gamins dont les 46% sont des filles. Les régions de Dakar (59,2%), Thiès (7,6%) et Saint-Louis (9,1%) se distinguent par des taux relativement élevés de mineurs en danger et pris en charge. Le rapport du ministère de la Justice indique que l’effectif de chacune de ces régions dépasse la moyenne nationale qui est de 329 enfants. Face à toutes ces difficultés, des mineurs sont pris en charge dans des activités de réinsertion. Entre autres, 358 enfants ont été accueillis dans les sections d’enseignement techniques et professionnels des Centres polyvalents et Centres de sauvegarde dans les filières de couture, coiffure et restauration. 414 mineurs sont accueillis dans les sections d’apprentissage et de formation des centres dans les filières comme la menuiserie métallique et la sérigraphie.

Pour la prise en charge, il est noté l’inégale répartition des centres. La plupart de ces infrastructures d’accueil et de réinsertion sont implantés dans les régions de Dakar, Thiès, Diourbel, Ziguinchor et Kaolack. Ils sont moins présents dans les autres régions qui n’abritent, la plupart du temps, qu’un seul centre.

 

HOMMAGE AU POÈTE DE LA RUPTURE-7 août, est la journée d'hommage dédiée au poète Cheikh Moussa Ka (1890-1966 par Khadim NDIAYE

HOMMAGE AU POÈTE DE LA RUPTURE-7 août, est la journée d'hommage dédiée au poète Cheikh Moussa Ka (1890-1966 par Khadim NDIAYE

L'ami Khadim NDIAYE du Canada spécialiste de C Anta DIOP nous sauve la mémoire en nous parlant de ce fameux poète, merci à lui. Cultivons notre patrimoine culturel riche et varié. Le poète est un créateur ..  P B C

Aujourd'hui, mardi 7 août, est la journée d'hommage dédiée au poète Cheikh Moussa Ka (1890-1966).

Je faisais référence à lui il y a à peine une semaine sans savoir que l'on s'acheminait vers cette journée d'hommage.

Une journée qui va passer presque inaperçue dans son propre pays. Le Sénégal, à l'instar de beaucoup de pays en Afrique, n'honore pas assez ses grands poètes nationaux. Pourtant, ceux-ci, au-delà même du fait qu'ils demeurent des âmes qui se font l'écho des autres, prennent en charge son histoire.

Cheikh Moussa Ka est à l'origine d'une des plus grandes révolutions littéraires au Sénégal, en optant d'écrire sa poésie dans une langue nationale. Depuis, il est le maître à penser de beaucoup d'intellectuels parmi lesquels Cheikh Anta Diop, Cheik Aliou Ndao et tant d'autres.

Cheikh Anta Diop, parlant d'ailleurs des écrits de Moussa Ka et d'autres poètes nationaux, écrivait dans son ouvrage, Nations nègres et culture, que leur poésie "devrait être l'objet de nos plus grands soins si nous ne voulons pas la perdre un jour".

Dans un contexte marqué par l'importance données aux études en arabe - l'arabe était la langue de correspondance officielle au Sénégal pendant un certain temps durant la colonisation -, Cheikh Moussa Ka apparaissait comme un paria. Alors que certains poètes arabisants le traitaient d'arrogant et se moquaient de ses poèmes parce que rédigés délibérément en langue nationale wolof, il rétorquait tout simplement en affirmant que "toutes les langues se valent", qu'aucune ne souffre d'incapacité.

Lui-même grand érudit en arabe, avait compris que la quintessence du sacré ne se réduit pas à la langue seule, qu'on ne peut la restreindre à une langue ou à un peuple. Si les prophètes, disait-il, ont parlé à leur peuple dans une langue donnée, la substance du message, elle, peut être adaptée, contextualisée et dite dans toutes les langues.

Voilà la rupture épistémologique à laquelle il contribua grandement par son audace intellectuelle.

Au fond, Serigne Moussa Ka n'est pas qu'un poète. Il est un profond penseur de la traduction et un théoricien avisé de la réception. Il voulait réduire la dépendance à la langue qui enveloppe le message de sa gangue. Il faut en effet savoir qu'il y a toujours pour certains peuples, un intérêt à maintenir le joug de la dépendance. Les Hébreux le savaient tellement que selon le Megillath Ta'anith, un texte juif du 1er siècle après J.-C., le monde s'obscurcit pendant trois jours lorsque la Torah fut traduite de l'hébreu au grec.

Serigne Moussa Ka est un des premiers à faire valoir au Sénégal que la langue arabe ne peut être vraiment comprise que si son contenu est traduit dans les langues nationales. Il écrivait à ce propos :

"Araab balaa jariñ Wolof ñu firi ko
Ndax ku bëgg a peese war a xam luy barigo"
("La langue arabe ne peut être utile au Wolof que si on la traduit,
Car la pesée requiert la connaissance de l'unité de mesure")

En disant cela, Serigne Moussa Ka s'inscrivait dans le sillage des grands traducteurs du religieux de ce monde. On se souvient, pour ne donner que cet exemple, de la traduction de la Bible par Luther en 1534, qui a été le vecteur essentiel de la Réforme en Allemagne. On la considère comme le moment fondateur de la langue allemande moderne.

Cheikh Moussa Ka ne se contentait pas seulement d'affirmer la capacité des langues nationales à exprimer tous les contenus. Il l'a démontré à travers ses nombreux poèmes. Il est l'auteur d'environ 15 000 vers connus de poésie en langue wolof couvrant plusieurs domaines (poèmes épiques, didactiques, historiques, mystiques, etc.)

Cette riche production l'autorisait à écrire les vers suivants : "Nous disons des choses que les Arabes n'ont pas su dire", "Par ma poésie, je ferai jaillir du lait que les Arabes sont incapables de produire", "Le Jour du Jugement dernier, si un Arabe se vante de sa langue, je dédierais à Cheikh Ahmadou Bamba des vers en Wolof qui émerveilleront tous les Arabes".

Par sa posture, Cheikh Moussa Ka montrait la nécessité de la bonne réception du sacré. Il redonnait leurs lettres de noblesse aux langues nationales injustement minorées. Pour cette raison, son œuvre mérite d'être vulgarisée.

Un peuple qui ignore ses poètes est un peuple égaré.

KN

Entre luttes politiques et lutte avec frappe : la démocratie sénégalaise à l'épreuve par DIAO Samba professeur de philosophie...

Entre luttes politiques et lutte avec frappe : la démocratie sénégalaise à l'épreuve par DIAO Samba professeur de philosophie...


« Diao un jeune homme lucide avec un œil et un esprit sagaces qui interrogent notre société qui se cache et se dévoile très peu à cause des traditions et des mutations complexes. Ce sont ces mutations qui sont ici éxaminées pour les rendre intelligibles. La lutte, la politique, deux univers éloignés mais qui ont été connectés par la force des choses. Lisons cet ouvrage et cette interview qui nous décille les yeux de l'esprit pour comprendre la figure de notre pays. ». P B CISSOKO


Vous venez encore de publier un ouvrage intitule « Entre luttes politiques et lutte avec frappe : la démocratie sénégalaise à l'épreuve ... ». Qu'est-ce qui a motivé l'écriture de ce texte ?


Tout observateur attentif du fonctionnement de la société sénégalaise, peut faire le constat du développement fulgurant de la lutte avec frappe, qui est entrée dans un processus de transformation et d'élargissement, au point de devenir un phénomène structurant, un opérateur social. Dans cette optique, la lutte a rencontré « LA » politique ; elle est même en train de devenir la grammaire des rapports politiques au Sénégal, depuis la première alternance politique de mars 2000.


Or, en dépit de cette « totalisation » du phénomène de la lutte, en dépit de sa politisation outrancière, très peu d'études de sciences sociales et humaines en ont fait l'objet de leur intérêt scientifique. Hormis l'ouvrage de Dominique Chevé, Corps en lutte au Sénégal, l'article de Ousseynou Faye « Sport, argent et politique : la lutte libre à Dakar », et les travaux de Jean-François Havard sur le mouvement « Bul Faalé » comme processus de subjectivation politique, rares sont les éléments bibliographiques qui existent sur le rapport entre Lutte et politique, et qui explorent le potentiel politique, voire politicien de la lutte avec frappe.
Ce livre explore donc cette articulation entre Lutte (avec frappe) et politique, non seulement en termes de politisation de la première mais aussi de « luttification » de la seconde. Cette rencontre constitue, pour ma part, le lieu de l'émergence d'une nouvelle figure de « la » politique, et d'une nouvelle manière d'être lutteur.


Mais l'écriture de ce livre tient aussi à une conviction mienne : pour « sortir de la grande nuit », nous - les Africains - devons être les producteurs des savoirs sur nos réalités et nos situations, décoloniser la pensée sur l'Afrique, en pensant en dehors de la bibliothèque occidentale. Lorsque j'étais étudiant, j'ai toujours eu des discussions très sérieuses avec certains de mes profs sur le fait que nos universitaires, en grande majorité, n'écrivent pas et je n'ai jamais compris cette attitude de désertion. Cela dit, cette appropriation des savoirs doit passer par une redéfinition des problématiques de recherche. Autrement dit, interroger – et s'interroger sur - les nouvelles dynamiques sociopolitiques qui « travaillent » nos sociétés, telles que la lutte avec frappe pour le cas sénégalais.


Selon vous qu'est-ce qui occupe aujourd'hui l'espace politique au Sénégal : le marabout, le politique ou le lutteur ou la société civile ?


La figure du marabout n'est certainement pas absente de l'espace politique sénégalais mais elle n'est plus opératoire. À preuves, l'échec des marabouts à faire valoir leurs propositions sur le terrain de la régulation sociale et la faillite du ndiguel politique. La société civile, elle aussi, n'a plus la radicalité qu'elle avait, et qui avait conduit à la première puis à la seconde alternance politique. Fondamentalement, l'espace politique sénégalais est donc aujourd'hui occupé par les « ahlu lamb » (gens de la lutte) - communicateurs traditionnels, les animateurs d'émissions consacrées à la lutte et promoteurs – et les politiciens. C'est pourquoi, dans mon livre, je parle d'une (con) fusion entre lutte (avec frappe) et politique dont les conséquences sont à tout le moins dramatiques.


En quoi la lutte avec frappe est devenue un pilier de la politique et du politique au Sénégal ?


Il faut dé-construire le mythe (au sens de mensonge social) de l'autonomie de la politique par rapport à la lutte, et vice versa. Loin d'être un épiphénomène, l'inscription de la lutte avec frappe dans le champ politique est, aujourd'hui, un trait structurel de la société sénégalaise. La lutte est devenue, grâce à sa médiatisation outrancière et sa « sportivisation », une véritable machine, qui génère des revenus, produit des slogans mobilisateurs, draine des foules, etc. Tout ceci peut être converti en ressources politiques, utilisées ensuite de mille manières – lors d'élections, de prises de décisions politiques, ou pour promouvoir un projet ou une idéologie politique spécifique.


À preuves : l'irruption du lutteur Mohamed Ndao Tyson dans une tribune aux côtés du candidat sortant Abdou Diouf, lors d'un meeting électoral le 12 février 2000 à Pikine (Dakar) ; l'invitation des lutteurs Modou Lo et Balla Gaye au Palais de la République par Abdoulaye Wade pour, dit-on, les réconcilier ; le combat du 4 avril 2010 qui opposa Tyson et Yakhya Diop Yékini et dans l'organisation duquel le président Wade se serait impliqué pour saper les critiques contre « son » Monument de la Renaissance africaine ; le combat qui opposa Yékini et Lac 2 (2016) pour le « drapeau de l'Émergence », dont l'objectif politicien était de « vendre » le Plan Sénégal Émergent de Macky Sall, etc. Le combat Modou Lo contre Lac 2 (2018) a été tellement politisé que ce dernier, s'expliquant sur sa défaite, a pu dire :

« J'ai lutté contre la République !»
Il y a donc un processus dialectique de conversion de ressources/recettes, de transferts symboliques – de la politique vers la lutte, et vice versa : les lieux et instruments de la lutte avec frappe font souvent l'objet d'un re-codage symbolique, par le biais duquel ils deviennent des canaux d'expressions de positions partisanes, donc des armes destinées aux batailles politiques. Plus précisément, au Sénégal, les lieux – réels et virtuels - de la lutte avec frappe sont aussi des lieux de la politique, et réciproquement.


Avant la lutte était un loisir, un exercice physique, un jeu. Comment analysez-vous cette nouvelle violence dans la lutte avec frappe ?


Pratique ancestrale chez la plupart des ethnies du Sénégal, la lutte était à la fois une activité physique, ludique, festive. À l'origine, elle avait une forte valeur rituelle et venait célébrer la fin des récoltes, ou les soirs de pleine lune. Son ancrage culturel fort en faisait un instrument de pacification de l'espace social, de régulation sociale. En ce sens, la lutte constituait un moyen de domptage des pulsions agressives, en leur permettant d'obtenir une satisfaction socialement valorisée - une sublimation, dirait Freud.


Aujourd'hui, la lutte (notamment la lutte avec frappe) a changé de visage et elle devient le lieu et l'instrument d'une violence à la fois physique et symbolique de plus en plus inquiétante. Cette violence dans les arènes est l'effet des mutations que la lutte avec frappe a subies ces dernières années : médiatisation, sportivisation et, surtout, politisation outrancière. À cela s'ajoute la marchandisation de la lutte et même des lutteurs, qui n'acceptent plus de nouer leur « ngimb » en dehors du marché de la lutte. Il faudrait enfin souligner que les arènes de lutte ne sont que le miroir de la société sénégalaise.

Or l'observation de cette société donne à voir que les rapports sociaux et politiques, au lieu d'être raffinés, civilisés et stylisés, sont devenus des rapports guerriers, violents, gladiatoriaux. Dans l'espace public, les actes et les paroles sont sous-tendus par une économie pulsionnelle caractéristique des sociétés médiévales, c'est-à-dire par le « droit » de se livrer au plaisir de l'attaque directe, du corps-à-corps, l'absence de retenu et donc de brusques décharges émotionnelles : insultes, coups de poings, coups de pistolets, etc.


Quoi qu'il en soit, on ne peut pas dédouaner la lutte avec frappe de la violence qui se déchaîne aujourd'hui dans le champ politique sénégalais. En tout cas, beaucoup de Sénégalais, déçus et alarmés par l'évolution mafieuse (depuis 1994 c'est la même personne qui dirige le Comité national de gestion de la lutte (CNG) dont l'opacité est de plus en plus décriée par des voix autorisées de l'arène) et guerrière de la lutte avec frappe, souhaitent entendre un autre discours, plus près des faits et moins apologétique que celui des « gourous » des arènes et des politiciens de tout poil.


Au Sénégal on savait que chaque homme politique avait son marabout, sa confrérie ; est-ce qu'on peut dire que chaque homme politique aurait son lutteur ?


De toute évidence, il y a un changement de mode opératoire, de paradigme, dans la façon bien sénégalaise de faire de la politique : l'allégeance des hommes politiques aux marabouts et aux confréries est réduite à sa dimension spectaculaire et théâtrale. Tout en continuant à bénéficier des largesses des gouvernants, les marabouts ne sont désormais que de « simples citoyens » (cette expression utilisée par le Président Macky Sall est symptomatique de la dé-mystification, elle dérange les faux dévots mais c'est la pure vérité) dans l'ordre temporel, dont les consignes de vote en faveur de tel ou tel candidat ne sont plus aveuglément et naïvement exécutées par les citoyens-électeurs qui ont « tout compris ».


Ce qui caractérise donc la séquence historique ouverte par la première alternance politique de mars 2000, c'est le passage à ce que j'appelle « une nouvelle figure de la politique » dont le signifiant majeur est l'encastrement de la politique dans la lutte avec frappe, avec comme toile de fond la guerre. Chaque homme politique d'envergure a non seulement « son » lutteur, mais aussi « son » promoteur, « son » communicateur traditionnel et je dirais même « son » émission télévisée de lutte. Il suffit d'analyser soigneusement le fonctionnement des émissions télévisées dédiées à la lutte – Bantamba, Lamb Ji, Lewtoo, Caxabal, Jonganté, Grand combat, etc. – pour se rendre compte que ces émissions, politiquement colorées, sont aussi le lieu d'expression de positions partisanes. Les « amitiés » et connivences entre politiciens sénégalais et acteurs du monde de la lutte avec frappe sont légion : le lutteur Yawou Dial était « le fils » d'Abdoulaye Wade ; le lutteur Bathie Seras a été emprisonné pour connivence ostentatoire avec certains responsables du PDS ; le lutteur Balla Gaye 2 était « le frère » du patron du Grand parti, Malick Gackou, du moins jusqu'à sa défaite contre Eumeu Sène (avril 2015) ; Sérigne Modou Niang était le « promoteur de l'Alternance » sous le magistère de Wade ; le lutteur Modou Lô a reçu la visite de Youssou Ndour et Amadou Bâ (deux pièces de la machine APR) dans le but de faire triompher le « OUI » lors du référendum constitutionnel du 20 mars 2016, etc. Il y eut aussi le Far West du 22 décembre 2011 (dans un contexte pré-électoral tendu) à la mairie de Sicap-Mermoz, au cours duquel le lutteur Ndiaga Diouf a été tué par balle.


Je montre donc dans mon livre que la lutte avec frappe s'affirme de plus en plus comme adjuvant de l'action politique, de même que la politique, elle-même, se voit de plus en plus « luttifiée ». Politisation de la lutte, mais aussi « luttification » de la politique, parce que la manipulation-instrumentalisation fonctionne dans les deux sens. Sous ce rapport, une journée de lutte avec frappe, loin de se réduire à une joyeuse fête culturelle et sportive – « Not just a game » -, est aussi une journée de luttes politiques, dans la mesure où les victoires et défaites qui procèdent des duels en coups de poing, en chorégraphies, en mysticisme et même en capacité de mobilisation, sont aussi, symboliquement, des victoires et des défaites politiques.


L'espace politique sénégalais est devenu une arène ou tous les coups seraient permis. Cela dit, ne doit-on pas moraliser, réglementer cet univers ?


La guerre, sous toutes ses formes, y est devenue l'essence même des luttes politiques. Un nouvel imaginaire de la politique s'est constitué, dont le signifiant majeur est la violence, autrement dit la capacité d'ôter sa dignité et/ou sa vie à l'ennemi (politique). Ce n'est pas un hasard si, pour bon nombre de Sénégalais aujourd'hui, (la) politique = mensonges, roueries, ruse, roublardise. Ils n'ont vu que des soi-disant hommes politiques qui aujourd'hui trouvent noir ce que, hier, ils présentaient comme blanc. Au Sénégal, « Poleutik » comme « Lamb », impliquent la duplicité et le subterfuge.


De ce point de vue, le défi majeur auquel le peuple sénégalais est confronté est de moraliser la politique. C'est seulement à cette condition qu'on pourrait sortir du gouffre de la politique politicienne dont les conséquences sont dramatiques. Il faut, comme je le soutiens dans mon livre, « éthiquiser » le dialogue politique et social pour construire la confiance – qui n'a jamais véritablement existé - entre l'État et la société mais également entre l'opposition et les partis au pouvoir. Or, comme l'a dit Julien Freund dans L'essence du politique (2004) : « Confier le commandement à quelqu'un c'est faire un pari : seule la confiance est capable d'exorciser la crainte qu'il inspire ». Il faut « libérer » les citoyens sénégalais des multiples formes de dépendance communautaire (la confrérie, l'ethnie, le terroir, la famille, etc.) et des logiques de soustractions, afin de créer les conditions d'une subjectivation politique à même de promouvoir une culture politique républicaine. L'énormité de ce défi, de ces défis, est à la mesure de la ténacité du mythe de la « démocratie sénégalais ».


Vous êtes sociologue et politologue de formation, donc apte à créer des concepts : vous nous abreuvez de mots nouveaux - et c'est agréable – tels que « luttification » de la politique, « sportivisation » de la lutte, « éthiquiser » le dialogue politique, etc. Pensez-vous que ces concepts sont maitrisés par la majorité des acteurs sociaux et politiques ?


Le concept, disait le philosophe Gilles Deleuze, est ce « qui empêche la pensée d'être bavarde », c'est-à-dire de s'arracher de la multiplicité sensible, de l'événementiel, pour garder une certaine neutralité axiologique. Le fait scientifique, comme l'a dit Bachelard, est construit et c'est en cela que mon discours sur l'objet « Lutte avec frappe et politique » est aux antipodes de la phraséologie journalistique et des panégyriques des communicateurs traditionnels et autres gourous des arènes. Il m'échoit de rappeler au lecteur que ce sont là des concepts et en tant que tels, ils entretiennent avec la réalité un certain rapport que le sociologue allemand, Max Weber, explique en ces termes dans son ouvrage Économie et société (1): «[Le chercheur] s'éloigne de la réalité et rend service à la connaissance en ce sens que, en indiquant le degré de l'approximation d'un événement historique relativement à un ou plusieurs concepts, [il] permet d'intégrer cet événement. [...] »


Lorsqu'on investit un phénomène qui vient à peine d'être reconnu comme objet scientifique, le premier défi épistémologique que l'on rencontre, en tant que chercheur, est celui de la construction d'un appareillage conceptuel approprié pour rendre intelligible ledit phénomène. Que ces concepts soient en décalage avec le discours populaire sur la lutte/ou sur la politique, cela ne me semble pas poser de problème, scientifiquement parlant. Seule l'évolution du phénomène décidera du degré d'appropriation de ces concepts par les acteurs sociaux. Lorsque le chercheur en sciences sociales veut être coûte que coûte compris par tout le monde, il risque de ne pas faire œuvre de science parce qu'il tombe à coup sûr dans le populisme.


La figure de la politique a-t-elle changé la figure du politique, de la démocratie et celle du lutteur au Sénégal ?


À cause des configurations culturelles du politique au Sénégal, la politique s'inscrit dans la religion, l'ethnicité, la sorcellerie et, récemment, la lutte avec frappe. Cette historicité du politique génère de nouvelles façons de faire de la politique et donc de nouvelles figures du politicien. Le politicien sénégalais est désormais un « politicien-lutteur » qui emprunte les instruments de la lutte avec frappe – vulgarité, insultes, coups de poing, mystique – dans ses luttes politiques. Mais le politicien sénégalais est aussi un « politicien-sorcier » tant il est vrai que les rapports entre politique et sorcellerie s'y renouvellent sans cesse : l'occultisme n'en constitue pas moins un instrument politique et le « capital sorcier » compte dans les batailles politiques, même si les praticiens des sciences laissent cet objet aux journalistes et à Radio Trottoir. À l'instar du lutteur qui prépare un combat, le politicien sénégalais doit nécessairement « se blinder », mystiquement, surtout à l'occasion des batailles électorales. C'est tout ça, la politique au Sénégal. Ces mutations ont entraîné une perversion de la « démocratie sénégalaise », qui s'est carrément vidée de sa substance et dont le mode dominant d'être est la théâtralité, la mise en scène et la carnavalisation des rapports politiques.


La lutte, elle aussi, a subi des mutations profondes : professionnalisation, « sportivisation », quête du record et du rendement et, donc, inscription dans le paradigme de l'économie libérale. La mutation dans la lutte, c'est aussi et surtout son encastrement dans la politique et, conséquemment, sa médiatisation outrancière. Il me semble que le tournant a été opéré à partir de la fin des années 90 avec l'irruption du lutteur Mohamed Ndao Tyson, principale figure individualisée de la réussite du mouvement générationnel Bul Faalé (initié pourtant par les rappeurs du groupe Positive Black Soul, DJ Awadi et Doug E-Tee avec la sortie de la chanson « Bul Faalé »). Si Tyson a révolutionné la lutte sénégalaise (avec frappe) c'est parce qu'il a su inventer une nouvelle manière d'être lutteur. Avec lui, la lutte devient un « sport business » et, progressivement, sous le magistère de Wade, la lutte offre des services politiciens ; et le lutteur devient un « lutteur-politicien » qui sait faire des événements politiques des occasions pour monter en puissance.

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