Filtrer les éléments par date : mercredi, 22 mai 2019


« Et je suis content de ma petite fille qui était la fille voilée. Bonne chance et encore du travail. Pape B CISSOKO »
Le premier long-métrage de la réalisatrice franco-sénégalaise s'est bâti sur le temps et l'intimité de son parcours.
Par Véronique Cauhapé Publié le 17 mai 2019 à 07h38 - Mis à jour le 17 mai 2019 à 13h03
Mati Diop a présenté son premier long-métrage « Atlantique » à Cannes, le 16 mai. PAOLO VERZONE / AGENCE VU POUR « LE MONDE »


Sélection officielle – En compétition


Au troisième jour du Festival, un océan est venu engloutir puis hanter le bord de mer cannois. Atlantique, premier long-métrage de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, sélectionné en compétition, s'est abattu avec la force d'une marée de pleine lune. Il est ainsi des films qui marquent d'emblée la rétine et occupent l'esprit longtemps après l'avoir touchée. Atlantique est de ceux-là qui fait son effet puis chemine à pas feutrés vers une digestion lente de ce qu'il a distillé. La beauté pure d'une histoire d'amour, la puissance d'une fable politique, le trouble d'un conte peuplé de fantômes réunis en un seul geste, dirigé par un élan vital qui a valeur de signature. Le film de Mati Diop s'est bâti sur le temps et l'intimité d'un parcours. Il en porte la trace avec élégance.
La rencontre, en 2008, avec le pays de ses origines qu'elle avait connu, enfant, seulement durant les vacances. Mais aussi, les confidences que lui livrèrent les hommes et les femmes à chacune de ses venues à Thiaroye, en périphérie de Dakar, ont conduit la réalisatrice à plusieurs courts et moyens-métrages : Mille Soleils (2013), Big In Vietnam (2012), Snow Canon (2011)... et Atlantiques (2009) dans lequel un jeune homme, Serigne, raconte sa traversée ratée vers l'Espagne. Il mourra de maladie quelques mois plus tard, avant d'avoir pu retenter sa chance. Cette tragédie a posé une première empreinte au film qui concourt aujourd'hui à Cannes. Lequel s'est chargé, entre-temps, de nombreuses autres histoires.

Mati Diop à Cannes le 16 mai. PAOLO VERZONE / AGENCE VU POUR "LE MONDE"

La Lire le récit : Mati Diop présente « Atlantique » en compétition
dernière étape du chemin qui mène Mati Diop à Cannes passe par Bruxelles. Dans un studio de Saint-Gilles, la réalisatrice mixe le son d'Atlantique, son premier long-métrage, tourné à Thiaroye, à la périphérie de Dakar, qui sera présenté huit jours plus tard, en compétition, au Festival.


Cette sélection fait de l'aboutissement d'un parcours très intime, commencé il y a dix ans, lorsque Mati Diop est arrivée à Dakar, une caméra dans ses ¬bagages, une arrivée en fanfare. Pour la jeune réalisatrice – née à Paris en 1982 –, Atlantique est à la fois « le récit de l'adolescence africaine qu'[elle n'a] pas eue » et un film historique, une histoire de fantôme et une fable politique. On y voit des jeunes gens épuisés par la misère qui prennent la mer, des jeunes filles qui cherchent, au pays, des moyens pour faire mieux que survivre.


Festival de Cannes 2019 : Mati Diop, Jessica Hausner, Justine Triet et Céline Sciamma, quatre nouvelles venues dans la compétition
Les réalisatrices côtoieront les vétérans Jarmusch, Loach, Almodovar, Bellocchio et Malick lors de la 72e édition du Festival qui se déroulera du 14 au 25 mai.
Les organisateurs de la 72e édition du Festival de Cannes, Thierry Frémaux et Pierre Lescure, à Paris le 18 avril. GONZALO FUENTES / REUTERS


La 72e édition du Festival de Cannes, du 14 au 25 mai, sera « romantique et politique », a annoncé Thierry Frémaux, son délégué général, qui présentait, jeudi 18 avril, en compagnie du président de la manifestation, Pierre Lescure, 46 longs métrages retenus en sélection officielle (compétition, Un certain regard, hors compétition), soit « 90 % de ce que vous verrez », a-t-il précisé.
Comme déjà annoncé, la compétition et le Festival s'ouvriront le mardi 14 mai par la projection de The Dead Don't Die (Les morts ne meurent pas), film de zombies signé Jim Jarmusch, vétéran de Cannes, qui sortira le jour même en salles. Ce sera aussi le cas de l'un des derniers films présentés en compétition dix jours plus tard, Sibyl, de Justine Triet, la réalisatrice de Victoria (qui retrouve son interprète, Virginie Efira), nouvelle venue en compétition.


Lire le focus: Festival de Cannes 2019 : la compétition film par film


Avec la cinéaste sénégalaise et française Mati Diop, l'Autrichienne Jessica Hausner et sa compatriote Céline Sciamma, Justine Triet est l'une des quatre réalisatrices à concourir pour la Palme d'or. C'est une de plus que les deux années passées.


De Mati Diop on verra Atlantique, chronique de l'émigration vue par les femmes restées à Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, de Jessica Hausner, Little Joe, film fantastique tourné en anglais et de Céline Sciamma Portrait de la jeune fille en feu, un film en costumes avec Adèle Haenel.


Des vétérans largement représentés


Les vétérans européens et américains sont largement représentés dans la compétition : Pedro Almodovar présente Douleur et gloire, qui vient de lui valoir l'un de ses plus grands succès en Espagne ; Marco Bellocchio, Il Traditore, portrait du mafioso repenti Tomaso Buscetta ; Jean-Pierre et Luc Dardenne, Le Jeune Ahmed (le film sortira le jour de sa projection à Cannes) ; Arnaud Despleschin, Roubaix, une lumière, avec Léa Seydoux et Roschdy Zem ; Ken Loach, Sorry We Missed You, pendant que Terrence Malick vient tenir compagnie à Jim Jarmusch avec Une vie cachée.
Malgré sa toute neuve trentaine, Xavier Dolan fait aussi figure de vétéran : il revient avec un film tourné en français, Mathias et Maxime, qu'il interprète également après l'intermède anglophone de Ma vie avec John F. Donovan.


Enfin, pour compléter la liste des cinéastes qui ont déjà foulé le tapis rouge, le réalisateur palestinien de l'intérieur Elia Suleiman présentera en compétition It Must Be Heaven, comme il l'avait fait de ses deux précédents films, Intervention divine et Le Temps qu'il reste ; le Coréen Bong Joon-ho montrera Parasite, « qui sortira en salles », a tenu à préciser Thierry Frémaux (en 2017, Okja avait été retenu en compétition avant d'être diffusé exclusivement sur Netflix en France) ; le Brésilien Kleber Mendonça Filho reviendra, après Aquarius, avec Bacurau, coréalisé avec Juliano Dornelles.
Lire le focus : Festival de Cannes : Alejandro Gonzalez Iñarritu sera le président du jury en 2019
Outre les quatre réalisatrices déjà citées, feront leurs débuts en compétition Diao Yinan, cinéaste chinois dont on découvrira un film policier, le Roumain Corneliu Porumboiu (La Gomera), l'Américain Ira Sachs (Frankie, avec Isabelle Huppert) et le Français Ladj Ly qui a baptisé son film d'un titre qui est en ce moment sur toutes les lèvres : Les Misérables.
Un certain regard
Sur les seize titres de la section Un certain regard, six sont des premiers longs métrages, autant sont réalisés par des femmes. Christophe Honoré (Chambre 212) et Bruno Dumont (Jeanne) feront figure de grands frères, avec le Catalan Albert Serra (Liberté).
Hors compétition, on n'est pas surpris de découvrir la présence de Rocketman, de Dexter Fletcher, biographie filmée d'Elton John, avec Taron Egerton. Claude Lelouch présentera Les Plus Belles Années d'une vie, avec les acteurs d'Un homme et une femme et Asif Kapadia (Amy) proposera un documentaire sur les années napolitaines de Diego Maradona. Le rôle du film populaire adoubé à Cannes, qu'a tenu en 2018 Le Grand Bain, de Gilles Lellouche, est cette fois confié à La Belle Epoque, de Nicolas Bedos.
Parmi les absences remarquées, celle de Once Upon A Time... In Hollywood, de Quentin Tarantino, dont Thierry Frémaux a fait savoir qu'il n'était pas terminé, tout en espérant qu'il le serait à temps pour arriver sur la Croisette et de Mektoub My Love : Intermezzo d'Abdellatif Kechiche. Restent encore une demi-douzaine de titres à venir. Deux ou trois concourront pour la Palme d'or, décernée par un jury présidé par le Mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu, dont la composition sera, elle aussi, annoncée ultérieurement.
Les films en compétition pour le 72e festival de Cannes


Les 19 films en compétition :


The Dead don't die de Jim Jarmusch (Etats-Unis, film d'ouverture) ;
Douleur et gloire de Pedro Almodovar (Espagne) ;
Le Traître de Marco Bellocchio (Italie) ;
Parasite de Bong Joon-Ho (Corée du Sud) ;
Le Jeune Ahmed de Luc et Jean-Pierre Dardenne (Belgique) ;
Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin (France) ;
Wild Goose Lake de Diao Yi'nan (Chine) ;
Atlantique de Mati Diop (Sénégal) ;
Matthias et Maxime de Xavier Dolan (Canada) ;
Little Joe de Jessica Hausner (Autriche) ;
Pardon tu nous a manqué de Ken Loach (Angleterre) ;
Les Misérables de Ladj Ly (France) ;
Une Vie cachée de TeRrence Malick (Etats-Unis) ;
Bacurau de Kleber Mendonça Filho (Brésil) ;
The Whistlers de Corneliu Porumboiu (Roumanie) ;
Frankie d'Ira Sachs (Etats-Unis) ;
Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (France) ;
Ça doit être le paradis d'Elia Suleiman (Palestine) ;
Sibyl de Justine Triet (France).
Films présentés hors compétition :
Les plus belles années d'une vie de Claude Lelouch, présenté le 20 mai ;
Rocketman de Dexter Flechter, présenté le 16 mai ;
Trop vieux pour mourir si jeune (épisodes 4 et 5) de Nicolas Winding Refn ;
Maradona d'Asif Kapadia ;
La belle époque de Nicolas Bedos.

Publié dans Art & Culture

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...

Calendrier

« Mai 2019 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

Video galleries

logotwitterFacebook