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Collectif
PHILOSOPHIE AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Au sommaire de ce numéro : Cet être qui vaut infiniment 1 Essai d'une philosophie pratique et ascendante Plaidoyer pour une civilisation à visage humain (Soeur Marie-Gonzaga JOHNSON) ; Fabien Éboussi Boulaga et l'«institutionnalisation» de la philosophie. Plaidoirie pour une autodétermination de l'École africaine (Joseph TEGUEZEM et Ramsès NZENTI KOPA); La philosophie africaine, jalons de la théologie
africaine (Vincent Davy KACOU OI); Contribution de la sagesse socratique à la fondation d'une éthique de la communication (Anicet Laurent QUENUM).


Éditorial .


11Blaise BAYILI Cet être qui vaut infiniment 1 Essai d'une philosophie pratique et ascendante Plaidoyer pour une civilisation à visage humain.
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19 Sœur Marie-Gonzaga JOHNSON Cet être qui vaut infiniment 2 L'option pour la promotion d'une culture à la valeur de la personne humaine Un plaidoyer pour une civilisation à visage humain, la civilisation de l'amour
............................................................
61 Sœur Marie-Gonzaga JOHNSON Fabien Éboussi Boulaga et l'« institutionnalisation » de la philosophie. Plaidoirie pour une autodétermination de l'École africaine......................................................................
109 Joseph TEGUEZEM et Ramsès NZENTI KOPA La philosophie africaine, jalons de la théologie africaine..................................................................................
161 Vincent Davy KACOU OI La phénoménologie et le renouveau corporel : vers une réorientation des approches métaphysique et scientifique?
............................................................................
211 Joseph TEGUEZEM Contribution de la sagesse socratique à la fondation d'une éthique de la communication .............................................

261 Anicet Laurent QUENUM

Publié dans Ex-libris

 

« Encore une fois on a réussi ensemble. Quand nous décidons d'aider nous pouvons le faire.
Vous me permettrez ici de remercier les amies-is qui ont pris à cœur mon appel pour Hadjia Coulibaly 19 ans bac Pro Mode et vêtements-«handicap physique» mais battante et résiliente-dynamique et motivée».

Ce n'était pas gagné mais en cherchant j'ai pensé en 1 er à notre Khoudia mannequin et activiste, Roslia, Adrienne Ntankeu anida France-albinos, Mike Sylla-styliste, Africouleur, Marie thérese Blanc, Galaye, et Kevin Lepage mannequin, etc.

Du 10 mai au 13 juillet 2019 ; cette jeune femme montrera tout ce qu'elle a dans le ventre comme Chris son maître de stage qui connait la difficulté de trouver un emploi un stage voire un financement pour créer.

Permettez-moi de saisir cette occasion pour vous présenter cet homme hors pair qui connait la souffrance et sait tendre la main, c'est dire qu'il est guéri de ses meurtrissures et veut donner mieux et autrement.
J'ai compilé divers articles sur l'homme multidimensionnel pour dresser un aperçu de sa personne en espérant qu'il sera un modèle à suivre dans ce monde de bruts et d'indifférence. Comme je l'ai toujours dit, aider ce n'est pas trouver, c'est quand on ne peut pas partager ou demander autour de soi. Et c'est ce que je fais. Des amis du Sénégal des Usa ont réagi et d'autres voulaient la prendre.
Merci à tous. On a gagné encore une fois je compterai sur vous un jour dans un autre domaine qui sait ». P B CISSOKO


http://www.ichrono.info/index.php/mobile-it-2/item/5158-hadja-coulibaly-cherche-un-stage-en-stylisme-mode-vetement-elle-est-de-petite-taille-elle-differente-et-heureuse-et-aime-la-vie-aidons-cette-jeune-fille-de-20-ans-a-vivre-sa-passion

Chris Ambraisse Boston est un jeune styliste qui invente des vêtements esthétiques, innovants et fonctionnels pour les personnes handicapées. Enfant de la DDASS, il sait ce que sont la différence et le rejet. Parcours d'un " fashion angel ". Fondateur & Directeur & Créateur de mode à Marque A&K Classic et Association Modeethandicap c'est possible

Chris AMBRAISSE BOSTON A&K Classics, 26, rue de L'Ourcq 75019 Paris, port:06 70 08 44 80, Tailleur-couturier, Styliste, Et Dieu créa A&K Classics A&K ...

Chris Ambraisse Boston: l'homme qui rend la mode accessible à tous
Chris Ambraisse BOSTON , l'homme qui rend la mode accessible à tous.
• Par L'AFP pour Handicap.fr

Pour le jeune styliste Chris Ambraisse Boston, tout a commencé dans le métro, quand il esquissait un modèle: "C'est classe ! Nous aussi, on aimerait porter de beaux vêtements", lui a lancé une passagère handicapée. Son idée d'une mode pour tous était née. "Cette remarque m'a fait cogiter pendant des mois. J'ai rencontré des médecins, des associations. Je ne voulais pas faire des 'vêtements pour personnes handicapées', ne pas les stigmatiser encore", explique à l'AFP cet élégant jeune homme de 32 ans d'origine antillaise, voix douce mais décidée, dans son atelier et show-room à la devanture rose de la rue de l'Ourcq à Paris. "Alors, j'ai décidé d'inventer des vêtements esthétiques, innovants et fonctionnels qui puissent être portés par les personnes valides comme par celles en situation de handicap".


Le rejet et la souffrance, il connaît


Le pari était osé: "J'étais très jeune. Je suis valide. Je suis black. Certains m'agressaient : 'Tu veux te faire de l'argent sur le dos des handicapés'". Le parcours du combattant a débuté pour convaincre de la pertinence du concept, trouver des aides.... "Après beaucoup de refus, le Fonds social européen a été mon premier financeur", raconte Chris Ambraisse Boston, également président de l'association Mode et Handicap, qui a créé sa première collection en 2009 sous sa marque de prêt-à-porter A&K Classics. Si Chris ne savait rien au départ du handicap, le rejet et la souffrance, il connaît. Placé à la DDASS, victime, avec son frère, de maltraitance de la part de ses parents, il en a bavé. "Après une thérapie, la seule séquelle qui me reste, c'est la dyslexie ! Mais je n'ai jamais voulu pleurer sur mon sort et je me suis battu pour faire financer mes études de stylisme".
Une mode aimantée
Enfiler une veste, une jupe ou un pantalon, c'est pour la majorité d'entre nous banal. Pour d'autres, s'habiller seul peut s'avérer très difficile, voire impossible. Pour les personnes en fauteuil ou souffrant d'autres handicaps, Chris crée des modèles transformables, à la fois originaux, fonctionnels et beaux, en jouant sur des ouvertures placées à des endroits stratégiques. "Zips, velcros, aimants... On fait presque de la haute-couture sans couture !" sourit-il. Ici une longue cape imperméable, qui protège les jambes quand on est dans un fauteuil (plus courte, grâce à un zip, elle sert aussi aux cyclistes). Là, une chemise avec pressions et zips sur toute la longueur des manches, un pull pour homme avec fermetures croisées aimantées ou un blouson dont tout le dos s'enlève pour les personnes portant des coques dorsales...


Un partenariat avec LVMH


Les tissus sont de qualité, les modèles fabriqués à l'atelier. Chris a notamment un partenariat avec LVMH qui lui fournit la matière première. "La France est très en retard dans ce domaine", déplore ce pionnier. Il se réjouit en revanche que la haute-couture commence à ouvrir la mode aux personnes handicapées, comme à la récente Fashion week de Tokyo. "Je crée au moins une collection par an, en innovant à chaque fois, et organise de nombreux défilés, avec des valides et des personnes handicapées", précise le créateur dont les modèles sont visibles sur le site (lien ci-dessous). Un défilé A&K Classics a ainsi eu lieu le 27 mars 2015, à la mairie du 16e, dans le cadre des Journées européennes des métiers d'art.


Un fashion angel


"La vente des modèles se fait rue de l'Ourcq, mais aussi au Canada, grâce à une récompense qui m'y a fait connaître. Bientôt, on pourra acheter mes vêtements sur internet", ajoute-t-il, "très fier" d'avoir déjà reçu douze prix pour son travail. Ses créations coûtent de 30 à 300 euros en moyenne. "On arrive à s'en sortir grâce à des aides". Ce "fashion Angel" emploie et forme aussi des jeunes en insertion sociale. Ainsi, son modéliste est un réfugié politique afghan, arrivé en France à 16 ans. "Lui, dit Chris, il a connu la guerre, des atrocités, c'est pire que ce que j'ai vécu".
Crédit photos : Valerio Geraci

https://informations.handicap.fr/a-createur-mode-ambraisse-boston-7623.php

Chris Ambraisse Boston, styliste, est titulaire d'un master en arts plastiques de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il crée l'association Mode & Handicap en 2006, puis sa marque de vêtements A&K Classics en 2009. Il obtient de nombreuses récompenses dont le Prix OCIRP Acteurs Économiques et Handicap en 2008 et le Janus de la mode en 2013.


L'association Mode & Handicap a pour objectif de changer le regard sur le handicap à travers la mode. Les vêtements conçus par Chris concilient esthétique et ergonomie et sont fabriqués à partir de matières naturelles et recyclées par des personnes en réinsertion.


Je suis Directeur & Fondateur de « l'association Mode et Handicap, c'est possible » Acteur économique social (sensibilisation) et Créateur de mode de la marque A&K Classics avec comme fil conducteur les métiers manuels ( la couture) .


Après un diplôme à l'atelier Letellier (Paris 15e) puis un Master (M2) dans la discipline « arts plastiques à l'Ecole des Beaux Arts », j'ai eu envie de créer une collection de vêtements d'un autre genre : une ligne qui n'exclurait personne, pas même les handicapés. Je me suis lancé dan cette aventure, car je n'avais pas envie de faire de la mode pour de la mode, mais de servir, d'être un acteur social.

Mes compétences pro. :


Qui êtes-je suis (formation, expérience et parcours) : - Master (M2) – discipline « arts plastiques : Peinture, Dessin », Beaux Arts – Paris - Formation DAO (Dessin Assisté par Ordinateur), Greta de la Mode - Paris (75) - Designer de mode, modélisme et impression textile, Ateliers Letellier - Paris (75)

Atelier: https://youtu.be/dxxXmgT203w
Défilé de mode: http://youtu.be/7XCYB3Wll4k
Médias: https://youtu.be/dlLwWFJT9Bk
https://youtu.be/vhyenKB2UCU


on lira ceci aussi


Chris Ambraisse Boston est de ceux qui allient avec brio l'utile à l'agréable en combinant Mode et Handicap.

Ce jeune créateur et passionné de mode a décidé de s'intéresser à un public souvent délaissé : les personnes en situation de handicap.


Grâce à son génie et sa générosité, le jeune homme a récemment crée l'association « Mode et Handicap » puis sa collection dédiée aux personnes valides et invalides.
La particularité des créations de Chris Ambraisse est qu'elles sont accessibles par tous. La présence de zips, de velcros et d'aimants permet aux personnes invalides de se vêtir dans les tendances et avoir donc accès à des vêtements élégants, mais aussi pratiques et transformables, au même titre qu'une personne lambda.


Grâce à ces « petits plus » utilisés par Chris Ambraisse, les vêtements s'adaptent au physique de tout un chacun. « Les habits conviennent aux personnes en fauteuil, mais aussi à ceux qui sont en déficit de motricité et qui ne peuvent plus bouger leurs doigts par exemple. Et bien sûr nous avons aussi des clients valides qui cherchent des pièces originales » explique le styliste.
Autant dire que l'innovation du créateur en a séduit plus d'un car ce sont pas moins de 15 000 pièces qui ont été vendues dernièrement. Ce qui motive le designer au grand cœur et lui permet de rester sur ses objectifs : « Je veux casser l'image du handicap qui fait peur».

Pour cela, Chris Ambraisse n'hésite pas à demander à des personnes en situation de handicap de devenir ses mannequins pour ses défilés.
Le créateur de la marque de prêt-à-porter A&K Classics, qui a l'art de sublimer les différences, n'a pas fini de faire parler de lui. Il a d'ailleurs signé un partenariat avec la marque Kiabi depuis septembre dernier.
https://www.portailafrique.fr/chris-ambraisse-boston-lhomme-qui-rend-la-mode-accessible-a-tous/

AIDE PAR CETTE FONDATION POUR LES ARTISANS

La Fondation EY a accompagné Chris Ambraisse Boston sur les plans juridiques et financiers et l'a inséré dans son réseau.
Soutien en compétences pendant deux ans.
Crédit photos : Fondation EY pour les métiers manuels

La Fondation d'entreprise EY vise à redonner sa place à l'Homme dans le monde du travail en soutenant
les savoir-faire manuels et en agissant en faveur de l'insertion par la formation et par l'emploi.

Ils ont bénéficié d'un accompagnement de la Fondation EY :


« Une belle expérience et de belles rencontres avec des consultants avec lesquels nous n'aurions pas eu la chance de travailler autrement. La Fondation EY, ce sont des personnes réellement investies. »
Domitille Flichy, fondatrice de Farinez-vous, boulangerie artisanale et solidaire.


« Avec la Fondation EY, nous avons cheminé main dans la main. J'ai beaucoup appris, à la fois sur le développement de l'atelier, mais aussi sur les autres et sur moi-même. Je resterai en contact avec les collaborateurs qui m'ont accompagné et l'équipe permanente de la Fondation. »


Jérôme Dayot, ébéniste en Haute-Savoie.

Votre profil


• Vous disposez d'un savoir-faire manuel, technique ou artisanal et/ou vous menez une action dans le domaine de l'insertion par la formation et l'emploi
• Vous vous trouvez dans une situation de blocage (manque de compétences en gestion, absence de réseau, difficulté à changer d'échelle, nouveau départ professionnel...)
• Vous êtes situé en France métropolitaine, à proximité d'un bureau EY (pour faciliter votre accompagnement)
• Votre projet présente un caractère d'intérêt général ou d'utilité sociale et il a vocation à créer de l'emploi
• Vous êtes prêt(e)s à consacrer du temps aux collaborateurs de la Fondation EY qui s'impliqueront à vos côtés en apportant leurs compétences
Une attention particulière est portée aux projets créateurs d'emploi et amenés à essaimer ainsi qu'aux projets présentant un caractère innovant.
Candidatez à la Fondation EY pour un soutien en compétences


La Fondation EY pour les métiers manuels fonctionne par apport de compétences des collaborateurs d'EY (auditeurs, consultants, avocats, fonctions support) aux porteurs de projet sélectionnés. Elle n'apporte pas de soutien financier.


• 1 – Avant de remplir votre dossier de candidature, contactez l'équipe permanente de la Fondation d'entreprise EY pour les métiers manuels afin de vérifier l'éligibilité de votre projet. Vos contacts :
Lancelot Lefebvre, manager – 01 46 93 76 95 – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Fabienne Marqueste, déléguée générale – 04 78 63 10 64 – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Publié dans Société

 

Luc Ferry et Nicolas Bouzou tentent, dans un livre, de répondre à cette propension qu'auraient les Français à cultiver cette "joie mauvaise" qu'est le pessimisme.

Pourquoi tant d'intellectuels se complaisent-ils dans cette joie mauvaise qu'est le pessimisme ?


Pourquoi ne voit-on plus les progrès considérables accomplis par nos sociétés en termes d'espérance de vie, de santé, de conditions de travail ?


Pourquoi avons-nous peur de la troisième révolution industrielle – cette convergence spectaculaire de l'intelligence artificielle, de l'informatique et de la robotique ?


Pourquoi nous laissons-nous envahir par les scénarios catastrophe, les théories complotistes, les fausses nouvelles ?


Pourquoi ne croit-on plus en l'Europe ?


Pourquoi un tel manque de confiance dans l'avenir ?


Dans ce livre événement, le philosophe Luc Ferry et l'économiste Nicolas Bouzou répondent à ces questions qui nous concernent tous, nous et nos enfants.
Ils unissent leurs voix pour appréhender le monde qui vient, et énoncer les conditions qui permettront à la sagesse de l'emporter sur la folie.
Ils nous exhortent à ne pas céder au pessimisme ambiant et à relever avec courage et lucidité les nouveaux défis du XXIe siècle
Un livre aussi limpide que puissant.

Avec Nicolas Bouzou, Luc Ferry


Atlantico : Votre livre, "Sagesse et folie du monde qui vient, comment s'y préparer, comment y préparer nos enfants ?" (XO éditions) tente de répondre à cette propension qu'auraient les Français à cultiver cette "joie mauvaise" qu'est le pessimisme. L'écrivain anglais G.K. Chesterton disait que "l'humanité ne produit des optimistes que lorsqu'elle a cessé de produire des heureux". D'une certaine façon, ce pessimisme contemporain n'est-il pas compréhensible, voire justifié, en ce qu'il permet de contrebalancer un optimisme qui se déclare rationnel et se veut opposé lui-même à un pessimisme rabaissé à son origine émotionnelle (pensons par exemple à la "nostalgie" défendue par Alain Finkielkraut) ?


Nicolas Bouzou : Nous ne défendons dans notre livre ni l'optimisme ni le pessimisme, qui sont des humeurs qui passent à côté du sujet. Nous proposons une analyse lucide et appelons une action politique courageuse. C'est tout à fait différent. Le pessimisme d'Alain Finkielkraut ou de Régis Debray me semble injustifié car il oublie les formidables progrès que l'économie de marché permet de réaliser dans la santé, les transports, la diffusion de la culture ou l'énergie. Et de ce point de vue, la troisième révolution industrielle est une promesse formidable de progrès. Nous vivons en moyenne de mieux en mieux c'est un fait et le pessimisme de certains est souvent l'avatar d'une haine du libéralisme qui n'est pas fondée intellectuellement. Mais d'un autre côté, l'optimisme de Johan Norberg ou Steven Pinker est insuffisant car le progrès créé ses propres maux comme la perte relative de revenu des classes moyennes ou la plongée dans une société de consommation qui devient addictive. Notre ouvrage veut au contraire donner un nouveau contenu, concret, à la notion de progrès, qui ne peut plus s'identifier au progrès du 19ème siècle par exemple. Nous insistons par exemple beaucoup sur la question du sens à donner à nos vies.
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Le pessimisme n'est-il pas d'une certaine façon un optimisme inversé ?

La décadence et le progressisme ne posent-ils pas le même problème à nos sociétés démocratiques en ce qu'ils enjambent trop rapidement le temps démocratique qu'est le présent pour se tourner vers un passé idéalisé ou un avenir déconnecté des réalités ?


Luc Ferry : Bernanos disait que si les optimistes sont des imbéciles heureux, les pessimistes ne sont en général que des imbéciles malheureux. Ce n'était pas très gentil, mais assez bien vu. Notre livre plaide pour qu'on échappe enfin à ces deux catégories de la bêtise humaine pour tenter d'abord et avant tout de comprendre le monde qui vient. Nous vivons une troisième révolution industrielle, celle qui fait converger l'intelligence artificielle (IA), la robotique et le digital, et cette révolution va changer le monde davantage dans les cinquante ans qui viennent que dans les cinq mille qui précèdent. Il est assez compréhensible qu'à défaut de comprendre ce qui est en train d'advenir, nombre de nos concitoyens soient pessimistes.

Notre livre vise donc d'abord à expliquer ce que nous vivons, il plaide pour la lucidité, car l'avenir sera ce que nous en ferons et si nous ne comprenons pas la révolution en cours, nous sommes très mal partis. Pour ne donner qu'un exemple, la voiture, le camion et le train autonomes, conduits par des robots d'IA, vont détruire des millions d'emplois partout dans le monde dans les décennies qui viennent et nos politiques semblent ne pas en prendre la mesure. La question cruciale que nous posons est au fond celle-ci : comment rendre nos concitoyens, à commencer par nos enfants, complémentaires et non victimes du monde qui vient, comment les y préparer et quelles compétences leur faire acquérir afin qu'ils n'en soient pas des exclus de l'avenir.


Votre livre se propose d'apporter "un regard neuf sur l'avenir face aux tropismes exclusivement passéistes" et s'interroge sur l'incapacité de nos époques à voir les "progrès considérables accomplis par nos sociétés en termes d'espérance de vie, de santé, de conditions de travail". Aujourd'hui la France est déchirée par la crise totale que représente le mouvement des Gilets jaunes. Cette crise n'est-elle pas d'une illustration de l'opposition entre une France qui a une confiance totale en l'avenir et une France qui n'y croit pas ou plus ?


Nicolas Bouzou : Bien sûr, et ce phénomène se retrouve aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, bien qu'il s'exprime de façon différente. La mondialisation et l'innovation sont une aubaine pour les plus aisés, les mieux formés, les "manipulateurs de symbole" qui savent jouer de ce contexte. Cela représente tout de même environ 30% des habitants des pays développés. Le couple mondialisation/innovation est aussi favorable aux plus fragiles, qui peuvent acheter des produits de moins en moins chers et dont les emplois ne sont pas menacés par la technologie. Un serveur de restaurant ne va pas perdre son travail. Les personnes les plus mal à l'aise, ce sont les "classes moyennes basses", dont beaucoup résident dans les villes moyennes et les territoires ruraux. Ce sont par exemple les descendants des hillbilies dans la rust belt américaine magnifiquement dépeints par JD Vance. Eux connaissent ou risquent de connaître un véritable déclassement. L'action politique doit prioritairement les cibler en améliorant les politiques d'éducation, de formation professionnelle, de logements... La crise du logement pour les classes moyennes par exemple, touche quasiment tous les pays développés.


Luc Ferry : Je crois que nous avons tous tendance à exagérer l'ampleur de ce mouvement. Au plus fort des manifestations, les GJ étaient 280 000, ils sont 35 000 aujourd'hui : nous sommes à des années-lumière des grandes manifestations que la France a connues dans les années 30, 60, ou même 80. Il y a un effet loupe largement dû aux réseaux sociaux auxquels s'ajoutent les chaînes d'info en continu. Le mouvement n'en est pas moins significatif des divisions que la mondialisation instaure entre ceux qui peuvent surfer sur la vague et ceux qui passent dessous. Plus profondément encore, il y a un décalage de moins en moins supportable entre les promesses de bonheur et les incitations à la consommation que nous font les sociétés libérales et le revenu réel de millions de gens qui travaillent, qui ont un emploi et qui ont pourtant du mal à vivre convenablement de leurs salaires. En imposant de manière absurde et uniforme la limitation de vitesse à 80km/h en même temps qu'une hausse des carburants, le gouvernement a mis le feu aux poudres et il ne sait plus comment s'y prendre pour apaiser la colère...


Vous proposez de "réinvestir la notion de progrès" par l'utilisation d'exemple concret. Si on remonte non pas un siècle mais 10 ou 20 ans auparavant, quels exemples concrets pouvez-vous nous donner de ce progrès ?


Nicolas Bouzou : Je travaille beaucoup sur l'économie de la cancérologie. Il y a trois ans, on mourrait d'un mélanome métastasique ou d'un cancer du poumon. Aujourd'hui, on soigne de nombreux patients. L'immunothérapie et la génétique sont des révolutions thérapeutiques qui permettent des progrès impensables en oncologie. C'est un formidable progrès, très concret. S'il faut réformer nos systèmes de soins, c'est pour que chacun puisse bénéficier de ce progrès. C'est ça le contrat social européen.


Vous indiquez qu'il "faut du courage pour gouverner, mais [le courage] ne suffit pas : il faut l'adhésion d'une majorité du peuple". La crise des Gilets jaunes ne montre pas en creux cette tendance censitaire qui existe au sein de nos élites, et qui consiste à porter le progrès, même si c'est contre le peuple ?


Luc Ferry : C'est à mes yeux le grand tort des libéraux : ils pensent en général qu'il suffit d'avoir raison sur le fond pour que les décisions passent. C'est une erreur. Quand je regarde ce qui sort du « grand débat », c'est peu dire que je ne suis pas enthousiaste. Qu'il s'agisse du rétablissement de l'ISF ou de la baisse de la TVA par exemple, ce sont des mesures profondément nuisibles. Dans un pays d'adultes, personne ne demanderait ça, de même que personne ne songerait à éviter éternellement l'allongement de la durée de cotisation pour la retraite. Le problème de tous les gouvernements depuis des décennies, à droite comme à gauche, c'est qu'on sait en gros ce qu'il faut faire, mais on ne sait pas comment s'y prendre pour ne pas mettre les gens dans la rue. Du coup on ne fait rien, ou pas grand-chose. Les déficits augmentent, la dette avec eux, les impôts forcément en conséquence, et le pays va de plus en plus mal parce qu'il a le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé de l'OCDE. J'en reviens à notre livre : il faut expliquer, aligner inlassablement les arguments rationnels qui tentent de faire comprendre les enjeux de la troisième révolution industrielle afin que l'opinion publique soit assez éclairée pour accepter ou refuser en connaissance de cause les décisions politiques. Je sais bien que c'est une goutte d'eau dans l'océan, mais c'est en tout cas l'idée...  


Vous abordez notamment la question de la fin du travail, que vous réfutez. Pourquoi ne doit-on pas avoir peur d'un - excusez l'expression - grand remplacement par les robots ?

N'y a-t-il pas malgré tout un problème dans la façon dont logiciels et autres bras automatiques effectuant des tâches autrefois dévolues aux humains sont intégrés dans le monde du travail aujourd'hui ?


Nicolas Bouzou : Oui mais c'est formidable car ces robots vont effectuer des tâches qui sont pénibles pour les humains. Historiquement, la technologie a toujours détruit les emplois les plus difficiles. Au fond, tant que les humains seront complémentaires de la technologie et tant qu'il y aura des besoins à satisfaire, le travail sera infini. La question n'est donc pas du tout celle de la fin du travail et de l'instauration d'un revenu universel mais celle de la mutation des métiers, c'est-à-dire de la formation. Nos systèmes éducatifs et de formation continue doivent fortement monter en gamme. En dehors des pays scandinaves, de l'Autriche et de la Suisse, les pays développés sont encore loin du compte à ce sujet. C'est cette inadéquation entre l'offre et la demande de travail qui générera du chômage. On forme des moniteurs d'auto-écoles alors qu'on va avoir besoin de logisticiens.


Notre époque n'a jamais connu autant de burn-out et autres dépressions dans l'environnement professionnel. Évidemment, il y a moins de morts au travail aujourd'hui que sur le chantier des Pyramides, mais le malaise est très net. Quelle perspective peut-on attendre de l'avenir sur ce terrain ?


Luc Ferry : Là encore, le manque de prisme historique nous fait grossir les problèmes. Sans remonter aux pyramides, mon père a commencé à travailler à l'âge de 12 ans, il a connu deux guerres atroces sans tomber pour autant dans le burn-out. Et croyez-moi, il n'était pas le seul dans cette situation. Ce ne sont pas les conditions de travail qui sont plus dures aujourd'hui que dans les années 30, c'est l'exigence de bien être qui a augmenté de manière exponentielle. Pas de malentendu : c'est une bonne chose, mais qui, là encore, doit être mise en perspective. L'idée que défend notre livre, c'est qu'on doit tout faire pour éviter d'en venir à cette catastrophe intellectuelle, économique et morale que serait le revenu universel de base (RUB) qu'on confond souvent à tort avec le RSA. Il faut au contraire, « équiper » nos enfants de manière qu'ils soient complémentaires du monde qui vient, et non remisés à la maison à ne rien faire avec un revenu misérable. Les partisans du RUB disent que les gens au RUB auront des activités caritives d'utilité publiques, mais je ne suis pas sûr que le modèle des dames patronnesses du XIXème siècle soit enthousiasmant. Cette lutte pour la « complémentarité » homme/IA/Robots est l'un des thèmes essentiels de notre livre.


Vous reconnaissez que notre monde s'avance vers une phase "hypercapitalistique" et que les inégalités vont progresser. Quand bien même une redistribution serait mise en place par intéressement, une telle phase est-elle tenable socialement ?


Nicolas Bouzou : Oui si l'on pense en termes de justice. Évidemment, il y a un nouveau d'inégalités qui est socialement inacceptable dans un pays. Je me suis rendu récemment dans le quartier de Skid Row à Los Angeles et ce que j'y ai vu ne devrait pas exister sur notre planète, c'est aussi simple que ça. Mais en France et même en Europe, nous avons réussi à juguler les inégalités de revenus. L'enjeu, c'est la justice, c'est permettre de faire en sorte que chacun puisse construire sa vie ; que chacun puisse, comme le dit Amartya Sen, acquérir des "capabilités". C'est pourquoi la question de l'éducation est si importante. En France par exemple, on sort difficilement de la pauvreté. Pour un libéral comme moi, c'est inacceptable.


Vous proposez un "bon usage du Big Data". Quels sont les enjeux, et pourquoi cette question est centrale pour notre avenir ?


Luc Ferry : Le Big Data traité par l'IA est le nouveau pétrole de l'économie collaborative. Google a gagné des dizaines de milliards de dollars cette année juste en revendant à des entreprises nos data et nos historiques de navigations afin qu'elles puissent cibler leur publicité. Comme l'a montré Jean Tirole, notre prix Nobel d'économie, nous vivons dans le monde du faux gratuit : vous naviguez sur Google ou sur les réseaux, c'est gratuit pour vous, mais payant pour les entreprises qui vont acheter vos data, et lucratif au plus haut point pour ceux qui les récoltent et qui les vendent. Si nous voulons, nous, européens, non seulement protéger nos vies privées, mais profiter nous aussi de cette manne, ce n'est pas le RGPD qui nous y aidera, mais des investissements européens dans l'édification de GAFA européens. Ce devrait être un des enjeux fondamentaux de la prochaine élection européenne, mais je doute, hélas, que nos politiques soient assez lucides pour s'en saisir...


Luc Ferry et Nicolas Bouzou, "Sagesse et folie du monde qui vient, comment s'y préparer, comment y préparer nos enfants ?", publié chez XO éditions.
Margaux Lonnberg
FR.BAZARCHIC.COM

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