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La femme sénégalaise : Entre Epanouissement, poids des traditions et le besoin d'autonomie par Mouhamed Diankha

Sep 10, 2017 Hit: 173 Écrit par 
La femme sénégalaise : Entre Epanouissement, poids des traditions et le besoin d'autonomie par Mouhamed Diankha

 

Nos compatriotes d'ici ou de la bas doivent être écoutés. Ce qu'ils disent est souvent murement réfléchi et je suis surpris qu'ils soient incompris pour des raisons légères et confuses. p B CISSOKO


Un épanouissement sous le poids des coutumes et traditions ou une autonomisation économique plombée par des croyances socioculturelles.


La femme sénégalaise, profusément considérée dans certaines coutumes africaines, comme inférieure à l'homme et devant se soumettre à lui, ou du moins comme une personne devant seulement s'occuper de son foyer, a fini par se mettre à l'écart de toutes les sphères de décisions même dans la société moderne. Son rôle principal était non seulement de s'occuper du foyer mais aussi d'assurer la pérennisation de la famille.
A cet effet, la répartition des rôles entre hommes et femmes est inspirée par une tradition fortement ancrée dans les croyances socioculturelles qui exigent que la reproduction sociale repose exclusivement sur les épaules des femmes.

C'est pourquoi dans les calendriers horaires des femmes, les activités reproductives afférant principalement aux travaux domestiques et aux différentes prises en charge dont les membres d'un ménage ont besoin pour survivre, occupent une place importante dans leur quotidien. Les femmes travaillent généralement 12 à 13 heures de plus par semaine que les hommes d'après une étude de FIDA (Fonds international de développement agricole).Marquée encore par le poids de cette coutume, la femme sénégalaise semble aujourd'hui sortir progressivement de ce stéréotype qui l'a longtemps caractérisée.


L'autonomisation économique des femmes reste encore très problématique en raison des croyances socioculturelles fortement ancrées dans la société. Celles-ci donnent une forte responsabilité à la femme dans le maintien et la survie de la famille sous toutes formes. Il s'y ajoute que les ressources familiales ou communautaires sont contrôlées par les hommes. Cette situation a pour conséquence de confiner la femme dans un cercle vicieux où elle est encline d'assurer des revenus de subsistance à la famille tout en gérant les activités de reproduction sociale. La combinaison des activités productives et des activités reproductives à travers des mécanismes de substitution reste un véritable frein au développement des initiatives de développement économique locales. Celles-ci bénéficient de ressources temporelles assez limitées au regard de l'importance du temps consacré aux travaux domestiques. Par conséquent, les revenus tirés des activités économiques des femmes restent encore dans des proportions globalement faibles.


Il apparait clairement que plus la durée consacrée aux activités productives est importante, plus les revenus mensuels sont importants et inversement. Les revenus monétaires décroissent en fonction de l'importance de la charge de travail des activités de reproduction sociale non rémunérées qui reste une variable relativement constante.


En milieu urbain et rural, on note l'importance des charges supportées par les femmes pour assurer la survie de la famille à travers une forte contribution aux dépenses de santé, d'éducation des enfants, de consommation etc.). Ce qui explique, dans un contexte d'accès difficile aux moyens d'existence durable et aux opportunités économiques, l'échec des initiatives d'autonomisation socio-économique. Le rôle de la femme en tant que « gardienne de la famille » jadis affirmé dans les traditions et coutumes prend donc une nouvelle connotation de pourvoyeuse de ressources monétaires et temporelles qui, directement ou indirectement, influe sur les activités économiques.

Dans un tel contexte, les initiatives économiques locales ne peuvent prospérer car tributaires de la capacité des femmes à réinvestir les bénéfices tirés des AGR et à épargner en vue de passer des activités de subsistance quotidienne aux activités à revenus plus substantiels. Dans cette perspective, les systèmes de protection sociale adossés sur des stratégies d'autonomisation des femmes constituent un enjeu stratégique majeur.

Cette situation s'accentue malheureusement dans un contexte socio-économique marqué par un fort taux d'exode des hommes suppléés par les femmes qui, dans ces circonstances, jouent le rôle de chefs de ménages. Elle impose à l'Etat et à ses partenaires de renforcer l'accès de ces groupes vulnérables aux moyens d'existence durables. Il s'agit également d'imaginer des mécanismes de protection sociale plus innovants afin de sécuriser les revenus des femmes en particulier.


Par Mouhamed Diankha [Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ]
Planificateur Economiste et Gestion des organisations

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