Société

Quelle est la durée « normale » d'un rapport sexuel ? Ce qu'on voit dans les films serait-ce un leurre ?

Comparaison n'est pas raison.

Les films vidéos ou autres sont des montages et il ne faut pas demander l'impossible.

De la mesure dans toute chose. Lecouple se vit à deux et c'est à deux que le couple va trouver une solution sur la durée mais surtout sur la qualité de l'acte d'accouplement.PB C

Il est difficile de mesurer la durée d'un rapport sexuel, car les couples peuvent avoir tendance à la surévaluer. Shutterstock ..Quelle est la durée « normale » d'un rapport sexuel ? 


ARC Future Fellow, The University of Queensland

 

 

Il est difficile de mesurer la durée d'un rapport sexuel, car les couples peuvent avoir tendance à la surévaluer. 
Pas besoin d'être scientifique pour se poser la question. Appuyé contre la tête de votre lit après un coït bien trop court à votre goût, vous vous êtes peut-être déjà demandé : quelle est la durée « normale » d'un rapport sexuel ?

Eh bien sachez que les scientifiques se posent la même question. Ils se contentent de la formuler différemment, d'une façon obscure et presque comique : quelle est la durée moyenne de latence de l'éjaculation intravaginale ?

Bien sûr, le sexe ne se résume pas à l'introduction d'un pénis dans un vagin et à une éjaculation. Mais il peut être difficile de déterminer ce qui en fait partie, ou pas – faut-il compter, ou pas, les préliminaires et si oui lesquels ? Dans un souci de simplicité et de précision, nous nous concentrerons donc sur la période allant de la pénétration à l'éjaculation.

Mesurer sa durée moyenne n'est pas une mince affaire. Pourquoi ne pas demander directement aux gens combien de temps ils mettent, me direz-vous ? Eh bien, cette méthode poserait deux problèmes majeurs. Tout d'abord, les estimations données risqueraient d'être surévaluées. Il est socialement tentant, en effet, de prétendre que vos ébats se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

500 couples se sont chronométrés


Ensuite, on n'est pas forcément capable de dire combien de temps cela a duré. Le sexe n'est, en principe, pas une activité pendant laquelle nos yeux sont rivés sur le réveil posé sur la table de chevet. Or, fournir une estimation sans aucune assistance peut se révéler difficile si l'acte a été particulièrement exaltant.

La meilleure étude, parmi celles qui ont cherché à estimer la durée moyenne de la période menant à l'éjaculation dans la population générale, a été menée auprès de 500 couples originaires de divers endroits de la planète. Ceux-ci devaient mesurer, à l'aide d'un chronomètre, la durée de leurs relations sexuelles pendant une période de quatre semaines.

Oui, vous avez bien lu : aussi bizarre que cela puisse paraître, les participants devaient appuyer sur le bouton start au moment de la pénétration du pénis, puis sur le bouton stop lors de l'éjaculation. Vous objecterez sans doute qu'une telle action est susceptible d'influencer l'humeur des participants, et qu'elle ne rentre pas vraiment dans l'ordre naturel des choses. Mais il est rare que la science atteigne la perfection, et cette méthode est la meilleure que nous ayons trouvée.

De 33 secondes à... 44 minutes !
Mais alors, pour quels résultats ? Le principal enseignement est que ceux-ci varient considérablement d'un couple à l'autre. La moyenne de chaque couple (calculée à partir de tous leurs rapports sexuels pendant la période de quatre semaines) va de 33 secondes pour la durée la plus courte, à 44 minutes (soit 80 fois plus !) pour la plus longue.

Sexy, n'est-ce pas ? Matthew/Flickr, CC BY .Il est donc clair qu'il n'y a pas une durée « normale » pour le rapport sexuel. La durée moyenne (médiane en fait, techniquement), mesurée à partir de celles de tous les couples, s'élève à 5,4 minutes. Ce qui signifie que, si l'on classe tous les couples participants, du rapport sexuel le plus court jusqu'au plus long, celui du milieu arrive à une moyenne de 5,4 minutes sur cette période de quatre semaines.

L'étude a également dégagé quelques enseignements secondaires. Par exemple, l'usage de préservatifs ne semble pas avoir d'effet sur la durée du rapport, pas plus que la circoncision éventuelle chez l'homme. Ces résultats ont le mérite de remettre en cause quelques croyances traditionnelles quant à la relation entre la sensibilité du pénis et son efficacité au lit.

L'origine géographique n'a pas beaucoup d'influence non plus – mis à part pour les couples turcs, dont les rapports semblent être sensiblement plus courts (3,7 minutes) que ceux des autres pays concernés (Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis). L'âge des participants, en revanche, n'est pas neutre : plus un couple est âgé, plus les relations sexuelles sont courtes, contrairement à l'idée reçue (certainement colportée par des hommes d'un certain âge).

Pourquoi cela dure-t-il si longtemps ?


En tant que chercheur intéressé par le thème de l'évolution, tous ces débats sur la durée du rapport sexuel m'amènent à une question : pourquoi est-ce que cela prend du temps tout court ? La seule chose qui justifie un rapport sexuel est, semble-t-il, la délivrance de sperme dans le vagin. Pourquoi, alors, tous ces mouvements va et vient ? Pourquoi, plutôt que de glisser son pénis et de le retirer plusieurs centaines de fois à chaque rapport, ne pas tout simplement l'introduire une seule fois, éjaculer, puis aller boire une limonade et passer à autre chose ?

Les mouvements de va et vient qui constituent les rapports sexuels ont-ils une fonction biologique ?

Shutterstock
.Avant de me répondre « Parce que c'est amusant ! », rappelez-vous que l'évolution n'accorde aucune importance à l'amusement en tant que tel. Elle ne fait que « concevoir » les choses de manière à les rendre plaisantes, ce critère étant rempli si celles-ci ont encouragé nos ancêtres à transmettre leurs gènes aux générations suivantes. Par exemple, même si nous apprécions la nourriture, nous ne passons pas cinq minutes à mâcher chaque bouchée, simplement pour apprécier la chose plus longtemps. Ce serait inefficace. Nous avons donc évolué de telle façon que cela nous paraît aujourd'hui dégoûtant.

S'il est impossible de fournir une explication définitive à la durée de nos rapports sexuels, le début d'une réponse peut être fourni par la forme du pénis. En 2003, des chercheurs ont montré – à l'aide de vagins et de pénis artificiels, ainsi que de sirop de maïs pour faire office de sperme – que la crête qui entoure la tête du pénis éloignait le sirop qui préexistait dans le vagin.

Cette expérience montre que les mouvements répétés de l'homme pourraient avoir pour objectif d'éloigner le sperme laissé par d'autres hommes, et ainsi de s'assurer, au moment de l'éjaculation, que ses petits nageurs auront les meilleures chances d'atteindre l'ovule les premiers. Ce phénomène pourrait d'ailleurs expliquer pourquoi l'homme éprouve de la douleur lorsqu'il poursuit ces mouvements après l'éjaculation : il risquerait alors d'évacuer son propre sperme.

Que déduire, finalement, de tous ces résultats ? Si je peux vous donner un conseil, essayez de ne pas trop y réfléchir au beau milieu de vos ébats amoureux.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

http://theconversation.com/quelle-est-la-duree-normale-dun-rapport-sexuel-

Sénégal: avant la Tabaski, à Dakar, tout le monde cherche son mouton

Plus qu'une dizaine de jours avant la Tabaski, le nom donné à l'Aïd el-Kébir en Afrique de l'Ouest. Tout le monde est à la recherche d'un ou plusieurs moutons à sacrifier. Rien que dans la capitale sénégalaise, la demande est estimée à 260 000 têtes. Comme chaque année, la ville est donc devenue un immense point de vente.

Beaucoup des moutons vendus avant la Tabaski ont été élevés dans la cour de maison ou sur le toit d'un immeuble. Mais pour compléter cette offre dakaroise, des milliers d'autres bêtes sont ramenées chaque année de l'intérieur du pays, mais aussi du Mali ou de la Mauritanie.

Sur le trottoir d'une rue passante de la capitale sénégalaise, un groupe d'adolescents discute, tout en gardant un œil sur plusieurs dizaines de moutons mis en vente par les habitants de leur quartier. Ici, les prix varient entre 150 et 350 000 francs CFA par tête.

Et le marché donne lieu à toutes sortes de spéculations. « Parfois, ici, ils achètent un mouton à 110 000 francs CFA. Ils le gardent à la maison, le nourrissent pendant quelques mois, puis lorsque la fête est très proche, ils le revendent en doublant souvent le prix », explique Cheikh Loum, un étudiant chargé de la surveillance du cheptel de son père.

« Save Dakar » regrette l'occupation de l'espace public

Des milliers de moutons sont actuellement exposés dans les rues de la capitale. Ce qui ne va pas sans certains désagréments. Dans le quartier de Soumbedioune, des dizaines de béliers ont ainsi été regroupés sur un terre-plein central réservé habituellement aux piétons.

Mandione Laye Kébé, de la campagne digitale « Save Dakar », dénonce les comportements à l'origine de la dégradation de la capitale sénégalaise. Pour lui, la vente des moutons destinés à la Tabaski ne devrait pas avoir lieu à chaque coin de rue.

« Normalement, ici, c’est pour les piétons, mais les vendeurs de moutons l’ont transformé en marché », observe-t-il. « Ils mettent en danger la population, marchent dans la rue et occupent l’espace réservé pour les piétons… C’est dommage. »

Mais pour l'heure, la préoccupation des Dakarois n'est pas l'état de leur ville ou l'aménagement des points de vente, mais bien de trouver un mouton avant le jour de la Tabaski.

RFI

Esclavages, traites et combattants de la liberté

Depuis 1998, tous les 23 août, la communauté internationale célèbre la « journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition ». Une date qui fait référence à la nuit du 22 au 23 août 1791 à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et République Dominicaine) d’où est partie une insurrection qui jouera un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière transatlantique. Une commémoration pour rappeler un crime à portée universelle, qui a relégué des millions d’êtres humains au rang de marchandise, et pour rendre hommage aux combattants de la liberté qui ont, de tout temps, lutté pour l’affirmation des droits humains.

Aucun inventaire exhaustif ne peut rendre compte de l’abomination de l’esclavage et de l’horreur de la traite. Comme l’écrivait la directrice générale de l’Unesco Irina Bokova, « l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage a fait couler un flot de rage, de cruauté et d’amertume qui ne s’est pas encore tari. Elle est aussi une histoire de courage, de liberté et de fierté de la liberté reconquise… L’aboutissement de ce combat, mené par les esclaves eux-mêmes, est une source inépuisable d’inspiration pour lutter aujourd’hui contre toutes les formes de servitude, le racisme, les préjugés, les discriminations raciales et les injustices sociales hérités de l’esclavage. »

Spartacus, le héros antique

Nous ne savons rien de l’origine de l’esclavage. Certains disent que dans les premières sociétés humaines, l’homme ne songeait qu’à éliminer physiquement son ennemi et que ce n’est que bien plus tard, quand il fit des prisonniers, qu’il décida parfois d’en faire des esclaves à son service. « Les codes juridiques de Sumer prouvent que l’esclavage existait dès le IVe millénaire avant J.-C. Le symbole sumérien correspondant au terme "esclave" en écriture cunéiforme, signifie "étranger", ce qui indique une origine essentielle : les premiers esclaves étaient probablement des prisonnier de guerre », dit le Larousse. Par contre, dans l’Egypte antique (comme plus tard dans l’Europe chrétienne), des hommes, des femmes ou des enfants se vendent ou sont vendus pour payer des dettes. Le roi de Babylone au XVIIIe avant J.-C. définit la valeur d’un esclave dans le code d’Hammourabi et estime qu’elle équivaut à un âne, alors qu’en Asie occidentale, le code des Hittites (1800 à 1400 avant J.-C.) reconnaît que l’esclave est un être humain mais d’une classe inférieure.

Une condition contre laquelle se sont certainement rebellés de nombreux hommes dont les récits ne nous sont pas parvenus. Durant l’Empire romain (entre 27 avant J.-C. et 476 après J.-C.) suite aux multiples conquêtes militaires, le nombre d’esclaves devient plus important que celui des hommes libres. Les esclaves sont soumis aux pires traitements et de nombreuses révoltes éclatent. Le héros le plus célèbre de cette époque fut l’esclave gladiateur Spartacus, qui leva une armée d’esclaves contre Rome pour se libérer. Son histoire inspirera de nombreux auteurs et de multiples luttes.

L’esclave, « une sorte de propriété animée »

Le phénomène de l’esclavage est quasi-universel. On en trouve des traces dans le passé de très nombreuses civilisations sur tous les continents, aussi bien dans les sociétés pastorales sédentaires du Moyen-Orient, que chez les pasteurs nomades d’Amérique du Nord, comme domestiques en Chine ou comme marins en Scandinavie... L’esclave est considéré comme une force de travail servile, on peut tout lui demander, il appartient totalement à un maître comme un bien ou une chose. Aristote (philosophe grec, 384 à 322 avant J.-C.) définissait l’esclave comme « une sorte de propriété animée », son humanité a été réduite au statut de marchandise, sa vie ne lui appartient plus et il est soumis à son maître dans un rapport de domination fondée sur la violence.

L’économie de profit va largement utiliser l’esclavage dans tous les secteurs d’activité de grande pénibilité qui nécessitent une importante force de travail, comme dans le secteur des mines (les mines d’argent du Laurion, exploitées par Athènes au Ve siècle avant J.-C. ou les mines d’or des royaumes Ashanti dans le Ghana du XVIIIe siècle). Mais c’est surtout l’économie de plantation qui va provoquer les plus gros transferts de main d’œuvre de toute l’histoire au détriment des peuples d’Afrique.

Guerres et traites

De l’Antiquité au Moyen-Âge, le nombre d’esclaves augmente dans des pays comme l’Espagne, le Portugal et l’Italie principalement à partir des grandes républiques maritimes de l’époque comme Gênes ou Venise où opèrent de nombreux marchands d’esclaves. Une période qui prendra fin au XVe siècle en Occident avec le servage (un système féodal où la personne, « le serf », est attaché à une terre et dépend d’un seigneur) qui remplacera progressivement l’esclavage.

Dans le monde arabo-musulman, dès le VIIe siècle, l’esclavage est très ancré dans les mœurs. Des Slaves sont acheminés vers l’Espagne musulmane. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord s’approvisionnent en Afrique qui fournit d’importants contingents d’esclaves, qui transitent par le Sahara, l’océan Indien et la mer Rouge (estimé par les historiens entre 5 000 et 10 000 esclaves par an). Les hommes sont utilisés principalement dans l’armée ou pour des travaux domestiques et les femmes servent d’esclaves sexuelles ou de concubines pour les harems. Une des plus importantes révoltes d’esclaves qui se déroula en Irak de 869 à 883 met fin à l’exploitation massive des Noirs dans le monde arabe. Mais cette pratique d’utiliser des esclaves, dans d’autres proportions, demeura longtemps. Au XIXe siècle, Zanzibar devient un important marché d’exportation d’esclaves à destination du golfe Persique : d’après le sultanat, près de 700 000 esclaves transiteront par l’île entre 1830 et 1872.

Le dernier marché aux esclaves sera fermé au Maroc en 1920. L’Arabie saoudite n’abolira l’esclavage qu’en 1962 et il faudra attendre 1981 pour qu’il soit officiellement aboli en Mauritanie. L’Organisation internationale du travail (OIT) révèlera dans un rapport de 1992 que l’esclavage n’a pas disparu en Mauritanie ni au Soudan où des enfants sont encore vendus comme esclaves en 1993.

Depuis la plus haute antiquité, l’Afrique est en proie à de multiples systèmes de traite esclavagiste. De l’Egypte pharaonique, au trafic transsaharien, à la traite négrière transatlantique, l’Afrique est déchirée par de nombreux trafics alimentés par des guerres internes, pourvoyeuses de prisonniers soumis à l’esclavage. Les grands Empires du Ghana (IXe – XIe siècle), du Mali (XIIIe – XVe siècle) ou Songhaï (XVe – XVIe siècle) ont tous pratiqué l’esclavage à des degrés divers. Le premier empereur de l’Empire du Mali, Soundiata Keïta prescrit à Kouroukan Fouga au début du XIIIe siècle, sa charte du Mandén (une des plus vieilles Constitutions du monde) qui prône la paix sociale dans la diversité, l’inviolabilité de la personne humaine, l’éducation, l’intégrité de la patrie, la sécurité alimentaire, la liberté d’expression et d’entreprise, l’abolition de l’esclavage par razzia et l’interdiction de maltraitance des esclaves. Mais la charte sera remise en question après sa mort et ses commandements seront ensuite oubliés. L’effondrement de l’Empire des Songhaï, qui domina l’Afrique de l’Ouest jusqu’au XVIe siècle, et les guerres intestines entre clans et royautés d’Afrique subsaharienne alimenteront la traite transatlantique alors en devenir.

Le plus grand mouvement de déportation de l’Histoire

La traite négrière transatlantique et la traite dans l’océan Indien perpétrée par les Européens à partir du XVe siècle, aux Amériques, dans les Caraïbes et dans l’océan Indien, contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes, reconnue comme crime contre l’humanité, fut, comme le résumé l’historien Jean-Michel Deveau, « la plus gigantesque tragédie de l’histoire humaine par l’ampleur et la durée ».

Pendant environ quatre siècles, la traite négrière a été légitimée intellectuellement par la construction d’une idéologie raciste, anti-noire et juridiquement par un texte assassin, « le code noir » de 1685. Son commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques fut le plus grand mouvement organisé de déportation de l’Histoire. Des millions d’Africains ont été arrachés à leurs foyers pour être déportés vers le Nouveau Monde sans possibilité de retour (de 11 à 16 millions de personnes selon les sources).

Près de 11% en moyenne mouraient pendant le voyage sur les bateaux. Les Africains, jugés plus résistant que les Amérindiens, étaient ensuite vendus pour travailler dans les plantations ou comme domestiques dans les propriétés. Les familles étaient souvent disséminées, les femmes étaient en permanence exposées aux viols des propriétaires et tous subissaient des mauvais traitements, l’enchainement, parfois la torture et le meurtre. Aujourd’hui, les Afro-Américains et les descendants d’esclaves des îles restent encore profondément marqués par ce passé douloureux.

Les résistances et les luttes

Il y eu des révoltes qui réussirent. La plupart se réalisaient sur les côtes africaines car une fois embarqués en haute mer, c’était extrêmement rare. On raconte qu’en 1539, quelque 109 esclaves prirent le contrôle d’un navire portugais, le Misericordia, mais on n’entendit plus jamais parler du navire. D’après les documents de la compagnie d’assurance maritime britannique, la Lloyd’s, 1053 navires furent coulés en face de l’Afrique dont 17% pour faits de révoltes, de pillages ou d’insurrections, entre 1689 et 1803.

Dans les Amériques et les îles, de nombreuses révoltes marquèrent ces quatre siècles de domination. Certains arrivèrent à s'enfuir (on les appelait les marrons) et recréèrent des sociétés à l'image de leur terre d'origine dans des lieux isolés (Amazonie, les Hauts de la Réunion). D'autres affrontèrent leurs oppresseurs. La principale source d’opposition à l’esclavage viendra des esclaves eux-mêmes. En 1791 commença en Haïti une révolte d’esclaves que les Blancs ne parvinrent pas à mater. Elle aboutira le 29 août 1793 par la suppression de l’esclavage dans l’île proclamée par les commissaires de la République Sonthonax, membre de la Société des amis des Noirs, et Polverel, tous deux munis de pouvoirs extraordinaires.

Le 4 février 1794, la mesure des deux commissaires est ratifiée par la Convention qui l’étend à toutes les colonies françaises. Cependant, en 1799, sous la pression des commerçants du sucre, l’esclavage est rétabli en 1802 par le Premier consul Bonaparte. La révolte des Noirs qui s’en suivra à travers les Antilles conduira le 1er janvier 1804 à l’indépendance d’Haïti qui sera dirigée par Jean-Jacques Dessalines, un ancien esclave de Saint-Domingue, compagnon d’armes de Toussaint Louverture, descendant d'esclaves noirs, qui deviendra une des grandes figures de Haïti, des mouvements anticolonialiste et abolitionniste.

Les abolitionnistes

Dès le XVIIIe siècle, les excès des esclavagistes provoquent des réactions abolitionnistes portées par de nombreux écrivains (Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Marivaux …) et des économistes (Adam Smith, Rossi) qui s’en prennent au principe même de l’esclavage. Sa suppression en Angleterre et en France interviendra en deux temps. Ce sera d’abord l’interdiction de la traite (1807 pour l’Angleterre, 1815 pour la France) puis l’émancipation des esclaves (1833 pour l’Angleterre et 1848 pour la France sur l’initiative de Victor Schœlcherqui se rendra aux Antilles pour proclamer définitivement l’abolition de l’esclavage décrétée le 4 mars 1848).

Aux Etats-Unis, le sentiment anti-esclavagiste s’intensifie en 1831 avec la publication d’un journal abolitionniste The Liberator et par des révoltes d’esclaves menées par Nat Turner qui dureront jusqu’en 1840, date à laquelle de nombreux esclaves s’échappèrent vers les Etats du Nord pour y gagner la liberté. Après la guerre de Sécession et après que le Danemark et les Pays-Bas ont aboli l’esclavage en 1860, les Etats-Unis intègrent cette abolition au 13ème amendement de leur Constitution le 31 janvier 1865.

Dans cette mouvance, les condamnations internationales se multiplient pour affirmer la fin de l’esclavage. La Conférence coloniale de Bruxelles, la Société des Nations (SDN), la Convention de Saint-Germain-en-Laye, la Convention de Genève sur l’esclavage etla Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU du 10 décembre 1948 stipule dans son article 4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. »

A toutes les époques, des hommes se sont battus contre leur condition d’esclave et d’autres ont lutté pour leurs libertés. Cette journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition leur rend hommage.

RFI

"C'est inhumain de repousser les migrants vers des camps de la mort libyens" et les chefs des états africains se taisent

 

N'émigrez  pas, vous risquez votre vie et vous souffrirez aveant de mourir : Lybie et ailleurs PBC


Opération de sauvetage de migrants par les bénévoles de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, le 2 août 2017, au large des côtes libyennes. (Angelos Tzortzinis/AFP)
Moins de la moité des ONG opérant en Méditerranée ont accepté de signer le "code de conduite" imposé par les autorités italiennes. Pour Marco Impagliazzo, président de la communauté de Sant'Egidio, très engagée auprès des réfugiés, ce "code" censé rationaliser les sauvetages des migrants en Méditerranée 

Face à l'afflux croissant des migrants sur ses côtes, la situation est de plus en plus tendue en Italie. Devant le nombre élevé d'arrivées en provenance de la Libye (100.000 personnes en deux mois), les polémiques à caractère xénophobe se multiplient dans la classe politique, à l'initiative de la Ligue du Nord et du Movimento 5 Stelle.


Dans ce contexte de crise, des divisions de plus en plus claires se font jour au sein même du gouvernement, entre ministres qui entendent réglementer les flux (comme le ministre de l'Intérieur Marco Minniti) et ceux qui, s'inspirant davantage des exhortations généreuses du pape François, sont favorables à l'accueil à bras ouverts des réfugiés, qu'ils soient "politiques" ou "économiques" (tel le ministre des Transports Graziano Delrio).


Enfin, les ONG chargées de secourir les migrants en Méditerranée sont au cœur d'une polémique, certaines ayant été accusées de collusion avec les passeurs. Le parquet de Trapani a d'ailleurs ouvert une enquête à ce sujet.


Migrants : l'Italie à bout de souffle


Sur dix ONG opérant en Méditerranée et assurant 30% des sauvetages en mer, quatre seulement ont jusqu'ici accepté de signer le "code de conduite" proposé par le ministre de l'Intérieur italien. Ce code prévoit notamment la présence à bord de chaque navire de sauvetage humanitaire d'un policier italien. Il interdit également tout transfert de personnes rescapées d'un navire à l'autre.
Nous avons sollicité à ce sujet l'éclairage de Marco Impagliazzo, 55 ans, président de la communauté religieuse Sant'Egidio, très engagée sur le front des migrations avec ses "couloirs humanitaires", et qui a réussi à faire entrer légalement en Europe environ un millier de réfugiés en un an.


Comment définissez-vous aujourd'hui la situation de l'Italie par rapport aux migrants ?


L'Italie a été une extraordinaire terre d'accueil des immigrés ces dernières années. Et a fait preuve de beaucoup de tolérance et de solidarité. L'alarmisme actuel est le produit de la campagne électorale en prévision des législatives de 2018. La Ligue du Nord et le Movimento de Beppe Grillo soufflent sur le feu en simplifiant au maximum le problème. En donnant de fausse statistiques, par exemple lorsqu'ils soutiennent qu'il y a 20% d'immigrés dans la Péninsule alors qu'il y en a au maximum 8%.
Mais il faut ajouter que le manque de solidarité européenne a considérablement aidé les populistes, donnant le sentiment aux Italiens qu'ils étaient seuls, abandonnés de tous. Oui, l'Europe a de grandes responsabilités parce que lorsqu'il n'y a pas de moyens légaux pour émigrer, ce sont les illégaux qui s'imposent.


Concrètement, les 13 conditions contenues dans le "code de conduite" que le gouvernement italien veut faire signer aux ONG, et que Médecins sans frontières en particulier attaque avec violence, sont-elles acceptables ou non ?


Elles sont acceptables. Elles ont été écrites pour rationaliser les sauvetages. Elles établissent notamment qu'un officier de la police judiciaire soit présent sur les bateaux des ONG au moment des transbordements, faute de quoi les bateaux en question ne pourront plus déposer leur cargaison dans un port italien. Le cas s'est posé l'autre jour et il a fallu une autorisation spéciale du ministre des Transports pour que les migrants sauvés par une ONG non signataire soient recueillis sur un navire des gardes-côtes et puissent ainsi débarquer dans un port sicilien.


Face à la crise des migrants, un code de conduite pour les ONG
Mais le vrai problème est qu'à l'occasion de la mise en œuvre de ce code, des xénophobes ont craché sur les ONG affublées de l'expression "taxis de la mer". Et lancé une inadmissible campagne de dénigrement de ces organisations bénévoles.
En réalité, il faudrait ajouter au "code" d'autres éléments. C'est inhumain par exemple de repousser les migrants vers des camps de la mort libyens où ils sont maltraités, et parfois torturés et violés. Il faudrait réimpliquer l'ONU, au contraire, et la pousser à créer et gérer elle-même ces camps en Libye.


Que fait concrètement la communauté de Sant'Egidio en faveur des migrants ?


La communauté veut augmenter les voies légales d'entrée des migrants en Europe. Avec un hébergement garanti, des perspectives de travail, des écoles où apprendre la langue italienne et la quasi-certitude de pouvoir ainsi obtenir un permis de séjour légal. En Italie, mais aussi ailleurs en Europe. En France par exemple, notre communauté, en compagnie des églises protestantes, ont signé un accord pour faire arriver 500 migrants "légaux". 15 d'entre eux ont déjà débarqué dans votre pays, le 2 juillet. C'est éminemment symbolique, direz-vous, mais c'est important. En Italie, en un an, 850 réfugiés ont déjà été régularisés, sans devoir payer des milliers de dollars pour un voyage en canot pneumatique incertain et souvent mortel. 1.000 autres viendront d'Ethiopie avec un nouveau protocole. Ce sont des opérations entièrement financées par nous, qui ne coûtent rien à l'Etat ni au contribuable.
Là où l'Etat pourrait intervenir de manière efficace, en revanche, ce serait de faire

un vrai travail de recensement auprès des restaurateurs, des familles, des hôpitaux, des agriculteurs. Qui ont besoin de main-d'œuvre et utilisent aujourd'hui des travailleurs au noir. Le travail existe en Europe. Il suffit de le faire émerger.
Propos recueillis par Marcelle Padovani

AUDIO

La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
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