High-Tech

- La France peut devenir un pionnier de l'innovation digitale grâce à l'intelligence artificielle.

- La France peut devenir un pionnier de l'innovation digitale grâce à l'intelligence artificielle.

L'innovation digitale dépend largement des développements de l'intelligence artificielle. Il est donc essentiel que la recherche, l'éducation et les entreprises en France s'adaptent à cette réalité pour renforcer l'économie du pays et lui permettre de tenir tête aux géants américains. Eric Chaney, conseiller économique à l'Institut Montaigne, a identifié à l'occasion de son intervention aux "Rendez-vous de Bercy" les leviers à enclencher pour faire de la France un leader en intelligence artificielle, et donc en innovation.


1. L'innovation a beaucoup de faces ; l'intelligence artificielle est au cœur de la plupart


Le flot actuel d'innovations technologiques et scientifiques recouvre un spectre très large : science des matériaux à haut débit, génomique unicellulaire, stimulée par des techniques d'édition d'ADN à bon marché, détection des maladies, nouveaux médicaments, science informatique, économie et finance comportementale, marketing, stratégie des entreprises... Pourtant, l'intelligence artificielle (IA) pénètre de plus en plus de domaines, et plus précisément le Deep Machine Learning (DML), comme levier d'accélération de la recherche et du développement, et, pour les entreprises, pour gagner des parts de marché tout en réduisant les coûts. Ainsi, il paraît judicieux de concentrer nos efforts sur l'intelligence artificielle afin de traiter l'ensemble des innovations numériques actuelles.


2. Dompter les géants américains : une ambition louable mais qui ne modifiera pas le paysage concurrentiel


Les grandes entreprises technologiques comme Google, Facebook ou Amazon ont déjà investi de vastes ressources humaines et financières dans les développements du DML, comme le souligne l'acquisition de DeepMind par Google en 2014. Elles poursuivront dans cette voie dans le futur prévisible. L'Europe doit-elle faire émerger ses propres grandes entreprises de technologie, et donc bousculer le marché de ces grandes firmes américaines devenues des quasi-monopoles dans certains secteurs ?
Les autorités de concurrence de l'Union européenne avancent dans cette direction en luttant pour que ces entreprises respectent leurs obligations fiscales ou en leur imposant des règles plus strictes concernant la protection des données privées. Or, si l'application effective des lois et règles fiscales nationales et européennes, tout comme les règles de concurrence est nécessaire - bien que les géants de la technologie soient bien rodés dans l'art de l'optimisation fiscale - il est peu probable que cela change significativement le paysage concurrentiel. En effet, le carburant qui alimente la plupart des algorithmes de DML est constitué de données, dont les géants technologiques regorgent et qu'ils accumulent plus rapidement que tous leurs concurrents grâce à leur part de marché.


Barrer l'accès aux consommateurs et entreprises européens, comme le fait déjà la Chine pour les siens, permettant ainsi à ses entreprises à la pointe de l'intelligence artificielle (Baidu, Tencent) de s'épanouir, tout en les rendant moins aptes à pénétrer les marchés occidentaux, n'est évidemment pas une option pour une Union européenne ouverte et qui doit le rester. Heureusement, le futur n'est pas verrouillé : comme l'Histoire l'a montré à de nombreuses reprises, la porte est grande ouverte à de futures innovations disruptives. De plus, les barrières à l'entrée sur les marchés sont probablement plus faibles qu'on ne le pense, comme des chercheurs de l'OCDE l'ont documenté dans une étude récente : "des produits qui ne sont que marginalement supérieurs aux autres peuvent s'emparer de tout le marché, rendant ainsi les parts de marché instables". Les Européens doivent donc s'interroger : que faire pour favoriser une innovation numérique indigène fondée sur un usage intensif de l'intelligence artificielle ?


3. L'intelligence artificielle : utilisateur ou leader ? Tout commence à l'école


A ce stade, seule l'IA au sens étroit du terme (qui recouvre un champ limité de connaissances, aussi immense et complexe soit-il) est accessible ou anticipée - nous sommes encore bien loin, voire même à des années lumières de l'IA générale. Les applications enrichies par l'intelligence artificielle ont commencé à se répandre sur le marché et vont continuer à se propager dans les années à venir. Des milliards d'utilisateurs potentiels les attendent, consciemment ou non.

La question essentielle est la suivante : devons-nous, Européens, nous résigner à être seulement utilisateurs, voire suiveurs de cette dynamique (et dupliquer l'innovation en l'adaptant aux caractéristiques locales) ou devrions-nous à l'inverse tenter de rejoindre le peloton de tête ?


Il serait bien imprudent de prédire aujourd'hui ce que nous devons enseigner à nos étudiants pour qu'ils deviennent plus tard chefs de file dans ce domaine. Notre stratégie devrait donc se concentrer sur le renforcement de l'éducation scientifique de base - mathématiques, physique et sciences informatiques - de tous les étudiants, du collège à l'université. Notons qu'une éducation scientifique solide requiert une bonne maîtrise du langage commun, du raisonnement, ainsi que de l'histoire, ce qui montre qu'il y a un pont naturel entre les sciences humaines et les sciences dites exactes. L'enjeu repose sur la formation initiale, mais aussi sur la formation professionnelle. Par exemple, les ingénieurs des générations précédentes, aussi pointus soient-ils, doivent-ils recevoir de nouvelles formations en continu. Selon un point de vue sans doute un peu extrême, seuls ceux qui maîtrisent les savoirs les plus fondamentaux (mathématiques, physique...) auront les capacités requises pour réellement maîtriser les développements de l'IA, leur permettant ainsi de garder la tête hors de l'eau lorsque nos vies et nos marchés seront submergés par ces applications. L'enseignement des sciences, de la technologie et des mathématiques étant, comme le montre le constant déclin des scores français lors des enquêtes PISA, un réel enjeu pour la France, la réponse du pays au défi de l'IA est encore plus urgente, et doit être traité à sa racine (voir le rapport de l'Institut Montaigne pour une stratégie numérique rationalisée dès l'école primaire). Un bon point de départ : comprendre que la science n'est pas faite que de concepts logiques et abstraits et essayer de la voir pour ce qu'elle est vraiment : une aventure belle et enthousiasmante, pour citer le prix Nobel de physique Georges Charpak.


4. Les entreprises au premier rang de la "bataille IA", car la concurrence les y poussera


Dans le monde des affaires, le développement de l'IA n'est pas uniquement réservé aux happy few, tels que les entreprises high tech ou les meilleurs ingénieurs et dirigeants au sein d'une entreprise. Le développement de l'IA sera un facteur concurrentiel avant tout. Les entreprises assez lucides pour donner à l'ensemble de leur personnel, et dans certains cas, à leurs clients, l'accès à des applications enrichies par l'IA gagneront un avantage compétitif et devanceront leurs concurrentes. Tout au long de l'échelle hiérarchique, du niveau assistant au back office au front office, des départements RH à la direction générale, l'IA fera la différence entre les gagnants et les perdants, car les adopteurs précoces augmenteront leur productivité en faisant croître la valeur créée par chaque employé, contrairement aux retardataires. Les gagnants pourront augmenter leurs prix et donc recruter davantage ou augmenter les rémunérations de leurs employés, attirant ainsi des candidats de haut niveau, tandis que les retardataires n'auront d'autre choix que de réduire leurs coûts en licenciant, et finiront exclus du marché.
Vue sous cet angle, la bataille de l'innovation paraît être une histoire essentiellement micro-économique, dans laquelle les Etats n'ont pas leur mot à dire en dehors de la formation. Est-ce vraiment le cas ?


5. Comment les Etats peuvent -et doivent- aider : concurrence, protection des données, ouverture des données publiques et commande publique


• Faire respecter la concurrence


Tout d'abord, l'innovation est souvent étouffée par la structure du marché. En effet, les grandes entreprises qui bénéficient déjà d'une part de marché importante, celles qui dominent les secteurs technologiques par exemple, n'ont aucun intérêt à laisser les innovateurs atteindre le marché. Si elles ne peuvent faire autrement, elles préféreront racheter les nouveaux venus plutôt que de tenter de les surpasser. Ce fait est bien connu dans le domaine des brevets, dont le phénomène des chasseurs de brevets est un exemple extrême et inquiétant. Voilà une bonne occasion pour les pouvoirs publics d'intervenir pour garder le terrain de jeu ouvert aux innovateurs, même si cela se fait au détriment de noms bien établis, qui s'empressent toujours de brandir la menace de suppression d'emplois dès lors que leur pré-carré est menacé d'invasion. Nous avons besoin de politiques de concurrence et de de brevets bien conçues, tant à l'échelle nationale qu'européenne.


• Equilibrer la protection de données et l'accès aux données pour chercheurs et des entreprises


Deuxièmement, nous avons la chance de n'être encore qu'au tout début de l'ère IA. A ce stade, les algorithmes d'IA doivent être testés sur de vastes bases de données avant de pouvoir surpasser les experts humains (voir (7) pour un exemple médical). Pour ce qui est des applications médicales, l'Europe, avec ses systèmes de santé très avancés et qui abondent de dossiers médicaux et de leurs historiques, est assise sur une mine d'or. Une première question se pose alors : comment rendre les données accessibles tant aux chercheurs qu'aux entreprises privées qui développent des algorithmes de détection des maladies, sans pour autant compromettre le caractère privé de ces données ? Il est essentiel d'y répondre. Etant donné que la protection des données privées est un sujet hautement sensible pour les citoyens européens, peut-être d'ailleurs plus que pour leurs homologues américains, la confiance est une condition nécessaire à l'épanouissement de l'innovation liée à l'intelligence artificielle en Europe. Nous avons donc besoin de régulations nationales et européennes fortes et transparentes. En même temps, une protection trop tatillonne, complexe, ou pire, incohérente entre les pays, risque d'entraver l'innovation en intelligence artificielle, au détriment du bien-être des Européens.


• Faire bon usage des bases de données publiques


Troisièmement, les Etats eux-mêmes possèdent de larges bases de données, au nom de ceux qu'ils gouvernent, individus et institutions. Les dossiers administratifs, qu'ils viennent d'hôpitaux ou d'administrations nationales, sont la plupart du temps numérisés, ou s'apprêtent à le devenir. Puisque de grandes bases de données de bonne qualité sont critiques pour nourrir les algorithmes d'IA, les Etats devraient ouvrir leur accès aux chercheurs et aux entreprises privées, sous licence ou gratuitement (on pourrait soutenir que le haut rendement social de l'investissement dans l'IA pour la détection des maladies justifie cette dernière option), à condition que la protection des données individuelles soit garantie. Les scientifiques ont l'habitude de travailler avec des données anonymisées pour des procédures expérimentales en double aveugle. Il n'y a pas de raison que nous n'utilisions pas ces techniques d'anonymisation, fiables et sécurisées pour l'innovation liée à l'IA.


• Utiliser les commandes publiques pour encourager l'innovation liée à l'IA


Quatrièmement, les gouvernements possèdent un outil important qui leur permet d'encourager et de développer l'innovation liée à l'IA : la commande publique. Voici quelques domaines dans lesquels les appels d'offre pourraient aider de nouvelles industries à démarrer :
1. Les services publics du quotidien. La plupart des services publics requière davantage de travail que de capital. Une part importante des formalités dont se chargent les employés des services publics pourrait être accomplie par des logiciels d'IA, ou du moins renforcée par de tels algorithmes. Comme mentionné précédemment pour le secteur privé, tous les employés, quels que soient leur formation ou leur statut, devraient pouvoir bénéficier de logiciels innovants qui améliorent la qualité de leur travail et leur permettent de se concentrer sur des tâches dans lesquelles ils excellent.

A cet effet, la bonne question à se poser n'est pas : "Qu'est-ce que les humains peuvent faire que des algorithmes intelligents ne peuvent pas", puisque la réponse dépendra toujours de l'état d'avancement et du degré de sophistication des algorithmes. Il faudrait plutôt s'interroger :

"Qu'est-ce que des algorithmes intelligents peuvent faire que les humains font au quotidien ?"

Pourquoi ne pas demander aux secrétaires / assistants de participer aux jurys de sélection ? Une fois de plus, le renforcement de la productivité ne devrait pas être réservé aux grands experts et aux directeurs. Notons que les administrations feraient ainsi d'une pierre deux coups : réduire in fine les effectifs de la fonction publique et permettre aux fonctionnaires d'être non seulement plus productifs, mais aussi plus fiers de leur travail.

2. Suivi médical de la population. La plupart des pays européens, y compris la France, jouit de réseaux d'hôpitaux publics et privés très performants, ainsi que des médecins et de personnels médicaux, publics ou indépendants, de haut niveau. La détection précoce de certains cancers ou de la dégénérescence maculaire grâce aux algorithmes de l'IA se fait déjà. Par des appels d'offre publics concurrentiels, les états devraient encourager la recherche et l'innovation en rendant l'utilisation de telles applications obligatoires, une fois qu'elles ont été validées par les autorités scientifiques. Cela permettrait en même temps aux futurs contribuables d'économiser beaucoup d'argent grâce à une prévention plus efficace et un traitement précoce de certaines maladies.

3. Education. Une des tâches les plus importantes et récurrentes des enseignants est la correction des copies de leurs élèves et étudiants. Bien qu'essentielle, elle est aussi consommatrice de temps et plutôt rébarbative, sans compter la correction des évaluations semestrielles ou de fin d'année. Les algorithmes de l'IA pourraient considérablement réduire ce temps dédié à la lecture –au déchiffrage pourrait-on dire-- et ainsi permettre aux enseignants de se concentrer sur ce qui compte vraiment : la valeur de ces copies et ce qu'elles disent de la courbe d'apprentissage de chaque étudiant. Dans certains cas, comme celui des QCMs par exemple, certains logiciels pourraient même superviser la correction des évaluations.

4. Sécurité publique. Une part croissante des espaces publics est sous vidéosurveillance, qu'elle appartienne aux collectivités locales, aux entreprises de transport public ou à des entreprises privées. Les applications de reconnaissance faciale, un domaine où le DML a produit des résultats remarquables (bien que sujet à erreurs), pourraient être utilisées pour traquer les criminels et les individus dangereux, aidant ainsi les forces de l'ordre à prévenir les crimes et les attaques terroristes.

Références
• 'The new frontier of genome editing with CRISPR-Cas9', Jennifer A. Doudna, Science vol. 346, 28 November 2014.
• 'Digital Innovation and the Distribution of Income', Dominique Guellec and Caroline Paunov, NBER Working Paper No. 23987, November 2017
• 'What is Consciousness, and could machines have it?' Stanislas Dehaene, Hakwan Lau, Sid Kouider, Science vol. 358, 27 Octobre 2017
• 'Le numérique pour réussir dès l'école primaire', Rapport de l'Institut Montaigne, mars 2016.
• 'Patent Assertion and US Innovation', Executive Office of the President (President Obama archives)– June 2013
• 'Discrimination of Breast Cancer with Microcalcifications on Mammography by Deep Learning', Jinhua Wang and alii, Nature Scientific Reports, 6, 27327, 7 June 2016.
• 'Deep learning approach for diabetic retinopathy screening', E. Colas, A. Besse, A. Orgogozo, B. Schmauch, N. Meric, E. Besse, Acta Ophtalmologica, Vol.94, Issue S256, October 2016.

Conseiller économique
Eric Chaney est conseiller économique de l'Institut Montaigne depuis janvier 2017.

 

De 2008 à 2016, il est le chef économiste d'AXA pour ses activités mondiales. Il conseille également diverses entreprises, financières et non-financières, sur les questions économiques et géopolitiques, par l'intermédiaire de sa société, EChO. Au sein d'AXA Investment Managers, Eric dirige l'équipe Recherche et Stratégie d'Investissement et conseille la direction sur les potentialités de l'intelligence artificielle. Au sein d'AXA, Eric conseille la direction sur les sujets économiques et financiers mondiaux ; il était par ailleurs membre du Comité d'Investissement du Groupe, ainsi que du Comité de surveillance de la gestion actif-passif. De 2000 à 2008, Eric Chaney était le chef économiste Europe de Morgan Stanley, qu'il avait rejoint en 1995, après avoir dirigé la Division Synthèse Conjoncturelle de l'INSEE, où il animait en particulier la publication trimestrielle 'Note de Conjoncture'. Il a été Maitre de Conférences à l'ENA (1993-1996), a siégé au Conseil des Prélèvements Obligatoires auprès de la Cour des Comptes (2010-2014), au Conseil Economique de la Nation (1997-2014) et au Conseil scientifique du Fonds AXA pour la Recherche. Il est membre du Conseil scientifique de l'Autorité des Marchés Financiers et, depuis 2014, est vice-Président du Conseil d'administration de l'Institut des hautes Etudes Scientifiques de Bures-sur-Yvette.

Ancien professeur de mathématiques et éditeur d'une publication mathématique de l'Université Louis Pasteur de Strasbourg, Eric Chaney est aussi ancien élève de l'ENSAE-Paris-Tech.
http://www.institutmontaigne.org/blog/renforcer-leconomie-

Diaspora - Victor Agbégnénou : un Zorro contre la fracture numérique-Le PWCS une autre façon de téléphoner partout et surtout en Afrique

 

Diaspora - Victor Agbégnénou : un Zorro contre la fracture numérique-Le PWCS une autre façon de téléphoner partout et surtout en Afrique


. Ce Franco-Togolais est l'inventeur du PWCS, une technologie qui permet d'accéder à Internet sans le câble. Son challenge : le cartable numérique.
Par Viviane Forson


C'est sans nul doute l'une des inventions avec laquelle le monde numérique va devoir compter, surtout dans les endroits les plus reculés. Le PWCS pour polyvalent wireless communication systems est une technologie qui permet de distribuer les services de téléphonie, d'Internet et images sans recourir au moindre câblage... À l'origine de ce bijou de technologie, Victor Kossikouma Agbégnénou. Nous sommes en 2004 et le continent africain avait de quoi être fier d'un de ses fils.


L'Afrique au coeur de sa stratégie


D'emblée, ce Franco-Togolais d'une cinquantaine d'années, connu pour sa discrétion, marque son indépendance et... une sorte de patriotisme technologique en refusant de céder aux pressions et aux millions des multinationales du monde entier qui se sont ruées pour racheter sa solution. Non parce que les millions ne l'intéressent pas, mais parce que, pour Victor Agbégnénou, le PWCS doit d'abord être déployé sous sa houlette en Afrique, dans les zones reculées et en faveur des populations les plus défavorisées. Américains, Suisses ou encore Britanniques sont donc finalement éconduits. Cela le conduit à parcourir le continent pour convaincre les États africains de le suivre dans sa démarche d'offrir au Continent l'alternative présentée comme la plus économique du marché pour résorber la fracture numérique. Ce n'est pas encore peine perdue, mais il faut dire que peu de dirigeants africains se laissent convaincre pour l'instant. Il en faut plus pour arrêter l'inventeur franco-togolais qui décide de se lancer, à travers sa société Ka-Technologies Group, dans le programme Réseau Énergie, Technologie de l'information et de la communication en éducation (RETICE), une solution pour booster l'intégration des TIC dans l'éducation.


Un vrai parcours de combattant


Plus qu'un pari, c'est un véritable défi que le Dr Agbégnénou s'est fixé dès le début des années 2000. Vétérinaire de formation, il est diplômé de l'Académie de Moscou et de l'École supérieure de Maisons-Alfort en France. Après avoir déposé pas moins de quatre brevets d'invention dans le domaine médical, il a un rêve : le téléphone pour tous, accessible partout, à bas prix et parfois gratuit en appel local. Objectif : réduire la fracture numérique. Dix ans durant dans son laboratoire parisien, situé au sous-sol d'un immeuble de l'avenue des Champs-Élysées, il a dirigé des recherches pour aboutir au PWCS, une technologie de pointe. À l'époque où il lance les premières études de faisabilité, l'Afrique est le parent pauvre d'Internet. Pour s'en convaincre, il faut savoir qu'en 2002, les 400 000 Luxembourgeois disposaient d'une capacité de connexion au Net supérieure à celle des 760 millions d'Africains (Union internationale des télécommunications - rapport 2002).


Le brevet du PWCS est déposé en 2002


Victor Kossikouma Agbégnénou y voit lui l'occasion de reconstruire, de réhabiliter, d'équiper afin de recréer les conditions du développement économique. Le 11 octobre 2002, la demande de brevet est déposée auprès de l'Organisation mondiale de la propriété industrielle (OMPI) sous le numéro de demande internationale PCT/FR02/003458. La demande a ensuite été publiée le 24 avril 2003 sous le numéro de publication internationale WO 03/034668 A1. L'invention est ainsi protégée dans plus de 125 pays membres de l'OMPI. Suivront la réalisation d'un site pilote à Auger-Saint-Vincent, à 50 kilomètres de Paris en 2005. Puis la préparation de plusieurs niches de marché en France. On dénombre plus d'une vingtaine de copropriétaires du PWCS sur plusieurs continents. Concrètement, le PWCS est une technologie dite de ligne de vue, c'est-à-dire que le signal est transmis entre deux antennes – celle d'un émetteur et celle d'un récepteur – et que le message ne passe entre ces deux points qu'en l'absence d'obstacle, comme un bâtiment ou un relief. En cas d'obstacle, on ajoute un relais. Le récepteur est ensuite relié à l'utilisateur par câblage, optique ou non. L'abonné, muni d'un décodeur, peut alors bénéficier d'une offre triple play. Chaque récepteur peut également devenir un émetteur relais, ce qui permet la création d'un réseau dense, et ce, jusqu'au dernier kilomètre, souvent très cher à raccorder en fibre optique. Contrairement à la fibre optique qui demande la prise en charge de la réalisation de tranchées et induit des coûts de travaux en génie civil, le PWCS nécessite peu de temps d'installation. L'autre point fort étant la taille des antennes, plus petites, elles ne nécessitent que rarement la construction de tour. En somme, c'est l'alternative la moins coûteuse du marché de la téléphonie qui permet d'amener le très haut débit dans des zones reculées, et ce, à moindres frais. Certains experts estiment à environ 30 ans l'avance technologique du PWCS sur les technologies actuelles.
Où en est aujourd'hui le PWCS ?

 


Reste que la commercialisation de la solution PWCS constitue l'enjeu majeur pour le Dr Victor Agbégnénou et son équipe. L'inventeur avait estimé à environ 10 millions de dollars le coût de lancement de l'industrialisation de son invention. Il dispose de la concession d'une licence de gestion régionale, de 2 licences opérateur et d'une licence distributeur sur l'Afrique, sans compter la disponibilité d'un partenariat complet pour la réalisation de toutes les phases du PWCS (Bluwan, Résix, Bicom System, DeTeWe...). Un test d'assemblage a été lancé à Lomé, au Togo, des installations opérationnelles sont disponibles à Paris. Mais c'était compter sans l'immobilisme des pays africains. Depuis plus de dix ans, peu de responsables gouvernementaux ont pris la mesure de la révolution technologique. En parallèle, la diaspora africaine un peu partout dans le monde a soif de ce type de révolution, elle apporte d'ailleurs déjà son soutien à la société Ka-Technologies Group, désormais constituée de plusieurs partenaires issus de cette diaspora. Entre-temps, de nouveaux enjeux sont apparus, notamment dans l'éducation. Et le Dr Victor Agbégnenou n'a pas chômé. Il est même aux avant-postes de la M-éducation en Afrique.


Victor Agbégnénou aux avant-postes de la M-éducation en Afrique


Ce qui a changé aujourd'hui en Afrique c'est l'accès au mobile. Si le taux de pénétration du mobile accuse encore un retard de 20 points comparativement à celui observé dans l'ensemble des pays en développement (70 % contre plus de 90 % en 2014), le continent africain compte aujourd'hui, 650 millions de détenteurs de téléphone portable, soit davantage qu'aux États-Unis et en Europe (UIT, 2013). Le point faible du continent reste les zones rurales non desservies par le réseau GSM et non équipées de mobile. Ces zones blanches offrent une faible densité de population, avec un pouvoir d'achat réduit et une absence d'électricité, sans compter les coûts élevés de la logistique. De fait, ce sont des zones qui intéressent peu les opérateurs de télécommunications. Dans ce contexte, l'utilisation des TIC dans l'éducation constitue un enjeu majeur. Un rapport de GSMA et McKinsey & Company, estime jusqu'à 70 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour les opérateurs mobiles, 38 milliards pour les produits et services d'éducation mobile ou encore 32 milliards de dollars pour les smartphones et tablettes autour des années 2020. Une croissance qui devrait être plus importante dans les pays en développement, puisque le marché de la M-éducation devrait, sur la période, augmenter de 50-55 % en Amérique latine, Asie Pacifique, Afrique ou au Moyen-Orient.


Le cartable numérique, son nouveau cheval de bataille


Depuis 2012, Victor Abbégnénou s'est lancé dans l'aventure, avec le programme Réseau Énergie, Technologie de l'information et de la communication en éducation (RETICE), et un objet phare : le cartable numérique. Selon ses concepteurs, le cartable numérique ou e-TEP est une technologie qui peut remplacer les manuels scolaires. « La motivation du lancement de l'initiative « Lycée-RETICE » repose sur le principe de rendre chaque solution, même technologique, accessible au plus grand nombre. Nous sommes éditeurs de solutions dans les TIC dont le RETICE auquel nous avons appliqué notre principe du partage dans l'équité », explique Victor Agbégnénou. Présenté au public à la triennale de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique, (ADEA) qui réunit tous les ministres africains de l'Éducation et de la Formation, ainsi que des représentants de 16 agences de coopération, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l'Unesco, le cartable numérique résout de fait la question des infrastructures comme l'énergie, car il peut être utilisé dans les régions les plus reculées où l'électricité est inexistante.
Une première expérience de ce cartable numérique au Nigeria
Au début de l'année 2015, ce sont 1 500 élèves du Governer's College Kofar Nassarawa de Kano, au Nigeria, répartis dans une quarantaine de classes qui sont ainsi passés au numérique. Désormais, chaque professeur dispose de sa tablette lui permettant de suivre les faits et gestes de chaque élève de sa classe, et d'exercer son autorité. De même, chaque lycéen est équipé d'un kit élève composé d'un sac solaire avec batterie de recharge, pour pallier le manque d'électricité dans certaines des écoles urbaines et surtout rurales, d'une tablette et d'une lampe solaire pour éclairage la nuit où que l'élève se trouve. D'un clic de doigt, tous retrouvent leurs cours : livres, cahiers électroniques et autres fournitures ; messagerie, bureau électronique du professeur et casier électronique de l'élève, etc. « Pour KA Technologies Group et ses partenaires, concepteurs et éditeurs de solutions TIC équitables, RETICE n'est pas restreint aux spécificités africaines. Cette solution est déployable équitablement sur tout territoire sans discrimination et l'ensemble du monde pédagogique y trouvera son compte », dit Victor Agbégnénou. L'inventeur franco-togolais est la preuve vivante qu'il est possible de créer des technologies adaptées à l'environnement des Africains. Cela dit, son parcours illustre bien que si les Africains ne se les approprient pas, beaucoup de choses importantes pourront en être affectées. Certains diront la croissance. On pourrait ajouter le mieux vivre en Afrique tout simplement.
http://afrique.lepoint.fr/multimedia/diaspora-victor-agbegnenou-un-zorro-contre-la-fracture-numerique-


Ce qu'en disent les africains


Merveilleux...Voici une initiative, qui nous interpelle. Cette trouvaille en Télécoms est louable, et interpelle le Ministre chargé des NTIC. Au Cameroun, actuellement sont en vente des portables de qualité fabriqués au Cameroun, à des prix imbattables(X/phone);sortons de l'obscurantisme et de la superstition et soutenons nos génies. Pourquoi entretenir l'ignorance ? Osons et brisons les chaînes...

1. Faiçal dit :


Voilà, l'un des plus gros problèmes de l'Afrique, c'est la crédulité, la bêtise de ses habitants. Il suffit que n'importe quel africain prétende avoir inventé un truc que tout le monde y croît sans aucune vérification. Le pire, c'est que des journaux et sites d'information comme celui-ci à travers l'Afrique ont repris l'affaire sans même vérifier la véracité des faits.
Le minimum aurait été d'aller vérifier sur la base de données mondiale des brevets (http://patentscope.wipo.int/) s'il existe un brevet décrivant une technologie nommée PWCS ou alors un brevet déposé par un certain Victor Kossikuma Agbégnénou. Bien sûr, il n'y en a pas. Cette vérification m'a pris seulement 2 minutes. Je ne comprends pas pourquoi nos journalistes se sont contentés de relayer bêtement l'information. Aucune information sur sa soi-disant start-up Ka Technologies, aucune interview, juste une SEULE photo sans légende, on ne sait pas où elle a été prise, on ne sait même pas qui est sur la photo mais tout le monde en a déduit que c'est Victor Kossikuma Agbégnénou. C'est dingue !!!.

1. ISSA MOUANDA dit :


Félicitation l'Afrique à travers ses scientifiques et carte rouge à travers ses politiciens. L'Afrique actuelle appelée KAMA par nos ancêtres à besoins de tous ces fils et filles pour son développement et pour le bonheur et l'épanouissement de chacun de ses fils, de chacune de ses filles et de l'ensemble de sa population. Mais les Politiciens Africains actuels au lieu de les rassemblés les divises et les tues. D'où l'Afrique à besoin d'un autre système de choix de ses dirigeants politiques qui est la géniocratie. Oui l'Afrique a besoin des génies pour le gouverner. Un génie n'est pas forcément un créateur ou un inventeur ou un créateur ou inventeur n'est pas forcément un génie. Le Génie est identifié par les tests scientifiques de mesure de l'intelligence et le créateur par ses créations, invention ou innovation. L'Afrique a tellement besoin de ces deux genres d'hommes et des femmes pour mettre fin aux médiocres politiciens tirants, dictateurs et térroristes qui ne font que militariser l'Afrique et non de la civilisée. Et nous disons non aux partenaires au développement qui appuient ses tirants dans le choix des technologie couteux qui ne font qu'appauvrir l'Afrique exemple le projet de la Fibre optique soutenue par la Banque mondiale bien que l'Afrique n'a pas besoin de cette technologie. Un fils de l'Afrique vient de sauver l'Afrique et l'Afrique dit non au projet de la fibre Optique que le reste de ce financement soit verser pour le développement du système des télécommunication

Comment accéder à la cavité de 30 mètres de long découverte dans la pyramide de Kheops-Egypte ? Par Aline Kiner

 

https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/
Par Aline Kiner


En Egypte, la mission ScanPyramids a détecté au coeur du tombeau du pharaon Kheops une cavité de 30 mètres de long. Mais comment y pénétrer ?

Les scientifiques japonais de l'université de Nagoya mettent en place des films sensibles aux muons dans la chambre de la Reine de la pyramide de Kheops.


© Philippe Bourseiller pour ScanPyramids


La cavité de 30 mètres de long découverte par la mission ScanPyramids (lancée en Egypte le 25 octobre 2015) se trouve entre 60 et 70 mètres de haut, profondément scellée dans le massif de pierre de la pyramide de Kheops. Si des couloirs y mènent, ils sont sans doute trop petits pour que les capteurs de muons puissent les détecter dans cette zone. Impossible donc d'imaginer l'explorer directement. "Notre objectif est désormais de positionner de nouveaux capteurs, et d'accumuler un maximum de données depuis d'autres points de vue, notamment les chambres de décharge qui se trouvent au-dessus de la chambre du Roi, détaille le professeur Hany Helal, de l'université du Caire, co–directeur du projet. Ceci afin de mieux préciser la position et l'inclinaison de ce vide".
Les égyptologues Guillemette Andreu-Lanoé et Peter Der Manuelian réagissent à la découverte d'une nouvelle cavité dans la pyramide de Kheops.


Le couloir découvert dans la pyramide de Kheops en 2016 communique-t-il avec la nouvelle cavité ?


En plus des plaques à émulsion des Japonais, la mission envisage d'installer les détecteurs du CEA à l'intérieur de la pyramide. Ceux-ci avaient jusqu'ici été réservés à des mesures depuis l'extérieur en raison de leur fonctionnement à base d'argon, les scientifiques craignant les fuites de gaz dans des espaces confinés. "Nous travaillons actuellement à rendre les détecteurs plus étanches", explique Sébastien Procureur, responsable scientifique à l'Irfu/CEA.

Reste une autre option, qui fait quelque peu rêver...

En 2016, un vide a été détecté par l'équipe du professeur Morishima, de l'université de Nagoya, derrière les chevrons monumentaux qui sont visibles sur la face nord de Kheops. De nouvelles mesures ont permis de préciser sa forme : il s'agit d'un couloir visible sur 5 mètres de profondeur, mais qui peut se poursuivre plus loin. Or, il est situé exactement dans le même axe que la ScanPyramids Big Void (SP-BV). Si les deux étaient reliés, ce couloir pourrait offrir un accès à cette mystérieuse cavité. Reste à y pénétrer. Il est tout proche de la face. Pourquoi ne pas imaginer y introduire un mini-robot équipé d'une caméra comme l'avait fait l'archéologue Zahi Hawass en 2011 afin d'explorer le conduit nord de la chambre de la Reine ? Inria a récemment rejoint la mission pour travailler à la conception d'un dispositif susceptible de remplir cette mission.


https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/

Une nouvelle limite a-t-elle été franchie en informatique quantique ? par Brice Louvet

 

Crédits : iStock


Une équipe de chercheurs présentait il y a quelques jours le tout premier ordinateur quantique à 51 qubits lors de la 4e Conférence internationale sur les technologies quantiques tenue à Moscou. La course à la suprématie quantique continue.


L'informatique quantique est un type de calcul qui utilise les qubits pour coder des données au lieu du bit traditionnel. En bref, il permet la superposition d'états où les données peuvent être lues dans plus d'un état à un moment donné. Ainsi, alors que l'informatique traditionnelle est limitée aux informations appartenant à un seul et unique état, l'informatique quantique élargit ces limites. En conséquence, plus d'informations peuvent être encodées dans un type de bits beaucoup plus petit, ce qui permet une capacité informatique beaucoup plus grande. Et bien qu'il soit encore dans un développement relativement précoce, beaucoup pensent que le calcul quantique sera la base des technologies futures. La course est donc lancée !


En juillet dernier se tenait à Moscou la 4e Conférence internationale sur les technologies quantiques réunissant au passage plus de cent experts.

Au cours de cet événement censé mettre l'accent sur Google (qui se préparait à donner une conférence sur un ordinateur quantique de 49 qubits en cours d'élaboration), le cofondateur du Russian Quantum Center, Mikhail Lukin, a pris tout le monde à contre-pied en présentant le premier ordinateur quantique de 51 qubits au monde.
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Mikhail Lukin et son équipe ont expliqué avoir créé et testé une machine quantique exploitant un algorithme spécial qui utilise des circuits supraconducteurs. Ils s'en sont servi pour résoudre avec succès plusieurs problèmes de physique normalement très difficiles à résoudre par voie de superordinateurs traditionnels. Pour réaliser cette prouesse technologique, l'équipe de Lukin a développé un procédé basé sur les atomes froids de rubidium qui consiste à stocker un ensemble d'atomes à l'intérieur de « cellules » laser spéciales tout en les maintenant à des températures extrêmement basses. Ces atomes peuvent ensuite être utilisés comme qubits.


Ainsi vous obtenez l'ordinateur quantique le plus puissant au monde (pour l'instant). Ce faisant, l'équipe s'est ici clairement positionnée comme le leader actuel de cette course qui pourrait bien révolutionner très prochainement le traitement d'informations. La recherche est actuellement en ligne sur le site préimpression arXiv en attendant d'être évaluée par des pairs.


https://sciencepost.fr/2017/09

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