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Mobile, vidéo, IA : ce qui nous attend en 2017 côté marketing - Chronique de Josh Ong

Mobile, vidéo, IA : ce qui nous attend en 2017  - Chronique de Josh Ong
Cheetah Mobile in journalduweb

S'il est impossible de prédire les futures évolutions dans le domaine de la publicité, une chose est sûre : le smartphone sur lequel vous lisez cet article (ou, du moins, que vous devez avoir à portée de main) sera au centre de l'univers médiatique.


En effet, une étude récente estime qu'en 2017, les recettes publicitaires mobiles dépasseront celles générées par le desktop. D'autre part, les Français de 16 à 24 ans passent en moyenne quatre heures par jour devant leur téléphone.


Bien entendu, de nombreuses tendances se dessinent dans le monde de la publicité, mais les mobiles resteront au centre de l'action. Grâce à l'amélioration des outils et données disponibles, les spécialistes en marketing essaieront de capitaliser sur l'aspect « intime » du mobile en tant que média. En suivant de beaucoup plus près les activités et les désirs des consommateurs, un nouveau champ de possibilités s'ouvre pour les annonceurs. Voilà les cinq évolutions majeures du marketing en 2017 :


1. Les vidéos publicitaires sociales s'imposeront comme le format principal. Ce n'est toutefois pas la même chose que de concevoir des publicités virales. Les marques futées conçoivent des vidéos dans l'optique de les insérer sur les plateformes sociales, tout en suscitant l'intérêt des consommateurs. Capitaliser sur des vidéos publicitaires sociales pour tirer davantage parti des plateformes sur lesquelles elles sont proposées, avec diverses fonctionnalités telles que des challenges customisés hashtags sponsorisés et partenariats avec des influenceurs. D'ici 2019, le contenu vidéo représentera 85% du trafic de recherche sur internet mondial.
Plusieurs facteurs stimulent cette tendance : l'omniprésence du haut débit et des réseaux sans fil rapides, le développement de processeurs mobiles ultras rapides comme celui de l'iPhone 7, et la popularité de Facebook, Snapchat, musical.ly et Instagram, où la vidéo est devenue la langue universelle.


2. L'apprentissage automatique et l'IA amélioreront la personnalisation. Le développement de l'apprentissage automatique et de l'intelligence artificielle n'est pas différentiel, mais exponentiel. Le futurologue Ray Kurzweil a ainsi annoncé qu'au cours du XXIe siècle, nous serons témoins de l'équivalent de 20 000 années de progrès technologique. Par exemple, la reconnaissance vocale, l'une des facettes de l'IA les plus utiles pour les consommateurs, s'améliore de jour en jour, car elle peut apprendre de millions de consommateurs à la fois.
L'utilisation de cette puissance dans le domaine de la personnalisation marketing permettra d'y réaliser également des améliorations rapides. Plus de publicités reciblées pour un produit que vous avez déjà acheté ! Les publicités deviendront tellement intelligentes que les consommateurs les trouveront plus utiles qu'intrusives


3. Les vidéos verticales concurrenceront celles horizontales. En juin 2015, Evan Spiegel, PDG de Snapchat, avait défendu à Cannes les vidéos verticales. Son raisonnement se défendait : de nos jours, la plupart des consommateurs voient les vidéos sur leurs smartphones qui sont conçus pour être tenus à la verticale. Si cela est logique, les PC fixes et les télévisions offrent un affichage horizontal. Toutefois, une récente étude a démontré que les vidéos verticales affichent 9 fois plus de visualisation jusqu'à l'achèvement de la vidéo. De telles statistiques ne manqueront pas de convaincre les experts en marketing de s'essayer au format vertical. En 2017, la vidéo verticale passera du statut de curiosité à celui d'alternative, et cette tendance devrait se poursuivre sur une dizaine d'années. Combinez ces vidéos verticales à la puissance sociale du point 1, et vous obtenez la clé du succès.


4. Le marketing d'influence (ou « influence marketing » est l'ensemble des pratiques qui visent à utiliser le potentiel de recommandation des influenceurs) deviendra intelligent. Cette technique publicitaire a connu certains échecs en 2016, tel que la campagne de Naomi Campbell avec Adidas, qui avait convaincu de nombreux annonceurs qu'il ne servait à rien de payer des célébrités afin d'assurer la promotion de marques avec lesquelles elles n'avaient aucune affinité. L'intérêt soudain de Facebook pour le marketing d'influence est une autre preuve que cette page a été tournée. Voilà pourquoi les annonceurs mettront en place une version plus intelligente du marketing d'influence en 2017, s'appuyant sur les « micro-influenceurs » qui ne comptent peut-être que quelques milliers d'abonnés, mais ont une crédibilité et un impact supérieurs auprès de leur public de niche. Cette stratégie axée sur des données ciblées surpassera les techniques que l'on pourrait qualifier de marketing de masse.


5. Le contexte continu deviendra réalité. Avez-vous vu cette publicité sur votre ordinateur ou sur votre smartphone ? Un consommateur répondra très probablement "peu importe". Le suivi cross-device (c'est-à-dire entre différents appareils) reste un sac de nœuds que les annonceurs doivent démêler, mais du point de vue du consommateur, il n'y a aucune délimitation réelle entre leurs écrans. Avec la multiplication des appareils intelligents dans nos vies (montres, lunettes, haut-parleurs, etc.), les meilleurs spécialistes en marketing utilisent plusieurs outils pour comprendre l'environnement du client et son processus d'achat. En s'améliorant, le suivi cross-device devrait faire évoluer les messages publicitaires pour devenir plus nuancés en termes de fréquence et plus progressifs. Si une campagne multi-écrans n'incite pas le consommateur à aller plus loin dans son processus d'achat, c'est qu'il y a un moyen de faire mieux.


http://www.journaldunet.com/

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Snapchat se lance dans la lutte aux fausses informations   Snapchat a annoncé de nouveaux outils lundi.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP •	 RÉSEAUX SOCIAUX - Le réseau social a annoncé lundi une série de mesures pour lutter contre la diffusion de fausses in

 

Snapchat se lance dans la lutte aux fausses informations

Snapchat a annoncé de nouveaux outils lundi.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP

RÉSEAUX SOCIAUX - Le réseau social a annoncé lundi une série de mesures pour lutter contre la diffusion de fausses informations.
Après Facebook, Snapchat se lance dans la lutte contre les fausses informations. Le réseau social très populaire chez les jeunes a annoncé lundi une mise à jour de ses conditions d'utilisation qui vont lui permettre de modérer les contenus publiés dans Discover, le service utilisé par les médias pour proposer leurs contenus dans l'application.


Une vérification des contenus. Dans la pratique, le réseau social qui compte plus de 150 millions d'utilisateurs sera désormais en mesure de supprimer les images déplacées ou trompeuses de son service. Les nouvelles règles mises en place par la société fixent des limites plus claires aux éditeurs. En plus de cette guerre contre les images trompeuses, Snapchat interdit désormais aux éditeurs de renvoyer ses utilisateurs vers des sites pouvant diffuser de fausses informations. La vérification des contenus vers lesquels renvois les médias sera à leur charge.


Eviter la diffusion de fausses informations. D'après l'entreprise, ces changements doivent "permettre aux partenaires éditoriaux de faire leur part de travail pour que Snapchat reste une plateforme informative, factuelle et sécurisée". Dans le même temps, Snapchat a annoncé qu'il allait mettre à des dispositions de ses partenaires en février un outil leur permettant de bloquer leurs contenus aux utilisateurs n'ayant pas un certain âge.

Une action pro-active. Ces annonces interviennent alors que Snapchat, hors quelques incidents mineurs, n'a pas de véritable problème avec les fausses informations. L'entreprise préfère cependant prendre les devants. Un moyen d'éviter de se retrouver sous le feu des projecteurs comme l'a été Facebook à l'issue de la campagne présidentielle américaine. Le réseau social de Mark Zuckerberg était en effet accusé d'avoir laissé prospérer de fausses informations.


http://www.europe1.fr/technologies/

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L'intelligence Artificielle sur les bancs de l'école par François- Xavier Hussherr/ journal du net

 

L'intelligence Artificielle sur les bancs de l'école par François- Xavier Hussherr/ journal du net


L'Intelligence Artificielle fait les gros titres des médias mais les applications qu'elle offre dans le domaine de l'éducation restent méconnus. Bien comprise, cette technologie pourrait modifier de fond en comble notre rapport à l'éducation et individualiser l'enseignement.
L'Intelligence Artificielle surpassera-t-elle l'Homme ? Si la science-fiction a longtemps rêvé sur ce thème, l'actualité semble parfois lui donner raison. Lee Sedol, champion du monde au jeu de go, est battu par Alphago, une machine de Google ; Gary Kasparov, joueur légendaire d'échecs, s'incline devant Deep Blue, la machine d'IBM, en 1997, et note : « la machine n'a pas calculé, elle a pensé ! » Or, derrière ces faits impressionnants mais anecdotiques, se cachent des applications plus profondes qui peuvent changer notre rapport à l'éducation.


Alors que l'Intelligence Artificielle améliore de manière fulgurante des pans entiers de la société (médecine, transport, entreprise...), les acteurs de l'éducation semblent encore réticents. Pourtant, si un domaine nécessite renouveau et inventivité, c'est bien celui de l'éducation. Car un problème complexe se pose aux pédagogues et réformateurs : comment adapter les cours dans des classes bondées où le niveau des élèves est souvent très hétérogène ? Les petites et grandes réformes s'enchaînent mais le constat est le même : des performances de moins en moins satisfaisantes, des inégalités de plus en plus fortes. Toutefois, depuis le début des années 2010, le mariage entre Intelligence Artificielle et Big Data laisse entrevoir la possibilité d'un nouveau continent pédagogique. Un continent plus si méconnu.
Il n'y a qu'à considérer le cas des Learning Analytics. Les Learning Analytics, c'est le Big Data appliqué à l'éducation. Cette technologie permet de collecter, d'analyser et d'interpréter les traces laissées par les élèves quand ils utilisent leurs appareils.

Et plus ces traces seront nombreuses, plus les portraits des élèves seront précis. Les conséquences d'une telle collecte anonymisée (on ne connait pas le nom de l'élève mais juste un numéro qui lui est attribué et préserve son anonymat), sont particulièrement prometteuses. Les Learning Analytics permettront à terme de suivre très précisément le parcours des élèves. L'identification des étudiants en difficulté aura lieu dès les premiers signes, et le professeur saura exactement à quel type d'intervention pédagogique il pourra procéder. Le professeur deviendra alors une sorte de médecin, un médecin des savoirs, possédant des outils puissants qui l'aideront à accomplir sa véritable mission. Moins de tâches chronophages, plus de précision dans la connaissance des élèves : contrairement à ce que l'on pourrait croire, L'Intelligence Artificielle bien comprise ne remplace pas l'humain, elle le remet au centre.


Les Learning Analytics ne sont que la fondation de la pédagogie différenciée. A partir d'eux s'ouvrent des perspectives nouvelles pour l'individualisation de l'enseignement. Quel étudiant n'a jamais rêvé d'avoir un parcours pédagogique spécialement conçu pour lui et adapté à son type d'intelligence, et ne plus devoir se fondre dans un moule qui pourrait le freiner dans ses progrès ? C'est d'ores et déjà possible avec l'adaptative learning, une technologie qui accomplit un tour de force : en s'appuyant sur les données que l'élève laisse au fur et à mesure de son apprentissage, la machine, dotée d'un algorithme plus ou moins complexe, s'adapte en temps réel à son niveau et lui propose un parcours personnalisé. De nombreux services éducatifs américains, que ce soit ceux de Pearson, McGraw-Hill ou Houghton Mifflin Harcourt le proposent déjà, et leurs abonnés ne cessent de croître. L'Adaptative learning est le chemin le plus court et le plus intelligent vers le savoir.


Ces nouvelles technologies n'en sont qu'à leurs balbutiements et demandent encore beaucoup de développement et de réflexion. Il ne faudrait pas y voir une panacée ; la technologie seule ne sauvera pas l'éducation. Pour qu'elle soit véritablement efficace, l'Intelligence Artificielle doit s'accompagner d'une réforme des esprits. Les modèles pédagogiques ancrés depuis des décennies auront du mal à s'accommoder d'un tel bouleversement sans un travail profond sur les mentalités.

Démystifier l'Intelligence Artificielle est un premier pas nécessaire, mais non suffisant.


En effet, une autre question se pose avec l'accélération de l'Intelligence Artificielle : celle de la formation des enfants dès le plus jeune âge. L'école du futur ne devra plus gérer les savoirs mais les cerveaux. Grâce aux champs des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives (NBIC), les chercheurs ont dévoilé les processus biologiques de la connaissance en prenant pour objet tantôt les savoirs eux-mêmes, à travers l'analyse de la mécanique cérébrale de l'apprentissage du langage, de la lecture ou encore du calcul, tantôt les individus apprenants, en étudiant des notions comme l'attention ou encore le rôle cognitif des émotions. Ces avancées considérables dessinent un rapprochement entre spécialistes des sciences cognitives et praticiens de l'éducation qui permettra de mieux cerner les besoins de chaque élève.


Nous avons essayé de répondre à ces problématiques, ainsi qu'à d'autres (financement du système éducatif, apprentissage mobile...) dans le livre Construire le modèle éducatif du 21ème siècle : les promesses de la digitalisation et les nouvelles méthodes d'apprentissage[1]. Ce livre propose en outre douze mesures concrètes et une méthode pour donner une autre direction à l'école, et un cadre pour que les enfants puissent s'adapter facilement dans le monde de l'après-tsunami numérique.


François-Xavier et Cécile Hussherr

http://www.journaldunet.com/ebusiness/expert/66204/l-intelligence-artificielle-sur-les-bancs-de-l-ecole.shtml?

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La file d'attente est-elle en voie de disparition? Par Annabelle Laurent/20minutes

 

HIGH-TECH Sommes-nous entrés dans un monde si digitalisé, et si obnubilé par l'optimisation de notre temps, qu'il faudrait désormais une application ne serait-ce que pour commander une baguette?...

«Une file d'attente, ou une queue, est un regroupement d'individus attendant de manière organisée quelque chose». Le consommateur du futur lira-t-il cette définition Wikipédia avec curiosité voire consternation, comme un ado vissé à son iPhone 7 peut lire aujourd'hui celle du Minitel? La prochaine fois que vous patientez vingt minutes en caisse en pestant, en bon consommateur capricieux, sur le gaspillage intolérable de votre temps précieux, réjouissez-vous: ce pourrait être la fin du calvaire. Du moins si l'on en croit les efforts consentis par les magasins pour se transformer en ce sens, de l'hypermarché à votre boulangerie du coin.
Le rouleau-compresseur Amazon
Dans un magasin pilote lancé par Amazon à Seattle en décembre dernier, ce n'est pas seulement la file d'attente qui disparaît, c'est la caisse elle-même. A l'entrée d' «Amazon Go», vous vous identifiez via un QR code, puis faites vos courses sans scanner le moindre produit, et sortez. Vous n'avez pas oublié de payer: vous avez payé. La facture est dans vos mails. «Just Walk Out», clame Amazon, dans une vidéo déjà vue 8 millions de fois sur YouTube et qui a fait couler beaucoup d'encre: le commerce est 100% déshumanisé, vous êtes 100% traqués.
Comment, d'ailleurs? Amazon répond sans répondre: la technologie utilisée est «du même type que celles utilisées dans les voitures autonomes». De l'intelligence artificielle, donc, combinée à des capteurs et des caméras. Amazon sait quand les produits sont pris ou remis, même si votre mauvaise conscience vous fait finalement redéposer le burger bacon XXL pour la salade soja/chou kale (un comportement que ne manquera pas d'ajouter à votre profil Amazon, qui trouve là le moyen de connaître vos moindres faits et gestes online et offline).
Au-delà de cette offensive forte - et redoutée, ou parodiée par le secteur - sur le terrain du commerce physique (le e-commerce, c'est déjà dans la poche), Amazon nous ferait-il entrevoir le magasin du futur où l'attente serait réduite à néant?
Clique et collecte
La galère de la file d'attente en magasin aura-t-elle disparu dans cinq ans? «Dans moins de temps que ça, tranche Steeve Broutin, le fondateur de Rapidle, une application qui se présente comme le «Drive des boulangeries» et vient de lever 300.000 euros.
L'idée: vous avez 30 minutes de pause déjeuner (c'est la moyenne en France) et n'avez pas envie d'en consacrer 15 à attendre de pouvoir commander votre jambon-beurre / Badoit / tarte aux quetsches. Vous commandez donc en ligne à l'avance, puis arrivez comme une fleur à la boulangerie où vous passez devant tout le monde sans recevoir d'insultes car vous en avez le droit : vous retirez votre commande pré-payée, et allez profiter du soleil (ceci est un scénario idéal) au parc d'à côté.
Rapidle – Rapidle

C'est le «click and collect», mode d'achat qui combine la commande en ligne et le retrait en point de vente, déjà possible chez McDo, Monoprix, Darty, etc... Mais qui n'était pas encore arrivé chez Mme Froment, votre boulangère, si elle est bien l'une des 72 boulangeries équipées en France (avant les «4 à 5.000 commerces» visés «dans les 2/3 ans» par Steeve Broutin, qui reçoit «5 à 10 demandes» par jour d'installation, également de la part de fleuristes et commerces de bouche car le service s'élargit).
Pas de Deliveroo à Cholet
Ses arguments? Uno, «personne n'aime attendre, et un consommateur qui attend est un consommateur qui peut renoncer». Deuzio, «on accepte l'innovation de la part des grandes enseignes, donc pourquoi la refuser de la part de l'artisan?». Tercio, quand le problème n'est pas l'attente, c'est la disponibilité du produit: le soir et le week-end, assurez-vous à l'avance que vous aurez votre pain ou une galette des rois. Enfin, le boom de la livraison de repas (Frichti, Deliveroo, Foodora...) ne touche pas tout le territoire. «Vous ne verrez pas de livreur à vélo à Cholet: la livraison n'arrivera jamais là-bas. Quand le temps est compté, le retrait rapide, c'est la seule solution.»
Le temps optimisé
Avec la boulangerie, le cap franchi peut sembler symbolique. Sommes-nous entrés dans un monde si digitalisé, et si obnubilé par l'optimisation de notre temps, qu'il faudrait désormais une application ne serait-ce que pour commander une baguette?
«Attendre et payer: ce sont les deux étapes désagréables quant on fait un achat. Les magasins réfléchissent logiquement à la façon de les supprimer», note Nathalie Damery, spécialiste des mutations des consommateurs à l'Observatoire Société et Consommation (l'ObSoCo). Selon une étude commandée par Generix group en décembre 2016, 62 % des Français appellent de leurs vœux des innovations qui permettent de réduire le temps d'attente en caisse (devant la réduction du délai de livraison: 40%).
L'idée de réduire le temps d'attente en magasin ne date évidemment pas d'hier, même si a toujours existé parallèlement l'idée qu'une file d'attente est un signe de succès. «Le consommateur a toujours été impatient, tempère Nathalie Damery. Dans les années 1970, les gens trépignaient chez Carrefour. Le digital a simplement légitimé l'impatience».
En quête de solution miracle
Le digital a donc accéléré les initiatives, nombreuses: que ce soit pour détourner les clients des caisses classiques, avec la livraison à domicile, le drive, ou pour imaginer plus récemment des modes d'encaissement alternatifs, comme dans des magasins test de Franprix ou des employés viennent scanner les produits des clients, ou l'application JeFile permettant au client d'indiquer son arrivée le temps dont il aura besoin avant de se présenter en caisse. Et qui promettait également de «réduire à néant les files d'attente». D'autres applications comme Hurikat permettent de connaître les heures creuses des magasins.
Pendant que les solutions se multiplient mais sans parvenir encore au miracle, les magasins tentent de rendre l'attente moins pénible: la diversion a même un nom, «le waitertainment». De la télé qui diffuse des spots en boucle à la maison d'édition qui permet aux clients de découvrir une nouvelle à mesure qu'ils avancent dans la queue... Sans même parler des «chaises autonomes» testées par Nissan à Tokyo pour vous permettre de faire la queue assis, dès 2017 devant les restos les plus prisés... Si n'est pas arrivée d'ici là Lunchr, l'appli française qui permet de commander un menu depuis son smartphone et de se rendre au restaurant une fois que c'est prêt...
Sociabilité et contact direct
Quand on sait qu'avant 1984 et la généralisation des codes-barres, le caissier ou la caissière devaient saisir les prix, on mesure le chemin parcouru. Mais attention, bien sûr, aux raccourcis. «Tout le monde ne va pas pré-commander sa baguette. Et tout dépend du moment et du type de magasin: au marché, vous attendrez toujours 30mn pour votre sole préférée chez le poissonnier, ça fait partie du folklore!», concède Steeve Broutin.
«Il y a un double mouvement, ajoute Nathalie Damery de l'ObSoCo. La technologie va en effet permettre de supprimer totalement, à terme, le passage en caisse. Mais en même temps, tout va dépendre du type de magasin, de la démographie... La population est vieillissante, les applis ne touchent pas tout le monde. La sociabilité est également extrêmement importante: j'habite dans un village où l'on s'interpelle dans la file d'attente de la boulangerie, c'est le plaisir d'attendre et d'échanger. En province, même les supermarchés restent des lieux de sociabilité».
Ce que pensent les Français du recours aux outils numériques (sites Internet, applications...) par les commerçants locaux? «Indispensable à l'amélioration de mon expérience client», répondent 57% d'entre eux, selon une étude réalisée en décembre par Opinion Way pour le compte de Dolmen Tech, plateforme de marketing local. Mais ce recours au numérique est aussi «à l'opposé de leurs valeurs de simplicité», pour 46% des consommateurs interrogés, preuve que les attentes restent contradictoires...
Rassurez-vous: si un jour la file d'attente disparaît des boulangeries et des magasins, elle a beaucoup moins de chances de quitter les entrées des cinémas, musées, parcs d'attractions, stades... A moins qu'elle se transforme file d'attente en ligne, comme celles qui se créent pour les grands événements sportifs ? «Il ne faut pas oublier que l'explosion des magasins, ce n'est que 1950! Avant, nous étions auto-suffisants, rappelle Nathalie Damery. Les magasins vont durer, mais sous quelle forme ? Avec un mur et un toit ? Il est évident que les magasins tels qu'on les connaît aujourd'hui n'existeront plus dans dix ans.».

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