High-Tech

La file d'attente est-elle en voie de disparition? Par Annabelle Laurent/20minutes

 

HIGH-TECH Sommes-nous entrés dans un monde si digitalisé, et si obnubilé par l'optimisation de notre temps, qu'il faudrait désormais une application ne serait-ce que pour commander une baguette?...

«Une file d'attente, ou une queue, est un regroupement d'individus attendant de manière organisée quelque chose». Le consommateur du futur lira-t-il cette définition Wikipédia avec curiosité voire consternation, comme un ado vissé à son iPhone 7 peut lire aujourd'hui celle du Minitel? La prochaine fois que vous patientez vingt minutes en caisse en pestant, en bon consommateur capricieux, sur le gaspillage intolérable de votre temps précieux, réjouissez-vous: ce pourrait être la fin du calvaire. Du moins si l'on en croit les efforts consentis par les magasins pour se transformer en ce sens, de l'hypermarché à votre boulangerie du coin.
Le rouleau-compresseur Amazon
Dans un magasin pilote lancé par Amazon à Seattle en décembre dernier, ce n'est pas seulement la file d'attente qui disparaît, c'est la caisse elle-même. A l'entrée d' «Amazon Go», vous vous identifiez via un QR code, puis faites vos courses sans scanner le moindre produit, et sortez. Vous n'avez pas oublié de payer: vous avez payé. La facture est dans vos mails. «Just Walk Out», clame Amazon, dans une vidéo déjà vue 8 millions de fois sur YouTube et qui a fait couler beaucoup d'encre: le commerce est 100% déshumanisé, vous êtes 100% traqués.
Comment, d'ailleurs? Amazon répond sans répondre: la technologie utilisée est «du même type que celles utilisées dans les voitures autonomes». De l'intelligence artificielle, donc, combinée à des capteurs et des caméras. Amazon sait quand les produits sont pris ou remis, même si votre mauvaise conscience vous fait finalement redéposer le burger bacon XXL pour la salade soja/chou kale (un comportement que ne manquera pas d'ajouter à votre profil Amazon, qui trouve là le moyen de connaître vos moindres faits et gestes online et offline).
Au-delà de cette offensive forte - et redoutée, ou parodiée par le secteur - sur le terrain du commerce physique (le e-commerce, c'est déjà dans la poche), Amazon nous ferait-il entrevoir le magasin du futur où l'attente serait réduite à néant?
Clique et collecte
La galère de la file d'attente en magasin aura-t-elle disparu dans cinq ans? «Dans moins de temps que ça, tranche Steeve Broutin, le fondateur de Rapidle, une application qui se présente comme le «Drive des boulangeries» et vient de lever 300.000 euros.
L'idée: vous avez 30 minutes de pause déjeuner (c'est la moyenne en France) et n'avez pas envie d'en consacrer 15 à attendre de pouvoir commander votre jambon-beurre / Badoit / tarte aux quetsches. Vous commandez donc en ligne à l'avance, puis arrivez comme une fleur à la boulangerie où vous passez devant tout le monde sans recevoir d'insultes car vous en avez le droit : vous retirez votre commande pré-payée, et allez profiter du soleil (ceci est un scénario idéal) au parc d'à côté.
Rapidle – Rapidle

C'est le «click and collect», mode d'achat qui combine la commande en ligne et le retrait en point de vente, déjà possible chez McDo, Monoprix, Darty, etc... Mais qui n'était pas encore arrivé chez Mme Froment, votre boulangère, si elle est bien l'une des 72 boulangeries équipées en France (avant les «4 à 5.000 commerces» visés «dans les 2/3 ans» par Steeve Broutin, qui reçoit «5 à 10 demandes» par jour d'installation, également de la part de fleuristes et commerces de bouche car le service s'élargit).
Pas de Deliveroo à Cholet
Ses arguments? Uno, «personne n'aime attendre, et un consommateur qui attend est un consommateur qui peut renoncer». Deuzio, «on accepte l'innovation de la part des grandes enseignes, donc pourquoi la refuser de la part de l'artisan?». Tercio, quand le problème n'est pas l'attente, c'est la disponibilité du produit: le soir et le week-end, assurez-vous à l'avance que vous aurez votre pain ou une galette des rois. Enfin, le boom de la livraison de repas (Frichti, Deliveroo, Foodora...) ne touche pas tout le territoire. «Vous ne verrez pas de livreur à vélo à Cholet: la livraison n'arrivera jamais là-bas. Quand le temps est compté, le retrait rapide, c'est la seule solution.»
Le temps optimisé
Avec la boulangerie, le cap franchi peut sembler symbolique. Sommes-nous entrés dans un monde si digitalisé, et si obnubilé par l'optimisation de notre temps, qu'il faudrait désormais une application ne serait-ce que pour commander une baguette?
«Attendre et payer: ce sont les deux étapes désagréables quant on fait un achat. Les magasins réfléchissent logiquement à la façon de les supprimer», note Nathalie Damery, spécialiste des mutations des consommateurs à l'Observatoire Société et Consommation (l'ObSoCo). Selon une étude commandée par Generix group en décembre 2016, 62 % des Français appellent de leurs vœux des innovations qui permettent de réduire le temps d'attente en caisse (devant la réduction du délai de livraison: 40%).
L'idée de réduire le temps d'attente en magasin ne date évidemment pas d'hier, même si a toujours existé parallèlement l'idée qu'une file d'attente est un signe de succès. «Le consommateur a toujours été impatient, tempère Nathalie Damery. Dans les années 1970, les gens trépignaient chez Carrefour. Le digital a simplement légitimé l'impatience».
En quête de solution miracle
Le digital a donc accéléré les initiatives, nombreuses: que ce soit pour détourner les clients des caisses classiques, avec la livraison à domicile, le drive, ou pour imaginer plus récemment des modes d'encaissement alternatifs, comme dans des magasins test de Franprix ou des employés viennent scanner les produits des clients, ou l'application JeFile permettant au client d'indiquer son arrivée le temps dont il aura besoin avant de se présenter en caisse. Et qui promettait également de «réduire à néant les files d'attente». D'autres applications comme Hurikat permettent de connaître les heures creuses des magasins.
Pendant que les solutions se multiplient mais sans parvenir encore au miracle, les magasins tentent de rendre l'attente moins pénible: la diversion a même un nom, «le waitertainment». De la télé qui diffuse des spots en boucle à la maison d'édition qui permet aux clients de découvrir une nouvelle à mesure qu'ils avancent dans la queue... Sans même parler des «chaises autonomes» testées par Nissan à Tokyo pour vous permettre de faire la queue assis, dès 2017 devant les restos les plus prisés... Si n'est pas arrivée d'ici là Lunchr, l'appli française qui permet de commander un menu depuis son smartphone et de se rendre au restaurant une fois que c'est prêt...
Sociabilité et contact direct
Quand on sait qu'avant 1984 et la généralisation des codes-barres, le caissier ou la caissière devaient saisir les prix, on mesure le chemin parcouru. Mais attention, bien sûr, aux raccourcis. «Tout le monde ne va pas pré-commander sa baguette. Et tout dépend du moment et du type de magasin: au marché, vous attendrez toujours 30mn pour votre sole préférée chez le poissonnier, ça fait partie du folklore!», concède Steeve Broutin.
«Il y a un double mouvement, ajoute Nathalie Damery de l'ObSoCo. La technologie va en effet permettre de supprimer totalement, à terme, le passage en caisse. Mais en même temps, tout va dépendre du type de magasin, de la démographie... La population est vieillissante, les applis ne touchent pas tout le monde. La sociabilité est également extrêmement importante: j'habite dans un village où l'on s'interpelle dans la file d'attente de la boulangerie, c'est le plaisir d'attendre et d'échanger. En province, même les supermarchés restent des lieux de sociabilité».
Ce que pensent les Français du recours aux outils numériques (sites Internet, applications...) par les commerçants locaux? «Indispensable à l'amélioration de mon expérience client», répondent 57% d'entre eux, selon une étude réalisée en décembre par Opinion Way pour le compte de Dolmen Tech, plateforme de marketing local. Mais ce recours au numérique est aussi «à l'opposé de leurs valeurs de simplicité», pour 46% des consommateurs interrogés, preuve que les attentes restent contradictoires...
Rassurez-vous: si un jour la file d'attente disparaît des boulangeries et des magasins, elle a beaucoup moins de chances de quitter les entrées des cinémas, musées, parcs d'attractions, stades... A moins qu'elle se transforme file d'attente en ligne, comme celles qui se créent pour les grands événements sportifs ? «Il ne faut pas oublier que l'explosion des magasins, ce n'est que 1950! Avant, nous étions auto-suffisants, rappelle Nathalie Damery. Les magasins vont durer, mais sous quelle forme ? Avec un mur et un toit ? Il est évident que les magasins tels qu'on les connaît aujourd'hui n'existeront plus dans dix ans.».

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L'Europe s'émancipe du GPS avec Galileo Par Sébastien Goix/linkdin

 

L'Europe s'émancipe du GPS avec Galileo
Par Sébastien Goix/linkdin
Strategic Purchasing, Marketing & Business development


Ce jeudi 15 décembre 2016 est à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire industrielle européenne.


La nouvelle est restée relativement discrète ces dernières semaines, l'actualité spatiale européenne étant largement mobilisée autour de l'aventure du spationaute français Thomas Pesquet dans l'ISS, mais son impact dans le quotidien devrait rebattre les cartes dans de nombreux secteurs stratégiques.


Historiquement, GPS (système satellitaire américain) bénéficiait du monopole de la géolocalisation par satellite. Position challengée depuis par GLONASS (architecture russe basée sur une constellation de 24 satellites, mise en service en 1996 avant d'être suspendue pour des raisons budgétaires liées à la crise économique qu'a connu la Russie à la fin des années 90) et par BEIDOU (également appelée COMPASS, architecture chinoise en cours de déploiement dont la mise en service complète est prévue pour 2020 permettant une couverture satellite universelle).

Les Européens restaient bien seuls, dépendant des trois solutions (essentiellement GPS) pour les nombreux usages basés sur le positionnement par satellite.
Prenons l'exemple concret des smartphones (Android, iPhone, autres) qui utilisent l'un des trois grands réseaux. Certaines marques développant des smartphones sous Android ont, dès 2011, proposé une fonctionnalité GPS basée sur GLONASS. D'autres marques chinoises, elles, jouent la carte BeiDou pour leurs produits conçus et destinés au marché local chinois, les Américains privilégiant la solution GPS pour des raison de patriotisme économique et de sécurité nationale. A l'heure où cet article est rédigé, seul le smartphone Aquaris X5 du constructeur espagnol BQ intègre la solution GALILEO (je passe les détails du système indien IRNSS et du système japonais MICHIBIKI censés couvrir des zones moins étendues, à des fins plus nationales ou régionales)
Car au-delà du simple jeu de la concurrence dont les particuliers et les entreprises sont les premiers bénéficiaires à première vue (la baisse continuelle des coûts des données transitant par le satellite rend accessible des usages qui étaient longtemps réservés au domaine militaire), il faut s'intéresser au fait que le développement de réseaux satellites dont la propriété et les opérations relève des grandes puissances politiques et économiques contemporaines dont l'intérêt économique, commercial, stratégique, géopolitique et militaire.
Seulement le chinois BEIDOU est associé à l'européen GALILEO depuis un accord signé entre la Chine et l'Union Européenne en 2003 : cette initiative permet tant aux européens qu'aux chinois de mutualiser certains centres de coûts importants pour le déploiement du système et on peut espérer que les normes soient en partie communes si la plateforme de réseau satellitaire est la même.

L'avantage de GALILEO est d'être un système satellitaire de dernière génération comparé à son concurrent américain GPS. La précision au mètre près, pour sa version gratuite, et à quelques centimètres dans sa version payante, s'avérera cruciale dans l'aide à la navigation des futurs véhicules autonomes par exemple qui ne nécessiteront plus obligatoirement d'action humaine pour se déplacer - les perspectives dans l'automobiles sont d'ailleurs l'un des principaux vecteurs de communication de la Commission Européenne dans ses efforts de pédagogie autour de Galileo.
Autre exemple, celui des plateformes aéroportuaires qui pourraient ainsi contrôler plus finement les déplacements sur le tarmac des chariots à bagages, des utilitaires d'exploitation, dans un soucis de renforcement de la sécurisation des pistes et des zones de roulage. Une puce électronique pourrait même équiper chaque bagage individuel pour permettre d'améliorer la qualité de service de livraison bagage ou limiter le risque de vol/disparition.


L'utilisation de solutions de géolocalisation plus fines ouvre également un nouveau champs des possibles en matière d'applications grand public qui exploiteront la puissance des smartphones pour le traitement de l'information, sans oublier l'univers des objets connectés qui utilisent les réseaux bas débit dont le déploiement (Sigfox, Lo-Ra) vont bon train à l'échelle internationale.
Ainsi on peut imaginer une complémentarité entre systèmes satellitaires et réseaux bas-débit pour le développement de solutions de tracking autonomes et intelligentes : le secteur de la logistique (internationale comme celle du dernier kilomètre) apparaît comme une cible naturelle ou encore, plus fantaisiste mais tout aussi intéressante, l'hypothèse d'un élevage en milieu ouvert pour permettre aux éleveurs de gagner en expertise dans l'exploitation des pâtures, la traçabilité des bêtes etc.


D'après le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), aujourd'hui c'est 10% de la richesse crée en Europe qui dépend des systèmes de positionnement par satellite. Avec l'élargissement de l'offre et l'augmentation de la précision dans la localisation géographique associé à une rapidité accrue, cette proportion pourrait dépasser les 30% à l'horizon 2030.
A l'image des réseaux mobiles haut-débit, l'Europe se dote d'un système satellitaire capable de libérer certaines industries sensibles ou stratégiques de contraintes d'ordre technologiques ou politique jusqu'alors imposées par l'obligation de transiter par des systèmes contrôlés par des puissances amies mais néanmoins concurrentes. Un outil supplémentaire pour l'autonomie de l'Union.
A propos de Sébastien Goix : passionné éclectique (télécoms, digital, économie, marchés financiers, géopolitique, aéronautique...) animé par la création et le partage de contenus originaux.

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Salon Pollutec à Lyon / France  : Environnement, Déchets, Eau, Energie; le Sénégal et l'Afrique représenté

 

Salon Pollutec à Lyon / France  : Environnement, Déchets, Eau, Energie; le Sénégal et l'Afrique représenté

pollutec.com

27ème salon international des équipements, des technologies et des services de l'environnement - 29 novembre > 2 décembre 2016 Lyon Eurexpo...

L'Afrique, un continent toujours plus dynamique en matière d'environnement

Fort du succès rencontré en 2014, pour la deuxième fois cette année Pollutec organise un Espace Afrique pour offrir un lieu privilégié de rencontres aux délégations africaines et experts des problématiques du continent présents au salon. Une occasion facilitée d'identifier les projets en cours et à venir, et de trouver le partenaire et le bon financement pour se développer en Afrique. Sont notamment représentés : le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Guinée Conakry, le Kenya, le Sénéga et la Tunisie.
Rendez-vous Stand 4F108

Notons la présence de Mr les Maires de Sabodala Mamadou CISSOKHO et Mamady CISSOKHO de khossanto- Sénégal Oriental 

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Cast21 : le plâtre qui ne gratte pas La matinale d'Europe 1 par Anicet Mbida

 

Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.


L'innovation, ce matin, c'est un plâtre qui ne gratte pas, qui ne sent pas et avec lequel on peut se baigner.
Il était grand temps de faire évoluer ce bon vieux plâtre. Comme il est complètement fermé, la sueur et les bactéries s'accumulent et la peau ne respire pas. Ça gratte, c'est insupportable et certains utilisent d'ailleurs des aiguilles à tricoter, tellement cela démange.
Trois étudiants américains ont mis au point un plâtre ouvert. On a donc accès à la peau, elle respire, on peut se gratter et se laver. On dirait un gros filet, comme ceux qui protègent les fruits. Pourtant, il est aussi rigide que les plâtres actuels.


Il s'appelle Cast21, le plâtre qui entre enfin au 21e siècle.


S'il est rigide, comment on l'enfile ce filet-plâtre-ouvert ?


Au départ, il est totalement mou. La structure est en silicone, extensible, ce qui permet de la positionner exactement comme on veut. Ensuite, on va injecter un liquide à l'intérieur qui va durcir et tout solidifier pour bien maintenir la fracture.
Vous avez peut-être remarqué qu'il ressemble aux plâtres imprimés en 3D, sauf que le principe est beaucoup plus simple. D'ailleurs, d'après leurs calculs, il ne coûterait pas plus cher qu'un plâtre en fibre de verre classique.


On peut déjà se faire soigner avec ?


Non, ils en sont encore au stade du prototype. Les tests commencent à peine pour valider son efficacité sur différents types de fractures.
Mais la technologie intéresse déjà énormément les médecins. Comme elle donne accès à la peau, on peut glisser des électrodes et stimuler les muscles qui sont en dessous. On évite donc qu'ils s'atrophient, ce qui est un gros problème quand on porte un plâtre pendant des mois.
C'est une belle innovation parce qu'il y en a assez des plâtres fermés où il est impossible de se gratter.

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AUDIO

La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

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