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L'Europe s'émancipe du GPS avec Galileo Par Sébastien Goix/linkdin

 

L'Europe s'émancipe du GPS avec Galileo
Par Sébastien Goix/linkdin
Strategic Purchasing, Marketing & Business development


Ce jeudi 15 décembre 2016 est à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire industrielle européenne.


La nouvelle est restée relativement discrète ces dernières semaines, l'actualité spatiale européenne étant largement mobilisée autour de l'aventure du spationaute français Thomas Pesquet dans l'ISS, mais son impact dans le quotidien devrait rebattre les cartes dans de nombreux secteurs stratégiques.


Historiquement, GPS (système satellitaire américain) bénéficiait du monopole de la géolocalisation par satellite. Position challengée depuis par GLONASS (architecture russe basée sur une constellation de 24 satellites, mise en service en 1996 avant d'être suspendue pour des raisons budgétaires liées à la crise économique qu'a connu la Russie à la fin des années 90) et par BEIDOU (également appelée COMPASS, architecture chinoise en cours de déploiement dont la mise en service complète est prévue pour 2020 permettant une couverture satellite universelle).

Les Européens restaient bien seuls, dépendant des trois solutions (essentiellement GPS) pour les nombreux usages basés sur le positionnement par satellite.
Prenons l'exemple concret des smartphones (Android, iPhone, autres) qui utilisent l'un des trois grands réseaux. Certaines marques développant des smartphones sous Android ont, dès 2011, proposé une fonctionnalité GPS basée sur GLONASS. D'autres marques chinoises, elles, jouent la carte BeiDou pour leurs produits conçus et destinés au marché local chinois, les Américains privilégiant la solution GPS pour des raison de patriotisme économique et de sécurité nationale. A l'heure où cet article est rédigé, seul le smartphone Aquaris X5 du constructeur espagnol BQ intègre la solution GALILEO (je passe les détails du système indien IRNSS et du système japonais MICHIBIKI censés couvrir des zones moins étendues, à des fins plus nationales ou régionales)
Car au-delà du simple jeu de la concurrence dont les particuliers et les entreprises sont les premiers bénéficiaires à première vue (la baisse continuelle des coûts des données transitant par le satellite rend accessible des usages qui étaient longtemps réservés au domaine militaire), il faut s'intéresser au fait que le développement de réseaux satellites dont la propriété et les opérations relève des grandes puissances politiques et économiques contemporaines dont l'intérêt économique, commercial, stratégique, géopolitique et militaire.
Seulement le chinois BEIDOU est associé à l'européen GALILEO depuis un accord signé entre la Chine et l'Union Européenne en 2003 : cette initiative permet tant aux européens qu'aux chinois de mutualiser certains centres de coûts importants pour le déploiement du système et on peut espérer que les normes soient en partie communes si la plateforme de réseau satellitaire est la même.

L'avantage de GALILEO est d'être un système satellitaire de dernière génération comparé à son concurrent américain GPS. La précision au mètre près, pour sa version gratuite, et à quelques centimètres dans sa version payante, s'avérera cruciale dans l'aide à la navigation des futurs véhicules autonomes par exemple qui ne nécessiteront plus obligatoirement d'action humaine pour se déplacer - les perspectives dans l'automobiles sont d'ailleurs l'un des principaux vecteurs de communication de la Commission Européenne dans ses efforts de pédagogie autour de Galileo.
Autre exemple, celui des plateformes aéroportuaires qui pourraient ainsi contrôler plus finement les déplacements sur le tarmac des chariots à bagages, des utilitaires d'exploitation, dans un soucis de renforcement de la sécurisation des pistes et des zones de roulage. Une puce électronique pourrait même équiper chaque bagage individuel pour permettre d'améliorer la qualité de service de livraison bagage ou limiter le risque de vol/disparition.


L'utilisation de solutions de géolocalisation plus fines ouvre également un nouveau champs des possibles en matière d'applications grand public qui exploiteront la puissance des smartphones pour le traitement de l'information, sans oublier l'univers des objets connectés qui utilisent les réseaux bas débit dont le déploiement (Sigfox, Lo-Ra) vont bon train à l'échelle internationale.
Ainsi on peut imaginer une complémentarité entre systèmes satellitaires et réseaux bas-débit pour le développement de solutions de tracking autonomes et intelligentes : le secteur de la logistique (internationale comme celle du dernier kilomètre) apparaît comme une cible naturelle ou encore, plus fantaisiste mais tout aussi intéressante, l'hypothèse d'un élevage en milieu ouvert pour permettre aux éleveurs de gagner en expertise dans l'exploitation des pâtures, la traçabilité des bêtes etc.


D'après le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), aujourd'hui c'est 10% de la richesse crée en Europe qui dépend des systèmes de positionnement par satellite. Avec l'élargissement de l'offre et l'augmentation de la précision dans la localisation géographique associé à une rapidité accrue, cette proportion pourrait dépasser les 30% à l'horizon 2030.
A l'image des réseaux mobiles haut-débit, l'Europe se dote d'un système satellitaire capable de libérer certaines industries sensibles ou stratégiques de contraintes d'ordre technologiques ou politique jusqu'alors imposées par l'obligation de transiter par des systèmes contrôlés par des puissances amies mais néanmoins concurrentes. Un outil supplémentaire pour l'autonomie de l'Union.
A propos de Sébastien Goix : passionné éclectique (télécoms, digital, économie, marchés financiers, géopolitique, aéronautique...) animé par la création et le partage de contenus originaux.

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Salon Pollutec à Lyon / France  : Environnement, Déchets, Eau, Energie; le Sénégal et l'Afrique représenté

 

Salon Pollutec à Lyon / France  : Environnement, Déchets, Eau, Energie; le Sénégal et l'Afrique représenté

pollutec.com

27ème salon international des équipements, des technologies et des services de l'environnement - 29 novembre > 2 décembre 2016 Lyon Eurexpo...

L'Afrique, un continent toujours plus dynamique en matière d'environnement

Fort du succès rencontré en 2014, pour la deuxième fois cette année Pollutec organise un Espace Afrique pour offrir un lieu privilégié de rencontres aux délégations africaines et experts des problématiques du continent présents au salon. Une occasion facilitée d'identifier les projets en cours et à venir, et de trouver le partenaire et le bon financement pour se développer en Afrique. Sont notamment représentés : le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Guinée Conakry, le Kenya, le Sénéga et la Tunisie.
Rendez-vous Stand 4F108

Notons la présence de Mr les Maires de Sabodala Mamadou CISSOKHO et Mamady CISSOKHO de khossanto- Sénégal Oriental 

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Cast21 : le plâtre qui ne gratte pas La matinale d'Europe 1 par Anicet Mbida

 

Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.


L'innovation, ce matin, c'est un plâtre qui ne gratte pas, qui ne sent pas et avec lequel on peut se baigner.
Il était grand temps de faire évoluer ce bon vieux plâtre. Comme il est complètement fermé, la sueur et les bactéries s'accumulent et la peau ne respire pas. Ça gratte, c'est insupportable et certains utilisent d'ailleurs des aiguilles à tricoter, tellement cela démange.
Trois étudiants américains ont mis au point un plâtre ouvert. On a donc accès à la peau, elle respire, on peut se gratter et se laver. On dirait un gros filet, comme ceux qui protègent les fruits. Pourtant, il est aussi rigide que les plâtres actuels.


Il s'appelle Cast21, le plâtre qui entre enfin au 21e siècle.


S'il est rigide, comment on l'enfile ce filet-plâtre-ouvert ?


Au départ, il est totalement mou. La structure est en silicone, extensible, ce qui permet de la positionner exactement comme on veut. Ensuite, on va injecter un liquide à l'intérieur qui va durcir et tout solidifier pour bien maintenir la fracture.
Vous avez peut-être remarqué qu'il ressemble aux plâtres imprimés en 3D, sauf que le principe est beaucoup plus simple. D'ailleurs, d'après leurs calculs, il ne coûterait pas plus cher qu'un plâtre en fibre de verre classique.


On peut déjà se faire soigner avec ?


Non, ils en sont encore au stade du prototype. Les tests commencent à peine pour valider son efficacité sur différents types de fractures.
Mais la technologie intéresse déjà énormément les médecins. Comme elle donne accès à la peau, on peut glisser des électrodes et stimuler les muscles qui sont en dessous. On évite donc qu'ils s'atrophient, ce qui est un gros problème quand on porte un plâtre pendant des mois.
C'est une belle innovation parce qu'il y en a assez des plâtres fermés où il est impossible de se gratter.

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Les nouveaux arpenteurs du monde: À l'ère des robots Par WeTv de notretemps.fr

 

Les nouveaux arpenteurs du monde: À l'ère des robots Par WeTv de notretemps.fr


Plus que des simples instruments de mesure, les drones, radars et satellites auxquels s'intéresse ce documentaire sont aujourd'hui des vigies de la surveillance environnementale. Vendredi 2 septembre, 22h20, Arte


Grâce à ces fantastiques dispositifs technologiques, plus aucune personne sur terre ne peut dire qu'elle se trouve "au milieu de nulle part", même au cœur de la jungle, au fin fond du désert ou sur la banquise. Le film de la chaîne franco-allemande nous montre ainsi que les systèmes permettant de cartographier sous toutes les coutures notre planète n'ont cessé de gagner en sophistication ces dernières années.

Exit les désuets relevés effectués à la main par les humains, pour collecter les paramètres topographiques, on mise désormais sur les drones, les radars et les satellites, un éventail d'appareils qui fournit une masse de données infiniment supérieure à celles qu'on pouvait collecter auparavant. Et loin de se limiter à glaner des renseignements strictement géographiques, ces outils ultra-connectés remplissent de nombreuses autres fonctions puisqu'ils évaluent également le risque de catastrophe climatique ou de choc tectonique, mesurent le niveau de pollution, repèrent les espaces de pêche illégale et les zones où les espèces animales sont menacées...

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