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 « j'ai eu un grand plaisir de reprendre cet ouvrage de Lucrèce parce que je me posais des questions et à défaut d'avoir un interlocuteur à côté on va Chercher dans ses livres et sa bibliothèque des textes et des pensées ou des réponses ou des éclairages et Lucrèce loin de me soigner ou de me calmer a encore contribué à exciter ma curiosité insatiable »P B Cissoko

" La poésie vit d'une vie virtuelle. Les sciences peuvent étendre sa sphère, non augmenter sa puissance. " Victor Hugo justifie en ces termes l'intérêt extrême que l'oeuvre de Lucrèce suscite chez les lecteurs modernes. Or, de récentes découvertes scientifiques ont encore élargi sa sphère d'influence. Au Ier siècle avant J.C., le poète latin ne se contenta pas d'offrir à ses compatriotes la doctrine " salvatrice "d'Epicure, leur permettant d'accéder pleinement à la philosophie, mais il traduisit en visionnaire le mouvement incessant des atomes et le perpétuel devenir des choses au sein du vide infini.

Son oeuvre explore l'univers physique et le savoir grec, mais aussi notre vie quotidienne.

Gardien essentiel de la doctrine épicurienne, visant à une époque de violence et d'oppression, Lucrèce révéla non sans ferveur les moyens d'un bonheur accessible à tous. La version française que l'on présente ici se veut l'écho de la tension jamais abolie entre la poésie et la raison dans le De rerum natura. Inventant un langage de la nature, Lucrèce lui a donné des cadences que cette traduction essaie de transposer.

Le poème de Lucrèce (98 ou 94 av. J.-C.- 55 av. J.-C.) est un des textes fondateurs de la philosophie en Occident. Car Lucrèce s'y montre plus qu'un simple sectateur d'Épicure : disciple fécond, il est comme le refondateur à Rome de l'épicurisme athénien.
Loin de se présenter comme un système rigoureusement ordonné par des prémisses ou dicté par des axiomes, cette philosophie n'a d'autre but que l'apaisement moral de l'homme, plutôt que la connaissance du monde.

Tout au long des siècles, une fois ce poème redécouvert au début de la Renaissance, La Nature des choses n'a cessé d'être une référence philosophique.


Qu'on lise, au dernier livre, les passages consacrés à la peste. La peste est un argument que toute théodicée doit réfuter puisqu'elle pose, de manière spectaculaire, le scandale de la mort du juste et de l'innocent.
Or Lucrèce ne réfute pas la peste, il s'en sert, au contraire, pour montrer l'absence de Providence, et du même coup guérir l'âme d'une maladie autrement essentielle, la peur de la mort.
Ce qui fait scandale, ce n'est plus la peste, c'est tout simplement Lucrèce.


J'ai voulu t'exposer cette doctrine à nous / en un chant possédant le doux accent des Muses, / et sur elle poser la douceur de leur miel, / dans l'espoir que nos vers sachent, par ce moyen, / te retenir l'esprit tandis que tu perçois / des choses la nature en sa totalité, / et te pénètres bien de leur utilité.
Lucrèce.

Donner la plus grande force persuasive à la parole philosophique salvatrice, celle qui mène au bien et éloigne des maux, qui guérit des vaines peurs, celles des dieux et de la mort en particulier, tel est le projet de Lucrèce (ier s. av. J.-C.), qui compose en latin son célèbre poème, De rerum natura, à la gloire d'Epicure et de sa philosophie. Exposé doctrinal d'une richesse exceptionnelle et oeuvre littéraire majeure, ce poème se donne comme une oeuvre totale, où le vrai s'allie au beau, et les séductions de l'imagination à la rigueur de l'analyse.


Pour s'approcher de sa singularité, il fallait une transposition précise et poétique à la fois : ce sont là les mérites de la traduction de Bernard Pautrat - faite en alexandrins non rimés - qui permet d'appréhender dans notre langue le style philosophique propre à Lucrèce.

Traduction nouvelle de Bernard Pautrat, avec le texte latin en regard. Introduction et notes par Alain Gigandet.

En plus
LIVRE TROISIÈME
ARGUMENT


Ce livre est employé tout entier à traiter de l'âme humaine : c'était l'objet essentiel de la philosophie d'Épicure. Après une invocation à Épicure, il fait sentir l'importance du sujet qu'il va traiter, en ce que l'ignorance où sont les hommes sur la nature de leur âme leur inspire cette crainte de la mort, qu'il regarde comme l'unique source de tous les maux et de tous les crimes.

Il entre ensuite en matière, et s'efforce de prouver :

1° que l'âme est une partie réelle de nous-mêmes, et non pas une affection générale de la machine, une harmonie, comme l'ont voulu quelques philosophes ; 2° que l'âme ne forme qu'une même substance conjointement avec l'esprit, qui réside au centre de la poitrine, tandis que l'âme est répandue dans tout le corps ; 3° qu'ils sont l'un et l'autre corporels, quoique formés des atomes les plus subtils de la nature ; 4° que, bien loin d'être simples, ils résultent au contraire de quatre principes, le souffle, l'air, la chaleur, et un quatrième (qui paraît n'être autre chose que les esprits animaux), auquel le poète ne donne pas de nom, et qu'il regarde comme l'âme de notre âme ; 5° que ces quatre principes sont mélangés et combinés, sans pouvoir jamais agir à part, n'étant, pour ainsi dire, que différentes propriétés d'une même substance, mais qu'ils peuvent dominer plus ou moins, et que de là naît la différence des caractères ; 6° que l'âme et le corps sont tellement unis, qu'ils ne peuvent subsister l'un sans l'autre, mais qu'il ne faut pas croire pourtant, comme l'a prétendu Démocrite, qu'à chaque élément du corps réponde un élément de l'âme. Après tous ces détails, il tâche de prouver que l'âme naît et meurt en même temps que le corps, d'où il conclut que la mort n'est pas à craindre, et que les hommes ont tort de se désespérer d'un état qui les rend ce qu'ils étaient avant que de naître.


LIVRE TROISIÈME


Toi qui le premier au fond d'affreuses ténèbres as brandi un si lumineux flambeau pour nous révéler les vrais biens de la vie, je te suis, ô gloire de la Grèce, et j'ose aujourd'hui poser mes pas dans tes pas, non que je veuille devenir ton rival, mais plutôt parce que ton amour me guide et m'exhorte à t'imiter.

L'hirondelle ose-t-elle défier les cygnes, les chevreaux aux membres tremblants pourraient-ils lutter à la course avec le cheval fougueux ? Toi, père, qui es l'initiateur, tu prodigues à tes enfants de sages leçons ; c'est dans tes traités, maître glorieux, que semblables aux abeilles butinant çà et là parmi les fleurs des prés, nous allons cueillir nous aussi, pour nous en repaître, des paroles d'or, oui, d'or vraiment, et telles qu'il n'en fut jamais de plus dignes d'une vie éternelle.


A peine ta sagesse a-t-elle commencé à proclamer avec puissance un système de la nature né de ton divin génie, aussitôt s'évanouissent les terreurs de l'esprit, s'écartent les murailles du monde ; je vois à travers le vide immense les choses s'accomplir ; je vois les dieux puissants dans leurs tranquilles demeures que n'ébranlent pas les vents, que les nuages ne battent pas de leur pluie, que la blanche neige glacée n'outrage pas dans sa chute, car un éther toujours serein leur sert de voûte et leur verse à larges flots sa lumière en riant.

Tous leurs besoins, la nature y pourvoit et rien en aucun temps n'altère la paix de leurs âmes. Mais par contre, nulle part je n'aperçois les régions de l'Achéron et la terre ne m'empêche point de contempler sous mes pieds tout ce qui s'accomplit dans le vide. Devant de telles visions, une joie divine, un saint frémissement me saisissent à la pensée que ton génie contraignit la nature à se dévoiler tout entière.


Ma doctrine enseigne les principes de l'univers : j'ai dit leur nature, la variété de leurs formes, le mouvement éternel dont ils s'envolent spontanément dans l'espace et comment ils sont capables de créer toutes choses. Mon objet est maintenant, je crois, la nature de l'esprit, et c'est l'âme, le principe vital, qu'il me faut éclairer dans mes vers. Je dois chasser et renverser cette peur de l'Achéron qui pénétrant l'homme jusqu'au cœur, trouble sa vie, la teint tout entière de la couleur de la mort et ne laisse subsister aucun plaisir limpide et pur.
Tant d'hommes prétendent que les maladies et la honte sont plus à craindre que les abîmes de la mort ! Ils savent bien, proclament-ils, que le principe de la vie relève du sang, sinon même du vent, si jusque-là se porte leur fantaisie, et qu'auraient-ils donc besoin de nos leçons ? Mais tu vas voir comme c'est là propos vides de fanfarons, non conviction réelle.

Car ces mêmes hommes, chassés de leur patrie, proscrits loin de leurs semblables, flétris d'accusations infamantes, accablés enfin de tous les maux, ces hommes vivent ; où qu'ils soient venus traîner leur misère, ils célèbrent des funérailles, ils immolent des brebis noires, ils sacrifient aux mânes, et plus l'adversité leur est rude, plus leurs esprits se tournent vers la religion. Ah ! c'est dans les dangers qu'il faut observer l'homme, c'est dans l'adversité qu'il se révèle : alors seulement la vérité jaillit de son cœur ; le masque tombe, le visage réel apparaît.

 

Publié dans Contribution
samedi, 06 avril 2019 11:23

ARMEE ALGERIENNE : ARBITRE OU RECOURS ?

Cela fait plusieurs semaines que les grandes villes d’Algérie sont le théâtre de manifestations monstres contre le pouvoir politique en place depuis vingt ans à Alger.

Cette période a fait l’effet d’un roman feuilleton aux multiples rebondissements. Dans un premier temps, l’armée, premier pilier du régime à soutenu Abdelaziz Bouteflika puis, sentant l’opposition grandissante monter dans le pays, a pris ses distances avec un chef d’Etat moribond. Elle a obligé celui-ci à renoncer à l’exercice d’un cinquième mandat présidentiel et Bouteflika a alors annoncé, sous la pression de la foule, qu’il quitterait le pouvoir après avoir prolongé son mandat, prévu se terminer le 27 avril, jusqu’à la fin de l’année. Prétexte invoqué : la promulgation d’une nouvelle constitution. Une véritable pantalonnade et une décision considérée par la foule qui grondait dans les rues de la capitale comme une « mascarade », une « insulte au peuple algérien », une « provocation supplémentaire ».

Quatorze millions de personnes dans la rue

Il faut se souvenir qu’au plus fort de la contestation ce sont près de quatorze millions d’algériens, dont une majorité de jeunes, qui ont participé aux marches à travers le pays. Face à des manifestations d’une telle ampleur l’armée ne pouvait rester silencieuse et par la voix de son chef d’Etat-Major, le général Gaïd Salah « la grande muette » a finalement appelé à l’empêchement de Bouteflika évitant que les manifestants ne fassent d’elle une complice du pouvoir et qu’elle soit emportée dans la tourmente populaire. Et le 2 avril dernier la démission de celui-ci était annoncée avec la perspective de l’organisation d’une élection présidentielle dans les 90 jours.

« Ils ont des millions, nous sommes des millions »

Exigeant une plus grande démocratie, une société moins corrompue avec des slogans du genre : « Ils ont des millions, nous sommes des millions » ou « C’est une République, pas un royaume » les algériens ont finalement obtenu gain de cause. Le départ de Bouteflika a été acté après que le chef d’Etat-Major l’ait exhorté à quitter immédiatement le pouvoir. Il est des amitiés qui ne résistent pas aux épreuves du temps et les fidèles de la veille peuvent compter parmi les plus hostiles le lendemain. Les retournements de veste sont d’autant plus violents lorsqu’il s’agit d’uniformes. Le vieux chef pourra méditer sur cette leçon dans sa propriété, où il va se réfugier et vivre les derniers moments de sa vie, au terme d’un pouvoir absolu qui aura duré vingt ans. Piteusement, il aura même demandé pardon au peuple des erreurs commises sous son règne. L’histoire est pleine de ces puissants qu’on disait indéboulonnables dont la vindicte populaire a eu finalement raison.

Un Etat dans l’Etat

La question qui se pose maintenant est la suivante : l’armée algérienne, considérée comme un Etat dans l’Etat, va-t-elle se contenter d’arbitrer le débat démocratique en cours ou va-t-elle s’imposer comme un recours face à d’éventuels désordres, ou le risque d’un danger islamiste ? Personne en Algérie ne veut voir resurgir le spectre de la guerre civile qui a endeuillé le pays de 1992 à 1999 et a fait une centaine de milliers de morts. Garantir une transition propre à sortir l’Algérie de l’impasse actuelle - en faisant respecter la volonté du peuple, qui selon l’art. 7 de la constitution est « la source de tout pouvoir, la souveraineté nationale » - telle devrait être la mission de l’armée dans les semaines et mois à venir.

A moins qu’elle ne décide de sortir de ses casernes et de suppléer à la vacance du pouvoir, la nature ayant horreur du vide.

Jean-Yves Duval

Publié dans Opinions et Débats

Marseille a fortement compromis ses chances de participer à la prochaine Ligue des champions, en s'inclinant 2-0 à Bordeaux, terre maudite depuis bientôt 42 ans, vendredi soir en ouverture de la 31e journée de L1.

Encore une fois, l'histoire s'est répétée pour les Olympiens en panne de confiance depuis leur défaite au Parc des Princes et qui ont paru sans réelle solution face au bloc bordelais solidaire, qui a fini à dix après l'exclusion de Pablo (82e).

Avec désormais huit points de retard sur le podium, la mission s'annonce compliquée pour les hommes d'un Rudi Garcia, qui a un peu plus fragilisé sa situation avec cet échec.

Ne pas perdre face à l'OM, tel était le dernier objectif des Bordelais dans cette saison de transition suite à la vente du club aux Américains de GACP. Mission accomplie, mais aussi de quoi raviver des regrets.

Comme souvent cette saison contre les grosses écuries, que ce soit Paris (2-2), Lille (1-0) ou Saint-Etienne (3-2), ils ont été à la hauteur de l'événement, au niveau du réalisme avec un De Préville essentiel dans le système de Paulo Sousa et récompensé, mais surtout défensivement.

Avec Balotelli, leur buteur en série sur le banc au coup d'envoi en raison de petits soucis musculaires, les arguments offensifs des visiteurs ont reposé sur Valère Germain un peu trop esseulé sans son compère italien en pointe, censé être alimenté par Florian Thauvin, Nemanja Radonjic et le revenant Dimitri Payet, qui n'avait plus débuté en L1 depuis le 20 janvier à Caen.

On n'a pas beaucoup vu le capitaine marseillais, préposé aux coups de pied arrêtés et en situation idéale juste avant la pause, mais son tir est passé au dessus.

Au regard de leur premier acte, maîtrisé techniquement pendant vingt minutes, les hommes de Rudi Garcia ont pu se sentir lésés par l'arbitrage de M. Ben El Hadj, notamment Strootman dont la reprise puissante a été repoussée dans sa surface par la cuisse et surtout la main de Pablo (10e)

- Pas d'effet Balotelli -

Au non de la cohérence et de la jurisprudence du Rennais Benjamin André mardi en demi-finale de la Coupe de France contre Lyon pour une action en tout point similaire, l'OM aurait dû bénéficier d'un penalty, que les Girondins, eux, ont su obtenir un quart d'heure plus tard.

Le fautif, Radonjic, remplaçant de Ocampos, présent offensivement mais malheureux quand il s'est agi de prêter main forte à sa défense.

Déjà, deux minutes avant cette sanction, le Serbe avait remis involontairement dans la course de Briand un centre mal jugé par Amavi mais Mandanda sauvait son camp en opposant son pied gauche à la frappe de l'attaquant bordelais.

Puis, sur un centre rentrant de Kamano qui lobait Kamara, le ballon rebondissait sur le bras de Radonjic, synonyme de penalty que Kamano transformait (1-0, 27e).

Sûrement en quête de rachat, le Serbe a entamé en fanfare le deuxième acte. En l'espace de sept minutes, il s'est procuré trois occasions, deux sur des offrandes de Thauvin (49e, 51e), une dernière sur un corner en retrait de Payet (56e) mais il n'a pas réussi à trouver le cadre.

Jusqu'à l'heure de jeu, seul Kamara sur un corner précoce de Payet était parvenu d'une tête puissante à inquiéter Costil, efficace sur sa ligne (8e).

L'entrée de Balotelli à la place de Payet (69e) n'a pas eu non plus l'effet escompté, surtout que dans la minute suivante, De Préville, lancé par Briand, s'est joué de Kamara avant de tromper Mandanda d'une frappe enroulée au ras du poteau et faire exploser le Matmut Atlantique (2-0).

La tête basse, les Marseillais ont tenté en vain de revenir. Balotelli s'est essayé de loin (73e), a rameuté ses troupes, a chauffé ses adversaires dont Pablo, exclu pour un coup d'épaule sur l'Italien au sang chaud, loin du ballon.

 

AFP

Publié dans Sport

 

La France bénéficiera de 79 sièges au Parlement européen à Strasbourg.AFP/Frederick Florin

Le premier débat des Européennes entre les douze têtes de liste, organisé jeudi 4 avril par France 2, a tourné à la cacophonie. Parfois au détriment du fond. L’un des enjeux principaux est pourtant de mobiliser les électeurs qui perçoivent souvent ce scrutin comme étant peu lisible.

Dans moins de deux mois, plus de 300 millions d’Européens sont appelés à choisir leurs 705 députés au Parlement européen. En France, le scrutin se tiendra le 26 mai. Enjeux, candidats, rapport de forces : le point sur ce scrutin.

 

A quoi servent les élections européennes ?

Tous les cinq ans, les citoyens sont appelés à voter pour élire leurs députés au Parlement européen. Il s’agit de la seule institution de l'Union européenne élue au suffrage universel direct, instauré en 1979. Cette année, les électeurs de 27 pays doivent désigner 705 eurodéputés (si le Brexit est acté d'ici le scrutin). Le nombre de sièges alloués à la France est de 79.

Le Parlement européen partage le pouvoir législatif et budgétaire avec le Conseil de l'UE, composé d'un ministre de chaque pays. Il dispose aussi de moyens de contrôle sur la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE. Les eurodéputés doivent aussi approuver le nom du futur président de la Commission qui succédera à Jean-Claude Juncker.

Quelles sont les conséquences concrètes des politiques européennes au quotidien ? Les citoyens européens peuvent par exemple utiliser leurs forfaits mobiles nationaux au sein de l'Union européenne sans surcoût, le Parlement européen ayant adopté en 2017 la disparition des frais d'itinérance. Le 26 mars, les députés européens se sont prononcés pour la suppression du changement d'heure saisonnier dans l'Union, en 2021. Le lendemain, ils ont entériné la fin des produits en plastique à usage unique, à partir de 2021.

 

Vers quelle composition pour le Parlement européen ?

Actuellement, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), sont majoritaire au Parlement avec 217 députés. Le deuxième groupe le plus important est celui de l'Alliance Progressiste des Socialistes & Démocrates au Parlement européen (S&D, centre gauche), avec 186 députés.

Sur la base des sondages réalisés dans chaque Etat, le Parlement européen a réalisé, le 27 mars, une projection de la composition du futur hémicycle.

L’axe PPE-S&D subirait un recul sensible (avec respectivement 29 et 44 députés en moins), perdant ainsi la majorité absolue. Cette situation les forcera sans doute à nouer des alliances avec les libéraux (ALDE) ou les Verts.

Les mouvements nationalistes et populistes, progressant dans la plupart des pays européens, espèrent réaliser une percée lors de ces élections. Mais suite au Brexit (s’il a lieu) et donc au départ des députés britanniques, le groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE) devrait subir un recul sensible (23 députés en moins) tout comme celui de l’Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD, 11 députés en moins). Le groupe L'Europe des nations et des libertés (ENL), créé par Marine Le Pen, devrait au contraire sortir renforcé (24 députés en plus).

 

Qui sont les candidats en France ?

Les électeurs français auront le choix entre au moins une quinzaine de listes, qui contiendront chacune 79 noms. Chaque liste ayant obtenu au moins 5% des voix se verra attribuer un nombre de sièges proportionnel à son score. Si la composition complète de ces listes n’est pas encore connue (les partis devant les déposer entre le 23 avril et le 3 mai), les têtes de liste ont déjà été désignées.

 

Plusieurs partis font le pari de la jeunesse comme par exemple le Rassemblement national (ex-FN) ayant investi Jordan Bardella, 23 ans, La France insoumise avec Manon Aubry (29 ans), les Républicains avec François-Xavier Bellamy (33 ans) ou le Parti communiste avec Ian Brossat (38 ans).

La gauche part en ordre dispersée. Europe Ecologie-Les Verts présente sa propre liste conduite par Yannick Jadot, comme Génération.s avec Benoît Hamon et Place publique, le mouvement de l'essayiste Raphaël Glucksmann, derrière lequel s'est rangé le Parti socialiste. A l'extrême gauche, Lutte ouvrière présente sa liste avec à sa tête Nathalie Artaud. 

 

A droite, les Républicains avec François-Xavier Bellamy pourraient être concurrencés par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. L'UDI de Jean-Christophe Lagarde, l'UPR de François Asselineau et Les Patriotes de Florian Philippot mènent aussi campagne. Jean Lassalle compte également présenter une liste.

L'incertitude règne toujours quant à la présence ou non d'une ou plusieurs listes « gilets jaunes ». L'une des figures du mouvement, Ingrid Levavasseur, avait annoncé prendre la tête de la liste du Ralliement d’initiative citoyenne (RIC) avant de renoncer, mi-février.

 

Quelle est la participation en France ?

Les élections européennes sont traditionnellement boudées par les électeurs français. Par rapport aux autres élections, l’abstention y bat des records. En 1979, elle était de 39,30%. Depuis, elle ne cesse de progresser à chaque scrutin (léger recul en 2014). Depuis 1999, l’abstention a toujours dépassé la barre des 50%.

Les électeurs utilisent parfois ce scrutin pour sanctionner le pouvoir politique en place au niveau national. En 2014, deux ans après le début du quinquennat de François Hollande, les listes du Parti socialiste avaient subi une déroute historique aux européennes, avec moins de 14% des voix (en troisième position derrière le Front national, 24,9 %, et l'UMP, 20,8 %). Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon appellent ainsi à faire de ces élections un « référendum anti-Macron ».

 

RFI

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