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Football : comment Bielsa s'est mis l'Angleterre dans la poche

Aoû 10, 2018
Football : comment Bielsa s'est mis l'Angleterre dans la poche

La communication du coach argentin de Leeds a séduit la presse et l'opinion. Une séduction renforcée par le succès de son équipe contre Stoke dimanche.

C'est la rencontre de deux mondes où le football est plus qu'une passion, c'est une raison de vivre. Marcelo Bielsa et l'Angleterre vivent un début d'idylle depuis que le coach argentin s'est engagé pour entraîner à partir de cet été le club de Leeds United, évoluant en Championship (division 2). Les histoires d'amour entamées avec passion ne durent généralement pas. Mais il existe un réel décalage entre la cote positive dont bénéficie El Loco (Le Fou) outre-Manche dès sa prise de fonction et les réserves émises sur sa compétence par la presse et certains consultants en France. L'extrémiste du jeu offensif et de la tactique officie désormais dans la patrie berceau du ballon rond : les profils ne pouvaient que matcher comme deux êtres compatibles sur un site de rencontres.

La bielsamania en Angleterre ne découle pas des résultats. Leeds United a, certes, réussi son baptême du feu avec Marcelo aux commandes en battant Stoke City sur le score de 3-1 en pratiquant un jeu séduisant. Mais l'engouement vient d'ailleurs et tire davantage sa source sur la forme, la communication que sur le fond. Au pays des tabloïds, le nouvel entraîneur de Leeds a en effet mis toute la presse et une bonne partie des couches les plus populaires dans sa poche. Selon The Guardian, l'ex-technicien de Lille et Marseille a demandé en interne combien il fallait d'heures de travail à un ouvrier pour se payer son ticket au stade d'Ellan Road. On lui a répondu trois. Conséquence, il a fait ramasser à ses joueurs les ordures autour du centre d'entraînement de Thorp Arcg durant trois heures fin juillet pour se mettre un peu dans la peau de leurs fans.

34 000 personnes au stade !

Avec cette exigence, Marcelo Bielsa a parfaitement pris le pouls de la schizophrénie du football anglais. Pour voir ce sport, les prix montent chaque année alors que le portefeuille des spectateurs a de plus en plus de mal à suivre la cadence. Plusieurs mouvements de protestation de supporteurs tournent même le dos à la Premier League et au football-business. C'est le cas à Manchester où un certain nombre d'anciens abonnés d'Old Trafford se sont mis à soutenir dès 2005 un autre club mancunien : le Football Club United of Manchester (6e division). Alors quand le néo coach de Leeds fait un appel du pied à cette classe ouvrière anglaise, la démarche – sincère ou démagogique, peu importe – ne peut être que bien accueillie. Les personnalités empathiques avec les couches laborieuses sont appréciées en Angleterre comme l'ex-entraîneur Alex Ferguson ou le cinéaste Ken Loach. Une tendance qui n'a sans doute pas échappé à Bielsa, pas si « Loco » sur le coup.

Pas moins de 34 000 personnes ont assisté à Ellan Eoad à la victoire de Leeds sur Stoke. Jamais le stade n'avait connu une telle affluence depuis dix ans. Le succès a été au rendez-vous, mais les médias anglais ont regardé plus loin que le score en évoquant le style offensif et le caractère battant des joueurs. Les résultats vont évidemment peser dans l'avenir de Marcelo Bielsa à Leeds. Mais, à peine arrivé, le coach argentin séduit le public, car il vient apporter du romantisme à un sport de plus en plus guidé par la technologie, les chiffres et l'argent. Parti pour durer ?

Reste à savoir si cette poésie va durer. Marcelo Bielsa est soucieux des classes populaires, mais n'a pas hésité à réclamer 18 millions d'euros au Losc pour son licenciement sec. Une exigence prud'homale sans doute peu appréciée des Lillois les plus modestes. Il dit détester le football-business, mais s'est engagé à Lille avec un homme d'affaires avide de spéculation, Gérard Lopez, et un directeur sportif, Luis Campos, obsédé par les joueurs en tant que plus-values économiques. Réfractaire à l'autorité, il aurait également déjà fustigé les dirigeants de Leeds pour avoir vendu Ronaldo Vieira sans son accord.

El Loco cultive les paradoxes. Il peut déclarer sa flamme à un club et le quitter le lendemain avec soudaineté. En atterrissant dans le très spéculatif championnat anglais, il va un peu à l'encontre de ses propres convictions officielles, qui dit détester que l'argent vienne pourrir le football. Il n'est plus à une contradiction près, mais on espère pour les fans de Leeds, qui ont connu la gloire d'un titre de championnat d'Angleterre, que l'histoire ne soit pas un éternel recommencement avec ce coach insaisissable.

Le Point.fr

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