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Le Professeur de Philosophie Robert DAMIEN est aussi entraineur et jouer de Rugby : à 68 ans il rejoint Naudé et Socrate

Nov 02, 2017 Poster par 
Le Professeur de Philosophie Robert DAMIEN est aussi entraineur et jouer de Rugby : à 68 ans il rejoint Naudé et Socrate

 

Ce grand Professeur était mon professeur qui m'estimait bien. Il suivait discrètement mes activités en dehors de l'université, notamment mes cafés-philo à Besançon, Belfort, et a travers le monde. Il me soutrenait et me disait Mr Cissoko je sais tout de vos activités pour notre discipline, bon courage, et il me laissait partir avec ce sourire qui va me manquer. P B CISSOKO

Le Professeur de Philosophie Robert DAMIEN est aussi entraineur et jouer de Rugby : à 68 ans il rejoint Naudé et Socrate

 

http://www.mezetulle.net/article-1413423.html
Sur le rugby (par Robert Damien)

Deux ou trois choses que je sais
à propos du Rugby
par Robert Damien1 (en ligne 17 déc. 2005)

Je remercie Robert Damien de me permettre de mettre en ligne ce texte où il expose le rugby de l'intérieur, dans ses contradictions vitales, dans sa grandeur et sa dérision. CK
Un "sport roi" : à Robert Damien par par Mezetulle
par Mezetulle


Je fais ce blog en pensant à toi, Robert, rude "intello" (ce que je m'efforce d'être aussi), et joueur-entraîneur de rugby (ce que je ne suis pas). Nous avons les mêmes goûts forts, du livre, de la bibliothèque, de la pensée. Et quand tu parles du rugby, tu sais vraiment de quoi tu parles. Moi je parle en spectatrice, en amateur, je ne le vis pas de l'intérieur, mais je l'aime...
Je t'emprunte parfois une idée en écrivant mes notes - notamment celle de la contrariété qui traverse le corps du joueur, celle de la nécessité du contact des corps.
Les lecteurs pourront se faire une petite idée en lisant cet extrait de l'article que tu as bien voulu publier sur mon autre blog - où tu parles du rugby comme d'un "sport roi" :

Il m'est demandé d'écrire sur le rugby. Proposition alléchante mais promesse inconsidérée d'y répondre, obligation inconfortable d'y faire face.


J'y ai, paraît-il quelques titres, de joueur et d'entraîneur, mais de petite noblesse car l'un et l'autre modestes et de plus excentrés, à Bourg en Bresse et à Lons le Saunier dans le Jura montagnard c'est-à-dire nulle part pour le tout venant du rugbyman.


Mais d'autant plus autorisé diront les optimistes que c'est dans ses marges que se comprend mieux un système et dans les exceptions culturelles que se révèle plus l'intensité d'une passion incongrue et déplacée par rapport à ce qui participe d'une banalité de l'habitude ou d'une manie triste dans certaines régions. Une passion d'expatrié donc mais dans le désert (sibérien, on s'en souvient) entre Saint-Claude, Pontarlier et Lons, croyez bien que certains dimanches sont d'anthologie et les émotions collectives et individuelles d'une densité indélébile. J'en sais quelques-unes qui me sont chères. On y éprouve des joies nobles, des tristesses accablantes et des anxiétés fiévreuses pour une incertaine palpitation des possibles.


Mais à cette excentration s'en ajoute une autre, plus surprenante encore et qui suscite ici plus qu'ailleurs méfiance et suspicion: un philosophe universitaire qui passe plus de vingt ans dans le milieu et à tous les postes occupés, la vanité m'oblige à le dire, avec un certain succès: un irrégulier clandestin donc sinon un agent double qui profite abusivement des avantages du double jeu. Vraiment dans les temps actuels, à fuir, par le rugbyman d'abord dont la (fausse) tradition d'épaisseur anti-intellectuelle est bien connue et quelque fois bien portée mais aussi par les universitaires qui méprisent cette activité triviale digne de l'opium du peuple et désormais de la foire aux bestiaux! et plus encore par les entrepreneurs de spectacles qui dirigent le marché actuel et dont la compétence bien connue de manager n'a vraiment rien à faire de ce genre de client folklorique, inutile et incertain disait l'autre...
La coupe est pleine...


Non pas, rajoutons une dernière incongruité qu'on s'en veut de devoir avouer tant le ridicule désormais la déconsidère: un bénévolat d'amoureux captif de ses chaînes et passablement écoeuré par la marchandisation présente car le libéralisme (quand on est bien élevé, il faut dire professionnalisme) transforme son investissement gratuit en naïveté navrante certes généreuse et dévouée comme on dit en ricanant mais tout à fait fossile, indiscutablement dépassée et encombrante par les temps qui courent. Mais enfin on a le militantisme qu'on peut et le bénévolat n'autorise pas l'incompétence et n'interdit pas le goût de la victoire ni le sens du combat...


Alors à quoi bon un énième discours sur le rude et rugueux sport et par un excentrique, nostalgique et piégé qui souhaite changer d'air parce que le rugby change d'ère? Ne comptez pas non plus sur moi pour exalter le sport, loisir sans compétition ou jeu sans enjeu ni le rugby des villages dont le côté chacun chez soi et la France aux français me répugne au plus haut point.
N'ayant aucun goût pour les confidences et encore moins d'attrait pour le lyrisme convenu des pénitents, je ne veux pas partager le désenchantement chagrin des dépités qui bénissent le révolu, mais je ne vais pas non plus infliger une analyse philosophique d'un sport roi.


Un mot pourtant. Pourquoi royal ?

parce qu'il contient tous les jeux et requiert l'alliance des contraires, impose l'union des extrêmes. Partant ce qui plaît dans ce jeu et fait sa rareté, c'est sa contradiction dans les termes, le multiple en un qui le rend insaisissable et saisissant, une chimère dialectique: tout le jeu consiste à la poursuivre dans la liberté des règles en exprimant ensemble et en même temps des dimensions partout ailleurs hétérogènes et séparées.
Sans en dire plus, je demeure sidéré par ce qui est exigé d'un joueur de rugby: d'être à la fois courageux et inventif, élégant et combatif, percutant et dynamique, intelligent et engagé, généreux et contrôlé, lucide et ludique, ardent et vigilant, vaillant et respectueux, explosif et concentré... Des réquisitions antagoniques pour une métamorphose exaltante qu'un certain philosophe appelait la joie! Qui ne l'a pas connue ne sait pas ce qu'est le bonheur...


Certains matches, justement mémorables, la réalisent et sont alors l'objet d'un récit interminé mais les matches ratés alimentent tout autant des narrations interminables: l'échec plus que le succès est porteur de l'histoire. Pourtant si nous avons tous vécu des « petites morts » en public, rien n'efface ces moments d'augmentation où tout nous semble accessible, le monde s'offre à notre puissance, nous ouvre les portes, nous accueille comme dans du beurre, tout tourne rond et baigne dans l'huile...
Certains joueurs se révèlent porteurs de cette seule grâce recevable. Les Dieux en sont dans les vestiaires et quelquefois sur les stades et on s'en voudrait d'en confier le secret d'autant que l'alchimie s'en révèle inconnaissable et la liturgie intransmissible... Laissons donc là ces mystères qui nous dépassent et par quoi nous nous dépassons dans les transcendances menues de nos dimanches rugbystiques, passionnels et dérisoires.


On le voit, tout incite au silence et recommande l'abstention. Nous le regrettons aussi mais nous devons nous y tenir.
Pour autant nous ne pouvons pas ne pas inviter à la réflexion sur la situation actuelle du jeu. Personne ne peut nier qu'il se transforme de part en part. Son organisation comme ses fins et ses enjeux, ses implantations et ses modalités, son public comme ses règles, ses joueurs comme ses arbitres subissent les mêmes métamorphoses que d'autres institutions qui lui sont contemporaines, c'est-à-dire l'Etat, la Nation, la République, l'Ecole ou la vie professionnelle sans parler des autres sports totalement modifiés par la télévisualisation.


La même énergie qui les travaille y est à l'oeuvre selon la même logique et la même force. On ne voit pas pourquoi le rugby échapperait plus que d'autres aux effets d'une même cause: la logique marchande de l'économie libérale. Les rugbymen n'ayant pas la science infuse auraient-ils le privilège d'une lucidité sur un processus qui s'opère partout dans un aveuglement redoutable et réduit toute alternative? Par ailleurs cette transformation peut indiscutablement se révéler positive en exploitant mieux le potentiel d'euphorie et de plénitude que recèle le jeu, en éliminant tout ce qui le paralyse et trop souvent le dénature. D'autant n'est-ce pas? que la liberté des échanges permet la promotion des meilleurs et promet un jeu spectaculaire de qualité enfin libéré des traditions « marronnes » et une hiérarchie des valeurs s'établira d'elle-même sans aucun contrôle extérieur ni loi supérieure pour réguler le marché car qui paie commande....
Je n'entrerai pas dans ce débat de fond qui visiblement n'intéresse personne car la question semble déjà résolue. A quoi bon un combat d'arrière-garde ? Il ne s'agit pas non plus d'entamer le lamento rancunier et de déplorer pour prétendre résister et conserver, mais modestement de comprendre.


Pour cela, une seule question mérite d'être posée et peut faire problème: la spécificité du rugby.

Qu'est-ce qui peut vraiment le différencier désormais?

Entre le rugby à sept (mobile), le rugby à treize (percussion dans les axes sans fixation) et le football américain (combinatoire et spécialisation), le rugby à quinze a-t-il encore sa place ? Ce qui fait sa propriété à savoir les mêlées et les touches ne devient-elle pas un obstacle à sa transformation en spectacle retransmis ? On le voit, c'est l'identité du jeu qui se trouve contestée. On comprend que l'on puisse s'interroger sur sa survie et sur notre participation...

1 - Robert Damien est entraîneur du CS Lons le Saunier (deuxième division). Professeur de philosophie à l'Université de Franche-Comté, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment : Bibliothèque et Etat: naissance d'une raison politique dans la France du XVIIe siècle(Paris : PUF, 1995) ; La grâce de l'auteur : essai sur la représentation d'une institution politique, l'exemple de la bibliothèque publique (La Versanne : Encre marine, 2001) ; Le conseiller du Prince de Machiavel à nos jours : genèse d'une matrice démocratique (Paris : PUF, 2003).

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