Politique

LE « MAMOURGATE » ET LA REPUBLIQUE DES MALFRATS par Seybani SOUGOU


« Cet intellectuel et cadre franco sénégalais nous instruit à chaque fois et de façon technique et j'allais dire «scientifique». Qu'on l'écoute, qu'on le lise ou pas, ce qu'il dit est rigoureusement argumenté pour servir non pas une ethnie, un parti ou un président mais la Vérité ».P B CISSOKO


L'énorme scandale des 94 milliards F CFA révélé par Ousmane SONKO, qui défraie la chronique met à nu un véritable système mafieux de captation des deniers publics, un contournement ahurissant des décisions de justice par des méthodes abjectes, un laxisme déconcertant des services de l'Etat, des pratiques opaques et totalement illicites aux antipodes d'une gouvernance sobre et vertueuse, et un homme (Mamour DIALLO) au cœur d'une gigantesque affaire d'état, dans ce qu'il est convenu d'appeler le « MAMOURGATE ».

A l'image du scandale de WATERGATE qui marquera à jamais les annales de l'histoire politique des Etats Unis, le MAMOURGATE est une énorme déflagration qui éclabousse le régime de Macky SALL : c'est le pilier de la gouvernance vertueuse qui s'effondre sous les coups de boutoirs des malversations financières. S'il convient d'exiger l'ouverture d'une information judiciaire par le Procureur de la République dans les plus brefs délais, et d'attendre les conclusions de la justice pour situer toutes les responsabilités dans le carnage financier du siècle, le mode opératoire dans cette affaire, est assimilable en tous points, au braquage d'une banque par une bande de malfrats. Pour avoir été le premier à alerter l'opinion publique sur les tenants et les aboutissants du scandale des 94 milliards de F CFA, Ousmane SONKO, bénéficie évidemment, jusqu'à preuve du contraire, d'une présomption totale d'innocence dans cette affaire. A ce jour, malgré la publication de documents portant sur de « présumées transactions financières » concernant d'une part la société ATLAS, et d'autre part, la société Mercalex, aucun relevé bancaire n'a été publié faisant état d'un virement de 12 milliards de F CFA au profit d'Ousmane SONKO.


En réalité, l'affaire des 94 milliards de F CFA vient parachever la longue liste des crimes économiques perpétrés sous le septennat de Macky SALL :
• L'indemnisation illégale de centaines de millions de F CFA à M'Baye N'DIAYE et Moustapha Cissé Lo en 2013, au titre de réparations pécuniaires après leur exclusion de l'Assemblée nationale sous le régime de WADE, sans aucun fondement juridique (un véritable détournement de deniers publics),


• Les révélations compromettantes du rapport 2014 de l'autorité de régulation des marchés publics qui fustigeaient le pillage des deniers publics par des autorités contractantes, le recours abusif aux marchés de gré à gré (71,97% des marchés passés en 2013), les pratiques collusives, les conflits d'intérêts, et le détournement de l'article 76 du code des marchés, pour contourner les règles de mise en concurrence,
• Le rapport explosif 2014-2015 de l'OFNAC (Office national de lutte contre la corruption) faisant état de malversations financières, de détournements de deniers publics et d'octrois de subventions à des non ayants droit au COUD, établissant clairement la responsabilité du Directeur Général du COUD, Cheikhou Oumar Hann, sans qu'aucune poursuite judiciaire ne soit engagée à son encontre à ce jour,
• L'affaire PETROTIM – Timis Corporation et Cosmos ENERGY impliquant le frère du Président, Aliou SALL actuel Président de la Caisse des dépôts et Consignations, rangée dans les tiroirs de l'OFNAC (cf page 96 du rapport d'activités 2016 de l'OFNAC qui comporte la mention « l'enquête suit son cours »),


• L'affaire des 29 milliards de F CFA du PRODAC, dont le principal incriminé, le Ministre M'Baye Niang se pavane dans les médias, alors que sa responsabilité est établie au titre de l'article 28 (alinéa a) du décret n°2014-1212 du 22 septembre 2014 portant code des marchés publics : « Les Personnes responsables des marchés sont pour les marchés de l'État et dans chaque Département ministériel, le ministre chargé du département concerné... ». Mame Mbaye Niang étant Ministre de la Jeunesse à l'époque, et Ministre de tutelle de la structure assurant la gestion du PRODAC, sa responsabilité est directement et pleinement engagée. L'ordre de service N°000151MJECC/SG/CAB/SP (injonction faite à GREEN 2000 de débuter les prestations alors que le marché n'a pas été notifié) porte sa signature, et constitue un délit pénal et une circonstance aggravante, car il a permis le décaissement de fonds, avant la réalisation de la prestation et l'attestation du service fait (paiement sur des prestations fictives).
• Le scandale financier au Port autonome de Dakar révélé par la Cour des Comptes concernant une prime de 100 millions de F CFA, encaissée par une commission irrégulière,
• L'absence d'audit de la Fondation servir le Sénégal dont la gestion est opaque et émaillée par des scandales financiers à répétition étouffés, en violation des règles d'une fondation d'utilité publique régie par la loi n°95-11 du 7 avril 1995 et par le décret d'application n° 95-415 du 15 mai 1995)....A vrai dire, on pourrait multiplier à l'infini la liste vertigineuse des scandales financiers sous Macky Sall (2012 à 2019).
1- Affaire des 94 milliards : La Commission d'enquête, une manœuvre de diversion


Au vu des innombrables scandales listés ci-dessus qui sont non exhaustifs, puisqu'on y peut y inclure les 13 milliards de F CFA versés à BICTOGO au titre d'une indemnisation pour les visas biométriques, et les 52 milliards de F CFA pour la fabrication de cartes d'identité biométriques CEDEAO (dont des centaines de milliers de sénégalais n'ont jamais vu la couleur) ; les députés godillots de la majorité ont l'embarras du choix pour créer à minima 10 commissions d'enquêtes parlementaires sur les nombreux scandales financiers qui éclaboussent des membres du régime. L'empressement suspect consistant à créer une commission d'enquête parlementaire dans le scandale des 94 milliards de F CFA prouve que cette affaire est une grenade dégoupillée pour le régime. Pour éviter que cette affaire d'une extrême gravité ne pollue la campagne du candidat Macky SALL, les députés godillots de la majorité, visiblement dépassés par la tournure des évènements, cherchent maladroitement, à tout prix, à étouffer le scandale, par la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire, aux contours totalement flous (une manœuvre de diversion qui ne trompe personne).
2- De l'impossibilité de mettre en place une Commission d'enquête le 28 janvier 2019


Depuis le 20 janvier 2019, Ousmane SONKO est officiellement, candidat à l'élection présidentielle de 2019. Primo, le début de la campagne présidentielle étant fixé au 03 février 2019 (soit dans moins d'une semaine), il est totalement saugrenu de créer une commission d'enquête le lundi 28 janvier 2019 (c'est une habitude, ils agissent d'abord et réfléchissent après). L'assemblée nationale ne peut imposer son agenda à un candidat alors que cette affaire défraie la chronique depuis plusieurs mois.

Diantre, que faisait l'assemblée nationale depuis tout ce temps ? En aucune façon, les députés de Benno Bok Yakaar ne peuvent interférer dans l'élection présidentielle de 2019 pour sauver la mise à Macky SALL. Secundo, il semble que le président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, méconnaisse le sens et la portée de l'article 48 du règlement intérieur de l'assemblée nationale « Les commissions d'enquête sont formées pour recueillir des éléments d'information sur des faits déterminés et soumettre leurs conclusions à l'Assemblée nationale. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès que l'ouverture d'une information judiciaire relative aux faits qui ont motivé sa création ».

Cette affaire porte sur un scandale financier, d'une ampleur inédite (94 milliards F CFA) qui éclabousse le régime. Les députés godillots de la majorité aux ordres de l'exécutif qui votent mécaniquement sans sourciller les projets de loi ne sont ni indépendants, ni crédibles pour mettre sur pied une Commission d'enquête indépendante et impartiale. Dans cette affaire, il ne s'agit pas de recueillir des informations, dans le cadre d'un débat inutile à l'assemblée (avec des députés zélés de la majorité) mais de fournir tous les éléments à la justice. Le candidat Ousmane SONKO ayant déjà saisi le Procureur de la République, il appartient à ce dernier d'ouvrir rapidement une information judiciaire. Cette demande a été relayée par les organisations de la société civile. Affirmer qu'il s'agit d'une affaire privée et que le contribuable n'est pas lésé dans cette affaire prouve que les partisans du régime ont perdu le Nord.

En sa qualité de candidat à l'élection présidentielle, et à moins d'une semaine de la campagne présidentielle qui débutera le 03 février 2019, Ousmane SONKO a parfaitement le droit de ne pas déférer à une convocation dont le caractère politique n'est plus à démontrer puisque cette commission d'enquête n'a pas pour objet d'établir la vérité, mais de défendre le candidat Macky Sall. Au demeurant, même si Ousmane SONKO décidait de son plein gré, de se présenter devant cette commission loufoque, la jurisprudence d'Alexandre BENALLA « je réserve les éléments à ma disposition à la justice » serait de rigueur. A chaque question, la réponse de Sonko pourrait invariablement être la même.


Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

En Afrique, "le léopard ne se déplace jamais sans ses taches" proverbes - par Alex Ndiaye,

 

 

A tout seigneur tout honneur! Puisque l'Afrique se targue à juste titre d'honorer ses vieillards, commençons par Abdoulaye Wade, qui a perdu l'élection présidentielle au Sénégal face à Macky Sall.

Gorgui (le Vieux) aimerait sans doute que l'on se souvienne de lui à travers ce proverbe berbère:

«Le corps de l'homme est bien petit par rapport à l'esprit qui l'habite.»

Hélas, le pape du Sopi (le changement), perçu comme un homme vaniteux, risque davantage de faire parler de lui au travers de cette sentence peule:

«Si tu fais d'une grenouille un roi, ne t'étonne pas de l'entendre coasser.»

Alpha Condé, le président guinéen semble bien parti pour lui succéder au palmarès des présidents ayant une très forte estime de soi, pour ne pas dire un ego surdimensionné. Hélas,

«un morceau de bois aura beau rester longtemps dans le marigot, il ne deviendra pas un caïman».

Et, en matière politique, le boubou ne fait pas le marabout. A force d'être resté trop longtemps dans le marigot de l'opposition, Alpha Condé n'a pas (encore) su devenir un président, disent ses anciens alliés de l'opposition. Ou plutôt, il n'a pas compris que,

«c'est en essayant encore et encore que le singe apprend à sauter».

Alpha Condé croit tout savoir sur la fonction de président? Sans doute, à l'instar d'Abdoulaye Wade, lui manque-t-il l'humilité de l'élève.

Amadou Toumani Touré a eu, pour sa part, dix ans pour apprendre. Entre la transition de 1992 et son élection de 2002. Hélas,

«sans un guide, le chemin seul ne te mène pas où tu aimerais aller».

Le Malien, évincé par un coup d'Etat militaire le 22 mars, eût été bien avisé de trouver un bon guide pour sortir son pays de l'ornière. Mais, ne dit-on pas que

«le chameau ne voit pas sa bosse»?

L'animal politique qui traîne sa bosse dans la savane politique avec le plus de ténacité est indéniablement Alassane Ouattara. Son accession au pouvoir en Côte d'Ivoire a été une rude bataille contre le TSO, le Tout Sauf Ouattara. Au point que, aujourd'hui, ce proverbe semble avoir été écrit pour lui:

«Assieds-toi au bord du fleuve et tu y verras passer le corps de tes ennemis.»

Revenu de quinze ans de luttes politiques, tour à tour contre Henri Konan Bédié, Robert Gueï, et Laurent Gbagbo, le phénix de Korogo peut désormais tranquillement méditer cette phrase:

«Même à sec, la rivière garde son nom.»

A sec, Paul Biya ne l'est assurément pas.

«Même le poisson qui vit dans l'eau a toujours soif», dit-on au Cameroun.

Combien d'années au pouvoir —il commence la trentième— lui faudra-t-il avant d'être suffisamment désaltéré? Et si pour les Congolais,

«la force du baobab est dans ses racines»,

alors il est clair que Paul Biya a su s'enraciner avec force dans le paysage politique camerounais.

«Jamais le maïs n'a raison contre la poule»

Pour l'avoir compris très tôt, (le 15 octobre 1987, date de la mort de Thomas Sankara), le Burkinabè Blaise Compaoré a toujours cultivé un sens de la realpolitik qui ressemble de plus en plus à du cynisme. Si certains princes acquirent une importance à coup de pétrodollars, lui l'a gagnée en jouant le «parrain» dans la sous-région d'Afrique de l'Ouest. Aujourd'hui, il peut, comme les Gabonais, méditer cette maxime ancestrale:

«Quelle que soit la maigreur de l'éléphant, ses testicules emplissent une marmite.»

Ali Bongo est encore une jeune pousse, surtout comparé à l'exceptionnelle longévité de son père. Mais, si l'on en croit les Nigériens,

«ce n'est pas le jour de la chasse qu'il faut élever un chien».

Et le père d'Ali, Omar Bongo, a formé celui-ci longuement et patiemment à la succession dynastique.

Et puisque «l'eau chaude n'oublie pas qu'elle a été froide»,

nul doute que le jeune président gabonais Ali Bongo n'oubliera pas de sitôt d'où il vient et par où il est passé. Il n'y a plus qu'à espérer qu'Ali n'engendre pas un successeur, dans cette famille où l'on applique cette maxime:

«l'éléphant ne se lasse jamais de porter sa trompe».

En parlant d'héritier, Faure Gnassingbé ressemble à ce proverbe:

«L'héritier du léopard, hérite aussi de ses tâches».

L'opposition togolaise en sait quelque chose, et ne voit pas grande différence entre le pelage du fils et celui du père.

Et s'il est vrai que «la figue ne tombe jamais en plein dans la bouche»,

il existe aussi des pays où les figues ne risquent pas de tomber dans certaines bouches...

Mais, s'il est vrai que «l'œuf ne danse pas avec la pierre»,

les opposants d'Idriss Deby feraient bien d'arrêter de vouloir danser dans les compétitions électorales.

En effet, «on n'attrape pas l'hippopotame avec un hameçon», dit-on en Côte d'ivoire, pas plus qu'«on ne pile le mil avec une banane mûre».

Quant au président tchadien, s'il lui arrive de méditer, ces deux phrases sont faites pour lui:

«Un homme sans culture est un zèbre sans rayures» et «une pirogue n'est jamais trop grande pour chavirer».

http://m.slateafrique.com/84411/les-proverbes-qui-collent-a-la-peau-des-dirigeants-africains

RD Congo : l'opposant Félix Tshisekedi proclamé vainqueur de l'élection présidentielle dans la contestation

Coup de tonnerre au Zaire et bientôt au Sénégal en février ou tout sera possible......P B C

"Un évènement sans précédent en Afrique centrale. Après trois reports depuis fin 2016, Félix Tshisekedi, candidat de

l'opposition, a été proclamé vainqueur

de l'élection présidentielle, ce mercredi, en République démocratique du Congo".
20 minutes  

 


COUP DE TONNERRE - Le candidat de l'opposition, Félix Tshisekedi, a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle historique à un tour en République démocratique du Congo par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Mais l'un de ses adversaire dénonce un "putsch électoral" et le Quai d'Orsay juge les résultats "non conformes".


La rédaction de LCI


Un jour historique pour la RDC ? L'opposant Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). "Ayant obtenu 7.051.013 suffrages valablement exprimés, soit 38,57 %, est proclamé provisoirement élu président de la République démocratique du Congo M. Tshisekedi Tshilombo Félix", a déclaré son président, Corneille Nangaa. Mais ce résultat peut encore faire l'objet de recours devant la Cour constitutionnelle.


Arrivé en deuxième position, son adversaire Martin Fayulu a assuré que "ces résultats n'ont rien à voir avec la vérité des urnes". "C'est un véritable putsch électoral, c'est incompréhensible", a-t-il déclaré dans une interview à RFI. De son côté, le ministère des Affaires étrangères français a rapidement réagi jeudi matin, jugeant les résultats "non conformes". A l'inverse, la coalition au pouvoir, qui soutenait le candidat Emmanuel Ramazani Shadary, n'a pas contesté les résultats : "Nous sommes déçus par le mauvais score qui nous est attribué, mais nous prenons acte de la proclamation." Formellement, en tout cas, puisque le porte-parole du FCC n'a pas exclu de voir "le cas échéant, comment introduire des recours par des voies légales".
La RDC, plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, vit une double situation historique. C'est la première fois qu'un opposant est proclamé vainqueur d'une élection présidentielle après les deux élections de Joseph Kabila en 2006 et 2011. C'était aussi la première fois que le président sortant acceptait de se retirer sous la pression de la Constitution et non des armes. Joseph Kabila ne pouvait pas briguer un troisième mandat.


Il devance son adversaire Martin Fayulu (collation d'opposition Lamuka) qui a obtenu 6 366 732 suffrages, ainsi qu'Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat de la coalition au pouvoir (FCC) qui n'a lui recueilli que 4 357 359 voix. Ce dernier était sous sanctions de l'Union européenne. Le taux de participation est estimé à un peu plus de 47 %.
La Cour constitutionnelle doit publier les résultats définitifs d'ici le 15 janvier, selon l'actuel calendrier électoral qui a pris trois jours de retard. La prestation de serment du nouveau président élu pour un mandat de cinq ans est prévue le 18 janvier selon ce même chronogramme.


Qui est Felix Tshisekedi ?


Félix Tshisekedi est le fils d'une figure majeure de l'histoire politique congolaise, Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017. Près de deux ans après le décès de Tshisekedi père, le corps repose toujours à Bruxelles, officiellement faute d'accord pour les obsèques entre son parti l'UDPS, la famille et le pouvoir.
Felix Tshisekedi a fait équipe pour sa campagne avec l'ex-président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe, qui doit devenir en cas de victoire confirmée Premier ministre selon l'accord entre les deux hommes. Ces derniers jours, M. Tshisekedi avait aussi tendu la main au président Kabila.


https://www.lci.fr/international/rd-congo-l-opposant-felix-tshisekedi-proclame-vainqueur-de-l-election-presidentielle-dans-la-contestation-2109717

Gabon : ce qu'il faut retenir de la tentative avortée de coup d'État-Par Romain Gras

 

Une capture d'écran de la vidéo dans laquelle le lieutenant Kelly Ondo Obiang appelle à la mise en place d'un "Conseil national de restauration" au Gabon, le 7 janvier 2019. © HANDOUT via Reuters TV
Lundi 7 janvier, un groupe de militaires a pris temporairement le contrôle de la radio nationale pour appeler au soulèvement et annoncer la formation d'un « Conseil national de restauration », et ce alors qu'Ali Bongo Ondimba poursuit sa convalescence au Maroc. Une tentative de coup d'État qui s'est soldée quelques heures plus tard par l'arrestation des commanditaires.


Tôt dans la matinée du lundi 7 janvier, un petit groupe de militaires – une dizaine selon le ministre de la Communication Guy-Bertrand Mapangou, porte-parole du gouvernement –, a fait irruption dans les locaux de la Radio Télévision gabonaise (RTG) pour diffuser un message sur les ondes de la radio d'État et annoncer la mise en place d'un « Conseil national de restauration » dont le but était de « sauver la démocratie, préserver l'intégrité du territoire national et la cohésion nationale ». Six employés de la RTG, des journalistes et des techniciens, étaient également présents sur place et ont été séquestrés.

« Une fois encore, une fois de trop, les conservateurs acharnés du pouvoir dans leur basse besogne continuent d'instrumentaliser et de chosifier la personne d'Ali Bongo Ondimba en mettant en scène un malade dépourvu de plusieurs de ses facultés physiques et mentales », indiquait le communiqué, en faisant référence à la convalescence du président, dont sa dernière prise de parole depuis son hospitalisation remonte au 31 décembre, à l'occasion de son discours des vœux à la nation. Selon le communiqué des putschistes – qui a tourné en boucle une partie de la matinée sur les ondes de la RTG –, ce message de vœux n'a fait que « renforcer les doutes sur sa capacité à assumer ses fonctions de président ».


Qui sont les putschistes ?


Selon le ministre de la Communication Guy-Bertrand Mapangou, les mutins étaient une dizaine à pénétrer dans les locaux de la radio. Plus tôt dans la journée, la présidence avait parlé de six militaires impliqués. Sur les images de l'allocution des militaires à la RTG, trois officiers coiffés des bérets verts de la Garde républicaine sont visibles, dont un certain lieutenant Kelly Ondo Obiang, commandant adjoint de la garde d'honneur de la Garde républicaine, qui a pris la parole pour lire le communiqué.


Se présentant comme le président d'un Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS), formation jusqu'à présent inconnue, il a été formé en partie en Côte d'Ivoire, à l'École des forces armées (EFA) de Zambakro, à Yamoussoukro, dont il est sorti en 2015. Selon nos informations, l'homme était jusqu'à présent « un parfait inconnu », plus souvent mobilisé au sein de la garde d'honneur, unité de parade et non de combat.


« Gabon : qui est le lieutenant Kelly Ondo Obiang, instigateur présumé de la tentative de coup d'État ?
07 janvier 2019 à 12h04 | Par Mathieu Olivier


Mis à jour le 07 janvier 2019 à 13h57

Une capture d'écran de la vidéo dans laquelle le lieutenant Kelly Ondo Obiang appelle à la mise en place d'un "Conseil national de restauration" au Gabon, le 7 janvier 2019. © HANDOUT via Reuters TV
Principal protagoniste de la tentative avortée de coup d'État du 7 janvier à Libreville, le lieutenant Kelly Ondo Obiang est commandant adjoint de la garde d'honneur de la Garde républicaine.
Le lieutenant Kelly Ondo Obiang est l'un des commandants en second de la garde d'honneur de la Garde républicaine, l'unité de gendarmerie chargé de sécuriser la présidence de la République. Selon le communiqué lu lundi matin sur les ondes de Radio Gabon, il serait le principal instigateur de la tentative du coup d'État du 7 janvier.
Présent dans les locaux de Radio Gabon alors que le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale gabonaise y a donné l'assaut, Kelly Ondo Obiang est parvenu à échapper aux gendarmes et était toujours en fuite à l'heure où nous écrivions ces lignes (11h GMT). Quatre militaires ont en revanche été appréhendés lors du même assaut et mis aux arrêts, selon le gouvernement. Six autres personnes, des employés de Radio Gabon, étaient présents sur place.

« Parfait inconnu »


Selon nos informations, Kelly Ondo Obiang était jusqu'à ce jour « un parfait inconnu ». Connu « de vue » à la présidence, il y est décrit comme un « soldat de base » relativement discret. Il était régulièrement mobilisé au sein de la garde d'honneur, une unité de parade, et non de combat, regroupant des membres de chaque corps d'armée à l'occasion de cérémonies officielles.
Si les autorités gabonaises cherchent encore à compléter son profil, Kelly Ondo Obiang serait rattaché à l'unité d'intervention parachutiste de la garde républicaine. Il a notamment été formé en partie en Côte d'Ivoire, à l'École des forces armées (EFA) de Zambakro, à Yamoussoukro, où il a achevé une formation en 2015. Créée en 1963, l'EFA forme régulièrement des officiers venus de nombreux pays africains.

La situation rapidement « sous contrôle », selon le gouvernement


La réaction des autorités ne s'est pas fait attendre. Les blindés des forces de sécurité gabonaises ont très rapidement bloqué l'accès au boulevard Triomphal, et pris le contrôle dès 7 heures (heure locale) des entrées de la RTG. Vers 9h00, la situation était « sous contrôle », selon la présidence.


Deux militaires impliqués dans la tentative de coup d'État avortée ont été abattus lors de l'assaut des hommes du Groupe d'intervention de la gendarmerie gabonaise, selon le ministre de la Communication Guy-Bertrand Mapangou, porte-parole du gouvernement. Les autres ont été arrêtés. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang, qui était parvenu à s'échapper des locaux de la radio, a finalement été appréhendé à proximité du bâtiment et mis aux arrêts. Les mutins sont actuellement entendus par le procureur de la République. Au moment où nous écrivons ces lignes (18h00, heure locale) internet était toujours coupé au Gabon.


Des proches de Jean Ping cités dans le communiqué


Dénonçant la « confiscation du pouvoir par ceux qui le 31 août 2016 ont fait assassiner nos jeunes compatriotes », le lieutenant Ondo Obiang a cité une série de personnalités pour prendre part au « Conseil national de restauration ». Parmi celles-ci, on retrouve le général Jean Philippe Ntumpa Lebani – qui avait purgé une peine de prison pour une précédente tentative de coup d'État avortée en 2009 –, le colonel Rapontchombo, officier de l'armée de terre, ainsi que plusieurs acteurs de la société civile, réputés proches de Jean Ping, le syndicaliste Jean Rémy Yama et la chercheuse Laurence Ndong, Marcel Libama (Union nationale), l'avocate Paulette Oyane et Bertrand Zibi, ancien député qui a quitté le Parti démocratique gabonais (PDG) avant la dernière présidentielle.
Une liste qui interroge, puisque Jean Rémy Yama a expliqué à Jeune Afrique ne pas être au courant de l'action entreprise par le groupe de militaires, tandis que l'ancien député Bertrand Zibi est, lui, toujours incarcéré à la prison centrale de Libreville depuis août 2016.


Déby « indigné », l'UA et la France condamnent


L'Union africaine (UA) a été la première à réagir pour condamner fermement « la tentative de coup d'État intervenue ce matin au Gabon ».

« Je réaffirme le rejet par l'UA de tout changement anticonstitutionnel », a réagi sur Twitter Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union africaine.


L'union africaine condamne fermement la tentative de coup d'Etat


La France a elle aussi condamné « toute tentative de changement de régime extra-constitutionnel », tandis que le président tchadien Idriss Déby Itno a fait part de son « indignation », dans un communiqué publié lundi après-midi, dans lequel il a apporté « son soutien et celui de toute la communauté de la Cemac » à son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, qui n'a pas encore commenté les événements.


https://www.jeuneafrique.com/700166/politique/gabon-qui-est-le-le-lieutenant-kelly-ondo-obiang-instigateur-presume-de-la-tentative-de-coup-detat/

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