Politique

Me Abdoulaye Tine, leader du l’Usl, candidat à la présidentielle : « Surmonter l’obstacle du parrainage »

Au lendemain de l’adoption de la loi sur le parrainage, les ambitions présidentielles de beaucoup de personnalités s’amenuisent. Avocat au barreau de Paris et leader de l’Union sociale libérale, Me Abdoulaye Tine, 43 ans, refuse de faire partie des candidats qui abdiquent. Tout en attaquant la loi sur le parrainage devant la Cour de justice de la Cedeao, il s’est lancé à la quête de signatures à travers son parti qu’il dit implanté dans les 14 régions du Sénégal et dans la Diaspora pour surmonter la barrière administrative afin de proposer aux citoyens un autre projet de société.

Vous avez créé l’Union sociale libérale en 2014. Qu’est-ce qui fait la spécificité de votre formation politique ?
C’est un parti qui est en croissance. Nous l’avons fondé le 12 mai 2014. Nous avons attendu jusqu’à l’obtention du récépissé qui a été signé par le ministre de l’Intérieur, le 24 septembre 2016, pour fixer la date de lancement qui a eu lieu le 27 février 2017. Depuis lors, le parti a continué sa stratégie d’implantation à travers les 14 régions du Sénégal. Aujourd’hui, sur les 557 communes, le parti est dans 357 communes. Des 101 pays de la Diaspora où les Sénégalais ont des consulats, nous sommes présents dans plus de 54 pays. Nous avons créé un laboratoire d’idées pour penser notre programme. Nous en avons lancé un à Dakar en février. Deux autres seront lancés à Paris et aux Etats-Unis. Cela vise à permettre à la Diaspora sénégalaise de participer à la coproduction du projet présidentielle que nous voulons proposer aux Sénégalais. Le parti est constitué de citoyens de la société civile ou de citoyens qui n’étaient pas dans les appareils politiques. Nous avons aussi beaucoup de personnes qui sont dans les appareils politiques et qui ont décidé de rejoindre notre parti. Plusieurs personnalités locales ont rejoint le parti à Pikine. Nous avons des citoyens de tous bords qui ont décidé de dépasser les clivages partisans. Ce qui importe pour eux, c’est de se mettre autour d’un projet pour servir l’intérêt national.

Les grands leaders politiques détiennent des bases affectives. Est-ce le cas pour vous ?
J’ai une base affective. La salle où nous avons tenu notre rencontre à Pikine a été remplie de monde. Je suis un enfant de Pikine. Je suis né dans cette ville. J’ai fait l’école primaire à l’Ecole 10 et le cycle moyen au Cem Fallilou Diop. J’ai obtenu mon Bac au lycée Limamoulaye. C’est après la maîtrise en Droit public que je suis parti à Paris. J’ai fait plusieurs institutions dont les Nations-Unies, le service international du barreau de Paris, mais je n’ai jamais coupé le lien avec cette localité. Même si ma famille n’y vit plus, il n’en demeure pas moins que lorsque j’arrive à Pikine, je me sens totalement chez moi. J’ai aussi une base affective aux Parcelles assainies où ma famille avait déménagé. Ma base affective oscille entre les deux localités, mais il y a une dominante pikinoise

Pourquoi êtes- vous candidat à la présidentielle ?
Je suis candidat à la présidentielle de 2019 pour plusieurs raisons. La première est qu’aujourd’hui, avant de lancer un parti politique, nous nous sommes investis en tant qu’acteur de la société civile pour qu’en 2012, nous puissions avoir un changement. Lorsque le pouvoir s’est installé, dès les premières années, notre analyse était que ce qui est en train d’être fait n’était pas conforme à notre engagement. C’est à partir de ce moment que nous avons commencé à réfléchir pour trouver des modalités alternatives. Avant de déposer les statuts du parti, nous avons commencé à écouter les citoyens sénégalais. Beaucoup de citoyens ont été interrogés. Et nous sommes arrivés à deux conclusions. La première est que les intellectuels ne sont plus dans les partis politiques, contrairement aux premières années de l’indépendance où on a eu Léopold Sédar Senghor, Galandou Diouf et tous les autres qui ont créé cette jeune nation. Quand on demande aux intellectuels pourquoi ils ne sont plus dans le jeu politique, ils répondent que la politique est souvent caractérisée par des complots, des règlements de compte, des scandales. La deuxième raison est que le parti majoritaire au Sénégal est celui des sans parti. Des gens qui vivent et qui ne sont affiliés à aucun parti politique. Ce manquement d’engagement ne s’explique pas par un manque d’amour pour le pays. Tous ces citoyens auscultent la marche de la Nation, mais ne s’engagent pas parce qu’ils ne se retrouvent pas dans le champ politique. Ils estiment que les politiciens les prennent pour des enfants et c’est pendant les élections qu’ils vont vers eux. Après les élections, ils disparaissent. C’est pourquoi nous avons décidé de créer un cadre qui va permettre à toutes ces personnes de se réconcilier avec la politique et de s’engager. Quand nous avons tenté de réussir ce double tour de force, notre analyse nous a conduit à marquer les clivages qui ont construit jusque-là l’espace politique sénégalais à savoir les socialistes et les libéraux. La Russie organise avec une logique capitaliste la Coupe du monde. Si Staline se réveille aujourd’hui, il ne reconnaîtrait pas l’ex-Urss. Quand Wade est arrivé au pouvoir, il a fait beaucoup de social même s’il se réclame du libéralisme. C’est sous les socialistes que la santé a été privatisée. L’Etat s’est désengagé dans plusieurs secteurs stratégiques. Nous avons estimé que la vérité se trouve entre les deux idéologies. Les Sénégalais sont à la recherche d’une doctrine capable d’identifier les problèmes, d’apporter des solutions et de bâtir un système de développement qui sera spécifique.

Quel plus comptez-vous apporter à la scène politique ?
Nous sommes convaincus qu’il y a une dynamique d’amorce lourde qui est en train de se faufiler. L’aboutissement de cette tendance sera forcément l’implosion du système politique sénégalais tel que nous l’avons connu. Quand on écoute les Sénégalais de la Diaspora ou d’ici, le discours est le même. Nous avons eu une première alternance et nous avons été trompés. Nous avons eu une seconde alternance et nous avons vu ce que cela a donné. Le régime actuel avait fait campagne autour du «Yonou Yokouté». Après la victoire, il nous a promis l’émergence en 2035. D’ici à 2035 qu’est-ce qu’on va faire ? Est-ce que nous pourrons continuer à nous soigner, à manger à notre faim ? Il faut qu’on continue à vivre. C’est pourquoi notre cible électorale est le parti des sans parti. Nous avons entrepris de constituer un appareil politique pour construire un nouvel électorat et une nouvelle génération d’acteurs pour réaliser les changements que les Sénégalais jugent indispensables.

Comment comptez-vous franchir l’obstacle du parrainage ?
Quand nous avons créé le parti, nous avons anticipé sur cette hypothèse. Ce n’est pas pour rien que nous avons décidé d’implanter le parti dans les 14 régions du Sénégal. Ce qui nous a permis de créer un mouvement des élèves et étudiants sociaux-libéraux. Nos étudiants peuvent nous amener une bonne partie des signatures. Mais nous ne sommes pas pour le parrainage. Il y a un argument officiel, mais il y a des motifs cachés. On a réussi à exiler certains et à mettre d’autres en prison. Pour ceux qui restent, le pouvoir a décidé de mettre un obstacle administratif quasi insurmontable. C’est pourquoi, j’ai attaqué cette loi devant la Cour de justice de la Cedeao. Je n’ai pas de doute que la Cour va trancher au nom de la légalité. Dès la semaine prochaine, nous allons ressaisir la Cour pour que l’affaire soit jugée en procédure d’urgence, parce que le gouvernement a changé la donne en retirant son projet de loi initial en mettant un autre pour donner un coup d’accélérateur à la procédure. Nous irons jusqu’au bout. Nous avons vu l’arrêt qui a été rendu au Burkina Faso concernant les membres du parti de Blaise Compaoré. Nous sommes convaincus que la Cour va nous donner raison. Comme elle l’a fait le 24 mai dernier dans l’affaire Nino Vieira. Après trois ans de procédure, nous avons fait condamner la Guinée-Bissau pour avoir manqué au droit à la vie et de n’avoir pas donné l’accès à la justice à ses héritiers.

La nécessité d’éviter les candidatures fantaisistes a été invoquée pour justifier le parrainage ? Avez-vous l’impression d’être parmi les personnes visées ?
Loin de là. Nous n’avons pas cette impression. Depuis la création du parti, je suis convaincu d’une chose : en politique, il y a deux temps. Il y a le temps de la mobilisation sur le terrain. Il y a le temps de la mobilisation par le discours à travers les médias. Nous n’avons pas créé un parti pour faire du bruit pour que les gens nous entendent afin que nous puissions entrer dans les coalitions. Nous avons un parti porteur d’un projet alternatif. C’est la raison pour laquelle nous travaillons sur le terrain. L’élection présidentielle est une élection majoritaire. Vous n’êtes pas obligés d’aller dans tout le Sénégal. Nous avons fait tous les départements. Cela nous permet de régler le problème du parrainage.

Pourquoi vous attaquez-vous à la loi sur le parrainage?
Quand il est arrivé au pouvoir, Abdou Diouf a trouvé une loi qui limitait le pluralisme qui disait qu’on ne peut pas avoir plus de quatre courants. Il a estimé que cette loi était anticonstitutionnelle. Il a changé cela en 1983 en adoptant le pluralisme intégral. La loi sur le parrainage remet en cause cette ouverture. Aujourd’hui, nous avons près de 300 partis politiques sénégalais. Avec le parrainage, il est demandé au candidat d’avoir au moins 52.000 électeurs. Cela veut dire que sur tous les partis politiques qui existent, moins de 100 partis auront le nombre demandé. L’idée consistant à dire que c’est pour parer les candidatures fantaisistes n’est pas recevable. Le maximum de candidats qu’on a eu à une élection présidentielle est de 15. Le verrou existe déjà. Les 65 millions de FCfa qui représentent la caution sont énormes. C’est beaucoup d’argent. Le parrainage est un double verrou. Mettre sur le même pied le parti politique et l’indépendant consiste à vider de sa substance les valeurs qui guident la création d’un parti politique. Si la collectivité est mise à la même enseigne que tout le monde, la création d’un parti n’aura plus d’intérêt. Quand on dit que le parrainage permet de mesurer la représentativité, cela veut dire que le fait de parrainer est un engagement de vote. Si ce n’est pas un engagement de vote, il ne peut pas permettre de mesurer la représentativité de quelqu’un. Le gouvernement demande des signatures alors que nous avons une population majoritairement analphabète.
Beaucoup ne savent pas signer. Comment les signatures seront authentifiées ?

Cela est pris en charge par la Loi électorale…
Le Conseil constitutionnel ne peut pas faire le contrôle dans un délai d’un mois. Certains invoquent les nouvelles technologies pour expliquer la possibilité de contrôler. Je défie quiconque. Je connais le nombre de juges que compte le Conseil constitutionnel. Je sais qu’il n’a pas la capacité de faire le contrôle. C’est pourquoi nous combattrons le parrainage par toutes les ressources de l’Etat de droit. Même promulguée, la loi sera attaquée pour exception d’inconstitutionnalité. Et le Conseil constitutionnel ne pourra pas dire qu’il n’est pas compétent. On va lui demander d’apprécier au vu de la hiérarchie des normes la validité de cette loi par rapport aux pratiques constitutionnelles.

Propos recueillis par Babacar DIONE

MISE AU PLACARD DES CONCLUSIONS DE LA CNRI, DE LA CNRF ET AUTRES COMMISSIONS : MACKY SALL, LE «COUDE LOURD» !

Les conclusions de la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri) comme celles de la Commission nationale de réforme foncière (Cnrf), ou encore du Comité de concertation sur la modernisation de la justice, dorment toujours dans les tiroirs et/ou sont royalement ignorées par leur commanditaire. Pourtant, elles avaient été mises en place par le chef de l’Etat, Macky Sall, dans le but de trouver et de proposer des réformes consensuelles et inclusives dans ces dits domaines. Si les commissions en question ne sont pas accusées d’avoir «outrepassé» leurs prérogatives, on leur reproche d’avoir donné tous les pouvoirs aux collectivités locales en matière de gestion foncière, ou encore c’est le silence total.

 
La sortie du Pr Abdoulaye Dièye, ancien membre de la Commission nationale de réforme foncière (Cnrf), sur les ondes de la radio privée Sud Fm, le dimanche 24 juin dernier, remet au goût du jour la question du sort réservé aux conclusions des différentes commissions ou comités mis en place par le chef de l’Etat, Macky Sall. En effet, en prenant le contre-pied du chef de l’Etat sur les conclusions de ladite commission, réfutant ainsi ses reproches qui seraient alors à l’origine de la mise «sous le coude» des recommandations formulées, le professeur soulève la problématique des rapports ou conclusions mis au placard par le président.

En tout cas, le professeur de Droit à l’Ucad déplore le sort réservé par le chef de l’Etat aux 19 recommandations inscrits sur 3 pages, mais aussi le fait que Macky Sall ne rencontre pas le président de ladite commission, Pr Moustapha Sourang, pour des explications sur les recommandations faites. Déjà, en décembre 2016, le Cadre de réflexion et d’action sur le foncier au Sénégal (Crafs), composé d’organisations qui s’activent sur les questions foncières telles que Enda Pronat, l’Initiative prospective agricole et rural (Ipar), le Conseil national de concertation et coopération de ruraux (Cncr) avait dénoncé la dissolution de la Cnrf avant la fin du processus. A l’époque, la coordonnatrice d’Enda Pronat, Mariéme Sow, avait souhaité que le président de la République, Macky Sall, donne une suite au travail de la Cnrf. Pour elle, «nous ne pouvons pas dépenser du temps, de l’énergie et de l’argent pour un travail qui ne sera pas finalisé».
Que dire des conclusions de la Cnri ? Sur ce point, le régime avait été on ne peut plus clair. En effet, sur les travaux du Pr Amadou Makhtar Mbow, président de la Cnri et cie, le président Macky Sall avait décidé de prendre dans son contenu ce qu’il jugerait bon du rapport, sans «aucune contrainte», ni «aucun délai». Mieux encore, son ministre-conseiller juridique de l’époque, actuel ministre de la Justice, le Pr Ismaïla Madior Fall disait que ladite commission avait «outrepassé ses attributions». Arguments à l’appui, il avait convoqué le décret n° 2013-730 du 28 mai 2013 portant création de la Cnri et définissant la mission de la Commission, en ses articles 1 et 3. Cela, pour prouver que nulle part dans ces articles, il n’a été question d’une nouvelle Constitution, non sans remercier Amadou Makhtar Mbow et son équipe pour «la générosité de ses membres, de leur volonté de bien faire».

Cependant, il a été constaté qu’à de nombreuses reprises, des voix se sont levées pour déplorer le traitement fait par le président de la République des recommandations ou conclusions de commissions qui avaient été mises en place afin d’obtenir un large consensus. Il en est de la Charte de bonne gouvernance des Assises nationales, qu’il a lui-même signé. L’opposition reproche également aux président Macky Sall d’avoir porté le nombre de députés de la diaspora à 15 et sur les listes majoritaires, contrairement aux recommandations de la commission mise en place. Autant de choses, parmi d’autres, qui font craindre des lendemains sombres pour le comité de concertation sur la modernisation de la justice, installé depuis le 22 février dernier et devant formuler des recommandations dans un mois.

Sudonline

Remplacer Macky, « certains me l’ont suggéré en privé », déclare Aliou SALL

Le frère cadet du président SALL n’a pas d’ambition présidentielle. En tout cas c’est ce qu’Aliou SALL a déclaré dans une interview à paraître dans Jeune Afrique.

Sur la partie, reprise par le journal Enquête, le maire de Guédiawaye affirme toutefois que l’idée de succéder à son frère lui a été suggérée.

«Certains me l’ont suggéré en privé. J’affirme ici que cela ne m’intéresse pas et que je n’y songe pas», soutient le patron de la Caisse des dépôts et consignation. Et Aliou SALL d’expliquer son engagement politique par sa volonté de barre la route à certains. «Je continuerai à faire de la politique. Quand je vois l’opportunisme de certains leaders, je me dis qu’on n’a pas le droit de laisser faire ces guignols. En politique, hormis le poste de Président, je ne m’interdis rien», explique Aliou SALL.

Revenant sur sa candidature à la municipalité de Guédiawaye, il jure que Macky SALL ne l’a pas pistonné.

« Quand je me suis lancé dans cette campagne, je n’étais pas soutenu par le président Macky SALL, qui n’était pas enthousiaste du tout », avance l’ancien employé de Frank Timis qui assure que c’est par la suite que son frère a entériné sa décision de se présenter. « il a compris que j’étais le principal atout sur place de l’APR », explique-t-il.

WALFNet

GOUVERNANCE POLITIQUE DU SENEGAL, SEPT ANS APRES LE 23 JUIN 2011 : LA CLASSE POLITIQUE NE PARLE PAS LE MEME LANGAGE

23 juin 2011-23 juin 2018. Voilà 7 ans, jour pour jour, que le Sénégal a connu un mouvement populaire hors du commun. Comme un seul homme, les citoyens sénégalais, notamment les partis d’opposition, les organisations de la société civile et les mouvements citoyens, se sont ligués contre le projet de loi constitutionnelle instituant un ticket pour les candidatures à la présidentielle, poussant ainsi le régime d’alors à faire marche arrière et à retirer ledit projet de loi de l’Assemblée nationale. En perspective de la commémoration de ce jour historique, Sud Quotidien prête la parole à certains acteurs pour poser leur diagnostic sur la gouvernance politique au Sénégal, voire sur la réalité ou non de ruptures significatives dans le mode de gestion actuelle du pouvoir.
 
ZAHRA IYANE THIAM, CONSEILLERE SPECIALE DU PRESIDENT
«LES CONDITIONS QUI AVAIENT PREVALU AU MOUVEMENT DU 23 JUIN NE SONT PLUS D’ACTUALITE»

Si nous devons faire une lecture de la gouvernance politique actuelle, comparée à ce qui avait conduit au mouvement du 23 juin, je pense qu’il faudrait également camper la situation d’alors qui n’était pas axée sur une gestion de la politique, mais sur l’utilisation des Institutions et un peu l’instrumentalisation de la loi. D’ailleurs, le slogan «Touche pas à ma Constitution» est assez révélateur de l’esprit de la plateforme…Donc, c’était loin d’être une question de gestion des affaires publiques. Maintenant, il est vrai que ces situations-là ont des incidences sur la gestion et l’exécution des politiques publiques. Puisque nous avons constaté la corruption qu’on voulait faire surtout vis-à-vis ces Institutions financières. Tout le monde se rappelle du cas Alex Ségura.

Il y a aussi la privation des droits de la classe politique, notamment celle de l’opposition. Il faut noter, à ce sujet-là, que l’opposition d’alors avait toujours souhaité s’assoir autour d’une table avec le président Wade. D’ailleurs, nous avions proposé à l’époque, la mise sur pied d’une Commission paritaire pour discuter de plusieurs questions, notamment de celle du processus électoral, qui en définitive était un élément de stabilité au niveau des pays.

Donc, si nous voulons faire une comparaison avec ce qui se fait aujourd’hui, je pense qu’il est aisé de voir que les conditions qui avaient prévalu à un mouvement du 23 juin, ne sont plus d’actualité. Que nous avons quand même une gouvernance qui renforce les droits des citoyens, à travers le référendum. Nous avons des Institutions plus fortes qui s’attellent de plus en plus à leur tâche. Voyez ce que nous faisons avec la représentation nationale, autour du contrôle de l’action du gouvernement. Nous avons également le dialogue, qui est rejeté malheureusement par une frange de l’opposition.

DETHIE FALL, DEPUTE DE REWMI
«MACKY SALL S'EST AUTO-EXCLU DU CERCLE DES PRINCIPAUX ACTEURS DU 23 JUIN»

Le président Macky Sall a trahi l'esprit et la lettre du 23 juin. Il est en train de poser des actes pires que ceux qui avaient soulevé les Sénégalais ce jour-là pour une démocratie moderne et contre un tripatouillage de la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Aujourd'hui, le président de l'Apr a introduit, entres autres, le parrainage pour tous les partis politiques par le biais d'une loi constitutionnelle pour chercher à avoir un deuxième mandat par la voie électronique.

Et cela, suite au recul connu sur le terrain politique le rendant minoritaire lors des législatives avec 49, 48%. Avec lui comme président de la République, le Sénégal n'a pas tiré bénéfice de cette prise de conscience collective et manifestée devant l'Assemblée nationale pour un processus électoral remarquable et une démocratie soustraite de la basse volonté d'un Président de confisquer le suffrage universel de ses compatriotes. Tous les Sénégalais doivent célébrer le 23 juin, sauf l'actuel «gardien de la Constitution».  Il s'est auto-exclu du cercle des principaux acteurs. Et c'est regrettable.
 
PAPE ZATOR MBAYE DIALLO, DEPUTE SORTANT MEMBRE DE L’AFP
«LA RUPTURE EST AU RENDEZ-VOUS»

Je voudrais saluer les bonds quantitatifs et qualitatifs qui sont en train d’être faits, depuis la survenue de la deuxième alternance. Quand je parle de bonds qualitatifs, c'est-à-dire des ruptures profondes sur le plan de la gouvernance, sur le plan des options politiques et même sur le plan des options programmatiques, avec notre cheval de batail qui est le Plan Sénégal émergent et qui est le lit sur lequel sont couchés tous les projets et toutes les réformes qui sont déroulées depuis la survenue de la deuxième alternance. Demain (Ndlr : aujourd’hui) sera le 23 juin, on sera déjà à quelque chose comme 7 ans.

Pour nous autres qui étions des acteurs du 23 juin, ces manifestations découlaient d’un tripatouillage abusif de la Constitution. Je rappelle quand même, il y a eu 16 réformes déconsolidantes qui avaient été faites. Le clou pour couronner tout cela, il fallait que le régime d’alors puisse changer la Constitution en faisant sauter le quart bloquant et pouvoir permettre à un éventuel candidat de passer dès le premier tour avec juste 25%.

C’est cela qui avait provoqué l’ire des populations qui s’étaient mobilisées comme un seul homme pour dire non. Ça été un moment important, une leçon pour tous les gouvernants, qu’ils soient d’aujourd’hui, de demain…Heureusement que le président Macky Sall l’a compris depuis son arrivée. Il essaie, autant que faire se peut, de poser des actes concrets dans le sens de permettre au Sénégal de faire des bonds qualitatifs et quantitatifs. La rupture est au rendez-vous… C’est cela que les Sénégalais attendaient. Le visage du pays est en train de changer.

 MALICK GAKOU, DU GRAND PARTI SUR LA GOUVERNANCE POLITIQUE DU SENEGAL
«EN MATIERE DE DEMOCRATIE, NOTRE PAYS EST RELEGUE A LA QUEUE DU PELOTON»

La gouvernance démocratique se porte mal au Sénégal du fait de l’incurie et de l’incompétence manifeste du régime du Président Macky Sall qui a foulé au pied les attentes historiques de la charte de gouvernance démocratique des Assises Nationales.  Le référendum et la loi scélérate sur le parrainage sont à la dimension de cette mégalomanie institutionnelle de réformes constitutionnelles totalement en porte-à-faux avec la défense des intérêts supérieurs de la Nation et de la pérennisation des acquis démocratiques de notre pays.

A tel enseigne que notre pays, naguère cité en exemple en matière de démocratie, est relégué à la queue du peloton. Pour rétablir les grands équilibres institutionnels et remettre notre pays sur la voie de la modernité démocratique, de l’innovation et des réformes pour le développement, il faut engager, sans conteste, les transformations structurelles de la gouvernance au Sénégal. Et cela passe nécessairement par le respect des conclusions des Assises Nationales soutenues par une forte volonté politique de développement dont le socle réside dans le patriotisme économique.  

Personne ne développera le Sénégal à la place des Sénégalais. C'est clair qu’à la lumière des errements du gouvernement et de sa volonté de tailler la gouvernance à la mesure d’un hypothétique deuxième mandat, il nous faut beaucoup de sueurs et de jérémiades pour redresser la situation de la gouvernance calamiteuse de notre pays.  Le Programme Alternatif Suxxali Senegaal (Pass) que je propose aux Sénégalais se veut d’être le premier rempart des Assises Nationales et engagera notre pays à partir du mois d’avril 2019 dans la voie des réformes et du développement économique et social pour le bien-être du peuple sénégalais.

SudOnline

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