Politique

Maître Wade, une tête de liste de première classe ! (par Ibrahima Wade)

La COALITION GAGNANTE WATTU SENEGAL, composée par BOKK GIS GIS, PDS, TEKKI, AJPADS et de plusieurs mouvements de la société civile se met en ordre de bataille pour les élections législatives du 30 juillet 2017.

Cette liste tirée par le monument Abdoulaye Wade, combattant de la démocratie sénégalaise, le vrai bâtisseur de ce Sénégal moderne, celui qui a toujours défendu et nos intérêts et le leadership de notre pays au banquet des nations, eh bien cette liste a toute les chances d’être plébiscitée par les Sénégalais.

Nos leaders que sont Pape Diop, Mamadou Diop Decroix, Mamadou Lamine Diallo ainsi que Oumar Sarr, ont fait le bon choix d’aller ensemble et de porter notre père qui, à y regarder de près, est celui qui a « créé » quasi tous ces leaders qui se présentent aujourd’hui contre.

Ce choix est celui de l’expérience et de la sagesse car comme dit l’adage, si tu ne sais plus où tu vas, c’est mieux de retourner d’où tu viens.

Notre pays fait face à de grands défis, défi économique, défi de la bonne gouvernance, défi social, qui entraînent d'autres défis dans la vie des citoyens au Sénégal et à travers sa diaspora, comme dans la santé, dans la justice, dans l'éducation, dans nos ressources naturelles, dans l'environnement, dans la situation des migrants sénégalais etc.

Aujourd'hui nous sommes face à un pouvoir enfermé dans ses certitudes, qui donne l'impression de toucher à tout sans rien régler et qui peine à rassembler tous les Sénégalais autour de l'essentiel, c'est-à-dire le développement socio-économique du pays.

On ne gouverne pas dans une démocratie en opposant les citoyens entre eux, en gérant les affaires de l’État avec seulement ceux qui vous sont favorables. On ne gouverne pas le Sénégal sans porter haut ses acquis démocratiques, ses valeurs et son identité, qui ont fait l'admiration du monde. Dans ce Sénégal on ne doit pas mener une politique injuste ou partisane et exclusivement orientée au profit des privilégiés ou des transhumants.

Il est temps, et on a une bonne occasion avec ces élections législatives, que cela change vraiment. Nous voulons redonner à l'Assemblée nationale sa force, sa sérénité, son utilité d'antan et qu'elle ne travaille que pour l'intérêt des populations. Nous voulons redonner à chacun la confiance à la politique, le goût de travailler pour notre pays et l'envie d'avoir un destin commun et faire échec aux relents d'ethnicité.

J'ai la conviction que face aux multiples défis de notre pays, l’expérience de Maître Abdoulaye Wade est plus que nécessaire pour nous éclairer le chemin vers une assemblée nationale indépendante du pouvoir exécutif, ayant une action cohérente et une bonne expertise, permettant de regagner la confiance des citoyens, de redresser notre pays et de le rassembler autour de ce qui nous unit, depuis les rives du fleuve Sénégal jusqu'à l'orée des bois sacrés de la Verte Casamance.

Nous militants de la coalition Gagnante Wattu Sénégal, devrons nous engager sans réserve et sans conditions afin de relever le défi d'une assemblée nationale émancipée, qui contrôle l'action du gouvernement et qui fera des lois qui vont améliorer la vie de tous les Sénégalais.

Nous devons le faire en nous appuyant sur ce que nous partageons de plus cher, c’est-à-dire, la morale, le sens de la justice, le respect des autres et de la parole donnée, pour une société apaisée et unie.

Redonner à l'assemblée nationale son poids et sa voix, rassembler dans la justice, tout cela sera possible grâce à un vrai État de droit pour un nouveau souffle démocratique: une présidence moins intrusive, un gouvernement adepte de la bonne gouvernance, un parlement renforcé et indépendant, l'indépendance de la justice et des médias assurée, des syndicats et des associations de la société civile au cœur du changement, une opposition constructive et respectée, une décentralisation réelle et démocratique.

Nous rêvons d'être les dépositaires et les garants de cet héritage du SOPI légué par Maître Abdoulaye Wade et de le perpétuer au profit de tous, un changement où les mots se transforment en actes pour une véritable émergence.

Nous sommes très honorés et enthousiastes à l'idée de se battre sous la même bannière que Maître Wade et d’emmener nos candidats à l'assemblée nationale.

Nous sommes persuadés d’avoir le soutien de la population qui crie partout leur « RETHIOU » pour le choix porté sur un homme qui chaque jour pose des actions aux antipodes de leurs préoccupations.

Forts de cette confiance, nous devons prendre, l'engagement d'être à la hauteur et de représenter dignement le Peuple Sénégalais dans son ensemble sans aucune idée partisane, de manière désintéressée et patriotique.

Notre réussite dépend maintenant uniquement de notre capacité d’écouter l’ensemble des Sénégalais sur les enjeux que l'Assemblée Nationale devrait porter selon eux, pour représenter dignement le Peuple Sénégalais.

Vive la COALITION GAGNANTE WATTU SENEGAL

Vive le Sénégal

Ibrahima Wade

Coordonnateur Bokk Gis Gis Benelux

Responsable politique à Thiès

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Elections législatives du 30 juillet : Le pool des avocats de khalifa Sall plaide sa relaxe

Le collectif des avocats du maire de Dakar, Khalifa Sall qui a bouclé ces cent jours en prison, a demandé hier, en conférence de presse, sa libération. Ces conseils veulent que la tête de liste de la coalition Mankoo Takhawou Senegal aux législatives du 30 juillet puissent battre campagne. Accusé d’usage de faux et détournement de deniers publics, le maire de la capitale du Sénégal est incarcéré le 7 mars dernier.

En effet, malgré la faim qui les tenaillent sous une chaleur accablante en cette période de ramadan, les sympathisants du maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall, tout de blanc vêtu, étaient venus en masse témoigner toute leur affection à ce dernier.

Pour lever toute équivoque quant à la possibilité ou non de participation du maire de Dakar aux législatives de juillet qui se profilent à l’horizon, Me Demba Ciré Bathily a tenu à rappeler que les détenus jouissent du même droit civique que les autres citoyens. « Les détenus ont le droit de voter. Au-delà de Khalifa Sall, tous les détenus ont le droit de participer à un scrutin. Les autorités doivent prendre des dispositions pour leur permettre d’exercer leur droit civique. Mais vous avez tous remarqué qu’ils ont été exclus du processus électoral», a-t-il déclaré.

Poursuivant sa plaidoirie, devant les journalistes, pour la cause de Khalifa Sall devant les journalistes venus en masse, il a tenu à préciser que « Khalifa Sall ne sera pas jugé. Du moins pas avant la fin des élections législatives, la loi sénégalaise protége tout candidat à une élection nationale de poursuites judiciaires». «Khalifa Sall est candidat aux élections législatives. Donc, il ne peut pas faire l’objet de poursuites. La vitesse avec laquelle le dossier a été emballé démontre que l’objectif était de l’empêcher d’être candidat. Malheureusement pour eux, il est candidat et ne pourra pas être jugé jusqu’aux élections», a souligné Me Bathily.

 Quant à MeIssa Diop, également habilité à parler au nom du pool de 17 avocats qui assurent la défense du maire de Dakar, «qu’en droit et dans tous les pays du monde la caution est une garantie. Ça n’a rien à voir avec la culpabilité. Ce n’est pas parce que des proches de Khalifa Sall ont décidé de payer sa caution qu’il est pour autant coupable», a-t-il fait savoir.

Pour sa part, Me Seydou Diagne, revenant sur les restrictions de visites suite à la demande Khalifa Sall dit comprendre la décision de son client : «il a personnellement refusé de recevoir ses visites au parloir. Il ne peut pas le faire parce qu’il ne peut pas être considéré comme ces voleurs, ces meurtriers ou vendeurs de chanvre indien qui reçoivent leurs visiteurs au parloir», a-t-il précisé.

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Maintien ou implosion de Benno suite aux investitures fortement décriées par les allies : Les analystes «divises»

Les investitures au sein de Benno Bokk Yakaar, qui ont suscité une levée de boucliers de la part de certains responsables ou militants de partis alliés, et même de l’Alliance pour la République (Apr), n’en finissent pas de faire couler beaucoup de salive. Cependant, les analystes politiques ne semblent pas s’accorder sur les conséquences réelles, sur le compagnonnage dans Benno, que pourrait engendrer cette attitude du chef de la coalition présidentielle, Macky Sall, qui s’est quasiment adjugé la quasi-totalité des sièges de la coalition. Dr Momar Thiam, spécialiste de la communication politique, trouve que cette démarche du Président Macky Sall est purement stratégique, visant notamment à renforcer sa base politique pour structurer son parti. Et  pense que ladite coalition va voler en éclat. Cela, explique-t-il, dans la mesure où «les coalitions ne résistent pas aux ambitions personnelles». A contrario, son collègue journaliste, analyste politique, Momar Diongue, soutient le contraire. Pour lui, ladite alliance tiendra tant que les ténors comme le Président Macky Sall, le Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng, sans oublier le leader de l’Afp, Moustapha Niasse, resteront à la tête de la coalition. Qui plus est, révèle-t-il, «tant que Khalifa Sall constituera un danger réel pour Macky Sall» son alliance avec Tanor résistera.  

DR MOMAR THIAM, SPECIALISTE DE LA COMMUNICATION POLITIQUE   : « Les coalitions ne résistent pas aux ambitions personnelles »

Comment comprendre cette attitude du président de la République qui s’est taillé la part du lion dans les investitures au niveau de la liste de Benno Bokk Yakaar ?

«J’ai deux niveaux d’analyse par rapport à cela. Le premier est strictement politique, en ce sens que pour reprendre les propos d’un grand chroniqueur, en la personne de Pape Alé, que j’ai écouté ce matin, «les partis qui sont coalisés dans Benno Bokk Yakaar, ce sont des formations qui ont donné corps et âme au président de l’Apr». C’est eux qui ont donné carte blanche au premier des Sénégalais  pour la confection des listes. Quand vous donnez carte blanche à quelqu’un, vous devez accepter et les avantages et les inconvénients. Si vous ne vous retrouvez pas sur la liste, vous devez vous en contenter d’autant plus qu’il s’agit d’élections législatives et un parti au pouvoir a toujours besoin de renforcer ses avantages dans l’hémicycle parlementaire.

Le second niveau d’analyse est purement stratégique. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que l’Apr n’est pas un parti structuré. Et pour qu’un parti soit structuré, il faut qu’il ait de bonnes bases, dans les chambres parlementaires que ce soit au Sénat, qui n’existe plus, soit à l’Assemblée nationale, soit même au Haut conseil des collectivités territoriales. Pour cela, il faut mettre en avant ceux qui font vivre ce parti-là, c’est-à-dire les    têtes de gondoles. Du point de vue stratégique, il n’est pas bon pour l’Apr d’investir des gens qui ne sont pas de l’Apr. Parce que l’Apr est au pouvoir, même si c’est dans le cadre d’une coalition, le président de la République est le président de l’Apr. Rappelons un tout petit peu quand Wade est arrivé au pouvoir en 2000, avec la Coalition 2000 des partis de Gauche. Dès qu’il a gagné la présidentielle, c’est Moustapha Niasse qui était élu Premier ministre. Il est donc le chef du gouvernement. Si à l’époque, Moustapha Niasse était pendant 2 ou 3 années Premier ministre, il serait légitimement en train de placer, excusez moi du mot, les membres de l’Afp au cœur du pouvoir. Qu’est-ce que Wade a fait ? Au bout de 9 mois, il l’a défénestré pour placer les têtes de gondoles, pour reprendre cette terminologie marketing, pour placer le Pds au cœur du pouvoir. C’est pour montrer que le pouvoir, c’est d’abord le pouvoir du Président de la République, parce qu’on est dans un régime présidentiel. Le président est le chef du parti au pouvoir, et donc le parti qui doit être bien représenté.

Est-ce que cela ne sonnerait pas le début de la fin du compagnonnage dans Benno Bokk Yakaar ?

Vous savez, les compagnonnages politiques sont faits en général pour exploser en vol. Regardez aujourd’hui ce qui se passe en France avec l’élection de Macron. Son premier allié, c’est François Beyrou du Modem. Aujourd’hui, il a gagné la présidentielle, il a quelque part réconforté le Modem qui était en perdition dans le paysage politique français. Avec les élections législatives, le Modem risque d’avoir aujourd’hui, plus de 60 députés. Donc, avoir un groupe parlementaire dans l’hémicycle. Cela veut dire que le Modem peut constituer une force de frappe. Qu’est-ce que François Beyrou a fait ? Il a utilisé, il l’a même dit hier, sa liberté de ton pour intervenir dans les médias, jusqu’à être recadré par le Premier ministre qui parle de solidarité gouvernementale. Il a répliqué pour dire, si j’ai quelque chose à dire, je le dirais. Donc, aujourd’hui, en France, on est en train de dire que cette coalition va voler en éclat. Ce sera la même chose au Sénégal. Pour la bonne et simple raison que les coalitions ne résistent pas aux ambitions personnelles. Vous aurez Moustapha Niasse qui ne dit point mot parce qu’il est dans l’hémicycle. Vous aurez Ousmane Tanor Dieng qui ne dit point mot parce qu’on lui a servi le fromage du Hcct. Mais, par contre leur base, qui espérait un réconfort politique dans ces investitures pour les élections législatives, ne se retrouveront pas.

Aujourd’hui, que devrait être l’attitude des alliés qui se sont donnés corps et âme au chef de l’Etat, Macky Sall ?

Je vous l’ai dit. A partir du moment qu’on donne corps et âme au chef du parti au pouvoir, vous ne ferez que subir. Vous ne serez plus des acteurs, vous n’êtes que des réceptacles de la chose politique et des décisions du chef de l’Etat. Demain, les observateurs ou même l’opinion va se dire : «mais, ces gens là ont donné corps et âme et soutiennent sans réserve». L’Afp est allé jusqu’à dire :  «on soutient le président de la République pour l’élection présidentielle de 2019». Ça veut dire que l’Afp n’aura pas de candidat. Si on est capable de dire qu’on soutient le président pour 2019, mais forcément pour une élection intermédiaire comme les législatives, on a rien à dire s’il ne vous investit pas. Demain, je vous dis, la marmite va commencer à bouillir à la base. Il ne faut pas exclure qu’une partie à la base, puisse s’adonner à un vote sanction, pour faire comprendre son mécontentement.

Je trouve même que, si cela a lieu, simple scénario, ça peut être une bonne chose pour faire réfléchir davantage les états-majors politiques pour leur faire comprendre que la donne  politique de l’opinion par rapport à la chose politique a changé. On ne suit pas plus un parti politique parce qu’il y a  un homme devant et on est derrière cet homme. Il y a un idéal, un projet de société qui nous fait avancer. C’est autour de ce projet de société où on inscrit nos perspectives et nos ambitions politiques. C’est ça qui va être la rampe de lancement, pour faire changer la configuration des partis politiques au Sénégal et des hommes politiques qui les dirigent».

 MOMAR DIONGUE JOURNALISTE ANALYSTE POLITIQUE : «Tant que ce trident, Apr, Afp et Ps, restera à la tête de Benno, il me semble que l’alliance tiendra»

Les militants de l’Alliance pour la République (Apr) sont beaucoup plus présents sur les listes d’investiture de la coalition Benno Bokk Yakaar au détriment des alliés. Comment l’analyser ?

«Il faut d’abord s’attendre à ce que ces investitures soient particulièrement difficiles, pour le président de la République, en raison du caractère très hétéroclite de la coalition. Il y a l’Apr à satisfaire, les alliés de Macky 2012, Benno Bokk Yakaar, notamment ses principales composantes Parti socialiste et Alliance des forces du progrès à satisfaire, sans oublier les alliés de la 25ième heure qui ont rejoint la coalition présidentielle et qui ne se reconnaissent ni dans Macky 2012, ni dans Benno, ni dans l’Apr et qui veulent être servis. Tout cela a rendu particulièrement compliquée la situation au président de la République.

Maintenant, on peut comprendre qu’en même temps qu’il ait servi davantage son parti que d’autres. D’abord, pour une raison bien simple, le Président Macky Sall n’a plus de responsabilité à partager au-delà de ces législatives jusqu’à la présidentielle de 2019. L’Assemblée va être constituée et c’est pour cette raison que beaucoup d’apéristes jouent leur va-tout et se disent que s’ils n’ont pas de responsabilités à l’occasion de ces législatives, c’est clair qu’ils n’en n’aura pas d’ici la présidentielle. Parce que, le Hcct a été mis en place avec 150 membres, le Cese l’a été aussi avec 150 places. On a vu également que tous les postes de Direction générale, de président de conseil d’administration, ont été distribués à des militants apéristes et à des alliés. Comme l’a dit le président de la République, à l’intention des syndicalistes, tout le monde ne peut pas avoir une part au gâteau que l’on partage. Donc, vous voyez un peu qu’il y a des gens qui jouent leur va-tout. Qui se disent que voici la dernière occasion qui le reste, s’ils veulent se retrouver avec des responsabilités ou un titre sous le régime de Macky Sall. Beaucoup de responsables apéristes jouent leur va-tout et mettent la pression sur le Président Macky Sall.

Mais, si l’Apr s’adjuge la quasi-totalité des postes de député, ne va-t-on pas droit vers l’implosion de la coalition Benno Bokk Yakaar ?

Non, je ne le crois pas pour deux raisons. C’est-à-dire que dans Benno, il faut reconnaître qu’il y a trois composantes, tout le reste fait quasiment de la figuration. Il y a principalement l’Apr, le Ps, l’Afp. Tant que ce trident restera à la tête de Benno, il me semble que l’alliance tiendra. Or, aujourd’hui, l’Alliance tient entre Tanor et Macky Sall, tout simplement, à cause de la rivalité qu’il y a entre Khalifa Sall et Macky Sall. C’est-à-dire, tant que Khalifa Sall constituera un danger réel pour Macky Sall, tant qu’il se positionnera comme un challenger redoutable pour Macky Sall, tant que Macky Sall se rendra compte qu’il y a des pans entiers du Ps qui pourraient se retrouver derrière Khalifa Sall, son alliance avec Tanor tiendra. Et, c’est pour cette raison qu’il n’a pas hésité à consolider cette alliance avec Tanor, qui était jusque là un singleton quasiment, il lui a donné une responsabilité et il lui a élevé au grade de président d’une Institution, le Hcct. Donc, je crois qu’il l’a fait tout simplement pour consolider l’alliance qu’il y a entre lui et le Ps parce que Khalifa Sall constitue une menace. De la même manière qu’on s’est rendu compte dans le partage des sièges au niveau de la future Assemblée, il a accordé une très grande part au Ps contrairement à l’Afp. Il l’a fait tout simplement dans le souci d’affaiblir Khalifa Sall et son camp. Il s’est rendu compte que, plus il donnera des postes à Tanor et à sa tendance, plus il affaiblira Khalifa Sall. Donc, c’est la même logique qui a prévalu. Tant que Khalifa Sall constituera un danger pour Macky Sall, Macky tiendra absolument à son alliance avec Ousmane Tanor Dieng. Il fera tout pour que cette alliance tienne.

Pour ce qui est maintenant de l’Afp, là aussi je ne crois pas que, malgré les cris de protestation de certains progressistes, qui estiment qu’on leur a donné la portion congrue, l’alliance va casser pour autant. Parce que tout simplement, là aussi Macky Sall tant qu’il donnera à Moustapha Niasse la possibilité d’être au perchoir de l’Assemblée nationale, l’alliance tiendra. C’est une question d’honneur pour Moustapha Niasse. C’est une question de prestige, surtout dans la rivalité qui l’a toujours opposé au Ps, et notamment à Tanor, de pouvoir être aussi élevé au rang de président d’une Institution, et surtout de deuxième personnalité de l’Etat.

Aujourd’hui, quelles peuvent être les menaces qui peuvent planer sur cette alliance de Benno au sortir des législatives ?

Moi, je pense que la seule menace qui peut planer sur cette coalition Benno, c’est le réveil de la vieille rivalité entre socio-démocrates. C’est-à-dire tous ceux qui sont sortis du Parti socialiste originel, en l’occurrence Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, et Djibo Leyti Ka. Ces personnes là qui ont été pouponnés au Ps, qui ont fait leurs armes et leurs places, à un moment donné ont été opposées par une forte rivalité. Ce qui a conduit d’ailleurs à la chute du Ps du pouvoir quand Moustapha Niasse et Djibo se sont retirés du parti. Cette vieille rivalité pourrait resurgir au sein de la coalition Benno. Macky Sall avait réussi, jusque-là, et même Djibo Leyti Ka avait dit que c’était ça la prouesse de Macky Sall d’avoir réussi à garder des ténors de la trempe de Moustapha Niasse, de Tanor et de lui-même dans la même alliance sans que rien ne bouge et que tout se fasse en harmonie. Maintenant, c’est cette harmonie qui risque d’être menacée avec les frustrations nées des investitures. Parce que figurez-vous, même si Moustapha Niasse sera Président de l’Assemblée, il pourrait se retrouver avec seulement 6 députés, contre 20 du Ps. Est-ce que vous pensez que Moustapha Niasse, même s’il voudra tenir à son honneur de président de l’Assemblée nationale que tous les progressistes vont se ranger derrière ça ? Je pense que cette frustration là sera très difficile à surmonter. Voyez aussi le cas de Djibo Leyti Ka de l’Urd, qui pourrait se retrouver avec zéro député, alors que dans toute l’histoire de ce parti-là, ça n’a jamais été le cas. Vous voyez donc que la part belle qui a été faite au Ps, avec une vingtaine de députés possible, parce que Macky Sall a un point de mire tout simplement la guerre avec Khalifa Sall et voudrait renforcer le Ps parmi ses alliés, vue la partie congrue qui sera réservée à l’Afp, que 6 députés, et le zéro pointé de l’Urd. Ecoutez les gens pourraient commencer maintenant à se regarder en chiens faïence entre ces trois composantes de Benno et qui sont originaire du Ps, en l’occurrence l’Urd, l’Afp, le Ps. C’est la seule menace que je vois planer sur la coalition Benno Bokk Yakaar.

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Recours au bulletin unique pour faciliter le vote pour les législatives comme la présidentielle : L’opposition avalise, la majorité récuse

La pléthore de listes, plus précisément 47 en lice pour les élections législatives du 30 juillet prochain, ne remet-il pas au goût du jour la nécessité de la confection d’un bulletin unique pour les différentes élections ? Une telle idée avait été agitée lors des concertations entre les différents pôles, à l’occasion de la révision du Code électoral, sans qu’un quelconque accord ne soit trouvé entre l’opposition et la majorité. Aujourd’hui, avec le méli mélo qui se profile relativement au processus de vote miné par la profusion des listes en compétition, les diverses coalitions de l’opposition  mettent au ban des accusés les autorités étatiques et le camp au pouvoir, tout ne rejetant pas le recours au bulletin unique pour une solution de sortie de crise. C’est du moins le cas pour Cheikh Guèye de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal, de Modou Diagne Fada de Mankoo Yeessal Senegaal, de Me El Hadji Diouf de la coalition Leral ou autre Sada Ndiaye de la Coalition gagnante Wattu Senegaal. A contrario, Benoit Sambou de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) rame à contrecourant en posant la question de la faisabilité d’une telle initiative. Raison suffisante pour recueillir l’avis de l’expert électoral Ndiaga Sylla qui démontre à suffisance que les éléments de certification technique requis par l’usage du bulletin unique sont incompatibles avec le cas d’espèce qu’est celui des législatives 2017, avec 47 listes de candidats sur la ligne de départ.

SADA NDIAYE DE LA COALITION GAGNANTE WATTU SENEGAL : «Le salut aujourd’hui, c’est le bulletin unique»

Il n’y a pas d’autre solution. Le salut aujourd’hui, c’est le bulletin unique. Parce qu’avec 50 bulletins sur la table, l’électeur est obligé conformément à la loi de pendre tous les bulletins qui sont mis à sa disposition. Il est tenu, il n’a pas de choix. Aujourd’hui, on est à presque 40 bulletins. Avec les formats A4, vous voyez la taille ? Vous voyez ce que ça fait ? Et vous avez en dehors des listes qui encombrent la table le représentant de chaque liste dans le bureau. Ça fait deux salles de classes au moins, et là ça pose problème. Dans tous les cas, on aura l’encombrement des papiers là où ça se pose et ça coûte énormément cher. Aujourd’hui par exemple, pour le cas de notre liste et certaines autres listes de coalitions, on nous fait deux bulletins : il y a un bulletin national avec les départements du Sénégal, c’est à dire la liste nationale avec les 50 suppléants et les 60 titulaires. Maintenant, au retour, vous avez les départements du Sénégal qui ont les mêmes bulletins avec le même format, les 60 titulaires et 50 suppléants et les 8 départements de l’extérieur.

Donc, rien qu’avec ma coalition Wattu Senegaal, on a droit à 2 bulletins. Vous voyez ce que ça fait. Je dis qu’en cas de bulletin unique, on n’aurait pas toutes ces feuilles-là. Après les élections, quand ils ont fait les bulletins en s’ouvrant aux indépendants, moi j’avais dit à l’époque qu’on allait vers cette situation. Mais ils n’ont pas voulu entendre. Parce qu’après, il y a eu un processus mené de manière solitaire et unilatérale. Le gouvernement de Macky Sall n’a pas fait preuve ni de vision ni d’ambition. Ce qui est arrivé aujourd’hui, on l’avait vu, on l’avait prévu depuis 2016.

 Si on m’appelait à la table des négociations pour la confection d’un bulletin unique, je serais d’accord. Mais, pour ces élections-là, c’est trop court. C’est trop tard. On est en train de faire les bulletins. Ils ont fait des appels d’offre en fonction des bulletins. Ils ont pris leur imprimerie à qui ils ont donné des consignes, des tâches bien précises, à savoir l’impression des bulletins recto verso avec les photos des têtes de listes. Le bulletin unique ne sera que pour les présidentielles de 2019 ou de 2022.

MODOU DIAGNE FADA DE MANKOO YEESSAL SENEGAAL : «L’opposition avait déjà posé sur la table la question du bulletin unique»

L’opposition dans son ensemble, lors des discussions avec le ministère de l’Intérieur, avait posé sur la table la question du bulletin unique. Et elle avait souhaité qu’on organise désormais les élections au Sénégal, notamment les présidentielles, tout comme les élections législatives avec un bulletin unique. Nous avions essayé de convaincre nos partenaires de la majorité. Mais, ils avaient catégoriquement refusé. Je crois qu’au sortir de ces élections législatives, si rien n’est fait d’ici là bien sûr, ils comprendront que l’idée était bonne, celle de confectionner un seul bulletin avec les symboles des différents partis ou coalitions en lice. A croire que dans tous les pays qui nous entourent, leurs élections sont organisées avec le bulletin unique. En tout cas, s’ils revenaient aujourd’hui pour m’en reparler, je serais parfaitement d’accord avec une telle idée.

ME EL HADJI DIOUF DE LA COALITION LERAL : «C’est seulement le gouvernement qui ne veut pas»

Tout le monde est preneur de la confection d’un bulletin unique, du moins tous ceux qui sont intelligents. C’est seulement le gouvernement qui ne veut pas. Mais, on comprend bien. C’est parce que les partis au pouvoir n’aiment pas le bulletin unique parce qu’ils veulent magouiller avec les bulletins. Les partis au pouvoir sont plus riches que les autres et ils achètent le vote. Il y a des spécialistes préposés à la corruption qui sont devant les centres de vote et qui demandent aux électeurs de leur montrer les bulletins pour prouver qu’ils ont voté pour eux. Et immédiatement, on leur donne une somme. C’est pourquoi, de façon incompréhensible, le pouvoir rejet le bulletin unique qui arrange tout le monde. D’abord, c’est le moins cher, c’est plus rationnel. On laisse les bulletins trop chers pour qu’ils atterrissent chez les vendeurs d’arachide. Cette pléthore de bulletins n’arrange que ceux qui ont de l’argent.

CHEIKH GUEYE, MEMBRE DE LA COALITION MANKOO TAXAWU SENEGAAL : «Il appartient aux autorités et à l’Etat... de faire des propositions qui vont dans ce sens»

Ça a toujours été une préoccupation dans ce pays. Des gens ont proposé moult solutions pour faciliter le vote, maintenant il appartient aux autorités et à l’Etat, tenant compte des difficultés notées par-ci et par-là, de faire des propositions qui vont dans ce sens. Aujourd’hui, on est arrivé à une situation extrêmement difficile. Une élection avec 47 listes, je me demande comment est-ce qu’on peut l’organiser du point de vue matériel, du point de vue organisation, du point de vue bulletin de vote, du point de vue même du vote en lui-même. Ce sont là autant de problèmes. Je pense que cela mérite vraiment un consensus fort pour annihiler les difficultés, pour que le vote puisse se dérouler de la façon la plus transparente, la plus démocratique mais aussi la plus rapide possible.

Qui a été organisateur ? C’est le ministère de l’Intérieur, Je pense que le ministère même devait tirer les leçons des élections locales précédentes où il y avait une épidémie de listes. Je pense que c’était un signal fort pour les autorités de se prémunir quand même d’une situation qui faciliterait le vote. Malheureusement, on n’a pas pris les dispositions à temps et du fait que nous sommes signataires de la convention de la Cedeao, il va être aujourd’hui très difficile de changer les règles du jeu à moins de 6 mois des élections.

BENOIT SAMBOU DE LA COALITION BENNOO BOKK YAAKAAR : Comment peut-on aligner sur un bulletin une cinquantaine de listes ?»

Cette question a été agitée pendant la révision du Code électoral et après révision, elle a été ajoutée. Personne n’a jamais trouvé la solution. Parce qu’aujourd’hui, même avec un bulletin unique, comment pouvez-vous aligner une cinquantaine de listes ? Techniquement, comment peut-on aligner sur un bulletin une cinquantaine de listes? Il faut que, techniquement, les gens le prouvent et que les partis politiques puissent l’accepter. On n’a jamais réussi à s’entendre. Dans toutes les rencontres, la question a été agitée. Ni l’administration ni les partis politiques n’ont su apporter une solution satisfaisante. Dans toutes les revues, on a agité la question mais c’est la faisabilité de la chose qui pose problème. Parce que, sur un seul bulletin, si on met une cinquantaine de listes là-dessus, quelle sera la taille des effigies ? Ça se fait ailleurs, oui. Ça ne veut pas pour autant dire que cela doit se faire ici. Pour des élections présidentielles, c’est moins compliqué mais pour des législatives avec notre système où on doit mettre les noms de tous les candidats, quelle sera la taille du bulletin alors ? C’est une question technique. Et personne n’a jamais apporté des solutions typiques. Les gens ne font que parler, mais ce serait un avantage pour tout le monde. On gagne du temps et techniquement encore, ça règlerait les problèmes de démocratie.

Sur ces questions-là, il ne faut pas introduire dans le système quelque chose qui ne règle pas le problème. Ce n’est pas parce que ça se fait ailleurs que c’est mieux. Il faut qu’il y ait encore une concertation notamment pour ce vote-ci autour de la faisabilité des choses. On n’est pas obligé de prendre tous les bulletins. Dans beaucoup de systèmes, les gens ne sont pas obligés de prendre tous les bulletins avant d’aller voter. En France, on dit qu’à partir de deux, c’est déjà plusieurs, il y a toutes ces possibilités qui sont offertes. C’est notre système qui impose à l’électeur de prendre tous les bulletins. Donc, s’il y a une discussion ou un compromis politique, on doit pouvoir trouver une solution.

Mais le bulletin unique, ce n’est pas forcément la meilleure solution, techniquement parlant. Elle peut être sociologiquement un avantage. Les gens ne font que parler mais personne n’apporte techniquement de solutions. D’ailleurs, je me souviens que l’ancien président, en son temps, via le ministère de l’Intérieur n’avait pas su techniquement le démontrer. Il avait dit puisque c’est comme ça, qu’on mette sa photo devant toutes les autres photos».

NDIAGA SYLLA, ANALYSTE ELECTORAL : «Le prix unitaire du bulletin unique est plus cher que celui des bulletins pluriels»

Il y a l’option du bulletin unique. Sauf qu’à cette étape de la procédure, elle peut comporter quelques limites liées au fait qu’on a déjà déclaré les candidatures. Il y a aussi le fait que ça va impacter une quinzaine d’articles du Code électoral si on se fonde sur le rapport de la Revue du Code électoral de 2011. L’autre chose est que nous ne disposons pas d’assez de temps pour mener la campagne de sensibilisation. Parce  que l’usage du bulletin unique devrait amener les acteurs à imprégner les électeurs sur le mode d’usage. Il y a aussi un troisième argument plus ou moins déterminant. C’est le format des bulletins avec la pléthore de candidatures. Parce que généralement dans les pays où il y a le bulletin unique avec le format A4, pour que ce soit acceptable et visible, il faut que la page ait 8 à 10 candidats. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, avec le format A4, on allait avoir 4 à 5 pages. A défaut, c’est d’avoir un très grand format A3. Seulement, pour ce format, si tu disposes sur une même ligne plusieurs candidats, il peut y avoir risque de confusion. Généralement pour le bulletin unique, on ne met pas sur une même ligne plusieurs candidats pour éviter les confusions. Si le bulletin est plié, ça peut impacter sur la photo d’un candidat. Donc, le plus acceptable, c’est le format A4, mais en prévoyant au maximum 10 candidats. Parce que, si on prend la longueur du bulletin, on met 10 candidats. Sur la largeur, on mettra la photo de la tête de liste, le symbole, le sigle et une cage pour pouvoir cocher.

Souvent, un bulletin unique a toujours une souche avec des numéros, avec un hologramme pour l’identification des bulletins. Il y a un certain nombre d’éléments de certification technique. Du coup, le prix unitaire du bulletin unique est plus cher que le coût unitaire des bulletins pluriels. Ce n’est que globalement que ça peut impacter sur l’économie. 

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