Politique

Macky «hate» le processus de déménagement des ministères à Diamniadio

La délocalisation de certains ministères, directions et services de l’Etat à Diamniadio prend forme. Le président Macky Sall a réuni le premier Conseil des ministres hier, mercredi 2 mai, à la sphère ministérielle située dans le 1er arrondissement de ce Pôle urbain. Occasion pour le chef de l’Etat d’inviter le  Premier   ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne à  «hâter le processus» de déménagement et d’installation des ministères et agents concernés et de faire prendre les mesures d’accompagnement appropriées.

 

Certains ministères, directions et services de l’Etat vont bientôt être délocalisés vers le Pôle urbain de Diamniadio. En Conseil des ministre hier, mercredi 2 mai, le chef de l’Etat a invité le Premier ministre «à hâter le processus de déménagement et d’installation des ministères et agents concernés, de faire prendre les mesures d’accompagnement appropriées et à veiller à la mise en œuvre cohérente de la nouvelle politique immobilière de l’Etat qui vise à optimiser l’exploitation et le développement du patrimoine immobilier de l’Etat», informe le communiqué de ce premier conseil que le président Macky Sall a réuni à Diamniadio.

Déjà, entamant sa communication sur l’inauguration de la sphère ministérielle située dans le 1er arrondissement, le chef de l’Etat a magnifié «la tenue, pour la première fois, du Conseil des ministres, à Diamniadio, dans les nouveaux bâtiments administratifs de dernière génération. En effet, à travers cet acte un du renouveau du service public, le président de la République rappelle que trois sphères ministérielles y seront érigées pour donner corps à son ambition de bâtir une administration moderne, performante, peu coûteuse, au service de la citoyenneté et de l’émergence.»

 

En outre, le président Sall qui a félicité tous les acteurs et les partenaires de l’Etat, pour la réalisation de  ce  «chef d’œuvre architectural», a indiqué que cette sphère ministérielle «va accueillir plusieurs ministères et des milliers d’agents de l’Etat, dans un cadre de vie de standard international, soutenu par une dynamique de rationalisation et de mutualisation des ressources publiques, engagée depuis 2012», ajoute la source.

VEILLER SANS RELACHE AU RENFORCEMENT DU BIEN ETRE DES TRAVAILLEURS

 

Poursuivant sa communication autour de la célébration de la fête du travail et de la consolidation du nouveau contrat social pour l’émergence, Macky Sall a félicité l’ensemble des travailleuses et travailleurs du Sénégal, tout en leur réaffirmant toute sa considération et ses encouragements. Il a aussi remercié les centrales syndicales pour leur mobilisation et leur sens des responsabilités. 

 

Ainsi, le président de la République «demande au gouvernement de veiller sans relâche au renforcement du bien être des travailleurs dans un esprit de dialogue constructif pour améliorer, durablement la productivité et la compétitivité de l’économie nationale. Enfin, le chef de l’Etat rappelle au gouvernement l’impératif de consolider en permanence le partenariat entre l’Etat, les Syndicats et le Patronat, base essentielle du nouveau contrat social qui sous-tend la matérialisation effective, dans tous les secteurs d’activités, de sa vision d’un Sénégal Emergent au service de toutes les populations.»

 

ASSEOIR LA STABILITE DURABLE DU SECTEUR DE L’EDUCATION… «L’ECOLE DU FUTUR»

 

Abordant la stabilité dans le secteur de l’éducation et le suivi permanent de la mise en œuvre des décisions des Assises de l’éducation et de la formation, le président Sall s’est félicité des accords conclus entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants. A cet égard, il a demandé au gouvernement de «prendre toutes les dispositions pour l’application effective, dans les délais indiqués, de sa décision portant sur des mesures exceptionnelles d’augmentation de 40.000 FCFA de l’indemnité de logement allouée aux enseignants qui sera portée à 100.000 FCFA en 2020.»

 

Aussi a-t-il engagé le gouvernement a «asseoir la stabilité durable du secteur de l’Education par un suivi rigoureux de la mise en œuvre des recommandations et décisions des Assises nationales sur l’éducation et la formation, dans le but de consolider, dans le consensus et dans l’esprit de la vision d’un Sénégal Emergent «l’Ecole du futur» une véritable Ecole de la réussite et de l’excellence», précise le texte. 

 

REHABILITATION DES PONTS DE TOBOR ET D’EMILE BADIANE A ZIGUINCHOR ET PROGRAMME «ZERO BAC» POUR DESENCLAVER L’ILE A MORPHIL

Abordant le renforcement de la politique de désenclavement interne et externe du Sénégal, le président Sall s’est réjoui du «lancement du programme « Zéro Bac » pour accélérer le désenclavement de l’île à Morphil et la valorisation des potentialités agro- industrielles de la Vallée du Fleuve Sénégal.»

 

Dans la même perspective, le président de la République a exhorté le gouvernement à «prendre toutes les dispositions requises, en vue de finaliser le processus de réhabilitation des Ponts de Tobor et d’Emile Badiane à Ziguinchor, l’exécution des travaux de la boucle du Boudié ainsi que ceux du pont sur le Fleuve Gambie, dont l’achèvement est prévu en décembre 2018», lit-on dans le document.

 

POUR LA CONSTRUCTION DU PONT DE ROSSO, DU PORT FLUVIOMARITIME DE  SAINT-LOUIS…

 

En outre, Macky Sall a enjoint le gouvernement, en accord avec la partie mauritanienne, «à veiller à l’accomplissement de toutes les diligences nécessaires à la réalisation, dans les délais contractuels, du Pont de Rosso. Enfin, le président de la République exhorte le Gouvernement à prendre les mesures appropriées pour le déploiement rapide du projet «Navigation de l’OMVS» avec les réalisations, au Sénégal, du port fluviomaritime de Saint - Louis et des escales de Richard Toll, Dagana, de Podor, Cas-Cas, Matam, et Bakel», renseigne la même source.

 

Au final, au titre des textes législatifs et réglementaires, le conseil a examiné et adopté «le projet de loi prescrivant le remplacement dans tous les actes législatifs et réglementaires de la dénomination «Collectivité locale» par «Collectivité territoriale».

Moustapha Cissé Lô livre les raisons de sa démission des instances de l’apr : «Je ne suis pas d’accord sur la façon dont Macky gère le parti»

         

Moustapha Cissé Lô qui avait annoncé sa démission de toutes les instances du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), pour convenance personnelle a levé hier, dimanche, un coin du voile sur les raisons de sa décision. Invité de l’émission politique de la radio Sudfm «Objection» hier, dimanche 29 avril, le 2e vice-président de l’Assemblée nationale et membre fondateur de l’Apr a pointé du doigt la gestion solitaire de l’Apr par le président Macky Sall qui ne consulte aucun responsable, depuis 2009, dans la prise de ses décisions.

On en sait maintenant un peu plus sur les raisons qui ont amené Moustapha Cissé Lô, 2e vice-président de l’Assemblée nationale et membre fondateur du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), à annoncer sa démission de toutes les instances dirigeantes de cette formation politique qui fêtera ses dix ans d’existence en décembre prochain. Invité de l’émission politique de la radio Sudfm «Objection» hier, dimanche 29 avril, celui qui occupe aujourd’hui le poste de président du parlement de la Cedeao a pointé du doigt la gestion solitaire de l’Apr par le président Macky Sall qui ne consulterait aucun responsable depuis 2009 dans la prise de ses décisions. Face à notre à notre confrère, Baye Oumar Guèye, Moustapha Cissé Lô qui a souligné avoir tout donné pour l’émergence de l’Apr, notamment sur le plan financier en citant les 30 millions qu’il aurait investis lors des dernières législatives, a notamment déploré sa mise en l’écart ainsi que d’autres militants de la première heure dans les décisions concernant le fonctionnement de leur parti.

«Aujourd’hui, nous sommes au frigo, moi et la plupart des responsables de la première heure. On ne connait rien de ce qui se passe dans le parti», a-t-il déploré. Poursuivant son propos, toujours au sujet des raisons qui l’ont amené à se décharger de toutes responsabilités au sein des instances de l’Apr, Cissé Lô renseigne. «Le problème que j’ai dans l’Apr, je l’ai avec le président Macky Sall. Nous ne sommes pas d’accord sur la façon de coaching du parti surtout au sommet. Je ne suis pas d’accord sur sa façon de gérer le parti. Il faut qu’on nous associe. Le dernier mot lui revient mais, il doit nous associer comme il l’avait l’habitude de le faire». Poursuivant son propos, il ajoutera dans la foulée. «Ce que je n’ai pas accepté avec Wade, je ne le ferais pas avec Macky Sall. Ou je suis dans les instances du parti pour qu’on écoute mon point de vue ou je quitte pour redevenir un simple militant. Je n’accepte pas d’être un apprenti. Soit je suis dans le dispositif de Macky Sall, soit je ne le suis pas». 

«Tu es au secrétariat exécutif pour valider, je ne dors pas, je reste jusqu’à minuit voire une heure du matin pour valider, je refuse. J’ai quitté cette instance et je ne participerai plus à ses réunions mais je reste militant de l’Apr, engagé pour la réélection du président Sall puisque je ne suis pas candidat à cette élection. J’ai le droit de dire que je m’habille en Apr mais je n’ai pas besoin des colliers d’or qu’on me donne et des colliers d’argent. C’est ce que j’ai dit et cela ne méritait pas des attaques ou des insultes puisque je suis libre et je l’ai toujours dit», clame encore Moustapha Cissé Lô.

Directoire de campagne de l’Apr : Cissé étale ses réticences

Par ailleurs, se prononçant sur la décision du chef de l’Etat, Macky Sall de mettre en place le dispositif de pré-campagne à l’Apr, chargé de la «gestion d’évènements majeurs de l’Apr durant toute l’année 2018» prise lors de la réunion du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (Apr) au Palais de la République le 10 avril dernier, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale a ouvertement exprimé son désaccord. «Je n’ai été pas là-bas et je ne cautionne pas ça». Poursuivant sa critique au sujet de ce dispositif mise en place par son mentor, le président du parlement de la Cedeao ajoutera : «il (Macky Sall) l’a fait en solo avec des gens qu’il a choisis. Est-ce que ces gens sont plus méritants que les autres ? Je ne le pense pas. On avait créé des directoires de campagne et il n’y avait pas de directeur de campagne. Aujourd’hui, il a le pouvoir, il a l’argent, les forces de sécurité et tout mais s’il peut se permettre de faire seul ce qu’il fait, moi, je ne suis pas d’accord. Il y a des gens qui peuvent se mouvoir dans ce que fait le président, moi, je ne peux pas, j’ai refusé et je refuse».

Macky Sall, un chef Isolé

Poursuivant ses critiques de la façon dont Macky Sall administre leur parti, Moustapha Cissé Lô a également laissé entendre que celui-ci serait tout simplement isolé par un groupe dans sa gestion du parti. «Aujourd’hui, il (président Macky Sall) est isolé dans sa gestion du parti par un groupe, je ne suis pas d’accord, je dois être impliqué dans les décisions qu’on prend mais aussi au cœur du dispositif du parti parce que je contribue au rayonnement, à l’élargissement et à la massification du parti en donnant tout ce que j’ai. Je suis le seul responsable qui donne tout au parti».

Répondant à ses détracteurs qui, selon lui, disent que Cissé Lô fait des menaces au président, il déclarera : «Le président ne m’a jamais rien donné. J’ai des salaires comme lui, ce que je perçois des activités que je mène sur le plan économique, je l’investis pour son profit dans les Magal, Gamou et dans les activités du parti. J’ai financé partout. Je refuse de cautionner des gens comme (…) qui étaient contre le président et qui ne sont intéressés que pour l’argent».

 

Le quotidien

Intervention de la CDP dans le processus électoral : Rien de prévu, selon Ababacar Fall

         

Membre du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec), Ababacar Fall est d’avis que l’intervention de la Commission de protection des données personnelles (Cdp) dans le processus électoral à la suite de l’adoption de la nouvelle loi constitutionnelle portant généralisation du système de parrainage pour toutes les candidatures à la prochaine élection présidentielle  peut-être une bonne chose pour la sauvegarde des données personnelles des électeurs. Il a toutefois précisé que l’intervention de la Cdp dans le processus électoral n’est nullement prévue en l’état actuel des textes législatifs.

«Dans la loi électorale actuelle, il n’y a aucune disposition législative ou réglementaire concernant l’implication de la Commission de protection des données personnelles (Cdp) dans le processus électoral y compris le code électoral qui est la référence en la matière », explique Ababacar Fall , membre du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec.  Il fait remarquer qu’ en matière de contrôle au niveau du Conseil constitutionnel, «le juge constitutionnel a toujours fait faire les vérifications par la Direction de l’automatisation du fichier (Daf) avant de valider ou invalider les candidatures ». I l rappelle que : «C’est ce qui s’est fait depuis 1993 avec Me Mamadou Lô et récemment en 2012 avec les  Youssou Ndour, Kéba Kendé et Abdourahmane Sarr ».  Il croit savoir que «  les listes des différents parrains n’ont jamais été publiées ».  Bien au contraire, « on a seulement dit que les candidats n’ont pas atteint le nombre de signatures valides requis sans pour autant leur permettre de faire un recours ; mais, il n’y’avait pas de publications de la liste des signataires ». A cause de tout cela, Babacar Fall affirme ne pas voir , aujourd’hui, «le Conseil constitutionnel publier les listes des personnes qui vont parrainer les candidatures pour la présidentielle de 2019, surtout avec le nombre élevé auquel il faudra s’attendre ».

Par ailleurs, fait-il remarquer : « Compte tenu du fait que les modalités de la mise en œuvre de cette nouvelle loi sur la généralisation de ce parrainage n’ont pas encore fait l’objet d’une intégration dans le code électoral, Il est prématuré de parler de ces conditions ». De son point de vue, «il faudra attendre les implications de cette loi dans le code électoral et des dispositions législatives et réglementaires relatives aux modalités de collecte des signatures et d’exploitation de ces signatures pour voir de façon claire le rôle que la CDP pourrait jouer dans le processus électoral ».

Il rappelle que cette suggestion du Gradec, à savoir : « si c’est un comité de validation des signatures composé d’experts, des gens de la société civile, des représentants de l’administration et des acteurs politiques qui sera mise en place pour effectuer le travail de pré-vérification des signatures, ces membres ne doivent pas avoir la possibilité de disposer des données. Ils doivent seulement faire les vérifications au niveau du Conseil constitutionnel, voir les données, les signatures et s’assurer de leur conformité. Et quel que soit le statut de ces gens-là, ils ne doivent pas avoir la possibilité de sortir avec les documents ».

Revenant sur le champ de compétence de la CDP, Babacar Fall relève qu’il : «est plus large et ne concerne pas que le parrainage mais plusieurs domaines dont notamment les données personnelles relatives à l’utilisation de l’internet, des comptes Facebook, des caméras de surveillance entre autres». Cependant, fait-il remarquer, «la CDP peut jouer un rôle qui se limite juste à garantir que les informations que les électeurs sont amenés à donner concernant leur identité, leur adresse, leurs numéros de cartes d’identité et d’électeur ne soient pas utilisées par les candidats ou les partis politiques à une fin autre que le parrainage». Selon Babacar Fall, « nonobstant le contrôle qui va être fait dans des formes qui vont être définies par les acteurs et par le Conseil constitutionnel », il faudra « s’assurer que ces données ne seront pas utilisées à des fins autres que celles pour lesquelles, elles sont destinées ».  Pour le reste, Il demeure « convaincu que c’est peut être sous ce rapport qu’il faut comprendre le communiqué de la CDP qui peut avoir en quelque sorte un rôle de régulation à l’instar du CNRA par exemple afin que des données recueillies dans le cadre du parrainage ne fassent pas l’objet d’un usage autre que ce qui a été prévu ».

PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES A DES FINS DE PARRAINAGE - CE QUE DIT LA LOI

La question du parrainage introduite dans la Constitution sénégalaise, le jeudi 19 avril 2018, par la 13ème législature, tout comme sa mise en application après la modification du Code électoral qui se fera très prochainement, posent le problème de la gestion et de la protection des données personnelles. Moult interrogations taraudent l’esprit des Sénégalais relativement à la confidentialité des noms des parrains, quand on sait que ne peut être portée que la candidature d’un seul prétendant au fauteuil présidentiel. D’où les assurances de la Commission de protection des données personnelles (Cdp), à travers un communiqué en date du 1er mai. Dans ladite note, les services de Awa Ndiaye, présidente de la Cdp promettent de mettre en œuvre «toutes les dispositions nécessaires à la sécurité et à la confidentialité des données personnelles de l’ensemble des électeurs seront rappelées aux autorités et aux candidats concernés». Mieux, ladite institution compte veiller «à l’application de la loi au fur et à mesure que les mécanismes d’opérationnalisation seront adoptés». 

CONTROLES ET SANCTIONS

Que dit en réalité, la loi n°2008-12 du 25 janvier 2008, en cas de non-respect des droits des citoyens ? Dans sa section V, intitulée Contrôle et sanctions administratives et pécuniaires, notamment en son article 29, il est dit que la Cdp peut prononcer les mesures suivantes : «un avertissement à l’égard du responsable du traitement ne respectant pas les obligations découlant de la présente loi» ou «une mise en demeure de faire cesser les manquements concernés dans le délai qu’elle fixe».

Poursuivant, en son article 30, la loi permet à la Cdp, si le responsable du traitement ne se conforme pas à la mise en demeure qui lui a été adressée, après procédure contradictoire, de prendre les sanctions suivantes : «un retrait provisoire de l’autorisation accordée pour une durée de trois (3) mois à l’expiration de laquelle, le retrait devient définitif», ainsi «qu’une amende pécuniaire d’un (1) million à cent (100) millions de Franc Cfa».  Mieux, à l’article 31 de cette même loi, il est indiqué qu’en cas d’urgence, lorsque la mise en œuvre d’un traitement ou l’exploitation de données personnelles entraîne une violation de droits et libertés, la Cdp, après procédure contradictoire, peut décider «l’interruption de la mise en œuvre du traitement pour une durée maximale de trois (3) mois» ; «le verrouillage de certaines données à caractère personnel traitées pour une durée maximale de 3 mois» et même «l’interdiction temporaire ou définitive d’un traitement contraire aux dispositions de la présente loi». Cela, tout en précisant plus loin, à l’article 32 que «les sanctions et décisions prises par la Commission des Données Personnelles sont susceptibles de recours devant le Conseil d’Etat».

APPLICABILITE

Cependant, quid de l’applicabilité de telles sanctions à des partis ou organisations politiques ? Quelles sont les dispositions techniques prises par la commission gérée par Awa Ndiaye, pour procéder au suivi des opérations de collecte et de traitement des données personnelles à des fins de parrainage? A quel moment du processus peut intervenir la Cdp ? Quels sont ses pouvoirs coercitifs en cas de manquements répétés ? Le moins que l’on puisse dire est que la Cdp, dans la note rendue publique, promet de rappeler aux autorités et aux candidats concernés les dispositions de la loi. Sollicités par nos soins, les services d’Awa Ndiaye, présidente de la Cdp, promettent de fournir les réponses attendues très prochainement.

 

SudOnline

Maurice Soudieck Dione, Dr en science politique et enseignant-chercheur à l’université Gaston berger de Saint-Louis : «Il y a eu une rupture de confiance entre le pouvoir et l’opposition qui… »

Le boycott des initiatives du pouvoir par l’opposition peut être analysé à deux niveaux. Il y a d’abord le rapport que le régime du président Sall a tendance à entretenir avec l’opposition qui est marqué par la confrontation brutale. Lorsqu’on analyse les emprisonnements pour offense au chef de l’Etat par exemple, il y en a eu au moins quatre entre 2012 et 2016 : Me El Hadj Amadou Sall deux fois en 2012 et en 2016, Bara Gaye en 2013, Samuel Sarr en 2014 ; alors que sous le règne du président Abdou Diouf, en 19 ans, la commission de ce délit n’a été imputée qu’à Talla Sylla en 1998. Ensuite, il y a eu la traque des biens mal acquis, sélective et politisée à outrance contre l’opposition, le Parti démocratique sénégalais (Pds) notamment, avec de nombreuses violations des droits et libertés des mis en cause. En plus de cette répression de l’opposition, il y a les décisions récurrentes d’interdiction à manifester prises en violation flagrante de la Constitution, qui ont connu un point culminant avec la répression de la marche du 14 octobre 2016.

En plus et à cause de cette confrontation, il y a eu une rupture de confiance entre le pouvoir et l’opposition qui devraient se réunir autour d’un consensus par rapport aux règles de la compétition politique et par rapport aux institutions, notamment, à travers la réforme constitutionnelle du 20 mars 2016. Sur toutes ces questions essentielles, le fossé se creuse entre pouvoir et opposition. La rétractation du président Sall quant à réduire son mandat après l’avoir affirmé une multitude de fois, au Sénégal et à l’étranger, en externalisant le coût politique sur la base d’un « avis-décision » du Conseil constitutionnel fragilise l’institution judiciaire et éloigne davantage les acteurs du jeu politique. La précipitation à organiser le référendum dans la division en a fait une occasion manquée, car c’était le moment crucial pour construire un consensus fort autour des institutions pour qu’elles ne soient plus créées et dissoutes en permanence selon les intérêts politiciens du président en fonction, pour construire son hégémonie.

Dans le même ordre d’idées, le boycott par l’opposition des initiatives du pouvoir s’explique également par l’organisation catastrophique des élections législatives du 30 juillet 2017, avec des ratés aussi graves que nombreux, qui ont fait reculer le pays de près de 20 ans, le ramenant aux élections locales chaotiques de 1996. C’est lors de ces fameuses législatives de juillet 2017 également que la curiosité juridique de « l’avis-décision » a permis de modifier une loi pourtant claire et précise comme de l’eau de roche, eu égard aux documents de vote. Ce qui constitue une violation flagrante de la séparation et de l’indépendance des pouvoirs. Car c’est par exemple comme si le président de la République promulguait un projet de loi qui n’a pas été voté par l’Assemblée nationale, ou si l’Assemblée nationale votait une loi pour modifier une décision de justice ! Cela est complétement surréaliste ! Dans ce contexte marqué par une rupture de confiance, le régime en place persiste dans sa logique de passage en force, au lieu de donner des gages de bonne volonté pour l’organisation transparente des élections, afin de renouer les fils du dialogue. C’est plutôt un refus catégorique qui est réitéré quant à nommer un ministre sans coloration partisane chargé d’organiser les élections, après avoir considéré que l’essentiel c’est qu’on a gagné, en félicitant le ministre de l’Intérieur chef d’orchestre des Législatives !

Son successeur rajoute à la tension et à la suspicion, en affirmant publiquement qu’il ne ménagera aucun effort pour faire gagner son candidat de Président au premier tour ! Non content de tout cela, on sert à l’opposition le parrainage qui vient rajouter de la complexité, voire de la confusion dans les règles de la compétition, sans discussion, en déployant massivement les forces de l’ordre pour réprimer les manifestations et arrêter les opposants, alors qu’à l’Assemblée nationale, la loi est votée sans débat ! Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’opposition puisse adhérer aux initiatives du régime ? On ne peut pas construire une démocratie en écrasant par la force et la violence l’opposition. Même s’il y a eu deux alternances au Sénégal, il semble qu’il y a une remise en cause permanente et constante des acquis démocratiques par les régimes qui se succèdent !

Sudonline

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