Politique

Affaires petro Tim et Arcelor Mittal : La majorité présidentielle dans tous ses éclats

La polémique suscitée par les affaires Petro Tim et Arcelor Mittal continue encore d’alimenter le débat. Aujourd’hui, c’est la mouvance présidentielle qui se retrouve dans tous ses éclats, suite à la série de questionnements d’Abdoulaye Wade lors de son meeting tenue à la place de l’Obélisque, le 21 novembre dernier. En soulevant des zones d’ombres réelles ou supposées dans ces dossiers, le Pape du Sopi a au moins réussi à susciter une certaine … zizanie au sein de la majorité qui semble partir en vrille, tant les positions des uns et des autres s’entrechoquent.
 
Considérée à l’époque comme une simple stratégie politicienne du secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais, la série d’accusations de Me Wade, relativement aux affaires Petro Tim et Arcelor Mittal, installe de plus en plus le doute dans l’opinion sénégalaise et, de surcroit, dans la mouvance présidentielle elle-même. Deux semaines après cette sortie de Me Wade, les réactions continuent ainsi d’alimenter la place publique sénégalaise. Pas un seul jour ne passe sans qu’un avis concernant cette affaire ne soit rendu public dans la presse.
 
Pour rappel, l’ancien chef d’Etat sénégalais a vertement accusé devant une foule de militants rassemblée sur cette mythique place de la capitale sénégalaise, en l’occurrence la place de l’Obélisque, l’actuel Président Macky Sall de «s’être enrichi illégalement»dans l’affaire Arcelor Mittal, voire d’avoir fait perdre des milliards de francs Cfa à l’Etat du Sénégal. Poussant le bouchon plus loin, Me Wade s’était directement attaqué à la famille de Macky Sall en accusant celui-ci de s’être arrangé pour donner à son frère Aliou Sall 30 % des parts d’une société de recherche et d’exploitation de pétrole dans les blocs de Saint-Louis Offshore Profond et de Cayar Offshore Profond, en l’occurrence Petro Tim.
 
Les réactions avaient fusé de toutes parts, déclenchant une polémique qui continue encore de faire les choux gras de la presse. Muette sur la question au début, la mouvance présidentielle est aujourd’hui en train de se déchirer sur cette même question. En effet, on assiste de plus en plus à des prises de positions froides du côté des partis membres de la coalition au pouvoir, en l’occurrence Bennoo Bokk Yaakaar (Bby. Certains sont même allés jusqu’à adopter une position « extrême » vis-à-vis du gouvernement sur cette question en demandant la publication de tous les contrats miniers signés au Sénégal. Il s’agit du Front pour le socialisme et la démocratie/Bennoo Jubël- (Fsd/Bj) de Cheikh Bamba Dièye et de la coalition Bennoo Siggil Senegaal (Bss). Membres de la mouvance présidentielle, ces deux entités politiques ont plus que surpris l’opinion, à travers leur sortie sur ce dossier.
 
FSD/BJ ET DE BENNOO SIGGIL SENEGAL EXIGENT LA LUMIERE SUR CES DOSSIERS
 
Le premier à réagir parmi les «amis» du président Macky sur cette question est en fait Cheikh Bamba Dièye, secrétaire général du Fsd/Bj. Dans un communiqué diffusé par nos collègues du site d’information, «ndarndar.com», Cheikh Bamba Dièye et ses amis interpellent en ces termes le chef de l’Etat. «En ces moments de doute, il ne sert à rien de noyer le poisson avec des menaces de poursuites judiciaires contre Wade. Il s’agit juste de sortir les contrats et accords incriminés et les vrais pour que le pays entier soit édifié». Et le communiqué.de renchérir : «L’Etat agissant au nom et pour le compte du citoyen est dans l’obligation d’éclairer notre lanterne. Ne pas le faire maintenant est suicidaire pour un régime et un Président qui avait fait de la transparence et de la gestion vertueuse son crédo».
 
La semaine dernière, c’était au tour des alliés du président de l’Assemblée nationale dans Bennoo Siggil Senegaal (Bss) d’emboucher la même trompette. Lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de l’Afp, la conférence des leaders de cette coalition, également membre de Bby, est allée plus loin en invitant les autorités en place à «prendre très au sérieux les interpellations» de l’ancien président de la République. Ils demandaient même à Macky Sall de fournir les documents de preuves concernant les dossiers Arcelor Mittal et Petro-Tim. «Nous invitons le gouvernement à donner toutes les informations dont il dispose pour clarifier et informer sur cette affaire. Ce n’est pas bien de voguer en permanence dans la nébuleuse, il est bon qu’on clarifie et que chacun fonde son opinion sur des faits concrets».
 
Que dire par ailleurs de la Ligue démocratique et de son secrétaire général Mamadou Ndoye qui réitéraient, avant-hier seulement lors de son passage à Touba, leur crédo à la transparence dans la gestion des affaires publiques comme à la reddition des comptes. Sur l’affaire ayant opposé le Président Macky Sall et le Président Abdoulaye Wade relatives aux dossiers Petro Tim et Arcelor Mittal, le patron des « Jallarbistes » avait tenu à déclarer : « nous  sommes pour la transparence et la reddition des comptes. Cela signifie que sur tout problème où le gouvernement  a le devoir de rendre compte, il doit être transparent et rendre compte ».
 
LE PS ET CAR LENEEN TEMPERENT LEUR POSITION
 
A la différence de ces formations politiques de la mouvance présidentielle qui ont affiché clairement leur position vis-à-vis du gouvernement, concernant ces dossiers (Petro Tim & Arcelor Mittal), d’autres par contre ont préféré jouer au clair-obscur en maintenant un flou général sur leur position. C’est le cas du Parti socialiste (Ps) et la formation d’Amsatou Sow Sidibé, Car Leneen. Interpelé sur la question, le secrétaire général du Parti socialiste Ousmane Tanor Dieng s’est contenté tout simplement de livrer un discours sur le rapport «pouvoir-opposition». « Ma position est simple. Dans une démocratie, il y a l’opposition et le pouvoir. Ceux qui détiennent le pouvoir doivent l’exercer et ceux qui sont dans l’opposition doivent s’opposer librement. Le plus important simplement, c’est que l’Etat de droit soit respecté. Chacun reste dans son rôle dans le cadre des lois et régalements du pays. Je crois que c’est ça le plus important. Si des critiques sont faites de manière générale au pouvoir, le pouvoir a les moyens, les canaux, les preuves pour répondre et ça, c’est le jeu démocratique. Je pense que de ce point de vue, il n’y a rien d’anormal ». Et d’ajouter que «il n’y a rien de répréhensible. Il faut que chacun ait conscience de ses devoirs et responsabilités parce qu’une démocratie a besoin d’un pouvoir qui exerce ses responsabilités et d’autre part d’une opposition qui fait prévaloir ses droits ». La formation d’Amsatou Sow Sidibé s’est elle tout simplement contentée d’une déclaration dans laquelle son directoire appelait « à l’apaisement, à la sérénité et à la retenue».
 
L’APR DENONCE LA POSTURE DE SES ALLIES
 
A la suite de ces prises de positions aux allures de franche démarcation, la réaction du parti au pouvoir qui vient de fêter ses six années d’existence, ne s’est pas fait attendre. En déplacement à Ziguinchor, au cours du week-end écoulé, le ministre Directeur de cabinet politique du président de la République, Mahmout Saleh est entré dans la danse en invitant de son côté les alliés du chef de l’Etat à plus de retenue. Car a-t-il dit, «On ne doute pas de son ami». Le ministre conseiller est même allé jusqu’à qualifier l’attitude de ces alliés du Président de « cécité » ou de « surdité subite ». Au final, il les a invités à plus de retenue et plus  de sérénité  « s’ils estiment devoir encore être  dans le dispositif politique qui l’accompagne ». Avant de leur déconseiller d’ailleurs de s’engouffrer dans des tentatives de déstabilisation et de déconcentration, toutes choses qui, selon lui, sont le fait de l’opposition.
 
A sa suite, le Comité des Intellectuels républicains pour le suivi des engagements et de la massification de l’alliance pour la république (Cirsem), proche du pouvoir, a qualifié cette sortie de Bss et cie d’«engagement non partisan des alliés» De Macky Sall. Cela, «en dépit des réponses officielles claires et précises déjà apportées». Le Cirsem avait fini par exhorter «la conférence des leaders de Benno Siggil Senegaal à faire des propositions à l’Etat par des canaux appropriés sur l’affaire Arcelor Mittal et Petro -Tim.» C’est dire que les affaires Pétro Tim et Arcelor sont bien loin d’être épuisées et qu’elles pourraient déboucher sur des développements assez inattendus, surtout au niveau des relations tissées entre alliés de la mouvance présidentielle. Le moins qu’on pourrait dire, à ce niveau de la polémique, c’est que Me Wade a au moins réussi, en soulevant les affaires en question, à mettre un cheveu dans la soupe de Macky Sall. Au maître du jeu de s’employer à éteindre le feu, à défaut de voir sa coalition partir en vrille !

Réponse du porte-parole du khalife à Wade : «Touba n’oubliera jamais ce que vous avez fait pour elle»

Au nom du khalife général des mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre a répondu au Président Abdoulaye Wade. «Nous ne ferons que répéter ce que vous aviez eu l’habitude d’entendre parce que comme vous l’aviez dit, vous connaissez bien Touba. Mais la répétition est une bonne chose. Quand vous étiez à la tête de l’Etat, vous avez réalisé tout ce que le khalife vous avait dit.

Personne n’oubliera ce que vous avez fait à Touba et pour Serigne Touba, lui en premier. Comme il vous l’avait dit, vous devez rendre grâce à Dieu. Il dit que les conseils qu’il vous avait prodigués, à savoir de privilégier la paix, vous les avez suivis. Il ne vous le rappelle pas parce que vous êtes sur cette lancée. Le marabout a dit que vous vous connaissez il y a plus de vingt ans. En ce moment, vous n’étiez pas Président mais depuis lors, vous entretenez de bons rapports.»

lequotidien.sn

Le forum civil audite l’autoroute Thiès-Touba : « Opacité, gré à gré, non-respect de la concurrence »

Le président de la République Macky Sall va procéder à la pose de la première pierre de l’autoroute Thiès-Touba, le 27 décembre prochain. Déjà, Birahim Seck du Forum civil remet au devant de l’actualité la controverse qui avait entouré l’attribution du marché relative à “l’offre spontanée proposée par les Chinois”. Selon lui, la transparence et le respect de la concurrence sont foulés au pied, dans cette affaire où le gré à gré prédomine.
 
Le gouvernement serait-il en train de donner raison à Birahim seck du Forum civil dans l’attribution du marché relatif à l’extension de l’autoroute à péage jusqu’à Touba. Même si du côté du gouvernement, on laisse entendre que le contrat  avec les Chinois devant construire l’autoroute Thiès-Touba a été paraphé, mardi dernier, avec un financement de plus de 400 milliards, le non respect de la concurrence est vivement dénoncé par le Forum civil. Et pour cause, le président de la République Macky Sall va procéder, selon l’organisation, à la pose de la première pour l’extension de l’autoroute Thiès-Touba sans appel d’offre.
 
Et pourtant, à en croire Birahim Seck, l’attribution du marché avait été dénoncée à l’époque mais démentie sur toute la ligne. “En 2013, j’avais dénoncé le gré à gré qui a été accordé aux Chinois. J’avais dit à l’époque que le montant a été surévalué à plus de 100 milliards de Fcfa. En novembre 2013, Thierno Alassane Sall, ministre des Infrasctructures de l’époque, avait nié l’existence du gré à gré. Mais deux jours après,c’est-à-dire le 1er décembre 2013, Saër Niang, le directeur de l’Agence de régulation des marchés publics (Armp) disait que les 400 milliards constituent un montant indicatif” a –t-il rappelé.

Suffisant pour que Birahim Seck confronte les deux arguments afin de tirer une conclusion: “ aujourdhui, si on oppose les arguments de Thierno Alassane Sall et de Saër Niang, on se rend compte qu’il y a un gré à gré dans la mesure où le président de la République va procéder à la pause de la première pierre d’un marché alors qu’il n’y a pas eu appel d’offres. De plus, le montant de 400 milliards n’a pas bougé. Autrement dit, il a augmenté de 13 milliards. On est maintenant à 413 milliards. Le montant indicatif de Saer Niang n’existe plus”.
 
« L’AUTOROUTE THIES-TOUBA N’EST PAS OPPORTUNE ET... »
 
Au lieu de construire une autoroute à péage, selon Birahim Seck, le gouvernement avait une autre alternative qui lui permettait de rationaliser les ressources. “L’autoroute Thiès-Touba n’est pas opportune et les urgences sont ailleurs.Il suffit de faire deux fois deux voies sur la route actuelle. Parce que, hormis la présence du Magal, on ne constate pas un trafic dense entre Thiès et Touba”, se désole-t-il. Et de dénoncer l’absence de transparence dans cette affaire: “ce qu’ils n’ont pas dit ,c’est que l’autoroute à construire sera une autoroute  à péage. On veut nous imposer de payer pour aller à Touba par le biais de l’autoroute à péage”, dira-t-il en conclusion.

Accueilli à Touba sans huées : Macky gagne le ndigël religieux, en attendant...

Macky Sall a été accueilli par une marée humaine jeudi, à Touba, et sans huées, comme l’avait voulu le khalife général des mourides. Le ndigël refait surface, mais seulement sous son angle religieux. Qu’en sera-t-il des retombées électorales dont rêve tout politique ?

L’accueil populaire que Touba a réservé au Président Macky Sall jeudi est lu comme le fait du ndigël du khalife qui avait appelé ses disciples à recevoir un hôte avec les honneurs comme l’avait recommandé Cheikh Ahmadou Bamba. C’est sans doute le cas. Un respect de la consigne à la lettre, tout comme un respect à l’interdiction de huer Macky Sall et tout autre hôte de Touba. Cela dit, il convient de faire une lecture de cette foule à une seule couleur, celle religieuse, même s’il y a eu une forte dose politique à travers quelques pancartes brandies par des soutiens du Président.

Il y a fort longtemps, nombre d’observateurs avaient «tué» le ndigël. Alioune Badara Diop, chercheur à l’Ucad, avait vu juste quand il déclarait en 2012 dans Walf Grand Place : «Dire que le ndigël est révolu, c’est aller vite en besogne.» Lors de la restitution d’une étude sur le système électoral sénégalais, organisé par Enda Diapol, il ajoutait : «Il est prématuré de décréter la fin des ndigël politiques (consignes de vote), parce qu’il est conjoncturel (…) Un khalife donne le ndigël dans des circonstances particulières. Donc, on ne peut pas préjuger de ce que demain sera.» Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ndigël religieux ou politique ?
L’accueil de Macky Sall est-il religieux ou politique ? Sous l’angle de la visite présidentielle en prélude au grand magal prévu jeudi prochain, l’on est du domaine religieux. Et le khalife l’a rappelé : «Je demande aux talibés de réserver un accueil chaleureux à Macky Sall, un fils, un talibé, un hôte de marque qui vient en visite à Touba.» Là c’est le principe et le précepte du Guide des mourides qu’il appelle à perpétuer. Les politiques peuvent récupérer cette faveur et la politiser ; c’est de bonne guerre. Mais il serait exagéré d’en déduire que Touba «vote» Macky Sall avant l’heure, au sens d’un soutien politique.
Il convient de faire la part des choses, comme l’ont parfaitement fait les chercheurs Donal Cruise O’Brien, Momar Coumba Diop et Mamadou Diouf par exemple, qui distinguent le ndigël électoral de celui religieux. Dans La construction de l’Etat au Sénégal, les trois auteurs écrivaient, analysant la Présidentielle de 1988 et le ndigël de Serigne Abdou Lahat Mbacké : «On constate que c’est le moment où commence le refus du ndigël électoral chez les disciples mourides, mais aussi le début de la fin du régime socialiste qui interviendra à l’occasion des élections présidentielles de février-mars 2000.»
Et dans Le Sénégal sous Abdou­laye Wade : le Sopi à l’épreuve du pouvoir, Momar Coumba Diop et Cie ajoutaient : «La leçon à tirer de ces événements (ndigël de 1988) est qu’il existe, au sein de la confrérie, un groupe qui peut désobéir au khalife quand il sent ses intérêts menacés.» Intérêts économiques aussi comme l’affaire du paiement du fisc à Touba à la fin des années 1990.

La course pour le ndigël
Il apparaît dans le discours du porte-parole du khalife qui répondait à Macky Sall jeudi que Touba s’est faite une religion : Tous traités à égale dignité. Lorsque Cheikh Basssirou Abdou Khadre, au nom du khalife, dit à l’endroit du chef de l’Etat : «Le khalife n’a qu’une seule ambition, c’est de faire tout  pour la réussite de l’œuvre de Serigne Touba. Il a vu que depuis que vous êtes élu à la Magistrature suprême, vous ne cessez d’œuvrer pour la modernisation de Touba. En attestent les projets d’envergure… (comme) le projet Thiès-Touba (qui) montre, si besoin en était, que vous considérez Serigne Touba. Nous faisons sienne (l’œuvre de Serigne Touba) ce que disait Serigne Abdou Lahad à savoir si une personne fait des choses visibles pour vous, il faut la remercier vivement pour que nul n’en ignore. Nous vous remercions et prions que tous les projets que vous avez pour le Sénégal soient couronnés  de  succès.» C’est une bonne note et un appel passif à soutenir Macky Sall. Mais il faudra aussi relativiser, car cela n’aurait pas été évident dans un contexte électoral où Touba, conscient de la portée de tels messages, préfère prier pour tous les candidats. On se souvient encore qu’au second tour de la Présidentielle de 2012, le candidat sortant, mis en doute par Macky Sall, avait réservé son premier jour de campagne à Serigne Cheikh Sidy Makhtar. «Je suis musulman, mais j’ai choisi ma voie qui est le mouridisme. (…) Je sais que le pouvoir que je détiens vient de Touba. C’est pourquoi je privilégie Touba sur tout. (…) Voilà pourquoi je suis venu m’en référer à vous qui l’incarnez avant d’entamer la campagne pour le second tour», avait-il dit devant le khalife. Il n’y a pas eu un retour sur… allégeance, comme sur un investissement massif dans les projets de la ville de Cheikh Ahmadou Bamba. Les appels du pied, de façon récurrente et ostentatoire, n’y ont rien fait. Le porte-parole du khalife n’a dû lâcher que ceci : «Le khalife est conscient des réalisations que vous avez faites au Sénégal. Il priera pour vous, comme vous l’avez sollicité, afin que vos entreprises soient couronnées de succès. Les talibés con­vaincus qui travaillent en toute sincérité pour Serigne Touba verront, par la grâce de Dieu, leurs vœux exaucés, et nous espérons que ce sera le cas.» Lénifiant, mais pas suffisant pour une réélection.

«Réconciliation» n’est pas reconquête
Partant de ceux qui huaient le Président Sall aux Hlm, à Keur Nganda, l’on peut dire que ce sont des disciples opposés à son régime et à sa politique. Partant de la tradition mouride, et de son hospitalité héritées du Guide, il s’agit d’un «simple» ndigël religieux. «Sim­ple» pour les politiques qui rêvent tous d’un ndigël politique, mais surtout électoral encore peu évident.
Qu’est-ce que Wade et Macky Sall n’ont-ils pas fait pour obtenir ce qu’ils croyaient être la déterminante de leur élection en 2012 ? Qui ne se souvient pas de la course-poursuite entre les deux candidats arrivés au second tour, qui se bousculaient à Tawfekh, alors que Serigne Sidy Makhtar Mbacké avait choisi de se consacrer à sa retraite spirituelle ?
Cette consigne religieuse exécutée peut-elle se prolonger jusque dans le jeu électoral ? Pas si sûr. C’est tout de même dopant pour un homme à qui on prêtait une «distance» avec Touba, facteur qui aurait pesé dans la balance des Lo­cales du 29 juin dernier, avec une marrée bleue du Pds qui contrôle quasiment tout le Baol. «Ré­con­ciliation» avec Touba oui. Mais pas forcément une reconquête ?

lequotidien.sn

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