Politique

Manif des Libéraux du vendredi : Wade sedégonfle

Abdoulaye Wade et ses frères de parti ont décidé de surseoir à leur meeting de demain à la place de l’Obélisque. L’appel du khalife des mourides au pape du Sopi, disent les Libéraux, les a poussés à agir de la sorte. En attendant, le Pds ne prévoit pas de plan B pour suppléer Karim Wade, investi comme candidat dudit parti pour la prochaine Présidentielle et emprisonné pour enrichissement illicite. En ce sens, Me Abdoulaye Wade et Cie menacent de boycotter ou d’empêcher l’organisation de cette élection.

Ceux qui se préparaient à participer au meeting que devait tenir le Parti démocratique sénégalais (Pds), demain à la place de l’Obélisque, doivent repasser. La raison, le pape du Sopi et ses ouailles ont décidé de surseoir à la tenue de cette manif, provoquée par la condamnation de leur candidat Karim Wade à six ans de prison ferme par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Me Abdoulaye Wade et Cie en ont décidé ainsi, selon le porte-parole du Pds, à la suite d’une demande du khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, qui l’a appeler sur le chemin du retour de la prison de Rebeuss oû il était pour voire son fils Karim Wade.

Menace de boycott de la Présidentielle
Mais la condamnation de Karim Wade n’ébranle pas les Pds. Investi samedi dernier comme le candidat des Libéraux, l’ancien ministre d’Etat détient toujours la confiance de ses «frères» de parti, qui désirent le porter à la magistrature suprême en 2017. Depuis Rebeuss. Inédit ! Lors de la réunion d’hier du Comité directeur (Cd) présidée par Me Abdoulaye Wade, le Pds a mis en garde Macky Sall et son régime contre toute tentative d’empêcher la candidature de Wade-fils. Le porte-parole du parti, Babacar Gaye, révèle les deux mesures adoptées lors du Cd : «Si le pouvoir actuel dirigé par Macky Sall refuse à Karim Meissa Wade sa participation à la prochaine élection présidentielle, le Pds compte se doter de tous les moyens légaux de sa politique le moment venu (…) Il y a deux choses, comme nous n’avons pas de plan B, soit boycotter l’élection organisée par le pouvoir et laisser l’opinion nationale et internationale apprécier ou utiliser toutes les voies politiques, y compris d’empêcher l’organisation d’une élection dans l’ensemble du territoire national, si c’est utile.»

La jeunesse fera face à Macky Sall
Jugeant «inique» le verdict de la Crei, le Pds dit faire «confiance» à la Cour suprême parce que, considère-t-il, «aucun juge» de cette juridiction «ne validera» cette décision. «Sans préjuger de ce qui sera décidé, le Pds estime que nous avons des juges qui sont assez indépendants et outillés pour casser cet arrêt», espère M. Gaye, renseignant au passage que «le Pds ne négociera jamais la libération de Karim Wade et Cie».
En outre, les Libéraux ont fait le point sur les nombreux responsables ou militants libéraux incarcérés qui sont, d’après eux, au nombre de 26. Pour Babacar Gaye, le pouvoir fait tout pour «décapiter l’aile jeunesse du Pds». «Ils ont arrêté le responsable de l’Ujtl, le responsable des étudiants», liste Gaye qui considère que le pouvoir s’attaque à la jeunesse du Sénégal. «La jeunesse a fait face à Abdou Diouf. Elle ne manquera pas de le faire avec Macky Sall», avertit le porte-parole du Pds.

Lequotidien.sn

Prix littéraire Man Booker : quatre auteurs africains dans la liste des finalistes

Quatre auteurs africains figurent dans la liste des dix finalistes du prestigieux prix international de littérature anglophone "Man Booker". Le jury tranchera le 19 mai.

Il y avait rarement eu autant d'auteurs africains parmi les finalistes du prix international Man Booker. Le jury devra trancher entre dix écrivains, dont le grand gagnant sera désigné le 19 mai à Londres.

Parmi les auteurs africains figurent le Mozambicain Mia Couto, le Libyen Ibrahim Al-Koni ou encore la Sud-Africaine Marlene van Niekerk. Le Congolais Alain Mabanckou, lauréat du prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic (Seuil), et récemment salué par la critique pour Lumières de Pointe-Noire, fait également partie de la sélection. Pour la première fois, ces pays sont représentés dans cette sélection.

>> Lire aussi : Alain Mabanckou : "Ma place est peut-être au Congo"

Le prix, décerné tous les deux ans, récompense une oeuvre écrite ou traduite en anglais, et accorde à l'auteur la somme de 60 000 livres, soit plus de 81 000 euros. En 2007, l'écrivain nigérian Chinua Achebe, mort en 2013, avait remporté la prestigieuse récompense.

Sénégal: réactions tranchées à la condamnation de Karim Wade

Jugement indépendant pour les uns, procès politique pour les autres ; au Sénégal, la condamnation de Karim Wade divise le pays.

La Cour de Répression de l'enrichissement illicite (CREI) a reconnu Karim Wade coupable d'« enrichissement illicite » et l'a condamné à six ans de prison ferme et à une amende de 138 milliards de francs CFA (environ 209 millions d'euros), alors qu'il vient juste d'être désigné par son parti, le Parti démocratique sénégalais (PDS), candidat pour la prochaine élection présidentielle de 2019.

Les partisans et proches du PDS et de la famille Wade crient au procès politique. Serigne MBaké NDiaye, ancien porte-parole d’Abdoulaye Wade, le père de Karim Wade, est formel : pour lui, les juges n’avaient pas de preuves concrètes. « [L’enrichissement illicite] n’a jamais été prouvé et ça pose beaucoup de problèmes. Nulle part, le nom de Karim Wade n’a été mentionné. Ca veut dire que si Karim Wade est condamné, il y a toute une chaîne qui doit être condamnée en même temps : ce sont les notaires, ce sont les fonctionnaires de l’Etat du Sénégal qui ont permis que toutes ces affaires-là se passent. Donc, on ne peut pas, sur la base de présomptions, condamner quelqu’un », argue-t-il.

« Il n’y a pas de preuves »

Cet ami des Wade ajoute : « Personnellement, je n’ai pas été surpris parce que, depuis le début du procès, les droits de Karim Wade ont été régulièrement violés. Je constate tout simplement, et je l’ai toujours dit, que ce sont des adversaires politiques tapis dans l’ombre qui sont derrière tout ça, et qui sont en train de tirer les ficelles ». Dans le même temps, il demande au président Macky Sall de prendre des dispositions pour gracier ceux qui sont condamnés ; en dehors de Karim Wade, Bibo Bourgi, accusé d'être un prête-nom de l'ancien ministre, Alioune Samba Diassé et Mamadou Pouye, qui écopent eux aussi de lourdes peines, cinq ans de prison et de fortes amendes.

Même réaction indignée des avocats de Karim Wade. Maître Madické Niang, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ministre de la Justice n'en démord pas : « Pour nous, cette affaire ne peut avoir que des relents politiques parce que la CREI n’est pas une juridiction qui prend en compte certaines normes. Il n’y a pas de preuves. On s’appuie sur des témoignages alors que ces témoignages ont été contredits par d’autres. Pour moi, la décision n’a pas de base légale, la décision n’est pas fondée. J’ai ressenti ça comme une honte. Pour moi, cette décision représente un déshonneur pour la justice sénégalaise ».

« L’agenda politique n’a rien à voir avec l’agenda judiciaire »

Mais selon le ministre de la Justice sénégalais en place, Sidiki Kaba, la décision a été rendue en toute indépendance. « Vous avez entendu dire que tout a été fait, tout a été décidé pour lui ôter tous ses droits - civiques, civils et familiaux. Ce ne fut pas le cas. Le juge, en toute indépendance, a estimé qu’il n’y a pas corruption. Le parquet avait poursuivi dans ce sens. Si le projet politique existait pour précisément couler un adversaire politique, il va de soi que le résultat n’est pas atteint. Je ne pense pas que cette accusation puisse prospérer : l’agenda politique n’a rien à voir avec l’agenda judiciaire », a déclaré le plus haut magistrat du Sénégal.

Pour l'avocat de l'Etat du Sénégal, partie civile, Aly Fall, qui s'est battu pour que la reddition des comptes soit une réalité, la décision rendue par la cour est juste, elle a une portée « historique », et, il l'espère, aura une portée pédagogique. Ce qu'il ressent ? « Du soulagement, car le procès a été long [il a duré sept mois, NDLR] pour nous tous. De la fierté et de la satisfaction parce, que tout simplement, pour notre pays, je pense que c’est un grand moment ».

Aly Fall balaie les accusations de procès politique s'en référant aux conclusions de la CREI : « Ceux qui disent que c’est une condamnation politique ont politisé ce procès. La réponse que la cour a apporté avec un arrêt aussi structuré et aussi bien motivé lève le doute sur toutes les spéculations politiques concernant ce dossier », estime-t-il.

Faute de pouvoir faire appel du jugement, les avocats de la défense ont annoncé qu'ils allaient se pourvoir en cassation devant la cour suprême.

Rfi

Sénégal : Vieux Aïdara, "dommage collatéral" de l'affaire Karim Wade

Au lendemain de la condamnation de Karim Wade par la Crei pour enrichissement illicite, Vieux Aïdara, qui est considéré comme l'homme de paille du fils de l'ancien président sénégalais, a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique, depuis la France où il vit en exil.

Considéré comme un fugitif, Mamadou (dit "Vieux") Aïdara, considéré comme l'un des sept complices de Karim Wade par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), a été condamné le 23 mars à une peine supérieure à celle du principal accusé : dix ans de prison, une amende de 138,239 milliards de FCFA (210 millions d'euros) et la confiscation de tous ses biens. Selon la CREI, qui l'a jugé in absentia, il aurait été l'homme de paille du fils de l'ancien président dans la création de l'entreprise AN Médias, chargée de l'exploitation de la chaîne Canal Info News. Créée en 2005, celle-ci avait repris au Sénégal la diffusion hertzienne de Canal Plus Horizon, qui allait migrer vers le satellite.

À l'en croire, Vieux Aïdara s'est retrouvé pris au piège d'une juridiction spéciale qui attendait de lui qu'il "charge" Karim Wade sans s'embarrasser de la réalité des faits. Exilé en France depuis décembre 2012, ce Franco-Sénégalais, qui affirme se déplacer librement dans l'Union européenne malgré le mandat d'arrêt international qui pèse sur lui, entend aujourd'hui faire valoir ses droits face à l'État du Sénégal.

>> Lire aussi : Sénégal : la défense de Karim Wade entend "faire juger la CREI" - récit d'un verdict contesté

Jeune Afrique : Quelle a été votre réaction en apprenant votre condamnation par la CREI à dix ans de prison ?

Vieux Aïdara : Ce jugement justifie a posteriori ma décision de quitter le Sénégal en cours de procédure. La CREI, à mes yeux, est une juridiction inquisitoriale qui ne permet pas aux personnes soupçonnées de se défendre. Dès l'enquête préliminaire, les gendarmes m'avaient expliqué que Karim Wade était le véritable propriétaire de AN Médias SA, une société dont j'étais pourtant l'actionnaire avec Cheikh Tidiane Ndiaye.

Votre ancien associé, avec qui vous êtes en litige, est lui-même à l'origine de cette accusation…

Je suis effectivement en conflit devant la justice sénégalaise avec M. Ndiaye depuis juin 2007 concernant la répartition du capital d'AN Médias. Je considère que j'en possède 82,5 % ; Cheikh Tidiane Ndiaye en revendique 50 %. Une instruction est toujours pendante sur ce dossier. Dans un tel contexte, ses accusations n'auraient jamais dû être prises en compte par les enquêteurs. De plus, si je suis considéré comme un prête-nom de Karim Wade, il devrait l'être lui aussi. Pourtant la CREI ne l'a pas inquiété.

Karim Wade a-t-il joué un rôle dans la constitution d'AN Médias ?

À la demande du président Wade, Karim s'est contenté de favoriser des rendez-vous afin que j'obtienne l'autorisation administrative de lancer Canal Info News. Il m'a aussi mis en rapport avec l'un de ses amis, expert-comptable, pour m'aider à rédiger le bilan prévisionnel. Mais globalement, quand je me tournais vers Karim Wade, il n'avait pas le temps. Le jour où la chaîne a été créée, avec l'aval du président, il n'était même pas au courant. Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'Abdoulaye Wade a aidé financièrement la chaîne lorsqu'elle rencontrait des difficultés. Tout comme il l'a fait pour un certain nombre de médias sénégalais dans la même situation.

Comment est née l'accusation qui vous présente comme un homme de paille ?

Le 22 novembre 2012, ma vie a basculé. Un employé de la chaîne m'a appelé ce jour-là pour m'informer que des gendarmes cherchaient à me joindre. Lorsque je l'ai recontacté, l'officier de gendarmerie m'a proposé de passer le voir le lendemain. J'ai préféré y aller le jour-même, sans même savoir pour quel motif. Là, on m'a précisé que j'étais convoqué dans le cadre d'une enquête pour enrichissement illicite. Cela m'a fait sourire car je suis loin d'être riche. "C'est une plaisanterie ?", l'ai-je interrogé. "On a l'air de plaisanter ?", m'a-t-il répondu.

Que vous a-t-on demandé ce jour-là ?

On m'a interrogé sur mes relations avec Karim Wade. J'ai répondu que c'était un bon ami mais que cela relevait du cadre privé. On m'a ensuite questionné sur le rôle qu'avait joué Karim Wade dans le montage financier de Canal Infos News. J'ai répondu qu'il n'en avait joué aucun, tout en précisant que le seul soutien que j'avais reçu pour ce projet venait du président lui-même. Malgré moi, je venais de mettre le pied dans le dossier Karim Wade.

Quelques jours plus tard, vous êtes confronté à votre ex-associé, Cheikh Tidiane Ndiaye…

J'ai très vite compris qu'il était l'accusateur, et moi l'accusé. J'étais incrédule. AN Médias signifie Aïdara-Ndiaye Médias. Comment l'un de nous pourrait-il être un homme de paille et pas l'autre ? Je l'ai regardé dans les yeux et lui ai dit en substance :" Cheikh, arrête tes conneries ! Là, c'est du sérieux. Tu revendiques en justice 50 % des actions, alors pourquoi dis-tu que la société appartient à Karim Wade ?"

À la suite de cette audition, l'un des officiers de la gendarmerie m'a appelé sur mon portable pour que je revienne le voir. Il m'a alors expliqué : "En tant que grand frère, je te donne un conseil : en Afrique, quand le pouvoir change, il faut savoir aller dans le sens du vent. Sinon, tu finiras comme un dégât collatéral dans cette histoire." Pour gagner du temps, j'ai répondu que j'allais y réfléchir.

Est-ce à ce moment-là que vous avez décidé de quitter le Sénégal ?

Oui. Dès lors qu'un enquêteur me déclare que si je ne vais pas dans le sens souhaité, je risque de devenir un "dégât collatéral", je décide de foutre le camp. Je suis donc parti pour la France le 1er décembre 2012. Dès mon arrivée, j'ai communiqué à cet officier mes coordonnées et lui ai indiqué que je me tenais à sa disposition s'il souhaitait des précisions. Nous avons communiqué à plusieurs reprises par courriel pour les besoins de l'enquête.

Vous considérez-vous comme un "dommage collatéral" ?

Non, car à compter d'aujourd'hui, je vais me battre contre l'État du Sénégal. Je compte notamment saisir le président français. J'ai été spolié, puisque le matériel d'AN Médias – qui a été saisi – m'appartient personnellement, via une société unipersonnelle. Si mon investissement n'est pas sécurisé au Sénégal, cela signifie qu'une juridiction d'exception peut s'accaparer les investissements d'un citoyen français au prétexte qu'il était l'ami d'une personnalité accusée d'enrichissement illicite. Je vais également saisir les instances européennes. Le Sénégal ne peut passer son temps à solliciter les investissements privés et agir de la sorte.

Ne risquez-vous pas de vous voir opposer votre décision de vous être soustrait à la justice d'un État de droit ?

L'histoire a démontré qu'une juridiction d'exception n'est pas faite pour rendre la justice. Je n'ai nulle confiance en la CREI, qui est faite pour assouvir des règlements de comptes. Si tel n'était pas le cas, on m'aurait laissé tranquille dès l'enquête préliminaire.

Jeune Afrique

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