Politique

Manif’ à la Place de l’Obélisque : Wade délire en force

Les Libéral en chef a fait hier un réquisitoire sévère contre  la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) qui est en train de juger Karim Wade, son fils qu’il défend. Il assimile le contraire a de la lâcheté. Abdoulaye Wade a fait savoir au Président Sall qu’il ne négociera pas la libération de l’ancien ministre d’Etat.

«Celui qui ne défend pas son fils est un lâche»
Abdoulaye Wade s’en prend une nouvelle fois à la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Lors du meeting qu’il a dirigé hier à la Place de l’Obélisque, le secrétaire général du Parti démocratique sénégalais (Pds) a averti : «Je n’admettrai pas que la Cour se réunisse pour donner son jugement. Certains vont dire que je défends mon fils. Celui qui ne défend pas son fils est un lâche.» L’ancien chef de l’Etat a assimilé cette juridiction à un «machin». Du coup, il s’est engagé à ne pas la laisser terminer le procès en cours par une condamnation. «Je ne permettrai pas que Karim soit condamné par ce Tribunal qui est un machin, comme disait le Général De Gaulle. Et je suis prêt à y laisser ma vie», a-t-il martelé hier devant une foule acquise à sa cause.

Wade estime que Henry Grégoire Diop, le président de la Crei, a déjà son verdict. Il poursuit que la Crei est un «monstre» que le Président Macky Sall a ressuscité pour «liquider de potentiels adversaires politiques en 2017». Selon Abdoulaye Wade, certaines personnes inculpées doivent être transférées au «Tribunal correctionnel». Quant aux anciens ministres, il reviendra à «la Haute cour de justice de statuer sur leurs sorts».

«D’accord avec Macky sur le dialogue, libération de Karim non négociable»
Toutefois, le père veut que la justice statue sur le cas de son fils. «Macky Sall a parlé du dialogue et m’a répondu. Il a dit qu’il veut un dialogue, mais dans le cadre de la séparation des pouvoirs. Je suis d’accord. Je ne veux pas négocier la libération de Karim Wade. Je veux qu’il soit jugé. Mais je n’accepterai pas une condamnation de Karim venant de la Cour. Macky Sall n’est pas intelligent. Karim Wade est un banquier. Il vit dans le milieu financier. S’il est condamné à une peine d’un mois, personne n’aura confiance en lui. S’il le laissait sans qu’il ne soit jugé, personne n’aura besoin de lui. Je veux qu’il soit jugé», s’est expliqué le successeur de Abdou Diouf au pouvoir.
Néanmoins, Me Wade a rappelé que le président de la République est «le responsable du bon fonctionnement de toutes les institutions, y compris le Parlement et la Justice». Revenant sur le procès, Abdoulaye Wade ne comprend pas qu’on essaie d’attribuer les sociétés de Bibo Bourgi à son fils. Il s’en est ému en wolof : «Mais Karim ndeyam dafa ligey», une manière de se demander si son fils n’est pas le plus méritant au monde.

«Je veux apprendre aux Sénégalais à résister…»
S’attribuant le titre de grand artisan de la démocratie sénégalaise, Abdoulaye Wade trouve inacceptables «les violations de la Constitution, notamment  le droit de marcher». Pour dire que c’est la raison pour laquelle il s’est rendu à la Place de l’Obélisque samedi dernier. Par cet acte, ajoute-t-il, le Libéral en chef a voulu par ailleurs s’ériger en pédagogue. «On demande pourquoi je l’ai fait. Je veux apprendre aux Sénégalais à résister à l’oppression, lorsqu’ils ont le droit avec eux. Il ne faut pas reculer. Un ancien Président est un citoyen. Je ne veux pas que ce que j’ai construit ici soit détruit par un régime d’incapables», argumente-t-il.
Le leader libéral s’est alors insurgé contre l’arrestation de certains de ses partisans le week-end dernier. «On a arrêté Toussaint Manga et les autres, alors que j’étais l’unique organisateur de la manifestation. Pourquoi ne m’a-t-on pas arrêté ? Leur procès a été renvoyé au vendredi prochain. Il faudra aller les assister», intime-t-il à ses militants.
Cependant, quand il était opposant, précise le pape du Sopi, il a toujours refusé l’idée d’un coup d’Etat, même s’il en est capable. «Je ne peux pas gérer le Sénégal pendant douze ans et me lever pour dire que je vais faire un coup d’Etat. Pourtant je peux le faire, mais je ne le ferai pas», assure-t-il.

«Macky Sall a gagné… avec le soutien de puissances étrangères»
Le patron du Pds est également revenu sur sa défaite lors de la Présidentielle de 2012. Il considère qu’il a lâché le pouvoir pour éviter que le pays soit installé dans une crise, du fait de mains venues d’ailleurs. Selon lui, son successeur doit sa victoire à des pays qu’il n’ignore pas. «Macky Sall a gagné les élections avec le soutien de puissances étrangères, parce que je l’avais battu au premier tour. Mais j’ai su que des gens voulaient faire au Sénégal ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, avec deux gouvernements, deux armées, si Macky Sall perdait. Je lui ai demandé de venir prendre le pouvoir…», révèle-t-il à ses militants. Puis, le désormais ancien chef de l’Etat avait voulu «aider» son successeur. «Quelle a été sa réponse ? C’est la traque des biens mal acquis.»

lequotidien.sn

Décentralisation rationnelle et viable oui, mais non à la prolifération des collectivités locales  sur des bases politiciennes.

Il est indéniable et absolument vrai, que l’objectif principal et le but essentiel visé par la décentralisation, c’est parfaitement, de rapprocher l’administration le plus près possible de ses administrés. Et cela va sans dire, qu’elle doit aussi bien entendu être au service des citoyens, pour la satisfaction de leurs besoins administratifs et autres bien compris. Ce qui dicte dès lors à l’Etat, d’ériger les collectivités locales sur des bases saines, objectives, rationnelles et économiquement viables, pour répondre aux attentes légitimes des populations, en tous genres. Au Sénégal, malheureusement, tel n’est pas le cas jusque-là. Bien au contraire, ici, l’érection d’une collectivité locale n’obéit en général, qu’à satisfaire plus, à des revendications politiciennes ou démagogiques, plutôt que de satisfaire les besoins administratifs indispensables et les nécessités économiques, sociales et culturelles des populations concernées. A l’état actuel des choses au Sénégal, nous avons le regret de constater effectivement le nombre pléthorique de nos collectivités locales tous genres confondus, dont certaines sont pratiquement des coquilles vides, dépourvues de ressources économiques et humaines suffisantes, justifiant valablement leur érection.

L’acte 3 de la décentralisation aurait dû en principe et objectivement, procéder avant tout, à une évaluation exhaustive de l’existant, et à un réexamen du bien fondé du maintien de cette pléthore de collectivités locales, dont certaines sont manifestement peu viables, si nous en jugeons par l’état des lieux et leur fonctionnement réel en ce moment à bien des égards. Assurément et en toute souveraineté, l’Etat devrait revoir à la lumière de leur vécu réel, leur baisse en vue d’une fusion prochaine entre elles, pour plus de viabilité des nouvelles. Mais, le PSE et l’acte 3 ont-t-ils même pris en compte et conscience cet état de fait, qui est une réalité incontestable et qui devrait être aussi incontournable?

Cette réforme de l’acte 3 de la décentralisation, considérée par le Pouvoir comme la cheville ouvrière de son Plan Sénégal Emergent (PSE), aurait mieux et plus gagné en performance et efficacité, si l’Etait avait le courage nécessaire, d’évaluer d’abord et d’oser dire non à certains cas complaisants, pour l’intérêt général et le développement harmonieux des localités visées. L’acte 3 devrait, avant l’entame de sa mise en œuvre, procéder à une évaluation exhaustive sérieuse de l’état des lieux, des présentes collectivités. Et à la suite de cet exercice, sur la base du résultat fiable obtenu sans complaisance, l’Etat verrait objectivement et sans aucun doute, l’absence criarde de viabilité et de fiabilité de certaines d’entre elles. Ainsi, fort et instruit par les enseignements et l’expérience tirés du vécu de la décentralisation depuis lors, l’Etat devrait procéder à la fusion rationnelle, judicieusement étudiée de certaines d’entre elles. Une fusion, bien entendu, profitable aux populations, et qui se fera nécessairement par le resserrement ou recentrage des entités actuelles. Précisément, de nouvelles collectivités locales ayant des potentialités économiques complémentaires pour un meilleur développement, des affinités et autres facteurs structurels favorables à un regroupement plus consistant, pour plus de viabilité économique, sociale et culturelle.

Nous avons noté que depuis le test de la première décentralisation en 1972, l’Etat n’a jamais procédé à une évaluation structurelle sérieuse et exhaustive des collectivités locales, en vue de corriger certaines anomalies et autres imperfections relevées dans la pratique et le parcours, pour plus d’efficacité dans leur fonctionnement. En fait, tous les pouvoirs qui se sont succédé à la tête de l’Etat, ont plutôt foncé tête baissée sur l’existent, sans aucune révision de taille préalable dans un sens quelconque, faisant ainsi, incontestablement, du pilotage à vue dans la réforme de l’administration territoriale. Et ceci, malgré toutes les anomalies et imperfections manifestement constatées dans leur fonctionnement, visiblement chaotiques. La preuve qui étaye cette affirmation est matérialisée par cette prolifération des collectivités locales, érigées de manière inconsidérée, par complaisance et sans mesures d’accompagnement pour garantir leur viabilité, comme le dicte en la matière, la loi. Cette disposition de la loi a été violée allègrement par tous les pouvoirs jusque-là, pour des raisons politiciennes et démagogiques particulièrement.

Parti de 7 régions en 1972, Le Sénégal en est aujourd’hui à 14, pour l’instant. La même logique est poursuivie, avec l’érection encore de nouveaux départements, ce qui porte leur nombre de 35 à 45. Dans le même ordre, des Communes de plein exercice, des Communes rurales, etc., ont été également nouvellement créées. Là aussi, la plupart d’entre-elles sontdépourvues du minimum nécessaire pour leur fonctionnement normal en tant qu’entité administrative et économique. En tout état de cause, le constat que l’on peut faire aisément, c’est que, cette décentralisation aveugle et irrationnelle appauvrit davantage certaines collectivités à cause de leur éclatement, et les prive de fait, du peu de ressources indispensables dont elles disposaient. Par voie de conséquence, l’Etat, en créant de nouvelles collectivités locales, est tenu de leur affecter du personnel adéquat spécifique et tous les services traditionnels réguliers de représentation de l’Etat central. Malheureusement, le principe qui voudrait qu’à chaque création de poste de charges, de prévoir les répondants en recettes, pour couvrir les charges, n’est pas respecté au Sénégal et même généralement en Afrique. Ainsi, au lieu de réduire les collectivités pléthoriques par fusion entre elles, de concentrer le peu de ressources disponibles pour plus de consistance, de minorer les charges partout où cela est possible, non ! L’Etat multiplie au contraire les dépenses par la création d’autres entités, et éparpille les ressources, déjà insuffisantes entre elles.

De facto, l’Etat crée certes des collectivités locales pour répondre aux besoins d’une réforme administrative et territoriale nécessaire, mais, en ne prenant pas en compte les conséquences des charges qui en découlent, il se trouve alors dans l’incapacité de leur fournir les moyens matériels nécessaires et ressources financières essentielles, pour assurer leur développement harmonieux. Il est incompréhensible pour beaucoup de Sénégalais, que l’Etat, malgré sa souveraineté soit contraint dans la conduite de sa réforme de l’administration territoriale, de se fixer une règle immuable, considérée en définitive, comme la Bible ou Le Coran. Ainsi, dans le cadre de la décentralisation, l’Etat, en créant des régions à la va-vite, se voit obliger de doter à chacune d’elle 3 départements, même si les conditions ne sont pas remplies pour en être ainsi. A cela s’ajoute, la création des Arrondissements, des Communes et communautés rurales, dont le nombre est fixé arbitrairement d’avance, sur des bases politiciennes et sans rapport avec la réalité du contexte économique du pays. Evidemment, toutes ces collectivités exigent la dotation obligatoire de services statutaires et de personnel administratif suffisant pour leur fonctionnement.

Bien entendu, toute cette bureaucratie qui n’apporte aucun impact positif dans le développement, nécessite plutôt des moyens énormes, tant matériels qu’humains. Ce qui pèse alourdit davantage le train de vie de l’Etat, qui est déjà devenu insupportable et hors de portée, dans les circonstances actuelles de nos propres ressources, régénérées par l’économie nationale. Certaines collectivités peinent même à payer régulièrement le salaire de leur personnel. Et, ce n’est pas le ministre des collectivités locales qui nous démentira, car, il reconnait ouvertement, que le personnel de celles-ci est bien pléthorique. Mais ce qu’il a omis de dire, c’est que les raisons évidentes de cette pléthore de personnel sont dues à l’augmentation injustifiée des collectivités et un recrutement du personnel sur des bases strictement politiciennes et complaisantes.

Ainsi, au lieu de s’atteler vers la création de grandes régions par complémentarité en ressources diverses, pour avoir des collectivités locales économiquement viables, cohérentes et qui se suffisent d’elles-mêmes, non, l’Etat opte pour leur fractionnement en de micros entités incapables de se développer durablement et de manière autonome. En vérité, la décentralisation version sénégalaise est pratiquement, synonyme d’une balkanisation du pays en des entités peu viables à bien des égards. Il est bien dit pourtant, à l’impossible nul n’est tenu, par conséquent, il est tout indiqué en matière de bonne gouvernance pour un Etat responsable, de s’assumer et d’oser dire la vérité à son peuple, quand il faut et dans son intérêt.

Mais comment comprendre, le Sénégal, avec une population approximativement de 13 millions d’habitants seulement, puisse compter 14 régions, dont certaines, ont certes un vaste territoire, mais d’une faible densité en population, désertiques ou alors avec peu de ressources naturelles? Lorsque dans le même temps, un pays comme la France, avec ses 66 millions d’habitants ne compte actuellement que 22 régions, mais a décidé de passer à 13 seulement en 2016, pour des raisons de viabilité économique, mais aussi, pour disposer de régions consistantes en potentialités économiques et sociales pour leur développement homogène. Il nous semble, du moins c’est l’impression qui se dégage alors, que nos Etats ne singent la France, que dans ses réformes les plus négatives.

On peut se demander franchement, pourquoi nos gouvernants ne se servent pas du vécu en général, qui est dans une large mesure, une bonne école d’expérience pour édifier et éclairer, non seulement les individus, mais aussi les Etats, dans leur prise de bonnes décisions pour le futur ? Mais enfin, quand est-ce que nos gouvernants comprendront-ils ce qui va de soi, pour s’évaluer constamment et tirer les leçons de leurs pratiques quotidiennes pour demain?

Les conséquences, d’une gouvernance mécanique, rudimentaire, informelle et faite de pilotage à vue, ne conduisent au bout du compte qu’à l’instauration d’un Etat bureaucratique, vorace en dépenses improductives, qui ne font que grever considérablement les charges de l’Etat au fil du temps. En continuant de multiplier infiniment l’érection des collectivités locales sur des bases subjectives, politiciennes et complaisantes, l’Etat multiplie dans le même temps ses charges financières, sans en contre partie, qu’elles régénèrent des retombées économiques conséquentes capables de couvrir ses charges élastiques. En effet, avec l’entretien d’un personnel administratif si pléthorique, affecté au service des nombreuses collectivités locales peu viables, et ne s’occupant uniquement qu’à des tâches administratives stériles, l’acte 3 de la décentralisation et le PSE sont irrémédiablement voués à l’échec, comme leurs prédécesseurs.

En conclusion, l’Etat du Sénégal doit courageusement prendre ses responsabilités et réviser les présentes collectivités locales, par leur rationalisation conséquente. Il pourrait mieux satisfaire les besoins des populations, en refondant judicieusement par fusion les collectivités actuelles en de grandes entités avec des potentialités économiques certaines. Puis, leur doter d’équipements techniques nécessaires performants, de moyens modernes et suffisants, à la place d’un personnel pléthorique inapte, inefficace et peu performant, donc au rendement nul. Avec de telles collectivités à leur juste mesure, l’Etat pourrait joindre et servir les populations partout où elles se trouveraient. L’Etat pourrait réduire ainsi, dans le même temps, la bureaucratie inefficace, source des blocages, des goulots d’étranglement dans le service public de l’Etat. Enfin, ce sera l’occasion pour l’Etat d’introduire les NTIC pour éliminer ou à défaut réduire au moins la corruption et les passe-droits au niveau des collectivités locales et dans les services publics en général.

Enfin, tous ces impacts négatifs relevés sont la résultante du fonctionnement d’un Etat fortement bureaucratique, qui s’arcboute sur les méthodes archaïques de l’administration néocoloniale désuète et qui refuse de rompre avec les méthodes du passé libéral et l’informel depuis l’avènement du 25 mars 2012.

Mandiaye Gaye

 

Procès Karim Wade : Les 99 milliards de Monaco à la barre

Le rapport présenté hier, devant la Crei, par l’expert Abo Mbaye Sall  révèle un flux financier estimé à 99 milliards. Cette manne financière a transité dans des comptes ouverts aux noms de Karim Meïssa Wade, Pape Mamadou Pouye, Bibo et son frère Karim Bourgi.

Au bas mot, 99 milliards ont transité dans 30 comptes ouverts aux noms de Karim Meïssa Wade, Pape Mamadou Pouye, Ibrahim Aboukhalil dit Bibo et son frère Karim Aboukhalil Bourgi. C’est la révélation de l’expert Abo Mbaye Sall désigné par la commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Invité à faire la synthèse comptable des différents comptes visés par l’arrêt de renvoi, M. Sall a indiqué que les sommes découvertes dans des banques, sises à Monaco, est l’équivalant d’un cumul de sommes versées au crédit. «Les transactions ont eu lieu entre 2002 et 2013», dit-il, avant de préciser que les mouvements de fonds n’ayant pas atteint 2 000 euros n’ont pas été comptabilisés. Selon le témoin, les opérations financières concernant les sociétés visées par l’arrêt de renvoi ont fait intervenir des personnes physiques. Ces mouvements de fonds concernent les comptes ouverts aux noms de l’ancien ministre de l’Energie et ses complices présumés. Ces derniers, en tant que personnes morales des sociétés Black pearl finance, Ahs, Gas, Menzies ingénieries, Menzies middle East and Africa, entre autres, étaient les principaux bénéficiaires économiques des opérations financières.

«Des comptes ouverts sous des appellations différentes»
D’ailleurs, l’expert Abo Mbaye Sall a révélé l’existence de comptes ouverts pour une même personne sous des appellations différentes. C’est le cas de Bibo et son frère Karim Bourgi qui procédaient, selon lui, à des permutations avec leurs nom  et prénoms. M. Sall donne un exemple : «Des comptes ont été ouverts au nom de Ibrahim Aboukhalil et d’autres sous l’appellation de Aboukhalil Ibrahim.» Cela dit, certains des complices présumés de Wade-fils avaient procédé à des virements dont ils sont en même temps les bénéficiaires. D’autres aspects soulevés par Abo Mbaye Sall sont liés aux indices qui ont permis de retracer des transactions financières où des personnes non titulaires de comptes ont pourtant pu être des bénéficiaires économiques. Cette anomalie a été relevée, avec des détails précis, par M. Sall. «Les opérations sont de natures différentes. Des détails sur la nature des versements ont été apportés grâce à des éléments figurant sur les relevés bancaires», explique-t-il.  Pour convaincre de sa bonne foi, l’expert-comptable affirme : «Les travaux ont été réalisés dans la plus grande transparence dans les locaux de la Crei.»

«2 millions de dollars versés dans le compte de Monaco par une personne physique non identifiée»
En ce qui concerne la provenance des relevés de compte bancaire, l’expert Sall indique que les pièces leur ont été fournies par les banques en question et  domiciliées à Monaco. «Nous avons utilisé des méthodes comptables rigoureuses. Sur certains relevés, nous avons pu identifier les personnes concernées, mais dans d’autres l’identification n’a pas été faite», souligne-t-il. Sur une question posée par Mamadou Pouye, M. Sall a indiqué qu’il est impossible qu’il enregistre des montants deux fois, d’autant que le travail a été fait sur la base des relevés bancaires et qu’il ne peut pas y avoir de doublons. En outre, il a indiqué qu’un montant de 1,2 milliard a été découvert dans un compte ouvert au nom de Karim Meïssa Wde. Il s’agit là d’un cumul de différents versements dont les auteurs sont parfois non identifiés. «Les travaux nous ont permis de constater que 474 millions ont été versés en 2003 dans le compte par Karim Meïssa Wade, ouvert à Monaco. En 2007, un autre versement de 2 millions de dollars a été effectué dans ce même compte, mais cette fois par une personne physique non identifiée», informe Abo Mbaye Sall.

«1,34 milliard retrouvé dans le compte de l’épouse de Pouye»
L’expert a souligné que  le seul retrait qui a été effectué sur le compte de Karim Wade est estimé à 200 millions de francs Cfa, pour le payement d’impôts. D’autres montants pour chaque mouvement concerné ont été avancés, même si l’argent  n’apparaît toujours pas dans les comptes indiqués. Le témoin a aussi évoqué des opérations financières concernant l’épouse de Pape Mamadou Pouye, Tawasni Maudri. 1,34 milliard a été retrouvé dans le compte de cette dernière.  Cette opération financière a eu lieu juste après l’ouverture des enquêtes sur l’enrichissement illicite.

lequotidien.sn

Il a franchi la ligne tracée par les Forces de l’ordre samedi. Wade va-t-il encore forcé le barrage de l’Obélisque alors que la manifestation du Fpdr est interdite ? Ce sera, en tout cas, un mercredi de haute tension avec le procès des jeunes Libéraux. A moins que le préfet ne revienne sur sa décision.

Abdoulaye Wade est à surveiller aujourd’hui plus que lors du sit-in avorté du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr). Après avoir forcé le barrage policier, l’ancien président de la République a juré que si la marche du Pds et de ses alliés de cet après-midi est encore interdite, il va appeler à marcher sur le Palais. Jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse cet article, le préfet de Dakar n’avait pas encore donné feu vert à la manifestation de l’opposition à la Place de l’Obélisque, que les Libéraux ont baptisée «Place de la Nation». Et à moins de se raviser pour répondre à la porte ouverte au dialogue par le chef de l’Etat, Alioune Badara Diop avait indiqué vendredi, sur Rfm, que toutes les déclarations du Fpdr sont «irrecevables» parce que n’ayant précisé «ni le lieu ni l’objet de la manifestation». Le ministre de l’Intérieur, tutelle du préfet, a rappelé hier que «ni le ministre ni le président de la République ne sont habilités à autoriser ou à interdire une marche». Selon lui, c’est du «ressort exclusif» de l’autorité préfectorale qui est «en train d’examiner le dossier». Abdoulaye Daouda Diallo ajoute : «Si la marche est autorisée, on va l’encadrer ; si elle est interdite, elle n’aura pas lieu. Et dans tous les cas de figure, on fera appliquer la loi.» S’agissant de la menace brandie par Wade d’appeler à manifester devant les grilles de la Présidence en cas d’interdiction de la manifestation d’aujourd’hui, le ministre se veut clair : «C’est de l’amusement. On ne peut pas, dans un pays sérieux comme le Sénégal, penser à marcher sur le palais de la République. Ça ne tient pas ; ça n’a pas de sens. C’est juste du verbiage.»

Dans tous les cas, c’est parti pour une journée à haute tension puisque les jeunes Libéraux, interpelés lors de la manifestation de vendredi, placés sous mandat de dépôt lundi, seront jugés aujourd’hui. A côté du procès de Karim Wade et Cie, il y aura du monde au Palais de justice.

lequotidien.sn

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