Politique

Sénégal: le PDS indigné par l’exclusion de Karim Wade des listes électorales

Le Parti démocratique sénégalais entend réagir après l’exclusion de Karim Wade des listes électorales. Un rejet qui prive le fils d’Abdoulaye Wade de la possibilité de se présenter à la prochaine élection présidentielle, puisque le fait d'être électeur est désormais un sésame obligatoire pour candidater. La direction générale des élections a indiqué avoir appliqué le code électoral, qui interdit l'inscription sur les listes à toute personne condamnée à une peine de 5 ans de prison ou plus. Or, Karim Wade a été condamné à 6 ans de prison pour enrichissement illicite.

Sonnés, peut-être mal préparés, les leaders du PDS, pourtant habitué à réagir au quart de tour, ont cette fois mis une journée pour se faire entendre. Babacar Gaye, le porte-parole du parti, estime que Macky Sall utilise « les moyens de l'État » pour éliminer ses adversaires politiques.

« Le président Macky Sall poursuit son dessein d’être élu pour un deuxième mandat en écartant systématiquement tous ses challengers, en l’occurrence Karim Wade », affirme l’homme politique d’opposition. Il accuse l’actuel chef d’État d’utiliser « les moyens de l’Etat, les ressources de l’État, de la police, de la gendarmerie, de la justice et même du ministère de l’Intérieur ».

« Macky Sall doit dégager »

Au sein du PDS, deux contre-attaques se mettent en place. La première est juridique, les avocats de Karim Wade ont 15 jours pour déposer leur recours. La seconde est politique, explique Babacar Gaye, qui refuse de préciser, mais estime que tout dialogue avec Macky Sall est définitivement rompu.

Il « pense qu’il est trop tard pour parler de solution de main tendue ». Pour lui, « Macky Sall doit dégager parce que, aujourd’hui, il est en train de constituer un danger pour notre démocratie, notre République. Les Sénégalais souhaitent aujourd’hui reconsidérer le choix qu’ils ont fait en 2012 et, peut-être, créer les conditions d’une réforme profonde de nos institutions pour que jamais on ne vive des situations pareilles ».

Le PDS dispose donc d'un délai très court pour réagir. Et se retrouve virtuellement, à 7 mois du premier tour de la présidentielle, sans candidat.

Conséquences politiques de la condamnation du SénégaL PAR LA CEDEAO dans l'affarire Khalifa Sall : Docteur Maurice S. Dione et Momar S.Ndiaye évaluent le préjudice.

Alors que le débat au plan juridique semble plus que jamais s’enliser dans une sorte de statu quo entre les conseillers du député-maire de Dakar et les avocats de l’Etat, au plan politique, les choses semblent se présenter autrement, si on en croit l’avis du Dr Maurice Soudieck Dione et de Momar Seyni Ndiaye. Interpellés par Sud Quotidien sur les enjeux au plan politique de la condamnation de l’Etat du Sénégal par la Cour de justice de la Cedeao dans l’affaire Khalifa Sall, nos deux analystes politiques sont presque formels. « «Cette décision écorne l’image et le leadership du Sénégal » et crédibilise les récriminations de l’opposition face aux violations récurrentes des principes de la démocratie et de l’État de droit au Sénégal, selon Dr Maurice Soudieck Dione, Enseignant-chercheur à l’UBG de Saint-Louis. Abondant dans le même sens, le journaliste formateur et analyste politique Momar Seyni Ndiaye soutient pour sa part qu’«au plan international, la voix du Sénégal pourrait s’affaiblir» si notre pays ne respecte pas l’esprit de cet arrêt.
 
MAURICE SOUDIECK DIONE, DR EN SCIENCE POLITIQUE ET ENSEIGNANT-CHERCHEUR À L’UGB DE SAINT-LOUIS
 «CETTE DECISION ECORNE L’IMAGE ET LE LEADERSHIP DU SENEGAL ET CREDIBILISE… »
 
Au plan international, cette décision de la Cedeao condamnant l’État du Sénégal écorche et écorne l’image du pays. D’abord, en ce qui concerne le leadership que le Sénégal a toujours incarné en Afrique et dans le monde, bien au-delà de son poids démographique et économique. D’emblée, il faut se rappeler que dans la traque dévoyée des biens mal acquis, la Cour de justice de la Cedeao a déjà rendu des décisions condamnant le Sénégal, mais qui ont été royalement ignorées, précisément en ce qui concerne le privilège de juridiction de Karim Wade et les mesures illégales d’interdiction d’aller et de venir prises à l’encontre de certains dignitaires du régime d’Abdoulaye Wade. Le Sénégal ne peut pas jouer dans la Cedeao un rôle de promotion et de protection des valeurs démocratiques de liberté, de dignité et d’égalité de tous, ainsi que de primauté du droit, si le pays est lui-même régulièrement condamné par les juridictions supranationales pour violation desdits principes.

Cela amoindrit effectivement le prestige du Président Sall, quant à prendre les devants dans toute crise au sein de l’espace Cedeao ou en Afrique, notamment lorsque l’origine relève, comme c’est souvent le cas, d’une violation des principes de l’État de droit et de la démocratie.  Dans le même ordre d’idées, le mouvement d’approfondissement de la démocratie dans la Cedeao et en Afrique peut également être réfréné si des pays comme le Sénégal, traditionnellement considérés comme des pionniers en la matière, s’illustrent si allègrement dans le piétinement des droits et libertés des citoyens pour des raisons politiciennes liées à la conservation du pouvoir. Sur le plan international toujours, on se souvient que le Groupe de travail des Nations-unies sur la détention arbitraire avait épinglé le Sénégal, considérant que la détention de Karim Wade était arbitraire. En définitive, les tenants du pouvoir ne peuvent pas continuer à se cacher frileusement et fallacieusement sur une prétendue souveraineté pour violer les droits et libertés des citoyens, des opposants notamment ; lesquels droits et libertés sont prévus par notre Constitution et tous les instruments juridiques internationaux d’affirmation et de défense des droits humains auxquels le Sénégal a adhéré. D’autant plus que ces pratiques recoupent des objectifs pernicieux de liquidation d’adversaires politiques.


Au plan national, l’impact de la décision va aller dans le sens d’une amplification et d’une crédibilisation des revendications et protestations de l’opposition face aux violations récurrentes des principes de la démocratie et de l’État de droit au Sénégal. La manière expéditive dont Khalifa Sall a été envoyé en prison, la violation de la règle communautaire d’être assisté par un avocat, le non-respect de son immunité parlementaire, la rapidité inhabituelle à enrôler son dossier pour être jugé en appel, alors qu’il y a d’innombrables autres dossiers de droit commun non encore traités, comme si à tout prix, il fallait qu’une décision définitive intervînt avant quelque acte de candidature à la présidentielle de 2019 de la part de Khalifa Sall, encore présumé innocent dans ce contentieux en cours, tout cela prouve encore une fois que cette affaire est éminemment politique.
 
MOMAR SEYNI NDIAYE, JOURNALISTE FORMATEUR ET ANALYSTE POLITIQUE
«AU PLAN INTERNATIONAL, LA VOIX DU SENEGAL POURRAIT S’AFFAIBLIR SI… »
 
Il va de soi que, quand le Sénégal signe des conventions communautaires et internationales, il n’a d’autre choix que de s’y conformer. Il devrait en être ainsi de cet arrêt de la Cour de Justice de la Cedeao comme des précédents. L’arrêt de la Cour de Justice porte sur la forme et non le fond de l’affaire. Il importe d’en analyser correctement les conséquences sur la suite. Il ne demande pas expressément l’arrêt des poursuites et la libération du prévenu Khalifa Sall. Mais, il est de notoriété qu’en matière de justice, le constat de vices de forme dans la menée des procédures impose de fait la reprise du procès. Je ne suis certain que les organes juridictionnels sénégalais soient décidés à envisager cette perspective. Condamné à verser 35 millions à Khalifa Sall et compagnie, l’Etat devrait respecter l’esprit de cet arrêt. Autrement, au plan interne, les Sénégalais pourraient continuer de prendre Khalifa Sall comme une victime expiatoire d’une machination politique. Cette victimisation pourrait lui profiter à plus ou moins long terme.


Au plan international, la voix du Sénégal pourrait s’affaiblir et sa posture de vitrine démocratique écorchée. Notre justice souffre d’un déficit d’indépendance. Et le ressenti d’une justice à deux vitesses est fort. On devrait comme à la Cour de Justice européenne, imposer des sanctions comme la limitation du droit de vote aux assemblées générales du Parlement, et à l’accès à certains financements communautaires. Ceci dit, les Sénégalais si avides d’équité soient-ils, ne comprennent pas que les hommes politiques, parce qu’ils disposent de puissants moyens de défense, utilisent ces artifices pour échapper à la loi. Je ne suis pas certain pour ma part que le maire de Dakar ait fait preuve d’exemplarité dans la gestion de la caisse d’avance. Le devoir de reddition des comptes s’impose à tous les responsables coupables d’écarts dans la gestion des deniers publics. Dans l’espace communautaire, je partage l’idée selon laquelle il faut désormais imposer, avec rigueur, des critères de convergence en matière de bonne gouvernance judiciaire.


DR MAURICE S. DIONE
« CETTE DECISION MODIFIE L’ORDONNANCEMENT JURIDIQUE EN FAVEUR DE KHALIFA SALL»
 
La décision de la Cour de justice de la Cedeao en principe s’impose aux institutions judiciaires nationales. Elle modifie l’ordonnancement juridique en faveur de Khalifa Sall. En effet, d’après la décision, des droits essentiels ont été bafoués : le droit à l’assistance d’un conseil à l'enquête préliminaire, le droit à la présomption d'innocence et le droit à un procès équitable. Or, en droit, la forme est intimement liée au fond : le respect des règles de forme est ce qui autorise et valide qu’on puisse aller dans le fond. Donc si la forme est substantiellement viciée, le fond ne saurait tenir. Reste à attendre de savoir quelles conséquences le juge d’appel va tirer de cette décision de la Cour de justice de la Cedeao, lors du réexamen de l’affaire dite de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, prévu le 9 juillet prochain.

Sud Quotidien

Sénégal: la candidature de Karim Wade à la présidentielle de 2019 retoquée

Le Parti démocratique sénégalais (PDS) créé par Abdoulaye Wade souhaite que le fils de l'ex-président, Karim, soit candidat à l'élection présidentielle de 2019. La direction générale des élections vient cependant de rejeter son inscription sur les listes électorales, désormais obligatoire pour être candidat à la présidence.

Le dossier est explosif au Sénégal. La majorité et le Parti démocratique sénégalais (PDS) de l'ex-président Abdoulaye Wade s’écharpent depuis des mois sur le cas du fils de l'ancien chef d'Etat, Karim Wade, gracié après trente-huit mois de prison par le président Macky Sall et qui vit désormais en exil au Qatar.

La direction générale des élections, qui a rejeté son inscription sur les listes électorales, indique cependant n’avoir fait qu’appliquer l’article L31 du code électoral qui stipule notamment qu’un individu condamné à une peine de prison de cinq ans ou plus ne peut devenir électeur.

Six ans de prison ferme

« Il a introduit une demande d’inscription sur les listes électorales, explique Bernard Casimir Cissé, responsable au sein de cette instance. Sa demande a été rejetée pour l’un des motifs que nous avons cités tout à l’heure, le cas des personnes figurant et cité à l’article L31 du code électoral ».

En mars 2015, Karim Wade a été condamné par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) à six ans de prison ferme et plus de 200 millions d'euros d'amende avant d'être gracié en juin 2016 par le président Macky Sall. D’où le rejet de sa demande d’inscription sur les listes électorales qui l’empêche pour le moment de déposer sa candidature à l’élection présidentielle.

Son parti, le PDS, n’a pas réagi pour le moment. Karim Wade a désormais quinze jours pour déposer une réclamation au niveau du consul du Koweït où il a déposé sa demande d’inscription.

RFI

NON-APPLICATION DES RECOMMANDATIONS DES COMMISSIONS INSTITUEES PAR MACKY SALL : L’OPPOSITION ACCUSE, LA MAJORITE TEMPERE

Institués par le chef de l’Etat, Macky Sall pour obtenir de larges consensus, mais surtout des conclusions dynamiques dans divers domaines dont les Institutions, le foncier, la justice ou même la consolidation de la démocratie sénégalaise, les Commissions ou Comités peinent à voir leurs recommandations se concrétiser. Ainsi donc, avec acuité, se pose le débat sur le sort réservé aux recommandations de ces structures créées sur décret présidentiel, au vu des ressources humaines et financières mobilisées à cet effet. Dans son édition du mardi 26 juin 2018, Sud Quotidien posait déjà la problématique et donnait la parole à quelques membres de la société civile, lesquels avaient stigmatisé la propension du maître du jeu, en l’occurrence Macky Sall, à mettre le coude sur les conclusions des commissions par lui-même créées. Dans la continuité de la démarche, Sud Quotidien interpelle, tout naturellement, la classe politique sur le suivi des conclusions et recommandations des commissions mises en place par le régime. Résultat des courses : les tenants de la majorité comme leurs adversaires de l’opposition politique ne parviennent pas à trouver des plages de convergence sur cette question.  


CHEIKH BAMBA DIEYE, DÉPUTÉ NON-INSCRIT ET LEADER DU FRONT POUR LE SOCIALISME ET LA DÉMOCRATIE/BENNO JUBEL (FSD/BJ)
«LE PRESIDENT SALL UTILISE TOUT LE MONDE COMME UN STRATAGEME POLITIQUE…»

Les Sénégalais doivent savoir que ce que dit le président Sall n’est absolument pas conforme avec ce qu’il fait. Et il fait et parle si fort (sa manière d’être, de se comporter, de trahir ses engagements, de ne rien respecter sur le respect qu’il doit aux autres) qu’on n’a pas besoin d’entendre son discours sur le dialogue, sur sa démarche inclusive parce qu’il n’est pas crédible à ce niveau-là. Car, le classement sans suite des recommandations des commissions commence à être un mode de gouvernance chez le président Macky Sall. Autrement dit, pour le président de la République, c’est un jeu du chat et de la souris non pas dans le sens d’aller vers la consolidation de l’Etat de droit mais simplement de capter les besoins exprimés par les gens. Il envoie dans des nuages et à la fin, les gens se rendent compte, une fois que la première ouverture est faite, que les choses s’arrêtent là. Il en était ainsi pour les recommandations des Assises nationales.
Il a signé la charte de bonne gouvernance et au moment où il a eu la possibilité d’aller en profondeur sur les réformes préconisées par les Assises, nous avons tous constaté qu’il a fait autre chose que ce qui était préconisé. Chaque fois qu’il sent que la situation nationale est assez tendue, il fait une ouverture de façade parce qu’il n’y a rien derrière cette ouverture. Mais, il doit savoir que cette démarche n’est pas crédible pour un pays qui cherche à asseoir une paix sociale et un Etat de droit.
En plus, c’est assez onéreux pour les finances publiques dans le sens où, parfois, c’est beaucoup de millions qui sont mobilisés pour financer les activités de ces différentes commissions dont les rapports et recommandations sont ensuite classés aux oubliettes. Je pense que les acteurs de la société nationale, au-delà de la société civile et la société politique, doivent se rendre compte qu’ils n’ont pas un partenaire crédible en face d’eux. Ils doivent savoir aussi qu’ils n’ont pas quelqu’un qui est dans l’ouverture vers les autres. Le président Sall utilise tout le monde comme un stratagème politique juste pour embellir de manière folklorique les formes extérieures alors que dedans, il n’est rien d’autre qu’une dictature impitoyable. Il ne fait aucune place au respect de la loi, de la légalité et de l’ordre quand il ne donne aucun crédit à l’argent dépensé, au temps consacré aux études mais aussi au respect qu’il doit aux citoyens pour les avoir conviés à des réflexions.
 
YOUSSOU TOURE, ANCIEN MINISTRE ET MEMBRE DE L’APR
«CE N’EST PAS UNE COURSE DE VITESSE»

Il faut savoir que le président doit prendre en charge beaucoup de préoccupations des Sénégalais. C’est vrai que des fois, il y a des urgences. Mais, un président de la République ne peut pas s’occuper de tout à la fois. Il y a des commissions qui ont été mises sur pied. Ces commissions sont en train d’abattre un excellent travail. Mais encore, faudrait-il qu’on ait du temps pour prendre en charge toutes ces questions. Ce n’est pas une course de vitesse. Il s’agit d’impliquer les populations pour faire en sorte que tout le monde puisse se retrouver, que ce soit l’opposition comme le pouvoir. Il doit y avoir un minimum de consensus entre acteurs politiques.

Ce pays n’appartient à personne, mais à tous ses fils. Il faut qu’on siffle la fin de la récréation. Un pouvoir, c’est quand même lourd. Nous sommes dans une République, dans une démocratie et il y a partout des priorités. Le président Macky Sall n’a pas hérité d’un paradis. Il a trouvé sur place des dossiers extrêmement chauds, compliqués, que des problèmes. Le président Macky Sall ne dispose pas d’une baguette magique. De 2012 à maintenant, est-ce que vous entendez parler de pénurie ? Qu’on ait le courage de reconnaitre que, de 2012 à aujourd’hui, les choses marchent véritablement. Les recommandations ont été prises en charge par le président de la République. Il faut quelque part lui rendre hommage. Tous les présidents qui l’ont précédé ont été quelque part confrontés à de réelles difficultés. S’il ne s’agissait que du président de la République, le Sénégal serait un paradis. Je pense qu’il faut continuer le dialogue, la discussion, les échanges. Gérer un Etat, ce n’est pas gérer une borne fontaine. Donc, il faut qu’on fasse preuve de tolérance et de retenue».


THIERNO BOCOUM, ANCIEN DÉPUTÉ ET PRÉSIDENT DU MOUVEMENT AGIR
«CETTE DEMARCHE N’EST PAS UN FAIT NOUVEAU CHEZ LE PRESIDENT SALL»


Le président de la République est rarement dans le fond. Il est toujours obnubilé par la forme et les apparences. Pour toutes les réformes engagées sous son magistère, il a fallu seulement rassembler des ressources humaines du Sénégal dans leur diversité mais également les deniers publics. Mais, tout cela n’est qu’apparence, un manteau qu’il a fait porter à des projets personnels pour donner l’image d’une personne d’ouverture, un démocrate, donner l’image d’un Sénégal qui est à cheval sur les principes de démocratie, de liberté et de justice alors que, dans la réalité, il n’y a rien.

Et, cette attitude est extrêmement dommage parce qu’en réalité, la Commission nationale de réforme des institutions devait pouvoir régler énormément de choses avec ses recommandations très importantes mais le président a choisi ce qui l’a intéressé pour l’appliquer. C’est le même constat avec l’Ofnac qui n’a pas jusqu’ici publié son rapport alors que dans la Loi qui a institué cet organe de contrôle, il est clairement dit que l’Ofnac doit publier ses rapports par tous les moyens.
Toutefois, cette démarche consistant à mettre dans les tiroirs les recommandations des rapports produits par des commissions qu’il a lui-même instituées n’est pas un fait nouveau chez le président Sall. Je dirais même que c’est une pratique courante chez lui et c’est dommage parce que le Sénégal a besoin de se pencher sur des questions essentielles pour les régler de manière définitive. On ne peut pas à chaque fois, revenir sur les mêmes questions, mettre en avant des stratégies de maintien au pouvoir et essayer de jouer sur la forme et les apparences.  
    
DR CHEIKH LO, AJ-PADS-A
«PEUT-ETRE QUE C’EST UN PROBLEME DE CALENDRIER MAIS L’EXPLOITATION EST EN COURS»


Le président, en mettant en place ces différentes commissions, avait une bonne vision. Parce qu’il savait qu’en les mettant sur pied, ces commissions allaient lui donner les éléments de réponse dont il a besoin pour mener à bien sa mission. Sur ce plan, vous avez raison. Il y a beaucoup de commissions qui ont déposé leurs conclusions. Maintenant, ce que j’apprends du Chef de l’Etat, c’est qu’il a son calendrier. Il a mis en place des commissions qui ont produit des résultats. Ça ne veut pas dire qu’il va utiliser tous les résultats. Parce que, quand tu mets en place une commission, cette structure dépose son travail et tu choisis par rapport à ce que tu penses pouvoir utiliser pour mener à bien ta mission. C’est vrai qu’il a pris beaucoup de temps pour répondre à ces différentes recommandations. Il est bien de l’interpeller pour qu’il puisse aller un peu plus vite, par rapport à l’exploitation des conclusions. C’est mon avis.

C’est bon d’attirer l’attention. Mais, dans les jours à venir, je suis certain qu’il va travailler dans ce sens. Peut-être même qu’il y a des gens qui sont en train d’y travailler, de voir les conclusions et de pouvoir donner au président la substance de ces conclusions-là. Je ne suis pas dans le secret des dieux. Je pars du postulat de départ pour dire que le président de la République a pris la décision lui-même, sans pression, de mettre en place ces commissions pour qu’elles puissent travailler et qu’il puisse utiliser leurs conclusions. A mon avis, c’est peut être un problème de calendrier mais l’exploitation est en cours. Peut-être aussi que c’est très lent, et qu’il faudrait que très rapidement on exploite ces conclusions. Mais, il faut savoir que quand tu mets en place une commission, elle peut travailler au-delà de ses limites. Ce qui est important, c’est de ramener l’affaire par rapport aux contours que vous avez définis. Parce qu’il (Macky Sall-ndlr) ne peut pas mettre de l’argent pour créer ces commissions-là et jeter ce travail. Je n’ai donc pas de doute que ce sera pour bientôt.

Sudonline

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