Politique

Poursuite de la traque des biens supposes mal acquis : Bennoo bokk yaakaar donne quitus a la crei

Les leaders de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) ont rencontré hier, mardi 31 mars, les avocats de l’Etat dans le cadre de la traque des biens mal acquis. Au sortir de la rencontre qui a duré plus de 2 tours d’horloge, Mamadou Ndoye, porte-parole du jour, a indiqué que le procès contre Karim Wade est un signal fort lancé aux hommes politiques, non sans indiquer que Bby encourage la poursuite de toutes les personnes incriminées par la Crei, sans distinction de bord politique.
 
«Nous avons pensé qu’il était important de ne pas arrêter la traque des biens mal acquis à ce procès contre Karim Wade. Ce sont tous les auteurs d’enrichissement illicite qui doivent être poursuivis. Bennoo Bokk Yaakaar a une tache cardinale dans ce dossier». Ce message fort, lancé à l’endroit des personnes incriminées par la Crei est de Mamadou Ndoye, secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld), non moins porte-parole du jour de la coalition Bby. Face à la presse hier, mardi 31 mars, au sortir de la rencontre de partage sur la lutte contre l’enrichissement illicite entre les avocats de l’Eta et ladite coalition, M. Ndoye a indiqué que  «la Crei est une institution opportune et adéquate».
 
A l’en croire, l’enjeu du procès contre Karim Wade et cie «est de dissuader la classe politique de se comporter de cette façon et qu’elle comprenne que lorsqu’on l’élit ou qui lui donne les richesses du pays, c’est pour le développement du pays et non  pas pour s’enrichir personnellement». D’où, selon lui, l’opportunité d’une telle rencontre avec les avocats de l’Etat, pour «aller vers le peuple et lui expliquer tous ces enjeux». Pour ce faire, M. Ndoye a estimé que «la bataille contre la mal gouvernance n’a pas seulement besoin de la justice», mais aussi «de la lutte politique, de la campagne d’opinion».
 
Le patron de la Ld a par ailleurs été catégorique, quant à la culpabilité de Karim Wade, condamné à 6 ans de prison, assortie d’une amende de 138 milliards. Visiblement revigoré par les arguments des conseils de l’Etat, M. Ndoye a déclaré que «les enquêtes ont confirmé à travers ses comptes, son patrimoine personnel et toutes les sociétés écrans car c’est lui qui a convoqué les notaires pour les créer». Pour lui, il ne saurait y avoir l’ombre d’un doute sur cette affaire

Maintien du mandat de Macky Sall à 7 ans : Youssou Touré se démarque de Cissé Lô

Youssou Touré et ses camarades enseignants de l’Apr approuvent le quinquennat. Et c’est pour se démarquer de Moustapha Cissé Lô qui prône le septennat.

Youssou Touré n’émet pas sur la même longueur d’ondes que Mous­tapha Cissé Lô sur le mandat du président de la République. Si le vice-président de l’Assemblée nationale milite pour un septennat, le leader des enseignants  de l’Apr dit plaider un quinquennat pour Macky Sall qui a affiché sa volonté de réduire son mandat. «Nous disons que, nous Réseau des enseignants, ce que Macky Sall a dit nous engage. Nous sommes dans le respect de l’engagement du Président dans la mesure du possible», a  déclaré M. Touré hier au cours d’un point  de presse. Pour lui, cet engagement «va dans le sens de l’approfondissement de la démocratie». ce qui, précise-t-il, ne les empêchent pas outre mesure de se demander si les  5 ans suffiront pour mener le travail pour lequel il a été porté à la tête de l’Etat. «De ce point de vue, on aurait préféré que le mandat soit maintenu à 7 ans. C’est pour permettre à n’importe quel président de la République de pouvoir poser, de façon durable, des actes allant dans le sens de prise en compte des préoccupations des populations», souligne-t-il.

Le secrétaire d’Etat à l’Alpha­bétisation précise que malgré ces interrogations, le Réseau des enseignants de l’Apr «n’a jamais remis en cause  l’engagement du président de la République de ramener son mandat de 7 à 5ans». A ceux qui cherchent au sein de leur parti à dissuader le Président de se détourner de cette voie, il dit : «Le Président Macky Sall est ouvert mais, sur les principes, il est très ferme. C’est la raison pour laquelle, nous ne nous faisons pas d’illusions. Si la loi le permet, il ramènera son mandat à 5 ans. La question doit être posée sur la table des juristes. 5 où 7 ans, c’est la même chose pour nous. Nous nous plierons à ce que Dieu décidera en 2017. Nous ne sommes pas des assoiffés de pouvoir.»

lequotidien.sn

Il annonce sa candidature sous la bannière de son futur parti : Ndéné refuse d’être «derrière le gosse»

Souleymane Ndéné Ndiaye n’est plus membre du Parti démocratique sénégalais. Il annonce la création de son parti sous peu en direction de la prochaine Présidentielle. Une démission qui intervient quelques jours après le choix de Karim Wade comme candidat du parti. Il suit sa logique de ne «jamais être derrière le gosse». Fin de ménage. Retour sur les incompatibilités d’humeur.

Il était une fois… Ainsi, se résume le départ de Souleymane Ndéné Ndiaye du Parti démocratique sénégalais que l’intéressé lui-même a annoncé -officialisé- hier sur les ondes de la Rfm. «Il est évident que je n’irai pas à cette élection présidentielle sous la bannière du Pds car, le Pds a déjà choisi son candidat. Et moi, je vais dans les prochains jours, les prochains mois, certainement, mettre sur pied un parti politique avec d’autres Sénégalais qui partagent ma vision du Sénégal de demain pour aller à cette élection présidentielle-là», a-t-il indiqué. Mais le divorce était prévisible au vu des «incompatibilités d’humeur» qui ont marqué ce «ménage» consommé pendant des décennies. S’il est vrai que la succession de Wade à la tête du Pds et le choix de Karim Wade ont accéléré la cadence de la rupture, les prémices étaient déjà là depuis la Présidentielle de 2012. Fait rare qu’un directeur de campagne soit mis à la touche pour avoir envoyé son candidat au second tour. Souleymane Ndéné Ndiaye n’a sans doute pas digéré que Wade le relègue au second plan pour mettre en place une équipe sans tête. Il disparaîtra des écrans, des radios, des journaux et même des dernières images du Président sortant et s’éloignera de Dakar. Crise de confiance étouffée, mais perceptible. A la chute le 25 mars, l’ancien Premier ministre qui -c’est légitime- espérait prendre la relève tout comme Pape Diop, voit Wade (r)abattre les cartes en choisissant Oumar Sarr pour coordonner le Pds. Il accepte d’être investi sur la liste des députés, mais ne semble pas trop «chaud» pour le poste. De chef du gouvernement à (simple) contrôleur du gouvernement, il y voit sans doute une déchéance qui ne lui va pas. C’est pourquoi sa démission de l’assemblée, 4 mois seulement après l’installation de la 12ème Législature, ne fut point une surprise. Grâce à lui, Iba Der Thiam, qui était sur la liste d’attente, devient titulaire. A cause de lui, soupirent les Libéraux, le Pds perd un de ses 12 députés qui s’acoquine plus avec le régime en place. Et petit à petit, Jules prend ses distances.

«Espérance bleue» noyée

La longue distance d’ailleurs, qui le mènera à Londres pour des études en anglais, n’était guère du goût de ses frères de parti. Et Doudou Wade ne s’en était pas caché en déclarant sur Rfm : «Souleymane Ndéné est allé à Londres pour apprendre l’anglais. Nous, nous en avons profité pendant son absence, certains comme moi pour apprendre le Sarakholé, le Sérère et le Diola pour pouvoir parler aux populations et prendre leurs préoccupations en charge. Quand il reviendra, il va revenir dans le parti sinon, peut-être qu’il doit aller en Gambie pour parler aux Gambiens…» Il ajoutera : «Nous n’avons pas les mêmes directions avec Souleymane Ndéné Ndiaye.» Le dernier Premier ministre de Wade a tracé quelques semaines plus tard sa direction en adressant une lettre à ses «frères», intitulée «L’Espé­rance bleue». Et ce, en pleine traque des biens mal acquis lancée contre des dignitaires de son parti. Une sorte de programme politique qu’il leur soumet. Ndéné, qui voyait le temps le fuir, était, aves ses exclamations, comme noyé dans le Lac de Lamartine. «Le temps de la Justice est lent ! Le temps de la Justice est long... Très long !», disait-il. «Il est venu, dans le Parti où j’ai construit toute la carrière politique, le temps du soupçon. (…) J’ai bien compris que c’est une manière subtile d’anticiper sur un débat dont on ne pourra, éternellement, faire l’économie. Celui de l’avenir du Parti démocratique sénégalais. (…) Faire renaître l’Esperance Bleue. C’est là le combat qui me fait sortir de mon mutisme et me préparer à revenir dans le champ politique. C’est ce que je dois à Me Wade : me battre de toutes mes forces, pour que son héritage survive à une Vie que nous lui souhaitons bien longue ! Pour que, jamais ne meure «l’Espérance bleue», avait-il écrit.

La logique du «jamais derrière le gosse»
Wade a décidé que cette «Espérance bleue» soit portée par son fils Karim. Mais pour Jules, comme il l’avait déjà indiqué dans sa lettre, «le temps de l’unanimisme est révolu !». Unanimisme imposé par Wade pour son fils ! Il est tout de même logique avec lui-même pour avoir juré : «Je ne serai jamais derrière le gosse.» Et le «gosse» est candidat du Pds, en tout cas investi par le Parti. Par l’autre partie du Pds. Dans L’EnQuête, la semaine dernière, Souleymane Ndéné Ndiaye avait pourtant déjà mis un pied hors du Pds. «(…) Jusqu’au moment où je parle, je suis au Pds. Maintenant, si les conditions ne sont pas réunies pour que je reste au Pds, j’en sortirais. Il n’y a pas de problème», disait-il. C’est qu’apparemment il n’y était plus. Et il a mis un point final à sa phrase, aux relents de menaces, qu’il avait confiée à L’Observateur : «Pour l’instant, mon souhait, c’est d’obtenir que le Pds m’investisse comme son candidat à l’élection présidentielle de 2017. Si mon parti décide autrement, je verrai justement quelle conduite adopter.» Sa conduite, c’était son départ et le lancement de son parti «dans les prochains mois».

lequotidien.sn

Prolongation du verdict de la Crei : Karim en ballotage défavorable !

Ballotté entre l’étau de la Cour suprême qui a été saisie par sa défense afin de casser le verdict de la Crei, et l’enclume d’une grâce présidentielle relevant des prérogatives du chef de l’Etat, Karim Wade est parti pour passer encore six mois en prison. Dans l’attente du délibéré d’une institution juridictionnelle qui a un semestre pour se prononcer sur la requête de la défense, qui vient d’être profondément chamboulée, occasionnant encore l’appréhension chez certains de ses avocats conseils, l’ex-ministre d’Etat vit en vérité la troisième mi-temps d’une reddition des comptes qui risque de lui être encore plus rédhibitoire.
 
Sous l’attente de la Cour suprême qui a encore six mois pour se prononcer sur la légalité de sa peine de six ans d’emprisonnement et de l’amende de 138 milliards de francs Cfa, à lui infligées par la Crei, Karim Wade n’est apparemment pas encore sorti de l’ornière. Après avoir ainsi passé près de deux années en prison (depuis le 17 avril 2013), l’ancien ministre d’Etat libéral et fils du Président sortant Abdoulaye Wade voit son avenir et sa liberté relever provisoirement d’une institution qui ne lui donne aucun gage de casser l’arrêt de la Crei, comme souhaité par sa défense, et le renvoyer à un autre procès devant la même Cour conduite par une autre équipe de magistrats. Est-ce la raison des cris d’orfraie notés chez l’un de ses avocats, en l’occurrence Me Seydou Diagne, qui s’est ouvertement inquiété entre autres du chamboulement opéré au niveau de la Cour suprême et officialisé vendredi dernier, lors de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature (Csm), présidée par le chef de l’Etat.
 
Seulement, comme si plusieurs sons de cloche semblaient émaner de la défense, d’autres conseils de Karim Wade et cie ont ramé à contrecourant des appréhensions de Me Seydou Diagne, relativement à cette «restructuration» de la Cour suprême. A l’instar de ce membre de la défense qui préfère garder l’anonymat, ou même de Me Baboucar Cissé (voir par ailleurs), l’un des avocats de Bibo Bourgi, qui ne voit aucun  acte politique dans ce changement opéré au sein de la Cour suprême dont l’ancien président, le magistrat Papa Oumar Sakho, a été remplacé par son homologue Mamadou Badio Camara, et dont le nouveau Procureur général est désormais Cheikh Tidiane Coulibaly. Pour rappel, c’est ce même magistrat qui était chargé de présider la chambre criminelle devant juger le travail d’Henry Grégoire Diop et qui avait été au centre d’un des arrêts rendus le 6 février 2014 rendant recevable la requête de Karim Wade  relative aux exceptions soulevées par la défense et de nature à entacher un procès équitable. Avant finalement la  requête en rabat d’arrêt validée du procureur général.
 
En tout état de cause, force est de constater qu’au lendemain de la condamnation de Karim Wade par la Crei et de la saisine par sa défense de la Cour suprême, aux fins de casser l’arrêt de la Cour, l’ancien ministre d’Etat est suspendu à un hypothétique verdict qui le maintient encore en prison pour six mois. Avant de le renvoyer vers un autre jugement au niveau d’une Crei dirigée par une autre équipe de juges, en cas de cassation et d’annulation de l’arrêt qui l’embastille encore pour six autres années de sa vie et 138 millions d’amende.
 
A défaut d’un délibéré favorable de la Cour suprême, ce qui serait un véritable camouflet pour le pouvoir qui compte faire, avec le procès contre les biens mal acquis, de la pédagogie par l’exemple, Karim Wade se verrait tout simplement à la merci de l’actuel ennemi public numéro 1 de son père, Macky Sall et d’une grâce présidentielle. Le candidat à la présidentielle de 2017 serait-il, dans ce cas-là, «réhabilité» par le candidat du pouvoir qui n’entend ni plus ni moins que rempiler à son poste de Premier des Sénégalais ? Qui sait ? L’histoire politique du Sénégal regorge de condamnations ou d’inculpations d’hommes politiques qui n’ont pas purgé toute leur peine, en raison de non lieu ou de grâce présidentielle. Sud quotidien en dresse un léger focus (voir par ailleurs).

Le Quotidien.sn

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