Politique

Présidentielle de 2019 : La candidature d’Abdoulaye Baldé affole l’Apr, à Ziguinchor

Comme une tempête de neige qui s’est abattue sur l’Alliance pour la République (APR) à Ziguinchor, la candidature annoncée du député-maire de la ville, Abdoulaye Baldé, semble geler tous les espoirs d’une victoire probante du président Macky Sall à Ziguinchor.

La candidature annoncée du député-maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, semble geler tous les espoirs d’une victoire probante du président Macky Sall dans la région sud. Certains responsables de la mouvance présidentielle qui espéraient un éventuel soutien du leader de l’UCS (Union des centristes du Sénégal) à leur mentor semblent ameutés par cette candidature d’Abdoulaye Baldé, qui perturbe ainsi tous les plans des partisans de Macky Sall à Ziguinchor.

D’abord parce que l’emprise de l’ancien ministre sous le régime de l’ancien président Abdoulaye Wade et actuel député-maire de Ziguinchor, sur l’électorat de la région sud reste toujours aussi patente, malgré des revers essuyés aux dernières élections. La coalition Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) n’arrive toujours pas à battre à plate couture le maire de Ziguinchor. Illustration parfaite lors des dernières législatives lorsque la coalition de Baldé a perdu par un score très étriqué.

Et le cumul de son score et celui de la coalition autour du PDS (Parti démocratique sénégalais) dépassait très largement les voix engrangées par Bennoo Bokk Yaakaar qui n’atteint guère les 40% de l’électorat à Ziguinchor. Toutes choses qui donnent des frissons aux partisans de Macky Sall à Ziguinchor dans la perspective de la présidentielle 2019 qui s’annonce épique entre la coalition Bennoo Bokk Yaakaar et les partisans du maire de Ziguinchor.

LES RAISONS D’UNE INQUIETUDE DANS LA MOUVANCE PRESIDENTIELLE

Le poids du maire de Ziguinchor est toujours bien réel dans la partie sud du pays. Aujourd’hui, l’une des craintes soulevées par certains responsables «apéristes» locaux réside dans l’émiettement des voix que pourrait engendrer une telle candidature. Car, un responsable de l’APR qui préfère garder l’anonymat, déclare: «Baldé dans nos rang aurait facilité le travail au sein de la mouvance présidentielle car, quoi qu’on dise, l’UCS reste la principale formation de l’opposition à Ziguinchor. Et Baldé a toujours un encrage fort au sein de l’électorat à Ziguinchor. Avec lui, il n’y aurait pas match à Ziguinchor. Maintenant, la tâche sera compliquée, surtout avec notre unité de façade qui risque bien de profiter à l’opposition…», martèle ce responsable politique.

Il sera rejoint par cet autre leader qui manifeste, lui, quelques craintes aussi par rapport à cette candidature d’Abdoulaye Baldé qui semble ameuter le camp présidentiel à Ziguinchor. Même si le chargé des élections de Bennoo Bokk Yaakaar à Ziguinchor, Youssou Sidibé, par ailleurs responsable APR dans la ville minimise et lance: «c’est peut-être normal pour ceux-là qui manifestent quelques craintes par rapport à la candidature de Baldé, surtout après tout ce que le président de la République a fait pour lui, pour sa commune et pour la région. Mais, personnellement, je m’y attendais car Baldé a toujours joué au dilatoire avec le président (Macky Sall, ndlr); il nous trouvera sur le terrain », martèle-t-il.

BALDE DEJOUE LES PRONOSTIQUE, L’APR FAIT DANS LA MENACE

Avant de poursuivre: «cela ne nous ébranle guère; il a des ambitions démesurées. Quelqu’un qui ne peut même pas s’occuper de sa commune prétend diriger un pays. Il avait tout pour accompagner le président Macky Sall mais, malheureusement, il n’a pas compris. Il a échappé à la prison avec cette histoire de la CREI (Cour de répression de l’enrichissement illicite, ndlr). Aujourd’hui, on s’attendait à ce que les fils et filles de la Casamance soutiennent le président de la République qui a beaucoup fait pour la Casamance, ce qui a poussé certains, logiquement, à penser que Baldé allait soutenir le chef de l’Etat», conclut-il, non sans lancer des flèches au maire de Ziguinchor.

Avec cette candidature annoncée, Abdoulaye Baldé délivre ainsi ses partisans à Ziguinchor, à l’image du responsable local des Jeunes de l’UCS, Mamadou Lamine Dia qui estime que cette déclaration de candidature d’Abdoulaye Balde contribue à redynamiser des troupes au sein de cette formation politique. Car, selon lui, «pendant un temps, les gens avaient semé le doute dans la tête des militants de l’UCS pour une candidature ou pas; ce qui avait beaucoup contribué à saper le moral de bons nombres de nos militants. Nous allons continuer à travailler pour faire de cette candidature une candidature sérieuse», lâche-t-il.

L’APR FACE A L’UCS ET PASTEF/LES PATRIOTES, CE QUI RISQUE DE FAIRE MAL AU CAMP DE MACKY

Avant d’accuser leurs adversaires de vouloir intoxiquer l’opinion: «nous avons toujours perturbé le sommeil des membres de l’APR qui pensaient qu’Abdoulaye Baldé allait les rejoindre. Ils avaient commencé à y croire; aujourd’hui que cette candidature se réaffirme, forcement ils vont être déçus et perturbés. Mais, nous allons travailler pour rester sur une ligne de victoire car ils doivent se mettre à l’évidence que les élections ne sont pas les mêmes…», prévient le patron des jeunesses centristes de Ziguinchor.

La candidature d’Abdoulaye Baldé est une sérieuse menace pour les partisans de Macky Sall à Ziguinchor qui feront également face aux partisans du leader du parti PASTEF/Les Patriotes d’Ousmane Sonko, un autre natif de Ziguinchor qui étend bien les tentacules de sa formation politique dans la région ainsi que d’autres leaders de l’opposition qui comptent également jouer leur partition à Ziguinchor pendant cette présidentielle.

LES DISSENSIONS AU SEIN DE L’APR A ZIGUINCHOR, UNE AUTRE MENACE

Ensuite, l’autre source de frémissement pour l’APR à Ziguinchor, ce sont les dissensions entre responsables qui ne sont toujours pas surmontées. Le dernier feuilleton de ces querelles intestines qui minent la formation de Macky Sall à Ziguinchor remonte à la semaine dernière. Les lieutenants de Benoit Sambou et ceux du recteur de l’Université Assane Seck, Kourfia Diawara, tous deux responsables politiques APR de Ziguinchor, se crêpaient les chignons par presse interposée, ressuscitant ainsi les démons de la division dans leur parti.

Une concaténation de faits qui justifient bien la crainte et l’affolement qui entourent aujourd’hui certains responsables de l’APR à Ziguinchor, suite à la candidature annoncée du député-maire de la ville. Cette décision du chef de file des centristes, Abdoulaye Baldé, de briguer les suffrages des Sénégalais à la présidentielle de 2019 tombe comme un coup de massue pour certains «apéristes» de Ziguinchor.

Ignace NDEYE

TELIKO dénonce l’immobilisme du «gouvernement qui cherche à gagner du temps»

C’est un discours musclé que le président de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), Souleymane Teliko a servi avant-hier, samedi 4 août, à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’organisation qu’il dirige. Dans sa déclaration, le président de l’Ums, a montré tout son amertume face à la non résolution des préoccupations de la magistrature. 

 

Le président de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), Souleymane Teliko, n’a pas porté de gants pour pointer du doigt les problèmes de la justice sénégalaise. Comme à ses habitudes, il y est allé à fond pour décrier le fonctionnement de justice. Sa première remarque étant de dire que la justice est un bien commun, donc il appartient à chaque magistrat de contribuer à son rayonnement. Il a plaidé, de ce fait, pour un profond engagement de ses pairs. Un engagement dont il estime qu’il doit être désintéressé pour l’unique cause de la justice. Mieux, Souleymane Teliko demande à la magistrature d’être déterminante « face à un pouvoir exécutif trop souvent habitué à être obéi, sans réserve, et peu disposé à être contrarié». 

 

Par ailleurs, le président de l’Ums a remis en cause la volonté de l’exécutif de dialoguer avec les magistrats. «Au regard de tout ce qui s’est passé durant ces derniers mois, on est fondé à s’interroger sur la volonté du gouvernement de nouer le fil du dialogue constructif avec les acteurs de la justice», s’est-il demandé. Cette interrogation trouve son fondement, selon Souleymane Teliko, dans l’absence de réaction par rapport aux actes du colloque sur l’indépendance de la justice transmis aux autorités, par l’Ums, et dans lesquels sont consignées les propositions de réforme formulées par l’écrasante majorité des magistrats. Pis, l’immobilisme observé par le pouvoir, depuis la fin des travaux du Comité de concertation, alors que le ministre de la Justice avait annoncé la remise imminente du rapport au chef de l’Etat, traduit, à son avis, le manque d’intérêt de l’Etat pour un dialogue. Cette situation est suffisante pour que Souleymane Teliko pense que «le gouvernement cherche à gagner du temps» dans un dossier qui requiert pourtant une attention particulière et «célérité». 

 

«QU’ON NE NOUS DEMANDE SURTOUT PAS DE SAVOIR DIALOGUER»

 

«Qu’on ne nous demande surtout pas de savoir dialoguer», s’exclame Souleymane Teliko. Pour lui, «dialoguer, ce n’est pas quémander, ce n’est pas supplier. Dialoguer, c’est se présenter avec ses idées et ses convictions, en partenaire libre et responsable».  Souleymane Teliko tient toutefois à préciser que «l’Ums, tout en continuant à privilégier la voie du dialogue constructif, seul moyen de faire un saut qualitatif, continuera à dénoncer, en toute liberté et responsabilité, la persistance d’un système judiciaire dont les failles leur valent, à longueur d’année, les critiques souvent légitimes des citoyens».  

 

Pour le président de l’Ums, lorsqu’il arrive le moment de se prononcer sur le devenir de leur institution, l’intérêt supérieur de la justice passe avant toute autre considération. Et, si toutefois que leurs «positions soient de nature à agacer ou à contrarier, force est de reconnaitre que c’est le propre de toute vérité d’être parfois amère à entendre» et que leur «objectif est bien plus noble que la provocation d’un pouvoir» avec lequel ils sont condamnés à cheminer ensemble.    

 

LOI PARTICULIEREMENT RETROGRADE ET DISCRIMINATOIRE PORTANT PROROGATION SELECTIVE DE L’AGE DE LA RETRAITE DE CERTAINS MAGISTRATS

Les magistrats ne sont non plus pressés pour la résolution de leur demande. «Qu’on ne nous parle pas non plus d’empressement! Car, depuis plus d’un an, les magistrats dénoncent, en vain, l’adoption de cette loi particulièrement rétrograde et discriminatoire sur la prorogation sélective de l’âge de la retraite. De même, concernant la gestion de la carrière, qu’ils décrient depuis de longues années, le manque de transparence qui alimente les critiques sur le fonctionnement du Csm (Conseil supérieur de la magistrature, ndlr)», s’insurge-t-il Souleymane Teliko.

 

Les doléances de l’Ums que le gouvernement n’a pas satisfaite c’est aussi le fait que nombre de magistrats attendent encore, en vain, d’être intégrés dans le grade Hors hiérarchie. «Inutile de préciser que depuis plus de six mois, des magistrats tardent à être intégrés dans le grade Hors hiérarchie, par la faute d’un Statut devenu, à bien des égards, obsolète. Au regard de telles données, force est d’admettre que ce ne sont pas les magistrats qui sont pressés, mais que c’est bien le gouvernement qui continue d’hésiter à statuer sur un dossier dont l’urgence commande un enrôlement à bref délai». 

 

L’IMMOBILISME DE L’ETAT S’EXPLIQUE PAR UNE PEUR DE PERDRE LE POUVOIR SUR LA JUSTICE

 

L’immobilisme de l’Etat se traduit, pour le président de l’Ums, par une peur de perdre le pouvoir sur la justice.  «Dans le processus de mutation en cours, comme dans tout autre processus de changement, on sait ce que l’on perd mais on ne sait pas ce l’on trouve. C’est sans doute dans cette peur du changement qu’il faut trouver les raisons d’un tel immobilisme; une peur qui habite tant le pouvoir exécutif que certains d’entre nous; peur de voir la justice échapper à leur contrôle, pour les uns; peur de perdre les privilèges attachés à un système dont ils ont appris à profiter, pour les autres». 

 

Tout en demandant aux autorités étatiques de prendre leurs responsabilités, le président de l’Ums juge que c’est dans les circonstances pareilles à celles de la justice que l’on mesure la grandeur des dirigeants. «Celui qui attend que tout danger soit écarté pour mettre les voiles ne prendra jamais la mer; j’ajoute qu’il ne prendra jamais date avec l’histoire. Si, pour un dirigeant, prendre le temps de la réflexion est un signe de précaution louable, il n’atteint les cimes de la grandeur que lorsqu’il se montre capable de renoncer à ses privilèges pour garantir un meilleur devenir à sa nation. On n’attend pas moins de nos dirigeants», peste-t-il. 

 

Souleymane Teliko est d’avis qu’il est donc venu le moment pour le gouvernement «de montrer à tous les acteurs de la justice et, au-delà, à tous les citoyens, que le gouvernement du Sénégal tient vraiment au rayonnement de la justice de notre pays, en faisant que toutes les doléances soient résolues».                  

 

ISMAELA MADIOR FALL REPOND A SOULEYMANE TELIKO : «Votre discours est pertinent, mais il devrait être prononcé il y a de cela 10 ans»

Les problèmes de la justice soulevés par le président de l’Ums ne sont pas spécifiques au contexte actuel du Sénégal, a répondu Ismaïla Madior Fall, ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Dans son discours à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’Union des magistrats du sénégalais (Ums), il a estimé que c’est un discours qui sied aux années précédentes.

 

Les nombreux griefs portés par le président de l’Ums ne sont pas seulement spécifiques au contexte actuel, a jugé le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall. «Votre discours est pertinent, mais il devrait être prononcé il y a de cela 10 ans.  Il aurait pu être prononcé en 2008. Il aurait pu être prononcé en 1988, en 1978. Il aurait pu être prononcé dans tous les pays du monde» a-t-il dit. A son avis, les critiques formulées par le président de l’Ums ne sont pas spécifiques au Sénégal. «Elles sont des critiques qui peuvent répliquer dans d’autres contextes et dans d’autres temps» a jugé le Garde des Sceaux.  

 

Ismaïla Madior Fall a trouvé, toutefois, que même si la critique de la justice est fréquente, elle doit se faire dans le respect des institutions et dans la dignité des personnes qui animent la justice. «J’entends souvent des personnes dire que ceux qui jugent sachent qu’ils seront jugés. Je voudrai leur rappeler que ceux qui jugent ceux qui jugent, eux aussi, seront jugées», a-t-affirmé.

 

Revenant aux mesures prises par l’Etat pour répondre aux doléances des magistrats, le ministre de la Justice a annoncé l’octroi de 18.000 ha pour la construction de l’école de la magistrature à Diamniadio.  Mieux, il a réaffirmé sa volonté de renforcer la transparence dans le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature car, dit-il, «les mesures de nomination et d’avancement, doivent nécessairement faire l’objet de discussions entre les membres dudit conseil, ce que ne permettait visiblement pas l’ancien format des consultations à domicile». Ismaïla Madior Fall a relevé que la nouvelle formule qu’il a initiée permet de renforcer l’objectivation des nominations. Une grande mobilité des magistrats est nécessaire afin d’éviter que ce soient toujours les mêmes qui servent dans les juridictions les plus éloignées, a souligné le ministre de la Justice. Le déclassement de plus de 4 ha du périmètre de reboisement et de restauration des Niayes sont aussi entre autres mesures prises par le gouvernement pour loger les magistrats.  S’agissant de l’inamovibilité, le ministre de la Justice indique qu’il s’engage à l’élimination progressive des nominations aux postes par intérim, pour se conformer à la rigueur du principe constitutionnel.                        

 

TELIKO APPELLE LES JUGES A L’INTROSPECTION PAR RAPPORT AUX SCENES DE VIOLENCES LORS DES AUDIENCES : «Ces attaques traduisent aussi une inquiétante et progressive rupture de confiance entre les citoyens et leur Justice»

Les attaques contre des magistrats en plein exercice de leur fonction ne plaisent pas au président de l’Ums. Souleymane Teliko requiert des sanctions contre les auteurs de tels actes. Pour autant, il ne manquera pas de signifier à ses pairs que ce fait traduit un «déni de la justice». Dès lors, il est donc de leur devoir de se remettre en cause, face à la récurrence de telles pratiques. 

 

Le président de l’Ums, Souleymane Teliko, déplore les récentes manifestations de citoyens lors des audiences, comme ce fut le cas le jour du verdict du procès de Khalifa Sall et ses  co-accusés dans l’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar et lors du procès en appel. «Les scènes de violence auxquelles nous assistons aujourd’hui dans nos salles d’audience sont tout simplement injustifiables. Les attaques verbales et personnelles, venant parfois de ceux qui sont censés contribuer à la bonne administration de la justice, doivent être condamnées sans réserve et donner lieu à des sanctions appropriées à la mesure de leur gravité», dit Souleymane Teliko.

Cependant, précise-t-il, «l’honnêteté intellectuelle leur impose aussi de reconnaître qu’au-delà des dérapages que l’on peut mettre sur le compte d’une passion mal maitrisée ou d’une citoyenneté de mauvais aloi, ces attaques traduisent aussi une inquiétante et progressive rupture de confiance entre les citoyens et leur Justice». Les magistrats doivent, par conséquent, se remettre en cause. «Un devoir d’introspection nous incombe tous; non point pour nous auto flageller, mais pour rétablir la nécessaire confiance entre la justice et les citoyens au nom de qui elle est rendue. Et à cet égard, ce serait pour nous, une fuite en avant que d’éluder cette question difficile mais incontournable qui est de savoir quelle est leur part de responsabilité dans ce discrédit croissant de leur institution.»

 

CHAQUE MAGISTRAT DOIT VEILLER A CE QUE RIEN, DANS SA POSTURE ? NE SOIT DE NATURE A SUSCITER SUSPICION ET RUPTURE DE CONFIANCE

 

Pour Souleymane Teliko, «le droit légitime qu’ils ont de revendiquer leur participation dans l’œuvre de construction de la justice a pour corolaire le devoir d’assumer leur part de responsabilité dans tout ce qui advient au sein de l’institution judiciaire».   Souleymane Teliko, poursuivant son argumentaire, rappelle à ses collègues qu’être acteur, c’est aussi être responsable. «La considération et le respect auxquels nous avons naturellement droit ne nous sont accordés que sous réserve de l’application scrupuleuse des principes qui garantissent la tenue d’un procès juste et équitable». Mieux, leur   dit-il, «c’est le droit de chaque magistrat de traiter le dossier qui lui est soumis conformément à la loi et à sa conscience. Mais c’est le devoir à eux tous de veiller à ce que rien, dans leurs postures, ne soit de nature à susciter suspicion et rupture de confiance». 

 

Selon le président de l’Ums, «les activités et déclarations politiques que font certains de leurs collègues, en violation flagrante de leurs statuts, la sélectivité dans le traitement des dossiers, le rythme particulier auquel sont soumises certaines affaires, les postures et positions de certains d’entre eux, contribuent à conforter dans l’esprit des concitoyens le sentiment d’une justice à deux vitesses et aux ordres».  «Rien ne peut justifier que la justice du Sénégal, celle de Kéba Mbaye, Leyti Kama, Seydou Ba, Assane Bassirou Diouf et tant d’autres figures emblématiques de l’histoire judiciaire de l’Afrique, soit à ce point indexée. Pour mettre fin à toutes ces dérives, il nous faut donc, parallèlement aux condamnations et poursuites judiciaires, apprendre à nous conformer davantage à notre serment qui nous oblige à nous soumettre qu’à la loi», conclut le président de l’Ums.

 

CONVOCATION DE CHEIKH BAMBA DIEYE A LA DIC : Ismaïla Madior Fall se lave à grande eau

 

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, récuse toute implication dans la convocation du député Cheikh Bamba Dieye à la Division des investigations criminelles (Dic). «Le ministère et le ministre de la Justice n’ont rien à avoir avec la convocation. C’est l’Union des magistrats sénégalais qui a introduit une dénonciation au niveau du parquet», dit-il.  Pour rappel, le député a été convoqué, avant-hier samedi, pour répondre de ses attaques contre le président du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, Malick Lamotte et le président de la Cour d’appel de Dakar, Demba Kandji, qu’il accuserait d’être des juges corrompus.   

                                                     

 Fatou NDIAYE 

 

Sudonline

Soutien de la direction du PS au candidat Macky Sall en 2019 : Une décision a plusieurs enjeux

La Direction du Parti socialiste (Ps) a pris la décision de ne pas présenter un candidat (socialiste) pour la présidentielle de 2019 et de se ranger derrière le président Macky Sall, candidat de la coalition Bennoo bokk yaakaar (Bby) pour un second mandat. Ce choix des verts de Colobane met fin à la longue rivalité sur la scène politique sénégalaise entre l’Alliance pour la République (Apr) et le Ps, qui a commencé depuis 2009. 

 

Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général du Parti socialiste (Ps) et compagnie sont finalement passés à l’action, après plusieurs mois, voire années de jeu de yoyo sur fond de guéguerre et de rivalité entre responsables socialistes et «apéristes» autour du leadership de leurs formations respectives. Rivalité qui, rappelons-le, a bien commencé en 2009 alors que les deux partis politiques étaient membres de la coalition Bennoo Siggil Senegaal. Le Ps a finalement décidé, 9 ans après, de se ranger derrière le candidat de l’Apr, le président sortant Macky Sall, qui cherche un second mandat. En effet, réunis le samedi 28 juillet dernier, en Bureau politique, élargi aux Secrétaires généraux de coordination, aux élus nationaux et aux maires, les socialistes ont validé, à l’unanimité, la position du Secrétariat exécutif national de porter la candidature du président Macky Sall à la prochaine élection présidentielle du 24 février 2019.

 

UNE RIVALITE PS-APR DATANT DEPUIS 2009

 

Il faut dire que cette décision du Bureau politique, qui est l’instance dirigeante de la formation créée par feu le président-poète, Léopold Sedar Senghor, met un terme définitif au débat sur la candidature socialiste pour la prochaine présidentielle mais également à la rivalité Ps-Apr qui, rappelons-le, a bien commencé en 2009 alors que les deux formations politiques étaient membres de la coalition Bennoo Siggil Senegaal. Pour rappel, à l’époque, l’ex porte-parole du Ps, Me Aïssata Tall Sall, dans une sortie dans les colonnes du quotidien Walfadri, avait qualifié l’Apr «de virus qui gangrène la coalition Bennoo». Elle a fait cette sortie suite au refus catégorique des partisans de l’actuel chef de l’Etat de se conformer au principe d’une candidature unique de l’opposition réunie au sein de la coalition Benno Siggil Sénégal.

En réponse à cette sortie de l’actuel leader du mouvement «Osez l’avenir», l’actuel ministre d’Etat, Mbaye Ndiaye, en sa qualité de directeur des structures de l’Apr, avait répliqué sévèrement en précisant, à l’endroit de la responsable socialiste que «le Ps est un parti paternaliste, adepte de la pensée unique, qui n’accepte pas la critique. Aïssata Tall Sall doit savoir que la coalition n’est pas une propriété du Ps, et par conséquent, ce parti ne saurait définir les conditions et les règles dans Bennoo. Les adversaires des socialistes sont le peuple, qui l’a chassé du pouvoir en 2000 et le Pds qui continue de débaucher ses membres et qui a fini par le disloquer.» Ensuite, «ce n’est pas en dix ans qu’un parti politique qui a été rejeté, comme le Ps l’a été, va retrouver le pouvoir. En 2012, ce sera Macky Sall ou personne d’autre. Il est le métis culturel dont le Sénégal a besoin pour faire l’alternance de l’alternance» avait renchéri Mbaye Ndiaye.

 

L’ACTE III DE LA DECENTRALISATION QUI COMPLIQUE L’ELECTION DU MAIRE DE DAKAR

 

En 2013, cette rivalité entre les deux formations politiques prend une nouvelle tournure avec le lancement de l’Acte III de la Décentralisation qui a quasiment dépouillé la Ville de Dakar de sa substance et rendant l’élection d’un maire à Dakar plus compliqué, par la suppression de la liste de Dakar et l’introduction d’un nouveau mode d’élection du maire de la capitale par les élus venant des différentes communes d’arrondissements érigées en communes de plein exercice. Ceci dans le but de déloger, sans doute, Khalifa Sall, Secrétaire à la vie politique du Ps, au poste de maire de la Ville depuis 2009. A la suite de la réélection du responsable socialiste à la tête de la municipalité de la capitale, grâce à sa coalition Taxawu Dakar, la tension entre Apr et Ps n’a de cesse continué de grimper en perspective de la prochaine présidentielle.

 

L’APPAT DU HCCT POUR FAIRE RENTRER LE PS DEFINITIVEMENT DANS LES RANGS

 

Ainsi, de 2014 à la veille du référendum du 20 mars, il ne s’est pas passé un jour sans que l’on note des attaques par presse interposée entre responsables socialistes et aperistes. Mais, depuis la décision du chef de l’Etat de ne pas se conformer  à son engagement de réduire la durée de son mandat présidentiel de 7 à 5 ans, suite à un avis défavorable du Conseil constitutionnel qu’il a avait consulté au préalable sur la faisabilité, et d’organiser un referendum sur ses nouvelles réformes constitutionnelles prévoyant la création d’un Haut conseil des collectivités territoriales, la «tension» s’est calmée un peu entre responsables des deux formations. Ou du moins entre les responsables de l’Apr et les militants socialistes proches du Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng. Dans la mesure où ce sont les partisans de Khalifa Sall qui prendront la relève dans la bataille de positionnement au sujet de la candidature du Ps en 2019.

 

VERS UN AVENIR INCERTAIN POUR LE PS

 

Il faut souligner que cette décision augure également des lendemains incertains pour le Ps, après un règne sans partage à la tête du Sénégal pendant quarante ans. En effet, avec la boulimie affichée par les responsables du parti du président de la République, Macky Sall, qui ne cachent plus leur intention de prendre le contrôle de toutes les collectivités territoriales, y compris celles sous l’emprise de leurs alliés, dont la formation d’Ousmane Tanor Dieng sortie fragilisée des locales de 2014, le Ps risque gros lors des échéances électorales qui vont suivre, notamment les prochaines élections municipales et départementales.

 

Sudonline

Présidentielle 2019 - soutien a la candidature de Macky Sall : Tanor valide le choix du Ps

Ousmane Tanor Dieng et Cie n’en démordent pas. Pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, le Ps ne présentera pas de candidat à une élection présidentielle. En bureau élargi aux secrétaires généraux de coordination, aux élus nationaux et aux maires socialistes, l’ancien parti de Senghor et Abdou Diouf a validé, ce samedi 28 juillet, l’option de son secrétariat exécutif national de porter la candidature du Président Macky Sall à la présidentielle de  2019.

 

Le Bureau politique du Parti socialiste, a validé, à l’unanimité, en sa séance du samedi 28 juillet 2018, la position du Secrétariat exécutif national du parti de porter la candidature du Président Macky Sall à la prochaine présidentielle. La séance qui était élargie aux secrétaires généraux de coordination, aux élus nationaux et aux maires socialistes a permis à Ousmane Tanor Dieng et Cie de consacrer pour de bon le soutien des « Verts de Colobane » au chef de file de l’Apr qui entend briguer un second mandat à la tête du Sénégal. Du coup, l’ancien parti au pouvoir (1960-2000), présent à toutes les élections présidentielles organisées au Sénégal, depuis l’indépendance, rompt avec la coutume et se met derrière un prétendant au fauteuil présidentiel en lice… pour le premier tour d’une présidentielle. 

 

Pour Ousmane Tanor Dieng et les responsables du Ps, cette décision reste cependant logique dans la mesure où le Ps a toujours affiché sa constance à « poursuivre le partenariat avec la coalition Bennoo Bokk Yakaar, à l’issue des larges consultations des coordinations organisées en direction des élections législatives de juillet 2017 ». Qui plus est, ont argué les membres du Bureau politique du Ps pour rendre raison de ce compagnonnage avec le chef de file de l’Apr, « Ces six ans de partenariat au service des Sénégalaises et des Sénégalais, sous la conduite du Président Macky Sall, ont produit des résultats positifs tangibles dans tous les secteurs de la vie nationale et sur l’image internationale de notre pays. Aussi, le Président Macky Sall, contre vents et marées, a-t-il préservé la coalition, démontrant ainsi qu’il est un homme de parole et d’ouverture ». Fort de cette conviction, le  Ps a fini par engager « tous ses militants, sympathisants et électeurs à se mettre d’ores et déjà en ordre de bataille électorale pour assurer une victoire éclatante du Président Macky Sall au premier tour de l’élection présidentielle de février 2019 ».

 

MACKY ADOUBE TANOR

 

«L’Alliance pour la République (Apr) se félicite de cette position prise et assumée par les instances dirigeantes du Parti socialiste et mesure à sa juste valeur le choix de son Secrétaire Général, Monsieur Ousmane Tanor Dieng qui prouve, encore une fois, qu’il reste et demeure, un homme de valeur et de principe, engagé pour le développement de notre pays ». Tel a été, par le biais d’un communiqué, le sentiment exprimé par Macky Sall et le parti présidentiel, après l’option des « Verts de Colobane » de porter la candidature du chef de file de la majorité présidentielle au scrutin du 24 février 2019.

 

Dans la foulée, le chef de l’Etat et son parti ont affirmé sans fioritures dans leur texte qu’ «En consolidant ainsi le choix majeur du Parti socialiste pour  Bennoo Bokk Yaakaar et l’achèvement du projet politique du Président Macky Sall, l’homme d’Etat Ousmane Tanor Dieng honore les principes et valeurs du Parti socialiste, au service de la stabilité et du développement du Sénégal ». Saluant enfin « ce sens élevé de la responsabilité qui conforte, une nouvelle fois, le leadership intrinsèque et la légitimité politique du Président Ousmane Tanor Dieng », l’Apr établit que  cette décision du Ps et de son secrétaire général «marque l’entame d’une nouvelle étape dans la montée en puissance de la coalition Bennoo BokkYaakaar qui est sortie victorieuse de toutes les consultations électorales, depuis 2012».

 

SudOnline

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