Politique

Volonté de Macky Sall de rémunérer les chefs de village : L’agenda divise la classe politique

La volonté du chef de l’Etat, Macky Sall de marcher sur les pas de son prédécesseur Wade, concernant la valorisation de la fonction de chef de village, semble trouver l’approbation au sein de la classe politique. Ce qui divise cependant la majorité présidentielle du camp de l’opposition, c’est en fait le rétropédalage à la veille des législatives, 5 ans après son accession à la magistrature suprême. Si du côté de l’opposition l’on avance la thèse du calcul politicien, visant à faire les yeux doux aux chefs de village en prélude des législatives du 30 juillet prochain, il n’en demeure pas moins que le camp au pouvoir réfute ledit argument, estimant que l’agenda du chef de l’Etat ne se définit pas en fonction des rendez-vous électoraux.

MAYORO FAYE, CHARGE DE LA COMMUNICATION AU PDS : «C’est une décision électoraliste d’attendre au moment où il n’est plus sûr de rien...»

Le président Abdoulaye Wade voulait doter les chefs de village d’un statut et des émoluments. Il avait également prévu, dans le cadre des quotas des billets pour la Mecque et pour Rome, de leur octroyer une partie. Une manière pour lui de valoriser la fonction de chef de village qui est véritablement un auxiliaire de l’Etat. Le président Abdoulaye Wade voulait aussi réparer une injustice qui fait que les chefs de village abattaient un important travail pour l’Etat, sans pour autant en retour être reconnu par cet Etat. Il s’est rendu compte qu’au niveau de certains villages, il y avait des difficultés réelles de certaines populations que le chef de village est obligé de prendre en charge avant l’intervention de l’Etat. Toutes ces considérations avaient amené le président à démarrer le paiement d’émoluments mensuels aux chefs de village, à qui il avait doté de véhicules. Ils avaient conscience que ces véhicules n’étaient pas personnels et n’aillaient pas servir simplement les chefs de village, mais serviraient toute la localité pour diverses occasions.

Malheureusement, Macky Sall était revenu sur la décision du président Wade. Si aujourd’hui, il veut reprendre cette initiative de Me Wade, tendant à aider les chefs de village, ça veut dire simplement que la décision prise par Wade était une décision sage, qu’il ne faisait que rendre à César ce qui appartient à César. Maintenant, je ne sais pas encore dans quelle mesure veut-il appliquer cette vision de Wade. J’espère qu’il pourra avoir le véritable contenu de l’esprit de cette décision pour pouvoir satisfaire toute l’étendue de cette mesure comme l’avait entamé Me Wade pour rendre service aux populations à la base, à travers leur chef de village.

Maintenant, vous savez que Macky Sall nous a habitués à reprendre des projets de Wade. Malheureusement, à chaque fois, c’est la mise en œuvre qui pose réellement problème. Parfois même la mise en œuvre fausse l’esprit et même la destination des objectifs fixés par les projets laissés par Wade. C’était un projet très ambitieux et très pertinent de Wade. S’il attend à la veille des législatives pour vouloir penser à ces chefs de village à qui il a ôté des dizaines de mois de salaire, les véhicules, ainsi que certaines conditions de vie pendant 5 ans, c’est simplement une décision politique. C’est une décision électoraliste d’attendre au moment où il n’est plus sûr de rien, dans la mesure où les législatives se pointent à l’horizon et il sait qu’il est minoritaire. En même temps, la présidentielle est dans moins de 2 ans. C’est dans ces conditions qu’il veut faire les yeux doux aux chefs de village. Mais, ces chefs de village sont des citoyens très avertis, qui sauront faire la part des choses et qui prendront la bonne décision. C’est-à-dire en sanctionnant le régime de Macky Sall qui leur a pris ce que Wade leur a donné.

MAWLOUD DIAKHATE DIRECTEUR DU CFDC DE L’AFP : «Ce serait un mauvais procès fait au chef de l’Etat de dire...»

Il faut peut-être comprendre que dans l’agenda politique, il y a des périodes où on peut noter des changements dans l’action politique et l’action administrative. Je crois que le fait que le président ait annoncé, dans son adresse du 4 avril, que ce ne serait que justice rendue de rémunérer ou de donner une certaine indemnité aux chefs de village, est une vieille doléance. Il ne faudrait pas faire la comparaison des agendas et de trouver que c’est une sorte de procédé qui vise à fausser le jeu, à la veille des législatives.

Parce que, tout simplement, le chef de l’Etat est dans la dynamique de l’Acte III de la décentralisation.

Dans cet objectif, il y a des décisions à prendre pour rendre cette planification ascendante, que commande la phase II de l’acte III. Vous savez que ce qu’on appelait les communautés rurales sont des communes de pleins exercices, d’égale dignité avec les anciennes communes qui étaient situées en ville. Même si ces communes ont la particularité d’avoir encore des villages, on peut penser qu’avec les nouvelles ruralités, ces villages pourraient être des quartiers ultérieurement. Donc, le fait de pouvoir octroyer un certain état administratif à ces chefs de villages est une juste mesure, parce que cela contribue au renforcement de la démocratie locale. Mais aussi, cela permet à ces chefs de village de pouvoir remplir leurs missions dignement.

Ce serait un mauvais procès fait au chef de l’Etat de dire qu’il veut influer sur les législatives. En tout cas, je pense que ce n’est pas cela. Parce que les chefs de villages sont de toutes les obédiences, de tous les partis politiques. Penser que le chef de l’Etat vise à enrôler par l’indemnisation ce personnel administratif pour en faire une clientèle politique, serait une lecture très courte de la réalité administrative. Il faut savoir qu’un Etat a un calendrier et des tâches à remplir quelle que soit la nature du rendez-vous électoral.

ZAHRA IYANE THIAM CONSEILLERE DU PRESIDENT : «Il faut déplorer qu’on puisse, pour chaque acte posé par le chef de l’Etat en trouver un corolaire politique »

Je voudrais d’abord préciser que l’agenda du chef de l’Etat ne se définit pas en fonction des élections. Il se dessine en fonction de ses ambitions, de sa vision et du contexte de l’heure. Et cela sur la base des tournées économiques faites dans le pays et des réalisations qui ont été faites depuis son accession au pouvoir. Puisque vous vous souvenez qu’en 2012, nous avions un pays qu’il fallait remettre à l’endroit, en termes économique, social, d’infrastructures. Donc, il y avait plusieurs retards d’investissements et il fallait également stabiliser le front social, que ce soit le panier de la ménagère ou l’accès à la santé, etc. Donc, sur la base des projections que le chef de l’Etat a eu à faire, notamment la question relative à la réduction du train de vie de l’Etat qui lui permet aujourd’hui de faire des économies qu’il redistribue dans des secteurs clés de ce pays. Parce que c’est une décision qui aura des incidences financières, si nous devons rémunérer tous les chefs de village de pays-là .Donc cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. C’est dire que c’est un processus qui a été réfléchi mûrement et peut-être qui aboutit aujourd’hui.

Maintenant, les malintentionnés peuvent penser que c’est fait à la veille d’élections. Mais, aujourd’hui, la planification impose que pour tout acte qui est en train d’être fait qu’on puisse y réfléchir profondément. Je saisi l’opportunité pour rappeler que seuls ceux qui ne savent pas ce que c’est le rôle de chef de village peuvent penser que ce n’est qu’une question politicienne. Ce sont des personnes qui vivent non seulement dans des situations précaires, mais qui ont une charge du fait de leur statut de chef de village. Vous allez dans un village où les gens, au cas où ils n’ont nulle part où aller, ils vont chez le chef de village. Donc, ce sont des gens qui vivent dans une certaine précarité mais qui de par leur statut ont des surcharges financières. Si le chef de l’Etat voit que ce sont des personnes qui méritent d’être accompagnées, pour mieux servir leur pays, moi je pense que c’est une excellente chose. Il faut s’en féliciter. Par contre, ce qu’il faut déplorer, c’est qu’on puisse pour chaque acte que le chef de l’Etat pose, qu’on veuille en trouver un corolaire politique.

DETHIE FALL VICE-PRESIDENT A REWMI : «Cette décision peut nous laisser penser qu’il s’agit d’une approche électoraliste et propagandiste»

C’est dommage de voir le Président se rendre compte de l’importance de la mission des chefs de village que 5 ans après. Parce que les chefs de village constituent la première courroie de transmission entre les populations et l’Etat. Il est à rappeler que quand il est arrivé au pouvoir, il avait décidé de retirer les véhicules des chefs de village oubliant que c’étaient des moyens de locomotion dans le village qui aidaient à transporter des malades dans les postes de santé. Maintenant, attendre à moins de 4 mois des élections législatives pour se rappeler des moyens pouvant accompagner la mission des chefs de village peut nous laisser penser qu’il s’agit d’une approche électoraliste et propagandiste.

L’idée est très bonne. Mais, il faut juste rappeler que c’est lui même qui avait dessaisi les chefs de village des moyens que l’ancien régime leur avait donné pour leur permettre de faire correctement leur travail. Je répète que les véhicules étaient des véhicules du village qui pouvaient servir à transporter des malades. Maintenant, vouloir rémunérer les chefs de village, à 4 mois des élections, l’idée est bonne, mais on peut penser que c’est une approche électoraliste, propagandiste. Parce qu’en réalité, il est obnubilé que par son deuxième mandat. Aujourd’hui, il a énormément de craintes pour ces élections législatives parce qu’il sait qu’il a perdu beaucoup de terrains et que les populations ont compris sa manière de gouverner et ils ne sont pas satisfaits de ses résultats.

L’exécution des tâches sans prise en compte des rendez-vous électoraux devrait être le cap, car l’Etat est une continuité. Il doit travailler pour les générations à venir et non pour un mandat à venir. Force est de constater que le président de la République, Macky Sall, à travers sa démarche électoraliste, travaille pour un deuxième mandat. Aujourd’hui, de façon unilatérale, il a augmenté le nombre de députés de 150 à 165  pour satisfaire une clientèle politique et de pouvoir intéresser les personnes capables de lui donner une majorité à l’Assemblée nationale aux prochaines élections. Il a des schémas assez courts avec comme seul objectif d’avoir une majorité à l’Assemblée.

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Rémunération des chefs de village : Macky plagie Wade

Rémunérer les Chefs de village ! Le président de la République, Macky Sall a demandé à son gouvernement d’étudier les conditions de cette rémunération qui, selon le Chef de l’Etat, en tant que relais indispensables de l’administration, exercent une mission de service public. Cette volonté, pourtant exprimée en 2012, par Abdoulaye Wade, ne sera pas traduite en acte par son successeur, Macky Sall qui a vite fait de la ranger dans les tiroirs. A l’époque, les détracteurs du pape du Sopi, y voyaient une sorte de «drague» envers ces dignitaires qui avaient même effectué un déplacement au Palais.

Esprit de solidarité ou drague des chefs de village, en vue des prochaines législatives ! A quelques mois du scrutin du 30 juillet prochain, et à deux ans de la Présidentielle de 2019, le président de la République, Macky Sall, a décidé de rémunérer les Chefs de village. Il a fait une telle sortie, lors de son adresse à la Nation, à la veille de la célébration de l’accession du Sénégal, à la magistrature suprême, hier, mardi 4 avril.

Ainsi, dans le «même esprit de développement solidaire et inclusif», Macky Sall a demandé au gouvernement «d’étudier les conditions de rémunération des Chefs de village, qui, en tant que relais indispensables de l’administration, exercent une mission de service public, souvent à leur propre charge».

Toutefois, il faut relever que ce n’est pas la première fois qu’une telle promesse a été évoquée, à la veille d’une élection.

Pour rappel, l’ancien chef de l’Etat, Abdoulaye Wade avait, à la veille de l’élection présidentielle de 2012, émis l’idée de rémunérer les Chefs de village. Le Pape du Sopi avait même reçu près de 2000 délégués représentant les 17.835 villages recensés à l’époque par le ministère de l’intérieur, dirigé par Ousmane Ngom. Audience au cours de laquelle, Me Wade avait promis de doter ces dignitaires de salaires, de statuts, de billets de pèlerinage etc.

La suite est connue. Le dossier a été enterré avec l’accession de Macky Sall à la magistrature suprême. Cinq ans après, le successeur de Me Wade la remet à nouveau sur la table.

«Rester mobilisé dans l’action»

Dans son discours adressé à la nation, le Président Sall a aussi appelé son gouvernement à rester mobilisé dans l’action, en ayant comme code de conduite le culte du résultat.«Sous l’autorité du Premier Ministre, j’ai assigné au gouvernement la tâche de rester mobilisé dans l’action, en ayant comme code de conduite le culte du résultat », a déclaré le Chef de l’Etat.

Et d’ajouter : «J’y tiens personnellement, parce que le développement inclusif et solidaire, qui sous-tend ma vision d’un Sénégal de tous et d’un Sénégal pour tous, est au cœur de mes préoccupations. C’est le sens de la baisse du prix de l’électricité déjà en vigueur. C’est le sens de la mesure que j’ai prise pour la transformation des titres précaires en titres fonciers, afin que chaque détenteur d’un droit d’occupation puisse accéder gratuitement et sans formalité indue, au droit de propriété».

Il indique que, par ailleurs, que  son devoir et celui du Gouvernement, est de rester dans le temps de l’action, pour répondre aux aspirations légitimes de tous à une vie meilleure. «Il nous faut continuer à apporter de l’eau au Sénégal qui a soif ; éclairer le Sénégal qui vit dans l’obscurité ; désenclaver nos terroirs isolés du reste du pays ;rendre l’éducation et la santé accessibles à tous, dans nos villes et dans nos campagnes ; et libérer nos mères, nos sœurs et nos filles des corvées domestiques épuisantes que la machine devrait faire à leur place », promet-il.

C’est pourquoi, dit-il, il poursuivra sans relâche la politique de bonne gouvernance à tous les échelons de l’Etat et de ses démembrements. Selon lui, «c’est en effet dans la bonne gestion des affaires  publiques que nous pourrons mieux dépenser nos ressources, financer nos efforts d’émergence, satisfaire les besoins sociaux de nos populations, offrir à notre secteur privé les meilleures conditions d’épanouissement, et ouvrir à notre jeunesse de nouvelles perspectives d’éducation, de formation et d’emploi ».

SudOnline

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Des paroles, toujours des paroles, rien que des paroles !

Le Président de la république dans son message à la nation se contente decommenter des actions et des résultats insigniants comme le spectateurpassif qu’il est depuis cinq ans sur la scène. Macky SALL a tout raté en 5ans,   fragilisé   le   pays,   les   institutions,   angoissé   les   Sénégalais   par   sesdérives autoritaires.Et que dire de la  su%sance parfaitement déplacée dont Macky Sall faitpreuve lorsqu’il évoque les questions socio-économiques.Le président poursuit jusqu’à l’indécence son entreprise d’autosatisfaction.Comme si des mots avaient le pouvoir de faire mentir la vérité. Et la véritéoblige à dire qu’au vu de son bilan calamiteux Macky SALL restera commele plus mauvais président de la République. Une position qu’il s’emploiemanifestement   à   conforter   au   regard   de   la   manière   dont   il   engage   ledialogue et les discussions avec ses adversaires politiques.

La fédération Bokk Gis Gis Franc

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Sénégal: l'instruction du dossier Khalifa Sall est terminée

Le Sénégal célèbre ce mardi 4 avril le 57e anniversaire de son indépendance. Lundi soir, lors de son discours à la nation, le président Macky Sall a prôné la bonne gouvernance et rappelé que le développement passe par la « bonne gestion des affaires publiques ». Une référence, sans le nommer à Khalifa Sall. Le maire de Dakar est inculpé pour détournements de deniers publics et incarcéré depuis le 7 mars, soupçonné d'avoir utilisé 2,7 millions d'euros sans les justifier. On a appris dans la soirée que l'instruction de ce dossier sensible était close.

On reproche souvent aux justices africaines de traîner en longueur. Dans ce sensible dossier Khalifa Sall, le doyen des juges n'a au contraire pas chômé. En moins d'un mois, il a bouclé ses investigations.

« Une justice express », dénonce l'un des avocats de Khalifa Sall. « Une justice qui n'a qu'un seul but : casser, stopper la carrière d'un probable candidat à la présidentielle de 2019 », ajoute-t-il. C'est l'argument du clan du maire depuis le début..

Car ce dossier a beau être volumineux, les pièces nombreuses, une journée d'audition de Khalifa Sall et une demi-journée de confrontation notamment avec le directeur administratif et financier, auront suffi pour boucler cette affaire. Le juge a donc terminé son instruction et rejeté aussi ce lundi la demande de mise en liberté provisoire du maire et des co-inculpés.

Désormais, la défense du maire a trois jours pour faire des observations. Le procureur aura ensuite quinze jours pour prendre ses réquisitions. Ensuite, deux options : le ministère public pourra prononcer un non-lieu ou renvoyer Khalifa Sall devant un tribunal pour qu’il y soit jugé.

RFI

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