Politique

Liste unique de l’opposition aux législatives : Khalifa Sall, a deux pas de Mankoo

Le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, semble beaucoup plus proche d’une liste commune avec la plateforme de l’opposition Mankoo Wattu Senegaaal que d’une supposée liste Taxawu Sénégal. Pour cause, après la visite que lui a faite à Rebeuss hier, lundi 10 avril, et les probables manœuvres orchestrées entre les parties en présence, le patron de Rewmi Idrissa Seck a annoncé la tenue d’une réunion avec les autres leaders de l’opposition pour avancer dans la construction d’une liste commune de l’opposition aux prochaines législatives.                                

De sa cellule à Rebeuss, le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, n’est pas de tout repos dans sa décision d’affronter la liste de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar aux législatives du 30 juillet prochain. Toutefois, contrairement à ce qui avait été soutenu, notamment l’idée d’y aller sous la bannière d’une liste Taxawu Sénégal, une coalition avec la plateforme de l’opposition semble être beaucoup plus plausible. Les ballets de leaders de l’opposition, notamment celui du président du Grand parti (Gp), Malick Gakou et celui d’Idrissa Seck, leader de Rewmi, à la prison de Rebeuss, en disent long. En effet, après s’être entretenu avec le maire de la ville de Dakar, en prison dans le cadre de la “Caisse d’avance“ de sa mairie, Idrissa Seck a annoncé «qu’au niveau de l’opposition, au sens large, nous travaillons ardemment à offrir une alternative au peuple sénégalais dès juillet prochain».

Mieux, concernant la liste commune de l’opposition, il dira que «nous avons d’ailleurs une réunion à 16h (ndlr : tout juste après sa visite)  pour avancer dans la construction de cette liste, parce que nous savons que c’est une demande du peuple sénégalais». Le patron de Rewmi demeure en fait persuadé qu’une cohabitation reste possible. Ce qui entrainerait, à son avis, un gouvernement et un Premier ministre sous le contrôle de l’opposition. Poursuivant, il a estimé que «cela permettra d’arrêter les dérives, de prendre un  certain nombre de mesures urgents pour arrêter la dégradation de notre pays».

Pour autant, Idrissa Seck n’a pas voulu épiloguer sur la potentielle tête de liste de la coalition de l’opposition aux prochaines joutes électorales. Il trouve d’ailleurs que non seulement la question n’a pas encore été abordée, mais surtout «c’est une question vraiment secondaire». Pour lui, le plus important est de parvenir à créer une vaste coalition de l’opposition pour aller vers les élections. «Parce que, si c’est le cas, quelle que soit la tête de liste, je pense que le peuple sénégalais choisira cette alternative».

Revenant sur l’emprisonnement du maire de Dakar, Idrissa Seck persiste et signe en affirmant qu’il y a une volonté manifeste du camp au pouvoir «d’assombrir l’avenir politique» de Khalifa Sall. Tout en rappelant qu’il a été le premier à être victime d’un «complot politique», “Idy“ exprimera tout son étonnement que «le président Macky Sall et son clan n’aient pas compris que le Sénégal a changé, que l’Afrique a changé». Il a indiqué dans la foulée que les populations n’acceptent plus qu’un dirigeant manipule la justice, utilise la corruption, l’achat de conscience, l’embrigadement de certains organes de presse pour s’attaquer à des adversaires politiques. «Ce sont des méthodes dépassées, révolues», a-t-il déploré.

IDY SNOBE TALLA SYLLA

Quid des propos tenus par le maire de Thiès, Talla Sylla, défiant son prédécesseur à la tête de la municipalité, pour les prochaines législatives ? Le président de Rewmi n’a pas voulu se prononcer là-dessus. Il a simplement fait savoir qu’il n’a «aucun commentaire» à faire par rapport à cette question. Pour rappel, le patron du Jëf Jël avait déclaré que pour les législatives du 30 juillet prochain, «les Thiessois devront choisir entre ceux qui dorment dans les hôtels et ceux qui sont sur le terrain».                              

Sudonline                                    

                                   

                                     

                                     

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LA FRANCE EN CAMPAGNE VUE D'AILLEURS-Shakespeare en campagne par Véronique TADJO Par Véronique Tadjo, Ecrivaine et universitaire. Après avoir vécu pendant quatorze ans en Afrique du Sud, elle partage à présent son temps entre Londres et Abidjan — 10

 

LA FRANCE EN CAMPAGNE VUE D'AILLEURS-Shakespeare en campagne par Véronique TADJO


Par Véronique Tadjo, Ecrivaine et universitaire. Après avoir vécu pendant quatorze ans en Afrique du Sud, elle partage à présent son temps entre Londres et Abidjan


Croire ou ne pas croire dans les politiques français ?

Là est la question. Vue de l'autre côté de la Manche, cette classe politique est encore bien pâle et masculine.
Depuis les côtes britanniques, la visibilité de la présidentielle en France est voilée par le brouillard. Et pourtant, ce qui se passe ressemble plus à une pièce de Shakespeare qu'autre chose. Retournements, trahisons et coups de théâtre donnent l'impression d'une tragédie à venir. Le chaos causé par le scandale autour de François Fillon, candidat à la présidentielle de Les Républicains, change complètement la donne. Même s'il s'accroche de toutes ses forces, c'est une vraie boule dans un jeu de quilles.


A qui, à présent, les Français vont-ils accorder leur confiance ?

Comme un peu partout dans le monde occidental ces derniers temps, la réputation des élites, et donc de l'establishment, est au plus bas. Croire ou ne pas croire en la classe politique, telle est la question. Benoît Hamon, le candidat des socialistes, semblait n'avoir aucune chance d'être nommé. Le phénomène des candidats indépendants complique encore davantage les pronostics. Comme diraient les Anglais : «Emmanuel Macron Who ?» Connais pas. Un autre grand pari qui pourtant semble attirer un bon nombre de Français. Rien n'est simple. Ainsi, ne pas savoir grand-chose sur un candidat jouerait en sa faveur.

Un véritable porteur de changement.


Par contre, outre-Manche, Marine Le Pen, on connaît. Elle exerce d'ailleurs une certaine fascination sur les médias qui suivent de près son ascension progressive. Si l'impossible devenait possible, la Grande-Bretagne ne serait plus seule devant l'inconnu. «Brexit, et maintenant la France !» aime à répéter la présidente du Front national (FN) qui n'exclut pas du tout la sortie de l'Europe.
De plus, autre point commun, tout comme Theresa May, le Premier ministre britannique à la recherche de partenaires économiques au cas où Bruxelles lui claquerait la porte au nez, Marine Le Pen se tournera vers Donald Trump. En effet, elle affiche déjà sans complexe son admiration pour le nouveau président des Etats-Unis sur lequel elle base beaucoup de sa rhétorique. Son discours lors du premier meeting de sa campagne électorale, à Lyon, n'est pas passé inaperçu. Avec un slogan aussi percutant que «Au nom du peuple», le programme est lancé. «Seul le peuple a raison», clame-t-elle. Mais qui est donc ce peuple dont il est tellement question ?

Et comment se fait-il que ceux-là mêmes qui l'invoquent, à tour de bras, sont aussi cavaliers avec l'argent des contribuables?


Si l'Union européenne perdait la France, ce serait l'implosion. D'autres suivraient tandis que quelques-uns comme l'Ecosse feraient tout pour s'y maintenir au prix d'une scission avec la Grande-Bretagne. Les enjeux sont aussi grands que les incertitudes. Face à toutes ces questions, le défaitisme menace.

A quoi bon voter puisque, in fine, les hommes politiques n'en font qu'à leur tête ?

Espérons que ce ne sera pas le cas, et que les Français sortiront nombreux pour aller aux urnes qu'il pleuve ou qu'il vente. Espérons qu'ils ne laisseront pas les partisans du Front national aller voter en masse.
Mais ce qui me frappe également dans tout ce remue-ménage de la classe politique française, c'est la «pâleur» des candidats. Pas l'ombre d'un choix multiracial. Certes, le mot n'est plus à la mode, mais comment comprendre que la France, ce pays si divers soit encore si franco-francais ?

Christiane Taubira aura-t-elle un jour ses chances ?

Pourtant, des pétitions avaient été lancées appelant à considérer sa candidature. Dans la longue liste des candidats, il y avait Rama Yade et quelques inconnus. Et qui s'en souvient d'ailleurs ?


Dans ce sens-là, l'Angleterre fait preuve de plus d'ouverture. S'il n'est pas encore question d'un Premier ministre issu de l'immigration, les Britanniques ont au moins Sadiq Khan, le maire de Londres, musulman, d'origine pakistanaise et un bon nombre d'autres personnalités «de couleur». Et les femmes, où sont-elles ?

A part Marine Le Pen, la femme-homme qui compte pour dix, on peut regretter que leur présence soit aussi minime. D'une manière générale, la parole est à la gent masculine.
Auteure de : Loin de mon père, Editions Actes Sud, 2010.


Véronique Tadjo Ecrivaine et universitaire. Après avoir vécu pendant quatorze ans en Afrique du Sud, elle partage à présent son temps entre Londres et Abidjan

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Benoît Hamon, un «Boy Dakar» à l'Elysée ? par Ken Bugul Par , Ecrivaine sénégalaise, auteure de "Cacophonie" (Présence africaine)

Benoît Hamon, un «Boy Dakar» à l'Elysée ? par Ken Bugul Par , Ecrivaine sénégalaise, auteure de "Cacophonie" (Présence africaine)
Photo Marc Chaumeil pour Libération


 Parfois, les actualités politiques sénégalaises et françaises se croisent. Ainsi, le Parti socialiste sénégalais implose, mais Benoît Hamon ne manque pas de fans. Benoît Hamon, un «Boy Dakar» à l'Elysée ? par Ken Bugul

Au Sénégal, nous sommes des experts en matière d'absorption de tout ce qui se passe partout dans le monde, et nous nous l'approprions jusqu'à l'os. Pourtant, nous avons de quoi nous occuper, avec les menaces d'implosion du Parti socialiste, qui continuent de faire couler encre et salive, et des membres du parti mis en prison sur plainte déposée par leurs propres camarades. Et le super-adulé maire socialiste de Dakar qui vient d'être mis en examen pour détournement de deniers (pour avoir osé afficher des ambitions plutôt, dit «radio cancan») et écroué. Certains observateurs et analystes trouvent que la France est un petit Sénégal ou c'est le Sénégal qui est une petite France. Nous vivons les mêmes soubresauts politiques. Cependant ce qui est le plus incroyable, c'est que des Sénégalais aient applaudi à la victoire de Benoît Hamon au premier et au second tour de la primaire de la gauche. Pourquoi ?

Parce que monsieur Hamon est un «Boy Dakar». Il a fait une partie de son cycle d'études primaire et secondaire au Sénégal. Il a fréquenté le lycée Sainte-Marie de Dakar, qui, bien qu'établissement privé et catholique, réunit les enfants issus de toutes les couches de la société, et cela a suffi pour en déduire que de cette expérience, Benoît Hamon est ainsi le plus sensible à la diversité culturelle, entre autres atouts. Et aussitôt, les fans prient les ancêtres, les esprits, l'unique Dieu, en passant par les noms des illustres saints vénérés du pays pour lui.


Benoît Hamon, un «Boy Dakar», titrait-on dans une certaine presse et aussitôt les réactions fusèrent de toutes parts. Les uns et les autres se sentirent liés par le vécu, avec ce candidat à la prochaine élection présidentielle en France. Certains, assurés de sa victoire, ébauchaient déjà une liste de la future équipe gouvernementale. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, ce n'est plus la compétence qui fait le profil du futur membre du futur gouvernement, c'est le vécu, le droit du sol. Ainsi, dans ce gouvernement, il devrait y avoir Ségolène Royal, car elle est née au Sénégal. Elle est sénégalaise par le sol, et française par le sang. Certains ici se demandent encore pourquoi elle n'a pas été élue en 2007. De quel gris-gris ivoirien, ou magie slave, Sarko a-t-il usé pour la battre ? Enfin, c'est le passé !


Ah, à propos de la liste des membres de la devenue hypothétique composition du gouvernement de Boy Dakar, en dehors de Ségolène, il y aurait aussi Olivier, Olivier Rolin, oui, l'écrivain. Il a fréquenté le lycée «Van Vo (1)» à Dakar. Avec Hamon, un Boy Dakar à l'Elysée ! Entre arachide grillée salée ou sucrée, aux heures de pause, un fondé, bouillie de mil au lait caillé bien frais, au petit déjeuner, un verre de ataya, thé vert, après un bol de thiepp dieun, riz au poisson, plat nationalisé, pour le déjeuner !

Au Conseil des ministres, il y aurait des beignets de mil parfumés à la noix de muscade, avec du café de Touba ! Pour le super-fan sénégalais, la France allait enfin bouger avec Benoît. L'encens appelé «Ne bouge pas d'ici» allait brûler à l'Elysée les soirs d'hiver, et au lieu de se casser la tête à chercher des solutions à des faux problèmes insolubles, la France allait connaître la vie qui n'est que de la survie, avec des gorgoolu (2) zen. Ils saisiraient l'instant. Ils ouvriraient leurs portes pour que tout passant soit le bienvenu pour partager ce qu'il y a. L'essentiel est que le cœur y soit. Tout le reste n'étant que vanité et politique politicienne, mais les fans avaient trop parlé ! Un reproche souvent fait aussi bien aux Français qu'aux Sénégalais, est qu'ils parlent trop, crient victoire trop vite. Le «sort de la langue» était jeté ! Vous avez vu ce qui est arrivé à Fillon le «favori» ?

Tout d'un coup, entres autres révélations abracadabrantesques, une histoire de costumes sur mesure offerts par un Franco-Sénégalais sort d'une armoire !
Encore du Sénégalais ! Décidément avec la France, ce n'est pas fini, au moment même où nous fêtons les cinquante-sept ans de notre accession à l'indépendance.
Et pendant que les jeunes socialistes de Dakar subissent l'ire des caciques, les fans de Boy Dakar constatent, avec amertume, que leur candidat est en difficulté, lâché par les uns et trahi par les autres. N'y croyant plus, ils en veulent à tonton Mélenchon et à certains socialistes, qu'ils comparent à leurs briseurs de rêves.


(1) «Van Vo» : lycée Van Vollenhoven de Dakar.
(2) «Gorgoolu» : qui cherche à s'en sortir, un débrouillard, d'où le système D.


Ken Bugul Ecrivaine sénégalaise, auteure de "Cacophonie" (Présence africaine)
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A quelques encablures des législatives du 30 juillet : Bokk Gis Gis remobilise ses troupes

Les législatives qui se profilent à l’horizon suscitent beaucoup de convoitises et de discordes, tant au sein de l’opposition que du pouvoir. En conférence de presse organisée avant-hier, samedi 08 avril, à la permanence du parti Convergence Démocratique et Libérale/Bokk Gis Gis de Pape Diop, le porte-parole dudit parti, Moussa Diakhaté, et la responsable de Bokk Gis Gis dans la commune de Fatick,  Mme Yaye Mane Halbis sont revenus tour à tour sur les enjeux des législatives,  la détention de Khalifa Sall et Cie mais aussi sur la « cohabitation » à l’Assemblée nationale.

En effet, le porte-parole de Bokk Gis Gis Moussa Diakhaté, revenant  sur l’objet de cette rencontre  à la permanence de la Convergence libérale et démocratique/Bokk Gis Gis, a laissé entendre que « Nous sommes réunis ici pour apprécier la situation nationale et jeter les bases des perspectives pour les législatives mais aussi faire la revue de troupes pour nous préparer à ces joutes électorales ».

 Egalement conscients des  multiples enjeux des législatives, Moussa Diakhaté et ses sympathisants ne comptent pas faire cavalier seuls. POur autant, ils osent espérer une large coalition de l’opposition car, pour eux, «la seule et unique voie de salut, c’est de réussir une large coalition au sein de l’opposition et de mettre l’intérêt général, l’intérêt du grand groupe au détriment de l’intérêt crypto-personnel ».Revenant par ailleurs sur la détention du maire de Dakar Khalifa Sall et Cie, placés sous mandat de dépôt, depuis le 07 mars, Moussa Diakhaté a assuré que « la Convergence libérale et démocratique leur marque toute sa solidarité par rapport à ce que nous appelons la politisation de la justice à des fins d’éliminer de potentiels candidats ou adversaires ».

Quant à la responsable de Bokk Gis Gis dans la commune de Fatick, Madame Yaye Mane Halbis, elle a plaidé pour une cohabitation qui, selon elle, constitue la seule alternative pour sortir le Sénégal de cette impasse. « J’aimerais attirer votre attention sur le fait que contrairement à ce l’on dit, la cohabitation ne crée pas des malentendus. Bien au contraire, elle apporte des solutions », rassure-t-elle. Dans la foulée, elle a également salué la forte mobilisation de Y’en marre à la Place de la Nation qui constitue une ligne de démarcation marquant les limites à ne pas franchir. «Je salue la forte mobilisation du Mouvement Y’en a marre qui constitue un signal fort pour le président Sall et sa politique qui n’augure rien de bon pour le Sénégal », a-t-elle conclu.

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