Politique

Sénégal: Cheikh Tidiane Gadio bientôt en résidence surveillée au Maryland

Depuis 10 jours, l’ancien ministre des Affaires étrangères sénégalais Cheikh Tidiane Gadio est incarcéré à New York. Soupçonné de corruption dans une affaire entre le Tchad et la Chine autour de concessions pétrolières, il avait réclamé sa libération conditionnelle. Comme le gouvernement américain avait fait appel, un tribunal américain a tranché ce lundi 27 novembre : il pourra bien quitter le centre de détention pour aller en résidence surveillée dans sa résidence du Maryland, sur la côte est américaine.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

Cheikh Tidiane Gadio a encore dormi en prison lundi soir 27 novembre, mais dès que les détails techniques seront réglés, il rejoindra son logement du Maryland, où il sera en résidence surveillée, notamment via un contrôle par GPS.

Les représentants du gouvernement américain n’ont en effet pas réussi à convaincre le juge des risques de voir s’échapper l’ancien ministre des Affaires étrangères sénégalais.

« Il dispose des ressources suffisantes pour tenter de s’enfuir. Il n’a pas de lien fort avec les Etats-Unis. Les ramifications internationales du dossier dépassent sa personne », ont-ils notamment plaidé, en vain.

La défense a elle rappelé que Gadio était un résident légal et régulier dans le pays, et qu’il avait collaboré après son interpellation. Surtout, elle a martelé qu’il comptait bien se défendre et laver son honneur. Insistant sur les liens forts entre Dakar et Washington.

Dans la salle, un ancien ambassadeur aux Etats-Unis, l’actuel consul général du Sénégal, et une quinzaine d’autres personnes étaient venus soutenir l’accusé.

Certains ont été pris à témoin pour démontrer sa respectabilité, d’autres l’ont sans doute aidé à apporter la garantie d’un million de dollars qu’il ne se soustrairait pas à la justice.

RFI

Levée de l’immunité parlementaire du maire de Dakar : Khalifa vers un procès

C’est dans des débats houleux que les députés ont levé l’immunité parlementaire du député-maire de Dakar, Khalifa Sall tard dans la soirée avant-hier, samedi 25 novembre, malgré l’insistance des demandes de suspension de la séance par l’opposition. Convoqués en plénière, 125 députés ont été favorables aux conclusions du rapport de la commission ad hoc qui était chargée de statuer sur cette levée de l’immunité du député contre 25. Cette décision donne ainsi feu vert quant à l’ouverture du procès de Khalifa Sall écroué depuis le mois de mars dernier dans l’affaire de la caisse d’avance de sa mairie.

Khalifa Sall est désormais en route vers un procès devant les tribunaux. En plénière avant-hier, samedi 25 novembre, des députés ont répondu favorables à la requête du procureur de la République qui avait demandé la levée de l’immunité parlementaire du député-maire. Ce, pour permettre aux autorités judiciaires de poursuivre le traitement de l’affaire dite de la caisse d’avance de sa mairie qui lui a valu la prison depuis le mois de mars dernier. En effet, 125 députés ont voté «oui» pour l’adoption des conclusions du rapport de la commission ad hoc qui était chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall contre 25 voix, sans même sa présence encore moins un député défenseur désigné par lui comme prévu par l’article 52 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Toutefois, la séance s’est tenue dans un tohu-bohu total d’affirmations contradictoires entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition car Khalifa Sall n’a pu être auditionné par la commission ad hoc. Et c’est à cause de cette «carence» que certains députés ont demandé la suspension de la séance. « Il faut un ajournement de la séance car on vient de découvrir avec tout le monde le rapport qui n’est pas fidèle et où il y’a une série de lois qui ont été violées », a déclaré le député de la coalition Mankko Taxawu Senegal, Déthié Fall. Apportant sa réplique, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse dira : « je n’accepterai pas qu’on discute du rapport car la loi ne l’accepte pas. Vous êtes dans une logique tout à fait humaine mais voici la logique du droit, ce qui n’est pas dans la loi ne peut pas s’appliquer ». Quant à député Aida Mbodj, l’absence de Khalifa Sall suffit pour suspendre la séance. « Je demande l’ajournement de ce débat, notre collègue n’a pas été entendu », a-t-elle dit.

En effet, les mises en gardes du Président Niasse de leur priver la parole n’ont point ébranlé les députés de l’opposition qui ont su démontrer leurs forces en exprimant leurs vœux. Mais en vain, leurs multiples propositions n’ont pas rendu flexible la décision des députés de la majorité qui ont rejeté la proposition du député Modou Diagne Fada pour le vote à bulletin secret et celle de la question préjudicielle demandée par Cheikh Bamba Dièye. Il faut souligner que ce dernier, en tant qu’orateur contre, a livré un discours «émouvant» pour rappeler les députés l’importance de leur décision. A l’en croire, « il faudra faire très attention car on est en train de jouer avec l’avenir d’un homme politique alors, que chacun prenne ses responsabilités et il y’a un hadith où l’on dit que pour juger une personne, il faut entendre les deux versions alors il faut qu’on lui donne les moyens de se défendre ». Entre donc propos aigre-doux, malentendus et cris, la plénière devient une vraie foire d’empoigne. A noter que dès 16h, les policiers ont barré toutes les issues menant à l’Assemblée nationale, obligeant ainsi les partisans de Khalifa Sall à manifester aux abords du ministère de l’Intérieur avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes.

ISMAILA MADIOR FALL, GARDE DES SCEAUX ET MINISTRE DE LA JUSTICE : «Le procès respectera les standards les plus élevés d’un procès équitable tel que défini par la constitution...»

L’immunité parlementaire de Khalifa Sall levée, le Garde des Sceaux et ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, loue la démocratie de notre pays. «Le parlement qui statue en plénière de façon ouverte et transparente et qui doit décider par un vote de la levée ou non de l’immunité d’un de ses membres se livre à un exercice hautement démocratique que nous envieraient bien des démocraties », dit-il. Le ministre donne ainsi des gages pour un procès équitable. «L’engagement que je peux prendre en tant que ministre de la Justice devant la représentation nationale est que le procès, s’il y’a lieu avec votre autorisation, respectera les standards les plus élevés d’un procès équitable tel que défini par la constitution et les grands textes internationaux des droits de l’homme auquel notre pays a souscrits », a-t-il déclaré au rythme du courroux des députés de l’opposition. L’on entendait par ci, par là, « n’importe quoi, libérez-le, vous êtes contradictoire». Ce qui a finalement obligé Ismaila Madior Fall à couper son discours. « Je me rencontre qu’il n’est pas facile de se faire écouter à l’assemblée mais je voulais juste vous dire Monsieur le président, honorables députés que je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée nationale».

MOUSTAPHA GUIRASSY, DEPUTE OPPOSITION : «C’est une honte. C’est indigne de la part du parlement»

«On n’est pas surpris. Je pense qu’il était déjà condamné mais c’est tout simplement triste dans l’histoire du Sénégal. C’est malheureux lorsqu’on sacrifie un homme politique de cette façon et Cheikh Bamba Dièye l’a bien rappelé. Je pense qu’il a bien défendu, pas seulement le député Khalifa Sall mais la dignité des sénégalais en mettant en avant l’histoire, en rappelant la position donc jadis, il y’a quelques années, Macky Sall ici, dans cette hémicycle et aujourd’hui, c’est l’histoire qui se répète. Quelle injustice et finalement on oublie très vite. Et les députés, nous avons eu un comportement lamentable. C’est une honte, ça a été indigne de la part du parlement de pouvoir applaudir lorsqu’un collègue député a été sacrifié et qui n’avait aucune possibilité de se justifier, de s’expliquer, de se défendre. Voilà, on applaudit, on sort. L’immunité de Khalifa Sall a été levée et finalement, qui a gagné, c’est le Sénégal qui a perdu. La presse, la société civile, les sénégalais, tous les partis doivent se lever et s’indigner contre cette injustice. On ne peut pas continuer à subir cette injustice ».

DETHIE FALL, DEPUTE OPPOSITION : «Notre pays ne mérite pas ce qui se passe aujourd’hui»

« Vous avez suivi avec nous ce qui s’est passé. Le droit le plus élémentaire du député Khalifa Sall n’a pas été respecté. Comment voulez-vous qu’on ait participé dans le cadre des travaux d’une commission ad hoc et qu’on découvre avec tout le monde le rapport général qui n’est pas fidèle et sur lequel rapport, pas mal de dispositions ont été violées et lues devant le président Moustapha Niasse qui dit lui-même qu’il a la police des débats. Si tu as la police des débats, tu as également la police du respect des dispositions du règlement intérieur et dans une lecture qui s’est faite dans un rapport général, pas mal de violations se sont faites et se sont présentées. Sous ce rapport avec cette majorité mécanique alors qu’on parle d’un de nos collègues qu’on n’a pas pu entendre, qui n’a pas un défenseur, à qui on veut lever son immunité alors qu’il est en prison, utiliser la majorité mécanique, voter et qu’on soit là à cette mascarade, moi, je ne comprends pas. Notre pays ne mérite pas ce qui se passe aujourd’hui. Les libertés sont sérieusement menacées. Tous ceux qui sont concurrents du président de la République à la présidentielle 2019 sont en sursis et tous les moyens sont bons pour les isoler».

ABDOULAYE WILANE, DEPUTE BENNO BOKK YAAKAAR : «Je pense que lever son immunité parlementaire revient à rendre service à Khalifa Sall»

« C’est simplement de permettre à Khalifa Sall d’être accessible aux juges qu’on a levé son immunité parlementaire. Je suis dans un groupe parlementaire et je l’ai librement choisi. Le minimum de loyauté, de solidarité politique et gouvernementale recommande que si les conclusions de la commission emportent mon adhésion, je vote favorablement. Je pense que lever son immunité parlementaire revient à rendre service à Khalifa Sall et demain le voir blanchir, relaxer ou même gagner son procès. Pour moi, j’ai fait un pari optimiste. Ce collègue député, ce camarade-là, je continuerai à respecter toutes les présomptions qui pèsent sur lui».

MANSOUR SY DIAMIL, DEPUTE OPPOSITION : «Il ne faut plus jamais donner une majorité au pouvoir surtout lorsque les élections ont été biaisées»

« L’arrestation de Khalifa Sall est injuste. C’est une arrestation politique pour simplement écarter des adversaires ou bien des candidats potentiels aux élections de 2019. Ça n’a aucune base juridique, c’est uniquement politique et c’est cette dimension politique qu’il faut avancer et c’est à cause de cette dimension politique que j’ai refusé de voter. Je comprends aujourd’hui pourquoi le peuple allemand refuse de donner la majorité écrasante à l’Assemblée à Angela Merkel. Aujourd’hui, Angela Merkel est incapable de constituer un gouvernement parce que la grande expérience du peuple allemand l’a instruit que c’est extrêmement dangereux de donner une majorité écrasante une Assemblée. Car, on si on leur donne une majorité écrasante, c’est le spectacle désolant auquel nous venons d’assister aujourd’hui (avant-hier) dans l’assemblée nationale sénégalaise qui va arriver. Il est grand temps que le peuple sénégalais soit conscient de ce phénomène et ne plus jamais donner des majorités surtout lorsque les élections ont été biaisées. Les conditions d’une élection transparente, juste, démocratique n’ont pas été réunies le 30 juillet dernier. C’est pour cela aujourd’hui, il faut qu’on tire ces leçons-là et qu’on ne puisse plus assister à un spectacle auquel on vient d’assister ».

SudOnline

Sénégal: «M. Sall aura l’occasion de répondre des faits qui lui sont reprochés»

Au Sénégal, Khalifa Sall a perdu son immunité parlementaire suite à un vote de l’Assemblée nationale samedi soir. Les réactions à cette décision sont contrastées.

Pour les autorités, la procédure a été menée dans la légalité et cette décision ne remet pas en cause la présomption d’innocence du maire de Dakar. Elle permet en revanche d’aller vers un procès.

« Ce que je peux vous dire, c’est que c’est dans l’intérêt même de Monsieur Khalifa Sall d’être fixé sur son sort parce qu’il ne peut pas indéfiniment rester en détention préventive, affirme l'avocat de l'État, Baboucar Cissé. Parce que depuis le mois de mars il a été placé sous mandant dépôt. Aujourd’hui, nous sommes au mois de novembre. Le doyen des juges d’instruction qui était chargé d’instruire ce dossier a bouclé l’instruction. Si on le renvoie au tribunal correctionnel pour être juger, Monsieur Khalifa Sall aura l’occasion rêvée de répondre des faits qui lui sont reprochés. »

Mais le camp de l’élu, accusé notamment de détournement de fonds public et incarcéré depuis mars, affirme que ce dernier rebondissement n’est que la poursuite d’un vaste complot politico judiciaire.

L’heure n’est pas à la tenue d'un procès estime Maître Demba Ciré Bathily, avocat de Khalifa Sall : « Nous estimons que l’enquête n’est pas terminée, explique ce dernier, nous avons demandé à ce qu’un certain nombre de personnes soient entendues, ce qui n’a pas été le cas. »

« Il y a les rigueurs et les exigences d’une procédure judiciaire qui ne cadrent pas avec les rigueurs d’un calendrier politique qui veut que Khalifa Sall soit éliminé de l’élection présidentielle, par conséquent il faut absolument le juger pour invalider sa candidature. »

RFI

Sénégal: les députés lèvent l’immunité du maire de Dakar, Khalifa Sall

Au Sénégal, Khalifa Sall n'a plus d'immunité parlementaire. Les députés l'ont voté à une large majorité tard samedi soir lors d'une séance plénière extrêmement tendue : 125 voix pour, 23 contre. Le député-maire de Dakar, en prison depuis huit mois, est soupçonné de détournements de deniers publics. La levée de son immunité ouvre la voie à un procès.

Pour Madické Niang, cadre du Parti démocratique sénégalais (PDS), leader de l'opposition et soutien de Khalifa Sall, ce vote est contraire aux règles démocratiques.

« J’ai mal, parce qu’aucune règle n’a été respectée… Je suis triste, je n’attendais pas ça de cette Assemblée, qu’on disait une Assemblée de rupture. Je me disais qu’ils feront tout pour donner à Khalifa Sall les droits que la Constitution lui concède. Le droit de se défendre est un droit sacré à toutes les étapes. On aurait dû suspendre les poursuites, l’entendre »

La décision des députés, ce samedi, satisfait en revanche les membres de la majorité. « Le Parlement a une majorité et le Parlement est adossé à cette majorité qui, aujourd’hui, s’est exprimée, non pas dans un principe mécanique, mais parce que simplement nous sommes convaincus que la justice doit faire son travail, explique Aymérou Gningue, président du groupe parlementaire de la majorité, la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY). Nous sommes convaincus que le Parlement ne doit pas être un obstacle pour l’expression de la justice dans ce pays parce que nous devons nous respecter. »

Conséquence de cette décision, rien n’empêche désormais la tenue d’un procès. Khalifa Sall, en tant que maire de Dakar, est soupçonné notamment de détournements de deniers publics. Il est en prison depuis le mois de mars.

Réactions dans le quartier de Médina, à Dakar, fief du maire incarcéré

Pour l’opposition, la levée de l’immunité du maire est illégale car la procédure n’a pas permis à Khalifa Sall de se défendre. Pour l’imam de l’une des mosquées du quartier de la médina à Dakar, Khalifa Sall aurait dû être auditionné en homme libre avant que l’Assemblée décide de lever son immunité.

« Si c’est pour lever son immunité parlementaire, seulement pour le traquer, personnellement je ne suis pas pour. Khalifa Sall a beaucoup œuvré en tant que maire de Dakar. En tout cas, je trouve que sa détention est illégale », estime-t-il.

Assane est, quant à lui, favorable à la levée de l’immunité du maire de Dakar.

« Du moment qu’il a eu à gérer des biens de l’Etat, c’est normal qu’il rende des comptes. Cela lui permettra aussi d’expliquer clairement ce qui s’est passé parce que s’il reste en prison, on ne sait pas réellement ce qui s’est passé », explique-t-il.

Pour Meissa Diou, habitant de la Médina, la tenue d’un procès prochainement dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, c’est peut être une bonne nouvelle pour Khalifa Sall.

« Si Khalifa Sall va vers un procès, peut-être parviendra-t-il à remporter ce procès parce que, dans ce pays, il y a beaucoup de responsables qui sont là et qui jugent cela illégal. Je pense qu’il s’en sortira. Inch’Allah », espère-t-il.

Pour la majorité des habitants de la Médina, la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall n’a qu’un seul objectif, celui d’écarter le principal concurrent du chef de l’Etat à la présidentielle de 2019.

RFI

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